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Reportage Afrique

Author: RFI

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Nos correspondants et envoyés spéciaux sur le continent africain vous proposent, chaque jour, en deux minutes une photographie sonore d'un évènement d'actualité ou de la vie de tous les jours. Ils vous emmènent dans les quartiers ou dans les campagnes pour vous faire découvrir l'Afrique au jour le jour.

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En Afrique du Sud, deux chorégraphes emblématiques du continent, la Franco-Béninoise Germaine Acogny, icône de la danse contemporaine, et le Sud-Africain Gregory Maqoma, se sont retrouvés pour monter un spectacle en deux parties. Ce double programme, montré pour la première fois à l’université de Johannesburg, propose un dialogue entre les générations et les cultures africaines. De notre correspondante à Johannesburg, À 81 ans, Germaine Acogny ne cesse de se réinventer. Cette fois-ci, seule en scène, elle rejoue, à sa façon et au travers de ses mouvements, la vie de la danseuse, chanteuse et militante Joséphine Baker. Une chorégraphie sous forme d’hommage très politique : « J'ai voulu interpréter vraiment la résistante. Cette première pièce est d’actualité, sur le racisme qui ne se défait pas et contre lequel on est encore obligés de se battre », s'indigne la chorégraphe. Et elle prend un exemple : « Cette banane que j’ai prise, en France, je la lance ! Parce que vous savez, le racisme qui existe quand il y a les footballeurs qui perdent, on leur jette des bananes comme à des singes ? Eh bien moi, je l’ai écrasée ici. » Le spectacle Joséphine, conçu à l’origine pour le théâtre parisien des Champs-Élysées l’année dernière, est désormais assorti d’une deuxième partie : un tourbillon de couleurs et des artistes de tout le continent qui se lancent dans une danse fougueuse et déchaînée. Un dialogue entre l'Afrique du Sud et l'Afrique de l'Ouest Pour accompagner la pièce de Germaine Acogny, il a été demandé au chorégraphe sud-africain Gregory Maqoma, de 30 ans son cadet, de dessiner une réponse. C’est ainsi qu’est né Bantu, le peuple. « C’est un honneur pour moi de partager la scène avec "Mama Germaine" et son travail. Cela honore aussi qui nous sommes et notre humanité. Sa pièce parle beaucoup de résistance, analyse le chorégraphe. Je souhaitais y répondre en utilisant le sens de l’urgence que ressent la jeunesse d’aujourd’hui. Et je voulais aussi évoquer l’éradication des frontières et que l’on puisse s’autoriser à penser sans elles. »  À cette occasion, une troupe a été composée à partir de danseurs des compagnies des deux chorégraphes, l'École des Sables sénégalaise et le Vuyani Dance Theatre sud-africain. Chacun amène ses mouvements et sa culture, et le tout forme un magnifique ensemble. « Il a voulu faire un dialogue aussi entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Sud, estime Germaine Acogny. Moi, ce que j’ai vu, c’est le fait de partir de nos origines vers la contemporanéité. Et vous avez vu cette gaïeté, on sent aussi qu’il y a un rituel et la joie de vivre, la joie de célébrer, et je trouve que c’était une excellente rencontre. » L’équipe espère maintenant pouvoir présenter ce double programme lors d’une tournée mondiale, avec des dates déjà prévues en France et en Allemagne plus tard dans l’année.  À lire aussiLe chorégraphe sud-africain Gregory Maqoma en un mot, un geste et un silence 
À Tafiré, dans le centre-nord de la Côte d'Ivoire, l'accès au crédit ne passe pas par les grandes banques. Depuis plus de dix ans, une mutuelle locale accompagne femmes et jeunes avec des prêts adaptés à leurs réalités. Au marché, ces financements ont permis à plusieurs commerçantes de développer leurs activités et de sécuriser leurs revenus. Immersion au cœur d'une finance de proximité qui change des vies. De notre correspondant de retour de Tafiré, Ce matin-là, au marché de Tafiré, entre les étals de vivriers, Clémence, agente de recouvrement de la mutuelle Terfiré, s'arrête devant la boutique d'Awa, vendeuse de vêtements pour enfants et adultes. Chaque début de semaine, Clémence passe vérifier l'évolution de son activité : « On vient voir la marchandise, vérifier que le client n'a pas détourné l'objet du crédit. Par exemple, elle vend des habits, c'est ce qu'elle nous a déclaré. Elle pourrait prendre l'argent pour autre chose. Là, ça avance bien. La table est bien remplie. Chaque mois, elle doit payer un montant. Après le marché de dimanche, elle verse chaque mardi 100 000 ou 150 000 francs, selon les ventes. » Commerçante depuis une dizaine d'années, Awa peinait jusque-là à développer son activité en Côte d'Ivoire. Grâce à un premier crédit obtenu auprès de la mutuelle, elle a pu agrandir son étal et diversifier ses produits : « Un jour, je suis allée à Abidjan prendre un peu de marchandises. Après, je suis venue voir la dame et je lui ai dit que j'avais besoin d'un prêt pour faire évoluer mon commerce. Elle m'a dit qu'il n'y avait pas de problème. Sur ce que j'ai demandé, on m'a donné la moitié, 500 000 francs. » Des crédits sur mesure Un prêt qu'Awa parvient à rembourser en neuf mois, bien avant l'échéance. La confiance s'installe. Elle sollicite alors un second crédit, cette fois de deux millions de francs CFA. De quoi ouvrir une boutique et subvenir aux besoins de sa famille : « Ça m'a apporté beaucoup de choses. Vous allez me faire couler des larmes. J'ai mon petit enfant qui était malade. Il avait une tumeur. J'ai mis plus de six millions pour ses soins. J'aide mes petits-enfants, je paie leur école, la nourriture, etc. » Depuis 2013, la mutuelle d'épargne et de crédit Terfiré, créée par des cadres de la région, accompagne femmes et jeunes. Pour accéder aux prêts, il faut être membre, ouvrir un compte et attendre trois mois avant le passage devant un comité de crédit. Les financements peuvent atteindre jusqu'à cinq millions de francs CFA. Une finance pensée pour les réalités rurales et ouverte surtout au monde agricole, explique son gérant, Sory Diakité : « Généralement, ceux qui prennent le prêt agricole, les échéanciers sont semestriels. Contrairement à quelqu'un qui, dans le commerce, dans l'artisanat, peut épargner par jour 500 ou 1 000 fra,cs, lui, on peut lui faire un échéancier mensuel, bimensuel. C'est en fonction du projet que nous adaptons l'échéancier aux demandeurs. » Aujourd'hui, selon ce responsable, la mutuelle d'épargne et de crédit Terfiré compte plus de 3 000 membres. En moyenne, plus de 500 personnes bénéficient chaque année de ses crédits. À lire aussiCôte d'Ivoire: ces jeunes qui choisissent de rester au village pour entreprendre
Trois mois après la répression sanglante des manifestations dénonçant une élection frauduleuse en Tanzanie, les témoignages commencent à apparaître. Pour mettre fin aux mouvements de contestation à travers le pays fin octobre 2025, le gouvernement dirigé par Samia Suluhu Hassan, élue à 98% des voix, a utilisé la manière forte. Des milliers de personnes ont été tuées, souvent sans avoir de lien avec les manifestations. Rencontre avec Teresia à Dar es Salaam, qui a perdu son frère cadet au lendemain de l'élection présidentielle. Dans un café discret de Dar es Salaam, Teresia est assise sur une chaise, le regard vers l'horizon. La jeune femme de 32 ans veut faire savoir ce qui est arrivé à sa famille le 30 octobre 2025. Ce jour-là, le patron de son frère cadet insiste pour qu'il se rende à la boucherie où il travaille, près d'une grande artère de Dar es Salam, malgré les manifestations toutes proches. Un peu plus haut, des jeunes jettent des pierres sur les forces de l'ordre et viennent se réfugier près de la boucherie. C'est là que tout bascule. « Un officier est venu près de son lieu de travail. Il y avait aussi un autre garçon qui se trouvait là, raconte Teresia. Il a ordonné à mon frère et ce garçon de sauter à pieds joints jusqu'à la route principale... Et là, il leur a tiré dessus. » Sur une vidéo qu'elle a gardée, Teresia montre l'après. Son frère, dont elle préfère taire le nom, a été jeté dans la boue avec deux autres hommes. Leurs corps sont ensanglantés et tous agonisent dans des mouvements lents et difficiles. Le jeune homme de 24 ans est transporté à l'hôpital et opéré, mais ne survit pas à ses blessures. « Je savais que des choses comme ça allaient arriver, que des gens allaient mourir, mais je n'imaginais pas que quelqu'un de ma famille allait mourir alors qu'aucun d'entre eux n'est allé dans la rue pour manifester », explique Teresia. À lire aussiTanzanie: nouveaux appels à des manifestations pacifiques pour le jour de Noël La peur règne au sein de la population  Les derniers instants de son frère, ce sont des témoins qui lui ont raconté et qui ont prévenu la famille le jour des faits. Afin de récupérer le corps du jeune homme, il a fallu payer 500 euros de frais d'hôpital, une somme colossale en Tanzanie. Malgré ce drame, Teresia ne regrette pas que les manifestations aient eu lieu. Car il faut du changement, selon elle. Mais dans sa famille, c'est aujourd'hui la peur qui règne : « Je n'ai pas peur, mais ma maman a très peur. Quand on essaye de dire quoi que ce soit contre le gouvernement, elle nous dit "Arrête, ils vont venir te chercher ici". » Une référence aux nombreux enlèvements qui ont eu lieu ces derniers mois contre toute voix dissidente. Une commission d'enquête a été mise en place par le gouvernement pour faire la lumière sur ce qu'il s'est passé. Les huit membres à sa tête sont tous des proches du pouvoir.  À lire aussiEn Tanzanie, une répression qui ne dit pas son nom trois mois après la présidentielle
C'est un projet qui fait polémique au lac Rose, l'un des sites touristiques les plus emblématiques du Sénégal, connu pour ses eaux rosées, ses dunes et sa bande de filaos, rempart naturel face à l'océan : la construction annoncée d'une vaste « ville verte » d'une dizaine de milliers de logements haut de gamme inquiète une partie des habitants. De notre correspondante de retour de Dakar, Le lac Rose : ses reflets colorés, ses dunes, ses hôtels, et cette longue bande de filaos qui protège la zone de l'avancée de la mer... Un environnement exceptionnel au Sénégal, dont vivent les populations locales depuis des générations. Le projet immobilier d'envergure inquiète les professionnels Ibrahima Mbaye est gérant d'hôtel et originaire du secteur : « On est dans une zone où l'écosystème est assez fragile. On a une bande de filaos qui a été plantée pour la protection de l'érosion côtière et l'avancement de la mer. Mais qui nous faisait aussi un décor sur le point touristique, qui joue un rôle très important sur notre cadre de vie, et qui filtre aussi le sel, qui nous permet d'avoir de l'eau douce tout autour du lac. » Au cœur des inquiétudes : un projet immobilier d'envergure porté par la société égyptienne Casa Orascom. Une « ville verte » de 78 000 logements doit voir le jour dans les dunes, entre le lac et l'océan. Un chantier qui fait craindre une dégradation de l'écosystème, mais aussi la remise en cause des activités locales. Alassane est guide touristique. « Auparavant, on vivait du tourisme et de l'agriculture aussi, mais il n'y a plus de terres. Du coup, tous les jeunes du village environnant travaillent ici, au niveau du lac. Si ce projet s'implante, on risque vraiment de tout perdre. Il y a plus de 1 000 personnes qui travaillent ici », confie-t-il. À lire aussiSénégal: le lac Rose qui a perdu sa couleur fait blêmir le secteur du tourisme [2/2] Les bandes de filaos préservées selon les autorités Le lac regorge aussi de sel, faisant vivre des centaines de ramasseurs et vendeurs, comme Mapathé Wade : « Les filaos coupent le vent. S'il y a du vent, personne ne peut sortir chercher le sel, car il y a un risque que les pirogues chavirent. » En octobre 2025, Ibrahima Mbaye et d'autres habitants ont tenté de s'opposer à l'arrivée d'engins de chantier venus tracer une piste. Ils ont été arrêtés, puis emprisonnés quelques jours. Un épisode qui illustre le fossé entre une partie des populations locales et les porteurs du projet. Signé en 2019, le programme de « cité verte » vise, selon l'État, à désenclaver Dakar et à répondre à la forte demande de logements. La Délégation générale à la promotion des pôles urbains (DGPU) assure que l'environnement sera préservé. Son conseiller technique, le docteur Mbaye Dieng, nous présente la maquette : « Entre la mer et les premières habitations, vous avez une bande de filaos sur 90 hectares. Ça, c'est la première bande. Celle-là, on n'y touche absolument pas. Après, vous avez d'autres filaos à l'intérieur du projet. Il peut arriver qu'un véhicule de chantier passe et écrase un filaos. Donc dès qu'il y a un arbre qui a été fauché, il y a obligatoirement une substitution. » À lire aussiSénégal: sur les bords du lac Rose, les extracteurs de sel minés par la montée des eaux [1/2] « Une station d'épuration et d'assainissement » est prévue dans le projet Les autorités promettent également des retombées économiques : emplois, routes, centre de santé, centre de formation, équipements religieux et espaces publics destinés à bénéficier aux villages voisins. « La première chose que l'on va faire est de mettre une station d'épuration et d'assainissement dans la zone pour que les eaux usées puissent être traitées à des niveaux acceptables », développe le docteur Mbaye Dieng. Le projet prévoit notamment la construction d'environ 7 000 logements sociaux. Sur place, les habitants assurent rester mobilisés et demandent davantage de concertations avec l'État et les promoteurs.
À Randfontein, dans le nord-est de l'Afrique du Sud, à une heure à l'ouest de Johannesburg, une communauté d'un petit quartier informel se dit terrorisée par les « zama zama », nom donné à ces mineurs clandestins qui descendent sous terre pour trouver de l'or. Dans cette petite ville minière, ces derniers intimideraient la population pour la faire fuir, car le quartier est situé juste à côté d'anciennes mines d’or. De notre correspondant de retour de Randfontei,  Caroline porte un sweat à capuche gris et une casquette noire. L'air inquiet, elle nous raconte l'angoisse quotidienne liée à la présence des « zama zama » : « Ils toquent à nos portes, entrent, prennent tout votre argent, vos affaires, tout ce que vous avez, même vos papiers d'identité. Et si vous n'avez rien, ils vous menacent de prendre votre enfant. Ils sont masqués. Un matin, ils ont frappé ma voisine. Tout cela a commencé en novembre, et pendant tout le mois de décembre. Nous n'avons pas pu profiter de Noël. C'était terrible. » Si terrible que cette communauté a décidé de fuir. Elle s'est réfugiée deux semaines dans un gymnase municipal des alentours avant d'en être expulsée, et de retourner à Sporong. « C'est nous qui avons construit Sporong, raconte Thembela, qui fait partie des premiers habitants de ce quartier informel, créé il y a une dizaine d'années. Et pendant longtemps, c'était paisible. C'était agréable de vivre ici. Même si c'est un endroit isolé, loin de tout service, de tout développement économique, on s'en sortait, on réussissait à vivre. Et puis un jour, tout a changé, soudainement. Notre quiétude a été bouleversée. Nous sommes traumatisés. » Certains orpailleurs clandestins sont liés à des organisations criminelles En Afrique du Sud, on estime à 6 000 le nombre de mines abandonnées, mais encore accessibles, et qui attirent la convoitise des orpailleurs clandestins. Partout où il y a des résidus d'or, ces « zama zama » s'engouffrent sous terre. « Ils ont vu que notre sol était riche, que notre terre était riche en or. Ils cherchent donc à nous éloigner de cet endroit pour pouvoir le prendre. Et ils nous tirent dessus », explique Jullian. Si certains mineurs clandestins rejoignent les sous-sols simplement pour survivre et espérer gagner un peu d'argent, d'autres sont liés à des organisations criminelles bien structurées. « Ces gangsters sont venus ici et ont tiré au hasard sur environ huit personnes, poursuit Jullian, devant une taverne du quartier. Deux sont mortes sur place, juste là. Regardez, cette fenêtre est encore brisée. » Sur place, la population excédée ne croit plus vraiment en l'aide des autorités. Mais face à la colère des habitants, un poste de police mobile vient tout de même d'être installé aux abords du quartier. À lire aussiAfrique du Sud: l'exploitation minière illégale «représente une menace sécuritaire» et «des pertes fiscales»
Quand le monde de la presse rencontre le spectacle vivant, cela s'exprime sur scène avec des photographes, des artistes, des journalistes, des sportifs, ou tous ceux qui ont une belle histoire vraie à raconter, pour établir un lien unique entre le narrateur et son public. Ce concept connaît un grand succès en Belgique et en France. Passée également par Abidjan, la capitale économique ivoirienne, l'équipe du Live Magazine a concocté un nouveau numéro 100% marocain. Après Tanger et Rabat, où le spectacle a connu un beau succès, les sept conteurs vont monter sur scène ce vendredi 30 janvier à Casablanca, pour la dernière performance de ce spectacle éphémère. De notre correspondant à Casablanca, « C'était magique. C'était hyper émouvant. Et on en sort hyper riche de tout ce qu'on a entendu », lâche une spectatrice. Dans les loges, la même émotion, si ce n'est plus forte encore, envahit les protagonistes de ce spectacle du Live Magazine qu'ils viennent de donner pour la première fois devant le public tangérois. « C'était super émouvant, même pour nous. J'ai failli pleurer plusieurs fois durant le show », se surprend à reconnaître un conteur. « Tu prends plaisir, c'est le mot. Et aussi le partage », avoue un autre. Tous sur scène : du photographe au documentariste Joseph Ouechen est photographe sur scène. Il tire le fil de son histoire, celui d'un aller-retour permanent entre des mondes différents. Du bidonville de sa jeunesse au photographe de mode renommé qu'il est devenu, jusqu'à son intérêt pour les ultras de Casablanca. « C'est la jeunesse qui s'exprime à leur façon. Et c'est deux mondes différents. Mais pour moi, je vois le parallèle entre les deux. Et pour moi, l'habit raconte énormément de choses sur ce pays-là. Mais en même temps, quand je suis dans le stade avec les ultras et tout ça aussi, ce sont des histoires à raconter », explique Joseph Ouechen. En fait nous sommes tous des « obsessionnels », rigole Zouhair Chebbale, documentariste. Son obsession à lui est douloureuse : il rêve du film qu'il ne pourra jamais réaliser. « Celui de la transhumance estivale de mes parents, de France vers le Maroc lorsque j'étais petit, pendant des dizaines d'années », confie-t-il. Le réalisateur raconte avec humour, en s'appuyant sur des archives personnelles, son voyage annuel de la France vers le Maroc, dans lequel beaucoup d'enfants d'immigrés se retrouvent. Et celui qui n'a pas l'habitude de monter sur scène embarque le public avec lui. « C'est une première, la scène, car d'habitude, je suis derrière la caméra, donc c'est moi qui presse les gens pour me raconter des histoires. Maintenant, c'est moi qui suis dans l'arène et qui suis obligé de me mettre face à un public et essayer de leur transmettre quelque chose. Donc ce n'est pas évident pour moi. » « Et donc, qui suis-je réellement ? » Elle est la seule à être un peu plus habituée à la scène, contrairement aux autres. Meryem Aassid s'amuse pendant les répétions. Journaliste de formation, elle raconte comment son amour pour les chants amazigh l'a conduit à faire émerger un nouveau style, le jazz amazigh : « C'est vraiment moi. C'est moi, Myriam, une jeune fille marocaine, mais qui a écouté du Green Day, du Avril Lavigne et du BB Brunes. J'ai une certaine fusion musicale en moi. Et donc, qui suis-je réellement ? Et c'est là où est apparu le jazz amazigh pour dire que ''je suis amazigh, mais ''je suis le jazz''. » Des histoires touchante, inspirantes, où les conteurs se livrent tout en sincérité. Le spectacle de ce samedi soir à Casablanca affiche déjà complet. À lire aussiIqtibās de Sarah M : une histoire d'amour et de rage entre la France et le Maroc
Souvent présenté comme un havre de paix par rapport à ses voisins, le Ghana n’est pas, pour autant, complètement imperméable à la menace terroriste. En cause, des frontières poreuses avec, notamment, son voisin burkinabè, un développement économique plus faible que dans les régions du sud mais également des conflits internes qui fragilisent les communautés frontalières. C’est particulièrement le cas à Bawku, l’une des plus grandes villes du Haut Ghana oriental, en proie à des affrontements interethniques meurtriers depuis 70 ans. Des combats qui ont provoqué de nombreux déplacés internes dans une région déjà sous tension. De notre envoyé spécial de retour de Bolgatanga, Au milieu d’un terrain vague de Bolgatanga, une dizaine de camions, chargés de marchandises, sont à l’arrêt. En cause, l’absence d’escorte militaire pour les accompagner sur les 80 km de route qui les séparent de la ville de Bawku. « On dort dans nos camions, ceux que vous voyez derrière nous, se désespère Karim Muni, chauffeur originaire de Bawku. Cela fait presque trois semaines que nous sommes là, on a tout chargé et maintenant, nous attendons une escorte, parce qu’on ne peut pas conduire seuls. »  À la source de cette insécurité, un conflit de chefferie meurtrier opposant deux ethnies, les Kusasi et les Mamprusi, avec des affrontements sporadiques depuis 70 ans. La situation se dégrade depuis 2021, après un regain d’intensité des combats. Les attaques se déroulent dans et aux abords de Bawku, ainsi que sur les routes qui mènent à la ville. « Ma fille de 4 ans a failli perdre la vie, témoigne Chafao Imuri, commerçante originaire de Bawku. Elle était dans un bus en direction de Bawku quand des assaillants ont attaqué le bus, juste après un poste de police. »  À lire aussiTranshumance au Ghana: la crainte du financement du terrorisme [4/4]  « C’est une guerre économique » Cette situation sécuritaire, en plus de menacer sa vie et celle de sa famille, a plongé Chafao Imuri dans une grande précarité. « C’est une guerre économique. Dès qu’on achète une marchandise, une ethnie va penser qu’on va la vendre à leurs adversaires, explique-t-elle. Si on essaie de livrer nos produits, on nous les confisque puis les brûle, et on se fait ensuite harceler. Il n’y a pas de liberté de mouvement, ni même de liberté d’expression, on ne peut rien dire. »  En 2023, Chafao Imuri décide de fuir les combats et s'installe à Bolgatanga avec son mari et ses deux enfants. « Le coût de la vie ici est un problème pour nous, poursuit la commerçante. Il y a aussi les propriétaires de logements qui, dès qu’ils apprennent que nous venons de Bawku, refusent de nous louer quoi que ce soit. On nous harcèle tous les jours, ici, à Bolgatanga. À chaque fois, on nous dit : "Rentrez là d'où vous venez !" »  En décembre 2025, la présidence ghanéenne annonce une entente entre Kusasi et Mamprusi, obtenue après une médiation menée par le roi Ashanti. Un premier pas vers la paix, cependant remis en cause quelques semaines plus tard par la reprise des affrontements entre les deux ethnies. Retrouvez les deux premiers épisodes de notre série : Au Ghana, des programmes de sensibilisation au risque terroriste [1/3] Ghana: face à la menace terroriste, crainte et réponses des communautés du Nord [2/3]  
La nouvelle Miss Centrafrique 2026 a été élue en décembre dernier. Aaliyah Poguy s’impose bien au-delà des podiums comme une véritable actrice du changement social. Depuis son couronnement, elle porte plusieurs projets concrets, notamment dans la lutte contre le VIH et l’autonomisation des femmes, à travers la formation et l’entrepreneuriat. Parallèlement, la Miss Centrafrique 2026 mène des actions humanitaires en faveur des populations défavorisées, avec une attention particulière pour les enfants en situation de vulnérabilité. De notre correspondant à Bangui, À lire aussiCentrafrique: la fabrication de briques cuites, une activité vitale aux lourdes conséquences environnementales À lire aussiCentrafrique: le fléau des violences faites aux femmes est en pleine croissance, même en milieu rural
Souvent présenté comme un havre de paix par rapport à ses voisins, le Ghana n’est pas pour autant complètement imperméable à la menace terroriste. En cause, des frontières poreuses avec, notamment, son voisin burkinabè, mais également des conflits internes et un développement économique plus faible que dans les régions du sud qui fragilisent les communautés frontalières. À la frontière avec le Burkina Faso, dans certaines de ces communautés, les membres oscillent entre crainte d'incursions jihadistes et vigilance. De notre envoyé spécial de retour de Wuru et de Paga, À l’ombre d’un abri fait de feuillages et de bois, un groupe d’hommes discute.  Au milieu de la petite assemblée siège Mahamadou Were Defo. « Je suis le chef de Wuru, l’une des dernières communautés avant le Burkina Faso. » Une faible présence des autorités face à la possible implantation de jihadistes Forte de plus de 4 600 habitants, la communauté de Wuru vit essentiellement de l’agriculture. Une activité mise à mal, notamment, par la crainte d’être pris à partie par des combattants jihadistes opérant au Burkina Faso. « Nous sommes entourés de forêts. Ce que l’on a entendu, c’est que les jihadistes se cachent dans ces forêts. Donc, nous avons peur », explique le chef de Wuru. Mahamadou Were Defo déplore la faible présence des autorités. Selon lui, les patrouilles de police ne viennent à Wuru qu’une fois par semaine le dimanche, notamment à cause de la difficulté d’accès à la communauté. « On voit souvent des personnes que l’on ne connaît pas traverser la frontière, c’est inquiétant. Notre communauté est très dispersée. Quand nous sommes dans nos fermes, nous sommes toujours en état d’alerte. On ne peut donc pas envoyer nos enfants ou nos femmes à la ferme tout seuls. » À lire aussiTerrorisme: «Les groupes jihadistes n'ont pour l'instant pas intérêt à ouvrir un nouveau front au Ghana» Des formations destinées à renforcer la vigilance au sein de la communauté À 50 km à vol d’oiseau à l’est de Wuru se trouve la ville de Paga, l’un des principaux postes frontières entre le Ghana et le Burkina Faso. C’est là-bas que Wenome Aburah préside l’un des plus importants groupes de jeunesse du secteur. « La vie ici, c’est beaucoup d’opportunités, notamment tout ce qui est commerce transfrontalier. Mais c’est aussi de nombreuses menaces, dues aux insécurités de l’autre côté de la frontière. » Pour lui, la protection contre d’éventuelles incursions jihadistes à travers une frontière poreuse vient d’abord de la collaboration entre les citoyens et les autorités. « Nous essayons le plus possible d’identifier n’importe quel individu qui est perçu comme une menace, afin de pouvoir en alerter les autorités immédiatement. Cette vigilance ne s’est pas développée en un jour, il a fallu beaucoup de formations auprès des communautés frontalières », précise Wenome Aburah. Une logique portée notamment au Ghana par le programme « See something say something » - ce qui signifie en français « Si vous voyez quelque chose, dites quelque chose ». Une campagne nationale lancée en 2022 par le gouvernement pour pousser les communautés à signaler volontairement les personnes suspectées d’extrémisme violent. À lire aussiArthur Banga, chercheur: «Les groupes jihadistes recrutent au Ghana depuis des années»
Souvent présenté comme un havre de paix par rapport à ses voisins, le Ghana n’est pas complètement imperméable à la menace terroriste. En cause, des frontières poreuses avec, notamment, son voisin burkinabé, mais également des conflits internes et un développement économique plus faible que dans les régions du sud, le tout fragilisant les communautés frontalières. Pour lutter contre le phénomène de radicalisation, des programmes de sensibilisation au risque terroriste sont menés régulièrement auprès des populations locales. RFI a pu assister à l’un de ses ateliers, dans une université de la ville de Bolgatanga dans le nord-est du Ghana. De notre envoyé spécial à Bolgatanga, Victor Cariou Face à une assemblée de plusieurs centaines d’étudiants de l’Institut technique de Bolgatanga, Augustine Akugri, directeur délégué du bureau du Haut-Ghana oriental de la Commission nationale pour l’éducation civique (NCCE), ne mâche pas ses mots : « Aujourd’hui, nous allons parler de l’extrémisme violent, et du terrorisme. » Selon lui, il y a un risque réel de recrutement de la jeunesse par des combattants du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), très actif au Burkina Faso voisin. « Avec ce qu’il se passe au Burkina, le Jnim opère maintenant dans les régions frontalières avec notre pays, et le Jnim recrute beaucoup dans ces endroits, explique Augustine Akugri. Même si nous n’avons pas de statistiques exactes, les communautés frontalières nous ont raconté avoir été témoins de groupes approchant leurs jeunes, leur proposant des emplois, tout cela pour finalement les emmener au Mali ou au Burkina Faso, où ces jeunes ont été forcés à combattre. » Face au péril terroriste, la NCCE, accompagnée des autorités ghanéennes, a mis en place, ces cinq dernières années, de nombreux programmes pour sensibiliser les communautés locales, mais également pour les pousser à travailler de pair avec les forces de police. Augustine Akugri : « Dans ces régions, il faut pouvoir être capable d’éduquer les membres des communautés pour qu’elles puissent comprendre ce qu’il se passe, pour que l’on puisse développer une certaine force de résilience. » À lire aussiLe Ghana sert-il de base arrière aux jihadistes opérant au Burkina Faso? « J’ai vu sur les réseaux sociaux des gens qui voulaient nous influencer pour les rejoindre » Le directeur régional délégué est catégorique : l’un des principaux points de vigilance doit se porter sur les réseaux sociaux. Clement Awanboro, étudiant de 22 ans, en a été lui-même témoin : « J’ai vu sur les réseaux sociaux des gens qui voulaient nous influencer pour les rejoindre. Ça me fait vraiment peur, parce que si ça arrive au Ghana, et que l’on n’a pas mis de mesures en place, ils vont détruire notre pays. » À ses côtés, Augustina Mpoabil, 20 ans, acquiesce. Celle qui est originaire de la commune de Zebilla, à une heure de route de Bolgatanga, s’inquiète plus du manque d’opportunités pour la jeunesse locale dans une région à majorité rurale : « La vie n’est pas facile à Zebilla, la plupart des jeunes sont au chômage, et du côté des adolescentes, certaines tombent enceintes et se marient. Ce qu’il faut, c’est que le gouvernement ouvre des centres de formations et des entreprises à Zebilla. » En 2023, ce sont plus de 60 % des habitants du Haut Ghana oriental qui souffraient de pauvreté multidimensionnelle – contre 41 % pour la moyenne nationale. À lire aussiGhana: un ex-otage du Jnim témoigne pour sensibiliser la population au risque jihadiste
Dans l'est de la République démocratique du Congo, un an après la bataille de Goma qui a conduit à l'occupation de la ville par l'AFC/M23 soutenu par le Rwanda, les blessures physiques et morales de l’attaque de janvier peinent à cicatriser. Les victimes des combats de fin janvier se souviennent, elles racontent leur deuil, leurs douleurs et appellent à une paix durable. Les quartiers proches de l'aéroport de Goma et du camp Katindo, au cœur de la ville, ont été durement touchés par les affrontements en RDC en janvier 2025. « Malheureusement, en étant là-bas, une bombe est tombée sur ma maison, se rappelle Rachel, qui a entendu de très près les combats et a tenté de se cacher sous un lit. Dans mon corps, il y avait beaucoup d’éclats. On a fait enlever la moitié de ces éclats et les autres sont restés dans mon corps. Donc, je ne peux pas marcher de longs trajets pour le moment. »   La maison d’Annie a elle aussi été touchée par un engin explosif. « J'étais à la maison avec mes enfants et il y avait des tirs de balles, témoigne-t-elle. Nous sommes partis dormir pour nous reposer suite aux tirs. Quelque chose est alors tombé sur les tôles, c'était une bombe. J'ai été blessée aux deux jambes et mon fils blessé à la tête. Mes pieds ont été opérés deux fois à l'hôpital. » « Nous avons vu des choses graves, très graves… » Furaha, elle, a perdu des proches les 27 et 28 janvier 2025. « Les militaires tiraient des balles en désordre dans des maisons non fermées. Ils sont entrés dans ma parcelle et ont tiré sur mon mari. Un jeune voisin et mon garçon ont essayé de nous aider, ils ont été touchés, se désole-t-elle. Malheureusement, mon mari est décédé, de même que le jeune voisin. Mon mari m'a laissé neuf enfants. Aujourd'hui, il est difficile de les nourrir et de les scolariser. »  Sa maison ayant été détruite, Furaha plaide pour que les victimes soient indemnisées. La demande est formulée également par une autre mère endeuillée, Tumusifu, qui souhaite que la paix revienne dans la région : « Vous pouvez demander à Dieu de nous aider. Que la guerre ne puisse pas se répéter. Nous avons vu des choses graves, très graves… » Selon des organisations humanitaires, des centaines de morts ont été enregistrées à Goma lors de la prise de la ville, des milliers de personnes blessées. La majorité a été prise en charge par le Comité international de la Croix-Rouge. À lire aussi«Nous souffrons beaucoup»: à Goma, la détresse des habitants après des jours de combats 
Pour la Journée mondiale de lutte contre la lèpre, Aimé nous confie son histoire, une histoire de résilience face à cette maladie qui affecte plus de 5 millions de personnes en Afrique, selon l'Organisation mondiale de la santé. À Tiassalé, dans le sud de la Côte d'Ivoire, ce survivant de la lèpre a réussi à surmonter la stigmatisation et à se réinsérer.   De notre envoyé spécial à Tiassalé, Attablé dans son atelier, Aimé reprend le fil de sa vie. Le couturier a trente ans et les doigts de sa main gauche sont rongés par une décennie de maladie. En plus de la lèpre et de ses symptômes, comme les blessures physiques et les lésions au visage, le jeune homme a aussi souffert du regard des autres. « Les gens avaient peur de moi parce qu’ils se disaient qu’ils allaient être contaminés, témoigne-t-il, d’autres pensaient que c’était une malédiction. J’étais beaucoup rejeté, ils se disaient que ça pouvait les atteindre aussi. » Dépisté fin 2022, Aimé est admis à l’Institut Raoul-Follereau d’Adzopé, dans le sud-est du pays. En plus de son traitement, il y suit les groupes de parole de sœur Akoua Tano. Cette religieuse est l’une des quelques travailleuses sociales qui tentent d’aider les malades ivoiriens à reprendre confiance. « C’est vrai que la maladie peut laisser un handicap, tu peux avoir un doigt coupé, des pieds coupés, détaille la religieuse. Mais le plus important, c’est la blessure psychologique, parce que quand la personne se rejette elle-même, se voit totalement différente des autres, je vous assure que c’est difficile pour elle de reprendre une vie en société. » «Avec de l’espoir, on peut reprendre pleinement sa vie» Après plusieurs mois de soins, Aimé rentre à Tiassalé. Guéri, il rouvre son atelier de couture et retisse depuis des liens avec ses voisins. « C’est le visage de l’espoir, se réjouit sœur Akoua, pour qui Aimé est devenu un modèle, parce que quand je le vois après sa sortie, en famille, dans la société, je me dis que tout est possible. Même après avoir vécu des années de maladie, avec de l’espoir, on peut reprendre pleinement sa vie. » Aimé souhaite que son exemple serve aux autres malades : « Je leur dis de ne pas se décourager parce que je suis passé par là aussi, mais j’ai réussi à le surmonter, rappelle le couturier, et puis je me réjouis de tout ce que je gagne aujourd’hui. La maladie, c’est une épreuve et lorsque tu finis de traverser ça, le bonheur que tu devrais avoir dans ta vie, tu l’auras ! » En 2024, la Côte d’Ivoire a enregistré près de 600 nouveaux cas de lèpre. Pour le programme national d’élimination de la maladie, un dépistage précoce est essentiel pour éviter les mutilations irréversibles et la stigmatisation des malades. À lire aussiEn Côte d'Ivoire, un centre de traitement de la lèpre redonne de l'espoir à ses patients
En Centrafrique, la fabrication de briques cuites prend de l'ampleur ces derniers mois. À Boeing, localité située derrière l’aéroport de Bangui, la fabrication artisanale de briques s'impose comme un moyen de survie pour de nombreux jeunes désœuvrés. Faute d’emplois et de perspectives, ils exploitent la terre et le bois environnants pour produire ces matériaux indispensables à la construction. Mais cette activité entraîne une dégradation accélérée de l’environnement, marquée par l’érosion des sols, la destruction de la végétation et la déforestation liée à la cuisson des briques. Entre nécessité économique et urgence écologique, la population locale se retrouve face à un dilemme sans solution immédiate. De notre correspondant à Bangui, Une épaisse fumée grise s’élève au-dessus de cette carrière à ciel ouvert, aux abords du quartier de Boeing. Le sol y est éventré de manière anarchique, le paysage est défiguré, accidenté et dangereux. Munis de pelles et de pioches, Ruffin et son équipe d'au moins huit personnes mettent en place des fours rudimentaires. Des ouvrages d’argile dans lesquels des milliers de briques cuisent lentement, au rythme du feu : « Comme d'habitude, après l’extraction, l’argile est mélangée à de l’eau, longuement pétrie, puis moulée dans des cadres en bois. Les briques encore humides sont séchées au soleil pendant plusieurs jours. Elles sont ensuite empilées dans les fours que vous voyez, alimentés par une importante quantité de bois. La cuisson dure parfois plus de 48 heures. » Pour atteindre les températures maximales, les briquetiers utilisent du bois en quantités considérables. Selon Ruffin, ces arbres sont abattus aussi bien dans les quartiers que dans les forêts environnantes : « Sans cette activité, je ne peux pas nourrir ma famille. Parmi nous, il y a des étudiants et des diplômés sans emploi. Je pratique cette activité depuis une dizaine d’années. Au début, on trouvait facilement des arbres. Mais ces dernières années, avec l’augmentation du nombre de fabricants, il nous faut aller très loin dans la forêt. » À lire aussiCentrafrique: au village Gaga, un paysage défiguré par l’exploitation aurifère [3/4] « Déforestation accélérée » En l’absence d’industries modernes capables de produire des matériaux de construction à grande échelle, les habitants se tournent vers des méthodes artisanales. Une activité essentielle à la survie de nombreux foyers, mais qui dissimule une réalité sombre. Anicet, notable du chef du quartier Boeing, en témoigne :  « La cuisson des briques exige une grande quantité de bois, contribuant à une déforestation accélérée. Comme vous pouvez le constater, les arbres disparaissent, laissant place à des sols nus et fragilisés. La fumée dégagée par les fours pollue l’air. Aujourd'hui, le changement climatique s’impose de plus en plus. » Des ONG et quelques initiatives locales tentent d’expérimenter d'autres alternatives, mais leur impact reste limité face à l’ampleur du phénomène. Germain Bissafi, environnementaliste :  « Il présente les conséquences de la production des briques et propose des solutions. » À lire aussiCentrafrique: inquiétudes face aux dégâts de l'exploitation minière sur la rivière Sangha à Nola
Les violences faites aux femmes au sein des foyers connaissent une hausse préoccupante, y compris en milieu rural en Centrafrique. Illustration dans le village de Batalimo, dans la Lobaye, au sud-ouest du pays. Souvent cachées derrière le silence familial, ces violences sont alimentées par une domination patriarcale persistante, l’impunité, les séquelles des conflits armés et la pauvreté qui rend de nombreuses femmes économiquement dépendantes. Par peur de la stigmatisation, beaucoup de victimes n’osent pas dénoncer ces abus, subissant de lourds traumatismes psychologiques et physiques qui freinent leur épanouissement social. La pièce est fébrilement éclairée d'une lampe tempête. Cette jeune femme de 26 ans, dont nous ne donnerons pas le nom, est allongée dans un lit en bambou. Son visage est partiellement bandé par un pansement : autour de ses yeux, la peau est gonflée, violacée. Devant elle, une bassine en plastique remplie d’eau chaude. Sa mère y trempe une serviette, lui massant le visage, le dos et les articulations d'un geste lent, presque mécanique.   « Je me remets difficilement après les multiples violences de mon mari. Au début, ce n’étaient que des paroles dures, raconte-t-elle. Puis les cris sont devenus des coups. Les violences ont commencé à devenir régulières. Chaque gifle était suivie d’insultes et d’humiliations. Plusieurs fois, il m’a frappée devant nos enfants, terrorisés, qui pleuraient à chaudes larmes. »  « Il a frappé mon visage avec un bâton »  La parole de cette femme est lente et prudente. Comme beaucoup de victimes, elle a appris à se taire, par peur, par honte, ou simplement pour survivre : « Les coups reçus ne sont pas seulement physiques : ils atteignent ma dignité. Dans de nombreux foyers, la vie en couple est censée être un lieu de protection, mais chez moi, c’était un espace de danger. La semaine dernière, il a frappé mon visage avec un gros bâton, et je porte encore les blessures. C’est alors que j’ai pris mon courage à deux mains pour retourner chez ma mère. »   Roger est jardinier. Il se déplace entre les rangs de carottes et de choux, le tuyau d’arrosage à la main, comme une extension naturelle de son corps. Âgé d’une quarantaine d’années, il a aussi été un homme violent : « J'ai vécu des atrocités pendant les crises que le pays a connues. Je suis quelqu'un qui a grandi dans un climat de colère, de traumatisme. Un jour, j'ai demandé de l'aide à l'Église pour arrêter la violence. J’ai appris à me taire et à calmer mes colères. »  Les violences conjugales touchent toutes les catégories sociales, tous les âges et toutes les régions du pays. Dans son cabinet, Me André Olivier Manguereka, avocat au barreau de Centrafrique, présente un lot de dossiers relatifs aux violences faites aux femmes, une cinquantaine de dossiers environ : « Les violences sexuelles font partie des infractions qu'on appelle d'attentat aux moeurs. Il y a des peines prévues, par exemple la peine de mort pour un viol, lorsqu'il a entraîné le décès de la victime ou s'il a été suivi ou accompagné d'enlèvement, de torture ou d'actes de barbarie. »  Afin d’apporter un soutien à ces femmes, l’Association des femmes juristes centrafricaines (AFJC) met à leur disposition un espace sécurisé leur permettant de s’exprimer et de bénéficier d’un accompagnement psychologique. L’AFJC œuvre également pour la promotion de l’accès des femmes à la justice et pour la lutte contre l’impunité des auteurs de violences. 
Épargnée par les combats depuis le début du conflit, l'État d'El-Shemaliya, le plus au nord du Soudan, est sur ses gardes. Au mois de juin 2025, les paramilitaires des FSR ont conquis la zone « du Triangle », aux confins de l’Égypte et de la Libye. En octobre, les paramilitaires opposés à l'armée s'étaient déjà emparés d’El-Fasher, capitale du nord du Darfour, et désormais leurs troupes progressent dans le nord du Kordofan. Délimité par une vague frontière tracée en plein milieu du désert, la région du Nord se retrouve à présent en contact direct avec les zones contrôlées par les paramilitaires. Un face-à-face lointain mais pas moins menaçant. À Karima, le long du Nil, la guerre s'immisce dans le quotidien des habitants. De notre envoyé spécial à Karima, Si la guerre reste lointaine, à Karima, elle est dans tous les esprits et toutes les discussions. Amjad Awad était bijoutier sur un marché de la capitale. Comme des dizaines de milliers d’autres, il s’est réfugié dans sa ville natale : « Ici, tout le monde a le sentiment que la guerre n’est pas loin. Il y a quelques mois à peine, les paramilitaires ont attaqué le Triangle à la frontière libyenne. Tout le monde se demandait s’ils allaient attaquer Karima. On vit dans l’angoisse. Quand tu dors la nuit, tu gardes toujours en tête que des drones peuvent frapper. » Le 13 novembre 2025, une quinzaine de drones suicides ont été lancés par les paramilitaires sur le barrage de Mérowé, endommageant la plus grande installation hydroélectrique du Soudan. Les coupures d’électricité et surtout la paralysie des routes commerciales minent l’économie locale, selon Moubarak Al-Tayeb, producteur de dattes. « On plante des dattiers depuis des générations. C’est notre héritage, raconte-t-il. Mais la guerre touche directement les cultivateurs. Pendant six mois, l’électricité était coupée, le réseau a été réparé et, deux semaines après, il était à nouveau frappé par les drones. Sans électricité, les pompes à eau se sont arrêtées. Toutes nos cultures sont mortes de sécheresse, détaille le producteur. Des déplacés sont venus se réfugier ici par milliers. La guerre a des conséquences sur l’éducation, la santé, le pouvoir d’achat. Aujourd’hui, les gens n’ont plus les moyens d’envoyer leurs enfants à l’université. Les jeunes s’engagent dans l’armée. Ou bien beaucoup s’exilent à l’étranger et certains vont travailler dans les mines d’or. » « Que Dieu nous venge des Forces de soutien rapide » Le soir venu, Karima est plongée dans le noir : une ville entière brandit la lumière de son téléphone pour se guider dans les ruelles sombres avant l’heure du couvre-feu, fixé à 22 h. Dans le souk, à l’heure de fermer boutique, Mustafa Sayed enrage : « Que Dieu nous venge des Forces de soutien rapide [les paramilitaires qui s'opposent à l'armée fédérale - NDLR]. Si encore ils n’avaient fait que voler de l’argent, mais ce qu’ils font, c’est qu’ils cassent tout sur leur passage. Ils appliquent la stratégie de la terre brûlée, s'énerve le commerçant. Moi, ici, à Karima, si le danger se rapproche, je rejoindrai la première base militaire pour prendre une kalachnikov : je mourrai pour défendre ma région. » Dans le sillage de la mobilisation décrétée aux premiers jours de la guerre par le général Abdel Fattah al-Burhan, à la tête de l'armée régulière, des dizaines de milliers d’hommes se sont engagés sous les drapeaux. Chaque région du Soudan a désormais sa propre milice. Le pays entier s’est converti en une caserne militaire à ciel ouvert. À lire aussiAu Soudan, les rescapés des massacres d’El-Fasher témoignent [1/3] À lire aussiSoudan: le pillage du musée national[2/3]
Pendant leur occupation de Khartoum qui a duré près de deux ans, les soldats des Forces de soutien rapide ont dévalisé les collections inestimables du musée national du Soudan. Inauguré en 1971 sur les rives du Nil Bleu à quelques pas du palais présidentiel, le musée renfermait près de 100 000 artefacts remontant de l’âge préhistorique à la période islamique en passant par l’ère chrétienne, la civilisation nubienne et surtout le royaume de Koush, bâtisseur des pyramides du Soudan. Depuis la reprise de la capitale par l’armée soudanaise, les équipes du musée sont à l’ouvrage pour nettoyer le bâtiment devenu champ de bataille, et faire un inventaire détaillé afin de recenser l’étendue du pillage. De notre envoyé spécial de retour de Khartoum, Des tirs de roquettes ont laissé des trous béants sur la façade. La grande baie vitrée du musée a volé en mille morceaux et les jardins sont encore truffés d’explosifs. Jamal Mohammed Zein est le premier employé du musée à être retourné sur les lieux. « À l’intérieur, tous les verrous avaient été forcés, toutes les portes laissées béantes. Je me suis précipité dans la grande réserve qui abrite plus de 100 000 pièces archéologiques. Partout des objets jonchaient le sol. Les caisses avaient été ouvertes et pillées. Beaucoup d’artefacts ont été cassés, ébréchés. » « Ils ont entièrement pillé la chambre de l’or koushite » Munis de brouettes et de pelles, des ouvriers nettoient le bâtiment. Un comité a été constitué pour évaluer les dégâts et l’ampleur du pillage. À sa tête, la docteure Rihab Khidir qui estime qu’au moins 4 000 pièces d’une valeur inestimable ont été volées. « Ils ont entièrement pillé la chambre de l’or koushite qui abritait des centaines de pièces ornementales. Des colliers, des bagues entièrement fabriquées en or. Des bijoux qui datent de l’époque koushite, du royaume de Napta et Méroé, et qui avaient été trouvés à l’intérieur des tombes royales. » L’administration du musée indique détenir des preuves qu’au moins trois camions chargés de pièces archéologiques ont quitté la capitale au mois d’août 2023 vers l’ouest du pays. Les miliciens des Forces de soutien rapide tenteraient déjà de vendre leur trésor à l’étranger. « Dès le début de la guerre, des collègues à l’étranger ont contacté les conseillers des Forces de soutien rapide pour leur dire que le patrimoine est une ligne rouge. C’est un bout de notre culture, un pan de notre histoire qui n’a rien à voir avec le conflit actuel. Ils ont bien reçu le message, ont dit qu’ils étaient prêts à coopérer, mais pourtant tout a été volé. » À lire aussiAu Soudan, le gouvernement remet la main sur des centaines d'artefacts pillés par les FSR Les pertes totales pour les musées du Soudan estimées à 110 millions de dollars Une véritable course contre la montre s’est engagée avant que les artefacts volés ne soient vendus illégalement à des acheteurs peu scrupuleux. Les autorités soudanaises ont déjà émis une alerte mondiale auprès d’Interpol pour retrouver les pièces du royaume de Koush. « Les Forces de soutien rapide sont stupides. Qui veulent-ils gouverner ? Celui qui n’a pas d’histoire n’a pas de présent. Le patrimoine, c’est nos racines. Ils disent que leur cœur est avec la patrie. Ils disent qu’ils veulent gouverner le pays, alors pourquoi ne protègent-ils pas notre héritage ? Ce patrimoine volé, cette civilisation, c’est celle de tout un peuple, et même de toute l’humanité. » Le pillage de l’Histoire soudanaise ne s’est pas limité à la capitale. Les paramilitaires ont vandalisé ou endommagé une dizaine de sites historiques à travers le pays. Les pertes totales pour les musées du Soudan sont estimées à près de 110 millions de dollars. À lire aussiAu Soudan, le musée national de Khartoum virtuellement ressuscité
Le 26 octobre dernier, après plus d’un an et demi de siège, les milices paramilitaires des Forces de soutien rapide se sont emparées du dernier bastion de l’armée régulière au Darfour. Filmant leurs exactions dans des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, les troupes du général Hemedti se sont adonnées à des tueries de masse parmi les 170 000 à 260 000 civils encore pris au piège dans la ville. Des massacres également documentés depuis l’espace par des images satellites.  De notre envoyé spécial dans le camp de déplacés d’El-Affad, La ville d'El-Fasher est « une scène de crime », a résumé fin décembre la coordinatrice humanitaire des Nations unies, Denise Brown. Elle n’a été autorisée à passer que « quelques heures » sur place. Des dizaines de milliers de personnes auraient été exécutées et plus de 107 000 personnes sont parvenues à fuir la ville, selon l’OIM. « Ils sont tous morts » Dans le camp de déplacés d’El-Affad, aux abords d’Al Dabbah dans l'État du Nord du Soudan, une ville sous le contrôle de l’armée régulière, les rescapés d’El-Fasher racontent l’horreur. Sur chaque toile de tente, à côté d’un numéro qui leur a été attribué, ils ont tracé leurs noms avec un bout de charbon, en lettres noires. D’un abri à l’autre, on déchiffre presque uniquement des prénoms féminins. Mais où sont passés les hommes ? « Ils sont tous morts. Nos enfants, nos maris, nos frères. Tous ont été tués, nous interpelle une femme âgée, à l’entrée du camp. Il ne reste que les femmes. Regarde autour de toi ! Dans toutes les familles, c’est comme ça. À chaque femme, il manque un frère, un fils, un époux. Il ne reste que des femmes et des enfants. Les hommes ne sont plus là. » En plein milieu d’un terrain de sable, sous le vent constant et un soleil écrasant, des veuves sèchent des larmes silencieuses dans leur foulard. « Nous avons perdu toute trace d’environ dix hommes de ma famille. Moi, je suis venue ici avec le seul enfant qui me reste, témoigne Hawa, en larmes. Elle a dû se résoudre à abandonner son mari blessé derrière elle. Les autres sont morts. Un obus est tombé sur notre maison. J’avais trois enfants. Habeeb et Alaedine sont morts. Que Dieu les protège. Pardon, je ne peux plus parler. » À lire aussiSoudan: 1000 jours d’une guerre à l’origine de la pire crise humanitaire au monde « Il y avait des corps partout » À ses côtés, son fils Salah, 12 ans, le seul survivant. « Mon papa n’est plus là. On ne sait pas où il est. On a vu les Forces de soutien rapide nous encercler. Ça bombardait dans tous les sens. Puis, ils sont entrés. Ils tuaient les femmes, les hommes, les enfants, en pleine rue. Il y avait des corps partout. » Dans le camp d’El-Affad, pas une famille n’est arrivée au complet. Le jour de l’attaque, Asma Ibrahim n’a pas pu rejoindre son mari soigné à l’hôpital. Tirant ses enfants par la main, elle a rejoint les interminables cortèges de civils fuyant la ville. « Ils ont fait beaucoup de prisonniers et demandent une rançon aux familles. Si tu ne payes pas, ils les éliminent, explique-t-elle. Il y a aussi des gens qui ont été forcés de rentrer à El-Fasher. Ils veulent dissimuler toutes traces de leurs crimes. En ce moment même, ils sont en train de nettoyer la ville. Ils veulent faire croire que les gens peuvent revenir à une vie normale, comme s’il ne s’était rien passé. » Les survivants d’El-Fasher dénoncent l’inaction de la communauté internationale face aux crimes des paramilitaires. Des images satellites font pourtant état de charniers incendiés et de fosses communes dans une ville entière devenue cimetière. À lire aussi«Les soldats, parfois, étaient des camarades de la rue»: les shamassa, ces enfants de la guerre au Soudan
En Afrique du Sud, les Cape Flats sont des banlieues sensibles du Cap héritées de l'apartheid, où la présence des gangs est alarmante et les fusillades presque quotidiennes. Là-bas, pendant les vacances scolaires, la moindre activité peut sauver les jeunes et les empêcher de rejoindre la criminalité. Les piscines jouent alors un rôle social, comme un remède contre le crime. De notre envoyé spécial au Cap, Les habitants du Cap ont longtemps eu l’habitude de voir leurs piscines publiques fermées en plein été, à cause de maintenances à rallonge. Cette année, la ville se félicite d’avoir ouvert 36 de ses 37 piscines municipales. « C'est magnifique de venir ici. Voilà ma fille qui vient vers nous. Ici, elle profite du soleil et s'amuse dans l'eau », explique ce père de famille dont la fille reste habituellement « à la maison et regarde la télévision ». Nous sommes à Khayelitsha, deuxième plus grand township d’Afrique du Sud, aussi l’un des plus dangereux du pays. Pour Gareth, qui vient souvent en famille, cette piscine incarne la sécurité et le calme : « Je pense que c'est un lieu de réconfort pour les enfants, ils peuvent s’amuser loin de ce fléau des violences domestiques. Ici, ils sont à l’aise. Nous avons besoin de plus d'activités, comme du volley-ball, du waterpolo, des cours de natation pour les enfants. Ce serait encore mieux pour eux. » Dans un autre quartier des Cape Flats, Nabilah Diedericks a justement choisi d’ouvrir sa propre école de natation, dans le jardin de ses parents. « J’ai grandi ici. À la place de cette piscine, il y avait la chambre de ma sœur. Et là, une salle de bain. Vous savez, la transformation dans le sport est assez lente. On aimerait enfin voir un membre de nos communautés monter sur un podium pour changer les choses », confie-t-il. Dans ce quartier, la période des vacances scolaires est cruciale. Les jeunes, n’ayant plus école, sont plus à même de rejoindre la criminalité, alors que ces quartiers sont gangrenés par les gangs. « C’est quand l’ennui s’installe que les gangs cherchent à vous attirer. Vous seriez surpris de voir combien d'enfants âgés de quatre, cinq ou six ans sont très loin d’être naïfs : ils vous parlent des types de gangs et de drogues qu'ils connaissent. Maintenant, imaginez que vous venez d’une de ces communautés défavorisées. Vous obtenez un financement pour suivre des cours de natation. Disons que vous devenez instructeur, que vous travaillez pour une institution et que vous gagnez votre vie. En faisant cela, vous brisez ce plafond de verre », estime-t-il. En d’autres termes, grâce à la natation, Nabilah Diedericks veut remplacer la figure du gangster par celle du sportif, comme exemple pour la jeunesse. À lire aussiLe carnaval du Cap, en Afrique du Sud: «Nous célébrons la liberté après l’esclavage»
En Afrique du Sud, à Johannesburg, l’effondrement des services publics a un impact considérable sur les personnes âgées. Les 39 maisons de retraite publiques de la ville sont en faillite, sans budget pour les réparer ou les rénover. Au fil des années, les murs s’effritent et se fissurent, des toits s’effondrent, et certains appartements restent vides, trop insalubres pour être loués, attirant alors la convoitise des criminels. Sur place, c’est le système D pour les résidents précaires, qui n’ont pas les moyens de vivre dans une résidence privée.   À lire aussiÉté austral au Cap: une soupe populaire pendant les fêtes [1/4] À lire aussiAfrique du Sud: le recyclage des claquettes au Cap [2/4]
Alors que les vacances estivales touchent à leur fin en Afrique du Sud, zoom aujourd'hui sur un artiste qui transforme les tongs des touristes en souvenirs de vacances. Une initiative artistique, mais aussi environnementale, alors que l’Afrique du Sud est l’un des plus gros pollueurs plastique du continent. Le site de la boutique de Davis Ndungu   À lire aussiÉté austral au Cap: une soupe populaire pendant les fêtes [1/4]
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