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Religions du monde
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Religions du monde

Author: RFI

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Religions du monde traite de l’actualité des religions et croyances autour du monde, de sujets de société, la recherche spirituelle, la religion sur Internet, les pratiques religieuses... Des portraits nourrissent également cette émission présentée par Véronique Gaymard, diffusée le dimanche à 10h10 TU. 

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Qui sont les évangéliques, qu’on estime aujourd’hui à environ 700 millions dans le monde (sur environ 2,6 milliards de chrétiens), et dont le nombre a connu un essor fulgurant à partir des années 1950 ? Comment les différents courants évangéliques nés à partir du XVIè siècle se sont-ils propagés à travers le monde pour devenir visibles et influents ? Pourquoi attirent-ils de nouveaux fidèles ? Comment leurs idées morales influencent la politique ? Faut-il craindre ce protestantisme de conversion, ceux qu’on appelle les « born-again » (nés de nouveau), qui s’attachent à une lecture littérale de la Bible ? Peut-on parler de « nouveau pouvoir évangélique » ? Autant de questions auxquelles l’historien et spécialiste du protestantisme Sébastien Fath tente de répondre dans son ouvrage très complet de 500 pages intitulé « Le nouveau pouvoir évangélique », paru aux éditions Grasset en janvier 2026.   Invité en studio : Sébastien Fath, historien, spécialiste du protestantisme, en particulier des évangéliques, membre du Groupe Sociétés Religions Laïcités (Laboratoire de recherches du CNRS et de l’École Pratique des Hautes Études), auteur de nombreux articles et ouvrages dont « Dieu bénisse l’Amérique – la religion de la Maison Blanche » (2004, Éd. Seuil) ; « Du ghetto au réseau – Le protestantisme évangélique en France (1800 – 2005) » (2018, Éd. Labor et Fides) ; « Gospel & francophonie – une alliance sans frontières » (2016, Éd. Empreinte) ;  « Le nouveau pouvoir évangélique » (2026, éditions Grasset). Entretien : Jean-Raymond Stauffacher, secrétaire général de la Fédération protestante de France.
Sarah Mullally a pris ses fonctions d’archevêque de Canterbury, le 28 janvier 2026. C’est la première femme à devenir la cheffe spirituelle de l’Église d’Angleterre, siège de la Communion anglicane. Une Église anglicane d’une grande diversité, qui compte aujourd’hui 43 « Provinces », en communion les unes avec les autres et avec le siège de Canterbury, une sorte d’Église-mère que dirige désormais Sarah Mullally qui va résider au Palais de Lambeth, la résidence officielle de l’archevêque de Canterbury. Une Église-mère qui n’est pas hiérarchique comme le pape pour l’Église catholique, mais qui représente une autorité morale et spirituelle. La Communion anglicane très diverse regroupe désormais entre 85 et 100 millions de fidèles dans 165 pays, elle s'est développée aux États-Unis, en Afrique et en Asie avec l’expansion de l’Empire britannique et a essaimé dans plusieurs autres pays comme le Brésil. Aujourd’hui, 80% des Anglicans se situent en Afrique subsaharienne. Et la nomination de Sarah Mullally, le 3 octobre 2025 (qui a pris ses fonctions le 28 janvier), femme mariée, comme primat d’Angleterre, même si elle n’a pas d’autorité directe sur les 43 Provinces, a suscité des remous parmi les plus conservateurs du continent africain, qui ont manifesté leur désapprobation, en prenant leurs distances avec la nouvelle archevêque de Canterbury. Les questions qui cristallisent toutes les crispations « sont celles qui se réfèrent à la sexualité, le mariage pour tous, les bénédictions d’unions de personnes de même sexe », souligne Rémy Bethmont, professeur d’Histoire et Civilisation britanniques à l’Université Paris 8, spécialiste du paysage religieux britannique contemporain, en particulier de l’anglicanisme. Mais c’est aussi un réflexe contre le colonialisme dans certaines provinces anglicanes d’Afrique qui veulent faire leur propre théologie sans suivre celle des pays du Nord, fait remarquer Jack McDonald, chanoine de l’Église d’Angleterre, chef du culte anglican en Belgique, et professeur à la Faculté protestante de Bruxelles ainsi qu’à l’Université catholique de Leuven, qui travaille en particulier sur l’Afrique subsaharienne.    Invité en studio : Rémy Bethmont, professeur d’Histoire et Civilisation britanniques à l’Université Paris 8, spécialiste du paysage religieux britannique contemporain, en particulier de l’anglicanisme. Entretien : Jack McDonald, chanoine de l’Église d’Angleterre, chef du culte anglican en Belgique, et professeur à la faculté protestante de Bruxelles ainsi qu’à l’Université catholique de Leuven, qui travaille sur l’Afrique subsaharienne. Reportages et correspondances (reprises) : Marie Billon, Sarah Tétaud, Lucie Mouillaud.
Au Liban, pays multiconfessionnel qui a subi la guerre entre 1975 et 1990 et le poids de la domination syrienne, l’Institut d’Études Islamo-Chrétiennes de l’USJ (Université Saint-Joseph de Beyrouth) fait figure d’un véritable laboratoire et d’une petite passerelle qui résiste tant bien que mal à l’instrumentalisation politique du religieux. Créé en 1977, en pleine guerre civile, à l’initiative de six amis, trois chrétiens et trois musulmans, cet institut avait pour but de faire connaître au plus grand nombre le christianisme et l’islam, avec l’idée que « plus on se connaît, moins on se fait la guerre ». Une passerelle indispensable aujourd'hui alors que les tensions se multiplient non seulement au Liban avec les frappes israéliennes malgré le cessez-le-feu en novembre 2024 avec le Hezbollah, mais aussi dans de nombreuses régions du monde. L’Institut a été rattaché à la Faculté des Sciences Religieuses de l’USJ, l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, en 2000. Aujourd’hui, il est dirigé (depuis 2022) par l’anthropologue et théologienne Roula Talhouk et propose un cursus de Master en deux ans.  Un institut ouvert à tous, chrétiens, musulmans, agnostiques, non-croyants, du Liban et de l’étranger, pour comprendre qui est l’autre, basé sur un enseignement rigoureux en arabe et en français des sciences religieuses et des sciences sociales, et comprendre le fait religieux en vue de cultiver la paix, notamment au Liban, entre les différents groupes confessionnels.   Intervenantes : Roula Talhouk, anthropologue et théologienne, directrice de l’Institut d’Études Islamo-Chrétiennes à l’USJ, l’Université Saint-Joseph de Beyrouth au Liban Loubna Haïdar, docteur en Anthropologie religieuse et enseignante à l’Institut d’Études Islamo-Chrétiennes de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth Rita Ayoub, docteur en Sciences religieuses, spécialiste en dialogue islamo-chrétien et en Communication Non Violente, enseignante à l’Institut d’Études Islamo-Chrétiennes de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth Nada Rashwani, étudiante en Master de relations islamo-chrétiennes à l’Institut d’Études Islamo-Chrétiennes de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth.
Pour les célébrations de l’Épiphanie en janvier 2026, nous nous sommes rendus sur la rive orientale du Jourdain, côté jordanien, à Al Maghtas, Béthanie au-delà du Jourdain, non loin du lieu où Jean Le Baptiste aurait baptisé Jésus, un site classé depuis 2015 au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Al Maghtas, qui signifie « baptême » ou « immersion », constitue l'un des cinq sites de pèlerinages chrétiens en Jordanie. Un lieu situé à 9 km au nord de la mer Morte, qui se trouve au point le plus bas sur terre, à moins 435 mètres, mais « au plus près du ciel » selon les chrétiens. Ici, les traces de l’Ancien et du Nouveau Testament sont visibles, parmi les vestiges découverts après la signature du Traité de paix entre le Royaume hachémite de Jordanie et Israël en 1994 et le déminage opéré le long du Jourdain. Ce que les chrétiens appellent la « Terre Sainte » n’est donc pas seulement situé à l’ouest du Jourdain en Cisjordanie ou en Israël, mais aussi dans sa partie orientale, en Jordanie, nous disent les patriarches des Églises chrétiennes.  En ce vendredi 9 janvier 2026, les catholiques de toute la Jordanie se sont donné rendez-vous pour célébrer l’Épiphanie, la manifestation de Jésus aux Rois Mages, aux peuples du monde entier, et de l’Esprit Saint sous la forme d’une colombe. Une fête célébrée par tous les chrétiens. Les Grecs orthodoxes, majoritaires parmi la minorité chrétienne en Jordanie, l’ont fêtée la semaine suivante. Dans ce pays de quelque 12 millions d’habitants à plus de 90% musulmans, les chrétiens représentent environ 3 à 6% de la population. Un pays qui revendique une paix et une stabilité rares dans cette région secouée par les guerres et les crises, de Gaza à la Cisjordanie et Israël située juste en face du site de Béthanie au-delà du Jourdain, à la Syrie au nord. Ce jour-là, plus de 4 000 fidèles catholiques s’étaient rassemblés dans l’Église latine du Baptême du Seigneur pour célébrer aussi, comme tous les ans, la commémoration du baptême de Jésus Christ le 11 janvier. Reportage. En janvier 2024, un an et demi après les attaques du 7 octobre par le Hamas en Israël, nous étions en reportage auprès des Grecs orthodoxes de Jordanie qui célébraient l’Épiphanie au bord du Jourdain avec la présence exceptionnelle de Théophile III, le patriarche orthodoxe de Jérusalem et de toute la Palestine, alors que les populations de Gaza subissaient les bombardements par l’armée israélienne. Reportage en Jordanie, avec le concours du Jordan Tourism Board et de l’ambassade de Jordanie en France. Remerciements au guide conférencier francophone Shaher Abo Zaitoon.  
Qu’est-ce que l’Intelligence Artificielle peut apporter aux religions ? Quels sont les risques, les défis majeurs ? Comment éduquer à l’utilisation de l’IA en particulier dans le domaine des religions ? Faut-il créer des IA fermées pour chaque confession religieuse ? Autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre avec nos invités. (Rediffusion) Toutes les religions sont concernées, comme le souligne Laurence Devillers dans son livre « L'IA, ange ou démon » (Éd. Cerf, 2025), « Qu’il s’agisse d’amitié, d’amour ou de politique, que ce soit à travers la nature, la religion, l’art ou l’histoire, ou encore dans nos rapports à la matière et aux objets, que ce soit dans le travail, l’éducation ou le sport, l’IA s’immisce partout et modifie notre rapport au monde. » Invités : - Laurence Devillers, professeure en intelligence artificielle à Sorbonne-Université, chercheuse au CNRS, autrice de « L’IA, ange ou démon », aux éditions du CERF (mars 2025) ; « Les robots émotionnels » (2020 – éditions de l’Observatoire) - Bernard Jarry-Lacombe, ingénieur, chargé de mission au sein du pôle Société de la Conférence des Évêques de France, auteur de l’ouvrage collectif « Pour un numérique au service du bien commun » (2022 - Odile Jacob) - Elon Cohen, représentant de l’Union mondiale juive libérale, très impliqué dans un travail spécifique sur judaïsme et numérique, judaïsme et IA.
L’Église kimbanguiste est une Église indépendante africaine, de type prophétique, créée en 1921 dans le Bas Congo par le prophète Simon Kimbangu, alors que toute la région était en proie aux puissances coloniales. Il s’agissait pour Simon Kimbangu, qui était au départ un fidèle de l’Église baptiste, de placer l’homme noir au centre, de prôner son émancipation et de contester la colonisation. Simon Kimbangu annonce que Dieu est noir, Jésus est noir, Adam et Eve sont noirs : « L’homme noir deviendra blanc, l’homme blanc deviendra noir », cette phrase lui coûtera sa détention et la peine de mort, commuée en prison à vie. Mais pour ses fidèles, Simon Kimbangu est la première incarnation de l’Esprit Saint. Il mourra en détention 30 ans après son arrestation, à la prison de Kasombo à Lumumbashi le 12 octobre 1951. Peu avant l’indépendance du Zaïre en 1960, l’Église de Jésus Christ sur la Terre par son Envoyé spécial Simon Kimbangu (AJSSK) est reconnue par les autorités coloniales. Plus de cent ans après sa création, le kimbanguisme – qui s’appuie sur la Bible et surtout sur les récits prophétiques des successeurs de Simon Kimbangu, ses fils, petits-fils et arrière-petits-fils - revendique plus de 30 millions de fidèles dont une large majorité en République Démocratique du Congo, mais aussi en Angola, en République du Congo et en diaspora, à la faveur des mouvements et des migrations, et constitue aujourd’hui un élément dans la construction d’une identité noire. Reportage en RDC à Kinshasa, de notre correspondant Pascal Mulegwa.  Reportage en France auprès de la paroisse kimbanguiste de Saint-Ouen (culte célébré dans une grande salle à Fleury Mérogis au sud de Paris), de Véronique Gaymard.  Invité : Aurélien Mokoko-Gampiot, sociologue rattaché à l’Université de York au Royaume-Uni et au Groupe Société Religions et Laïcité (CNRS-EPHE). Sa thèse de doctorat : Le kimbanguisme en France : de la terre d'origine à la terre d'accueil (2003) À lire aussiSimon Kimbangu et les mythes fondateurs du kimbanguisme Livres publiés : Kimbanguisme et identité noire (L’Harmattan, 2004) Les kimbanguistes en France. Expression messianique d’une Église afro-chrétienne en contexte migratoire (L’Harmattan, 2010) Kimbanguism: An African understanding of the Bible (Pennsylvania State University Press, 2017) À lire aussiÀ la Une: «Kimbangu: un grand homme, la patrie enfin reconnaissante!»
Lilia Bensedrine-Thabet a bâti sa vie dans le dialogue interreligieux, elle a baigné dans un environnement qui incarnait l’ouverture à l’autre, avec un père tunisien, musulman, sa mère française, catholique, tous deux pratiquants, qui étaient l’un des premiers couples mixtes dans la Tunisie du président Habib Bourguiba. Connaître l’autre dans sa culture et sa religion avec une curiosité et beaucoup de questionnements, c’est ce qui a guidé Lilia Bensedrine-Thabet tout au long de sa vie, avec cette maxime : « Ce qui nous unit est tellement plus important que ce qui nous divise ». Aujourd’hui, Lilia Bensedrine-Thabet est juriste, spécialiste en droit international, et titulaire d’un Master en islamologie, co-présidente du Comité pour le dialogue interreligieux et inter-convictionnel du Conseil de l’Europe. Depuis 2017, elle dirige le Festival Sacrées Journées de Strasbourg, né en 2011, qui invite le public à s’immerger au cœur des musiques sacrées et des spiritualités du monde, avec cette particularité : les artistes issus d’une vingtaine de pays se produisent dans les lieux de culte des uns et des autres, à la cathédrale, à la grande mosquée, à la pagode, au temple… En 2023, les Sacrées Journées se sont vu décerner le prix de la Tolérance, parrainé par la région Grand Est et la Ville de Strasbourg, en récompensant ainsi cette approche par la musique et la danse de ces rencontres et de connaissances mutuelles, pour le vivre ensemble. Lilia Bensedrine-Thabet s’implique aussi au sein de l’association Passe-Portes qui s’adresse aux couples mixtes par les cultures et les religions. Elle a passé sa vie à construire des ponts, entre les cultures, entre les mondes. Un parcours personnel qui l’a forgée et marquée dans cet engagement pour le dialogue interreligieux, au quotidien. Invitée : Lilia Bensedrine-Thabet, juriste, spécialiste en droit international, et titulaire d’un Master en islamologie, directrice du Festival Sacrées Journées de Strasbourg, co-présidente du Comité pour le dialogue interreligieux et inter-convictionnel du Conseil de l’Europe.
Qu’est-ce que le chant grégorien ? Ce chant monodique en latin, lié à la liturgie et à la parole biblique de l’Église catholique romaine, s’est développé à l’époque médiévale autour du XIIIè et IXè siècles. Après un déclin progressif, il a été restauré au XIXè siècle, et aujourd’hui, il est porté par des chœurs qui le font vivre sur plusieurs continents. (Rediffusion) « C’est par la pratique des psaumes qu’on comprend ce chant », disait Louis-Marie Vigne, considéré comme l’un des grands maîtres contemporains du chant grégorien en France, fondateur du Chœur grégorien de Paris, il y a une cinquantaine d’années. « Ce qui m’intéresse dans le grégorien, c’est le rapport du temps à l’éternité… La modification de notre conscience du temps est une des fonctions générales de la musique, une de ses plus belles vocations. Mais le chant grégorien en fait l’expérience permanente, à travers le mélisme, c’est-à-dire une méditation sonore sur une note ». Nous partons à la rencontre de ce chœur grégorien de Paris, dont les choristes viennent de tous les continents et se produisent également en tournée à différents endroits du monde, et dont le chef de chœur d’hommes est malgache, et la cheffe de chœur de femmes est sud-coréenne.   Invités : - Pierre Loiret, auteur notamment de plusieurs livres accompagnés de CDs sur le chant grégorien (« Origine, au commencement était le verbe » (Éd. Ad Caelum 2024), « Rayonnement, comme le cèdre du Liban » (Éd Caelum 2025), « Modalité, le Seigneur est ma lumière » (Éd. Ad Caelum, 2025) - Xavier Accart, rédacteur en chef du magazine Prier, auteur de « L’âme du grégorien, entretiens avec Louis-Marie Vigne » (Éd. du Cerf, 2025).
Comment réenchanter les rites, de la naissance au mariage, à la séparation ou au deuil ? Quel rituel autour d’une union «loin de l’Église» ? Que faire autour d’une euthanasie ? Quel acte rituel de réparation après un viol ? Comment célébrer pour ces joies et ces peines en dehors des sept sacrements de l’Église catholique ? Célébrer tout au long de la vie, c’est ce que propose Gabriel Ringlet, prêtre belge qui a fondé l’École des rites, en partage avec des croyants et des non-croyants. Invité : Gabriel Ringlet, prêtre et écrivain, auteur du livre paru en septembre 2025 : «Des rites pour la vie» (Éd. Albin Michel), ancien journaliste et enseignant, ancien vice-recteur à l’Université de Louvain, fondateur de l’École des Rites.  (Rediffusion)
Le phénomène n’est pas nouveau, mais depuis une vingtaine d’années, il est en plein essor : certains groupes en Afrique subsaharienne assurent être des descendants des Tribus perdues d’Israël, exilées vers Koush (la terre des Hébreux en Afrique) ; d’autres se sont identifiés au judaïsme par conviction, parfois par conversion personnelle, s’estimant plus proches de cette religion que du christianisme imposé par la force par le colonisateur. Certains ne recherchent pas la reconnaissance par Israël, d’autres au contraire la souhaitent et ne veulent plus être ignorés par les communautés juives. Malgré des cultures et traditions ancestrales riches liées aux ancêtres, certains de ces groupes revendiquent leur appartenance au judaïsme et parfois leur filiation au peuple juif. Un essor étonnant qui ne semble pas fléchir ni subir les conséquences de la situation à Gaza et la guerre menée par Israël. Reportages d’illustrations en Côte d’Ivoire, au Kenya, en France, entretiens et décryptages avec les chercheurs Edith Bruder et Daniel Dossou.   Intervenants : - Dr Edith Bruder, anthropologue et historienne, chercheuse associée à la School of Oriental and African Studies (University of London) au CNRS (France), à UNISA (University of South Africa) et Senior Research Fellow à ISGAP, New York. Elle est la présidente-fondatrice de The International Society for the Study of African Jewry- ISSAJ.Elle est l'auteure de divers articles scientifiques et ouvrages tels que The Black Jews of Africa, History, Identity, Religion (Oxford University Press, 2008 et 2012) ; Black Jews, Les Juifs noirs d'Afrique et le mythe des Tribus perdues (Albin Michel 2014) ; Juifs d'ailleurs. Diasporas oubliées, identités singulières (Albin Michel 2020 ; Jews from Elsewhere, Forgotten Diasporas, Singular Jewish Identities (Oxford University Press, 2026), ainsi que de Histoire des relations entre les Juifs et les Noirs- De la Bible à Black Lives Matter (Albin Michel 2023). - Daniel Dossou, docteur en Histoire internationale, Graduate Institute – Institut de Hautes Études internationales et du développement (IHEID), il vient de terminer sa thèse en Histoire internationale au Geneva Graduate Institute (IHEID), intitulée : «Being Black and Jewish in Côte d'Ivoire and Kenya : Histories, Communities, and Life Stories» (Être noir et juif en Côte d’Ivoire et au Kenya : histoires, communautés et vies). Reportage en Côte d’Ivoire / Benoît Almeras Entretien au Kenya avec le Dr Silverstein (cardiologue, ex-chef de la synagogue de Nairobi, il a joué un grand rôle dans l'intégration des Noirs convertis dans la Nairobi Hebrew Congregation. / Gaëlle Laleix Entretien en France avec Hortense Bilé, présidente de l’association Am Israël Farafina (association multiculturelle juive de France, qui regroupe notamment des juifs noirs d’origine africaine et antillaise).
Le religieux fait un retour en force dans l’actualité internationale. Au point que dans certaines parties du monde, il prend des formes de plus en plus radicales, qui façonnent la géopolitique. C’est ce que décrypte l’ouvrage «Radicalités religieuses» dirigé par Alain Dieckhoff et que documente le hors-série du Point, Géopolitique des Religions. Invités : Alain Dieckhoff, chercheur au CNRS, ancien directeur du Centre de recherches internationales (CERI/Sciences Po), a dirigé l’ouvrage «Radicalités religieuses, au cœur d’une mutation mondiale» (Éd. Albin Michel 2025) Jérôme Cordelier, rédacteur en chef au Point en charge des spiritualités et des religions, a dirigé le hors-série du Point «Géopolitique des religions» (novembre 2025) Entretien avec Brahim Afrit, chercheur à l’Université de Tulane et au Sahel Research Group de l’Université de Floride, sur son chapitre «Évangélisme et salafisme en Afrique de l’Ouest : religieusement radicaux, politiquement modernes». 
Le pape Léon XIV arrive au Liban dans un pays où les habitants sont fatigués par la guerre, par les frappes israéliennes incessantes au sud ou en banlieue sud de Beyrouth. Des habitants fatigués par les crises économiques et politiques successives, qui se sentent abandonnés voire oubliés du monde, avec un État absent. En toile de fond : la guerre à Gaza et un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah sans cesse violé depuis un an, et des tensions confessionnelles en Syrie voisine. Le pape dit vouloir écouter la population durement éprouvée par de multiples crises et la guerre au Sud, comme un miroir de la région et entend livrer un message d’espérance et d’unité. Avant lui, le pape Jean-Paul II avait marqué les Libanais lors de sa visite en 1997, à l’issue du Synode spécial pour le Liban lorsqu’il avait prononcé cette fameuse phrase : «plus qu’un pays, le Liban est un message», soulignant que les Libanais de toutes confessions religieuses vivaient dans un même espace. Un message fort quelques années après la fin de la guerre civile qui avait déchiré le pays de 1975 à 1990, avec un accord de parité chrétiens-musulmans au sein du gouvernement et du Parlement. Un système confessionnel qui n’a pourtant pas apporté la stabilité recherchée. Benoit XVI s’y était rendu en 2012 pour son dernier voyage pontifical et avait mis l’accent sur son importance spirituelle. La devise de ce voyage : «Heureux les artisans de paix», c’est le message du pape Léon XIV dirigé à l’ensemble de la région, assorti d’une croix en forme d’ancre sur un cèdre, appelant les chrétiens à rester sur leur terre. Car, dans ce pays de quelque 6 millions d’habitants, aux 18 confessions religieuses, les chrétiens ne représentent plus qu’environ 30% de la population, alors qu’ils constituaient plus de 50% dans les années 1990 à la fin de la guerre civile. Parmi les lieux de visite attendus, il se rendra sur la tombe de Saint Charbel Maklouf à Annaya, une première pour un pape, puis au sanctuaire de Harissa (Notre-Dame du Liban), il rencontrera des jeunes au siège du patriarcat maronite de Bkerké, puis des représentants de toutes les confessions religieuses sur la place des Martyrs à Beyrouth, et ira se recueillir sur les lieux de l’explosion du port de Beyrouth survenu, il y a cinq ans, qui avait fait plus de 200 morts et des milliers de blessés, alors que l’enquête sur les causes de l’explosion n’est toujours pas terminée. Le pape clôturera ce voyage par une grande messe sur le front de mer à Beyrouth, «pour tous les Libanais, de toutes confessions», insiste-t-on. Nous vous proposons dans cette émission un parcours vers des lieux que le pape Léon XIV visitera et d’autres où il ne se rendra pas, à la rencontre de Libanais de toutes confessions, du nord de Beyrouth au sud du pays.
Pour son premier déplacement hors d’Italie, le pape Léon XIV se rend en Turquie du 27 au 30 novembre 2025 pour célébrer les 1 700 ans du Concile de Nicée. Ce premier concile œcuménique, rassemblant plus de 300 évêques chrétiens, s’est tenu en l’an 325 à Nicée, aujourd’hui Iznik en Turquie, pour fixer l’unité de l’Église. À l’époque en 325 alors que l’Église était divisée, ce concile œcuménique, réunissant tous les courants de l’Église était une première.  C’est là qu’a été établi pour la première fois le Credo, la profession de foi chrétienne, qu’a été posé le dogme de la consubstantialité du Fils au Père et qu’a été fixée la date de Pâques commune. Un concile avec une dimension œcuménique centrale, dont le 1 700ème anniversaire est célébré pour marquer l’unité des chrétiens – catholiques, orthodoxes, protestants, anglicans… - malgré les divergences qui subsistent. Il s’agit donc de rappeler ce qui rassemble plus que ce qui divise, alors que le monde fait face à de fortes tensions. Invités : - Michel Stavrou, doyen de l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris, où il enseigne la dogmatique et l'histoire de l'Église byzantine, auteur de plusieurs ouvrages et récemment de l’article «Recevoir le concile de Nicée : quelques acquis toujours actuels» (Contacts, Revue française de l’Orthodoxie, avril-juin 2025) - Michel Fédou, théologien catholique jésuite et enseignant aux Facultés Loyola à Paris, auteur de nombreux ouvrages et récemment de l’article : «Le concile de Nicée et ses enjeux actuels» (Nouvelle revue théologique, avril 2025)  - Claire Reggio, historienne, enseignante à l’Université d’Aix-Marseille et à Domundi Universitas, autrice de plusieurs ouvrages dont «Nicée, 1 700 ans d’histoire» (Éd. Cerf, 2025) - Correspondance RFI à Rome au Vatican d’Eric Sénanque. (Rediffusion)
La COP 30 (Conférence sur les changements climatiques), grand rendez-vous pour tenter de s’entendre au niveau mondial dans la lutte contre le changement climatique, s’est ouverte à Belém au Brésil, aux portes de la forêt amazonienne. 10 ans après les Accords de Paris qui avaient fait naître l’espoir d’un effort collectif de toutes les nations du monde pour réduire les gaz à effet de serre et tenter d’inverser la tendance du réchauffement de la planète, le constat est amer. «La vérité est que nous n’avons pas réussi à maintenir le réchauffement à moins de 1,5°C», a reconnu le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Ces efforts conjoints doivent s’exercer au niveau politique, mais en l’absence des plus grands pollueurs comme les États-Unis qui sont sortis de l’Accord de Paris et qui déploient un climato-scepticisme à travers le globe, la dynamique de l’effort n’est pas au rendez-vous. Du côté des représentants des religions dans le monde, certains tentent de s’impliquer. Qu’est-ce que les religions ont à dire sur ces questions ? Comment ces questions sont-elles relayées auprès de leurs fidèles ? Comment certaines des déclarations ont pu avoir un impact, par exemple l’encyclique du pape François, Laudato Si en 2015, qui prône la «sauvegarde de la maison commune» ? Plusieurs représentants de différentes religions et des chercheurs s’expriment dans cette émission, sur les messages et les relais auprès des communautés à travers le monde.   Invités : - Dominique Serra-Coataena, théologienne, maître de conférences en Théologie morale et éthique aux Facultés Loyola à Paris, responsable du domaine éthique, social et environnemental, présidente de l’Association des théologiennes et théologiens pour l’étude de la morale (ATEM), domaine de recherche sur la doctrine sociale de l’Église, thèse sur le Bien Commun. Autrice de : Le défi actuel du Bien commun dans la doctrine sociale de l’Église. Études à partir de Gaston Fessard s.j, éditions Lit-Verlag, coll. «Études de théologie et d’éthique», vol.10, Zurich, 2016. COATANEA Dominique, THOMASSET Alain, (dir.), Le défi écologique : vers de nouveaux chemins, RETM, HS 2018, 2018. - Martin Kopp, théologien protestant, chercheur associé à l’Université de Strasbourg, membre du Conseil de la Fédération protestante de France, très engagé sur les questions d’environnement, au sein de l’ONG GreenFaith, auteur de «Vers une écologie intégrale, théologie pour des vies épanouies» (Éd. Labor et Fides, 2023).   Entretiens : - Yeshaya Dalsace, rabbin du Mouvement Massorti, a fait sa thèse rabbinique sur judaïsme et écologie - Omero Marongiu-Perria, sociologue et théologien musulman - Aurelio Borges, l’un des représentants des quelque 600 communautés quilombolas de l’État du Para (par Jeanne Richard). Analyse et reportage au Village Laudato Si à Castelgandolfo (Italie) / Éric Sénanque.   Éléments : Message du pape Léon XIV lors de la conférence internationale «Raising hope for climate justice» à Castelgandolfo en octobre 2025. Message de Bartholomée 1er, Patriarche Œcuménique de Constantinople, lors de l’Assemblée Générale de la Conférence des Évêques de France à Lourdes, le 4 novembre 2025.
Religions du Monde reçoit le cardinal franco-algérien Jean-Paul Vesco, qui vient de publier «L’audace de la fraternité», alors que les tensions se multiplient en ces temps de replis identitaires, de fractures multiples, de discours haineux et de guerres sanglantes. Le cardinal Jean-Paul Vesco est archevêque d’Alger depuis 2021. Il se décrit lui-même comme «un évêque et pasteur d’une petite église insérée dans le monde musulman». Une petite église mosaïque, dont les fidèles sont aujourd’hui majoritairement des immigrés ou des étudiants d’Afrique subsaharienne. Une fraternité qu’il vit profondément comme catholique en Algérie, son pays de cœur, qu’il décrit ainsi : «cette fraternité qui dépasse les préjugés religieux et les blessures de l’histoire ne va pas de soi, et c’est ce qui en fait son prix».   Invité : Jean-Paul Vesco, cardinal franco-algérien, archevêque d’Alger. Auteur de « L’audace de la fraternité » (Éd. Cerf, 2025) ; « Tout amour véritable est indissoluble : plaidoyer pour les divorcés-remariés » (Éd. Cerf, 2015). Membre du Dicastère pour le dialogue interreligieux au Vatican.   Témoignage : Mgr Claude Rault, Père Blanc, évêque émérite du Sahara – Diocèse de Laghouat (qui a vécu 50 ans en Algérie).
Pour la première fois, des chrétiens et des musulmans se sont rendus ensemble en pèlerinage à Lourdes, dans le sud-ouest de la France, pour partager un temps spirituel et de fraternité autour de la figure de Marie, qu’ils ont en commun. Une démarche qui invitait à la connaissance de l’autre, au dialogue et au partage entre citoyens de religions différentes dans un espace commun. Ce pèlerinage est un exemple de dialogue interreligieux, 60 ans après la déclaration Nostra Aetate lors du Concile Vatican II lorsque l’Église catholique a changé sa relation avec les autres religions non chrétiennes, en affirmant que : «Tous les peuples forment une seule communauté. Ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter tout le genre humain sur toute la face de la Terre». Rendez-vous était donné à Lourdes par l’association EFESIA et le mouvement Ensemble avec Marie, lancé il y a 10 ans. Un lieu emblématique, puisque l’histoire du sanctuaire de Lourdes remonte au XIXè siècle. Une jeune femme de 14 ans, Bernadette Soubirous, une bergère analphabète et en mauvaise santé, dit avoir été témoin de 18 apparitions de la Vierge en 1858, dans la grotte de Massabielle, d’où une source d’eau miraculeuse aurait jailli. Cette jeune femme, pauvre dans une famille très aimante, aurait été choisie par la Vierge Marie se présentant devant elle comme l’Immaculée Conception, pour réaliser ses requêtes dont celle de construire un sanctuaire pour y venir en procession. Cette histoire constitue pour beaucoup de croyants et de pèlerins un message d’espérance et d’humilité. Bernadette Soubirous (qui est décédée en 1879 à Nevers à l’âge de 36 ans), a été canonisée le 8 décembre 1933 par l’Église catholique, elle est donc devenue Sainte. C’est donc à Lourdes qu’une soixantaine de personnes se sont retrouvées pour ce pèlerinage chrétien et musulman autour de Marie. Reportage et témoignages de chrétiens et musulmans.   Remerciements à l’association EFESIA et au mouvement Ensemble avec Marie pour leur accueil, ainsi qu’à tous les participants à ce pèlerinage et à la Cité Saint-Pierre du Secours Catholique.
Nous partons à la rencontre de Majagira Bulangalire, pasteur pentecôtiste de la République Démocratique du Congo, qui a passé une quarantaine d’années en France, en tissant des liens entre les communautés et les églises d’expression africaine dont il a créé la fédération en 1990. Il se définit lui-même comme un «Africain malgré tout et par-dessus tout». Intellectuel engagé sur le terrain, il a aussi contribué à établir des ponts entre la RDC et la France et à poser la question de la réappropriation africaine du christianisme, dans une lecture postcoloniale. En RDC, il est très engagé auprès des églises locales et dans l’éducation, où il a fondé l’Université évangélique à Bukavu et où il dirige l’Institut Supérieur Pédagogique. Nous l’avons rencontré à Paris alors qu’il repartait en RDC à Kiliba où se trouve l’église dont il est le pasteur, dans le Sud-Kivu, malgré le conflit armé dans l’est du pays qui frappe durement les populations de la région, alors qu’il a lui-même été victime d’un enlèvement avec sa femme en avril 2024.   Invité : Le pasteur Espoir Majagira Bulangalire, professeur universitaire, directeur de l’Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu en République Démocratique du Congo, député honoraire du Sud-Kivu, ancien recteur et fondateur de l’Université Évangélique en Afrique, co-fondateur de la CEAF – Communauté des Églises d’expressions Africaines francophones -, pasteur de l’Église pentecôtiste de Kiliba (Sud-Kivu), auteur de plusieurs ouvrages dont les essais «Ai-je une place auprès de Toi ? Le cri désespéré d’un nègre converti» (2024) et «Du quotidien à l’extra-ordinaire, l’histoire mouvementée d’une vie protégée» (autobiographie) – Espoir Éditions.
Qu’est-ce que le jaïnisme ? Une tradition, une religion, une philosophie, née en Inde il y a plus de 2500 ans, qui ne reconnait pas de Dieu créateur et dont le modèle est la parfaite conscience humaine, l’incarnation de l’ascétisme. Les maîtres-sources de l’enseignement sont les Jina, dont les adeptes sont les jaïns. Leur modèle : la non-violence et le respect de tout être vivant, jusqu’au plus microscopique. (Rediffusion) Cette religion est née aux VIe – Ve siècle AC en réaction aux pratiques sacrificielles et au suprématisme des brahmanes, un système religieux très élitiste lié aux textes védiques qui ont influencé l’hindouisme. Le jaïnisme invite par des exercices d’introspection à se libérer du karma qui alourdit l’âme, et des cycles infernaux des renaissances, pour arriver à la Délivrance. Ses textes, contrairement aux Veda qui sont en sanskrit, réservés à une élite, sont rédigés en prakrit, une langue plus accessible. Les maîtres absolus, les Jina, sont des êtres omniscients. Le 24e Jina, Mahavira, est particulièrement célébré. Il serait né au Ve siècle Avant Jésus-Christ, contemporain du Bouddha – mais ils ne se seraient jamais rencontrés. Le 10 avril, une fête lui est dédiée dans les temples jaïns, Mahavir Jayanti, qui célèbre la naissance de Mahavira. Et le 22 octobre consacre le Nouvel An pour les jaïns. Aujourd’hui encore, le jaïnisme compte environ 10 millions d’adeptes dans le monde. Même si en Inde, ils ne constituent que 0,5% de la population, ils jouent un rôle social et économique très important, et ont saisi le virage des nouvelles technologies envers les jeunes générations.   Invitée en studio : Nalini Balbir, professeure en études indiennes à l’Université Sorbonne-Nouvelle, membre du Groupe de recherches en études indiennes, directrice d’études émérite à l’École pratique des hautes études.Autrice de À la découverte du jaïnisme, aux éditions du Cerf en 2024. Reportages en Inde de Côme Bastin.
Comment réenchanter les rites, de la naissance au mariage, à la séparation ou au deuil ? Quel rituel autour d’une union «loin de l’Église» ? Que faire autour d’une euthanasie ? Quel acte rituel de réparation après un viol ? Comment célébrer pour ces joies et ces peines en dehors des sept sacrements de l’Église catholique ? Célébrer tout au long de la vie, c’est ce que propose Gabriel Ringlet, prêtre belge qui a fondé l’École des rites, en partage avec des croyants et des non-croyants. Invité : Gabriel Ringlet, prêtre et écrivain, auteur du livre paru en septembre 2025 : «Des rites pour la vie» (Éd. Albin Michel), ancien journaliste et enseignant, ancien vice-recteur à l’Université de Louvain, fondateur de l’École des Rites.
En septembre 2025, la Philharmonie de Paris et la Cité de la Musique ont consacré trois jours aux musiques et à l’esprit soufi, avec des concerts et danses qui ont fait voyager les spectateurs entre l’archipel de Mayotte, le Tadjikistan et la Turquie, en particulier Istanbul, à la croisée des civilisations, des mondes et des spiritualités, entre Byzance et Constantinople. En islam, dans le soufisme, « on cherche la rencontre avec Dieu à travers un cheminement intérieur, une spiritualité, un lien entre l’âme et le divin ». La musique peut être un vecteur de cette transcendance, comme nous l’expliquent Sami Sadak, ethnomusicologue et enseignant à l’Université d’Aix-Marseille et Leili Anvar, maître de conférences à l’Inalco, spécialiste du soufisme et du poète mystique persan du XIIIè siècle, Djalal ad-Din Rûmî, qu’on appelle aussi Rûmî ou mevlana qui signifie « notre maître ». Lors de ces rencontres musicales à Paris (du 12 au 14 septembre 2025), chaque groupe a proposé cette rencontre avec le soufisme, dans sa sensibilité, selon son héritage culturel : à Mayotte, avec le deba, une pratique rituelle soufie féminine par un groupe de 13 femmes originaires de Mtsangadoua au nord-ouest de l’île - des danses, des chants, des déclamations, des percussions… En Asie centrale, au Tadjikistan, avec le grand musicien Aqnazar Alovatov et l’Ensemble Navo, et son fils Chorshanbe Alovatov qui perpétue ces traditions en les modernisant. À Istanbul, en Turquie, avec les derviches tourneurs au son du oud, du rebab, de la flûte de ney, du tambour bendir et des danses tournoyantes mixtes, hommes et femmes. Mais aussi avec l’Ensemble vocal byzantin, une chorale grecque orthodoxe de 12 hommes dirigée par Kallistratos Kofopoulos, lui-même Grec d’Istanbul, qui perpétue l’héritage de la musique byzantine et qui offre aussi à la Philharmonie un spectacle avec les derviches tourneurs d’Istanbul dans un message d’unité et de paix.
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