DiscoverRevue de presse internationale
Revue de presse internationale
Claim Ownership

Revue de presse internationale

Author: RFI

Subscribed: 183Played: 14,183
Share

Description

Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet.

1368 Episodes
Reverse
« La démocratie meurt dans l’obscurité » : c’est la fière devise du Washington Post affichée chaque jour en première page sous le titre du journal. Et il semble bien que des jours sombres s’annoncent pour le plus prestigieux des quotidiens américains. « Un jour de deuil et de colère, prévisible et redouté, s’exclame Le Monde à Paris. Ainsi a été vécu ce mercredi 4 février au sein de la rédaction du Washington Post, déjà traumatisée par une crise interne, éditoriale et économique, depuis plusieurs années. Dans la matinée, au cours d’une réunion en ligne, le directeur exécutif Matt Murray a annoncé un plan de licenciements massif, touchant tous les services. L’entreprise, qui appartient à Jeff Bezos, le patron du groupe Amazon, va se séparer d’environ un tiers de ses employés, et notamment de 300 journalistes sur un total de 800. Ces mesures drastiques sont censées répondre aux pertes financières qui s’accumulent depuis 2023. (…) Des pans entiers du journal seront décimés, précise Le Monde : l’information locale, les sports, le service livres et la couverture internationale, avec la fermeture de postes pourtant emblématiques, comme à Jérusalem ou à Kiev. "Renvoyée du Washington Post, en compagnie de toute la brochette des correspondants au Moyen-Orient", confirmait sur X hier la correspondante au Caire, Claire Parker. (…) "Je viens juste d’être licenciée par le Washington Post au milieu d’une zone de guerre, écrit la correspondante à Kiev, Lizzie Johnson. Je n’ai pas de mots. Je suis dévastée". »   Un véritable « bain de sang » « La démocratie meurt dans l’obscurité »: cette fière devise du Washington Post était affichée en Une du journal depuis 2017, relève la Repubblica à Rome : « une forme d’avertissement et d’engagement à défendre la vérité avec ferveur, pris en pleine première ère Trump. Une devise qui s’est muée en une prophétie tragique. » En effet, soupire le quotidien italien, « un véritable "bain de sang", comme l’ont décrit sur les réseaux sociaux les journalistes licenciés sur-le-champ. Avec pas moins de 76 prix Pulitzer remportés par le journal au fil des ans, rendu prestigieux depuis les années 70 par sa légendaire directrice Katharine Graham, ce journal a été un moteur d’enquêtes qui ont contribué à écrire l’histoire américaine, des Pentagon Papers sur la guerre du Vietnam, au scandale du Watergate qui a conduit à la démission de Richard Nixon. En 2013, le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, l’avait racheté aux héritiers de la famille Graham pour 250 millions de dollars. Le milliardaire, qui s’est récemment rapproché de Donald Trump, à tel point qu’il a financé le documentaire sur sa femme Melania à hauteur de 75 millions de dollars, le milliardaire a donc décidé d’éteindre ce phare de l’information. » Bouleversements en série Déjà rappelle le Wall Street Journal, « ces dernières années, le Washington Post avait procédé à plusieurs vagues de rachats et de licenciements, supprimant des centaines d’emplois dans tous les services. Il y avait eu aussi ce tollé général à l’automne 2024 après que Jeffe Bezos avait retiré son soutien à la vice-présidente Kamala Harris juste avant l’élection présidentielle. En quelques jours, le Washington Post avait perdu plus de 250.000 abonnements. Et l’année dernière, rappelle encore le Wall Street Journal, le milliardaire avait déclaré vouloir recentrer la section Opinions du Washington Post sur la défense des libertés individuelles et du libre marché, plutôt que d’offrir un espace d’expression à une diversité de points de vue. Une décision qui avait entraîné la démission et le départ de nombreux journalistes et chroniqueurs. » Enfin ce commentaire de Marty Baron, ancien rédacteur en chef du Washington Post, à lire dans le New York Times : « la journée d’hier a été l’un des jours les plus sombres de l’histoire de l’une des plus grandes organisations de presse au monde. Les ambitions du Washington Post seront fortement réduites, son personnel talentueux et courageux décimé et le public sera privé des reportages de terrain, factuels et essentiels dans nos communautés et à travers le monde, dont nous avons plus que jamais besoin. »
La question se pose sérieusement au vu des dernières déclarations et décisions de Donald Trump… Les Midterms, les élections de mi-mandat aux États-Unis, doivent se tenir en novembre, dans six mois. Les sondages ne sont pas bons pour les républicains… et d’ores et déjà, pointe Le Figaro à Paris, « le locataire de la Maison-Blanche multiplie les pressions sur le système électoral. Entre perquisitions fédérales et menaces sur le financement des États, le président américain déploie une stratégie de contrôle sans précédent. » En effet, poursuit le journal, « Donald Trump est de plus en plus déterminé à utiliser ses vastes pouvoirs pour contrôler le vote. (…) Lundi, le président a appelé le parti républicain à "nationaliser" les élections et à "prendre le contrôle" du processus de vote dans au moins 15 États. Ce qui serait illégal. (…) Cette mesure extraordinaire est nécessaire, se justifie-t-il, car les démocrates ont mis en place une grande opération de triche pour faire voter des sans-papiers en leur faveur. D’où la tentative de l’administration américaine (en ce moment) de mettre la main sur les listes électorales, officiellement pour vérifier l’exactitude des données et éliminer les noms des immigrés en situation irrégulière, un cas très rare d’après toutes les études. » À lire aussiMidterms 2026: comment Donald Trump tente d'empêcher la défaite annoncée Ce n’est qu’un début… De plus, rajoute Le Figaro, « ces derniers mois, alors que les échecs des républicains lors d’élections partielles se multiplient, Donald Trump a aussi poussé les États conservateurs à procéder à un redécoupage radical de leurs circonscriptions afin d’obtenir plus de sièges à la Chambre. » Et « ce n’est sans doute qu’un début, s’exclame le journal. L’été dernier, le chef de l’État s’était engagé à supprimer les machines électroniques et le vote par courrier, responsables à son avis de sa défaite en 2020. La porte-parole de la Maison-Blanche a affirmé qu’un second décret présidentiel (en ce sens) était en préparation. Quelle que soit l’issue des midterms, conclut Le Figaro, Donald Trump aura réussi à saper davantage la confiance dans l’intégrité du système électoral. » « Elles ne devraient pas avoir lieu ! » « Les projets de Trump de modifier les règles électorales suscitent l’inquiétude à l’approche des élections de novembre », renchérit El Pais à Madrid. El Pais qui remarque à l’instar du Figaro que « le parti républicain risque de perdre le contrôle des deux chambres du Congrès, et que Trump risque de voir la seconde moitié de son mandat se solder par un échec. » D’où l’offensive actuelle du chef de la Maison-Blanche pour tenter de contrôler le processus électoral… Le mois dernier, rappelle El Pais, « Trump avait déclaré à deux reprises que, les midterms étant traditionnellement défavorables au parti au pouvoir, "elles ne devraient pas avoir lieu". Sa porte-parole, Karoline Leavitt, l’avait ensuite excusé : il plaisantait… La vérité, pointe le quotidien espagnol, est que les sondages prévoient que les républicains perdront au moins la Chambre des représentants, ce qui pourrait ouvrir la voie à une procédure de destitution. » Faire chuter le système… Plus largement, « après avoir mis en joue la démocratie libérale, Donald Trump pourrait bien décider d’appuyer sur la gâchette en 2026 » : c’est du moins ce qu’estime David J. Simon, maître de conférences en affaires internationales à l’université Yale. Il signe une tribune dans Le Monde à Paris. « Depuis le début de son second mandat, écrit l’universitaire américain, multipliant les offensives contre les règles établies, le président américain ne cherche rien de moins qu’à faire chuter le système lui-même – la Constitution américaine, la démocratie libérale, ainsi qu’un ordre du monde relativement pacifié. L’heure est venue, affirme encore David J. Simon, de nous inspirer de l’organisation et du courage des manifestants de Minneapolis mais aussi de la détermination des dirigeants mondiaux, qui, au Forum économique mondial à Davos, ont tenu tête à la folie belliqueuse de Trump. » Enfin cette remarque de Julia Azari, professeure de sciences politiques, tirée d’une longue tribune publiée par le New York Times : « c’est en quelque sorte l’essence même du second mandat de Trump : non seulement chercher des failles et de nouvelles possibilités institutionnelles, mais gouverner en se demandant : "qui osera nous arrêter ?" »
« La publication de plus de trois millions de nouvelles pages du dossier Epstein par l’administration Trump vendredi dernier, constate Le Soir à Bruxelles, a fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours, au rythme de la publication des informations qu’elles contenaient. Partout autour du globe, des personnalités publiques ont dû se justifier des liens qu’elles entretenaient, de près ou de loin, avec le délinquant sexuel. » En effet, le milliardaire américain Bill Gates, la famille Lang en France, le prince Laurent en Belgique, la princesse norvégienne Mette-Marit, le président du Forum économique mondial, Borge Brende, ancien ministre des Affaires étrangères norvégien, l’ex-ambassadeur britannique aux États-Unis, Peter Mandelson, le président du comité d’organisation des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028, Casey Wasserman... Tous ont été éclaboussés ces derniers jours pour leurs liens supposés ou avérés avec Jeffrey Epstein. « Vendredi dernier, donc, pointe Le Temps à Genève, le procureur général des États-Unis, Todd Blanche, annonçait avoir amené son rocher de Sisyphe au sommet de la montagne. “Nous avons examiné plus de six millions de documents papier, des milliers de vidéos, des milliers, voire des dizaines de milliers d’images. C’est ce que la loi nous imposait de faire“. (…) C’est désormais chose faite, estime Todd Blanche, qui a précisé que le Département de la justice ne prévoyait pas d’engager de nouvelles poursuites. Quant au président des États-Unis, il affirmait samedi soir que les documents l’absolvaient totalement“. » Pas la fin de l’histoire… Alors, « la fin de la saga ? », s’interroge Le Temps. « Pas sûr. Ce début de semaine, plusieurs parlementaires démocrates contestaient la position du département de la Justice. Ils estiment “stupéfiante“ la décision d’en rester là. Et soulignent que seule la moitié des documents a été divulgué (il manquerait environ 3 millions de pages). Le gouvernement n’a, selon eux, pas respecté la loi votée en décembre et mène une “opération de dissimulation visant à couvrir le président“. Ils promettent de continuer à exiger l’accès à l’ensemble du dossier, qui s’apprête également à mettre dans l’embarras le camp Clinton. » Encore des photos de nus… De plus, souligne Libération à Paris, « un scandale peut en cacher un autre. Ou pire, en créer un autre. Dans le cadre de la divulgation obligatoire des dossiers Epstein, le gouvernement fédéral était chargé de caviarder les images à caractère sexuellement explicite, autant que les informations susceptibles d’identifier les victimes. Pourtant, le New York Times a révélé qu’une quarantaine d’images non expurgées dévoilant des corps nus et les visages des victimes étaient disponibles publiquement sur le site web du ministère de la Justice. Cette incroyable manquement des autorités est insupportable pour les victimes, s’exclame Libération, dont l’identité a été rendue publique, propulsées malgré elles au cœur d’une affaire qui semble pourtant ne pas avoir de mal à garder secrètes certaines personnalités impliquées dans les agissements de Jeffrey Epstein. » Difficile de démêler le vrai du faux… Qui plus est pointe encore Libération, « ce manque de rigueur soulevé par le quotidien new-yorkais met également la lumière sur la confusion générale entretenue autour du dossier Epstein. Sur l’immense masse de données publiée vendredi - trois millions de pages, 2 000 vidéos et 180 000 photos -, il est difficile de distinguer les faits incontestables des suspicions sans fondement ou investigations incomplètes. Le tout alimentant un soupçon généralisé et un sentiment de complot noyés au cœur d’une enquête tentaculaire. » « L’affaire Epstein est devenue un puits empoisonné, soupire Le Monde. Ses remugles confortent tous les fantasmes. On y trouve des correspondances privées du financier par e-mail, des échanges par SMS, des documents judiciaires et des notes de police, qui dessinent une immense toile relationnelle entre puissants, à la croisée de la politique, de la diplomatie, du spectacle et des affaires. Mais lorsqu’il n’est plus possible de distinguer les faits incontestables, les éléments incomplets et les allégations sans fondements, lorsque la simple mention d’une personnalité dans un document alimente l’idée d’une complicité, on ne peut que se noyer dans ce puits. » Et, relève encore Le Monde, « six ans après la mort de Jeffrey Epstein en prison – officiellement un suicide –, il est devenu vain d’espérer la lumière sur l’ampleur et la nature exacte de tous les crimes commis, au désespoir des dizaines de victimes. Les administrations successives, démocrate et républicaine, portent une immense responsabilité en la matière. »
Israël rouvre partiellement le point de passage de Rafah vers Gaza. Le seul passage entre Gaza et le monde extérieur ne passant pas par Israël, et qui était fermé depuis mai 2024. Sa réouverture était réclamée avec force par l'ONU et les ONG internationales. Sauf que « les restrictions imposées par Israël sont loin de satisfaire leurs demandes », commente le journal libanais L'Orient-Le jour, « dans la bande de Gaza en ruines, cette réouverture suscite espoir et amertume après plusieurs mois d'une trêve fragile ». « La frontière sera, du moins dans un premier temps, ouverte uniquement aux personnes entrant et sortant de Gaza. Elle ne servira pas à acheminer l'aide humanitaire indispensable à ce territoire ravagé par deux années de guerre », souligne le New York Times. La réouverture de Rafah était prévue par le plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre, mais pour l'heure, elle est donc surtout symbolique. Par ailleurs, l'armée israélienne n'autorisera qu'un nombre très restreint de Palestiniens, entre 150 et 200 par jour, à franchir la frontière, précise le journal espagnol El Pais. El Pais qui souligne qu'« Outre la limitation du nombre de Palestiniens autorisés à entrer, Israël interdit toujours aux journalistes étrangers d'accéder à Gaza par Rafah. (...) L'Association de la presse étrangère a porté cette restriction du droit à l'information devant la Cour suprême israélienne, qui vient de reporter son arrêt pour la onzième fois ». Les États-Unis et l'Iran : vers un accord global, et une guerre retardée Concernant les tensions entre Téhéran et Washington, l'Orient-Le jour nous apprend que « les efforts diplomatiques menés par plusieurs capitales – notamment Moscou, Ankara et Doha – sont parvenus à esquisser les contours d’un cadre global de négociation ». Donald Trump multiplie les avertissements depuis le début du mouvement de contestation réprimé en Iran. Le pays est par ailleurs privé d'internet et largement coupé du monde. « Concrètement, ces démarches ont contribué à retarder la guerre, voire à l’annuler si un accord est trouvé. Mais cela ne signifie pas pour autant que le président américain (...) ait renoncé à une option militaire », explique le journal libanais. « Les déploiements massifs de forces américaines dans la région, ainsi que les pressions israéliennes, peuvent à tout moment faire remonter la tension ». Le journal français La Croix commente lui aussi la situation : « Washington et Téhéran semblent disposés à donner un cap diplomatique à leurs différends, avec pour axe le nucléaire iranien et la levée des sanctions contre la République islamique. Mais les vents contraires restent puissants, au sein du régime iranien, comme à Tel-Aviv ». Un deal ou la guerre. Face aux menaces américaines, l’Iran doit trancher, résume la presse. Une pause de deux ans pour le Kennedy Center Donald Trump, encore une fois à la une de la presse, a affirmé fermer pour deux ans le Kennedy Center, pour rénovation. Cette emblématique salle de spectacles de Washington s’est faite rebaptiser par le milliardaire pour y accoler son nom, de quoi déplaire à la famille du président Kennedy. La salle va donc fermer le 4 juillet prochain à l'occasion des célébrations des 250 ans des États-Unis, a indiqué Trump sur son réseau Truth Social. Sauf que le président américain ne mentionne pas les multiples annulations et boycotts des artistes, contributeurs et membres du public, souligne le New York Times. Ces derniers mois, Trump avait installé des fidèles pour diriger le centre culturel, et avait appelé à changer la programmation pour la rendre plus conforme à ce qu’il présente comme des goûts et des sensibilités américains répandus. Le journal Le Monde précise : « Sous la nouvelle direction, les drag shows et les événements célébrant la communauté LGBT + ont été supprimés tandis que des conférences de la droite religieuse ont été organisées et des artistes chrétiens ont été invités. Certains artistes ont décidé en réaction d’annuler leurs spectacles prévus dans cette institution, telle la chanteuse de country Kristy Lee, le groupe de jazz The Cookers... ». Durant l'année qui s'est écoulée, « des dizaines d'employés, dont beaucoup ont acquis des décennies d'expérience dans la programmation artistique, ont été licenciés ou ont démissionné ». Enfin, l'Opéra national de Washington a annoncé le mois dernier qu'il coupait ses liens avec le centre, tandis que l'Orchestre symphonique national, a lui joué face à des sièges vides.
« L’armada de Trump se met en place. Il doit désormais décider que faire », titre le Wall Street Journal qui dépeint ainsi la situation : « L’armée américaine a déployé au Moyen-Orient une force redoutable, à portée de frappe de l’Iran. Le président Trump doit maintenant décider comment l’utiliser ». « Alors que le nombre de navires de guerre et d’avions arrivant dans la région augmente », poursuit le quotidien américain, « des responsables de l’administration ont déclaré qu’ils débattaient des différentes options : la question est de savoir si l’objectif principal est de s’attaquer au programme iranien, de frapper son arsenal de missiles balistiques, de provoquer l’effondrement du régime, ou bien encore d’une combinaison des trois options ». Pour le moment, remarque toutefois le quotidien britannique the Guardian, « Trump affirme croire que l’Iran souhaite conclure un accord, tout en vantant la taille de "l’armada américaine" ». Le Figaro rappelle, lui, que début janvier, « plus de 30 000 personnes auraient été tuées par les nervis du régime ». « Les Iraniens », affirme le quotidien français, « oscillent entre désespoir et confusion. Après avoir promis son aide aux manifestants, Donald Trump semble privilégier un accord avec le régime, dans le but de l’amener à renoncer à son programme nucléaire ». Attente mêlée de crainte Une partie des Iraniens appelle, pourtant, de ses vœux, une intervention américaine. Le Jerusalem Post relaie une interview accordée à la chaîne publique israélienne N12 par une Iranienne, Delara, qui déclare : « Aujourd’hui, j’ai l’impression que les gens n’ont plus rien à perdre. Ils attendent d’un moment à l’autre une aide extérieure sous forme de guerre. Certains disent : si seulement elle commençait bientôt, parce qu’ils savent que plus la guerre tarde, plus le nombre de morts augmentera ». Car selon ce témoin, la répression continue. « La nuit, il est quasiment impossible de sortir de chez soi, explique-t-elle, les forces du régime peuvent contrôler les civils, fouiller leurs téléphones, entrer chez eux et les arrêter ». Également interrogé par la chaîne N12, Reza, un habitant de Téhéran, explique « qu’il entrevoit une lueur d’espoir. Dans mon entourage, précise-t-il, il y a des pour et des contre, mais la grande majorité est favorable à la guerre ». Un espoir qui s’accompagne toutefois d’inquiétude. « Ma plus grande crainte concernant la guerre, raconte Reza, c’est que l’électricité et Internet soient coupés, que notre connexion avec le monde soit coupée et que, au nom de la guerre contre l’Amérique, le régime iranien, tue des gens, comme il l’a déjà fait par le passé… » Nouvelles publications Aux États-Unis, le ministère de la Justice publie de nouveaux documents sur Jeffrey Epstein, le criminel sexuel décédé en 2019. « 2000 vidéos et 180 000 images », précise le Washington Post. Des documents « dont certains ont été expurgés de toute information susceptible d’identifier les victimes » a assuré le procureur général adjoint Todd Blanche, par ailleurs ancien avocat de Donald Trump. Le Washington Post précise que « parmi ces documents récemment déclassifiés, figure une liste établie en 2025, recensant une vingtaine de mentions du président Donald Trump. Ces mentions vont de propos obscènes à de vagues allusions à sa présence à une soirée en compagnie d’Epstein », ajoute le quotidien américain. D’autres personnalités apparaissent dans ces documents : le New York Times, sans en dire plus, précise qu’il s’agit du milliardaire Elon Musk , du co-fondateur de Microsoft Bill Gates et de l’actuel secrétaire au Commerce, le milliardaire Howard Lutnick. De son côté, le Boston Globe remarque « que les documents montrent qu’Epstein a échangé des centaines de SMS amicaux avec Steve Bannon », qui fut un conseiller influent de Donald Trump. Le président américain qui assure toujours n’avoir rien à se reprocher dans cette affaire.
« L’Europe ravale le pilier du régime iranien au statut infamant d’organisation terroriste », titre Le Soir, à Bruxelles. « Les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé de placer les Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes reconnue par l’UE, aux côtés de Daesh ou al-Qaïda », poursuit le journal qui ajoute : « L’ampleur du massacre des manifestants a vaincu les dernières résistances ». « Dernières résistances », que Le Soir explique ainsi : « La mesure a longtemps été jugée purement "symbolique", au point que plusieurs capitales européennes refusaient son adoption, estimant qu’elle ne valait pas une escalade diplomatique avec l’Iran et la rupture des canaux de communication. Mais trop, c’est trop : la répression sanglante des manifestations du début de l’année a poussé les Européens à activer cette mesure, en signe manifeste de protestation ». L'Union européenne a donc tardé à réagir... C’est ce que regrette sans équivoque le Comité Femme Vie Liberté Suisse, qui publie une tribune dans le quotidien suisse Le Temps : « Les États européens disposent de leviers concrets, qu’ils ont choisi d’activer trop tardivement, voire pas du tout », estime ainsi le Comité, selon lequel « l’inscription des Gardiens de la révolution sur la liste européenne des organisations terroristes, après presque quatre années d’effort du Parlement européen et des défenseurs des droits humains, aurait permis bien plus tôt le gel d’avoirs issus, pour une large part, d’une corruption systémique ». Apaisement aux États-Unis ? Les débats au sujet des violences commises par l’ICE, la police de l’immigration, continuent de faire les gros titres des journaux américains. La question s’est invitée dans le débat pour éviter le « shutdown », la paralysie des services publics. L’administration Trump et les démocrates du Sénat ont finalement trouvé un accord, explique le Washington Post. Accord que le quotidien américain détaille ainsi : les deux parties ont convenu « de financer toutes les agences, à l’exception du Département de la Sécurité Intérieure ». Avant un texte définitif, « une mesure transitoire de deux semaines a été adoptée ».   Côté démocrate, les demandes sont claires et détaillées par le sénateur Chuck Shumer : il souhaite notamment « imposer le port de caméras corporelles aux agents de l’ICE, interdire le port de masques, exiger l’obtention de mandats judiciaires avant d’entrer au domicile des personnes et mettre fin aux patrouilles mobiles ». Pour le Washington Post, le débat est ouvert, c’est le signe « que les tensions avec l’ICE s’apaisent, du Maine au Minnesota et jusqu’au capitale ». Le Minnesota où, explique le quotidien américain, les agents de l’ICE « ont reçu pour instruction de privilégier le contrôle ciblé des étrangers ayant des antécédents criminels », et le Maine « où les opérations renforcées de l’ICE sont terminées ». Organiser un barbecue La solidarité à Kiev, au cœur d'un reportage de Libération. Il y est plus précisément question de la solidarité « entre voisins, sur les réseaux sociaux ». « Alors que les bombardements russes plongent la capitale ukrainienne dans le noir et le froid de l’hiver, raconte le quotidien français, les groupes de discussions en ligne sont devenus le principal lieu d’échanges d’informations, de débats animés, et d’entraide dans tous les quartiers de la ville ». Exemple avec ce message envoyé par Anna Romanovskaïa, 38 ans, qui « après avoir passé trois jours sans électricité » a écrit « dans la boucle Telegram qui regroupe les voisins de son immeuble de huit étages : "Je suis au bout du rouleau, je vais organiser un barbecue dans la cour "». Le barbecue a lieu « deux jours plus tard », poursuit Libération. « Les membres du tchat ont fait connaissance, ils ont pu pendant au moins deux heures se réconforter avec des émotions positives, au milieu d’un tourbillon de mauvaises nouvelles ».   Parfois, les circonstances sont plus dramatiques, notamment lors des bombardements. « Les messages fusent, presque toutes les minutes », raconte le quotidien français. Messages en forme de questions : « Tout le monde est vivant et en bonne santé ? Personne n’a été touché ? » C'est donc ainsi que s'exprime l'inquiétude et la solidarité sur les réseaux sociaux à Kiev. 
« Il s’est réveillé, lance Libération à Paris. Donald Trump a de nouveau mis la pression sur le régime iranien, hier, afin que ce dernier signe un accord l’engageant à ne pas se doter d’un arsenal nucléaire. Mais sans mentionner, comme il le faisait ces derniers jours, la violente répression contre les manifestants anti-régime, qui a fait au moins 6 000 morts. (…) "Le temps est compté" avant une possible attaque, a encore déclaré Trump. Téhéran a répliqué en disant avoir "le doigt sur la gâchette" ». Alors, « tirera ? Tirera pas ? », s’interroge L’Orient-Le Jour à Beyrouth. « À en croire Trump, les dirigeants de Téhéran ne demandent qu’à négocier et l’assaillent même de leurs pressantes invites. Cela voudrait dire que l’armada américaine (présente dans le golfe persique) se veut d’abord un formidable outil d’intimidation et de pression. Dès lors, le principal objet en serait d’inciter les mollahs à accepter d’avance les draconiennes conditions préalables qu’a posées Washington à tout dialogue, et qui ont trait surtout au nucléaire et au programme balistique de la République islamique. Mais un accident est vite arrivé, pointe encore le quotidien libanais, surtout avec un homme aussi imprévisible que Trump au timon de la colossale base aéronavale flottante. Bombarder les infrastructures militaires et civiles iraniennes ne serait certes qu’une promenade militaire pour les Américains. Il en faudrait bien davantage toutefois, estime encore L’Orient-Le Jour, pour provoquer le renversement d’un régime ne reculant devant aucune extrémité pour conserver le pouvoir. L’envoi de troupes au sol s’avérerait nécessaire, ce qui impliquerait d’énormes pertes humaines pour les deux camps ». Calmer le jeu ? De son côté, « l’Iran meurtri est encore capable de riposter violemment aux frappes américaines », pointe le Wall Street Journal. « Téhéran dispose d’un arsenal de milliers de missiles et a perfectionné ses tactiques de frappe lors de la guerre de juin dernier contre Israël. (…) Un arsenal qui lui donne la capacité de frapper des cibles au Moyen-Orient, ce qui signifie, relève encore le quotidien américain, que toute attaque des États-Unis pourrait rapidement dégénérer ». C’est pourquoi, croit savoir Le Figaro à Paris, « les alliés du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, auraient demandé à Trump de renoncer à recourir à la force. Les monarchies arabes craignent autant les représailles de Téhéran que le chaos que risquerait de susciter une chute du régime, ainsi que la possible contagion régionale d’une révolution populaire. Ils ont cette fois annoncé publiquement qu’ils n’ouvriraient pas leur territoire et leur espace aérien pour des actions militaires contre l’Iran. Mais, relève encore Le Figaro, les États-Unis disposent des moyens navals nécessaires pour lancer des frappes, aériennes ou par missiles de croisière, ainsi que de la possibilité de faire décoller des bombardiers depuis leur base de Diego Garcia, dans l’océan Indien, ou depuis les États-Unis, comme en juin dernier ». Toutefois, pointe le journal, « des négociations seraient en cours entre Téhéran et Washington. Soit par l’intermédiaire de la Turquie, du Qatar ou de l’Arabie saoudite. Soit directement entre le représentant personnel de Trump, Steve Witkoff, qui échange parfois des messages via Signal avec le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi ». Vers un glissement du régime iranien ? En tout cas, « l’Iran apparaît plus vulnérable que jamais » : c’est du moins le point de vue de la Repubblica à Rome. « Trois semaines après le bain de sang par lequel Téhéran a répondu aux manifestations, les protestations semblent avoir cessé, mais les causes qui les ont déclenchées se sont en réalité renforcées. (…) Khamenei semble être parvenu à vider les rues, mais au prix d’un isolement international croissant et face au risque d’une intervention américaine, voire de sanctions européennes contre les Gardiens de la révolution, pilier de l’appareil militaro-économique ». De plus, poursuit la Repubblica, le Guide suprême doit faire face à « une perte de crédibilité perçue, même au sein des secteurs les plus conservateurs du pays. D’où l’hypothèse d’une une possible "solution par le dialogue", c’est-à-dire la recherche de compromis avec les ministres, les généraux et les responsables qui partagent la nécessité de destituer Khamenei afin de sauver ce qui reste du régime. Tous les regards sont donc tournés vers les dirigeants Pasdaran, car ils ont le pouvoir de changer de dirigeant ».
Ils seraient au total 840 000 clandestins en Espagne, essentiellement d’origine colombienne, péruvienne et hondurienne. À contre-courant de ses homologues européens, le gouvernement de gauche espagnol s’apprête donc à adopter un plan de régularisation massif qui pourrait bénéficier à 500 000 personnes, une mesure qui doit permettre de soutenir la croissance économique du pays et de compenser un solde démographique négatif. « Régularisation, enfin, se félicite El País à Madrid. La régularisation massive des immigrés, approuvée hier par le gouvernement dans sa première phase, permettra à des centaines de milliers de personnes de sortir de la clandestinité, de la marginalisation et de l’exploitation. Ces personnes assumaient auparavant les mêmes obligations que tout citoyen espagnol, mais sans bénéficier des mêmes droits. Leur intégration à la pleine vie civique et à la structure économique et fiscale du pays est un acte de justice, dont la nécessité était devenue évidente depuis des années, affirme encore El País. Cette décision, prise d'un commun accord entre le gouvernement et Podemos, lève enfin l’impasse engendrée par des politiques à courte vue et la xénophobie qui a entaché le débat sur l’immigration. » Simples mesures d’urgence ? El Mundo, toujours à Madrid, est moins enthousiaste. Pour le quotidien d’inspiration libérale, « il est indéniable que les flux migratoires sont essentiels à la croissance économique du pays et au maintien de l’État-providence. Ils sont également cruciaux pour le financement des retraites et un marché du travail où, pour la première fois depuis 2008, le taux de chômage est passé sous la barre des 10 %. 80 % de la croissance du PIB depuis 2019 sont attribuables à la contribution des travailleurs étrangers. » Toutefois, tempère El Mundo, « il faut aborder l’immigration comme une stratégie nationale, et non pas seulement par des mesures d’urgence adaptées à la conjoncture politique ou économique. Par conséquent, ignorer les tensions identitaires et culturelles que ce phénomène engendre, avec son indéniable dimension émotionnelle, revient à ignorer une réalité de plus en plus déstabilisante pour la population. Le sentiment d’un manque de contrôle aux frontières ou l’arbitraire dans la répartition des mineurs alimentent le rejet de la politique et ouvrent la voie à la détérioration du vivre-ensemble. » En France : besoin d’immigration... Et en France ? Là aussi la démographie est en berne : pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, il y a eu moins de naissances que de décès en 2025. Alors, « Dénatalité, manque de main-d'œuvre : pourquoi la France a besoin d’immigration » : c’est le grand titre de Libération à Paris. « Englués dans une idéologie hostile aux étrangers, constate le journal, les gouvernements successifs s’acharnent à entraver l’accueil d’immigrés dont le pays a urgemment besoin dans l’emploi et pour faire face au manque de naissances. » D’après un représentant du Medef, le patronat français, interrogé par le journal, « les politiques ont la trouille pour de mauvaises raisons.  Ils refusent de proposer le débat parce que le Rassemblement national est aux portes du pouvoir, dit-il. On devrait pouvoir en parler pour mettre en place un système qui permette de faire tourner nos entreprises qui cherchent des employés. » Et ce dans de nombreux secteurs, précise Libération, comme le bâtiment, la restauration et l’hôtellerie. (…) Les syndicats tentent eux aussi de se faire entendre, pointe encore le journal. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, souhaite que la France sorte de "l’hypocrisie" : l’économie française “ne peut pas fonctionner sans les immigrés“. Elle s’oppose au “durcissement des règles“ et souligne les “effets délétères du passage“ de Bruno Retailleau au ministère de l’Intérieur. »  …ou stop au « tsunami migratoire » ? Justement, a contrario, Le Figaro se félicite, lui, de l’action de l’ex-ministre de l’Intérieur. « En prenant le sujet de l’immigration à bras-le-corps, Bruno Retailleau ne s’est pas seulement fait un nom. Il a aussi obtenu des résultats inégalés depuis plus d’une dizaine d’années, affirme le quotidien de droite. (…) Les régularisations de sans-papiers ont baissé de 10  % en 2025 et les expulsions d’étrangers ont augmenté de plus de 15  % dans la même période. » Le Figaro qui déplore qu’au cours des dernières années, « aucune politique digne de ce nom n’ait été engagée dans la durée pour arrêter le tsunami migratoire. (…) Comme s’il y avait quelque honte, s’exclame le journal, à durcir le regroupement familial, à réduire l’accès aux prestations sociales, à rétablir le délit de séjour irrégulier, à revenir sur l’automaticité du droit du sol ».
Les faits sont intangibles : le New York Times a analysé plus d’une douzaine de vidéos de l’altercation qui a conduit à la mort d’Alex Pretti samedi à Minneapolis. « Notre objectif, affirme le journal, n’est pas d’établir la culpabilité ou l’innocence. Nous ne sommes pas un tribunal. Nous cherchons plutôt à établir la vérité : ce qui s’est passé, comment cela s’est produit et qui pourrait être responsable. Nous suivons les images où qu’elles nous mènent, sans chercher à tirer de conclusions préconçues. Ce faisant, notre travail peut contribuer à établir les responsabilités. » Et la conclusion de l’analyse des images est « incontestable, pointe le New York Times : un homme exerçant ses droits constitutionnels a été maîtrisé et abattu par des agents fédéraux. » Et il ne s’agissait en aucun cas d’un terroriste, comme annoncé dans un premier temps par l’administration Trump. Face à l’évidence des faits, Donald Trump a donc infléchi son discours. On assiste en effet, relève le Washington Post, à « un changement de ton dans la politique répressive initiée par [Donald] Trump lui-même. Le signe le plus évident de ce changement est la décision prise hier par le président d’envoyer au Minnesota Tom Homan, responsable de la sécurité des frontières » qui prendra la suite de Greg Bovino, autre responsable au sein de l’ICE, la police de l’immigration. De plus, souligne Le Monde à Paris, « signe d’une possible baisse de tension, le maire démocrate de Minneapolis a annoncé que certains des agents fédéraux déployés dans la ville par le président américain s’en iraient à partir de ce mardi ». Revirement « stupéfiant » Changement de cap donc pour Donald Trump : « Cette décision constitue un revirement stupéfiant, relève le Wall Street Journal, dans une action qui est au cœur de son identité politique, surtout pour un président qui a souvent récompensé ses conseillers pour leur obstination face à une opposition véhémente. » En fait, croit savoir le journal, Donald « Trump craignait que les opérations des agents de l’ICE au Minnesota ne tournent au chaos. Et ses inquiétudes n’ont fait que croître lorsque certains de ses alliés ont reconnu que leurs déclarations n’étaient pas corroborées par les images vidéo. »  Même le New York Post, quotidien pro-Trump affiche son soulagement : « Avec la nomination de Tom Homan et le rapprochement entre le président Donald Trump et le gouverneur démocrate du Minnesota Tim Walz, la tension est en train de retomber, pointe le tabloïd. La mort d’Alex Pretti a manifestement provoqué une prise de conscience générale, et c’est bien normal. Nous sommes heureux de voir la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem écartée du dossier. Sa gestion de la situation ces dernières semaines, alors qu'elle devenait incontrôlable au Minnesota, n’a servi ni le président ni le pays. » Le trumpisme, une nouvelle forme de fascisme ? Les critiques fusent encore dans la presse européenne. « Alors que le trumpisme cherche à imposer un nouveau régime autoritaire aux États-Unis, la mort brutale d’Alex Pretti sonne comme un moment de vérité, affirme le Guardian à Londres. Les promesses de fermer la frontière sud des États-Unis et d’expulser les migrants sans papiers ont sans aucun doute contribué à la réélection de Donald Trump. Mais la détermination du président américain à mener une guérilla urbaine avec une force qui s’apparente à une police secrète – et son mépris de la loi – suscite une vive indignation, y compris parmi certains de ses propres partisans. (…) En cette période sombre pour la démocratie américaine, conclut le Guardian, une Amérique différente et digne doit désormais trouver les moyens de se réaffirmer. » Libération à Paris va plus loin : « Arrêtons d’être dans le déni des mots. (…) Tirer dix fois sur un homme au sol parce qu’il a tenté d’aider une manifestante bousculée, parce qu’il a, lui aussi, protesté contre les rafles racistes d’une police politique, c’est une exécution politique. Et c’est surtout l’expression la plus claire de ce qu’on n’ose trop souvent pas dire en dehors de certains milieux militants parce que, avouons-le, cela effraie : le trumpisme est une nouvelle forme de fascisme. (…) Il faut se rendre à l’évidence, s’exclame encore Libération : le pouvoir en place à Washington n’est pas simplement en route vers l’illibéralisme, il est de nature fasciste. Le mot doit désormais être utilisé. »
C’est un « tournant dans le second mandat de Donald Trump », s’exclame le Washington Post. La mort samedi à Minneapolis d’Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, abattu par la police de l’immigration, provoque consternation et colère dans les médias américains. Pour le Washington Post, les faits sont clairs : « le département de la Sécurité intérieure a rapidement affirmé que Pretti était un "terroriste intérieur" qui voulait "massacrer" des agents. Pourtant, relate le journal, sur les vidéos, on voit Pretti tenir son téléphone, et non une arme, dans sa main droite, sa main gauche étant vide. Bien qu’une enquête indépendante soit nécessaire pour établir les faits, il semble que l’élément déclencheur ait été un agent fédéral poussant une femme sur le trottoir. Pretti s’est interposé et a été aspergé de gaz poivre. Lors de l’altercation qui a suivi, un agent fédéral lui a tiré dessus à dix reprises. » Une « perversion de la justice » ? Le New York Times hausse le ton. « Le gouvernement fédéral doit aux Américains une enquête approfondie et un compte rendu fidèle des circonstances de la mort d’Alex Pretti. Lorsqu’un gouvernement tue, il a l’obligation de démontrer qu’il a agi dans l’intérêt public. Or, poursuit le journal, l’administration Trump se livre une fois de plus à une perversion de la justice. Quelques heures seulement après la mort d’Alex Pretti, Kristi Noem, la secrétaire à la Sécurité intérieure, a déclaré, sans apporter de preuves, qu’il avait "commis un acte de terrorisme intérieur". Gregory Bovino, un agent de la police des frontières, a donné sa propre analyse : "Il semblerait qu’un individu ait voulu faire le plus de dégâts possible et massacrer les forces de l’ordre". Ces jugements infondés et incendiaires préjugent des conclusions de l’enquête promise par le Département de la Sécurité intérieure, s’indigne le New York Times. Ils semblent par ailleurs totalement incompatibles avec plusieurs vidéos enregistrées sur les lieux. » Pour le Wall Street Journal, « Il est temps pour l’ICE (la police de l’immigration) de faire une pause à Minneapolis. » Même ligne pour le New York Post, tabloïd largement favorable à Donald Trump, qui s’adresse directement à lui : « Monsieur le président, il est temps de désamorcer les tensions à Minneapolis. Non pas parce que vous avez tort d’appliquer la loi sur l’immigration, ni de poursuivre les fraudeurs qui ont volé des milliards de dollars de fonds fédéraux, mais parce que ces tactiques de répression ne changent pas la donne ; au contraire, elles se retournent contre leurs auteurs. » Un « fascisme américain » ? Dans la presse européenne, c’est l’indignation : « Aux États-Unis, c’est la démocratie qu’on assassine, fulmine Le Soir à Bruxelles. Ce qui se passe sous nos yeux signe la mort en direct d’une démocratie et la montée en puissance d’une dictature à la tête de la première puissance mondiale. » Libération à Paris dénonce ce qu’il appelle « l’impunité d’État : (…) les protestations fusent de toute part, entre le puissant lobby des armes qui ne peut accepter qu’un Américain soit suspect s’il porte une arme à feu et l’ancien président démocrate Barack Obama, qui s’est fendu d’un communiqué estimant que "nos valeurs fondamentales sont menacées". Face à l’impunité apparente de ceux qui ont tué Alex Pretti, on peut se demander s’il n’est pas trop tard pour sauvegarder les valeurs fondamentales de l’Amérique. » « Ce qui se passe à Minneapolis est totalement contraire aux valeurs américaines », renchérit Die Welt à Berlin. « Et ce qui est arrivé à Good et Pretti à Minneapolis est intolérable ; le système de justice pénale doit y remédier. Pour que l’Amérique reste l’Amérique. » Enfin, « fascisme américain ? », s’interroge Le Devoir à Montréal. « Les meurtres d’innocents, devant caméras, par une milice aux budgets quasi illimités, ne sont que la face la plus hideuse d’un virage autoritaire, qui menace sérieusement la démocratie libérale américaine. »
La presse britannique, et particulièrement The Guardian, reprend les derniers propos de Donald Trump sur la participation de l’Alliance atlantique à la guerre en Afghanistan. « L’Otan dira qu’elle a envoyé des troupes en Afghanistan, et c’est vrai… elles sont restées un peu en retrait, un peu à l’écart du front », a déclaré le président américain, sur Fox News. « Des propos insultants et franchement consternants », a estimé Keith Starmer, le premier ministre britannique, qui « se joint aux anciens combattants pour condamner les allégations selon lesquelles les troupes auraient évité les lignes de front. » Le premier ministre britannique suggère aussi « que le président américain présente des excuses ».   Autre allié des États-Unis en Afghanistan, le Canada, fait aussi connaître son mécontentement. Le journal Le Devoir rappelle « que 158 membres des forces armées canadiennes ont été tués en Afghanistan » et cite le ministre canadien des Finances François-Philippe Champagne, selon lequel « on n’a besoin de personnes pour se rappeler du sacrifice des hommes et des femmes en uniforme ». Des réactions qui pourraient inspirer d’autres pays de l’Otan engagés eux aussi en Afghanistan et pas seulement pour la beauté du geste… C’est notamment le cas de la France. Bonnet bleu Aux États-Unis, « des milliers de manifestants ont défilé hier à Minneapolis et des centaines de commerces ont fermé leurs portes pour protester contre l’ICE », annonce le Washington Post, qui rappelle que c’est à Minneapolis que Nicole Good, une mère de trois enfants, a été tuée le 7 janvier dernier, au volant de sa voiture, par la police de l’immigration. C’est là aussi qu’un enfant de cinq ans (dont la photo, petit garçon coiffé d’un bonnet bleu avec des oreilles de lapin, a fait le tour du monde) a été interpellé avec son père. « Les habitants du Minnesota opposés aux opérations de l’ICE », précise The Washington Post, estiment « que les agents fédéraux ont largement outrepassé leur mission d’expulsion des criminels sans papiers, depuis le début de leurs opérations il y a deux mois, en détenant des citoyens américains, en extrayant des personnes de leurs voitures, en arrêtant semble-t-il des gens en fonction de leur race, et en utilisant des produits chimiques contre les personnes qui manifestent ou surveillent leur travail ».   En France, Libération parle « d’une révolte des sifflets ». « Lorsqu’un sifflet retentit, explique le journal, des dizaines d’autres répondent en écho. Et tous les riverains engagés débarquent aussitôt. » « Il ne s’agit pas tant d’exprimer son mécontentement que d’empêcher, par tous les moyens, l’action de la police migratoire », poursuit le quotidien français qui décrit aussi d’autres manifestations de solidarité, comme « ces parents qui accompagnent à l’école les enfants de ceux qui n’osent plus sortir », ou « ces réseaux d’entraide qui livrent de la nourriture aux familles immigrées ».  « Scandale » Les proches des victimes de l’incendie de Crans-Montana, qui a fait 40 morts la nuit du Nouvel An, en Suisse, sont en colère. « Jacques Moretti, le propriétaire du bar le Constellation, mis en cause dans cet incendie a été libéré hier », explique le Parisien, précisant « qu’un anonyme a versé une caution de 200 000 francs suisses, soit environ 215 000 euros ». « Le Français, mis en cause pour des négligences ayant conduit à la tragédie (…) était en détention depuis le 9 janvier », précise le Parisien, qui cite les propos de l’avocat Jean-Luc Addor, lequel défend une famille dans cette affaire. « Cette libération est un scandale et une honte à l’égard des victimes et de leurs familles ». Colère aussi en Italie, dont était originaire Chiara Costanzo, jeune fille de 16 ans, décédée dans l'incendie et dont la photo fait la Une de la Republica. Son père, interrogé après la libération de Jacques Moretti a confié au journal italien : « La seule chose qui me maintient en vie, c’est de savoir qu’un jour justice sera faite… ». « Cette décision est inacceptable ». 
C’est à Davos, en Suisse, où se déroule le Forum économique mondial que le président américain a lancé son « Conseil de la Paix ». Une initiative que la presse européenne regarde d’un œil ironique : « Président omnipotent, figurants, logo doré » énumère le Temps. Le quotidien suisse précise que « selon la charte signée hier à Davos, Trump siègera aussi longtemps qu’il le voudra au Conseil de la paix, et décidera d’inviter les pays, ou d’autres acteurs, selon son bon vouloir ». Certains des pays qui ont d’ores et déjà donné leur accord, ne seront que des « figurants », estime le Temps, qui s’amuse aussi du logo du Conseil de la paix, lequel n’est pas sans rappeler celui de l’ONU.   Le quotidien suisse dresse également un état des lieux : « Au sein de l’Union Européenne, seules la Hongrie et la Bulgarie ont dit oui ». D’autres ont clairement dit non : « Le Danemark, la France, la Norvège, le Royaume-Uni, la Slovénie et la Suède, qui étaient invités, ont d’ores et déjà décliné ». En France, Médiapart estime « qu’avec son Conseil de la paix, Donald Trump se voit en maître de la paix et de la guerre (...) Il a inauguré hier cette instance visant à concurrencer l’ONU, qui dépasse largement sa mission d’origine, de superviser la fin de la guerre génocidaire contre la Bande de Gaza », ajoute le journal en ligne. Prudence et soulagement Donald Trump semble renoncer à ses ambitions sur le Groenland. Mais aux États-Unis, on observe la prudence des Européens. « Alors que Trump abandonne ses menaces concernant le Groenland, les Européens se disent toujours sur leurs gardes », titre le Washington Post. « La méfiance de l’Europe envers l’Amérique persiste », remarque de son côté le Wall Street Journal qui précise : « Malgré le revirement de Trump concernant le recours à la force militaire et les droits de douane pour s’emparer du Groenland, les alliés de l’Amérique craignent une aggravation des dommages à long terme ». Il faut dire que les Européens ont de quoi être inquiets, car, comme le rappelle le quotidien américain, « depuis son arrivée au pouvoir il y a un an, l’administration Trump n’a cessé de critiquer ses alliés européens… Ses représentants dépeignant les dirigeants européens comme déconnectés de leurs électeurs, tout en soutenant les partis nationalistes et d’extrême droite, en Allemagne, en France et dans d’autres pays ».  À Bruxelles, explique de son côté le journal allemand die Welt, « un sentiment de soulagement régnait au sommet de l’Union européenne, alors que Donald Trump venait d’exclure toute attaque contre le Groenland (…).« Néanmoins » ajoute le quotidien allemand, « la crainte dominante était que le président américain, homme aux volte-face et aux manœuvres douteuses, ne change à nouveau d’avis ». Le Canada à l'offensive Le Premier ministre canadien Mark Carney s'est fait remarquer à Davos, lui « dont le discours, estime le Monde, « fait écho à l’exaspération d’une partie de ses compatriotes face aux États-Unis. Ses appels à la création d’une alliance des puissances moyennes doivent encore se concrétiser ». « Sans citer nommément Donald Trump », rappelle le quotidien français, Mark Carney « a fustigé les grandes puissances qui utilisent les droits de douane "comme levier" et les chaînes d’approvisionnement comme "vulnérabilités à exploiter" ».   À Montréal, le Devoir salut les propos du Premier ministre canadien : « La solution, soutient désormais avec raison Marc Carney, passe inévitablement par l’alliance de puissances moyennes se serrant les coudes, pour tenir tête à ces géants menaçants ». Donald Trump n’a pas manqué de répondre au « discours nuancé et posé de Mark Carney », précise encore le journal. « Le Canada, a estimé le président américain, devrait se souvenir qu’il existe… grâce aux États-Unis ».
Et voilà encore et toujours Donald Trump qui, quasiment chaque jour, nous noie dans ses discours interminables et ses affirmations péremptoires et parfois même contradictoires… « Trump nous met dans une essoreuse à information », constate Libération à Paris. « Nous, journalistes, sommes menacés d’être, comme les lapins pris dans les phares d’une voiture fonçant à vive allure. (…) Depuis que Donald Trump est aux affaires, nous sommes submergés d’annonces tonitruantes, d’initiatives éclatantes, de propos hors normes, de décisions révolutionnaires, de menaces en tous genres de la part du président bouffon de la première puissance de la planète. Les relayer toutes à la hauteur de leur caractère transgressif revient à emboîter le rythme incessant, l’accélération stratégique de l’actualité voulue par Donald Trump pour nous ensevelir, nous asphyxier sous son flot d’initiatives, sans que l’on sache si elles constituent de simples annonces ou si elles sont annonciatrices d’évolutions marquantes de la politique américaine aux répercussions forcément mondiales. Ne pas les évoquer, pointe Libération, serait prendre le risque de passer sous silence un tournant majeur dans la politique internationale. (…) Même si plus grand monde ne prend les propos de Donald Trump au sérieux, même si chacun a compris que sa tonitruance est souvent le bruit d’un vide politique, la puissance militaire, économique et technologique de l’Amérique fait de chacun de ses mots un potentiel danger ». Le fossé se creuse avec l’Europe Et le danger actuellement concerne les dirigeants Européens, eux-aussi pris dans les phares de Trump… Le New York Times le constate : « la profondeur du fossé entre le président Trump et l’Europe a été pleinement mise en évidence hier à Davos, en Suisse, où il a exprimé son mépris pour les politiques d’immigration de l’Europe, ses réglementations et son refus catégorique de lui céder le Groenland ». D’ailleurs, à ce propos, rien ne garantit qu’un accord interviendra entre les États-Unis et l’Otan. Rien n’est réglé, pointe encore le New York Times : « une seule chose est claire : les propos de Donald Trump tout au long de la journée ont mis en évidence le peu de points communs qui unissent désormais les États-Unis et l’Europe, longtemps alliés les plus proches. (…) Les dirigeants européens se réunissent à Bruxelles ce jeudi pour décider de la marche à suivre ». Point de bascule ? Le Temps à Genève s’agace : « à quel moment les Européens cesseront-ils d’avoir peur de celui qui se fait appeler shérif par ses secrétaires d’État ? (…) En politique comme ailleurs, il existe un point de bascule dans les rapports de force. Une fois que le dominant est fragilisé, son image peut changer subitement, tout comme les comportements à son égard. Le mouvement s’inverse alors, parfois de manière rapide. À Davos, la colère de certains Européens monte discrètement, mais réellement, pointe le quotidien suisse. La conquête du "morceau de glace", selon la formule de Donald Trump pour qualifier le Groenland, pourrait être ce point de bascule. Dans le cas contraire, prévient Le Temps, les vrais gagnants de ce conflit historique sont tout désignés : la Chine et la Russie ». Pour le Guardian à Londres, « l’Europe est face à un choix : riposter ou disparaître. (…) Lorsque les dirigeants de l’Union se réuniront ce soir pour leur Conseil européen extraordinaire, ils devront rejeter sans équivoque les exigences de Trump et définir un cadre d’action clair pour des contre-mesures économiques énergiques ». Notamment, préconise le Guardian, leur instrument anti-coercition, le fameux bazooka commercial pour contrer l’explosion des droits de douane américains. « Concrètement, précise Le Devoir à Montréal, il permettrait d’augmenter fortement les droits de douane à l’encontre des États-Unis sur de nombreux produits et services (vêtements, tabac, alcool, mais aussi services des GAFAM), d’interdire l’accès aux marchés publics aux entreprises américaines, ou encore de bloquer les investissements américains en Europe ». Et pendant ce temps, souligne Le Monde à Paris, la Russie se frotte les mains… « Pour le président russe, Vladimir Poutine, qui rêve de voir l’Otan s’effondrer, les aléas de la relation transatlantique sont une aubaine ». Et la presse officielle russe, rapporte encore le journal, se gausse du Danemark, qui, « après s’être attendu pendant des décennies à être attaqué par la Russie, voit finalement le coup venir de l’Otan ».
« Trump attise les tensions avec l’Europe en rejetant toute ouverture diplomatique » : un constat à la Une du New York Times. En effet, hier, pointe le quotidien américain, « le président Trump a fait encore monter d’un cran la tension avec les plus anciens alliés des États-Unis, en répondant aux ouvertures diplomatiques par des publications en ligne moqueuses, des menaces de sanctions économiques et d’expansion territoriale, quelques heures seulement avant sa rencontre prévue avec ses homologues européens à Davos dans les Alpes suisses. (…) Une incroyable provocation à l’égard des chefs d’État européens. » D’autant qu’hier, relève le Washington Post, Donald Trump en a encore rajouté… « Lors d’une apparition surprise dans la salle de presse de la Maison Blanche, il s’est lancé dans un monologue décousu et sans filtre, annonciateur d’une deuxième année de présidence marquée par bien peu de contraintes – et un président de plus en plus déterminé à gouverner selon ses propres conditions. S’exprimant pendant plus d’une heure sans interruption, Donald Trump a enchaîné griefs, menaces et vantardises (…). Son ton est resté globalement monocorde, pointe encore le quotidien américain, tandis qu’il passait d’un sujet à l’autre, sans qu’il ne fasse guère d’efforts pour préciser sa pensée ou expliquer les implications de ses propos ». Et puis « à quelques heures de son départ pour le Forum économique mondial de Davos, il a ridiculisé plusieurs pays et dirigeants mondiaux et a plaisanté en disant qu’après avoir intensifié ses menaces d’annexion du Groenland, il ne serait peut-être pas très bien accueilli au rassemblement de l’élite mondiale ». Les Européens prêts à la contre-attaque ? En effet, la journée risque d’être explosive à Davos. Avec une intervention de Donald Trump à la tribune qui sera sans doute dans le même esprit… Alors, « à Davos, l’Europe cherche la parade », pointe Le Temps à Genève. « Attendu ce mercredi (donc) dans la station grisonne, le président américain ne relâche pas la pression (…). Pour élaborer une réponse commune aux attaques américaines, les Vingt-Sept doivent se réunir demain pour un sommet extraordinaire. Parmi les solutions envisageables figure le dispositif anti-coercition, dont Emmanuel Macron a à nouveau appelé au déploiement à Davos. Cet instrument permet de prendre des mesures contre un pays si celui-ci impose des restrictions économiques. (…) L’UE marche toutefois sur une ligne de crête, constate le quotidien suisse, l’Allemagne, qui sort de trois années de récession, semblant hésiter à activer un dispositif susceptible d’entraîner une escalade de la guerre commerciale menée par Donald Trump ». Accepter le combat ! Pas d’hésitation, il faut croiser le fer, s’exclame Le Figaro à Paris : « ce à quoi nous assistons n’est que la première étape d’une offensive américaine contre la souveraineté des pays européens. Leur vassalisation passe par la destruction de l’UE - avec l’appui des forces souverainistes – et la soumission de l’Otan dans une solidarité à sens unique. (…) Il faut donc accepter le combat, lance Le Figaro. Les Européens peuvent, avec d’autres, former un front du refus et répondre aux coups qui leur sont infligés. À condition de comprendre à qui on a affaire : poser sur la table le " bazooka" de l’instrument anti-coercition ne suffira pas à impressionner le président américain. La dissuasion repose sur la crédibilité, qui est nulle tant que nous avons peur de nos propres forces. Un premier signal serait d’éviter les courbettes devant Trump à Davos ». Refonder l’Otan ! Pour le Times à Londres, « il est temps d’envisager l’impensable. Les dirigeants européens doivent refonder l’Otan, sans les États-Unis. Quel que soit le dénouement de la saga du Groenland, les alliés des États-Unis doivent accepter que l’ordre de sécurité établi après 1945 est révolu. La garantie de sécurité américaine étant désormais sérieusement remise en question, les Européens vont devoir accroître leurs dépenses militaires. » Alors, conclut Le Devoir à Montréal, « la présidence et l’influence de Trump seront un jour chose du passé. (Mais) les dommages qu’il a causés dans la confiance et dans l’efficacité des institutions de coopération internationales ne s’effaceront pas de sitôt. Le multilatéralisme est mis à mal sous les assauts des régimes autoritaires et antidémocratiques. Libérés des contraintes déjà fragiles qu’imposait le droit international, ils se sentent autorisés à jouer des muscles pour redessiner le monde à leur avantage. Ces bouleversements, pointe encore Le Devoir, nous rappellent la précarité des alliances que l’on croyait jusqu’ici inébranlables, comme l’Otan. Coincée entre un allié instable à l’ouest et une Russie dévorée par ses ambitions à l’est, l’Union européenne est à l’étroit ».
« Qui aurait cru qu’une alliance vieille de 77 ans pourrait se briser sur un bout de terre gelée aux confins du monde ? », s’exclame Libération à Paris. « Après les ultimes provocations de Donald Trump ce week-end, les Européens ne peuvent plus rester sans rien faire, dans l’espoir d’éviter des mesures de rétorsion supplémentaires, ou de sauvegarder à tout prix l’Otan. (…) L’Union européenne est le premier partenaire commercial des Etats-Unis : seule cette donnée peut instaurer un rapport de force, pointe le journal. (…) À l’Europe d’être constante et ferme dans le soutien aux Danois et aux Groenlandais. L’alliance intérieure européenne se retrouve en balance face à l’alliance transatlantique. » « Face à Donald Trump, le temps de la riposte », renchérit Le Figaro. « Le moment est venu de répondre ou de disparaître. De choisir entre la souveraineté et la vassalisation. L’Europe a des armes, économiques notamment, comme ce bien nommé “instrument anti-coercition“ qu’elle n’a jamais osé utiliser, et dont Emmanuel Macron demande l’activation. Droits de douane contre droits de douane, sanctions contre sanctions : il faut prendre acte que l’Alliance transatlantique est en ruine, pointe encore Le Figaro, et signifier à l’Amérique de Trump qu’elle sera dorénavant traitée pour ce qu’elle est – une puissance hostile. » S’imposer ! Le Soir à Bruxelles insiste : « l’humiliation n’est aujourd’hui plus une option pour l’Europe – pour autant qu’elle ne l’ait jamais été. (…) Le moment est donc venu pour les dirigeants européens de s’imposer à la table, avec un menu commun – c’est leur plus grand défi – où le respect de la souveraineté et du droit international ne sont pas en option. Ils semblent, ce week-end, avoir pris la mesure de la gravité du moment, mais il s’agira de ne pas rater la réunion – enfin – convoquée d’un Conseil européen. » « Soyons sérieux ! L’intimidation n’est pas une force », s’exclame le Guardian à Londres. « Les menaces de droits de douane concernant le Groenland et l’Europe révèlent les limites de la diplomatie coercitive. La réaction unie et la riposte de l’Europe montrent que la peur s’estompe. » Sursaut ou naufrage ? Toutefois, les Européens vont-ils vraiment arriver à une position ferme et commune face à Trump ? Le Washington Post s’interroge : « peut-être cette humiliation sera-t-elle l’étincelle qui déclenchera un élan bien plus important vers l’intégration européenne et l’autonomie stratégique – ce que ne recherche absolument pas l’administration Trump. Ou peut-être mènera-t-elle à une fragmentation, un affaiblissement et un déclin accrus, si les Européens tiennent les technocrates de Bruxelles responsables de ce fiasco. Quoi qu’il en soit, conclut le Washington Post, les tentatives de Trump d’annexer le Groenland risquent de constituer le plus grand choc géopolitique qu’ait connu l'Europe depuis la chute du mur de Berlin en 1989. C’était un moment de liesse. Cette fois-ci, seuls Vladimir Poutine et Xi Jinping se réjouiront. » Moscou et Pékin boivent du petit lait… En effet, complète le Wall Street Journal, « depuis plus de 75 ans, le rêve le plus cher de la stratégie russe est de séparer l’Europe occidentale des États-Unis et de briser l’OTAN. Ce rêve pourrait devenir réalité : le président Trump poursuivant sa campagne pour s’emparer du Groenland, sans se soucier de l’avis des populations locales ni de celui du Danemark. (…) Avec ses menaces de droits de douane et son soutien à la Russie contre l’Ukraine, il s’aliène l’Europe occidentale d’une manière qui sera difficile à réparer, relève encore le Wall Street Journal. Certes, l’Europe pourrait ne pas être en mesure de résister si Donald Trump voulait vraiment entrer en guerre pour cette île. Mais adieu l’OTAN. Et, ironie tragique du sort, la Chine et la Russie pourraient bien être les grands gagnants, même si Donald Trump justifie ses prétentions sur le Groenland par la nécessité de contrer Pékin et Moscou. » Boycotter le Mondial ? Enfin, « si les américains envahissent le Groenland, nous n’irons pas à la Coupe du monde de football (aux Etats-Unis) » : c’est l’appel, sur le mode humoristique, lancé par El Pais à Madrid. « Imaginez en effet un boycott des 16 équipes européennes, le groupe le plus important. En football, nous sommes encore une puissance, une influence majeure, s’exclame le quotidien espagnol. Et si les choses continuent ainsi, nous pourrions même ne pas aller aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. »
C’est le Wall Street Journal qui expose la situation : « Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que les États-Unis soutiendraient ce que certains qualifient de nouvelle révolution iranienne », explique le quotidien américain qui ajoute : « Désormais les commentaires font état d’une inquiétude pour les manifestants qui avaient été galvanisés par l’appel à la mobilisation de Donald Trump ». Averti des risques d’une intervention américaine en Iran par ses alliés au Proche-Orient, notamment Israël, le président états-unien semble en effet avoir revu sa position.  Alors que seules des informations éparses parviennent d’Iran, le journal Le Devoir, au Canada, parle d’un « massacre dans l’obscurité », estimant que « l’Iran a tenté de masquer sa répression horrible, mais que le courage des manifestants a été vu et entendu dans le monde. » Le Devoir salue « ces femmes qui avancent avec courage, cheveux au vent, cigarette au bec. Et qui osent enflammer du bout de leur mégot l’image sacrée de l’ayatollah Khamenei (…) Ces femmes, ajoute le quotidien canadien, sont apparues ces derniers jours, marchant aux côtés de manifestants criant leur désaccord avec l’autorité de la République islamique théocratique ».  La justice monte au créneau La photo est en Une du Washington Post. Deux policiers cagoulés maintiennent à terre un manifestant portant une chasuble jaune fluo. Les affrontements se multiplient à Minneapolis où Donald Trump a déployé des agents fédéraux pour mener des opérations contre les immigrés. Or, une juge fédérale vient d’interdire à ces agents « d’arrêter des manifestants pacifiques ». « Cette décision, explique le Washington Post, « fait suite à une plainte déposée par des habitants qui accusent des agents fédéraux de violer leurs droits constitutionnels, alors qu’ils observent ou protestent contre des raids visant les immigrés ». « Cette décision, précise encore le Washington Post, fait suite à la mort de Renée Good, une mère de trois enfants, âgée de 37 ans, abattue la semaine dernière au volant de sa voiture par un agent de la police de l’immigration, alors qu’elle assistait à une opération de la police fédérale dans une rue résidentielle de Minneapolis ». Le Wall Street Journal revient lui aussi sur le meurtre de la jeune femme, et rappelle qu’il a « contribué à intensifier le conflit qui dure depuis des semaines entre l’administration Trump et les dirigeants démocrates du Minnesota ».   Un budget introuvable ? En France, le Premier ministre prononcé hier, vendredi, une allocution au sujet du budget sur lequel les députés ne parviennent pas à se mettre d’accord. « Lecornu abat ses dernières cartes pour sauver son budget », titre le Figaro. « Ce sera son dernier mot », ajoute le quotidien. « Après avoir constaté qu’il serait impossible de faire adopter son projet de loi des finances, le Premier ministre a proposé "un compromis" de la dernière chance, aux forces politiques qui font passer l’intérêt général avant leurs intérêts partisans ». Le journal Libération estime, lui, que le discours de Sébastien Lecornu, est « doux pour les uns, flou pour les autres ». « S’il a aligné les annonces sur le pouvoir d’achat, le logement ou les retraités, dans l’espoir de satisfaire le Parti socialiste et Les Républicains, Sébastien Lecornu a fait de grosses impasses sur les mesures de justice fiscale. » Plus critique encore, le journal en ligne Médiapart, parle d’un budget « remanié mais toujours indolore pour les ultrariches ». Le Monde, lui, estime que le Premier ministre « a fait de nouvelles concessions au Parti socialiste, pour faire accepter un potentiel passage en force. » « Comment ce budget sera-t-il adopté ? » interroge le journal, qui distingue deux hypothèses : « Le Premier ministre hésite entre deux voies périlleuses : l’article 49.3 qu’il avait promis de ne pas utiliser ou l’ordonnance (…) D’ici au 20 janvier, Sébastien Lecornu dévoilera son choix, qui dépendra des discussions menées durant le week-end avec les groupes, de LR au PS », conclut Le Monde.  
« On a dit à Trump qu’une attaque contre l’Iran ne garantirait pas l’effondrement du régime de Téhéran », titre le Wall Street journal. C’est ce qu’ont annoncé « des responsables américains », ajoute le quotidien, selon lequel « les États-Unis auraient besoin de davantage de puissance de feu militaire au Moyen Orient, à la fois pour lancer une frappe à grande échelle, et pour protéger les forces américaines dans la région, ainsi que leurs alliés, comme Israël, en cas de représailles iraniennes ». Mais qui a averti les États-Unis des risques que présenterait une opération américaine ? Selon le New York Times, « le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et les pays arabes ont demandé à Trump de ne pas attaquer l’Iran », « par crainte de représailles iraniennes ».    Quels sont les pays arabes, qui ont également averti Trump ? il s’agit, selon le New York Times, « du Qatar, de l’Arabie saoudite, d’Oman et de l’Égypte, tous partenaires de Washington ». Le journal libanais l’Orient-le Jour précise même que « l’intervention des pays du Golfe, notamment de l’Arabie Saoudite, a été cruciale pour dissuader Donald Trump d’intervenir et préserver la stabilité régionale ». Ceci étant rien n'est sûr...  Le Wall Street Journal  reprend en tout cas les propos de Karoline Leavitt, la porte-parole de la Maison Blanche, selon laquelle « seul le président Trump sait ce qu’il va faire, une équipe très restreinte de ses conseillers est au courant de ses intentions », a-t-elle ajouté. « Le jeu du chat et de la souris » La question du Groenland, convoité par Donald Trump, préoccupe particulièrement la presse française. « Groenland : les Européens tentent de contrer Trump », titre le Figaro, « affichant leur solidarité avec le Danemark, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et d’autres pays, déploient des soldats sur le territoire pour tenter de dissuader les Américains d’un coup de force ». « Une tactique » qui, selon l’éditorialiste Philippe Gélie, « s’apparente au jeu du chat et de la souris ». « A Washington, ajoute-t-il, d’influents conseillers suggèrent à Donald Trump de faire d’une pierre deux coups : s’emparer du Groenland et se débarrasser de cette vieille alliance dépassée », autrement dit : l’OTAN. Le Monde parle lui, « d’une démonstration qui se veut avant tout communautaire, face à l’appétit affiché de Donald Trump pour s’emparer, de gré ou de force, du Groenland ». Le Monde qui reprend également les propos de la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt,  imperturbable : « Je ne pense pas  que le déploiement de troupes en Europe ait un impact sur la prise de décision du président. Cela n’a aucun impact sur son objectif d’acquérir le Groenland ». Donald Trump, « prix Nobel de la paix » On a peine à y croire et pourtant c’est vrai. La prix Nobel de la paix 2025, la vénézuélienne Maria Corina Machado, a remis hier son prix Nobel à Donald Trump (dont on sait qu'il rêvait d'obtenir ce même prix Nobel). Le New York Times publie la photo que le président américain, a diffusé sur son réseau social. On le voit tout sourire, tenant entre ses mains un cadre contenant la médaille de la prix Nobel de la paix. Maria Corina Machado, souriante, se tient à ses côtés. Commentaire du président américain : « C’est une femme formidable, qui a traversé bien des épreuves. Maria m’a offert le prix Nobel de la paix pour le travail que j’ai accompli », rapporte notamment El Païs. L’entretien avec l’opposante vénézuélienne s’est toutefois fait « à huis clos, une exception pour Trump, si friand de de mises en scène », remarque le quotidien espagnol. Il est vrai que le président américain, ne compte visiblement pas sur Maria Corina Machado pour l’avenir : « Il a clairement indiqué qu’il ne la jugeait pas apte à diriger la transition », poursuit  qui reprend également les propos de la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt  (encore elle) selon laquelle « C’est une position réaliste et elle n’a pas changé ».
Dialogue de sourds hier à Washington : « Nous sommes d’accord pour être en désaccord », a affirmé Lars Løkke Rasmussen, le ministre danois des Affaires étrangères devant son homologue américain JD Vance. En effet, pointe le Washington Post, « les deux parties, américaines et danoises, ne sont parvenues à aucun accord hier à la Maison Blanche à propos du sort du Groenland. » Et Donald Trump campe sur ses positions : « les États-Unis ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale, a-t-il dit. Le problème, c’est que le Danemark est impuissant si la Russie ou la Chine veulent occuper le Groenland, mais nous, nous pouvons faire tout ce qu’il faut. » Alors, relève encore le Washington Post, « en réponse apparente aux critiques de Trump concernant la sécurité, le Danemark et le Groenland ont annoncé hier un renforcement de leur présence militaire au Groenland et dans ses environs, en coopération avec leurs alliés de l’OTAN. » En effet, précise Le Figaro à Paris, « l’armée française va envoyer des soldats au Groenland. (…) La Suède et l’Allemagne ont annoncé leur participation. (…) Les Européens adressent ainsi plusieurs signaux à Washington : celui de la solidarité entre alliés européens avec le Danemark mais aussi celui de la défense de la souveraineté des États, alors que Donald Trump cherche à mettre la main sur l’île. » Trump l’expansionniste… Le Soir à Bruxelles s’interroge : « les États-Unis, alliés ou ennemis ? Cette question se pose aux Européens, à chaque nouveau geste ou déclaration du président Trump. Comment considérer que les menaces extérieures nous sont communes et que nous pouvons les gérer ensemble au moment où le président des Etats-Unis ne cesse d’afficher son ambition agressive de prendre le contrôle du Groenland, vaste territoire d’un pays… allié ? Et la réunion tripartite à Washington hier n’a rassuré personne, au contraire. » En fait, analyse Le Monde à Paris, « le président américain, qui n’a que mépris pour le droit international et peu de considération pour les alliés traditionnels de son pays, divise le monde entre grands prédateurs, vassaux et proies. Il y a quelques jours, Donald Trump reconnaissait qu’il pourrait être confronté à “un choix“ entre l’OTAN et le Groenland. Il estimait qu’une “propriété“ américaine était importante car, disait-il, “c’est ce que je ressens psychologiquement comme nécessaire pour le succès“. Ce facteur psychologique, pointe encore Le Monde, semble déterminant chez l’ancien magnat de l’immobilier, qui rêve d’une expansion du territoire américain. » UE : oser le rapport de force ? « Jusqu’où l’Europe ira-t-elle pour défendre le Groenland contre Trump ? », s’interroge le Guardian à Londres. « On ignore toujours quel genre de “combat“ les puissances européennes sont prêtes à mener pour le Groenland si la diplomatie échoue. » En tout cas, l’Europe doit se préparer et peut-être même au pire…C’est du moins le propos exprimé dans les colonnes de La Croix par  Cyprien Ronze-Spilliaert, chercheur associé à l’Institut Thomas More et enseignant à l’université Paris-Dauphine. « L’Union européenne doit oser le rapport de force, affirme-t-il. Cette crise groenlandaise constitue l’occasion, pour l’UE, de faire respecter le droit international par des actes, et non plus seulement par des communiqués indignés, aussi nombreux qu’inefficaces, poursuit-il. Pour réaffirmer la souveraineté danoise sur le Groenland, les pays européens doivent y déployer rapidement un détachement militaire interarmes de plusieurs milliers de soldats, accompagnés de frégates, de sous-marins et d’avions de chasse. (…) Un tel déploiement rendrait matériellement impossible toute opération éclair américaine, affirme encore le chercheur. Trump n’engage le rapport de force que lorsqu’il est certain de l’emporter à court terme. Or, ouvrir le feu sur des troupes alliées provoquerait immédiatement l’effondrement de l’Otan, une perte de crédibilité majeure de l’Occident, une chute des marchés financiers et une crise économique sévère, des deux côtés de l’Atlantique. (…) En définitive, conclut Cyprien Ronze-Spilliaert, l’équilibre des forces n’est pas défavorable à l’Europe – à condition qu’elle ait le courage, enfin, d’en user. »
« Un huis clos sanglant, soupire Le Temps à Genève. Les manifestations qui secouent l’Iran depuis le 28 décembre ont pris une ampleur considérable au cours des derniers jours. Aux abois, le régime des mollahs a intensifié la répression. Les massacres demeurent difficiles à quantifier tant la coupure d’internet et des communications empêche d’avoir une idée précise du nombre de victimes. Mais il ne cesse d’augmenter. Alors que, selon le média Iran International basé à Londres, quelque 12 000 manifestants auraient été tués, d’autres médias sont plus prudents. Selon Human Rights Watch, au moins 730 Iraniens auraient perdu la vie. L’ONG norvégienne Iran Human Rights estime qu’il pourrait y avoir plusieurs milliers de victimes. Et le nombre d’arrestations dépasserait les 10 000 personnes ». Une « barbarie méthodiquement orchestrée » « Embarqué dans une fuite en avant, le régime ne semble avoir plus aucune limite pour mater la contestation », affirme Le Figaro à Paris. Le Figaro qui s’appuie sur des témoignages vocaux qui lui sont parvenus. Des témoignages qui « corroborent cette barbarie méthodiquement orchestrée par le régime iranien : agents de sécurité équipés de fusils d’assaut, miliciens tirant depuis leurs voitures sur les foules, protestataires sciemment visées au visage ou dans la nuque. Des témoignages qui décrivent des flaques de sang sur les trottoirs, la colère et le chaos dans les cimetières, les appels désespérés au don de sang dans les hôpitaux. Un habitant de Racht (Nord-Ouest), qui vient de fuir l’Iran, raconte : "À Racht, ils ont tué tellement de manifestants, au moins 600 entre jeudi et vendredi, que personne n’osait plus sortir samedi dans la rue (…) L’ampleur du massacre est sans précédent. Les familles font la queue à la morgue pour identifier leurs proches" ». Et parfois, les familles doivent même payer pour repérer les corps et les blessés sont traqués jusque sur leur lit d’hôpital.  Difficiles prédictions… Alors, « nous sommes entrés dans le moment décisif, relève L’Orient-Le Jour à Beyrouth. Celui où le soulèvement iranien va enfin parvenir à faire plier le régime ou bien va au contraire se briser une nouvelle fois sur le mur de la propagande et de la répression. Prédire la chute ou non du régime est un exercice périlleux et stérile. Pour la simple raison que nous ne savons rien ou bien si peu de chose sur l’essentiel ». Et le quotidien libanais de s’interroger : « quelles sont les dynamiques à l’intérieur de celui-ci ? Qui prend les décisions outre le guide suprême Ali Khamenei ? Quels sont les calculs des gardiens de la révolution et de l’armée ? (…) Si la situation n’évolue pas, le sort de la révolution iranienne est entièrement entre les mains de Donald Trump ». Accentuer la pression politique et économique Que peut décider le président américain ? « Nous allons prendre des mesures très fortes », a déclaré Donald Trump hier soir. Mais quelles mesures ? Pour le New York Times, « Washington peut jouer un rôle crucial dans la prochaine étape de la contestation iranienne, mais ni les frappes militaires ni une nouvelle série de négociations nucléaires ne garantiront un avenir meilleur aux Iraniens ni aux intérêts américains. (…) Au lieu de cela, préconise le journal, Donald Trump devrait intensifier sa campagne de pression sur le régime : lancer des cyber-opérations visant les capacités militaires, inciter les pays entretenant encore des relations diplomatiques avec Téhéran à expulser les diplomates iraniens, saisir la flotte fantôme de pétroliers iraniens, sanctionner les importations chinoises de pétrole iranien et identifier et dénoncer les auteurs de violences. Plus important encore, pointe le New York Times, Donald Trump devrait investir dans le financement et le soutien organisationnel qui permettraient à terme à l’opposition iranienne de l’emporter et de se préparer à la future gouvernance ». Pour l’instant, c’est l’inconnu… « Certains observateurs, souligne Haaretz à Tel Aviv, estiment que le régime iranien a franchi un point de non-retour et que son effondrement est inévitable. D’autres soutiennent qu’il perdurera, comme par le passé, grâce à la loyauté des forces de sécurité. D’autres encore perçoivent la situation en Iran non comme un prélude à un effondrement soudain, mais comme le début d’un long processus d’érosion progressive plutôt que comme un changement radical et immédiat ».
« Azadi » veut dire liberté en persan. Et cette liberté, relève Le Figaro à Paris, « ce droit que nous tenons pour naturel, universel et irrémédiablement acquis, les Iraniens nous rappellent qu’il faut constamment se battre pour le conquérir ou le préserver. Pour gagner cette bataille, poursuit le journal, ils sont prêts à risquer leur vie. Par centaines de milliers, des citoyens ordinaires défient les mains vides une dictature absolue de droit divin nageant dans la corruption. Les mollahs ont achevé de ruiner le pays, économiquement et moralement, malgré sa richesse pétrolière et sa civilisation millénaire. Cette ploutocratie cléricale, s’insurge encore Le Figaro, n’a plus que la mitraille à opposer au peuple, et les morgues se remplissent de linceuls ».  Alors, la liberté va-t-elle l’emporter ? « Une éphémère rébellion comme on en a vu tant en Iran, ou alors une révolution en règle ? », s’interroge L’Orient-Le Jour à Beyrouth. « Face à une opposition divisée et à un consensus limité, pointe El Pais à Madrid, il est difficile de prédire si ces manifestations parviendront à se cristalliser en un mouvement capable de renverser le régime. Mais l’indignation populaire démontre avant tout que l’Iran a besoin d’une transformation profonde, à commencer par le respect des droits humains. Les Iraniens ont le droit de décider de leur propre avenir, sans tutelle ni ingérence, qu’elle soit interne ou externe ». D’autant que, relève le Wall Street Journal, « la violence ne permettra pas de redresser la monnaie, de stabiliser les prix, ni de fournir l’électricité et l’eau. Les problèmes de l’Iran sont insolubles tant que ce régime restera en place, et les Iraniens le savent. (…) Les mollahs au pouvoir ont franchi la ligne rouge tracée par Trump ». Quel type d’intervention ? Justement, que peut faire le président américain ? « Ce mardi, pointe Libération à Paris, Donald Trump et son équipe de sécurité nationale doivent examiner les options lors d’une réunion décisive à la Maison Blanche ». Il y aurait « plusieurs cibles potentielles et plusieurs options économiques : des cyberattaques contre des sites militaires et civils, la fourniture clandestine de terminaux Starlink pour avoir accès à internet, de nouvelles sanctions et des frappes militaires. (…) Enhardi par son succès au Venezuela et encouragé par les faucons, Trump doit désormais trancher. Contrairement à ses deux précédentes attaques contre l’Iran, l’élimination du puissant général Qassem Soleimani en 2020 et les frappes contre le programme nucléaire de juin, l’objectif semble cette fois beaucoup plus flou, relève Libération – et l’issue hautement incertaine ». Un « État zombie » Pour le chercheur Farid Vahid, qui publie une tribune dans Le Monde, « plusieurs scénarios sont envisageables. D’une part, une poursuite des manifestations malgré l’intensification de la répression, avec l’apparition de fissures au sein de l’appareil sécuritaire et politique, nécessaires à la chute du régime. Mais la mobilisation ne peut perdurer indéfiniment face à un pouvoir n’hésitant pas à tuer pour se maintenir. Dans ce cas-ci, reste à voir si Donald Trump mettra ses menaces à exécution. À savoir une intervention militaire, qui serait extrêmement complexe à mettre en œuvre, et au résultat incertain : elle pourrait se solder par un affaiblissement considérable du régime, provoquant son effondrement, ou, à l’inverse, causer des effets contre-productifs et non souhaitables. La seule certitude dont nous disposons pour le moment, affirme encore Farid Vahid, est la non-viabilité de la situation actuelle. Un État qui qualifie sa propre jeunesse de "terroriste" ne peut perdurer. Il ne peut éternellement régner par la peur, d’autant qu’elle change de camp, comme le montre l’ampleur des manifestations malgré les menaces, les arrestations massives, les morts et la coupure d’Internet. La République islamique d’Iran entre dans sa phase finale, que l’on pourrait qualifier d’"État zombie". (…) Un État, sans légitimité, défaillant dans toutes ses fonctions vitales, qui se maintient en vie par l’emploi de la force létale. Et cette violence, conclut le chercheur, même si elle la retarde, n’est pas en mesure, in fine, d’empêcher sa mort clinique ».
loading
Comments