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Reportage France

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En France, c'est un bilan morose pour la 62ᵉ édition du salon international de l'agriculture, qui a connu une baisse de 28 % de fréquentation par rapport à l'année dernière. Un métier en crise, où seulement 13 000 agriculteurs s'installent chaque année. Un chiffre en chute libre et qui n'a pas évolué depuis 2020. Malgré tout, ce métier passionne encore. Alors, qui sont les nouveaux agriculteurs qui embrassent cette profession ? Elles sont debout sur le ring et tentent de ceinturer des moutons. Emi et Léana ont 19 ans. Elles participent avec fierté au Concours Général Agricole organisé par le Salon de l'agriculture, une institution qui accompagne les agriculteurs tout au long de leur parcours. « Le concours est vraiment axé sur le mouton vendéen. On a préparé trois agnelles. On les a choisies avec l'aide du berger de l'exploitation qu'on a au lycée », nous raconte l'une d'elles. Murielle, 20 ans, frimousse de fonceuse, poursuit ses études au lycée agricole. Elle a déjà en tête l'exploitation de ses rêves. Elle nous raconte ce qu'elle envisage : « Je veux travailler avec des brebis laitières, plutôt dans les montagnes, et avant cela, être bergère. Je ne veux pas m'installer tout de suite. Je veux des expériences dans l'élevage et pourquoi pas m'installer en collectif plus tard ». Un parcours assez classique, car s'installer prend quelques années. Simon Martin est secrétaire général adjoint du syndicat des Jeunes agriculteurs. « Aujourd'hui, on est rendu à 33 ans pour l'âge de l'installation. On voit que c'est l'engagement d'une vie de s'installer. On voit très bien qu'il faut un peu plus de temps pour le maturer et pouvoir se lancer dans un gros projet. », explique le jeune homme. Marie Le Potier est conseillère en élevage laitier. Son mari, Fabien le Brun, est salarié dans la ferme de ses parents. Ensemble, ils vont franchir le pas et s'installer. « Nos parents, d'un côté comme de l'autre, sont installés sur une exploitation en production laitière et c'est notre objectif de poursuivre avec les élevages de la famille », raconte-t-elle. Malgré les crises sanitaires à répétition et les manifestations d'agriculteurs pour améliorer la profession, le couple se lance. « C'est sûr qu'il y a des situations qui posent question pour la suite. Mais, aujourd'hui, on croit en ce métier. On voit qu'il y a des filières de qualité qui se développent de plus en plus. Sur les exploitations familiales, nous sommes engagés dans des filières de qualité qui permettent de se diversifier et de mieux valoriser les produits. C'est ça, qu'on souhaite poursuivre. Et oui, il y a de l'avenir là-dedans », confie Marie, confiante. « C'est maintenant ou jamais » Florent Pajor, 34 ans, dirige sa ferme depuis un an. Ce fils de fermier ne voulait pas reprendre l'exploitation de son père. Trop compliqué et source de conflit selon lui. Il nous explique pourquoi il a choisi l'autonomie : « Je n'ai pas souhaité m'installer avec lui. Il est en âge d'être à la retraite. Je ne me voyais pas reprendre une quantité d'hectares. Moi je voulais vraiment ma structure individuelle. Il faut être fou, mais passionné avant tout. » « Ça fait peur, mais j'ai eu le cran et l'opportunité de me dire : c'est maintenant ou jamais. Quand on a des terrains qui se présentent à nous, qui sont à vendre, on se dit : "c'est soit je saisis l'opportunité, soit je reste salarié". Ça prendra du temps pour pouvoir en vivre et être épanoui totalement. Je ne regrette pas. C'est un chemin qui va être long et passionnant », poursuit-il. Actuellement, un fermier sur trois qui part à la retraite n'est pas remplacé, un problème pour l'avenir du secteur agricole.
Au lendemain de la mort d'Ali Khamenei, tué par des frappes israélo-américaines, plusieurs rassemblements étaient organisés à Paris, dimanche 1ᵉʳ mars 2026. Tous célèbrent la fin du Guide suprême, mais ne partagent pas forcément la même vision de l'avenir. Le premier rassemblement se tenait à République, où quelques dizaines de personnes ont répondu à l'appel du collectif « Femme, Vie, Liberté ». À moins de deux kilomètres de là, l'ambiance est aux antipodes. Place de la Bastille, des milliers de manifestants, royalistes, favorables au retour au pouvoir de la dynastie du Chah et opposés au Guide suprême, ne cessent d'applaudir et de chanter dans la joie. À lire aussiAprès la mort d'Ali Khamenei, l'Iran face à l'inconnu
Toulon, localité de 180 000 habitants située dans le sud-est de la France, est à scruter de près, puisqu'elle est en haut de la liste des villes de conquête du Rassemblement national (RN) pour les prochaines élections municipales. Le RN y a effectivement le vent en poupe, bénéficie de la division de ses rivaux, mais la bataille s'annonce serrée. Quiconque veut conquérir Toulon doit aimer le rugby et se rendre au stade Mayol. Ça, la candidate RN, Laure Lavalette, l'a bien compris. Elle ne rate aucun match du RC Toulon, une institution : « C'est bien d'aller à Mayol, je suis vraiment au contact des Toulonnais. » Bien sûr, il faut aller au stade, avoir son rugbyman sur sa liste pour les élections municipales... Mais à Toulon, il est aussi très utile d'être à droite. Voire très à droite. « La sécurité est la première des préoccupations du Toulonnais. Il est temps de réembaucher au moins une cinquantaine de policiers municipaux », affirme-t-elle. De quoi donner espoir à Sophie au volant de son taxi : « Ces mecs qui ont des gueules de brigands, de mafieux, j'en ai ras le bol. » Mais aussi aux habitués des cafés. Roland, d'origine albano-américaine, se considère comme un immigré. Et il vote RN sans complexe : « Je vote pour le Front national (ancien nom du Rassemblement national, NDLR). Le Toulon qu'on a connu n'a rien à voir avec le Toulon de maintenant. Il y a beaucoup moins de sécurité. Il faut que ça change. » La poussée du RN dans le port militaire du Var semble évidente. Le parti de Marine Le Pen est en tête des enquêtes d'opinion, mais son retour à la mairie n'est pas pour autant garanti. Sur les marchés, les plus anciens Toulonnais n'ont pas oublié l'année 1995, quand le FN d'alors s'est emparé de la ville avec Jean-Marie Le Chevalier. Michel ne veut pas revivre ça : « Calamiteux... Ça a été une erreur totale, ils ont fait que des conneries. Ils ont viré les associations. Et puis, le clientélisme... J'avais un père d'un ami pieds-noirs. C'était un inculte total, il s'est retrouvé élu au sport. » « Mais c'était y a 30 ans, je ne suis héritière de rien » Et si Laure Lavalette balaie l'argument, ses concurrents insistent évidemment sur ce passé. La principale adversaire du RN, c'est Josée Massi, maire intérimaire, après la condamnation d'Hubert Falco (Horizons), édile de Toulon pendant plus de 20 ans. « On a mis 20 ans à s'en remettre, mais aujourd'hui, Toulon est la deuxième ville la moins endettée », argumente-t-elle. La candidate mise sur son sérieux : « Je crois à mon projet. Le projet est cohérent, il est financé… Je suis plutôt quelqu'un de dossiers. Laure Lavalette, c'est ''vue à la télé'' ! » Josée Massi n'a toutefois pas le soutien toujours important d'Hubert Falco, qui lui a préféré le LR Michel Bonnus, ancien entraîneur du club de rugby local. Il parle ouvertement aux électeurs tentés par l'extrême droite : « Notre priorité, ce sont les quartiers périphériques, parce qu'il y a un sentiment d'abandon. » Les deux héritiers d'Hubert Falco seront rivaux, mais seulement pour un tour. Ils se sont déjà engagés à se désister l'un pour l'autre pour le second tour, sans garantie toutefois que cela suffise à empêcher le RN de s'emparer d'un bastion de la droite le 22 mars prochain.
Pendant dix jours, le Salon de l'agriculture met les produits du terroir et le travail des agriculteurs à l’honneur. Les agriculteurs soulignent régulièrement comment ils façonnent le paysage français, un paysage qui comporte de moins en moins de haies puisqu'il a diminué de 70 % entre les années 1950 et 2023. Si les politiques pour favoriser le retour des haies font débat dans le monde agricole, certains exploitants y trouvent un intérêt, comme la ferme Aux Champs Soisy, dans l’Essonne. La semaine du 18 février, une opération de plantation de haies y a été menée. Le coup de bêche assuré, Isis Gonzalez n’est pas agricultrice, mais en tant que cheffe de projet de la Fondation Yves Rocher, les plantations de haies, ça la connaît. La Fondation est mécène du Fonds pour l’arbre. « On sait qu'on perd beaucoup plus de haies que ce qu'on replante. Du coup, c'est vraiment un besoin essentiel de restaurer le patrimoine bocager de la France », défend Isis Gonzalez. À la manœuvre, ce sont essentiellement des salariées de la marque de cosmétique, parfois accompagnées, malgré le temps pluvieux, de leurs enfants. Varier les espèces pour une multitude de bienfaits Une dizaine d'essences sont plantées. « Ce sont des essences champêtres qu'on retrouve en bord de champs et locales, explique Antonin Mercier de l’association Agrof’ile. Il accompagne les agriculteurs sur des projets agroécologiques et organise le chantier. On a de l'érable champêtre, du fusain d'Europe. L'idée, c'est de favoriser les insectes qui vont manger les ravageurs de cultures. » Ces insectes sont donc des auxiliaires de cultures. Et les essences végétales n’ont pas été choisies au hasard par Agrof’île et les producteurs de fruits biologiques. « On a cherché des essences qui pouvaient être intéressantes pour les réserves d'auxiliaires ou pour démarrer les cycles de ravageurs un peu plus tôt, pour que les auxiliaires soient déjà arrivés quand ces ravageurs arrivent dans les vergers », explique Pauline Fouquet de la ferme aux Champs de Soisy. Nourrir le sol et protéger du vent Ces haies permettent aussi de nourrir le sol. « Les ligneux, donc les arbres-arbustes, ont un système racinaire qui va beaucoup plus profond que les plantes herbacées, détaille Antonin Mercier. Et donc ils vont pouvoir aller puiser dans les couches plus profondes du sol les nutriments dont ils ont besoin et ils les remontent via la chute des feuilles. » De plus, quand les petits plants auront atteint une bonne taille, arbres et arbustes filtreront le vent et en réduiront la violence. « Ces arbres fruitiers, on ne veut pas qu'ils montent très haut pour récolter les fruits. Ils ont un système racinaire moins développé que les arbres. On va les protéger du vent. Du fait qu'ils ont moins de racines, ils résistent moins aux vents violents et surtout, il y a du palissage. C'est quelque chose qui est très coûteux à mettre en place et donc on le protège au maximum », poursuit le membre de l’association Agrof’ile. Ce n’est pas l’effet recherché sur cette parcelle, mais un bon maillage du territoire permet aussi une bonne régulation de l’eau et évite l’érosion des terrains. À plus long terme, les agriculteurs espèrent valoriser les branches coupées lors de l’entretien des haies. À lire aussiL'agriculture est-elle l'ennemie des oiseaux?
Briollay, un petit village de l’ouest de la France, à une quinzaine de kilomètres d’Angers. Situé entre deux rivières, la Sarthe et le Loir, dans la basse vallée angevine, ce village est régulièrement en proie aux inondations, 60 % de son territoire se trouve en zone inondable. Mais les inondations de ces derniers jours, particulièrement fortes, ont mis ce village à l’épreuve. Des maisons envahies par les eaux, le réseau de gaz coupé par mesure de sécurité et des habitants qui doivent donc vivre une situation déjà compliquée, sans chauffage ni eau chaude. Pourtant, malgré ce terrible constat, les riverains font face, déterminés et solidaires. ► France : à Briollay, la crise se prolonge après les inondations
Le 24 février marque les quatre ans de la guerre en Ukraine. Depuis le début de l'invasion russe en 2022, des millions d'Ukrainiens ont fui leur pays, trouvant refuge notamment en France. Le pays a accueilli 120 000 personnes en quatre ans. C'est le cas de Yuliya, Tatyana et Karina. Elles ont entre 36 et 48 ans. Toutes ont un diplôme d'études supérieures. Elles viennent de Kiev et du nord de l'Ukraine. Laurence Théault les a rencontrées à Saint-Cloud en banlieue parisienne et a recueilli leurs impressions de réfugiées sur cette guerre qui n'en finit pas. À lire aussiRéfugiés ukrainiens en France: quatre ans après, la fin progressive du statut d’exception
Durant les 25 prochaines années, le vieillissement de la population française posera des problèmes logistiques. C'est la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques qui alerte : d'ici 2050, il faudrait créer 365 000 places en Ehpad et les milliers d'emplois qui vont avec. Une solution alternative réside dans les habitats intermédiaires, comme les résidences autonomes et les colocations intergénérationnelles. Reportage de notre journaliste Alix Villeroy dans l'une de ces colocations atypiques, Mettre en lien des seniors et des jeunes, c'est l'objectif de l'association Ensemble2générations. Près de Paris, dans les étages d'un immeuble cossu, Sarah, 19 ans, et Françoise, 94 ans, partagent leur quotidien malgré les quelques décennies qui les séparent. « Sarah, qui fait des grandes études, vit avec moi dans ma maison. Ça m'apporte beaucoup et je me suis prise d'affection pour elle », témoigne la nonagénaire. Pour ses études, Sarah a dû déménager à Paris, mais en tant qu'étudiante précaire, il lui était difficile de trouver un logement. C'est ainsi qu'elle a rencontré Françoise, et pour se loger, Sarah ne doit dépenser que 10 euros par mois. La relation qui se noue entre les deux femmes va au-delà du simple logement et les deux colocataires discutent comme de vraies amies. « Je me suis mise à parler du passé et apparemment, ça intéresse Sarah », se réjouit Françoise. « Elle me parle de la vie de l'ancien temps, ça me fascine !, s'enthousiasme l'étudiante. Tout ce qu'on apprend à l'école, la Seconde Guerre mondiale, eh bien elle, elle l'a vécue ! » Françoise montre ses photos, raconte son mariage le 25 octobre 1954 et la perte de son mari, qu'elle adorait, lorsqu'il avait 73 ans. « Quand j'entends les clés dans la porte, c'est le bonheur qui arrive » Cette solution de cohabitation intergénérationnelle est un rempart contre la précarité des étudiants mais aussi contre la solitude des seniors. « C'est ma fille aînée qui a eu cette idée pour que je ne sois pas seule le soir et la nuit. Ma routine, elle est triste quand Sarah n'est pas là, témoigne Françoise. Mais enfin, quand j'entends les clés dans la porte, c'est le bonheur qui arrive. » Et Sarah renchérit : « Quand je rentre, elle est toute seule devant la télé, donc, je m'assois en face d'elle et puis on discute ensemble. On est censés manger ensemble, que je fasse la vaisselle et ça devrait s'arrêter là. Mais je viens toujours la voir. Les médicaments, je fais en sorte qu'elle les prenne tous les soirs et ce n'est qu'après que je vais me coucher. » Un contrat qui devrait durer un an mais que la jeune fille espère bien renouveler, tant le lien d'attachement est devenu fort au fil des semaines. Une opinion partagée par la nonagénaire pour qui Sarah est devenue un membre de sa famille : « J'ai trouvé une cinquième petite fille. » L'association Ensemble2générations met en relation entre 100 et 150 binômes de personnes âgées et jeunes par an. À lire aussiIsolement des seniors en France: l'alerte des Petits Frères des pauvres face à la «mort sociale»
À quelques semaines des élections municipales, les journalistes de RFI se rendent sur le terrain pour faire le point sur la campagne dans les différentes villes. À Nice, capitale des Alpes-Maritimes, le scrutin prend des allures de règlement de comptes. Christian Estrosi, maire sortant, et Éric Ciotti, longtemps alliés et désormais rivaux, s'affrontent dans une bataille acharnée pour cette mairie de la Côte d'Azur. Un duel qui anime les conversations des Niçois, même s'il suscite aussi, parfois, une certaine lassitude. De notre envoyée spéciale à Nice, Ciel bleu, 20°C, un soleil éclatant. En cette journée ensoleillée du 11 février, le maire sortant de Nice, Christian Estrosi, inaugure la statue du grand écrivain Albert Camus sur la promenade du Paillon. Le lauréat du prix Nobel de littérature était très lié à la ville. Le maire lui rend hommage : « Il y a chez Camus une actualité qui étonne, qui donne même le vertige ». Aux côtés de Christian Estrosi, la petite-fille d’Albert Camus, Élisabeth Maisondieu-Camus nous partage volontiers ses inquiétudes : « Je n’ai pas envie d’extrême nulle part. Je suis mesurée. » Un message à peine voilé faisant référence à l’alliance d’Eric Ciotti avec le RN. Un soutien bienvenu pour le maire de la ville car la tension est forte alors qu’un sondage Politico sorti cette semaine donne Eric Ciotti en tête des intentions de vote avec dix points de plus que le maire sortant. Christian Estrosi est ici chez lui sur la coulée verte qu’il a faite construire. Il s’apprête à lancer des travaux pour une seconde phase. Ces dernières semaines, le maire consacre beaucoup de temps à livrer les dernières réalisations de son mandat et nous explique les transformations. « Vous aviez une gare routière qui dépassait les toitures de chaque rive. » L’élu est ravi de nous montrer les sculptures contemporaines de l’école de Nice et la perspective ouverte sur l’Observatoire qui justifie d’avoir rasé le théâtre et le palais des congrès Acropolis. Cette nouvelle phase de construction divise les Niçois, le maire le sait et son rival Éric Ciotti en a fait l’un des principaux angles d’attaque de sa campagne. Christian Estrosi relativise. « Cela ne l’a pas empêché en 2020 de me soutenir, y compris dans ce projet. Je voudrais que ce prochain mandat soit quelque part le point d’orgue de l’écrin que nous avons fait ces dernières années. » Dans le camp d’en face, le président du parti UDR Éric Ciotti dénonce l’ego démesuré du maire sortant. Et l’attaque sur ses errances politiques : « Il est désormais chez Monsieur (Édouard) Philippe après avoir été le plus proche soutien de Monsieur (Emmanuel) Macron, donc peut-être que demain, il sera au Rassemblement national. » Coups bas entre les deux candidats Un parricide entre deux anciens alliés qui prennent soin de ne pas se croiser dans la petite rue Richelmi qui voit passer le roi et la reine du carnaval de Nice. Le député croit en la volonté des habitants de tourner la page de l’époque Estrosi « La campagne est très dynamique, une envie extrêmement puissante de changement pour écrire une nouvelle page de Nice ». En marge du carnaval, Éric, un Niçois, est lassé par la politique menée par le maire sortant. Il ne revotera pas pour lui. « Il y a les impôts locaux, la transformation de la ville, démolir, reconstruire ailleurs, donc je ne vois pas l’intérêt. » Karine est commerçante à Nice. Elle est consciente que la victoire du maire sortant n’est pas acquise. « J’entends beaucoup de personnes qui voteraient Ciotti ». Depuis quelques semaines la campagne s’accélère, les débauchages se multiplient, les coups bas pleuvent. Le maire a d’ailleurs tenu une conférence de presse pour dénoncer les attaques auxquelles certains se prêtent. À Nice, les attaques foisonnent et ce n’est pas près de s’arrêter. À lire aussiFrance: les enjeux et points chauds des élections municipales 2026
La journée mondiale de la langue maternelle a lieu samedi 21 février. En France, souvent par peur des discriminations, un Français issu de l'immigration sur quatre n’a pas appris la langue maternelle de ses parents ou grands-parents, selon une étude de l'institut One Poll. Pourquoi l'héritage linguistique est-il si difficile à transmettre au sein des familles ? Louise, du haut de ses cinq ans, pétille d'énergie. D'une voix douce, Nasséra, sa grand-mère, parle de son enfance en Kabylie, dans le nord de l'Algérie. C'est dans les bras de sa mère qu'elle rejoint son père ouvrier dans les usines automobiles Renault en France, à l'âge de neuf mois. « Mes deux parents sont Algériens. Mon père est arrivé en 1953 à Paris. C'est la première génération qui a immigré. Il est arrivé bien avant l'indépendance de l'Algérie. Il a commencé donc à apprendre le français par son travail dans les usines automobiles Renault. Après l'indépendance en 1964, il a amené sa femme en France et leur premier enfant qui était moi », se remémore-t-elle. Assises autour de la table de la salle à manger, Sarah, 37 ans, et sa cadette Amina, 31 ans, interrogent leur mère. Pourquoi ne parlent-elles pas la langue de leurs grands-parents, le kabyle ? « J'étais à l'école en France depuis la maternelle. Je me sens plus proche de la langue française que je maîtrise beaucoup mieux. Même si mes parents, eux, me parlaient kabyle, mais moi, je répondais en français. Des fois, on s'interroge avec mon mari : "Mais comment cela se fait qu'on n'a pas transmis ?" Nos enfants ne parlent pas la langue de leurs grands-parents, de leurs origines. Je pense que c'est volontaire de notre part parce qu'on n'a jamais fait l'effort, nous, de parler kabyle à la maison. C'était plus facile pour moi de vous parler français que kabyle », leur raconte Nasséra. « La priorité, c'était l'intégration par l'école. Papa, lui, devait apprendre à parler français grâce à toi. Toi, tu devais gérer une famille de quatre enfants en travaillant aussi. Vous n'avez cessé de nous dire, depuis toutes petites "L'école d'abord, c'est la priorité". Dans une volonté d'avoir une sorte de catalyseur d'intégration par l'école, vous en avez peut-être ''oublié votre kabyle'' », lui répond sa fille. Transmettre une langue, ce n'est pas si simple. La linguiste Christine Deprez s'appuie sur l'exemple des couples mixtes et constate que certaines langues sont plus valorisées que d'autres : « On peut facilement imaginer qu'un couple franco-américain a plus de chances de transmettre sa langue qu'un couple franco-bambara, par exemple. Pourquoi ? Parce qu'il y a une valorisation de la langue anglaise dans tous les pays, y compris en France. C'est assez évident que c'est une langue d'avenir, une langue porteuse. Le bambara ne l'est pas, sauf dans une petite communauté un peu élitiste et qui revendique sa culture. La langue bambara n'est pas une langue qui est particulièrement valorisée en France. Si vous demandez aux gens ce que c'est, ils répondent ''C'est un dialecte africain''. Il n'y a pas du tout une perception culturelle positive. Elle peut même être entachée d'une forme de racisme. À la fois un racisme colonial, un racisme ethnique, un racisme religieux, etc. Il y a des gens qui cachent leur langue, mais en général, ce sont les enfants. Ils ne mentionnent pas la langue d'origine. Il ne faut pas se culpabiliser, c'est normal. Peut-être qu'après, dans 20 ans, ils vont avoir envie de l'apprendre. » C'est le cas d'Amina, 31 ans, qui prend des cours de kabyle. Mais sa mère ne l'aide pas dans cet apprentissage. « Je ne l'ai pas sollicitée. Je fais cela dans mon coin avec mes amis sur internet », explique-t-elle. À cinq ans et demi, Louise est contente de dire ses premiers mots dans la langue de ses grands-parents. Entre le kabyle et le français, sa famille l'écoute émerveillée. À lire aussiMigrants africains: «Ces personnes rencontrent une violence institutionnelle et psychique»
En 2026, le carême et le ramadan tombent au même moment : le mois de jeûne du ramadan et les 40 jours du carême commencent ce mercredi 18 février. Les deux rites n'ont pas tout à fait le même sens, ni les mêmes traditions. Le ramadan est marqué par un jeûne total du lever du soleil au coucher, et des temps de prière, alors que le carême entraîne seulement des restrictions alimentaires, un renoncement au superflu pour mieux se consacrer à Dieu. En France, peu de catholiques pratiquent le carême. Mais cette tradition trouve depuis quelques années un écho chez les plus jeunes, et jusque sur les réseaux sociaux où ils échangent leur vécu et s'encouragent. Juste derrière l'église Saint-Louis, la maison paroissiale est en ébullition. Dans quelques jours, pour les vacances d'hiver, salariés et bénévoles accueilleront des enfants pour des activités périscolaires. C'est là que nous rencontrons Baptiste, 18 ans et Alexandra, 24 ans. Ils s'apprêtent tous les deux à respecter le carême. « C'est la première année où je me lance vraiment à fond. On va dire que j'ai eu un petit accident l'année dernière, donc j'ai envie de remercier le Seigneur en lui montrant que je fais énormément d'efforts pour lui, comme il en a fait pour nous », raconte-t-elle. Pour l'un comme l'autre, le carême n'est pas un héritage familial, mais une démarche personnelle. « J'ai commencé à m'y intéresser depuis pas longtemps. J'ai une famille de traditions catholique, mais qui ne pratique pas. J'ai beaucoup été inspiré par ma sœur. Dans le lieu de vie où l'on travaille, cela nous aide », estime Baptiste. « Ma famille respecte ce choix mais ne m'encourage pas forcément. Du côté de mes amis, c'est un peu compliqué d'assumer devant tous mes copains qui ne sont pas forcément croyants. Je le fais de manière assez discrète. Je ne dis pas à tout le monde que je suis catho », affirme Alexandra. En France, seuls 15% des 18-29 ans se disent catholiques croyants. Mais paradoxalement, ceux-ci sont très attachés à la pratique religieuse, comme le carême. Edwige Decker, qui dirige le centre de loisirs de la paroisse, l'a constaté : « Je pense que c'est un retour aux sources. Moi, j'ai 50 ans, je viens d'une école catholique où on faisait carême. Ce que je vois, c'est qu'on ne force plus les jeunes à faire quoi que ce soit, à recevoir le baptême, à participer à une retraite. Donc les jeunes que nous avons sont volontaires, sont heureux de le faire, pour retrouver les copains notamment, car la foi passe par la communauté. » Anne-Gaëlle, la responsable d'aumônerie, ne peut s'empêcher de faire le lien avec un engouement récent pour le baptême. Les nouveaux baptisés sont passés d'environ 4 000 en 2023 à 18 000 en 2025. La moitié d'entre eux ont moins de 25 ans. « Un environnement pas du tout catholique, rappelle-t-elle. Ils n'ont pas du tout de connaissances religieuses. Dans un monde dur aujourd'hui, des jeunes recherchent un sens à leur vie et qui ont envie de découvrir Jésus. » Pour ce qui est du carême, il faut peut-être y voir l'influence des copains musulmans, suggère l'une d'elle. Ces copains qui pratiquent plus couramment le ramadan. « C'est vrai qu'au lycée, c'est un grand sujet de discussion, le ramadan, le carême. J'ai des amis musulmans qui le font en famille. Alors que le carême, si on n'a pas une famille très pratiquante, cela se perd un peu », constate Alexandra. C'est donc avec des copains de la paroisse que Baptiste et Alexandra partageront le carême. Alexandra s'engage à consommer moins de sucre et à prier davantage. Pour Baptiste, ce sera moins de sport pour plus de messe. À lire aussiCarême: quand les réseaux sociaux réveillent la foi de la jeunesse
Depuis un peu plus d'une semaine, d'énigmatiques publicités sont apparues sur les murs du métro parisien… Épurées, on y voit un simple pendentif blanc, avec des slogans comme « Je prendrai toujours le métro avec toi », « Je ne laisserai jamais de vaisselle dans l'évier »… des promesses émises par un collier dopé à l'intelligence artificielle, vendu comme un nouveau meilleur ami. Il s'appelle d'ailleurs Friend, ami en anglais, commercialisé par l'entreprise américaine du même nom. Une campagne publicitaire internationale, qui a provoqué un tollé instantané : la plupart des affiches ont été vandalisées. Et suscite de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux. Par Alix Villeroy Le collier contient un micro ouvert en permanence, analyse les conversations, envoie ses réactions sur le téléphone de l'utilisateur et fait réagir le public. Comme ici, aux abords du métro parisien. « Honnêtement, c'est un peu flippant parce qu'on a l'impression qu'on passe de l'IA qui est déjà beaucoup dans notre vie à l'IA qui devient notre amie », réagit un usager du métro parisien. « J'ai l'impression qu'on est en train de rentrer dans le monde de George Orwell. Et en vrai, c'est encore un énième truc qui va nous surveiller », compare cet autre usager. « Je trouve ça tout à fait terrible. On paye pour avoir de l'attention, mais si dorénavant nous avons directement notre mouchard autour du cou !... », s'indigne ce voyageur. L'intelligence artificielle « m'a contaminée » L'IA semble omniprésente dans les quotidiens. « C'est horrible, quand j'étais en flirt avec une fille, j'ai envoyé juste un bout de la conversation pour avoir une piste sur la suite. C'est horrible de faire ça », raconte ce jeune homme. Pour cette femme, c'est un allié dans ses relations. « ChatGPT m'aide à gérer certaines situations compliquées, notamment au niveau de mes amitiés. » Pour cette autre femme, l'intelligence artificielle est utilisée « un peu pour tout. Maintenant, c'est vrai que, malheureusement, ça m'a contaminée, mais après, de là à avoir un collier… Moi personnellement, non ! » « Les agents conversationnels sont conçus avec des mécanismes de profilage » Selon une étude Ipsos, 32 % des étudiants utilisent l'intelligence artificielle au moins une fois par jour pour leur vie professionnelle et personnelle. Jean-Gabriel Ganascia est spécialiste des questions d'éthique relatives à l'IA. Il s'inquiète d'un enfermement de la personne. « L'attachement, c'est un concept qui a été introduit pour montrer que ce que l'on recherche, c'est une forme de sécurité, de protection. Et il semblerait qu'on puisse transposer ce concept à la relation avec ces agents conversationnels. C'est bien sûr ce qui se produit avec ce petit pendentif qui se présente comme un ami. Et le risque, c'est qu'il se substitue aux amis. » Une entreprise privée qui aurait donc accès aux données sensibles des utilisateurs en écoutant leurs conversations, mais qui pourrait aussi les influencer. « Les agents conversationnels sont conçus avec des mécanismes de profilage. C'est-à-dire qu'on vous donne l'information qui vous correspond exactement. On parle de bulles de filtres et le risque, bien sûr, c'est que l'espace public risque progressivement de disparaître et on arrive dans des sociétés de plus en plus fragmentées où on ne se comprend plus », complète Jean-Gabriel Ganascia. La Commission nationale de l'informatique et des libertés a déjà été saisie pour vérifier que l'entreprise Friend.com respecte les législations en matière de collecte et de traitement des données. À lire aussiIntelligence artificielle: «Google est aujourd'hui un acteur majeur dans la course à l'IA»
En France, la restauration a du mal à embaucher et, bien souvent, les salariés ne restent que quelques mois. Plus de 120 000 postes sont vacants, sans compter les saisonniers. Depuis la pandémie de Covid, le turnover a dépassé les 50 %. Une perte d'attractivité qui s'explique par des rémunérations modestes, pour des conditions de travail difficiles. Pas d'afflux de touristes ou de rush infernal dans ce restaurant italien du 15ᵉ arrondissement de Paris. L'ambiance y est tranquille. Pourtant, même dans ces conditions favorables, la patronne Valentina Costantino peine à fidéliser ses salariés. « Ils viennent faire un test une journée mais à la fin, ils sont trop fatigués », déplore-t-elle. Alors, l'Italienne de 31 ans multiplie les annonces pour s'en sortir : « Par chance, j'arrive à avoir quelques extras qui font des études et ont donc besoin de travailler. Mais parfois, je suis seule, je suis obligée. » Pour une ancienne serveuse de 23 ans préférant garder l'anonymat, les conditions de travail expliquent le turnover chez les serveurs. Elle a dit stop, après avoir fait le tour des restaurants de sa ville. « J'ai commencé la restauration à 15 ans, de manière totalement illégale, ce qui est très courant, témoigne la jeune femme. J'étais payée au black. » Huit ans après, elle en garde un souvenir amer : « Tu travailles 12h mais tu en es payée 8, tu ne vois pas tes amis ni ta famille, tu te couches à 3h et le lendemain, tu dois te lever à 8h ou 9h pour être au taff à 10h. » Et quand elle voit ses anciens collègues accepter ce rythme et les abus des managers, une colère demeure. « Ça m'énerve, car il suffit de dire non et ils n'ont pas de pouvoir pour faire quoi que ce soit, martèle-t-elle. À part nous faire la vie dure. Mon manager m'a dit : "T'es un poison pour l'entreprise, personne ne veut de toi, on attend qu'une chose, c'est que tu te barres !" » À lire aussiFrance: enfin dévoilée, la liste des métiers en tension révèle certaines failles Des conditions de travail précaires Pour la CFDT hôtellerie tourisme restauration, la pression sur le salarié vient des effectifs de plus en plus restreints depuis la crise sanitaire. Une organisation du travail qui nécessite d'être polyvalent. « Comment est-ce qu'on rémunère de la polyvalence ?, interroge Zineb Belambri, secrétaire générale de la CFDT hôtellerie tourisme restauration. Ça veut dire que derrière, il n'y a pas de compétence qui est déterminée, qui est qualifiée. Tout le monde peut le faire, donc c'est au rabais. Il faut pouvoir former les gens et cette formation justifie une rémunération digne de ce nom. » Si la formation des employés est chère aux yeux de la syndicaliste, elle est difficile à mettre en œuvre, puisque les effectifs sont très fluctuants. La moitié des contrats dans la restauration sont à temps partiel, soit environ 500 000. À écouter dans 8 milliards de voisinsLes métiers de la cuisine : un tremplin pour la jeunesse ?
C’est la grande nouveauté des élections municipales en France de mars prochain. Dans les communes de moins de 1 000 habitants, les candidats doivent désormais présenter des listes paritaires. Un casse-tête dans certains villages où les conseils municipaux sont encore très largement masculins. Alors l’association Elles Aussi parcourt la France pour convaincre les femmes de se lancer. De notre envoyé spécial à Fresnes-lès-Montauban, dans le Pas-de-Calais, au nord de la France, Dans la salle des fêtes de cette commune de 600 habitants, essentiellement des femmes et quelques hommes ont pris place autour d’une table, installée devant un écran. Thierry est l’un d’eux. Il se présente pour devenir maire de Dury, son village natal, à quelques encablures de là. La liste qu’il présente est paritaire. Un objectif atteint non sans peine : « Il y a toujours des refus pour cause professionnelle ou personnelle », développe-t-il. Trouver des candidates prêtes à se lancer n’a pas été simple. Il a essuyé plusieurs refus, confirme Delphine, assise à ses côtés. Elle est l’une des rares femmes du conseil municipal sortant de Dury, composé à plus de 70 % d’hommes. « Ma place dans le conseil a été un peu compliquée », euphémise l’élue, qui fait tout de même le choix de rempiler. Pendant six ans, elle a eu le plus grand mal à s’imposer dans cet univers très masculin. « Lorsque l’on a rénové la salle des fêtes, à plusieurs reprises, j’ai demandé à faire partie de la commission chargée d’organiser les travaux. Je n’ai jamais été conviée, explique Delphine. La seule fois où on m’a sollicitée, c’était pour la couleur des murs et du carrelage », soupire-t-elle. À l’échelle de la France, seuls 23 % des conseils municipaux des communes de moins de 1 000 habitants sont proches de la parité (entre 45 % et 55 % de femmes). Le département du Pas-de-Calais est l’un des plus mauvais élèves en la matière, selon les données comptabilisées par le réseau Élues Locales. À lire aussiFrance: d'après une étude, la parité au sein des conseils municipaux progresse lentement Sentiment d’illégitimité Pour inciter les femmes à se lancer, les aider à trouver leur place au sein d’un conseil municipal ou les aiguiller pour concilier vie personnelle et professionnelle, l’association délivre des conseils et fait aussi témoigner des élues qui ont déjà sauté le pas. « Quand ils ont constitué la liste, ils sont venus me voir. J’étais absente, alors mon mari a répondu. Il leur a dit : "Je ne crois pas que ça va l’intéresser". Rien que ça, ça m’a fait bondir », raconte une élue. Elle est passée outre : « Je me suis dit que c’était une bonne chose, et puis j’étais curieuse de découvrir le fonctionnement de la mairie. » Élodie a écouté attentivement l’exposé. Elle habite Fresnes-lès-Montauban, où le conseil municipal sortant est déjà paritaire. Presque une exception dans le département. Or, toutes les conseillères municipales ne se représentent pas. Alors la maire de la commune l’a convaincue de rejoindre sa liste, il y a quelques semaines. Elle n’a pas hésité. « J’en avais très envie, mais honnêtement, si on n’était pas venu me chercher, je n’aurais jamais sauté le pas », confie-t-elle. Habitante du village depuis cinq ans, Élodie doutait jusqu’alors de sa légitimité : « Ça nous paraît ouvert à ceux qui sont dans la commune depuis quarante ans et qui connaissent du monde. Donc, je me voyais mal être représentante de la commune en y étant depuis cinq ans. » Pour briser le frein du manque de légitimité, la loi imposant la parité sur les listes municipales des communes de moins de 1 000 habitants était nécessaire, juge Véronique Genelle, co-présidente de Elles Aussi. « La loi permet de sensibiliser à la parité, si elle n’existait pas, il est certain que la parité aurait mis beaucoup plus de temps à s’imposer ». À la fin de la réunion, un petit livret est distribué, un « guide pratique de la candidate » pour les accompagner dans leur engagement. À écouter dans DécryptageMunicipales : quoi de neuf en 2026 ?
En France, les étrangers non européens pourront-ils bientôt participer à l'élection du maire de leur ville ? À quelques semaines des élections municipales, les députés examinent en deuxième lecture, ce jeudi 12 février 2026, une proposition de loi constitutionnelle portée par le parti écologiste. Elle vise à accorder le droit de vote et d'éligibilité aux étrangers non communautaires. Cette proposition de loi avait déjà été adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale en mai 2000, le texte ensuite voté au Sénat en 2011 avait été abandonné. Retour sur une promesse électorale. À lire aussiFrance: l’intelligence artificielle s’invite dans la campagne des municipales
En France, l'augmentation des maladies liées à une mauvaise alimentation telles que le diabète ou l'obésité devient une préoccupation majeure, voire un enjeu de santé publique. Face à ce constat, des associations font la promotion de l'éducation alimentaire en milieu scolaire via des ateliers de cuisine tous les trimestres. C'est le cas de l'association La Tablée des Chefs, engagée depuis sa création en 2013 pour développer l'éducation des jeunes au bien manger et favoriser leur autonomie alimentaire. L'association organise chaque année des ateliers de cuisine dans 40 collèges en France. Association La tablée des Chefs À lire aussiL’obésité, forme la plus répandue de malnutrition dans le monde
C'est une tendance de plus en plus visible ces derniers mois. Des enfants, des préadolescents et des adolescents exposent sur TikTok leur routine de soins du visage. Masques, crèmes, sérums : la liste des produits qu'utilisent ces jeunes, voire ces très jeunes, est longue, et parfois inadaptée à leur peau. Marius Laffont a analysé le phénomène « skincare » pour enfant – le terme employé aux États-Unis, d'où vient cette tendance – avec des professionnels de santé et des produits cosmétiques. À lire aussiLe succès du skincare coréen en France: miracle cosmétique ou mirage marketing?
Cela fait près d'un mois que les jeunes Français de 18 à 25 ans peuvent s'inscrire au tout nouveau service national volontaire. La formation militaire de dix mois débutera en septembre 2026 pour les 3 000 sélectionnés. Pour intégrer ce dispositif, un passage est obligatoire au Centre d'information et de recrutement des forces armées (Cirfa) pour un entretien de sélection. Reportage d'Hugo de Waha dans le centre de Versailles, à la rencontre de premiers jeunes motivés, prêts à relever ce défi. À lire aussiService militaire volontaire: la France lance sa campagne de recrutement
À Lyon, troisième ville de France, les écologistes, actuellement au pouvoir avec Grégory Doucet, sont distancés dans les sondages par l'entrepreneur et figure très connue du football, Jean-Michel Aulas. Ce dernier est soutenu par le centre et la droite. Une semaine après son premier meeting, c'est le très fréquenté marché de la Croix-Rousse, sur les hauteurs de Lyon, qu'a choisi l'écologiste Grégory Doucet pour tracter. Le candidat écologiste s'affiche souriant malgré des enquêtes d'opinion qui donnent un net avantage à Jean-Michel Aulas, avec 20 points d'écart. « En arrivant, j'ai croisé beaucoup de personnes engagées pour l'union de la gauche et des écologistes, affirme le maire actuel, avec un enthousiasme qui fait que l'on va faire mentir les sondages. » Pour y parvenir, il faudra que Grégory Doucet convainque sur sa politique en faveur de l'écologie, qui est sévèrement ciblée. « Je trouve que vous avez de très bonnes idées. Le problème, c'est que tous les gens qui habitent en banlieue, vous leur avez rendu la vie impossible ! », l'interpelle un passant. Grégory Doucet assume sa politique : « On a rééquilibré l'espace public, on a donné la priorité aux piétons. » À écouter dans DécryptageMunicipales : quoi de neuf en 2026 ? Jean-Michel Aulas joue sur sa carrière dans le football Loin du centre-ville, dans le quartier populaire de La Duchère, le candidat Jean-Michel Aulas semble en terrain conquis. « Il faut redorer la ville de Lyon, Monsieur, s'il vous plaît », lance un passant. Un autre affirme qu'il va voter pour lui car : « Grâce à l'Olympique lyonnais ! Depuis tout petit, on regarde les matchs ». Et ce dernier n'a qu'à appuyer là où ça fait mal, comme avec ce gérant d'un bar-tabac. « L'écologie, nous sommes tous pour, mais si ça pénalise le commerce… », laisse planer Jean-Michel Aulas. Le candidat de la droite et du centre joue, bien sûr, sur sa carrière à succès dans le football et l'entrepreneuriat pour s'afficher modeste : « Moi, vous savez, je ne fais pas ce travail pour être réélu, affirme-t-il. Je l'ai dit, je le fais un peu par défaut, parce qu'il fallait à un moment donné prendre la décision d'y aller. J'aurais pu faire 1 000 autres choses. » Un discours qui ne séduit pas tout le monde. Cette habitante de Lyon sait déjà qu'elle ne glissera jamais un bulletin Jean-Michel Aulas dans l'urne : « Il n'a absolument rien d'un candidat crédible. Ils se sont dit : "Aulas avec le foot..." Tous ceux qui votent pour ne savent même pas pourquoi. En plus, il est soutenu par Benzema. Alors, vous pensez, Benzema... La haute pensée politique de Benzema », ironise-t-elle. À lire aussiFrance: les enjeux et points chauds des élections municipales 2026 Des candidats éclipsés par ce duel Doucet-Aulas Avec ce duel installé à Lyon, difficile pour les autres candidats d'exister dans la campagne. À l'extrême droite, il y a Alexandre Dupalais, de l'UDR. « Il faut se battre pour conquérir sa place. Je ne suis pas le maire sortant, je ne suis pas Jean-Michel Aulas qui a une notoriété immense, mais ça ne fait pas un programme et ça ne fait pas un projet pour Lyon, affirme le candidat du parti fondé par Éric Ciotti. C'est pour ça qu'on porte cette liste d'Union des droites et de la société civile. » Il y a aussi l'insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi. La députée fait bande à part à gauche, mais elle n'exclut pas un ralliement au second tour. « Les gens ont aussi le droit de se prononcer pour une force politique qu'ils affectionnent, estime-t-elle, mais vous savez, il y a une règle à gauche : celui qui arrive en tête fait l'union autour de lui. » En plus de ces quatre candidats se présentent Raphaëlle Mizony, pour le parti NPA Révolutionnaires, Georges Képénékian, divers centre pour Équinoxe, et Nathalie Perrin-Gilbert, en tant que divers gauche avec le Parti radical de gauche. « L'envie de l'écologie est tellement forte dans cette ville », c'est ce que clamait en 2020, à peine élu, Grégory Doucet. Six ans plus tard, la perte de la ville serait une lourde défaite pour la gauche, a fortiori pour les Verts. À lire aussiMunicipales en France: la bataille s’annonce serrée à Paris
Avec la hausse des prix due à l’inflation, de plus en plus de Français s'orientent vers la mode éphémère, ou fast fashion. À contre-courant, une rue entière de Montreuil, en banlieue parisienne, a décidé de faire de la seconde main une norme, et non plus une alternative. Un collectif de plusieurs associations y a installé différents magasins, de quoi apporter une variété dans l'offre d'articles de seconde main vendus à tarif réduit. La Venelle, c'est le nom de ce village, veut rendre accessible quasiment tout l'univers du réemploi solidaire. Pour en savoir plus sur La Venelle, c'est ici. À lire aussiEn France, les associations de seconde-main croulent sous les vêtements usagés À écouter dans 8 milliards de voisinsL'envers des fripes : pourquoi la seconde main ne fait pas baisser la production de vêtements ?
La Bretagne est-elle à l'aube d'une ruée vers l'or ? En décembre dernier, l'État a accordé trois permis d'exploration minière dans cette région de l'ouest de la France. Dans les prochains mois, la société Breizh Ressources, filiale du groupe canadien Aurania Resources, va explorer le sous-sol d'une quarantaine de communes à la recherche de métaux, comme l'argent, l'étain, le lithium, l'or, etc. Présentée comme un moyen de réduire la dépendance de la France aux importations de terres rares, des élus locaux, des habitants et des associations sont vent debout face aux risques environnementaux de l'exploitation minière. Notre envoyé spécial s'est rendu dans le Morbihan, près de Vannes. À lire aussiPourquoi les «terres rares» ne sont ni en terre, ni rares?



