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L'envie de savoir

Author: Institut de France

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Émission de culture générale. Chaque semaine, un nouvel invité (académicien, chercheur, etc) apporte des éclairages approfondis et nuancés sur un sujet tiré de sa spécialité.
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Pourquoi, aux débuts du christianisme, des hommes ont-ils choisi de tout quitter pour vivre dans les déserts d’Orient ? Qui étaient réellement ces premiers moines que l’on a longtemps imaginés coupés du monde et hostiles à la raison ? Cette image a été largement nuancée par un ouvrage important, publié dans les années 1960 et réédité aujourd’hui : Les Moines d’Orient, d’André-Jean Festugière. En traduisant et commentant les récits de vie de ces moines, l’historien a révélé des figures loin du fanatisme : des hommes héritiers de la culture antique, inventant une manière nouvelle de vivre le christianisme.
Nous sommes aujourd’hui plus de huit milliards d’Homo sapiens. Pourtant, l’histoire de notre espèce a commencé avec une poignée de groupes humains, situés en Afrique. Homo sapiens n’est pas apparu par magie. Il est le produit d’une évolution longue, faite d’adaptations successives, qui l’ont progressivement distingué des autres formes humaines. Lorsqu’il apparaît sur le continent africain, il y a environ 300 000 ans, une autre lignée domine alors l’Europe : les Néandertaliens. Ingénieux, robustes, parfaitement adaptés à leur environnement, ils n’en verront pas moins leur destin bouleversé par l’arrivée de leurs cousins venus d’Afrique. Cette rencontre marquera le début de leur disparition. Qu’est-ce qui a donné l’avantage à Homo sapiens ? Le paléo-anthropologue Jean-Jacques Hublin, professeur au Collège de France et membre de l’Académie des sciences depuis 2023 répond à la question.
Claude Monet, Georges Sand, Jean Gabin ou encore Anna de Noailles figurent au calendrier 2026 des commémorations nationales établi par France Mémoire. Chaque année, cette mission de l’Institut de France retient une cinquantaine de dates - anniversaires de personnalités, d’œuvres ou d’événements - qui ont marqué l’histoire du pays. Pensé non comme un panthéon des grandeurs passées, mais comme un instrument de mise en perspective, ce calendrier invite à interroger les héritages, les tensions et les continuités qui traversent la mémoire nationale. Son directeur scientifique, l’historien Pascal Ory, en présente les principaux enjeux et revient sur quelques dates emblématiques de l’édition 2026.
Longtemps, le loisir n’a pas été synonyme d’oisiveté mais de liberté. Dans l’Antiquité, les Grecs parlaient de skholè et les Romains d’otium pour désigner ce temps libéré, nécessaire à la réflexion, à la formation du jugement et à la vie démocratique. Mais au fil de l’histoire, le travail et la logique du rendement ont pris le dessus, reléguant ce temps de pensée au rang de luxe superflu. Aujourd’hui encore, notre imaginaire collectif reste dominé par cette hiérarchie héritée, où l’efficacité prime sur la capacité à réfléchir. À rebours de cette logique, le chercheur Jean-Miguel Pire défend une redécouverte de l’otium comme un levier d’émancipation individuelle et collective. Loin du simple divertissement ou du développement personnel, ce temps pour soi s’inscrit dans une démarche éthique : il permet de penser par soi-même, de mieux agir, et de renouer avec le souci des autres.
Derrière chaque ingrédient se dessine une géographie complexe, faite de routes commerciales, de transferts culturels et de patientes adaptations locales. Et pourtant, malgré cette longue histoire de circulations, la cuisine demeure l’un des espaces où se construisent avec le plus de force des récits d’enracinement et d’identités présentées comme immuables. C’est dans cette tension, entre le mouvement du monde et la solidité revendiquée des traditions, que s’élabore une large part de la manière de manger aujourd’hui. Pour en éclairer les strates et les contradictions, cet entretien donne la parole au géographe et gastronome Jean-Robert Pitte, Secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences morales et politiques, auteur de À la table de l’Histoire et du monde.Dans cet entretien, Jean-Robert Pitte montre en quoi l’alimentation constitue une porte d’entrée privilégiée pour penser la géographie et l’histoire culturelle. À partir d’exemples concrets comme le petit-déjeuner, le cassoulet ou les frites, il rappelle que la plupart des plats dits « traditionnels » sont le fruit de circulations anciennes, bien antérieures à la mondialisation contemporaine. Haricots, tomates, piments ou cacao racontent ainsi une histoire d’échanges, d’importations et d’appropriations successives.Des produits venus d’ailleurs devenus identités localesL’émission explore la manière dont ces aliments, parfois exotiques à l’origine, ont été progressivement intégrés aux territoires jusqu’à façonner des identités culinaires fortes. Jean-Robert Pitte revient sur la notion de terroir, sur le rôle des appellations d’origine protégée et sur la construction historique des cuisines régionales françaises. Loin d’être immuables, ces traditions se sont souvent stabilisées tardivement, notamment au XXᵉ siècle, sous l’effet du tourisme et du regard porté par les critiques et historiens de la gastronomie.La gastronomie françaiseEnfin, l’entretien s’attarde sur la gastronomie française comme art de vivre et pratique sociale. Accords mets et vins, ordre des plats, repas de fête et arts de la table sont replacés dans une longue histoire culturelle, de la cour de Louis XIV à Brillat-Savarin. Jean-Robert Pitte rappelle que la gastronomie ne se résume ni au luxe ni à la haute cuisine, mais qu’elle repose avant tout sur la convivialité, le partage et la capacité à créer du lien.
Longtemps étudiée, la civilisation maya continue aujourd'hui de surprendre : en Amérique centrale, de nouvelles découvertes en révèlent l’organisation socio-politique. En effet, si leurs pyramides et leur calendrier sont bien connus, les Mayas ont surtout bâti, sur près de deux millénaires, un monde de cités dynastiques et de réseaux d’influence d’une remarquable sophistication. Grâce aux avancées de la recherche, et notamment à l’utilisation du LIDAR, un outil d’imagerie de haute précision, les archéologues redécouvrent l’ampleur de ces paysages urbains et les formes d’autorité qui les structuraient. Dominique Michelet, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, spécialiste de la civilisation maya et directeur de recherche au CNRS éclaire ces découvertes et leur portée.
Dernière favorite de Louis XV, Jeanne du Barry fut l’une des femmes les plus observées - et les plus mal jugées - de son siècle. Longtemps présentée comme l’incarnation frivole du XVIIIᵉ siècle, elle ne cesse pourtant de révéler, à travers son parcours, une réalité plus complexe. Dans sa dernière biographie, l’historien Emmanuel de Waresquiel, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, revisite cette figure que la postérité a trop souvent réduite au cliché d’une « bimbo royale ». Son travail éclaire une personnalité singulière et cherche à défaire une légende noire façonnée par les préjugés. Sa réflexion ouvre aussi sur l’art de la biographie : la frontière ténue entre récit de vie et récit historique, et la question de la place que cette forme occupe parmi les écritures de l’histoire.La biographie, un art entre enquête et mise en scèneEmmanuel de Waresquiel décrit la biographie comme une véritable « quadrature du cercle », prise entre l’exigence de rigueur historique et la nécessité d’un récit construit. Le biographe est à la fois enquêteur et écrivain : il doit analyser chaque document, en mesurer le contexte, puis organiser son récit en alternant « travelling avant » et « arrêts sur image » pour donner vie aux voix du passé. Cette articulation entre objectivité et mise en scène fait de la biographie, selon lui, l’une des formes d’écriture historique les plus difficiles à maîtriser.Jeanne du Barry, entre archives fragmentaires et légende noireL’historien revient longuement sur les difficultés spécifiques liées à l’écriture de la biographie de Jeanne du Barry, qui a laissé très peu de traces écrites. La disparition de sa correspondance avec Louis XV - probablement détruite pour des raisons politiques - a été compensée par la découverte d’archives inédites, notamment les papiers de l’historien Charles Vatel. Ces matériaux permettent de corriger une image déformée par les pamphlets du XVIIIᵉ siècle, où l’attaque contre la favorite servait surtout à atteindre le roi et à fragiliser la monarchie.
Figure discrète du XIXᵉ siècle, la comtesse de Caen a pourtant laissé une empreinte profonde sur l’histoire du mécénat artistique. Défenseure déterminée de la liberté des artistes, elle soutint les arts sous toutes leurs formes et choisit, à sa disparition, de léguer une part considérable de sa fortune à l’Académie des Beaux-Arts : un geste d’une rare générosité, fidèle à toute une vie d’engagement. Si son nom subsiste à travers une aile du Palais de l’Institut, quai de Conti à Paris, son parcours reste pourtant largement méconnu. L’exposition que l’Académie des Beaux-Arts lui consacre aujourd’hui, dans le pavillon qui porte son nom, offre enfin l’occasion de redécouvrir cette personnalité singulière.
Le 13 novembre 2015 demeure gravé dans la mémoire collective comme le soir des attentats les plus meurtriers de l’histoire récente de la France. Chacun garde en tête un souvenir précis : un lieu, un son, un message. Dix ans plus tard, ces traces intimes se mêlent à une mémoire partagée. Comment ces souvenirs se construisent-ils ? Comment évoluent-ils ? Que devient la mémoire face à l’usure du temps ? Autant de questions au cœur du Programme 13-Novembre, une étude scientifique inédite menée par le CNRS et l’INSERM, qui recueille la parole des survivants, des témoins, mais aussi de celles et ceux qui ont secouru, soigné, protégé. Dix ans après, il s’agit de comprendre ce que la société retient encore de cette nuit tragique. Pour en parler, Denis Peschanski, historien et directeur de recherche émérite au CNRS, co-responsable du Programme 13-Novembre.
Chaque automne, la rentrée littéraire réveille le même frisson chez les auteurs. En quelques semaines, des centaines de romans paraissent, des plumes espèrent, des jurys délibèrent, et tout un milieu retient son souffle. Né dans les années 1950, ce rituel typiquement français a beaucoup évolué. Les maisons d’édition redoublent aujourd’hui d’attention et les prix littéraires sont devenus des événements médiatiques. Mais derrière les vitrines et les communiqués, se joue une autre histoire : celle des délibérations, des choix et des débats qui consacrent les lauréats. Danièle Sallenave, de l’Académie française, en connaît les coulisses mieux que quiconque. Ancienne jurée du prix Femina, aujourd’hui membre du jury du Grand Prix du roman de l’Académie française, elle raconte cet univers où se décident les grands destins littéraires.
Henri IV l’avait surnommé « la plus belle maison de France ». Quatre siècles plus tard, le compliment reste d'actualité. Élu en 2025 monument préféré des Français, le château de Chantilly continue de fasciner autant qu’il émerveille. Derrière ses façades harmonieuses, ce domaine campé dans l’Oise a traversé les siècles, entre splendeurs, drames et renaissances. Demeure des puissants, refuge d’artistes, lieu d’intrigues et de légendes, Chantilly a vu défiler toute l’histoire du royaume de France. D’où vient son nom ? Quelles grandes familles y ont laissé leur empreinte ? Et que reste-t-il des légendes qui entourent encore ses murs ? L’écrivain et haut fonctionnaire Emmanuel Maury, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, en retrace les grands jalons historiques.
Et si les plantes envahissantes sauvaient la planète ?Jolis visages d’un fléau silencieux, les plantes envahissantes bouleversent les écosystèmes et menacent la biodiversité. Pourtant, derrière cette nuisance se cache un formidable potentiel. La chimiste Claude Grison, membre de l’Académie des sciences et chercheuse au CNRS, a découvert comment ces espèces indésirables pouvaient dépolluer les sols et les eaux en captant les métaux qu’elles contiennent - des métaux qu’il est ensuite possible de réutiliser. L’académicienne démontre ainsi que la nature, même dans ses excès, peut devenir une alliée précieuse pour une chimie plus verte et un avenir plus durable.
La bande dessinée ne date pas d’hier. Des récits en images circulaient dès le XIXᵉ siècle, avant que les États-Unis ne popularisent les comic strips. 1929 marque un tournant. Cette année-là, en Belgique, un jeune dessinateur du nom de Georges Remi, mieux connu sous le pseudonyme d’Hergé, invente un héros apparemment ordinaire : Tintin. Un reporter sans âge, au visage lisse, que rien ne semblait destiner à la gloire. Et pourtant… Tintin est devenu un phénomène mondial, traduit dans des dizaines de langues et vendu à des centaines de millions d’exemplaires. Quel est le secret de la réussite d'Hergé ?Pourquoi, près d’un siècle plus tard, Tintin et ses compagnons continuent-ils de parler à toutes les générations ? Thierry Groensteen, correspondant de l’Académie des beaux-arts, répond avec son regard d’historien de la bande dessinée.
Les antibiotiques ont longtemps été considérés comme une arme miracle, capable d’éradiquer les maladies causées par les bactéries. Cependant, leur usage massif a fait émerger une menace encore plus redoutable : l’antibiorésistance. L’Organisation mondiale de la santé parle aujourd’hui d’une « pandémie silencieuse ». Chaque année, plus d’un million de personnes en meurent indirectement, et si rien ne change, ce chiffre pourrait grimper à dix millions d’ici 2050. Dix millions, c’est davantage que le cancer. Faut-il se résoudre à perdre cette bataille ? Non ! Pascale Cossart, Secrétaire perpétuelle honoraire de l’Académie des sciences, professeure émérite à l’Institut Pasteur, et spécialiste des micro-organismes, nous fait redécouvrir une piste oubliée, une alternative aux antibiotiques qui mérite toute notre attention : la phagothérapie.
Au Moyen Âge, certaines femmes ont choisi de vivre leur foi sous une forme extrême. Mystiques, visionnaires, réformatrices ou martyres, elles ont, chacune à sa manière, marqué leur époque. Leur relation au divin se distinguait souvent de celle des hommes : plus intime, plus charnelle parfois, et accueillie avec prudence, voire méfiance, par l’institution ecclésiastique. Dans son dernier ouvrage, Les passionnées de Dieu, André Vauchez, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres et spécialiste de l’histoire religieuse médiévale, met en lumière cette diversité de parcours. À travers ces figures féminines, il explore la place qu’occupèrent les femmes dans la vie religieuse médiévale, alors même que leur parole était rarement reconnue.
Dans l’Antiquité, certains orateurs n’avaient pas pour mission de convaincre ou de juger, mais de célébrer. Ils composaient ce qu’on appelait des discours d’éloge, ou discours épidictique, un art codifié qui exalte un homme, une cité ou une idée. Très répandus, ces textes ne se réduisaient pas à une adulation béate : ils servaient aussi à faire passer des messages subtils, parfois politiques, qu’il fallait savoir décrypter. Un exemple emblématique est le Discours en l’honneur de Rome, prononcé au IIᵉ siècle par le Grec Aelius Aristide, qui met en scène la grandeur de l’Empire romain à son apogée. Ce texte canonique bénéficie aujourd’hui d’une nouvelle édition traduite et commentée par Laurent Pernot, grand spécialiste de la rhétorique antique, aux éditions des Belles Lettres. L’académicien y explique les fonctions méconnues de l’éloge et montre combien, derrière les apparences d’un hommage, ces discours en disent bien plus sur une époque et ses tensions.
Élu à l’Académie des beaux-arts en 2022, Hervé Di Rosa revendique un passé d’ex-punk et une fidélité constante à ses premières influences : bande dessinée, rock, science-fiction. Dans les années 1980, il cofonde à Sète le mouvement de la figuration libre, une peinture vive, graphique, qui aborde sans détour des thèmes comme le sexe, la drogue, le racisme ou la libération des mœurs. Traversées de références populaires, ses œuvres bousculent les frontières entre culture savante et culture ordinaire. Également promoteur de ce qu’il nomme l’« art modeste », Hervé Di Rosa défend une autre manière de regarder les objets, les formes et les mondes souvent relégués à la marge. Comment naît un mouvement artistique ? À quoi résiste-t-il ? Et que fait-il bouger ?
C’est dans un paysage noir de pluie, de défaite et de corps entassés que débute le dernier roman de François Sureau, de l’Académie française. La France vient de perdre la bataille de Sedan. Tandis que les soldats vaincus errent encore, trois crimes sont commis. Dans cette atmosphère suspendue surgit un détective énigmatique : Thomas More, nouveau héros d’une série policière traversant les siècles. Comment façonner un enquêteur aussi insaisissable que les crimes qu’il poursuit ? Comment distiller le suspense, scène après scène ? François Sureau explore les ressorts du récit policier et l’art de maintenir son lecteur en haleine.
Depuis huit ans, son restaurant déploie sa vision de la haute cuisine au cœur de la Monnaie de Paris, dans un écrin chargé d’histoire. Consacré meilleur au monde par La Liste, il incarne l’excellence selon Guy Savoy, dont la signature culinaire résonne bien au-delà des frontières. De la célèbre soupe d’artichaut à la truffe noire au rouget Barbet « en situation », certaines assiettes sont devenues des références, autant pour leur précision que pour l’émotion qu’elles suscitent. Icône dont l’aura a inspiré les studios Pixar pour Ratatouille, le chef a même figuré au programme du baccalauréat d’histoire-géographie en 2023. En 2024, il a marqué une nouvelle étape en devenant le premier cuisinier élu à l’Académie des beaux-arts. Mais derrière cette reconnaissance mondiale, comment naît une assiette signée Guy Savoy ? Que racontent ses saveurs, ses textures, ses émotions ?
Si l’actualité internationale rappelle chaque jour l’importance des diplomates, nous ignorons souvent comment leurs pratiques ont évolué. Au XVIᵉ siècle, un tournant s’opère. Des représentants sont envoyés à l’étranger, non plus pour quelques semaines, mais pour des missions au long cours. Ils observent, négocient, transmettent, incarnent leurs souverains. Et ils inventent un nouveau métier ! L’historien Lucien Bély, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, retrace les débuts de la diplomatie moderne. Qui sont ces hommes chargés de faire dialoguer les puissances ? Comment parviennent-ils à négocier dans des cours étrangères parfois hostiles ? Et que révèle cette mutation d’une nouvelle manière de penser les rapports entre États ?
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