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Histoire Vivante ‐ RTS Première
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Histoire Vivante ‐ RTS Première

Author: RTS - Radio Télévision Suisse

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"Histoire Vivante", une émission quotidienne avec des historiennes, des historiens et des archives pour comprendre comment l'histoire agit dans notre présent. Une émission d'Anaïs Kien. Fichiers disponibles durant 30 jours après diffusion. - Pour un usage privé exclusivement.
1766 Episodes
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On aimerait pouvoir dire que la vengeance a déserté les relations politiques mais elle est toujours bien là, peut-être même d'autant plus présente dans les conflits ces derniers temps. Si Vladimir Poutine veut arracher sa revanche sur l'histoire, du côté de l'Ukraine c'est la défense de son droit à l'autodétermination qui nourrit le sentiment de vengeance. Avec Marie Robin, politiste à l'Université de Leiden, autrice de La vengeance et la paix.
Vladimir Poutine convoque l'histoire pour justifier son invasion. Côté ukrainien on répond par une résistance armée et bientôt aussi par un regard sur le passé capable de soutenir un front de défense qui dure depuis 4 années. Sur le fonctionnement de l'Union soviétique, les débats furent féroces entre Lénine et Staline. Quand le premier meurt c'est la seconde option qui l'emporte. Avec Eric Aunoble, chargé de cours à l'université de Genève, co-auteur de Russie, Ukraine, Pologne: Histoire partagée, mémoires divisées.
La guerre que la Russie mène en Ukraine se fait avec des armes mais aussi avec de l'histoire. Un drôle de cocktail entre tsarisme et communisme où Vladimir Poutine prélève des morceaux d'histoire de la Russie des tsars qu'il articule avec l'histoire soviétique. Une opération très sélective qui remet en gloire Staline, mais qui n'a rien à voir avec la réhabilitation du communisme. Avec Korine Amacher, professeure d'histoire russe et soviétique à l'université de Genève et co-autrice de l'ouvrage : Histoire partagée, mémoires divisées. Ukraine, Russie, Pologne (Editions Antipodes, 2021, Lausanne).
Démontage, peinture rouge, destruction ou décapitation: les statues de Pouchkine sont éliminées de l'espace public ukrainien une à une depuis 2022. Les grands auteurs russes deviennent la cible de cette chasse à l'influence conquérante de la Russie. Une condamnation peut-être pas si méritée que ça mais la littérature, elle aussi, est en guerre. Avec Victoire Feuillebois, spécialiste de l'histoire littéraire et professeure à l'université de Strasbourg.
En Ukraine la guerre se mène avec des armes et avec des mots. Au cœur des discours, l'histoire, celle qui rassemble et celle qui sépare. Vladimir Poutine justifie son agression par un récit mêlant gloire tsariste et victoires soviétiques, tandis que l'Ukraine répond par une dérussification massive. De la guerre de Crimée du XIXe siècle aux théories de la vengeance, cette série explore comment l'histoire devient une arme de guerre. L'affrontement entre l'Ukraine et la Russie ne date pas du 24 février 2022 et de l'"opération spéciale" de Vladimir Poutine, mais de 2014 avec l'annexion de la Crimée. Ce point chaud du conflit s'inscrit dans une histoire longue de l'expansion russe depuis le XIXe siècle. Avec Marie-Pierre Rey, spécialiste de l'histoire russe, on remonte le temps pour explorer l'histoire de cette péninsule de la mer Noire avec ses guerres féroces où s'est déjà joué la paix du continent tout entier.
Les ligues antialcooliques féminines suisses s'inspirent des mouvements américains et britanniques, tout en s'adaptant à leur contexte. Ces organisations permettent aux femmes de s'engager dans la sphère publique et politique, créent des réseaux internationaux et imposent le débat, malgré l'idéal traditionnel du rôle féminin toujours si bien ancré dans la société au cours du XXe siècle. Ces femmes militantes, sont l'objet des recherches d'Audrey Bonvin, chercheuse FNS à l'université de Fribourg.
La prohibition s'est imposée aux États-Unis de 1920 à 1933, pour éloigner les ravages de l'alcoolisme. Mais elle a aussi créé ses monstres avec une explosion de la criminalité organisée et de la corruption. La contrebande invente ses intermédiaires, toute une hiérarchie et chacun a son rôle dans la chaîne d'approvisionnement. La vertueuse prohibition avait pour ambition de faire baisser les seuils de violence présents dans la société au quotidien mais elle en crée ailleurs, comme on le découvre avec massacre de la Saint-Valentin, le 14 février 1929. Avec Annick Foucrier, historienne, spécialiste des États-Unis et autrice de La Prohibition - Interdire pour une Amérique meilleure ? (Armand Colin, 2025).
La Prohibition est instaurée en 1920. Et pourtant, on boit encore aux États-Unis. La légende dorée de la clandestinité nous a laissé des images où l'excitation de la trangression l'emporte sur tout. Avec Annick Foucrier, historienne, spécialiste des États-Unis et autrice de La Prohibition - Interdire pour une Amérique meilleure ? (Armand Colin, 2025).
Les ravages de la boisson sont devenus un enjeu de société brûlant au cours du XIXe siècle aux États-Unis. Et la prohibition fait son chemin. Au seuil de la première guerre mondiale, les débats sont féroces et celles et ceux qui militent pour l'interdiction de l'alcool ciblent la faiblesse des politiques publiques et le système économique toujours en quête d'un marché lucratif. Avec Annick Foucrier, historienne, spécialiste des États-Unis et autrice de La Prohibition - Interdire pour une Amérique meilleure ? (Armand Colin, 2025).
Histoire Vivante s'intéresse à l'histoire de la prohibition. Une histoire festive et flamboyante, des années 1920 et 1930, où les images de nuits folles et clandestines, de gangsters et de garçonnes sur le dance floor, de Gatsby le Magnifique et d'Al Capone dominent largement dans les mémoires. Mais la prohibition est aussi la trajectoire d'une réflexion sur l'alcoolisme, une recherche à tâtons pour comprendre quelle place laisser à l'alcool parmi nous. Au moment où la consommation d'alcool interroge, les États-Unis sont indépendants depuis quelques décennies seulement. Cette nouvelle nation se cherche et s'invente un peu plus chaque jour. Avec Annick Foucrier, historienne, spécialiste des États-Unis et autrice de La Prohibition - Interdire pour une Amérique meilleure ? (Armand Colin, 2025).
Après l'affaire Dreyfus, la France apparaît comme l'Etat qui défend ses citoyens juifs. L'image d'exemplarité de la France après l'affaire Dreyfus s'accompagne aussi de profondes divisions au sein de la société française qui laissent leur empreinte et pour longtemps. Le 4 juin 1936, Léon Blum prend la tête du gouvernement. Il est socialiste, juif et les antisémites n'ont pas attendu son élection pour faire la démonstration de leur hostilité. Alors que les élections se préparent, il avait été victime d'une agression violente et spontanée dès le mois de février. Tal Brutman est historien, il est l'auteur de La France antijuive de 1936 (Éditions des Equateurs). Avec lui, on explore la centralité de la France dans le renouvellement de l'antisémitisme dans les années 1930.
Si l'antisémitisme est un amalgame de rumeurs malveillantes et de rivalité religieuse, il se politise au XIXème siècle. L'apparition de théories sur la hiérarchie des races en lien avec la construction des nationalismes se cumulent avec l'hostilité multiséculaire chrétienne. Si l'antisémitisme ne semble jamais disparaitre, c'est qu'il recycle les fantasmes et croyances populaires désormais traditionnels. L'hostilité contre les Juifs réapparaît lors des crises pour en désigner le bouc émissaire, une acrobatie bien pratique pour expliquer l'échec d'une politique. Le XIXème siècle avait pourtant bien commencé : La France de la Révolution avait reconnu l'égalité des Juifs au sein de son corps politique et serait progressivement suivie par ses voisins. Mais ce XIXème siècle est aussi celui qui réinvente la haine des Juifs, il lui donne de nouveaux atours pseudo-scientifiques et la rebaptise " antisémitisme ". Avec Jacques Ehrenfreund, professeur à l'Université de Lausanne, titulaire de la Chaire d'histoire des Juifs et du judaïsme à la Faculté de théologie et de sciences des religions.
A l'époque médiévale, les Juifs ont un statut spécifique qui ne les protège pas d'une dégradation de leurs conditions de vie et bientôt de leur expulsion. Une politique largement suivie en Europe occidentale chrétienne. Le Moyen Age est aussi le moment où l'on invente les premiers signes distinctifs destinés aux Juifs, comme la rouelle, la double bande blanche, la ceinture jaune ou encore le chapeau pointu. D'inspiration très variés ces signes extérieurs sont tous destinés à rendre visible les Juifs parmi les populations, de l'Empire ottoman à l'Occident chrétien. La papauté désigne les ennemis de la chrétienté et au XIème siècle, lorsque commencent les Croisades, tout ce qui n'est pas chrétien devient un ennemi sur la route des Croisés. Pierre Savy, Maître de conférences en histoire du Moyen Âge à l'université Paris-Est, raconte une affaire au cours de laquelle déjà le regard porté sur les Juifs semble avoir changé.
Comment naît l'antisémitisme, les fantasmes et les rumeurs qui l'accompagnent ? Pour comprendre ces phénomènes de très longue durée, on remonte à l'origine du christianisme avec Jacques Ehrenfreund, professeur à l'Université de Lausanne, titulaire de la Chaire d'histoire des Juifs et du judaïsme à la Faculté de théologie et de sciences des religions. Cela commence par l'histoire d'une rivalité entre deux religions. Le christianisme apparaît au premier siècle de notre ère mais se construit avec l'héritage du judaïsme, l'un des premiers monothéismes dont on trouve des traces archéologiques dès le deuxième millénaire avant notre ère. Une nouvelle religion et une autre beaucoup plus ancienne qui cohabitent difficilement.
Du complot mondial aux meurtres rituels, les mensonges sur les Juifs sont nombreux à travers l'histoire et font preuve d'une imagination sans pareille. L'antisémitisme flambe depuis l'attaque du Hamas en territoire israélien le 7 octobre 2023. Pourtant, il avait déjà refait surface à la faveur des crises mondiales, des secousses au Moyen-Orient mais aussi de l'éloignement de la Deuxième Guerre mondiale et la disparition progressive des rescapés de la Shoah, qui incarnaient la puissance destructrice de l'antisémitisme. Histoire Vivante tente de comprendre comment cette haine persistante se déploie sur des millénaires et comment elle devient le motif de la création d'un Etat pour protéger ceux qui en sont les victimes. En Suisse, la première référence rencontrée est le meurtre de Payerne en 1942. Est-il emblématique des expressions de l'antisémitisme à travers nos cantons ? C'est la question qu'on se pose avec Brigitte Sion, qui a contribué à l'ouvrage collectif Albert, Esther, Liebmann Ruth et les autres. Présences juives en Suisse romande paru aux éditions Alphil.
Au début du XXème siècle, les États-Unis ont rejoint le cercle très sélectif des puissances mondiales, grâce à leur économie, grâce à quelques victoires militaires retentissantes et grâce à leur souveraineté sur le canal de Panama qui joue un rôle puissant pour le commerce mondial et lors des deux guerres mondiales. Avec Jean-Yves Mollier, historien, auteur de Panama, un canal pour mémoire (Flammarion, 2025). Et avec Bertrand Van Ruymbeke, historien, auteur de Histoire des États-Unis, Tome 1. 1492-1919 - Tome 2. 1919 à nos jours (Tallandier, 2021).
Les entrepreneurs français ont échoué à creuser leur canal de Panama et sont engloutis dans un des plus grands scandales politique et financier. Mais le jeu n'est pas plié, les États-Unis attendaient patiemment leur tour et c'est avec eux que le canal s'apprête à voir le jour à coup de pioche et coup d'Etat. Avec Jean-Yves Mollier, historien, auteur de Panama, un canal pour mémoire (Flammarion, 2025). Et avec Bertrand Van Ruymbeke, historien, auteur de Histoire des États-Unis, Tome 1. 1492-1919 - Tome 2. 1919 à nos jours (Tallandier, 2021).
Le canal de Panama aurait pu être un chef d'œuvre français mais ce premier chantier s'effondre - entre 1889 et 1892 - dans le fracas d'un scandale politique et financier qui est resté un totem historique dans les mémoires. Ferdinand de Lesseps qui devait raccourcir les distances du monde, le héros du canal de Suez, a échoué. Avec Jean-Yves Mollier, historien, auteur de Panama, un canal pour mémoire (Flammarion, 2025).
En 1888, Henri Étienne, un jeune Neuchâtelois, est recruté par la Compagnie du Canal, l'entreprise qui supervise la construction au Panama. À cette époque, c'est Ferdinand de Lesseps, le promoteur du percement du canal de Suez, qui s'apprête à ouvrir une voie fluviale entre les océans Pacifique et Atlantique. Henri Étienne saisit cette opportunité et se voit confier le recrutement de la plupart des ouvriers chargés du creusement du canal de Panama. Avec l'historien Laurent Tissot, qui a retrouvé la correspondance, très fournie, qu'entretient Henri Etienne avec sa famille au cours de cette mission à la fois secrète et impossible. Et Jean-Yves Mollier, historien, auteur de Panama, un canal pour mémoire (Flammarion, Paris, 2025).
Le canal de Panama a beaucoup fait parler de lui dernièrement, notamment parce que Donald Trump l'a inscrit sur sa liste de territoires convoités, aux côtés du Groenland et, pourquoi pas, du Canada. Ce choix s'explique par le fait que le canal constitue le chemin le plus court entre les océans Pacifique et Atlantique, mais aussi parce que l'Amérique latine attise depuis longtemps les convoitises des grandes puissances, les États-Unis en tête. Les premiers à se lancer dans le creusement d'un canal au Panama sont les Français, pionniers d'un vieux rêve. Avec Jean-Yves Mollier, historien, auteur de Panama, un canal pour mémoire (Flammarion, Paris, 2025). Et avec Laurent Tissot, historien, qui a présenté et annoté l'ouvrage Des Chinois pour le canal de Panama : correspondances (1886-1889) / Henri Etienne (Lausanne, Editions d'En bas, 2014).
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Comments (3)

Xavier Seux-Baverez

une nouvelle émission passionnante pour tous les francophones. Merci la Suisse ! Rigueur et qualité sont au rendez-vous.

May 11th
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Patrick Bibas

Quel parti pris! La journaliste qui s'est innocemment muée en militante ne remet jamais en question la rhétorique arabe ( colonie quand on s'installe sur sa propre terre? territoires palestiniens ou Judée, étymologiquement "Terre des Juifs "?, etc... ). Un peu plus de culture historique et d'équilibre dans ses prisés de position auraient rendu cette série plus digne d'intérêt. Encore un peu de travail et de professionnalisme ! Dommage.

Jul 13th
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Jad Dadda

Juste excellent . Il y a un réel travaille derrière et un e volonté d'informer le publique.

Apr 29th
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