DiscoverChoses à Savoir HISTOIRE
Choses à Savoir HISTOIRE
Claim Ownership

Choses à Savoir HISTOIRE

Author: Choses à Savoir

Subscribed: 10,005Played: 664,373
Share

Description

Développez votre culture en Histoire !

Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

1450 Episodes
Reverse
Sur un bateau, on ne parle ni de gauche ni de droite, mais de bâbord et de tribord. Ces mots, qui semblent techniques ou archaïques, viennent en réalité d’une longue histoire maritime, liée à la navigation médiévale et aux contraintes très concrètes de la manœuvre des navires.Commençons par tribord. Le terme vient de l’ancien français tribort, lui-même issu du germanique steorbord, qui signifie littéralement « le côté où l’on dirige ». Au Moyen Âge, les navires européens étaient équipés d’une rame de gouverne, fixée non pas à l’arrière comme le gouvernail moderne, mais sur le flanc droit du bateau. Cette rame permettait de diriger l’embarcation, et comme la majorité des marins étaient droitiers, elle était naturellement placée à droite. Le côté droit est donc devenu le « côté du gouvernail », le côté pour diriger : steorbord, puis tribord.Passons maintenant à bâbord, dont l’origine est tout aussi révélatrice. Le mot vient de l’ancien français babord, dérivé du germanique bakbord, qui signifie « le côté opposé au gouvernail ». C’est donc, à l’origine, une désignation négative : non pas le côté important, mais l’autre côté, celui qui ne sert pas à diriger. Bâbord est ainsi défini par opposition à tribord.Cette distinction n’est pas qu’une question de vocabulaire. Elle répond à un besoin vital de clarté. En mer, les notions de gauche et de droite sont ambiguës : elles dépendent du sens dans lequel on regarde. Bâbord et tribord, au contraire, sont fixes. Peu importe que l’on regarde vers la proue ou vers la poupe : bâbord est toujours à gauche quand on fait face à l’avant du navire, tribord toujours à droite. Cette stabilité lexicale a permis d’éviter d’innombrables erreurs de manœuvre.Il existe aussi une conséquence pratique historique : les navires accostaient traditionnellement bâbord à quai, afin de protéger la rame de gouverne située à tribord. Cette habitude a renforcé l’usage des termes et leur importance dans la culture maritime.Avec l’apparition du gouvernail central à l’arrière, la rame latérale a disparu, mais les mots sont restés. Ils se sont imposés dans toutes les marines du monde, preuve que le langage maritime conserve la mémoire des techniques anciennes.En résumé, si l’on dit bâbord et tribord, ce n’est pas par tradition gratuite, mais parce que ces mots racontent l’histoire du bateau lui-même : comment il avançait, comment il tournait, et comment les marins ont appris à se comprendre sans jamais se tromper. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le 4 février 1976, un drame se joue à Loyada, un petit village frontalier entre la Somalie et le territoire français des Djibouti. Ce matin-là, un car scolaire transportant des enfants français est attaqué. À son bord : des élèves du lycée français de Djibouti, âgés de 6 à 13 ans. L’événement va devenir l’une des opérations antiterroristes les plus marquantes de l’histoire française.Des militants du Front de libération de la Côte des Somalis interceptent le bus. Leur objectif est politique : attirer l’attention internationale sur l’indépendance du territoire, alors sous administration française. Les enfants et leurs accompagnateurs sont pris en otage et le car est immobilisé à quelques mètres seulement de la frontière somalienne. La situation est d’une extrême tension : si les preneurs d’otages franchissent la frontière, toute intervention devient impossible.À Paris, la décision est prise d’envoyer le GIGN, alors une unité encore jeune, créée à peine deux ans plus tôt. Sur place, les gendarmes découvrent un scénario cauchemardesque : des enfants entassés dans le car, certains blessés, les terroristes nerveux, armés, et prêts à tirer au moindre mouvement.Pendant de longues heures, les négociations piétinent. Les ravisseurs deviennent de plus en plus imprévisibles. À plusieurs reprises, ils ouvrent le feu sur le bus. Une fillette est tuée, d’autres enfants sont gravement blessés. Le temps joue contre les forces françaises. Chaque minute qui passe rapproche les preneurs d’otages de la frontière.L’ordre d’assaut est finalement donné. Les tireurs d’élite du GIGN ouvrent le feu de manière simultanée et extrêmement précise. En quelques secondes, les preneurs d’otages sont neutralisés. Les gendarmes donnent ensuite l’assaut au car, extraient les enfants un à un, souvent sous les balles, et les mettent à l’abri. L’opération est d’une violence fulgurante, mais elle empêche le pire.Le bilan est lourd : deux enfants français et le chauffeur du bus ont perdu la vie, plusieurs autres sont blessés. Mais l’intervention permet de sauver la majorité des otages et d’éviter une exécution collective. L’opération de Loyada marque profondément l’opinion publique française.Pour le GIGN, c’est un tournant. L’unité démontre son efficacité dans une situation extrême, face à des terroristes déterminés et dans un environnement hostile. Loyada devient un cas d’école dans l’histoire de l’antiterrorisme : gestion de crise, tir de précision, coordination sous pression maximale.Aujourd’hui encore, le drame de Loyada reste gravé dans la mémoire collective. Il rappelle que derrière les grandes opérations militaires ou policières, il y a toujours des vies d’enfants, prises au piège de conflits qui les dépassent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le bektachisme est l’une des confréries spirituelles les plus énigmatiques de l’histoire du monde musulman. Né entre mystique soufie, chiisme hétérodoxe et traditions populaires d’Anatolie, il a longtemps évolué à la marge de l’islam officiel, tout en jouant un rôle politique et culturel majeur dans l’Empire ottoman.La confrérie tire son nom de Hacı Bektaş Veli, un mystique du XIIIᵉ siècle originaire d’Anatolie. Personnage semi-légendaire, il prêche une spiritualité fondée sur l’amour, la tolérance, l’égalité entre les êtres humains et la recherche intérieure plutôt que sur l’observance stricte de la loi religieuse. Dans un monde médiéval souvent dominé par l’orthodoxie, ce message tranche radicalement.Le bektachisme se distingue d’abord par sa lecture symbolique et ésotérique de l’islam. Les textes sacrés ne sont pas rejetés, mais interprétés à plusieurs niveaux. Les rituels sont volontairement secrets, réservés aux initiés. Contrairement à l’islam sunnite classique, les bektachis ne mettent pas l’accent sur la prière canonique quotidienne, le jeûne strict ou la séparation rigide entre hommes et femmes. Le vin, normalement interdit, peut même avoir une valeur symbolique lors de certaines cérémonies.Autre particularité majeure : le bektachisme accorde une place centrale à Ali, le gendre du prophète Mahomet, et aux douze imams du chiisme, tout en intégrant des éléments préislamiques, chrétiens et chamaniques. Cette hybridation religieuse a longtemps nourri sa réputation de doctrine “hérétique” aux yeux des autorités sunnites.Son importance historique explose à partir du XVe siècle, lorsque la confrérie devient intimement liée aux janissaires, le corps d’élite de l’armée ottomane. Cette alliance offre au bektachisme une protection politique considérable. Pendant plusieurs siècles, la confrérie agit comme un contre-pouvoir spirituel, diffusant une vision plus égalitaire et plus souple de la religion au sein de l’Empire.Mais cette proximité avec les janissaires scelle aussi son destin. En 1826, lorsque le sultan Mahmud II fait massacrer et dissoudre les janissaires, le bektachisme est à son tour interdit. Les tekkes, les lieux de rassemblement, sont fermés, les maîtres spirituels persécutés, et la confrérie entre dans la clandestinité.Aujourd’hui, le bektachisme survit principalement dans les Balkans — notamment en Albanie — et en Turquie, sous une forme discrète. Plus qu’une simple confrérie religieuse, il incarne une autre voie de l’islam, profondément humaniste, où la quête spirituelle prime sur la loi, et où la foi se vit comme une expérience intérieure.Le bektachisme reste ainsi un rappel troublant : l’histoire religieuse n’est jamais monolithique, et certaines traditions ont longtemps prospéré… précisément parce qu’elles refusaient les dogmes rigides. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis des siècles, Stonehenge fascine autant qu’il intrigue. Mais parmi toutes ses énigmes, l’une est particulièrement tenace : l’origine des “pierres bleues”, ces blocs de plusieurs tonnes qui ne proviennent pas du tout de la région où le monument est érigé. Pendant longtemps, leur présence a semblé presque inexplicable.Ces pierres bleues — une quarantaine à l’origine — sont des roches volcaniques et métamorphiques, différentes des grands blocs de grès visibles aujourd’hui. Dès le XXᵉ siècle, les géologues établissent qu’elles proviennent du pays de Galles, à plus de 200 kilomètres de Stonehenge. Une distance colossale pour des sociétés néolithiques ne disposant ni de roue, ni de métal, ni d’animaux de trait.Comment ces pierres ont-elles été transportées ? Deux hypothèses se sont longtemps affrontées. La première, spectaculaire, évoquait un transport humain volontaire, par radeaux, traîneaux et rouleaux de bois, sur des générations entières. La seconde proposait une origine naturelle : les pierres auraient été déplacées par les glaciers lors des dernières glaciations, puis réutilisées sur place par les bâtisseurs.C’est précisément ce débat qu’une étude récente est venue raviver — et peut-être trancher. Publiée dans la revue Communications Earth & Environment, cette recherche est menée par deux scientifiques de l’Université Curtin, en Australie.Leur travail repose sur une analyse fine de la géologie et de la dynamique glaciaire britannique. Leur conclusion est claire : aucun glacier connu n’aurait pu transporter ces pierres jusqu’à la plaine de Salisbury. Les modèles climatiques et géomorphologiques montrent que les glaces se sont arrêtées bien plus à l’ouest. En revanche, elles auraient pu déplacer certaines pierres jusqu’au sud-ouest du pays de Galles, où elles auraient ensuite été récupérées.Autrement dit, les pierres bleues n’ont pas voyagé seules jusqu’à Stonehenge. Elles ont été extraites, choisies et transportées intentionnellement par des humains sur des centaines de kilomètres. Cette conclusion renforce l’idée que Stonehenge n’est pas seulement un exploit architectural, mais aussi un projet social et symbolique majeur, mobilisant des communautés entières.Pourquoi faire un tel effort ? De plus en plus d’archéologues pensent que les pierres bleues avaient une valeur rituelle ou identitaire particulière. Leur provenance lointaine aurait renforcé leur prestige, leur pouvoir symbolique, voire spirituel. Stonehenge ne serait donc pas seulement un observatoire ou un calendrier, mais un lieu de mémoire et de rassemblement, reliant différentes régions de la Grande-Bretagne néolithique.Ce que cette étude récente change profondément, c’est notre regard sur ces sociétés anciennes. Loin d’être primitives, elles étaient capables de planification à long terme, de coopération à grande échelle et de choix culturels sophistiqués. Le mystère des pierres bleues n’est peut-être pas totalement résolu… mais il révèle déjà une chose essentielle : Stonehenge est l’œuvre d’une ambition humaine bien plus grande qu’on ne l’imaginait. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Ce pape est Pie II.Avant de devenir pape en 1458, Pie II s’appelait Enea Silvio Piccolomini. Humaniste accompli, diplomate au service de plusieurs cours européennes, il appartient pleinement à la Renaissance naissante, bien loin de l’image austère que l’on associe souvent à la papauté médiévale. Comme beaucoup d’intellectuels de son temps, il écrit abondamment : discours politiques, poèmes, traités moraux… et un ouvrage qui va traverser les siècles pour une raison bien particulière.Vers 1444, Piccolomini rédige un court roman en latin intitulé Historia de duobus amantibus — L’Histoire de deux amants. Le récit s’inspire d’un fait divers réel survenu à Sienne. Il raconte la passion clandestine entre Eurialus, jeune chevalier allemand, et Lucrèce, une femme mariée issue de la noblesse italienne. Le ton est sensuel, parfois explicite pour l’époque, et tranche radicalement avec la littérature religieuse habituelle.Ce n’est pas un texte pornographique au sens moderne, mais un roman érotique humaniste : le désir y est décrit sans détour, les corps sont évoqués, l’amour charnel est central, et l’auteur ne cache ni la force des pulsions ni la complexité morale des personnages. Le succès est immédiat. L’ouvrage circule dans toute l’Europe, est copié, commenté, et devient l’un des textes profanes les plus lus du XVe siècle.Pourquoi un futur pape écrit-il un tel livre ? Parce qu’à ce moment de sa vie, Piccolomini n’est pas encore homme d’Église au sens strict. Il mène une existence mondaine, a des relations amoureuses, et revendique une vision très humaniste de l’homme, héritée de l’Antiquité. Pour lui, comprendre l’amour et le désir fait partie de la compréhension du monde.La rupture intervient plus tard. Une fois élu pape sous le nom de Pie II, il change de ton. Il reconnaît publiquement ses écrits de jeunesse, les juge incompatibles avec sa nouvelle fonction et adopte une posture beaucoup plus morale. Fait remarquable : il ne renie pas totalement le livre, mais le présente comme l’erreur d’un homme avant sa conversion spirituelle.Ce contraste fait de Pie II une figure unique dans l’histoire de la papauté. Aucun autre pape n’a laissé derrière lui un roman érotique aussi assumé et diffusé. Son parcours illustre parfaitement la tension du XVe siècle entre héritage antique, liberté humaniste et autorité religieuse.En résumé, oui : l’histoire a bien connu un pape romancier érotique. Et ce détail, loin d’être anecdotique, raconte à lui seul toute la complexité intellectuelle et culturelle de la Renaissance. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En avril 1975, les derniers jours de la guerre du Vietnam se jouent dans le chaos. Les forces nord-vietnamiennes approchent de Saïgon, la capitale du Sud, et l’effondrement du régime sud-vietnamien paraît inévitable. C’est dans ce contexte d’urgence qu’est lancée l’opération Babylift, une vaste évacuation aérienne destinée à transporter des milliers d’enfants vietnamiens vers les États-Unis et d’autres pays occidentaux. Derrière l’image d’un sauvetage humanitaire spectaculaire se cache une histoire complexe, mêlant compassion, improvisation et zones d’ombre.L’opération est officiellement annoncée par le président américain Gerald Ford au début du mois d’avril 1975. Son objectif affiché est simple : évacuer les orphelins vietnamiens menacés par l’avancée communiste et leur offrir une nouvelle vie à l’étranger. En quelques semaines, plus de 3 000 enfants sont transportés, principalement vers les États-Unis, mais aussi vers l’Australie, le Canada et certains pays européens.Pour l’opinion publique occidentale, les images sont saisissantes : des nourrissons emmaillotés, alignés dans des avions militaires, encadrés par des infirmières et des bénévoles. Elles suscitent une vague d’émotion mondiale et renforcent l’idée d’un geste humanitaire massif.Mais très vite, l’opération est frappée par un drame. Le 4 avril 1975, le premier vol Babylift s’écrase peu après le décollage de Saïgon, causant la mort de plus de cent personnes, dont de nombreux enfants. Malgré ce choc, l’opération se poursuit, illustrant la détermination des autorités américaines à accélérer les évacuations.Avec le recul, l’opération Babylift apparaît beaucoup plus controversée qu’il n’y paraît au premier regard. D’abord, tous les enfants évacués n’étaient pas orphelins. Certains avaient encore des parents vivants, qui, dans la panique générale, ont pu croire confier temporairement leurs enfants à des structures d’accueil, sans comprendre qu’ils quitteraient définitivement le pays. Dans d’autres cas, les dossiers d’adoption étaient incomplets ou imprécis.Se pose alors une question éthique majeure : s’agissait-il uniquement de sauver des vies, ou aussi de vider des orphelinats à la hâte, sans vérification rigoureuse ? Pour certains historiens, l’opération répondait aussi à un objectif politique : donner une image positive de l’engagement américain au moment même où la guerre se soldait par un échec.Des décennies plus tard, de nombreux adultes issus de Babylift cherchent encore leurs origines. Certains ont retrouvé leurs familles biologiques, d’autres non. Leur parcours illustre les conséquences humaines durables de cette évacuation massive.L’opération Babylift reste ainsi un symbole ambigu : à la fois acte de solidarité et épisode troublant d’une guerre marquée par la précipitation et la confusion. Elle rappelle que même les gestes présentés comme humanitaires peuvent soulever, avec le temps, des questions profondes sur la responsabilité, le consentement et la mémoire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans l’histoire de France, peu de souverains offrent un contraste aussi saisissant entre jeunesse dissolue et destin royal que Charles X of France, connu avant son accession au trône sous le titre de comte d’Artois. Avant d’incarner l’un des derniers rois de la monarchie française, il fut en effet l’un des princes les plus libertins de la cour de Versailles.Né en 1757, dernier petit-fils de Louis XV et frère cadet du futur Louis XVI, le comte d’Artois grandit dans un univers où luxe, privilèges et plaisirs constituent le quotidien. Très tôt, il se forge une réputation de prince dépensier, amateur de fêtes, de jeux d’argent et d’aventures galantes. À Versailles, son nom devient synonyme de légèreté, voire d’irresponsabilité. Il accumule les dettes et multiplie les liaisons, au point d’inquiéter régulièrement la famille royale.Ce goût prononcé pour les plaisirs n’est pas anodin. Il reflète l’esprit d’une partie de l’aristocratie finissante, déconnectée des réalités sociales et économiques du royaume. Tandis que les finances de l’État se dégradent et que le mécontentement populaire monte, le comte d’Artois continue d’incarner une noblesse insouciante, symbole, pour beaucoup, des excès de l’Ancien Régime.Lorsque éclate la Révolution française en 1789, il fait partie des premiers princes à quitter la France. Hostile à toute concession envers les révolutionnaires, il s’exile et passe plus de vingt ans à errer à travers l’Europe, cherchant sans relâche à obtenir l’aide des monarchies étrangères pour restaurer la royauté. Durant cet exil, son image évolue : le libertin frivole se transforme progressivement en défenseur acharné de la monarchie et de la tradition.Le retour en France se fait en 1814, avec la chute de Napoléon et la restauration des Bourbons. Son frère Louis XVIII monte sur le trône, et le comte d’Artois devient l’héritier. À la mort de Louis XVIII en 1824, contre toute attente, l’ancien prince noceur devient roi sous le nom de Charles X.Mais le contraste est frappant : celui qui fut un libertin notoire adopte désormais une posture ultra-conservatrice. Profondément attaché à la religion, il cherche à restaurer l’autorité de l’Église, à renforcer le pouvoir royal et à effacer l’héritage révolutionnaire. Cette politique rigide l’isole rapidement d’une société française qui a profondément changé.En 1830, ses ordonnances autoritaires provoquent une insurrection à Paris : la Révolution de Juillet. Charles X est contraint d’abdiquer et part une nouvelle fois en exil.Ainsi, le comte d’Artois demeure une figure paradoxale : libertin flamboyant devenu roi rigoriste, symbole à la fois des excès de l’Ancien Régime et de l’incapacité de la monarchie restaurée à comprendre son époque. Une trajectoire qui résume, à elle seule, le crépuscule de la royauté française. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’histoire de la médecine ancienne est longtemps restée dominée par des figures masculines. Pourtant, une femme se détache comme une pionnière absolue : Mérit-Ptah, souvent présentée comme la première femme médecin connue de l’Histoire. Son existence nous ramène à l’Égypte de l’Ancien Empire, il y a plus de quatre mille ans, à une époque où savoir médical, religion et administration étaient étroitement liés.Les informations sur Mérit-ptah sont rares, mais précieuses. Son nom signifierait « Aimée du dieu Ptah », une divinité associée à la création, à l’artisanat et au savoir. Elle aurait vécu vers 2700 avant notre ère, sous la IVe ou la Ve dynastie. Ce que l’on sait surtout, c’est qu’elle aurait porté le titre remarquable de « médecin en chef », une fonction d’un très haut niveau dans la hiérarchie égyptienne.Dans l’Égypte ancienne, la médecine était déjà étonnamment structurée. Les praticiens possédaient des spécialisations : certains traitaient les yeux, d’autres les dents, d’autres encore les troubles digestifs. Les médecins combinaient observations cliniques, remèdes à base de plantes, gestes chirurgicaux simples et formules rituelles. La maladie était perçue à la fois comme un désordre physique et comme un déséquilibre spirituel.Dans ce contexte, qu’une femme atteigne un rang aussi élevé que celui de Mérit-ptah est exceptionnel. Cela suggère qu’elle bénéficiait d’une formation poussée, probablement dispensée dans les « maisons de vie », sortes d’institutions où l’on copiait des textes, transmettait les savoirs et formait les élites intellectuelles. Elle aurait exercé auprès de la cour royale ou dans un grand centre administratif, prenant en charge des patients de haut rang.Mérit-ptah incarne aussi une réalité souvent méconnue : les femmes pouvaient occuper des postes prestigieux dans l’Égypte ancienne. Elles pouvaient posséder des biens, intenter des procès, diriger des domaines et exercer certaines professions qualifiées. Le cas de Mérit-ptah montre que la médecine n’échappait pas totalement à cette ouverture.Son nom a traversé les millénaires grâce à des inscriptions funéraires mentionnant son statut. Même si certains détails restent débattus parmi les historiens, elle demeure un symbole puissant : celui d’une femme ayant accédé, très tôt dans l’histoire humaine, à un savoir scientifique avancé et reconnu.Mérit-ptah est donc bien plus qu’une curiosité historique. Elle rappelle que les femmes ont participé, dès l’Antiquité, à la construction des sciences et des savoirs. Si son visage s’est perdu dans le sable du temps, son héritage, lui, subsiste : celui d’une pionnière qui a ouvert la voie à des générations de femmes médecins, bien avant que l’Occident ne reconnaisse leur place dans le monde médical.Raconter l’histoire de Mérit-ptah, c’est finalement réécrire une partie de l’histoire des sciences, en y réinscrivant celles qui en ont été trop longtemps effacées. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’opération AJAX désigne un coup d’État clandestin organisé en 1953 contre le gouvernement iranien de Mohammad Mossadegh, avec l’appui conjoint de la Central Intelligence Agency américaine et du MI6 britannique. Elle est aujourd’hui considérée comme l’une des premières grandes interventions secrètes de la Guerre froide visant directement à protéger des intérêts énergétiques occidentaux.Au début des années 1950, l’Iran traverse une période de profonde effervescence politique. Mossadegh, élu démocratiquement Premier ministre, incarne un nationalisme modernisateur. En 1951, il fait adopter une décision historique : la nationalisation de l’industrie pétrolière iranienne, jusque-là dominée par une compagnie britannique. Pour une grande partie de la population iranienne, cette mesure représente un acte de souveraineté et de justice économique. Pour Londres, en revanche, c’est un choc majeur, synonyme de pertes financières colossales et de remise en cause d’un pilier de son influence au Moyen-Orient.Incapable d’obtenir l’annulation de la nationalisation par la voie diplomatique, le Royaume-Uni se tourne vers Washington. Dans le contexte de la Guerre froide, les États-Unis redoutent que l’instabilité iranienne ne favorise une montée en puissance des communistes et, à terme, un basculement du pays dans l’orbite soviétique. Cette crainte, mêlée aux enjeux pétroliers, ouvre la voie à une action secrète.L’opération AJAX repose sur une stratégie de déstabilisation. Les services secrets financent des campagnes de propagande contre Mossadegh, encouragent des manifestations, soudoyent des responsables politiques, des journalistes et des officiers, et alimentent un climat de chaos. L’objectif est de donner l’impression d’un pays au bord de l’effondrement, afin de justifier l’éviction du Premier ministre.Après plusieurs tentatives hésitantes, le coup d’État finit par aboutir en août 1953. Mossadegh est arrêté, puis condamné à une peine de prison avant d’être placé en résidence surveillée jusqu’à sa mort. Le pouvoir est consolidé entre les mains du Chah Mohammad Reza Pahlavi, qui devient un allié central des États-Unis dans la région.Dans la foulée, un nouveau consortium pétrolier est mis en place, garantissant aux compagnies occidentales un large accès au pétrole iranien. Officiellement, l’Iran conserve une part de contrôle, mais l’équilibre des forces reste largement favorable aux puissances étrangères.À court terme, l’opération AJAX est perçue à Washington et Londres comme un succès stratégique. À long terme, elle laisse une trace profonde dans la mémoire collective iranienne. Beaucoup y voient l’exemple fondateur d’une ingérence occidentale ayant brisé une expérience démocratique. Ce ressentiment nourrira, des décennies plus tard, l’hostilité envers les États-Unis et jouera un rôle dans la Révolution iranienne de 1979.L’opération AJAX illustre ainsi comment, derrière le discours de sécurité et de stabilité, des considérations économiques, notamment liées au pétrole, ont pesé lourdement sur la politique internationale du XXe siècle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans la Rome antique, peu de figures ont incarné avec autant de force l’idéal civique que Lucius Quinctius Cincinnatus. Son nom est devenu synonyme de vertu, de modestie et de dévouement à la République. Mais pourquoi cet homme, relativement discret dans l’histoire militaire romaine, a-t-il été élevé au rang de modèle absolu ?Tout commence au Ve siècle avant notre ère, à une époque où la jeune République romaine est régulièrement menacée par des peuples voisins. Cincinnatus appartient à l’aristocratie, mais mène une vie simple, retiré sur ses terres, qu’il cultive lui-même. Ce détail est essentiel : aux yeux des Romains, il incarne déjà l’idéal du citoyen-soldat, prêt à servir l’État sans chercher richesse ni gloire personnelle.Selon la tradition, Rome fait face à une grave crise militaire. Une armée romaine est encerclée, et la situation semble désespérée. Le Sénat décide alors de recourir à une procédure exceptionnelle : nommer un dictateur. Dans la République romaine, ce titre n’a pas le sens négatif qu’il a aujourd’hui. Il désigne un magistrat doté de pouvoirs étendus, mais pour une durée limitée, généralement six mois, afin de faire face à une urgence.Des émissaires sont envoyés chercher Cincinnatus. Ils le trouvent en train de labourer son champ. Il accepte la charge, quitte aussitôt sa charrue, rassemble les troupes, mène une campagne rapide et efficace, et obtient la victoire en quelques jours seulement.C’est là que naît la légende : une fois la menace écartée, Cincinnatus renonce volontairement à ses pouvoirs, alors même qu’il pourrait les conserver, et retourne à sa ferme. Il n’attend ni récompense exceptionnelle, ni prolongation de mandat.Pour les Romains, ce geste est fondamental. Il symbolise plusieurs valeurs clés :La primauté de l’intérêt collectif sur l’ambition personnelle.Le rejet de la tyrannie et de l’accaparement du pouvoir.L’idée que le pouvoir est un devoir temporaire, pas une fin en soi.Cincinnatus devient ainsi l’archétype du dirigeant vertueux : celui qui accepte l’autorité uniquement pour servir, puis s’efface.Ce modèle a traversé les siècles. Dans la Rome antique, son histoire est racontée aux jeunes citoyens comme une leçon morale. Plus tard, à l’époque moderne, son exemple inspirera même des penseurs politiques et des fondateurs de républiques, fascinés par cette vision d’un pouvoir strictement encadré.Si Cincinnatus fut érigé en modèle, ce n’est donc pas pour ses conquêtes, mais pour son renoncement. Aux yeux des Romains, sa véritable grandeur résidait moins dans la victoire militaire que dans sa capacité à redevenir un simple citoyen une fois sa mission accomplie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans la nuit du 13 au 14 juillet 1976, alors que la France s’apprête à célébrer sa fête nationale, un incendie éclate dans une petite maison isolée du village de Traves, en Haute-Saône. À l’intérieur, les pompiers découvrent un corps calciné. L’homme est rapidement identifié : Joachim Peiper, ancien officier SS, figure emblématique des crimes de guerre nazis. Sa mort soulève aussitôt une question troublante : accident, vengeance, ou exécution ?Joachim Peiper n’est pas un inconnu. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est l’un des commandants les plus redoutés de la Waffen-SS. Il s’illustre notamment lors de l’offensive des Ardennes, en décembre 1944, où son unité est impliquée dans le massacre de prisonniers américains à Malmedy, ainsi que dans de nombreuses exécutions de civils. Après la guerre, il est condamné à mort par un tribunal américain, peine commuée ensuite en prison à vie, puis réduite. En 1956, Peiper est libéré.Comme beaucoup d’anciens nazis, il tente alors de se fondre dans l’anonymat. Après des années passées en Allemagne, il s’installe discrètement en France au début des années 1970, sous son vrai nom. Il mène une existence solitaire, traduisant des livres militaires et évitant toute vie sociale. Mais son passé finit par refaire surface.Des associations et des chasseurs de nazis découvrent sa présence. Des tracts circulent, dénonçant l’installation d’un criminel de guerre sur le sol français. Des inscriptions menaçantes apparaissent près de sa maison. Peiper se sait observé.La nuit du drame, selon l’enquête, plusieurs coups de feu sont entendus par des voisins. Peu après, la maison s’embrase. Les flammes la ravagent entièrement. À l’intérieur, Peiper est retrouvé mort, atteint par balles, avant d’avoir été partiellement brûlé. Le feu semble avoir été allumé volontairement.Très vite, la piste de l’attentat s’impose. Mais par qui ? Des militants d’extrême gauche ? Des résistants vieillissants ? Des proches de victimes ? Aucun groupe ne revendique l’attaque. Aucun suspect formel n’est jamais identifié.L’enquête piétine. Les preuves sont rares, la scène de crime largement détruite par l’incendie. Certains évoquent un règlement de comptes international, d’autres un acte isolé de vengeance personnelle.Ce mystère fascine, car il met en lumière une question dérangeante : peut-on réellement échapper à son passé ? Joachim Peiper, qui avait échappé à la peine capitale, a fini par mourir seul, dans un village paisible, rattrapé par l’ombre de ses crimes.Près de cinquante ans plus tard, l’affaire reste non élucidée. La mort de Peiper demeure l’un de ces épisodes où l’Histoire, la justice et la vengeance s’entremêlent… sans jamais livrer toutes leurs réponses. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe est en ruines, l’Allemagne vaincue, et le monde découvre l’ampleur des crimes du régime nazi. Pourtant, dans l’ombre des procès et des dénazifications officielles, une autre histoire commence. Une histoire secrète, pragmatique, et profondément troublante : l’opération Paperclip.Nous sommes en 1945. Les États-Unis comprennent rapidement que la victoire militaire n’est qu’une étape. Un nouveau conflit se profile déjà : la rivalité avec l’Union soviétique. Dans cette course à la puissance, un trésor attire toutes les convoitises : les scientifiques allemands. L’Allemagne nazie, malgré sa défaite, possède certains des ingénieurs et chercheurs les plus avancés du monde, notamment dans les domaines des fusées, de l’aéronautique, de la chimie et de la médecine.Washington décide alors d’agir vite. Très vite.L’opération Paperclip est lancée dans le plus grand secret. Son objectif : identifier, recruter et transférer aux États-Unis des centaines de scientifiques allemands, même lorsque leur passé est entaché d’une collaboration active avec le régime nazi.Le nom « Paperclip », trombone en anglais, vient d’une pratique administrative simple mais lourde de sens : on agrafe aux dossiers compromettants une nouvelle fiche « nettoyée », supprimant toute mention trop gênante du passé politique de certains candidats.Parmi ces recrues figure un nom devenu célèbre : Wernher von Braun. Ingénieur vedette du programme de missiles V2, armes qui ont semé la terreur à Londres et Anvers, il est récupéré avec son équipe et installé aux États-Unis. Quelques années plus tard, cet ancien scientifique du IIIᵉ Reich devient l’un des architectes du programme spatial américain et contribue directement à l’envoi des astronautes sur la Lune.Mais Paperclip ne se limite pas aux fusées. Médecins, chimistes, spécialistes en armement, chercheurs en électronique ou en sous-marins traversent eux aussi l’Atlantique. Officiellement, il s’agit de protéger ces connaissances contre une récupération soviétique. Officieusement, on ferme souvent les yeux sur des zones d’ombre : travail forcé, proximité avec la SS, expérimentations humaines.Le dilemme est immense. D’un côté, une exigence morale : juger les responsables des crimes nazis. De l’autre, une logique stratégique : ne pas laisser ces cerveaux tomber aux mains de Moscou.Entre 1945 et le début des années 1950, plus de 1 600 scientifiques allemands sont ainsi transférés vers les États-Unis grâce à Paperclip.Cette opération contribue directement à la supériorité technologique américaine pendant la Guerre froide : missiles balistiques, aviation supersonique, et bien sûr conquête spatiale.L’opération Paperclip révèle une vérité dérangeante : dans certaines circonstances, les grandes puissances sont prêtes à sacrifier la justice sur l’autel de la puissance. Une page sombre et paradoxale de l’histoire, où les anciens ennemis deviennent des alliés… au nom de l’avenir. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Au début des années 1930, l’Allemagne est officiellement désarmée. Le traité de Versailles, signé après la Première Guerre mondiale, lui interdit de posséder une armée moderne, des chars, une aviation de combat et limite drastiquement ses effectifs. Pourtant, quelques années plus tard, le régime nazi parvient à lancer un réarmement massif, rapide et discret. Comment financer cet effort colossal sans attirer l’attention ? La réponse tient en grande partie à un instrument financier aussi ingénieux que trompeur : les bons MEFO.Derrière ce nom se cache une société écran, la Metallurgische Forschungsgesellschaft, ou MEFO, créée spécialement pour servir d’intermédiaire financier. Officiellement, cette entreprise est privée. En réalité, elle est contrôlée par l’État allemand. Son rôle est simple : émettre des effets de paiement destinés à régler les commandes militaires.Lorsqu’une entreprise allemande fabrique des armes, des munitions ou des équipements pour l’armée, elle n’est pas payée directement par le gouvernement. Elle reçoit des bons MEFO, c’est-à-dire des reconnaissances de dette portant intérêt. Ces titres promettent un remboursement ultérieur par l’État, mais ne figurent pas immédiatement dans les comptes publics.Les industriels peuvent conserver ces bons jusqu’à leur échéance, ou bien les échanger contre des liquidités auprès des banques. Les banques, de leur côté, acceptent ces titres car elles savent que l’État allemand en garantit secrètement le remboursement. La Reichsbank elle-même finit par accepter ces bons comme s’il s’agissait presque de monnaie.Résultat : l’Allemagne peut commander massivement du matériel militaire sans augmenter officiellement ses dépenses publiques ni faire tourner la planche à billets. Les bons MEFO agissent ainsi comme une monnaie parallèle, circulant dans l’économie en dehors des statistiques traditionnelles.L’ampleur du système est impressionnante. En 1935, l’encours des bons MEFO atteint environ 4,8 milliards de marks, alors que la masse monétaire officielle du pays tourne autour de 6 milliards de marks. Autrement dit, une part considérable de l’activité économique repose sur cet instrument invisible.Ce mécanisme présente plusieurs avantages pour le régime nazi. D’abord, il masque l’ampleur réelle du réarmement aux yeux des puissances étrangères. Ensuite, il stimule l’économie allemande : les usines tournent, l’emploi progresse, les commandes publiques affluent. Enfin, il limite en apparence l’inflation, puisque la création monétaire n’apparaît pas directement dans les chiffres officiels.Mais cette solution est aussi une fuite en avant. Les bons MEFO sont des dettes qu’il faudra bien honorer un jour. À partir de la fin des années 1930, leur remboursement commence à peser lourdement sur les finances allemandes.En résumé, les bons MEFO ont permis à l’Allemagne nazie de financer clandestinement son réarmement, de contourner Versailles et de préparer la guerre sous couvert d’un montage financier sophistiqué. Une démonstration saisissante du pouvoir de la finance… lorsqu’elle est mise au service d’un projet politique radical. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Mein Kampf est sans doute l’un des livres politiques les plus célèbres — et les plus sinistres — du XXᵉ siècle. Rédigé par Adolf Hitler dans les années 1920, il y expose son idéologie, son antisémitisme radical, sa vision raciale du monde et ses ambitions territoriales. Pourtant, un fait méconnu intrigue les historiens : Hitler lui-même s’est opposé à ce que son livre soit traduit et diffusé en français au début des années 1930. Une attitude paradoxale pour un homme obsédé par la propagande. Mais derrière ce refus se cache un calcul stratégique très précis.Au début des années 1930, l’Allemagne est encore affaiblie par les conséquences de la Première Guerre mondiale et par les contraintes du traité de Versailles. Son armée est limitée, ses frontières surveillées, et une partie de son territoire reste sous contrôle étranger. Face à elle, la France dispose d’une puissance militaire supérieure et d’un réseau d’alliances solide en Europe.Or, dans Mein Kampf, Hitler désigne explicitement la France comme un ennemi majeur de l’Allemagne. Il y décrit le pays comme un obstacle central au redressement allemand et affirme que la puissance française doit être brisée pour permettre l’expansion du Reich. Ces passages ne laissent aucun doute sur ses intentions futures.Lorsque, en 1934, une maison d’édition française publie une traduction complète de Mein Kampf, l’objectif est clair : alerter l’opinion publique. L’ouvrage est présenté comme un avertissement. Certains responsables politiques et militaires estiment qu’il faut prendre Hitler au mot, et comprendre que son arrivée au pouvoir constitue une menace directe.Cette initiative provoque la colère du dirigeant nazi. Non pas parce que ses idées sont déformées, mais au contraire parce qu’elles sont exposées trop fidèlement. Hitler engage alors une action juridique pour faire interdire cette version en France, et obtient gain de cause.Pourquoi cette volonté de censure ? Parce qu’en 1934, Hitler n’est pas encore prêt à affronter militairement la France. Il est en phase de réarmement, cherche à gagner du temps, et tente de projeter une image rassurante à l’étranger. Il multiplie les discours évoquant la paix, la réconciliation, et le respect des frontières occidentales.Laisser circuler une traduction montrant clairement sa haine de la France ruinerait cette stratégie diplomatique. Elle risquerait de provoquer un durcissement immédiat de Paris, voire une réaction préventive.En revanche, en 1938, dans un contexte politique radicalement différent, Hitler accepte la publication d’une nouvelle traduction française… mais expurgée. Les passages les plus agressifs envers la France sont supprimés ou édulcorés. Cette version « nettoyée » sert à entretenir l’illusion d’un dirigeant raisonnable, alors même que l’Europe se rapproche de la guerre.Ainsi, si Hitler a refusé la traduction fidèle de Mein Kampf en français, ce n’est pas par pudeur idéologique, mais par pur opportunisme. Il voulait dissimuler ses véritables objectifs. Ironiquement, ceux qui avaient tenté d’alerter la France dès 1934 avaient vu juste. Le livre disait déjà ce que l’homme ferait ensuite. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Aujourd’hui, je vous raconte une histoire troublante, celle d’une femme qui incarne à elle seule une question vertigineuse : peut-on être un génie artistique… et servir le pire des régimes ?Cette femme, c’est Leni Riefenstahl.Née en 1902 en Allemagne, elle commence sa carrière comme danseuse, puis devient actrice dans les années 1920. Rapidement, elle se passionne pour le cinéma, et passe derrière la caméra. Elle a du talent, énormément de talent : sens du cadre, du rythme, du montage, de la mise en scène. Mais c’est justement ce talent qui la fait entrer dans l’Histoire… par la porte la plus sombre.Au début des années 1930, elle se rapproche d’Adolf Hitler. Et Hitler, fasciné par l’image et la propagande, comprend immédiatement le potentiel de cette réalisatrice. Riefenstahl devient alors la cinéaste la plus emblématique du Troisième Reich.En 1935, elle réalise Le Triomphe de la volonté, film consacré au congrès du parti nazi à Nuremberg. C’est un choc esthétique. Les plans sont majestueux, le Führer apparaît comme une sorte de messie politique, les foules sont filmées comme un seul corps, une communauté hypnotisée. Ce n’est pas un documentaire neutre : c’est une œuvre de glorification, une machine à admiration.Trois ans plus tard, elle signe Olympia, sur les Jeux olympiques de Berlin de 1936. Là encore, elle innove : caméras mobiles, angles spectaculaires, ralentis… Le film influence durablement la manière de filmer le sport. Mais derrière le chef-d’œuvre technique, il y a un objectif : montrer au monde une Allemagne grandiose, moderne, unifiée. Le régime nazi comme vitrine.Alors, après la guerre, une question explose : Leni Riefenstahl est-elle coupable ?Elle sera arrêtée, interrogée, jugée dans le cadre des procédures de dénazification. Mais elle n’est pas condamnée comme criminelle majeure. Les tribunaux estiment qu’elle n’a pas participé directement aux crimes. Elle n’est ni ministre, ni militaire, ni organisatrice de la machine génocidaire. Juridiquement, elle s’en sort donc relativement bien : pas de procès de type Nuremberg, pas de peine lourde.Mais dire qu’elle a été totalement impunie serait faux.Car socialement, sa réputation est détruite. Son nom devient indissociable de la propagande nazie. Elle se défend toute sa vie en répétant : “Je ne faisais que de l’art.” Pourtant, la question demeure : peut-on vraiment être “apolitique” quand on filme Hitler comme un dieu ?Leni Riefenstahl mourra en 2003, à 101 ans. Et jusqu’au bout, elle restera ce paradoxe vivant : une pionnière du cinéma… au service d’un régime criminel. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La rumeur selon laquelle Hitler ne se serait pas suicidé en avril 1945, mais aurait fui vers l’Argentine, vécu caché en Patagonie dans une réplique du Berghof, puis serait mort dans les années 1970 après avoir eu deux filles, est l’une des plus célèbres fake news de l’histoire moderne. Ce qui la rend fascinante, ce n’est pas seulement son contenu : c’est la façon dont elle est née, puis s’est installée durablement.Ce que raconte exactement la rumeurLe récit suit généralement la même trame. À la fin de la guerre, Hitler n’est pas mort dans son bunker : un sosie aurait été utilisé, un corps substitué, les preuves truquées. Hitler aurait quitté Berlin via un réseau clandestin, parfois décrit comme une exfiltration organisée par des SS. Il aurait ensuite rejoint l’Espagne ou l’Italie, embarqué à bord d’un sous-marin, puis débarqué en Argentine. Là, dans le Sud du pays, au cœur de la Patagonie, il aurait vécu sous protection, dans une propriété isolée ressemblant à son chalet bavarois : le Berghof. Il y aurait terminé sa vie discrètement, entouré d’anciens nazis, jusqu’à sa mort supposée dans les années 1970.Comment la rumeur est néeTout commence en 1945 avec un problème majeur : le chaos informationnel.Quand Hitler se suicide le 30 avril 1945, son corps est brûlé partiellement. Les Soviétiques récupèrent des restes, mais ne communiquent pas clairement. Pire : la propagande soviétique entretient un doute. Staline laisse entendre, à plusieurs reprises, qu’Hitler aurait pu s’enfuir. Ce flou initial est le premier carburant du mythe.Dans le même temps, en Occident, la presse et l’opinion publique sont hantées par une angoisse : comment croire qu’un homme responsable d’un tel désastre ait pu “simplement” se suicider ? Cette frustration morale ouvre la voie au fantasme : une fuite paraît presque plus cohérente qu’une fin minable.Pourquoi elle a exploséDeux éléments réels renforcent ensuite cette fiction.1. Des nazis ont vraiment fui vers l’Amérique du Sud. Eichmann, Mengele et d’autres. Donc le public se dit : “si eux y sont arrivés, Hitler aussi.”2. Des services de renseignement ont reçu des signalements. Des gens affirmaient l’avoir vu en Espagne, en Colombie, au Chili… Les autorités ont parfois collecté ces informations. Mais dans l’esprit complotiste, le fait que des agences aient “un dossier” devient la preuve qu’elles “savent”.Comment elle s’est transformée en légendeDans les décennies suivantes, le récit se romantise. Des auteurs sensationnalistes ajoutent des détails : des villas, des photos floues, des cartes, des “témoins” tardifs. Et la Patagonie devient le décor idéal : vaste, sauvage, mystérieuse.Aujourd’hui, cette rumeur survit parce qu’elle suit une mécanique puissante : plus l’histoire est invérifiable, plus elle paraît profonde. C’est un récit qui donne l’impression qu’on détient “la vérité cachée”… alors qu’on assiste surtout à la construction progressive d’un mythe. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La Guadeloupe porte un nom qui sonne presque comme une évidence aujourd’hui… mais il est en réalité le résultat d’un choc entre deux mondes : les Caraïbes amérindiens et l’Europe de la fin du XVe siècle. Et derrière ce nom, il y a une histoire étonnante, à la fois religieuse, politique et coloniale.Avant l’arrivée des Européens, l’île n’avait évidemment pas “Guadeloupe” pour nom. Les peuples amérindiens qui l’habitaient — notamment les Kalinagos, qu’on appelle souvent Caraïbes — utilisaient d’autres noms. Le plus connu est “Karukera” ou “Karu Kera”, souvent traduit par “l’île aux belles eaux”, en référence à ses rivières, cascades et sources abondantes. Cette expression correspond parfaitement au paysage guadeloupéen : une île volcanique, verte, humide, généreuse en eau douce.Le nom “Guadeloupe” apparaît au moment de la seconde expédition de Christophe Colomb vers le “Nouveau Monde”. En novembre 1493, Colomb atteint l’île. Et comme souvent à cette époque, il ne reprend pas le nom local : il la rebaptise selon ses propres références culturelles, religieuses et symboliques. Il l’appelle “Santa María de Guadalupe”.Ce choix n’est pas anodin. En Espagne, “Guadalupe” est un lieu extrêmement célèbre : le monastère royal de Santa María de Guadalupe, situé en Estrémadure. C’est l’un des grands sanctuaires de la chrétienté ibérique, associé à une Vierge noire très vénérée. Le site est un symbole puissant de l’Espagne catholique, dans une période où la monarchie veut affirmer son autorité et sa mission religieuse.Il faut se souvenir que 1492-1493, ce sont les années où l’Espagne est en pleine exaltation : la Reconquista vient de s’achever avec la prise de Grenade, les souverains catholiques Isabelle et Ferdinand affirment un projet impérial, et l’expansion maritime s’accompagne d’une lecture spirituelle du monde : explorer, c’est aussi “christianiser”.Donc, en nommant l’île “Guadalupe”, Colomb fait plus que baptiser un territoire : il l’inscrit dans un imaginaire chrétien et espagnol. C’est une manière de marquer la possession symbolique : renommer, c’est déjà prendre.Avec le temps, “Santa María de Guadalupe” se raccourcit et devient “Guadeloupe”. Le nom s’impose, malgré la colonisation française ultérieure, et finit par effacer dans les usages officiels les noms amérindiens plus anciens.En résumé : la Guadeloupe s’appelle ainsi parce que Christophe Colomb l’a rebaptisée en 1493 en hommage à la Vierge de Guadalupe, grande figure religieuse espagnole. Un nom qui raconte à lui seul l’entrée brutale des Caraïbes dans l’histoire européenne. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Pour écouter les deux épisodes recommandés:1/ Pourquoi votre opinion change-t-elle sans que vous ne vous en rendiez compte ?Apple Podcast:https://podcasts.apple.com/us/podcast/pourquoi-votre-opinion-change-t-elle-sans-que-vous/id1048372492?i=1000746638428Spotify:https://open.spotify.com/episode/0dzW7snN390LBqxeDluaoW?si=kTTF4LlVSMGVOQ9S_5XAEA2/ Dans quel pays est-il interdit de chanter en playback ?Apple Podcast:https://podcasts.apple.com/us/podcast/dans-quel-pays-est-il-interdit-de-chanter-en-playback/id1048372492?i=1000746550059Spotify:https://open.spotify.com/episode/3Ocem5LLM6sPtRnuyrll6W?si=MEBGO8qeSFGMVpiqLh9_3A--------------------------L’histoire d’Helen Duncan est l’une des plus incroyables anomalies du XXᵉ siècle. Car oui : en pleine Seconde Guerre mondiale, au cœur d’une Grande-Bretagne moderne, avec radars, avions et bombes, une femme est condamnée… sous une loi sur la sorcellerie. Elle est souvent présentée comme la dernière “sorcière” emprisonnée au Royaume-Uni.Helen Duncan naît en Écosse en 1897. Elle grandit dans un monde où le spiritisme est très populaire : après la Première Guerre mondiale, des milliers de familles endeuillées cherchent à “parler” avec les morts. Duncan devient médium et organise des séances. Elle prétend faire apparaître des esprits grâce à une substance mystérieuse : l’ectoplasme, qu’elle “produit” devant les participants. Beaucoup y croient. D’autres dénoncent un spectacle… voire une arnaque.Tout bascule pendant la Seconde Guerre mondiale.En 1941, lors d’une séance, Helen Duncan aurait annoncé le naufrage du cuirassé britannique HMS Barham, alors que l’information n’avait pas encore été rendue publique. Dans une période où tout est sous contrôle militaire, l’affaire inquiète : comment cette femme aurait-elle pu connaître un secret de guerre ? Don ou fuite d’information ? Les autorités prennent l’affaire très au sérieux.En janvier 1944, elle est arrêtée lors d’une séance à Portsmouth. Le procès qui suit est surréaliste. Plutôt que de l’accuser simplement de fraude, l’État choisit une arme juridique plus spectaculaire : le Witchcraft Act de 1735, une loi qui ne punit pas la “magie” au sens médiéval, mais le fait de prétendre avoir des pouvoirs surnaturels.Autrement dit : Helen Duncan n’est pas condamnée parce que le tribunal croit aux sorcières… mais parce qu’on l’accuse de manipuler le public en se faisant passer pour une sorcière ou une intermédiaire avec les morts. Elle est condamnée à neuf mois de prison.Cette histoire devient un symbole : celui d’un pays qui, en temps de guerre, utilise un vieux texte archaïque pour faire taire une personne jugée gênante. Après sa libération, Duncan promet d’arrêter… mais continue. Elle sera de nouveau arrêtée plus tard, et meurt en 1956.Son cas choque durablement l’opinion. Et il contribue à une réforme : en 1951, le Witchcraft Act est abrogé et remplacé par une loi visant plus directement les fraudes spirites.Ainsi, Helen Duncan restera dans l’histoire comme une figure trouble et fascinante : pour certains, une escroc ; pour d’autres, une victime d’une chasse aux sorcières moderne — au sens presque littéral. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans plusieurs régions d’Europe, notamment dans les Balkans et en Europe centrale aux XVIIIe et XIXe siècles, certaines épidémies de tuberculose ont été interprétées à travers le prisme du mythe des vampires. Et la raison est simple : la tuberculose donnait aux malades une apparence… presque “surnaturelle”, qui collait parfaitement aux croyances de l’époque.La tuberculose (qu’on appelait souvent “la consomption”) est une maladie infectieuse qui détruit progressivement l’organisme. Elle entraîne un amaigrissement extrême, une grande fatigue, une pâleur marquée, des yeux creusés… bref, l’image typique d’une personne “vidée de sa vie”. Or, dans l’imaginaire populaire, c’est exactement ce que fait un vampire : il draine la force vitale de ses victimes.Mais le détail le plus troublant, c’est que certaines formes de tuberculose provoquent une toux avec du sang. Voir du sang autour de la bouche d’un malade était terrifiant, surtout quand on ne comprenait pas la maladie. Dans une culture où l’on croyait aux morts qui reviennent se nourrir des vivants, ce symptôme pouvait être interprété comme une “preuve” : quelqu’un perdait son sang… donc quelqu’un le lui prenait.Autre élément : la tuberculose frappe souvent plusieurs membres d’une même famille. Aujourd’hui, on sait pourquoi : c’est une maladie contagieuse, transmise par l’air, facilitée par la promiscuité. Mais à l’époque, cela ressemblait à une malédiction ciblée. On voyait une famille entière dépérir les uns après les autres, comme si un mort revenait la nuit se nourrir des vivants — en commençant par ses proches.C’est dans ce contexte qu’on trouve des récits historiques très documentés : des villages où l’on ouvre les tombes, où l’on accuse un défunt d’être responsable des morts récentes. Et là encore, certains phénomènes naturels renforçaient la croyance. Un cadavre récemment enterré peut paraître “bien conservé”, gonflé, avec du sang au niveau de la bouche — non pas parce qu’il a bu du sang, mais à cause de la décomposition interne et des gaz.La tuberculose n’a donc pas “créé” le mythe des vampires, qui est plus ancien. Mais elle a servi de carburant : en période d’épidémie, elle donnait un visage médical à ce que les gens interprétaient comme un phénomène surnaturel.En résumé : oui, la tuberculose a été associée au vampirisme, parce que ses symptômes (pâleur, amaigrissement, toux sanglante, contagion familiale) pouvaient facilement être interprétés comme la marque d’un vampire en action. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Atlantropa, c’est l’un des projets les plus vertigineux — et les plus inquiétants — jamais imaginés au XXᵉ siècle : faire baisser le niveau de la Méditerranée pour relier physiquement l’Europe et l’Afrique, tout en produisant une énergie gigantesque. Une utopie technologique, née dans l’entre-deux-guerres, à une époque où l’on croyait que l’ingénierie pouvait remodeler la planète.L’idée vient d’un architecte allemand : Hermann Sörgel. Dès la fin des années 1920, il propose un plan titanesque baptisé Atlantropa. Son principe est simple… sur le papier : construire un barrage colossal au détroit de Gibraltar. Comme l’eau de l’Atlantique n’alimenterait plus la Méditerranée librement, l’évaporation naturelle ferait progressivement baisser le niveau de la mer. Sörgel imagine une baisse d’environ 100 à 200 mètres, ce qui ferait émerger d’immenses terres nouvelles : des zones côtières actuelles deviendraient des plaines, et des ports comme Marseille, Barcelone ou Gênes se retrouveraient très loin du rivage.Mais Atlantropa ne se limitait pas à Gibraltar. Sörgel envisageait aussi un barrage aux Dardanelles pour contrôler la mer Noire, et un autre entre la Sicile et la Tunisie, afin de séparer et réguler les bassins méditerranéens. Il rêvait d’un réseau de chantiers pharaoniques, mobilisant des centaines de milliers d’ouvriers pendant des décennies.Pourquoi faire tout ça ? Officiellement, pour trois objectifs. D’abord, produire de l’énergie : le barrage de Gibraltar devait fonctionner comme une centrale hydroélectrique gigantesque, utilisant la différence de niveau entre l’Atlantique et la Méditerranée. Ensuite, créer des terres cultivables : les nouvelles surfaces émergées devaient servir à l’agriculture et à l’installation de populations européennes. Enfin, construire une paix durable : Sörgel imaginait qu’un continent euro-africain uni, autosuffisant en énergie, deviendrait stable et puissant.Mais derrière l’utopie, Atlantropa porte aussi une vision très problématique : celle d’une Europe dominatrice, qui “réorganise” l’Afrique comme un espace à exploiter et à aménager selon ses besoins. Le projet s’inscrit dans une logique coloniale : relier les continents… mais surtout mettre l’Afrique au service de l’Europe.Techniquement, Atlantropa était presque irréalisable. Les impacts auraient été immenses : bouleversement du climat, perturbation des écosystèmes marins, modification des courants, crise pour la pêche, déplacement des populations côtières, destruction de ports. Sans parler du risque géopolitique : qui contrôlerait Gibraltar ? Qui déciderait du niveau de la mer ?Atlantropa n’a jamais vu le jour. Mais il reste un symbole fascinant : celui d’une époque où certains pensaient que l’humanité pouvait “corriger” la géographie. Une folie grandiose… et un avertissement historique sur les limites du rêve technocratique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
loading
Comments (8)

Thomas Guihard

Bonjour à vous, je suis vos chroniques depuis plusieurs années. une idée de sujet : pourquoi certaines personnes ne prononcent pas le "te" de quaranTE neuf quand clairement ils le devraient.....je comprends l ambiguïté EVENTUELLE dans vingt neuf mais quarante neuf.....non...! bonne continuation

Jun 30th
Reply

Gurvan Lidec

publicités insupportables qui se répètent toutes les 2 minutes. l'émission perd tout son intérêt

Sep 20th
Reply

Audrey pasdecalais

problème des thèmes : titre les sorcières de Salem. thèmes en écoute : La goulu

Jan 7th
Reply

Cléopâtre

Erreur, ce n'est pas vers 1705... (fin de la vidéo)

Nov 10th
Reply

Augusto Menna Barreto

Merci pour cette emition

Apr 24th
Reply

David

Génial !

Feb 4th
Reply

Louis Rouxel

Et pourquoi pas Tours ?

Jan 30th
Reply

Christophe Marie

J adore ce podcast, l’histoire d’un point de vue différent ça change

Jul 26th
Reply
loading