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Poèmes à vous
Poèmes à vous
Author: Baptiste Bordet
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© Baptiste Bordet
Description
« Écr.l'inf. » signé parfois Voltaire, abréviation de « Écrasons l'infâme »
Et si de poésie
Ensemble
Nous écrasions l’infâme
N’en serait-il pas plus beau ?
Voguons sur sa carcasse et découvrons l’harmonie , la sensibilité, l’émotion, l’intimité des plus grands poètes…et de nous-même ?
J’aime la poésie. J’aime lire à voix haute. Alors voici ce podcast poétique, pour vous.
Qu'ils vous enchantent
Podcast orchestré par Baptiste Bordet
Instagram : @bordetbaptiste
Mail : baptiste.bordet@hotmail.fr
Et si de poésie
Ensemble
Nous écrasions l’infâme
N’en serait-il pas plus beau ?
Voguons sur sa carcasse et découvrons l’harmonie , la sensibilité, l’émotion, l’intimité des plus grands poètes…et de nous-même ?
J’aime la poésie. J’aime lire à voix haute. Alors voici ce podcast poétique, pour vous.
Qu'ils vous enchantent
Podcast orchestré par Baptiste Bordet
Instagram : @bordetbaptiste
Mail : baptiste.bordet@hotmail.fr
20 Episodes
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Nouvel épisode de poèmes à vous ! Caïn, l’aîné, et Abel, tous deux fils d’Adam et Ève, voyaient leurs chemins se distinguer : Caïn travaillait la terre comme cultivateur, tandis que son frère Abel était berger. Ils offrirent chacun un sacrifice à Dieu, mais celui-ci accorda sa faveur à l’offrande d’Abel plutôt qu’à celle de Caïn. Rongé par la jalousie, Caïn tua son frère. En conséquence, Dieu le condamna à vivre dans l’errance.Victor Hugo, dans son magnifique poème « La Conscience », nous plonge alors au plus profond de l’âme de Caïn… et de sa conscience.Ingénieur du son : Damien Patou Contact : Mail - baptiste.bordet@hotmail.fr Instagram - @bordetbaptiste
Nouvel épisode de Poèmes à vous ! Le Pont Mirabeau - Guillaume Apollinaire - Alcools, 1913 Sous le pont Mirabeau coule la SeineEt nos amoursFaut-il qu’il m’en souvienneLa joie venait toujours après la peineVienne la nuit sonne l’heureLes jours s’en vont je demeureLes mains dans les mains restons face à faceTandis que sousLe pont de nos bras passeDes éternels regards l’onde si lasseVienne la nuit sonne l’heureLes jours s’en vont je demeureL’amour s’en va comme cette eau couranteL’amour s’en vaComme la vie est lenteEt comme l’Espérance est violenteVienne la nuit sonne l’heureLes jours s’en vont je demeurePassent les jours et passent les semainesNi temps passéNi les amours reviennentSous le pont Mirabeau coule la SeineVienne la nuit sonne l’heureLes jours s’en vont je demeurePhoto : Le Pont Mirabeau - P. Narmuse, edit , Paris Musique : Chopin - Prélude No. 4 in E minor op 28 Ingénieur du son : Damien Patou Mail : baptiste.bordet@hotmail.fr Instagram : @bordetbaptiste
Nouvel épisode de poèmes à vous !L’Horloge - Charles Baudelaire - Les fleurs du malHorloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : » Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d’effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible,Le plaisir vaporeux fuira vers l’horizon
Ainsi qu’une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! – Rapide, avec sa voix
D’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or !Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.Tantôt sonnera l’heure où le divin Hasard,
Où l’auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! »Musique : Jean Sébastien Bach - The Well - tempered Clavier : Book 1, 1. Prelude C Major, BWV 846 Tableau : Dalí - La persistance de la mémoire Belle écoute 😘
Nouvel épisode de Poèmes à vous ! La mort du loup - Alfred de Vigny - Les Destinées - 1864Monteur son : Damien Patoux Tableau : Frederic Remington - Moonlight Wolf Mail : baptiste.bordet@hotmail.fr Instagram : @bordetbaptiste YouTube : @baptiste-bordet
Nouvel épisode de Poèmes à vous ! Je t’aime - Paul Éluard Je t’aime pour toutes les femmesQue je n’ai pas connuesJe t’aime pour tout le tempsOù je n’ai pas vécuPour l’odeur du grand largeEt l’odeur du pain chaudPour la neige qui fondPour les premières fleursPour les animaux pursQue l’homme n’effraie pasJe t’aime pour aimerJe t’aime pour toutes les femmesQue je n’aime pasQui me reflète sinon toi-mêmeJe me vois si peuSans toi je ne vois rienQu’une étendue déserteEntre autrefois et aujourd’huiIl y a eu toutes ces mortsQue j’ai franchiesSur de la pailleJe n’ai pas pu percerLe mur de mon miroirIl m’a fallu apprendreMot par mot la vieComme on oublieJe t’aime pour ta sagesseQui n’est pas la miennePour la santé je t’aimeContre tout ce qui n’est qu’illusionPour ce cœur immortelQue je ne détiens pasQue tu crois être le douteEt tu n’es que raisonTu es le grand soleilQui me monte à la têteQuand je suis sûr de moiQuand je suis sûr de moiTu es le grand soleilQui me monte à la têteQuand je suis sûr de moiQuand je suis sûr de moiPaul EluardMusique : Le carnaval des animaux - Le Cygne - Camille Saint-Saëns Instagram : @bordetbaptiste Mail : baptiste.bordet@hotmail.fr
Nous vivons dans l'oubli de nos métamorphoses
Le jour est paresseux mais la nuit est active
Un bol d'air à midi la nuit le filtre et l'use
La nuit ne laisse pas de poussière sur nous
Mais cet écho qui roule tout le long du jour
Cet écho hors du temps d'angoisse ou de caresses
Cet enchaînement brut des mondes insipides
Et des mondes sensibles son soleil est double
Sommes-nous près ou loin de notre conscience
Où sont nos bornes nos racines notre but
Le long plaisir pourtant de nos métamorphoses
Squelettes s'animant dans les murs pourrissants
Les rendez-vous donnés aux formes insensées
À la chair ingénieuse aux aveugles voyants
Les rendez-vous donnés par la face au profil
Par la souffrance à la santé par la lumière
À la forêt par la montagne à la vallée
Par la mine à la fleur par la perle au soleil
Nous sommes corps à corps nous sommes terre à terre
Nous naissons de partout nous sommes sans limitesImage : Princesse Mononoké Musique : Joe Hisaishi - Ashitaka and San Mail : baptiste.bordet@hotmail.frInstagram : @bordetbaptiste
C’est l’un des tout premiers poèmes de Arthur RimbaudIl avait seulement 16 ans lorsqu’il composa ce poème en 1870 Bel écoute Musique : Joep Beving - Roses Mail : baptiste.bordet@hotmail.fr
Il y a, à chaque millénaire, des témoignages, des sensibilités, des mémoires bénéfiques pour la société et l’âme humaine.Ces feuillets d’usine en font partie.Avec courage, humour, intelligence et sensibilité, Joseph Ponthus nous livre son quotidien d’ouvrier intérimaire, employé dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons.C’est par amour qu’il migre à Lorient pour rejoindre son épouse, et c’est pour survivre que, chaque soir, à la sortie de l’usine, il se confie dans ses feuillets, sans ponctuation, sans « gras », en prenant soin de revenir chaque fois à la ligne. Comme à l’usine.Aujourd’hui, Joseph, vous n’êtes plus, mais sachez qu’à jamais, et pour toujours, je vous écouterai nous raconter, avec humanité et amour, sans jugement, tous ces hommes et femmes avec qui vous avez travaillé à l’usine.Vous entendre dans vos interviews parler de vos grands souvenirs de lecture, vous entendre chantonner Charles Trenet, Jacques Brel et d’autres, voir vos yeux briller, étonnés du fabuleux tour que vous joue votre destin, resteront pour moi une source d’inspiration inépuisable.Merci pour votre témoignage, cette immersion poétique, nécessaire.À la ligne Joseph Ponthus, pour l’éternité.
"Son odeur après la pluie" est avant tout un titre et une couverture qui ne m'ont pas laissé indifférent
Je mets au défi celui qui n'a pas grandi (dans tous les sens du terme) avec un chien de ne pas s'arrêter dans une librairie devant cet objet littéraire
Et puis vient l'ouverture, ses pages qui défilent comme des souvenirs où l'on aime se replonger
Ses mouvements
Cette candeur
Cette bienveillance
Ses odeurs
Cette intelligence
Cette joie
Son amour
Ses leçons
Qui nous font découvrir Ubak à travers la belle vie de chien qu'il a eue…et remémorer tout ceux que nous avons connus
Et puis vient la sincérité de cet homme @cedricsapindefour, que je remercie chaleureusement de m'avoir donné l'aval pour cette lecture
Tout comme je le remercie de nous avoir offert, sans filtre, ses souvenirs d'amitiés, de doutes, de joies, de peines, de peurs… d'amour
Pour mieux nous replonger dans les nôtres
À tous les chiens qui partagent nos/vos vies
MERCI
Crocus et Gala, je vous aimerai toujours de tout mon cœur. Vous me manquez.
Mail : baptiste.bordet@hotmail.fr
Instagram : @bordetbaptiste
Mon cœur j’ai regardé longtemps ce soir
Devant l’écluse
L’étoile ô Lou qui fait mon désespoir
Mais qui m’amuse
Ô ma tristesse et mon ardeur Lou mon amour
Les jours s’écoulent
Les nuits s’en vont comme s’en va le jour
Les nuits déroulent
Le chapelet sacrilège des obus boches
C’est le printemps
Et les oiseaux partout donnent leurs bamboches
On est content
On est content au bord de la rivière
Dans la forêt
On est content La mort règne sur terre
Mais l’on est prêt
On est prêt à mourir pour que tu vives
Dans le bonheur
Les obus ont brûlé les fleurs lascives
Et cette fleur
Qui poussait dans mon cœur et que l’on nomme
Le souvenir
Il reste bien de la fleur son fantôme
C’est le désir
Il ne vient que la nuit quand je sommeille
Vienne le jour
Et la forêt d’or s’ensoleille
Comme l’Amour
Les nuages s’en vont courir les mondes
Quand irons-nous
Courir aussi tous deux les grèves blondes
Puis à genoux
Prier devant la vaste mer qui tremble
Quand l’oranger
Mûrit le fruit doré qui te ressemble
Et sans bouger
Écouter dans la nuit l’onde cruelle
Chanter la mort
Des matelots noyés en ribambelle
Ô Lou tout dort
J’écris tout seul à la lueur tremblante
D’un feu de bois
De temps en temps un obus se lamente
Et quelquefois
C’est le galop d’un cavalier qui passe
Sur le chemin
Parfois le cri sinistre de l’agace
Monte Ma main
Dans la nuit trace avec peine ces lignes
Adieu mon cœur
Je trace aussi mystiquement les signes
Du Grand Bonheur
Ô mon amour mystique ô Lou la vie
Nous donnera
La delectation inassouvie
On connaitra
Un amour qui sera l’amour unique
Adieu mon cœur
Je vois briller cette étoile mystique
Dont la couleur
Est de tes yeux la couleur ambigüe
J’ai ton regard
Et j’en ressens une blessure aigüe
Adieu c’est tard
Courmelois, le 15 avril 1915
Tableau : Le rêve de Édouard Detaille
Musique : Nocturne No.15 in F Minor, Op. 55 No.1
Mail : baptiste.bordet@hotmail.fr
Instagram : @bordetbaptiste
Pour cette épisode j’ai le plaisir de vous lire une lettre de Albert Camus destiné à Maria Casarès, écrite le Mercredi 1er juin 1949
De 1944 à 1959, ses deux êtres ont partagé une correspondance privé empli de douceur, de sincérité, de doute, de joies, de peine, de confiance et de bienveillance…tout ce qui fait une grande histoire d’amour ?
Je vous souhaite de découvrir ses lettres, leurs mots sont de beaux refuges, leur amour porteur d’espoir
Belle écoute
« Le soir tombe, mon amour, et ce jour qui finit est le dernier ou je puisse encore respirer le même air que toi.
Cette semaine a été affreuse et je pensais que je n’en
sortirais pas.
Maintenant, le départ est là. Et je me dis que je préfère encore la souffrance solitaire et la liberté de pleurer, si l’envie m’en prend. Je me dis aussi qu’il est temps de prendre ce qui vient avec la force qui en viendra à bout. Ce qui rend tout difficile c’est ton silence et les paniques qu’il m’apporte. Je n’ai jamais
pu supporter tes silences que ce soit celui-ci ou ces
autres, avec ton front buté, et ton visage verrouillé, toute l’hostilité du monde rassemblée entre tes sourcils.
Et aujourd’hui encore je t’imagine hostile, ou étrangère, ou détournée, ou niant obstinément cette vague qui m’emplit.
Du moins je veux oublier cela pour quelques minutes et te parler encore avant de me taire pour de longs jours.
Je remets tout entre tes mains. Je sais que pendant ces longues semaines il y aura des hauts et des bas.
Sur les sommets, la vie emporte tout, dans les creux, la souffrance aveugle.
Ce que je te demande c’est que vivante ou repliée, tu préserves l’avenir de notre amour.
Ce que je souhaite, plus que la vie elle-même, c’est de te retrouver avec ton visage heureux, confiante, et décidée à vaincre avec moi.
Quand tu recevras cette lettre, je serai déjà en mer.
La seule chose qui me permettra de supporter cette séparation, et cette séparation dans la souffrance, c’est la confiance que j’ai désormais en toi. Chaque fois que je n’en pourrais plus, je m’abandonnerai à toi – sans une hésitation, sans une question.
Pour le reste, je vivrais comme je le pourrai.
Attends-moi comme je t’attends. Ne te replie que si tu ne peux faire autrement. Vis, sois éclatante et curieuse, recherche ce qui est beau, lis ce que tu aimes et quand la pause viendra, tourne-toi vers moi qui serai toujours tourné vers toi.
Je sais maintenant sur toi et sur moi beaucoup plus que je ne savais. C’est pourquoi je sais que te perdre c’est mourir d’une certaine manière.
Je ne veux pas mourir et il faut aussi que tu sois heureuse sans être diminuée. Si dur, si terrible que soit le chemin qui nous attend, il faudra le prendre.
Au revoir, mon amour, mon enfant chéri, au revoir, dure et douce, si douce quand tu le veux…Je t’aime sans regrets et sans réserves, d’un grand élan tout clair qui m’emplit tout entier. Je t’aime comme je me sens vivre, parfois, sur les sommets du monde, et je t’attends avec une obstination longue comme dix vies, une tendresse qui ne s’épuisera pas, le grand et lumineux désir que j’ai de toi, la soif terrible que j’ai de ton cœur. Je t’embrasse, je te serre contre moi.
Au revoir, encore, ton absence m’est cruelle, mais tous les bonheurs du monde ne valent pas une souffrance avec toi.
Quand j’aurai de nouveau tes mains sur mes épaules, je serai, en une seule fois, payé de tout.
Je t’aime, j’attends, non plus victoire, mais espérance.
Ah ! qu’il est difficile de te quitter, ton cher visage va s’enfoncer encore dans la nuit, mais je te retrouverai sur cet océan que tu aimes, à l’heure du soir quand le ciel a la couleur de tes yeux.
Au revoir, j’ai le cœur plein de larmes, mais je sais que dans deux mois, la vraie vie commencera – que j’embrasse déjà sur ta bouche. »
A.
Il y a assez de traîtrise, de haine, de violence,
D’absurdité dans l’être humain moyen
Pour approvisionner à tout moment n’importe quelle armée
Et les plus doués pour le meurtre sont ceux qui prêchent contre
Et les plus doués pour la haine sont ceux qui prêchent l’amour
Et les plus doués pour la guerre – finalement – sont ceux qui prêchent la paix
Méfiez-vous
De l’homme moyen
De la femme moyenne
Méfiez-vous de leur amour
Leur amour est moyen, recherche la médiocrité
Mais il y a du génie dans leur haine
Il y a assez de génie dans leur haine pour vous tuer, pour tuer n’importe qui
Ne voulant pas de la solitude
Ne comprenant pas la solitude
Ils essaient de détruire
Tout
Ce qui diffère
D’eux
Etant incapables
De créer de l’art
Ils ne comprennent pas l’art
Ils ne voient dans leur échec
En tant que créateurs
Qu’un échec
Du monde
Etant incapables d’aimer pleinement
Ils croient votre amour
Incomplet
Du coup, ils vous détestent
Et leur haine est parfaite
Comme un diamant qui brille
Comme un couteau
Comme une montagne
Comme un tigre
Comme la ciguë
Leur plus grand art
Musique : Pink Floyd - Breathe - The Dark Side of the Moon
Tableau : Edvard Munch - Le Cri
Très heureux de vous présenter cet épisode où je lis un de mes poèmes « Mars » sur la chanson Space Oddity de David Bowie interprété par Grazzia Giu, ma maman
L’occasion pour moi de vous informer que mon recueil de poème « Et ton absence leur donne » est toujours disponible chez mon ami et éditeur la « Galerie Tracanelli » à Grenoble, à la librairie « À tout lire » dans le XXe arrondissement de Paris, ou bien près de moi, et pour cela vous pouvez me contacter sur Instagram ou ma boîte mail (voir en description du podcast)
Le titre Space Oddity de David Bowie repris par ma maman est disponible sur son merveilleux album « Life is » chez tous les bons disquaire et différentes plateformes
Belle écoute
La dernière fois sur YouTube
J’ai pu visiter Mars en 360 degrés
Et ouais
Ça m’a fait rire
J’ai trouvé cela absurde
Incroyable
Dingue
Mais rapidement
J’ai déchanté
Moi tout ce que je veux
C’est voir tes yeux
Qui me regardent
Mars je m’en fous
Mars j’en veux pas
Moi je veux toi
En vrai
Photo : L’homme qui venait d’ailleurs - David Bowie
Musique : Space Oddity reprise par Grazzia Giu
assis là près de la fenêtre
transpirant des gouttes de bière
malmené par l’été
je contemple les couilles du chat.
ce n’est pas mon choix.
il roupille dans un vieux fauteuil à bascule
sur le porche
et le voilà qui me jette un regard -
par-dessus -
accroché à ses couilles de chat.
il y a sa queue, cette maudite chose,
toujours à traîner dans les pattes -
j’observe ses petites noix recouvertes de fourrure-
qu’est-ce qui peut bien traverser l’esprit d’un homme
regardant les couilles d’un chat ?
certainement pas les navires engloutis des grandes batailles navales,
certainement pas un programme d’aide aux pauvres.
certainement pas un marché aux fleurs ou une douzaine
d’œufs.
certainement pas un interrupteur cassé
des couilles restent des couilles, voilà tout-
plus encore les couilles d’un chat,
les miennes ont l’air assez pâteuses
et sont, si j’en crois mes contemporains,
relativement massives :
“t’as une sacrée paire de couilles, Bukowski !”
mais les couilles du chat :
je saurais pas dire s’il est accroché à elles ou si c’est elles qui sont accrochées à lui -
vous voyez, tous les soirs ou presque il y a cette bagarre
pour obtenir les faveurs d’une femelle -
et c’est facile ni pour lui ni pour moi.
vous voyez, là
il lui manque un bout de l’oreille gauche;
un jour j’ai cru qu’on lui avait arraché un œil
mais quand la croûte de sang séché est tombée
une semaine plus tard
il y avait cet œil pur
couleur vert et or
qui me regardait.
son corps entier est perclus de cicatrices
et l’autre jour,
je voulais lui caresser la tête
il a poussé un hurlement et m’a presque mordu
sous la fourrure, fendue en deux,
on pouvait voir son crâne
ça n’est ni facile ni pour lui ni pour moi.
ces couilles de chat, pauvre vieux.
le voilà maintenant qui rêve -
de quoi ? - un gros merle dans sa gueule ?
une ribambelle de chattes en chaleur ? -
ses rêves sont ceux qu’ils accomplit éveillé
il verra bien s’ils se réalisent
ce soir.
bonne chance, mon vieux,
ça n’est jamais facile,
accrochés à nos couilles, voilà c’est ça,
on est accrochés à nos couilles,
et je ferais bien moi-même de les utiliser un peu
-
en attendant -
ouvre l’œil, surveille ta garde
et déguerpis
dès lors qu’il n’y a plus rien à
en tirer
Je te l’ai dit pour les nuages
Je te l’ai dit pour l’arbre de la mer
Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles Pour les cailloux du bruit
Pour les mains familières
Pour l’œil qui devient visage ou paysage
Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
Pour toute la nuit bue
Pour la grille des routes
Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert
Je te l’ai dit pour tes pensées pour tes paroles
Toute caresse toute confiance se survivent.
Musique : Johann Sebastian Bach - Keyboard Concerto No. 5 in F Minor, BWV 1056 - Glenn Gould
Sculpture : La Cathédrale - Auguste Rodin
Au biseau des baisers
Les ans passent trop vite
Évite évite évite
Les souvenirs brisés
Oh toute une saison qu’il avait fait bon vivre
Cet été fut trop beau comme un été de livres
Insensé j’avais cru pouvoir te rendre heureuse
Quand c’était la forêt de la Grande-Chartreuse
Ou le charme d’un soir dans le port de Toulon
Bref comme est le bonheur qui survit mal à l’ombre
Au biseau des baisers
Les ans passent trop vite
Évite évite évite
Les souvenirs brisés
Je chantais l’an passé quand les feuilles jaunirent
Celui qui dit adieu croit pourtant revenir
Il semble à ce qui meurt qu’un monde recommence
Il ne reste plus rien des mots de la romance
Regarde dans mes yeux qui te voient si jolie
N’entends-tu plus mon cœur ni moi ni ma folie
Au biseau des baisers
Les ans passent trop vite
Évite évite évite
Les souvenirs brisés
Le soleil est pareil au pianiste blême
Qui chantait quelques mots les seuls toujours les mêmes
Chérie Il t’en souvient de ces jours sans menace
Quand nous habitions tous deux à Montparnasse
La vie aura coulé sans qu’on y prenne garde
Le froid revient Déjà le soir Le cœur retarde
Au biseau des baisers
Les ans passent trop vite
Évite évite évite
Les souvenirs brisés
Ce quatrain qui t’a plu pour sa musique triste
Quand je te l’ai donné comme un trèfle fleuri
Stérilement dormait au fond de ma mémoire
Je le tire aujourd’hui de l’oublieuse armoire
Parce que lui du moins tu l’aimais comme on chante
Elsa je t’aime ô ma touchante ô ma méchante
Les ans passent trop vite
Au biseau des baisers
Évite évite évite
Les souvenirs brisés
Rengaine de cristal murmure monotone
Ce n’est jamais pour rien que l’air que l’on fredonne
Dit machinalement des mots comme des charmes
Un jour vient où les mots se modèlent aux larmes
Ah fermons ce volet qui bat sans qu’on l’écoute
Ce refrain d’eau tombe entre nous comme une goutte
Évite évite évite
Les souvenirs brisés
Au biseau des baisers
Les ans passent trop vite
Photo : le Baiser de l’Hôtel de Ville - Robert Doisneau
Musique : Erik Satie - Gymnopédie No.1
Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.
Ici, gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur ;
Là, le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l’étoile du soir se lève dans l’azur.
Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon,
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l’horizon.
Cependant, s’élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs,
Le voyageur s’arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.
Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N’éprouve devant eux ni charme ni transports,
Je contemple la terre ainsi qu’une ombre errante :
Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts.
De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l’immense étendue,
Et je dis : « Nulle part le bonheur ne m’attend. »
Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.
Que le tour du soleil ou commence ou s’achève,
D’un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu’il se couche ou se lève,
Qu’importe le soleil ? je n’attends rien des jours.
Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts ;
Je ne désire rien de tout ce qu’il éclaire,
Je ne demande rien à l’immense univers.
Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d’autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j’ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !
Là, je m’enivrerais à la source où j’aspire ;
Là, je retrouverais et l’espoir et l’amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n’a pas de nom au terrestre séjour !
Que ne puis-je, porté sur le char de l’Aurore,
Vague objet de mes vœux, m’élancer jusqu’à toi !
Sur la terre d’exil pourquoi restè-je encore ?
Il n’est rien de commun entre la terre et moi.
Quand la feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s’élève et l’arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !
Tableau : Le Voyageur contemplant une mer de nuages - de Caspar David Friedrich
Musique : Suite bergamasque L.75 |||. Clair de Lune - Debussy
J'ai été comme un enfant
Et comme un homme
J'ai conjugué passionnément
Le verbe être et ma jeunesse
Avec le désir d'être homme
On se veut quand on est jeune
Un petit homme
Je me voudrais un grand enfant
Plus fort et plus juste qu'un homme
Et plus lucide qu'un enfant
Jeunesse force fraternelle
Le sang répète le printemps
L'aurore apparaît à tout âge
A tout âge s'ouvre la porte
Etincelante du courage
Comme un dialogue d'amoureux
Le coeur n'a qu'une seule bouche
Tableau : La vie de Picasso
Musique : Beethoven Piano Concerto No.5 in E-flat major. Op.73 « Emperor » ||.Adagio un poco mosso
Au plafond de la libellule
Un enfant fou s’est pendu,
Fixement regarde l’herbe,
Confiant lève les yeux :
Le brouillard léger se lèche comme un chat
Qui se dépouille de ses rêves.
L’enfant sait que le monde commence à peine :
Tout est transparent,
C’est la lune qui est au centre de la terre,
C’est la verdure qui couvre le ciel
Et c’est dans les yeux de l’enfant,
Dans ses yeux sombres et profonds
Comme les nuits blanches
Que naît la lumière.
Tableau : L’enfant qui sortait du tableau de Pere Borrell del Caso
Musique : Maurice Ravel -Daphnis et Chloé, M. 57 / Troisième partie - Lever du jour
Toutes les larmes sans raison
Toute la nuit dans ton miroir
La vie du plancher au plafond
Tu doutes de la terre et de ta tête
Dehors tout est mortel
Tu vivras de la vie d’ici
Et de l’espace misérable
Qui répond à tes gestes
Qui placarde tes mots
Sur un mur incompréhensible
Et qui donc pense à ton visage ?























