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Invité international

Author: RFI

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Chaque jour, un invité, spécialiste ou acteur de l’événement, vient commenter l’actualité internationale sur RFI au micro du présentateur de la tranche de la mi-journée.

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Donald ⁠Trump a annoncé, mardi 7 avril en fin de soirée, un cessez-le-feu de deux semaines avec Téhéran. L'Iran continue de viser des cibles au Koweït et aux Émirats arabes unis, et Israël, qui a mené une série de frappes ce mercredi 8 avril au cœur de Beyrouth – les plus violentes depuis le début de la guerre –, affirme que la trêve irano-américaine annoncée dans la nuit n'inclut pas le Liban. Les objectifs de guerre d'Israël au Liban décryptés avec Joseph Maïla, professeur de géopolitique à l'ESSEC, ancien directeur du Centre d'analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères.  À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: Washington et Téhéran conviennent d'une trêve et vont négocier au Pakistan
La cheffe de l'opposition taïwanaise, Cheng Li-wun, est arrivée en Chine mardi 7 avril. Celle qui prône le dialogue et un resserrement des liens avec Pékin est la première présidente du parti Kuomintang (KMT) à se rendre dans le pays depuis dix ans. La Chine, qui considère Taïwan comme partie intégrante de son territoire, a accentué depuis de nombreux mois sa pression militaire autour de l'île. RFI évoque les enjeux de cette visite avec Jean-Yves Heurtebise, maître de conférences à l'université nationale Sun Yat Sen à Taiwan et chercheur associé au centre d'études français sur la Chine contemporaine à Taipei. À lire aussiTaïwan, au centre des relations entre la Chine et les États-Unis    
Lundi 6 avril 2026, les astronautes d'Artémis II arrivent au cœur de leur mission. Ils voleront derrière la Lune et découvriront sa face cachée, celle qui n'est jamais visible de la Terre. Les quatre astronautes seront les premiers humains à voler autour de la Lune depuis plus de 50 ans. Les descriptions orales, ainsi que leurs notes et photographies, devraient permettre d'en apprendre plus sur la géologie et l'histoire de notre satellite naturel. Les attentes de cet événement avec Stefan Barensky, rédacteur en chef du magazine Aerospatium. À lire aussiArtemis II: les quatre astronautes s'apprêtent à survoler la face cachée de la Lune  
Ce dimanche 5 avril , c'est la Journée internationale de la conscience proclamée par l’ONU. Un appel à la paix, au dialogue, et aux alternatives non-violentes, dans un monde pourtant marqué par des conflits armés. Pour en parler, nous recevons Serge Perrin, responsable fédéral du Mouvement pour une alternative non-violente.
Ce 4 avril est la Journée internationale de lutte contre les mines antipersonnel. Ces armes sont en recrudescence :  utilisation massive dans les conflits armés récents, comme dans la guerre entre la Russie et l'Ukraine. Le nombre de victimes civiles de mines observées ces dernières années est aussi en forte augmentation. Pour en parler, nous recevons Anne Héry, directrice du plaidoyer à Handicap international.
En pleine guerre en Iran, l’administration Trump poursuit sa purge au sein de l'armée aux États-Unis. Trois officiers écartés, dont le chef d'état-major de l'armée de terre. La décision du secrétaire à la Défense, qui a déjà mis de côté plusieurs hauts-gradés, souvent des Afro-Américains ou des femmes, est en train de modeler son armée idéale blanche, chrétienne et virile. Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé « ministère de la Guerre », a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. L’analyse de Tara Varma, directrice du programme de prospective stratégique du German Marshall Fund of the United States (GMF). RFI : La purge au sein de l'armée aux États-Unis se poursuit. Trois officiers remplacés, dont le chef d'état-major de l'armée de terre limogé par le Pentagone, sans raison officielle communiquée. Comment est-ce que vous vous l'expliquez ? Tama Varma : C'est difficile à expliquer. Au-delà de l'explication la plus claire que vous avez évoquée, qui est celle de la purge qui a démarré rapidement, en réalité, après la prise de fonction de l'administration républicaine en janvier 2025. Ce qui est surprenant, c'est qu'aucune justification officielle n'est apportée à ce limogeage. Ce n'est que le dernier d'une série de plus d'une douzaine de licenciements de généraux et d'amiraux de haut rang par Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense, depuis son entrée en fonction l'année dernière. Randy George, qui était jusqu'à hier le chef d'état-major de l'armée de terre, avait survécu à la première vague de licenciements en février dernier, au cours de laquelle le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait déjà écarté des hauts responsables militaires tels que l'amiral Lisa Franchetti et le général CQ Brown, qui était le président du comité des chefs d'état-major, qui est Afro-Américain. Ce qu'on constate jusque-là c'est que la plupart des licenciements de hauts gradés ou des refus de promotions concernent des femmes ou des Afro-Américains. Il y a une distinction claire dans cette purge qui est conduite par l'administration américaine. Randy George, c'est un peu l'exception. J'imagine que son limogeage a à voir avec les développements militaires dans la guerre en Iran aujourd'hui, qui ne sont pas aussi favorables aux États-Unis qu'il l'espérait. Cette purge a été entamée dès le retour au pouvoir de Donald Trump. Des hauts gradés ont été écartés parce qu'on estimait qu'ils n'étaient pas assez loyaux. On a vu qu'il s'agissait de femmes ou d'Afro-Américains. La mise à l'écart de militaires qui n'entraient pas dans le moule viriliste a été vantée par le président américain et son équipe. Cela s'est-il poursuivi ? Oui, on le voit dans les différents discours que Pete Hegseth a prononcés depuis son entrée en fonction l'année dernière. Il parle d'éthique de la létalité, de virilisme. Il dit que, sous sa direction, le Pentagone n'autorisera plus les hommes à s'habiller en femme, à porter des robes. Il a beaucoup d'exigences sur la manière dont les militaires doivent être rasés, sur la manière dont ils doivent s'habiller. Il parle beaucoup de cette éthique de la virilité, de la létalité, mais ce sont des considérations assez superficielles malgré tout. Il a envie de se débarrasser de gens qui, selon lui, ne rentrent pas dans ce moule étroit qu'il a lui-même défini, des gens qui le mettraient mal à l'aise et qui questionneraient son leadership et sa capacité à prendre des décisions qui mettent en valeur les intérêts stratégiques des États-Unis. Il a régulièrement remis en cause l'idée que des femmes puissent être compétentes pour occuper des postes à responsabilité. Il a aussi remis en cause le fait que des Afro-Américains seraient en mesure de prendre des décisions qui auraient trait aux intérêts stratégiques américains, à la conduite de la guerre. Il est dans l'affirmation d'une politique nativiste et raciste, dont les hauts gradés du Pentagone font les frais. Il y a, à la fois, une volonté de suppression de toute forme de désaccord, et une forme de révisionnisme clair. Dans le Pentagone de Pete Hegseth, il faut être un homme, blanc et chrétien. Pour approfondir ce point, parmi les personnes qui viennent d'être écartées, il y a aussi l'aumônier en chef de l'armée de terre. Or, on sait qu'il y a eu des crispations récemment parce que le secrétaire à la Défense impose désormais aux aumôniers d'afficher sur leur uniforme non plus leur grade, mais leur religion. Pourrait-il y avoir un lien ? Oui, je pense que, là aussi, le rôle de la religion, c'est la défense d'une Amérique blanche et chrétienne. Même si le rôle de la religion est évidemment bien plus présent aux États-Unis dans le débat public qu'il ne l'est certainement en France, mais aussi dans un certain nombre de pays d'Europe, l'idée d'afficher la religion participe à l'accentuation de cette définition très étroite de ce que c'est qu'être américain. Sachant que cela met tous les hauts gradés – et les moins gradés aussi – dans une situation d'embarras, puisque l'armée aux États-Unis, en théorie, répond à la Constitution. Elle ne répond ni au secrétaire à la Défense, ni au président ou aux exigences, aux vicissitudes, turpitudes de ces deux personnes. On voit une volonté de redéfinition, de la part de l'administration Trump, du rapport hiérarchique de l'armée américaine. Il ne souhaite pas que ce soit la Constitution, il souhaite que ce soit bel et bien au secrétaire à la Défense et au président Donald Trump. Ce qui suscite des tensions… C'est difficile de le savoir. En France, on appelle l'armée « la grande muette ». C'est un peu la même chose aux États-Unis, les hauts gradés doivent s'exprimer sous couvert d'anonymat. À la fin de l'année 2025, le secrétaire à la Défense avait convoqué l'ensemble des hauts gradés pour un discours. Il n'avait pas été applaudi pendant ce discours qui était retransmis en direct, et il s'était plaint auprès de son public, qui était donc constitué principalement des plus hauts gradés américains, qu'il n'avait pas été applaudi et qu'ils devaient l'applaudir. Il y a eu ensuite un peu d'applaudissements, mais quand même faibles. On voyait un peu se dessiner une forme de contestation non dite, non exprimée par des mots de la part d'un certain nombre de hauts gradés. Je pense qu'il y a une volonté d'excès pour faire sortir tout le monde du bois. Il aimerait que les généraux et les amiraux qui sont en désaccord avec lui s'affichent pour pouvoir ensuite les licencier afin de constituer une base, au sein de l'armée américaine, de fidèles et loyaux au président Trump et à sa politique. Un journaliste français vient de publier un livre sur l'armée américaine dans lequel il décrit les changements à l'œuvre, notamment en ce qui concerne les règles d'enrôlement. Ces règles ont permis, selon lui, l'enrôlement de militants suprémacistes blancs, de néonazis. Quelles en sont les conséquences au quotidien, conjuguées à l'arrivée au pouvoir de Donald Trump et de personnalités comme Pete Hegseth ? Il y a un recrutement sur la base d'une idéologie. C'est totalement contraire à la pratique depuis la Constitution des États-Unis et de la Constitution de l'armée américaine, depuis plus de 250 ans. Il y a un certain nombre de pratiques qui ont été réintroduites par Pete Hegseth, notamment des pratiques de bizutage et de harcèlement physique. Cela a des effets assez rapides sur les comportements et le fonctionnement de cette armée, qui pourrait être déployée de nouveau à l'étranger. Nous, Européens, nous verrons assez directement les effets de ces changements de comportements et de cette idéologie dans nos interactions avec l'armée américaine. À lire aussiÉtats-Unis: Trump demande au Congrès un colossal budget de défense de 1500 milliards de dollars pour 2027
Les Houthis ont revendiqué leur troisième attaque de missiles en quelques jours contre Israël. L’implication des rebelles yéménites, alliés de l’Iran, suscite l’inquiétude et marque bel et bien l’extension du conflit au Moyen-Orient. Alors que le détroit d’Ormuz est quasiment fermé, les Houthis ont la capacité de bloquer le détroit de Bab el-Mandeb et l’accès très stratégique à la mer Rouge et au canal de Suez. Le décryptage de Franck Mermier, directeur de recherches émérite au CNRS. Ancien directeur du Centre français d’études yéménites à Sanaa et auteur de Yémen. Écrire la guerre, éditions Classiques Garnier. À lire aussiLes Yéménites craignent d'être entraînés dans la guerre par les Houthis, fidèles alliés de Téhéran
Donald Trump s’invite aux débats de la Cour suprême sur l'un de ses décrets très controversés signés dès son retour au pouvoir. Il prévoit de supprimer le droit du sol pour les enfants d'immigrés en situation irrégulière, afin de supprimer ce qu'il considère comme une incitation à l'immigration aux États-Unis. C’est la première fois qu'un président en exercice assiste à ces débats et cela compromet la séparation des pouvoirs et l'indépendance de la justice. La décision de la Cour est attendue d'ici au terme de sa session annuelle, qui s'achève fin juin. Entretien avec Eleonora Bottini, professeure de droit public à Sciences Po. 
Les condamnations s'enchaînent après l'adoption, lundi 30 mars, d'une loi discriminatoire et très controversée par Israël. Elle rétablit la peine de mort officiellement pour les terroristes, mais le texte ne vise en réalité que les Palestiniens. Cette loi marque une victoire pour l’extrême droite et un tournant dans l’application de la peine capitale en Israël, en affaiblissant un peu plus l’état de droit dans le pays. Le Premier ministre espagnol a dénoncé « Un pas de plus vers l'apartheid ». Entretien avec Emmanuel Daoud, avocat pénaliste, spécialiste en droit pénal international.
L'Iran et Israël ont échangé de nouveaux tirs de missiles, lundi 30 mars. Le Koweït et l'Arabie saoudite ont été visés par de nouvelles attaques. Le premier a déploré une attaque iranienne contre une usine de dessalement d'eau qui génère aussi de l'électricité. L'Iran a démenti en accusant Israël. Ces sites, où l'on rend l'eau potable, sont absolument capitales pour près de 100 millions d'habitants dans les pays du Golfe. Entretien avec Fadi Georges Comair, conseiller pour le développement durable à l'université de Balamand au Liban, professeur et directeur du Centre de l'eau et de l'énergie à l'Institut de Chypre, auteur de Les Chrétiens d'Orient, le Liban et les maronites : un destin de coexistence (éditions L’Harmattan).
L'armée israélienne est en difficulté, après un mois de guerre au Moyen-Orient. Le chef de l'opposition a accusé, jeudi 26 mars, le gouvernement de Benyamin Netanyahu de conduire le pays vers un « désastre sécuritaire » en raison d'une pénurie de soldats combattants. Le chef d'état-major de l'armée dit avoir besoin de forces supplémentaires pour se battre sur le front libanais, et plus généralement pour assurer l'ensemble de ses missions. L'analyse de Thomas Vescovi, doctorant en études politiques à l'EHESS et à l'université libre de Bruxelles, membre du comité de rédaction de Yaani.fr et auteur de L'échec d'une utopie, une histoire des gauches en Israël (éditions La découverte).
Disneyland Paris sort le grand jeu. Un nouveau monde ouvre ses portes avec Elsa de « La reine des neiges », en vedette. Après des années de travaux, le parc dévoile une extension à deux milliards d’euros. Lac artificiel, attractions inédites… et immersion totale dans l’univers Disney. Pour en parler, nous recevons Sébastien Durand, expert en storytelling, spécialiste de l'innovation chez Disney.
À Washington comme dans de nombreuses villes américaines, des manifestations anti-Trump sont prévues ce samedi. Appelées « No Kings » (« Pas de rois »), ces marches marquent la troisième mobilisation d’ampleur en moins d’un an contre la politique de l’administration Trump. Plus de 3 000 rassemblements sont annoncés à travers le pays. Un mouvement désormais aussi alimenté par la guerre au Moyen-Orient, qui s’invite dans la contestation. Pour en parler, Gabriel Solans, chercheur en civilisation américaine à l'université Paris-Cité.
C'est une condamnation inédite : le 25 mars 2026 aux États-Unis, Instagram et YouTube ont été reconnus responsables de l'addiction d'une adolescente à leurs réseaux sociaux. Les entreprises Meta (entité qui réunit notamment Instagram, Facebook et WhatsApp) et Google (qui possède YouTube) sont déclarées coupables d'avoir alimenté la dépression de la jeune fille. La veille, Meta avait aussi été condamné dans l'État du Nouveau Mexique pour mise en danger de personnes mineures. Des jugements qui reconnaissent que l'architecture des réseaux sociaux a pu rendre les enfants accros, grâce à de multiples fonctionnalités comme les « likes », les notifications, le défilement infini et la lecture automatique de vidéos. Entretien avec Bernard Benhamou, secrétaire général de l'Institut de la souveraineté numérique et enseignant à Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Le président américain est régulièrement accusé de transformer ses annonces politiques en sources de profits pour un petit cercle d’initiés. Ses déclarations au début de la semaine au sujet de « négociations » avec l'Iran ont été démenties moins d’une demi-heure plus tard par Téhéran. Un pic d'activité inhabituel a été enregistré sur le marché pétrolier dans les minutes précédant la publication de Donald Trump et a fait chuter les cours du pétrole, entraînant de nombreuses interrogations. L’analyse de Paul Oudin, professeur assistant de droit des affaires à l'ESSEC Business School et à l'École polytechnique. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: Donald Trump lance un ultimatum à l'Iran pour la réouverture du détroit d'Ormuz
Alors que les troupes israéliennes bombardent des ponts et détruisent des habitations dans le cadre d’une offensive militaire qui s’intensifie au Liban, Israël affiche désormais son ambition d'occuper une partie du pays. Le ministre des Finances israélien a appelé à étendre la frontière d’Israël dans le sud, jusqu’au fleuve Litani. Les propos de Smotrich ont eu un fort retentissement au Liban, qui tente de sortir d’un cycle d’invasions et d’occupations par son voisin qui dure depuis des décennies. Les frappes aériennes et terrestres israéliennes ont fait plus de 1 000 morts et plus d’un million de personnes ont été chassées de leurs foyers. Joseph Bahout, professeur de sciences politiques et directeur de l'institut Issam Farès de politiques publiques et d'affaires internationales à l'université américaine de Beyrouth. À lire aussiUn ministre israélien menace la banlieue sud de Beyrouth de la même dévastation que Gaza
Alors que les frappes iraniennes exposent les limites de la défense israélienne avec plusieurs tirs de missiles, deux ont touché deux villes situées dans le sud d'Israël. Un des missiles a touché une zone résidentielle à quelques kilomètres d'un centre stratégique de recherche nucléaire à Dimona, site ultra-secret. Pourquoi le bouclier antimissile israélien, pourtant l'un des plus performants, a-t-il failli ? L’analyse du général Olivier Kempf, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique et directeur du cabinet de synthèse stratégique La Vigie. RFI : Pourquoi les frappes qui ont visé Dimona en Israël durant le week-end ont provoqué autant de dégâts ? Est-ce un type d'arme particulier ou est-ce une défaillance du système de défense israélien ? General Olivier Kempf : Peut-être y a-t-il une solution intermédiaire, c'est-à-dire que le missile a visé la ville de Dimona proprement dite, qui se trouve à une vingtaine de kilomètres de la centrale nucléaire proprement dite, du centre de recherche nucléaire. Autant le centre est probablement défendu par des systèmes de défense aérienne, autant la ville conjointe ne l'a pas été. Ce qui explique peut-être pourquoi le missile est passé. Les Israéliens ont visé Natanz dans une sorte d'escalade dont ils sont coutumiers depuis le début de la guerre. Et comme depuis le début de la guerre, les Iraniens ripostent adéquatement à due proportion. « Vous visez des choses nucléaires chez nous ? Tiens, on va vous faire un signalement stratégique et viser quelque chose de nucléaire chez vous ». Voilà comment je pense il faut interpréter cet aller-retour entre Natanz et Dimona. Vous nous disiez que la ville de Dimona n'était pas forcément protégée de la même manière que ce site nucléaire. Ça veut dire que l'ensemble du territoire israélien n'est pas protégé de manière égale ? Absolument, même si le système israélien à trois couches est probablement un des plus performants au monde. Et même si le territoire israélien est restreint par rapport, par exemple, à l'Ukraine. Malgré tout, ça ne peut pas être étanche à 100 %. Ce système a d'abord été conçu pour se protéger des roquettes du Hamas et du Hezbollah, pas forcément pour des missiles à moyenne portée venant d'Iran. D'autant plus qu'on observe depuis le début de la guerre, des innovations technologiques de la part des Iraniens, avec soit des missiles à sous-munitions avec 80 sous-munitions qui sont inatteignables une fois que le missile les a lâchées. Donc ça, c'est la première difficulté. Et d'autre part, on voit des missiles manœuvrants qui sont là aussi difficiles à traiter dans l'état actuel des techniques. Donc, deux petites innovations technologiques qui existaient par ailleurs, mais dont on ne soupçonnait pas forcément la maîtrise par les Iraniens et qui font que, du point de vue des missiles, c'est extrêmement difficile pour la défense israélienne de contrer. Vous l'avez dit, il y a différents dispositifs : le dôme de fer, dont on entend souvent parler, ainsi que Arrow et un autre qui s'appelle Fronde de David. À quoi est-ce qu'ils servent chacun et comment est-ce qu'ils se complètent ? On va être très simple. Vous avez finalement trois bulles successives. Vous avez une bulle de court terme qui est un dôme de fer, qui est plutôt prévu pour de la roquette. Le deuxième, Arrow, est prévu plus pour des missiles qu'on appellera couches moyennes. Et puis le dernier est prévu pour des missiles interbalistiques, couches très hautes. Voilà finalement comment ça s'est organisé. De façon à avoir à la fois de la détection parce que vous avez besoin de radars. Ensuite, vous avez besoin d'une conduite de tir, c'est-à-dire déterminée par toutes les traces radar qui viennent des traces de détection, de façon à pouvoir prioriser et donner l'ordre de tir. Et ensuite vous avez un troisième niveau qui est celui des effecteurs [technologies qui visent à modifier les propriétés d'une cible, Ndlr], des vecteurs, ce qui va tirer, et c'est là où le système de commandement détermine quelle est la meilleure réponse en fonction de l'attaquant qui vient. L'armée israélienne a évoqué une série de dysfonctionnements à propos de cette frappe contre Dimona. Elle a aussi insisté sur le taux d'interception qui est de 92 %, en précisant aussi qu'aucun système ne pouvait apporter une protection totale. Est-ce qu'il y a un risque que le dispositif israélien de défense puisse être saturé si l'Iran venait à augmenter encore le nombre de missiles qu'il envoie ? En fait, vous avez deux difficultés pour les Israéliens. Vous parlez de saturation, mais la saturation, elle se fait principalement par des drones à longue portée que sont les Shahed qui ne sont pas très rapides, mais qui peuvent être envoyés en nombre. Donc, quand vous avez une salve de 30 drones, supposons, qui arrive simultanément, est-ce que vous allez pouvoir et vouloir tous les détruire ? Et si oui, les détruire avec quoi ? Vous pouvez les détruire bien évidemment avec des moyens solaires, mais aussi avec de l'aviation. Vous avez plusieurs moyens. Là pour le coup, la saturation, c'est-à-dire la masse qui arrive, est un problème pour les Israéliens. Et la deuxième chose, c'est que vous avez des frappes combinées de drones et de missiles. Et là, la grande question qui va se poser dans la durée, c'est le nombre de munitions antiaériennes et antimissiles. C'est-à-dire que toute l'inquiétude que l'on a du côté de la coalition américaine et israélienne est de voir les stocks qui sont en train de se réduire à vive allure. Et pour une guerre dont on n'avait pas prévu qu'elle durerait aussi longtemps. Enfin, j'imagine que les Israéliens et les Américains n'avaient pas prévu qu'elle durerait aussi longtemps, et surtout que l'Iran aurait une telle capacité à riposter et à maintenir des salves dans la durée. Parce qu'aujourd'hui, on est de l'ordre de 70 à 100 drones par jour et 25 à 40-50 missiles par jour. Et ça, c'est la grande surprise. C'est la capacité de l'Iran à maintenir ce taux de lancement dans la durée, à la troisième semaine de la guerre. À lire aussiIsraël: touchée par un missile iranien, Dimona entretient l'ambiguïté sur ses installations nucléaires
Durant deux jours, dimanche 22 et lundi 23 mars, les Italiens sont appelés à se prononcer lors d'un référendum sur la réforme de la justice – une réforme soutenue par la première ministre d’extrême droite, Giorgia Meloni. Celle-ci insiste pour ne pas lier son destin politique à ce scrutin. Elle se souvient sans doute que le dernier référendum constitutionnel à avoir été rejeté, en 2016, avait valu son poste au Premier ministre de l’époque, Matteo Renzi. Hervé Rayner, professeur de science politique à l’université de Lausanne, spécialiste de l’Italie contemporaine, est l'invité international de RFI.   À lire aussiItalie: référendum très politique sur une réforme de la justice
Le convoi international « Nuestra America » prévoit d’amener en quelques jours 20 tonnes d’aide humanitaire à Cuba par voie aérienne et maritime. Le deuxième convoi est arrivé vendredi 20 mars. Tout cela est organisé par des syndicats, des élus de gauche et des personnalités publiques. Depuis des dizaines d’années, Cuba fait face à un embargo décrété par les Américains. Mais la situation est devenue encore plus grave depuis l’arrêt des livraisons de pétrole par le Venezuela – dont les États-Unis ont enlevé au début de l’année le président Nicolas Maduro. Jeannette Habel, politologue et chercheuse associée à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine de l'université Paris 3, est l'invitée internationale de RFI.   À lire aussiL'initiative «Nuestra America» en route pour acheminer de l'aide humanitaire à Cuba sous blocus américain
La guerre au Moyen-Orient, commencée le 28 février, se poursuit toujours vendredi 20 mais. L'Iran affirme que 16 de ses navires ont été pris pour cible. Le conflit a franchi une étape en visant massivement des sites de production, en plus du stockage et du transport du pétrole et du gaz, entravant l'approvisionnement mondial. La stratégie est toujours floue de la part des États-Unis et d'Israël. Plus la guerre dure et plus les intérêts du président américain, Donald Trump, et du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, divergent, tant sur le plan tactique que sur le plan stratégique. L'analyse de Sylvain Gaillaud, docteur en histoire contemporaine, chercheur partenaire à l'UMR Sirice (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: comment la hausse de l'énergie fait craindre un retour de la stagflation
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