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Chronique des matières premières
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Chronique des matières premières

Author: RFI

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Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.

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Après des mois d'interruption, les exportations de cobalt de RDC ont repris, mais à un rythme toujours insuffisant pour répondre aux besoins. Suite à la mise en place de quotas d'exportation mi-octobre, les prix du sulfate de cobalt ont grimpé de 66 % en Chine. Ce que montre l'augmentation des prix du sulfate de cobalt, un des produits issus du raffinage du minerai, c'est que les prix, qui avaient grimpé quand les exportations ont été interdites il y a un an, ne sont pas retombés après la fin de l'interdiction. Car cette reprise sous forme de quotas alloués à chacune des 21 entreprises minières concernées en RDC a immédiatement été perçue comme insuffisante. Le manque s'est confirmé, puisque la mise en œuvre du régime de quotas s'est révélée compliquée et a empêché les volumes alloués au dernier trimestre 2025 d'être exécutés. Le premier camion chargé de cobalt n'aurait finalement quitté le pays que début janvier, selon les informations de l'Institut du cobalt. Au total, pour le premier mois de 2026, seulement une cinquantaine de camions auraient quitté le pays, selon le suivi de Project Blue.  « L'organisme de réglementation minière Arecoms ne dispose que d'une poignée d'employés pour effectuer les analyses de l'hydroxyde, ce qui retarde le transport par camion », explique Chris Welch, analyste du marché du cobalt pour Argus Media. ll précise que la hausse des prix du cuivre a également incité les entreprises à privilégier l'exportation de cuivre plutôt que de cobalt par camion. À lire aussiLa RDC organise un forum d'investissement en marge du Mining Indaba en Afrique du Sud Marché déficitaire ?  Avec ce nouveau régime de quota en RDC, et le flou qui l'entoure, le marché va rester tendu en ce début d'année, d'autant que le cobalt actuellement expédié n'arrivera probablement pas avant avril ou mai en Chine, pays qui dispose de l'essentiel des capacités de raffinage. Selon l'Institut du cobalt, le marché mondial, hors RDC, en déficit de 53 000 tonnes en 2025, pourrait le rester encore en 2026. Avant de revoir sa stratégie d'exportation, la RDC fournissait les deux tiers du marché mondial, ce qui veut dire que même si l'Indonésie, un autre fournisseur majeur, extrait de plus en plus de minerai – et passe de 21 % de part de marché en 2025 à 35 % en 2026 –, cela ne suffit pas à combler le fossé laissé par la réduction des exportations congolaises.  Selon Project Blue, les stocks d'hydroxyde de cobalt en Chine devraient être, fin janvier, de 30 à 40 000 tonnes, et ne devraient donc pas permettre de satisfaire la demande intérieure au-delà de trois mois. Ce n'est qu'à partir du deuxième trimestre que les tensions sur le marché vont donc commencer à s'atténuer, mais les prix pourraient se maintenir à un niveau élevé jusqu'à la fin de l'année puisque le quota annuel d'exportation fixé par la RDC est pour l'instant plafonné à la moitié des niveaux historiques habituels. À lire aussiLes obstacles à l'exportation du cobalt congolais pèsent sur le marché mondial Ralentissement de la croissance de la demande Ce qui va peut-être éviter que les prix ne flambent plus, c'est une hausse plus modeste que prévu de la demande. L'achat de véhicules électriques aux États-Unis est revu à la baisse en raison de la suppression depuis septembre dernier d'un crédit d'impôt de 7500 dollars. Le secteur américain va toujours croître mais de manière modeste (de 3 % en 2025 et de 7 % en 2026). En Europe aussi les ventes de véhicules électriques et donc de batteries ne sont pas à la hauteur des prévisions initiales.  Au vu du contexte, l'Institut du cobalt alerte sur un risque d'effondrement de la demande à l'horizon 2027. Une façon peut-être de prévenir ceux qui tiennent le marché qu'à trop restreindre l'offre, ils pourraient indirectement encourager le développement de batteries sans cobalt et provoquer une baisse des besoins.   À lire aussiPourquoi les constructeurs automobiles retombent amoureux de l’essence?
Longtemps symbole de scandale sanitaire, l’« huile de caniveau » est devenue l’un des carburants les plus convoités de la planète. Recyclée à partir des cuisines et des égouts, l’huile de cuisson usagée alimente aujourd’hui la transition verte de l’aviation – au point de valoir plus cher que le kérosène. Derrière cette métamorphose se dessinent les fragilités d’une décarbonation accélérée sous contrainte. Pendant des années, la Chine a incarné le versant sombre de l'« huile de caniveau », recyclée illégalement et réintroduite dans l’alimentation. Rebaptisée UCO (« used cooking oil »), elle est désormais la principale matière première du carburant d’aviation durable (SAF). Une fois transformée, elle peut être mélangée au carburant fossile sans modifier avions ni infrastructures, tout en réduisant jusqu’à 80% des émissions sur l’ensemble de son cycle de vie. Dans un secteur où les alternatives technologiques – hydrogène ou avions électriques – restent lointaines, le remplacement du carburant s’impose comme la voie la plus rapide. Résultat : la demande explose, l’offre reste limitée, et l’UCO devient une ressource rare, parfois plus chère que le carburant conventionnel. Une transition verte qui fait grimper la facture Mais produire du SAF reste coûteux. Les marges se concentrent en amont, chez les fournisseurs d’UCO et les raffineurs, tandis que les compagnies aériennes absorbent l’essentiel du surcoût. En Europe, où des obligations de mélange sont déjà en vigueur, le prix du SAF peut atteindre jusqu’à cinq fois celui du kérosène. Selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), cette hausse des coûts pèse lourdement sur un secteur aux marges déjà étroites. Plusieurs compagnies et raffineurs européens demandent désormais un assouplissement du calendrier, craignant qu’une transition trop rapide n’affaiblisse la compétitivité du transport aérien. La Chine au centre du jeu Premier exportateur mondial d’UCO, la Chine avance prudemment. Elle développe rapidement ses capacités de production de SAF, tout en réservant l’essentiel de ses volumes aux marchés étrangers soumis à des obligations climatiques. À ce stade, Pékin privilégie l’offre plutôt que la contrainte, sans objectif national obligatoire. À l’approche de l’entrée en vigueur des règles mondiales en 2027, une question demeure : la Chine imposera-t-elle à son tour des quotas domestiques ? La réponse pèsera lourd sur l’équilibre du marché – et sur le prix du carburant du futur. À lire aussiBiocarburant, un marché en plein essor grâce au secteur de l'aérien
C'est une crise qui a débuté l'année dernière et qui a encore des répercussions en 2026 : les pays européens ont produit trop de pommes de terre par rapport à la demande industrielle. Résultat, les prix se sont effondrés et pénalisent toujours les agriculteurs. La production européenne 2025 a été de 30 millions de tonnes, soit 10% de plus que l'année dernière, et ce grâce aux très bonnes récoltes de la France, mais aussi des autres principaux producteurs européens, que sont la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas. Les surfaces européennes ont cependant augmenté trop vite par rapport à la croissance de la demande de l'industrie de la frite. En France, premier exportateur mondial de tubercules, les agriculteurs ont ainsi produit en 2025 les volumes qui seront nécessaires en 2030, explique François-Xavier Broutin, directeur des affaires économiques de l'interprofession française de la pomme de terre à l'AFP. À lire aussiCrise de croissance brutale sur le marché européen de la pomme de terre Prix des contrats 2026 en baisse Les agriculteurs dimensionnent leur culture aux contrats proposés par les industriels, mais selon l'Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), les producteurs auraient répondu l'année dernière à des promesses d'achats anticipés d'industriels européens qui n'ont finalement pas été tenues, or les semis étaient déjà prêts. Ce décalage entre l'offre et les besoins des industriels a entrainé une chute des prix  Sur le marché libre, c'est-à-dire pour les volumes vendus hors des contrats longue durée, les prix évoluent entre 5 et 30 euros la tonne, selon les pays. Les prix des contrats proposés pour la récolte 2026 sont aussi en baisse : une pomme de terre qui s'achetait à 180 euros la tonne est aujourd'hui fixée par contrat à un prix variant de 125 à 150 euros, selon les industriels. Semis du printemps en baisse ? L'UNPT dénonce des prix déconnectés des coûts de production et « une asymétrie de risque » qui pèse principalement sur les producteurs. Elle appelle les agriculteurs à « apprécier avec rigueur le dimensionnement de leurs surfaces », avant les semis du mois de mars-avril.  D'autant que la tendance des industriels pour la prochaine campagne est aussi à acheter moins de volumes via des contrats, ce qui augmente l'insécurité des agriculteurs qui deviennent plus exposés en cas d'excédent et donc de prix bas.  La Belgique pénalisée par la contraction de la demande Pour ne rien arranger à la situation, les producteurs ont souffert d'un environnement géopolitique et économique particulièrement instable. Le marché s'est contracté en raison des droits de douane américains qui ont perturbé les flux, et de la force de l'euro par rapport au dollar qui pénalise les exportations européennes, selon le réseau européen North-Western European Potato Growers (NEPG).  Il faut ajouter une consommation qui ralentit dans les pays de l'UE et la montée en puissance de la Chine, de l'Inde, de l'Égypte et de la Turquie.  En deux ans, la Chine et l'Inde, pour ne parler que des premiers producteurs mondiaux de pommes de terre, ont multiplié par dix leurs exportations de frites vers leurs pays voisins, selon le NEPG, allant même jusqu'à exporter en Arabie saoudite. Ce qui a participé à la baisse des ventes européennes et notamment celles de la Belgique, premier exportateur mondial de frites – qui accuse un recul de 6%. À lire aussiLes pressions commerciales déstabilisent le marché de la pomme de terre
Les niveaux des stocks européens de gaz sont tombés à environ 37%, soit en-dessous de la moyenne de ces cinq dernières années, et ont provoqué une forte hausse des prix au mois de janvier 2026. Une hausse qui s'est depuis atténuée. Les stocks sont tombés si bas car les Européens sont entrés dans l'hiver avec des réserves inférieures à celles des années précédentes, explique Greg Molnar, analyste gaz de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), c'est-à-dire avec des infrastructures remplies à peine au-dessus de 80% de leur capacité. À ce « mauvais départ » est venue s'ajouter une vague de froid début janvier qui a fait augmenter la demande et fait baisser les stocks. Si la consommation continue au rythme habituel, l'Union européenne pourrait terminer l'hiver avec seulement 25% de ses capacités remplies, soit le niveau le plus bas depuis la saison hivernale 2017-2018.  Des importations record en 2026 ? La diminution des stocks annonce des importations plus importantes cette année. L'AIE s'attend même à une hausse record des achats en 2026. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir du côté de l'offre, car la production de gaz naturel liquéfié (GNL) devrait être en augmentation cette année – estimée à 472 millions de tonnes sur l'ensemble de l'année par le cabinet d'étude ICIS. Plusieurs pays vont voir en effet croître leurs capacités d'exportation grâce à l'agrandissement de leurs infrastructures ou la mise en service de nouveaux projets. On peut citer le Canada, les États-Unis, le Mexique, le Congo-Brazzaville – le fournisseur italien ENI a chargé, le 7 février, la première cargaison de son unité flottante Nguya – ou encore l'Australie.  D'autres projets sont annoncés d'ici 2027, au Qatar notamment, et devraient continuer à faire grimper les quantités de GNL disponibles dans le monde. Cette montée en puissance de la production évitera peut-être la hausse des prix que certains craignent, au vu de la forte demande européenne qui se profile cet été.  L'Europe, partenaire privilégié des États-Unis L'Europe a un partenaire privilégié : les États-Unis. En janvier, le pays a fourni 60% des importations européennes, contre 53% en janvier 2025, et 24% début 2021 selon l'agence Reuters. Ce chiffre augmente depuis plusieurs années et a été consolidé par un accord commercial entre l'Europe et Donald Trump. Mais le poids grandissant pris par les États-Unis fait courir un risque à l'Europe, a fait récemment remarquer le commissaire européen à l'Énergie, Dan Jorgensen, après les menaces du président états-unien sur le Groenland : celui de remplacer la dépendance au gaz russe par une dépendance au gaz américain. Des discussions sont donc en cours, selon le commissaire européen, avec le Canada, le Qatar et l'Afrique du Nord pour sécuriser d'autres canaux d'approvisionnement. C'est dans cet objectif de diversification que l'énergéticien allemand RWE a signé, le 6 février, un accord commercial avec les Émirats arabes unis.
Les prix mondiaux du sucre ont baissé de près de 20% en un an et sont inférieurs au coût de production en Europe. Résultat : les surfaces cultivées sont attendues en baisse pour la prochaine saison et la production européenne pourrait diminuer d'environ 10%. Ce n'est qu'une estimation à ce stade, car les semis de betteraves n'ont pas encore eu lieu, mais cette estimation est assez solide : elle est liée aux demandes des sucreries, qui passent en quelque sorte commande aux agriculteurs de produire tel ou tel volume. Or, la tendance des coopératives et des industries du secteur est de ralentir leur activité, car les coûts de production sont aujourd'hui supérieurs au prix du sucre sur le marché. À titre d'exemple, Südzucker, un des transformateurs de betteraves européens, a demandé à ses fournisseurs agriculteurs français et belges de réduire de 25% leurs volumes, donc de semer 25% de betteraves en moins en mars 2026, explique Timothée Masson, secrétaire général de l'Association mondiale des planteurs de betteraves et de cannes à sucre. Résultat : cette année, les surfaces européennes pourraient baisser à leur plus bas niveau depuis une décennie. À lire aussiLe sucre : comment éviter la surdose ? Des importations plus compétitives Il est souvent plus rentable dans ce contexte d'importer que de produire du sucre en Europe. C'est pour cela que ce qu'on appelle « l'appareil productif » s'adapte : environ 20% des usines européennes ont fermé depuis 2017. La dernière annonce date de la semaine dernière et concerne une usine du groupe Nordzucker en Slovaquie, qui annonce une fermeture liée à « une baisse de rentabilité à long terme de la production sur le site, dans un contexte de marché difficile ». Ce redimensionnement du secteur se traduira cette année par une chute d'environ deux millions de tonnes de sucre sur la prochaine saison. Ce qui manquera sera importé. La difficulté pour les agriculteurs européens sera de trouver des alternatives à la betterave : aucune grande culture n'est en ce moment rémunératrice, que l'on parle de la pomme de terre, du blé ou encore du maïs.  Une baisse multifactorielle Les anticipations de bonnes récoltes au Brésil dans deux mois sont un facteur qui expliquent la baisse des cours mondiaux qui pèsent sur les prix européens. Et ce d'autant que la chute du prix de l'essence au Brésil, et donc de l'éthanol, pourrait encourager les producteurs de canne à privilégier la transformation en sucre. C'est en tout cas ce que le marché semble avoir intégré. Parmi les autres éléments, on peut citer un excédent mondial de 3,5 millions de tonnes de sucre. Ce n'est pas énorme, mais cela suffit à faire pencher la balance. Il y a aussi l'activité des spéculateurs qui, après avoir misé sur le sucre, anticipent maintenant une baisse des cours et revendent en masse leurs contrats, ce qui crée une impression artificielle d'abondance et renforce la baisse des prix : en janvier, ces spéculateurs ont remis dans le circuit 8,8 millions de tonnes, selon Timothée Masson. Avec un tel volume, les prix auraient presque dû chuter encore plus. Ils sont probablement soutenus par des stocks de sucre historiquement bas. À lire aussiQue se cache-t-il derrière le sucre ? Ce petit plaisir quotidien
Une nouvelle campagne de noix de cajou se prépare en Afrique de l'Ouest, première région productrice au monde. Les prix seront guidés comme toujours par l'offre, mais aussi par la demande et, en particulier cette année, la demande états-unienne. Les achats des États-Unis ont baissé de 25 % en 2025. Une baisse qui confirme que le pays n'est plus le premier acheteur au monde d'amandes de cajou : l'Amérique du Nord s'est laissée clairement distancer par l'Europe et la Chine.  La question est de savoir à quoi est due cette chute drastique des importations : elle peut être l'illustration d'une baisse de la consommation ou d'une stratégie de déstockage pour moins importer, ce qui, si c'était le cas, devrait se traduire par des stocks au plus bas. Les achats états-uniens seront suivis de près dans les mois qui viennent et pourraient potentiellement être un élément « perturbateur du marché », comme l'écrit le service d'information sur les marchés agricoles N'kalô dans son dernier bulletin agricole. À lire aussiCôte d'Ivoire: la filière de la noix de cajou, exemple de coopération entre Européens et Africains Des prix encore incertains pour 2026 L'année dernière, le retrait partiel des acheteurs états-uniens du marché n'a pas fait de dégâts sur les prix, explique Pierre Ricau, analyste en chef pour N'kalô. La consommation au Moyen-Orient, mais surtout dans les pays asiatiques, a pris le relais. L'Inde et la Chine affichent une croissance annuelle supérieure à 20 % – soit beaucoup plus que les 7 à 8 % de croissance européenne. L'Empire du Milieu a même multiplié sa consommation par deux depuis 2021. Si les acheteurs états-uniens ont choisi de vider leur stock pour ne pas être soumis aux droits de douane sur les importations de noix décortiquées au Vietnam pendant les quelques mois où ils ont été appliqués, et qu'ils reviennent sur le marché, alors cela ferait inévitablement monter les prix. Si leur consommation est réellement en berne, cela ne devrait pas perturber l'équilibre actuel grâce à cette demande qui augmente très fort en Asie.  À lire aussiLes États-Unis annoncent un accord commercial avec le Vietnam Pas d'inquiétude majeure pour l'offre ouest-africaine Il est encore trop tôt pour dire avec certitude si la récolte en Afrique de l'Ouest sera satisfaisante. Elle s'annonçait bonne jusque-là, mais il a plu dans de nombreuses zones de production, en décembre et janvier, période de saison sèche, rappelle N'kalô. Il n'est pas exclu que la production ouest-africaine baisse par rapport à 2025, mais elle devrait tout de même rester « nettement meilleure » qu'en 2024 et donc être suffisante pour approvisionner le marché en noix brutes ou en noix décortiquées, et donc suffisante pour ne pas créer de tension. L'équilibre entre l'offre et la demande n'est pas menacé, ce qui est en train de changer, c'est plutôt le poids des acteurs, avec une Chine dont la consommation grandit contrairement au marché états-unien qui semble stagner, voire baisser, explique Pierre Ricau.  À écouter dans la Chronique nutrition de Priorité santéAlimentation: quels sont les bienfaits des noix de cajou? 
La Chine respecte ses engagements… mais pas au prix de ses intérêts. Après avoir honoré ses premiers achats de soja américain dans le cadre de la trêve commerciale avec Washington, Pékin se tourne de nouveau vers le Brésil, dont les cargaisons sont nettement moins chères. Un choix pragmatique, dicté par les prix et la sécurité d’approvisionnement, qui illustre les limites d’une détente sino-américaine largement conditionnée par la logique économique.  De notre correspondante à Pékin, Officiellement, Pékin joue le jeu. Les autorités chinoises ont relancé les achats de soja américain, un signal politique fort après des mois de tensions commerciales. Ces commandes permettent à la Chine d’afficher sa bonne volonté vis-à-vis de Washington et de respecter les engagements pris dans le cadre de la trêve. Mais dans les faits, ces achats sont strictement encadrés. Ils concernent des volumes précis, souvent absorbés par des acteurs publics ou étroitement liés à l’État. L’objectif est clair : satisfaire l’exigence diplomatique sans déséquilibrer le marché intérieur ni alourdir durablement la facture des importateurs. Pékin honore l’accord, mais veille à en contenir le coût économique. À lire aussiLe soja, nouveau levier politique et économique de la Chine?  Le soja brésilien, avantage prix et assurance stratégique Sur le marché, le verdict est sans appel : le soja brésilien reste plus attractif. Les récoltes abondantes, une logistique désormais très compétitive et des prix inférieurs à ceux du soja américain, encore pénalisé par les droits de douane chinois, font du Brésil le fournisseur naturel des acheteurs privés. Au-delà du prix, la dimension stratégique est centrale. Depuis plusieurs années, la Chine cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement agricoles afin de réduire toute dépendance excessive aux États-Unis. Le Brésil s’est imposé comme un partenaire clé de cette stratégie, garantissant à Pékin une sécurité alimentaire accrue dans un contexte géopolitique incertain. À lire aussiNourriture, énergie, métaux: comment les stocks chinois redessinent l’économie Une trêve commerciale révélatrice de ses propres limites Cet arbitrage met en lumière la nature réelle de la trêve commerciale sino-américaine. Elle permet de calmer les tensions et d’éviter l’escalade, mais sans modifier les fondamentaux. La Chine accepte un cadre diplomatique temporaire, tout en continuant à privilégier ses intérêts économiques de long terme. Le soja devient ainsi un révélateur : tant que les écarts de prix subsisteront et que les risques géopolitiques resteront élevés, la logique de marché primera sur les concessions politiques. La trêve existe, mais elle reste fragile, conditionnelle, et étroitement subordonnée aux calculs économiques de Pékin. À lire aussiAux États-Unis, les producteurs de soja tournent la page d'une année noire 
Le cacao du premier producteur mondial est-il commercialisé à un prix trop élevé ? Aux yeux de certains opérateurs, il n'est, en tout cas, pas compétitif sur le marché mondial.  Ce qu'il faut comprendre, c'est que le cours du cacao à la Bourse de Londres, à un instant T, est le même pour tous les pays producteurs. Mais ensuite viennent se greffer à ce prix une décote ou une prime, selon la qualité du cacao et son pays d'origine, pour schématiser. Actuellement, par exemple, cette prime est de 125 livres par tonne sur le cacao ivoirien, alors que le cacao camerounais est vendu avec une décote de 100 à 200 livres par tonne, et le nigérian avec une décote de 300 à 400 livres par tonne, ce qui contribue à rendre ces origines plus attractives. À cette prime d'origine — appelée aussi prime pays –, il faut ajouter, pour acheter du cacao de Côte d'Ivoire et du Ghana, une prime fixe : le différentiel de revenu décent, ou DRD — LID en anglais —, de 400 dollars la tonne. Cette prime vise à protéger le cacaoculteur ivoirien contre des prix trop bas. Mais elle rend aussi le cacao ivoirien moins compétitif. À lire aussiCôte d’Ivoire: le gouvernement compte racheter les stocks de cacao qui s'entassent  Le cacao ivoirien incontournable Les acheteurs peuvent cependant difficilement se passer des fèves de Côte d'Ivoire, car le pays représente 40 % de la production mondiale. Mais les multinationales peuvent, en revanche, temporairement choisir de faire tourner en priorité leurs usines de broyage situées en Europe ou en Asie, qui peuvent être alimentées par toutes les origines, contrairement aux usines ivoiriennes. Et c'est ce que certaines disent faire aujourd'hui.  Pour que les industriels privilégient à nouveau l'achat de contrats cacao en Côte d'Ivoire, il faudrait que les fèves redeviennent compétitives. Concrètement, cela pourrait passer par un abaissement de la prime sur l'origine ivoirienne, qui est une composante du prix final. Une éventualité qui ne séduit pas, pour l'heure, le Conseil du Café-Cacao (CCC), le régulateur de la filière. À lire aussiCôte d'Ivoire: le Conseil du Café Cacao à la rescousse de la filière cacao  Le DRD en question Certains opérateurs interrogent aussi l'existence et le niveau du DRD, cette prime structurelle destinée à protéger le planteur. « 400 dollars la tonne, c'est trop cher », explique un broyeur de fèves, car comme cette prime est fixe, elle paraît encore plus importante quand les cours baissent.  Mais ces industriels sont dans une position compliquée car ils ont validé le principe de la prime en 2019 pour améliorer le revenu des planteurs. « Revenir sur leur engagement reviendrait à se soustraire à leurs responsabilités », fait comprendre un interlocuteur du CCC. Le secrétariat de l'Initiative cacao Côte d’Ivoire-Ghana rappelle, de son côté, que le différentiel de revenu décent est un mécanisme de soutien au producteur décidé conjointement entre les deux États d'Afrique de l'Ouest et assure ne pas être informé d’une quelconque remise en cause du DRD. À lire aussiEn Côte d’Ivoire, le désarroi des planteurs de cacao face aux impayés 
L'Arabie saoudite s'intéresse à l'or du Soudan. Une des raffineries du pays – Saoudi Gold Refinery – a fait part de son intérêt pour le métal précieux soudanais, qui était jusque-là essentiellement expédié vers les Émirats arabes unis. Pour l'instant, « les Émirats n'ont pas trop à s'inquiéter », explique Marc Ummel, responsable du dossier matières premières au sein de l'organisation Swissaid. Même si l'Arabie saoudite s'empare en effet d'une partie des volumes d'or extraits au Soudan et vient bousculer le commerce lucratif qui profite à Dubaï, l'essentiel – environ 80% – de la production est exportée clandestinement. C'est le cas de la production issue des territoires contrôlés par les Forces de soutien rapides (FSR) – lesquelles auraient engrangé plus d'un milliard de dollars en 2024, selon des sources citées dans un rapport de Swissaid – et de l'or des régions sous l'autorité des forces armées soudanaises. Cet or de contrebande pourra donc toujours arriver aux Émirats, via l'Égypte, notamment.  Rapprochement entre le Soudan et l'Arabie saoudite Cet intérêt saoudien pour le sous-sol soudanais s'inscrit dans la droite ligne d'une implication du Royaume de plus en plus grande dans le pays en guerre depuis bientôt trois ans. Les déclarations qui vont dans le sens d'un rapprochement des deux États se multiplient. Le gouvernement saoudien s'est notamment engagé à contribuer à la reconstruction de la capitale Khartoum, reprise par l'armée en mars 2025. Les autorités soudanaises ont, de leur côté, confirmé vouloir privilégier les entreprises saoudiennes pour réhabiliter leurs chemins de fer et les ports stratégiques de la mer Rouge.  Se positionner maintenant sur le commerce de l'or pourrait ouvrir d'autres portes aux acteurs saoudiens, car cela signifie se rapprocher un peu plus des généraux soudanais qui sont à la manœuvre pour exporter le métal précieux. À lire aussiL'or des conflits transite toujours par les Émirats arabes unis Le Soudan en quête d'autres marchés Depuis sa plainte déposée à la Cour internationale de justice de La Haye en mars 2024 contre les Émirats arabes unis pour leur soutien aux FSR et pour complicité de génocide, le Soudan a rompu ses relations diplomatiques avec l'État du Golfe et cherche d'autres clients, même si le commerce en direction de Dubaï ne s'est pas arrêté. L'Arabie saoudite se positionne désormais, à l'instar du Qatar et d'Oman, comme un nouvel acheteur d'or potentiel. Aucun détail n'a cependant été donné sur les quantités que pourraient importer le Royaume.  À lire aussiÉmirats arabes unis: l'or du Soudan «assure la prospérité des FSR et en même temps celle de Dubaï»
Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Russie tente d'échapper aux sanctions imposées sur un certain nombre de matières premières. Mais il y a un secteur, essentiel pour l'industrie de défense de Moscou, qui ne connaît pas la crise : le coton, utilisé dans la machine de guerre russe.  Quand on pense au coton, on l'associe immédiatement aux vêtements, à l'industrie textile et cosmétique. Mais il est aussi utilisé dans l'armement. Par exemple, le coton est utilisé dans la poudre sans fumée, un type très particulier et recherché, car il permet d'améliorer la portée et la précision des armes à feu. Pour la fabriquer, il faut un produit spécifique du coton : de la nitrocellulose, obtenue en traitant le coton avec un mélange d'acide nitrique et d'acide sulfurique. Pour alimenter son industrie de l'armement en coton, Moscou compte sur ses partenaires asiatiques. La Chine est un exportateur historique vers la Russie, mais ces dernières années, depuis le début de la guerre en Ukraine, c'est surtout en Asie centrale que le Kremlin se fournit. Du temps de l'URSS, la région alimentait déjà toute l'Union soviétique en coton, et visiblement, les choses n'ont pas changé. À en croire les chiffres de l'ONU, l'an dernier, l'Ouzbékistan a exporté pour un peu plus de 430 millions de dollars de coton vers Moscou, presque trois fois plus que la Chine. Ce qui fait de Tachkent le principal partenaire du Kremlin en la matière. Le coton, un bien à double usage L'Union européenne interdit l'exportation de nitrocellulose vers la Russie. En octobre 2025, Bruxelles a sanctionné Rustam Muminov, surnommé « le roi du coton ». Ce Russo-Ouzbekisto-Britannique contrôle l'usine de Fargona en Ouzbékistan, dont la majorité de la production de pâte de coton, ingrédient essentiel de la nitrocellulose, est destinée à la Russie. En décembre, Rustam Muminov a aussi été placé sur la liste des sanctions du gouvernement britannique. Pour les alliés de Kiev, il est très difficile de retracer les circuits d'approvisionnement de la Russie en nitrocellulose. « Le coton qui la compose est un bien à double usage », explique Pavlo Shkurenko, expert à la Kyiv School of Economics. C'est un produit qui peut servir à la fois à l'industrie de l'armement et à des équipements civils. Pour Pavlo Shkurenko, le meilleur moyen pour les Européens d'agir, c'est d'imposer des sanctions secondaires : « Dès lors qu'une compagnie ouzbèke commerce avec Moscou, assure-t-il, elle serait sanctionnée par l'UE et réfléchirait à deux fois avant de s'y reprendre. »
Le baril de brent a franchi, jeudi 29 janvier 2026, la barre des 70 dollars pour la première fois depuis septembre. Cette hausse des prix observée depuis le début du mois de janvier est portée par les menaces de Donald Trump sur l'Iran, pays producteur de brut. Pour comprendre quel impact aurait une intervention américaine, il faut revenir aux fondamentaux du secteur, c'est-à-dire à l'offre et la demande mondiale. Les fondamentaux sont importants pour anticiper la tendance lourde des prix, indépendamment des soubresauts quotidiens. Aujourd'hui, le contexte est celui d'un marché en excédent. L'inconnue est de savoir quel est le niveau de cette surabondance et combien de temps elle va peser sur les prix, ou en tout cas contrebalancer les risques géopolitiques. L'excédent mondial en pétrole est à peu près équivalent aux exportations iraniennes – soit environ 1,6 million de barils par jour – voire même plus élevé, selon certaines estimations. Donc, même en cas d'interruption totale des flux de pétrole iranien, cela ne voudra pas dire que le marché sera en manque. Il ne sera juste plus excédentaire, explique Homayoun Falakshahi, chef analyste pétrole auprès du cabinet franco-belge de suivi maritime Kpler. À lire aussiPourquoi les prix du pétrole ne reflètent pas vraiment le marché? La Chine en première ligne Il ne faut pas exclure un mouvement de panique sur les marchés qui ferait grimper les prix, lesquels augmentent déjà du seul fait des menaces américaines sur l'Iran. Mais si cette hausse se poursuit, elle ne devrait durer que le temps que le marché se rende compte qu'il y a une offre suffisante. « Vous ne verrez pas les prix devenir complètement fous et dépasser 100 dollars le baril », résume l'expert. Un pays serait cependant particulièrement touché : la Chine. C'est le principal acheteur de pétrole iranien, un brut vendu avec une décote de 10 dollars par baril par rapport au prix du brent. Ce prix cassé est particulièrement avantageux pour les petites raffineries chinoises privées vieillissantes qui se fournissent en Iran – appelées les « théières » – et dont la marge est conditionnée à l'achat de pétrole au plus bas prix. Si la Chine était privée de ces barils d'Iran, elle perdrait 12 à 15% de son approvisionnement. Les pays de l'Opep+, une alternative ? À lire aussiL’Opep+ annonce une nouvelle hausse de la production de pétrole en décembre avant une pause La perspective d'une perturbation des exportations iraniennes pourrait potentiellement peser sur les décisions des producteurs de l'Opep+. L'organisation ne prend jamais de position politique, mais elle est extrêmement attentive aux situations de tension et dispose de réserves qui peuvent être libérées si besoin. On l'a vu en 2011 : quand les exportations libyennes ont été mises à l'arrêt pendant la révolution, l'Arabie saoudite a augmenté sa production. La disponibilité en pétrole n'est donc pas un sujet pour l'instant. Elle pourrait le devenir, en revanche, si au-delà de l'Iran, le détroit d'Ormuz était en partie bloqué. Car il s'agit d'un passage clé pour le pétrole et le gaz naturel liquéfié exportés par les pays du Golfe. À lire aussiPerturbations des flux de pétrole iranien: quelles conséquences pour la Chine?
Depuis mi-décembre, les cours du nickel ont pris l'ascenseur. Le métal, essentiel aux batteries électriques et à la fabrication d’aciers inoxydables, est très loin de son pic historique de 2022, mais en un mois, son prix s'est relevé de plus de 15 %, en raison des nouvelles orientations minières de l'Indonésie. Mi-décembre, le pays a annoncé vouloir réduire, en 2026, ses permis d'exploitation minière d'environ 30 %. Or l'Indonésie commercialise 60 % du nickel disponible sur le marché mondial, donc une telle décision a forcément un impact important. Ces dernières années, la production indonésienne a augmenté de façon vertigineuse, grâce à des investissements massifs chinois. Cette surabondance a contribué à la chute des prix. Aujourd'hui, la perspective de voir le premier producteur mondial réduire la voilure redresse les cours. À lire aussiLa chute des prix du nickel permet à la Chine de renflouer ses stocks  Déficit d'approvisionnement des fonderies Selon l'Association indonésienne des fondeurs de nickel (FINI), le quota de production autorisé pour 2026 ne sera pas suffisant, car les besoins des transformateurs sont bien supérieurs. Ce qui ne sera pas extrait des mines ne pourra pas être totalement compensé par les importations et les stocks du pays, selon la FINI. Le gouvernement court donc le risque de déstabiliser l'économie des fonderies dont le nombre a considérablement augmenté ces dernières années. Pour reprendre le contrôle sur un secteur qui a connu une « hyper-croissance », selon le site spécialisé MineralInfo, les autorités ont suspendu, en novembre, l'approbation de certains nouveaux projets de fonderies fabricant des produits intermédiaires utilisés dans le secteur de l'acier inoxydable. Une mesure qui s’ajoute à la réduction de l’extraction minière. L'Indonésie toujours maître du jeu Les producteurs historiques qu'étaient le Canada et l'Australie ont souffert de voir l'Indonésie devenir en moins de dix ans un géant mondial du nickel. Aujourd'hui, le pays ajuste son ambition et opère un virage stratégique, constate l'Ofremi – l'Observatoire français des ressources minérales pour les filières industrielles –, mais cela ne veut pas dire que la donne va changer : l’Indonésie possède un tiers des ressources mondiales identifiées, le pays restera donc un acteur-clé dont les moindres décisions seront surveillées par les industriels qui ont besoin d'être rassurés sur leur approvisionnement. À écouter dans C'est pas du ventIndonésie : les ravages de l'extraction du nickel 
C'est une des conséquences indirectes de la mainmise de Donald Trump sur le pétrole vénézuélien : les navires de la flotte légale sont de plus en plus demandés. Qui dit demande, dit hausse des taux de fret. En prenant le contrôle des flux de brut du Venezuela, les États-Unis ont relancé le négoce de pétrole du pays. Le département du Trésor américain (OFAC) a donné une licence aux traders Vitol et Trafigura qui s'activent à trouver des navires pour acheminer le pétrole vénézuélien vers des raffineries situées sur la côte américaine du golfe du Mexique et vers l'Europe. À lire aussiLe Venezuela veut augmenter sa production de pétrole de 18% en 2026 L'intérêt des négociants est d'autant plus grand que le pétrole vénézuélien est toujours vendu avec une décote et donc attractif. L'agence Bloomberg rapporte le cas d'un pétrolier qui a quitté mi-janvier le Moyen-Orient à vide pour relier en 45 jours le golfe du Mexique et se positionner en attendant des ordres. Ce mouvement vers le Venezuela fait craindre une moindre disponibilité de pétroliers sur d'autres routes et fait donc grimper les taux de fret, avec des hausses variables selon la capacité des navires. Changement de cap de la flotte fantôme Ce retour en grâce des navires de la flotte légale au Venezuela se fait au détriment d'autres pétroliers, ceux de la flotte fantôme. C'est un véritable retournement car le Venezuela était un maillon essentiel pour cette flotte de l'ombre, composée de navires rarement assurés, souvent vieillissants, et généralement sous faux pavillon.  Sur l'année écoulée, 180 pétroliers environ ont transporté du brut vénézuélien, selon Matthew Wright, analyste principal Fret au sein du cabinet de suivi maritime Kpler. Ils devront désormais trouver de nouveaux contrats, probablement en se tournant vers l'Iran – option la plus probable au vu du type de navires concernés, les Very Large Crude Carriers (VLCC), qui peuvent charger jusqu'à deux millions de barils –, et dans une moindre mesure vers la Russie. Pétroliers au rebut Des dizaines de navires de la flotte fantôme risquent cependant de se trouver sans pétrole à transporter, et comme la majorité d'entre eux sont trop vieux pour être éligibles au commerce de brut non sanctionné, il faut s'attendre à des mises au rebut dans les prochains mois, selon l'expert de Kpler. Logiquement, le prix de la location des navires qui opèrent dans l'illégalité devrait être tiré à la baisse, au fur et à mesure que la flotte légale va prendre le dessus au Venezuela. À lire aussiLa «flotte fantôme» russe sous pression occidentale, le capitaine du «Grinch» en garde à vue
En Europe, les prix du maïs sont passés au-dessus du blé pour l'échéance de mars, ces derniers jours, à la bourse Euronext. Il n'y a que quelques euros de différence, mais depuis 2007, il est très rare que les prix s'inversent.  En 2007, la Bulgarie et la Roumanie, deux pays producteurs de maïs, sont entrés dans l'Union européenne. Depuis cette année-là, l'offre plus importante de grains jaunes a fait baisser les cours européens et le maïs a globalement toujours été plus bas que le blé. Ce qui rebat les cartes aujourd'hui, c'est la chute des volumes roumains et bulgares disponibles à l'exportation, après une troisième année de sécheresse estivale. En face, le blé européen souffre de la fermeture du marché algérien et s'exporte moins au Maroc, car le pays privilégie les achats de blé argentin depuis quelques semaines. Les exportations d'Ukraine à la traîne Ce qui soutient les prix du maïs en Europe, c'est que l'Ukraine n'arrive pas à fournir autant que l'année dernière. L'Ukraine était le premier fournisseur de l'Union européenne sur la précédente campagne agricole avec près de six millions et demi de tonnes. À cette date, cette année, les importations n'ont atteint pour l'instant que deux millions et demi de tonnes. Cette baisse est liée à la récolte qui est plus lente que d'ordinaire en Ukraine, et aux exportations qui sont à la traîne. De plus en plus d'armateurs refusent d'aller charger à Odessa après les récentes attaques sur des bateaux ukrainiens dédiés au transport de céréales. « On avait trouvé un semblant de fluidité dans les exportations depuis l'été 2022, mais la machine est aujourd'hui grippée », résume Damien Vercambre du cabinet Inter-Courtage. Résultat, les Européens n'importent pas autant de volumes ukrainiens que ce qu'ils voudraient. Ils ont compensé cette année avec du maïs brésilien, mais la période d'exportation du Brésil est maintenant terminée. Ils ont aussi acheté plus de maïs américain. À lire aussiInquiétude pour le maïs ukrainien, céréale phare du pays Un record de production de maïs aux États-Unis Les États-Unis ne manquent pas de maïs. La production américaine devrait battre un record. Et les stocks atteignent déjà 50 millions de tonnes, presque l'équivalent de la production européenne. Étonnamment, cette abondance n'a pas fait dégringoler les prix. Les exportations sont dynamiques, la demande est là : « C'est souvent comme ça avec le maïs, explique Damien Vercambre, dès qu'il y a une bonne production quelque part, elle est tout de suite consommée, comme si les besoins étaient sans limite. »   À lire aussiCéréales, les grandes inconnues qui rythmeront le marché en 2026
Si les ambitions agricoles de la Chine ne sont pas nouvelles, il y a une culture dont on parle peu et dont la production par le géant asiatique augmente fortement : celle de la noix de macadamia. La Chine fournit aujourd'hui plus de 20 % de l'offre mondiale, contre 3 % en 2016. (Rediffusion du 5 janvier 2026) La Chine ne fait pas qu'exporter la noix, elle la consomme aussi. Le pays était même jusque-là contraint d'importer de gros volumes, en particulier d'Afrique du Sud, car sa consommation dépasse largement sa production. La noix de macadamia reste encore perçue dans le pays comme un aliment haut de gamme, surtout prisé pendant les périodes festives, telles que le Nouvel An lunaire. Les volumes en constante augmentation devraient faire baisser les prix et augmenter la consommation. « Le marché chinois des fruits à coque présente un fort potentiel de croissance à long terme », résumait en novembre dernier le ministère américain de l'Agriculture (USDA) dans l'un de ses bulletins. Une production en hausse de 25 % par an Le nombre d'arbres plantés est en hausse depuis plusieurs années en Chine. Les autorités ont notamment soutenu le développement du secteur de la noix de macadamia via des subventions, mais aussi par la mise à disposition d'engrais, d'une aide à l'irrigation et de formations pour initier les agriculteurs à cette culture jusque-là peu pratiquée dans le pays, explique le Financial Times. La culture se concentre désormais à 70 % dans la région du Yunnan, à l'extrême sud-ouest du pays.  Les efforts ont payé : depuis six ans, la production augmente, en moyenne, de 25 % chaque année. La Chine est devenue le deuxième producteur mondial devant l'Australie et pourrait, en 2025-2026, produire 91 000 tonnes de noix en coque, soit 30 % de plus que l'année précédente, selon l'USDA, grâce notamment à une hausse de ses rendements. Le prochain objectif du pays est de dépasser l'Afrique du Sud, premier producteur mondial, qui a vu cette saison sa production baisser.  La Chine, premier client de l'Afrique du Sud Cette ambition inquiète sans surprise la filière sud-africaine, la Chine ayant acheté la moitié des exportations de la nation arc-en-ciel sur la dernière campagne, selon l'USDA. Avec une nouvelle production record, la Chine devrait donc diminuer ses importations durant la campagne agricole 2025-2026 qui court de septembre à août. Le pays sera par ailleurs en position de force pour discuter des prix, alors que l'Afrique du Sud n'a pas assez d'usines de décorticage et reste dépendante des commandes chinoises. L'industrie sud-africaine peut néanmoins se réjouir d'avoir gagné un acheteur de renommée internationale : le groupe Ferrero a jeté son dévolu sur l'origine sud-africaine pour mettre sur le marché une nouvelle tablette de chocolat fourrée à la crème de noix de macadamia. Un produit qui, s'il séduit les consommateurs, pourrait faire grimper en flèche les ventes de ce petit fruit sec rond devenu à la mode. À lire aussiTenSenses mise sur la noix de macadamia au Kenya
La Chine annonce la plus importante découverte de minerai de chrome dans le Xinjiang depuis près de quarante ans. Une trouvaille présentée comme stratégique, alors que Pékin cherche à réduire sa dépendance aux importations de métaux critiques dans un contexte de tensions commerciales mondiales. Le ministère chinois des Ressources naturelles affirme avoir mis au jour 20 corps minéralisés, c’est-à-dire 20 poches de roche riches en chrome, avec une teneur moyenne de 30,73% en chromite. Un niveau jugé significatif à l’échelle nationale, mais qui reste moyen sur le plan mondial, c’est ce qu’affirme Ohmin Zhao, expert du secteur chez Argus Media. Selon lui, « les grands producteurs comme l’Afrique du Sud, la Turquie ou le Kazakhstan exploitent généralement des minerais plus riches, souvent autour de 40% à 42% ».  Un gisement prometteur, mais encore flou Autre inconnue majeure : le volume total des réserves n’a pas été communiqué. Sans ces chiffres, impossible de savoir si le gisement pourra réellement modifier l’équilibre du marché. « Il faudra aussi connaître le calendrier de construction et de mise en production pour mesurer l’impact potentiel sur l’offre mondiale », selon l’expert. À court terme, la découverte ne devrait donc pas bouleverser la dépendance chinoise aux importations. La Chine reste le premier consommateur mondial de chrome, porté par son gigantesque secteur de l’acier inoxydable, indispensable à la construction, à l’automobile et aux infrastructures. Sur le terrain, les défis sont nombreux. Le Xinjiang souffre d’infrastructures encore limitées, de longues distances de transport pour les équipements lourds et de conditions climatiques extrêmes. Les hivers rigoureux peuvent retarder les chantiers, renchérir les coûts et ralentir l’extraction. Une annonce stratégique dans un marché sous tension Malgré tout, l’annonce est accueillie positivement par les acteurs du marché chinois. Elle intervient alors que certains fournisseurs clés, notamment l’Afrique du Sud – premier producteur mondial – envisagent de durcir leurs conditions d’exportation, via des taxes ou des licences. Pékin voit donc dans ce gisement un levier potentiel pour renforcer sa sécurité d’approvisionnement et améliorer sa position de négociation. Reste une question centrale : ce gisement est-il un simple signal politique ou un véritable tournant industriel ? Tout se jouera désormais sur un point : la taille réelle du gisement et la vitesse à laquelle il pourra être exploité. À lire aussiL'embargo européen sur le chrome (métal) russe profite à la Chine
Le secteur du diamant est toujours en berne. En raison d’une demande trop faible et de la concurrence des diamants synthétiques, les stocks s’accumulent dans les pays producteurs. C’est le cas au Botswana, un des premiers fournisseurs de pierres naturelles, au niveau mondial : ses stocks sont environ deux fois plus élevés que le niveau prévu par les autorités. Fin décembre, le Botswana disposait d’un stock de 12 millions de carats, soit près du double du niveau du stock autorisé par le gouvernement qui est de 6,5 millions de carats, selon le ministère des Finances qui a dévoilé cette semaine son document de stratégie budgétaire 2026/207. Ces stocks sont l'illustration d’une activité qui tourne au ralenti, et qui pèse sur le gouvernement, dont les recettes en devises reposent au deux tiers sur l'activité diamantaire. En 2025, l'économie du Botswana s'est contractée pour la deuxième année consécutive. L’entreprise minière publique (Debswana) qui exploite le diamant avec le géant De Beers, a été contrainte de ralentir la production de certaines mines l’année dernière, pour ne pas alimenter la suroffre. Et il est peu probable que la production reparte à la hausse, précise le ministère, tant que les stocks ne baissent pas. De Beers baisse ses prix Le groupe De Beers se retrouve contraint de baisser ses prix comme il l'avait déjà fait en décembre 2024. Cette baisse est difficile à quantifier, car les acheteurs payent une facture globale pour des lots différents, dans le cadre de ventes privées. Mais ce qui a filtré, c'est que les prix ont été réduits pour les pierres brutes les moins demandées :  celles qui une fois taillées, donneront des diamants qui valent entre un demi et 1 carat (le carat étant égal à 0,2 g, NDLR). Pour les pierres plus grosses, la demande reste forte et les prix se tiennent. Cette baisse des prix concédée par De Beers, qui perd plus d’un million de dollars par jours, s'explique par la situation économique du Botswana, mais aussi par la concurrence du diamant angolais, dont les ventes ont augmenté de près de 70 % l'année dernière, grâce à des prix plus bas. Ce qui a permis à la société minière publique d’engranger 1,8 milliard de dollars, selon le site spécialisé Rapaport.  Incertitudes majeures  Mais il y a d’autres incertitudes qui pèsent lourdement sur le secteur. Le diamant est pénalisé par les droits de douane américains : ils ont augmenté de 15 % sur la production du Botswana et de 50 % sur les diamants polis en Inde. Combien de temps ces taxes vont-elles s'appliquer ? La demande américaine qui n’a pas été mauvaise pendant les fêtes de Noël peut-elle se redresser pour de bon ? Quand aura lieu la prochaine baisse des taux d'intérêt de la Banque fédérale américaine (Fed) ? Les États-Unis représentent le premier marché pour le diamant et une baisse des taux serait bénéfique au porte-monnaie des américains et donc aux achats de pierres naturelles. « Sinon le risque, c'est que les acheteurs se tournent encore plus vers le diamant synthétique dont les prix sont sans cesse plus bas » confie un industriel du secteur. L’autre incertitude et pas la moindre, c’est l’avenir du géant De Beers : sa maison-mère Anglo-Américain a annoncé il y a un an et demi en –mai 2024– vouloir se séparer de l’entreprise. Plusieurs candidats à sa reprise se sont manifestés, mais l’avenir du géant minier n’est toujours pas tranché. 
Le poulet brésilien est de plus en plus prisé en Afrique. En cinq ans, les importations ont augmenté de près de 75 %. Plusieurs pays ont fermé leurs frontières au poulet congelé qui traverse l'Atlantique, mais ce que montrent les chiffres, c'est que plusieurs États africains restent toujours très dépendants d'un approvisionnement extérieur pour répondre à la demande locale. En tête des acheteurs de poulet brésilien, il y a l'Afrique du Sud, qui a absorbé un tiers des volumes expédiés sur le continent, en 2024, la dernière année pour laquelle des statistiques sont disponibles. Viennent ensuite la Libye, le Ghana, l'Angola et la République démocratique du Congo (RDC) ainsi que d'autres pays avec des volumes beaucoup plus faibles. Au total, le Brésil a expédié près d'un million de tonnes de volaille en Afrique en 2024 (selon les dernières statistiques communiquées par l'Association brésilienne des protéines animales (ABPA). Des filières locales qui peinent à répondre à la demande Certains pays font de la résistance pour protéger leur filière. C'est le cas du Sénégal et du Cameroun qui ont fermé leur frontière au poulet congelé depuis une vingtaine d'années. D'autres, comme le Bénin, ont pris cette décision il y a peu. À chaque ffois,la motivation est la même, permettre au secteur local d'émerger et de se structurer, ce qui est très compliqué, quand le poulet importé à bas prix empêche d'être compétitif et quand les consommateurs sont de plus en plus demandeurs.  La consommation de volaille ne fait en effet qu'augmenter, dans le monde, rappelle Yann Nedelec directeur d'ANVOL, l'interprofession française de la volaille de chair, et l'Afrique ne fait pas exception. « C'est une viande bon marché, facile à cuisiner et qui n'est concernée par aucun interdit religieux », rappelle l'expert.  Le poulet brésilien plus compétitif que l'européen Le poulet brésilien est compétitif, car sa production s'inscrit dans une véritable stratégie de développement des exportations. Ensuite, il n'est pas produit selon les mêmes règles qu'un poulet européen : les normes environnementales, les exigences en matière de bien-être animal et les règles sanitaires sont différentes. La taille des exploitations et la disponibilité d'alimentation pour bétail bon marché aident aussi à faire baisser son coût de production. Résultat, le kilo de filet de poulet produit en France, par exemple, est vendu deux fois plus cher que la même viande venue du Brésil. Pour un acheteur africain, il y a donc un avantage financier à acheter brésilien. Sans compter que le Brésil n'a déclaré que quelques rares cas de grippe aviaire, contrairement aux États-Unis et à l'Europe qui ont fait état d'épidémies à répétition ces dernières années. Une donnée qui a visiblement pesé dans l'arbitrage des pays importateurs comme l'Afrique du Sud.  À lire aussiEn finir avec le poulet importé, le continent africain pourra-t-il répondre à la demande ?
On le pressentait en décembre, et cela se précise, la demande mondiale en cacao est orientée à la baisse. Cette tendance est donnée par un indicateur : le volume de fèves transformé par les broyeurs.   Les broyeurs sont les industriels qui transforment la fève brute en différents produits comme la pâte de cacao ou le beurre, qui sont ensuite vendus à l'industrie de l'agroalimentaire ou à des chocolatiers. Le chiffre des broyages est considéré comme l'indicateur le plus fiable pour évaluer la demande. Schématiquement, quand les Européens mangent moins de chocolat, les broyeurs européens ralentissent la cadence.  Les chiffres du quatrième trimestre 2025 qui viennent d'être publiés sont révélateurs : en Europe, les broyages ont baissé de plus de 8 % par rapport à la même période l'année dernière, selon l'Association européenne du cacao (ECA), de 5 % en Asie selon la Cocoa Association of Asia et de 13 % au Brésil. Il n'y a guère qu'aux États-Unis que les broyages se maintiennent. Ces baisses montrent une diminution de la demande, en raison du prix des fèves devenu trop élevé entre 2024 et 2025. Au Brésil, l'Association nationale des industries de transformation du cacao (AIPC) confirme une chute de la consommation nationale de produits chocolatés, cette chute dépassant 20 % pour certaines catégories comme la liqueur de cacao et le beurre de cacao. À lire aussiCacao: partenariat stratégique entre le broyeur de fêves malaisien GCB et le Conseil Café Cacao ivoirien Moins de demande, plus d'offre Si les broyages sont en baisse, cela veut dire qu'il restera plus de fèves brutes disponibles, pointe Carsten Fritsch, analyste de Commerzbank, qui prévoit un excédent de l'offre. Cette situation se reflète déjà dans les cours qui ont commencé à fléchir depuis mai 2025.    À leur sommet en 2024, les cours avaient frôlé les 12 000 dollars la tonne, ils peinent aujourd'hui à atteindre 5 000 dollars la tonne. Les annonces des dernières statistiques de broyages ne sont pas de nature à inverser la tendance et à faire remonter les prix. Incidence pour les producteurs ? Ce repli des cours mondiaux a une incidence sur les producteurs dans les pays où les prix sont libres et suivent le marché, comme par exemple au Cameroun. En revanche, chez le premier producteur mondial, la Côte d'Ivoire, la baisse des cours ne devrait pas avoir d'incidence immédiate car les producteurs touchent un prix qui est fixé en amont pour toute la campagne de cacao et qui est cette année plus haut que l'an dernier. Paradoxalement, ce prix garanti n'a pas suffi à les protéger : certains cacaoculteurs ivoiriens se retrouvent dans une situation très précaire, une partie de leur récolte n'ayant pas trouvé preneur depuis plusieurs semaines, en raison des difficultés financières de plusieurs acheteurs-exportateurs locaux. À lire aussiEn Côte d’Ivoire, le désarroi des planteurs de cacao face aux impayés
L'étain, un métal à la couleur argentée, essentiel aux soudures et donc à la fabrication des circuits imprimés électroniques, a vu son cours dépasser les 54 000 dollars la tonne la semaine dernière. Un record qui efface le précédent, qui datait de 2022. « Le secteur connaît un déficit prolongé », reconnaît l'Association internationale de l'étain qui regroupe les industriels du secteur. Les perturbations en République démocratique du Congo et en Birmanie restent en effet d'actualité, même si les données d'exportation de minerai et de concentré d'étain, en novembre, suggèrent une probable reprise de la production dans l'État de Wa où elle avait été interrompue, explique Luke Adriaans, en charge du marché de l'étain au sein du cabinet de recherche et d'analyse Project Blue. Les craintes de retards d'approvisionnement en Indonésie, le deuxième fournisseur mondial – qui représente 17 % de l'offre – persistent également. Cela n'explique cependant pas l'augmentation de 30 % des cours depuis début janvier, car il n'y a pas eu de bouleversement significatif de la dynamique entre l'offre et la demande mondiale ces trois derniers mois, relève l'Association internationale de l'étain. Les industriels du secteur pointent un décalage croissant entre ce qu'on appelle les fondamentaux du marché et les prix.  À lire aussiL'étain de Birmanie toujours bloqué crispe le marché Engouement pour les métaux Ce qui peut justifier la récente flambée des cours, c'est ce qu'on pourrait qualifier d'effet de contagion. L'étain est porté par l'engouement pour les métaux, à l'instar de l'or, de l'argent ou du cuivre dont les prix ont battu des records en cette fin d'année 2025. L'étain suit particulièrement la hausse du nickel, dont les cours ont décollé depuis mi-décembre, et ce, en raison du renouvellement annuel des autorisations propres à la filière minière, en Indonésie, qui concernent le nickel, comme l'étain du pays. L'étain profite comme les autres métaux de la dépréciation du dollar – qui rend les matières premières échangées en dollars moins chères – et des anticipations de baisses des taux de la Réserve fédérale américaine, favorables à la croissance économique et donc à une augmentation de la demande en métaux, selon Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank. À lire aussiL'or atteindra-t-il 5000 dollars l'once? Forte spéculation L'Association internationale de l'étain explique aussi les prix par une forte spéculation sur le marché. Selon l'organisation, les flux financiers jouent un rôle de plus en plus important dans la formation des prix à court terme. On parle d'investisseurs qui n'ont pas besoin d'étain réellement, mais qui achètent des contrats et parient sur une hausse des cours. Ces achats spéculatifs font monter artificiellement la demande et donc les prix. Les investisseurs chinois ont été particulièrement actifs. Les prix sont si hauts que les acheteurs reportent leurs commandes. C'est ce qu'indiquent les stocks physiques d'étain, à la bourse de Londres et de Shanghai, qui sont en augmentation. À lire aussiNourriture, énergie, métaux: comment les stocks chinois redessinent l’économie
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