Discover
Club 44 | notre monde en tête-à-têtes
466 Episodes
Reverse
A quelques jours de la votation sur la redevance, la mission culturelle des médias publics mérite un examen approfondi. Quelle est aujourd’hui la place réelle de la culture dans l’offre de la RTS et, plus largement, de la SSR ?
Christine Salvadé, cheffe de l’Unité culture de la RTS, partagera sa lecture. L’occasion de mettre en lumière les avancées — diversité de l’offre, soutien aux créateurs, patrimoine — tout en soulevant les défis en matière de visibilité, d’accessibilité, d’innovation et de dialogue avec les publics.
Dans un second temps, la harpiste Tjasha Gafner, lauréate du prix ARD et invitée de la série Nouveaux Talents 2025 de la Société de Musique de La Chaux-de-Fonds, témoignera de son parcours d’artiste émergente, et de ce que le service public peut — ou ne peut pas encore — offrir aux nouvelles générations.
La conférence est introduite par François Vallotton, historien spécialisé sur l'histoire culturelle et les médias dans une perspective suisse et transnationale.
Une intervention musicale clôture la soirée.
_
Historienne de l’art et journaliste, Christine Salvadé a dirigé les rubriques culturelles du Nouveau Quotidien et de Le Temps. Elle a été correspondante pour Le Monde, puis a rejoint l’Office de la culture du canton du Jura en tant que Cheffe de service, où elle a notamment piloté la création du Théâtre du Jura. Elle est aujourd’hui Cheffe de l’unité culture de la RTS.
La harpiste Tjasha Gafner se produit à travers le monde depuis ses 10 ans. Diplômée de la Juilliard School à New York, elle compte déjà trois albums d’enregistrés à son actif. En 2023, elle est désignée comme l’une des 30 personnalités marquantes en dessous de 30 ans en Allemagne par le journal Die Zeit et part au Congo pour jouer, enseigner et construire des instruments à partir de déchets. Tjasha Gafner contribue à l’extension du répertoire de la harpe en faisant ses propres transcriptions et collabore avec de multiples compositeurs.
-
Enregistré au Club 44 le 5 mars 2026
"Croire, c’est refuser de réduire l’improbable à l’impossible." Croire sans garanties, croire malgré les manques qui nous façonnent, croire non par adhésion mais comme élan vital. S’appuyant sur des philosophes des sciences d’une part, observant d’autre part l’émergence de nouvelles croyances et le déplacement d’attitudes religieuses vers le militantisme, Marion Muller-Colard interroge dans son essai Croire (Labor et fides, 2025) ce qui nous met en chemin, ce qui nous porte quand tout vacille, ce qui nous relie au vivant et à l’autre. Croit-on peut-être plus qu'on ne le croit ? En écho à ce livre, l’autrice et éditrice converse avec la journaliste Catherine Erard.
Marion Muller-Colard
Théologienne protestante, Marion Muller-Colard a été tout d’abord aumônier des hôpitaux. Elle fut membre du Comité Consultatif National d’Éthique de 2017 à 2023 et membre de la Commission Indépendante sur les Abus Sexuels dans l’Église. Elle dirige aujourd’hui les Éditions Labor et Fides (LF) et présente l’émission ÉCRITURE.S pour Présence protestante sur France 2. Elle est l’autrice d’une dizaine d’ouvrages dont Les grandissants (LF, 2021), La vie funambule (Bayard/LF 2023), L'Autre Dieu (Labor et Fides, 2024) et tout récemment L'Ordre des choses (Sabine Weispiser, 2025). Sans ses écrits, elle déploie une réflexion à la fois théologique, psychanalytique et philosophique afin d’explorer ce qui se joue dans la profondeur et la durée de l’existence humaine.
-
Enregistré au Club 44 le 12 mars 2026
Discours d'ouverture de la Nuit de la Photo et conférence de Lorène Durret
Focus sur les jeunes années de Marc Riboud (1923-2016), en particulier son « voyage en Orient » qui l’a conduit par la route du Liban jusqu’en Inde, puis en Chine et au Japon, entre 1955 et 1958. Lorène Durret, ancienne assistante du photographe et aujourd’hui responsable du fonds conservé au musée Guimet, le musée national des arts asiatiques à Paris, s’appuie sur de nombreuses photographies et documents pour donner à voir la construction de son regard.
Enregistré au Club 44 le 14 février 2026
Médecin interniste, chimiste clinique et pionnier de la bio-informatique, Denis Hochstrasser a passé sa vie à scruter les maladies pour mieux les comprendre. Aujourd’hui, son propre corps devient un terrain d’apprentissage sur la maladie de Parkinson. Son approche éclaire les mécanismes de la maladie et les moyens concrets pour mieux la gérer : nutrition, compléments, phytothérapie, médecine intégrative, et surtout exercice physique, pilier incontournable du bien-être et de l’autonomie. Un panorama des dernières connaissances, enrichi de pistes pratiques pour agir au quotidien, pensé pour patients, proches et professionnels.
-
Le professeur Denis Hochstrasser est médecin interniste et chimiste clinique. Il était vice-recteur à l’Université de Genève et chef du département de médecine génétique et de laboratoire des Hôpitaux universitaires de Genève. Il est professeur honoraire en faculté de médecine, au département de science des protéines humaines, et en faculté des sciences, à la section des sciences pharmaceutiques. Il est un des cofondateurs de l’Institut suisse de bio-informatique, de Swiss-BioBank, du Centre suisse de toxicologie humaine appliquée et de diverses entreprises biotechs. Ses recherches ont porté plus particulièrement sur la découverte de nouveaux biomarqueurs de maladie du cerveau, du pancréas et du rein, sur les développements technologiques et leurs applications en chimie clinique. Il est aujourd'hui patient apprivoisant et gérant une maladie de Parkinson.
Enregistré au Club 44 le 19 février 2026
Les sciences économiques sont nées de l’étude d’un système particulier : le capitalisme, souvent considéré comme indépassable. Pourtant, il n’est qu’un système parmi d’autres possibles. Le post-capitalisme désigne l’étude et l’invention de formes économiques susceptibles de le remplacer. Monnaies locales, gratuité sociale, sécurité sociale de l’alimentation, coopératives, emplois partagés, prix libres ou budgets participatifs existent déjà, mais restent marginales. Ces utopies concrètes dessinent une économie du futur en germe. Pour qu’elles deviennent la norme, il faut cesser de normaliser le capitalisme et commencer à inventer collectivement l’économie de demain.
-
Timothée Parrique est spécialiste de la décroissance et chercheur à HEC Lausanne depuis octobre 2024. Titulaire d’un doctorat en économie, il a publié Ralentir ou périr. L’économie de la décroissance (Éditions du Seuil, 2022), adaptation de sa thèse sur les limites de la croissance économique. Ses travaux proposent une critique de la « croissance verte » et militent pour une société de post‑croissance, attentive aux limites planétaires, à la justice sociale et à la qualité de vie.
Enregistré au Club 44 le 10 février 2026
A l’occasion du vernissage de l'exposition Epiderme de Marc Renaud, échange avec Sarah Miéville, pédologue à l’UniNE et Joël Pythoud, directeur d’Ecosor SA, modéré par Margaux Mauran.
Epiderme:
Ressource limitée non renouvelable, nos sols subissent pourtant une baisse de qualité aux conséquences vertigineuses pour notre société. En sa qualité d’interface des flux de substances et d’énergie, le sol remplit de nombreuses fonctions : il est à la fois nécessaire à la production alimentaire, habitat pour plantes et animaux, source de matières premières, base pour la fondation de constructions et finalement archive de notre Histoire. Mais le sol a également une dimension existentielle passionnante : on y prend racine, on y développe un sentiment d’appartenance et en fin de vie on y est enterré.
Marc Renaud, en auteur photographe, réalise un cheminement documentaire traitant du sol suisse allant du canton de Neuchâtel jusqu’au bord de la mer du Nord.
Enregistré au Club 44 le 10 février 2026
Le Club 44 propose un état des lieux et tour d’horizon deux après la condamnation de la Suisse par la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg. Juriste passionnée par les mutations de l’action publique, Valérie Défago dialoguera avec Anne Mahrer qui porte, avec le collectif des Aînées pour le climat, une voix citoyenne et expérimentée pour la justice climatique et intergénérationnelle. Ensemble, elles reviendront sur cette évolution juridique majeure qui a fourni un nouveau levier à la société civile pour obliger les états européens à intensifier la lutte contre le réchauffement climatique. Sur quelles bases juridiques et philosophiques repose-t-il? Quelles sont les conséquences, en droit mais aussi pour les gouvernements, d’une telle décision? Un échange mené par Alexia Tissières, avocate au barreau.
Valérie Défago explore les mutations de l’action publique entre droit, territoire et durabilité. Ses travaux interrogent les tensions public/privé et l’impact du droit sur l’aménagement, l’énergie ou le logement, alliant expertise juridique et engagement dans des instances clés.
Anne Mahrer, ancienne conseillère nationale, est co-présidente de l’association Les Aînées pour le climat. Ce collectif de femmes engagées, âgées de 60 ans et plus, lutte pour la justice climatique et intergénérationnelle. En s’appuyant sur leur expérience et leur voix citoyenne, elles agissent pour un avenir viable et solidaire.
_
Enregistré au Club 44 le 20 janvier 2026
Le Club 44 s’associe à l’association Disputons-nous et au MUZOO pour un procès fictif « La Nature a-t-elle des droits ? », centré sur la problématique de la reconnaissance d’une personnalité juridique à des entités non humaines. Les rôles clé de ce procès sont incarnés par des personnalités locales issues du domaine du droit:
Accusé : Pierre Aubert
Procureur : Nicolas Feuz
Président du jury : Fabio Morici
Avocat de la défense : Shokraneh Habibi Amini
Pour approfondir cette réflexion, des témoins et expert-es sont appelé-es à la barre:
Clarence Chollet, David Erard, Sylvie Barbalat, Alain Lugon-Moulin.
Quant au public, il a la lourde responsabilité d’incarner le jury.
Ce dispositif qui active les ressorts d’un procès réel et dimension performative non sans humour interroge : quels leviers réels permet le droit ? Doit-on le réformer pour augmenter son champ d’action en regard des enjeux écologiques d’aujourd’hui ?
Enregistré au Club 44 le 29 janvier 2026
Justine Mettraux présente son aventure lors du Vendée Globe 2024, course en solitaire autour du monde considérée comme l’une des plus exigeantes et emblématiques de la voile. Naviguant seule face aux océans et aux éléments durant plusieurs mois, elle raconte les défis physiques et psychologiques rencontrés au fil de son parcours. Son intervention mett en lumière le dépassement de soi, la résilience et le courage nécessaires pour affronter une telle épreuve, ainsi que les aspects très concrets de la vie à bord : comment s’organiser pour se nourrir, se reposer, maintenir le cap et gérer l’imprévu en situation extrême. Cette conférence permet de comprendre les multiples dimensions d’une expérience sportive et humaine de très haut niveau.
-
Justine Mettraux, navigatrice suisse née à Genève en 1986 a grandi à Versoix, et a commencé à naviguer dès son plus jeune âge sur le bateau familial. À ses 16 ans, Justine intègre le Centre d’Entraînement à la Régate de Genève où elle affûte son goût pour la compétition, elle intègre ensuite l’équipage du D35 Lady Cat de Dona Bertarelli, puis participe à sa première Mini Transat en 2013, qu’elle terminera en deuxième position. S’enchaînent ensuite les expériences au large entre Solitaire du Figaro et Volvo Ocean Race. En 2022, l’aventure Vendée Globe démarre, elle fait ses premiers pas en solitaire en IMOCA. En 2024, grâce au soutient de son sponsor historique, TeamWork, et du Groupe Snef, elle prend le départ du tour du monde en solitaire qu’elle terminera en 8e position, première femme et recordwoman de l’épreuve.
Enregistré au Club 44 le 18 décembre 2025
Agnès Levallois, arabisante et grande spécialiste du Moyen-Orient, apportera son éclairage sur une région en proie à des tensions persistantes. Forte de son expérience et de son analyse fine des dynamiques politiques, sociales et culturelles, elle reviendra sur les enjeux actuels, les causes profondes des conflits et les conséquences pour la stabilité régionale et internationale. Elle esquissera également des pistes de réflexion et d’action pour tenter d’enrayer cette spirale de violences et ouvrir la voie à un avenir plus apaisé.
-
Agnès Levallois est arabisante, consultante, spécialiste du monde arabe contemporain, chargée de mission à l’Académie diplomatique internationale, maîtresse de conférences à Sciences Po Paris et chargée de cours à l’ENA. Elle travaille sur les évolutions politiques, économiques, sociales et stratégiques au Maghreb, Proche et Moyen-Orient et sur les questions euro-méditerranéennes. Elle est l’autrice de nombreuses publications dont Moyen-Orient mode d’emploi (Michalon, 2002).
Enregistré au Club 44 le 15 janvier 2026
Partout dans le monde, des soulèvements ont émergé ces dernières années, portés par des élans de résistance face à la violence politique. Comment comprendre ce qui les fait naître, tenir, résonner ? En écho à son dernier ouvrage Résistances affectives (La Découverte, 2025), Chowra Makaremi propose une réflexion sensible sur les attachements comme source de résistance : l’amour, le deuil, les liens intimes deviennent force politique quand ils s’organisent en colère partagée. De la Place de Mai à Black Lives Matter, de l’Iran au Soudan, elle parle de ce qui se passe ailleurs pour nous outiller à faire face à ce qui nous arrive ici, en remettant en cause les lignes de partage entre des tragédies et des épopées politiques comme les révolutions, et les drames individuels comme le cancer.
-
Chowra Makaremi est anthropologue au CNRS à Paris. Elle a coordonné plusieurs collectifs de recherche sur le contrôle des frontières en Europe. Elle a aussi publié, sur la révolution iranienne, Le cahier d’Aziz (Gallimard, 2011) et avec Hannah Darabi Rue Enghelab. Une révolution par les livres 1979-83 (Le Bal/Spector, 2019). Elle a réalisé le film Hitch. Une histoire iranienne (Alter Ego, France, 78 min., 2019). Elle dirige le programme de recherche ERC Violence, State formation and memory politics: an off-site ethnography of post-revolution Iran. Chowra Makaremi était au Club 44 en 2023 pour une conférence intitulée «Généalogie du soulèvement en Iran. Le mouvement Femme Vie Liberté».
Enregistré au Club 44 le 8 janvier 2026
Le système des alliances centré autour des Etats-Unis se délite rapidement, qu’il s’agisse de l’Europe ou des alliés asiatiques de l’Amérique. Si cette prise de distance a été entamée depuis près d’un quart de siècle, elle a pris une ampleur singulière avec la réélection de Donald Trump. La Russie, elle, s’est engagée sur la voie du retour à l’empire, y compris par la guerre. Entre une Amérique qui recule et une Russie qui avance, la vieille Europe doit trouver une nouvelle vigueur. Fera-t-elle preuve de la détermination, de l’unité et de la force nécessaires pour creuser son sillon, ou cédera-t-elle aux ambitions de puissances qui la dépassent ? Pour éclairer ces enjeux complexes, François Heisbourg, expert reconnu en défense et stratégie internationale, viendra partager son analyse.
_
Conseiller spécial à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS) à Paris, senior advisor pour l’Europe de l’International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres, François Heisbourg siège aussi au Conseil de politique européenne et internationale du CNRS. Ancien diplomate, il a été membre de la Commission du livre blanc sur la défense et la sécurité nationale française et est l’auteur de nombreux ouvrages (Odile Jacob): Espionnage et renseignement : le vrai dossier (2012), Le temps des prédateurs (2018), Retour de la guerre (2021), Les Leçons d’une guerre (2023).
Enregistré au Club 44 le 9 décembre 2025
Conflits armés, violences génocidaires, inégalités criantes, crises sanitaires, dérèglement climatique, technologies à risques... Le droit international semble aujourd’hui débordé de toutes parts. Pourquoi tant d’impuissance face à des défis que l’on pensait justement encadrés par le droit ? Que nous dit cette perte de confiance croissante dans les normes internationales ? Dans cette conférence, Samantha Besson, professeure de droit international, proposera de dépasser le simple constat d’échec et nous invitera à interroger non seulement ce que peut le droit international, mais aussi, et surtout, ce qu’il doit encore dans le monde qui vient.
_
Spécialiste reconnue du droit international et des droits humains, Samantha Besson explore les liens entre droit, démocratie et justice globale. Professeure au Collège de France, elle est aussi active sur la scène diplomatique, notamment comme membre de la Cour permanente d’arbitrage à La Haye. Son approche, à la croisée du droit et de la philosophie, interroge en profondeur la souveraineté, les institutions internationales et la justice distributive. Récompensée par la Légion d’honneur et un Doctorat honoris causa, elle incarne une pensée juridique rigoureuse, engagée et résolument tournée vers les enjeux contemporains du droit mondial.
Enregistré au Club le 25 novembre 2025
Dans le monde de la marchandisation à outrance, comment bâtir un espoir alternatif à une quête d’accumulation vide de sens pavés de besoins insatisfaits et de compétition perpétuelle ? Face à cela, la décroissance peut assurer un chemin de prospérité aux humains, soutenable écologiquement, émancipateur pour les individus, loin du morne quotidien productiviste sur lequel on ne peut avoir prise. Cette société qui vient, celle de la post croissance, il faut la bâtir ici et maintenant, en s’inspirant des alternatives déjà présentes sur nos territoires, en bousculant les entreprises et en transformant la nature de la valeur économique. Loin de reposer sur la culpabilisation individuelle néolibérale, l’avènement de la décroissance prospère est avant tout une affaire de changements systémiques et collectifs, ce qui implique de penser la structuration d’un espace politique favorable à cette bifurcation. Enfin pour que cette transformation radicale de la société s’opère, il faudra se concentrer sur la question de l’hégémonie culturelle. Aux actes politiques déterminants pour notre avenir précède l’installation d’un imaginaire collectif pragmatique, désirable et utopiste.
_
Gabriel Malek est diplômé de Sciences-Po et de l’ENS Ulm. Âgé de 29 ans, il a cofondé et préside l’association Alter Kapitae qui milite pour la décroissance prospère et un nouveau récit de la valeur post-capitaliste. Il travaille comme consultant spécialiste de la post-croissance auprès de dirigeants d’entreprises pour accélérer la transformation de ces dernières et publie en 2024 Les sensei de la décroissance - Mangas et écologie radicale : vers de nouveaux imaginaires (Payot). Son nouvel ouvrage Pour une décroissance prospère (Payot) paraît en automne 2025.
_
Enregistré au Club 44 le 20 novembre 2025
L’égalité formelle entre femmes et hommes semble aujourd’hui aller de soi. Mais en Suisse, la loi sur l’égalité a pourtant été farouchement combattue avant son adoption. Qui s’y est opposé et avec quels arguments ? Et comment la défense de la complémentarité des sexes a-t-elle fait le jeu des antiféministes, dont le masculinisme constitue aujourd’hui une nouvelle expression ? Loin d’être anecdotiques, ces questions nous plongent dans l’argumentation anti-égalitaire qui s’adapte sans cesse aux enjeux du temps présent. Comprendre et nommer la logique masculiniste et antiféministe en la replaçant dans la longue durée permet d’en saisir les mécanismes pour mieux les combattre – et défendre une égalité qui n’est jamais acquise.
_
Pauline Milani est lectrice à l’Université de Fribourg depuis l’automne 2016. Ses recherches et enseignements portent principalement sur l’histoire des femmes, l’histoire du genre, dans l’Europe des XIXe et XXe siècle. Après une thèse de doctorat sur la diplomatie culturelle suisse, elle a rédigé une thèse d’habilitation sur les sculptrices à Paris sous le Second Empire (parution novembre 2022).
Enregistré au Club 44 le 14 novembre 2025
La tuberculose reste l’une des maladies infectieuses les plus meurtrières au monde, tuant chaque année autant que la pandémie de COVID-19, sans susciter de mobilisation mondiale. Pourquoi ? Parce qu’elle touche surtout les jeunes, les pauvres, les oubliés. Maladie de la pauvreté, son diagnostic reste lent, complexe, souvent inaccessible. Et si une simple sonde d’échographie, reliée à un téléphone, permettait de détecter la tuberculose, même sans laboratoire, même loin d’un hôpital ? C’est le pari d’un groupe de chercheuses cliniciennes, engagées dans une étude menée entre la Suisse et l’Afrique de l’Ouest. Une science portée par la volonté de rendre le diagnostic accessible à toutes et tous, pour que la technologie serve enfin la justice sociale.
_
Véronique Suttels est médecin-chercheuse, experte des maladies infectieuses liées à la pauvreté, comme la tuberculose. Elle dirige un projet de recherche au LiGHT-EPFL sur l’échographie pulmonaire pour un dépistage plus accessible. Formée en Belgique, elle a exercé en Suisse, à Madagascar et collabore avec le Bénin. Lauréate de plusieurs prix, elle défend des partenariats équitables en santé mondiale et s’engage activement pour le soutien des femmes dans la médecine académique.
Enregistré au Club 44 le 6 novembre 2025
Témoignage recueilli dans le cadre de l'exposition En toile de fond présentée en 2024 à la Bibliothèque de la Ville de La Chaux-de-Fonds à l'occasion des 80 d'histoire du Club 44.
-
Marie DuPasquier est muséologue et curatrice indépendante. Dans ses recherches récentes, elle se concentre sur la conception et les dispositifs d’exposition, l’activation des systèmes d’images et l’entrelacement des corps, des comportements, de l’architecture, des œuvres et des matériaux dans l’espace avec l’idée de l’exposition comme zone de contacts rapprochés. Depuis 2015, elle est la directrice de Display, espace de pratiques artistiques et curatoriales à Berlin (DE).
Elle revient sur l'exposition En toile de fond, dont elle a été la curatrice et la commissaire, abordant ses recherches, les axes définis et les dispositifs imaginés.
-
Enregistré au Club 44 au printemps 2025.
Afficher moins
En s’appuyant sur son ouvrage L’Entraide, l’autre loi de la jungle (Les liens qui libèrent, 2017), Pablo Servigne met en évidence les grands mécanismes de l’entraide dans le monde vivant et chez les humains. L’entraide sert à améliorer nos vies, mais elle s’avère surtout être un indispensable facteur de survie ! La préparation aux crises passe donc inévitablement par de meilleurs liens sociaux. C’est tout l’objet de son nouveau projet : Le Réseau des Tempêtes, une initiative lancée en 2023, puis une association créée en 2024. Animée par un collectif de plusieurs personnes de tous horizons, son but est de développer des outils et des formations pour favoriser l’entraide en temps de crise ainsi que de fédérer un réseau d’institutions et de professionnels de l’aide et des secours.
_
Ingénieur agronome et docteur en biologie, Pablo Servigne a quitté le monde académique en 2008 pour s’engager dans l’éducation populaire, en gardant une démarche de chercheur « in-terre-dépendant ». Conférencier et journaliste, il s’intéresse particulièrement aux questions de transition écologique, d’agroécologie, de collapsologie et de résilience collective. Il est aussi co-auteur de plusieurs best-sellers dont : Le pouvoir du suricat, apprivoiser nos peurs pour traverser ce siècle (Seuil, 2024), L’effondrement (et après) expliqué à nos enfants… et à nos parents (Seuil, 2022), Une autre fin du monde est possible (Seuil, 2018).
-
Enregistré au Club 44 le 27 octobre 2025
L’AVS est l’un des piliers fondamentaux de notre système social. Les Suissesses et Suisses y sont très attachés, comme l’a rappelé récemment la votation autour de la 13e rente. Mais l’AVS est sous pression. Elle devra faire face à de nombreux défis démographiques et financiers dans les prochaines années. C’est pourquoi le Conseil fédéral a présenté en mai dernier ses orientations pour stabiliser et moderniser l’AVS. Cette réforme doit garantir le niveau des rentes, répartir solidairement les coûts de l’évolution démographique et rendre le travail au-delà de l’âge de référence plus attractif. En charge de cet important dossier, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider viendra présenter les enjeux de cette réforme et répondra aux questions du public sur l’avenir de nos retraites.
-
Elisabeth Baume-Schneider étudie les sciences économiques et sociales à l’Université de Neuchâtel. Assistante sociale jusqu’en 2001, elle siège au Parlement jurassien (1995-2002) qu’elle préside en 2000, puis entre au Gouvernement jurassien (2002-2015) à la tête du Département de la formation, de la culture et des sports, qu’elle préside en 2006, 2008 et 2012. Présidente de la Commission fédérale du cinéma (2012-2016), directrice de la Haute École de travail social et de la santé à Lausanne (2016-2020), elle est élue au Conseil des États (2019-2022). Le 7 décembre 2022, elle rejoint le Conseil fédéral, dirige le DFJP en 2023 puis le DFI dès 2024.
-
Enregistré au Club 44 le 16 octobre 2025
La partie question-réponse avec le public n'est pas disponible.
Rencontre menée par Tania Zittoun
A Neuchâtel, une personne sur cinq a plus de 65 ans. Dans le discours public, on entend surtout que les personnes âgées (traitées en bloc) constituent « un problème », pour lequel les institutions cherchent des solutions ; pourtant nous sommes tous les vieilles et les vieux de quelqu’un, et chaque jour nous le sommes un peu plus. Pourquoi ne pas inverser le regard ? On pourrait aussi dire que les personnes (plus) âgées ont chacune leur trajectoire unique, et cependant liée à celle des autres ; qu’elles continuent à se développer, à apprendre, à s’engager, à s’indigner et à apprécier les choses de la vie ; que peut-être, parce qu’elles ont vécu plus longtemps, elles peuvent nous aider à lire ce qui nous entoure ; que par conséquent, les personnes âgées devraient, comme tout le monde, être considérées comme des individus, contribuant activement à la construction de la société dans laquelle nous vivons.
_
Conseiller d’État depuis 2024, Frédéric Mairy dirige le département de la santé, de la jeunesse et des sports. Il est actif professionnellement en politique depuis 2013. Journaliste de formation, il a également travaillé dans les domaines de la communication et de la culture.
-
Benoît Verdon est psychologue clinicien, et directeur du laboratoire Psychologie clinique, psychopathologie, psychanalyse de l’université Paris Descartes. Il a publié avec Philippe Gutton L’écoute clinique à l’épreuve du vieillissement (In Press, 2024).
_
Enregistré au Club 44 le 25 octobre 2025























