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Où sommes-nous prêts à aller pour enfin devenir la plus belle version de nous-mêmes ? Lucie Albrecht propose une réponse à cette vaste question dans sa dernière bande dessinée intitulée « Le Complexe », du nom d'une mystérieuse clinique qui promet d'effacer tous les complexes en quelques jours seulement. Mais derrière cette promesse de perfection, le récit dévoile peu à peu une dystopie entre société de consommation, culte de la transformation et logiques capitalistes poussées à leur maximum. L'autrice Lucie Albrecht est l'une des invitées du Pop Women Festival, qui se déroule du 5 au 7 mars à Reims. Elle participera à une table-ronde intitulée « Miroir, mon beau miroir » le vendredi 6 mars à 10h, aux côtés de la chorégraphe Marie Barbottin et de l’autrice Erell Hannah.
Un petit orphelin né à la frontière entre la Guinée et la Côte d'Ivoire, obligé de traverser le Liberia et la Sierra Leone pendant les guerres civiles des années 1990, va se retrouver enrôlé comme enfant-soldat. C'est le périple raconté par le roman Allah n'est pas obligé, du grand écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma, lauréat du prix Renaudot et du Goncourt des lycéens en 2000. Ce roman est désormais adapté à l'écran par Zaven Najjar dans un film d'animation qui sort ce mercredi 4 mars en France. À écouter aussiAhmadou Kourouma: le «guerrier» de Boundiali
Voici une plongée dans l’univers d’une figure majeure et controversée de la littérature française, disparue le 3 mars 1996, voici trente ans. Dans Marguerite Duras, Dévorer, tout, Béatrice Gurrey dresse le portrait d’une écrivaine qui n’a jamais séparé l’écriture de la vie, quitte à s’y brûler. Journaliste au Monde, Béatrice Gurrey aborde Duras avec les outils de son métier : l’enquête, les archives, l’entretien, mais aussi une attention aiguë aux silences, aux zones d’ombre et aux contradictions. Béatrice Gurrey au micro d’Elisabeth Lequeret. Marguerite Duras, Dévorer, tout, est paru aux éditions de L'Aube.
La stand-uppeuse Shirley Souagnon sera sur la scène de La Cigale à Paris, ce mardi 3 mars 2026. Elle est au cœur du spectacle « Être humain », qui mêle projection et échange avec le public. Entourée entre autres du poète et slameur Souleymane Diamanka, de la chanteuse Sandra Nkaké et de l'humoriste Kheiron, elle explore avec ironie et lucidité l'identité, la santé mentale et nos contradictions, pour questionner ce qui nous relie au-delà de nos différences. À lire aussiLe «One Poet Show» du Sénégalais Souleymane Diamanka, entre humour et poésie
Redonner sa place à une femme oubliée... Dans le sillage post mouvement #MeToo, on redécouvre dans tous les domaines des femmes qui ont compté dans le monde scientifique ou artistique. C'est le cas de Lou Andreas-Salomé, dont le nom reste associé aux « grands hommes » qu'elle a côtoyés, comme le philosophe allemand Friedrich Nietzsche ou le poète autrichien Rainer Maria Rilke. La scénariste Séverine Vidal et la dessinatrice Olivia Sautreuil consacrent une bande dessinée à cette autrice oubliée. Lou Andreas-Salomé : si tu veux une vie, vole-la vient de paraître chez Bayard Graphic.
Il a représenté le visage du rock sur plusieurs générations, sans être musicien lui-même : le journaliste musical Philippe Manœuvre fait ses débuts sur scène à 71 ans ! Dans son spectacle Un enfant du rock raconte, joué en ce moment au Théâtre de l’Œuvre, à Paris, le critique rock relate, deux heures durant, ses anecdotes les plus folles. Au cours de sa carrière, Philippe Manœuvre a rencontré plus de 450 artistes, il y a donc de quoi raconter ! RFI : Vous présentez en ce moment un spectacle intitulé Un enfant du rock raconte. Comment ça se présente ? Philippe Manœuvre : C'est une tentative de théâtre rock. Notamment, j'ai un guitariste, un guitariste électrique et électrifié, M. Yarol Poupaud, qui a été le dernier lead guitariste de Johnny Hallyday, son chef d'orchestre. On a aussi un décor : moi, je suis installé dans un ampli Marshall avec un fauteuil gothique. (rires) On a essayé de faire quelque chose de rassembleur autour de gens que tout le monde connaît, les anciens Beatles, les Rolling Stones, Prince, Johnny Hallyday… J'ai eu la chance de les rencontrer tous, même de vivre des choses uniques avec eux. On a construit une vraie pièce de théâtre autour du rock. Et sur tous ces artistes que vous avez rencontrés, vous avez aussi pu rencontrer des rockers africains… Pour moi, la musique, elle vient d'Afrique. Moi, je suis le premier qui a mis des rockers blacks à la télévision. Quand on a créé l'émission Sex Machine en hommage à James Brown, pendant trois ans, on n'a rien passé d'autre. À lire aussiUne pensée pour James Brown... Cinquante ans plus tard, vous semblez avoir gardé l'émerveillement et l'enthousiasme qui vous ont poussé à faire ce métier en premier lieu ! Totalement ! Je n'écoute que du rock, les nouveautés… C'est le début de l'année, de nouveaux groupes arrivent. Le rock refuse de disparaître. Les gens, ils aiment cette musique. Ça leur tient à cœur ! La France, c'est une nation rock. Parlons-en, justement, du rock d'aujourd'hui – en France ou ailleurs. Quel regard portez-vous dessus ? On n'est plus dans le même monde. Entre les années 1970 en France et les années 2020, on n'a plus les mêmes problèmes. Quand le rock est arrivé, il voulait secouer la société. Mais ce n'est plus la même société du tout. Tous les matins, on se réveille, on regarde le téléphone en disant « qu'est-ce que Trump a encore fait cette nuit ? » Donc, on est dans un monde qui n'a pas besoin d'être challengé non plus. Les gens ont au contraire besoin d'être rassurés, de se retrouver autour d'émotions collectives, artistiques. Et le rock leur en offre. Vous pensez que c'est pour cela aussi que cela marche autant quand, par exemple, des Oasis se reforment ? Que c'est le côté rassurant ? Évidemment ! Les gens sont contents, parce qu'Oasis, ils viennent d'une époque où tout allait bien, quoi qu'on en dise. Rendez-vous compte ! 1995, on était dans le bonheur parfait, on ne s'en rendait pas compte ! (rires) Vous avez rencontré beaucoup de monde, mais il y en a peut-être aussi que vous avez loupé. Est-ce qu'il y en a que vous avez regretté de ne pas avoir pu interviewer ou rencontrer ? Oui, Jimi Hendrix, évidemment. Jimi Hendrix et Jim Morrison, c'est vraiment les deux personnalités que j'aurais aimé rencontrer. Ces deux-là me manquent énormément, et ils manquent à la musique aussi. C'était le plus grand guitariste et le plus grand chanteur pour moi. Et leur disparition, c'est encore très dur aujourd'hui, bien sûr. "Un Enfant du rock raconte", spectacle de Philippe Manoeuvre, mise en scène de Jérémie Lippman, jusqu'au 22 avril 2026 au Théâtre de l'Oeuvre à Paris. Retrouvez plus d'informations sur le site du Théâtre de l'Œuvre. À lire aussiÀ la source du Rock'n'roll
« 2 + 2 = 5 », c’est une citation du célébrissime roman de George Orwell « 1984 ». Dans cette œuvre dystopique publiée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le héros et narrateur Winston Smith se demande dans son journal si l'État a le pouvoir de définir cette formule comme exacte, et si le fait que tout le monde y croit en fait une vérité. Le nouveau film de Raoul Peck, qui sort en salles, mercredi 25 février, en France, permet justement d’y voir clair sur l’apport de cet écrivain lucide et visionnaire. À lire aussiCannes 2025: Raoul Peck s'intéresse à la lucidité très contemporaine de George Orwell
Une pièce de théâtre pour renouer avec le courage : depuis le début du mois de janvier, plusieurs duos de comédiennes, dont Isabelle Adjani et Laure Calamy, se succèdent à Paris pour jouer l’adaptation sur scène de La Fin du courage, essai à succès écrit en 2010 par la philosophe et psychanalyste française Cynthia Fleury. Objectif : lutter contre le découragement dont souffrent les sociétés occidentales. RFI : Cynthia Fleury, bonjour. D'abord, qu'est-ce que c'est, le courage ? Cynthia Fleury : C'est une invitation à la vie : je pense véritablement qu'il y a, derrière le courage, du vitalisme. Ensuite, c'est souvent tout simplement la conscientisation de ses peurs, et la décision de les dépasser. Ce que vous dites, quelque part, avec cette pièce, c'est qu'on négocie tous avec le monde qui nous entoure, on fait tous des compromis. À quel moment on bascule dans le découragement, dans la faim du courage ? Il faut comprendre que le découragement vient d'un côté de l'absence de compromis - la personne qui refuse tout compromis, toute possibilité, et donc ne trouve aucune manière d'être en prise avec le réel. Et de l'autre côté, le fait de trop négocier : cette personne là finit presque lessivée, disparaissante, ne sachant plus où elle est. Donc La Fin du courage est bien évidemment une invitation à trouver la juste mesure de la négociation. On vit une époque très particulière, avec des nouvelles dramatiques quotidiennement. Comment faire pour résister, ne pas se sentir complètement emporté par ce sentiment ? Tous les jours, il y a des manières de produire des résistances. Je suis enseignante-chercheure. Dans mon cas c'est déjà refuser de ne pas nommer les choses. Je veux pouvoir encore le faire, puisqu'aujourd'hui, même cet acte simple est attaqué de manière très forte. Il y a la novlangue par exemple ; mais aussi, lorsque vous avez des images montrant ICE [la police de l'immigration américaine, ndlr] mettant à mort quelqu'un, on se pose encore la question de savoir si oui ou non c'est une mise à mort sous nos yeux. On voit bien qu'aujourd'hui, les image et les mots sont travestis. Le courage, c'est donc pour commencer : "je vois ce que je suis en train de voir, je dis ce que je suis en train de réellement penser, et à u moment donné, j'agis en fonction." C'est quand même un constat terrible, si on se dit qu'aujourd'hui, le simple fait de donner un nom aux choses, c'est un acte courageux. Oui, mais c'est véritablement le cas. Il y a aujourd'hui une attaque en règle, menée par les mouvements trumpistes, mais pas exclusivement. En disant les choses, immédiatement, vous vous rendez visible, on vous pointe du doigt, et vous vous mettez en danger. Donc oui, ne pas céder sur le langage reste quelque chose de courageux. Le découragement auquel on assiste aujourd'hui est-il avant tout individuel ou collectif ? C'est les deux à la fois. Le découragement est, malgré tout, assez puissamment individuel. Mais il s'expérimente aussi, hélas, dans des collectifs, ceux du travail par exemple. Il suffit d'aller écouter les soignants à l'hôpital, il suffit d'aller écouter tous les métiers du soin, dans les métiers de l'éducation, les juges. Il y a une forme de découragement collectif assez fort. C'est toujours dangereux parce que la passion collective du découragement est rarement protectrice. Tout l'enjeu, c'est donc de voir comment demain, on va pouvoir reconquérir la vertu du courage, comme outil de régulation pour les sociétés. Le découragement touche particulièrement les jeunes. Qu'est-ce que vous leur dites à ces personnes, qui n'ont connu que des périodes décourageantes ? Je leur dis, hélas, que d'autres, dans d'autres temps historiques, ont connu des périodes tout aussi tragiques. Que c'est un peu le lot de chaque génération de rencontrer son territoire d'adversité. Que rien n'est écrit. Ce découragement est assez normal. Il est le signe aussi d'une vérité de leur sensibilité. Mais il faut faire attention de ne pas le laisser emporter la partie. Donc, je leur dis de tenir. La fin du Courage est jouée cinq fois par semaine au Théâtre de l'Atelier, à Paris, jusqu'au 8 mars 2026. À écouter aussi« La fin du courage », une adaptation théâtre de l’essai de Cynthia Fleury
On croit souvent que les chasses aux sorcières appartiennent à un passé lointain, enfoui dans l’Europe du XVIIᵉ siècle. Pourtant, dans Les Filles-au-Diable, l’historienne Christelle Taraud montre que cette violence est toujours à l’œuvre, notamment en Afrique, où des femmes sont encore accusées de sorcellerie.
L'invitée culture, ce 20 février, nous entraîne dans le monde de la fashion week parisienne. À travers trois destins de femmes, Alice Winocour parle de corps éprouvés, de travail invisible, de maladie, de transmission et de solidarité, là où on ne l'attend pas. Coutures, son film, est sorti en salles mercredi 18 février 2026.
Mohamed Toukabri, chorégraphe et danseur tunisien basé à Bruxelles, se penche dans son dernier spectacle sur toutes les danses qui l'ont nourri, de ses débuts dans le breakdance à l'âge de 12 ans à Tunis jusqu'à la danse contemporaine occidentale qu'il a apprise plus tard. Un spectacle qui mêle les formes et à travers lequel il interroge ses différentes identités, mais aussi l'histoire à travers son corps de danseur. Every-Body-Knows-What-Tomorrow-Brings-And-We-All-Know-What-Happened-Yesterday, de Mohamed Toukabri, au Théâtre de la Bastille, du 17 au 20 février, dans le cadre du festival Faits d’hiver 2026. À lire aussiThéâtre : «Saigner des genoux», une pièce «coup de poing» sur une adolescence au collège
Comment raconter une guerre civile à hauteur d'enfant ? C'est ce que fait le documentaire Green Line, sorti en salles mercredi 18 février 2026. Sylvie Ballyot filme Fida Bizri, qui a grandi à Beyrouth dans les années 1980 pendant la guerre. À l'aide de figurines et de maquettes miniatures, elle va à la rencontre de miliciens et confronte sa vision d'enfant avec la leur. Green Line, de Sylvie Ballyot, sorti en salles le mercredi 18 février 2026, 150 min. À lire aussi«Green Line», de Sylvie Ballyot et Fida Bizri: une enfance sous les bombes
Le rêve adolescent est au cœur de la dernière pièce du metteur en scène Thomas Quillardet, À mots doux. Le personnage principal, Sylvain, 14 ans, reste cloîtré dans sa chambre qui devient alors l'espace de tous les possibles. Il construit peu à peu son identité grâce à la chanteuse franco-canadienne Mylène Farmer dont il est totalement fan. Accompagné de plusieurs personnages imaginaires, Sylvain commence à se sentir de plus en plus libre et à enfin trouver sa place dans la vie réelle.
La 76ᵉ Berlinale, le premier festival international de cinéma de la saison, bat son plein en ce moment dans la capitale allemande. 22 longs métrages sont en lice pour le prestigieux Ours d'or. Parmi eux, Dao, le nouveau long métrage du Franco-Sénégalais Alain Gomis. On se souvient qu'il avait décroché, à Berlin, en 2017, l'Ours d'argent du meilleur film pour Félicité, tourné en RDC. Cette fois, Dao nous entraîne entre la Guinée-Bissau et la France. À lire aussiTrois films africains en compétition à la Berlinale 2026
Onze danseurs au plateau évoluent pendant une heure sur les sonorités électroniques du DJ Awir Leon, présent en live. Entre électro, pantsula, krump, afro, waacking et hip-hop new style, tous les genres de danse urbaine des communautés underground du monde entier sont représentés dans DUB, le nouveau spectacle du chorégraphe franco-sénégalais Amala Dianor. Les jeunes danseurs, venus des quatre coins du globe, se retrouvent dans des espaces confidentiels pour donner à voir ce qui est habituellement caché. Pour connaître les dates de la tournée, c'est par là ! À écouter dans En sol majeurAmala Dianor, du corps en barre
En ce moment au Théâtre des Mathurins de Paris se joue le spectacle musical Aime-moi : un seul en scène interprété par le comédien Fabien Ducommun, également co-metteur en scène aux côtés de Christian Kiappe. On y suit un certain Fabien embarqué presque malgré lui dans un road trip en solitaire à travers les États-Unis rythmé par les chansons des plus grands crooners. Mais au fur et à mesure que les kilomètres défilent, les souvenirs et les fantômes du passé reviennent le hanter. La pièce «Aime-moi» de Fabien Ducommun, grand road trip à travers les États-Unis
Après un premier album, Magic Place, remarqué par la critique, la chanteuse et compositrice de jazz Audrey Pierre est en tournée jusqu'en juin prochain en France. Avec sa voix profonde et ses compositions qui s'inscrivent dans le jazz traditionnel mais avec un swing étonnamment moderne, la messine de naissance a séduit jusqu'au public américain. RFI : Depuis la sortie de votre album Magic Place, vous enchaînez les concerts. Est-ce que cet album a changé quelque chose dans votre carrière ? Audrey Pierre : Oui, je dirais que ça m'a ouvert beaucoup de portes. J'ai eu le soutien de pas mal de presses que je remercie notamment. Ça m'a ouvert plus de scènes, de scènes un peu plus grosses, ainsi que des dates de concert plus nombreuses. Pourtant, vous avez déjà plus de 200 concerts en 4 ans à votre actif. Donc cet album finalement est à la fois un aboutissement et un nouveau départ ? C'est à dire que je j'avais à cœur de jouer ces morceaux avant de les enregistrer, donc j'ai quand même pris le temps de les « emmener sur le terrain » avant de les sceller sur un disque ! Racontez-nous, Audrey Pierre, comment vous en êtes venu à la musique. J'ai cru comprendre qu’à l’origine vous étiez luthière, fabricante de violon. Tout à fait. J'ai passé sept ans à Mirecourt, dans la capitale du violon (en France, grande ville de lutherie NDLR), à fabriquer des violons et je chantais déjà et je faisais déjà de la musique. Le désir était là, mais je n'osais pas y croire, jusqu'à ce que l’on me propose de plus en plus de concerts. J’ai commencé à prendre goût à la chanson, et ce désir est devenu plus fort que celui de l’établi, même si j’adorais le travail de luthier. Et donc j'ai vendu mes outils tout simplement pour pouvoir venir m’installer à Paris. Vous avez donc renoncé à fabriquer des violons pour pouvoir vous consacrer à la chanson ? C'est vrai que l’on peut parler de renoncement, mais ce n’est pas pour toujours. C'est du moins ce que je me dis pour me rassurer, parce qu’il est vrai que j'aimais beaucoup ça. Qu'est-ce qui vous a donné confiance en vous au point de vous lancer dans cette carrière de chanteuse ? Vous êtes-vous dit « c’est vrai que ma voix est belle et que mes compositions tiennent la route » ? (Rires) Alors, je me suis vraiment jamais dit que ça ! Et j'espère ne jamais me le dire. Pourquoi ? Vous doutez de votre voix ? J'ai envie de penser que le doute fait partie de la création. Je n’ai jamais ce sentiment de me dire "Ah ! Je suis prête, c'est suffisamment bien, je peux y aller." Non, c'était surtout les autres qui m'ont soutenue, que ce soient les musiciens ou le public. Et puis, il y a cette espèce de feu, on n’a pas le choix, il faut faire ça. Et ensuite, un jour, j’ai envoyé ce que je faisais au Sunset à Paris, (L’un des plus célèbres clubs de jazz de la capitale française NDLR). Et j'ai reçu une réponse à mon mail dans les trente minutes de la part de Stéphane Portet, (Directeur et programmateur du Sunset, NDLR) que je remercie d'ailleurs pour sa confiance. Il m'a proposé une date de concert et je me suis dit « Waouh, super, bon bah Paris quoi ! » Et par une chance incroyable, le soir du concert se trouvait dans le public une bookeuse (Programmatrice d’artistes NDLR) et musicienne de Los Angeles qui a beaucoup aimé le concert. Elle est venue me voir à la fin et m’a proposé une tournée à Los Angeles (Etats-Unis NDLR) Je n'ai pas réfléchi, j'ai accepté, et elle m'a invitée à jouer là-bas, dans une salle et puis un jazz club et également à l'hôtel café qui est en plein Hollywood. Donc vous êtes passée de Mirecourt, à Paris, et ensuite le grand voyage aux États-Unis. Un rêve en quelque sorte ! Oui ! Je m’en souviens encore, cela fait à peine deux ans, j'étais dans l'avion et je n’arrivais pas à y croire, c'était très grisant. Et vous aviez combien de titres à jouer dans votre valise ? Une dizaine. La bookeuse avait tout organisé pour moi, elle avait choisi l'équipe de musiciens, donc je leur avais envoyé l'album au préalable, mais je ne les connaissais pas, je ne savais pas trop où je mettais les pieds. Et là, j'arrive en répétition et ils connaissaient les morceaux note pour note ! C'était impressionnant, j'essayais de pas le montrer, mais j’étais impressionnée ! Revenons sur Magic Place, ce premier album. D'abord, c'est quoi cette Magic Place dont vous parlez ? Eh bien, cet endroit magique, je dirais qu'il est plutôt intérieur. C'est un endroit apaisant là où se réfugier. En tout cas, moi j'arrive à toucher cet état grâce à des albums qui m'ont fait beaucoup de bien. Donc j'avais ce cette ambition, ce désir d'essayer à mon tour de procurer se serait-ce qu’un dixième de ce que certains albums m'ont procuré chez l'auditeur. Dites-nous, quels sont les albums qui vous ont mis dans un état émotionnel particulier ? Je pense surtout au « Circlesongs » de Bobby McFerrin, qui est un album que j’écoute plusieurs fois par semaine depuis des années. J'ai un truc très monomaniaque avec la musique que j'aime. Sting aussi a pu me procurer cet effet, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan évidemment. Donc voilà, je voulais faire un album apaisant. Je lisais sur votre site, vous parliez de vos références, des artistes qui vous ont inspiré, donc on a Sarah Vaughan, Chick Correa, Ahmad Jamal, Bobby McFerrin. Qu'est-ce qui relie tous ces artistes pour vous ? L'émotion et ce que ça me procure corporellement, car chez moi, beaucoup de choses passent par le corps. Même quand j'écris. Et faire face à de telles références du jazz et de la musique ne vous paralyse pas ? J'essaye de pas rentrer dans la comparaison, même si c'est dur. Je pense au contraire que ces artistes me tirent vers le haut. Mais jamais je n'oserais me comparer, sinon j'arrêterais tout de suite. Parlez-vous de vos musiciens. Comment avez-vous connu Vladimir Torres, le contrebassiste, et Karim Blal le pianiste ? Vladimir, je l'ai rencontré à Paris, il est basé à Besançon. Mais c'est à Paris qu'on s'est rencontrés et je suis allée le voir en concert. Il m'a impressionnée. Puis, à l'issue du concert, on est allé boire un café, puis on s'est dit qu’il fallait que l’on fasse quelque chose ensemble parce qu'il aimait bien ce que je proposais initialement. Quant à Karim, je l’ai rencontré Karim dans une jam ( une session de musique NDLR) et c’est pareil, j’ai beaucoup aimé son jeu , c’est d’ailleurs lui qui m’a fait rencontrer le batteur Tom Perron, c'est comme ça que nous avons formé le quartet. Il y a quand même une patte Audrey Pierre que l'on retrouve sur tout cet album. Comment cela se passe avec les musiciens? Vous dirigez tout ? Vous leur laissez beaucoup de liberté ? Ça dépend vraiment des morceaux, il y a des morceaux plus écrits que d'autres. Mais en général, j'aime laisser une grande place aux musiciens, cela permet de garder une certaine fraîcheur et faire aussi que tous nos concerts ne se ressemblent pas. On parle beaucoup du « revival » du jazz, que ce soit en Angleterre, en Europe ou aux Etats-Unis, êtes-vous connectée avec cette génération montante ? J'essaie de suivre au maximum ce qui sort actuellement et ce qui me passionne. Et c'est vrai, que le jazz est quand même une musique en constante évolution, en constante réinvention. Ce qui me plait c’est de l’ouvrir à l'hybridation avec d’autres styles de musique. Sur mon prochain album, il y aura sans doute un rappeur londonien. Je suis ouverte à d'autres collaborations plus pop ou rap ou rap.
Dans sa dernière pièce au théâtre des Bouffes du Nord, Lorraine de Sagazan nous plonge dans la violence de l'industrie de la pornographie. Elle part de l'affaire French Bukake, une plateforme qui diffuse des vidéos pornographiques, dont les responsables sont accusés d'avoir recruté des femmes vulnérables pour des tournages sans consentement réel. Chiens, le titre de la pièce, fait référence à la meute masculine exploitant le corps féminin. La pièce, fait rare au théâtre, est interdite aux moins de 16 ans en raison de descriptions de violences sexuelles. À lire aussi«Léviathan»: quand le théâtre convoque la justice sur scène
Le Marsupilami est de retour ! Le Marsupilami, c'est cet animal imaginaire créé par l'auteur de bande dessinée Franquin, un marsupial jaune et noir à la longue queue préhensile et qui vit en Amérique du Sud dans un pays lui aussi fictif, la Palombie. Après une première adaptation au cinéma qui connut un grand succès (plus de 5 millions de spectateurs), en 2012, ce personnage est de nouveau le héros d'un film qui vient de sortir mercredi 4 février sur les écrans français. À reécouter aussi«Sur la piste du Marsupilami», un film d'aventure souvent hilarant
Marcos Caramés-Blanco et Orane Lemâle dévoilent leur dernière création, Ce qui m'a pris, le portrait d'une jeune trentenaire, animatrice périscolaire en grande détresse existentielle. Un seul-en-scène vertigineux de quasiment deux heures où le personnage incarné par la comédienne Fanny Brulé-Kopp traverse rêves hallucinatoires, espoirs et obsessions étranges, le tout dans un isolement extrême : une véritable descente aux enfers contemporaine. Marcos Caramès-Blanco nous dévoile la genèse de cette pièce. À écouter dans Le Reportage cultureLa «Cendrillon» de Pauline Viardot envoûte les scènes françaises



