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Géopolitique

Author: RFI

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Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en lumière les différents mécanismes qui régissent les rapports entre les sociétés et leur environnement. Les invités de Géopolitique confrontent leurs regards sur un sujet d’actualité internationale. Une émission présentée par Marie-France Chatin. Réalisation et technique : Mathias Golshani. Avec la collaboration de Cécile Lavolot. *** Diffusions le samedi et le dimanche à 17h10 TU vers toutes cibles.

486 Episodes
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Pendant longtemps, la Chine a raconté au monde une histoire simple : celle d’un pays qui sortait de la pauvreté, qui s’ouvrait au commerce, et qui retrouvait peu à peu sa place dans la mondialisation. Mais aujourd’hui, le récit a changé. La Chine ne parle plus seulement de développement ou de puissance. Elle parle de civilisation sous l’impulsion de Xi Jinping. Pékin affirme que la Chine n’est pas simplement un État parmi d’autres, mais l’héritière d’une civilisation vieille de plusieurs millénaires, dotée de ses propres valeurs, de sa propre vision de l’ordre politique et de sa propre conception de l’harmonie sociale. Dans ce récit, la Chine aurait traversé les siècles sans rupture, et le pouvoir actuel serait le dépositaire d’une continuité historique et culturelle unique. Comment la longue durée de la civilisation chinoise s'articule-t-elle avec celle, plus courte, de la nation, et dont l'histoire repose aussi sur des silences? Que fait ce récit des épisodes les plus sensibles, comme le Massacre de la place Tiananmen ? Comment intégrer la figure de Mao Zedong, à la fois fondateur de la Chine populaire et responsable de catastrophes humaines majeures ? Et surtout, ce récit civilisationnel ne concerne pas seulement le passé. Il s’inscrit dans un affrontement idéologique contemporain : Pékin contestant de plus en plus ouvertement l’universalité des valeurs politiques défendues par l’Occident. Ce récit civilisationnel est-il un projet de puissance ? Un instrument de cohésion nationale ? Ou le début d’une bataille mondiale des modèles politiques ?   Pour cette troisième émission en partenariat avec l’INALCO, l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale. Invités  Jean-François Huchet, professeur d’économie spécialiste de la Chine.  Président de l’INALCO.  Alexandre Gandil, politiste. Postdoctorant du programme DECRIPT à l’Université Bordeaux Montaigne. « Kinmen, un archipel entre Taiwan et la Chine », éd. Karthala. 
Nous vivons dans une économie mondialisée où les capitaux circulent plus vite que les lois, où les entreprises peuvent choisir leur résidence fiscale presque comme on choisit un siège social sur une carte, et où les États, eux, restent ancrés dans des territoires, avec des budgets à équilibrer, des services publics à financer et des opinions publiques de plus en plus sensibles aux inégalités. La fiscalité est devenue l’un des champs de bataille centraux de la compétition internationale. Entre États qui baissent leurs impôts pour attirer les multinationales, territoires qui prospèrent en organisant l’optimisation fiscale, cabinets spécialisés dans l’ingénierie de l’évasion, et organisations internationales qui tentent d’imposer des règles communes, le système fiscal mondial ressemble de plus en plus à un jeu sans arbitre. Les États-Unis occupent une place singulière dans ce paysage. À la fois promoteurs de règles internationales via l’Organisation de coopération et de développement économiques, l'OCDE, et défenseurs assumés de leurs intérêts nationaux, ils utilisent aussi l’arme douanière comme instrument stratégique. Sous la présidence de Donald Trump, les hausses différenciées de droits de douane ont redessiné les rapports de force commerciaux, dans une logique mêlant allègement fiscal intérieur, réindustrialisation et sanctions ciblées. En Europe, la question est tout aussi brûlante : concurrence fiscale interne, poids des « paradis fiscaux » au sein même de l’Union, difficulté à taxer les géants du numérique comme Google, Apple ou Amazon, tensions entre souveraineté nationale et intégration communautaire. Alors, assistons-nous à un désordre fiscal mondial ? Ou à la recomposition d’un nouvel ordre où la fiscalité devient un instrument assumé de puissance ? Pour cette édition en partenariat avec la revue Questions internationales, « Le désordre fiscal international », nos invités : Mireille Chiroleu-Assouline, professeur à l’École d’Économie de Paris et à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne Sébastien Laffite, enseignant chercheur à CY Cergy-Paris Université et chercheur associé à l’Observatoire européen de la Fiscalité Serge Sur, membre de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut. Professeur émérite de l’U Panthéon-Assas, rédacteur en chef de Questions Internationales. 
Deux semaines, qu’a démarré l’attaque israélo-américaine sur l’Iran. Pour l’Union européenne qui, depuis la pandémie de 2020, fonctionne sur le mode de la permacrise -la crise permanente- la guerre en Iran apporte une nouvelle salve de risques sécuritaires, énergétiques et économiques. Ce conflit oblige l’UE à accélérer sa réflexion sur sa place dans le monde et ses méthodes. Une réflexion déjà engagée avec la guerre en Ukraine et le retour d’un Donald Trump hyper-agressif à la Maison Blanche. Des voix s’élèvent pour demander une Union européenne plus en phase avec les changements rapides qui se produisent. Une Union plus affirmée à même d’incorporer les questions de sécurité dans l’ensemble de ses moyens stratégiques et de ses politiques. Quelle voie pour l’Europe dans la guerre au Moyen-Orient ?  Invités : Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors et professeur émérite au CNAM. Fractures dans l’Occident,  chez Odile Jacob Guillaume Duval, ancien speechwriter de Josep Borrell, ex vice-président de la Commission européenne. 
Tension toujours aussi forte au Moyen-Orient : États-Unis, Israël et Iran sont entrés dans une dangereuse phase de confrontation directe, qui s’est étendue aux États du Golfe et au Liban. Cette escalade accroît le risque d’une guerre régionale plus large et pourrait entraîner d’autres acteurs -dont les pays européens- dans le conflit. Le point sur les derniers développements, les calculs stratégiques de chacun des acteurs et les possibles implications pour la région et au-delà. Invités :  Julia Tomasso, chercheuse à l'IRIS, spécialiste des questions industrielles de défense au Moyen-Orient et des enjeux de défense iraniens Yurri Clavillier, chercheur à l’International Institute for Strategic Studies, spécialiste des forces armées et contributeur du « Military Balance », ouvrage de référence sur l’état des forces militaires dans le monde Michel Duclos, ancien ambassadeur de France, notamment en Syrie. Actuellement conseiller spécial à l’Institut Montaigne. « Diplomatie française » est son dernier ouvrage, dans la collection Alpha essais Guillaume Lagane, enseignant à Sciences Po, spécialiste des questions de défense. Membre du comité de rédactions de la revue Commentaire. « Géopolitique de l’Europe » PUF.
Plus d’une semaine que l’attaque sur l’Iran a démarré. Les fronts se multiplient, l’opération monte en intensité. La guerre d’Iran impacte l’économie mondiale au-delà du pétrole. Et le bien-fondé du conflit devient un vrai sujet aux États-Unis.  Invités :  Fabrice Balanche, maitre de conférences à l’Université Lyon 2.  « Leçons de la crise syrienne », Odile Jacob Adel Bakawan, directeur du European Institute for studies on the Middle East and North Africa. « La décomposition du Moyen-Orient », Tallandier 2025. 
L’attaque américano-israélienne sur l’Iran met fin à un tabou. Pendant de nombreuses années, les USA ont refusé d’intervenir malgré ce qui les oppose à l’Iran depuis plusieurs décennies. Longtemps, les USA ont combattu l’Iran de manière indirecte à travers des sanctions, des actions clandestines, des opérations cyber et des proxys armés. Mais, ils ont toujours évité d’attaquer le pays. La réticence avait une logique : la crainte de représailles iraniennes, le risque de choc pétrolier et surtout la conscience que l’escalade est plus difficile à arrêter qu’à initier. Ce qui a changé, c’est cet alignement de planètes, avec le Premier ministre Benyamin Netanyahu. Israël qui, depuis quatre décennies, a la volonté d’en découdre avec l’Iran. Peut-on parler de convergence d’intérêts entre Washington et Tel Aviv ?  Un pari militaire risqué autant pour les Américains que pour les Israéliens. Invités : Camille Lons, directrice adjointe du Bureau de Paris de l’European Council on Foreign Relations. Spécialiste de la politique étrangère des Pays du Golfe Eric Danon, ancien ambassadeur de France en Israël, de 2019 à 2023. Actuellement consultant international et enseignant Philip Golub, professeur de Relations internationales à l’Université Américaine de Paris Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des Universités. Spécialiste du Proche et Moyen-Orient. 
Les frappes menées par les USA et Israël contre des cibles iraniennes marquent un tournant majeur dans la confrontation avec l’Iran. Téhéran a riposté dans les heures qui ont suivi, visant non seulement Israël mais également des installations américaines dans plusieurs pays du Golfe. La décision de recourir à la force pose une série de questions stratégiques. Les USA ont-ils estimé que la diplomatie était arrivée à son terme ? Ont-ils sous-évalué la probabilité d’une riposte régionale ? Au-delà des frappes et des représailles, c’est l’équilibre stratégique du Moyen-Orient qui est en jeu, avec des risques élevés d’escalade militaire. Invités : Azadeh Kian, professeur de Sociologie à l’Université Paris Cité. « Rethinking gender, ethnicity and religion in Iran » réédition 2025 chez Bloomsbury. Bertrand Badie, professeur émérite des Universités à Sciences Po. « Pour une approche subjective des relations internationales » Odile Jacob Thierry Coville, chercheur à l’IRIS, spécialiste de l’Iran. « L’Iran une puissance en mouvement » éditions Eyrolles.
Le 24 février 2022, la Russie lançait ce que le Kremlin continue d’appeler une « opération militaire spéciale » contre l’Ukraine. Quatre ans plus tard, la guerre s’est installée dans la durée, les lignes de front se sont figées par endroits, durcies ailleurs, et le conflit est devenu un fait structurant de l’ordre international. Cette guerre, elle ne se joue pas seulement sur le terrain militaire. Elle se joue aussi sur le terrain des mots, des images, des récits. Deux narrations radicalement opposées s’affrontent. Pour Kiev, il s’agit d’une guerre d’agression, coloniale, impériale, visant à nier l’existence même de la nation ukrainienne. Pour Moscou, il s’agit d’une guerre défensive, existentielle, provoquée par l’expansion de l’OTAN, destinée à « protéger » les populations russophones et à corriger ce que Vladimir Poutine considère comme une erreur historique majeure : l’indépendance de l’Ukraine. Derrière ces récits, des visions du monde. Derrière ces visions, une lecture de l’histoire. Et derrière cette lecture, un projet politique. Quelle conception de la Russie, de son identité, de son rapport à l’Empire et à l’Occident a conduit Vladimir Poutine à déclencher cette guerre ? Quel est le récit dominant produit par le Kremlin pour la justifier et pour en soutenir le prolongement ? Comment ces récits varient-ils selon les publics : opinion russe, pays occidentaux, Sud global, membres des BRICS ? Et surtout : comment distinguer un récit politique — toute guerre en produit — d’une entreprise de désinformation structurée ? Dans ce conflit, l’absurde semble parfois le disputer au fatal. Mais rien n’est laissé au hasard : la production du récit est organisée, institutionnalisée, stratégique. Car c’est bien au nom d’une vision politique et historique que Vladimir Poutine et quelques autres ont déclenché cette guerre. Pour cette deuxième émission en partenariat avec l’INALCO, l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale, Invités :  Ioulia Podoroga, philosophe et spécialiste de la littérature russe, maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches à l’INALCO. Elle codirige « Routledge Companion to Concepts in Russian Contemporary Politics » à paraitre à la fin de l’année. Ioulia Podoroga qui a récemment dirigé un volume collectif sur le Nihilisme russe Pierre-Louis Six, historien et politiste. Chercheur post-doctorant du programme DECRIPT, rattaché eu Centre interdisciplinaire sur les enjeux stratégiques de l’ENS. Et au centre de recherche Maurice Halbwachs. Ancien directeur adjoint du Centre d’études franco-russes de Moscou. Auteur de nombreux ouvrages et articles dont « Les diplomates russes croient-ils à leurs mythes ? », article paru dans la revue Critique Internationale, Volume 108, 2025 Maxime Audinet, professeur junior et titulaire de la chaire « Stratégie d’influence » à l’INALCO, Chercheur au Centre de recherche Europes-Eurasie (CREE) et à GEODE, Université Paris 8 et spécialiste de la politique étrangère de la Russie.
Le 24 février 2022, les troupes de Russie franchissaient la frontière ukrainienne. Ce qui devait être, selon le Kremlin, une opération rapide pour faire tomber Kyiv s’est transformée en la guerre la plus meurtrière et la plus destructrice qu’ait connue le continent européen depuis 1945. Quatre ans plus tard, la ligne de front s’est figée par endroits, déplacée ailleurs, mais la guerre continue. Elle est devenue une guerre d’usure : usure des armées, usure des sociétés, usure des alliances. Sur le terrain, l’Ukraine tient, mais au prix d’un effort humain et matériel considérable. La Russie, elle, semble avoir accepté une logique de conflit long, mobilisant son économie et sa population pour durer. Au-delà des champs de bataille du Donbass et du Sud ukrainien, cette guerre redessine les équilibres stratégiques du continent. Elle interroge la solidité du soutien occidental, le rôle des États-Unis, la capacité des Européens à peser sur leur propre sécurité, et la possibilité — ou non — d’une issue négociée. Quatre ans après le début de l’invasion, où en est-on vraiment ? La guerre est-elle entrée dans une phase décisive ? Les sociétés ukrainienne et russe sont-elles épuisées ou résolues ? Une négociation est-elle envisageable — et à quelles conditions ? Et surtout : combien de temps encore cette guerre peut-elle durer ? Invités :  - Alexandra Goujon, politiste, spécialiste des transformations politiques, sociales et mémorielles dans l’Ukraine en guerre, maître de conférences à l'Université Bourgogne-Europe. « L’Ukraine : de l’indépendance à la guerre », Cavalier bleu, 2023 - Galia Ackermann, historienne et journaliste, rédactrice en chef du média en ligne « Desk Russie » - Yurri Clavilier, chercheur à l’International Institute for Strategic Studies, spécialiste des forces armées et contributeur du « Military Balance », ouvrage de référence sur l’état des forces militaires dans le monde.
Quatre ans après l’invasion de l’Ukraine, la guerre s’installe dans le temps long. Frappes massives contre les infrastructures énergétiques, négociations intermittentes sous médiation américaine, Europe en quête d’une voix stratégique… et une Russie qui semble convaincue de pouvoir gagner par l’usure. Ces derniers jours encore, les bombardements se poursuivent tandis que les Européens tentent d’imposer leurs conditions à une éventuelle paix — preuve que le centre de gravité diplomatique reste incertain. En parallèle, la guerre redessine l’ordre international : recomposition des alliances, montée en puissance de l’économie de guerre, coopération militaire durable entre Kiev et ses partenaires européens… et un affrontement stratégique qui dépasse largement les frontières ukrainiennes. Cette guerre est-elle devenue irréversible ? L’Europe est-elle prête à vivre dans un monde durablement conflictuel ? Et que nous dit cette confrontation du nouvel ordre mondial qui se dessine ? Le rapport de lancement de la Conférence de sécurité de Munich, dont l’édition 2026 vient de se tenir, dressait le diagnostic que le monde est entré dans une phase de politique de démolition. Et que le pays le plus en vue à suivre cette stratégie est sans doute les États-Unis. Invité :  Pierre Lévy, ambassadeur de France en Russie, de janvier 2020 à août 2024, après avoir été directeur du Centre d’Analyse et de Prévision, et directeur de l’UE au Quai d’Orsay, également ambassadeur de France en République Tchèque et en Pologne. « Au cœur de la Russie en Guerre », éditions Tallandier.
Qui contrôle qui ?

Qui contrôle qui ?

2026-02-1448:421

Depuis un an qu’il est à la Maison Blanche, Donald Trump occupe la scène médiatique mondiale quotidiennement, voire plusieurs fois par jour. Un effet de saturation qui, peut-être, nous fait rater des transformations très profondes ailleurs. Particulièrement maltraitée, l’Europe n’en finit pas de subir les foucades du président des États-Unis qui lui fait comprendre qu’une ère nouvelle s’est ouverte, celle d’une reconfiguration idéologique transatlantique. Ainsi, se pose le problème fondamental pour les Européens d’assurer leur propre sécurité, ce qui est un vieux débat mais n’en constitue pas moins un schisme transatlantique. Les rapports de force mondiaux se modifient en profondeur. La rivalité de puissance est bien là entre les États-Unis et la Chine. Au-delà, l’élément de transformation géopolitique majeur est le numérique et cette fuite en avant technologique qu’impose au monde la Silicon Valley. Invité : Thomas Gomart, historien, directeur de l’Institut Français des Relations Internationales. « Qui contrôle qui ? Les nouveaux rapports de force mondiaux », éditions Tallandier.
Ce jeudi 5 février 2026 marquait l’expiration du Traité New Start, Traité de réduction des armes stratégiques, signé en 2010 par l’Américain Barack Obama et le Russe Dimitri Medvedev. Il fixait des plafonds précis d’ogives nucléaires stratégiques déployées, de vecteurs stratégiques et de lanceurs. Il était le dernier traité de contrôle des armes nucléaires encore en vigueur entre les deux pays. En l’absence désormais de toute contrainte, le risque d’une course aux armements nucléaires augmente, notamment dans un contexte où la Chine développe rapidement son arsenal nucléaire. L’absence de limites juridiques à quelques semaines de la conférence de révision du TNP prévue du 25 avril au 20 mai à New York pourrait affaiblir la crédibilité du régime international de non prolifération et creuser le fossé entre les pays dotés et non dotés d’armes nucléaires. L’annexion de la Crimée en 2014 avait déjà été le signal déclencheur de la remise en cause de la plupart des traités conclus entre 1985 et 1995. La question du désarmement est posée alors que les relations internationales connaissent une profonde dégradation et que la guerre s’impose comme une réalité brutale, quotidienne, observable en Ukraine, à Gaza, en mer Rouge. Une guerre de haute intensité, longue, industrielle et meurtrière. Une guerre qui ne ressemble pas exactement à celle pour laquelle les armées occidentales s’étaient préparées depuis trente ans. Qui mêle technologies de pointe et systèmes rudimentaires, intelligence artificielle et tranchées, drones à bas coût et matériels ultrasophistiqués. Pour cette édition en partenariat avec la Revue Internationale et Stratégique et son numéro intitulé « Armements et arsenalisations. Moyens et mots de la guerre ». Invités : Emmanuelle Maître, maître de recherche à la Fondations pour la Recherche Stratégique, spécialiste des questions nucléaires Louise Souverbie, chercheuse à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l’IRIS, spécialiste des questions de défense. 
Un mois après une opération américaine aussi spectaculaire que controversée, le Venezuela reste suspendu à un vertige politique inédit. Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, au terme d’une opération militaire meurtrière violant toutes les normes du droit international, Nicolas Maduro et son épouse étaient exfiltrés de Caracas avant d’être transférés à New York où ils sont aujourd’hui détenus et jugés pour narcoterrorisme. Une opération dénoncée comme un « kidnapping » par l’intéressé lui-même et par ses soutiens qui y voient une volonté de l’administration Trump de tenter de décapiter le « chavisme », de s’emparer du pétrole et autres richesses de la République bolivarienne et aussi d’intimider l’ensemble de l’Amérique latine en lui montrant à quoi elle s’expose si elle ne se soumet pas. À Caracas, Delcy Rodriguez, propulsée présidente par intérim, tente de maintenir l’équilibre entre la rue chaviste, une opposition fragmentée et un partenaire américain désormais omniprésent. Elle promet une amnistie politique, libère des détenus et ouvre le secteur pétrolier, symbole d’un tournant majeur pour un pays qui possède les plus grandes réserves du monde. Le Venezuela demeure profondément divisé : certains saluent la chute d’un régime autoritaire, d’autres dénoncent une violation flagrante de la souveraineté nationale. L’intervention américaine ouvre-t-elle une transition démocratique… ou un nouveau cycle de dépendance ? Invités : Kevin Parthenay, professeur des Universités en Science politique et co-président de l'Observatoire Politique de l'Amérique Latine et des Caraïbes de Sciences Po Fabrice Andreani, chargé de cours en Science politique à l'Université Lyon 2, spécialiste du Venezuela et du mouvement chaviste à l'international Luis Alejandro Avila Gomez, docteur en Géopolitique, consultant et chercheur associé à l'Institut français de Géopolitique Université Paris 8.
On parle souvent d’un monde multipolaire, de rivalités de puissances, de retour de la guerre. Mais derrière les chars, les sanctions ou les routes commerciales, il y a autre chose. Cette autre chose, ce sont des récits. Des récits sur l’histoire, sur les valeurs, sur ce qui est juste ou légitime. Aujourd’hui, les grandes puissances ne s’opposent pas seulement par la force, mais par des visions du monde concurrentes. Quelles contestations, ces récits expriment-ils au-delà des catégorisations simplistes qui opposent le « Sud global » à l’ « Occident » ? Comment ces discours ont-ils évolué ? Nous sommes entrés dans un monde où il n’existe plus de grand récit dominant, mais plusieurs visions concurrentes de l’histoire, du progrès et de la justice. Comprendre ces récits, c’est se donner les moyens de comprendre pourquoi le monde se fracture et pourquoi il devient si difficile de se mettre d’accord sur le sens même des mots : paix, droit, liberté, souveraineté. Sommes-nous entrés dans une guerre des récits civilisationnels ? Invitées : Delphine Alles, professeure des Universités en Sciences politique, vice-présidente de l’INALCO et directrice scientifique du programme DÉCRIPT. « La part des dieux : religion et relations internationales », CNRS éditions et à paraitre début mars 2026, avec Bertrand Badie et Stéphane Paquin : « Les mots du nouveau monde », CNRS éditions Louise Beaumais, post-doctorante du programme DÉCRIPT, associée au Laboratoire CESSMA, Centre d’Études en Sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques. Louise Beaumais qui a co-dirigé avec le collectif du projet DataWar « Quantifying international conflicts. Data on war or Data for War », éd. Springer. Émission en partenariat avec l'INALCO, l'Institut des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformation du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale. 
Cent treize villes se sont soulevées au début de cette année (2026) en Iran, témoignant du rejet de la République islamique par la population iranienne. Des soulèvements violemment réprimés, à un degré absolument inégalé. Il est fait état de plus de trente mille morts. Une tragédie qui laisse entrevoir que le pouvoir iranien a sans doute eu peur. Pour l’heure, si la répression a eu raison des manifestants, beaucoup de questions se posent alors qu’une armada américaine très médiatisée est désormais sur zone… et que le renforcement militaire se poursuit. L’escalade est-elle déjà en cours, par étapes, par signaux, par calculs ? Ou peut-elle être évitée ? Et surtout que cherchent réellement les États-Unis en massant autant de moyens militaires face à l’Iran ? Dissuasion défensive ou préparation offensive ? Invités : Clément Therme, chargé de cours à l’Université de Montpellier Paul-Valéry. Auteur de plusieurs ouvrages. Le dernier, « Idées reçues sur l’Iran. Un pouvoir à bout de souffle ? », éditions Le Cavalier Bleu Nasser Etemadi, journaliste à la rédaction persane de RFI Pierre Razoux, historien, directeur académique de l'Institut Fondation méditerranéenne d'Études stratégiques.
La France est inquiète des conséquences de la politique prédatrice américaine dans la Caraïbe. Et la question se pose de savoir si Paris peut compter sur sa présence en Guyane pour peser sur le continent. La Commission des Affaires étrangères de la Défense et des Forces armées du Sénat rendait publique au début du mois de janvier 2026 un rapport de mission. La visée américaine sur le Groenland et l’enlèvement de Nicolas Maduro au Venezuela sont autant de sources d’inquiétudes. Les effets de la doctrine Monroe, invoquée pour justifier la domination des États-Unis dans cet hémisphère et l’émergence de nouveaux États pétroliers aux immenses réserves que sont le Guyana et le Suriname font craindre des risques de déstabilisation, auxquels s’ajoutent le narcotrafic et l’orpaillage illégal. Les territoires français de la Caraïbe -Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélémy et Guyane sont aujourd’hui au cœur d’un enjeu géopolitique et sécuritaire d’ampleur. La souveraineté française s’y négocie au quotidien. Invités : Fred Constant, professeur des Universités en Science politique à l’Université des Antilles. Auteur de « Géopolitique des Outre-mer », aux éditions le Cavalier bleu et « Atlas des Outre-mer », aux éditions Autrement Yannick Chenevard, officier supérieur de réserve. Député du Var, rapporteur du budget de la Marine et de l’exécution de la loi de programmation militaire. Chercheur associé au Lab’HOMERe Patrick Roger, ancien journaliste au quotidien Le Monde, auteur de « Nouvelle-Calédonie, la Tragédie », récompensé par le Prix des Députés 2025. Et « L’archipel de la discorde. Paris-Nouméa. Demain le Pacifique », aux éditions du Cerf. 
Les Outre-mer du globe traversent une période difficile, attentifs qu’ils sont aux menaces qui pèsent sur le Groenland, pays constitutif du royaume du Danemark et territoire associé à l’Union européenne.  De fait, ils sont nombreux les Outre-mer contemporains, produit résiduel de l’expansionnisme colonial qui a poussé en son temps des nations rivales à étendre leurs frontières au-delà des mers et des océans, ces territoires offshore se situant souvent dans des zones névralgiques pour les échanges mondiaux. Engagé à partir du XVIIè siècle, ce mouvement avait pour but de satisfaire les intérêts économiques de ces nations et promouvoir leurs idéaux politiques et religieux. Et voilà qu’il refait surface sur fond de velléités de Donald Trump de mettre la main sur le Groenland. Une démarche qu’on peut imaginer être observée de près et dans un certain silence, par le grand rival des États-Unis qu’est la Chine et qui n’en est pas moins active elle aussi dans d’autres zones et de manière moins ouverte….quoique. Géopolitique se saisit de cette occasion pour jeter un regard sur les Outre-mer français -dans les Caraïbes, le Pacifique, l’océan Indien et l’Atlantique Sud- qui fondent une large part du rayonnement mondial de la France et qui se trouvent confrontés à deux situations qui, parfois, ne sont pas sans lien : entre mouvements de contestation au sein même de ces territoires et stratégies de déstabilisation portées par divers acteurs internationaux. Regard sur les vulnérabilités de l’Outre-mer français ou comment, hier, marginal cet espace est devenu stratégique. Invités : Fred Constant, professeur des Universités en Science politique à l’Université des Antilles. Auteur de « Géopolitique des Outre-mer », aux éditions le Cavalier bleu et « Atlas des Outre-mer », aux éditions Autrement Yannick Chenevard, officier supérieur de réserve. Député du Var, rapporteur du budget de la Marine et de l’exécution de la loi de programmation militaire. Chercheur associé au Lab’HOMERe Patrick Roger, ancien journaliste au quotidien LE MONDE, auteur de « Nouvelle-Calédonie, la Tragédie » récompensé par le Prix des Députés 2025. Et « L’archipel de la discorde. Paris-Nouméa. Demain le Pacifique », aux éditions du Cerf.
Bientôt un an que Donald Trump est de retour à la Maison Blanche, le 20 janvier 2025. Douze mois ont passé pendant lesquels le président américain a profondément remodelé la scène politique américaine, les relations transatlantiques et plus généralement les relations internationales. Richard Werly est notre invité éditorialiste international du quotidien suisse « Blick ». « Cette Amérique qui nous déteste », éditions Nevicata, une plongée dans l’Amérique Maga.
La population mondiale s’élevait en 2020 à 7,8 milliards d’habitants. En 2030, nous serons au moins 8,5 milliards. Et en 2050, ce chiffre pourrait dépasser les 10 milliards dans l’hypothèse d’une fécondité forte. La démographie est l’un des principaux éléments de la puissance d’un État, en même temps qu’elle peut aussi être un facteur de sous-développement. Ces chiffres sur la démographie mondiale recoupent des réalités extrêmement différentes. (Rediffusion) Alors que l’Europe connait un hiver démographique qui ne permet plus le renouvellement des générations, en Asie, l’Inde est devenue le pays le plus peuplé du monde avec 1,3 milliard d’habitants, devançant la Chine, dont la population vieillit inexorablement. Ce vieillissement de la population est déjà manifeste depuis des années au Japon et maintenant en Corée du Sud. En revanche, la population africaine explose. Nombre de pays du continent n’ont pas achevé leur transition démographique. En 1950, l’Afrique pesait à peine pour 8,3% de la population mondiale et avait moins d’habitants que les États-Unis. En 2050, le continent africain devrait abriter un quart de la population mondiale. Quels effets ces nouvelles donnes démographiques auront-elles géopolitiquement et militairement ? Édition en partenariat avec la revue Questions Internationales « Démographie. Une inconnue décisive ». Invités : Gérard-François Dumont, professeur à Sorbonne Université. Président de la revue Population et Avenir. « Géographie des populations », Armand Colin Jean-Pierre Guengant, démographe et économiste du Développement. Directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement Serge Sur, professeur émérite de l’Université Panthéon Assas, rédacteur en chef de la Revue Questions internationales. Membre de l’Institut - Académie des sciences morales et politiques.
On a presque l’habitude de terminer ou de commencer chaque année en évoquant la « polycrise » en cours, et en reconnaissant la difficulté d’anticiper un avenir qui parait lourd de risques de nouvelles guerres, de pandémies, de crises financières et de catastrophes climatiques. 2025 a, comme le dit Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, ajouté un ingrédient particulièrement toxique à ce mélange : le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, dont les politiques erratiques et illégales ont déjà bouleversé l’ère de la mondialisation d’après-guerre. Face à tant de chaos et d’incertitude, il est difficile d’affirmer avec certitude où vont les États-Unis et le monde. Alors que nous entamons notre deuxième année à la merci des caprices de Donald Trump, l’enlèvement héliporté de Nicolas Maduro au centre de Caracas a précipité une nouvelle vague d’interprétations de la politique étrangère américaine. Adversaires et critiques du locataire de la Maison Blanche déploraient la fin du rôle international des États-Unis et le retour de l’isolationnisme américain. Les voilà maintenant devant de l’impérialisme décomplexé, qui rappelle celui du XIXème siècle et qui n’a même pas la prétention de promouvoir la démocratie. La stratégie nationale de sécurité récemment publiée définissait les principales orientations de la nouvelle Administration, et notamment son intention de dominer « l’hémisphère occidental ». Bertrand Badie est notre invité. Professeur émérite des universités à Sciences Po, auteur d’une trentaine d’ouvrages, son dernier livre sort ces jours-ci chez Odile Jacob, son titre Par-delà la puissance et la guerre. La mystérieuse énergie sociale.
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Comments (2)

Isabelle Sakou

Prétentieux ! Pourquoi ne se présente t-il pas à la présidentielle !? 🙄😬

Jan 16th
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Isabelle Sakou

Vraiment très intéressant ! Notamment le rapport de cause à effet entre violences éducatives et acceptation d'un régime dictatorial, à contrario, le rapport de cause à effet entre éducation bienveillante et empathie chez l'adulte..merci

Mar 9th
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