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Vlan! Leadership
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Author: Grégory Pouy
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Le monde est en plein mouvement, la majorité des organisations ne sont plus en phase avec l'époque et elles le savent, elles doivent se transformer en profondeur.
Mais pas de transformation d'organisation sans leadership.
Dans ce podcast nous explorons avec des leaders éclairés mais également avec des chercheurs à quoi le leadership peut et doit ressembler.
Vlan! Leadership, c'est de l'inspiration mais c'est aussi un outil pour les leaders de demain en montrant que d'autres modèles sont possibles que ce soit pour les grandes ou les petites structures.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
80 Episodes
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Isaac Getz, professeur à l'ESCP Business School, auteur et conférencier, et Laurent Marbacher, auteur, conférencier et accompagnateur de dirigeants et d'équipes apprenantes. Ensemble, ils signent The Caring Company, en français L'entreprise qui prend soin, un livre nominé dans la catégorie Breakthrough Ideas du Thinkers50, ce qui revient à peu près aux Césars des idées de management.Ils se sont rencontrés en 2010 au bord de la piscine de Jean-François Zobrist, le patron de la fonderie Favi, et ils ne se sont plus quittés. Après avoir porté ensemble le mouvement de l'entreprise libérée, qui compte aujourd'hui 400 à 500 entreprises et administrations en France, ils sont partis sur trois continents chercher les entreprises qui étendent ce soin au-delà de leurs salariés. Aux clients, aux fournisseurs, aux communautés dans lesquelles elles vivent.Ce qui m'a frappé dans cette conversation, c'est à quel point ils refusent la case dans laquelle on voudrait les mettre. Ils ne sont ni les enfants du capitalisme ni ses procureurs. Ils décrivent des entreprises capitalistes, qui font des profits, qui écrasent leurs concurrents sur le terrain de la performance, et qui pourtant ne se lèvent pas le matin pour maximiser quoi que ce soit.Dans cet épisode, nous parlons de la différence entre une philosophie et un modèle, de la transaction comme croyance fondatrice de l'économie marchande, de ce que Laurent appelle le heartset shift plutôt que le mindset shift, du coût invisible du contrôle et de ce que devient une entreprise quand elle décide de traiter ses interlocuteurs comme des amis, à l'échelle de centaines de milliers de personnes.J'ai questionné Isaac Getz et Laurent Marbacher sur ce que j'appelle l'invisible dans l'entreprise. Tout ce qui compte vraiment et qu'aucun KPI ne saura jamais attraper. Leurs réponses m'ont fait reconsidérer ce que j'ai toujours pris pour du bon sens économique.Citations marquantes« Dire fait rire et faire fait taire. » (Isaac Getz, 38:50)« S'il y avait vraiment un tableur Excel qui expliquait que c'était bien d'accueillir les routiers de cette manière-là, toutes les usines et tous les transporteurs du monde le feraient. » (Laurent Marbacher, 14:33)« Le contrôle coûte beaucoup plus cher que la confiance. » (Jean-François Zobrist, cité par Isaac Getz, 01:03:50)« Quand quelqu'un me dit qu'il a abusé de moi gratuitement, c'est là que j'ai gagné. » (Daniel Abittan, cité par Isaac Getz, 01:02:24)« Elles ne vivent pas pour maximiser les profits, comme on ne vit pas pour maximiser la quantité d'eau qu'on boit. » (Isaac Getz, 01:09:00)Idées centrales discutées1. La philosophie crée, le modèle plaque (07:25 à 11:02)Une philosophie, ce sont quelques principes et des convictions. Un modèle, ce sont des structures et des pratiques qu'on importe et qu'on applique. Isaac Getz prend l'analogie de la démocratie, qui a produit six régimes en France et des centaines de versions dans le monde. Pourquoi c'est important : tant qu'on cherche le modèle à copier, on passe à côté du travail réel, qui est un chemin créatif co-construit avec les salariés. Un modèle plaqué par un patron ou un consultant ne marche jamais.2. La transaction est la croyance à démonter (17:02 à 19:02)Client, fournisseur, ce sont des concepts, des entités abstraites. Derrière, il y a des êtres humains. Adam Smith, philosophe moral avant d'être économiste, croyait profondément à l'amitié tout en la jugeant impensable dans l'économie marchande. Pourquoi c'est important : c'est le point où les deux auteurs se disent pionniers. Ils affirment qu'une entreprise peut traiter ses interlocuteurs comme des amis à l'échelle de centaines de milliers de personnes.3. L'invisible produit des résultats mesurables (19:02 à 23:54)Handelsbanken surpasse ses concurrents chaque année depuis 1973. Quand on leur demande grâce à quoi, ils répondent grâce à cet invisible. Leur principe : le conseiller en agence doit se comporter comme un bon médecin de famille. Pourquoi c'est important : les résultats sont mesurables, leur cause ne l'est pas. C'est exactement ce qui bloque les entreprises qui voudraient copier.4. Le care first plutôt que le profit first ou les trois piliers (39:40 à 44:35)John Elkington, qui a inventé le triple bottom line, a publié vingt ans plus tard un rappel de son propre concept dans la Harvard Business Review, comme on rappelle une voiture défectueuse. Dans la pratique, le profit décide et on aménage le reste autour. Isaac Getz et Laurent Marbacher rejoignent Milton Friedman sur un point : on ne peut pas courir plusieurs lièvres. Ils changent simplement de lièvre. Pourquoi c'est important : c'est la thèse centrale du livre, et elle est plus radicale que toutes les démarches RSE.5. Le pari, pas le calcul (24:40 à 26:24)Un modèle économique se calcule, avec un EBITDA de 14 % sur le papier. Ce dont ils parlent est un pari. Handelsbanken refuse la concurrence par les prix et construit sur ses valeurs, ce qu'Isaac Getz décrit comme un véritable blue ocean. Pourquoi c'est important : les autres entreprises ne peuvent pas prendre ce pari parce qu'elles n'ont pas fait le travail préalable sur leurs principes. Et si elles le prennent sans ce travail, elles le perdent.6. Le heartset shift (52:33 à 57:12)Laurent Marbacher refuse le terme mindset shift, qui ne parle que de représentations et de croyances. Ce qui bouge, c'est le cœur. Un dirigeant japonais perd 20 kilos en deux mois après avoir découvert une malversation dans son entreprise, incompatible avec le code d'honneur Bushido de sa famille. Pourquoi c'est important : certains dirigeants passent par cette métanoïa, d'autres avaient déjà ce cœur au départ. Mais dans tous les cas le travail personnel ne suffit pas, il faut ensuite construire l'environnement qui permet à tous de vivre ces principes.7. Les 3 % qui abusent ne dictent pas la règle (58:42 à 01:03:50)Adam Grant montre dans Give and Take que les givers occupent à la fois le bas et le haut des parcours professionnels. Ceux qui réussissent sont ceux qui ont su poser des limites. Dans les entreprises étudiées, 2 à 3 % des gens abusent du soin inconditionnel. Châteauform' refuse de remplacer le distributeur de savon en cristal par un modèle en plastique. Pourquoi c'est important : on construit pour les gens corrects, pas contre la minorité. Et le coût du contrôle qu'on installe partout n'apparaît sur aucune ligne du bilan.Questions posées dans l'interviewVous étiez déjà tous les deux sur l'entreprise libérée. Qu'est-ce qui s'est passé pour que vous alliez chercher au-delà des salariés ?C'est quoi la différence entre une philosophie et un modèle ?Est-ce qu'il y a un modèle économique derrière la maison des routiers de LSDH, ou c'est juste un coup ?Comment vous expliquez qu'on soit surpris de l'humanité de certaines entreprises, alors qu'on parle d'un truc assez basique ?C'est quoi la place de l'invisible dans l'entreprise, ce qui ne se mesure avec aucun KPI ?Si ça produit des résultats financiers et qu'on peut le mesurer, pourquoi les boîtes ne le font pas ?Toutes les marques ont des valeurs affichées au mur et personne n'est capable d'en parler. Qu'est-ce qui distingue les vôtres ?Est-ce que le triple bottom line, people planet profit, est vraiment accessible, ou est-ce qu'on ne peut pas travailler les trois en même temps ?Est-ce que tout ça ne démarre pas par un travail individuel du dirigeant, une forme de spiritualité même laïque ?Comment poser des limites pour que le soin inconditionnel ne se fasse pas dévorer par ceux qui en abusent ?Est-ce que le capitalisme financier est en train de s'adapter aux critiques, ou est-ce qu'il passe simplement entre les mailles du filet ?Références citées dans l'épisodeLivresThe Caring Company / L'entreprise qui prend soin, Isaac Getz et Laurent Marbacher, nominé Breakthrough Ideas au Thinkers50 (00:30, 16:17)Vos idées changent tout, Isaac Getz, 2003 (05:04)Give and Take, Adam Grant, sur les profils givers, matchers et takers (59:02)Les travaux d'Isaac Getz sur l'entreprise libérée, avec Brian Carney (01:53, 06:02)Entreprises et organisationsLSDH, Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel, près d'Orléans, environ 2 200 personnes, la maison des routiers installée dans une ancienne porcherie (11:17 à 14:23)La famille Schmittlin, laiterie alsacienne, épisode d'entraide sur quinze ans avec la famille Vasseneix (19:44 à 21:46)Handelsbanken, banque suédoise, fonds Oktogonen, performance supérieure à ses concurrents chaque année depuis 1973, 1 % du marché de détail britannique et 50 % du crédit aux PME pendant la crise des subprimes (21:46, 47:05, 49:15 à 52:33)Reitan, plus grand distributeur nordique, huit valeurs gravées dans la pierre et un livre bleu confidentiel, programmes de réalisation des rêves des salariés (31:54 à 36:49)Châteauform', les clients appelés des amis, l'anecdote du savon du site rue Saint-Dominique (45:12, 01:01:28)Favi, fonderie picarde (06:02)Alan et le remboursement par défaut (01:03:05)Lidl sorti de Norvège au bout de quatre ans, Aldi sorti du Danemark (34:42)Personnes citéesJean-François Zobrist, ancien patron de Favi, disparu (06:02, 01:03:50)Jan Wallander, l'architecte de la philosophie Handelsbanken (22:31)Anders Bouvin, ancien PDG de Handelsbanken, ex-patron de la division britannique développée de zéro à plus de 200 agences (49:15, 51:38)Odd Reitan, fondateur du groupe Reitan (31:54, 35:30)Daniel Abittan, cofondateur de Châteauform' (01:02:24)Emmanuel Vasseneix, PDG de LSDH (19:44)Hubert Joly, qui a écrit un mot dans le livre (23:54)Jean-Charles Samuelian, Alan (01:03:05)Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix, avec qui Laurent Marbacher a cocréé une banque de microcrédit au Chili (03:25)Peter Senge, organisation apprenante (03:25)Cynthia Fleury et les quatre dimensions du care, physique, psychique, social, environnemental (30:26)Adam Smith, philosophe moral avant d'être économiste (17:52 à 18:36)Milton Friedman, article du New York Times de 1970 (42:16, 01:05:39)John Elkington, inventeur du t
Nourdine Bihmane est le CEO de Konecta. Il dirige 100 000 personnes dans 26 pays, dans une industrie que tout le monde a déclarée morte le jour où ChatGPT est sorti : la relation client. Il vient de publier « Rester humain », un livre écrit par un ingénieur qui connaît la technologie de l'intérieur et qui refuse le récit ambiant tout simplement parce qu'il est faux.Ce qui m'a frappé chez lui, c'est le point de départ. Un soir, à table, sa fille de 11 ans lui demande si son métier va disparaître. Il comprend à ce moment-là que le narrative américaine sur les centaines de millions d'emplois supprimés a gagné jusqu'à la table du dîner familial. Il décide alors de la déconstruire publiquement.Nourdine a un parcours qui explique beaucoup de choses : arrivé du Maroc à 4 ans, orienté vers un CAP couvreur en cinquième par une conseillère d'orientation, raté médecine à 0,02 point près, entré dans l'informatique comme job alimentaire, et sorti Directeur Général d'Atos vingt ans plus tard. Entre-temps, un an d'anthropologie à Princeton, les samedis, pour respirer autre chose que la tech.Dans cet épisode, nous parlons de ce qu'il appelle les mensonges de l'IA en entreprise : la vitesse d'impact, la dérive des modèles, le coût réel. Il détaille la quadruple dette que les grandes organisations traînent (techno, données, process, culture) et pourquoi il se retrouve avec des dossiers bloqués parce qu'il faut atteindre le CEO pour décider.J'ai questionné Nourdine sur le sujet dont personne ne parle : la charge mentale. Si vous retirez toutes les tâches simples d'une journée de travail, il reste huit heures de complexité pure, et personne ne tient ce rythme. Nous parlons aussi de sa surprise la plus forte (les agents en réclamaient plus, pas moins), du responsable d'équipe dont le rôle vacille quand le bot répond avant lui, de souveraineté des données, de prompt injection, et de sa discipline de résistance personnelle : le sport, la spiritualité soufie, et le droit de s'ennuyer qu'il impose à ses enfants.Une conversation avec quelqu'un qui construit sa transformation sans prétendre connaître la fin de l'histoire.Citations marquantes« En entreprise, on n'est plus dans du plug and play, on est dans un 3D Tetris, pratiquement les yeux bandés. »« Les IA sont aussi pertinentes que tes données. »« Je trouve lamentable qu'on utilise cette excuse pour dire : je n'embauche plus de juniors. C'est un très gros risque identitaire d'entreprise. »« La paresse cognitive me fait encore plus peur que la paresse physique. »« Ma productivité a augmenté, mais ce qu'on attend de moi a augmenté encore plus. Donc on n'arrive jamais à récupérer ce temps. »Bonus, pour un format court : « Le brouillard disparaît au fur et à mesure que tu avances. »Idées centrales discutées1. La méta-narrative américaine est un instrument financier, pas un diagnostic (12:02 - 14:21)L'annonce des centaines de millions d'emplois supprimés a servi à assécher le marché des capitaux au profit des Magnificent Seven. Les deux cibles désignées : les call centers et les développeurs, 300 millions d'emplois. Pourquoi ça compte : quand un récit devient assez fort pour convaincre une enfant de 11 ans, il fabrique de la décision économique réelle, y compris chez les investisseurs que Nourdine devait convaincre pour lever 150 millions.2. La quadruple dette qui bloque l'IA en entreprise (17:30 - 21:00)Dette technologique (legacy non migrable), dette de données (aucune gouvernance, aucune classification), dette de process (le book of process n'existe pas ou n'est pas à jour), dette organisationnelle (les process sont transverses, donc personne n'a l'autorité de décider). Pourquoi c'est important : l'expérience individuelle de l'IA est fluide, l'expérience entreprise ne l'est pas du tout, et c'est cet écart qui produit le mensonge sur la vitesse.3. Le vrai risque n'est pas la suppression des postes, c'est la charge mentale (28:30 - 29:43)Chez Konecta, les agents traitent environ 20 % d'interactions complexes et 80 % de simples ou moyennes. Retirez les 80 %, et vous obtenez huit heures de complexité continue. Pourquoi c'est important : c'est un problème d'organisation du travail, d'horaires et de compétences, pas un problème d'outil, et personne ne le prépare.4. Ce ne sont pas les juniors qui résistent, ce sont les référents (35:23 - 38:28)Les nouveaux entrants adorent : leur courbe d'apprentissage s'accélère et ils ne sont plus face au vide pendant un appel. L'inconfort remonte chez les responsables, dont le rôle reposait sur le fait de savoir. Pourquoi c'est important : la question n'est plus « mon job va-t-il disparaître » mais « quel est le sens de mon job maintenant ».5. La donnée métier devient le seul différenciant (48:35 - 50:01)D'ici deux ans, Accenture, McKinsey, Capgemini, Teleperformance et Konecta proposeront tous un agent IA. Le prix ne suffira pas à départager. Ce qui restera : la donnée propriétaire et le playbook qui permettent de garantir un résultat business chiffré. Pourquoi c'est important : les entreprises qui n'ont pas encore cartographié leur valeur différenciante, parfois encore transmise oralement, la perdront.6. L'IA n'est pas déterministe, et le régulateur ne l'accepte pas (59:37 - 1:00:23)Dans la banque et l'énergie, l'obligation de répondre de la même manière quelle que soit la situation entre en collision frontale avec un modèle qui peut dériver. Pourquoi c'est important : ce n'est pas un problème de qualité de modèle, c'est un problème de nature du modèle, et il ne se résout pas avec une version suivante.7. Rester humain, c'est refuser de répéter l'erreur du smartphone et des réseaux sociaux (41:02 - 45:58)La question qu'il pose sans détour : si votre enfant demande à une IA si Dieu existe, quelle réponse voulez-vous, et quelles valeurs sont transmises ? Pourquoi c'est important : le lien avec ces outils est plus intime que ne l'était Google, et il se construit maintenant, chez des gens qui n'ont pas choisi.Questions posées dans l'interviewVotre conseillère d'orientation vous a proposé un CAP couvreur en cinquième. Qu'auriez-vous envie de lui dire aujourd'hui ?Comment fait-on pour ne pas perdre sa route quand tout le système vous oriente ailleurs ?Vous êtes CEO, vous êtes débordé : comment nourrit-on encore sa curiosité à ce niveau de responsabilité ?Votre fille de 11 ans vous demande si votre métier va disparaître. Qu'est-ce que vous lui répondez ?Pourquoi parlez-vous de mensonge à propos de l'IA, vous qui venez de la technologie ?Comment vous regardent les gens de la tech quand vous leur dites ça ?Que répondez-vous à un CEO qui annonce publiquement qu'il n'embauche plus de juniors à cause de l'IA ?Le vrai enjeu de l'IA n'est-il pas humain plutôt que technique ?Si on retire toutes les tâches simples d'une journée de travail, que reste-t-il à vivre pour un salarié ?Vous n'avez pas peur d'un nouvel entrant natif IA, sans legacy, qui vous disrupte par les coûts ?Comment protège-t-on ses données quand tout le monde utilise l'IA en douce sur son téléphone ?Comment développez-vous votre propre discipline de résistance, à titre personnel ?Références citées dans l'épisodeLivre« Rester humain », Nourdine Bihmane (00:26, développé à partir de 16:34)Entreprises et organisationsKonecta : entreprise espagnole créée il y a environ 25 ans, plus de 100 000 employés, 26 pays, environ 2 milliards de facturation (00:39)Atos : l'essentiel de son parcours, entré fin 2000 comme architecte SI, directeur général en 2022 en charge de la séparation du groupe (01:13)Origin, filiale Philips, intégrée à Atos (01:13)TCS / Tata Consulting : son CEO avait annoncé la disparition de tous les call centers indiens en moins de douze mois (13:32)Accenture, McKinsey, BCG, Capgemini, Teleperformance : le futur paysage concurrentiel commun (48:35, 1:02:06)Capgemini / WNS : rachat de l'année dernière, ajout d'une couche métier BPO back-office (1:03:34)Kolibri : plateforme Konecta de standardisation des cas d'usage IA, lancée récemment (54:45)Technologies et acteurs IAChatGPT / OpenAI (12:51, 47:56)Gemini, Google : Konecta est une « maison Google » (47:13)Claude / Anthropic : utilisé pour le coding par les développeurs Konecta (32:13, 47:13)Modèles open source et souveraineté (47:56)Les Magnificent Seven (12:02)Concepts et travaux citésLe numerus clausus, université Mondor à Créteil : 110 places pour 3 500 candidats, arrivé 150e (05:05)Anthropologie à Princeton : un an de formation le week-end (07:46)Soufisme, courant de l'islam (10:53)Le paradoxe de Solow et la courbe en J, introduits par Grégory (31:01)Étude Microsoft sur la dégradation des réponses au fil des itérations, citée par Grégory (58:54)Klarna, cité comme l'exemple du call center supprimé puis reconstitué (53:11)La méthode ABZ, introduite par Grégory en clôture (1:03:53)Luc Julia, cofondateur de Siri, cité par Grégory (16:34)Shadow AI, prompt injection, drift de modèle, TCO, span of control, Tiger TeamsTimestamps clés (YouTube)00:00 Introduction : le CEO qui refuse le récit dominant00:39 Konecta en chiffres : 100 000 salariés, 26 pays, 2 milliards01:43 Le CAP couvreur en cinquième et ce qu'il dirait à cette conseillère03:27 La curiosité comme seul fil conducteur d'un parcours cassé05:05 Médecine ratée à 0,02 point : accepter sa destinée05:52 L'informatique comme job alimentaire, et le salaire du père à l'usine07:46 Un an d'anthropologie à Princeton pour sortir de la tech09:15 Aligner ses valeurs personnelles et professionnelles, spiritualité comprise11:49 « Papa, ton job va disparaître » : sa fille de 11 ans le percute12:51 D'où vient la narrative des 300 millions d'emplois supprimés15:06 Quand une IA refuse de parler anglais : la limite en vrai17:30 Premier mensonge : la vitesse. Le 3D Tetris les yeux bandés18:27 La quadruple dette : techno, données, process, organisation21:00 Deuxième et troisième mensonges : la dérive des modèles et le coût réel23:35 Ne plus recruter de juniors : « lamentable », et pourquoi24:35 L'angle mort total :
Aliette Mounier-Lompré est la CEO d'Orange Business. Elle a fait toute sa carrière dans une seule boîte, depuis un stage au milieu de ses études jusqu'à la direction d'une entité de 30 000 personnes présente dans le monde entier.Orange Business, c'est une entreprise qui se réinvente sous pression : le business historique fond (téléphonie fixe, cuivre), et il faut trouver les relais de croissance tout en maintenant la performance financière et le lien humain. Ce paradoxe, Aliette l'incarne au quotidien.Dans cet épisode, nous parlons de ce que le football de haut niveau lui a appris sur le collectif, de ses règles personnelles pour gérer l'énergie plutôt que l'agenda, et de la façon dont elle aborde la transformation IA, non comme un sujet tech, mais comme un enjeu profondément humain. J'ai questionné Aliette sur sa décision de parler publiquement de son orientation sexuelle en tant que CEO, et sur les retours, parfois bouleversants, qu'elle a reçus de collaborateurs qui ne pouvaient en parler à personne. Un épisode dense, direct et rare dans sa franchise.Citations"Dans un monde où personne ne nous attend, tomber dans notre zone de confort, c'est absolument dangereux.""Ce qui est vraiment important, c'est la gestion de l'énergie, pas la gestion de l'agenda.""Mon métier, c'est de gérer des injonctions contradictoires.""Si toute la boîte dépend de moi, ça ne peut pas marcher.""J'en parle parce que ça ne devrait pas être un sujet. Et pourtant, pour beaucoup, ça l'est encore."Big Ideas1. La contrainte comme déclencheur de créativité (~03:54)La crise financière d'Orange Business, comme la crise Covid, a forcé une agilité que les périodes calmes ne permettent pas. En quelques semaines pendant le Covid, des services ont été réinventés là où il fallait normalement des mois. La pression n'est pas l'ennemi de l'innovation : c'en est souvent le carburant. Pourquoi c'est important : ça retourne la manière dont on pense le risque et l'urgence en entreprise.2. L'énergie avant l'agenda (~23:20)On peut travailler 12 heures et produire zéro. On peut avoir un agenda plein et rester parfaitement lucide. Ce qui compte, c'est l'état mental au moment où la décision doit être prise. Aliette applique cela avec une discipline de sportive : vacances coupées radicalement, pas de réunion avant 9h ni après 18h, dîner en famille chaque soir. Pourquoi c'est important : c'est le levier de performance le plus sous-estimé dans les organisations.3. Zéro clone dans une équipe (~10:42)Dans un monde imprévisible, une équipe homogène est une équipe aveugle. Aliette cherche activement des profils qui raisonnent différemment : top-down contre bottom-up, ingénieurs contre profils orientés clients, cultures variées. L'alchimie est plus complexe à gérer que celle d'une équipe uniforme, mais elle évite les grosses erreurs. Pourquoi c'est important : la performance collective dépend moins du niveau individuel que de la complémentarité des façons de penser.4. L'IA : un enjeu RH avant d'être un enjeu tech (~37:48)Orange Business pilote la transformation IA avec un binôme RH + tech, pas une seule tour de contrôle technique. Le passage de 30 minutes à 30 secondes sur le diagnostic client grâce à l'agentique illustre l'ampleur des réorganisations à venir : ce ne sont pas des ajustements de processus, ce sont des redéfinitions de métiers entiers. Pourquoi c'est important : confier la transformation IA uniquement à la DSI, c'est rater la moitié du sujet.5. Le coming-out comme acte de leadership collectif (~01:00:37)En parlant publiquement de son orientation sexuelle, Aliette n'a pas fait un geste militant : elle a envoyé un signal de permission. Les retours, souvent anonymes, parfois de collaborateurs dans des pays où l'homosexualité est pénalisée, montrent que "venir au travail sans masque" reste inaccessible pour beaucoup en 2026. Et ce qui s'est libéré après dépasse largement ce seul sujet. Pourquoi c'est important : ce qu'une personne en position d'autorité normalise, l'organisation entière se l'approprie progressivement.Questions posées dans l'interviewQu'est-ce qu'on trouve chez Orange qui pousse à rester toute une carrière dans un monde où la mobilité est la norme ?Comment trouver le bon niveau de pression sur une équipe, sans tomber dans le burn-out ni l'ennui ?Comment recruter des profils qui vont te challenger plutôt que confirmer ce que tu penses déjà ?Qu'est-ce que le football de haut niveau t'a appris sur le collectif que le management classique n'enseigne pas ?Comment donner de l'autonomie réelle dans une boîte de 30 000 personnes, avec des barrières linguistiques et culturelles ?Toi-même, comment tu gères ton énergie au quotidien, et comment tu l'insuffles dans tes équipes ?La réunionite : c'est un symptôme ou une cause ? Et comment tu t'y attaques concrètement ?Orange Business pilote l'IA avec un duo RH + tech : comment ce binôme fonctionne en pratique ?Comment garder l'engagement des collaborateurs quand la vision bouge et que l'incertitude est la règle ?Pourquoi parler publiquement de ton orientation sexuelle, et qu'est-ce que ça a libéré dans l'entreprise ?Références citées dans l'épisodePersonnesJean-Charles Samuelian (fondateur d'Alan) : cité comme exemple de rupture par contrainte. En sortant d'école, il a révolutionné les sièges d'avion dans une industrie ultra-réglementée en partant d'une contrainte simple. (~06:00)Mbappé : exemple du joueur star dont l'individualisme peut fragiliser le collectif, même à très haut niveau. (~14:30)Richard Branson : cité pour sa règle de recréer une nouvelle entité dès qu'une équipe dépasse 50 personnes, pour préserver l'esprit de corps. (~33:45)Concepts et étudesNombre de Dunbar (150-200 personnes) : seuil au-delà duquel la confiance interpersonnelle devient structurellement difficile à construire. (~16:44)Shadow AI : phénomène où les collaborateurs utilisent des IA non sécurisées quand les outils internes sont bloqués ou absents. (~40:57)Agentique (agentic AI) : workflows IA autonomes appliqués au diagnostic client chez Orange Business. (~44:00)Initiatives internesChallenge "All Connected" chez Orange : 10 jours par an, 160 000 salariés, défi de pas en équipes de 4, avec dons à des associations à la clé. (~32:31)Événements historiquesCrise Covid : mobilisation exceptionnelle d'Orange pour connecter les hôpitaux, gérer le drive de la grande distribution, passer au télétravail du jour au lendemain. (~03:54 et ~48:59)Timestamps clés (YouTube)00:00 Bébé Orange : une carrière par hasardAliette raconte comment un stage l'a fait entrer chez Orange, et pourquoi elle n'en est jamais repartie malgré les opportunités.01:30 Ce qu'on trouve vraiment dans une grande boîteLa culture care d'Orange : l'équilibre entre performance financière et humain, difficile mais sincère.02:27 Orange Business : une boîte sous pressionLe business historique fond. Comment Aliette gère la crise financière sans perdre ses équipes.03:54 La pression comme moteurL'exemple Covid : des services réinventés en semaines là où il fallait normalement des mois.05:23 Le bon niveau de défi pour ses équipesEntre ennui et burn-out : adapter la pression à chaque individu, une science inexacte.09:58 Pourquoi les clones sont dangereuxRecruter des profils qui pensent différemment, créer l'alchimie du collectif.12:21 Ce que le foot apprend sur le leadership11 Messi dont un en gardien de but : la complémentarité prime sur le niveau individuel.15:32 Donner de l'autonomie dans une grande boîteDéléguer vraiment, y compris en vacances, quand on est à la tête de 30 000 personnes.18:39 Les règles militaires d'Aliette3 semaines en août, 2 semaines à Noël, pas de réunion avant 9h ni après 18h, dîner en famille chaque soir.22:29 Gérer l'énergie, pas l'agendaLa leçon du sportif qui se repose avant la compétition. La qualité de la décision prime sur le volume d'heures.28:54 La réunionite : symptôme, pas causeInterdire les réunions à plus de 10 personnes. La règle du décideur unique pour chaque sujet.33:45 Petites équipes contre grande échelleLe modèle Branson à 50 personnes max versus les économies d'échelle d'Orange. L'intrapreneuriat interne comme compromis.36:00 L'IA : une problématique humainePas "quelle IA choisir" mais comment la transformation organisationnelle s'opère réellement.44:00 De 30 minutes à 30 secondes grâce à l'agentiqueLe diagnostic client réduit par un facteur 60. Ce que ça veut dire pour les métiers et les compétences.46:36 Le duo RH + tech pour piloter l'IAPourquoi Orange institutionnalise ce binôme et ce que ça change dans la gouvernance de la transformation.52:02 Ralentir quand tout s'accélèreLa technique des 10 ans en avant : dans 10 ans, est-ce que ce sujet comptera encore ?59:01 Diversité : performance et éthiqueLes équipes homogènes facilitent la gestion. Les équipes diverses évitent les erreurs graves.01:00:37 Le coming-out d'une CEOPourquoi Aliette en parle, et les messages anonymes qu'elle a reçus en retour de collaborateurs dans des pays où c'est pénalisé.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Je connais Gaël Chatelain-Berry des réseaux et particulièrement de LInkedin mais aussi à travers son podcast. Ex DRH, écrivain, conférencier, podcaster et bientôt acteur sur des planches autour de Saint-Jacques-de-Compostelle, il est l'un des premiers en France à avoir mis le mot "bienveillance" dans la même phrase que "management", il y a dix ans, à une époque où tout le monde se moquait de lui.Dans cet épisode, je parle avec Gaël de ce que le bien-être au travail veut vraiment dire et ce n'est pas des cours de yoga ni des chouquettes à l'entrée. J'ai questionné Gaël sur les contradictions criantes des entreprises qui affichent leurs valeurs sur leur site internet tout en faisant régner une forme de violence managériale en interne, sur le rôle du burn-out comme faute professionnelle, sur pourquoi la première source de démotivation des salariés français est aussi simple et aussi absurde que l'absence d'un bonjour le matin, sur le sens au travail raconté à travers une usine de vis et boulons qui fabrique des satellites, et sur ce que l'IA change ou pas à l'équation humaine dans les entreprises.Citations marquantes"Le bien-être au travail, c'est finir sa journée dans le même état physique et psychologique que quand t'as commencé. C'est ça, la définition. Et malheureusement, on en est très loin.""La première source de démotivation des salariés français? Leur manager ne leur dit pas bonjour le matin. C'est la chose que nos parents nous ont apprise à l'âge de trois ans. Et en entreprise, on l'oublie.""Un burn-out dans ton équipe, c'est une faute professionnelle. Si t'es un tant soit peu empathique, c'est pas possible que ça t'échappe. Ça n'arrive pas du jour au lendemain.""L'illusion du bonheur au travail, oubliez-la. Le bonheur, c'est une quête. Le bien-être, c'est un état. Et cet état, ce n'est pas une option pour les entreprises. C'est une obligation.""Si vous voulez que vos salariés prennent soin de votre entreprise, prenez soin de vos salariés. Richard Branson disait ça il y a 25 ans. Ce n'est pas de la révolution. C'est du bon sens."Questions posées dans l'interview Comment tu es arrivé à cette notion de bien-être au travail ? Qu'est-ce qui t'y a amené ? Comment tu définirais le bien-être au travail ? À quel moment le bien-être au travail devient juste un discours dans les entreprises ? Est-ce que les structures elles-mêmes — à base de KPI, de mesures — ne sont pas malades, indépendamment des managers ? Comment tu concilies le management bienveillant avec des réalités économiques court terme ? Où est-ce que tu places la limite entre la bienveillance et la complaisance ? Est-ce que le sens au travail, c'est vraiment quelque chose de fondamental pour toi ? Jusqu'où le bien-être individuel est-il lié à l'individu lui-même plutôt qu'à l'entreprise ? Est-ce qu'on n'est pas en train de normaliser des environnements toxiques en disant aux gens de faire de la méditation ? Est-ce que le travail est censé être un lieu d'épanouissement — ou est-ce un luxe quand ça arrive ? Timestamps clés (optimisés YouTube) Processus de réflexion Processus de réflexion 7. Timestamps clés 00:00 — Intro : Gaël présente son parcours de dirigeant média à expert du bien-être 02:27 — Sa définition du bien-être : finir sa journée dans le même état qu'au démarrage 03:15 — Le bien-être washing : quand les valeurs s'arrêtent à la page d'accueil 05:35 — Adam Smith et Richard Branson disaient la même chose il y a des siècles 06:57 — L'IA comme réponse à la démographie, pas comme menace pour l'emploi 09:14 — Les structures elles-mêmes sont-elles malades ? "Un escalier se nettoie par le haut" 12:40 — Bienveillance ≠ gentillesse. On peut licencier avec bienveillance. 17:05 — La première source de démotivation en France : ne pas dire bonjour 19:00 — La méthode gratuite pour libérer la parole dans une équipe 22:17 — L'usine de vis et boulons qui envoie des pièces dans l'espace (et le sens au travail) 28:15 — Vous êtes responsable de votre propre sommeil 31:39 — Être une femme en entreprise : tous les codes sont masculins 34:48 — Un manager peut choisir de ne pas reproduire ce qu'il subit au-dessus 37:45 — 24 jours par an en réunion. 50% non productifs. C'est la semaine de 4 jours gratuite. 41:30 — Yoga et méditation ne règlent rien si le manager est toxique 42:21 — Un burn-out dans son équipe, c'est une faute professionnelle 45:02 — Le travail est-il censé épanouir ? "C'est un luxe quand ça arrive" 52:59 — Bonheur au travail (illusion) vs bien-être au travail (obligation) 54:20 — Chief Happiness Officer : bonne idée, mauvaise exécution 56:24 — Ce qui motive Gaël. Ce qui le déprime encore aujourd'hui.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vincent Desportes, Général de corps d'armée, ancien directeur de l'École de Guerre est l’un des épisodes qui a le plus marqué sur Vlan! Leadership.J'avoue que j'avais une image un peu caricaturale de l'armée avant cet épisode. L'ordre, la hiérarchie stricte, le "on obéit parce qu'on obéit". Et puis j'ai lu le livre de Vincent. Et j'ai réalisé que, sur la question du leadership, les militaires ont une longueur d'avance assez déconcertante sur la majorité des entreprises. Pas parce qu'ils sont plus durs. Mais parce qu'ils ont compris bien avant nous que personne ne fait quelque chose d'extraordinaire sous la contrainte. Que le désir, comme disait Spinoza, est le vrai moteur. Et que le rôle du chef n'est pas de motiver, mais de créer les conditions de l'auto-motivation.Dans cet épisode, nous parlons de ce que distingue vraiment une bonne armée d'une mauvaise, pourquoi la guerre en Ukraine est avant tout une histoire de leadership, comment on crée de l'autonomie sans perdre le cap, et ce que le brouillard de la guerre nous apprend sur la manière de prendre des décisions dans un monde qu'on ne comprend plus très bien. J'ai aussi questionné Vincent sur ses propres erreurs de jeune lieutenant, sur la vulnérabilité du chef, et sur cette phrase qu'il cite dans le livre et qui m'a arrêté net : "Le désir secret des hommes est moins d'être libre que d'être inspiré." Citations marquantes"Un soldat sait qu'il ne vaut rien sans les autres.""Je ne peux pas motiver les gens. Je dois créer les conditions de l'auto-motivation.""Doutez toujours. Mais n'hésitez jamais.""L'initiative est la forme la plus aboutie de la discipline.""Le désir secret des hommes est moins d'être libre que d'être inspiré."Idées clefs1. Le préfixe le plus important en leadership : "auto" [00:00 à 20:00] Vincent revient sur une idée qu'il développe dans son livre : on ne peut pas motiver quelqu'un, on ne peut pas responsabiliser quelqu'un de l'extérieur. Ce qu'on peut faire, c'est créer les conditions pour que ça émerge de l'intérieur. Auto-motivation, auto-responsabilisation, auto-discipline. C'est un renversement total de la logique managériale classique qui dit "je vais mobiliser mes équipes" comme si c'était une action qu'on fait à quelqu'un. Ça explique pourquoi tant d'initiatives de "mobilisation" tombent à plat : elles partent dans le mauvais sens.2. Le lien entre intérêt individuel et intérêt collectif est la vraie clé [08:50 à 14:00] Ce n'est pas le sens qu'on donne à une mission qui fait avancer les gens. C'est le fait que chacun perçoive un intérêt personnel à ce que le collectif réussisse. Rousseau disait que c'est l'émotion qui fait avancer l'humain, pas la pensée. Spinoza disait que l'homme est désir. Vincent traduit ça en pratique managériale : je dois créer le lien émotionnel entre "mon avenir à moi" et "notre projet ensemble". Ce lien ne se décrète pas, il se construit, souvent dans les petits gestes et les conversations du quotidien.3. "Aucun plan ne résiste au premier coup de canon" [20:00 à 33:00] Von Moltke, général prussien du XIXe siècle, avait posé les bases de ce qu'on redécouvre aujourd'hui sous le nom d'agilité. Un plan, c'est fait pour entrer en contact avec la réalité, pas pour la dicter. Et ce qui fait la différence entre une bonne organisation et une mauvaise, ce n'est pas la qualité du plan initial, c'est la capacité d'adaptation de chacun quand le plan se casse. Ce qui implique d'avoir construit l'autonomie avant que la crise arrive, pas pendant.4. Le drill et la liberté : les deux ne s'opposent pas [29:00 à 33:00] Il y a des tâches qu'on automatise pour libérer la tête. Un parachutiste sait exactement où est son couteau, son masque à gaz, ses grenades, sans regarder, parce que ça libère sa bande passante pour penser à ce qui change. C'est exactement ce que font les bonnes entreprises : automatiser les tâches sans valeur ajoutée humaine pour que les gens puissent s'adapter à l'imprévu. La robotisation n'est pas une menace si elle est pensée comme libération de l'initiative.5. Le leader est un créateur de contexte, pas un distributeur de sens [47:30 à 56:45] McGregor distingue deux types de management : le mécaniste (on tire sur la tige pour que la plante monte) et l'agricole (on crée les conditions pour qu'elle pousse). Vincent va encore plus loin avec la métaphore du tournesol : si le contexte est bon, les gens s'orientent naturellement vers la lumière, sans qu'on ait besoin de les y forcer. Le rôle du leader n'est pas d'indiquer le chemin à chaque pas, c'est de faire en sorte que l'orientation devienne naturelle.Questions posées dans l'interviewQu'est-ce que c'est qu'un bon leader selon vous, et à quoi ça ressemble ?Est-ce que l'armée fonctionne par contrainte ou par adhésion ?Pourquoi la différence Ukraine/Russie est-elle d'abord une question de leadership ?Comment faire naître l'envie à l'intérieur de chaque personne dans une organisation ?Comment un leader peut-il développer l'autonomie chez ses collaborateurs concrètement ?Comment changer une culture organisationnelle ancrée dans le drill et la non-autonomie ?Vous avez eu des échecs personnels qui vous ont appris quelque chose sur le leadership ?La vulnérabilité, l'aveu du doute, est-ce un signe de bon leadership ou une faiblesse ?Le "brouillard de la guerre", est-ce une métaphore pertinente pour ce que vivent les entreprises aujourd'hui avec la crise écologique ?Qu'est-ce que vous entendez par "un leader est un influenceur par le contexte" ? Références citéesPersonnes historiques et militairesNapoléon Bonaparte : plusieurs citations sur le commandement par le rêve, la connaissance des hommes, l'uniforme comme vecteur d'identité [00:44, 15:43, 30:48, 37:10, 51:26]Von Moltke (Helmut von Moltke) : "Aucun plan ne résiste au premier coup de canon" et "Un ordre ne doit contenir que ce qu'un subordonné ne peut décider de lui-même" [20:57]Carl von Clausewitz : théoricien de la guerre, créateur du concept de "brouillard de la guerre" [44:23]Maréchal Foch : "La discipline formelle est une forme d'indiscipline" [24:50]Général Lagarde : "L'initiative est la forme la plus aboutie de la discipline" [24:50]Leclerc (Général Philippe Leclerc de Hauteclocque) : leadership par les objectifs, libérateur de Paris [25:38]Général Bradley : formation avant le débarquement de Normandie, équilibre drill/initiative [32:02]Clémenceau et Foch : images des chefs militaires dans les tranchées [14:57]Wagner / Prigogine : exemple de leadership par la contrainte [02:18]Philosophes et penseursSpinoza : "L'homme est désir" [08:27]Rousseau : "C'est la pensée qui fait l'humain, mais c'est l'émotion qui le fait avancer" [11:35]Edgar Morin : capacité humaine d'intuition face aux machines [29:04]Pascal / Descartes : le doute cartésien appliqué à la décision [41:23]Théoriciens du managementRobert Greenleaf : concept du "servant leader" [06:43]McGregor : management mécaniste vs management agricole [48:12]Jean-Dominique Senard : dirigeant de Michelin, exemple de leadership humaniste [18:03]Culture et littératurePierre Schoendorffer, Le Crabe-tambour : "Le désir secret des hommes est moins d'être libre que d'être inspiré" [56:11]Ubuntu : principe africain du collectif comme force [54:08]Événements historiquesDébarquement de Normandie / plage d'Omaha : exemple d'adaptation sous contrainte [31:24, 32:02]6 juin 1944 / libération de Paris [25:38, 06:43]Covid : décision sous incertitude et légitimité du changement [42:51]Réforme des retraites : lien intérêt individuel/collectif [54:08]Grande Dépression / Roosevelt à la radio [12:56]Churchill et De Gaulle : leadership par le discours émotionnel [12:13]Livre de l'invitéDevenez leader, Vincent Desportes, éditions Odile Jacob [00:13]Timestamps clés pour YouTube00:13 — Un bon leader, à quoi ça ressemble vraiment ? Desportes pose la définition : un leader, c'est quelqu'un qui transforme une addition d'êtres humains en une synergie de volontés. Pas quelqu'un qui commande, quelqu'un qui crée l'envie d'aller quelque part ensemble.01:35 — Napoléon commandait par le rêve, pas par le fouet La différence entre les armées qui gagnent et celles qui perdent. Avec un parallèle direct et saisissant sur Wagner et l'armée russe aujourd'hui.05:40 — Ce sont les soldats qui gagnent les guerres, pas les généraux Et c'est exactement le même problème dans les entreprises. Celui qui crée la valeur, c'est l'opérateur, le commercial, le soldat. Le chef, lui, crée les conditions.08:27 — Spinoza, Rousseau, et pourquoi on ne motive pas les gens On pense avec le cerveau, mais on avance avec le cœur et les tripes. Ce moment où la philosophie rencontre la pratique du commandement militaire.14:09 — Le quiet quitting expliqué par un général Pourquoi les gens se déconnectent ? Parce que leur intérêt a changé et que les organisations ne l'ont pas vu venir. Une analyse qui dépasse largement le cadre militaire.18:57 — Le préfixe le plus important du leadership : AUTO Auto-motivation, auto-responsabilisation, auto-discipline. Je ne peux pas imposer ces choses de l'extérieur. Mon rôle est de créer les conditions pour qu'elles émergent.20:57 — Von Moltke et "aucun plan ne résiste au premier coup de canon" Pourquoi le plan stratégique est une illusion et ce qu'il faut faire à la place. L'autonomie comme seule réponse réaliste à l'imprévu.30:48 — Le drill existe toujours dans les armées, et c'est normal Automatiser ce qui n'a pas de valeur ajoutée humaine pour libérer la tête vers ce qui en a. La robotisation vue comme libération plutôt que menace.40:01 — "Doutez toujours. Mais n'hésitez jamais." La grande phrase de l'épisode. Décision sous incertitude, légitimité du changement de cap, et pourquoi les gens ont critiqué Macron pendant le Covid en ayant fondamentalement tort.44:23 — Le brouillard de la guerre, c'est notre quotidien La crise écologique, la polycrise, l'accélération. Clausewitz avait tout compris. La stratégie, ce n'est pas un chemin fixe, c'est un objectif stable sur un chemin qu'on ajuste en pe





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