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Si loin si proche
Si loin si proche
Author: RFI
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© France Médias Monde
Description
Le rendez-vous des voyages de RFI produit par Céline Develay-Mazurelle et réalisé par Laure Allary. Récits radiophoniques et reportages au long cours, pour se faire la malle et voir le monde avec les oreilles. *** Diffusions le dimanche à 02h10 TU et à 13h10 TU vers toutes cibles.
275 Episodes
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Kwe signifie « bonjour » dans de nombreuses langues autochtones et c’est sur le principe de la rencontre, fertile, respectueuse, que les communautés autochtones se présentent et accueillent les visiteurs de passage. Première étape : à deux pas de la ville de Québec, dans la communauté de Wendake jadis désignée comme « le village huron », un lieu qui fait office de porte d’entrée dans ce monde qui, bien sûr, n’était pas nouveau. Celui ou celle qui pose le pied au Québec, connaît certainement le roman de la Nouvelle France, terre de pionniers et de colons francophones en Amérique. Une terre qui, jadis, avant l’arrivée de Jacques Cartier ou Samuel de Champlain, se vivait depuis des millénaires en partage et en mouvement par des hommes et des femmes parmi les lacs, les rivières et la forêt boréale. Des peuples autochtones, à qui l’on doit -notamment- le nom du Canada, « Kanata » signifiant village en langue iroquoienne ou wendat, ou Québec qui désigne « là où le fleuve se rétrécit » en langue algonquienne. Des peuples qui, pour la plupart, s’appellent, se désignent dans leurs langues simplement « humains ». C’est donc aux sources de cette humanité en Amérique que l’on vous propose de vous emmener pour une série en 3 épisodes, au Québec autochtone, à la rencontre de communautés que l’on connaît trop mal, à commencer par leurs noms. Petit rappel : au Québec, il existe 11 nations autochtones, les Inuit et dix Premières Nations parmi lesquels les Wendat, les Innu, les Anishinaabeg, les Atikamekw, les Mi'kmaq, les Kanien’kehá:ka, les Naskapi, les Eeyouch, les Wolastoqiyik et les W8banakiak. Leurs communautés se déploient à travers tout le Québec et sont encore placées sous le régime des dites « réserves indiennes », des territoires non cédés par les autochtones mais appartenant à la Couronne, réservés à l’usage d’une « bande indienne » ou d’une communauté autochtone. Longtemps perçus par les allochtones ou non autochtones, comme des lieux clos, interdits, ces communautés sont en fait des lieux de vie ouverts à tous et toutes, des espaces de transmissions et de cultures passionnants. Là-bas, des musées, des sites culturels mais aussi les paysages de rivières, de lacs ou de forêts racontent l’histoire et la grandeur de ces premiers peuples. Le Québec autochtone est un territoire immense -le Québec est 3 fois plus grand que la France- et les réalités comme les histoires de chaque Nation et à l’intérieur, de chaque communauté, sont multiples voire infinies. Même si elles ont toutes en commun d’avoir été malmenées par la colonisation et la sédentarisation forcée. Mais les autochtones sont toujours là, bel et bien là ; et aujourd’hui, tous et toutes ont à cœur de reprendre la main et le narratif sur qui ils sont et d’où ils viennent. Wendake est une toute petite terre de « réserve » -un terme présent dans la « Loi sur les Indiens de 1876 » encore en vigueur- située tout proche de la ville de Québec. Par sa proximité avec la ville et le rôle de son peuple, les Wendat, dans l’histoire des premiers contacts avec les colons français, cette communauté représente une passerelle, un bon point de départ pour qui voudrait voyager en terre autochtone. Aujourd’hui, environ 1 500 Wendat, sur les 5 000 recensés, vivent à Wendake, issus d’un peuple survivant, venu des Grands Lacs qui, à la fin du XVIIe siècle, va trouver refuge au bord de la rivière Saint Charles ou « Akiawenhrahk » soit « la rivière à la truite » en wendat. Depuis, les Wendat ont résisté à l’urbanisation et à l’assimilation coloniale et défendent fièrement leur territoire ancestral, le Nionwentsïo, leur passé millénaire comme leur présent moderne, ouvert sur le monde. Rencontre avec des acteurs culturels : directeur de musée, guides, écrivain, éditeur, juriste, conteurs ou musiciens, tous et toutes membres de la communauté wendat. Une série en 3 épisodes de Laure Allary et Céline Develay-Mazurelle. Avec : - Stéphane Picard, directeur général du Musée Huron-Wendat, situé au sein de l’Hôtel-Musée Premières Nations et chef familial de la Nation Wendat - Isabelle Sioui, conteuse musicienne, artisane et conférencière wendat - Alexane Picard, artisane et juriste wendat spécialisée en droit autochtone - Dominic Ste Marie, conteur de mythes et légendes, ancien guide interprète et coordinateur à Tourisme Wendake - Daniel Sioui, écrivain et éditeur, fondateur des Éditions Hannenorak et de la librairie du même nom située à Wendake - Steeve Gros-Louis, danseur traditionnel et propriétaire des restaurants Sagamité situés à Wendake et dans le vieux Québec - Jason Picard-Binet, artisan wendat qui a repris l’atelier de mocassins Bastien, un héritage vieux de plus d’un siècle - Andawa Laveau, artiste wendat, musicien, acteur et guide - Diane Picard, musicienne gardienne du Tambour Chef-Sacré et fondatrice du groupe des Femmes au Tambour de Wendake « Andicha N’de Wendat ». Pour préparer votre voyage à Wendake : - Le site de Tourisme Autochtone Québec regorge de ressources et d’idées - La présentation des 11 Nations du Québec par Tourisme Autochtone Québec et un guide Aashukan très utile sur comment voyager en pays autochtone - Le site de la communauté de Wendake - L'Hôtel Musée Premières Nations abrite le Musée Huron Wendat et son exposition récemment renouvelée Wendat Endi’ soit « Nous, les Wendat ». Une maison longue Ekionkiestha' est adossée au musée et à l'hôtel. - Découvrez le parcours lumineux et immersif Onhwa Lumina qui se vit de nuit à la rencontre de la culture wendat. - Les Éditions Hannenorak, seule maison d’édition autochtone au Québec, sont situées comme sa librairie à Wendake. Daniel Sioui, son fondateur, a également initié avec d’autres le foisonnant Salon du livre des Premières Nations Kwahiatonhk! - Bastien, artisan autochtone situé à Wendake - Le site d’Andicha N’de Wendat, groupe de femmes Tambour à Wendake - Dans la ville de Québec, le musée de la civilisation propose un riche parcours muséal sur l’histoire autochtone et coloniale. À lire et écouter : - « Indien stoïque » de Daniel Sioui, Éditions Hannenorak. 2021 - « Indienne de ville » d’Isabelle Picard, Éditions Flammarion Québec. 2025 - « Yändata’ / L’éternité au bout de ma rue » de Jean Sioui, Éditions Hannenorak. 2021 - « Frétillant et agile », de Jocelyn Sioui, Éditions Hannenorak. 2022 - Le passionnant balado produit par Radio Canada « Laissez-nous raconter : L’histoire crochie » avec Marie-Andrée Gill, autour de 10 mots clés à décoloniser. - La musique des Wendat Gilles Sioui et Christian Laveau ou celle d’Andawa Laveau.
À l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions du 10 mai, on part dans la cité des Ducs, premier port esclavagiste de France. À la rencontre d’un singulier duo nantais qui œuvre pour la justice réparatrice : Pierre Guillon de Princé, descendant d’armateurs négriers, et Dieudonné Boutrin, infatigable militant d’origine martiniquaise et descendant d’esclavisés. Depuis le 18 avril 2026, s’élève à Nantes le Mât de la fraternité et de la mémoire, un monument fort de symboles, hissé, porté par Pierre Guillon de Princé et Dieudonné Boutrin. C’est au pied de ce mât que Pierre a présenté des excuses officielles, pour les actes de ses ancêtres esclavagistes à Saint-Domingue, devant l’ambassadeur d’Haïti notamment. Par ses mots, accompagnés d’un geste symbolique de réparation financière, Pierre a brisé un silence qui pèse depuis des décennies, des siècles sur la ville et le pays. Une démarche rare, unique dit-on en France, qui s’inscrit dans un long processus de réconciliation et de réparation mené par Pierre et Dieudonné. Depuis leur rencontre, cet épatant duo a mené des visites à deux voix du Mémorial de l’Abolition de l’esclavage situé sur le quai de la Fosse à Nantes. Ce qui les a amenés ensuite à se rapprocher d’autres « héritiers » de l’esclavage, des descendants d’esclavagistes anglais notamment, parmi lesquels la famille Trevelyan, première famille du Royaume-Uni à avoir présenté des excuses officielles dans les Caraïbes, pour faire avancer une cause qui leur tient, à tous et toutes, à cœur : la réconciliation mais surtout la justice réparatrice. Car, 25 ans après le vote en France de la loi Taubira reconnaissant la traite et l’esclavage comme « crime contre l’humanité », qui incluait initialement un volet sur les réparations, des voix s’élèvent, notamment au sein de l’Union africaine ou de la CARICOM dans les Caraïbes. En mars 2026, l’ONU a adopté une résolution présentée par le Ghana pour reconnaitre l’esclavage comme « le plus grave crime contre l’humanité », une résolution qui s’empare également du sujet des réparations. À 86 ans, Pierre et Dieudonné, 61 ans, fourmillent de projets au sein de l’association La Coque Nomade Fraternité et de la Fédération internationale des héritiers de l’esclavage qu’ils viennent d’initier, avec différents acteurs de la société civile des Caraïbes, d’Angleterre ou du monde lusophone. L’objectif : rendre toujours plus visible cette mémoire et les héritages, les blessures que 400 ans d'esclavage ont laissées derrière eux dans les consciences, les identités et nos sociétés. Un projet de Mât de la fraternité est en cours à Bristol et dans d’autres villes du monde. Et des familles nantaises descendantes d'armateurs, sur l'exemple de Pierre, envisagent désormais de parler et de briser ce silence… Un reportage de Céline Develay-Mazurelle à Nantes avec Dieudonné Boutrin, Pierre Guillon de Princé, l'historien Bernard Michon, Laura Trevelyan et John Dower, cofondateurs de l'organisation Heirs of slavery, Marie-Annick Gournet, vice-présidente associée de l'université de Bristol spécialisée dans la justice réparatrice, et Aïssata Seck, directrice de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage. En savoir plus : – Sur l’association La Coque Nomade Fraternité basée à Nantes et fondée par Dieudonné Boutrin – Sur le Mémorial de l’Abolition de l’Esclavage situé à Nantes sur le quai de la Fosse – Sur l’organisation Heirs of Slavery fondée par Laura Trevelyan et John Dower, descendants d’esclavagistes britanniques à la Grenade – Sur les travaux du projet Repairs de l'Agence nationale de la recherche, coordonné notamment par Magalie Bessone, Myriam Cottias et Elisabeth Cunin, avec Jessica Balguy – Sur la Fondation pour la mémoire de l’esclavage et tous les évènements prévus pour les 25 ans du vote de la loi Taubira – Sur la base de données Esclavage Indemnités qui rassemble les données sur les indemnités versées aux familles esclavagistes françaises à l’abolition de l’esclavage en 1849 et en 1825 à Haïti par le projet Repairs – Sur la conférence Reimagining Higher Education as Accountable Partners in Repair and Transformation organisée le 19 mai 2026 à Bristol par Marie-Annick Gournet, vice-présidente associée de l'université de Bristol, en charge de la justice réparatrice – Sur notre précédent voyage en 2019 à Nantes, sur les traces de la mémoire de l’esclavage colonial. Un reportage d'Inès Edel-Garcia. À écouter aussiDes lieux qui regardent l’esclavage en face
Derrière ce drôle d’acronyme, se trouve un réseau mondial d’échanges qui permet d’apprendre et vivre dans des fermes bio et paysannes partout dans le monde, une autre façon de voyager et partager… Wwoofing signifie en anglais «World Wide Opportunies on Organic Farms», mais à force, l’acronyme est devenu un mot, une pratique à part entière. On dit qu’on wwoofe ou fait du wwoofing en Nouvelle-Zélande ou au Japon… Né au début des années 70 en Angleterre sous la forme de petites annonces, ce réseau compte aujourd’hui 100 000 wwoofeurs à travers le monde et met en relation des candidats à une expérience à la ferme avec des petites exploitations agricoles qui les accueillent, le temps d’un mois maximum. Le principe est simple : les bénévoles wwoofeurs identifient une ferme membre du réseau dans le pays où ils veulent aller, et peuvent être accueillis, logés, nourris gratuitement contre cinq demi-journées par semaine d’entraide aux activités agricoles. Mais plutôt que de voyage pas cher ou de travail à la ferme, il convient de parler, à propos du wwoofing, d’échanges et de partages autour du vivant, dans l’intérêt et la défense d’une agriculture biologique et d’une paysannerie à taille humaine… En près de 50 ans, le wwoofing s’est développé au point de devenir un phénomène mondial, qui ajoute un vrai supplément d’âme au voyage, déclenche parfois des transformations de vie et répond certainement à une quête de sens et de changement parmi une jeunesse en mal de repères et de liens avec la nature, face à des modèles hyperconsuméristes et hyperconnectés aux écrans. Aujourd’hui, le wwoofing est l’un des premiers programmes d’échange éducatif et culturel au monde, présent dans plus de 132 pays, dont la France, les États-Unis, le Mexique, le Bénin, la Chine, l’Australie ou encore le Sénégal. Les wwoofeurs sont surtout des jeunes âgés de 18 à 35 ans et celles et ceux qui le pratiquent deviennent souvent des adeptes convaincus, les membres d’une grande famille bottes aux pieds et mains dans la terre… Immersion en France dans une ferme de Saône-et-Loire et à la rencontre de wwoofeurs et de wwoofeuses. Un voyage sonore de Viola Berlanda initialement diffusé en octobre 2025. En savoir plus : - Sur le réseau international Wwoofing - Sur l’association Wwoof France - Sur l’histoire du mouvement avec Sue Coppard, la femme à l’origine de ce mouvement devenu mondial. Une conférence TEDx - Sur la loi Duplomb sur l’agriculture promulguée le 11 août 2025 et la pétition sans précédent contre cette loi qui a recueilli plus de 2 millions de signatures.
La cité portuaire bretonne porte en elle l’histoire de cette grande aventure du commerce du lointain, vers l’Asie, aux XVIIè et XVIIIè siècles. Une aventure commerciale, maritime, politique, coloniale et esclavagiste. En 1664, quand l’intendant de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert décide de la création de la Compagnie des Indes orientales, la France arrive en retard dans la compétition commerciale à laquelle se livrent déjà les grandes puissances européennes du XVIIè siècle. Les Portugais qui ont franchi le Cap de Bonne Espérance en 1488 ont ouvert la voie des Indes par la mer et, dix ans plus tard, Vasco de Gama rejoint Calicut en 1498. Dans leur sillage, arrivent ensuite les vaisseaux britanniques ou néerlandais qui fonderont ensuite, au début du XVIIè siècle, de puissantes compagnies de commerce. Car eux aussi cherchaient à s’affranchir des voies terrestres sur les routes de la soie, afin d’établir des comptoirs et développer ce négoce, le « plus riche commerce du monde », disait-on. L’Orient, l’Asie, les Indes sont alors des terres qui fascinent, perçues comme des contrées lointaines d’abondance, de pierreries, d’étoffes ou d’épices. En France, la première Compagnie des Indes (il y en aura trois successives) sera donc royale et bénéficie de multiples privilèges : monopole du commerce avec l'Orient, droit de propriété des terres occupées, droit de justice souveraine, d’armer des bateaux de guerre ou droit d’esclavage, etc. Son siège sera établi à Lorient, en Bretagne, une ville qui va naître et se développer avec la Compagnie jusqu’à devenir la porte vers l’Orient, auquel elle doit d’ailleurs son nom. Aujourd’hui, face à la mer, sur le site magnifique de la Citadelle de Port-Louis, le musée de la Compagnie des Indes, ouvert en 1984, retrace cette histoire complexe, mais fondatrice. Dans ce musée truffé d’étoffes, de cartes anciennes, de maquettes de bateaux ou de porcelaines, on raconte donc les épopées maritimes à bord des gros navires de la Compagnie des Indes, les marchandises convoitées et l’économie Monde déjà très concurrentielle au XVIIè siècle. Mais derrière ces longs voyages aux parfums d’aventure et d’exotisme, se dessinent des logiques de compétition et de prédation telles que l’homme deviendra une marchandise comme les autres. Le système esclavagiste et plantationnaire, notamment dans les Mascareignes soit l’île de La Réunion, Rodrigues et Maurice, faisait, en effet, partie intégrante du fonctionnement de la Compagnie fondée par Colbert, par ailleurs à l’origine du Code noir. Lorient sera donc un port négrier, le premier de France même, pendant une courte période de monopole… Déployées sur tous les continents, les compagnies européennes de commerce vont semer les graines de la mondialisation, ouvrant la voie à une société de consommation où les produits sont fabriqués aux quatre coins du monde, à commencer par la Chine, aujourd’hui justement en guerre commerciale avec les États-Unis… Un reportage de Céline Develay-Mazurelle avec Laure Allary, initialement diffusé en mai 2025. En savoir plus Sur la destination Lorient Bretagne Sud et préparer votre voyage Sur le musée de la Compagnie des Indes de Lorient Sur l’ouvrage de référence Les compagnies des Indes de Gérard Le Bouëdec et Philippe Haudrère, réédition augmentée, Rennes, Éditions Ouest-France-Edilarge, mai 2024 Sur Lorient, la compagnie des Indes et l’esclavage, un article de Jacques Chérel, 2018 Sur la Compagnie des Indes et l’île Bourbon- La Réunion, un article de Philippe Haudrère Sur les indiennes de traite, un article de Krystel Galdé, 2018 Sur Le café, plaisir au goût d’amertume, une exposition au musée de la Compagnie des Indes, 2022.
De l’Arctique à l’Antarctique jusqu'au plus haut sommet des États-Unis, l’Américain a sillonné les terres extrêmes en quête d’exploits et de premières. Une trajectoire méconnue et controversée à l’épreuve des pôles et de la vérité. Qui a atteint le premier le pôle Nord ? Au début du XXᵉ siècle, cette question affolait les gazettes et faisait l’objet d’une âpre controverse aux États-Unis et dans le monde, entre l’autoritaire officier de marine, Robert Edwin Peary, et l’outsider Frederick Cook qui revendiquait être arrivé au pôle, un an avant lui, en avril 1908. Le Congrès américain finira par trancher au bénéfice de Peary, dont il fera l'unique vainqueur du pôle Nord, au détriment de Cook, oblitérant aussi Matthew Henson, explorateur africain-américain et fidèle compagnon de Peary, ainsi que les Inuits qui les ont guidés. Pendant longtemps, les terres polaires, arctiques ou antarctiques ont ainsi représenté pour l’homme des « terra incognitae », à atteindre, explorer, conquérir. Au tournant du XXᵉ siècle, les nations s’y bousculaient, les explorateurs occidentaux financés en partie par de riches magnats de la presse ou de l’industrie s’embarquaient, emmantelés de fourrures, pour de périlleuses expéditions en traîneaux à chiens. Au nom de la connaissance, un peu ; du dépassement de soi, aussi ; et de la gloire, beaucoup. Aujourd’hui, à plus d’un siècle de distance, alors que les pôles se retrouvent au cœur de l’urgence climatique, et que ces lieux sont parcourus par des touristes en goguette polaire, on pourrait n’y voir que de vaines entreprises masculines de premières et de conquêtes… Sauf que ces histoires d’explorations polaires disent beaucoup de leur époque, comme de la nôtre. Elles ont façonné les imaginaires et fait émerger des figures historiques, parfois contestables et encore méconnues. Parmi elles, on retrouve donc le docteur américain Frederick Cook, un curieux personnage que rien ne prédestinait à arpenter les pôles mais qui va se retrouver plongé dans cette furieuse affaire avec Robert Edwin Peary, et ce malgré le soutien sans faille de son ami, vainqueur du pôle Sud, le Norvégien Roald Amundsen… Pire, Cook sera également contesté sur son ascension du mont McKinley, aujourd’hui Denali, plus haut sommet des États-Unis situé en Alaska, et finira par passer de longues années en prison pour une affaire d’escroquerie. Alors héros ou imposteur ? Gérard Guerrier, auteur de L’énigmatique Docteur Cook paru en France aux Éditions Paulsen, retrace la vie de Cook en tentant de résoudre les énigmes de sa folle et intrépide existence. À lire : - L’énigmatique Docteur Cook de Gérard Guerrier. Editions Paulsen. 2026 - Journal d'un explorateur noir au pôle Nord de Matthew Henson. Préface et traduction de Kamel Boukir. Éditions Zones Sensibles. 2021 - Ultima Thulé de Jean Malaurie. Éditions Plon. Collection Terre humaine Poche. 2008 En images
Au Sénégal Oriental, à plus de 650 km de Dakar, se déploie un écrin de nature pensé et protégé par et pour les populations locales. C’est une aire naturelle protégée comme il en existe un peu partout sur le continent africain, mais elle a cette particularité d’avoir été créée en 2009, par et pour les populations. Ce modèle de réserve naturelle communautaire prend de l’ampleur au Sénégal comme ailleurs, parce qu’il intègre les besoins des communautés. Il vient finalement contrer la vision archaïque, héritée de la colonisation, de l’éden africain vierge et traversé de hordes d'animaux sauvages, qui a guidé à la création des premiers parcs nationaux africains, pensés au départ comme des zones de chasse touristique et excluant le plus souvent les populations qui y vivaient. Aujourd’hui, cette vision a fait long feu, mais penser l’équilibre entre protection de la biodiversité et amélioration des conditions de vie des habitants demeure un pari audacieux, une promesse nécessaire. Et la réserve du Boundou, située justement sur une ancienne zone d’amodiation, de chasse de plus de 120 000 hectares prouve que c’est possible. Fruit d’une coopération décentralisée Nord-Sud entre le département français de l’Isère et celui de Tambacounda, sans dépendre de l’État, ce projet allie écologie, solidarité et démocratie locale. Parce qu’un jour, les communautés locales se sont rassemblées pour se demander comment habiter leur territoire sans le détruire, comment préserver ce patrimoine naturel et en faire profiter les générations futures ou les visiteurs de passage… Délimitée par les villages de Koussan au Nord et Talibadji à l’Est ainsi que par la rivière Falémé au Sud-Est, cette réserve mérite le voyage, à la rencontre de communautés qui aiment, connaissent, valorisent et protègent leur territoire. Un territoire de savanes arbustives ponctuées de mares et traversé par une faune discrète mais précieuse de singes patas, d’oiseaux, de hyènes ou de gazelles à front roux, emblème de la réserve. Un voyage sonore de Raphaëlle Constant. En savoir plus : Le site de la Réserve Naturelle Communautaire du Boundou Guide touristique & Dossier de la RNCB Une vidéo de présentation de la Réserve Sur l’action de l’ONG Tetraktys, présente dans 13 pays, qui intervient depuis 20 ans au Sénégal Oriental. Elle accompagne l’essor d’un tourisme durable dans la région, l’éducation à l’environnement et le développement économique et local Sur le photographe français Julien Masson, auteur des images qui accompagnent ce voyage sonore. En images
Partie à 25 ans pour la Polynésie française, pour voyager ensuite d’îles en îles à travers le monde, l’écrivaine Rose Aries a trouvé dans les espaces insulaires une certaine guérison à ses traumas d’enfance et un refuge pour ses rêves. Dans l’imaginaire des hommes et des femmes, depuis la nuit des temps, il existerait sur notre terre, des lieux clos et parfaits, fragments de terre cernés d’eau, bercés de mystères et de promesses : les îles. De l’autre côté du monde et de soi, ces objets géographiques et symboliques signent une rupture avec le temps et l’espace et incarnent le voyage absolu, total, celui qui transforme et bouleverse face à l’immensité océane. « Ce que les îles font de nous », c’est le titre prometteur de l'essai que signe l’autrice et journaliste française Rose Aries pour la toute nouvelle maison d’édition « Les corps conducteurs » et autour duquel on se retrouve aujourd’hui avec Rose. Debout sur une île : la sienne, intérieure et multiple. Reflet de son histoire intime après une enfance meurtrie par l’inceste. Reflet aussi de l’histoire des conquêtes coloniales et des désirs souvent masculins projetés sur les îles et celles-ceux qui y vivent, que Rose Aries interpelle dans un livre truffé de références et de réflexions sur le sens de nos quêtes d’insularité et de liberté. Paradisiaque, merveilleuse ou déserte, les îles abritent les désirs d’ailleurs et d’autrement de ceux qui les peuplent mais surtout de ceux qui en rêvent. Île au trésor, île mystérieuse, île aux pirates ou aux épices, les récits d’aventures insulaires de Robert Louis Stevenson ou Jules Verne ont hanté très tôt l’enfance et les lectures de Rose Aries qui y trouvaient un horizon, une évasion possible. À 25 ans, elle prend l’avion pour la première fois, direction Tahiti, très loin de sa famille qui, comme elle l’écrit, « protège plus ses secrets que ses enfants ». Là-bas, elle va travailler en tant que journaliste et rencontrer des insulaires aux cultures fascinantes, bien conscients des projections occidentales contre lesquelles ils et elles s’insurgent et se tiennent debout. Au fil de son essai, Rose Aries distille pudiquement son histoire personnelle mais elle entend surtout déconstruire les « mythes insulaires », de l’île déserte de Robinson à l’île matricielle ou féminine, de l’île utopique à l’île carte postale, lagon azur et cocotier dans le cadre. Un chemin de vérité qui lui tient à cœur, car lui aussi guérit. À lire : - «Ce que les îles font de nous», de Rose Aries. 2026. Éditions Les Corps Conducteurs - «L’île des rêves écrasés», de Chantal Spitz.1991. Éditions Au Vent des îles - «Mūtismes», de Titaua Peu. 2003. Éditions Au Vent des îles.
Pour suivre les traces de cette polonaise radicale et passionnée qui a consacré sa vie à la forêt de Białowieża et aux animaux qui la peuplent, il faut s’armer de patience et de poésie… En forêt, on pratique le pistage : une quête attentive où les sens se doivent d’être en éveil pour déceler ici et là des empreintes dans la neige ou la terre humide, un bruissement d’ailes là-haut dans les arbres, une présence animale qu’on devine mais qui échappe à notre seule vision. Et en lisant « Le Souffle de la Forêt » paru en France, on se dit c’est un peu ce qu’a dû faire son autrice, l’écrivaine italienne Simonetta Greggio, lorsqu’elle a décidé de partir dans la dernière forêt dite « primaire» d’Europe, Białowieża, sur les traces de Simona Kossak…Ce nom ne vous dit peut-être rien mais en Pologne, son pays, Simona Kossak est une biologiste, zoopsychologue et écrivaine de renom, célèbre pour avoir passé plus de trente ans dans une cabane forestière, sans eau courante ni électricité, au fond des bois, au rythme de la nature et pour la défense du vivant. Ce qui a valu à Simona, bien sûr, le surnom de « sorcière ». Car dans sa « Dziedzinka », sa cabane, cette petite femme issue de l’aristocratie polonaise a choisi de vivre parmi une épatante famille : Żabka, la femelle sanglier qui dormait dans son lit, Agata un lynx souvent lové sur l’épaule, Korasek, le corbeau chapardeur à qui elle parlait… Adepte de l’éthologie, cette science du comportement des animaux, Simona Kossak va mener des études sur les ongulés (Białowieża concentre 90% des bisons d’Europe) mais aussi de féroces combats pour la défense de la faune sauvage et le respect de cette forêt mythique de Białowieża, située tout au sud de la Pologne, aux confins de la Biélorussie. Aujourd’hui parc national, cette forêt, dont le cœur est désormais une réserve intégrale d’arbres millénaires et de lichens, est depuis 2021 balafrée par une frontière anti-migrants… Décédée en 2007, Simona Kossak n’a pas connu cette dernière page récente de l’histoire de la forêt mais sur place, elle a marqué durablement les esprits par sa pensée et sa manière de vivre : libre, sauvage, insaisissable. Restent ses chroniques radios, quelques écrits et de stupéfiantes images d’une vie entière passée au contact des animaux. Dans son livre, Simonetta Greggio nous livre un récit choral où se superposent en collages éléments biographiques, impressions et paroles multiples d’ami.e.s, d’animaux, de familles ou de forestiers qui ont côtoyé Simona Kossak, afin de déceler l’empreinte profonde qu’elle a laissée derrière elle. Celle d’une femme pionnière qui avait compris et vécu dans sa chair, à quel point les frontières entre humains et non humains n’existent pas. En savoir plus : - Sur « Le Souffle de la forêt » de Simonetta Greggio. Éditions Arthaud. 2026 - Sur les images de Lech Wilczek, photographe animalier polonais qui a partagé la vie de Simona et immortalisé ses instants de vie parmi ses animaux - Sur la forêt de Białowieża, dernière forêt dite primaire d’Europe et aujourd’hui parc national - Sur le film polonais de fiction « Simona Kossak » consacré à la scientifique et sorti en 2024 - Sur notre voyage sonore « Białowieża: il était une forêt », un reportage de Sibylle d’Orgeval en 2024 pour Si loin si proche.
À l’occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, on honore le legs que nous ont laissé nos aînées vagabondes. En feuilletant un album de famille sonore rempli de sacrées grands-mères, de super tantes, mères ou cousines intrépides, qui ont ouvert la voie du monde et du voyage ou continuent de le faire... De la voyageuse victorienne en jupons à la « backpackeuse » sportive et féministe, il en aura fallu des combats intimes ou collectifs pour que les femmes puissent user de leur droit, leur liberté élémentaire de mouvement : partir d’abord, bouger ensuite, vibrer forcément, écrire parfois, exister en somme ! Aujourd’hui, dans les contrées occidentales, de plus en plus de femmes osent le voyage, qui plus est solo. Ainsi, selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, en 2025, elles étaient plus de 40% à voyager seules, soit deux fois plus qu’il y a 15 ans, seulement. Cette audace- car elle en est encore une- a donc une histoire et un chemin, et nous allons écouter, réécouter ici la trajectoire de certaines de ces voyageuses, d’hier et d’aujourd’hui, qui peuplent nos imaginaires mais aussi cette émission depuis une décennie au moins. Des pionnières Ella Maillart ou Anita Conti au récit encabané de Gabrielle Filteau-Chiba, de l’alpiniste française Liv Sansoz au tour du monde à moto d’Anne-France Dautheville, en passant par les utopies féministes ou les villages bien réels exclusivement composés de femmes au Kenya avec la photographe Nadia Ferroukhi, ces femmes nous éclairent sur les mobilités conquises et la place des femmes dans l’espace public toujours à défendre. Avec l’écrivaine française Lucie Azéma, dont on suit la trajectoire depuis son premier essai féministe « Les femmes aussi sont du voyage, l’émancipation par le départ », publié en 2021 et toujours d’actualité. À lire : - « Une saison à Téhéran » de Lucie Azéma. Éditions Les corps conducteurs. 2026 - « Les femmes aussi sont du voyage, l’émancipation par le départ » de Lucie Azéma. Éditions Points Poche. 2025 - « Nous avons besoin d’un ailleurs qui n’existe pas » de Lucie Azéma. Éditions Champs Flammarion. À écouter : - Notre récit sonore « SF féministe : voyage au-delà des genres » en 2025 - « Le monde est à elles : histoires d’aventurières » en 2019.
À l’occasion de notre série à la découverte des Parcs nationaux français, voyage au sein du plus grand Parc national d’Europe et de France: le Parc Amazonien de Guyane (PAG). Sur près de 3,4 millions d’hectares, ce trésor de biodiversité se déploie entre forêt tropicale humide et communes isolées du sud de la Guyane. Depuis sa création en 2007, le PAG cherche à allier protection de l’environnement, préservation des modes de vie et des cultures locales autochtones et développement durable : un équilibre fragile, complexe à maintenir sur un territoire immense, habité et particulièrement convoité par les orpailleurs. Deuxième étape: Camopi, en terre amérindienne. À l’extrême sud-est de la Guyane, à la frontière brésilienne, la commune de Camopi s’étire sur les rives du fleuve Oyapock, là où vivent les communautés amérindiennes Téko et Wayãpi. Pendant longtemps, la commune enclavée était uniquement accessible en pirogue depuis Saint-Georges. Récemment, le bourg de Camopi est sorti de la ZAR, ou zone d’accès réglementé, soumise à autorisation. Et à présent, tout le monde peut s’y rendre, qui plus est, par avion, depuis 2021. Cette ouverture récente voulue par la municipalité, l’arrivée de l’avion, mais aussi la création du Parc en 2007 qui a installé une délégation à Camopi sont venues bousculer le quotidien d’autochtones qui, par le passé, ont déjà connu les bouleversements violents de la colonisation qui cherchait à étendre son emprise jusque dans ces marges amazoniennes qui lui échappaient encore. Aller à Camopi aujourd’hui, c’est aller à la rencontre d’Amérindiens français pris entre deux mondes, fiers de leur culture et du génie autochtone que leur ont transmis les anciens, mais souvent oubliés, relégués aux confins de leur propre territoire. Sur place, la délégation du Parc et ses agents, en partie amérindiens, représentent l’une des rares instances nationales présentes à l’année sur le territoire et le Parc Amazonien de Guyane sert souvent de relais administratif et social auprès des populations locales. Les questions qu’une telle gestion soulève, entre lutte contre l’orpaillage illégale, reconnaissance des droits autochtones, émancipation et protection de l’environnement, demeurent particulièrement sensibles. Une série radiophonique en 3 épisodes dans le PAG de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary, initialement diffusée en 2023. En savoir plus: - Sur la Guyane, terre française d’Amazonie sur le site Guyane Amazonie - Sur le Parc Amazonien de Guyane, parc national français né en 2007 et les 11 Parcs nationaux de France - Sur le fléau environnemental et humain de l’orpaillage illégal en Guyane : un article du Fonds Mondial pour la Nature ou WWF - Sur le travail de l’artiste Teko et Wayana Ti’iwan Couchili, ici présenté sur la plateforme « La voix des femmes autochtones » développé par la journaliste française Anne Pastor - Sur le mouvement de la Jeunesse Autochtone de Guyane ou JAG - Sur la Fédération des organisations autochtones de Guyane - Sur la problématique des suicides au sein des communautés amérindiennes, le rapport dit Archambault remis en 2015 au Premier Ministre est ici disponible - Sur le scandale des pensionnats autochtones ou « homes »amérindiens, un article ici de Médiapart, en écho au livre et à l’enquête édifiante d’Hélène Ferrarini « Allons enfants de la Guyane. Éduquer, évangéliser, coloniser les Amérindiens dans la République », paru aux Éditions Anacharsis, 2022.
À l’occasion de notre série à la découverte des Parcs nationaux français, voyage au sein du plus grand Parc national d’Europe et de France : le Parc Amazonien de Guyane (PAG). Sur près de 3,4 millions d’hectares, ce trésor de biodiversité se déploie entre forêt tropicale humide et communes isolées du sud de la Guyane. Depuis sa création en 2007, le PAG cherche à allier protection de l’environnement, préservation des modes de vie et des cultures locales autochtones et développement durable : un équilibre fragile, complexe à maintenir sur un territoire immense, habité et particulièrement convoité par les orpailleurs. Deuxième épisode de la première étape : Saül. Située entre le Suriname et le Brésil, la Guyane est un département français grand de 83 000 km2, recouvert à 95% par la forêt amazonienne. Le plus souvent, les voyageurs étrangers comme les locaux d’ailleurs, ne l’appréhendent que par son littoral, sur la bande côtière. Or à l'intérieur des terres, au-delà de cette zone littorale, se déploie depuis 2007 le Parc Amazonien de Guyane, plus grande réserve de biodiversité française qui permet d’accéder justement à cette grande forêt et aux communes enclavées du centre et du sud de la Guyane. Parmi elles : Saül, un minuscule village situé au centre du département et une des portes d’entrée du Parc. Uniquement accessible par avion, Saül est une toute petite enclave humaine, isolée au milieu de la très grande forêt. Ici, 80 habitants à peine vivent parmi les arbres géants, les lianes vertigineuses et les sous-bois marécageux, au son des oiseaux, des singes hurleurs ou des grenouilles en pagaille. Car là, bat le cœur de la forêt et les Saüliens, qu’ils soient agents du parc, agriculteurs, écoliers ou propriétaires de gîte, savent l’écouter, le partager et le défendre. Aller à Saül, c’est aussi comprendre ce que c’était de vivre jadis, dans un arrière-pays immense et isolé, loin du joug colonial et de ses appétits. Car pendant longtemps, dans cette immense marge amazonienne, les populations autochtones, les esclaves marrons qui y avaient trouvé refuge, ou des migrants travailleurs artisanaux de l’or venus des Petites Antilles, ont résisté et inventé une vie bien à eux dans la forêt. Aujourd’hui prisée des voyageurs et des scientifiques, cette destination unique au monde permet d’accéder par des sentiers de randonnée à la grande nature, loin des mythes de l’eldorado ou de l’enfer vert qui ont souvent collé à la peau de ce corps furieusement vivant qu’est l’Amazonie. Autour, le fléau de l’orpaillage illégal sévit, mais les Saüliens veillent et les agents du parc luttent. Une série radiophonique en 3 épisodes dans le PAG de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary, initialement diffusée en 2023. Les deux premiers épisodes de ce voyage à Saül sont produits avec « RFI Labo » en Dolby ATMOS pour une écoute immersive au casque au cœur du Parc Amazonien de Guyane, afin de découvrir son écosystème par le son. Pour organiser votre voyage en Guyane, dans le PAG : - Plus d’infos sur la Guyane, terre française d’Amazonie sur le site Guyane Amazonie - Plus d’infos sur le Parc Amazonien de Guyane, Parc national français né en 2007 - Si vous souhaitez vous rendre dans les communes du sud de la Guyane à l’intérieur du parc, il faut bien penser à réserver à l’avance auprès d’Air Guyane qui assure les rotations aériennes. - Pour les hébergements dans le parc, plus d’infos ici. En savoir plus : - Sur l’ABC de la biodiversité de Saül initié par le Parc Amazonien de Guyane. Il consistait à réaliser avec les habitants un inventaire de la faune et de la flore autour du bourg. - Sur la faune, la flore, les amphibiens ou les sentiers de randonnée de Saül, le PAG a édité des brochures disponibles en ligne, en bas de cette page - Sur le site collaboratif Faune Guyane rassemblant les données naturalistes de Guyane. Il est animé par le Gepog ou Groupe d’étude et de protection des oiseaux de Guyane. Le Gepog met gracieusement à la disposition des ornithologues et naturalistes des chants d'oiseaux qui peuvent être téléchargés. - Sur le fléau environnemental et humain de l’orpaillage illégal en Guyane : un article du Fonds Mondial pour la Nature ou WWF - Sur les 11 Parcs nationaux de France, espaces naturels dit d’exception qui recouvrent des espaces terrestres et maritimes en métropole et dans les Outre-mer - Sur les autres voyages de Si loin si proche dans le cadre de notre série sur les Parcs nationaux français : le Parc National des Cévennes par Sarah Lefèvre et le Parc National des Calanques par Inès Edel-Garcia.
À l’occasion de notre série à la découverte des Parcs nationaux français, voyage au sein du plus grand Parc national d’Europe et de France : le Parc Amazonien de Guyane (PAG). Sur près de 3,4 millions d’hectares, ce trésor de biodiversité se déploie entre forêt tropicale humide et communes isolées du sud de la Guyane. Depuis sa création en 2007, le PAG cherche à allier protection de l’environnement, préservation des modes de vie et des cultures locales autochtones et développement durable : un équilibre fragile, complexe à maintenir sur un territoire immense, habité et particulièrement convoité par les orpailleurs. Première étape en deux épisodes : Saül. Située entre le Suriname et le Brésil, la Guyane est un département français grand de 83 000 km2, recouvert à 95% par la forêt amazonienne. Le plus souvent, les voyageurs étrangers comme les locaux d’ailleurs, ne l’appréhendent que par son littoral, sur la bande côtière. Or à l'intérieur des terres, au-delà de cette zone littorale, se déploie depuis 2007 le Parc Amazonien de Guyane, plus grande réserve de biodiversité française qui permet d’accéder justement à cette grande forêt et aux communes enclavées du centre et du sud de la Guyane. Parmi elles : Saül, un minuscule village situé au centre du département et une des portes d’entrée du Parc. Uniquement accessible par avion, Saül est une toute petite enclave humaine, isolée au milieu de la très grande forêt. Ici, 80 habitants à peine vivent parmi les arbres géants, les lianes vertigineuses et les sous-bois marécageux, au son des oiseaux, des singes hurleurs ou des grenouilles en pagaille. Car là, bat le cœur de la forêt et les Saüliens, qu’ils soient agents du parc, agriculteurs, écoliers ou propriétaires de gîte, savent l’écouter, le partager et le défendre. Aller à Saül, c’est aussi comprendre ce que c’était de vivre jadis, dans un arrière-pays immense et isolé, loin du joug colonial et de ses appétits. Car pendant longtemps, dans cette immense marge amazonienne, les populations autochtones, les esclaves marrons qui y avaient trouvé refuge, ou des migrants travailleurs artisanaux de l’or venus des Petites Antilles, ont résisté et inventé une vie bien à eux dans la forêt. Aujourd’hui prisée des voyageurs et des scientifiques, cette destination unique au monde permet d’accéder par des sentiers de randonnée à la grande nature, loin des mythes de l’eldorado ou de l’enfer vert qui ont souvent collé à la peau de ce corps furieusement vivant qu’est l’Amazonie. Autour, le fléau de l’orpaillage illégal sévit, mais les Saüliens veillent et les agents du parc luttent. Une série radiophonique en 3 épisodes dans le PAG de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary, initialement diffusée en 2023. Les deux premiers épisodes de ce voyage à Saül sont produits avec « RFI Labo » en Dolby ATMOS pour une écoute immersive au casque au cœur du Parc Amazonien de Guyane, afin de découvrir son écosystème par le son. Pour organiser votre voyage en Guyane, dans le PAG : - Plus d’infos sur la Guyane, terre française d’Amazonie sur le site Guyane Amazonie - Plus d’infos sur le Parc Amazonien de Guyane, Parc national français né en 2007 - Si vous souhaitez vous rendre dans les communes du sud de la Guyane à l’intérieur du parc, il faut bien penser à réserver à l’avance auprès d’Air Guyane qui assure les rotations aériennes. - Pour les hébergements dans le parc, plus d’infos ici. En savoir plus : - Sur l’ABC de la biodiversité de Saül initié par le Parc Amazonien de Guyane. Il consistait à réaliser avec les habitants un inventaire de la faune et de la flore autour du bourg. - Sur la faune, la flore, les amphibiens ou les sentiers de randonnée de Saül, le PAG a édité des brochures disponibles en ligne, en bas de cette page - Sur le site collaboratif Faune Guyane rassemblant les données naturalistes de Guyane. Il est animé par le Gepog ou Groupe d’étude et de protection des oiseaux de Guyane. Le Gepog met gracieusement à la disposition des ornithologues et naturalistes des chants d'oiseaux qui peuvent être téléchargés. - Sur le fléau environnemental et humain de l’orpaillage illégal en Guyane : un article du Fonds Mondial pour la Nature ou WWF - Sur les 11 Parcs nationaux de France, espaces naturels dit d’exception qui recouvrent des espaces terrestres et maritimes en métropole et dans les Outre-mer - Sur les autres voyages de Si loin si proche dans le cadre de notre série sur les Parcs nationaux français : le Parc National des Cévennes par Sarah Lefèvre et le Parc National des Calanques par Inès Edel-Garcia.
À l’occasion d’une exposition immersive au Musée National de la Marine à Paris, on va suivre l’expédition historique de Fernand de Magellan. Un périple de trois ans, émaillé de mutineries, de violences et de trahisons. Magellan. Son nom est resté dans les annales, les livres d’histoire et la toponymie, à commencer par le fameux détroit que le capitaine portugais a emprunté au début du XVIè siècle tout au sud de l’Amérique, et baptisé Magellan en son honneur. L’honneur d’un « découvreur » - c’était le terme européen consacré-,sachant que le Pacifique, surnommé la mer du Sud, avait déjà été entrevu par les Européens, sans l’avoir encore « exploré ». Partie de Séville en 1519, la flotte, composée de 5 navires et 237 hommes, est commandée par le capitaine général Fernand de Magellan, un portugais qui s’était finalement tourné vers l’Espagne et le jeune roi Charles Ier, pour mener à bien son projet. Son objectif : rallier les Moluques, surnommées les îles aux épices, par l’ouest, en franchissant un passage inconnu à travers le continent américain. Dans son célèbre roman « Magellan » publié en 1938, Stefan Zweig écrit, non sans lyrisme, que la « magnifique entreprise de ces cinq petits et faibles navires partant pour la guerre sainte de l'humanité contre l'inconnu restera à jamais inoubliable ». Inoubliable certes, mais pas forcément pour les raisons auxquelles on pense. Car Magellan, déjà, n’a pas fait le tour du monde -il va trouver la mort sur l’île de Mactan, après avoir traversé le Pacifique- et son expédition de 1519 à 1522 a connu une succession de drames et de tragédies, que trop peu connaissent encore… L’exposition « Magellan, un voyage qui changea le monde » au Musée National de la Marine s’attache justement à raconter la réalité de cette épopée maritime, entre exploit et zones d’ombres. À un moment aussi, où le récit héroïque des dites « grandes découvertes » est de plus en plus revisité par les historiens du monde entier. Alors qu’un film enfin, sorti récemment en France, « Magellan » du réalisateur philippin Lav Diaz, défend un regard décolonial, en adoptant le point de vue de Henrique, un malais réduit en esclavage qui a suivi Magellan dans cette folle aventure. Autant de raisons, s’il en fallait, pour nous pencher sur le cas Magellan et embarquer au cœur de cette première circumnavigation dont un seul bateau va revenir à bon port, trois ans plus tard. En savoir plus : - Sur l’exposition « Magellan, un voyage qui changea le monde » au Musée National de la Marine à Paris. Jusqu’au 8 mars 2026 - Sur la passionnante série documentaire « L’incroyable périple de Magellan » réalisée par François de Riberolles qui a nourri l’exposition. Disponible sur la chaîne Arte jusqu’au 19 avril 2026 - Sur les Éditions Chandeigne & Lima spécialisées dans le vaste monde lusophone et créées par Anne Lima et Michel Chandeigne, grand spécialiste de Magellan et conseiller scientifique de l’exposition du Musée National de la Marine - Sur le film « Magellan » du réalisateur philippin Lav Diaz qui adopte le point de vue d’Henrique, serviteur de Magellan réduit en esclavage qui était de l’expédition jusqu’aux Moluques. À lire, pour prolonger le voyage : - « Le Voyage de Magellan (1519-1522) ». Édition critique du texte d’Antonio Pigafetta suivie d’une seconde partie rassemblant toute la documentation connue (lettres, récits…) des compagnons de Magellan. 1 120 pages. 2025. Éditions Chandeigne - « L'incroyable périple de Magellan. 1519-1522 ». Un beau livre de François de Riberolles, illustré par les dessins du studio d’Ugo Bienvenu. 2023. Éditions Delcourt - « Qui a fait le tour de quoi ? L’affaire Magellan », de Romain Bertrand. 2020. Éditions Verdier. Un livre qui entend remettre Magellan à sa juste place dans cette aventure autour du monde, longtemps racontée comme un seul récit d’aventures et de conquêtes - « Magellan », de Stefan Zweig. Le texte de Stefan Zweig est paru en version illustrée aux Éditions Paulsen. 2019. Une version poche est également disponible aux Éditions J’ai Lu.
Entre les pages des BDs et récits dessinés d’Emmanuel Lepage, soufflent de grands vents, ceux de l’océan Austral et des confins du monde. Rencontre avec un dessinateur à l’âme nomade et fraternelle. Dessiner des lieux inaccessibles, extrêmes disent certains, raconter ses voyages à hauteur d’homme et de pinceau, c’est ce que s’attache à faire le dessinateur breton, Emmanuel Lepage, depuis une décennie au moins, après avoir surtout fait de la fiction… Dans « Voyage aux îles de la désolation », publié en 2011, on le suit embarqué sur le Marion Dufresne, mythique bateau ravitailleur des Terres Australes et Antarctiques Françaises, à la découverte de cette France du bout du monde ; une BD qui avait donné envie à beaucoup de prendre la mer et partir dans les archipels de Crozet ou Kerguelen. Depuis, Emmanuel Lepage s’est rendu en Terre Adélie en Antarctique, dans la région sinistrée de Tchernobyl, en Guyane ou dans le désert d’Atacama… Livrant à chaque fois des récits sensibles aux allures de témoignages, des images, des dessins puissants qui invitent à la contemplation. Fasciné par les milieux marins -il est le premier dessinateur de BD français à décrocher le titre de peintre officiel de la Marine-, Emmanuel Lepage s’invite donc surtout dans des lieux âpres, lointains, où l’homme n’a pour ainsi dire pas sa place ou la cherche... Souvent d’ailleurs dans ses livres, il se demande ce qu’il fait là, ce qu’il fera de ce voyage-là. Son dernier voyage est un retour dans les terres australes, à Kerguelen, douze ans après son itinérance sur le Marion. Un moment hors du temps et loin de tout, retracé dans « Danser avec le vent », paru en France aux Éditions Futuropolis. Une ode à la joie, à la beauté du monde et à la vie en communauté à plus de 3 400 km de la première terre habitée. En savoir plus: - Sur « Danser avec le vent » et les autres récits d'Emmanuel Lepage, parus aux Éditions Futuropolis - Sur les TAAF, Terres australes et Antarctiques Françaises - Sur les peintres officiels de la Marine.
Tout au sud-est du pays, les ethnies minoritaires portent encore fièrement leurs identités et leurs traditions, malgré l’isolement ou l’exode rural. Un patrimoine culturel rare à découvrir à travers un nouvel itinéraire : la piste du Caméléon. Le Caméléon, c’est l’animal totem des ethnies Bassari et Bédik. Un animal, réputé pour sa patience, qui correspond bien à la résilience et la capacité d'adaptation qu’ont développées à travers le temps les ethnies dites minoritaires du Sénégal Oriental, situées non loin du Mali et de la Guinée. Autrefois chasseurs-cueilleurs, ces ethnies Bédik, Bassari ou Dialonké -les Coniagui étant eux surtout situés du côté de la Guinée- ont longtemps vécu à l’écart du monde, parfois perchés en hauteur dans des villages traditionnels. Et aujourd'hui, elles ont décidé de partager leurs cultures ancestrales avec les gens de l’extérieur, qu’ils soient Africains ou Occidentaux à travers cette piste du Caméléon. Imaginé par les populations elles-mêmes, ce projet culturel et touristique, développé avec l’ONG de coopération internationale Tetraktys et l’Association des Minorités Ethniques, est une occasion rare de découvrir, en immersion, les cultures Dialonké, Bedik ou Bassari pour en comprendre la richesse mais aussi la fragilité. Loin des grands centres urbains, à plus de 700 km de Dakar, le pays dit Bassari est extrêmement isolé et l’exode rural ou le réchauffement climatique menacent ces rites encore pétris d’animisme. Conscients de ces enjeux, des gardiens de la tradition veillent et s’efforcent de transmettre et valoriser ces cultures, notamment à travers le circuit du Caméléon perçu comme un facteur de développement local. Itinérance de villages en villages, de Malinda à Ethiolo en passant par Fongolimbi et Kounsi, à travers des paysages de savanes boisées, de collines verdoyantes, d’éperons rocheux ou de cascades impétueuses, dans une région classée patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO. Un voyage sonore en deux épisodes de Raphaëlle Constant. En savoir plus : - Sur les 4 ethnies minoritaires du Sénégal Oriental, un document utile édité par l’Association des Minorités Ethniques sur les principaux événements culturels coutumiers de ces communautés - Sur le circuit culturel et touristique en pays Bassari La Piste du Caméléon - Sur l’action de l’ONG Tetraktys, présente dans 13 pays, qui intervient depuis 20 ans au Sénégal Oriental. Elle accompagne l’essor d’un tourisme durable dans la région et la valorisation des patrimoines comme vecteur de développement local - Sur le photographe français Julien Masson, auteur des images qui accompagnent ce voyage sonore. En images
Tout au sud-est du pays, les ethnies minoritaires portent encore fièrement leurs identités et leurs traditions, malgré l’isolement ou l’exode rural. Un patrimoine culturel rare à découvrir à travers un nouvel itinéraire: la piste du Caméléon. Le Caméléon, c’est l’animal totem des ethnies Bassari et Bédik. Un animal, réputé pour sa patience, qui correspond bien à la résilience et la capacité d'adaptation qu’ont développées à travers le temps les ethnies dites minoritaires du Sénégal Oriental, situées non loin du Mali et de la Guinée. Autrefois chasseurs-cueilleurs, ces ethnies Bédik, Bassari ou Dialonké -les Coniagui étant eux surtout situés du côté de la Guinée- ont longtemps vécu à l’écart du monde, parfois perchés en hauteur dans des villages traditionnels. Et aujourd'hui, elles ont décidé de partager leurs cultures ancestrales avec les gens de l’extérieur, qu’ils soient Africains ou Occidentaux à travers cette piste du Caméléon. Imaginé par les populations elles-mêmes, ce projet culturel et touristique, développé avec l’ONG de coopération internationale Tetraktys et l’Association des Minorités Ethniques, est une occasion rare de découvrir, en immersion, les cultures Dialonké, Bedik ou Bassari pour en comprendre la richesse mais aussi la fragilité. Loin des grands centres urbains, à plus de 700 km de Dakar, le pays dit Bassari est extrêmement isolé et l’exode rural ou le réchauffement climatique menacent ces rites encore pétris d’animisme. Conscients de ces enjeux, des gardiens de la tradition veillent et s’efforcent de transmettre et valoriser ces cultures, notamment à travers le circuit du Caméléon perçu comme un facteur de développement local. Itinérance de villages en villages, de Malinda à Ethiolo en passant par Fongolimbi et Kounsi, à travers des paysages de savanes boisées, de collines verdoyantes, d’éperons rocheux ou de cascades impétueuses, dans une région classée patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO. Un voyage sonore en deux épisodes de Raphaëlle Constant. En savoir plus : - Sur les 4 ethnies minoritaires du Sénégal Oriental, un document utile édité par l’Association des Minorités Ethniques sur les principaux événements culturels coutumiers de ces communautés - Sur le circuit culturel et touristique en pays Bassari La Piste du Caméléon - Sur l’action de l’ONG Tetraktys, présente dans 13 pays, qui intervient depuis 20 ans au Sénégal Oriental. Elle accompagne l’essor d’un tourisme durable dans la région et la valorisation des patrimoines comme vecteur de développement local - Sur le photographe français Julien Masson, auteur des images qui accompagnent ce voyage sonore. En images
Sur près de 8000 km, la Française Elodie Arrault a décidé de suivre, à pied, à vélo et en chameau, la grande ceinture végétale panafricaine. Pour en comprendre la réalité morcelée mais surtout dire l’urgence à coopérer et reboiser… Élodie Arrault est une femme à l’âme aventurière et sportive qui un jour, à l’aune de ses cinquante ans, a décidé de vendre sa maison et de tout quitter pour suivre la Grande muraille verte qui se déploie sur près de onze pays d’Afrique. Lancé en 2007, mais pensé dès les années 80, ce projet de rempart végétal et nourricier contre l’avancée du désert a, de par son envergure et son ambition, du mal à s’incarner pleinement tout le long des onze pays qu’il traverse : Sénégal, Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Nigeria, Tchad, Soudan, Éthiopie, Érythrée et Djibouti. Mais, des réalités de reboisement et de lutte contre la désertification existent bel et bien sur ce tracé mosaïque, qui d’ici 2030 vise à restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées; et c’est justement ce qu’est allée voir de plus près Élodie Arrault. Partir, c’est un luxe que certain.e.s peuvent s’accorder dans les contrées européennes, mais Élodie Arrault l’a fait au service d’un rêve et d’une transmission de savoirs et de bonnes pratiques agroécologiques. Un voyage sur près de 8000 km comme une manière d’aller aux sources de la vie, en suivant une ligne d’espoir et de coopération panafricaine, à la rencontre d’initiatives portées par les populations et ONG locales, dans des régions du Sahel en première ligne du dérèglement climatique où les ressources, à commencer par l’eau, manquent. En France, est sorti récemment un livre, Dadji. A la rencontre de la grande initiative verte panafricaine, une BD publiée aux Éditions Futuropolis qui retrace, avec les dessins de Joël Alessandra, ce voyage qu’Élodie Arrault aime à désigner en un jeu de mots comme humani-terre. En savoir plus : Sur la BD « Dadji » retraçant ce voyage parue aux Éditions Futuropolis et illustrée par Joël Alessandra. Sur la Grande muraille verte, le site de l’Agence Panafricaine de la Grande muraille verte. Sur la déforestation en Afrique de l’Ouest, le site de la FAO ou Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture. « Comment faire avancer la grande (et fragile) muraille verte? », une émission de 2023 de Caroline Lachowski Autour de la Question-RFI.
Longtemps occultée et peu connue des Suisses eux-mêmes, la mémoire coloniale se partage désormais à même la rue et dans les musées de la cité helvétique. En arrivant dans la capitale cantonale de Neuchâtel, le voyageur peut partir à la découverte de son paisible lac, de son illustre industrie horlogère ou de ses vignobles qui ont façonné son paysage, mais aussi désormais, du passé colonial de la ville. Colonial… le mot peut laisser perplexe au sujet d’un pays, la Suisse, dénué d’accès à la mer et de colonies. Et pourtant, la Confédération a bel et bien un passé colonial, esclavagiste ; et ses villes, de Berne à Zurich en passant par Genève ou Neuchâtel en portent aujourd’hui les traces, après en avoir pour ainsi dire tiré les fruits. À Neuchâtel, noble cité lacustre de 45 000 habitants, le parcours interactif « Empreintes coloniales » se propose depuis 2023, de faire la lumière sur ce passé, dans l’espace public, au moyen d’une application sur sept sites emblématiques de l’implication coloniale de la ville. Imaginé par des historiens, après une vaste consultation d’habitants et de membres de la société civile, ce projet a vu le jour dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, qui a aussi bousculé la vieille Europe, sa statuaire et ses figures controversées. Ainsi, à l’été 2020, à Neuchâtel, le débat s’est d’abord concentré sur la figure de David De Pury, un négociant neuchâtelois du XVIIIè siècle, qui a trempé dans le commerce esclavagiste et légué sa fortune à la ville, qui l’honorait tel un bienfaiteur. Depuis, la ville a adossé des explications et une œuvre d’art contemporain au pied de la statue de De Pury qui trône encore au milieu de la ville. Les musées de la ville s’engagent aussi dans une décolonisation de leurs collections, que ce soit au Musée d’Art et d’Histoire ou au Musée d’Ethnographie, une institution pionnière en la matière. Avec, en filigrane, la question de la restitution, qui sait, de certaines œuvres pillées en contexte colonial. Un reportage de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary initialement diffusé en mai 2024. En savoir plus : - Sur Neuchâtel et sa région, y aller, y séjourner - Sur le parcours connecté « Empreintes coloniales ». Il se découvre uniquement sur place, en visite à Neuchâtel, à travers l’application Totemi. - Sur l’exposition permanente « Mouvements » au Musée d’Art et d’Histoire de Neuchâtel et l’héritage colonial dans les musées - Sur le Musée d’Ethnographie de Neuchâtel, pionnier en Suisse d’une certaine décolonisation de ses pratiques muséales - Sur le consortium « Initiative Benin Suisse » qui rassemble huit musées helvétiques, en collaboration avec le Nigéria autour des fameux « Bronzes du Bénin » - Sur « le Musée « colonial » d’une Suisse sans empire », un article du conservateur Julien Glauser écrit à l’occasion des 100 ans du Musée d’Ethnographie de Neuchâtel - Sur le passé colonial suisse, un dossier intéressant de swiss.info - Sur le chocolat suisse, produit colonial par excellence, un article sur le site très documenté de Colonial-Local, sur les traces coloniales de Fribourg - Sur l’exposition « Mémoires. Genève dans le monde colonial » qui se tient au MEG jusqu’au 5 janvier 2025 - Sur la prochaine exposition du Musée National Suisse de Zurich, sur le passé colonial de la Suisse. Ouverture en septembre 2024.
Sur cette île de glace et de feu truffée de volcans, le Mont Hekla tient une place à part. Il est un mythe puissant mais aussi une présence singulière, familière pour ceux qui vivent à ses pieds. Dans les Hautes Terres du Sud islandais, parmi la roche basaltique et de vastes étendues de landes rases, recouvertes de neige à l’hiver, le volcan Hekla règne en majesté. Culminant à 1 488 mètres d’altitude, ce stratovolcan a connu vingt éruptions depuis l’an 874, ce qui en fait l’un des volcans les plus actifs de l’île. Dans les légendes locales ou sur les gravures anciennes, il n’est pas rare de retrouver Hekla, une montagne de feu que l’on dit impétueuse, dangereuse, car imprévisible. On l’a surnommée jadis « la porte de l’enfer », une image colportée, dit-on, par des moines cisterciens au Moyen Âge. Située sur la dorsale médio-Atlantique, l’Islande est à la frontière des plaques tectoniques, eurasienne et nord-américaine, mais aussi à la verticale du plus important point chaud de la planète. Ce qui explique l’intense activité volcanique de l’île, qui doit justement son apparition, son émergence à l’accumulation progressive de coulées de lave, en plein milieu de l’océan. Là-bas, on peut alors entendre et voir le cœur de la planète battre, avec ces innombrables geysers, volcans, champs de lave, sources chaudes ou plages de sable noir. Sur les 130 volcans que compte l’Islande, plus d’une trentaine sont actifs. Imprégnant les imaginaires comme le quotidien des Islandais, ces géants de lave font bien plus que partie du paysage. Ils sont le socle d’une culture et d’un rapport au monde singulier, plus résilient, poétique aussi. S’adapter, vivre en paix avec l’incertitude, la violence des éléments, mais aussi leurs beautés, c’est ce que nous enseigne ce peuple qui vit au rythme des éruptions et parfois au pied des volcans. Un peuple pour qui Hekla demeure la Reine. Un reportage de Brice Andlauer, au pied du Mont Hekla, dans le sud de l’Islande, initialement diffusé en février 2025. En savoir plus : - Sur le volcan Hekla, surnommé la Porte de l’Enfer - Sur les différentes éruptions en Islande et un guide complet des volcans là-bas - Sur Éruption, amour et autres cataclysmes, le livre de l’autrice islandaise Sigridur Hagalin Björnsdottir. En français aux Éditions Gaïa - Sur Les volcans et les hommes » d’Arnaud Guérin, un beau livre de l’Etna à Java en passant par l’Islande. Éditions Glénat & Arte Éditions. Arnaud Guérin est également l’auteur de Les deux saisons de l’Islande. - Sur Hekla et Laki, un très bel album jeunesse de Marine Schneider paru aux Éditions Albin Michel.
De Comédie Clubs en festivals, de soirées stand-up à l'École Nationale de l’Humour, une institution pionnière dans l’espace francophone, virée à Montréal où la blague et le rire sont au coin de la rue. Dans la cité cosmopolite et vibrante de Montréal, du quartier d’Hochelaga au Plateau-Mont-Royal en passant par le quartier de Verdun ou celui de la Petite Italie, il ne se passe pas un soir sans un spectacle d’humour, où le public vient rire et célébrer le rire ! C’est une industrie lourde de la ville et du Québec, et celui qui voyage à Montréal se doit de passer au moins un soir, par une stand-up ou un open-mic pour goûter aux blagues locales. Traditionnellement, le Québec est un «pays» de conteurs et d’oralité, que l’on doit notamment à la culture autochtone plurimillénaire et à l'histoire du peuple québécois. Et en trente ans, la plus grande ville francophone d’Amérique du Nord s’est imposée comme la plaque tournante des humoristes francophones mais aussi anglophones… Déjà, de longue date, Montréal est célèbre pour accueillir, à l’été, le plus grand festival d’humour : «Juste pour rire» qui, chaque année, rassemble des millions de spectateurs à travers ses shows et ses contenus télévisés, diffusés dans plus de 150 pays. Au départ uniquement francophone, ce festival créé en 1983 par Gilbert Bozon, qui a depuis démissionné, a connu une version anglophone «Just For Laughs», cofondé en 1985 par Andy Nulman. Ce dernier revendique d’ailleurs la contribution des communautés juives de la ville à son rang de capitale de l’humour. Un titre qu’elle n’a certainement pas volé et qui, là-bas, se vérifie et se vit, à la découverte d’une culture hybride, à la croisée de la stand-up américaine et des humours en tout genre. Autre fait important pour l’écosystème de l’humour à Montréal : en 1988, Louise Richer, directrice générale fondatrice de l’École Nationale de l’Humour, ouvre à Montréal la toute première école d’humour professionnelle et s’attache, avec ténacité, à faire reconnaître l’humour comme un art à part entière. 750 diplômés plus tard, sortis de l’école, ce laboratoire pionnier de formation en humour est connu dans tout l’espace francophone et chaque année, l’école reçoit des centaines de candidatures venus du Canada, mais aussi de France ou d’Afrique francophone. À l’initiative de Louise Richer, on trouve désormais aussi à Montréal, l’Observatoire de l’Humour, conçu comme un lieu d’échanges et de connaissances autour de l’humour francophone. Car aujourd’hui, l’humour, que l’écrivain Romain Gary désignait comme «l’arme des désarmés», sert largement la francophonie, sa diffusion, voire sa survie sur le continent américain comme dans le reste du monde. Le peuple québécois défend d’ailleurs largement cette idée d’une identité façonnée et racontée à travers l’humour et il se rend en masse aux spectacles comiques, qu’il vente ou qu’il neige. Exutoire populaire et rassembleur, l’humour à Montréal défend ainsi la langue française mais aussi une identité québécoise et montréalaise plurielle, sur une île de plus de 120 nationalités différentes. On y rit de la diversité et des différences et toute une scène queer ou féministe a vu le jour, la profession historiquement aux mains des hommes blancs s’étant largement féminisée et métissée. La culture des Premières Nations, où le rire est très important et se vit comme «un écran aux traumas coloniaux», a aussi marqué de son empreinte la société québécoise et son humour. Et chaque nouvelle communauté apporte sa pierre, son rire, à l’édifice. Un voyage sonore en deux épisodes de Laure Allary et Céline Develay-Mazurelle. Pour préparer votre voyage en mode humour : - Un article de Tourisme Montréal et un récit multimédia de Radio Canada sur l’apport de l’humour juif à Montréal - Un article de l’écrivain innu Michel Jean sur le rire au sein des Premières Nations - Le livre de référence du célèbre anthropologue Serge Bouchard «Le peuple rieur» sur les Innus - Le Festival Juste pour Rire qui se tient à la mi-juillet à Montréal - Le RDV populaire des «Lundis de l’humour» au Bar Le Jockey, animé par Lauriane Lalonde, avec Elisabeth Grondin à la chronique - Les incontournables Comédie Clubs Le Bordel ou Le Terminal qui, tous les jours, proposent des opens-mics et shows d’humour - Le circuit des bars comme Chez Roger qui, chaque lundi, propose des shows d’humour ou Chez Ernest qui, le dimanche, propose de l’impro et, le lundi, une soirée comedy club - Le «Couscous Comedy Show», l’évènement préféré de Boucar Diouf, humoriste d’origine sénégalaise et biologiste de formation qui a adopté, à sa manière, la culture québécoise. Boucar Diouf est notamment l’auteur du livre «Ce que la vie doit au rire», paru aux Éditions La Presse - Le Festival Afrikiri qui, depuis dix ans, met à l’honneur des humoristes de l’Afrique francophone - Pour ceux qui aiment «l’humour à saveur mangue-érable», allez-voir Garihanna Jean-Louis, humoriste québécoise et haïtienne, première femme noire diplômée de l’École Nationale de l’humour (ENH) - Pour en savoir plus sur le parcours de l’autrice en humour Suzanne Vallières-Nollet qui a gradué en 2024 de l’ENH - Le site de l'Observatoire de l'Humour, fondé en 2011. Un espace d'échanges et de connaissances interdisciplinaire sur l'humour francophone - Le site de l’École Nationale de l’humour, une école cofondée par Louise Richer en 1988, qui propose des formations à temps plein ou à temps partiel à tous les publics. Bientôt l’ENH va déménager dans le Quartier Latin à Montréal et aura certainement pignon sur rue…



