Discover
Invité culture
966 Episodes
Reverse
Alors qu'il est lui-même porteur d'une histoire familiale marquée par l'exil - celle des juifs d'Europe et de la Shoah - qui l'a conduit à s'intéresser à la question des apatrides, le comédien, auteur et metteur en scène Gabriel Gozlan-Hagendorf raconte dans sa pièce Ressac la quête des migrants qui tentent de traverser la Manche depuis Calais, en France, pour rejoindre la Grande-Bretagne. Le spectacle est présenté dans le cadre de L’Envolée, un dispositif mis en place par le théâtre Nanterre-Amandiers pour soutenir la jeune création.
Il fait chanter le piano sous ses doigts : fort d'une carrière longue de plus de 25 ans, auteur d'une soixantaine d'albums, Alexandre Tharaud, l'un des plus grands ambassadeurs du piano en France, présente son nouveau disque à la Philharmonie de Paris, ce lundi 12 janvier 2026. Intitulé Pianosong, il s'apparente à une déclaration d'amour sans paroles à la chanson française, d'Édith Piaf à Michel Jonasz en passant par Serge Gainsbourg, Léo Ferré et Barbara, dans lequel musique classique et musique populaire dialoguent avec virtuosité. À écouter aussiLes variations d'Alexandre Tharaud
On se croirait dans un récit de Jules Verne et pourtant c'est la réalité. Une île, surnommée Ferdinandea, est apparue au 19e siècle au large de la Sicile durant quelques mois avant d'être à nouveau immergée sous les flots de la Méditerranée. Clément Cogitore, artiste contemporain et cinéaste, est parti de ce fait et a construit une exposition entre documentaire et fiction. Ferdinandea, l'île éphémère, c'est au Mucem, le musée consacré aux cultures méditerranéennes à Marseille. Un beau livre aux éditions Atelier EXB accompagne l'exposition.
Anthropologue et cinéaste, Éliane de Latour a construit une œuvre marquée par de longs séjours en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire et au Niger. Ses films et ses recherches s’attachent à des mondes souvent invisibilisés — en cherchant toujours à filmer depuis l’intérieur. Avec Animus femina, elle déplace ce regard vers le monde animal, tout en poursuivant la même interrogation centrale : comment se fabriquent nos relations de domination, et comment certain.e.s peuvent les déplacer. Pour aller plus loin : Animus Femina
Après avoir adapté sa version de Cendrillon et du Petit Chaperon rouge, l'auteur et metteur en scène Joël Pommerat revient avec une nouvelle pièce, Les petites filles modernes, clin d'œil aux Petites filles modèles de la comtesse de Ségur. RFI : Votre pièce Les Petites filles modernes raconte l'histoire de deux jeunes filles qui nouent un pacte d'amitié si fort qu'il en devient, en quelque sorte, surnaturel. Qu'avez-vous voulu raconter ? Joël Pommerat : J'avais envie de me perdre un peu moi-même dans un certain nombre de questions. La question du pacte d'amour – amour au sens aussi, pourquoi pas, de l'amitié –, du serment du lien indestructible. Mais l'idée n'était pas d'avoir un projet de départ et de l'appliquer, c'était de vraiment faire une sorte de voyage avec des personnages d'enfants, ou d'adolescents en l'occurrence. Vous avez écrit et mis en scène plusieurs pièces qui étaient adaptées de contes dans lesquels vous partiez d'un univers imaginaire pour aller ensuite vers le réel. Là, c'est plutôt l'inverse. On part du réel pour aller vers l'imaginaire. Pourquoi et comment cela s'est fait ? Ce qui est certain avec ce spectacle, c'est que le surnaturel, j'avais envie de le représenter « en vrai », si on peut dire cela ainsi. Alors que dans certains autres spectacles qui partaient d'un conte très identifié comme Cendrillon, je crois que j'étais plutôt dans un travail de déconstruction de tout ce qui appartenait au surnaturel, voire au merveilleux. Je ramenais du trivial, je ramenais du réel. Là, il y avait cette idée de venir incarner le surnaturel, le rendre quasiment premier degré. Comment rendre compte de ce qui, normalement, dépasse le réel et comment le rendre visible ? D'ailleurs, on ne fait pas que le voir, on le ressent. Il y a le jeu des comédiennes, mais il y a aussi les vibrations, beaucoup de choses autour du jeu, pour nous faire ressentir ce surnaturel. Avec une volonté de nous y immerger. Il y a la volonté aussi de mettre le spectateur à contribution de cette incarnation, de cette représentation. Il y a une forme de co-réalisation. Cela utilise tout un tas de suggestions qui sont sensibles, qui sont de l'ordre du visuel et de l'auditif. Vous explorez beaucoup, dans vos spectacles précédents, l'enfance et l'imagination de l'enfance. Là, plutôt que cette idée générale, il s'agit plutôt de la période de la pré-adolescence. Qu'a-t-elle de particulièrement intéressant à vos yeux ? Nous avons, à peu près, entre douze et treize ans. C'est une période de rupture. C'est une période où, justement, il y a la question de l'enfance qui est posée comme la fin d'un chemin. Une mort, ou en tout cas la délivrance du poids que peut représenter l'idée d'être un enfant, d'être ligoté à l'intérieur de tout un tas d'injonctions. Finalement, d'un manque à vivre, d'un manque à exister par soi-même, presque un moment de combat pour aller récupérer, comme les personnages peuvent le dire, du pouvoir. Concernant le titre de la pièce, Les petites filles modernes, est-ce une référence aux Petites filles modèles de la comtesse de Ségur ? Je crois que, d'une façon assez lointaine, il y a une référence à cette autrice, la comtesse de Ségur, et à son univers, à sa façon à elle aussi de raconter cette période de la vie. La pièce Les petites filles modernes, de Joël Pommerat, se joue au théâtre des Amandiers, à Nanterre, jusqu'au 24 janvier 2026.
Connue pour son franc-parler et révélée par le personnage explosif de Betty dans 37°2 le matin de Jean-Jacques Beineix, l'actrice iconique Béatrice Dalle est actuellement à l'affiche d'un premier long métrage. Elle tient un rôle secondaire dans le film Laurent dans le vent et vient d'achever une tournée avec le spectacle Come As You Are. RFI : Vous êtes à l'affiche du premier long métrage Laurent dans le vent pour lequel vous avez été contactée par un trio de jeunes réalisateurs : Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon. Qu'est-ce qui vous a plu ? Est-ce le personnage de Sophia, une mère célibataire exilée à la montagne avec son grand garçon ? Béatrice Dalle : Ce personnage, je n'en ai absolument rien à foutre. Ce qui m'a séduit ici, c'est leur vision. D'un seul coup, ils m'ont interpellé, je les ai trouvé intelligents, intéressants et je ne regrette pas de les avoir suivis. Vous avez tourné avec de grands réalisateurs « consacrés » tels Abel Ferrara, Claire Denis ou Jean-Jacques Beinex. Mais vous avez aussi souvent donné leur chance à de jeunes réalisateurs. Comment fait-on pour vous contacter ? C'est moi qui décide, c'est moi qui rencontre. Cette fois, je me dis qu'un jeune réalisateur ou une jeune réalisatrice, c'était mieux, parce qu'ils ont plus envie, qu'ils ont les crocs. Pour un jeune méconnu, c'est difficile de faire un film et d'avoir les financements. Quoique : en parlant d'Abel Ferrera, je suis restée très amie avec lui. Or aujourd'hui, Abel peine à monter ses films alors qu'il est le plus grand réalisateur au monde : c'est dingue ! C'est pour cela que j'étais si contente lorsque Jim Jarmusch a eu le Lion d'or à Venise. Jim Jarmusch pour qui vous avez tourné dans Night on Earth... Je me dis que c'est dingue. Des mecs aussi incroyables que lui galèrent pour produire leurs films alors que d'autres comme celui qui a fait les personnages bleus... James Cameron, Avatar... c'est différent. Ce n'est pas parce que ce n'est pas mon genre de cinéma que je vais critiquer ce qu'ils font, mais le fait qu'ils trouvent des milliards et des milliards pour tourner un film alors que des personnes talentueuses mais qui ne rapportent pas de millions galèrent, je trouve cela triste. On peut monter un film sur votre nom ? Je ne suis pas un cheval, tu ne montes pas sur moi. Crois-tu que Pasolini aurait pu faire Salo aujourd'hui ? Parce que c'est inspiré des 120 journées de Sodome, ce serait impossible. Et on se priverait aujourd'hui du plus grand film antifasciste qu'on n'ait jamais tourné : c'est triste parce que maintenant tout est censuré. Pour les scènes d'amour... On vous voit effectivement avec ce jeune Laurent qui a l'âge d'être votre fils. Oui, et dans toutes les interviews que j'ai faites, j'ai été interpellée à chaque fois parce qu'on n'avait jamais vu de scène d'amour ainsi. L'inverse en revanche, on l'a toujours vu : des mecs bien plus âgés que moi, qui ont 70 ans, se tapent des meufs de 20 ans et cela n'a jamais heurté personne. Par rapport au film Laurent dans le Vent et à votre personnage Sophia, qu'est-ce qui est de l'ordre de la composition ? Qu'est-ce qui est de vous ? Qu'apportez-vous de votre vécu ? Je joue telle que je suis dans la vie. Il n'y a jamais aucun calcul. Dans ma vie, il n'y a aucun calcul. Pour moi, calculer quelque chose, cela veut forcément dire mensonge. N'est-ce pas l'art du comédien, malgré tout ? Peut-être, mais c'est pas le mien. Dans la Grèce antique, acteur, cela se disait « hypocrite ». Je ne suis pas une actrice, je ne suis pas une « hypocrite ». Vous êtes encore en tournée avec Come As You Are. Honnêtement, j'ai fait beaucoup de choses depuis 40 ans, mais c'est le spectacle que j'ai le plus de plaisir à faire. Il s'agit d'un spectacle sur Kurt Cobain. C'est un hommage. Je lis le journal intime de Kurt Cobain en choisissant des textes entrecoupés de chansons. Comme elles sont toutes emblématiques, c'était difficile d'en chercher une plus que les autres. Si j'ai choisi ce titre, c'est parce que le morceau Come As You Are en fait évidemment partie, comme Smells LikeTeen Spirit. Mais ça a été compliqué, parce que tous les morceaux sont extraordinaires. Laurent dans le vent, un long métrage d'Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon, avec Baptiste Perusat, Béatrice Dalle, Thomas Daloz, Djanis Bouzyani, sorti le 31 décembre 2025 (durée: 1h52)
Des Nuits de Fourvière, à Lyon, au festival Un piano sous les arbres, à Lunel, dans le sud-est de la France, en passant par les Francofolies de La Rochelle, la chanteuse, autrice et compositrice française a sillonné l'Hexagone en 2025 pour y défendre son dernier album, Jeanne, produit en toute indépendance. Une liberté qu’elle savoure. (Rediffusion du 21 août 2025) RFI : C'est presque une nouvelle Jeanne Cherhal que le public découvre sur scène. Vous aviez l'habitude d'un corps à corps avec votre piano. Là, vous allez encore plus loin. À quoi ressemble ce drôle de piano siamois que la scénographe Laura Léonard a conçu pour vous ? Jeanne Cherhal : Laura Léonard a imaginé un piano d'un seul tenant, avec deux claviers à ses extrémités. C'est comme si c'était un piano en miroir. Elle y a ajouté un petit escalier en me disant : « Tu pourras monter sur l'escalier de temps en temps, si tu le sens. » Je monte carrément sur le piano. Cela me donne une telle liberté. Le piano est vraiment devenu ma piste de danse. Dans les festivals, il y a beaucoup d'artistes, le public ne vient pas forcément pour vous. C'est un challenge supplémentaire ? Je crois que c'est ce que je préfère. J'aime toutes les configurations, mais c'est vrai qu'attraper des gens qui ne me connaissent pas, c'est un challenge que j'adore. Cinq ans séparent votre nouvel album du précédent, L'An 40. Le covid vous avait privé de tournée. Une période que vous avez mal vécue. Qu'est-ce qui vous a redonné l'envie de composer et d'écrire des chansons ? C'est Benjamin Biolay qui m'a secouée en me disant que c'était le moment pour moi de refaire un disque et qu'il en avait tellement envie qu'il allait l'arranger et le réaliser. Quand il m'a proposé cela, je n'avais rien écrit, je n'avais pas une seule chanson. Sa confiance m'a donné des ailes. Cela m'a redonné le goût d'écrire. Je lui dois cet album. Dans cet album, il y a une chanson, « Sous les toits », qui évoque les violences conjugales. Vous l'avez écrite en pensant au drame de Vilnius, à Marie Trintignant battue à mort par Bertrand Cantat. C'est en pensant à Marie Trintignant que j'ai écrit cette chanson le 1er août 2023, le jour anniversaire des 20 ans de sa mort. C'est une histoire qui m'a hantée. Je me suis rendu compte à quel point j'étais encore marquée et en colère. Cela ne passe pas. C'est une horreur qui est devenue un symbole, mais qui reste inacceptable, 20 ans après. Jeanne Jeanne Cherhal (Decibels production) 2025 Facebook / Instagram / YouTube À lire aussi«Jeanne»: le nouvel album flamboyant de Jeanne Cherhal
« J'ai rêvé de toi en couleurs », c'est le titre de l'exposition monographique que le musée d'Art moderne de Paris consacre jusqu'au 22 février 2026 à l'artiste plasticienne Otobong Nkanga, née à Kano au Nigeria, et qui réside en Belgique depuis une vingtaine d'années. Otobong Nkanga travaille sur le thème du lien brisé et à recréer entre l'humain et son environnement. (Rediffusion du 28/10/2025) RFI : Bonjour Otobong Nkanga, vous présentez ici, au musée d'Art moderne de Paris, une monographie rétrospective de votre œuvre. Qu'est-ce que ça vous fait de revisiter ce que vous avez produit au fil des ans ? Otobong Nkanga : Cela me fait vraiment plaisir, comme j'ai fait mes études ici en France, à Paris. Et de rentrer dans ce musée pour montrer la sélection de mon travail, c'est réellement quelque chose qui me touche. Je suis à la fois étonnée, émue et fière, car c'est un musée que je venais visiter quand j'étais à Paris. J'allais y regarder des expositions, par exemple de Dominique Gonzalez-Foerster ou Pierre Huyghe. Et à cette époque-là, je regardais ces artistes avec un immense respect, et de constater que je suis moi aussi entrée dans l'un des plus grands musées de France... Oui, c'est incroyable ! Qu'est-ce que vous avez choisi de montrer aux visiteurs français ou étrangers qui viendront ici ? D'abord des pièces que j'ai réalisées ici à Paris, comme celle qui s'appelle Keyhole. Il y a plusieurs pièces qui datent de ce temps-là, et d'autres plus actuelles, afin de montrer l'étendue des choses. C'est aussi la première fois que je montre des pièces que j'ai faites à l'école. C'est important de pouvoir les montrer, car il y a des jeunes qui créent et travaillent, et ils peuvent ainsi constater que les œuvres tracent une certaine ligne qui va être suivie dans le futur. On peut voir beaucoup de choses, on peut voir du tissage, des collages, des céramiques, des installations. Mais au final, quelle est la forme d'expression plastique qui vous correspond le plus ? Tout commence avec les dessins, l'installation, les sculptures, les tapisseries, les performances. Tout cela commence vraiment par une esquisse ou un dessin. Et à partir de là, je commence à voir mes idées dans un espace. Et à partir de là, pour moi, il n'y a pas une médium qui me semble plus importante qu'une autre. C'est en fonction de l'idée que j'ai, en fonction de la manière que je trouve la meilleure pour exprimer quelque chose. Votre travail questionne beaucoup le rapport entre l'humain et la nature… Ces liens que l'on crée, ces liens que l'on détruit, ces liens que l'on aimerait pouvoir recréer. Je pense notamment à toute la partie sur les industries extractives. Est-ce que l'action de l'homme sur la nature est toujours négative ? Je ne crois pas que c'est l'action de l'homme qui est négative sur la planète, parce que, nous aussi, nous venons de cette planète, de cette nature-là. Mais ce que je crois en revanche, c'est que la manière de développer et de structurer nos entreprises extractives ne prend pas en compte une partie « dormante ». Je veux dire, le fait de laisser les choses reposer, repousser, se régénérer. Tout ce que l'on fait, c'est de sortir, sortir des choses. On a toujours été extractifs, nous les humains, mais la manière dont nous le faisons aujourd'hui est marquée par le capitalisme. On le fait pour le capital et non pas pour l'humain. C'est pourquoi nous entrons dans des guerres. C'est pourquoi nous entrons dans un système qui n'est pas favorable aux humains, surtout pour les gens qui habitent sur les terres qui possèdent ces ressources minières. ► Exposition I Dreamt of you in Colours, d'Otobong Nkanga au Musée d'art moderne de Paris jusqu'au 22 février 2026.
Elle est l’une des actrices françaises les plus singulières de sa génération, capable de passer d’une production hollywoodienne à un tournage intime en Arménie, sans jamais perdre sa précision ni sa liberté de jeu. Camille Cottin revient aujourd’hui avec Le Pays d’Arto, en salles ce mercredi 31 décembre. Un rôle qui la plonge dans un voyage de deuil et de vérité. Dans ce premier film signé Tamara Stepanyan, elle traverse des ruines, parle à des inconnus, affronte la mémoire d’un pays. Camille Cottin est au micro d’Elisabeth Lequeret. À lire aussi«Si le vent tombe» et la tragédie du Haut-Karabakh
Elle écrit comme elle joue avec une puissance comme née de l'urgence. Séphora Pondi, qui fait partie des dernières recrues de la Comédie française, sort son premier roman : Avale, aux éditions Grasset. Il a pour décor la banlieue parisienne et comme héros un jeune homme désœuvré, frustré, et une jeune femme comédienne montante. Deux parcours dont la rencontre va nous exploser en pleine figure. Avale vient d'être couronné du prix roman des étudiants. (Rediffusion du 22/09/25) À lire aussi«Être ou ne pas être», questionnement au cœur du livre de la primo-romancière Sephora Pondi
Le 28 décembre 1895 se tenait la première projection publique du Cinématographe Lumière, au Grand Café à Paris. C'était il y a 130 ans. À cette occasion, l'autrice et vidéaste Mélanie Toubeau publie Une histoire de cinémas, ouvrage illustré par Simon Delart. Du cinémascope au Festival de Cannes, en passant par des figures comme Georges Méliès, Agnès Varda ou Jordan Peele, ce livre nous plonge dans les récits incontournables du grand écran. Mélanie Toubeau est au micro de Lisa Giroldini. À lire aussiOusmane Sembène, grand pionnier des lettres et du cinéma africains
Qu'est-ce qui nous unit encore en tant que collectif dans un monde de plus en plus polarisé ? C'est l'une des questions que se pose le chorégraphe Mehdi Kerkouche avec sa dernière création, « 360 ». Sur scène, huit danseurs tâtonnent puis parviennent à trouver un langage commun à travers la danse. Particularité de cette expérience : les spectateurs s'y sentent aussi vivants que les artistes. (Rediffusion du 28 mai 2025). À lire aussiMehdi Kerkouche fait entrer le public dans la danse avec «360»
Ambassadeur de la culture palestinienne, le Trio Joubran, virtuose de l’oud, sillonne le monde à travers une musique entre tradition et innovation. Ces trois frères nés à Nazareth ont conquis les plus grandes salles de concert — du Carnegie Hall à l’Olympia, où ils étaient les premiers Palestiniens à se produire en 2013. Pour la tournée des « Vingt printemps » du trio, Samir, Wissam et Adnan Joubran revisitent leur répertoire en compagnie d’un ensemble de cordes et de percussions. Ils rajoutent deux nouveaux titres particulièrement engagés pour la cause palestinienne : « Alternative Silence » et « At Dawn ». Rencontre avec Adnan Joubran, 39 ans, lors du concert à la Philharmonie de Paris. (Rediffusion du 13 décembre 2024) À écouter, notre podcast par Guilhem Delteil« Palestiniens » en 5 épisodes
En cette veille de Noël, alors que des familles dans le monde entier s'apprêtent à se retrouver, un nouveau film en salle ce mercredi en France propose un face à face mère-fille à la fois conflictuel et réjouissant. Son titre : La pire mère au monde. Le réalisateur Pierre Mazingarbe met en scène les retrouvailles entre une fille, brillante magistrate nommée dans un petit tribunal de province, et sa mère, greffière. RFI : Vous incarnez « la pire mère au monde » dans le film de Pierre Mazingarbe, à savoir une greffière d'un petit tribunal de province qui va faire équipe avec sa fille jouée par Louise Bourgoin. Elle est substitut du procureur et les deux ne se sont pas vues pendant quinze ans. La fille, Louise, est raide comme la justice, votre personnage aussi. Se ressemblent-elles ? Muriel Robin : Elles se ressemblent. Je me demande même si la mère n'est pas moins raide que la fille. C'est la mère, quelque part, qui a fabriqué la fille. Parce que c'est une mère sacrifiée – comme l'étaient les mamans de cette époque-là –pour que sa fille soit plus libre et ait accès à plus de choses. Elle a fabriqué un monstre qui la déteste. C'est peut-être la pire mère au monde, mais c'est la fille la plus détestable de la planète. Le titre est une antithèse. En tout cas, c'est une histoire mère-fille dans laquelle on peut s'identifier, malgré le fait qu'il y ait beaucoup de choses dans ce film et qu'il y ait plusieurs strates dans cette histoire. Il y a le polar, il y a les petites histoires derrière. Il y a l'histoire qu'on croit être au premier plan et finalement, c'est ce qui se passe derrière qui est important. Il y a même un aspect de comédie sociale aussi, puisque le film montre aussi le fonctionnement d'un petit tribunal de province sans moyens. Oui, il y a cela dans toutes ces strates. Il y a la comédie sociale, cette justice - dont le métier de magistrat est plutôt féminin, jusqu'à ce qu'on monte à des postes plus élevés où il n'y a plus du tout de femmes. C'est un film généreux, drôle, dans lequel on peut verser sa larme aussi. Ce n'est pas rare du tout, on l'a vu lors des projections. Ce fil entre la mère et la fille, tout d'un coup, on est dans une chose intimiste. Pour composer ce rôle de mère, avez-vous pensé à la vôtre ou pas du tout ? Comment avez-vous trouvé ce personnage ? J'aime beaucoup interpréter les femmes qui ont quelque chose de dur, parce que ma maman était comme cela. J'ai fait un copié-collé de ma mère, donc, je suis devenue cela. Sauf que maintenant, je m'en suis débarrassée, car j'ai trouvé que ce n'était pas très intéressant. Cela faisait un peu peur. Vous avez beaucoup joué avec ce type de personnage sur scène. Sur scène, au début, j'étais cela. Je m'en suis débarrassé, mais je connais très bien. Cette partie dure, je la remets, il faut la mettre. Tu en veux combien ? Je t'en mets un kilo, deux, quatre kilos ? Pas de problème. On vous voit enfin au cinéma. Je fais référence à votre déclaration, en début d'année, où vous estimiez ne pas avoir les rôles que vous pourriez au cinéma. Est-ce que, depuis, les propositions ont afflué ? Est-ce que cette déclaration a remué quelque chose dans le milieu du cinéma français ? Non, pas encore. Maintenant que le film va sortir, j'observerai ce qui se passe. Et puis, quoi qu'il se passe, ce sera bien. Pour la suite, peut-être un spectacle ? Les spectateurs ne vous ont pas vu sur scène depuis 2019. En tout cas, en « one-man-show » et en spectacle nouveau, cela fait treize ans. J'ai un nouveau spectacle. Le jouerais-je, le jouerais-je pas ? Il faut bien que j'entretienne un peu le suspense. On a beaucoup plus peur en vieillissant, c'est incroyable. Peur du trac ? Pas le trac, mais plutôt la peur que les gens ne viennent pas. Parce qu'il y a tellement d'artistes, tellement de gens drôles. Ce qui me ferait y retourner, ce serait si cela correspond à qui je suis aujourd'hui et à ce que je veux donner au public. ►La pire mère au monde, de Pierre Mazingarbe, avec Muriel Robin et Louise Bourgoin. Sortie le 24 décembre 2025. À lire aussi«L’Engloutie» et «Le pays d’Arto» : deux femmes face au secret
L'invitée culture aujourd’hui est une jeune cinéaste qui a fait le buzz à Cannes avec son premier film. L'Engloutie, de Louise Hémon, vient d’obtenir le prix Jean Vigo. Situé dans un hameau alpin isolé à la fin du XIXᵉ siècle, c’est le portrait d’une très jeune institutrice républicaine, envoyée pour « civiliser » ce coin reculé. Louise Hémon est au micro d’Elisabeth Lequeret. À lire aussi«L’Engloutie» et «Le pays d’Arto» : deux femmes face au secret
À quoi vont ressembler les futurs vitraux modernes de Notre-Dame de Paris ? Lauréate du concours organisé par le ministère de la Culture, la plasticienne Claire Tabouret présente pour la première fois au public son travail. Ceci dans le cadre d’une double exposition du Grand Palais – dont l’autre parcours est signé Eva Jospin –, à découvrir jusqu’au 15 mars 2026. À lire aussiÉlodie Schneider: l’engagement d’une vitrailliste à Notre-Dame de Paris
La bande dessinée Les sentiers d'Anahuac, de l'historien Romain Bertrand et du dessinateur Jean Dytar, a reçu le Grand Prix de la Critique ACBD 2026 début décembre. Cet ouvrage retrace la conquête espagnole du Mexique à travers le regard d'Antonio Valeriano, un jeune Indien issu de la noblesse indigène. Il aborde les thèmes de la colonisation et de la mémoire des Nahuas, l'un des principaux groupes indigènes du Mexique. L'historien Romain Bertrand est au micro de Lisa Giroldini. À lire aussiMagellan n'a pas fait le tour du monde
Révélé par la série à succès « Dix pour cent » dans laquelle il jouait Hervé, le comédien Nicolas Maury signe la réalisation d'une minisérie pour Arte, « Les Saisons», dont le premier épisode est diffusé ce jeudi 18 décembre (et déjà disponible sur la plateforme Arte.tv). Cette série suit l'histoire d'un triangle amoureux entre trois personnages dont on suit les moments clés, sur une période de trente ans. Nicolas Maury répond aux questions de Sophie Torlotin. À lire aussi«Dites-lui que je l'aime»: Romane Bohringer filme l'absence des mères
Dans le film Le Chant des forêts, le réalisateur Vincent Munier revient sur les terres qui l’ont façonné : les Vosges, leurs clairières, leurs brumes et leurs présences discrètes. Il signe un film intime, presque murmuré, où trois générations se retrouvent autour d’une même passion pour le sauvage et l’art de l’affût. Il répond aux questions d'Elisabeth Lequeret. À écouter aussiLe réalisateur Amine Adjina explore « l'univers du cinéma méditerranéen » avec « La petite cuisine de Mehdi »
Après un livre sur les divas arabes, un autre plus sombre suite à l'explosion dans le port de Beyrouth, on attendait le prochain roman graphique de Lamia Ziadé. La dessinatrice et plasticienne franco-libanaise vient de publier, toujours chez P.O.L. , Rue de Phénicie, son livre le plus personnel. Une mise à nu bouleversante où, avec sa verve habituelle, Lamia Ziadé mêle vie privée et analyse géopolitique imparable et où la violence du monde n'empêche pas l'humour. Entre sacré et populaire, Mariana Delgadillo Espinoza fait dialoguer les siècles avec «Sucreries»



