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Toute Première Fois
Toute Première Fois
Author: Clément Boutin
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Description
Le podcast Toute Première Fois rend compte de la première fois culturelle d'artistes, quand ils chantent leur première chanson, font leurs premiers pas sur scène, écrivent leur premier roman... Ont-ils peur ? Sont-ils excités ? La première fois est-elle la bonne ? À découvrir un mercredi par mois.
47 Episodes
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En 2014, un an après le passage de la loi Taubira, la violence de la rue laisse place à un autre type de violence pour les couples de femmes ayant réalisé une PMA à l’étranger. Celle qui ne porte pas l’enfant doit l’adopter et entrer dans des démarches administratives couteuses et stressantes. Si la situation est différente aujourd’hui, Alice Douard a, quant à elle, dû passer par ces étapes contraignantes à l’époque, à la naissance de sa fille.
Une histoire qui inspire à la réalisatrice son premier long-métrage, Des preuves d’amour. Un film beau, doux et puissant, sur deux femmes qui essaient de faire famille, à une époque où les personnes LGBT sortaient de plusieurs mois de violences politiques et médiatiques. De cette violence, il n’en reste que des résidus. La cinéaste préfère filmer, à raison, avec beaucoup de tendresse ce bouleversement dans la vie de n’importe qui : l’arrivée d’un enfant.
La réussite de ce premier long doit beaucoup à l’interprétation puissante de ses deux comédiennes principales, et à leur belle alchimie : Ella Rumpf et Monia Chokri, toutes les deux épatantes en futures mères pétries de doutes et d’interrogations. J’ai d’ailleurs déjà reçue Monia Chokri pour parler de son premier film en tant que réalisatrice, La Femme de mon frère, qui portait lui aussi sur la thématique de la famille.
Il faut vraiment se rendre en salles pour voir Des preuves d’amour, encore disponible un peu partout.
En 2022, pour feu le magazine Causette, je rencontre le jeune cinéaste Florent Gouëlou. Il est alors en pleine promotion pour son premier très beau long-métrage Trois nuits par semaine. Une douce histoire d’amour et de fascination, entre un photographe hétéro et une drag queen, merveilleusement interprétée par Cookie Cunty.
Aujourd’hui, c’est toujours Florent que je rencontre au sein du café du ciné 104 à Pantin. Mais cette fois pour parler de son double, la drag queen Javel Habibi. Un personnage, créé lors de son apprentissage à la Femis, qu’il a sorti de ses films pour en faire une artiste à part entière. On la retrouve chaque mois comme host lors des soirées Habibi, son cabaret drag à la Flèche d’or.
Javel Habibi apparaît aussi en ce moment dans TOPCOAT, la drôle et émouvante première création théâtrale de Ruby on the Nail, que j’ai reçue dans ce podcast, au printemps dernier. Elle y incarne jusqu’au 17 décembre la narratrice, un rôle assez proche de celui de host de cabaret, qui lui va comme un gant.
Réalisateur, drag-queen, comédien et actrice, chanteur et chanteuse… Florent et Javel partagent une identité artistique forte, nécessaire et militante, que l’on décrypte dans ce nouvel épisode.
Sorti au milieu du mois d’août, « L’Épreuve du feu », du jeune cinéaste Aurélien Peyre, fait partie de ces pépites estivales que l’on va parfois voir par hasard, au gré d’une chaude soirée d’été, où l’on cherche la fraîcheur d’une salle de cinéma, et dont l’on ressort sensiblement marqué.
Dès les premières scènes du film, on se retrouve happé par la beauté des images et du lieu tournage, l’île de Noirmoutier, dont le paysage idyllique se transforme progressivement en une sorte de huit clos étouffant, en écho à l’histoire douce-amère qui nous est racontée. Celle d’Hugo, un jeune étudiant de classe moyenne, qui reçoit sa copine Queen, une esthéticienne varoise, dans la maison secondaire de sa famille. Tout semble les opposer : leur classe sociale, leur personnalité, mais une douceur se dégage de ce couple qui apprend encore à se connaître. Leur relation est néanmoins vite mise à mal par d’anciens amis d’Hugo, plus riches, plus extravagants, plus superficiels, qui vont bouleverser ses vacances avec Queen.
Ce premier film explore avec beaucoup de subtilité le poids des apparences, du mépris de classe mais aussi de la masculinité toxique, grâce au riche scénario et la belle direction d’Aurélien Peyre, qui dirige une bande de jeunes comédiens et comédiennes brillants. En particulier le déjà installé Félix Lefebvre, qui nous avait déjà ébloui, pendant un été, en 2020, avec Été 85 de François Ozon. Mais surtout la révélation Anja Verderosa, qui incarne avec une grande finesse cette Queen haute en couleur, excessive et plus perspicace qu’il n’y paraît. Adepte des phrases qui font mouche.
En cette rentrée, j’ai donc voulu rencontrer Aurélien Peyre, pour prolonger, un peu, les vacances et pour revenir sur cette très belle pépite estivale, qui vient de dépasser les 100.000 spectateurs.
Nous sommes à la fin du mois de juin, en pleine canicule parisienne. Avec l’autrice Kalindi Ramphul, nous optons pour deux schweppes agrumes glacés, une boisson de son enfance, dans la jolie cour ombragée de l’hôtel Villa Modigliani.
Je la retrouve pour discuter de son très beau premier roman Les Jours Mauves, sorti chez JC Lattès en mai 2024, mais aussi, parce que la jeune trentenaire est décidément très productive, de son deuxième livre Greta et Marguerite, publié en avril dernier.
Deux récits passionnants, qui interrogent les liens familiaux et amicaux que l’on noue, avec beaucoup d’humour et de poésie. Deux œuvres, dont l’inventivité et la fantaisie m’ont beaucoup touché et donné envie de rencontrer celle qui leur a donné vie. Kalindi Ramphul est à leur image, captivante et hilarante, pleine d’histoires et de digressions surprenantes, quand elle me parle de littérature, de son amour pour l’écriture depuis son adolescence et de son tout tout tout premier roman qui a disparu, le jour où on lui a volé son ordinateur.
Je n’en dis pas plus, pour ne pas spoiler cet entretien, l’un des plus passionnants depuis que j’ai commencé ce podcast en 2020. Mais je ne peux que vous conseiller de lire ses deux premiers livres, parfaits pour supporter ces longues et chaudes journées d’été…
Avant de rencontrer la chanteuse Praa dans le cadre de Toute Première Fois, je l’avais déjà aperçue à plusieurs reprises, notamment lors des tournées de Silly Boy Blue ou d’Aliocha Schneider, où elle faisait les coeurs et jouait de différents instruments. Vous avez aussi pu la voir à la télé, à la Star Académy, lorsque des professionnels du monde de la musique viennent aider les élèves à créer leur premier morceau. Car en plus d’être chanteuse, Praa est multi-instrumentiste, parolière mais aussi productrice.
Lorsque Away from my window, son dernier EP mais aussi le premier qu’elle a produit en totale indépendance, est sorti en mars, je l’ai donc écouté avec beaucoup d’attention. Et quelle claque : une collection de chansons d’amour et de rupture, intelligemment construites, avec des paroles percutantes et sincères, et des mélodies légères qui accrochent tout de suite l’oreille. Le morceau Girlfriend m’a notamment beaucoup touché, il peut être compris de différentes manières, mais moi je l’interprété comme ce moment un peu gênant et vulnérable, où l’on se rend compte que l’on développe des sentiments pour un ami.
Bref, dans cet entretien, nous discutons donc de ce virage en indépendant et de ce tout premier EP de la libération pour Praa, mais nous revenons aussi sur son long parcours dans le monde de la musique qui l’a amené où elle est aujourd’hui.
Photo sur demande de Simon Chevrier est un premier roman surprenant. Déjà par sa forme : il s’agit d’un recueil de fragments de vie du narrateur, distillés sur plusieurs mois, avant et après le confinement.
Il surprend aussi par son sujet, l’histoire d’un jeune étudiant gay, pris dans des tumultes familiaux et amoureux, qui tombe dans la précarité et en arrive à la prostitution pour s’en sortir financièrement.
Mais surtout, ce qui m’a le plus surpris et touché est l’écriture de Simon Chevrier, son auteur : sous des airs de simplicité, elle se révèle complexe, poétique et vivante, notamment lorsqu’il raconte les rendez-vous amoureux de son personnage, hors rencontres tarifées.
Cette autofiction n’a pas seulement interpellé et chamboulé le lecteur que je suis, mais aussi les respectés membre du Goncourt, qui ont décerné le Goncourt du Premier roman à Simon Chevrier. Je vous laisse découvrir notre passionnant échange sur son livre, mais aussi sur la littérature queer ou des difficultés d’écrire sur des événements personnels.
Entre ses lipsync impeccables et ses imitations hilarantes de JUL et Isabelle Adjani, Ruby on the Nail s’est imposée comme l’une des révélations de la dernière saison de Drag Race France. Si elle n’a pas gagné, notre reine réussit avec brio l’après-émission, sur les planches, dans sa première création théâtrale sobrement baptisée TOPCOAT.
Un spectacle drôle, touchant et engagé, savoureux mélange de comédie musicale, théâtre et de drag show, où l’on se retrouve transportés au sein d’un salon de beauté sur le déclin, avec une patronne et des employées hautes en couleurs qui s’épanchent sur leurs désirs et leurs désillusions. Ruby dévoile l’étendue de sa palette de comédienne, accompagnée de performeuses également incroyables : Javel Habibi, Androkill, Madeleine Flamboyante et Kahlos Éphémère.
On passe un peu par toutes les émotions au sein de ce spectacle sur la quête et l’acceptation de soi, véritable ode à la solidarité féminine et à la liberté. Il est encore temps d’aller le voir avant qu’il ne soit trop tard, entre le 23 et le 25 mai, au théâtre du Gymnase. Petit avant-goût…
« Comment devenir un homme quand on ne veut pas ressembler à son père ? » Vaste question à laquelle le comédien Samuel Certenais se confronte dans son premier seul-en-scène Garçon, tous les jeudis, à la Nouvelle Seine.
Dans ce spectacle drôle et sensible, l’humoriste de 26 ans raconte les difficultés des jeunes garçons qui ne se retrouvent pas dans les cases de la masculinité, mais essaient tant bien que mal d’y rentrer, avant de réussir à s’en libérer. Ce qui a en partie aidé Samuel ? Une maladie qui l’oblige, enfant, à rester deux ans dans un fauteuil roulant. À l’hôpital, majoritairement soigné par des femmes, il découvre une autre manière d’être au monde : plus en prise avec ses émotions.
S’il est hétéro, Samuel brise les clichés de l’humoriste beauf sexiste qui refuse de se déconstruire, comme on le voit encore un peu sur scène aujourd’hui. Il partage avec le public ses états d’âme, l’évolution de sa relation avec son père, sa découverte du plaisir prostatique ou son amour pour les princesses et les robes… Un spectacle à ne pas manquer.
Imaginez voir les artistes et journalistes Jacques Demy, Hervé Guibert, Jean-Luc Lagarce, Bernard-Marie Koltès, Cyril Collard et Serge Daney ressuscité sur scène.
Tous sont morts du Sida, dans les années 90. Mais ils se retrouvent, cinq soirs par semaine, au Théâtre de la Porte Saint Martin, grâce au génie de Christophe Honoré qui a voulu rendre hommage à six de ses idoles. Après son long-métrage « Plaire Aimer et Courir vite », sur la dernière histoire d’amour d’un auteur séropositif, le réalisateur continue son exploration de cette période sombre et trouble des années 80-90, qui commence tout juste à être racontée.
Dans cette pièce, aux côtés de Marina Foïs, Julien Honoré, Paul Kircher, Harrison Arévalo et Jean-Charles Clichet, l'actrice et metteuse en scène Marlène Saldana a la lourde tâche d’incarner le monument du cinéma français Jacques Demy. Mort officiellement d’un cancer en 1990, ce n’est qu’en 2008 que sa compagne Agnès Varda révèle qu’il s’agissait du Sida.
Marlène Saldana nous fait passer du rire aux larmes, avec son interprétation haute en couleur et audacieuse du réalisateur des « Parapluies de Cherbourg ». De l’audace, la comédienne en fait preuve depuis le début de sa carrière, comme elle me le raconte, quelques heures avant de monter sur scène.
À la fin de l’année 2024, j’ai assidument suivi l’histoire d’amour naissante de Lewis et Noa, deux personnages de la deuxième saison d’Amours Solitaires, écrite par Morgane Ortin.
En parallèle des épisodes traditionnels, réalisés par Louise Condemi, un format court centré sur les deux garçons et piloté par Marguerite Pellerin, était diffusé sur Instagram.
Comme moi, des milliers de personnes attendaient impatiemment tous les jours, à 18h, cet épisode de quelques minutes postés sur les comptes de France TV Slash et d’Arte.
Cette idylle, qui a réchauffé une année 2024 franchement bien morose, m’a donné envie de rencontrer Gaëtan Garcia, le jeune interprète de Lewis. Autour d’un café, dans un Paris encore froid et endormi, on a discuté de ce (presque) premier rôle dans une série, de l’impact du programme sur les téléspectateurs mais aussi de ses premiers pas au cinéma.
Étudiant à Sciences Po Paris, strip-teaseur, barman dans le Marais… Pendant longtemps, Lou Trotignon s’est cherché. Aujourd’hui, à 27 ans, il s’amuse à se raconter sur scène dans un premier spectacle très drôle et très réussi, au nom aussi prometteur qu’énigmatique : Mérou.
Contrairement à ce que ce nom pourrait laisser paraître, il traite avec humour de sujets lourds et ultra-commentés dans notre société hétéronormée, à l’image de la transidentité et de la non-binarité. Mais il n’y a aucune colère dans son discours. Au contraire : l’artiste met un point d’honneur à faire preuve de pédagogie, avec des blagues personnelles et très référencées, qui n’excluent personne.
Il y a même une dimension très universelle à son discours. Comme Lou, on chemine toutes et tous au cours de notre vie avant de savoir réellement qui l’on est. Et ce premier seul-en-scène continue de nous faire réfléchir sur ces questionnements que l’on oublie parfois en chemin.
Alors après avoir écouté cet épisode, allez le voir jusqu’au 21 décembre, tous les vendredis et samedis soirs à la Nouvelle Seine à Paris, mais également partout en France…
En juillet dernier, sur la scène du mythique Grand Rex, Le Filip a été sacrée nouvelle reine du drag français en remportant la troisième saison de Drag Race France.
Son humour, ses tenues impeccables et sa « chalance », oui ce mot ne veut rien dire mais celles et ceux qui ont regardé l’émission comprendront la référence, ont fait d’elle l’une des chouchous du public. Ses confessions, sur l’homophobie rencontrée dans sa jeunesse ou sur les addictions d’une partie de la communauté LGBT+, font également partie des moments marquants du programme.
Je suis donc très heureux de la rencontrer aujourd’hui pour discuter de ses premières fois en drag. À quelques jours du coup d’envoi de la tournée de Drag Race France, qui débute ce vendredi 13 septembre aux Folies Bergères avant de se déplacer partout en France.
Simple comme Sylvain, le nouveau long-métrage de Monia Chokri est un bijou de finesse et de drôlerie. La réalisatrice canadienne s’empare du genre de la comédie romantique, qu’elle tord avec intelligence, en filmant le coup de foudre de deux personnages de milieux sociaux très différents. Rien ne les destinait à être ensemble et pourtant tout fait sens, malgré le réel qui les rattrape. Bref, Simple comme Sylvain réinvente à sa manière le genre ultra-cliché de la comédie romantique, et ça fait du bien.
Avec ce nouveau film, le troisième en seulement quatre ans, Monia Chokri, que l’on a connue actrice, déploie encore plus sa voix et sa vision singulière dans le monde du cinéma. Celle qui se destinait comédienne montre qu’il faut désormais compter sur elle dans la cour des grandes réalisatrices.
Si la douceur avait un visage et une voix, ce serait sûrement celui et celle d’Aliocha Schneider. Il suffit d’écouter le nouvel album éponyme de l’acteur-chanteur franco-canadien pour s’en rendre compte.
Le tout jeune trentenaire a confectionné, avec beaucoup de délicatesse, une collection de chansons d’amour qui nous mettent du baume en cœur en cette rentrée et ce début d’automne. En tournage en Grèce, lors de l’écriture de ce troisième opus, à des milliers de kilomètres de sa copine, l’artiste se met à nu et explore les hauts et les bas de sa relation à distance. Un thème qui pourrait paraître triste ou lourd, mais qui donne contre tout attente naissance à des titres lumineux, sublimés par des arrangements folk.
Aliocha se met d’autant plus à nu qu’il a écrit la quasi-totalité de l’album en français, au lieu de l’anglais, comme sur ses deux premiers projets. Il choisit aussi de reprendre possession de son patronyme entier, ajoutant à son nom de scène son nom de famille, Schneider, qui n’apparaissait pas sur ses deux premiers projets. C’est de tout ça dont on parle dans cet épisode, enregistré au début de l’été : trouver sa voix, sa langue, son écriture… Je vous le laisse le découvrir tout de suite.
Depuis douze ans ans, William Lebghil squatte le petit et le grand écran, avec son visage souriant et son rire extrêmement communicatif.
On l’a connu à peine majeur dans la série Soda sur W9, avant de le retrouver dans de nombreuses comédies françaises. Mais jamais les comédies simplement loufoques. Il y a toujours une réflexion sur la société dans ses choix, comme dans le satyrique Jacky au royaume des filles de Riad Sattouf, ou le plus politique Cherchez la femme de Sou Abadi. William Lebghil excelle aussi dans les rôles plus complexes, plus sérieux, comme dans Debout sur la Montagne ou Première Année, un film de Thomas Lilti, sur la première année d’étude en fac de médecine, avec Vincent Lacoste.
Tous les trois se retrouvent ce mercredi en salles dans Un métier sérieux, un très beau long-métrage qui suit pendant un an un groupe de profs dans un collège francilien. Le film, à la fois drôle et bouleversant, doit beaucoup à sa bande d’acteurs et actrices qui incarnent avec justesse ces profs, d’Adèle Exarchopoulos à Louise Bourgoin, avec un William Lebghil encore une fois hilarant, mais aussi très touchant.
Dans ce premier épisode de la saison 4 de Toute Première Fois, on a discuté de l’amour de William pour le théâtre, de ses premiers pas à la télé et au cinéma, jusqu’à son dernier rôle dans Un métier sérieux, mais aussi des difficultés de naviguer dans cette profession et des doutes qui en découlent. Un entretien passionnant que je vous laisse découvrir !
Épisode bonus de Toute Première Fois. Avant le lancement de la saison 4, retrouvez un reportage au sein de l'édition 2023 de Rock en Seine, avec la première fois, sur la scène du festival, de Marguerite Thiam, Tessa Galli, En Attendant Ana, Premier Métro, NKA et Social Dance !
Le 19 novembre 2022, à la veille de la diffusion sur TFI du premier match de la Coupe du monde dans un pays pas très LGBT-friendly, la même chaîne proposait la demi-finale de la Star Academy, programme phare des années 2000 revenu à la mode. Ironie du sort, il s’agissait probablement du prime le plus queer de l’émission, en partie grâce à l’académicien Louis. Le jeune homme de 20 ans impressionne alors avec une reprise survoltée de Born This Way de Lady Gaga, où il chante et danse en talons, esquissant même des pas de voguing.
S’il n’a pas gagné, Louis Albi a tapé dans l’oeil de beaucoup de Français et de Françaises, en témoignent ses plus de 134.000 followers sur Instagram, et le contrat qu’il a signé avec Sony et Columbia quelques jours seulement après la finale de la Star Academy. Désormais installé à Paris, il peaufine son premier album dont un extrait, Que tu te mentes, est déjà sorti. Sur un air pop entraînant, Louis délivre un hymne fort sur l’acceptation de soi.
Louis Alby, qui ne fait pas mystère de son homosexualité, raconte dans cet épisode la genèse de cette chanson et sa découverte d’un monde de la musique étrangement encore frileux sur la question LGBT+
Comment sortir du monde, le premier roman de Marouane Bakhti, 25 ans seulement au compteur, est une histoire de rencontres. Celle du jeune auteur, l'été dernier, sur une plage de Marseille, avec des ami·es d'ami·es à qui il fait lire des fragments de textes, et qui décident de lancer une maison d'édition pour le publier. Celle entre les parents du narrateur du livre, « un Arabe et une fille d'ici » comme il l'écrit, donnant naissance à cet être entre-deux, toujours entre deux mondes, deux cultures, deux sociétés. Et celle, enfin, libératrice et réparatrice, du narrateur avec S., un garçon dont il tombe follement amoureux à Paris.
Ce premier roman, c'est donc tout ça à la fois : un récit d'émancipation, de quête de soi, de retrouvailles familiales et d'amour. Une fuite en avant (« Je voulais partir à tout prix », peut-on lire dès la première phrase) et un retour en arrière (« Je pense au lieu où j'ai grandi et je dis merci », vers la fin du livre). Une œuvre complexe, à la langue travaillée et poétique, qui mêle fiction et réalité, pour raconter le chemin d'acceptation d'un jeune homme gay et musulman, jamais vraiment à sa place
Dans le cadre de cette série spéciale mois des Fiertés, j’ai donc rencontré le prometteur Marouane Bakhti, pour parler de cette première fois littéraire éclatante.
Sur la belle péniche de la Nouvelle Seine, où se produisent presque tous les soirs des humoristes, j’ai vu Tahnee l’Autre, une artiste aussi hilarante qu’engagée, qui a réussi à créer un spectacle à la fois militant et très accessible.
Sur scène, elle nous parle à la fois de son enfance et de son adolescence, mais aussi de sa vie plus actuelle et de sa découverte de son homosexualité. Tahnee est lesbienne et raconte avec beaucoup d’humour et de tendresse ses premiers pas dans un bar lesbien, mais aussi avec un peu plus de gravité ses dates foireux avec des meufs qui l’essentialise, car Tahnee est métisse, ou ses craintes lorsqu’elle en a parlé à sa famille.
Comme pour Jessé, dans l’épisode précédent, c’est rafraîchissant d’avoir une artiste qui ne cache (presque) rien d’elle et arrive à embarquer avec elle son public, qu’il soit hétéro ou homo. Je suis très content d’avoir pu l’interviewer pour cette série d’épisodes spéciaux avec des artistes LGBT+ à l’occasion du mois des Fiertés
Depuis plusieurs mois, Jessé présente son premier seul en scène Message Personnel au Théâtre du Marais. Pendant un peu plus d’une heure, l’humoriste de 30 ans va multiplier chutes et anecdotes inattendues, tout en se racontant avec humour et tendresse : son enfance à la campagne, son harcèlement scolaire ou le fait qu’il est le fruit d’un adultère.
Son homosexualité, dont il ne se cache absolument pas, est l’un des fils rouges de ce spectacle, ce qui distingue Jessé d’autres comiques moins à l’aise pour aborder aussi frontalement la leur.
Jessé est le premier invité d’une série d’épisodes spéciaux de Toute Première Fois avec des artistes LGBT+ pour le mois des Fiertés, pour lequel plusieurs enregistrements seront diffusés en juin et non pas qu’un seul comme habituellement.























