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Invité international

Author: RFI

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Chaque jour, un invité, spécialiste ou acteur de l’événement, vient commenter l’actualité internationale sur RFI au micro du présentateur de la tranche de la mi-journée.

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L'ambassadeur des États-Unis à Paris ne s'est pas rendu lundi 23 février à la convocation du ministère français des Affaires étrangères. Les autorités n'avaient pas apprécié les commentaires de Charles Kushner sur la mort de Quentin Deranque, militant d'un groupe de l'extrême droite radicale. La diplomatie américaine de Donald Trump étant faite d'ingérences et de provocations, plusieurs ambassadeurs ont provoqué des frictions inédites avec des alliés européens, en raison de propos jugés offensants ou d’ingérences publiques. Entretien avec Vincent Michelot, professeur d'histoire politique des États-Unis à Sciences Po et vice-président Relations internationales de l'École normale supérieure de Lyon. ► France : l'ambassadeur américain « ne s'est pas présenté » à une convocation du ministère des Affaires étrangères
L'Iran se dit prêt à répondre à toute attaque américaine, y compris une « frappe limitée ». La possibilité est de nouveau évoquée par Donald Trump en cas d'échec des pourparlers. Cette perspective commence de plus en plus à ressembler à une solution pour certains Iraniens, mais la colère n'est pas retombée. Des manifestations ont été organisées dans plusieurs endroits de Téhéran et de nouveaux slogans contre le régime ont de nouveau retenti dans plusieurs campus de la capitale. Entretien avec Chowra Makaremi, anthropologue et réalisatrice de cinéma française d'origine iranienne. Auteure de Résistances affectives, éditions La Découverte. À lire aussiIran: reprise des manifestations dans plusieurs universités de la capitale À lire aussiAprès l'ultimatum de Trump à l'Iran, le Moyen-Orient suspendu aux lèvres des États-Unis
Dernier jour des Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina en Italie. Avant la cérémonie de clôture ce dimanche soir, coup d'œil sur les très bonnes performances de la délégation française qui affiche un record et une belle moisson de médailles à l'issue de cette édition. Pour en parler, Amélie Oudea-Castera, présidente du Comité olympique et sportif français, ancienne ministre des Sports, est l'invitée internationale de la mi-journée de RFI. Elle se projette par ailleurs sur l'organisation des prochains jeux d'hiver dans les Alpes françaises. À lire aussiJO-2026: retour réussi à des Jeux d'hiver plus sobres
Dispositif policier extrêmement important aujourd'hui à Lyon dans le Sud-Est de la France, à l'occasion de la marche en hommage à Quentin Deranque, le jeune militant d'extrême droite tué la semaine dernière à la suite d'une rixe avec des membres présumés de l'ultra-gauche. Qui sont ces groupuscules qui se battent dans les rues de Lyon ? Pour comprendre les enjeux de cette actualité mouvementée lyonnaise, Olivier Guyottot, enseignant-chercheur à l'INSEEC Grande École, est notre invité international de la mi-journée. RFI : La mort de Quentin Deranque est sans doute l'affaire la plus marquante de ces dernières années à Lyon. Mais il faut aussi souligner que ces affrontements ne sont pas nouveaux entre groupes d'extrême droite et d'extrême gauche. Pour ne donner qu'un seul chiffre, le média Rue89 Lyon a recensé entre 2015 et 2025, près de 102 actes violents qui visaient principalement, selon ce média, des militants de gauche ou des personnes racisées. Alors, de votre point de vue, pourquoi est-ce que Lyon concentre-t-elle autant de groupes radicaux agressifs ? Quelle est la spécificité de cette ville ? Olivier Guyottot : C'est vrai qu'historiquement, il y a toujours eu pas mal de groupuscules qui se sont affrontés. Je crois que c'est d'abord parce que c'est un point névralgique. C'est quand même une des très grosses villes françaises. Et puis historiquement, il y a eu notamment l'intégrisme catholique qui a été très présent. Donc, sur l'extrême droite, c'est quand même un des courants forts qui a structuré les groupuscules. Et l'extrême gauche est un peu en réaction, c'est un peu calé là-dessus. Et c'est vrai qu'historiquement, Lyon est une ville qui a toujours fait parler d'elle. Mais ce n'est pas le seul endroit. On voit aujourd'hui, par exemple, qu’il y a une contre-manifestation aussi à Rennes qui est censée avoir commencé à 11 h. Donc il ne faut pas non plus donner l'impression que Lyon est le seul endroit où ça se passe. Mais c'est vrai qu’historiquement, et ces dernières années, ça a souvent été le théâtre de moments un peu tendus. Effectivement, on voit des affrontements qui se sont multipliés. Vous faites bien de rappeler que ce n'est pas la seule ville où on voit ce genre d'affrontements, mais on a l'impression, en particulier avec l'affaire de la mort de Quentin Deranque, que tout explose, en particulier à Lyon. Selon les fameux chiffres de Rue89 Lyon, qui a beaucoup travaillé sur la question, que 70 % de ces affaires de violences entre groupuscules ou de groupuscules contre des citoyens, 70 % de ces affaires de violences sont restés impunis. Est-ce qu'il y a aussi une forme de prise de conscience, peut-être un peu trop tardive, du problème ? Alors à chaque fois qu'il se passe un drame, quelque part, ça revient sur le devant de la scène. Après, l'histoire de l'extrême droite et l'histoire de l'extrême gauche a toujours été jalonnée de groupuscules plus ou moins violents. C'est vrai que politiquement, ces dernières années, il y a eu pas mal de dissolutions pour essayer d'éviter ce genre de phénomène. Au final, ça n'a pas eu forcément l'effet voulu parce que de ces petits groupes qui étaient un peu divisés, ça a quand même rassemblé les énergies autour notamment de la théorie du « grand remplacement ». Et Quentin Deranque est un bon exemple, de quelqu'un qui est passé de courants en courants. Il était entré via la voie du catholicisme intégriste ? Exactement. Donc finalement, le focus idéologique n'est plus la chose la plus importante, qui était vraiment un diviseur fort. Il y a quelques années, j'ai fait ma thèse autour de ça, il y avait vraiment des courants qui avaient du mal à être ensemble. Et aujourd'hui, on voit que ces mouvements, dans une sorte de forme moderne, les jeunes sont plus intéressés par cette espèce de menace plus globale de « grand remplacement » que par un axe idéologique un peu strict. Et en face, on voit donc de l'autre côté, dans un mouvement parallèle, les mouvements d'ultra-gauche s'organiser aussi, sans doute, même si évidemment ce n'est pas forcément la meilleure solution, loin de là, pour répondre à cette organisation de l'extrême droite. Oui, tout à fait. Alors les deux mouvements se sont construits en opposition, mais ils existent en dehors de cette opposition, que ce soit l'extrême gauche ou l'extrême droite. Après, ce qui se passe aujourd'hui par rapport à il y a quelques années, c'est qu'on a des représentations politiques très nettes qui sont un peu l'incarnation, avec la montée du RN et Bardella – et d'ailleurs, c'est intéressant de voir qu'on n'entend pas Marine Le Pen parler de ça, c'est vraiment Bardella qui est dessus – ; et puis de l'autre côté, LFI, avec l'histoire de La Jeune Garde. L’un des députés LFI, Raphaël Arnault, est l'un des fondateurs de La Jeune Garde, qui est mise en cause dans cette affaire et qui est d'ailleurs déjà dissoute. Exactement. Et c'est vrai que par rapport aux enjeux qu'il y a aujourd'hui, qui sont des enjeux de manifestation, d'un équilibre entre l'ordre et la liberté de manifester, qui ont justifié le fait que le ministre Nuñez accepte cette manifestation, on a une dimension politique qui est beaucoup plus stratégique et qui est beaucoup plus importante, surtout dans l'optique, un, des municipales et, deux, de la présidentielle.Là, on voit bien qu'il y a quand même une recomposition autour, notamment par rapport à Jordan Bardella, de l'idée d'un cordon sanitaire par rapport à LFI. Et pas seulement par rapport à eux, d'un rapprochement aussi vis-à-vis de la droite traditionnelle en disant : nous, on ne participera pas. Il a quand même interdit aux parlementaires RN d'aller à cette manifestation. Et c'est une manière de dire : voilà, la dédiabolisation qu’a mise en place Marine Le Pen, on arrive à un stade où on y est vraiment.Dans un sens, ça répond aussi aux problèmes qu'il y avait eu lors des législatives anticipées, où il était censé un peu devenir Premier ministre, il était le favori et il n'avait pas su maîtriser les éléments instables, les éléments racistes. Ceux qu'on a appelés les brebis galeuses du RN. Exactement. Et donc là, on voit bien qu'il anticipe ça en vue des municipales, mais surtout de la présidentielle. Et puis de l'autre côté, vous avez LFI, vous avez le PS, vous avez la gauche. Et comment se comporter par rapport à ce sujet-là ? C'est à dire que par rapport à ça, effectivement, les alliances PS et LFI, comment elles vont se mettre en place avec les écologistes par rapport aux municipales et par rapport à la présidentielle ? Effectivement, cette affaire de Quentin Deranque, elle illustre cette espèce de question et on va voir ce qui va se passer après la manifestation. À lire aussiMort de Quentin Deranque: la marche en hommage au militant autorisée malgré les craintes de heurts
Le congrès du parti unique, organisé tous les cinq ans, a commencé ce vendredi 20 février 2026 en Corée du Nord. Le dirigeant Kim Jong-un a parlé d'un « tournant historique » à l'ouverture ce matin. L'événement devrait servir à définir et annoncer un large éventail de priorités et les objectifs du régime en matière nucléaire. Pyongyang, qui a procédé à de multiples essais de missiles balistiques intercontinentaux, a développé des liens étroits avec la Russie, envoyant notamment des soldats nord-coréens en soutien aux forces russes dans leur guerre contre l'Ukraine. Entretien avec Anthony Dufour, ancien correspondant en Asie de plusieurs médias français, auteur de livres et documentaires sur les Corées et réalisateur du documentaire La revanche des Kim. À lire aussiCorée du Nord: Kim Jong-un ouvre un congrès exceptionnel du Parti des travailleurs
Le nombre de morts causé par la guerre à Gaza n'est toujours pas connu. Malgré le cessez-le-feu, l'enclave reste coupée du monde par les autorités israéliennes. Une équipe de scientifiques a cependant réussi à mener une enquête de terrain indépendante publiée dans la revue The Lancet Global Health. Elle révèle un chiffre bien plus élevé que ceux annoncés par les autorités locales. Alors que le ministère de la Santé de Gaza avait annoncé 49 000 morts durant les seize premiers mois après le début de l'offensive israélienne, l'équipe de scientifiques de l'université Royal Holloway estime que le chiffre réel serait plutôt autour de 75 000 morts. RFI a interviewé le directeur de cette étude, Michael Spagat, également président de l'ONG Every casualty counts. RFI : Vous révélez donc que le nombre de victimes durant les seize premiers mois de la guerre dépasse largement les chiffres donnés par le gouvernement du Hamas...  Michael Spagat : La meilleure estimation que nous ayons se trouve autour des 70 000 morts. Le chiffre réel pourrait être plus bas ou plus élevé. Mais au-delà du chiffre exact, ce qu'il faut surtout souligner, c'est que le nombre réel de morts est nettement supérieur aux chiffres officiels donnés par le ministère de la Santé de Gaza. C'est le principal point à retenir. Il y a une sous-évaluation importante de la part du ministère de la Santé. Nous estimons que la différence est de 35%. Comment avez-vous travaillé pour documenter ces décès ?  C'est une approche statistique, très similaire aux sondages d'opinion publique. Nous avons donc un échantillon aléatoire de foyers à Gaza. Nous établissons ensuite une liste de tous les membres du foyer au 6 octobre 2023, puis renseignons le sort de chacun, en particulier s'ils sont vivants ou morts. Et le principe essentiel est que si « X pour cent » des personnes couvertes par l'échantillon sont mortes, alors nous extrapolons pour estimer que ce même « X pour cent » de la population totale de Gaza est mort. Vous avez donc travaillé sur le terrain et non pas avec des documents venus d'hôpitaux ou d'autorités locales ?  C'est ça. Nous n'avons pas du tout utilisé les archives officielles. L'un des points principaux était que notre travail soit totalement indépendant du ministère de la Santé de Gaza, car certains ont remis en question la véracité de ces chiffres. Notre étude n'a donc rien à voir avec les données du ministère de la Santé de Gaza. Et même si je n'étais pas personnellement sur le terrain pour l'étude, le partenaire palestinien de ce projet a des travailleurs de terrain situés à Gaza et ils ont mené le travail de terrain. L'enquête a donc été menée par des Palestiniens qui vivent à Gaza. Ils font donc partie de la vie et de la culture là-bas. Est-ce que vous pensez que cela peut changer quelque chose à la manière dont les gens ont répondu ?  Je pense que le plus grand effet est que les gens étaient prêts à répondre aux questions parce que, bien sûr, personne n'est obligé de participer à une enquête. Et, il se pourrait que si des gens complètement extérieurs entrent, ils soient perçus avec suspicion et que les gens préfèrent ne pas répondre. Je ne pense pas que la présence de Gazaouis natifs influence les réponses, étant donné qu'ils répondent effectivement au questionnaire, mais nous avons obtenu un taux de réponse très élevé, et je pense que cela s'explique probablement par la nature des équipes d'entretien que nous avons utilisées. La question du décompte des morts à Gaza est très sensible. Il aura fallu du temps mais l'armée israélienne a fini par reconnaître que le bilan du Hamas était globalement juste, en précisant que la majorité des victimes n'étaient pas des civils. Ce n'est pas forcément ce que dit le Hamas... Les autorités sanitaires de Gaza ne font en réalité pas de distinction entre civils et combattants. Et ils ont raison car ils n'ont pas vraiment de base probatoire pour cela. Lorsque quelqu'un arrive et meurt à l'hôpital, comment savoir s'il était combattant ?  Ils n'ont pas d'information de qualité sur cette question. Et nous n'avons pas non plus d'informations directes à ce sujet. Nous ne demandons pas aux gens de dire si les personnes qu'ils signalent comme mortes étaient des combattants ou des civils. Nous avons donc sûrement un mélange de combattants et de civils. Cependant, je pense que ce que l'on peut dire en se basant sur le mélange démographique, c'est-à-dire le mélange d'âge et de sexe des personnes tuées, c'est qu'un très grand pourcentage était certainement des civils. Les autorités sanitaires de Gaza évoquent plus de 570 morts depuis le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre dernier – ce n'est pas fini, on meurt encore à Gaza. C'est vrai. Et il est important de souligner que notre période de couverture ne s'étend que jusqu'au 5 janvier 2025. Donc nous avons un peu plus d'un an de retard à ce stade. Et beaucoup de gens sont morts après la fin de notre enquête. Mais oui, ce n'est certainement pas fini. Il y a, en principe, un cessez-le-feu, mais il y a néanmoins un flot constant de morts violentes. Vous travaillez à établir le nombre de victimes de guerre depuis des décennies, dans de nombreux conflits. Est-ce que Gaza diffère d'autres guerres, selon vous ? Gaza se distingue par le grand pourcentage de la population qui a été tuée en si peu de temps. Et bien que ce ne soit pas complètement unique, le pourcentage de femmes, d'enfants et de personnes âgées parmi les morts est exceptionnellement élevé. Il faudra probablement revenir à des conflits comme le génocide rwandais ou le génocide cambodgien pour obtenir de tels chiffres. Cela dit, nous n'avons pas de mesures parfaites pour chaque conflit. Il peut y en avoir d'autres qui comptaient aussi des pourcentages élevés de femmes, d'enfants et de personnes âgées. Mais au moins dans les archives documentées, il ressort sur ce point-là. Michael Spagat, directeur de l'étude et président ONG Every casualty counts. À lire aussiBande de Gaza: des chiffres pour mesurer l’ampleur de deux années d’un drame humain historique
Quatre-vingt-cinq États membres des Nations unies ont condamné, mardi 17 février, l'adoption par Israël de nouvelles mesures qui visent à étendre sa présence illégale en Cisjordanie occupée. Ils ont également réaffirmé leur « ferme opposition à toute forme d'annexion » qui pourrait entraîner la modification de sa « composition démographique ». Le gouvernement israélien n'envisage pas autrement le territoire que sous son contrôle, et il a l'appui des États-Unis. La situation est telle qu'il est désormais indécent de parler de processus de paix selon le chercheur Jean-Paul Chagnollaud, président honoraire de l'IReMMO et co-auteur d'Atlas du Moyen-Orient, (éditions Autrement).
Les récents efforts soulignent la détermination de l'Algérie à réaffirmer son poids diplomatique et à éviter une nouvelle érosion de son influence régionale. Les relations se réchauffent avec le Niger ; l'annonce du retour immédiat de son ambassadeur à Niamey met ainsi fin à une tension diplomatique qui durait depuis près d'un an. Le ministre de l'Intérieur français, Laurent Nuñez, a entamé, lundi 16 février, une visite à Alger pour tenter de renouer les liens bilatéraux sur les questions de sécurité. L'Algérie a vu sa diplomatie mise à rude épreuve après l'adoption, le 31 octobre 2025, d'une résolution de l'ONU favorable au Maroc sur le Sahara occidental, où Alger soutient les indépendantistes du Polisario. Entretien avec le politologue Naoufel Brahimi El Mili, auteur de France-Algérie 50 ans d'histoires secrètes (Fayard).
Deux ans après la mort d'Alexeï Navalny, sa mère demande justice et veut savoir exactement ce qui s'est passé. Une enquête menée par cinq pays européens affirme qu'il a été « empoisonné » avec une toxine rare. Le Kremlin juge « infondées » les accusations européennes d'empoisonnement par Moscou. Malgré les risques, de très nombreux sympathisants de l’opposant continuent de lui rendre hommage. Depuis sa mort, toutes les traces de son travail et de son action ont été soigneusement effacées de l'espace public par le pouvoir. Entretien avec Morvan Lallouet, membre du collectif de recherche sur la Russie Coruscant, co-auteur de Navalny, l’homme qui défie Poutine, éditions Tallandier.    À lire aussiMort d'Alexeï Navalny: la diplomatie russe dénonce les accusations formulées par cinq pays européens À lire aussiDeux ans après la mort d'Alexeï Navalny, sa mère réclame «justice» pour son fils «empoisonné»
Sixième médaille d'or olympique pour Martin Fourcade, l'ancien biathlète français, légende du biathlon, pourtant retraité vient de recevoir en Italie, seize ans après, la médaille de l'épreuve de mass start, départ en ligne de 2010 à Vancouver après le déclassement pour dopage du vainqueur de l'époque, le Russe Evgeny Ustiugov. Martin Fourcade est ce dimanche 15 février l'invité international de la mi-journée de RFI. RFI : Qu'avez-vous ressenti en montant tout à l'heure sur la plus haute marche du podium ? Est-ce que seize ans après, cette médaille olympique a la même saveur, entre guillemets, qu'une médaille reçue dans la foulée d'une victoire ? Martin Fourcade : Alors non, elle n'a pas la même saveur, mais c'est une saveur totalement différente. C'est vrai que ce n’est pas une médaille de l'émotion du moment. C'est une médaille qui est remplie de symboles. Celle de la lutte pour un sport propre. Celle de pouvoir montrer que même si la justice est parfois un peu longue, trop longue, elle finit par être rendue. Je crois que ces Jeux olympiques ne sont pas seulement du sport. Ce sont aussi des messages envoyés sur l'importance de pouvoir vivre tous ensemble sur un même toit, de pouvoir se respecter quel que soit notre âge, notre religion, notre culture ou nos convictions. Et, c'est le pouvoir aussi, en ce qui concerne cette médaille, de pouvoir montrer qu'on peut se battre et donner le meilleur de soi-même en respectant les règles du sport. Et donc, je suis très heureux que ces symboles soient récompensés aujourd'hui. À lire aussiJO 2026: Quentin Fillon Maillet champion olympique du sprint en biathlon Donc c'est une victoire de plus dans votre combat pour ce sport propre que vous évoquiez contre le dopage, même si elle est tardive ? Voilà. Et c'est magnifique de pouvoir la recevoir ici à Anterselva qui est un site qui m'a beaucoup marqué pendant ma carrière, de pouvoir la recevoir devant mon frère Simon qui était en pleurs sur ce même podium, il y a seize ans à Vancouver. De pouvoir la recevoir devant mes enfants de trois, huit et dix ans qui étaient loin d'être imaginés à l'époque. Donc voilà, c'est chouette de pouvoir vivre ça et d'avoir la chance de clôturer cette magnifique carrière pour moi, sur ce lieu où j'ai décidé d'arrêter ma carrière justement il y a six ans, ici aux championnats du monde. À l'époque, vous le disiez, vous n'aviez pas d'enfant, vous aviez 21 ans. Cette course de Vancouver, en 2010 a été un point de bascule, un déclic dans votre carrière ? C'était votre tout premier podium en carrière. C'est à partir de là que s'est construite votre histoire avec le très haut niveau et les JO d’hiver ? Clairement, cette course a été un virage dans ma carrière, un tournant. Elle m'a aussi donné envie d'aller chercher beaucoup plus. C'est pour ça que c'est étrange de la voir se transformer en or aujourd'hui. Cette médaille d'argent, elle a été hyper importante dans ma construction, dans ma volonté d'aller chercher plus haut, d'aller gravir cette dernière marche sur ce podium olympique. Et donc voilà. Je crois que c'est mon histoire ce n’était ni d'être médaillée d'argent à l'époque, ni d'être médaillée d'or aujourd'hui, mais d'avoir le bonheur unique de vivre ces deux émotions à seize ans d'écart. Donc voilà, c'est une médaille qui ne laisse aucun goût amer, aucun regret comme on pourrait peut-être le penser. C'est une médaille qui est remplie de douceur et qui me permet de me replonger seize ans en arrière avec énormément d'émotions. Et seize ans après, aujourd'hui, vous êtes toujours un observateur avisé de l'équipe de France de biathlon qui cartonne dans ces Jeux 2026. Avec une belle moisson de médailles, encore une médaille de bronze tout à l'heure avec Émilien Jacquelin sur la poursuite. Le titre aussi de Quentin Fillon-Maillet au sprint, deux biathlètes qui ont suivi vos traces. Ils ont commencé à vos côtés. Le succès du biathlon français, il ne se dément pas, mais aussi d'autres disciplines à ces Jeux d'hiver. Comment est-ce que vous expliquez que vos successeurs marchent toujours aussi fort ? C'est un bonheur de pouvoir se dire que ces athlètes qui sont médaillés aujourd'hui, ont aussi grandi en regardant ces courses à la télévision, comme j'avais eu la chance de le faire en regardant Raphaël Poirée et Vincent Defrasne à l'époque. Je sais que ce sont des moments qui sont fondateurs dans une carrière d'athlète, de pouvoir se dire « moi aussi, je peux le faire ». Et ils viennent du même pays, ils ont le même encadrement, ils ont le même parcours que moi et je sais à quel point ça compte. Donc je suis extrêmement heureux d'avoir pu contribuer à ça et d'avoir pu aussi, sur le début de leur carrière, partager ces années avec Quentin et avec Émilien notamment, qui sont à la fois des athlètes d'exception mais aussi des amis proches. J'ai vécu des émotions très fortes avec eux en carrière et c'est un bonheur de les voir performer aujourd'hui et j'ai vibré de tout mon être aujourd'hui devant la médaille d'Émilien qui nous a donné des émotions comme lui seul sait en donner. Et l'équipe de France a battu ce matin son record de médailles, un succès de très bon augure en vue des JO 2030 qui auront lieu dans les Alpes françaises. En vue de ces Jeux, la question de la gouvernance se pose. On a vu des démissions en chaîne ces dernières semaines au sein du comité d'organisation. On sent que ce n’est pas très serein. Quel regard portez-vous sur ces derniers développements, vous qui étiez pressenti pour prendre la tête de ce comité ? Beaucoup de tristesse avant tout et ne comptez pas sur moi pour me réjouir de cette situation. Je suis un amoureux du sport. Je suis un amoureux des Jeux olympiques et je suis un amoureux de nos montagnes. Donc, j'ai, quelle que soit ma position dans le projet, envie que ces Jeux soient une réussite. Ce qui est sûr, c'est que voilà les raisons qui m'ont fait renoncer à cette fonction il y a un an sont aussi celles qui sont mises en lumière aujourd'hui par cette gouvernance compliquée. Tout ce que je souhaite, c'est que les parties arrivent à se mettre d'accord et à avancer d'un seul front. Et je souhaite vraiment le meilleur à Edgar [Grospiron] dans cette délicate période. Je sais à quel point il a été plein de respect envers moi il y a un an. Et donc voilà, je lui souhaite vraiment le meilleur. Et est-ce que vous seriez prêts, vous, à jouer un plus grand rôle dans l'organisation de ces Jeux 2030 ? Moi j'ai répondu à cette question il y a un an déjà, et donc voilà. La réponse reste la même. Ce sont des choix qui sont difficiles à faire dans une vie parce que quand on aime les Jeux olympiques et qu'on s'est construit autour de ça, de renoncer à l'opportunité d'avoir la possibilité d'organiser ces jeux chez soi, c'est un moment qui a été très compliqué. Donc voilà, ma réponse, je l'ai donnée il y a un an. Martin Fourcade encore bravo pour cette sixième médaille d'or olympique. Est-ce que vous allez en faire ? Est-ce que vous allez l'exposer ou la ranger avec les autres ? Alors un peu des deux, parce que en la rangeant avec les autres, je vais l'exposer au siège social de mon équipementier Rossignol. C'est le lieu où j'ai laissé toutes mes médailles tout au long de ma carrière. C'était une sorte de rituel pour pouvoir passer à autre chose et pour pouvoir se dire voilà, celle-là, maintenant je ne regarde plus derrière, mais je regarde devant. Et peut-être que ce sera l'occasion aussi de mettre un coup de pied aux fesses pour me dire : eh bien voilà, qu'est-ce qu'on fait demain ?
À la Conférence de Munich sur la sécurité qui se tient en Allemagne, les Européens et les Américains s'activent à affermir leurs relations en matière de défense. Cette problématique est mise à l'épreuve actuellement dans le conflit qui oppose la Russie à l'Ukraine. Pour en parler, Oleksandr Prokudin, gouverneur de Kherson est ce samedi 14 février l'invité international de la mi-journée de RFI. .   À lire aussiÀ Munich, Marco Rubio assure que les États-Unis et l'Europe sont «faits pour être ensemble»
C'est un coup dur porté à la lutte contre le changement climatique. Donald Trump a abrogé jeudi 12 février un texte clé en la matière, les gaz à effet de serre ne sont plus considérés comme des polluants. Les conséquences sont immédiates et très concrètes pour les États-Unis, premier contributeur historique d'émissions réchauffant la planète. Cette révocation sera à coup sûr contestée devant la justice et pourrait remonter jusqu'à la Cour suprême. Entretien avec l’économiste Christian de Perthuis, professeur et fondateur de la chaire Économie du climat à l’université Paris-Dauphine-PSL, auteur de Carbone fossile, carbone vivant. Vers une nouvelle économie du climat, aux éditions Gallimard. À lire aussiÉtats-Unis: Donald Trump abroge un texte majeur à la lutte contre le changement climatique
Ce jeudi 12 février se tiennent les premières élections législatives libres au Bangladesh après 15 ans de pouvoir autoritaire et une révolte populaire en 2024 qui a provoqué la chute de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina. Entretien avec Charza Shahabuddin, politiste, enseignante et chercheuse postdoctorale ReligiS associée au CERI Sciences-Po.
Entretien avec Julie Dungelhoeff, journaliste à France 24, co-réalisatrice d’Iran, la révolte massacrée, un long reportage qui revient sur la révolte, débutée fin décembre en Iran, et qui a été réprimée très violemment par le régime. N’ayant pas pu se rendre sur place, le documentaire a été conçu à Paris avec plusieurs journalistes et des images venues d’Iran. Anne Cantener: On ne va pas parler avec vous d'un événement du jour, mais de toute une période de la révolte qui a débuté fin décembre en Iran, qui a été réprimée très violemment. Parce que vous y consacrez un long reportage dont je vous propose d'aborder d'abord les contours, parce que vous n'avez pas pu vous rendre sur place, il a été conçu ici avec plusieurs journalistes et des images venues d'Iran. Comment est-ce que vous avez travaillé?  Julie Dungelhoeff: Dès le début des manifestations en Iran, qu'on date au 28 décembre 2025, France 24 a décidé de mettre en place une cellule Iran qui était composée de Bahar Makooi, de Mariam Pirzadeh, qui est notre ancienne correspondante en Iran, et également de Ershad Aljani, qui est journaliste iranien. Et donc, on a mis toutes les compétences de chacun, la connaissance du terrain de chacun, et les contacts de chacun pour tenter de documenter cette répression qui a très vite en fait eu lieu en Iran. Début janvier, les premiers tirs sur les manifestants ont lieu et petit à petit, donc, on a pu engranger des images, engranger des témoignages. Et on a décidé qu'il fallait raconter toute l'histoire du 28 décembre jusqu'au 18 janvier.  Alors l'histoire, les premiers jours, ce sont des manifestations qui prennent de l'ampleur malgré la répression, à un point qu'on mesure dans votre reportage. Parce que vous l'avez dit, les équipes qui ont travaillé comprennent des Iraniens, des personnes qui ont vécu en Iran et qui vous disent qu'il y a eu des mobilisations dans des villes ou des villages dont ils n'avaient jamais entendu parler avant.  Oui. C'est Ershad qui raconte ça, parce que le documentaire est raconté par la voix de ces journalistes franco-iraniens ou iraniens. C'est Ershad Aljani qui raconte ça. Que lui qui a grandi jusqu'à 26 ans en Iran voit des manifestations dans des petits villages, des petites villes qui étaient plutôt pro-régime à la base. Et on voit petit à petit, au fur et à mesure de la chronologie, que 18 provinces sur 31 basculent, puis 23. Et finalement le 8, à l'apogée de ces manifestations, mais aussi à l'apogée de la répression, eh bien c'est 31 provinces sur 31 qui manifestent en Iran.  Et donc vous recevez des vidéos de la part de contacts qui risquent extrêmement gros à communiquer avec vous...  Tout à fait. On a reçu des vidéos de personnes qui nous disaient: « On sait ce qu'on risque à vous envoyer ces vidéos, mais il faut que le monde sache ». C'est pour ça évidemment qu'on a pris soin de les contextualiser, évidemment de les vérifier également. Ça c'est un gros travail qui a notamment été fait par l'équipe des observateurs de France 24 et d'Ershad Aljani qui est spécialisé là-dedans. Et donc oui, les gens risquaient très gros, puisque le régime surveillait et surveille encore les portables des manifestants.  Donc vous échangez pendant plusieurs jours et puis tout d'un coup, black-out, plus d'Internet, plus de réseaux. Qu'est-ce que vous comprenez, vous, à ce moment-là?  Ce que comprennent surtout Mariam, qui a vécu en Iran, Ershad, qui a vécu en Iran, c'est que le modus operandi du régime se met en place, à savoir couper Internet pour massacrer à huis clos. Ça avait déjà eu lieu dans des proportions moindres lors du mouvement « Femme Vie Liberté », en 2022. Cette fois-ci, c'est l'ensemble du trafic Internet d'un pays de 90 millions d'habitants qui est coupé pour 240 heures. Ça veut dire dix jours, dix jours sans information, sans Internet.  Donc là, il n'y a plus rien eu du tout. Vous avez mentionné la date du 8 janvier. À ce moment-là, la répression a pris un tour encore plus brutal, c'est ce que vous a raconté Ali, un jeune homme dans un message vocal:   « En un clin d'œil, la seule chose qu'on entendait, c'était le son des kalachnikovs. La seule chose qu'on voyait, c'était des gens qui tombaient un par un et le sang qui coulait au sol. Un de mes amis a d'abord été touché à la jambe et il est tombé. Je l'ai giflé et je lui ai dit : "Lève-toi, lève-toi, ressaisis-toi, mec !" J'ai défait ma ceinture, je lui ai fait un garrot. J'ai dit: "Lève-toi !" Ensuite, j'ai vu que sous sa veste, du sang jaillissait. Il était touché à la cage thoracique. Sur le chemin, vers l'hôpital, des tas de gens gisaient par terre, comme si ce n'était pas des êtres humains. On voyait simplement des groupes de cadavres entassés. On a réussi à le tirer jusqu'à l'hôpital. Mais une infirmière nous a dit : "Il est mort." On ne peut plus rien faire. Le sol des urgences était tellement couvert de sang que quand on courait, ça faisait un bruit de clapotis. Le sang éclaboussait partout. Les médecins et les infirmiers ne savaient absolument pas quoi faire. »  Alors voilà le type de témoignages que vous avez pu recevoir, qu'on peut entendre dans votre reportage. Vous avez aussi obtenu le récit de médecins. Je vous propose d’en écouter un:   « À partir du 8, j'ai vu des gens arriver touchés par des armes de guerre. La violence qu'ils ont déployée cette fois est incomparable. Ces blessures que j'ai vues, cela prouve que des gens ont été criblés de balles, alors qu'ils étaient en train de fuir ou alors qu'ils avaient été visés sans distinction dans une foule par des tirs en rafale. En tant que médecin, j'ai vu beaucoup de choses horribles, beaucoup. Mais cette nuit de jeudi, je me suis dit pourquoi? Qui sont-ils pour qu'ils les massacrent comme ça? »  Et puis, il y a un cran supplémentaire dans l'horreur, les familles des victimes, n'ont pas pu souvent récupérer les corps de leurs proches, Julie Dungelhoeff, ou alors elles ont vraiment dû se battre pour...  C'est la déshumanisation la plus absolue. On tire sur des manifestants avec des armes de guerre. Et ensuite on les prive de dignité au moment où ils sont en dépouille. On prive les familles de récupérer leurs corps. On a eu le témoignage de la tante d'une victime qui nous explique qu'elle a dû voler littéralement le corps, que sa mère a dû voler le corps de sa fille à la morgue et que jusqu'à son enterrement, elle l'a tenu dans ses bras de peur qu'on le lui vole. Donc c'est des témoignages extrêmement puissants.  Et puis il y en a un autre qui témoigne de ce qui s'est passé. Un des très rares messages que vous avez pu recevoir pendant le black-out, c'est quelqu'un qui tenait absolument à raconter ce qui se passait dans la plus grande morgue de Téhéran:   « Le volume de cadavres était tel au sol, dans la rue, sur le trottoir, des housses noires, des housses noires, plein de corps comme ça, des corps, des corps, des corps. Il y avait des camions frigorifiques et dans ces camions, il y avait plein de cadavres. Ils les amenaient et ils les déchargeaient. Ensuite, ne pensez pas qu'ils vous disaient : "D'accord, que Dieu le bénisse, le cadavre est à vous." Il fallait encore compter le nombre de balles qui avaient touché la personne et il disait : “Bon, maintenant vous allez devoir payer. Une balle vaut entre 400 et 500 euros et le coût de la housse mortuaire s'étend. Vous n'avez pas d'argent, alors signez ce papier et dites que votre enfant était un bassidji et qu'il a été tué par les terroristes”. »  On voit bien là le cynisme et la manipulation des faits par le régime. La manipulation de l'ampleur de la répression qui est documentée, vous le racontez à la fin du reportage en vous appuyant sur des images satellites...  Oui, tout à fait. Lorsque la coupure Internet survient, on se dit: qu'est-ce qu'il nous reste pour documenter cette répression ? Et donc, on se dit qu’on va essayer de se tourner vers le ciel et donc vers les satellites et on demande à avoir accès notamment aux images de cimetières. Et là, on se rend compte, notamment Ershad Aljani, qu'il y a une activité inhabituelle. qu'il y a des fosses qui ont été creusées, qui correspondent à la taille d'un terrain de football. Donc, on a vraiment essayé d'utiliser tous les moyens en notre possession pour documenter cette répression à travers ces témoignages, à travers ces images satellites, à travers les vidéos qu'on a pu recevoir.  Dans ces vidéos, les images sont vraiment extrêmement dures. D'ailleurs, vous le précisez au début du reportage, il y a un avertissement pour les téléspectateurs, c'est assez rare. Pourquoi est-ce que vous avez choisi de les montrer quand-même? Ça a été vraiment l'objet d'une réflexion éditoriale avec la direction de France 24 également. Et pour moi, c'était vraiment très important de ne pas flouter ces images. D'une part, parce qu'il y a eu ce black-out de 240 heures pour que ces images ne sortent pas. Et puis d'autre part, c'était une manière à la fois, une nouvelle fois, de déshumaniser les victimes de cette répression. Ces victimes qui ont choisi de nous envoyer ces vidéos, qui nous y ont dit : « S'il vous plaît, montrez ces vidéos, il faut que le monde sache », raison pour laquelle on a vraiment choisi de les montrer, mais pas par voyeurisme, pas par sensationnalisme. On a choisi chaque vidéo parce qu'il y avait un caractère informatif dans chacune d'elles. Et puis, à d'autres moments, on a utilisé des dessins, des dessins d'Adel Gastel, pour réhumaniser justement nos témoins.   
La vie quotidienne est de plus en plus difficile à Cuba. Il n'y a plus de carburant à cause de l'étranglement énergétique imposé par les États-Unis. Plusieurs pays ont déjà fait savoir qu'ils comptaient soutenir l’île, comme la Russie ou le Mexique, qui dénonce une asphyxie du peuple cubain. Le tourisme devrait être sévèrement impacté, ce qui réduira encore l'entrée de devises dans le pays. Les autorités ont informé les compagnies aériennes desservant le pays que l'avitaillement en kérosène serait suspendu pour un mois. Entretien avec Laurine Chapon, doctorante en géographie au Centre de recherche et de documentation des Amériques, le CREDA, et à la Sorbonne Nouvelle.  À lire aussiCrise énergétique à Cuba: la situation s'aggrave et s'étend au trafic aérien "On vit au rythme des coupures et des pénuries"
Israël veut renforcer sa mainmise sur la Cisjordanie occupée. Les nouvelles mesures administratives, annoncées dimanche 8 février 2026, accordent un contrôle encore plus grand à l'État hébreu, qui occupe ces terres depuis 1967. Ces règles permettront aux autorités israéliennes d'administrer certains sites religieux, même lorsqu'ils sont situés dans des zones placées sous le contrôle de l'Autorité palestinienne. L'Union européenne et huit pays musulmans ont condamné les mesures israéliennes « illégales ». L'analyse de la présidente de l'Institut de recherche et d'études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO), Agnès Levallois, chargée de cours à Sciences Po Paris et autrice de : Le Livre noir de Gaza (éditions du Seuil). À lire aussiCisjordanie: Israël valide des mesures qui redessinent l'équilibre du contrôle sur le terrain
Au Japon, le parti de la Première ministre retrouve une large majorité d'après les premières estimations. Les Japonais étaient appelés aux urnes ce dimanche 8 févier 2026 pour des législatives anticipées. La Première ministre Sanae Takaichi était à la recherche d'une majorité absolue au Parlement, deux semaines après avoir dissous la Chambre basse du Parlement et cinq mois après être devenue la première femme Première ministre à diriger le Japon. Avec une cote de popularité importante, la conservatrice souhaitait effectivement redonner une majorité à son parti libéral-démocrate, le PLD, et au pouvoir quasiment sans interruption depuis 55 ans. Pour en parler, Karoline Postel-Vinay, directrice de recherche au Céri Sciences Po, auteure de plusieurs ouvrages sur le Japon et les relations internationales.  À lire aussiLégislatives au Japon : la Première ministre Sanae Takaichi l'emporte avec une large majorité pour son parti
Samedi 7 février 2026, c'est la fin du mandat du CPT, le Conseil présidentiel de transition en Haïti. La disparition du CPT, créé en avril 2024 pour tenter de rétablir l'ordre public et la stabilité, laisse le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé seul aux commandes. Alors que le pays est toujours gangrené par des gangs et frappé par une instabilité politique, la situation a évidemment des conséquences importantes sur l'économie. Énomy Germain est économiste, professeur à l'université d'État d'Haïti à Port-au-Prince. En ligne de la capitale haïtienne, il répond à Stéphane Geneste. À écouter aussiHaïti : une économie en crise profonde, minée par l’inflation, l’insécurité et l’effondrement de la croissance
Des pourparlers sous haute tension ont débuté ce vendredi au sultanat d'Oman entre l'Iran et les États-Unis. Téhéran veut les limiter à son programme nucléaire et refuse d'évoquer son programme balistique ou son soutien à ses alliés, dont le Hezbollah et le Hamas palestinien. Washington refuse d'exclure une action militaire en cas d'échec de la diplomatie. Les discussions interviennent après les récentes violences en Iran début janvier suite à la chute du rial, la monnaie nationale. L’analyse de Kevan Gafaïti, enseignant à Sciences Po Paris, président et fondateur de l'Institut des relations internationales et de géopolitique (IRIG), auteur de La crise du détroit d’Ormuz de 2018 : une victoire iranienne sur les États-Unis, éditions L’Harmattan. 
Le chef de la diplomatie française est en Syrie ce 5 février, première étape d'une tournée régionale, pour parler de la lutte contre le groupe État islamique. Les forces kurdes, qui étaient le fer de lance de la lutte antijihadiste, ont dû se retirer sous la pression de Damas de larges pans du nord du pays où se trouvent des prisons de jihadistes et des camps abritant leurs familles. Les Européens craignent un retour de jihadistes sur leur sol et redoutent un conflit entre les États-Unis et l'Iran. Jean-Noël Barrot a assuré, à l'issue d'un entretien avec son homologue syrien ce matin à Damas, que la poursuite du combat contre l’EI est « une priorité absolue » pour Paris. Entretien avec Stéphanie Khoury, journaliste politique au quotidien libanais L'Orient-Le Jour. À lire aussiSyrie: des prisonniers de l'État islamique ont-ils pu fuir le camp d'al-Hol?
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