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Revue de presse Afrique
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Revue de presse Afrique

Author: RFI

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

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« Des élections tendues, considérées comme un test de la force de Musévéni » : c’est ainsi que le Monitor titre son article sur la journée d’hier. Le journal ougandais en ligne, considéré comme indépendant du pouvoir, ne se fait pas l’écho des problèmes techniques survenus hier pendant la journée de vote, mais précise toutefois que « le scrutin s’est déroulé sous haute surveillance policière et militaire. Les autorités ont coupé l’accès à Internet dans tout le pays, mardi, afin de lutter contre ce qu’elles qualifient de désinformation concernant l’élection ». Quant aux enjeux de l’élection, le journal ougandais estime « qu’elle est largement perçue comme un test de la force politique de Museveni, 81 ans, et de sa capacité à éviter le genre de troubles qui ont secoué ses voisins, la Tanzanie et le Kenya, alors que les spéculations vont bon train quant à sa succession éventuelle ».  Le résultat du scrutin ne fait toutefois aucun doute, comme le rappelle Africanews : « Le président Yoweri Museveni, qui dirige l’Ouganda depuis plus de quarante ans, est donné largement vainqueur pour un septième mandat, bénéficiant d’un contrôle quasi-total de l’Etat et des forces de sécurité ». Un scrutin émaillé d’incident techniques, ajoute Africanews : « De nombreux bureaux de vote ont enregistré plusieurs heures de retard en raison de la lenteur de l’arrivée des urnes et du dysfonctionnement des machines biométriques … » L'attente continue Au Bénin, les résultats des élections de dimanche se font toujours attendre. « Le suspens continue », titre la Nouvelle Tribune. « A ce jour, précise le quotidien béninois, même si les délais légaux ne sont pas encore échus, ni les grandes tendances du vote ni les résultats officiels n’ont été rendus publics par les autorités compétentes ». Ce qui ne contribue pas à un climat serein : « Dans l’espace politique, explique la Nouvelle Tribune, l’absence de chiffres officiels alimente toute sorte de spéculations et de calculs d’avant-bureaux. Certains états-majors de partis affirment disposer de "leurs propres estimations" basées sur des remontées locales, tandis que d’autres appellent à la patience et au respect du processus légal avant toute proclamation ». En attendant les résultats, certains médias béninois ont choisi de faire de la pédagogie. Ainsi la Nation, qui titre « Non à la désinformation électorale », et publie à l’intention de ses électeurs, une série de recommandations indiquant « les bons réflexes à avoir face à une information douteuse ».  Le journal béninois conseille d’abord « de prendre du recul et de ne pas réagir immédiatement, face à une information, quelle que soit sa nature ». Autre conseil : « Identifiez la source de votre information, c’est-à-dire recherchez qui parle et dans quel but, car une information n’a de valeur que si l’on sait clairement d’où elle vient. » Suivent d’autres conseils judicieux, à lire dans la Nation.  Visas pour la Coupe du monde de football Au Nigeria, le journal le Guardian revient sur la décision prise par Donald Trump d’interdire de visas 75 pays étrangers. L'inquiétude est à l’ordre du jour. « L’interdiction de voyager imposée par Donald Trump laisse les Nigérians dans l’incertitude quant à la Coupe du Monde » explique ainsi le Guardian. « Les fans de football nigérians qui prévoyaient de se rendre aux Etats-Unis pour assister à la Coupe du Monde, pourraient ne pas concrétiser leur projet, suite à l’interdiction de voyager imposée par l’administration de Donald Trump à certains pays africains », ajoute le quotidien nigérian indépendant, qui remarque toutefois « que cette interdiction ne concernerait qu’un nombre limité de fans ». En effet, ajoute-t-il, « le coût du voyage pour la Coupe du Monde, notamment le prix des billets, fait que seuls les plus riches peuvent se permettre de se rendre en Amérique du Nord, pendant la compétition ». Et il leur faudrait encore fournir de multiples assurances, dont celle-ci :  « Prouver des liens solides avec le Nigéria, et une intention claire de retourner au pays ». 
Les Lions de la Téranga contre les Lions de l’Atlas… C’est donc l’affiche de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations de football qui aura lieu dimanche soir. Dans les deux pays, Sénégal et Maroc, on exulte… « Pharaonique », lance Le Soleil à Dakar en première page. « Tanger, un soir de gloire. Devant 52.000 spectateurs et sous une tension électrique, le Sénégal a une nouvelle fois dompté l’Égypte pour s’offrir une place en finale de la CAN 2025. Au terme d’un combat tactique haletant, les Lions ont trouvé la faille à la 77ᵉ minute grâce à leur leader éternel, Sadio Mané, auteur d’un but aussi libérateur que symbolique. » « Un peuple, un but, une finale », renchérit Walf Quotidien. « Une frappe… et Mané libère tout un peuple. Les Lions tiennent leur finale. La quatrième de leur histoire après 2002, 2019 et 2021. » Interrogé par le journal, le sélectionneur Pape Thiaw explique la clé du match : « face à une équipe qui aime défendre et qui a deux grands attaquants qui pouvaient nous faire mal, il fallait équilibrer. Les joueurs ont respecté cela. Après, on avait le ballon. En jouant dans la profondeur et sur les côtés, on pouvait sortir leurs centraux. On a pu le faire avec Mané qui a débloqué cette situation. » Marée rouge et verte « Le Maroc en finale de la CAN-2025 : joie suprême à Rabat » : c’est le grand titre du quotidien Aujourd’hui. « Des cris, des larmes, des drapeaux brandis partout, relate le journal. Dès le coup de sifflet final scellant la qualification des Lions de l’Atlas pour la finale de la CAN 2025 en battant le Nigeria, le Maroc tout entier est entré en liesse. (…) Dans les rues de Rabat, la nuit s’est muée en une marée rouge et verte. Klaxons, chants patriotiques, youyous et accolades entre inconnus ont dessiné le visage d’un peuple uni derrière son équipe nationale. Les Lions de l’Atlas n’ont pas seulement gagné un match : ils ont réveillé une ferveur collective, un sentiment d’appartenance puissant. » « Le Maroc élimine le Nigeria au bout du suspense », tonne Le Matin. En effet, après 120 minutes de jeu, le Maroc et le Nigeria ont du se départager aux penaltys… Tel Quel raconte : « El Aynaoui se lance pour le premier tir au but. Il marque et permet à tout un peuple de respirer. Le reste est un ascenseur émotionnel. Igamane, dans son jardin, rate. Mais Bounou rattrape le coup, plutôt deux fois qu’une en arrêtant deux penaltys. En-Nesyri s’occupe du dernier tir pour libérer tout un peuple. » En effet, pointe Afrikfoot, « auteur de deux arrêts durant la séance de tirs au but, Yassine Bounou est le héros du soir. » Il a d’ailleurs été sacré homme du match. « Au Bounou de la nuit », ironise pour sa part L’Equipe à Paris. Référence, vous l’aurez compris, au gardien marocain et à l’heure tardive de la fin de la rencontre… Quels Lions l’emporteront ? Alors, Maroc-Sénégal dimanche soir… Commentaire de WakatSéra : « si l’Afrique de l’Ouest est certainement déçue de ne pas avoir réussi à placer deux équipes en finale, le public de la CAN, lui, sera ravi d’assister à un duel de fauves qui s’annonce très disputé, avec les deux meilleures équipes de la compétition. En tout cas, quel que soit le résultat de l’ultime soirée de la CAN marocaine, Dame Coupe rejoindra une tanière de Lions ! » Enfin, qui va l’emporter ? Le Pays penche pour… le Sénégal : « une équipe redoutable qui ne laisse quasiment aucune chance à ses adversaires, pointe le quotidien burkinabé. Avec 12 buts marqués contre seulement 2 encaissés, sans la moindre défaite depuis le début de la compétition, le Sénégal réalise jusque-là, un parcours digne d’un grand champion. Et en écartant sur leur chemin, l’équipe la plus titrée de la compétition, les Lions de la Téranga peuvent rêver d’une deuxième étoile. Sadio Mané et ses camarades ont prouvé qu’ils avaient les moyens de concrétiser leur ambition. Iront-ils jusqu’au bout de leur rêve ? On le saura dimanche soir. »
« Sénégal-Égypte et Maroc-Nigeria. Pour des demi-finales, on ne pouvait mieux rêver pour cette CAN-Maroc 2025, s’exclame WakatSéra à Ouagadougou. Une CAN qui tient toutes ses promesses, tant au niveau de jeu généreusement fourni par des sportifs que des stars qui ont décidé de jouer non pas pour leur propre gloire, mais pour le collectif. Ils seront cinq Ballons d’Or (africains) sur les pelouses, ce mercredi, pour essayer de décrocher les deux tickets pour la finale : le Sénégalais Sadio Mané, l’Égyptien Mohamed Salah, le Marocain Achraf Hakimi et les Nigérians Victor Osimhen et Adémola Lookman. Un carré d’as aux airs de finale, pointe encore WakatSéra, avec des confrontations qui seront chaudes, compte tenu des forces et des ambitions en présence ». Des duels de haut niveau… Et dans chaque camp, on fourbit ses armes… « Maroc-Nigeria, même pas peur », lance l’hebdomadaire marocain Tel Quel sur son site internet. « Vingt-deux ans après, le Maroc retrouve le parfum d’une demi-finale de Coupe d’Afrique des Nations. Ce soir, au Complexe Moulay Abdellah, les Lions de l’Atlas défient le Nigeria, monument du football africain, dans un choc qui sent l’histoire, la revanche du temps et l’instant de bascule. Face à l’une des meilleures sélections du continent, le Maroc avance sans trembler. Respectueux, mais pas impressionné ». « Duel pharaonique pour les Lions », piaffe Walf Quotidien à Dakar. « Les Lions savent qu’ils sont à 90 minutes voire 120 minutes, des portes d’une finale. Face à l’Égypte, ils seront appelés à sortir les crocs. Même s’ils partent avec les avantages des pronostics. Sadio Mané et ses coéquipiers n’ont jamais fui leur statut de favori depuis le début du tournoi. Ils l’assument sur le terrain sans pour autant briller comme le souhaitent leurs nombreux supporteurs. Le Sénégal doit tout de même se méfier d’une sélection égyptienne accrocheuse et solide derrière ». Absence royale Un absent de marque à cette CAN : le roi du Maroc… Invisible depuis le début de la compétition. « Mais où est passé Mohammed VI ? », s’interroge Le Point Afrique. Ce soir, c’est le prince héritier Moulay El Hassan, 22 ans, qui représentera le pouvoir royal. Face aux interrogations croissantes sur l’absence de son père, un communiqué a été publié il y a deux jours par l’agence officielle MAP, comme quoi le roi souffrait du dos. En fait, « une compression probable du nerf sciatique, explique un spécialiste cité par Le Monde Afrique, qui peut s’expliquer par une hernie discale, de l’arthrose lombaire, ou encore une tumeur. » En tout cas, il n’en fallait pas plus pour relancer les rumeurs sur l’état de santé du roi. « Agé de 62 ans, Mohammed VI affiche une santé fragile, rappelle Le Monde Afrique, que plusieurs personnes attribuent, sous le couvert de l’anonymat, à une sarcoïdose, une maladie rare qui atteint, dans la plupart des cas, les poumons, avec des complications ultérieures sur d’autres organes ». Le (faux) marabout démasqué… Enfin, au Mali, sorti par le Sénégal en quarts de finale, certains supporters sont très remontés contre un certain Sinayoko Karamoko… Il est surnommé le marabout de la CAN, un soi-disant féticheur malien qui avait annoncé la victoire de son équipe… Raté, donc… D’après le site Senego, le sieur Karamoko aurait été arrêté pour escroquerie. « Il assurait en effet détenir des pouvoirs mystiques capables de garantir la victoire des Aigles du Mali à la CAN, en échange de donations. Il aurait ainsi perçu plus de 22 millions de FCFA. (…) À l’annonce de la défaite du Mali face au Sénégal, une foule en colère s’est rendue au domicile du marabout présumé. La police est intervenue à temps pour l’exfiltrer et éviter tout débordement ». Réaction de l’intéressé rapportée par Jeune Afrique : « si Dieu ne m’a pas écouté, vous devez comprendre, et je remercie surtout la police d’être intervenue au bon moment ». Commentaire du site panafricain : « les promesses (du prétendu marabout) étaient moins fiables qu’il n’y paraissait. Elles étaient surtout soumises à la règle du inch’Allah… »
Ces derniers mois, il y avait les attaques contre les convois de carburant. « Au plus fort de la crise, rappelle Jeune Afrique, en octobre et novembre, Bamako avait subi d’importantes pénuries, grippant l’économie de la capitale et entraînant des délestages d’électricité ». Désormais, l’approvisionnement en carburant de la capitale s’est amélioré, grâce notamment aux escortes armées qui encadrent les camion-citerne. Mais, autre front… Les autorités de Bamako doivent faire face à des attaques de sites industriels et miniers. « Les terroristes, après le blocus économique, veulent empêcher les usines de tourner. Ils ont attaqué trois usines dimanche dans la région de Kayes (ouest). Les dégâts sont énormes », confie une source sécuritaire malienne citée par Le Monde Afrique. Cette même source assure que « l’État a dépêché des renforts sur le terrain ». Pas moins de 160 terroristes circulant à moto auraient pris part à ces attaques. Une hausse des prix chronique… À cette insécurité chronique, s’ajoutent les difficultés du quotidien… « La cherté de la vie n’est plus perçue comme une succession de crises ponctuelles, mais comme une réalité installée, relève le site d’information Maliweb, qui affecte l’ensemble des couches sociales. Aliments pour bétail, céréales, transports ou produits de base connaissent des hausses répétées, sans cadre de régulation lisible ». Maliweb qui prend l’exemple du « sac de 50 kg d’aliments pour bétail qui se négocie à Bamako désormais entre 9000 et 16 000 FCFA, selon les marchés et les périodes. Un niveau qui met sous pression les ménages pratiquant l’élevage urbain de subsistance. Cette activité, largement tolérée mais peu encadrée, illustre les limites de l’intervention publique dans l’économie du quotidien, pointe le site. Ce phénomène de hausse des prix ne relève pas uniquement de tensions conjoncturelles. Il s’inscrit dans une dépendance structurelle aux importations, aggravée par la hausse des coûts de transport, l’insécurité sur certains axes logistiques et la faiblesse de la production locale ». L’ambition d’une « souveraineté retrouvée » Un contexte économique difficile qui tranche avec le discours officiel, rapporté notamment par Sahel Tribune. Sahel Tribune qui se félicite de la « souveraineté retrouvée du Mali. (…) Depuis 4 ans, explique-t-il, le Mali s’est engagé dans une entreprise titanesque, à savoir reconstruire sa souveraineté par le développement de ses infrastructures, de son énergie et de son économie productive. Derrière cette stratégie, impulsée par le général Assimi Goïta, se dessine le récit politique d’un pays qui entend rompre avec la dépendance, maîtriser ses ressources et affirmer une autonomie totale face aux institutions régionales et internationales, aux visées "capitalistes et impérialistes" ». Sahel Tribune met en avant notamment « les centrales solaires de Sanankoroba, Safo et Tiakadougou-Dialakoro, d’une capacité cumulée de 400 mégawatts. (…) Fruits de partenariats diversifiés avec la Russie et la Chine, ces infrastructures traduisent la volonté inébranlable du Mali de sortir de la dépendance énergétique, alors que 70 % de sa production reposait encore récemment sur le thermique ». Pour autant, reconnait Sahel Tribune, « le tableau reste fragile. Le pays demeure frappé par une crise sécuritaire endémique dans le nord et le centre. Ce qui ralentit plusieurs chantiers. Les coupures d’électricité persistent, et la dette publique pèse sur les finances nationales. Mais la rhétorique officielle demeure inébranlable. Le pouvoir entend bâtir malgré la guerre. (…) Bamako ne veut plus subir l’histoire, elle veut la construire ». Est de la RDC : la recrudescence des violences sexuelles Enfin, autre sujet, autre pays… C’est à lire dans Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC : au Congo démocratique, « les violences sexuelles explosent et l’aide aux victimes diminue. (…) Le Fonds des Nations unies pour la population a relevé l’année dernière plus de 80 000 cas de viols dans l’est de la RDC, soit une hausse de 32 % par rapport à la même période en 2024. Pour sa part, l’ONG Human Rights Watch a récemment documenté les violences sexuelles commises par cinq groupes armés non-étatiques et par des soldats de l’armée congolaise ». Les victimes de viols sont donc de plus en plus nombreuses et dans le même temps, les équipements de santé manquent, relève Afrikarabia, comme les kits de protection anti-VIH. En cause notamment, l’arrêt de l’aide internationale américaine.
Donald Trump n’aime pas l’Afrique : lors de son premier mandat, en 2018, déjà, il traitait les pays du continent de « pays de merde » ; en décembre dernier, il récidivait, en utilisant le même terme, « shithole countries », qui peut se traduire littéralement, comme le précisait Libération, par « pays de merde », donc, ou encore par « trou à rat », « taudis », « porcherie ». Dernière mesure en date pénalisante pour l’Afrique : en ce début d’année 2026, relève Afrik.com, « les conditions d’accès aux États-Unis se durcissent pour plusieurs pays. Dans une mise à jour publiée discrètement par le département d’État, l’administration Trump a élargi ses restrictions de voyage à 5 nouvelles nations du continent. Le Botswana, la République centrafricaine, la Guinée, la Guinée-Bissau et la Namibie intègrent désormais la "liste orange". (…) Avec ces nouveaux ajouts, précise le site, ce sont désormais 20 pays africains qui se retrouvent sous le coup de restrictions spécifiques imposées par Washington. La situation est encore plus critique pour 12 de ces nations, placées sur une "liste rouge" qui suspend quasi intégralement l’octroi de visas, sauf dérogation exceptionnelle servant les intérêts directs de la sécurité intérieure américaine ». « La mesure la plus spectaculaire et la plus pénalisante de cette nouvelle politique, relève encore Afrik.com, réside dans l’exigence d’une garantie financière. Depuis le 1er janvier, les voyageurs originaires des pays ciblés doivent déposer une caution dont le montant varie entre 5000 et 15 000 dollars. Si les autorités américaines présentent cette somme comme un levier pour garantir que les visiteurs ne dépassent pas la durée légale de leur séjour, ce coût devient, dans les faits, un rempart infranchissable pour une grande partie des populations locales ». « Quand Trump claque la porte, l’Afrique trinque » Autre mesure qui impacte directement les pays africains, relève Jeune Afrique : « Donald Trump a signé, mercredi dernier, un mémorandum qui acte le désengagement immédiat des États-Unis de 66 organisations internationales jugées contraires aux intérêts américains. Les activités de plusieurs d’entre elles sur le continent en seront directement affectées ». Commentaire du site panafricain : « quand Trump claque la porte, l’Afrique trinque. » En effet, parmi les organisations désormais boudées par les États-Unis, figurent notamment la Commission économique pour l’Afrique, le Bureau du conseiller spécial des Nations unies pour l’Afrique et le Forum permanent sur les personnes d’ascendance africaine. Mais aussi le Giec, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, ou encore la CNUCED, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. Le robinet de l’aide américaine coupé… Qui plus est, rappelle pour sa part Le Monde Afrique, depuis l’année dernière, les pays du continent font « face au désengagement américain de l’aide au développement. (…) Depuis l’électrochoc Trump, ils apprennent à faire sans l’aide des États-Unis. De 15,9 milliards de dollars en 2024, on est passé à 8,3 milliards de dollars en 2025, soit une contraction de 52 %. (…) Washington, rappelle Le Monde Afrique, assurait à travers USAID, l’Agence des États-Unis pour le développement international, désormais dissoute, un tiers en moyenne des financements publics extérieurs. Programmes fermés du jour au lendemain, en priorité lorsqu’ils traitent de l’égalité de genre, d’accès à la contraception ou de lutte contre le changement climatique, ruptures d’approvisionnement de médicaments, de rations alimentaires, de semences, vagues de licenciements… La décision de Donald Trump a plongé des millions de personnes dans une situation de plus grande précarité et mis des vies en péril ». En fait, précise le journal, « l’administration Trump a commencé à appliquer sa doctrine privilégiant le commerce plutôt que l’aide, déjà mise en avant lors du premier mandat du président républicain ». Et « plus encore qu’auparavant, les firmes américaines devraient être les bénéficiaires de cette redéfinition de la coopération ». Enfin, note encore Le Monde Afrique, « sous Donald Trump, l’Afrique est devenue le réceptacle des étrangers dont les États-Unis ne veulent plus, en particulier d’auteurs de crimes, même ayant purgé leur peine. Sous la pression ou en échange de contreparties tenues secrètes, le Soudan du Sud, l’Eswatini et le Ghana ont accepté le transfert de quelques dizaines de personnes originaires d’Asie, d’Amérique latine, mais aussi du continent ».
« L’Alliance des États du Sahel dénonce une violation de la souveraineté », titre Sahel Tribune, qui cite le capitaine Ibrahim Traoré, le président en exercice de l’AES : « Nous ne pouvons tolérer que la souveraineté d’un État soit bafouée par une intervention militaire étrangère. Cet acte est une violation flagrante du droit international. Il met en péril la stabilité mondiale ». L’AES demande également au Conseil de sécurité de l’ONU de « condamner clairement l’action américaine » et « exprime sa solidarité au peuple vénézuélien ». Au Mali, Bamada.net expose également les arguments de l’AES et précise que l’Alliance des États du Sahel « rejoint ainsi le Ghana » qui a qualifié l’intervention américaine « d’invasion unilatérale », et qui « dénonce des ambitions coloniales ». Le Tchad, de son côté, a appelé au « respect du droit international » alors que l’Afrique du Sud et l’Union africaine ont exprimé « leur grave préoccupation ».  Le communiqué de l’AES est également analysé en Côte d’Ivoire et au Sénégal. En Côte d’Ivoire, l'Infodrome estime « qu’au-delà du cas vénézuélien, la réaction des États du Sahel (le Burkina Faso, le Mali et le Niger) s’inscrit dans une dynamique plus large observée au sein du Sud global. Ces pays, eux-mêmes engagés dans des rapports tendus avec plusieurs puissances occidentales, font de la souveraineté nationale et du rejet des interventions étrangères un marqueur central de leur discours diplomatique ». « Force brute » Au Sénégal, Sénéplus publie une tribune de l’universitaire El Hadji Amadou Niang, intitulée « Quand la force brute défie le droit international ». Dans cette tribune, El Hadji Amadou Niang estime « que cette confrontation entre la force brute et le droit international dépasse largement le cadre latino-américain.  Elle résonne avec une acuité particulière en Afrique, continent où la souveraineté demeure fragile et où le droit international a longtemps été perçu comme un rempart contre l’arbitraire. L’enjeu n’est donc pas seulement vénézuélien. Il est, par essence, mondial. »  El Hadji Amadou Niang conclut son propos par une question : « Saurons-nous, par une voix collective et déterminée, rappeler que sans le respect des règles communes, il ne reste qu’un monde livré à la puissance, à l’arbitraire et à un silence lourd de renoncement ? ».  Ousmane Sonko face au FMI Le Premier ministre sénégalais s’est une nouvelle fois exprimé hier sur une éventuelle intervention du FMI au Sénégal. « Ousmane Sonko réaffirme le refus du Sénégal d’une restructuration imposée par le FMI », titre Dakar Matin. C’était hier, « lors d’une conférence de presse commune avec son homologue mauritanien Moctar Ould Djay. Le Premier ministre a notamment estimé que le FMI porte une part de responsabilité dans la situation actuelle du Sénégal ». « Il était là, il venait faire ses staffs visites, ses revues. Il ne peut pas dire qu’il n’était pas informé de ce qui s’est passé. » Ousmane Sonko cite le cas de l’Égypte, qui a bénéficié du soutien du FMI. À l’époque, rappelle le Premier ministre sénégalais, « la directrice générale avait déclaré : je ne peux pas abandonner un pays qui est dans cette situation et qui fait des efforts pour se relever ». « Dès lors, poursuit Dakar matin, « le chef du gouvernement sénégalais dit ne pas comprendre la pression exercée sur Dakar ». Sénégo revient aussi sur les déclarations d’Ousmane Sonko : « Face aux inquiétudes sur la situation financière du pays », explique le site d’information, « le Premier ministre Ousmane Sonko a réaffirmé la position ferme du gouvernement sénégalais : aucune restructuration de la dette ne sera acceptée. » « La ligne du gouvernement reste donc inchangée », analyse Sénégo. « Nous ne voulons pas de cette restructuration », a conclu le Premier ministre, « une position partagée par le président de la République et l'ensemble des ministères compétents », précise le site d'information. 
« Le Baromètre des accords de paix en Afrique a rendu publique lundi, constate le site congolais Actualité.cd, l’évaluation de la mise en œuvre de l’accord de paix de Washington, signé en juin dernier entre la RDC et le Rwanda. Une évaluation qui couvre la période du mois de décembre 2025. » Ses conclusions sont sans appel : « la dynamique observée les mois précédents s’est essoufflée en fin d’année. » En clair, précise Actualité.cd, « malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington — matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents Tshisekedi et Kagame — la situation sécuritaire sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali continuent de s’accuser mutuellement de violations des engagements pris, alimentant une méfiance persistante. » Qui plus est, « les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’émir du Qatar, connaissent également un net ralentissement. (…) Plusieurs mesures déjà actées, dont le mécanisme de cessez-le-feu, la déclaration de principes et l’accord-cadre, n’ont toujours pas été mises en œuvre. » Pour Kinshasa, pas question de partager le pouvoir « Conflit en RDC : le spectre de l’enlisement », constate également Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC. « Les multiples accords signés entre la RDC et les rebelles de l’AFC-M23 n’ont toujours pas réussi à faire taire les armes. Les processus de Washington et de Doha semblent moribonds, la guerre s’installe dans la durée et le président congolais Félix Tshisekedi n’a plus beaucoup de cartes dans son jeu pour reprendre la main. » Certes, précise Afrikarabia, « sur la table, il y a la libération de prisonniers, l’intégration de certains combattants rebelles dans l’armée régulière, mais il y a surtout un partage du pouvoir entre Kinshasa et la rébellion sur l’administration politique, économique et sécuritaire du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ce que l’AFC-M23 présente comme un "projet fédéraliste". Et cela, Kinshasa n’y est pas du tout disposé, pointe le site, considérant qu’il s’agit, ni plus ni moins, que d’une annexion de l’Est congolais par le Rwanda et ses supplétifs. Félix Tshisekedi s’accroche à la résolution 2773 des Nations unies qui exige un retrait des troupes rwandaises du sol congolais, l’arrêt du soutien de Kigali à l’AFC-M23, et le retrait immédiat des rebelles des zones occupées. Kinshasa estime donc qu’il n’y a rien à négocier avec l’AFC-M23. Le hic, relève encore Afrikarabia, c’est que la réalité du terrain et l’état des rapports de force ne plaident pas en sa faveur. La rébellion n’a jamais contrôlé un territoire aussi vaste. Elle installe ses propres hommes à la tête des administrations et recrute de nouveaux combattants, issus de ses conquêtes territoriales. » « Extrême méfiance » En fait, rebondit Jeune Afrique, « chaque partie s’accuse de mauvaise foi et les débats tournent court. Les mesures de confiance, comme l’échange de prisonniers avec l’aide du Comité international de la Croix-Rouge, n’ont pas encore abouti malgré la signature d’un mécanisme par les deux parties. "Le climat actuel est très tendu, polarisé entre la RDC et l’AFC-M23. Je vois mal comment ils pourront progresser. Il y a une atmosphère d’extrême méfiance des deux côtés", constate une source diplomatique. Malgré l’adhésion aux processus de paix en cours, les deux parties semblent avoir un point commun : elles croient toujours au rapport de force. » Jeune Afrique précise enfin le calendrier diplomatique : « En attendant un nouveau round de négociations au Qatar, les pays de la région ont rendez-vous à Livingstone, en Zambie, aujourd’hui et demain, dans le cadre d’une réunion sécuritaire de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs animée par les ministres de la Défense des 12 pays de l’organisation. Ce sera ensuite au tour de Lomé, au Togo, d’accueillir le 17 janvier une réunion "sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs visant à renforcer la confiance et à faire progresser le processus de paix". » Un intitulé ronflant pour un résultat attendu plutôt mince.
« Que du lourd au programme ! Rarement un tableau final de la Coupe d’Afrique des Nations aura eu aussi belle allure sur le papier, s’exclame le site Afrikfoot. Les affiches des quarts de finale de la CAN 2025 sont connues et tous les favoris sont là. » Vendredi : Mali-Sénégal : « Ce derby entre voisins promet des étincelles, affirme Afrikfoot. Les deux équipes sont toujours invaincues dans cette CAN. »  Suivi de Cameroun-Maroc : « avec un énorme Brahim Diaz, meilleur buteur de cette CAN (4 buts). » Samedi : Algérie-Nigeria : « le remake de la demi-finale de l’édition 2019, remportée par les Fennecs. » Suivi de Égypte-Côte d’Ivoire : « Sans faire de bruit, constate Afrikfoot, l’Égypte se rapproche doucement mais sûrement d’un 8e titre record. En face, la Côte d’Ivoire, portée par un Amad Diallo étincelant, est sortie indemne d’une phase de groupes très disputée avant de faire très forte impression face au Burkina Faso en 8e (3-0). » « Pitoyable ! » D’ailleurs la presse burkinabé fulmine… « Pitoyable ! », soupire Aujourd’hui à Ouagadougou. « Côte d’Ivoire – Burkina, le match qu’il ne fallait pas perdre. (…) Que dire après une telle forfaiture, presque déshonorante. C’est un naufrage pour Brama Traoré (le sélectionneur) ! Manque d’inspiration dans le classement et de coaching gagnant ! Mais on peut dire que la hiérarchie a été respectée, reconnait Aujourd’hui. La Côte d’Ivoire, championne en titre, ira défendre son trophée face à l’Égypte avec notre soutien en tant que pays frère sans rancune. Les Éléphants étaient les meilleurs. » Coté ivoirien, Fraternité Matin relève que « les Burkinabè n’ont pas fait le poids. Les Éléphants ont plié le match en l’espace de 8 minutes (20e et 32e). Dominateurs de bout en bout, les Pachydermes ont fait fuir les Étalons. » L’Algérie au bout du suspense Mardi, également, l’Algérie est venue difficilement à bout de la RDC. « Les Verts en quarts au bout du suspense », s’exclame le site algérien TSA. « Incroyable dénouement : les Fennecs ont battu les Léopards grâce à un but magnifique d’Adel Boulbina à deux minutes de la fin des prolongations. (…) Présenté comme le choc des huitièmes de finale de la compétition, ce match entre l’Algérie et la RD Congo a tenu ses promesses tactiques. » « Fin de parcours pour les Léopards », déplore pour sa part le site congolais 7 sur 7 : « Un match fermé, intense et équilibré, qui n’a livré son verdict qu’à la toute fin des prolongations. Cette élimination contraste avec la phase de groupes réussie des Léopards, constate encore le site congolais. La RDC avait terminé deuxième de son groupe sans connaître la moindre défaite, avec un bilan de deux victoires et un match nul. » Un supporter congolais très remarqué Toujours à propos des Léopards congolais, Le Monde Afrique, a noté une présence insolite dans les tribunes, tout au long de la compétition. Un homme debout, en veste jaune et cravate bleue, le bras droit plié et la main ouverte vers la pelouse, totalement immobile tout au long des rencontres. Il s’agit d’un sosie de Patrice Lumumba, figure de l’indépendance congolaise. « Lors de chaque match des Léopards, explique Le Monde Afrique, l’animateur Michel Kuka Mbola-Dinga effectue une performance statique, grimé comme l’ancien Premier ministre congolais, assassiné en 1961. Une prestation rémunérée par la sélection nationale. (…) Cette silhouette légendaire se fige pendant 90 minutes – et parfois davantage, en cas de prolongations –, comme un arrêt sur image, et semble veiller sur son équipe nationale. (…) Une performance copieusement saluée par la presse marocaine et internationale, relève encore Le Monde Afrique, au point de faire du sosie de Patrice Lumumba l’un des visages familiers de la compétition, une mascotte de chair et d’os, éclipsant Assad, le sympathique lion aux deux jambes, emblème de la CAN 2025. » Le Maroc : objectif 2030 ! Enfin, le Maroc, pays hôte de cette CAN est encore et toujours en chantier… dans la perspective de la Coupe du monde 2030, qu’il coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. C’est ce que relève Jeune Afrique : « en plus des investissements déjà réalisés pour la CAN, le Maroc prévoit de rénover cinq stades et d’en construire un nouveau. Avec une capacité de 115 000 places, le stade Hassan II de Casablanca sera le plus grand au monde. (…) Le royaume chérifien devrait investir entre 5 et 6 milliards de dollars pour financer les stades, les centres d’entraînement et les infrastructures liées au football d’ici à 2030. »
Après la confirmation par la Cour suprême de l’élection de l’ex-officier à la tête de la Guinée, Ledjely nous emmène à Kankan, capitale de la région de la Nabaya, deuxième ville du pays et ville natale du président élu. « Pas de scènes de liesse populaire d’envergure, constate le site guinéen. Vingt-quatre heures après la confirmation des résultats, l’atmosphère est davantage marquée par les attentes pressantes des populations que par l’euphorie électorale. En tête de ces attentes, pointe Ledjely, figure l’accès à l’électricité, un défi majeur pour la capitale de la savane guinéenne. » Interrogé par le site, « Kaké Ibrahima, commerçant au marché Sogbè, appelle à la concrétisation rapide du projet d’électrification de la région. “Nous sommes fiers, dit-il, de constater que cette élection s’est déroulée dans de bonnes conditions, sans heurts. Mais aujourd’hui, nous avons soif d’électricité. Nous attendons aussi la construction des voiries urbaines, l’employabilité des jeunes et d’autres actions capables de contribuer au développement du pays“», confie-t-il. Commentaire de Ledjely : « à Kankan, au-delà des célébrations, ce sont donc désormais des actions concrètes qui sont attendues. » Les attentes sont élevées « Cette victoire, Mamadi Doumbouya la voulait pour lui-même, pointe Le Pays à Ouagadougou, après avoir trahi sa promesse de ne pas se présenter à l’élection et de remettre le pouvoir aux civils après le coup d'État qui a renversé “le Professeur“ (Alpha Condé) dans les conditions que l’on sait. Pour s’en convaincre, il suffit de voir comment, à l’instar de bien de ses pairs africains, il a travaillé en amont à faire place nette pour s’assurer une victoire sans coup férir, en l’absence d’une opposition aussi significative que représentative. » Et « la question qui se pose désormais est de savoir ce que fera Mamadi Doumbouya de sa victoire », relève Le Pays. « Va-t-il ouvrir le jeu démocratique ? Ou bien restera-t-il dans la même dynamique qui a prévalu jusque-là ? L’histoire nous le dira. (…) On attend de voir si Mamadi Doumbouya fera dans la rupture avec ses prédécesseurs ou s’il marchera résolument dans les pas de ces derniers qui n’ont pas forcément laissé à leurs compatriotes les meilleurs souvenirs de leur passage à la tête de l'État. » En tout cas, remarque Afrik.com, « À l’heure où Mamadi Doumbouya s’apprête à entamer son mandat, les attentes sont élevées. Entre promesses de refondation de l’État, réforme en profondeur du secteur minier, amélioration des services de base et réconciliation nationale, le nouveau président devra rapidement convaincre qu’il peut transformer cette victoire électorale en améliorations tangibles du quotidien. » En Afrique, des démocraties de façade En parallèle à l’émergence de ce nouveau pouvoir en Guinée, à lire dans Jeune Afrique, cette tribune signée Achille Mbembe. « Vouloir expliquer les dynamiques en cours sur le continent en termes de crise de la démocratie est un contresens, estime le politologue camerounais. Des démocraties en tant que telles, il n’y en a tout simplement pas en Afrique. » À l’exception de quelques rares pays. « Ce qui est en crise, affirme Achille Mbembe, ce sont les arrangements institutionnels hérités de la colonisation et qui, dans les années 1990, ont fait l’objet d’un ravalement de façade. En lieu et place d’une démocratie véritablement substantive, de nombreux États se sont rabattus sur un multipartisme purement administratif, dont la fonction était de couvrir d’un nouveau masque les oripeaux du parti unique. » Soutenir les sociétés civiles Et désormais, déplore le politologue camerounais, « la séparation entre le corps social, le corps électoral et le corps politique n’a jamais été aussi nette, démultipliant chaque fois les exclusions. C’est notamment le cas lors des consultations électorales. C’est parce que, dans le droit fil du commandement colonial, le but est de faire perdurer une société de sujets, en lieu et place d’une communauté de citoyens. C’est la raison pour laquelle la plupart des régimes (du continent) s’efforcent d’empêcher autant que possible toute tentative d’émergence de sociétés civiles fortes ou d’autorités indépendantes. » Et « c’est pour cela, conclut Achille Mbembe, qu’il faut soutenir les sociétés civiles, (…) qu’il est important de s’engager et de créer de nouvelles coalitions sociales avec les femmes, les jeunes, les intellectuels, les activistes. Voilà la grande lutte des idées en cours en Afrique. Elle oppose les néosouverainistes, qui croient en la force de la force et les coalitions sociales qui aspirent à une démocratie substantive sur le continent en pariant non sur la brutalité mais sur l’intelligence collective des Africains. »
L’enlèvement spectaculaire du président vénézuélien par les forces spéciales américaines est largement commenté dans la presse du continent. « La chute de Nicolas Maduro (…) s’inscrit dans une dynamique internationale inquiétante, s’exclame Ledjely en Guinée, marquée par l’affaiblissement progressif du droit international et la remise en cause de principes longtemps considérés comme intangibles, au premier rang desquels la souveraineté des États et l’inviolabilité des frontières. Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les frappes répétées d’Israël en Iran, au Liban et en Syrie, ou encore d’autres interventions militaires occidentales sans mandat clair, cette attaque menée au Venezuela confirme l’imposition d’un nouvel ordre mondial fondé moins sur le droit que sur le rapport de force, pointe encore le site guinéen. Autant dire, un nouvel ordre dans lequel des pays structurellement aussi fragiles que les pays africains auront de la peine à faire entendre leur voix ». Maliweb à Bamako hausse le ton : « la capture de Nicolas Maduro n’est pas une opération de justice : c’est le retour du mépris souverain, emballé dans le papier glacé d’un héroïsme de série B hollywoodienne. (…) Trump n’a pas seulement capturé un homme, poursuit le site malien ; il a capturé la route du pétrole, étranglé les velléités de Moscou en Amérique latine et rappelé à tout le Sud Global une vérité glaçante : si vous n’avez pas l’arme nucléaire pour sanctuariser votre palais, vous n’êtes qu’un locataire précaire de votre propre pays ». « Un aveu glaçant pour les pays du Sud » « Ce qui s’est joué à Caracas n’a rien à voir avec les droits de l’Homme, renchérit Le Pays au Burkina Faso, ni avec la libération d’un peuple opprimé, c’est clairement une guerre d’intérêts, nue et revendiquée. En reconnaissant que le kidnapping de Maduro visait l’accès au pétrole vénézuélien, Donald Trump a levé toute ambiguïté. L’aveu est brutal, presque obscène, mais surtout glaçant pour les pays du Sud, qui savent désormais que tout peut être instrumentalisé pour criminaliser leurs dirigeants et servir de prélude à des intrusions musclées dans leurs affaires intérieures. (…) Aujourd’hui, c’est le pétrole du Venezuela ; demain, le gaz, l’or, l’uranium ou le lithium africains pourraient devenir des casus belli ». Alors, s’interroge Le Pays, « l’Afrique doit-elle réellement s’inquiéter ? La réponse est non, du moins pas dans l’immédiat. (…) Car aucun État africain n’occupe aujourd’hui la centralité géopolitique du Venezuela, puissance pétrolière stratégique et adversaire historique des États-Unis, dans une région que ces derniers considèrent comme leur pré-carré ». Le même scénario dans un pays africain ? Aujourd’hui, toujours au Burkina, n’est pas d’accord… « Faut-il redouter de tels actes sur le continent ? » Oui, répond le journal : « s’il y a une région qui pourrait subir les foudres de Trump, c’est bien le Cap Delgado au Mozambique, gorgé de pétrole et… de terroristes ». Il y a aussi « l’est de la RDC, où Trump a personnellement supervisé la signature d’un Accord de paix le 4 décembre dernier, lequel accord est piétiné par les belligérants. De quoi donner un argument valable au président américain pour déverser un déluge de feu sur la région. D’autant que cet accord de paix est assorti de juteux contrats pour les États-Unis pour exploiter le sous-sol de l’est de la RDC, gorgé de pierres précieuses et terres rares ! » L’Observateur Paalga insiste : « après Nicolas Maduro, à qui le tour ? Car Donald Trump avec sa politique MAGA, Make America Great Again, n’a certainement pas dit son dernier mot ». Silence prudent… Enfin, du côté des dirigeants africains, on reste plutôt discret… D’après La Nouvelle Tribune à Cotonou, seuls 4 pays ont officiellement condamné ce coup de force : l’Afrique du Sud, la Namibie, le Mali et le Burkina Faso. Partout ailleurs, prudence, donc… Attention, prévient Walf Quotidien à Dakar : « si le Sud global accepte ce précédent par silence, par peur ou par calcul, alors il accepte implicitement que la force prime sur la règle, que la puissance crée le droit, que la souveraineté soit conditionnelle. Il ne s’agit pas de défendre un homme. Il s’agit de défendre une architecture juridique mondiale déjà fragile, mais encore debout. La lutte contre les dictatures ne peut pas se faire par la destruction du droit. Sinon, nous remplaçons une oppression nationale par une domination globale ».
Trois matchs trois défaites : le Gabon n’a pas brillé à la Coupe d’Afrique des Nations. « Le couperet est tombé dans la nuit de la Saint-Sylvestre et il a tranché les têtes les plus hautes », annonce Info241. Le site d’information gabonais analyse ainsi la situation : « Au-delà de la dissolution du staff technique et de la suspension de l’équipe nationale, le communiqué du ministère des Sports a surpris par sa vindicte. Il ne s’agit pas seulement d’un renouvellement générationnel naturel, mais d’une "mise à l’écart institutionnelle ordonnée par l’État" ». Et la sanction est impitoyable pour les deux stars de la sélection gabonaise Pierre-Emerick Aubameyang et Bruno Ecuele Manga, qui sont donc purement et simplement écartés. « Une sortie par la petite porte pour les légendes », remarque Info241. « Il est désormais impossible d’imaginer un retour de ces deux joueurs sous le maillot national, tant que cette décision sera en vigueur », poursuit le site d’information gabonais : « le "nettoyage" est radical : pour bâtir le football de demain, le Gabon sacrifie ses idoles d’hier, accusées d’avoir incarné la déroute de la CAN 2025 ».  Gâchis Une déroute commentée au Gabon mais aussi ailleurs en Afrique. C'est le cas en Côte d’Ivoire, où Afriksoir décrit ainsi contre-performance gabonaise : « L’aventure des Panthères du Gabon à la CAN disputée au Maroc s’est achevée dans la douleur, laissant derrière elle un sentiment de gâchis profond et une crise ouverte au sommet du football national. Trois matchs, trois défaites, zéro point : le bilan est sans appel et renvoie l’image d’une sélection en perdition, incapable de répondre aux attentes sportives et populaires ».   Un échec sportif, politiquement sanctionné car, explique Afriksoir, « l’élimination des Panthères ne s’est pas limitée à un simple revers sportif. Elle a provoqué des remous jusque dans les plus hautes sphères de l’État. Lors du conseil des ministres du 29 décembre, le président de la transition, Brice Oligui Nguema, avait déjà pointé "l’absence de méthode", la "dispersion des ressources" et une "érosion préoccupante de la fibre patriotique", dans la gestion du football gabonais ».  Conclusion d’Afriksoir : « Entre pression médiatique intense, ingérence politique assumée et impréparation logistique, les Panthères ont payé le prix d’un cumul d’erreurs ». Des footballeurs, pas des soldats  Le mauvais parcours des Gabonais à la CAN est également commenté en Guinée. Le site d’information Ledjely évoque une « débâcle », « une onde de choc sans précédent pour le football gabonais », « un naufrage sportif qui a provoqué une vague d’indignation au sein de l’opinion publique et des milieux sportifs gabonais (…) Estimant que le rendement de l’équipe nationale ne reflète ni les valeurs sportives ni les exigences de discipline attendues d’un représentant du pays, le gouvernement est sorti de son silence avec une rare sévérité ». Conclusion de Ledjely : « Après la débâcle de la CAN 2025, rien ne sera plus comme avant ». De son côté, Wakatsera au Burkina, ironise sur les sanctions prises par les autorités gabonaises : « L’échec de Pierre-Emerick Aubameyang et de ses camarades au premier tour de la fête du football au Royaume chérifien, a visiblement contrarié le président-général, au point de lui faire oublier qu’il n’avait pas affaire à des soldats en treillis, mais en crampons, de simples footballeurs qui certes sont allés défendre les couleurs nationales, mais dans un jeu ! ». Les sanctions ne sont donc pas du goût de Wakatsera qui s’exclame : « Non, le politique ne doit pas s’octroyer ce droit d’ingérence sans limite dans le sport, au risque de jeter en pâture les athlètes et compromettre inévitablement leurs carrières, surtout celle des joueurs qui gagnent leur vie dans les clubs à l’international ». 
Au cours de l’année, ils ont fait la une de l’actualité africaine. Politiques, écrivains, artistes, cinéastes, sportifs, chercheurs… Chacun d’eux a remporté des succès ou marqué les esprits et mérite selon Le Monde Afrique, d’être distingués. Le Monde Afrique qui pointe tout d’abord non pas une personnalité mais toute une génération : la génération Z. « Mille visages, mais une colère, s’exclame le journal. Au Kenya, à Madagascar et au Maroc, l’année a été celle de la Gen Z, tel que se désignent les personnes nées entre la fin des années 1990 et le début des années 2010. L’injustice fiscale au Kenya, les coupures d’eau et d’électricité à Madagascar et des scandales dans le système hospitalier public au Maroc ont poussé des milliers de jeunes dans les rues en particulier de juillet à octobre, malgré une répression parfois féroce. » Parmi les personnalités politiques distinguées par Le Monde Afrique : Cyril Ramaphosa, le président sud-africain qui « se présente en figure du Sud global, plaidant en faveur du multilatéralisme, se montrant proche de son homologue brésilien de gauche Lula, ou encore défendant la cause palestinienne. » Parmi les Africains qui ont fait la Une en 2025, Le Monde Afrique cite encore l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, le rappeur ivoirien Himra, l’universitaire camerounais Augustin Holl, qui a dirigé les trois derniers tomes de l’Histoire générale de l’Afrique, gigantesque encyclopédie, lancée en 1964 ; le footballeur marocain Achraf Hakimi ; ou encore l’entrepreneur kényan Elly Savatia, créateur d’applications utilisant l’intelligence artificielle. Des « dynamiques contradictoires » Cette année 2025 aura été marquée sur le continent par des tentatives de déstabilisation, des élections issues de transitions militaires, des ruptures avec des organisations régionales, mais aussi de grands rendez-vous diplomatiques mondiaux. C’est ce que détaille le site Afrik.com. il y a eu en effet le coup d’Etat en Guinée Bissau ; la tentative de coup d’Etat au Bénin ; l’élection de Mamadi Doumbouya en Guinée ; les protestations populaires et le durcissement du régime au Mali ; la rupture historique des pays de l’AES avec la CEDEAO ; la reconnaissance du Somaliland par Israël qui « a déclenché une crise diplomatique dans la Corne de l’Afrique » ; le 7ème Sommet UE-UA à Luanda : avec la relance du partenariat Afrique-Europe et le G20 à Johannesburg, qui « a placé l’Afrique au centre de la gouvernance mondiale. » Commentaire d’Afrik.com : « cette année 2025 a révélé une Afrique traversée par des dynamiques contradictoires : quête de souveraineté, fragilités démocratiques, ruptures régionales et ambitions diplomatiques globales. » Encore et toujours la guerre dans l’est de la RDC… Autre fait marquant de l’année écoulée, la situation sécuritaire qui a continué de se dégrader dans l’est de la RDC, malgré les efforts de paix… Le Point Afrique nous expose « cinq scénarios pour sortir de cette guerre ». Des scénarios établis par le Centre de coopération internationale de l’université de New York en partenariat avec le Groupe d’étude sur le Congo. « Cinq scénarios, donc, du retrait complet du soutien rwandais au M23 à une autonomie large de certaines provinces du Kivu et de l’Ituri. L’une de ces alternatives prévoit le retrait du Rwanda, affaiblissant ainsi le M23, tout en ouvrant la voie à un processus de paix crédible. » Toutefois, ce rapport « conclut sur une note pessimiste, parfaitement alignée avec l’enlisement actuel des pourparlers. Le succès ne dépendra pas seulement de la signature d’un accord, mais de la volonté politique et, surtout, de la pression extérieure, car les deux parties ont des raisons de vouloir faire traîner les pourparlers et, en l’absence d’une pression politique et d’incitations économiques fortes, il est probable que “la violence s’intensifie à nouveau“. » … et au Soudan Enfin, cette année 2025 aura vu l’intensification de la guerre au Soudan. Depuis avril 2023, ce conflit oppose l’armée nationale aux miliciens des Forces de soutien rapide et a provoqué 200.000 morts. On revient au Monde Afrique qui publie une série de reportages sur cette terrible guerre : avant-hier, premier volet dans « dans El-Obeid encerclée, sur le nouveau front de la guerre », cette ville « menacée par les paramilitaires, devenue stratégique pour le contrôle du centre du pays. » Et hier, deuxième volet : « la lente résurrection de Khartoum, la capitale. (…) Principale ligne de front pendant deux ans, la capitale a été reprise en mars par l’armée régulière. Depuis, la ville tente de renaître de ses cendres. »
En cette veille de Nouvel an, nombre de médias du continent s’attardent sur l’année écoulée et se lancent dans le traditionnel exercice du bilan. Bilan politique tout d’abord avec ce constat établi par Le Pays au Burkina Faso : « Dans la plupart des élections qui se sont tenues cette année, il y avait, de Yaoundé à Bissau en passant, entre autres, par Bangui et Dodoma, comme une constante qui consistait pour les tenants du pouvoir à écarter (…) les candidatures de poids de l’opposition, susceptibles de gêner les plans d’élection ou de réélection du prince régnant, pour ne laisser passer que des candidatures de seconde zone (…). C’est à peine si certains chefs d’Etat, candidats à leur propre succession, n’ont pas eux-mêmes choisi leurs challengers. Et des coups de force, le continent noir en a connu aussi en 2025, pointe encore Le Pays. Notamment à Madagascar et en Guinée-Bissau où le pouvoir a changé de main. (…) Ce sont autant de faits qui constituent autant d’alertes pour la démocratie sur le continent noir. Lequel continent a aussi connu la survivance de certaines crises en 2025, notamment en RDC, au Soudan et dans les pays du Sahel. » Croissance et… dette ! WalfQuotidien à Dakar fait le point pour sa part sur l’économie du continent. « L’année 2025 se termine comme elle a commencé pour l’Afrique. Sans leadership affirmé, affirme le quotidien sénégalais. Sans réelles perspectives stratégiques pour conforter l’Agenda 2063 adopté en 2013 afin d’inscrire l’Afrique dans la voie de l’unité et du progrès. L’accélération de la croissance économique africaine autour de 4 % environ est une réalité encourageante. En revanche, la moitié des États de la région sont déjà surendettés. Le rythme de la croissance est insuffisant pour réduire l’extrême pauvreté et créer des emplois. L’année 2025 se termine donc comme elle a commencé pour le continent, insiste WalfQuotidien. Les mêmes défis politiques, les mêmes enjeux sociétaux devant un monde où sa faiblesse structurelle lui donne peu de marges de manœuvre (…). » Mali : « ne pas offrir le même scénario… » Le Pouce, à Bamako, s’attarde sur la situation nationale : « L'année 2025 a été particulièrement difficile au Mali avec, pointe le journal, en plus du problème sécuritaire, la crise du carburant (…), le chômage, l’accès à la santé, à l’éducation et au logement… Il est clair que le Malien ne souhaite pas vivre les mêmes problèmes qu’il a déjà vécus en 2025. Il appartient aux autorités de la transition de créer la surprise à hauteur des attentes, des rêves, affirme Le Pouce. Ne pas offrir le même scénario même si c'est difficile. (…) La guerre contre le terrorisme ne doit pas priver les Maliens du bonheur auquel ils ont droit ; elle ne doit surtout pas empêcher un État de mettre en œuvre ses projets de développement. » La CAN, bouquet final de 2025 En cette fin d’année et à l’aube de la nouvelle, un moment de bonheur pour des millions d’africains : le foot avec la Coupe d’Afrique des nations. On entre dans le dur avec les 16è de finale et donc les matches à élimination directe à partir de samedi. « Tout peut arriver maintenant !, s’exclame WakatSéra. Les Pharaons d’Égypte tenteront de se démomifier pour remonter sur le toit de l’Afrique pour la huitième fois. Les Lions indomptables vont sortir les crocs pour aller à l’assaut de leur sixième trophée. Les Super Eagles du Nigeria essaieront de planer plus haut dans le ciel marocain, afin d’y décrocher leur quatrième titre. Les Fennecs algériens et les Léopards de RDC vont lutter pour une troisième étoile, tandis que les Aigles de Carthage, les Bafana-Bafana d’Afrique du Sud, et les Lions de la Teranga, iront, eux, à la conquête du graal pour la deuxième fois de leur histoire. » Toutefois, relève encore WakatSéra, « la partie est loin d’être gagnée pour les ténors, car le ballon sera rond pour les 16 équipes qui se mettent désormais dans la peau du vainqueur. Le Burkina Faso, le Mali, le Bénin, la Tanzanie, le Mozambique et le Soudan ne comptent pas faire de la figuration. Loin de là. »
Avec tout d'abord la présidentielle de dimanche en Guinée. Pas de suspense : la presse guinéenne publie les premiers résultats qui donnent Mamadi Doumbouya gagnant. Guinée Matin écrit : « La Direction générale des élections a publié cette nuit les premiers résultats partiels de l'élection présidentielle du 28 décembre. Ces résultats concernent six circonscriptions électorales de Conakry et neuf autres de l'intérieur du pays. On constate une nette avance du candidat Mamadi Doumbouya par rapport à ses concurrents et un taux de participation globalement élevé alors que l'affluence n'était pas importante dans de nombreux bureaux de vote. » Quelle participation ? La participation a été déjà annoncée importante… malgré une faible affluence dans les bureaux de vote : on constate la contradiction. « La directrice générale des élections, Djenabou Touré, annonce un taux de participation de 85 %, pointe Le Monde Afrique. Celui-ci était considéré comme le principal enjeu du contrôle en l'absence d'opposants d'envergure. » Un chiffre surprenant donc, d'autant, note encore le journal, que « l'opposition, dont les ténors ont été écartés du scrutin, avait appelé à boycotter cette présidentielle. » Pour sa part, relève encore Le Monde Afrique, le FNDC, « le Front national pour la défense de la Constitution, mouvement citoyen qui réclame le retour des civils au pouvoir, a remis en cause cette forte participation. "Une immense majorité de Guinéens a choisi de boycotter la mascarade électorale", a déclaré le FNDC. Les Guinéens ont "refusé de s'associer à ce simulacre d'examen", sans toutefois donner de chiffre. » Retour prochain au sein de la Cédéao et de l'UA « En réalité, le chiffre importe peu, estime pour sa part Le Point Afrique, car la communauté internationale a déjà implicitement validé ce processus de retour à l'ordre constitutionnel. » Avec un retour prochain quasi-certain au sein de la Cédéao et de l'Union africaine. « En dépit d'écarts sociaux grandioses, d'un examen peu inclusif et d'une opposition muselée, Mamadi Doumbouya risque de remporter son pari, celui de devenir crédible aux yeux du monde. "Dès 2026, la Guinée va revenir sur le devant de la scène internationale", promet le Premier ministre Amadou Bah Oury. Cette victoire annoncée de Mamadi Doumbouya s'inscrit cependant dans un contexte de pauvreté chronique de la population, tempère Le Point Afrique. Selon l'Organisation internationale pour les migrations, la Guinée figure toujours parmi les premières nationalités à emprunter la "route atlantique ouest-africaine pour tenter de rejoindre l'Europe, après le Mali et le Sénégal". » Côte d'Ivoire : victoire écrasante du RHDP aux législatives Pas de surprise non plus en Côte d'Ivoire. Le RHDP, le parti au pouvoir, remporte les législatives de samedi avec 197 sièges sur 255. « Autant en emporte l'orange », s'exclame L'Intelligent, faisant allusion à la couleur officielle du parti. « La Côte d'Ivoire en orange », renchérit Le Patriote. « Le examen s'est déroulé dans le calme et la discipline », constate Le Jour. « Fraudes, corruptions, intimidations dans des bureaux de vote », dénonce pour sa part Le Nouveau Réveil, quotidien d'opposition. L'opposition laminée Justement, pour ce qui est de l'opposition, relève Afrik.com, « le PDCI enregistre une diminution notable de son nombre de sièges par rapport à la législature sortante (de 66 à 32). Des bastions symboliques ont basculé au profit du RHDP, illustrant les difficultés du parti à maintenir son influence dans certaines zones urbaines et politiques clés. La perte de circonscriptions stratégiques, notamment dans des villes à forte valeur institutionnelle, constitue un revers important pour la formation dirigée par Tidjane Thiam, constate encore Afrik.com. Autre fait marquant de ces législatives : la progression de candidats indépendants (une vingtaine). Dans plusieurs circonscriptions, des personnalités non investies par les grands partis ont réussi à s'imposer face aux formations traditionnelles. Ce phénomène témoigne d'une volonté d'une partie de l'électorat de privilégier les profils locaux, parfois en rupture avec les appareils politiques classiques. » Vers de nouvelles modifications constitutionnelles ? À noter également le faible taux de participation à ces législatives : seulement un peu plus de 35 %. En tout cas, conclut Jeune Afrique, qui imagine que les débats parlementaires seront « moins vifs dans cette Assemblée quasi monocolore (avec plus des trois quarts de voix pour le parti au pouvoir). La configuration simplifiera en revanche grandement les projets législatifs du gouvernement et, surtout, d'éventuelles modifications de la Constitution. On parle notamment du retour de la limite d'âge à 75 ans pour se présenter à la magistrature suprême. » Rappelons que le président Ouattara, bientôt 84 ans, réélu en octobre dernier pour un 4e mandat, avait fait adopter une nouvelle constitution en 2016, qui lui avait permis de se représenter.
L'année 2025 s'achève, comme l'observe Afrik.com, « sur une séquence électorale dense et symbolique » pour la Guinée, la Côte d'Ivoire et la Centrafrique. « Des scrutins majeurs, chacun révélateur de dynamiques politiques propres, mais aussi de défis communs », souligne le site internet, concernant la « participation électorale, la crédibilité des processus et le rapport entre pouvoir et opposition ». En Guinée, d'abord : les différents médias du pays confirment que le premier tour de l'élection présidentielle s'est déroulé dans « le calme », malgré une certaine « confusion », pointée notamment par Guinée360, au moment de la prorogation de l'heure de clôture des bureaux de vote. « Force est de reconnaître que le scrutin s’est déroulé dans le calme et la sérénité », affirme Le Djely, en rappelant que « la dernière présidentielle, en 2020, s’était tenue dans un climat de quasi-chaos ». Mais le journal en ligne guinéen note un bémol : « la mobilisation des électeurs n’a pas été à la hauteur des attentes exprimées par les autorités », ce qui doit donc leur servir de « message ». Le Djely constate, entre autres, que « de nombreux jeunes préféraient suivre les matchs » de la Coupe d'Afrique des nations. Autre explication possible de « ce peu d'enthousiasme » constaté par Le Djely : « le boycott observé chez une partie des sympathisants des opposants absents au scrutin ». Et donc, en parallèle, « le sentiment que l’issue de l’élection était connue d’avance ». « Une suite de la transition ? » Depuis le Burkina Faso, Wakat Séra rappelle effectivement le contexte : pour prendre le pouvoir « en tant que civil », après le coup d'État de 2021, « le général Mamadi Doumbouya a pris le soin de faire le nettoyage autour de lui, contraignant ses opposants à l’exil ». « Le président déchu, Alpha Condé, et les deux anciens Premiers ministres ont dû suivre, en spectateurs, loin de leur pays, cette élection présidentielle présentée comme la fin de la transition politique élastique et fermée imposée à la Guinée par le général Mamadi Doumbouya. » Mais Wakat Séra pose une question : « Avec les mêmes au pouvoir, sauf tsunami, n’assistera-t-on pas à une suite de la transition ? » Le site burkinabè pose, aussi, une autre question, concernant cette fois-ci la Côte d'Ivoire : « Jusqu'à quand » se poursuivra le « règne presque sans partage du parti présidentiel sur la vie politique ivoirienne ? » Puisque, « comme un remake de la victoire écrasante de son candidat Alassane Ouattara à la présidentielle, c’est vers un raz-de-marée que se dirige le RHDP » après les législatives de ce week-end, selon Wakat Séra. Alors « jusqu'à quand » ? La question « demeurera sans réponse tant que le PPA-CI (de l'ancien président Laurent Gbagbo, NDLR) continuera à bouder les élections, que le PDCI n’aura pas de plan B alors que son président Tidjane Thiam est inéligible sur décision de la justice de son pays, et que le RHDP n’ouvrira pas réellement le jeu politique pour permettre à ses adversaires de se mesurer à lui, à armes plus ou moins égales ». « L’enjeu dépasse la simple arithmétique électorale » En Centrafrique, aussi, « les rapports de force sont déséquilibrés ». « Le président sortant, Faustin-Archange Touadéra, évolue en situation de quasi-monopole politique », rappelle Le Pays, depuis Ouagadougou. « Face à lui, une opposition morcelée, presque évanescente. Dans un pays meurtri par plus d’une décennie de violences et toujours exposé à des attaques sporadiques de groupes armés résiduels, cette asymétrie politique, résume Le Pays, fait du chef de l’État le grand favori » d'un scrutin inédit, puisqu'il s'agissait non seulement d'une présidentielle et de législatives, mais aussi d'élections municipales et régionales: les premières depuis presque 40 ans. « Dans ces trois pays, l’enjeu central de tous ces scrutins dépasse largement la simple arithmétique électorale. À Bangui, à Conakry comme à Abidjan, la réconciliation nationale et l’apaisement doivent constituer le cœur battant des politiques publiques, et non de simples slogans de circonstance, écrit Le Pays. L’Afrique contemporaine regorge d’exemples de pouvoirs électoralement confortés mais brutalement renversés, non par les urnes, mais par les armes. Les vainqueurs de ces scrutins doivent en tirer les leçons, et se rappeler que gouverner exige certes une main ferme, mais surtout une main tendue, seule garante d’une paix durable et à même de barrer la route aux fracas des armes. »
« Les impossibles élections au suffrage universel », titre Le Monde Afrique. Dans une crise politique et sécuritaire, le pays essaye de renouer avec ce mode de scrutin abandonné il y a plus de cinquante ans, à l’occasion de ces élections locales organisées jeudi. Près de 400 000 électeurs inscrits étaient attendus aux urnes, selon la commission électorale. Ils devaient départager 1 600 candidats pour 390 sièges locaux. Ce suffrage universel est « une réforme ambitieuse mais semée d’embûches », commente Le Monde Afrique. Et, pour comprendre pourquoi, il convient de faire un point sur l’histoire de la Somalie. En 1969, le coup d'État de Siad Barré a aboli le vote direct et mis en place un système électoral indirect pour les élections législatives et présidentielles qui est fondé sur la représentation des chefs de clan. En 2024, le président Hassan Cheikh Mohamoud a promis d’abandonner ce système d’ici mai 2026, date de la prochaine élection présidentielle à laquelle il est candidat, « mais la transition s’annonce périlleuse », analyse Le Monde Afrique. Le retour au suffrage direct est qualifié par certains de stratégie du président pour prolonger son règne. Les principaux partis d’opposition ont boycotté le scrutin, accusant le gouvernement fédéral de « processus électoraux unilatéraux ». « Sous couvert de démocratisation, la réforme institutionnalise un régime présidentiel », analyse pour sa part le chercheur Mohamed Daud Ismail dans le journal. « Le président pourra notamment évincer son vice-président, une disposition susceptible de rompre l’équilibre clanique actuel – [parce que] traditionnellement, le chef de l'État et le Premier ministre doivent appartenir à des clans différents. » Mustafa Osman Farah, chercheur à l’institut somalien Balqiis souligne : « Le processus n’est pas inclusif ; tout se décide à Mogadiscio, sans en aviser les autres régions. » En raison de ce scrutin contesté, le risque de partition du pays augmente. Le suffrage universel est par ailleurs déjà en place dans la région séparatiste du Somaliland, qui a déclaré son indépendance en 1991 mais n'a jamais été reconnue au niveau international, rappelle Courrier International, qui mentionne au passage l’AFP. À lire aussiSomalie: le scrutin local historique, au suffrage universel direct, s'est déroulé dans le calme   En Guinée-Bissau, des libérations « sélectives » ? La Guinée-Bissau fait aussi parler ce matin. Dans le pays, six opposants ont été remis en liberté mardi, après le coup d’État qui a eu lieu le 26 novembre, veille de la proclamation attendue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives. Des militaires ont renversé le mois dernier le président Umaro Sissoco Embalo, au pouvoir depuis 2020. Le processus électoral a été interrompu. « Depuis lors, la situation politique demeure tendue dans ce pays lusophone d’Afrique de l’Ouest », explique Sahel Intelligence. « La junte libère six détenus mais maintient en prison les leaders de l’opposition », commente Afrik.com. « Une stratégie qui conforte la thèse d’une manœuvre orchestrée pour confisquer la victoire électorale au profit du clan Embalo. » Juste avant ces libérations, une délégation sénégalaise conduite par le ministre des Affaires étrangères était venue plaider pour la libération des prisonniers. Les libérations ont par la suite fait l’objet d’« une annonce » présentée comme « un signe de bonne foi » mais qui sent « la combine diplomatique », explique Afrik.com. Les principales figures de l’opposition demeurent sous les verrous. Domingos Simões Pereira, leader historique du PAIGC, reste incarcéré. Fernando Dias, candidat indépendant qui revendique la victoire à la présidentielle du 23 novembre, est toujours retranché à l’ambassade du Nigeria où il a obtenu l’asile. Des libérations sélectives qui renforcent les soupçons de connivence entre les putschistes et l’ancien pouvoir. « Les éléments troublants s’accumulent depuis le 26 novembre. Le général Horta N’Tam, investi président de transition, était le directeur de cabinet et chef d’état-major promu par Embalo lui-même. Le nouveau chef des armées, le général Tomas Djassi, occupait également un poste clé auprès du président déchu. » Par ailleurs, le timing du putsch interrogeait aussi dès le départ car il est survenu la veille de l’annonce des résultats provisoires, alors que les estimations donnaient Fernando Dias vainqueur. À lire aussiGuinée-Bissau: des prisonniers du coup d'État relâchés, les principaux opposants restent en prison En Centrafrique, les élections de dimanche « sous haute influence des paramilitaires russes » Alors qu’en Centrafrique des élections sont prévues ce dimanche, « les paramilitaires russes, héritiers du groupe Wagner, s’affichent comme garants de la sécurité du scrutin et pilier du régime Touadéra, entre stabilisation et dépendance accrue à Moscou », souligne Afrik.com. Moscou revendique le désarmement de quelque 2 000 rebelles depuis le début de l’année « et reçoit des marques publiques de gratitude de la part de certaines populations ». Un constat à bien nuancer, appuie Afrik.com : « Malgré une stabilisation relative depuis les accords de paix de Khartoum en 2019, des poches de violence persistent notamment dans l’Est et le Nord-Ouest du territoire ». À l’approche des élections présidentielles, législatives, municipales et régionales, « cette présence massive, loin de dissiper toutes les inquiétudes, interroge sur la dépendance croissante de Bangui vis-à-vis de Moscou, et sur les conditions dans lesquelles se déroule ce scrutin crucial pour l’avenir politique du pays ».
La presse algérienne revient largement sur cette adoption de la proposition de loi criminalisant la colonisation française. « Adoption à l’unanimité » par les membres de l'APN, l’Assemblée populaire nationale en plénière, souligne le journal algérien El Moudjahid. Le média parle d’« une démarche inédite [qui va] dans le sens de la préservation de la mémoire nationale et de l’établissement des responsabilités, d’autant plus que, jusque-là, la France coloniale se refuse à reconnaître ses crimes coloniaux en Algérie ». Le journal algérien Le Soir décrit la proposition de loi : « Structurée en cinq chapitres comprenant 27 articles, [elle] s'appuie sur "les principes du droit international consacrant le droit des peuples à l'équité juridique et à la justice historique et la fin de l'impunité". » Le quotidien algérien L’Expression analyse ce « texte mémoriel aux enjeux stratégiques ». Cette proposition est « un acte fondateur de justice historique », explique le média, qui décrit le texte en deux temps. D'abord : « Sur le plan interne, l’adoption de ce texte est présentée comme un levier de renforcement du Système législatif national en matière de protection de la mémoire. (…) ». « Mais, souligne L’Expression, au-delà de sa dimension mémorielle, cette initiative revêt [aussi] des enjeux stratégiques et géopolitiques majeurs. (…) ». Ainsi « en portant le débat sur le terrain juridique, l’Algérie cherche à internationaliser la question des crimes coloniaux et à les inscrire dans les normes relatives aux crimes contre l'humanité ». À lire aussiAlgérie: le Parlement valide la loi de criminalisation de la colonisation française « Une première en Afrique » Et, cette loi criminalisant le colonialisme est aussi présentée comme « une première en Afrique », explique le journal en ligne algérien TSA. Il revient notamment sur les propos de l’expert en politique internationale Abdelkader Soufi, sur les ondes de la Radio algérienne. Le spécialiste explique que cette loi vise « à établir un cadre juridique clair pour qualifier, reconnaître et condamner les crimes commis par la puissance coloniale ».  La nouveauté dans ce texte réside dans « la classification détaillée des crimes, incluant désormais des faits longtemps marginalisés ou passés sous silence (...) » c'est-à-dire « la torture, les exécutions sommaires, les massacres de masse, les enfumades, les kidnappings et les viols » qui sont des pratiques « rarement reconnues dans les textes officiels auparavant ». Ce texte va donc au-delà de la reconnaissance symbolique, souligne la presse. Il criminalise la colonisation pour reconnaître les crimes car « la loi qualifie explicitement la colonisation française, qui s’est étendue de 1830 à 1962, de crime d’État », rappelle Afrik.com. « En cinq chapitres, elle recense les exactions commises durant cette période ». Des excuses officielles attendues de la part de la France Et, cette proposition de loi réclame notamment des « excuses officielles » de l’État français pour les crimes commis. Des excuses « présentées comme un préalable indispensable à toute "réconciliation mémorielle" entre les deux pays », souligne Afrik.com. Pour rappel, en 2021, le président français, Emmanuel Macron, avait qualifié la colonisation de l’Algérie de « crime contre l’humanité », mais sans présenter d’excuses officielles au nom de l’État français. « Une nuance que les autorités algériennes n’ont jamais cessé de souligner », commente le média. La loi prévoit également une « indemnisation complète et équitable pour les préjudices matériels et moraux causés par la colonisation. Elle appelle la France à restituer l’ensemble des archives liées à cette période ». Autre point mentionné par la proposition de loi : la décontamination des sites affectés par les essais nucléaires français. Le texte possède également des dispositions pénales qui répriment la glorification de la colonisation. « Les relations avec l’ancienne puissance coloniale demeurent fragiles » Et, les réactions de Paris sont commentées aussi. Le média Observalgerie mentionne les déclarations du Quai d'Orsay : « Paris estime que cette loi va à l'encontre de la volonté de reprise du dialogue franco-algérien et d'un travail serein sur les enjeux mémoriels ». Par ailleurs, le Quai d'Orsay a précisé que « la France n'avait pas vocation à commenter la politique intérieure algérienne. [Le Quai d’Orsay] a toutefois rappelé "l'ampleur du travail engagé par le président" Emmanuel Macron sur les questions mémorielles, notamment à travers une commission mixte d'historiens des deux pays. » Dans sa déclaration, le ministère français a également réaffirmé sa volonté de « continuer à travailler à la reprise d'un dialogue exigeant avec l'Algérie ». Ce qu’il faut retenir, souligne Afrik.com, c’est qu'« au-delà de ses effets juridiques concrets, cette loi marque un tournant : celui d’un État qui choisit de faire de la mémoire un acte législatif, et de l’histoire un enjeu pleinement politique, au moment même où les relations avec l’ancienne puissance coloniale demeurent fragiles et chargées de non-dits ». À lire aussiFrance-Algérie: le président Macron évoque une reprise du dialogue avec Alger
« Donald Trump déploie des avions de surveillance au-dessus du Nigeria, prélude à une intervention militaire des États-Unis ? » titre Afrik.com. À l’origine de cette question : des données de suivi de vol, révélées par Reuters, en début de semaine. « Depuis fin novembre, un appareil (...) du Pentagone survole quotidiennement l’espace aérien nigérian. » De quoi alimenter « les spéculations sur les intentions réelles de l’administration Trump ». Tout ça, dans un contexte diplomatique en dents de scie, car les tensions étaient, il y a peu, encore palpables : le « 1ᵉʳ novembre [dernier], Donald Trump a menacé le Nigeria d’une intervention militaire » et accusé « le gouvernement de tolérer le massacre de chrétiens », rappelle Afrik.com. « [Donald Trump] a promis de pulvériser les terroristes islamistes ». Son ministre de la Défense a confirmé que le Pentagone « se prépare à passer à l’action ». Ces déclarations ont été vivement critiquées à Abuja, où les autorités rejettent l’idée d’un « génocide chrétien ». Fin de la brouille diplomatique Et il y a quelques jours, une conférence de presse a eu lieu à Abuja, à l’occasion de la visite d’une délégation américaine. La brouille diplomatique entre les États-Unis et le Nigeria semble passée, si l'on en croit les déclarations du ministre nigérian de l'Information, qui évoque « un engagement ferme et respectueux » des deux parties. Ces collectes de renseignements, au-dessus du Nigeria, ce serait donc le « signe d'une coopération sécuritaire accrue », commente pour sa part le journal nigérian The Guardian. D’après un analyste interrogé par Afrik.com, cette activité aérienne démontre aussi la volonté de Washington de reconstituer son réseau de renseignement, dans la région sahélienne. « Après la fermeture forcée de la base américaine d’Agadez au Niger et la montée en influence de la Russie, les États-Unis cherchent manifestement à maintenir une présence stratégique en Afrique de l’Ouest, via le Ghana et, de fait, au-dessus du Nigeria », peut-on lire. À lire aussiNigeria: la brouille entre Washington et Abuja «largement résolue», annonce le gouvernement Problème de sécurité au Nigéria « Ces opérations de surveillance interviennent également plusieurs mois après l'enlèvement, au Niger voisin, d'un pilote américain travaillant pour une organisation missionnaire », rappelle aussi The Guardian. Le scénario d’une intervention américaine est-il plausible ? C’est la question que se pose Afrik.com. Et le mot clé à retenir, c’est « prudence » : « Le Nigeria reste un allié stratégique de Washington et un acteur clé de la lutte régionale contre le terrorisme. Le président nigérian a rappelé que "la violence touch(ait) toutes les communautés" et rejeté toute accusation de persécution religieuse. » Par ailleurs, le Nigeria traverse aussi une période de forte instabilité. Le président a proclamé l’état d’urgence sécuritaire en novembre, « après une succession d’attaques meurtrières et l’enlèvement de plus de 300 écoliers, dans le nord du pays. » À ce sujet, et dans ses colonnes Edito, le journal burkinabé Le Pays commente : « Si l’on en croit les autorités nigérianes, aucun élève enlevé ne se trouve encore entre les mains des groupes armés. Tous, disent-elles, ont été libérés. » Mais, il y a encore des questions sans réponse pour l'instant : dans quelles conditions ont-ils été libérés ? Y a-t-il eu paiement de rançons ? « Car, il faut le dire, le paiement de rançons ne fait que renforcer la capacité de nuisance des groupes criminels. Franchement, le Nigeria, c’est peu de le dire, a mal à sa sécurité intérieure », écrit Le Pays. Au Bénin, pays voisin du Nigeria, Patrice Talon a « fait son au revoir au Parlement » « Une intervention à forte portée institutionnelle, marquée à la fois par la mise en perspective de dix années de réformes et par un ton d’adieu assumé », selon La Nouvelle Tribune. Le journal béninois La Nation revient aussi sur ce dernier discours sur l'état de la nation, aux allures de bilan mais dont le cœur a été consacré à la tentative de coup d'État manquée du 7 décembre, « date désormais inscrite dans l’histoire politique récente du pays ». Le président a mentionné « des assaillants qu’il a décrits comme des "marginaux insensés", manipulés par des intérêts internes et externes en quête de privilèges perdus », peut-on lire. Pour le journal La Nation, ces mots veulent ainsi « souligner la gravité de l’acte, mais surtout la solidité du rempart républicain que constituent les forces armées et de sécurité ». Alors que de futures élections approchent, le président a également dit croire en une transition apaisée, marquée par le renouvellement des institutions et la continuité de l’État. À lire aussiBénin: le président Patrice Talon défend son bilan dans un ultime discours sur l'état de la nation
Le Niger, le Mali et le Burkina Faso se retrouvent, à peine plus d’une semaine après le sommet annuel de la Cédéao. C’est la deuxième fois que l'Alliance des États du Sahel se retrouve au sein d’un tel sommet. Il y a quelques jours, le président Assimi Goïta avait annoncé la création d’une force armée unifiée, un « message clair » selon Sahel Tribune : la région « entend désormais assurer seule sa sécurité, » réunie sous une bannière unique et liée par un destin commun. Et cette montée en puissance montre une fois de plus, s’il le fallait, que les trois pays ont non seulement « tourné le dos à la coopération militaire française » mais aussi « définitivement rompu avec la Cédéao. »  Une scission que déplore l'Alternance : « A-t-on besoin de rappeler que tous les pays de l’Afrique de l’Ouest, qu’ils soient de la Cédéao ou de l’AES, sont liés par la même histoire, le même espace géographique, la même culture et les mêmes intérêts économiques ? » Certes, admet le titre, « il est tout à fait logique pour ces trois pays en proie à une gravissime crise sociosécuritaire de se mettre ensemble pour faire face au péril terroriste. » Ce qui n’implique pas de divorcer pour autant : si ces deux organisations sont bel et bien « mues par les mêmes intérêts », juge L’Alternance, alors « elles doivent collaborer, sans a priori ou autres considérations. »   À lire aussiMali: ouverture du sommet des chefs d’État de l'AES pour renforcer la coopération régionale Pas de collaboration à l'ordre du jour Et d’ailleurs l’Alternance ne se berce pas d’illusions : il est « peu probable, pour ne pas dire impossible » qu’une coopération ait lieu à l’heure actuelle, au regard « des relations jugées exécrables entre les deux organisations. » Dans ce contexte, les États de l’AES ont tout intérêt à montrer, par contraste, leur unité. D’où une chorégraphie militaire soigneusement orchestrée lors de l’annonce d’une force commune destinée, raconte Sahel Tribune, a « renvoyé l’image d’une armée désormais structurée, disciplinée et dotée de moyens cohérents. » C’est peut-être aussi ce qui explique ces démonstrations d’enthousiasme, ce lundi, à l’arrivée à Bamako du Nigérien Abdourahamane Tiani. Un reporter de Sahel Tribune raconte ainsi ces « milliers de Maliens, rejoints par des ressortissants burkinabè et nigériens, » qui « ont convergé le long de la route » munis de « drapeaux tricolores, banderoles, et chants à la gloire de la "souveraineté retrouvée" » autant de symboles « d’un soutien populaire nourri par un sentiment de fierté nationale et d’unité régionale. »  Mais attention : cet enthousiasme ne se maintiendra que si les résultats sont au rendez-vous. La mise en place d’une force unifiée n’était qu’une première étape. Désormais, prévient le Pays, « il appartient à la force unifiée de l’AES de se donner les moyens de sa politique. » Le spectre de l’échec ne plane jamais loin comme celui, rappelle le titre burkinabè, du G5 Sahel, « cet albatros conçu à l’époque » pour vaincre le terrorisme, mais « qui avait déjà eu du mal dans l’opérationnalisation de sa force commune. »  La fin du mandat de Patrice Talon Dans quatre mois, le président béninois quittera le pouvoir, au terme de ses deux mandats, comme le prévoit la Constitution. Une « rareté », estime Jeune Afrique, qui n’hésite pas à classer le chef d'État dans cette « catégorie de dirigeants aussi rares que le léopard des neiges dans l’Himalaya : ceux qui partent de leur plein gré. » Un portrait élogieux que nuance le Monde Afrique : les opposants du président n'hésitent pas à dénoncer une « dérive autoritaire », voire d'avoir « instauré une démocratie de façade dans laquelle ses adversaires sont mis hors jeu. »   Et quand bien même Patrice Talon ne s'éternise pas au pouvoir, on ne peut pas parler d'un atterrissage sans accroc. Après tout, « il s’en est fallu de peu qu’il finisse renversé par des militaires, comme plusieurs de ses ex-homologues » de la région ces dernières années. La tentative de putsch du 7 décembre a échoué, oui, mais il n’empêche : elle « écorne une fin de règne que le président (…) s’était pourtant appliqué à organiser. » D'autant que les meneurs de cet épisode courent toujours, à commencer par le lieutenant-colonel Pascal Tigri. Patrice Talon a quatre mois pour changer la fin du film. D'ici là, prédit Le Monde, il lui sera « difficile de se montrer (...) serein. » À lire aussiÀ la Une: au Bénin, une trentaine de personnes inculpée après la tentative de coup d’État manquée
Avant de parler de la Coupe d'Afrique des nations, les journaux s'intéressent aussi au renouvellement du mandat de la Monusco. Ce week-end, les Nations unies ont renouvelé, pour un an, le mandat de leur mission en République démocratique du Congo. Et ce alors même que « la mission onusienne avait amorcé un processus de désengagement, notamment au Sud-Kivu, après plus de deux décennies de présence sur le sol congolais », rappelle Le Potentiel en RDC. Mais le contexte sécuritaire aura eu raison de cette volonté : la situation est « particulièrement préoccupant[e] », rappelle actualite.cd, en raison des affrontements dans l’est du pays. « La rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, occupe de vastes zones dans les territoires de Rutshuru, Nyiragongo, Masisi, Lubero et Walikale », pointe ainsi le titre. Conclusion : une « aggravation » des crises humanitaire et sécuritaire.  Mais après plus de 20 ans de mandats successifs, le média burkinabè Le Pays s’interroge : « Que peut-on encore attendre de cette mission onusienne ? (…) À quoi servira ce renouvellement de mandat ? » Le quotidien est circonspect, même s’il admet que ce n’est pas entièrement la faute de la Monusco. Celle-ci aurait bien besoin, pour agir, « d’un mandat robuste, comme ce fut le cas en 2013 », ce qui lui avait à l’époque permis « de mettre le M23 en déroute », se remémore Le Pays. Tout de même, le journal accorde au moins un mérite à la Monusco : celui de pouvoir être « une force tampon » et d’être « mise à contribution dans le cadre de la sécurisation des populations ».  Le Maroc et la CAN en étendard  Les journaux marocains ne sont pas peu fiers que leur pays héberge la compétition. Ainsi de L’Opinion, qui s’enorgueillit que « le nom du Maroc [soit] devenu un véritable label d’excellence dans le monde très concurrentiel du football ». Le 360 se gargarise de la même manière de cette « organisation grandiose » et de « la ferveur déjà palpable dans chaque ville, chaque rue, chaque café ». Accueillir la compétition est autant une preuve des mérites du Maroc qu’une occasion d’éblouir encore un peu plus le monde entier, « une opportunité majeure, de doper davantage ce soft power en présentant (…) au monde entier notre meilleur visage », poursuit l’Opinion. H24 Info ne s’y trompe pas non plus : sur le terrain comme ailleurs, le pays « n’a pas le droit à l’erreur » ; le sélectionneur Walid Regragui fait face à « une énorme pression » tandis que le président de la Fédération royale marocaine de football « doit rendre une copie parfaite du point de vue de l’organisation ». Le Royaume a donc mis les petits plats dans les grands. Le Monde Afrique parle même de « moyens hors norme ». Quitte parfois à s’attirer les foudres de la société civile. Car le dispositif impliquant « surveillance avec drones, caméras avec systèmes de reconnaissance faciale, commissariats à l’intérieur des enceintes sportives » est regardé d’un mauvais œil, quelques semaines après le mouvement Gen Z 212 qui a vu des dizaines de milliers de jeunes manifester pour réclamer un meilleur accès aux soins ou au logement. Une vitrine au-delà de la CAN  Dans quatre ans, le royaume chérifien remet le couvert avec cette fois la Coupe du monde, co-organisée avec l’Espagne et le Portugal. Ce qui fait du Maroc, rappelle H24 Info, le « deuxième pays africain à accueillir une Coupe du monde, 20 ans après l’Afrique du Sud ». La Coupe d’Afrique des nations a donc des airs de « répétition générale », pour faire du pays « une vitrine internationale », abonde L’Économiste. C’est d’ailleurs pour cela, rappelle Le Monde Afrique, que Rabat a investi l’équivalent de près de deux milliards d’euros dans « ses infrastructures hôtelières, aéroportuaires, routières et sportives » et dans la rénovation de ses stades. Puis il est aussi question, bien sûr, de soft power. Ici, le ballon rond est surtout un prétexte pour « renforcer l’influence économique et diplomatique du royaume sur la scène internationale, et pas seulement en Afrique ». Dans cette perspective, chaque Marocain est rien de moins qu’un « ambassadeur de son pays », estime L’Opinion. Pour reprendre les mots de Walid Regragui : « remporter la CAN n’est pas un choix », c’est « une obligation ». 
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