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Reportage Afrique

Author: RFI

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Nos correspondants et envoyés spéciaux sur le continent africain vous proposent, chaque jour, en deux minutes une photographie sonore d'un évènement d'actualité ou de la vie de tous les jours. Ils vous emmènent dans les quartiers ou dans les campagnes pour vous faire découvrir l'Afrique au jour le jour.

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Parmi les sept disciplines où la Côte d’Ivoire est engagée aux Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) 2026, on dénombre le basket 3x3, une pratique urbaine devenue discipline olympique à part entière. C'est en 2010 que le 3x3 a d'abord été adopté aux JOJ. Et il y figure toujours en bonne place. La Côte d'Ivoire, qui connaît une reviviscence de ses sélections jeunes en basket, s'empare aussi du basket 3x3. Rencontre avec l'équipe ivoirienne du 3x3 à Abidjan, avant le départ de celle-ci à Dakar. L'occasion d'observer la préparation et les ambitions de cette équipe ivoirienne aux premiers JOJ en Afrique. De notre correspondant à Abidjan, Les quatre « Éléphanteaux » du basket 3x3 ont été retenus à l'issue de diverses sessions de préparation entamées plusieurs mois auparavant à Abidjan. Mais déjà, en décembre 2025 en préambule, les jeunes Ivoiriens avaient décroché la médaille de bronze aux Jeux africains de la jeunesse en Angola. Mohamed Siby, 17 ans, était de cette aventure. Et il est l'un des quatre joueurs sélectionnés pour les Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026. « On a commencé la sélection avec la compétition en Angola. De retour en Côte d'Ivoire, on a commencé les préparations pour pouvoir garder les automatismes. On se préparait physiquement, mentalement. Le coach nous motivait et nous aussi. Nous avons un bon état d'esprit pour représenter la Côte d'Ivoire », explique-t-il. Un bel état d'esprit après un long marathon d'étalonnage, ponctué par le camp FIBA 3x3 des jeunes à Dakar. Pour le sélectionneur Ange Mian, le processus s'est décliné en trois séquences phares : « D'abord, une période de préparation physique et de sélection. Ensuite, la deuxième période, c'était purement de la technique et la connaissance du règlement. Et la troisième période, enfin, c'était technico-tactique. Plein feu en situation de match, gestion des 12 secondes, des 10 minutes -1 ou +2 etc. » À lire aussiJOJ Dakar 2026: portrait d'Arno Yafunga, jeune judoka réfugié au Kenya [3/5] Outre ces aspects physiques, techniques et tactiques, c'est l'ambition légitime d'une génération, sacrée championne d'Afrique U16 puis U18, qui porte ces jeunes talents. Samuel Kinda, international ivoirien de 16 ans, raconte : « Ça a demandé beaucoup de concentration, beaucoup d'énergie, beaucoup de QI, parce que le basket 3x3 est un sport avec beaucoup de rigueur, avec beaucoup d'intensité. On sait déjà qui on va affronter. On s'est préparé pour ça. Donc voilà, nous sommes prêts. » Prêts d'autant plus que ces jeunes basketteurs entrent dans l'histoire en devenant la première cohorte ivoirienne du 3x3 à des Jeux olympiques, fussent-ils ceux de la jeunesse. « C'est avec nous que ça commence pour les Jeux olympiques de la jeunesse. Donc moi et mes amis, on est vraiment motivés et déterminés pour représenter la Côte d'Ivoire. Et là, on va rendre fière la Côte d'Ivoire en revenant avec une médaille d'or », affirme Mohamed Siby. Des ambitions qui font écho aux attentes du sélectionneur Ange Mian, dont le but est de jouer les premiers rôles en procédant graduellement. « Mon premier objectif, c'est sortir des phases de poule, annonce-t-il. Parce que dans notre poule, nous sommes avec les Îles Salomon et l'Allemagne, qui est une très bonne nation de basket 3x3. Donc d'abord, je veux qu'on sorte de cette poule. Et puis, les objectifs vont se faire ensuite, match par match. Mais connaissant mes athlètes, on peut quand même jouer un peu le podium. » Ces athlètes Paul Adja, Quentin Ano, Khalil Issouf – tous 16 ans – et Mohamed Siby, 17 ans, ont déjà posé leurs valises à Dakar, où ils vont écumer le demi-terrain du Complexe de la Tour de l'Œuf à partir du 6 novembre. À lire aussiJOJ Dakar 2026: les Makis Ladies de Madagascar à l'assaut de la compétition de rugby à 7 [2/5]
Les Jeux olympiques de la jeunesse vont se tenir à Dakar, au Sénégal, du 31 octobre au 13 novembre. Ce sera la première épreuve olympique à se tenir sur le continent africain. Ce sera aussi la première fois qu’une équipe olympique de réfugiés participera aux Jeux de la jeunesse. Six jeunes athlètes originaires de différents pays d'Afrique, réfugiés au Kenya et en Ouganda, vont concourir en athlétisme, judo et taekwondo. Parmi eux, Arno Yafunga, jeune judoka, réfugié au Kenya. De notre correspondante à Nairobi, Les judokas affûtent leurs techniques de combat sur les tatamis de cette petite salle de judo de Nairobi. Parmi eux, Arno Yafunga, originaire de la République démocratique du Congo. Il  est arrivé au Kenya lorsqu'il était enfant. Aujourd'hui âgé de 15 ans, il participera aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar au sein de l'équipe des réfugiés, en judo, dans la catégorie des moins de 55 kilos. Il ne cache pas son ambition. « Je ne veux pas de médaille d'argent ou de bronze. Mon objectif est la médaille d'or, pour prouver qu'en tant que réfugiés, nous avons besoin de plus d'opportunités pour participer à des compétitions à l'étranger. J'ai failli pleurer quand j'ai appris que j'avais cette opportunité qui est immense pour moi. Je veux montrer qu'en tant que réfugiés, nous sommes capables d'accomplir de grandes choses », affirme-t-il. Son emploi du temps est strict : course à pied tôt le matin, école la journée, puis entraînement de judo le soir. Une passion pour ce sport de combat qu'il a hérité de son père. « Je voyais mon père aller au judo le matin. Ça m'a donné envie de pratiquer ce sport. Alors, je lui ai demandé de m'y emmener, car je voulais apprendre le judo, raconte-t-il. Ce sport m'éloigne des mauvaises fréquentations. Ici, à Nairobi, la vie peut être difficile. Il y a beaucoup de garçons qui peuvent vous entraîner à faire de mauvaises choses et vous attirer des ennuis. Dans le judo, c'est différent : on apprend le respect et le sens des responsabilités. Ça ne donne pas envie de se lier avec un tel groupe. » À lire aussiJOJ Dakar 2026: en RDC, Mervie Yemebele, un jeune talent de l'épée congolais [1/5] Arno s'entraîne avec son père, Arnold, lui-même ceinture noire de judo. Ce Congolais dit avoir fui la RDC craignant pour sa vie et celle de ses proches. Il vit depuis plusieurs années en tant que réfugié au Kenya. « La vie de réfugié, c'est vraiment difficile. Si vous n'avez pas la carte ou bien le permis de travail, vous ne pouvez pas travailler ici. Et puis, les équipements de judo, c'est pas facile de les avoir comme ça. Il y en a beaucoup qui ont du talent mais ils ont des problèmes : des difficultés de documents ou des difficultés d'accès à des places pour s'entraîner. C'est un peu difficile », regrette-t-il. Arnold espère que la qualification de son fils aux Jeux olympiques de la jeunesse à Dakar au Sénégal sera aussi source d'espoir pour sa communauté : « Être réfugié, n'est pas dire que c'est la fin. Un réfugié aussi à droit de rêver grand. Comme aujourd'hui Arno aussi est en train de rêver grand. Et nous espérons qu'il y aura de belles choses qui se passeront là-bas. » Comme Arnold et Arno, plus de 800 000 réfugiés et demandeurs d'asile vivent actuellement au Kenya selon des chiffres des Nations Unies. La moitié d'entre eux ont moins de 17 ans. À lire aussiJOJ Dakar 2026: les Makis Ladies de Madagascar à l'assaut de la compétition de rugby à 7 [2/5]
Elles vont représenter Madagascar lors de la compétition de rugby à 7 aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar, les Makis Ladies achèvent cette semaine une préparation intense à Antananarivo, après avoir participé à un stage en Tunisie mi-octobre. Techniques de mêlée, de plaquage, stratégies d’attaque et de défense : si rien n’est laissé au hasard, c’est avant tout grâce à leur mental que ces jeunes sportives et leur coach disent vouloir faire la différence.  De notre correspondant à Antananarivo, La coach Dina Razafindratsara ne ménage pas ses douze joueuses. Sur le terrain à l’herbe jaunie du stade Maki d’Andohatapenaka, l’équipe enchaîne sous un soleil de plomb passes, plaquages et exercices de mêlées. « Les profils sont variés. Certaines évoluent dans des écoles de rugby depuis l’enfance, d’autres ont commencé il y a seulement deux ans, précise la coach. Elles ont passé des tests pour intégrer l’équipe. On a pris en compte leur taille, leur vitesse, leur technique et leur capacité intellectuelle à lire le jeu. » Le rugby à 7 demande explosivité et réactivité. La partie est courte, 14 minutes, le jeu, très intense. Sarika Raveloarisoa, 17 ans, porte fièrement le maillot des Makis aux couleurs malgaches : rouge, blanc et vert. « Ce que j’aime dans le rugby à 7, c’est qu’il y a plus d’espaces, d’intervalles où je peux me faufiler, explique-t-elle. Que ce soit pendant les entraînements ou à la maison, je me projette, je fais comme si j’étais déjà au Sénégal, et j’entretiens ma rage de vaincre. » Sport très populaire dans les bas quartiers de la capitale, le rugby attire 20 000 fans à chaque rencontre au stade Maki. « Ce que le rugby m’a appris, c’est la solidarité, le partage, l’amitié, confie Savanna Rakotonindrina, 16 ans, qui rêve de devenir joueuse professionnelle. Je suis honorée de représenter le pays dans une compétition internationale à l’étranger, je suis excitée d’y aller, j’ai hâte d’y être ! » À lire aussiLe Sénégal accueille les Jeux de la jeunesse, premier événement olympique en Afrique « Un état d’esprit de championnes ! » Au bord du terrain, Zo Andrianantenaina soigne l’une des joueuses, blessée après un violent choc. Cette kinésithérapeute est consciente que leurs conditions de préparation sont loin d’être optimales à quelques jours du décollage pour Dakar. « Ici, à Madagascar, les athlètes n’ont pas de vrais nutritionnistes qui les suivent. Mais on essaye de les conseiller sur ce qu’il faut manger ou faire pour avoir plus d’énergie. Le vrai problème, c’est le problème financier, souligne la kinésithérapeute. Toutes ces joueuses-là n’ont pas le même niveau de vie au quotidien, certaines ne mangent que deux fois par jour. Cela va provoquer des carences. Mais heureusement, notre point fort, c’est le mental ! » Ne rien lâcher, tout donner, c’est aussi le mot d’ordre de la coach dans son débrief après deux heures d’entraînement. « Quel est votre objectif aux Jeux olympiques ? Être championnes ? Alors, j’ose croire que vous avez un état d’esprit de championnes ! », s'exclame-t-elle. Les Makis Ladies affronteront la République tchèque, l’Espagne et les États-Unis en matchs de poule. À lire aussiJOJ Dakar 2026: en RDC, Mervie Yemebele, un jeune talent de l'épée congolais [1/5]
En République démocratique du Congo, Mervie Yembele, 16 ans, est l’un des neuf athlètes congolais sélectionnés pour participer aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar prévus du 31 octobre au 13 novembre. Sa discipline : l’escrime qu'il pratique au quotidien à Kinshasa. Les lames des escrimeurs s’entrechoquent dans la commune de Lemba, à Kinshasa. Sur un terrain de sport en plein air, une poignée de jeunes, en tenue blanche, manient l’épée ou le fleuret. Parmi eux, Mervie Yembele. « Je m'entraine tous les matins de 8 h à 11 h ou 12 h, du lundi au samedi ; et le soir, mardi, jeudi et samedi », précise-t-il. Un programme chargé car à 16 ans, le jeune escrimeur se prépare à participer à ses premiers Jeux olympiques de la jeunesse. Son arme de prédilection : le sabre. « La façon de marquer par l'arme et tout, parade et tout. Avec toute cette rapidité dans une tierce de minutes, c'est vraiment chouette », explique-t-il. Pourtant, il y a quelques années encore, Mervie Yembele ne connaissait pas l’escrime. C’est en regardant les Jeux olympiques de Rio, au Brésil, en 2016, qu’il découvre cette discipline. « Il y a des gens qui se focalisent maintenant à la télé : "Il y a les Jeux olympiques, il y a les Jeux olympiques !" Je voyais des gens porter des tenues et des lames. Je me demandais : c'était quoi en fait ? Et je pensais que c'était seulement à l'extérieur du pays. Et du coup, après un moment, on a contacté mon maître en me disant que "non, ça existe aussi en RDC". Puis, j'ai adhéré à la Fédération », raconte-t-il. À lire aussiPourquoi les Jeux Olympiques de la Jeunesse ont-ils été créés ? Visage dissimulé derrière son masque, jambes fléchies en position de garde, le jeune athlète peaufine sa technique. Son objectif : décrocher une médaille aux Jeux olympiques de la jeunesse. « C'est vraiment un honneur pour moi de participer aux JOJ. La RDC ne compte pas de médaille olympique et du coup, aujourd'hui, je crois que c'est ma chance. Je dois saisir cette opportunité et ramener la toute première médaille olympique pour la République démocratique du Congo », affirme-t-il. Mais pour atteindre ce rêve, encore faut-il disposer des moyens nécessaires. Un défi pour ce jeune sportif congolais, comme l’explique Anaël Konga, vice-président de la Fédération congolaise d’escrime. « Les conditions d'entraînement sont vraiment médiocres. La fédération n'a pas de salle, nous n'avons pas de sponsors. On n'arrive pas vraiment à former suffisamment d'athlètes pour répondre aux besoins des compétitions. Le rendement sera assez difficile, mais comme le cœur y est. Alors on essaie de faire avec. » La Fédération congolaise d’escrime compte un peu plus d’une centaine de licenciés. À lire aussiJOJ Dakar 2026: ces jeux permettent de préparer les jeunes athlètes «aux exigences des standards du CIO»
À Abuja, la capitale fédérale du Nigeria, le bilan de la saison des pluies est lourd : des rues submergées devenues impraticables, la chaussée cédant par endroit, des bâtiments endommagés. Pourtant, un plan directeur, établi en 1979, avait pour but d'éviter les inondations, en respectant la topographie naturelle de la ville, et en empêchant toute construction sur les cours d’eau. Aujourd’hui, urbanistes et membres de la société civile regrettent que ce plan n'ait pas été suivi et appellent à un sursaut des autorités, afin de protéger durablement la ville. De notre envoyé spécial à Abuja, Tout près du carrefour Gudu, dans le sud de la capitale fédérale, une partie du pont s’est effondrée pour finir dans le cours d’eau anonyme qu’il surplombait. Danjuma Silas, un habitant du quartier, constate depuis 5 ans une dégradation de cette route lorsque les pluies torrentielles surviennent : « L’inondation paralyse tout, elle est partout. On ne peut même pas voir le pont. Si on ne fait pas attention, on peut tomber dans l’eau. Beaucoup de gens sont tombés et ont perdu la vie. » Ce secteur est désormais classé à haut risque par l’agence hydrologique nationale, car systématiquement submergé lors d’épisodes de fortes pluies. Ces derniers sont de plus en plus intenses. Et les aménagements urbains ont rendu la ville beaucoup moins résiliente. Ainsi le recul des espaces verts aggrave les inondations car les eaux de pluie ne peuvent plus être absorbées. Pour Nathaniel Atebije, ancien président de l’Institut des urbanistes du Nigeria, c’est la conséquence des politiques de ces dernières années : « Tout changement dans l'utilisation des terres, c'est comme si nous changions de système. De mauvaises décisions ont été prises, en particulier sur les zones sensibles, en particulier sur le plan écologique. Des zones de drainage ont été attribuées aux gens et ils construisent sans avoir le sentiment qu'un jour cela pourrait créer un problème. » À lire aussiNigeria: le ministre des Finances exclut tout retour des subventions sur les importations d'essence « Nous devons agir avant que les inondations ne se produisent, pas attendre que les gens aient perdu leur maison ou leur vie » Le ministre du Territoire fédéral Nyesom Wike décline toute responsabilité de son administration. Il affirme que les autorisations de construction ont été délivrées avant sa prise de poste. Il a depuis ordonné une vague de démolitions d’habitations obstruant les cours d’eau. Une réponse insuffisante, selon Paul Gwumapan Joseph responsable de plaidoyer du réseau d’ONG Climat et développement durable (CSDevNet) : « Les démolitions peuvent aider en fait dans certains endroits. Nous avons également besoin d'une meilleure élimination des déchets car les déchets éliminés et drainés sans discernement peuvent bloquer l'écoulement de l'eau. Nous devons agir avant que les inondations ne se produisent, pas attendre que les gens aient perdu leur maison ou leur vie avant de commencer à agir. » Du côté des autorités, on promet de repenser la ville. Initialement prévue pour être révisée tous les cinq ans, la planification de 1979 n’a jamais été formellement actualisée. Nyesom Wike a déclaré mi-août qu’un nouveau plan directeur est à l’étude en collaboration avec des agences internationales pour « s’adapter aux nouvelles réalités de la capitale », qui a largement dépassé les prévisions démographiques. À lire aussiAbuja, les enjeux urbains de la capitale nigériane: le conflit urbano-pastoral [1/2]
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