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Géopolitique
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Author: RFI
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© France Médias Monde
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Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en lumière les différents mécanismes qui régissent les rapports entre les sociétés et leur environnement. Les invités de Géopolitique confrontent leurs regards sur un sujet d’actualité internationale. Une émission présentée par Marie-France Chatin. Réalisation et technique : Mathias Golshani. Avec la collaboration de Cécile Lavolot. *** Diffusions le samedi et le dimanche à 17h10 TU vers toutes cibles.
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On a presque l’habitude de terminer ou de commencer chaque année en évoquant la « polycrise » en cours, et en reconnaissant la difficulté d’anticiper un avenir qui parait lourd de risques de nouvelles guerres, de pandémies, de crises financières et de catastrophes climatiques. 2025 a, comme le dit Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, ajouté un ingrédient particulièrement toxique à ce mélange : le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, dont les politiques erratiques et illégales ont déjà bouleversé l’ère de la mondialisation d’après-guerre. Face à tant de chaos et d’incertitude, il est difficile d’affirmer avec certitude où vont les États-Unis et le monde. Alors que nous entamons notre deuxième année à la merci des caprices de Donald Trump, l’enlèvement héliporté de Nicolas Maduro au centre de Caracas a précipité une nouvelle vague d’interprétations de la politique étrangère américaine. Adversaires et critiques du locataire de la Maison Blanche déploraient la fin du rôle international des États-Unis et le retour de l’isolationnisme américain. Les voilà maintenant devant de l’impérialisme décomplexé, qui rappelle celui du XIXème siècle et qui n’a même pas la prétention de promouvoir la démocratie. La stratégie nationale de sécurité récemment publiée définissait les principales orientations de la nouvelle Administration, et notamment son intention de dominer « l’hémisphère occidental ». Bertrand Badie est notre invité. Professeur émérite des universités à Sciences Po, auteur d’une trentaine d’ouvrages, son dernier livre sort ces jours-ci chez Odile Jacob, son titre Par-delà la puissance et la guerre. La mystérieuse énergie sociale.
Il joue un rôle déterminant pour le développement des technologies de pointe. Il joue un rôle déterminant dans notre quotidien. Il est partout. Il constitue les plages, les déserts, les fonds marins, mais surtout… il est au cœur de notre économie moderne. Le sable est la ressource naturelle la plus consommée au monde après l’eau : chaque année, des dizaines de milliards de tonnes sont extraites pour fabriquer du béton, du verre, des routes, des puces électroniques. (Rediffusion) Sans sable, pas de villes, pas d’infrastructures, pas d’Internet. Mais cette ressource, qu’on croit infinie, ne l’est pas. La demande explose, tirée par l’urbanisation et la croissance démographique, au point de créer des tensions économiques, environnementales et même géopolitiques. Certains parlent déjà de «guerres du sable», où mafias, États et multinationales s’affrontent. Le sable comme enjeu stratégique mondial, aussi vital que le pétrole ou l’eau. Enjeu sous-jacent des tensions géopolitiques et producteur de pressions environnementales, il fait l’objet d’un gigantesque engouement et de démesure. Les tours de verre de New York à Dubaï poussent aussi vite que disparaissent les plages. Regard sur le paysage de l’économie mondiale du sable, au demeurant l’un des plus opaques. Invité Julien Bueb, économiste de l'Environnement. Directeur Transition écologique à la Communauté d’agglomération du Grand Saint-Dizier. Professeur associé à l'École Normale Supérieure. «Géopolitique du sable», éditions Le Cavalier Bleu.
Le Président du Vénézuéla, Nicolas Maduro, a été capturé par les forces américaines de Donald Trump. Cela s’est passé dans la nuit de vendredi 2 à samedi 3 janvier, sur fond de bombardements de Caracas et des provinces environnantes. Nicolas Maduro a été exfiltré et se trouve désormais avec son épouse aux Etats Unis, dans un centre de détention de Brooklyn près de Manhattan, dans l’attente de sa comparution devant un juge pour « narcoterrorisme » et exportation de cocaïne aux États-Unis. Beaucoup de questions autour de cette intervention, sa légalité, son ou ses objectifs réels. Et surtout qu’est-ce qui attend le Vénézuéla ? Est-ce qu’il faut craindre une escalade militaire ? et quels risques pour la stabilité régionale ? Invités : Tomas Posado, maitre de conférences en civilisation latino-américaine contemporaine à l’Université de Rouen. Vénézuéla : de la Révolution à l’effondrement aux Presses Universitaires du Midi. Christophe Ventura, Directeur de recherche à l’Iris, l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques, journaliste au Monde Diplomatique. Mr Trump pirate des Caraibes, Monde diplomatique, janvier 2026. Olivier Compagnon, professeur d’histoire contemporaine à l’Institut des Hautes Etudes d’Amérique Latine – Université Sorbonne Nouvelle. Directeur adjoint du CREDA, le Centre de Recherche et de Documentation des Amériques.
À quelques jours de Art Basel Paris, le rendez-vous majeur du marché de l’art contemporain, le monde de l’art vit une période de bouleversements. (Rediffusion) Les grandes foires se multiplient, les collectionneurs se globalisent, les maisons de vente s’internationalisent — les équilibres changent. La place de Paris se renforce, profitant à la fois du Brexit et de l’effervescence culturelle post-Covid. Les pays du Golfe, eux, investissent massivement dans les musées, les fondations et les foires, cherchant à transformer le soft power pétrolier en influence culturelle. Et puis, de l’autre côté de l’Atlantique, le climat politique américain — marqué par le retour de Donald Trump et une certaine crispation identitaire — pourrait peser sur le marché et sur la liberté des artistes. Pour l’heure, le marché américain n’en reste pas moins toujours fort. Comment se porte aujourd’hui le marché de l’art contemporain ? Quelles sont les nouvelles places fortes ? Quels artistes dominent la scène ? Et comment les bouleversements politiques, économiques et culturels redessinent-ils la carte mondiale de l’art ? Invités : Nathalie Obadia, galeriste spécialisée dans l’art contemporain, avec deux espaces à Paris et un à Bruxelles. Enseignante à Sciences Po. «Géopolitique de l'art contemporain» et «Figures de l’art contemporain», éditions le Cavalier Bleu Alain Quemin, professeur de Sociologie de l’art à l’Université Paris VIII. Contributeur de la presse artistique. «Le monde des galeries. Art contemporain, structure du marché et internationalisation», éditions du CNRS. Version anglaise, chez Bloomsbury Press.
Le premier quart du XXIè siècle touche à sa fin, marqué par la guerre et les révolutions technologiques. Le monde est souvent décrit à travers des grilles simplificatrices : rivalité entre grandes puissances, retour des blocs. Une analyse plus fine met en avant la logique du système international, les dynamiques profondes des sociétés, ou encore les crises civilisationnelles qui traversent de nombreuses régions du monde. (Rediffusion) Quel regard porter sur les bouleversements actuels et les marges de manœuvre de l’Europe dans cet environnement incertain ? Invité : Thierry de Montbrial, membre de l’Académie des sciences morales et politiques. Fondateur et président de l’Institut français des relations internationales. Également fondateur et président de la World Policy Conference. Co-directeur avec Dominique David du RAMSES, le Rapport annuel mondial sur le système économique et les stratégies, dont l’édition 2026 a pour titre « Un nouvel échiquier » aux éditions Dunod.
Quand on pense aux conflits armés, on imagine souvent des guerres entre États. Pourtant, les guerres les plus fréquentes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale sont des guerres civiles. Elles traversent l’histoire contemporaine, de l’Afghanistan au Mali, de la Syrie au Rwanda, de la République démocratique du Congo aux Balkans, sans oublier la question kurde. (Rediffusion) Et pourtant, nous en savons finalement assez peu de choses. Elles sont souvent perçues comme des violences chaotiques, irrationnelles, ou comme des effondrements d’État, alors qu’elles obéissent à des logiques politiques, sociales et économiques précises. Qu’elles sont pratiquement un phénomène universel sur le temps long. Et que la quasi-totalité des sociétés a connu un épisode de guerre civile, provoquant la mort de dizaines de millions de personnes ainsi que l’exil ou le déplacement de centaines de millions d’autres. Enfin, loin d’être une affaire uniquement interne à un pays, les guerres civiles ne peuvent se comprendre sans prendre en compte les acteurs internationaux. Gilles Dorronsoro, professeur de Science politique et enseignant en Relations internationales à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Gilles Dorronsoro a travaillé sur les guerres civiles contemporaines en Afghanistan, au Kurdistan, en Syrie et au Mali. « Le plus grand des maux. Sociologie des guerres civiles », CNRS ÉDITIONS.
Plus d’un million de casques bleus ont servi dans plus de 70 opérations de paix depuis le début de l’Organisation des Nations unies en 1945. Certaines modestes, d’autres beaucoup plus ambitieuses qui ont suscité l’intérêt ou le désintérêt des puissances selon les périodes. Le nombre de casques bleus déployés dans le monde est passé de plus de 100.000 jusqu’en 2016 à environ 60.000 en 2025. Si la mission onusienne de maintien de la paix a longtemps fait l’unanimité parmi les États membres, aujourd’hui, l’intensification des rivalités internationales, la contestation de certaines normes et le recours à la force, en violation du droit, fragilisent sa pertinence et sa légitimité. À cela, s’ajoutent d’autres défis : gestion plutôt que résolution des conflits, politisation de la bureaucratie, pressions budgétaires, contributions militaires inégales, affirmation des États hôtes et offres de sécurité alternatives. Comment les jeux de pouvoir entre États influencent-ils les décisions du Conseil de Sécurité et la conduite des missions ? Qui sont les gagnants et les perdants d’une paix devenue un enjeu stratégique ? Quel est l’avenir d’une ONU de plus en plus marginalisée politiquement ? Invité : Arthur Boutellis, conseiller senior à l’International Peace Institute et enseignant à l’Université de Columbia et à Sciences Po. Également chercheur associé au Centre Thucydide de l’Université Paris 2 Panthéon Assas. « Rivalités pour la paix. Géopolitique de l’ONU », éd. Armand Colin.
Depuis plus de trente ans, les sanctions économiques sont devenues l’un des principaux instruments de la politique étrangère des grandes puissances occidentales. Gel des avoirs, embargos commerciaux, exclusion du système financier international, sanctions secondaires : la panoplie s’est élargie, sophistiquée, durcie. La Russie depuis l’invasion de l’Ukraine, l’Iran depuis plus de quatre décennies, l’Irak dans les années 1990, Cuba depuis la guerre froide, mais aussi aujourd’hui plusieurs pays du Sahel… tous ont été, à des degrés divers, soumis à ce que certains appellent une « guerre économique ». Mais une question demeure : ces sanctions fonctionnent-elles réellement ? Changent-elles les comportements des États ciblés ? Ou produisent-elles surtout des effets pervers — appauvrissement des populations, consolidation des régimes, reconfiguration silencieuse des alliances internationales ? Car à mesure que les sanctions s’accumulent, les États visés s’adaptent, cherchent des alternatives afin d’éviter la réponse frontale : troc, contournement financier, commerce parallèle, monnaies locales, crypto-actifs, finance islamique, rapprochements Sud-Sud, dédollarisation progressive... Va-t-on vers un processus de fractionnement des systèmes de paiement à l’échelle internationale ? Assiste-t-on à une fragmentation du système économique mondial ? Invités Julia Tomasso, chercheuse à l’Iris et spécialiste de l’Iran Camille Boulenguer, économiste et chercheuse à l’Iris, spécialisée dans l’étude de la criminalité financière et des circuits financiers illicites Emmanuel Hache, adjoint scientifique à IFP Énergies nouvelles et directeur de recherche à l’IRIS. «Géopolitique des matières premières» éditions Eyrolles, 2025. Édition en partenariat avec la Revue Internationale et Stratégique «Vivre sous sanctions économiques. Impacts contournements, Réalignements». Direction de Julia Tomasso et Camille Boulenguer.
Après le Mali, la Guinée, le Burkina Faso, le Niger et fin novembre la Guinée-Bissau, le Bénin a bien failli dimanche dernier (7 décembre 2025) être le théâtre d’un coup d’État militaire... Un groupe de mutins emmené par le lieutenant colonel Pascal Tigri a tenté de prendre le pouvoir en lançant à 2h du matin une série d’attaques contre les domiciles de plusieurs hauts gradés, la résidence du chef de l’État, le Palais présidentiel et le siège de la TV nationale. Les insurgés y ont enregistré un message proclamant la destitution du président Patrice Talon. Mais l’armée régulière est restée républicaine et fidèle à son serment. Après plusieurs heures d’affrontement, le putsch a échoué. Une douzaine d’insurgés ont été arrêtés par les forces béninoises, épaulées par des troupes et l’aviation nigérianes. Mais des dizaines d’autres dont leur chef ont réussi à s’enfuir. Reste beaucoup de questions : le lieutenant colonel Tigri qui se trouverait maintenant à Lomé, au Togo, a-t-il agi de son propre chef ou cette tentative de putsch a-t-elle été commanditée, et par qui ? Cette multiplication des coups d’État ou tentative de coups d’État depuis 5 ans en Afrique de l’Ouest est-elle la conséquence de la menace jihadiste ou traduit-elle un rejet des principes démocratiques ? Quelle est la situation sécuritaire dans la région ? Pourquoi l’alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) n’arrive-t-elle pas à endiguer l’expansion des groupes jihadistes ? Que penser de la stratégie d’asphyxie économique de la junte menée depuis septembre au Mali par le JNIM, affilié à al-Qaida à travers un blocus du carburant ? Trois invités : - Niagale Bagayoko, présidente de l'African Security Sector Network - Bakary Sambe, directeur régional du Timbuktu Institute à Dakar - Alain Antil, directeur du Centre Afrique subsaharienne de l'Ifri.
C’est un tournant dans la politique étrangère américaine : publié le 5 décembre par l’administration Trump, la Stratégie de sécurité nationale appelle à restaurer la suprématie américaine sur l’Amérique latine, à lutter contre l’immigration incontrôlée, contre les menaces transfrontalières comme la drogue ou le terrorisme et réactive la doctrine Monroe qui, en 1823, interdisait toute intervention européenne sur le continent américain et réciproquement toute ingérence américaine dans les affaires européennes. Aujourd’hui, Donald Trump va plus loin et l’assume. Il étrille les Européens et revendique l’Amérique latine comme sa chasse gardée. Pas question de laisser un pays adverse y positionner des forces ou exploiter des ressources stratégiquement vitales pour les États-Unis. Le document justifie le redéploiement des forces militaires américaines et même l’utilisation de la force létale. Des lignes qui expliquent la guerre engagée, depuis fin août 2025, par Donald Trump dans la mer des Caraïbes, au large du Venezuela, pour lutter contre le narcotrafic, avec une armada militaire impressionnante. En 3 mois, les frappes américaines contre des bateaux accusés sans preuve de transporter de la drogue ont fait plus de 80 morts. L’ONU dénonce des exécutions extrajudiciaires. Le président Nicolas Maduro, lui, voit dans le déploiement américain un prétexte pour le renverser et s’emparer des réserves pétrolières de son pays... Et la tension est encore montée cette semaine. Dans une interview au site Politico mardi, Donald Trump a déclaré à propos de Maduro «ses jours sont comptés» tout en évitant de répondre sur l’envoi de troupes américaines au sol. Jusqu’où ira Donald Trump au Venezuela : veut-il vraiment combattre les narcotrafiquants ou d’abord faire tomber sa bête noire, Nicolas Maduro ? Comment les États-Unis comptent-ils contrer l’accès de la Russie et de la Chine aux ressources pétrolières et minières du continent sud-américain ? Quelle est l’influence de Washington sur la contagion populiste qui frappe la région ? Ce bras de fer Trump/Maduro illustre-t-il le retour de l'interventionnisme américain en Amérique latine ? Avec - Maud Quessard, spécialiste de politique étrangère américaine, directrice du domaine «Europe, Espace Transatlantique Russie» à l’IRSEM. Autrice de «La puissance sans principe. Géopolitique du trumpisme», étude de l’Irsem N°126 parue en septembre 2025 - Thomas Posado, maître de conférences en Civilisation latino-américaine contemporaine à l’Université de Rouen, auteur de «Venezuela : de la révolution à l’effondrement», aux Presses Universitaires du Midi - Jean-Jacques Kourliansky, directeur de l'Observatoire de l’Amérique latine et des Caraïbes à la fondation Jean Jaurès, a publié «Progressisme et démocratie en Amérique latine 2000-2021» aux éditions de l’Aube.
Le 8 décembre 2024, il y a un an, Bachar al-Assad le dictateur syrien quittait Damas pour Moscou, après la prise de la capitale syrienne par les rebelles de Hayat Tahrir al Cham. Surnommé le «boucher de Damas», Bachar al-Assad dirigeait le pays depuis juillet 2000, succédant à son père Hafez al-Assad, dictateur non moins sanguinaire à la tête du pays depuis 1971. Un chapitre de plus d’un demi-siècle d’horreur, de massacres et d’oppressions se refermait pour le peuple syrien. Non sans séquelles. À la surprise générale, l’opération des rebelles se déroula en un éclair. Il ne leur fallut pas plus de dix jours pour faire tomber le régime que l’on pensait inébranlable, après 12 années de guerre, plus de deux millions de morts, environ 500.000 disparus et 12 millions de Syriens déplacés à cause de la violence liée au conflit, soit la moitié de la population. Regard sur la Syrie du président Ahmad al-Charaa. Difficultés économiques et sociales, séparation des communautés, insécurité, les défis sont nombreux. Luttes internes, ingérences régionales, pression d’Israël. La Syrie reste un espace stratégique central pour les grandes puissances : sa position géographique, ses accès aux routes régionales, son rôle dans l’équilibre du Levant et les multiples présences militaires en font un territoire où intérêts géopolitiques et enjeux de sécurité internationale s’entrecroisent. Quelles perspectives démocratiques en Syrie, pays au centre des rivalités régionales ? Invités : Fabrice Balanche, maître de conférences à l’Université Lyon 2, spécialiste du Moyen-Orient. «Les leçons de la crise syrienne», éd. Odile Jacob, ouvrage récompensé par le prix du livre Géopolitique. Hakim Khaldi du Département des Opérations de Médecins sans Frontières à Paris. Spécialiste du Moyen-Orient à MSF où il a effectué de nombreuses missions. «Carnets de bord. Dans la Syrie post-Assad», éd. L’Harmattan.
Le premier quart du XXIè siècle touche à sa fin, marqué par la guerre et les révolutions technologiques. Le monde est souvent décrit à travers des grilles simplificatrices : rivalité entre grandes puissances, retour des blocs. Une analyse plus fine met en avant la logique du système international, les dynamiques profondes des sociétés, ou encore les crises civilisationnelles qui traversent de nombreuses régions du monde. Quel regard porter sur les bouleversements actuels et les marges de manœuvre de l’Europe dans cet environnement incertain ? Invité : Thierry de Montbrial, membre de l’Académie des Sciences morales et politiques. Fondateur et président de l’Institut français des relations internationales. Fondateur et président de la World Policy Conference. «L’ère des affrontements», Dunod. Prix spécial du Livre Géopolitique.
La guerre d’Ukraine a profondément bouleversé les équilibres géopolitiques en Europe. Elle a mis fin à l’illusion d’un continent définitivement pacifié, ravivé les logiques de blocs et provoqué un réarmement accéléré des États européens. L’Europe est sous pression qui doit à la fois se repenser et repenser en profondeur son modèle de défense. Le renforcement de la menace russe, hybride, cyber, militaire et informationnelle, combinée à la dépendance persistante envers les États-Unis qui la brutalisent, met en lumière les fragilités structurelles de la défense européenne. Si l’OTAN a retrouvé une centralité stratégique, une coordination renforcée des États européens sur les plans stratégique, capacitaire et opérationnel s’impose. Le conflit ukrainien interroge aussi la souveraineté, les frontières et les rapports de puissance sur le continent. Comment la guerre en Ukraine reconfigure-t-elle durablement l’architecture de sécurité européenne ? Invités : Sylvie Bermann, ancienne ambassadrice de France en Chine, au Royaume-Uni et en Russie. «L'ours et le dragon. Russie/Chine. Histoire d'une amitié sans limite», éd. Tallandier Général Vincent Desportes, essayiste, conférencier, ancien directeur de l’Ecole de guerre. Laurent Griot, enseignant chercheur à Grenoble École de Management, spécialiste des risques géopolitiques d’économie de la défense. Pascal Boniface, directeur de l’IRIS. «Géostrategix». L'intégrale Tomes 1 et 2. éd. Dunodgraphic. Émission enregistrée à Grenoble dans le cadre des Géopolitiques de Grenoble. Initiative IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques / GEM (Grenoble École de Management).
On n'a de cesse d’évoquer la rupture profonde à laquelle on assiste dans la tradition diplomatique américaine. Cela va de la dénonciation des accords multilatéraux, ou de la réorientation stratégique vers un unilatéralisme assumé à la remise en cause des alliances historiques : la politique étrangère américaine s’est redéfinie sous le sceau d’un nationalisme décomplexé, voire d’un révisionnisme tant l’on voit les États-Unis chercher à tout prix aujourd’hui à renverser cet ordre mondial qu’ils ont eux-mêmes créé. Cette redéfinition ou ce révisionnisme a des conséquences majeures sur les équilibres géopolitiques, les rapports de force internationaux et la légitimité des institutions globales. Dans quelle mesure la présidence Trump transforme-t-elle la place des États-Unis dans l’ordre mondial et redéfinit les logiques de puissance à l’échelle internationale ? Cette rupture de la stratégie américaine est-elle liée à la personnalité de Trump, à l’évolution sociologique des États-Unis ou à la bascule géopolitique mondiale ? Pour en discuter : Sylvie Matelly, économiste et directrice de l’Institut Jacques Delors. Son dernier ouvrage, «Géopolitique de l’économie» aux éditions Eyrolles. Marie-Cécile Naves, directrice de recherche à l’Iris. Autrice de «Géopolitique des États-Unis» nouvelle édition 2025 chez Eyrolles et de la newsletter «MC Géopo». Cécile Ondoa Abeng, consultante en relations internationales et ancienne conseillère du président Macron pour l’Amérique et la prospective internationale. François Clémenceau, éditorialiste international à BFMTV et la Tribune du Dimanche. Émission enregistrée à Grenoble dans le cadre des Géopolitiques de Grenoble. Initiative IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques / GEM (Grenoble École de Management).
Les fractures qui traversent l’Occident et redessinent l’ordre international sont nombreuses. Fractures stratégiques, fractures politiques, fractures démocratiques. Quelque chose ne va plus dans l’Occident, quelque chose s’est brisé, sournoisement, progressivement, que nous n’avons pas vu venir. Qu’avons-nous raté ? Comment comprendre ce vent de folie qui fracture l’Occident ? Comment répondre, contrecarrer, freiner, voire arrêter le triomphe d’un autoritarisme à venir ? Le système international semble en perte de repères. Crise du libéralisme, affaiblissement des institutions multilatérales, incertitudes pour l’alliance transatlantique. Invitée : Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors. Professeure émérite au Conservatoire des Arts et Métiers et ancienne présidente du Conseil d’administration de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale. «Fractures dans l’Occident. Comment en est-on arrivé là, comment en sortir ?», Odile Jacob.
Depuis l’Accord de Paris en 2015 visant à limiter l’augmentation des températures du globe en dessous de 2°C, le climat s’est réchauffé plus vite qu’attendu. 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée. Les plus gros émetteurs que sont les États-Unis, la Chine et l’Inde n’ont pas réellement tenu leurs engagements. Donald Trump a même boudé la rencontre de Belém, tandis que les Européens se présentent toujours comme le pilier de l’ambition climatique mondiale. Du réchauffement climatique nous sommes passés à l’ébullition climatique, selon la mise en garde du secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutierrez. Et la vie sur terre est questionnée. Aléas et phénomènes extrêmes -sécheresses, inondations, tempêtes et autres ouragans- deviennent de plus en plus fréquents, menaçant de submersion des zones côtières, voire des pays entiers, par la montée des mers rendue inéluctable du fait du réchauffement des océans. Les mutations climatiques rebattent les cartes du pouvoir mondial. Les pays du Sud accusent les pays du Nord d’hypocrisie ; les grandes puissances fossiles défendent leurs intérêts et dans le même temps, certains acteurs émergent comme moteurs de la transition. Bilan de la COP30. Invité : François Gemmene, professeur à HEC. Président du Conseil Scientifique de la Fondation de la Nature et l’Homme. Auteur principal du 6è rapport du GIEC.
Quelle recomposition pour le Proche-Orient ? Le 7 octobre 2023, le massacre de 1 200 Israéliens par des commandos du Hamas venus de Gaza plongeait l’État hébreu dans la stupeur et la colère... Les représailles furent immédiates. Un déluge de feu s’est abattu sur la bande de Gaza, prélude à une effroyable guerre qui a fait jusqu’à présent plus de 68 000 morts palestiniens, dont au moins 18 000 enfants, et transformé les trois-quarts du territoire en champ de ruines. Depuis deux ans, cette guerre cristallise les passions et bouscule un Proche-Orient forgé, il y a un siècle, par les diplomaties européennes, après la disparition de l’Empire ottoman… C’est dans cette histoire tourmentée que nous plonge Ziad Majed dans son dernier livre «Le Proche-Orient, miroir du monde. Comprendre le basculement en cours» qui vient de paraître aux éditions La Découverte. Invité : Ziad Majed, professeur à l’Université américaine de Paris, directeur du programme des études du Moyen-Orient.
Près de 16 millions de Chiliens sont appelés à se rendre aux urnes ce dimanche (16 novembre 2025) pour élire le successeur du président sortant Gabriel Boric, auquel la Constitution interdit de briguer un second mandat consécutif. 8 candidats sont en lice, mais 2 favoris se détachent : Jeannette Jara, 51 ans, communiste et candidate d’une coalition de 9 partis de gauche et centre gauche, est en tête des sondages pour le 1er tour, talonnée par le candidat d’extrême droite José Antonio Kast, 59 ans, avocat, fondateur du parti républicain, battu il y a 4 ans par Gabriel Boric. Si ces deux favoris se retrouvent au second tour, le 14 décembre 2025, Jeannette Jara ne partira pas forcément gagnante. L’outsider Johannes Kaiser, 49 ans, fondateur du parti national libertarien, lui aussi d’extrême droite et nostalgique de la dictature militaire, pourrait bien jouer les faiseurs de rois en permettant à José Antonio Kast de l’emporter. Comment le Chili en est-il arrivé là ? Quel bilan laisse Gabriel Boric ? Le jeune président de gauche a-t-il tenu sa promesse de réduire les inégalités et d’apporter plus de justice sociale ? Comment expliquer la montée en puissance d’une extrême droite décomplexée ? Pourquoi la société chilienne n’arrive-t-elle pas à tourner la page de l’ère Pinochet au point de regretter le dictateur mort, il y a 20 ans ? Alors que l’immigration irrégulière et l’insécurité, mais aussi le narcotrafic ont été au cœur de la campagne présidentielle, le Chili risque-t-il de basculer à l’extrême droite ? 3 invités : - Franck Gaudichaud, professeur en Histoire et Études latino-américaines à l'Université Toulouse-Jean Jaurès, auteur de «Découvrir la révolution chilienne 70-73», paru en 2023 aux Éditions sociales - Olivier Compagnon, professeur d’Histoire contemporaine à l’Université Sorbonne Nouvelle/Institut des Hautes Études d’Amérique latine, chercheur au CREDA - Pablo Barnier-Khawam, docteur en Sciences Politiques associé au CERI et au CREDA, spécialiste de la Bolivie et du Chili.
Alors que Paris s’apprête à commémorer, ce jeudi 13 novembre 2025, les attentats les plus meurtriers de son histoire, dix ans plus tard, le terrorisme islamiste reste un danger… en France, mais pas seulement. Dans un rapport datant du mois d’août dernier, les Nations unies assurent que la menace que représentent le groupe État islamique et ses affiliés «reste intacte», sa «stratégie» s’orientant «de plus en plus» vers l’Afrique. Au Moyen-Orient aussi, dans les régions irako-syriennes qu’elle dominait, il y a dix ans, l’organisation pourrait potentiellement regagner de l’influence. Sans oublier une autre branche particulièrement active en Asie centrale. Alors comment le terrorisme islamiste parvient-il à perdurer ? Comment expliquer son influence dans certaines régions du monde ? Et peut-on faire face à cette menace ? Invités - Anne-Clémentine Larroque, historienne, spécialiste des idéologies islamistes. Auteure de Géopolitique des islamismes et Le trou identitaire (PUF) - Myriam Benraad, politologue, spécialiste de l’Irak et du Moyen-Orient. Auteure de cet ouvrage : L’État islamique est-il défait ? (CNRS Éditions) - Nicolas Normand, ancien ambassadeur de France au Mali, au Congo-Brazzaville et au Sénégal. Auteur du Grand livre de l’Afrique : chaos ou émergence au sud du Sahara ? (Eyrolles).
Ce sera le 6è scrutin depuis la chute de Saddam Hussein en 2003 : les Irakiens s’apprêtent à voter, ce mardi 11 novembre 2025, aux élections législatives pour désigner, parmi plus de 7 000 candidats, les 329 députés du Conseil des représentants. L’issue du scrutin ouvrira la voie à des négociations pour désigner le Premier ministre, poste actuellement occupé, depuis 2022, par Mohammed Chia al-Soudani, candidat à un nouveau mandat. Ces élections interviennent peu de temps après le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza, l’affaiblissement du Hezbollah au Liban, la chute de Bachar el-Assad en Syrie. Autant d’événements qui font de Bagdad un carrefour stratégique au Moyen-Orient. Le voisin iranien l'a bien compris et espère conserver son influence en Irak, tout comme les États-Unis, justement soucieux de limiter le rayonnement de Téhéran. Et entre ces deux alliés opposés, beaucoup d’Irakiens souhaiteraient, eux, que leur pays trace sa propre route… Reste à savoir si la classe politique partage réellement cette volonté. Invités - Myriam Benraad, politologue, spécialiste du Moyen-Orient. Auteure de ce livre : L’Irak par-delà toutes les guerres (Le Cavalier bleu) - Pierre-Jean Luizard, directeur de recherche émérite au CNRS, historien des islams au Moyen-Orient. Auteur de cet ouvrage : Les racines du chaos. Cinq États arabes en faillite (Tallandier) - Adel Bakawan, directeur de l’European Institute for Studies on the Middle East and North Africa (EISMENA). Auteur de ce livre : La décomposition du Moyen-Orient. Trois ruptures qui ont fait basculer l’histoire (Tallandier).




Prétentieux ! Pourquoi ne se présente t-il pas à la présidentielle !? 🙄😬
Vraiment très intéressant ! Notamment le rapport de cause à effet entre violences éducatives et acceptation d'un régime dictatorial, à contrario, le rapport de cause à effet entre éducation bienveillante et empathie chez l'adulte..merci