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Revue de presse internationale
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Le Soir à Bruxelles résume en quelques lignes la situation après le premier tour dimanche : « l’extrême droite et la gauche radicale bousculent l’ancien monde. Dans un paysage local jusqu’alors dominé par la droite et la gauche de gouvernement, le Rassemblement national progresse encore et la France insoumise crée la surprise. La question des alliances sera explosive au second tour. » « Décomposition, fragmentation, polarisation », soupire Le Figaro : « Après ce premier tour des municipales, aucun camp ne peut revendiquer de victoire claire, pointe le quotidien de droite. Emmanuel Macron rêvait de dynamiter le paysage partisan, il l’a atomisé. » À gauche, Libération constate également « un éclatement jamais vu des électorats : la faible participation et les très bons scores de l’extrême droite dans plusieurs villes dépeignent le malaise du pays à un an de la présidentielle. » Et « à gauche, le débat et le dépôt des listes pour le second tour promettent d’être très très compliqués. Car si les socialistes, alliés avec les écolos et le PCF, sont en position de conserver de nombreuses grandes villes, la France insoumise réalise de son côté de fortes poussées, portée par un électorat jeune et urbain. » « C’est un tournant », insiste Le Parisien. « Les résultats du premier tour confirment l’effondrement du bloc central et la progression des partis extrémistes. » Fatigue démocratique… Ouest-France revient sur la faible participation : « Moins de votants, mauvais signe : un constat s’impose, l’élection préférée des Français, avec la présidentielle, mobilise de moins en moins. La fatigue démocratique continue à grignoter les municipales. Et la défiance à l’égard des politiques, consommée à l’échelon national, semble devoir contaminer l’échelon local. » Enfin, tempère La Croix, « de ces urnes à moitié vides est tout de même sorti un résultat : 32 000 maires ont été élus dès le premier tour, essentiellement parce qu’il n’y avait qu’une ou deux listes dans la commune. C’est la France des champs. Loin des querelles d’appareils et des discussions d’états-majors, ces milliers d’inconnus sont les représentants du mouvement le mieux pourvu de France, le parti des sans-parti. »
Le Times pose d’emblée la question : « S’agit-il simplement d’une guerre du Golfe ? Ou du début de la Troisième Guerre mondiale ? » Rien n’est encore sûr, estime le quotidien britannique. Plusieurs questions restent en suspens, pour pouvoir dire qu’il s’agit d’une Troisième Guerre Mondiale notamment « le temps que durera la guerre », « la capacité des Iraniens à maintenir fermé le détroit d’Ormuz », ou encore « la capacité des États-Unis à maintenir l’approvisionnement en pétrole si la guerre s’éternise ». Le Monde, de son côté, ne parle pas de Troisième Guerre mondiale mais estime « qu’Israël et les États-Unis sont pris au piège d’un conflit asymétrique qui risque de durer, quinze jours de bombardements intensifs ayant provoqué de lourdes pertes pour le régime iranien et le Hezbollah, mais n’ayant pas mis fin aux ripostes sur Israël et les pays du Golfe, laissant entrevoir une guerre longue ». Le Monde a interrogé Andreas Krieg, spécialiste du Golfe au King’s College de Londres, qui énumère les points marqués par l’Iran depuis le début de la guerre : « Si vous pouvez faire monter les prix du pétrole, déstabiliser les marchés du gaz naturel liquéfié, inquiéter les assureurs, perturber le transport aérien et amener les investisseurs à se demander si le Golfe reste un environnement opérationnel prévisible, alors vous déplacez la guerre sur un terrain où l’acteur militaire le plus fort, est beaucoup moins à l’aise ». Médias sous pression Aux États-Unis, les médias sont priés de ne présenter cette nouvelle guerre du Golfe que sous des aspects positifs. La pression est de plus en plus forte sur les médias américains. Et c’est ni plus ni moins le chef de la Défense américaine, Pete Hegseth, qui est à la manœuvre, explique le Guardian. « Il tient à présenter l’opération comme un succès et critique vivement les journalistes qui ne la décrivent pas sous un jour favorable ». Lors d’une conférence de presse, vendredi, Pete Hegseth « a accusé les journalistes de minimiser les prétendus gains de Washington sur le champ de bataille », nous dit le quotidien britannique. Le secrétaire à la Défense s’en est particulièrement pris à CNN, déclarant : « Plus tôt David Ellison prendra les rênes de cette chaîne, mieux ce sera ». « Ellison, explique le Guardian, est un allié de Trump, favori pour racheter Warner Brod Discovery, la société mère de CNN… » Une élection à surveiller de près Les Français sont appelés aux urnes demain. « Municipales : dernier scrutin test avant la présidentielle », titre Le Figaro. « Concurrencés par le Rassemblement national et la France insoumise, qui les menacent jusque dans leurs fiefs, les Républicains et le Parti socialiste vont tenter de conserver leurs bastions », ajoute le quotidien français. « À un an de la présidentielle, le grand test municipal », titre, lui aussi, le quotidien Libération, qui met en avant la situation internationale. « Dans le contexte de tensions mondiales, et avec une présidentielle dans toutes les têtes, estime le journal, « ce cru 2026 revêt une importance particulière. Son issue pèsera lourd sur le paysage politique qui accompagnera le macronisme finissant ». Le quotidien La Croix, lui, publie une chronique de la philosophe Marie Grand, selon laquelle, « le vote, largement considéré comme l’acte démocratique par excellence, montre pourtant ses limites : la majorité peut se tromper, être manipulée, ou léser les plus fragiles. D’où l’urgence à défendre la délibération et l’État de droit, remparts contre les dérives majoritaires ». « La logique délibérative, précise encore la philosophe, vise à faire évoluer les préférences individuelles en élevant la compétence moyenne de l’électeur ». Pourra-t-il le faire grâce à l’intelligence artificielle ? Rien n’est moins sûr, et pourtant, selon Le Parisien, « un Français sur deux envisage de recourir à l’intelligence artificielle pour se renseigner sur la politique ». « Un phénomène qui n’est pas sans risque », remarque le journal.
C’est un dessin de presse publié par Le Soir en Belgique : on y voit un couple d’Américains dans un supermarché portant des casquettes pro-Trump. Ce couple constate que les prix ont bien augmenté et il s’interroge : « Qu'est-ce qu’il fout Trump ? Il pourrait élargir le détroit d’Ormuz… » Et c’est bien là le problème, relève Le Monde à Paris… Ce détroit stratégique pour la circulation maritime, « ne mesure que 29 milles marins de large (54 kilomètres) entre les côtes de l’Iran et du sultanat d’Oman. Et les deux couloirs de navigation empruntés par les pétroliers sont encore plus étroits (environ 3,7 kilomètres chacun). En multipliant les attaques de navires dans la zone, Téhéran ferme de facto cette artère où transitent traditionnellement 20 % à 25 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié produits mondialement. Avec un objectif, pointe Le Monde : faire bondir les prix de l’essence et imposer un coût économique intolérable au président américain, Donald Trump. » « Des navires touchés et coulés : la bataille navale dans le détroit d’Ormuz a commencé », s’exclame la Repubblica à Rome. « Hier, les États-Unis ont annoncé avoir “neutralisé“ 16 mouilleurs de mines iraniens. Mais les Pasdaran ne l’ont pas entendu de cette oreille. Ils ont attaqué trois navires. (…) “Tout navire ou cargaison de pétrole appartenant à Israël, aux États-Unis et à leurs alliés sera considéré comme une cible légitime“, a tonné la Garde révolutionnaire : “pas un seul litre de pétrole ne traversera le détroit. Préparez-vous à payer 200 dollars le baril“. » Ça n’est que le début ? Et cette bataille navale devrait durer, pronostique le Wall Street Journal… « Les transporteurs maritimes se préparent à une fermeture prolongée de la voie navigable, où le trafic pourrait mettre longtemps à se rétablir même après la fin du conflit, pointe le quotidien économique américain. “Cela prendra du temps, affirme ce patron grec d’une entreprise spécialisée dans le transport du gaz naturel liquéfié. Il ne suffit pas que les hostilités cessent, il faut aussi que les armateurs constatent une réduction significative des risques pour les personnes à bord et pour les navires. Prenons l’exemple de la mer Rouge, poursuit-il : six mois après l’arrêt des attaques des Houthis, le trafic maritime n’est toujours pas revenu à la normale. Tout repose sur le sentiment de sécurité. Et nous en sommes encore loin“. » Une intervention terrestre ? Alors « comment protéger le détroit d’Ormuz ? », s’interroge le Times à Londres. « Ce détroit est un véritable enfer pour tout navire qui ose s’y aventurer. (…) Et le sécuriser ne sera pas chose facile, ni aujourd’hui, ni demain, préviennent les experts, car l’Iran y réfléchit et s’y prépare depuis des décennies. » En effet, pointe le Times, « l’Iran dispose de plus de 5 000 mines dans son arsenal et d’un millier de petites embarcations prêtes à les déployer. Pour de nombreux observateurs, en l’absence de changement de régime à Téhéran, il n’y a qu’un seul moyen de garantir le passage des navires : la présence de troupes au sol. Neutraliser pleinement les menaces des Gardiens de la révolution, telles que les batteries de missiles sur les côtes, les opérations de minage maritime ou les sites de lancement, exige une présence militaire soutenue à terre, qu’elle soit assurée par les forces partenaires ou par des opérations spéciales ciblées et limitées. Concrètement, précise encore le Times, la technologie et la puissance des navires de guerre peuvent contenir et gérer une crise en mer, mais la sécurité durable des points de passage maritimes critiques nécessite un certain contrôle à terre, même sans déploiement terrestre conventionnel à grande échelle. » Poutine… roi du pétrole ? Et pendant ce temps, spectatrice, la Russie se frotte les mains… C’est ce que souligne notamment Libération à Paris : « la flambée des prix du pétrole et du gaz est tout à son avantage. Surtout, cette nouvelle guerre, qui mobilise tant de ressources et vampirise l’espace médiatique, détourne l’attention occidentale, et notamment américaine, du front ukrainien. » Et Libération de poursuivre l’analyse dans son éditorial : « Déjà isolé sur la scène internationale, Poutine a perdu trois alliés de taille en une quinzaine de mois : Bachar el-Assad en Syrie, Nicolas Maduro au Venezuela et Ali Khamenei en Iran. Et pourtant, il est en passe de (re)devenir le roi du pétrole. Avec la paralysie du détroit d’Ormuz (…), les ressources énergétiques russes sont soudain convoitées par le monde entier. Et notamment par les Européens qui, manque de chance, venaient d’acter la fin de leurs importations de gaz russe afin de priver Moscou de revenus pour financer sa guerre en Ukraine. Dans le chaos mondial actuel, Vladimir Poutine est donc le seul dirigeant, ou presque, à rester impassible, conclut Libération. Il n’a pas besoin de s’agiter, les dollars pleuvent tout seuls et, avec eux, une possible réintégration dans le jeu international, du moins l’espère-t-il. »
C’est le scrutin auquel les Français sont le plus attachés : les élections municipales vont avoir lieu dimanche. Le Monde a fait les comptes : « lors du premier tour, pas moins de 904 042 candidats, répartis entre 50 478 listes, s’affronteront pour s’occuper du destin des 34 875 communes françaises. Seuls 68 villages, tous de moins de 1300 habitants, se retrouvent sans candidats ». Alors, « au cœur d’une année 2026 percutée par des guerres et des chocs géopolitiques, noyée dans une actualité politique nationale rythmée par les invectives et les polémiques alimentées par les réseaux sociaux, ces élections municipales sont une respiration démocratique nécessaire, s’exclame le quotidien du soir. (…) Malgré la défiance et le déclinisme qui plombent la France depuis, au moins, le milieu des années 80, la vie politique locale est toujours dynamique ». Des « dangers pour la République… » La Croix revient sur le débat politique national de ces dernières semaines qui a largement pollué la compagne de ce scrutin local : « alors que notre pays a été secoué par de vifs débats sur la violence politique, après le lynchage et la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, il faut se garder des équivalences fallacieuses, affirme le quotidien catholique. De ce point de vue, il faut résister à la tentation d’apposer un signe "égal" entre LFI, La France insoumise, et le RN, le Rassemblement national, tous deux situés aux extrêmes de notre échiquier politique. Ils sont chacun à leur manière un danger pour la République, s’exclame La Croix. L’un est un parti fondé par d’anciens SS, dont les dirigeants actuels, liés à une même dynastie familiale au sein de laquelle les membres ont été condamnés à maintes reprises par la justice, n’ont jamais eu un mot pour regretter leur passé. L’autre est un groupe fondé sur le culte d’un chef, dont la stratégie est de "tout conflictualiser". Un homme dont il ne faut pas oublier la tirade de 2018 – "La République, c’est moi !" —, alors que la justice avait ordonné de perquisitionner ses locaux, mais aussi sa remise en cause permanente du contre-pouvoir que constitue la presse ». Et La Croix de conclure : « le RN et LFI ont chacun leur trajectoire et leur histoire. Il est de la responsabilité de chacun de nous de les pointer. Faire cela, c’est refuser le simplisme et continuer à penser ». Le thème de l’insécurité repris par la gauche Libération pour sa part s’intéresse à ces maires de gauche qui « assument désormais de ne pas laisser le thème de l’insécurité à la droite et à l’extrême droite. Effectifs de police municipale en hausse ou installation de la vidéosurveillance sont des mesures souvent revendiquées dans leurs bilans, à Nantes par exemple, ville dirigée par le PS ; à Bordeaux, dirigée par un écolo, et dans beaucoup d’autres municipalités. D’aucuns, pointe le journal, notamment du côté des insoumis, critiquent une horrible droitisation du discours de la gauche sur le sujet. Les plus nombreux préfèrent assumer de s’emparer d’une thématique qui concerne d’abord les classes populaires. De tenir compte aussi d’une évolution du narcotrafic difficile à nier. Tout en continuant, relève encore Libération, d’avoir les yeux ouverts sur l’absolue nécessité d’accompagner ces politiques de sécurité par de véritables politiques de prévention, d’accompagnement social, de financement du tissu associatif, et de lutte contre les amalgames d’une droite et d’une extrême droite toujours prisonnière de leurs clichés ». Plus un plébiscite sur une personne qu’un vote d’adhésion à un parti… Reste que dans la plupart des communes de France, la couleur politique des candidats importe peu… C’est ce que pointe Le Parisien qui s’appuie sur une étude publiée hier qui montre que « seulement 8 % des Français jugent important que le maire soit "de la même sensibilité politique" qu’eux. Dans le même temps, 64 % évoquent son honnêteté, 52 % le fait qu’il tienne ses promesses et 32 % qu’il connaisse bien ses dossiers. Le rapport au maire a changé, relève encore Le Parisien, et rend l’élection plus "directe", ressemblant de plus en plus à un plébiscite sur une personne qu’à un vote d’adhésion au programme d’un parti ». Enfin, Le Figaro s’inquiète d’une certaine désaffection démocratique locale… En effet, remarque le journal, « dans 68 % des communes, une seule liste sera présente, et dans 25 %, deux seulement. Dès dimanche soir, donc, 93 % des communes connaîtront le nom de leur maire. L’élection sera jouée dès le premier tour, sans véritable affrontement de projets ni future opposition au conseil municipal. Autrement dit, pointe Le Figaro, la question n’est pas seulement de savoir si la démocratie locale attire encore des volontaires, mais si elle reste partout une démocratie de débat, de pluralisme et d’alternative ».
Comment sortir de cette guerre au Moyen-Orient ? Donald Trump a beau claironner que le conflit va bientôt se terminer, en fait, soupire le New York Times, le président américain « n’a aucune idée de comment mettre fin à la guerre contre l’Iran. (…) Bombarder sans cesse la région, détruire toujours plus d’infrastructures militaires et civiles, en espérant que les Iraniens en quête de démocratie s’unissent et renversent par eux-mêmes ce régime meurtrier enraciné… eh bien, s’interroge le New York Times, où cela s’est-il déjà produit dans l’histoire ? Ce régime ne s’effondrera que par le sommet, affirme le quotidien américain, un processus qui ne débutera qu’après un cessez-le-feu. Le mieux que puisse faire la stratégie de bombardements massifs de Trump et Netanyahu est d’amorcer ce processus ; le simple fait d’orienter le pouvoir Iranien vers une voie plus favorable, où il représenterait une menace moindre pour sa population et ses voisins, constituerait déjà un succès considérable, pointe le New York Times. Le pire scénario serait de dévaster l’Iran par des bombardements aériens incessants au point de le rendre ingouvernable. Ce serait une catastrophe aux conséquences incalculables ». Des promesses et des insultes… El Pais à Madrid s’interroge également : « alors que le régime totalitaire iranien se prépare à résister et que l’économie mondiale tremble devant un conflit qui, quelle que soit sa durée, pèse déjà sur le pouvoir d’achat des citoyens, quel est le plan de ceux qui ont ordonné cette guerre ? Proclamer que tout rentrera bientôt dans l’ordre, que les dégâts économiques sont minimes comparés aux bénéfices à venir et que "seuls les imbéciles pourraient penser le contraire". En d’autres termes, s’agace El Pais, des promesses et des insultes : c’est la stratégie de Donald Trump ». La hausse du pétrole : « un tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité » ? Libération à Paris complète ce propos : « au-delà de l’Iran, la mécanique s’est emballée, constate Libération. Le baril de pétrole a franchi la barre symbolique des 100 dollars. Aux États-Unis, l’opinion publique ne comprend pas vraiment pourquoi il faudrait – encore – envoyer des soldats mourir dans une guerre lointaine. Les lignes se durcissent. Sans qu’on voie comment cette nouvelle aventure américaine au Moyen-Orient pourrait bien se terminer. (…) Le séisme déclenché à Téhéran le 28 février n’en a pas fini de secouer la planète. Et même si Donald Trump assure que la hausse du prix de pétrole et les autres conséquences ne sont qu’un "tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité", il n’est pas certain, affirme encore Libération, que tout le monde – et les Américains les premiers – ait envie d’en payer la facture très longtemps ». « Une seule chose est sûre » dans cette guerre, souligne pour sa part le Süddeutsche Zeitung : « l’essence va être plus chère ». Et aux États-Unis, « la hausse du prix du pétrole est un enjeu politique majeur à l’approche des élections de mi-mandat cet automne. (…) Apparemment, après l’invasion du Venezuela, pays riche en pétrole, et compte tenu de son slogan de campagne "Forons, forons, forons !", Trump n’avait pas imaginé que bombarder l’Iran engendrerait une telle crise pétrolière et financière, en plus des souffrances subies par les populations ». La France rattrapée par la crise et… la guerre ? Et la France dans tout cela ? Sur le plan économique tout d’abord, « l’heure des comptes n’est pas encore venue, mais la guerre d’Iran vient douloureusement rappeler à la France ses grandes faiblesses, pointe Le Figaro. D’abord, sa dépendance toujours excessive aux énergies fossiles (…). Ensuite, et surtout, sa grande fragilité financière. Sans vouloir jouer les Cassandre, il apparaît d’ores et déjà que nous ne sortirons pas indemnes de cette crise ». Enfin, sur le plan international, Emmanuel Macron était hier à Chypre et sur le porte-avions Charles-de-Gaulle… « Cette guerre n’est pas la nôtre », a-t-il dit. « Elle fait toutefois peser des menaces sur des intérêts importants pour la France, relève La Croix : la sécurité des pays de l’Union européenne ; la libre circulation maritime ; la sécurité de trois États du Golfe (Koweït, Qatar, Émirats arabes unis), que notre pays s’est engagé à épauler ; et la protection des ressortissants dans la région. (…) Pour pouvoir assumer les responsabilités qu’elle se donne, la France adopte une posture offensive de son action défensive. Elle prend toutefois le risque, affirme encore La Croix, que les belligérants, notamment l’Iran, ne comprennent pas cette neutralité combative. Le danger est réel que la guerre la rattrape ».
10 jours de guerre déjà contre l’Iran et, constate Le Figaro à Paris, « on attend toujours la définition précise des objectifs du président américain ». Hé bien « on a tort, s’exclame le journal, car ceux-ci restent ouverts. Trump entame une guerre comme il lance une négociation : pas forcément pour en finir, mais pour voir ce que ça va donner et récolter ce qui peut l’être. (…) Avec lui, l’art de la guerre n’est pas si différent de "l’art du deal", pointe encore Le Figaro. Dans sa stratégie inversée, il n’y a pas d’ultimatum, pas de coalition, pas de troupes d’invasion, pas de voie de sortie idéale : l’attaque survient par surprise, en pleines discussions, et peut s’arrêter tout aussi soudainement, lorsqu’il le décidera. (…) Et rien n’empêchera Donald Trump de composer avec le système qu’il a cherché à éliminer, comme au Venezuela ». Et le journal de conclure : « dans sa façon de faire la guerre, il n’y a tout simplement pas de défaite possible. Et tant pis si, pour le pouvoir des mollahs, le simple fait de survivre serait aussi une victoire ». Mettre la main sur les richesses du monde Pour l’économiste Thomas Piketty, qui publie une tribune dans Le Monde, « l’objectif affiché de cette stratégie guerrière est parfaitement clair : il ne s’agit pas de promouvoir un quelconque idéal collectif, mais bel et bien de se remplumer et de rentabiliser financièrement le fait de disposer de la plus grande armée du monde. Il faut prendre au sérieux ce que dit Trump, poursuit Thomas Piketty : il est prêt à trouver des deals avec tous les mollahs et tous les chavistes de la planète pourvu que les compagnies états-uniennes mettent la main sur les richesses de l’Iran ou du Venezuela. Même chose pour les minerais du Groenland, d’Ukraine ou de Russie. Business is business, et Trump compte utiliser la force pour faire des affaires juteuses partout où elles se trouvent, la main sur la canonnière, à la façon des puissances coloniales européennes du passé ». Alors, préconise Thomas Piketty, « face à cette dérive guerrière et à ce désastre annoncé, l’Europe doit se donner les moyens de peser sur le monde. L’urgence est de mettre en place des structures communes permettant de prendre des décisions ensemble, de façon démocratique et pluraliste, sur l’Iran comme sur l’Ukraine ». Quand l’Europe parlera-t-elle d’une même voix ? Analyse similaire pour El Pais à Madrid : « pour éviter que l’Europe ne soit entraînée dans le conflit tumultueux provoqué par Trump et Netanyahu, il lui faut adopter une position commune ». En effet, « l’Europe brille par son absence, déplore le quotidien espagnol. Seul Madrid a clairement rejeté la guerre dès le départ. Sur le reste du continent, certains de ses principaux dirigeants se sont progressivement positionnés contre l’intervention, à mesure que le sentiment d’une situation incontrôlée grandissait ». Mais globalement, « une semaine après l’attaque contre l’Iran, l’Europe reste muette sur la question, regrette encore El Pais. Les décisions que les Européens seront contraints de prendre en cas d’escalade du conflit exigent une action immédiate et claire de Bruxelles. La seule véritable alternative pour éviter d’être entraînés dans le conflit – et l’attaque contre Chypre est un avertissement très inquiétant – est (donc) une position commune ». Pour l’instant, on n’en est pas là… Et « qu’est-ce qui peut arrêter Trump ? », s’interroge le Süddeutsche Zeitung ? Réponse : « lui-même, affirme-t-il. (…) Interrogé en janvier par le New York Times sur ce qui limitait son pouvoir, Trump a répondu : "Ma propre morale. Ma propre volonté. C’est la seule chose qui puisse m’arrêter" ». Et le quotidien allemand de constater également que si « Trump envoie des missiles, il n’a aucun plan pour l’après-missile ». À quand la liberté en Iran ? Et les Iraniens dans tout cela ?, s’interroge Le Devoir à Montréal. « Alors même que des bombes s’abattent sur des installations liées au régime, certains exilés veulent y croire. Drapeaux, discours, manifestations… Les victimes civiles ? Tragique, mais inévitable. Le prix à payer, mais après ça, oui, oui, promis, on sera libres… Pour autant, pointe le quotidien canadien, les Iraniens ont dans leur histoire (et peuvent en trouver dans celle de leurs voisins — l’Irak de 2003) des raisons de se méfier des interventions étrangères, de leur caractère moralement douteux… et aussi bourré d’effets pervers imprévus. Ils savent, ou devraient savoir que ce genre d’équipée hasardeuse se traduit rarement en termes de libération ».
Le bombardement de l'école de Minab est survenu le premier jour de la guerre. Bombardement que les médias analysent chacun leur tour pour arriver à la même conclusion : c’est probablement un tir américain qui a visé école, faisant des dizaines de victimes. Le Monde déclare ainsi « avoir analysé des images inédites prouvant la présence d’enfants parmi les personnes tuées dans cette école ». Le quotidien français raconte :« Dans les décombres d’un bâtiment en ruines, les secouristes iraniens découvrent le corps inanimé d’une enfant, encore vêtue d’un uniforme vert turquoise ». Pour le Monde, il n’y a pas de doute : « Malgré sa proximité immédiate avec une base militaire des gardiens de la révolution, elle aussi bombardée le 28 février, les images prouvent que le bâtiment était une école ». « Les États-Unis sont probablement responsables », titre de son côté la Republica, qui s’appuie sur des sources citées par l’agence de presse Reuters. Le quotidien italien rappelle aussi que « cibler délibérément une école ou un hôpital constitue un crime de guerre au regard du droit international humanitaire ». À moins qu’il ne s’agisse d’une « bavure » ? Washington fait savoir qu’une enquête de l’armée américaine est en cours. La peur des mollahs À Téhéran, la capitale iranienne visée cette nuit par d’intenses frappes, la population oscille entre crainte et espoir. Le Jérusalem Post affirme que « selon des sources à l’intérieur de la capitale », « quelque chose a changé dans l’atmosphère de la ville. Non pas à cause du deuil, mais en raison d’une ambiance électrique, d’une attitude d’attente ». « Les gens, assure le quotidien israélien, ne sont pas nombreux à sortir, mais ceux qui le font affichent ce qu’une source décrit "comme un regard radieux", comme si, pour la première fois depuis des années, ils s’autorisaient à espérer ». Toutefois, la peur du régime des mollahs n’a pas disparu, selon le quotidien français Libération, qui s’informe auprès d’un journaliste iranien dont l’anonymat est préservé. Selon ce journaliste, « beaucoup de gens disent qu’ils ont davantage peur du gouvernement que des bombes ». « À Téhéran, explique le reporter iranien, rares sont ceux qui osent quitter leur domicile, et encore moins descendre dans la rue pour exprimer leur colère. Même derrière leurs fenêtres ou sous les toits, personne n’est à l’abri. Dans plusieurs quartiers résidentiels de la capitale, les forces de sécurité ont tiré en direction des appartements d’où provenaient des chants hostiles aux mollahs ». Quel scénario en 2026 ? Au Liban, le journal l’Orient-le Jour s’interroge sur les intentions d’Israël qui bombarde les quartiers sud de Beyrouth. « Quelle guerre Israël va-t-il mener au Liban cette fois-ci ? » se demande le quotidien francophone libanais, qui a interrogé le général à la retraite Khaled Hamadé. Selon lui, la guerre en 2026, ne ressemblera « ni à celle de 2006, ni à celle de 2024 ». Il n’envisage toutefois pas l’avenir avec optimisme : « Ce n’est que le début, estime le général à la retraite. Tant que la guerre continue, les Israéliens vont continuer à mener des frappes, détruisant petit à petit la banlieue sud de Beyrouth ». L’Orient-le Jour a également interrogé un diplomate occidental qui s’inquiète des rapports de force. « Le problème, estime-t-il, c’est que cette fois-ci les Américains sont occupés par la guerre en Iran, ce qui donne aux Israéliens une marge de manœuvre plus grande ». Le même diplomate ajoute : « Pour éviter un tel scénario si le conflit se prolonge, il faut que l’Etat libanais se montre ferme face au Hezbollah ». Analyse que partage Khaled Hamadé. Le général à la retraite estime en effet « que les Israéliens vont augmenter la pression, au fur et à mesure en rendant inhabitables toutes les régions qui portent la signature du Hezbollah, à moins que l’État parvienne à séparer le Liban de la République islamique d’Iran ». À lire aussi[En direct] Guerre au Moyen-Orient: l'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé, dit son président
C’est le Washington Post qui pose la question de la résistance de l'Iran. Le quotidien américain fait le bilan d’une (presque) première semaine de combats : « La campagne aérienne américano-israélienne contre l’Iran a décimé les plus hauts échelons du pouvoir politique et militaire, détruit des infrastructures de commandement et de contrôle militaires essentielles ainsi que des capacités de combat, et endommagé des bâtiments civils à travers tout le pays ». Pour autant, remarque le Washington Post, « la structure dirigeante de Téhéran est restée étonnamment résiliente (…) Malgré l’intensité des frappes et des destructions, aucune défection significative au sein du régime, ni aucun soulèvement populaire n’ont été signalés à ce jour ». Le quotidien américain cite les propos de Gregory Brew, spécialiste de l’Iran au sein du groupe Eurasia, qui analyse ainsi la situation : « Les Iraniens savent qu’ils ne peuvent pas vaincre la plus puissante armée du monde, mais grâce à la guerre asymétrique, ils peuvent tenter d’infliger un maximum de dégâts aux États-Unis, pour les contraindre à une désescalade ». Drones Le Parisien remarque, lui aussi, que le régime iranien est loin d’être vaincu. « Comment Téhéran résiste avec une riposte "low-cost" », titre le quotidien, « les drones iraniens Shahed s’acharnent sur les monarchies du Golfe et mettent les États-Unis en difficulté ». Le Parisien partage l’analyse du Washington Post : « Les deux camps poursuivent des objectifs différents, à la hauteur de leurs moyens, l’un veut éliminer son adversaire, l’autre tente de l’épuiser ». Téhéran mise donc sur ses drones, qui mettent en difficulté les Américains et leurs alliés. Au point, souligne le quotidien allemand die Welt, que « les États- Unis demandent de l’aide aux Ukrainiens ». En effet, les Ukrainiens sont devenus experts en matière de drones Shahed iraniens, puisque ce sont ceux que la Russie utilise contre eux. Savoir-faire Selon die Welt, il y a en la matière un « problème que seuls les Ukrainiens ont, jusqu’à présent, su résoudre. » Car si les États-Unis savent « abattre un drone Shahed », explique le quotidien allemand, « ils ignorent comment en détruire des centaines, sans se ruiner ». En effet, un drone Shahed « coûte seulement entre 30 000 et 50 000 dollars, assure die Welt, « un missile intercepteur Patriot coûte, lui, environ trois millions de dollars ». D’où le risque de « perdre une guerre économique, une guerre que même les riches États du Golfe ne sont pas prêts à mener », explique le quotidien allemand. Alors sur quoi repose aujourd’hui le savoir-faire des Ukrainiens ? « Sur des équipements simples, tels des dispositifs de vision nocturne et des mitrailleuses lourdes montées sur des pick-ups », explique die Welt. Savoir faire que Volodymyr Zelensky est donc disposé à partager avec les pays occidentaux et les pays du Golfe. Risque de crise migratoire Cette nouvelle guerre du Golfe risque, par ailleurs, de jeter sur les routes des milliers de réfugiés. Et c’est l’Union Européenne qui s’en inquiète. « Bruxelles s’inquiète d’une nouvelle crise migratoire, tout en refusant de donner dans l’alarmisme », annonce le journal Le Soir. Le quotidien belge explique que « le sujet s’est imposé, hier, lors de la réunion des ministres de l’Intérieur des Vingt-sept. » Mais pour l’instant, « aucun mouvement important n’a été observé aux frontières extérieures de l’Iran », assure Magnus Brunner, le commissaire européen aux Affaires intérieures et aux Migrations. Pourtant, si l’on en croit le Times, des « Iraniens fraîchement arrivés à Calais, dans le nord de la France, attendent leur tour pour être clandestinement conduits en Grande-Bretagne ». Ils ne sont pour le moment « qu’une vingtaine d’hommes et de femmes », mais ces réfugiés assurent que « beaucoup d’autres sont en route » explique le quotidien britannique. Il s’agit surtout d’Iraniens ayant fui la répression sanglante du mois de janvier, mais, nous dit le Times, « les experts internationaux ont averti que le conflit en Iran pourrait provoquer un afflux de migrants d’une ampleur sans précédent, aux frontières du continent européen ».
Pour L’Orient-Le Jour à Beyrouth, la réponse est sans ambiguïté… « Il apparaît clairement que les États-Unis et Israël se préparent à des opérations terrestres au Liban mais aussi en Iran dans les prochains jours. C’est dans ce cadre que l’État hébreu a ordonné hier l’évacuation de toute la zone du sud du Litani et que des forces israéliennes ont pénétré dans plusieurs localités et villages frontaliers libanais relevant de la juridiction des Casques bleus. (…) Israël veut mener une opération militaire terrestre s’étendant sur une profondeur de 15 kilomètres, en prendre le contrôle et en faire une zone tampon, dans une configuration qui rappelle les années 1980 et 1990. » Et pour ce qui est de l’Iran, « le président américain Donald Trump a déclaré qu’il n’excluait pas l’option d’une invasion terrestre de l’Iran », rappelle L’Orient-Le Jour. « Parallèlement, des informations et des rapports évoquent des mouvements de groupes kurdes dans l’ouest du pays, soit pour lancer un processus visant à renverser le régime, soit pour réclamer l’établissement d’une région autonome. » Toujours selon le quotidien libanais, « ces groupes kurdes pourraient lancer prochainement une action militaire dans l’ouest de l’Iran pour en chasser les gardiens de la révolution et les forces de sécurité iraniennes. Des informations évoquent également un soutien américain à ces opérations, voire l’entrée de forces spéciales américaines dans cette zone, ou encore des opérations de débarquement aérien ou maritime de commandos vers le territoire iranien afin de mener davantage d’actions susceptibles de conduire à la chute du régime. » La CIA aurait fourni des armes aux Kurdes… « La guerre contre l’Iran s’est jusqu’à présent déroulée dans les airs et sur mer, mais une offensive terrestre dans le nord-ouest de la République islamique pourrait être imminente. » C’est du moins ce qu’affirme Die Welt à Berlin, qui cite plusieurs sources, dont le portail d’information Axios et le New York Times. Selon le quotidien américain, en effet, « la CIA aurait fourni des armes légères aux forces kurdes iraniennes en Irak dans le cadre d’un programme secret qui aurait débuté avant la guerre actuelle. (…) Toute intervention américaine visant à soutenir les Kurdes dans une incursion en Iran, ou toute forme d’insurrection sur place, constituerait un tournant inattendu dans ce conflit, pointe le New York Times. Si l’incursion était d’envergure, elle pourrait contraindre l’armée iranienne à réagir, permettant ainsi aux avions américains ou israéliens de la cibler. » Ce qui est sûr, rapporte Le Monde à Paris, c’est que depuis le début des bombardements, « Israël pilonne l’appareil de sécurité intérieure iranien à Téhéran, pour faciliter un soulèvement après-guerre. L’aviation de l’État hébreu maîtrise le ciel de la capitale iranienne et multiplie les frappes contre des institutions politiques et l’appareil répressif du régime, en vue de provoquer son écroulement. » Nétanyahou va-t-il « frapper fort » ? Autre certitude, du moins cette fois selon Libération : Benyamin Nétanyahou « joue un rôle moteur » dans cette guerre : « pour le Premier ministre israélien, l’objectif est double, pointe le journal : débarrasser le pays de la menace iranienne, que les Israéliens considèrent comme existentielle, et en profiter pour laminer le Hezbollah tout en grappillant toujours plus de terrain au Liban après avoir remis la main sur Gaza. D’où l’ampleur de l’offensive israélienne lancée après des tirs de roquettes du Hezbollah. Depuis lundi, précise Libération, les bombardements sur le sud du Liban ont tué plus de 70 personnes et poussé près de 90.000 autres à fuir. Hier, la panique était totale sur les routes, et le pire n’est peut-être pas survenu, s’exclame le journal. Puisque l’armée israélienne prépare une incursion terrestre d’ampleur dans le but d’éliminer des chefs ou des sites du Hezbollah et surtout d’occuper une partie du territoire. La guerre au Moyen-Orient s’élargit donc chaque jour davantage, pointe le quotidien français, et Netanyahou risque de frapper d’autant plus fort dans les jours à venir qu’il sait Trump de plus en plus fragilisé en interne par le camp Maga et qu’il voit venir le moment où celui-ci devra, comme en juin, mettre un terme à la guerre… Si c’est encore possible, vu la folie vengeresse qui s’est emparée de la région. »
Donald Trump est furieux, furieux contre les Européens qu’il accuse de ne pas être à ses côtés dans la guerre contre l’Iran. Particulièrement visés, l’Espagne et le Royaume-Uni. Pour ce qui est de l’Espagne, « nouvelle attaque verbale de Donald Trump, note Le Figaro à Paris. Le président américain a menacé hier de "cesser tout commerce avec l’Espagne", lui reprochant son refus de laisser les États-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l’Iran et ses dépenses militaires qu’il juge insuffisantes. "L’Espagne a été lamentable", a-t-il répété. » Motivation légitime… Madrid est dans son droit, rétorque El Pais à Madrid. « Dès le départ, le Premier ministre Pedro Sánchez a exprimé une position conforme au droit international, pointe le quotidien espagnol, en rejetant l’attaque de samedi dernier, celle-ci ne se fondant ni sur une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU ni sur le principe de légitime défense (aucune preuve tangible n’indique que l’Iran planifiait des attaques imminentes). Le refus de Pedro Sánchez d’autoriser l’utilisation des bases américaines situées sur le territoire espagnol pour le soutien logistique de l’offensive découle de ce principe et est protégé par le traité régissant leur utilisation. Le coût politique pourrait être élevé, mais sa motivation est légitime. » Reste, estime El Pais, que Pedro Sánchez doit s’expliquer publiquement et non par de simples déclarations sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, il est essentiel que le gouvernement espagnol s’efforce de forger une position commune en Europe. Même, reconnait le journal, « s’il serait naïf de sous-estimer la difficulté d’y parvenir. » « Starmer n’est pas Churchill… » Pour ce qui est du Royaume-Uni, Donald Trump s’en est violemment pris au Premier ministre Keir Starmer hier. « Le refus initial de Keir Starmer d’autoriser les États-Unis à utiliser des bases britanniques pour bombarder l’Iran a jeté un froid, constate le Times à Londres, et a suscité une réaction sarcastique de la part de Trump. » Trump qui a lâché cette pique : « Keir Starmer n’est pas Winston Churchill… » Et le Times de s’interroger : « La "relation spéciale" entre nos deux pays est-elle morte ? » Le Guardian, pour sa part, en appelle au Parlement : « Tous nos gouvernements successifs ont consulté les députés avant d’utiliser la force. Si le territoire britannique est utilisé pour autre chose que des frappes défensives en Iran, la Chambre des communes devrait se prononcer. La Convention sur les pouvoirs de guerre vise à prévenir toute dérive. Soutenir les frappes américaines en vue d’un changement de régime ou d’une dégradation stratégique risque de faire du Royaume-Uni un cobelligérant dans une guerre illégale. » La priorité de l’Allemagne ? L’Ukraine ! Quant à l’Allemagne, elle reste prudemment à l’écart… « Ni les États-Unis, ni Israël ne s’attendent à une intervention militaire de Berlin, pointe Die Welt. La Maison Blanche n’a même pas jugé nécessaire d’informer le chancelier Friedrich Merz de la guerre imminente avant l’attaque. Pourquoi l’aurait-elle fait ? L’Allemagne, puissance moyenne, n’a aucune légitimité militaire dans la région. » Sa priorité est à ses frontières, affirme encore Die Welt : « son Moyen-Orient commence à la frontière ukrainienne » et son objectif prioritaire est « tout mettre en œuvre pour empêcher l’effondrement de l’Ukraine et ralentir la progression de la machine militaire russe ». La France plongée dans le conflit à son corps défendant Enfin, note Le Monde à Paris, « la France s’engage dans le conflit dans une logique "strictement défensive" », selon les mots d’Emmanuel Macron hier soir qui s’exprimait « depuis son bureau de l’Élysée où était posé, remarque le journal, un petit soldat de plomb de la garde napoléonienne, fusil en joue ». Le porte-avion Charles de Gaulle a mis le cap vers la Méditerranée orientale. Commentaire du Monde : « Cette guerre, la France ne l’a pas voulue. Mais voici le pays plongé, presque à son corps défendant dans un conflit régional au Proche-Orient à l’issue incertaine. (…) Le temps de 2003, où, depuis la tribune des Nations unies, la France brandissait le respect du droit international pour s’opposer à la guerre en Irak voulue par les Etats-Unis, ce temps est révolu. L’heure est au pragmatisme face à une opération militaire qui pourrait, en cas de succès, faire tanguer un régime jugé criminel. »
« En l’espace de 3 jours, constate le Washington Post, le conflit iranien s’est étendu bien au-delà des cibles initiales en Iran pour menacer quelque 300 millions de civils dans plus d’une douzaine de pays. (…) Missiles et drones ont été lancés vers les capitales du golfe Persique. Des hôtels et des immeubles d’habitation aux Émirats arabes unis ont été touchés. Israël a bombardé des positions du Hezbollah au Liban. Des milices alignées sur Téhéran ont revendiqué des frappes de la Méditerranée à la mer Rouge. À Chypre, des explosions ont retenti avant-hier sur une base britannique, faisant de ce pays le premier en Europe à être touché. » Libération à Paris s’interroge : « Et si l’opération militaire lancée sur l’Iran par Donald Trump et Benyamin Nétanyahou devenait hors de contrôle ? Les deux leaders ont entrepris de redessiner la carte du monde en fonction de leurs intérêts, sans aucune concertation avec le reste de la communauté internationale et au mépris total des règles du droit. Et on en voit le résultat aujourd’hui, pointe Libération : au fil des jours, le conflit s’étend, menaçant de s’internationaliser. Certes, en éliminant samedi Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, les deux hommes ont débarrassé la planète d’un tyran sanguinaire qui opprimait son peuple et tirait bon nombre de ficelles du terrorisme mondial. Mais, s’interroge encore Libération, ont-ils bien mesuré les risques de chaos local, régional voire international que cela pouvait engendrer ? Le risque d’embrasement d’un monde en surchauffe où la moindre étincelle peut se révéler fatale ? » Trump prend le plus grand risque de sa présidence… « En Iran, Donald Trump a rompu avec quarante-cinq ans de prudence, relève pour sa part Le Figaro. Depuis 1979, tous ses prédécesseurs ont été tentés d’abattre le régime antiaméricain de Téhéran. Tous se sont ravisés face au risque d’une telle entreprise… Pas Donald Trump, qui a mis le doigt dans un dangereux engrenage. Décapité au premier jour de la guerre, le régime des mollahs est loin de s’avouer vaincu. Obsédé par sa survie, préparant l’affrontement depuis des décennies, il fait monter les enchères, pointe encore Le Figaro, et mise sur un embrasement du Moyen-Orient pour contrer la "Fureur épique" du président américain. » « Avec cette guerre contre l’Iran, Donald Trump prend le plus grand risque de sa présidence », renchérit le New York Times. Il met en péril la vie de soldats américains, il créée l’instabilité dans la région la plus instable du monde, et fragilise sa propre position politique. Confronté à une baisse de sa popularité et à la possibilité que les républicains perdent le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat, Donald Trump a plongé les États-Unis dans ce qui s’annonce comme leur conflit militaire le plus vaste depuis l’invasion de l’Irak en 2003. » « Donald Trump dans l’antichambre d’un nouveau bourbier en Iran ? », s’interroge Le Devoir à Montréal. « Le président américain rejoue une sinistre partition en redéployant la stratégie douteuse des armes de destruction massive de Bush en Irak. » En effet, complète Le Monde à Paris, « entré en politique en dénonçant l’aventurisme guerrier de George W. Bush en Irak, Donald Trump n’a jamais fait la preuve de son goût pour les efforts diplomatiques et militaires de longue haleine, ni de sa capacité à assumer les conséquences d’une décision funeste. C’est dire les risques que comporte sa guerre contre l’Iran, qu’il a déclarée seul, sans aucun mandat des Nations unies, et dont il sera donc seul comptable. » Et la suite ? « Et aujourd’hui, rien ni personne ne semble vouloir calmer le jeu, soupire Le Soir à Bruxelles. Les Nations unies ont été niées dans l’affaire. Plus personne n’est au-dessus de la mêlée pour rassembler, dialoguer, temporiser. Il ne faut certainement pas attendre cela d’un président américain qui a promis hier que "le gros de l’opération n’avait pas encore eu lieu". » Enfin, cerise sur le gâteau, cette guerre en Iran pourrait déboucher sur un changement de régime, certes, mais pas celui attendu. D’après le Wall Street Journal, selon des sources proches de la CIA, la mort de Khamenei pourrait permettre à des extrémistes et tenants de la ligne dure du régime au sein des Gardiens de la révolution de prendre le pouvoir.
C’est le grand titre de Libération à Paris. « Après les frappes aériennes et la mort d’Ali Khamenei, l’Iran plonge dans l’inconnu », pointe le journal. « "Mort au dictateur !", "Mort à Khamenei !", avaient crié ces milliers d’Iraniens qui, il y a moins de deux mois, perdaient la vie dans la rue, s’exclame Libération. Aujourd’hui, il y a forcément de la joie à voir cette image omniprésente, ce symbole si constitutif du régime dictatorial s’écrouler. Mais se réjouir ne doit pas faire oublier que les Iraniens, et tous les peuples de la région, subissent les bombes et l’incertitude ; que le régime ne se résume pas à la figure du Guide mais qu’un puissant appareil militaro-répressif est toujours en place ; que le plan pour la suite n’aura de légitimité que s’il est écrit par les Iraniens d’Iran et pas par ceux qui, à des milliers de kilomètres de là, veulent décider pour eux ». « La partie est loin d’être gagnée, soupire pour sa part Le Figaro. Certes, le régime a été décapité. Mais, depuis 1979, les mollahs se sont solidement enracinés et la succession est organisée. Sans troupes au sol, une campagne de bombardements - aussi efficace soit-elle - suffira-t-elle à leur faire lâcher prise ? Que peut le peuple iranien désarmé, s’interroge encore Le Figaro, face aux gardiens de la révolution, forts de 200 000 hommes aguerris et qui jamais n’ont hésité à tirer sur la foule ? Le président américain imagine que l’armée finira par basculer du côté de la rue, entraînant derrière elle les gardiens de la révolution, motivés par leur survie. Le pari est osé. » Une « dangereuse incertitude » « Un tyran s’effondre. Une dangereuse incertitude s’installe, renchérit le New York Times. Il n’y a pas d’opposition structurée en Iran, ce qui engendre bien des questions quant à l’avenir. (…) Le vide du pouvoir pourrait permettre aux factions radicales des Gardiens de la révolution de prendre le contrôle de la situation. Les risques de guerre civile, de massacres internes et d’instabilité régionale sont considérables. (…) L’approche de Donald Trump en matière de politique étrangère laisse penser qu’il fera peu de cas de la stabilité de l’Iran, soupire encore le New York Times. Depuis le début de son second mandat, il a ordonné des interventions militaires dans sept pays. Il y a à peine deux mois, il a destitué le dictateur vénézuélien Nicolás Maduro, mais il a laissé ses adjoints au pouvoir, tout en abandonnant un parti d’opposition qui bénéficiait d’un large soutien populaire. Son comportement vis-à-vis de l’Iran a été tout aussi impulsif ». « Dites-nous, Monsieur Trump » Alors, L’Orient-Le Jour à Beyrouth s’interroge : « Si le régime iranien ne capitule pas, le couple américano-israélien est-il prêt à mener une guerre de longue haleine ? Et si l’appareil sécuritaire tient malgré tout, si la rue ne parvient pas à le renverser, si les manifestants sont tués par milliers ou si la suite est chaotique, qui en portera la responsabilité ? » « Dites-nous, Monsieur Trump, comment cette opération iranienne va se terminer », insiste le Times à Londres qui souligne que « l’invasion de l’Irak et l’intervention en Libye nous rappellent le prix à payer pour tenter un changement de régime au Moyen-Orient ». Enfin, il y a ce sentiment de malaise… C’est ce que souligne Le Soir à Bruxelles. Malaise à voir « ce président américain qui se mue en maître du monde et qui s’acoquine avec un Premier ministre israélien recherché par les juges à La Haye ». Malaise aussi à voir ce « régime iranien théocratique qui tue ses citoyens sans états d’âme ». Et « comment en même temps justifier que s’instaure désormais la loi du plus fort ? », s’exclame encore le quotidien belge. « Ce plus fort dit se fonder sur des valeurs comme la défense de la liberté et de la démocratie pour, en réalité, mieux asseoir sa domination sur des régions et veiller sur ses intérêts et ceux de ses plus proches alliés… »
La mort du Guide suprême fait la Une des journaux et des sites d’information, quelques heures après l’annonce faite par Donald Trump, confirmée un peu plus tard par Téhéran. C'est le résultat des frappes israéliennes et américaines lancées samedi pour une raison précise, affirme le Wall Street Journal : « Les services de renseignement militaires et israéliens attendaient depuis longtemps une réunion de hauts responsables politiques et militaires iraniens, où ils pourraient tous être tués en même temps. Et [samedi], ils avaient l’information que trois réunions étaient prévues. Événement tellement exceptionnel que les avions de combat américains et israéliens ont frappé en plein jour ». Le Washington Post, lui, met l’accent « sur les pressions exercées par Israël et le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane », qui auraient fini par décider Donald Trump. Politico, de son côté, estime que le président américain « a finalement perdu patience », alors que « l’arrivée du porte-avions USS Ford en Méditerranée lui offrait toute la gamme des options militaires qu’il pouvait souhaiter ». Qui va prendre le pouvoir ? « Ali Khamenei, dirigeant impitoyable et pragmatique », nous dit le Guardian, à Londres, « sera probablement remplacé par des figures intransigeantes ». Le Sunday Times, lui, estime que « l’Iran entre dans une grande période d’instabilité, où des manifestants sans armes vont peut-être affronter de nouveau les forces armées, cette fois-ci sous les bombardements américains et israéliens ». « Le fils de Khamenei, Mojtaba, 56 ans, est pressenti pour lui succéder », ajoute le Sunday Times. De son côté, Die Welt croit savoir qu’Ali Khamenei avait un plan « pour conserver le pouvoir après sa mort ». Le quotidien allemand précise « qu’il avait prévu sa succession par le biais d’une organisation du pouvoir complexe : en attendant l’élection d’un successeur par le Conseil suprême, explique le quotidien allemand, un organe tripartite, assumera les fonctions du défunt Guide. Organe composé du président, du chef du pouvoir judiciaire et d’un membre du Conseil des gardiens de la révolution, confirmé par l’assemblée des experts. De fait, analyse die Welt, cela représente un compromis entre les différentes factions de l’élite dirigeante. » Inquiétude et confusion Comment la population iranienne va-t-elle réagir ? Question posée par El País. Le quotidien espagnol essaie de savoir ce qui se passe sur place, en Iran. « À Téhéran, l’inquiétude et la confusion règnent, raconte un habitant de la capitale. Les principaux axes routiers menant hors de Téhéran sont embouteillés par des gens qui tentent de fuir en voiture. De nombreux citoyens font la queue pour acheter de la nourriture et du carburant, ajoute El País, ils se préparent à affronter plusieurs jours d’attaques. » Une autre habitante de Téhéran, dénonce, elle, « l’absence d’alertes officielles (…) Aucune alarme n’a été déclenchée alors qu’ils ont attaqué en plein jour. Ce régime a dépensé des milliards d’argent public pour son programme militaire et balistique, mais tout ce qu’il sait faire, c’est réprimer et tuer des manifestants. » Incertitudes La presse israélienne s’interroge, elle, sur les conséquences de cette nouvelle guerre pour l'État hébreu. Le quotidien d’opposition Haaretz estime qu’Israël « ne peut pas se permettre une longue guerre contre l’Iran » mais remarque que « le fait que les États-Unis soient pleinement associés à cette opération renforce la puissance d’Israël et lui confère un avantage stratégique majeur ». Toutefois, face à la contre-attaque iranienne, le quotidien israélien ne cache pas son inquiétude, estimant « que nul ne peut prédire le coût de l’opération ». Haaretz se demande : « Combien de missiles parviendront à percer les défenses ? Combien de civils seront tués et combien de familles seront à nouveau sans abri ? »
« Israël et les États-Unis lancent des frappes contre l’Iran », a annoncé le New York Times. « De fortes explosions sont entendues à Téhéran. Et les sirènes d’alerte aériennes ont retenti dans tout Israël. Cette attaque, ajoute le quotidien américain, fait suite à des mois de tensions régionales croissantes sur fond de menaces d’attaques proférées par le président américain. « Les responsables américains affirment s'attendre à ce que cette attaque soit beaucoup plus étendue que les frappes de juin dernier contre les installations nucléaires iraniennes », ajoute le New York Times, selon lequel « le gouvernement israélien a suspendu les vols civils à destination et en provenance du pays à la suite de cette attaque contre l'Iran ». Le Washington Post parle de son côté « d’une opération conjointe qui risque de dégénérer en un conflit plus large dans l’une des régions les plus sensibles du monde ». Escalade attendue Autre région sous tension dans le monde : l’Afghanistan et le Pakistan, désormais en guerre. « Le Pakistan déclare l’état de guerre ouverte après avoir bombardé d’importantes villes afghanes, dont la capitale Kaboul », explique le Guardian. Le journal britannique rappelle le contexte : « Les tensions entre le Pakistan et l’Afghanistan sont vives depuis des mois (…) Le Pakistan accuse le gouvernement taliban afghan d’abriter des groupes islamistes qui mènent des attaques transfrontalières. Il l’accuse aussi de s’allier à l’Inde, rival régional et ennemi de longue date. » Pour le quotidien français le Monde, « il s’agit là d’une escalade attendue, aux conséquences imprévisibles ». À Madrid, El País estime que « cette escalade marque l’apogée de plusieurs mois de détérioration rapide des relations bilatérales, et constitue l’épisode le plus grave depuis le retour au pouvoir des talibans en août 2021 ». Effectivement, renchérit Le Monde, « l’Afghanistan et le Pakistan ont longtemps été proches, mais leurs relations se sont considérablement dégradées depuis août 2021. Islamabad accuse l’Afghanistan d’offrir un refuge aux talibans pakistanais, responsables de nombreux attentats sur le sol pakistanais. » À lire aussi[En direct] Visé par des frappes israélo-américaines, l’Iran riposte en visant les pays du Moyen-Orient
La Commission chargée d’enquêter sur l’affaire Epstein, par laquelle Hillary Clinton a été interrogée, est une commission à « majorité républicaine », précise le Wall Street Journal. L’ancienne première dame et secrétaire d’État était donc en terrain hostile, alors qu’on lui demandait de dire ce qu’elle savait sur les liens entre son mari, l’ex-président Bill Clinton, et le pédo-criminel américain. La réponse d’Hillary Clinton a été claire : « Elle a déclaré à plusieurs reprises qu’elle n’avait aucune connaissance des agissements condamnables de Jeffrey Epstein », explique le Wall Street Journal, mais cela n’a semble-t-il pas suffi au président du comité de surveillance, le représentant républicain James Comer, selon lequel, « les républicains ne sont pas satisfaits de certaines réponses, et vont approfondir leurs questions avec Bill Clinton », qui doit être entendu ce vendredi. À Rome, la Repubblica se fait aussi l’écho de l’audition de l’ex-première dame et précise qu’elle n’a pas hésité à retourner l’accusation : « Si vous voulez connaître la vérité sur l’affaire Epstein, a-t-elle dit, interrogez Trump sous serment. Et peut-être aussi son ancien allié et ami, Elon Musk. » Pour la Repubblica, « contraindre les Clinton à témoigner était pour les républicains le moyen le plus simple de détourner l’attention de Trump, qui est en réalité bien plus cité et présent dans les documents publiés ». « Déshumanisation » Alors que l’Ukraine vient d’entamer sa cinquième année de guerre, le Kiev Post publie le témoignage d’un ancien prisonnier de guerre. Il s’appelle Oleksii, et il raconte ce qu’il a vécu : « Torture, simulacres d’exécution et deux ans sans voir la lumière du jour ». Il a été capturé le 8 juin 2024, « lorsque les forces russes ont pris d’assaut sa position dans la région de Kharkiv. À court de munitions, il n’a pas pu résister », explique le Kiev Post, qui l’a interrogé : « Ce qui a suivi, raconte l’ancien prisonnier, ce n’est pas seulement la détention, mais aussi un processus systématique de déshumanisation. On ne nous appelait pas par nos noms, ils ne parlaient pas de prisonniers ou de soldats, il y avait seulement des insultes. » Oleksii, raconte encore les simulacres d’exécution : « À deux reprises, dit-il, ils m’ont pointé un pistolet sur le front et ont appuyé sur la détente alors que le chargeur était vide. À chaque fois, on dit adieu à la vie, on croit que c’est vraiment la fin. » Mais l’ancien prisonnier a réussi à survivre : il a certes « perdu 15 kilos lors de sa captivité », mais il s’est accroché, raconte-t-il, « en pensant à son bébé, une petite fille qui venait de naître ». Situation critique Au Royaume-Uni, la question des médecins étrangers revient à la Une de l’actualité. « La baisse du nombre de travailleurs étrangers est une véritable catastrophe pour les hôpitaux et les maisons de retraite », titre le Guardian, qui cite les « experts ». Explications du quotidien britannique : « Les métiers du soin sont particulièrement touchés par le virage à droite du Royaume-Uni en matière d’immigration. C’est ce que montre une analyse du ministère de l’Intérieur. » Ces données « révèlent que le nombre d’infirmières étrangères autorisées à entrer au Royaume-Uni a chuté de 93 % en trois ans ». La situation est critique, les experts cités par le quotidien britannique parlent même de « catastrophe imminente ». Pour l’association caritative Work Rights Centre, « l’impact du virage à droite du Royaume-Uni sur les migrations ne fera qu’aggraver la pénurie de compétences, l’inflation, les hausses d’impôts et les difficultés à répondre aux besoins d’une population vieillissante ». « Les ministres doivent se réveiller, estime la directrice des soins infirmiers du Royal College of Nursing : "s’ils continuent à pousser dehors le personnel infirmier étranger et de rendre le Royaume-Uni peu attractif, tout en ne faisant quasiment rien pour investir et développer la main-d'œuvre nationale, leurs réformes seront vouées à l’échec." » Pour autant, le gouvernement britannique ne semble pas décidé à revoir sa position : le ministère de l’Intérieur l’assure : « Nous n’avons aucun regret d’avoir maîtrisé l’immigration ».
« Qui sera le prochain chef du cartel de Jalisco ? » : question posée par le Times à Londres. « Le Cartel de Jalisco Nouvelle Génération, qui se fait appeler "La Compagnie", figure parmi les organisations criminelles les plus puissantes au monde. Véritable empire du trafic de drogue et de l’extorsion, ce cartel dispose d’un patrimoine estimé à 50 milliards de dollars et d’une armée privée. Et, depuis dimanche dernier, il n’a plus de chef, pointe le quotidien britannique. L’élimination par les forces de sécurité mexicaines, lors d’une opération conjointe avec les services de renseignement américains, de l’homme le plus recherché du pays, Nemesio Oseguera Cervantes, dit El Mencho, a été saluée à Mexico et à Washington comme une victoire importante dans la lutte contre le crime organisé. » Seulement voilà… Qui va lui succéder, s’interroge le Times. « L’assassinat d’El Mencho a créé un vide et fait craindre un bain de sang ». Et maintenant ? Déjà, relève Le Monde à Paris, « la mort d’El Mencho a provoqué une flambée de violence inouïe à travers une grande partie du pays. En réaction à cette élimination, des blocages et des exactions ont eu lieu dans huit États fédérés. Des fusillades ont fait des dizaines de morts, tant du côté des forces fédérales que des criminels, tandis que Guadalajara, la deuxième ville du pays, s’est soudainement transformée en ville fantôme pendant plusieurs heures ». Et maintenant que va-t-il se passer ? « L’histoire récente, rappelle Le Monde, montre que l’élimination d’un baron ne met pas fin à la violence. Depuis le début de la "guerre contre la drogue" au Mexique, en 2006, plusieurs leaders ont été neutralisés ». Mais leurs organisations continuent « de fonctionner et de générer une violence plus ou moins diffuse. (…) Autrement dit, la "décapitation" des groupes criminels n’a pas abouti à la pacification promise ni à un ralentissement substantiel du narcotrafic. L’élimination d’El Mencho porte indubitablement un coup dur aux réseaux de commandement de son cartel, mais, prévient Le Monde, cette victoire tactique risque d’être sans lendemain si elle ne s’accompagne pas d’une intensification de la lutte contre les réseaux financiers, logistiques et de collusion institutionnelle. La présidente du Mexique Claudia Sheinbaum a commencé à s’y atteler, mais d’énormes progrès restent à accomplir ». À quand un vrai État de droit ? En fait, soupire El Pais à Madrid, « poursuivre, arrêter ou (même) exécuter les barons de la drogue restera vain tant que le Mexique sera privé d’un véritable État de droit ». Et le quotidien espagnol de dénoncer les réformes judiciaires menées par Carla Sheinbaum et son prédécesseur Manuel Andres Lopez Obrador qui ont finalement abouti à la paralysie des juridictions censées « lutter contre la corruption endémique dans le pays ou contrôler les transactions financières des différents groupes criminels et des politiciens qui les protègent. (…) Il faut instaurer un véritable État de droit, martèle El Pais, avec des juges capables de poursuivre et de condamner en toute transparence tous les maillons qui soutiennent et alimentent les réseaux criminels ». Et au-delà des politiques internes, souligne El Espectador, en Colombie, « le Mexique démontre aujourd’hui combien il est difficile de lutter contre le trafic de drogue sans une politique internationale en la matière ». Et le Mondial ? Enfin cette interrogation : quid de la Coupe du monde de football, dont le Mexique doit accueillir 13 rencontres, dans moins de trois mois ? « La situation commence à soulever des inquiétudes quant à la sécurité de la compétition », relève Libération à Paris. La Fifa et les autorités mexicaines se veulent rassurantes. Les autorités mexicaines qui « comptent sur un large attirail sécuritaire pour assurer l’encadrement des matchs, entre drones, utilisation de l’intelligence artificielle, caméras de surveillance et voitures blindées (…). Une sécurité qui devra également être assurée aux États-Unis et au Canada, les deux autres pays hôtes du tournoi, pointe encore Libération. Car la situation au Mexique n’est pas la seule raison qui interroge sur le déroulement de la Coupe du monde, alors que les appels au boycott se multiplient aux États-Unis, en contestation de la politique de Donald Trump et des récentes opérations de sa police fédérale de l’immigration ».
Les prochaines heures seront « décisives », s’exclame le Süddeutsche Zeitung à Munich : « Les États-Unis parviendront-ils à un accord avec l’Iran dans le différend concernant son programme nucléaire ? Ou bien Donald Trump ordonnera-t-il une attaque ? (…) Demain jeudi, précise le quotidien allemand, Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, et Steve Witkoff, envoyé spécial du président américain, se rencontreront pour la troisième fois à Genève. Les discussions porteront sur la possibilité d’éviter une guerre. La question est de savoir si la partie iranienne présentera une proposition suffisamment conciliante pour que le président Trump s’abstienne de toute frappe militaire, du moins provisoirement. Parmi les questions en suspens, il y a le programme nucléaire iranien, mais aussi les missiles balistiques du régime et son soutien à des milices comme le Hezbollah libanais. » Signes avant-coureurs En effet, tout pourrait se jouer demain jeudi, relève L’Orient-Le Jour à Beyrouth. « Dans l’éventualité où ses émissaires reviendraient bredouilles des dernières négociations avec les Iraniens, Donald Trump pourrait lancer une opération limitée pour tenter d’obtenir plus de concessions, sur le nucléaire ou au-delà. Pression ou préparation, les rumeurs se multiplient en tout cas sur la possibilité d’une frappe imminente, affirme le quotidien libanais. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réuni lundi un Conseil de sécurité, indiquant que son pays traversait des temps “complexes et très difficiles“, tandis que les médias locaux faisaient état des préparatifs du système de santé national pour faire face à une guerre prolongée. Washington évacuait le même jour le personnel non essentiel de son ambassade à Beyrouth. » L’armada américaine Ce qui est sûr, c’est que les États-Unis ont considérablement renforcé leur présence militaire dans la région. Le Washington Post a fait les comptes : « Plus de 150 avions, avions de combat, avavionsargos et avions ravitailleurs, ont été déployés vers des bases en Europe et au Moyen-Orient depuis la semaine dernière, depuis la fin du deuxième cycle de négociations nucléaires entre les États-Unis et l’Iran, sans avancée significative. (…) Des dizaines d’autres appareils, note encore le Washington Post, sont stationnés sur le porte-avions Abraham Lincoln, positionné au large des côtes omanaises depuis début février, et sur le porte-avions Gerald Ford, qui croise actuellement au large de la Crète. Les deux navires sont accompagnés de destroyers lance-missiles qui transportent des dizaines de Tomahawks, les missiles que les forces américaines ont utilisé en juin dernier pour frapper des cibles nucléaires iraniennes. » Menaces et interrogations Alors, « l’ombre de la guerre pèse de nouveau sur le Moyen-Orient et, une nouvelle fois, les États-Unis en sont la cause », pointe Le Monde à Paris. « Donald Trump, qui avait fait irruption en politique il y a plus de dix ans, en partie en dénonçant l’aventurisme guerrier des administrations précédentes dans cette région, menace ouvertement l’Iran de frappes d’une ampleur bien supérieure à celle de la guerre de juin dernier, déclenchée par Israël et à laquelle Washington s’était joint. Le précédent vénézuélien a montré que la concentration actuelle de forces militaires américaines à la périphérie du Golfe, même sans moyens terrestres, doit être prise au sérieux. Elle vise un régime définitivement discrédité par son choix de noyer dans le sang, en janvier, la vague de colère qui a saisi les Iraniens face à l’effondrement de leur économie. » Toutefois, relève Le Monde, « les menaces américaines soulèvent de graves questions. Donald Trump évoque une guerre dont les objectifs restent pour l’instant indéfinis. S’agit-il de renforcer sa position en vue de nouvelles négociations, de détruire un programme nucléaire dont il assurait pourtant en juin qu’il avait été anéanti ? La cible est-elle le programme balistique développé par Téhéran, qui constitue une menace réelle pour l’ensemble des voisins de la République islamique ? Envisage-t-il un changement de régime (…) ? » Et il y a d’autres interrogations, souligne encore Le Monde : « Trump envisage une opération militaire d’une importance considérable, sans le moindre vote du Congrès, qui dispose seul du pouvoir de déclarer la guerre. De même, une telle attaque dépourvue d’un blanc-seing des Nations unies serait évidemment illégale du point de vue du droit international, aucune légitime défense ne pouvant être avancée par Washington pour la justifier. »
Aux dires de Poutine, elle devait durer quatre jours… Demain, la guerre en Ukraine entrera dans sa cinquième année… « 1460 jours, soupire Le Soir à Bruxelles. Quasiment autant que la Première Guerre mondiale, déjà davantage que celle entre l’Allemagne nazie et l’URSS. Bientôt, au rythme actuel du massacre, deux millions de victimes, morts, estropiés à vie ou disparus, dans les deux camps. (…) Les chiffres sont effarants. La douleur, indicible. Tout cela pour des gains territoriaux quasi nuls, depuis que l’offensive russe arrivée aux portes de Kiev a été repoussée. Un Verdun des temps modernes. » Et, constate encore le quotidien belge, « la tragédie, pour l’Ukraine, pour l’Europe, mais aussi pour les Russes, c’est que nulle lumière n’apparaît au bout du tunnel. Sans capitulation de l’agressé, ni victoire décisive de l’agresseur. » L’impossible négociation « Il n’y aura pas d’accord. Il est impossible de pardonner à la Russie. Nous ne cesserons pas le combat. C’est impossible. » Ces propos d’un père ukrainien qui a perdu son fils sur le front en 2024, propos recueillis par la correspondante d’El Pais à Kiev, illustrent bien toute la détermination d’un peuple. « Seuls un peu plus de 17% des Ukrainiens pensent que la guerre prendra fin cette année, selon un sondage du Centre d’analyse Razumkov et du Forum de sécurité de Kiev. Et encore moins ce printemps, comme l’affirme le président américain Donald Trump. Ce n’est pas qu’ils ne souhaitent pas la fin du conflit, pointe le quotidien espagnol : ils sont épuisés et démoralisés, tant sur le front qu’à l’arrière. Mais ils hésitent à accepter une paix qu’ils jugent fragile et invraisemblable. Le même sondage révèle que trois Ukrainiens sur quatre sont convaincus que si leur gouvernement signe un accord, la Russie le violera et attaquera de nouveau dès qu’elle le jugera opportun. » En fait, rebondit La Repubblica à Rome, « aujourd’hui, Poutine n’a ni la force de gagner, ni la volonté d’arrêter. Le risque auquel nous sommes désormais confrontés est celui d’une guerre sans fin, d’une épreuve d’endurance sans issue, d’une succession de négociations qui ne sont utiles que parce qu’elles ont lieu. Face à ce risque, l’Europe doit se préparer à soutenir la résistance ukrainienne à l’invasion aussi longtemps que nécessaire. » Course de lenteur Justement, l’Europe, tout comme les États-Unis, est « tentée de jouer la montre… » C’est du moins ce qu’estime Le Monde à Paris. « Plutôt que de précipiter la signature d’un cessez-le-feu, qui les obligerait à déployer des troupes au sol, ils continuent de miser sur une guerre d’usure, qui laisse les Ukrainiens en première ligne face aux Russes. (…) Après une nouvelle année de ballet diplomatique et alors que les soutiens de Kiev doivent encore se réunir, demain mardi à Paris, une course de lenteur, nourrie d’ambiguïté stratégique, se joue en réalité entre les deux ennemis et leurs alliés, avec des scénarios de règlement du conflit très indécis. “Les deux camps sont en train de brûler, mais la question est de savoir lequel brûle le plus vite“, résume un diplomate cité par Le Monde. Pour Moscou, la guerre en Ukraine, malgré sa brutalité, s’apparente à un poison lent capable de miner les démocraties occidentales acculées à des dépenses de défense colossales. Côté européen, le pari d’une déstabilisation du pouvoir russe, sous le poids des sanctions économiques et des difficultés de recrutement de combattants, ce pari existe toujours. » Le paradoxe russe Enfin pour la chercheuse Anna Colin Lebedev, interrogée par Libération, la Russie de Poutine est dans une forme de fuite en avant… « La Russie n’est absolument pas engagée dans un processus de négociation, affirme-t-elle, elle n’a jamais bougé de ses positions ou fait le moindre pas vers des concessions. Les lignes rouges restent les mêmes. L’État russe ne semble pas désireux aujourd’hui de mettre fin à cette guerre autrement que si la victoire lui était offerte. » En fait, précise Anna Colin Lebedev, « la Russie est confrontée à une situation très paradoxale. D’un côté, le coût de la guerre est immense, (…) l’économie russe est en rade, le déficit budgétaire augmente, il devient difficile d’augmenter les capacités de production d’armes. Mais dans le même temps, la paix deviendrait aussi très coûteuse pour le pouvoir. Mettre fin à la guerre reviendrait à démobiliser les combattants qui sont sur le front. Or, pointe la chercheuse, l’État russe ne souhaite pas leur retour, il ne veut pas que les récits qu’ils rapporteront se diffusent largement dans la société russe. En outre, (…) la loyauté des milieux d’affaires est aujourd’hui en grande partie garantie par l’économie de guerre. À cause des sanctions, les marchés d’avant ont été perdus. Les nouveaux débouchés sont étroitement liés à la guerre et à la commande étatique. Et si celle-ci s’affaiblit ou disparaît, s’interroge Anna Colin Lebedev, quid de la loyauté de certaines élites vis-à-vis du pouvoir ? »
Son image, photo ou vidéo, est en Une de la plupart des grands journaux internationaux : Donald Trump mécontent, gesticulant, derrière un pupitre, « confronté aux limites de son pouvoir », titre Le Monde. « Le président américain voit un pan majeur de son action rejeté par la plus haute instance des États-Unis, remarque le quotidien français, au moment même où il fait face à une contestation grandissante sur son traitement de l’affaire Epstein et sur sa politique migratoire ». Les juges de la Cour suprême se sont donc prononcés vendredi contre les droits de douane de Donald Trump. Le Washington Post analyse cette décision : « La Cour ne se prononce pas sur le bien-fondé des droits de douane. Elle reconnaît toutefois qu’il s’agit d’une taxe importante et que la perception des recettes fiscales relève du pouvoir du Congrès ». Sur la forme, le New York Times remarque que « le président Trump a affiché un mépris manifeste pour la Cour suprême, qualifiant les juges qui ont voté contre ses droits de douane, de "fous et de toutous" ». Il est vrai que le président américain n’a pas l’habitude qu’on lui résiste et qu’il vient de subir ce que Le Monde qualifie de « grande gifle ». Taxe de 10% Ceci étant, Donald Trump a aussitôt répliqué en annonçant un nouveau droit de douane de 10%. « Trump impose une taxe douanière mondiale de 10% » titre le journal espagnol El Païs, alors qu’à Tokyo, le Japan Times précise que « le président s’est engagé à utiliser différents outils pour contourner la décision de la Cour suprême, et préserver les taxes à l’importation qu’il considère comme essentielles à sa politique économique et étrangère. » Quels sont ces « outils » que Donald Trump a l’intention d’utiliser ? Le New York Times nous dit qu’il s’agit « d’une loi commerciale de 1974, connue sous le nom d'article 122, qu’aucun président n’a jamais invoquée. » Le Figaro précise que « cette loi permet, sur une période de 150 jours, d’imposer jusqu’à 15% de surtaxes douanières à tout pays avec lequel les États-Unis affichent un déficit "important et sérieux". » Pour Le Figaro, ce n’est toutefois pas la fin de l’histoire « comme le démontrent les alternatives invoquées par le président Trump, estime le journal, la décision de la Cour suprême ne met pas un terme à l’incertitude qui pénalise le commerce mondial ». Interrogations et perspectives L’incertitude étant plus que jamais à l’ordre du jour, tout le monde sort sa calculette pour tenter d’y voir plus clair. À Buenos Aires, La Nacion est plutôt optimiste et estime que « grâce à l’accord signé avec les États-Unis, l’Argentine sera exemptée du nouveau droit de douane mondial de 10% décrété hier par Donald ». Le Times, de son côté, juge que Donald Trump aura moins de latitude avec la loi de 1974 qu’il compte invoquer : le quotidien britannique, souligne que ni « le taux de 145 % qu’il appliquait jusqu’alors aux produits chinois », « ni celui de 25 % aux produits canadiens », « n’est applicable avec la loi de 1974 sur le commerce ». Le Guardian cherche à évaluer les conséquences de la taxe de 10% annoncée par Trump, expliquant que « le gouvernement britannique s’attend à ce que sa position commerciale privilégiée soit maintenue », l’Union européenne déclarant, de son côté, « qu’elle analyse la décision de Donald Trump, tout en poursuivant ses efforts pour réduire les droits de douane imposés par les États-Unis sur les exportations européennes ». À Hong Kong, le South China Morning Post juge, lui, que la décision de la Cour suprême « prive la Maison-Blanche d’un outil puissant de pression sur Pékin, ce qui risque d’affaiblir la position de négociation de Washington ». Autant dire que les commentaires vont bon train et ce n’est sans doute pas fini…
« Trump fixe à l’Iran un ultimatum début mars et déploie des troupes supplémentaires », annonce Die Welt. Le quotidien allemand assure aussi « qu’une attaque potentielle est également en préparation depuis l’Allemagne et l’Europe ». La pression monte d’encore d’un cran et pourtant « Trump refuse d’expliquer les raisons d’une éventuelle offensive ni pourquoi elle devrait se produire maintenant », remarque le New York Times. « Rarement dans l’histoire moderne, les États-Unis se sont préparés à mener un acte de guerre majeur avec si peu d’explications ou de débat public », ajoute le quotidien américain : « bien qu’il soit largement obsédé par le programme d’armement nucléaire, le président américain a, avec ses conseillers, évoqué bien d’autres justifications pour une offensive militaire : protéger les manifestants que les forces iraniennes ont tués par milliers le mois dernier, détruire l’arsenal de missiles que l’Iran peut utiliser pour anéantir Israël ou encore mettre fin au soutien de Téhéran au Hamas et au Hezbollah ». « Les objectifs de Washington sont encore flous », analyse également l’Orient-le Jour. « Si une offensive iranienne se limitant à des installations nucléaires ou balistiques a été présentée à Donald Trump, explique le journal francophone libanais, une campagne pour éliminer un certain nombre de dirigeants politiques et militaires est également sur la table ». Le choc en Grande-Bretagne Arrêté hier matin et libéré dans la soirée, Andrew Mountbatten Windsor, apparaît en photo dans de nombreux journaux, à l’arrière d’une voiture, les yeux écarquillés. Le Times est en émoi et titre : « L’arrestation d’Andrew provoque la plus grave crise constitutionnelle du siècle. Le roi doit faire face à une menace bien plus grande que celles qu’ont connu tous ses ancêtres de l’époque moderne ». Le quotidien britannique remarque que le roi Charles « a publié une déclaration personnelle sans précédent », estimant que « la justice devait suivre son cours ». C’est dans le cadre de l’affaire Jeffrey Eipstein que l’audition de l’ex-prince a été organisée hier. Les liens d’Andrew Mountbatten Windsor avec le pédo-criminel américain sont connus, mais tout n’a sans doute pas encore été mis à jour. « Certains courriels », précise le Guardian, « semblent indiquer qu'Andrew Mountbatten Windsor l’ex-prince a communiqué à Epstein des rapports confidentiels sur des visites officielles à Hong Kong, au Vietnam et à Singapour ». L’arrestation de l’ex-prince fait du bruit jusqu’aux États-Unis où le New York Times parle d’un fait « sans précédent dans l’histoire britannique moderne ». Quant au Wall Street Journal, il estime « que la Grande-Bretagne a le mérite d’insister sur le fait que nul est au-dessus des lois ». « Condamnation à mort » La situation est toujours aussi catastrophique dans la bande de Gaza. C’est comme souvent le journal d’opposition Haaretz, hostile à la politique du Premier ministre Benyamin Netanyahu, qui tire la sonnette d’alarme et titre : « Comment les tribunaux israéliens condamnent à mort des enfants palestiniens atteints d’un cancer ». Il s’agit plus précisément d’une tribune signée Tirza Leibowitz, directrice des programmes de l’association Médecins pour les droits de l’Homme – Israël. Elle prend l’exemple de Mohamed, « un petit garçon atteint d’un cancer, qui vit à Ramallah depuis 2022, mais dont l’adresse est enregistrée à Gaza, ce qui a suffi à un juge israélien pour lui interdire de recevoir un traitement contre le cancer en Israël, rendant sa mort inévitable, accuse Tirza Leibowitz, selon laquelle Mohamed partage ainsi le sort de 18 500 patients à Gaza, privés de traitements indispensables ». « Pourtant à seulement une demi-heure de Ramallah, précise encore la directrice de l'ONG, les médecins du centre médical Shaba sont prêts à soigner le petit Mohamed ». Soulignant ainsi que des médecins israéliens restent mobilisés pour recevoir des patients palestiniens.



