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La Maison de la Poésie
La Maison de la Poésie
Author: Maison de la Poésie Paris
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Description
La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...
727 Episodes
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Lecture par Marie Constant
Entretien mené par Sophie Joubert
« Le 22 février 1947, par temps d’orage, il arriva en train à Brême. C’est ce qu’il crut du moins. »
Pendant les grands procès visant à éradiquer le nazisme dans la vie publique allemande, Jacob Lenz, avocat et capitaine de l’US army est convoqué par l’un de ces tribunaux afin de juger une affaire hors du commun. Des oiseaux parleurs – des mainates – nichant dans une forêt des environs, ont appris à chanter des hymnes nazis et les transmettent à leur descendance. Quel sort doit-on leur réserver ? Est-il, en quelque sorte, leur avocat ?
À lire – Jean-Yves Jouannais, Une forêt, Albin Michel, 2026
Entretien mené par Camille Thomine
Comment Steve passe-t-il d’une petite ville côtière de France à Raqqa, au cœur de la boucherie syrienne ? On ne sait pas bien.
Comme on ne sait pas, on raconte. On se lance dans une sorte d’enquête amicale trois décennies durant. Sur la frise de sa vie, on détermine un moment zéro. Les déconvenues scolaires. Les harcèlements divers. L’envie non consommée de plastiquer le collège. L’envie de faire le bien.
Et à chacun de ces moments, il y a Mickaël, le petit frère. Ce qui concerne Mickaël concerne Steve, son presque jumeau, et tout est dans le presque.
À lire – François Bégaudeau, Désertion, Verticales, 2026
Lecture par Guy Régis Junior
Entretien mené par Catherine Fruchon-Toussaint
Alors que les adultes, dans la pièce d’à côté, se livrent à la prière et à la sanctification, Barthélémy Guidal, dit Lélé, vit une étape décisive de sa vie sexuelle et littéraire. Il nous raconte les premiers grands bouleversements de son existence, dans un pays d’Haïti livré au dénuement et aux brutaux contrastes de classes. Après une découverte traumatisante de la pornographie (en plein air, dans son quartier natal de Cité Soleil), l’émancipation peut-elle venir de la littérature et de la philosophie ? Lorsqu’une fille qu’il admire lui dit qu’elle ne sortira jamais avec personne parce qu’elle a « trop peur de la mort », il se voue au libertinage, à la quête de possibilités alternatives.
À lire – Néhémy Dahomey, L’ordre immuable des choses, Seuil, 2026
Lecture par Laurent Poitrenaux
Pour ce nouveau rendez-vous avec le Centre Pompidou, au croisement des arts et de l’actualité éditoriale, Laurent Poitrenaux propose une lecture d’extraits du livre Les marches de Vassily Kandinsky.
À la fois plaidoyer pour l’abstraction, récit éclaté d’une vie de peintre éternellement en exil et découverte émerveillée de la puissance de l’art, ce texte autobiographique est écrit dans une prose étincelante, qui fait appel aux sensations et aux impressions les plus primitives.
Lecture créée à l’occasion de l’exposition « Kandinsky, La musique des couleurs » à la Philharmonie de Paris, en partenariat avec le Centre Pompidou (jusqu’au 1er février).
À lire – Vassily Kandinsky, Les marches, trad. du russe, notes et postface de Catherine Perrel, Verdier, 2025
Entretien mené par Olivia Gesbert
Interprète : Marguerite Capelle
István, adolescent isolé dans une petite ville de Hongrie, vit une relation sexuelle avec sa voisine quadragénaire mariée, qui s’achève brutalement. Après un passage en centre de détention pour mineurs, il s’engage dans l’armée et combat en Irak. Plus tard, installé en Angleterre, il travaille comme chauffeur pour l’élite et tente de réussir dans l’immobilier.
Malgré cette ascension sociale, István reste un homme passif, déconnecté de lui-même et des autres. À travers lui, David Szalay explore la crise de la masculinité dans un monde dominé par la performance, la marchandisation et les inégalités. L’implacable anatomie de l’homme contemporain.
Le livre sera disponible à la vente en avant-première, accompagné d’une session de dédicaces de l’auteur.
À lire – David Szalay, Chair, trad. de l’anglais par Benoît Philippe, Albin Michel, 2026, Booker Prize 2025
Entretien mené par Olivia Gesbert
Il existe des images de gang bang, de sodomie, de fellation, de plan à trois, de plan à douze. Il existe des images de guerres, de famines, d’enfants en train de mourir. Il existe des images de la tuerie de Colombine, de l’assassinat de JFK, des avions rentrant dans les tours, des gens qui sautent des tours, des tours qui s’effondrent. Il existe des photos d’otages décapités en Syrie. Il n’existe aucune image d’un homme tué en application de la loi.
À lire – Constance Debré, Protocoles, Flammarion, 2026
Entretien mené par Fabio Gambaro
Luigi Bellandi, professeur et traducteur, se remémore l’été 1972. Il a alors douze ans et tout le monde le surnomme Gigio. Un été de découvertes, la musique, la lecture, la naissance du désir et des inquiétudes qui l’accompagnent. Cela pourrait être joyeux si l’on ne pressentait pas l’avènement d’un drame familial se superposant au massacre perpétré par l’organisation terroriste Septembre noir qui interrompt brutalement les Jeux olympiques de Munich. La “férocité du monde” frappe le jeune garçon marquant ainsi la fin de son innocence.
Soirée présentée en collaboration avec le festival Italissimo
À lire – Sandro Veronesi, Septembre noir, traduit de l’italien par Dominique Vittoz, Grasset, 2026
Avec Axelle Jah Njiké & Élodie Font
Lecture par Marie-Sonha Condé
Entretien mené par Eva Sauphie
Imaginé par Axelle Jah Njiké, autrice afropéenne et militante féministe païenne, (OUiiii) propose de découvrir des textes de la littérature érotique écrits par des femmes autrices d’hier et d’aujourd’hui.
Invitant le temps d’une soirée une autrice à une discussion sur le désir et le plaisir féminin, la sexualité et l’intimité, ce cycle littéraire féministe et érotique convie le public à découvrir des œuvres pornographiques et érotiques que toute lectrice (jeune ou moins jeune, féministe ou pas) devrait avoir lu.
À chaque édition, une sélection renouvelée subjective et non-exhaustive de textes cultivant la multiplicité des voix et des expériences sera proposée, afin de mettre en lumière l’agentivité des femmes dans ce domaine et en quoi les récits qu’elles ont produits peuvent contribuer à forger l’imaginaire érotique de toute une chacune.
Pour cette troisième édition du cycle, Axelle Jah Njiké sera en conversation avec Élodie Font, autrice de l’essai À nos désirs, sur les sexualités lesbiennes. Élodie Font est aussi documentariste et l’autrice de nombreux podcasts et documentaires sonores, dont la série « Dernières nouvelles du sexe », pour les Pieds sur terre.
À lire – Axelle Jah Njiké, Journal intime d’une féministe (noire), Au Diable Vauvert, 2022.
Collectif, sous la dir. de Léonora Miano, Volcaniques : une anthologie du plaisir, Mémoire d’Encrier, 2015 – Élodie Font, À nos désirs. Dans l’intimité des lesbiennes, éd. La Déferlante Editions, 2024 – Coming in (dessiné par Carole Maurel), éd. Payot Graphic, 2025
Avec Florence Pazzottu, Hervé Joubert-Laurencin & Martin Rueff
Dernier recueil en vers publié par Pier Paolo Pasolini de son vivant, Trasumanar e organizzar (1971), était resté jusque-là inédit en français.
Pasolini, qui dit avoir cessé de « s’illusionner sur la poésie », continue pourtant à écrire et vit alors un renouvellement linguistique et intérieur, dont « un élément est une certaine attitude humoristique face à la réalité ». En « poète-bouffon », avec une forme singulière d’ironie, il réagit à l’actualité violente du monde, de son pays, ainsi qu’aux événements de sa propre vie.
Ce recueil constitue une séquence-charnière de l’existence et de l’œuvre de Pasolini – son lien amoureux avec Ninetto Davoli se transforme, tandis que prend naissance, puis grandit et se trouble une intense et complexe relation d’amitié avec Maria Callas.
À lire – Pier Paolo Pasolini, Transhumaner et organiser, traduit et présenté par Florence Pazzottu, LansKine, 2025
Avec Marcel Bénabou, Valérie Beaudouin, Géraldine Chognard, Hélène Giannecchini & Guillaume Marie
Soirée proposée par Frédéric Forte
À compter de ce jour, le 5 décembre est le « Jour Roubaud ». Il y a eu des précédents. Le 5 décembre 1932, par exemple, Jacques Roubaud est né ; le 5 décembre 2024, autre exemple, il est mort. Son œuvre immense étant éternelle (et vice versa), nous avons l’éternité pour la célébrer — un jour par an au moins, le désormais Jour Roubaud, 5 décembre, donc ; et cela, potentiellement, en tout point du globe.
Un an après sa disparition, la Maison de la Poésie et le Centre international de Poésie de Marseille initient cet hommage annuel à l’un des plus grands poètes des 50 dernières années. Cette première édition réunit des admirateurs de son œuvre qui se succèderont pour nous faire voir et entendre un portrait kaléidoscopique de Jacques Roubaud.
Lecture par l'autrice & Irène Jacob
Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos
« Sicile, Corse, Tunisie, Marseille – ma famille a sillonné la Méditerranée pendant un siècle. J’ai passé ma nuit au Mucem pour explorer cette partie de mon identité qui me fait aimer la France comme un pays que j’aurais moi-même choisi. Et aussi parce que j’ai toujours passionnément aimé ce bâtiment à la peau de béton et aux allures de matière vivante, sa manière de proue devant la mer entraînant Marseille derrière elle, sa passerelle comme un défi au vide. J’ai essayé de m’emparer de l’édifice, de me l’approprier. Mais ensuite, en écrivant, les fantômes sont montés… »
Belinda Cannone
À lire – Belinda Cannone, Venir d’une mer, coll. « Ma nuit au musée », Stock, 2025
Avec Clément Bénech, Gregory Le Floch, Blandine Rinkel & Mohamed Mbougar Sarr
Animé par Olivia Gesbert, rédactrice en chef de la NRF
Quatre critiques de La Nouvelle Revue Française, la prestigieuse revue littéraire de Gallimard, discutent ensemble de livres récemment traduits et publiés en France. Libres de les avoir aimés ou pas aimés, ces écrivains, que vous connaissez à travers leurs livres, se retrouvent sur la scène de la Maison de la Poésie pour partager avec vous une expérience de lecteurs, leurs enthousiasmes ou leurs réserves, mais aussi un point de vue sur la littérature étrangère d’aujourd’hui. Comment un livre rencontre-t-il son époque ? Dans quelle histoire littéraire s’inscrit-il ? Cette lecture les a-t-elle transformés ? Ont-ils été touchés, convaincus par le style et les partis pris esthétiques de l’auteur ?
Sélection des ouvrages discutés :
Le choix de Mohamed Mbougar Sarr
Les Griffes de la forêt, de Gabriela Cabezón Cámara, traduit de l’espagnol (Argentine) par Guillaume Contré chez Grasset
Le choix de Gregory Le Floch
Fox, de Joyce Carol Oates, traduit de l’anglais (États-Unis) par Claude Seban et Christine Auché, chez Philippe Rey
Le choix de Blandine Rinkel
L’Appel. Histoire d’une femme argentine, de Leila Guerriero, traduit de l’espagnol (Argentine) par Maïra Muchnik chez Rivages
Le choix de Clément Bénech
Cet autre Éden, de Paul Harding, traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Matthieu chez Buchet-Chastel
À lire – La NRF 663 « Bibliothèques : un idéal menacé ? », parution le 27 novembre 2025
Festival Paris en toutes lettres 2025
Voyage voyage raconte l’histoire d’Orso et Marie, un couple dont le quotidien insouciant se heurte à un chagrin brutal. Pour faire diversion, ils se lancent dans un road-trip improvisé. Grandiose et dérisoire, celui-ci les mènera du musée du Poids au musée de l’Amiante, du musée de la Gendarmerie à celui du Pigeon, en passant par Lourdes, la Moselle et Saint-Tropez. Autant d’étapes et de détours pour partir à la recherche d’autres vies que la leur et tenter, dans cette échappée, de préserver en eux un esprit d’enfance que l’âge adulte laisse trop souvent derrière lui.
Comment naît un roman d’amour et d’aventure ? Pourquoi pense-t-on à autre chose ? Comment choisir sa direction quand on n’a pas de destination précise ? Quel véhicule choisir pour s’enfuir ? Pourquoi conserve-t-on certains objets dans des musées ? Où sont les dragons ? Que lire sur l’autoroute ? Où manger la meilleure pizza du monde ? Dans cette conférence-performance où il retrace la genèse de son roman en images et en histoires, Victor Pouchet tente de répondre à ces questions et propose une version augmentée du voyage.
À lire – Victor Pouchet, Voyage voyage, collection « Arbalète », Gallimard, 2025
Par l’autrice, accompagnée d’Edgard Chenest
Festival Paris en toutes lettres 2025
Juillet 2018, soir de la finale de la Coupe du Monde de football. Tom se cache dans les WC d’un centre commercial, les mains couvertes de sang. Cet étudiant en pharmacie est depuis l’enfance l’objet de brimades et de rejets qui l’ont mué en homme largué et érotomane, aux prises avec d’étranges désirs de dévoration.
Jeune actrice noire, Lame se livre à des séances d’hypnose pour soigner un eczéma qui la ronge. Dans un état second, elle revisite son enfance en banlieue, sa rencontre décisive avec son amie Génia, ses rêves de cinéma, et tente ainsi d’échapper à un sentiment de menace qui la hante.
L’un est un monstre en puissance ; l’autre une comédienne en devenir qui réalise que ce corps, qu’elle veut offrir et voir vibrer au contact du monde, lui échappe.
À lire – Séphora Pondi, Avale, Grasset, 2025
Par Daniel de Roulet, architecte, ingénieur et écrivain
Cycle proposé par Gilberte Tsaï
Une conférence tous publics, à partir de 10 ans
Un savant un peu fou avait inventé en 1966 un programme d’ordinateur qui permettait de poser des questions à une machine et de recevoir des réponses crédibles et censées. Quand il a compris que son invention, le logiciel Eliza, était mal utilisé, il a fait campagne contre l’ingérence de l’intelligence artificielle. Une telle démarche est-elle encore possible aujourd’hui ? Ou bien doit-on se résigner à l’emprise de cette technique sur nos vies ? Pour répondre il faut comprendre comment marche cette intelligence dernier cri, comment elle a eu ses hauts et ses bas, de quoi elle a besoin pour se développer et ce qu’elle menace dans nos manières de penser.
Ces interrogations seront la matière même du propos de Daniel de Roulet.
Daniel de Roulet, né en 1944 à Genève, a gagné sa vie comme architecte et comme ingénieur dans le numérique. Il a notamment travaillé dans le domaine de la sécurité des installations nucléaires et, en 1985, au Laboratoire d’intelligence artificielle en médecine du Massachussetts Institute of Technology. Il est par ailleurs l’auteur de romans et de chroniques, traduites dans de nombreuses langues.
Avec le soutien de Pro Helvetia
À lire – Daniel de Roulet, Frontières liquides, Phébus, 2025 – Le bonnet rouge, Héros-limite, 2023.
Découvrez le catalogue des « Petites Conférences » aux éditions Bayard
Entretien mené par Léna Mauger
Dans le cadre du Festival Un Week-end à l’Est
Aux côtés de l’écrivain roumain Mircea Cărtărescu, deux voix majeures de la scène littéraire contemporaine.
Ioana Pârvulescu, romancière et professeure à Bucarest, invite avec La vie commence vendredi à un voyage dans le Bucarest de 1897, où enquête, fantastique et Histoire s’entrelacent avec malice.
Matéi Visniec, dramaturge et romancier exilé en France, dont les pièces résonnent sur toutes les scènes européennes, publie cette année Là où naissent les frontières et les châteaux de sable, recueil théâtral inspiré par la question des frontières, entre tragique, comique et absurde.
Un échange à trois voix, où se tissent mémoire, imaginaire et résistance, pour célébrer la vitalité de la littérature roumaine, mené par Léna Mauger, rédactrice en chef de la revue Kometa.
À lire – Matéi Visniec, Là où naissent les frontières et les châteaux de sable, éd. L’Œil du prince, 2025 – Ioana Pârvulescu, La vie commence vendredi, trad. du roumain par Marily Le Nir, Seuil, 2016.
Entretien mené par Romain Becdelièvre
Dans le cadre du Festival Un Week-end à l’Est
Figure essentielle de la littérature européenne, Mircea Cărtărescu bâtit depuis Bucarest une œuvre visionnaire, où se croisent mémoire, rêves et vertiges de l’imaginaire.
Il a publié près de trente livres, traduits dans une vingtaine de langues, dont Théodoros en 2024, fresque retraçant la fulgurante ascension d’un jeune garçon devenu l’improbable empereur d’Éthiopie.
En 2025 reparaît, dans une nouvelle traduction chez Denoël, son chef-d’œuvre L’Aile gauche, premier tome de la trilogie « Orbitor », livre-monde kaléidoscopique où enfance, cauchemars et visions se déploient dans une puissance incantatoire.
Cette soirée, animée par Romain Becdelièvre, journaliste et producteur à France Culture, convie le public à entrer dans un univers littéraire à la fois intime et cosmique, qui bouleverse ceux qui s’y aventurent.
À lire – Mircea Cărtărescu, L’aile gauche, trad. du roumain par Laure Hinckel, Denoël, 2025 – Théodoros, trad. du roumain par Laure Hinckel, éd. Noir sur Blanc, 2024.
Lecture par Florence Viala, sociétaire de la Comédie-Française
Entretien mené par Elise Lépine
La tentation artificielle met en scène un génie du code qui développe des applications touchant des milliards d’utilisateurs. Tandis qu’il semble au sommet de sa gloire, sa réalité commence brusquement à vaciller. Il décide alors de se retirer pour un temps dans un monastère. Avec ce roman haletant et documenté, aussi drôle que tragique, Clément Camar-Mercier explore les conséquences de notre addiction aux univers numériques et à leur logique artificielle implacable – par-delà bien et mal.
À lire – Clément Camar-Mercier, La tentation artificielle, Actes Sud, 2025.
Entretien mené par Raphaëlle Leyris
Juin 1940, Paris tombe aux mains des Allemands. Gaston Cassar décide de rester à son poste d’attaché naval et de renvoyer sa femme Lucienne et leurs enfants, François et Suzanne, en Algérie pour les mettre à l’abri. Mais pour cette famille pied-noir, survivre à la guerre ne signifie pas d’en être épargnée. Ballotés par les événements de l’Histoire, sans jamais vraiment s’ancrer nulle part après leur départ de l’Afrique du Nord, les Cassar seront toujours séparés par un océan.
Tandis que Suzanne, célibataire endurcie, vit auprès de ses parents, François cherche à reproduire le mythe de l’amour idéal de la génération précédente, en épousant la Canadienne Barbara, qui vient d’un tout autre monde que lui.
C’est à leur fille Chloe qu’il reviendra de raconter cette quête familiale du bonheur – souvent contrariée par la politique, la foi ou le désir – et d’un endroit où se sentir chez soi.
Couvrant sept décennies d’Histoire sur quatre continents, Claire Messud nous offre les plaisirs de lecture d’une saga familiale et parvient en même temps à nous plonger dans l’intimité de chacun de ses inoubliables personnages.
À lire – Claire Messud, L’étrange tumulte de nos vies, trad. de l’anglais (Canada) par France Camus-Pichon, Bourgois, 2025.
« Je viens d’avoir 83 ans. Le 19 janvier 2026 j’aurai 1000 mois ! Il devrait être temps d’en finir avec mes interventions publiques : performances, lectures, concerts, déclarations et autres. Pour mes dernières apparitions je voulais être en bonne compagnie…
Ce soir c’est avec Chloé Delaume, C’est un honneur de partager cette soirée avec elle. Un b’honneur aussi (écrit avec une apostrophe après le “b”) !
Pour ma propre lecture, je reviens à ce long aveu sur les origines de notre poésie – en tout cas de la mienne – “Je suis un aurignacien contemporain”. Je change de corne à chaque lecture, ce soir je sonnerai dans une belle corne de vache ramenée de Belo Horizonte au Brésil, achetée sur le marché de la grande avenue centrale un dimanche où je les ai toutes essayées avant de choisir la mienne : un concert sous les huées et les clameurs de joie, venue de là-bas, elle est ici. »
Julien Blaine
À lire – Julien Blaine, Biennale-Bouquin, vol.VII, Les presses du réel, 2025 – Chloé Delaume, Par 64 fois j’y ai cru, éditions de l’Ogre, 2025.
























Ce texte est carrément l'antithèse de Faim !