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Revue de presse internationale
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Revue de presse internationale

Author: RFI

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Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet.

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« Avec le Venezuela, Donald Trump n’en est peut-être qu’à ses débuts, constate Le Temps à Genève. Qui dit que demain il ne conquerra pas le Groenland, Cuba et la Colombie ? Les dégâts occasionnés par l’interventionnisme états-unien en Amérique latine (Chili, Guatemala, Nicaragua, Brésil, Bolivie, etc.) auraient dû servir de leçon. Mais à quoi sert l’Histoire aux yeux de Donald Trump si ce n’est à fantasmer un passé glorieux imaginaire ? » Et « qui sait si Trump ne va pas remettre à nouveau sur le tapis l’annexion du Canada ? », s’exclame El Pais à Madrid. « Bien que tout cela puisse paraître insensé, il y a une certaine logique. Et tout pourrait se résumer à un seul mot : la Chine », pointe le quotidien espagnol. La logique trumpienne de concurrence avec la Chine En effet, constate El Pais, « le grand duel du XXIe siècle se joue entre les États-Unis et la Chine. Pékin ne se contente pas de la construction de son initiative “la Ceinture et la Route“ (la nouvelle route de la soie) ni de ses exercices militaires constants à Taïwan, le pays étend également son influence en Amérique latine. En mai dernier, rappelle El Pais, Xi Jinping avait tendu la main aux pays de la région, se présentant comme une alternative à “l’unilatéralisme et au protectionnisme“ de Trump. La Chine est devenue le deuxième partenaire commercial de l’Amérique latine, après les États-Unis. Et pour plusieurs pays, comme le Brésil, le Chili et le Pérou, elle est déjà le premier. (…) Tout cela s’inscrit (donc) dans une logique trumpienne de concurrence avec Pékin, relève encore le quotidien espagnol. L’enlèvement de Nicolas Maduro est en fin de compte un message codé adressé à Xi Jinping : le “siècle américain“ n’est pas mort, il a simplement changé de cap. En bafouant le droit international pour “nettoyer son voisinage“, Trump trace une ligne rouge, pointe El Pais. Dans ce nouvel ordre mondial, les ressources stratégiques des autres pays deviennent le butin d’une guerre froide qui s’intensifie déjà. Et seuls les pays dotés de l’arme nucléaire peuvent se permettre le luxe de la souveraineté nationale. » Les Européens tétanisés Et l’Union européenne dans tout cela ? « Les réactions de l’UE ont jusqu’ici été assez tièdes, constate le Soir à Bruxelles. Sur l’opération américaine au Venezuela d’abord, mais même sur les menaces d’annexion du Groenland. » Il faut dire, poursuit le quotidien belge, que « l’Union européenne est coincée. Coincée dans sa dépendance militaire aux États-Unis. Coincée en pleine négociation pour une éventuelle sortie de conflit en Ukraine. Une réunion de la coalition des volontaires, avec 35 pays dont les États-Unis, est prévue ce mardi à Paris. Or “sans les États-Unis, pas de garantie de sécurité", résume un responsable européen. Coincée aussi dans d’importantes dépendances économiques, notamment pour la technologie et le numérique. » Alors, conclut le Soir, « Washington profite d’un avantage économique, militaire et d’une prise de décision plus centralisée. L’Europe a pour autant une force de frappe, à condition qu’elle cesse de se voiler la face. » Attention, prévient pour sa part Le Figaro à Paris, avec les menaces qui pèsent sur le Groenland, « le défi est donc pour l’Europe. Jusqu’ici, Macron, Starmer ou Merz font mine de regarder ailleurs. Mais l’heure de vérité approche : après les droits de douane unilatéraux, après la mise au pas de l’Otan, c’est le test ultime de la vassalisation de l’Europe. Elle peut plier ou rompre, à divers sens du terme. » Vers un conflit généralisé ? Enfin, ce constat plus large et pour le moins désabusé, à lire dans le New York Times : « Nous peinons déjà à maintenir l’ordre mondial lorsque seuls trois des cinq membres permanents du Conseil de sécurité — les États-Unis, le Royaume-Uni et la France — respectent la Charte des Nations Unies et le droit international. Mais si les États-Unis adoptent l’approche de la Russie et de la Chine en matière de conflits armés et de relations internationales, alors le consensus occidental d’après-guerre sera véritablement mort. » Et le New York Times de prévenir : « La véritable norme internationale est que lorsque les forts dominent les faibles, les faibles essaient de devenir forts. Cela peut signifier des alliances avec des ennemis. Cela peut signifier un réarmement mondial. Cela peut signifier une prolifération nucléaire. Cela peut aussi signifier qu’un monde insensé subisse une fois de plus le prix exorbitant de l’oubli de ce que signifie la guerre entre grandes puissances. »
« Au Venezuela, Trump vient d’ouvrir la porte à un grand chamboulement géopolitique », constate Le Figaro à Paris. Stupeur, colère et interrogations dans la presse internationale après le coup de force américain contre le Venezuela et la capture de Nicolas Maduro. « Trump a transformé les États-Unis, superpuissance mondiale, en un État voyou », fulmine le Guardian à Londres. C’est « le retour de l’impérialisme prédateur des États-Unis », renchérit Le Monde à Paris. Pour El Pais à Madrid, l’Amérique de Trump fait montre d’une « rapacité non dissimulée : la violation de la souveraineté vénézuélienne à des fins d’exploitation de ses ressources pétrolières n’est plus présentée comme une exception ou un moindre mal. Elle est perpétrée au grand jour. » Désormais, constate Libération à Paris, « tout chef d’État situé dans la sphère d’influence américaine, qui ne pliera pas devant les États-Unis, doit se sentir menacé, peu importe les règles du droit international, a fortiori si son sol et ses côtes renferment des richesses ». À qui le tour ? Alors s’interroge Le Temps à Genève, « où l’imprévisible Donald Trump s’arrêtera-t-il ? Et s’il ne s’arrête pas, y aura-t-il quelqu’un pour le freiner, aux élections de mi-mandat en novembre ou avant ? En ces premières heures de l’année 2026, l’opération qu’il vient de mener pose des questions vertigineuses ».  À qui le tour ?, s’interroge en écho Le Figaro : « le coup de force de Trump est un message à Cuba, à la Colombie. Ainsi qu’à l’Iran, où le guide doit désormais prendre très au sérieux sa menace de voler au secours des manifestants anti-mollahs… » En effet, insiste Le Soir à Bruxelles, « après le Venezuela et son pétrole, gare aux autres régions qui présentent un intérêt pour l’occupant de la Maison Blanche. » Et puis gare à l’effet boule de neige, pointe encore le quotidien belge… « Qu’est ce qui pourrait désormais empêcher Xi Jinping d’attaquer et annexer Taïwan ? Et Netanyahu de faire de même avec ce qui reste des territoires palestiniens ? Et comment désormais freiner les appétits d’un Poutine qui avait ouvert la voie en croquant des pans entiers du territoire ukrainien ? » Quel avenir pour le Venezuela ? « Les dirigeants vénézuéliens coopéreront-ils réellement avec les États-Unis ? », s’interroge le Washington Post. « L’avenir du pays s’annonce semé d’embûches », relève le Times à Londres. Mais, estime le quotidien conservateur, « personne ne dira adieu à Maduro avec tristesse. C’était un tyran illégitime, un dirigeant corrompu ». Alors, « oui, les actions de Trump sont controversées au regard du droit international », reconnait Die Welt à Berlin. Mais, s’interroge le quotidien allemand, « qu’est-ce qui est pire : un dictateur déchu qui laisse un vide dont l’avenir est incertain ? Ou bien la poursuite d’un règne de terreur (…) ? »
Les journaux, américains notamment, posent d’abord la question de la légalité de l’intervention américaine au Venezuela. « L’extraction de Maduro a-t-elle violé le droit international ? » se demande le New York Times, qui pointe la singularité de la situation : « La plupart du temps, lorsque les États-Unis utilisent la force à l’étranger sans l’approbation de l’ONU (…) ils le font avec la permission du gouvernement hôte et en invoquant la légitime défense ». Ce qui n’est pas le cas ici, mais cela ne devrait pas changer grand-chose sur le plan de la légalité de l’intervention américaine. C’est en tout cas le point de vue du Washington Post, selon lequel « la capture de Maduro est peut-être illégale, mais cela n’aura probablement aucune incidence devant les tribunaux américains ».  « Poutinisation » Le Washington Post relaie par ailleurs les critiques les plus vives aux États-Unis. Notamment celles du sénateur démocrate Marc Warner, qui a ainsi déclaré : « Si les États-Unis s’arrogent le droit d’utiliser la force militaire pour envahir et capturer des dirigeants étrangers qu’ils accusent de crimes, qu’est-ce qui empêche la Chine de revendiquer la même autorité sur les dirigeants taïwanais ? Qu’est-ce qui empêche Vladimir Poutine d’invoquer une justification similaire pour enlever le président ukrainien ? ». L’intervention américaine est aussi assez largement critiquée en Europe… C’est ainsi que le Guardian parle de « Poutinisation de la politique étrangère américaine ». « Trump ne se contente pas d’enfreindre les règles », estime le quotidien britannique, « il les bafoue, avec des conséquences qui dépassent largement les frontières du Venezuela ».  Le Venezuela où le journal El Mundo critique, lui aussi, l'intervention américaine. Une critique tout en nuances : « L’enjeu fondamental n’est pas la légitimité de cette opération (…) estime El Mundo, mais ce qu’elle révèle du monde qui se dessine. Un monde où le pouvoir s’exerce sans cadre normatif universel, où les grandes puissances testent les limites d’un système sans arbitre, et où le droit international (…) renonce à l’ambition de devenir le principe organisateur de la politique mondiale ». Brutalité Le quotidien français le Monde complète ainsi cette analyse : « À peine commencée, l’année 2026 promet de redessiner encore plus profondément l’ordre mondial, déjà sérieusement chamboulé depuis le retour aux affaires de Donald Trump en janvier 2025. Avec pour principale boussole, la perspective de gigantesques profits »… En France toujours, le journal en ligne Médiapart n’hésite pas à parler de « coup d’État » et « d’une politique d’ingérence brutale ». Même condamnation du côté de Libération. « Opération spectaculaire, message brutal au reste du monde. La capture de Nicolas Maduro par Washington en ce début d’année assume une diplomatie de la force et des intérêts pétroliers », remarque le quotidien, qui s’interroge : « Le canal de Panama, le Groenland et l’Iran seront-ils "les prochaines cibles" de Donald Trump ? »
« Je m’accroche au moindre espoir, mais je dois m’attendre au pire ». Cette phrase fait aujourd’hui la Une de Libération, et elle a été prononcée par une mère de famille dont « le fils ne fait pas partie des blessés cités par les autorités ». « Mais peut-il officiellement être considéré comme mort ? » interroge le quotidien français qui précise : « les noms des morts sont publiés au compte-goutte », tant l‘identification des victimes est difficile, après l’incendie qui a ravagé un bar de Crans-Montana, en Suisse, la nuit du réveillon. Le Wall Street Journal raconte de son côté, « les recherches des proches dans les hôpitaux », utilisant des photos « d'une époque heureuse », l'une montrant « un couple souriant », une autre « des frères et sœurs se regardant tendrement ». En Italie, la Republica a interrogé Elvira Venturella, une psychologue envoyée sur les lieux du drame « pour soutenir les familles ». « Que dire à un parent qui apprend la mort de son enfant, surtout dans des circonstances aussi dramatiques ? » lui demande la Republica. « Parfois, le silence est préférable », répond la psychologue. « Ces personnes traversent la période la plus difficile de leur vie. La plus dure qui soit. Il n’y a pas de mots de consolation face à de tels évènements tragiques (...) Nous pouvons leur témoigner de l'empathie, de la chaleur humaine, leur faire comprendre que nous sommes là pour eux et les protéger ». Un régime menacé ?  Le mouvement de protestation en Iran dure depuis six jours. « Les Iraniens défient les mollahs », titre le Figaro. Pour le quotidien français, « les revendications politiques et économiques des Iraniens se rejoignent dans un seul but : en finir avec le régime ». Le Figaro a demandé son avis à Nima Avidnia, un opposant en exil, selon lequel, les manifestations qui se déroulent actuellement en Iran, « ne peuvent être considérées comme une simple prolongation des mouvements précédents (…) il ne s’agit plus (dit-il) d’une revendication portant sur la liberté vestimentaire, ou le droit au choix, mais d’un soulèvement contre l’ensemble du système »... Une analyse que partage l’anthropologue française d’origine iranienne Chowra Makaremi, interviewée par le quotidien francophone libanais l’Orient-le Jour et qui se montre ferme : « Nous n’assistons pas à une émeute de la faim », dit-elle, « il s’agit d’une contestation politique, qui vise les choix économiques structurels d’un régime qui œuvre en faveur des industries exportatrices, au détriment des acteurs qui vivent des importations, à l’image des commerçants qui ont appelé à la grève dès dimanche ». De son côté, le quotidien anglophone Tehran Times, revient sur les propos tenus par Donald Trump, le président américain qui a menacé d’intervenir, « si des manifestants pacifiques sont tués ». « Une déclaration provocatrice », qui a suscité « des moqueries » sur les réseaux sociaux, assure le Tehran Times.  Forêts primaires En France, on apprend la disparition d'un botaniste français de renommée internationale. Francis Hallé vient de mourir à l'âge de 87 ans. « Professeur de botanique à Montpellier et à l'université Lovanium de Kinshasa, il était reconnu pour ses travaux sur les forêts tropicales primaires », explique la Croix qui décrit ainsi son parcours : « Alternant coups de gueule, pédagogie et traits d'humour, le botaniste a poursuivi pendant des décennies un ardent plaidoyer en faveur des forêts tropicales primaires, quasiment anéanties par l'homme en un quart de siècle ». Il se décrivait lui-même comme « un médecin devant un malade en phase terminale ». Mais Francis Hallé ne baissait pas les bras pour autant : « sa dernière expédition scientifique remontait à février 2023 », raconte Libération.  « Il avait accompagné un jeune écologue féru de perroquets dans des forêts intactes du Costa Rica, pour lui transmettre son savoir et même grimper aux arbres ». « Son dernier projet », précise le Monde, était « la recréation d'une forêt primaire en Europe de l'Ouest », ce qui nécessiterait « six ou sept siècles ». « L'accomplissement de ce projet », « à côté de son oeuvre scientifique » estime le journal, « pourrait valoir à Francis Hallé une éternelle reconnaissance : celle des arbres eux-mêmes ». 
« Aujourd’hui, la Suisse est triste », annonce Le Temps, reprenant les propos du président de la Confédération, Guy Parmelin. « Quelques heures après le drame qui a coûté la vie à des dizaines de personnes et blessé une centaine d’autres, l’ambiance est lourde dans la station valaisanne. Alors que de nombreuses familles recherchent encore leurs proches portés disparus », explique Le Temps. Le quotidien suisse a interrogé des témoins de l’incendie qui a dévasté un bar, dont Léandre, « un cuisinier de 32 ans, arrivé sur les lieux du drame avant les premiers secours ». « J’ai vu des choses que l’on ne devrait jamais voir », explique-t-il, « j'ai vu des gens brûlés vifs ». À Londres, le Times publie en Une une vidéo de victimes fuyant le feu en passant par les fenêtres. Le journal a rencontré deux Françaises, « Julie et Anne, âgées de 16 ans, qui fêtaient le Nouvel an avec quelque 200 autres jeunes dans le sous-sol du pub Le Constellation, lorsque le drame s’est produit, vers 1h30 du matin ». Julie raconte : « Tout le monde s’amusait quand j’ai vu quelqu’un poser un cierge magique allumé, comme une bougie dans une bouteille de champagne, sur une table haute. Les étincelles ont jailli jusqu’au plafond. En quelques secondes, il était en flammes ». La Republica a elle aussi interrogé un survivant, Gregorio, un jeune homme de 16 ans. « J’ai fui », raconte-t-il, « poursuivi par un nuage de fumée noire. Deux de mes amis sont en soins intensifs, mais je n’ai aucune nouvelle des trois autres ».  L'aide humanitaire remise en cause De nouvelles réactions, après la décision d’Israël, d’interdire d’accès à Gaza 37 ONG internationales... Et comme souvent en Israël, c’est le journal Haaretz, qui monte au créneau, et parle d’un « traitement cruel et amateur, infligé à la population civile de Gaza depuis deux ans ». « À l’instar d’autres régimes obscurs dans le monde, accuse le journal d’opposition, le gouvernement israélien tisse une toile de mensonges et invente des complots autour des organisations internationales, afin de brouiller les pistes et de dissimuler son propre échec ». Et ce n’est pas tout : Haaretz rappelle aussi qu’Israël a « intimidé les organisations et les travailleurs humanitaires, leur a interdit l’entrée sur son territoire et a multiplié les obstacles pour acheminer l’aide, les médecins et le personnel humanitaire à Gaza ». Ce qui n’a pas empêché l’État hébreu de « s’attribuer le mérite de l’aide qui est finalement parvenue à Gaza », poursuit Haaretz, citant un rapport de l’organe de coordination militaire israélien pour les territoires palestiniens. Au Liban, l’Orient-Le Jour s’inquiète lui aussi de l’interdiction visant les ONG internationales. Parmi elles, remarque le quotidien francophone, « figurent de grands acteurs du secteur dont Médecins sans Frontières, le Norwegian Refugee Council, Care, World Vision ou Oxfam ». « Cette mesure, ajoute l’Orient-le Jour, fait craindre de nouveaux ralentissements dans la fourniture d’aide à Gaza, dévastée par deux ans de guerre et dont une majorité des habitants a urgemment besoin de logements, soins et nourriture ».   Élections de mi-mandat Aux États-Unis, le démocrate Zohran Mamdani est officiellement devenu hier le nouveau maire de New York. Le New York Times a assisté à sa prestation de serment et à son premier discours en tant que maire. « Il a promis de diriger sans complexe, à la fois en tant que démocrate de gauche et en tant que maire de tous les New-Yorkais, y compris tous ceux qui ne l’ont pas soutenu ». Pour le New York Times, pas de doute : « Le message véhiculé par le discours est sans équivoque. À New York, la gauche est en pleine ascension. Et pour les dirigeants démocrates du pays qui peinent à redresser la barre, la victoire de Zohran Mamdani et l’enthousiasme qu’elle suscite pourraient bien leur indiquer la voie à suivre ». Un avis partagé par Médiapart. « La victoire de Mamdani donne des ailes aux candidats progressistes », estime le journal en ligne français. « Galvanisée par l’exemple de celui qui est officiellement devenu hier maire de New York, la gauche rêve d’une percée aux élections de mi-mandat prévues en novembre ». 
« Les bijoutiers du bazar de Téhéran et les agents de change ont été parmi les premiers à gronder, relate Le Monde à Paris, baissant le rideau de leurs boutiques pour protester, dès dimanche dernier, dans les rues de la capitale iranienne. La flambée de l’or et l’effondrement soudain du rial, la monnaie nationale, venaient ruiner leur commerce, amplifiant le malaise économique d’un pays miné par des années d’incurie des autorités, de corruption endémique et de sanctions internationales. Comme si une étincelle venait de s’allumer, les manifestants ont été rejoints par les commerçants d’autres parties de la capitale, quittant les uns après les autres leurs étals pour défiler dans les rues. » Pour leur part, poursuit Le Monde, « comme si elles craignaient une contagion qui l’obligerait à une répression de plus grande ampleur, les autorités ont décrété que le 31 décembre serait férié comme le sont déjà les 1er, 2 et 3 janvier 2026. Ces quatre jours non travaillés étoufferont-ils le mouvement naissant ? Pour les experts de l’Iran, ces protestations, trois ans après le mouvement Femme, vie, liberté, ont quelque chose de singulier. Il ne s’agit plus de mater la grogne d’une partie de l’élite. “C’est le cœur battant de l’économie iranienne qui proteste“, observe Azadeh Kian, sociologue franco-iranienne, professeure émérite à l’université Paris Cité. » Rester en marge ? « Voilà que quelque chose se trame, s’exclame le Jerusalem Post. Serait-ce le moment où les masses iraniennes se libéreront enfin du joug de leurs dirigeants oppressifs ? Ou n’est-ce qu’une énième protestation qui finira par s’essouffler, sans laisser de traces ? Il est trop tôt pour le dire et l’Histoire nous met en garde contre tout triomphe prématuré. » En tout cas, poursuit le quotidien israélien, « une question cruciale se pose : comment l’Occident et Israël peuvent-ils soutenir les manifestants sans donner involontairement au régime des arguments, en les présentant comme des instruments étrangers ? L’Occident est confronté à un paradoxe : s’il apporte son soutien, le régime s’en servira pour délégitimer les manifestants ; mais s’il ne le fait pas, les manifestants se sentiront abandonnés. » Et dans le même temps, pointe encore le Jerusalem Post, « Israël est confronté à un dilemme crucial. Elle aspire à un autre régime en Iran, un régime qui cesse d’exporter violence et chaos dans toute la région. Mais si l’influence israélienne se fait sentir dans les manifestations, la propagande du régime n’en sera que plus facile. » Ou bien soutenir le mouvement ? Pour le Wall Street Journal, « rien n’indique encore que le régime iranien est menacé d’un effondrement immédiat. » Mais les manifestations de ces derniers jours « offrent aux États-Unis l’occasion de manifester leur soutien au peuple iranien. En 2009, Barack Obama avait commis l’erreur de garder le silence face à la répression des manifestants par le régime, car il souhaitait un accord nucléaire avec l'ayatollah. Donald Trump pourrait être tenté par la même illusion. » « Les Iraniens qui risquent leur vie méritent (donc) un soutien concret, insiste le Wall Street Journal. Cela peut impliquer le rétablissement de l’accès à Internet lorsque le régime le coupe, la dénonciation des responsables de la répression du régime, et bien plus encore. Donald Trump peut également mettre en œuvre la loi Mahsa Amini, adoptée en 2024, afin de garantir que les responsables de violations des droits de l’homme rendent des comptes. Enfin, le plus important est de maintenir la pression économique sur le régime iranien », pointe encore le quotidien financier américain. Avec l’application à 100% des sanctions pétrolières. En effet, « l’ayatollah Khamenei a absolument besoin des revenus du pétrole pour s’assurer de la loyauté de ses commandants militaires (…). Si ces revenus venaient à manquer, l’armée pourrait changer de camp. » De possibles négociations ? En tout cas, conclut Die Welt à Berlin, « le choix qui se présente à Téhéran est clair. L’Iran peut devenir un État souverain doté d’un avenir viable, intégré à l’économie mondiale. Ou bien, il peut rester un régime révolutionnaire en proie à une confrontation permanente avec la réalité. Ce qu’il ne peut se permettre, c’est de rester à la fois ambitieux et intouchable. » Car, poursuit le quotidien allemand, « Israël ne vivra pas indéfiniment sous une menace existentielle. Les dirigeants iraniens le savent. C’est précisément pour cette raison que des négociations restent possibles et qu’elles peuvent encore aboutir. L’histoire n’accorde pas de temps illimité aux régimes. Elle leur offre des moments décisifs. Celui-ci en est un. »
Le président américain aura tenu la vedette tout au long de cette année 2025 : présent sur tous les fronts, économiques, politiques, diplomatiques, avec des méthodes pour le moins directes, pour ne pas dire brutales, occupant quasiment tous les jours le devant de la scène médiatique, et plongeant les journalistes dans un abîme de perplexité avec cette double question permanente : comment parler de Trump et comment ne pas en parler ? « Pourquoi Trump s’en tire-t-il à si bon compte ? » Question posée par le New York Times. En effet, s’interroge le journal, « comment Trump peut-il s’en tirer en faisant, de manière répétée, des choses qui auraient été désastreuses pour les présidents précédents, républicains comme démocrates ? Ni les administrations républicaines de Ronald Reagan, de George Bush père et George Bush fils, ni les administrations démocrates de Bill Clinton et Barack Obama n’auraient survécu si elles et leurs familles avaient lancé (par exemple) une entreprise de plusieurs milliards de dollars soutenue par des intérêts étrangers, semblable aux opérations de cryptomonnaie de la Trump Organization, ou encore si elles avaient accordé grâces sur grâces à des trafiquants de drogue, des donateurs de campagne et des soutiens politiques. » Aucune culpabilité, aucun remords… « Pourquoi Trump s’en tire-t-il à si bon compte ? » Le New York Times avance plusieurs réponses : d’abord, « l’absence totale de culpabilité. Trump ignore superbement le respect des normes démocratiques. Dans la plupart des cas, il ne présente aucun remords. » Ensuite il y a « la fragilité structurelle des États-Unis : la démocratie américaine et la Constitution ne sont pas équipées pour faire face de manière efficace et opportune à un président qui bafoue la loi de façon agressive et délibérée. » Enfin le New York Times évoque « un parti républicain soumis » et « une opposition démocrate affaiblie ». Autoritarisme et brutalité En corollaire, complète Libération à Paris, il y a la « brutalité de Trump » qu’il « impose au monde » : « de toute évidence, l’autoritarisme est chez Trump une nature profonde, pointe le journal. On l’a vu dans sa gestion des tarifs douaniers ; à l’occasion de sa tentative de mainmise sur le Groenland. Dans la négociation entre Russes, Ukrainiens, Européens et Américains, c’est Trump qui passe les plats. Et on se souvient de son algarade dans le bureau ovale avec Volodymyr Zelensky, qui a depuis appris à composer avec Trump. Cet autoritarisme-là se répète sur un plan diplomatique avec une particularité, relève encore Libération : tout accord doit rapporter financièrement à la famille Trump. Depuis son élection, le conglomérat familial aurait gagné 4 milliards de dollars. (…) Dans le cas des négociations sur l’Ukraine par exemple, que cherche à arracher dans l’accord final le clan Trump ? Il y a des chances pour que la rémunération cadeau passe par les cryptomonnaies… » Que nous promet 2026 ? En cette fin d’année, le Washington Post s’essaie au jeu des pronostics pour l’année prochaine, avec un quiz. Quelques questions, et il faut tenter de trouver la bonne réponse. Et les bonnes réponses ne sont parfois pas très joyeuses. Exemple : « la plus grande surprise de la guerre en Ukraine en 2026 sera… un conflit plus large. » Autre exemple : « l’évolution la plus surprenante en matière de technologie des armes en 2026 sera… la préparation du champ de bataille américano-chinois en vue d'une guerre spatiale, avec des satellites survolant les adversaires pour y insérer secrètement des logiciels malveillants par laser ou micro-ondes. » « Le favori des primaires démocrates pour la présidentielle de 2028 sera… Post Josh Shapiro », le gouverneur de la Pennsylvanie. Enfin, pour en revenir à Trump, le quotidien américain ironise : « de nombreuses opportunités de promotion s’offrent à notre président en 2026, il pourrait donner son nom à un des cinq Grands Lacs et se réserver un emplacement de choix sur le Mont Rushmore. » Toutefois, conclut le Post, « comme le disait le regretté et brillant chroniqueur du New York Times, William Safire : “aucune fleur ne peut à elle seule symboliser cette nation. L’Amérique est un bouquet“. »
C’est la cinquième rencontre aux États-Unis entre les deux hommes depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, il y a près d’un an. Le président américain a donc reçu lundi 29 décembre le Premier ministre israélien dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride. Sans surprise, ils ont présenté un « front uni », pour reprendre la formule du Wall Street Journal. « Un front uni » pour ce qui concerne l’Iran et Gaza : « Interrogé sur le passage à la deuxième phase de son plan de paix pour Gaza – avec une nouvelle gouvernance, la sécurité et la reconstruction –, Donald Trump a répondu : “aussi vite que possible, mais il faut un désarmement. Il faut désarmer le Hamas“, relate le journal,. (…) Et lorsqu’un journaliste a suggéré qu’Israël bloquait le plan de paix, Donald Trump a nié. “Non, ils ont respecté le plan“, a-t-il dit, contrairement au Hamas. » Impatiences Toutefois, malgré l’entente cordiale affichée par les deux dirigeants, l’administration américaine commence à trouver le temps long. C’est ce que rapporte Libération à Paris. « Le cessez-le-feu à Gaza, prévu par le plan de paix supervisé par Donald Trump, est entré en vigueur en octobre, rappelle le journal. Bien que des bombardements israéliens continuent de pleuvoir sur l’enclave palestinienne, et que le retrait de l’armée israélienne ne respecte pas les termes du contrat, c’est surtout le difficile passage à la seconde phase du plan états-unien qui inquiète Washington. L’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, et le gendre du président, Jared Kushner, ont pour cela reçu des représentants du Qatar, de l’Égypte et de la Turquie, médiateurs dans ce conflit, en décembre à Miami, appelant à accélérer la cadence pour lancer cette nouvelle étape. (…) D’après le média américain Axios, citant des responsables de la Maison Blanche, rapporte encore Libération, l’administration Trump veut annoncer le plus rapidement possible un gouvernement de technocrates palestiniens - l’autorité de transition prévue pour Gaza. Le site internet souligne que de hauts responsables américains sont "de plus en plus frustrés par les mesures de Benyamin Netanyahu qui sapent le fragile cessez-le-feu et le processus de paix". » D’ailleurs, soupire Haaretz à Tel-Aviv, « Netanyahu va encore et encore retarder les choses. Si Trump souhaite véritablement la paix, il doit le contraindre à passer à la deuxième phase de l’accord et sanctionner toute tentative de retarder, de faire traîner les choses ou de gagner du temps. De telles tactiques ne profitent qu’à Netanyahu et à son gouvernement. » Encore et toujours des morts à Gaza En attendant, dans les colonnes du Guardian à Londres, l’écrivaine palestinienne Aya al-Hattab fait part de toute son amertume : « Nous vivons désormais sous un cessez-le-feu, du moins c’est ce que les États-Unis et le reste du monde nous répètent. Mais à Gaza, nous ne l’avons absolument pas ressenti. Il a été annoncé le 10 octobre, au milieu de grandes célébrations à Charm el-Cheikh. Depuis, les forces israéliennes ont tué plus de 360 ​​Palestiniens, dont environ 70 enfants, à Gaza. À cause des explosions que j’entends sans cesse, j’ai toujours peur de sortir de chez moi, affirme encore Aya al-Hattab. Nous sommes pris au piège dans un labyrinthe d’attente sans fin : l’attente que les souffrances cessent, que nos vies recommencent et, surtout, que la mort s’arrête. » Des violences sexuelles commises sur les otages israéliens Enfin, ce témoignage, qui a bouleversé les Israéliens, celui de Romi Gonen, otage du Hamas durant 471 jours. Dans une émission de télévision la semaine dernière, la jeune femme de 23 ans a abordé elle-même, en direct, une question que personne n’avait osé lui poser jusqu’à présent, relate Haaretz : « La question qui vient à l’esprit de tout le monde, a-t-elle dit, est : avez-vous été harcelée (sexuellement) ? Je pense que personne ne pose cette question, principalement parce que personne ne veut entendre la réponse. » Et bien, la réponse, Romi Gonen l’a donnée : oui, elle a été agressée sexuellement à plusieurs reprises pendant sa captivité, sous la contrainte et même sous la menace d’une arme. Elle n’est pas la seule, rapporte le Jerusalem Post. Plusieurs autres otages, des femmes, mais aussi des hommes, ont subi des violences sexuelles de la part de leurs geôliers. Les témoignages se multiplient et « face à cela, pointe le quotidien israélien, le déni du Hamas – selon lequel aucune violence sexuelle n’a eu lieu – s’effondre. Israël et la communauté internationale doivent reconnaître les violences sexuelles commises par le Hamas comme crimes de guerre et crimes contre l’humanité », conclut le Jerusalem Post.
La même chevelure blonde et les mêmes traits de beauté s'affichent dans les médias du monde entier, mais avec des nuances différentes, pour tenter de retracer la vie de l'actrice française, décédée ce dimanche 28 décembre, à l'âge de 91 ans. Sa biographe, citée par The Times, prévient pourtant : « Toute tentative de catégoriser Bardot est vaine. Bardot est Bardot, elle est indéfinissable. » Mais le quotidien britannique s'y essaie tout de même et choisit ces adjectifs, qui reviennent partout : « indomptable », « dangereuse et libre », « ni vamp ni femme fatale ». En bref, pour The Times et pour bien d'autres médias étrangers, « elle incarnait l'esprit français ». « Icône » controversée « Une nouvelle France, une France en mutation », ajoute le New York Times, pourtant bien plus incisif vis-à-vis de la star, retraçant sa carrière, « de sex-symbol à figure de l'extrême droite ». « Bardot ne faisait pas l'unanimité, rappelle d'ailleurs le quotidien américain. On pourrait même dire qu'elle fut l'une des premières stars controversées de l'ère moderne. » En France, justement, Libération insiste sur les multiples visages de Brigitte Bardot : une « idole lumineuse révolutionnaire, l'amie des bêtes révoltée et la révoltante furie d'extrême droite ». « Son aura singulière a persisté presque à proportion de sa véhémence à ruiner l'impressionnant capital mythologique qu'elle avait emmagasiné » au cours de sa carrière, cingle Libération en citant, entre autres, les propos polémiques homophobes et racistes de cette « icône à trois faces ». « Sans cette étiquette d'“icône”, le tweet tombe à plat », raille l'Allemand Süddeutsche Zeitung, qui se moque de toutes les personnalités politiques qui rendent hommage à l'actrice. « Icône française, icône du siècle, icône du cinéma – la répétition ne rend pas ce terme, pourtant peu inspiré, plus pertinent », s'agace le quotidien allemand, qui rappelle encore la proximité de Brigitte Bardot avec l'extrême droite française, et qui s'interroge : « Comment reconnaître le rôle artistique et social d'une telle femme sans ignorer son engagement auprès des ennemis de la liberté ? Comment concilier son dévouement admirable à la cause animale avec son soutien politique à un parti dont le programme envisage une catastrophe écologique et la destruction des habitats naturels ? » Quelle suite pour le conflit russo-ukrainien en 2026 ? La presse allemande revient aussi largement sur un tout autre sujet : la rencontre entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky en Floride. Le ton optimiste du président américain malgré les obstacles qui persistent pour parvenir à un accord de paix entre l'Ukraine et la Russie. En attendant de nouvelles avancées, Die Welt imagine les scénarios possibles pour ce conflit en 2026. Et dans le scénario de référence, « la poursuite des gains territoriaux russes est probable », selon le média allemand. Même si « les troupes de Moscou pourraient progresser lentement, par à-coups et au prix de lourdes pertes », elles pourraient, d'ici l'automne prochain, « s'emparer de villes stratégiques de la ligne de front ». Dans un scénario encore plus favorable à la Russie, Vladimir Poutine pourrait même, d'ici la fin d'année prochaine, être sur le point de contrôler la majeure partie du Donbass, et les chances de Kiev d'échapper à une paix imposée se réduiraient donc considérablement. Benyamin Netanyahu rencontre Donald Trump en Floride En attendant de connaître l'évolution de cette guerre, Donald Trump veut consolider un autre cessez-le-feu, dans la bande de Gaza. Il reçoit ce lundi, en Floride, le Premier ministre israélien. « Note à Donald Trump : Benyamin Netanyahu va encore et encore retarder les choses, prévient Haaretz, journal israélien de centre gauche, critique du gouvernement. Toute mesure susceptible de menacer la stabilité de la coalition de Benjamin Netanyahou se heurtera à une intransigeance, sinon ouverte et directe, du moins voilée et manipulatrice. » « Tout le monde sait comment il gouverne, confirme le New York Times. Il retarde les décisions. Il garde toutes les options ouvertes le plus longtemps possible et en crée de nouvelles dès qu'il le peut. Mais les événements s'enchaînent de telle sorte qu'ils pourraient mettre à l'épreuve sa capacité à prendre des décisions difficiles et à les façonner à son avantage, observe le journal américain. Le procès pénal de Benyamin Netanyahou pour corruption et fraude suit son cours, les tensions s'accentuent avec la Maison Blanche concernant les actions d'Israël en Syrie et au Liban et les sondages indiquent que Netanyahu se dirige vers une défaite aux élections de l'année prochaine. La pression sur lui s'accentue de toutes parts », résume le New York Times.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky doit rencontrer dimanche 28 décembre Donald Trump en Floride, au moment où Washington continue de faire pression pour un éventuel accord de paix entre Kiev et Moscou. « Beaucoup de choses peuvent être décidées avant le Nouvel An », a écrit sur X le président ukrainien. Selon Volodymyr Zelensky, le plan de paix de Washington, proposé en 20 points, est « prêt à 90 % ». Le journal britannique The Guardian revient sur cette déclaration : « Ce plan est considéré comme la version actualisée du document (...) conclu il y a plusieurs semaines entre les envoyés américains et les responsables russes, une proposition largement perçue comme étant trop favorable aux exigences du Kremlin. » Depuis, Kiev insiste pour obtenir des garanties de sécurité inspirées de l'article 5 du traité de l'Otan sur la défense mutuelle, même s'il reste incertain que Moscou accepte de telles conditions. « Une liste de caprices de Kiev » : la Russie compte snober le plan de paix présenté par Volodymyr Zelensky », titre le quotidien suisse Le Temps qui souligne que de l’aveu même du président ukrainien, la question territoriale et le sort de la centrale nucléaire de Zaporijjia restent aussi deux écueils de taille. Volodymyr Zelensky « n'a rien tant que je ne donne pas mon accord », a déclaré de son côté Donald Trump, vendredi 26 décembre. De quoi s'interroger sur le futur de ce plan pour l'Ukraine et son aboutissement. D’autant plus qu’une garantie sur cet article 5 « peut être plus dangereuse qu'il n'y paraît », peut-on lire dans les colonnes Opinion du Washington Post. La promesse de Donald Trump en matière de sécurité à l'Ukraine pourrait entraîner une guerre avec la Russie, selon deux chercheurs, dont la directrice de l'analyse militaire chez Defense Priorities. « Bien que certains détails restent flous, l'invocation de l'article 5 du traité de Washington (...) laisse entendre que les États-Unis considéreraient toute future attaque russe contre l'Ukraine comme une attaque contre eux-mêmes et [qu'ils] réagiraient en conséquence. » Ce qui prend en compte « un possible déploiement direct de forces militaires américaines. » Ainsi, « ceux qui se réjouissent de ce revirement de situation devraient s'abstenir de trinquer au champagne. Le plan qui se dessine présente un problème : il promet trop. » Parmi les raisons invoquées, la principale, c'est que si la dissuasion échouait, Washington subirait d'importantes pressions politiques pour envoyer des soldats au front. Dès lors, les États-Unis seraient en guerre contre la Russie, une issue qui pourrait mener à une escalade nucléaire. Israël devient le premier pays à reconnaître l'indépendance du Somaliland « Israël a secoué la Corne de l'Afrique vendredi en reconnaissant officiellement le Somaliland comme un Etat indépendant », souligne The Nation au Kenya. Reconnaître la revendication de souveraineté du Somaliland, qui dure depuis trois décennies, risque de « raviver les tensions diplomatiques avec la Somalie », peut-on lire.  ar ailleurs, «  le président américain aurait soutenu la demande d'Israël, d'autant plus que le Somaliland reconnaîtrait Israël en retour ». Selon The Nation, ce qui ressort notamment, c'est l'« incapacité de la Somalie à promouvoir son unité sur la scène internationale ». Pour rappel, le Somaliland a fusionné volontairement avec le sud de la Somalie, pour former la République somalienne au moment de l'indépendance. Mais lors d'une guerre civile, le Somaliland a proclamé unilatéralement en 1991 sa propre indépendance. Cette décision marque un « jour historique » selon les mots du président somalilandais. « Le Somaliland n’était jusque-là officiellement reconnu que par Taïwan – qui, lui non plus, ne bénéficie pas du statut d’Etat souverain », analyse Le Monde Afrique.  De son côté, la Somalie dénonce une attaque délibérée contre sa souveraineté. Mais « pour Israël, explique Le Monde Afrique, cette nouvelle relation bilatérale pourrait également ouvrir la voie au déplacement des populations palestiniennes, vers le pays africain, alors que l’objectif d’un Gaza sous contrôle israélien est de plus en plus assumé par l’administration Nétanyahou ». Interrogée par le journal, la directrice de l’Institut des relations Israël-Afrique, basée à Tel-Aviv, estime qu'il s’agit aussi de protéger le corridor stratégique de la mer Rouge avec des pays côtiers. Depuis le retour de Trump à la Maison Blanche, des républicains souhaitent également la reconnaissance du territoire somalien « afin de pouvoir installer une base militaire dans le port de Berbera ». Certains pays n'ont pas attendu pour réagir : l’Égypte, la Turquie, et Djibouti ont condamné cette reconnaissance. Une position également partagée par les pays du Golfe, et l’Union africaine.
Cette nuit, Donald Trump a annoncé des frappes américaines contre des terroristes au Nigéria. Des frappes meurtrières, et plus précisément contre le groupe État islamique dans le nord-ouest du pays, dans l'État de Sokoto. Le gouvernement nigérian a approuvé les frappes et collaboré avec les États-Unis pour les mener à bien. De son côté, le président américain « a promis de nouvelles attaques », relate le journal nigérian, The Guardian qui ne mentionne pas directement le message de Donald Trump publié sur son réseau social où le président s'exprime « à la Trump : Que Dieu bénisse nos militaires et joyeux Noël à tous, y compris aux terroristes morts, dont le nombre ne cessera de croître si leurs massacres de chrétiens se poursuivent. »  « Ces assauts marquent la première intervention militaire américaine dans le pays le plus peuplé d’Afrique sous Donald Trump », explique Le Monde. Cette attaque survient alors que le mois dernier Donald Trump a ordonné au ministère de la Défense de se préparer « à une intervention militaire au Nigeria ». Le New York Times revient sur ces menaces qui ont été mises à exécution. Le 1ᵉʳ novembre, le président a annoncé que si le gouvernement nigérian continuait à « permettre le meurtre de chrétiens, les États-Unis cesseraient immédiatement toute aide au Nigeria et pourraient très bien intervenir dans ce pays déshonoré, armes à la main ». « La menace d'intervention militaire proférée par Trump constituait une escalade considérable », commente le journal américain. Tension entre les deux pays Dans les jours qui ont suivi les menaces, plusieurs alliés politiques avaient formulé des accusations similaires comme le sénateur Ted Cruz, au Texas, qui a accusé le Nigeria de « faciliter le massacre » de chrétiens. Des accusations, qui ont déjà été dénoncées par le Nigeria et qui avaient tendu les relations entre les deux pays. Dans un message adressé hier au Washington Post, Daniel Bwala, conseiller du président nigérian, a à nouveau expliqué que son gouvernement « considérait l'accent répété sur les meurtres de chrétiens comme inutile, car premièrement les terroristes ne ciblent aucune religion en particulier et, deuxièmement, la rhétorique en ce sens ne fera qu'alimenter le désir des terroristes de créer une crise encore plus large. » Le quotidien suisse Le Temps rappelle que le Nigeria est divisé de manière à peu près égale entre le sud à majorité chrétienne et le nord à majorité musulmane. « Il est le théâtre de nombreux conflits qui tuent aussi bien des chrétiens que des musulmans, souvent sans distinction. » Interrogée par le Washington Post, une ancienne conseillère du département d'État a qualifié les frappes américaines de « réaction excessive et inefficace ». Selon elle, « il existe très peu de preuves que les frappes aériennes ciblées réduisent l’activité des groupes armés ». La première année de Donald Trump à la Maison Blanche a été marquée « par de nombreuses interventions militaires à l'étranger, avec des frappes au Yémen, en Iran, en Syrie et ailleurs, et par un important renforcement militaire dans les Caraïbes visant le Venezuela », rappelle le quotidien britannique The Guardian. À lire aussiLes États-Unis ont mené des frappes au Nigeria contre le groupe État islamique, dit Donald Trump Le Venezuela libère au moins 99 prisonniers politiques Caracas a libéré jeudi au moins 99 prisonniers politiques, dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis. Les prisonniers libérés étaient incarcérés depuis les élections présidentielles de 2024, précise le journal espagnol El Pais. « C'est la plus importante libération de prisonniers politiques ordonnée par le régime de Nicolás Maduro depuis plusieurs mois. La dernière mesure de clémence accordée à des militants de l'opposition remonte au 13 août ». La plupart des personnes avaient été arrêtées pour avoir participé aux manifestations en août 2024, suite aux élections présidentielles « où Maduro s'est proclamé vainqueur, et où l'opposition et les organisations internationales ont dénoncé des fraudes, déclarant Edmundo González vainqueur ». Ce dernier vit désormais en exil en Espagne, et la principale figure de l'opposition vénézuélienne, María Corina Machado, a récemment reçu le prix Nobel de la paix 2025 à Oslo, en Norvège. Dans le journal vénézuélien El Nacional, les noms d'une trentaine de citoyens libérés ont été publiés. « Le Comité pour la liberté des prisonniers politiques a souligné que "chaque nom libéré de ces centres de détention injustes représente « une victoire pour la vérité et l'espoir" ». Le gouvernement Maduro, quant à lui, assure que le pays est « exempt de prisonniers politiques » et que ceux qui sont qualifiés de tels sont emprisonnés pour avoir commis des « crimes odieux ». À lire aussiVenezuela: libération de 99 personnes arrêtées après la présidentielle de 2024
Après beaucoup d'attente, le résultat est donc connu: le conservateur Nasry Asfura a remporté 40,3% des suffrages, contre 39,5% pour son rival libéral Salvador Nasralla, selon la commission électorale nationale (CNE) du Honduras, ce 24 décembre 2025. Cette proclamation de victoire intervient 24 jours après les élections du 30 novembre, en cause, rappelle le journal El Heraldo : « des retards et un recomptage spécial qui a duré plusieurs jours. » Alors que Reporters sans Frontières estime que la presse hondurienne connaît une lente descente aux enfers depuis le coup d'État de 2009, créant un climat de peur et d'autocensure au sein des médias, le journal espagnol, El Pais, s'intéresse aux critiques et à la défiance dans l'opposition : « L'annonce du vainqueur a été marquée par des accusations et des dénonciations de la part des membres de la commission électorale, composée de représentants des trois partis politiques en lice : le parti Libre au pouvoir, le Parti national et le Parti libéral », peut-on lire. « Je me rends au parquet pour porter plainte contre la fraude électorale en cours », a dénoncé sur les réseaux sociaux Marlon Ochoa, membre du Parti Libre. La presse dresse aussi le portrait du nouveau président Asfura. El Heraldo, commente : « À 67 ans, cet homme d'affaires et ancien maire de Tegucigalpa se présente comme une figure de contrastes : ses partisans le voient comme un leader infatigable qui préfère les bottes de travail et une chemise bleu clair au costume formel, tandis que ses détracteurs le perçoivent comme un homme politique reclus qui évite les débats de fond sur les problèmes structurels du pays ».  La Prensa, recontextualise cette victoire : « Nasry Asfura, connu parmi ses partisans sous le nom de "Papi a la orden", est parvenu, lors de cette seconde tentative, à accéder à la présidence de la République sous la bannière du Parti national conservateur. [Parti qui] cherche à revenir au pouvoir après une période de déclin politique entre 2010 et 2022, marquée par des accusations de corruption et de trafic de drogue contre d'anciens responsables ». À lire aussiPrésidentielle au Honduras: face à un retard «intentionnel» dans l’annonce des résultats, la population s’indigne Derrière l'annonce de cette victoire, l'ombre de Donald Trump « Les États-Unis félicitent Asfura, soutenu par Trump, pour sa victoire au Honduras », titre le journal argentin La Nacion aujourd'hui. Il mentionne au passage la réaction du président d'Argentine, Javier Milei qui en profite pour attaquer la gauche : C'est « une défaite retentissante pour le narco-socialisme ». El Universo, quotidien équatorien, rappelle qu'Asfura, « le magnat du BTP, a remporté la présidence à sa deuxième tentative, cette fois avec le soutien de Trump qui, à l'approche du scrutin (...), a menacé de couper l'aide à l'un des pays les plus pauvres d'Amérique latine s'il ne votait pas pour son candidat. La présidente [sortante progressiste] Castro a (même) accusé Trump d'ingérence électorale. » Il faut dire que le président américain Donald Trump a publiquement exprimé son soutien à Asfura, trois jours avant l'élection. C’était via son réseau social, Truth Social, mentionnant au passage le président Vénézuélien : « la démocratie est mise à l'épreuve lors des prochaines élections dans le magnifique pays du Honduras, le 30 novembre. Maduro et ses narcoterroristes vont-ils s'emparer d'un autre pays comme ils l'ont fait avec Cuba, le Nicaragua et le Venezuela ? » À lire aussiPrésidentielle au Honduras: le conservateur Nasry Asfura, soutenu par Donald Trump, déclaré vainqueur La presse américaine commente le résultat Le Washington Post mentionne à son tour le chaos de ces élections et souligne que les propos de « Trump ont également suscité des accusations d'ingérence électorale de la part de candidats et de personnalités politiques de tous bords ». Pour la directrice du bureau Amérique de l'ONG Human Rights Watch, interrogée par le Washington Post : « il ne fait aucun doute que le moment choisi pour les déclarations de Trump était délibéré (...). L’effet immédiat était prévisible : il a probablement renforcé la position d’Asfura dans la dernière ligne droite de la campagne ». Dans le New York Times, la déclaration du secrétaire d'État américain est reprise dans les colonnes du journal. Les États-Unis n'ont pas tardé à saluer la victoire « claire » et « incontestable » du conservateur Asfura, appelant toutes les parties « à respecter les résultats ». Des observateurs étrangers avaient afflué au Honduras pour l'élection, qui, d'après eux, a démenti prédictions d'ingérence malgré les accusations lancées de part et d'autre. Un observateur électoral confie toutefois au journal américain : « De sérieux doutes subsistent quant à l'intégrité du scrutin en raison de l'écart extrêmement faible et de la profonde méfiance du public envers le processus électoral. Cela aura un impact sur la crédibilité du gouvernement ». Le candidat Nasralla a dénoncé un « vol » de l'élection. Rixi Moncada, reléguée à la troisième place, parle pour sa part d'une « falsification » du résultat et de l' « ingérence » du président américain dans le scrutin.
« De Bethléem à Gaza, un Noël assombri par une dure réalité », titre le quotidien israélien Haaretz, de centre gauche et favorable à l'existence d'un État palestinien. Dans un long reportage, les témoignages sont multiples. On y fait la connaissance d'Ali. « Issu d'une famille musulmane, il raconte que Noël a toujours fait partie intégrante de la vie (...). Enfant, c'était avant tout un moment de partage. On ne pensait pas autant à la politique à l'époque », partage-t-il. « Dans le café de Ramallah où il travaille, la fréquentation reste faible, malgré la fin de la guerre », peut-on lire. « La tension et la peur sont toujours présentes. C'est comme si la guerre était finie aux informations, mais pas pour nous », explique Ali. Il précise alors : « On célèbre Noël parce qu'on ne veut pas donner raison [au gouvernement israélien] – si on arrête de fêter Noël, que nous restera-t-il ? » Un Noël timide en ce cessez-le-feu De son côté, le Jérusalem Post, qui défend une ligne proche de la droite conservatrice, commente un sondage : « Un juif israélien sur quatre célèbre ou envisage de célébrer Noël... ».  Le journal estime que « les retours de Noël à Nazareth ont attiré les visiteurs vers les marchés et les défilés » et que « l’éclairage des arbres de Bethléem [qui] a repris après deux saisons tamisées » signale « un rebond régional plus large ». Moins d'enthousiasme dans Hareetz : « Noël à Nazareth ? Annulé », « Jérusalem joyeuse et sainte ? Pas tout à fait. » « Cette année, les célébrations de Noël à Jérusalem se déroulent dans un contexte que les responsables palestiniens décrivent comme une réalité de plus en plus suffocante de restrictions, de fermetures et de pressions politiques », peut-on lire. Quant à Gaza : « Noël s'est déroulé dans le calme à l'intérieur de l'église de la Sainte-Famille, unique église catholique de la bande de Gaza, où la foi persiste malgré la destruction généralisée. » « Le cessez-le-feu décrété par Trump à Gaza n'est qu'une mise en scène masquant la volonté d'Israël de prolonger la guerre », peut-on également lire dans les colonnes opinion du journal Haaretz. « Les médias israéliens présentent de plus en plus une rupture croissante entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre, Benjamin Netanyahu au sujet des conséquences de la crise à Gaza. » Sauf que « « le désaccord ne porte pas sur l'avenir de Gaza, mais sur la rapidité et la visibilité avec lesquelles les objectifs d'Israël devraient être consolidés », commente le journal. Des rennes finlandais victimes de la guerre en Ukraine ? Et, en cette veille de Noël, la presse parle aussi des rennes. Pas ceux du père Noël, mais de la Finlande, qui seraient des victimes collatérales de la guerre en Ukraine. Courrier International analyse la publication d'un reportage de la chaîne américaine CNN qui pose cette question : « Les loups de Russie seraient-ils responsables ? » Les données de l'Institut finlandais des ressources naturelles confirment une augmentation spectaculaire de la population de loups en Finlande ces dernières années. « L'Association des éleveurs de rennes de Finlande (...) indique qu'environ 1 950 rennes ont été tués par des loups rien que cette année, soit une augmentation de près de 70% par rapport à l'année dernière. » L'hypothèse avancée « est que les rennes finlandais sont tués en grand nombre par des loups russes franchissant la frontière de plus de 1 300 kilomètres qui sépare les deux pays ». Et la théorie la plus répandue parmi les scientifiques finlandais et les éleveurs, c'est « le recrutement massif et la mobilisation partielle d'hommes valides – y compris des chasseurs – [côté russe] pour l'effort de guerre en Ukraine ». De quoi faire écho à une « hostilité généralisée envers la Russie chez les Finlandais, qui se préparent à une éventuelle guerre avec leur voisin depuis plusieurs dizaines d’années », rappelle Courrier International.
Et, quoi qu'en disent les diplomates, il n'y a de toute façon rien à en attendre selon le Guardian : « Ne vous méprenez pas, l’effusion de sang ne cessera pas tant que [Vladimir Poutine] croira qu’il peut encore gagner », martèle le titre. Or, cette croyance perdure. Sur le terrain, la position russe reste pourtant précaire, juge le Washington Post : les gains du Kremlin ont pour contrepartie « un coût humain et matériel colossal » ainsi qu’un « prix économique immense ». « Ce n’est pas par goût que Vladimir Poutine fait tirer en longueur le conflit, analyse donc le journal. C’est parce qu’il n’est pas en mesure d’obtenir une victoire décisive. » Mais, c’est précisément sur la durée que Vladimir Poutine base sa stratégie : « il espère, pointe le Post, que cette usure lente et pénible divisera l’Occident. » Et, c'est pour cette raison précise, poursuit le Guardian, que le président russe « courtise Donald Trump et approfondit le fossé entre les États-Unis et l’Europe. » Des raisons d'espérer  C’est ce que pense en tout cas le Guardian qui en veut pour preuve que les 27 ont su s’accorder à « réunir l’argent pour s’assurer que l’Ukraine ne s’effondrerait pas. » Or cette décision « montre la volonté européenne d’être indépendante dans cette guerre, quitte à mettre de la distance avec les États-Unis. »  C’est aussi ce qui donne des raisons d’espérer au Kyiv Independent. Dans un long article sur les perspectives ukrainiennes pour 2026, le quotidien aperçoit « quelques lueurs d'espoir » malgré « un horizon sinistre.» À commencer par les élections législatives en Hongrie en avril, à l’occasion desquelles, juge le titre, « le Premier ministre Viktor Orban, le plus proche allié européen du Kremlin, risque fort de perdre. » Si c’était le cas, cela serait une pression de moins sur la cohésion ukrainienne, « émoussée par la montée des forces populistes. » Bref, pour le Kyiv Independent, « tous les yeux sont tournés vers l’Europe », dont le maître mot devra être l’unité. À lire aussiGuerre en Ukraine: poursuite des pourparlers à Miami, malgré l’incertitude sur une réunion russo-ukrainienne Le camp républicain divisé aux États-Unis Cadres du parti, podcasteurs, personnalités publiques, tout un petit monde s’est réuni ce weekend pour l’America Fest, congrès que le Washington Post qualifie tout bonnement de « conférence de clowns », un genre de « compétition de catch entre podcasteurs. » Sauf que les coups ne sont pas tombés sur les libéraux, les démocrates ou ceux que les trumpistes nomment les « woke ». Non, cette fois, raconte le Figaro, « les intervenants se sont déchirés le long de nouvelles lignes de fractures » qui ont révélé leurs divisions, notamment « la question de la place à accorder à un courant nativiste et suprémaciste flirtant de plus en plus ouvertement avec l’antisémitisme (…) ainsi que celle des limites à apporter aux théories complotistes » étalées « dans une surenchère permanente. » À lire aussiÉtats-Unis: les divisions du camp pro-Trump éclatent au grand jour lors de l’AmericaFest J.D. Vance se veut au-dessus de la mêlée  Le vice-président, qui est, croit comprendre le Monde, parti en croisade pour les prochaines primaires républicaines. J.D. Vance a réussi, juge le quotidien, « une forme de prouesse rhétorique en s’inscrivant avec loyauté dans le sillage de Donald Trump, tout en donnant au mouvement un contenu idéologique jamais formulé aussi intensément ». Au programme : « christianisme de combat », nationalisme, et vengeance sur une prétendue mise au ban de sa communauté, J.D. Vance claironnant à son public : « Vous n’avez plus à vous excuser d’être blanc. »  En réalité, tout cela ne suffira peut-être pas. Le parti, dont le fils prodigue de Donald Trump est censé hériter, se craquelle de toute part « et il n'empêche pas les fissures d’apparaître en premier lieu », dénonce le Boston Globe. Quant à sa complicité avec le président américain, qui lui a offert une ascension fulgurante, elle pourrait aussi causer sa chute : « Si Trump tire le parti vers le bas, interroge le journal, qu’est-ce que cela implique pour un candidat défini par sa proximité avec le président ? » Certes, à l’heure actuelle, le vice-président est seul en lice. Et pourtant, cela pourrait être insuffisant pour aider J.D. Vance à sortir indemne de la crise MAGA. En même temps, il fallait s’y attendre, conclut cruellement le Washington Post : « Quand on s’entoure d’une flopée de clowns, il ne faut pas s’étonner de se retrouver en plein cirque. »
Un éditorialiste du New York Times se demande si le président américain Donald Trump serait passé de mode. « Il y a un an, on entendait partout que Donald Trump était devenu cool. Est-ce qu’une seule personne dit cela aujourd’hui ? » Réalité ou fantasme ? En tout cas cet auteur en veut pour preuve que, « alors que l’année 2025 se referme, la popularité de Donald Trump stagne autour de 40 %, voire titube du côté des 30 % ». Il est donc loin, estime encore le journal, le moment où « la culture américaine et les institutions empruntaient la voie de Trump et du trumpisme avec une force que sa victoire électorale de justesse ne suffisait pas à expliquer ».  Alors, qu’est-ce qui a changé depuis le mois de janvier ? « Il y aurait beaucoup à dire », soupire cet éditorialiste, mais pour commencer, « Trump a menti à ses électeurs ». Sur le plan économique d’abord, en promettant « que les Américains ne paieraient rien mais gagneraient tout », avant de mettre en place des droits de douane qui « ont fait grimper les prix, ont troublé les entreprises et ont éloigné des alliés, sans pour autant accomplir grand-chose ». Il ne faut pas oublier « les coupes budgétaires indiscriminées dans le gouvernement fédéral, qui ont transpiré dans le reste de l’économie », souligne le South China Morning Post, d’autant plus que « le processus a été mené de manière erratique ». Trump « pousse de plus en plus les États-Unis à la guerre » Sur le plan géopolitique aussi, « faites ce que je dis, pas ce que je fais » : cette fois, c’est USA Today qui pointe. « Ne vous attendez pas à ce que Trump respecte ses propres préceptes MAGA au sujet de l’interventionnisme », ironise le journal. Notamment « sa promesse de mettre un terme aux guerres sans fin ». Quelques mois plus tard, pointe le Washington Post, les plans de paix de Donald Trump « ne cessent de s’effriter », quand ce n’est pas le président lui-même qui joue les va-t-en-guerre. Et USA Today de prendre l’exemple du Venezuela : le chef d'État « pousse de plus en plus les États-Unis à la guerre » avec ce pays d’Amérique latine, et montre « une obsession croissante pour un changement de régime » à Caracas. Autre exemple criant : celui de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. La promesse de régler le conflit en 24 h est morte et enterrée depuis bien longtemps. Régulièrement, des pourparlers sont organisés en grande pompe… sans succès. Ces derniers jours, des négociations se sont poursuivies à Miami « sans avancée décisive », grimace Le Figaro. Le président américain peut bien « rêver d’obtenir un cessez-le-feu », il reste soumis à une Russie qui « joue habilement la montre, profitant des récriminations américaines contre l’Ukraine ». En bref, Donald Trump et son équipe sèment les graines de leur propre infortune. D'autres acteurs internationaux en tirent leur épingle  C’est ce qu’essaie de faire, en France, Emmanuel Macron, écrit Le Figaro. Le quotidien rappelle que « le président français (…) a proposé vendredi à son homologue russe de reprendre une discussion directe ». Reprendre la main de cette manière permettrait à la fois à l’Europe de s’autonomiser vis-à-vis de l’administration Trump et à Emmanuel Macron de redorer son image, lui qui, tance le quotidien toujours, est « à bout de souffle politiquement en France ».  À moins que le problème ne soit plus profond ? Pour le New York Times, en réalité, « la France a besoin d’une nouvelle France ». Le pays n’est pas le seul à batailler avec la montée de l’extrême droite, les menaces contre les services publics, et l’explosion de la dette. Mais sa particularité, c'est cette Constitution « imaginée pour Charles de Gaulle en 1958, en pleine guerre d’Algérie » et qui a doté le président « d’étonnantes prérogatives constitutionnelles ». Une « turboprésidence », c’est étonnant au pays de la Révolution, note le quotidien new-yorkais. « Cela semble particulièrement mal aligné avec l’humeur nationale actuelle. » Pour l’heure, une nouvelle Constitution, le pouvoir n’y tient pas. Mais, y a-t-il vraiment le choix ? Cinq Premiers ministres se sont succédé en trois ans ; ce 22 décembre, le pays n’a toujours pas de budget pour la semaine prochaine ; alors la VIe République n’est peut-être plus « une utopie », pointe le New York Times, mais bien « la seule sortie de crise possible ». 
Toute la presse américaine en fait ses gros titres, tout en reconnaissant une part de déception : « La publication du rapport Epstein dévoile de nouvelles photos, mais de nombreux documents restent confidentiels », explique le New York Times. En effet, la presse américaine et européenne publie des photos couvertes d’un carré noir, empêchant de voir le visage des personnes photographiées, ou encore des textes raturés. Le New York Times a interrogé des victimes du délinquant sexuel, « qui se disent frustrées par le manque de transparence de ces documents ». « Les plus de 13 000 fichiers publiés hier sont expurgés et difficilement consultables », reconnaît le quotidien américain. En Europe aussi, la publication de ces documents est abondamment commentée. « Le plus frappant », ironise Die Welt, à Berlin, « c’est ce que le ministère américain de la Justice n’a pas publié, notamment des documents financiers importants ». À Londres, le Times s’intéresse aux photos qui montrent Michael Jackson, Diana Ross, Mick Jagger, ou encore Bill Clinton enlaçant une jeune fille. Mais, surtout, estime le journal britannique, « ces photos montrent à quel point Andrew (le prince déchu) a ouvert les portes de la haute société britannique à ce couple, Jeffrey Epstein et sa compagne Ghislaine Maxwell ». On les voit notamment apparaître aux côtés d’Andrew, dans la loge royale de l’hippodrome d’Ascot. Quant à Donald Trump, qui fut proche de Jeffrey Epstein, les premiers milliers de documents publiés jeudi, sur un total de 300 000, n'apportent aucune révélation, semble-t-il. Errance à Gaza Le journal israélien Haaretz publie un article sur le déplacement des Palestiniens à Gaza. Le quotidien d’opposition s’appuie sur une enquête réalisée par B’Tselem, une organisation israélienne de défense des droits humains, selon laquelle « 90 % des Gazaouis ont perdu leur logement depuis octobre 2023, chaque habitant ayant été déplacé en moyenne six fois ». « Souvent annoncées à la dernière minute », précise Haaretz, « les évacuations obligent les familles à se réfugier sous des tentes, dans des abris et dans des conditions dangereuses, au milieu des bombardements, des maisons détruites et des infrastructures en ruine ».   Haaretz s’intéresse particulièrement à une famille, Nibal, Ahmad et leur fille Rita, née en septembre 2023. Jusqu’en octobre 2023, Ahmad résidait légalement en Israël, mais « il a été arrêté comme des centaines de travailleurs palestiniens, puis libéré en février 2024, à Rafah, dans le sud de Gaza ». Entretemps, son épouse s’est réfugiée chez ses parents, dont la maison sera détruite plus tard. Puis, toute la famille s’est retrouvée sous une tente à Rafah, secteur bombardé, ce qui les a obligés à se déplacer une nouvelle fois, dans un camp du centre de Gaza, où ils sont restés cinq mois. Aujourd’hui encore, ils vivent sous une tente. « Ma vie est un calvaire », témoigne Nibal. Les pandas et Taïwan Enfin, la tension entre la Chine et le Japon menace la diplomatie des pandas. C’est ce que nous explique le South China Morning Post. Le quotidien anglophone publié à Hong Kong rappelle que le prêt de pandas est considéré comme « un symbole d’amitié (…) depuis plus d’un demi-siècle, les pandas tiennent le rôle d'ambassadeurs de la Chine à travers le monde ». Or, remarque le South China Morning Post, « leur séjour au Japon semble toucher à sa fin, les deux derniers pandas chinois devant rentrer le mois prochain ». Des discussions sont en cours, mais « aucun accord n’est en vue, en raison des propos tenus par Sanae Takaichi, le mois dernier, au sujet de Taïwan ». Le Premier ministre japonais a en effet « déclaré qu’une attaque contre Taïwan pourrait déclencher une intervention militaire du Japon ». Il est loin le temps où le Japon hébergeait neuf pandas. D’autres pays sont mieux lotis. C’est le cas des États-Unis, qui, après une longue interruption, ont reçu en octobre « deux pandas pour un prêt de dix ans ».  La France, elle aussi, est plutôt gâtée. Le South China Morning Post le rappelle : « Pékin a donné son accord pour l’envoi d’un couple de pandas en 2027, pour un prêt de dix ans. »
« Les États-membres de l'Union européenne se sont engagés à verser 90 millions d’euros à l’Ukraine lors des deux prochaines années, pour l’aider à se défendre contre la Russie », annonce Die Welt, à Berlin. Alors qu’à Paris, le Monde remarque « que l’UE échoue à s’entendre sur les avoirs russes gelés (…) des heures de discussions n’ont pas permis de dégager un consensus sur le recours aux avoirs russes gelés pour financer un «prêt de réparation». À Rome, la Repubblica parle « d’un revers politique pour Ursula von der Leyen et Friedrich Merz, qui ont insisté jusqu’au bout sur l’utilisation des ressources issues des actifs russes et sur la nécessité d’éviter l’émission de nouvelles euro-obligations ».» « De l’argent aujourd’hui ou du sang demain », titre de son côté le Kyiv Post, reprenant les propos tenus jeudi par Donald Tusk, le Premier ministre polonais qui a précisé : « Je ne parle pas seulement de l’Ukraine, je parle de l’Europe ». À Moscou, l’agence de presse Ria Novosti ne se prive pas, elle, d’ironiser sur ce nouveau prêt à l’Ukraine, assurant que « comme l’a souligné le Premier ministre hongrois Viktor Orban, personne n’a l’intention de rembourser cet emprunt militaire. Les intérêts et le capital seront donc finalement payés par les enfants et les petits-enfants de ceux qui ont accordé ce prêt ».  Moranette, Ocre et Nuage La presse européenne évoque aussi le report au mois de janvier de l’accord commercial avec le Mercosur. Un accord commercial qui inquiète fortement les agriculteurs français. « À Bruxelles, le Mercosur échauffe les paysans. Plus de 7 000 agriculteurs ont manifesté hier contre cet accord », titre le Figaro, qui relate les affrontements entre agriculteurs et forces de l’ordre. Mais ce n’est pas le seul souci de ces agriculteurs, et particulièrement des éleveurs, qui manifestent et bloquent les routes depuis plusieurs jours. Il y a aussi la dermatose nodulaire contagieuse, qui affecte certains élevages, notamment dans le sud-ouest. Libération raconte « être allé à la rencontre d’éleveurs ariégeois qui, nous dit le quotidien français, se mobilisent depuis une semaine pour protester contre l’abattage systématique des troupeaux contaminés ». Libération a rencontré Corentin Tourrent, qui regarde ses vaches : Moranette, Ocre et Nuage. Ces vaches « ont toutes une histoire », « avec lesquelles l’éleveur a grandi ». « Certaines sont même plus âgées que sa carrière, commencée il y a quinze ans. » « Si on me les prend, raconte Corentin Tourrent, « je ne saurai pas repartir ». « Il a 34 ans, les traits tirés et le menton tremblant », raconte le quotidien français. Il est aussi déterminé : « Je ne suis pas du genre à manifester, dit-il. Mais là, pas le choix ». Trump omniprésent Enfin, aux États-Unis, Donald Trump s’offre une nouvelle distinction. Le Washington Post nous explique en effet que le conseil d’administration du Kennedy Center a voté pour le renommer « Trump Kennedy Center ». Une décision jugée « illégale par la famille Kennedy et les démocrates ». Une décision pourtant prise à l’unanimité par le conseil d’administration de cette institution artistique, qui dans son compte-rendu précise sans ambigüité que « son vote unanime reconnaît que le président actuel a sauvé l’institution de la ruine financière et de la destruction ». Ce qui a le mérite d’être clair, d’autant que les membres du conseil d’administration ont été nommés par Donald Trump. Kerry Kennedy, l’une des membres de la famille du président assassiné, a fait part au Washington Post de son indignation : « Le président Kennedy, (dit-elle), a fièrement défendu la justice, la paix, l’égalité, la dignité, la diversité et la compassion envers ceux qui souffrent. Le président Trump s’oppose à ces valeurs, et son nom ne devrait pas être associé à celui du président Kennedy ». 
« L’UE à pleine impuissance ? », titre le quotidien français Libération. « L’Union européenne a-t-elle encore un avenir ou va-t-elle disparaître de l’histoire, incapable de résister aux prédateurs que sont les États-Unis, la Russie et la Chine ? », questionne le journal, alors que les Vingt-Sept jouent jeudi 18 décembre une partie décisive sur l’Ukraine et le Mercosur. « On peut être inquiet car, sous les coups de boutoir de Donald Trump, l’Union européenne, loin de faire bloc, se divise comme jamais », souligne Libération. Concernant l'Ukraine, le journal espagnol El Pais, résume la situation en un titre : « La capacité d'action de l'UE dépend de la proposition de mobiliser les avoirs russes pour éviter la faillite de Kiev. » Au centre de l'attention : Euroclear, institution belge de compensation et de conservation de titres. Elle détient plusieurs milliards d'euros de fonds russes, gelés depuis 2022 en raison des sanctions imposées au Kremlin suite à l'invasion de l'Ukraine. « L'UE débat actuellement de la possibilité de débloquer plus de 92 milliards d'euros de ces fonds pour un "prêt à la reconstruction" afin d'aider l'Ukraine à se redresser », rappelle El Pais. Une décision encouragée par la Commission européenne et des pays comme l'Allemagne, mais décriée par la Belgique. Dans le journal belge Le Soir, on revient sur ces réticences de Bruxelles : « Elles ne sont pas exprimées » par crainte de la pression ni de mesures de rétorsion, a affirmé mercredi le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot. « Nous essayons simplement d’éviter l’effondrement de notre propre économie en cas de décision sans garanties appropriées », a-t-il ajouté. Le Soir souligne cette prise de parole, alors que les voix officielles belges sur le sujet sont rarissimes ces dernières semaines. Une chercheuse à l'Institut royal Elcano analyse le nœud du problème dans El País : « Du point de vue belge, le problème [c'est que] Euroclear, en tant qu’entité domiciliée sur le territoire belge, a l’obligation contractuelle de restituer les actifs à leur propriétaire légal, qui demeure la Banque centrale de Russie. Si l’UE emprunte ces soldes et les verse à l’Ukraine, la Belgique deviendrait la juridiction où une obligation de remboursement se matérialiserait en cas de levée des sanctions, l’exposant davantage à d’éventuelles représailles russes de nature cybernnétique, énergétique ou autre. » Et, alors que l'autre volet sensible du jour pour le sommet européen, c'est le Mercosur, le président frnaçais Emmanuel Macron, soutenu par l’Italie ou la Pologne, bloque la signature de cet accord. Emmanuel « Macron n’est absolument pas en état d’approuver le Mercosur », peut-on lire dans Libération. « Or demander des concessions à la Belgique sans en faire aucune, voilà qui serait de mauvaise méthode européenne. Seule l’Allemagne est cohérente : pour le prêt à l’Ukraine et pour le Mercosur. Mais, sans la France, elle ne peut rien. La vassalisation de l’Europe par un condominium américano-russe est en vue. » Un discours de bilan par Donald Trump Donald Trump fait aussi la Une, après un discours aux allures de bilan depuis la Maison Blanche. « À l'aide de graphiques et de chiffres, parfois trompeurs, Donald Trump a tenté de démontrer que l'économie s'améliore ou, du moins, que ses difficultés ne sont pas de son fait », commente un journaliste du New York Times. Il faut dire que le président américain est sur la défensive ces derniers temps concernant la question du coût de la vie, un sujet que les démocrates du Congrès espèrent exploiter lors des élections de mi-mandat. « La cote de popularité du président a atteint son niveau le plus bas fin novembre. Même certains de ses partisans estiment qu'il n'a pas fait assez pour améliorer leur quotidien », souligne pour sa part le Washington Post. « L'inflation, qui avait fortement augmenté sous Biden, est restée obstinément élevée tout au long de la première année de mandat de Trump, tandis que les chiffres de l'embauche ont été faibles », analyse le journal américain. Le président américain a par ailleurs augmenté ses déplacements intérieurs dernièrement, de quoi refléter « en partie une volonté de renouer avec sa base de fidèles partisans, dont certains estiment que Trump a perdu de vue la raison pour laquelle ils l'ont élu ».
« Susie Wiles s'exprime rarement publiquement, préfère rester discrète » la plupart du temps, souligne le Wall Street Journal. Et si les alliés du président lui attribuent le mérite d'avoir aidé Donald Trump à mettre rapidement en œuvre son programme, le journal américain explique que ces propos de Susie Wiles dans Vanity Fair - reprenant 11 entretiens donnés sur l'année - renversent ce portrait habituel. Dans Vanity Fair, elle affirme que le président américain - qui ne boit pas - a une « personnalité d'alcoolique » qui « fonctionne [avec] l'idée qu'il n'y a rien qu'il ne puisse faire ». Elle qualifie Elon Musk « de consommateur régulier de kétamine » et elle estime que le vice-président J.D. Vance est « un adepte des théories du complot depuis dix ans ». Quant à la procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, « Elle a mal géré le dossier Epstein peu après son entrée en fonction ». Depuis les publications, la cheffe de cabinet a réagi et parle d' « un article à charge malhonnête ». Chez les voisins Canadiens, la presse aussi est surprise par ces propos : « Ce ne sont là que quelques unes des déclarations aussi directes que surprenantes faites à un journaliste par une femme pourtant considérée comme une alliée loyale de Donald Trump », souligne Radio-Canada. Et pourtant, raconte le journal québécois Le Devoir, « Loin de la critiquer, le président américain a réagi en confirmant au New York Post avoir "une personnalité de type possessif et vulnérable à l’addiction" ». « La Maison Blanche se mobilise pour soutenir Susie Wiles après des interviews sans filtre », titre pour sa part le Washington Post. Les articles publiés mardi ont pris par surprise Wiles et son équipe, explique le journal américain. Selon deux sources anonymes : « elle pensait que ses conversations avec l'auteur des articles étaient destinées à un livre et qu'elle ne s'attendait pas à ce qu'il la cite aussi abondamment », Susie Wiles a par ailleurs reçu le soutien de presque tous les membres du Cabinet. Trump annonce un blocus américain au Venezuela sur les pétroliers sous sanctions Et dans ses entretiens à Vanity Fair, la cheffe de cabinet a déclaré que Donald Trump considérait le président vénézuélien Nicolás Maduro comme « la tête d'un puissant cartel de la drogue ». « Il veut continuer à faire sauter des bateaux jusqu'à ce que Maduro capitule. Et des gens bien plus compétents que moi sur ce sujet affirment qu'il finira par capituler », a déclaré Susie Wiles. Et justement, à ce sujet, Donald Trump a annoncé un « blocus total » des pétroliers sanctionnés à destination du Venezuela mardi soir. « Un tel blocus, pourrait dévaster l'économie vénézuélienne, déjà en difficulté et dépendante des ventes de pétrole à l'étranger, principalement à la Chine et souvent via des navires sous sanctions », analyse The Washington Post. On apprend qu'une réunion de haut niveau est prévue ce mercredi et de nouvelles instructions aux forces américaines présentes dans les Caraïbes pourraient être données. « Cette annonce accroît encore la pression américaine sur le Venezuela, quelques jours après la saisie par les forces américaines d’un pétrolier au large des côtes vénézuéliennes », rappelle le quotidien Brésilien O Globo. Cette déclaration intervient aussi « au lendemain de l'annonce par les États-Unis de nouvelles attaques contre trois navires soupçonnés par Washington de transporter de la drogue dans le Pacifique Est, et faisant huit morts ». Alors à quoi faut-il s'attendre après ces nouvelles déclarations de Donald Trump sur le Venezuela ? « Les conséquences du « blocus » de Trump dépendraient du niveau de son application », analyse un universitaire dans le Washington Post. Et « si l'administration Trump parvient à bloquer efficacement tous les navires vénézuéliens sous sanctions, cela pourrait avoir un impact considérable sur les recettes publiques », explique-t-il. Le pétrole représente plus de 90 % des exportations vénézuéliennes et plus de la moitié de ses recettes fiscales. Un économiste vénézuélien de l'Université de Denver partage aussi son analyse : « En pratique, cette décision équivaut à un blocus naval total du Venezuela. La suppression de tous les revenus pétroliers entraînera une réduction massive des importations alimentaires, et risque de déclencher la première grande famine de l'hémisphère occidental dans l'histoire moderne ».
« Après le massacre de Bondi Beach, le chagrin laisse place à la colère » : c’est le grand titre du Sydney Morning Herald. Une colère dirigée d’abord contre les autorités… « Le terrorisme frappe au cœur de notre nation égalitaire, soupire The Australian. Notre premier ministre Anthony Albanese n’est pas antisémite, mais il n’a pas su saisir l’ampleur du défi posé par les événements du 7 octobre 2023 et il a failli à son devoir le plus important : assurer la sécurité de la nation ». Alors, « les prédicateurs de haine islamistes doivent être réduits au silence et les antisémites expulsés du pays, poursuit le quotidien australien. Il faudra que le premier ministre prenne des actes concrets, et ne se limite pas à de simples paroles, pour restaurer ses relations avec les Australiens juifs et leurs sympathisants, qui ont perdu confiance en son leadership ». Les questions qui fâchent… « Depuis les événements du 7 octobre 2023, rapporte Libération à Paris, l’Australie est en proie à une vague d’incidents antisémites “historiquement hauts", selon le Conseil exécutif des juifs australiens. Une tendance qui peine à fléchir. "Nous en sommes aujourd’hui à un stade où l’antisémitisme a quitté les franges de la société, gagnant du terrain dans les universités, le secteur des arts, celui de la santé, au bureau et ailleurs", témoignait son président, Daniel Aghion, il y a deux semaines à peine. D’octobre 2024 à septembre cette année, alors que la communauté juive australienne est constituée de 117 000 personnes, 1 654 actes antisémites ont été recensés ». Certes, pointe encore Libération, « le gouvernement d’Anthony Albanese a pris des mesures après le 7-Octobre : sécurisation des lieux de cultes juifs et musulmans, création d’un poste de représentant spécial pour la lutte contre l’antisémitisme, création d’une unité de police spéciale et renforcement de l’arsenal législatif ». Toutefois, relève encore Libération, « Anthony Albanese ne pourra pas éviter longtemps les questions qui fâchent, notamment sur les liens qu’entretenaient les tueurs avec l’islamisme radical. Pauline Hanson, à la tête du parti d’extrême droite One Nation, n’a pas hésité à relier l’attaque de Bondi à l’immigration. (Pourtant) L’un des héros de dimanche s’appelle Ahmed al-Ahmed et il est originaire de Syrie ». Une « lueur d’humanité » En effet, complète le Times à Londres, « dans cette période sombre, lueur d’espoir : Ahmed al-Ahmed, Australien d’origine syrienne et de confession musulmane, est l’homme qui a maîtrisé Sajid Akram et lui a arraché son arme. L’attaque de Bondi Beach n’était pas l’œuvre de musulmans ordinaires, mais de fanatiques radicalisés ». « Cette lueur d’humanité, cette étincelle de vitalité : je la vois en Ahmed al-Ahmed, renchérit la rabbin américain Sharon Brous, dans une tribune publiée par le New York Times. Et ce n’est pas tout, poursuit-elle. Je perçois cette étincelle de vitalité dans le dynamisme de la communauté juive mondiale qui s’est immédiatement mobilisée en signe de solidarité, nous rappelant que lorsqu’un membre est touché, c’est tout le corps qui souffre. Je vois cette étincelle de vitalité aussi chez toutes ces personnes de bonne volonté à travers le monde qui ont témoigné leur sollicitude envers leurs voisins, collègues et amis juifs ». « Personne ne devrait avoir à vivre ainsi » Reste que « partout dans le monde, la haine antijuive se développe », soupire le Guardian. « Les juifs sont en colère. Et nous avons de bonnes raisons de l’être », écrit le quotidien britannique. « Des lieux qui semblaient autrefois des havres de paix et de sécurité au sein du monde juif se retrouvent soudainement en première ligne. À Manchester, c’est la solennité de Yom Kippour qui a été visée. À Sydney, c’est la joie et l’insouciance de Hanouka. Aujourd’hui, si vous êtes juif, où que vous soyez, décider de célébrer les fêtes juives ailleurs que chez vous peut être une question de vie ou de mort. Personne ne devrait avoir à vivre ainsi, s’exclame le Guardian. Plus précisément, nos sociétés ne pourront plus fonctionner si cela devient la norme. Le fondement même de la démocratie libérale occidentale, la croyance en des valeurs partagées au sein d’une société diverse, est mis en péril par ces attaques ». Enfin pointe Le Monde à Paris, « faut-il encore le rappeler, et aussi longtemps que nécessaire, seul un esprit malade peut considérer que l’opposition à l’actuelle politique israélienne peut constituer un permis de commettre des violences de toute nature, contre des personnes, où qu’elles se trouvent, parce qu’elles sont juives. Une abomination telle que la tuerie de Sydney est la preuve d’une complète déchéance morale ».
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