DiscoverChoses à Savoir - Culture générale
Choses à Savoir - Culture générale
Claim Ownership

Choses à Savoir - Culture générale

Author: Choses à Savoir

Subscribed: 80,856Played: 3,913,411
Share

Description

Développez votre culture générale.

Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

3191 Episodes
Reverse
En France, l’expression « diagonale du vide » désigne une vaste bande de territoires traversant le pays du nord-est au sud-ouest, caractérisée par une faible densité de population et un déclin démographique ancien. Elle s’étend approximativement des Ardennes jusqu’aux Pyrénées, en passant par la Champagne, le Morvan, le Massif central et le Limousin.L’expression apparaît dans les années 1980 sous la plume de géographes et de démographes. Elle vise à décrire une diagonale quasi continue de zones rurales en perte d’habitants, par opposition aux régions plus dynamiques : littoraux, grandes métropoles et grands axes de circulation. Le terme est volontairement frappant, mais il est parfois jugé excessif, car ces territoires ne sont évidemment pas « vides » : ils sont simplement beaucoup moins peuplés que la moyenne nationale.Pour comprendre ce phénomène, il faut revenir à l’histoire économique du pays. Jusqu’au XIXᵉ siècle, une large partie de ces régions vivait de l’agriculture, de l’élevage et de petites industries locales. Avec l’industrialisation puis la tertiarisation, l’emploi s’est concentré dans les grandes villes et les bassins industriels. Les jeunes générations ont migré vers les zones offrant davantage d’opportunités, provoquant un exode rural massif.Aujourd’hui, la France compte en moyenne environ 122 habitants par km². Dans de nombreux départements situés dans la diagonale du vide, cette densité tombe sous les 40 habitants par km². C’est le cas, par exemple, de la Creuse (environ 21 hab./km²), de la Lozère (environ 15 hab./km²) ou du Cantal (environ 25 hab./km²). À titre de comparaison, l’Île-de-France dépasse les 1 000 habitants par km².Ces territoires cumulent souvent plusieurs fragilités :Une population vieillissante : la part des plus de 60 ans y est nettement supérieure à la moyenne nationale.Un solde naturel négatif : plus de décès que de naissances.Un accès plus difficile aux services (médecins, transports, commerces, écoles).Selon les données de INSEE, près de 40 % des communes françaises comptent moins de 500 habitants, et une grande partie d’entre elles se situe dans cette diagonale.Cependant, la notion de « vide » est trompeuse. Ces espaces sont riches en paysages, en patrimoine et en ressources naturelles. De plus, depuis les années 2010, certaines zones connaissent un léger regain d’attractivité, porté par le télétravail, la recherche d’une meilleure qualité de vie et le coût élevé de l’immobilier dans les grandes villes.La diagonale du vide n’est donc pas une zone désertée, mais plutôt un ensemble de territoires en transition, confrontés à des défis démographiques majeurs, mais aussi porteurs de nouvelles opportunités. Elle rappelle surtout que la géographie humaine française reste profondément marquée par les choix économiques et sociaux des deux derniers siècles. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En Finlande, 95% des nouveau-nés dorment dans des cartons ! Plus exactement dans une « baby box », un grand carton fourni gratuitement par l’État, équipé d’un petit matelas et d’une literie pour bébé. Mais contrairement à ce que l’on imagine parfois, ce n’est ni un symbole de pauvreté ni une simple mesure d’économie : cette pratique est l’héritage d’une politique de santé publique vieille de près d’un siècle.L’histoire débute au début du XXᵉ siècle, dans un pays encore jeune et confronté à un taux de mortalité infantile élevé. De nombreuses familles vivent dans des conditions modestes, et l’accès aux soins est inégal. Dans les années 1930, le gouvernement finlandais met en place une mesure inédite : offrir aux futures mères un kit de maternité contenant des vêtements, des couvertures, des produits d’hygiène et des objets indispensables pour accueillir un nourrisson.En 1938, cette aide devient officielle et ciblée d’abord vers les familles les plus modestes. Le kit est distribué dans une grande boîte en carton solide, accompagnée d’un petit matelas. Très vite, les parents commencent à utiliser cette boîte comme premier berceau, faute parfois de mobilier adapté, mais surtout parce qu’elle est pratique, propre et sécurisante.L’objectif ne se limite pas à fournir du matériel. Pour recevoir la baby box, les femmes enceintes doivent effectuer au moins une visite médicale prénatale. Ce mécanisme incite les futures mères à consulter un professionnel de santé, ce qui améliore le suivi des grossesses et réduit les risques de complications. En 1949, le dispositif est élargi à toutes les femmes enceintes, quel que soit leur revenu.Au fil des décennies, la Finlande voit son taux de mortalité infantile chuter de manière spectaculaire. Bien sûr, cette amélioration s’explique par de nombreux facteurs, comme les progrès médicaux et l’amélioration des conditions de vie. Mais la baby box est devenue le symbole d’une approche simple : donner à chaque enfant un bon départ, indépendamment de l’origine sociale de ses parents.Aujourd’hui, les parents peuvent choisir entre recevoir la boîte ou une somme d’argent, mais la majorité continue de préférer la baby box. Elle contient des vêtements pour différentes saisons, des draps, des couvertures, des produits de soin, et parfois même un petit livre ou un jouet.Si certains bébés dorment dans la boîte, ce n’est pas une obligation, mais un choix. La baby box est surtout devenue un rituel culturel, partagé par presque toutes les familles finlandaises.En réalité, ces cartons ne sont pas de simples boîtes : ils incarnent une idée puissante. Celle qu’une société peut, par des gestes simples, réduire les inégalités dès les premiers jours de la vie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
À première vue, cela semble paradoxal : aux échecs, la dame est la pièce la plus puissante, capable de se déplacer librement dans toutes les directions, alors que le roi, pourtant figure centrale du jeu, est lent et limité. Pourquoi la pièce représentant un monarque est-elle moins forte que celle représentant une reine ?La réponse se trouve dans un mélange d’histoire, d’évolution du jeu et de logique stratégique.À l’origine, les échecs viennent d’un jeu indien ancien appelé chaturanga, apparu vers le VIᵉ siècle. Dans ce jeu, l’ancêtre de la dame n’était pas une reine, mais un conseiller du roi, appelé mantri ou vizir. Cette pièce ne pouvait se déplacer que d’une seule case en diagonale. Elle était donc faible, proche du niveau d’un pion amélioré.Lorsque le jeu arrive en Perse puis en Europe au Moyen Âge, ce conseiller devient progressivement associé à la figure de la reine. Mais pendant des siècles, cette pièce reste peu puissante.Tout change à la fin du XVe siècle.En Europe, une réforme majeure des règles transforme radicalement le jeu : la reine acquiert la capacité de se déplacer sur n’importe quelle distance, en ligne droite et en diagonale. Elle devient soudainement la pièce la plus mobile du plateau.Pourquoi ce bouleversement ?Une des hypothèses les plus répandues est d’ordre culturel. Cette période correspond à l’ascension de grandes figures féminines de pouvoir, notamment Isabelle la Catholique en Espagne. La reine devient un symbole d’autorité politique réelle, et cette image se reflète dans le jeu.Mais la raison principale est aussi ludique.Les échecs médiévaux étaient relativement lents. En donnant à la dame une puissance exceptionnelle, on accélère le jeu, on crée plus d’attaques, plus de combinaisons et plus de possibilités tactiques. Le jeu devient plus dynamique, plus spectaculaire.Reste la question du roi.Si le roi est faible en déplacement, c’est parce qu’il n’est pas conçu comme une pièce de combat, mais comme un objectif. Le but du jeu n’est pas de capturer le roi, mais de le menacer de façon inévitable : l’échec et mat.Le roi représente l’État, la stabilité, le cœur du système. Il n’a pas besoin d’être fort militairement, car il est censé être protégé par les autres pièces. Sa fragilité est volontaire : elle crée toute la tension stratégique du jeu.La dame est forte pour rendre le jeu riche et dynamique.Le roi est faible pour rendre le jeu possible.Ce paradoxe apparent est en réalité l’un des plus beaux équilibres des échecs : la pièce la plus puissante n’est pas la plus importante… car sans roi, aucune puissance n’a de sens. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La constante de Marchetti est un concept issu de l’urbanisme et de la géographie humaine, proposé par l’ingénieur et chercheur italien Cesare Marchetti dans les années 1990. Elle décrit une observation étonnamment stable à travers les époques et les civilisations :? Les êtres humains consacrent en moyenne environ une heure par jour aux déplacements quotidiens, notamment entre leur domicile et leur lieu de travail.Cette durée — environ 60 minutes aller-retour — semble remarquablement constante, que l’on vive dans une ville antique, une métropole moderne ou une mégapole contemporaine.D’où vient cette idée ?Marchetti a analysé des données historiques et contemporaines portant sur :Les villes romainesLes cités médiévalesLes villes industriellesLes métropoles modernesIl a constaté que, malgré des moyens de transport très différents (marche, cheval, tramway, voiture, métro, train), le temps moyen quotidien de déplacement reste proche d’une heure.Ce n’est pas la distance parcourue qui est constante, mais bien le temps accepté.Pourquoi cette constance ?L’explication principale est biologique et psychologique.Les humains semblent avoir une tolérance limitée au temps passé en déplacement. Au-delà d’un certain seuil, les trajets deviennent perçus comme trop fatigants, trop coûteux mentalement et socialement.Autrement dit, nous organisons inconsciemment nos choix de vie autour de ce budget-temps :Choix du logementChoix du travailChoix du mode de transportSi un trajet dépasse trop souvent ce seuil, les gens cherchent à déménager, changer d’emploi ou modifier leurs habitudes.Une conséquence surprenanteQuand les moyens de transport deviennent plus rapides, on ne réduit pas forcément le temps de trajet…? On augmente la distance parcourue.Exemples :Avec la marche : on habite près du travail.Avec le train ou la voiture : on peut vivre plus loin.Avec les transports rapides : les villes s’étalent.Résultat : les villes s’agrandissent, mais le temps de trajet moyen reste proche d’une heure.Ce que cela révèle sur nos sociétésLa constante de Marchetti suggère que :Le progrès technique ne libère pas automatiquement du tempsIl transforme surtout l’organisation de l’espaceL’étalement urbain est en partie une conséquence directe de transports plus rapidesElle remet en question l’idée que des transports toujours plus performants réduisent mécaniquement la contrainte des déplacements.La constante de Marchetti affirme que l’être humain accepte un budget quotidien de transport d’environ une heure, quelles que soient l’époque et la technologie.Une idée simple, mais puissante, qui montre que certaines limites ne sont pas techniques… mais profondément humaines. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Au début du XIXᵉ siècle, un homme parcourt l’Amérique du Sud avec une curiosité insatiable. Il s’appelle Alexander von Humboldt. Naturaliste, géographe, botaniste, mais aussi passionné de langues, Humboldt ne se contente pas d’observer les paysages : il écoute les peuples, leurs récits, leurs mots, leurs manières de nommer le monde.Lors d’un séjour dans la région de l’Orénoque, il fait une rencontre pour le moins étrange. Un marchand lui propose d’acheter un perroquet. Mais pas n’importe lequel. L’oiseau ne se contente pas d’imiter quelques sons familiers : il répète des mots entiers, dans une langue que presque personne ne comprend plus.Humboldt apprend alors l’histoire tragique de ce perroquet. Il appartenait autrefois au peuple Maypure, une tribu amérindienne aujourd’hui disparue. Les Maypure ont été décimés lors de conflits avec une tribu rivale, les Caribs, qui ont pris possession de leurs terres. L’oiseau, capturé après le massacre, a survécu aux humains qui l’avaient élevé.Peu à peu, Humboldt réalise l’ampleur de ce qu’il a sous les yeux. Le perroquet ne répète pas des sons isolés : il restitue des mots authentiques de la langue maypure. Autrement dit, cet animal pourrait être le dernier “locuteur” de cette langue.Humboldt, conscient de l’urgence, entreprend alors un travail minutieux. Il écoute attentivement les vocalisations de l’oiseau, note les sons, tente d’enregistrer les phonèmes, les intonations, les répétitions. Il ne peut évidemment pas reconstruire toute la langue, ni en comprendre la grammaire complète, mais il parvient à consigner plusieurs dizaines de mots.Ces fragments deviennent précieux. Car sans eux, la langue maypure aurait disparu sans laisser la moindre trace.Le perroquet de Humboldt n’a pas “sauvé” la langue maypure au sens strict. Mais il en a préservé des éclats, comme des fossiles sonores, permettant aux linguistes modernes d’affirmer qu’elle a existé, et d’en étudier quelques caractéristiques.Dans ce cas précis, le dernier témoin d’une culture humaine n’était ni un livre, ni un monument… mais un perroquet. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le paradoxe de la tolérance est un concept formulé par le philosophe Karl Popper en 1945 dans son ouvrage La Société ouverte et ses ennemis. Il pose une question dérangeante mais essentielle : une société totalement tolérante peut-elle survivre si elle tolère aussi l’intolérance ? La réponse de Popper est non.À première vue, la tolérance semble être une valeur absolue. Plus une société tolère d’opinions, de modes de vie et de croyances, plus elle paraît libre et ouverte. Mais Popper observe qu’une tolérance illimitée contient en elle-même une fragilité. Si une société accepte sans limite les mouvements, idéologies ou groupes qui prônent l’intolérance, alors ces derniers peuvent utiliser les libertés offertes pour détruire précisément ce cadre tolérant.C’est là le cœur du paradoxe : tolérer l’intolérance revient, à terme, à faire disparaître la tolérance elle-même.Popper ne parle pas d’interdire toute opinion choquante ou dérangeante. Il distingue clairement deux situations. Tant que les idées intolérantes restent dans le domaine du débat, de l’argumentation et de l’expression pacifique, elles peuvent et doivent être combattues par la discussion, la critique et la confrontation rationnelle. La liberté d’expression reste primordiale.Le problème apparaît lorsque ces mouvements refusent le dialogue, rejettent le principe même du débat rationnel et recourent à la violence, à l’intimidation ou à la propagande massive pour imposer leurs idées. À ce stade, selon Popper, une société tolérante a le droit — et même le devoir — de se défendre.Cela peut sembler contradictoire : comment défendre la tolérance en devenant intolérant envers certains ? Popper répond que ce n’est pas une véritable intolérance, mais un acte de légitime défense morale et politique. De la même façon qu’une société interdit le meurtre sans être “intolérante envers les meurtriers”, elle peut interdire des mouvements qui cherchent à abolir les libertés fondamentales.Un exemple historique éclaire ce paradoxe : les régimes totalitaires du XXe siècle ont souvent accédé au pouvoir en utilisant les mécanismes démocratiques. Ils ont profité de la liberté d’organisation, d’expression et de vote pour ensuite supprimer ces mêmes libertés une fois installés.Le paradoxe de la tolérance ne fournit pas une règle simple, mais un avertissement. Il rappelle que la tolérance n’est pas l’absence de limites, mais un équilibre fragile entre ouverture et protection.En résumé, Popper nous dit que pour préserver une société libre, il faut accepter une idée inconfortable : la tolérance a besoin de frontières. Sans elles, elle risque de s’autodétruire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le paradoxe de la prévention. Ce paradoxe repose sur une idée simple : lorsqu’une prévention fonctionne, elle rend invisible le danger qu’elle combat. Et plus ce danger devient invisible, plus les mesures préventives paraissent inutiles.Dans notre esprit, nous avons tendance à évaluer l’utilité d’une action à partir de ce que nous voyons. Or, la prévention agit surtout sur ce qui n’arrive pas. Pas d’accident, pas d’épidémie, pas de catastrophe. Mais comme ces événements n’ont pas lieu, nous n’en attribuons pas le mérite aux mesures mises en place.Prenons un exemple médical. Les vaccins préviennent certaines maladies. Quand ces maladies disparaissent presque totalement, certains en concluent que la vaccination n’est plus nécessaire. Pourtant, si la vaccination cesse, la maladie peut revenir. Le succès même de la prévention devient alors la cause de sa remise en question.Ce mécanisme existe dans de nombreux domaines :En sécurité routière : ceintures, limitations de vitesse, airbags.En santé publique : hygiène, dépistages, campagnes de prévention.En environnement : normes antipollution, protection des forêts, réduction des risques industriels.Dans tous les cas, plus ces dispositifs fonctionnent, moins ils sont visibles.Le paradoxe s’explique aussi par un biais psychologique : nous percevons mieux les coûts immédiats que les bénéfices différés. Installer des détecteurs de fumée coûte de l’argent. L’incendie évité, lui, reste abstrait. Notre cerveau a du mal à valoriser un événement qui ne s’est pas produit.Ce phénomène peut conduire à des décisions dangereuses. Lorsque les budgets de prévention sont réduits, les risques augmentent progressivement, jusqu’au moment où une catastrophe survient. Et ce n’est qu’après coup que l’on réalise l’importance de ce qui avait été supprimé.Le paradoxe de la prévention nous enseigne donc une leçon essentielle : l’absence de problème ne signifie pas absence de menace. Bien souvent, elle signifie simplement que quelqu’un, quelque part, fait correctement son travail.Comprendre ce paradoxe, c’est accepter que certaines des politiques les plus efficaces sont aussi les moins spectaculaires. Et que le véritable succès, en matière de prévention, n’est pas ce que l’on voit… mais précisément ce que l’on ne voit jamais. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La loi de Parkinson est un principe formulé en 1955 par l’historien et essayiste britannique Cyril Northcote Parkinson. Elle peut se résumer par une phrase devenue célèbre : « Le travail s’étend de façon à occuper tout le temps disponible pour son achèvement. » Autrement dit, plus on donne de temps pour accomplir une tâche, plus cette tâche finit par prendre du temps, même si elle aurait pu être réalisée beaucoup plus rapidement.Cette loi ne repose pas sur une équation mathématique, mais sur l’observation fine du fonctionnement des organisations, des administrations et, plus largement, du comportement humain. Parkinson constatait que dans de nombreuses structures, le volume de travail réel n’augmentait pas nécessairement, mais que le nombre de personnes, de procédures et de formalités, lui, explosait.Prenons un exemple simple. Vous devez rédiger un rapport de cinq pages.Si votre délai est de deux jours, vous allez probablement vous concentrer, organiser vos idées et aller à l’essentiel.Si votre délai est de deux semaines, vous risquez de relire davantage, de reformuler sans fin, d’ajouter des détails peu utiles, voire de repousser le début du travail… pour finalement utiliser les deux semaines complètes.La tâche n’a pas changé. Seul le temps disponible a changé. Pourtant, la durée réelle de réalisation s’est allongée.Pourquoi cela se produit-il ?D’abord à cause de la psychologie humaine. Quand une échéance est lointaine, le sentiment d’urgence disparaît. Le cerveau perçoit la tâche comme non prioritaire. Résultat : procrastination, dispersion, puis travail étalé.Ensuite, à cause de la complexification artificielle. Plus on dispose de temps, plus on est tenté d’ajouter des étapes, des validations, des réunions ou des perfectionnements. Le projet grossit, parfois sans réelle valeur ajoutée.Parkinson observait aussi un phénomène organisationnel frappant : dans les grandes administrations, les employés ont tendance à créer du travail pour les autres employés, ce qui génère encore plus de travail, même si la charge initiale reste stable.La loi de Parkinson ne signifie pas que les gens sont paresseux. Elle montre plutôt que le temps influence profondément la manière dont nous utilisons notre énergie. Sans contrainte claire, l’effort se dilue.Ce principe a des implications concrètes :Des délais courts favorisent l’efficacité.Des objectifs précis réduisent la dispersion.Des échéances artificiellement longues encouragent l’inefficience.C’est pourquoi certaines méthodes de productivité recommandent de se fixer volontairement des délais plus serrés que nécessaire.En résumé, la loi de Parkinson révèle une vérité dérangeante : ce n’est pas toujours la quantité de travail qui nous épuise, mais la manière dont nous laissons le temps l’envahir. Une idée simple, mais redoutablement puissante pour repenser notre rapport au travail. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Nous vivons dans une époque où le choix est partout. Choisir un film, un métier, un partenaire, un restaurant, un itinéraire, un abonnement. Plus les options se multiplient, plus nous avons l’impression d’être libres. Pourtant, une idée surprenante défendue par plusieurs chercheurs affirme exactement l’inverse : trop de choix peut nous rendre moins heureux. C’est ce qu’on appelle le paradoxe de la liberté de choix.Intuitivement, la liberté signifie pouvoir sélectionner ce qui nous convient le mieux parmi un grand nombre de possibilités. Mais notre cerveau n’est pas conçu pour comparer des dizaines, voire des centaines d’options simultanément. Chaque décision demande un effort mental : analyser, anticiper, évaluer les conséquences. Plus les options sont nombreuses, plus cette charge cognitive augmente.Un psychologue américain, Barry Schwartz, a popularisé ce concept au début des années 2000. Il distingue deux types de personnes : les satisficers, qui choisissent une option “suffisamment bonne”, et les maximisateurs, qui veulent absolument la meilleure option possible. Or, plus l’éventail de choix est large, plus les maximisateurs deviennent anxieux, car ils craignent en permanence de se tromper.Ce phénomène a été observé dans des expériences simples. Dans un supermarché, lorsque les clients pouvaient goûter six variétés de confiture, ils achetaient davantage que lorsque vingt-quatre variétés étaient proposées. Trop d’options provoquent souvent un effet de paralysie décisionnelle : au lieu de choisir, on hésite… et parfois on renonce.Mais le paradoxe ne s’arrête pas là. Même après avoir choisi, l’abondance d’options continue de nous poursuivre. Si nous savons qu’il existait vingt alternatives, nous sommes plus susceptibles de regretter notre décision, en imaginant qu’une autre option aurait pu être meilleure. Résultat : au lieu d’être satisfaits, nous doutons.Ce paradoxe explique pourquoi certaines sociétés très orientées vers la consommation affichent des niveaux élevés d’anxiété et d’insatisfaction, malgré un confort matériel sans précédent. Avoir plus ne signifie pas nécessairement se sentir mieux.Faut-il pour autant renoncer à la liberté de choix ? Non. Mais il peut être bénéfique de simplifier volontairement notre environnement : réduire le nombre d’options, établir des routines, accepter l’idée qu’un bon choix est souvent préférable à un choix parfait.Le paradoxe de la liberté de choix nous rappelle une chose essentielle : la véritable liberté ne consiste pas toujours à multiplier les possibilités, mais parfois à savoir se limiter. Car ce n’est pas la quantité de choix qui nous rend heureux, mais la paix intérieure avec les choix que nous faisons. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Si vous souhaitez découvrir le podcast Un peu de calme:Apple Podcast:https://podcasts.apple.com/fr/podcast/un-peu-de-calme/id1609342835Spotify:https://open.spotify.com/show/5Y9yr2NlSPEX7mPbNiEWIf?si=77347ef9f3b24914----------------------En français, la question de savoir quand écrire les nombres en lettres ou en chiffres ne relève pas du hasard. Il existe des règles, des usages typographiques et des conventions éditoriales qui permettent d’harmoniser les textes et d’en faciliter la lecture. Même si certaines variations sont admises, plusieurs principes généraux font consensus.La règle la plus classique est d’écrire en toutes lettres les nombres de zéro à seize. Ainsi, on écrit : zéro, un, deux, trois… jusqu’à seize. À partir de dix-sept, on utilise généralement les chiffres : 17, 25, 142, etc. Cette règle est très répandue dans l’édition, la presse et l’enseignement, car les petits nombres écrits en lettres s’intègrent mieux au flux du texte.On écrit également les nombres en lettres lorsqu’ils ouvrent une phrase. Par exemple, on écrira : « Vingt personnes ont participé à la réunion », et non « 20 personnes ont participé à la réunion ». Cette règle évite un effet visuel jugé peu élégant.Les nombres s’écrivent aussi en lettres lorsqu’ils sont employés dans un texte littéraire, narratif ou poétique, où le style prime sur la précision chiffrée. Dans un roman, on privilégiera souvent « trois jours », « cent ans », ou « mille fois » plutôt que 3, 100 ou 1 000.Certains domaines imposent l’usage des chiffres. C’est le cas pour les données scientifiques, techniques, statistiques ou comptables : poids, mesures, pourcentages, dates, montants d’argent, numéros et âges précis. On écrira donc : 5 km, 2,5 litres, 12 %, 45 ans, 2026, 18 euros. Les chiffres permettent ici une lecture rapide et sans ambiguïté.Les nombres s’écrivent aussi en chiffres lorsqu’ils sont accompagnés d’un symbole ou d’une unité : °C, %, €, km, kg, etc. On écrira 30 °C et non « trente degrés Celsius ».Une autre règle concerne les nombres approximatifs ou symboliques, qui s’écrivent souvent en lettres : « mille mercis », « cent fois merci », « une centaine de personnes », « des milliers d’étoiles ». L’écriture en lettres renforce leur valeur expressive plutôt que quantitative.Il est important de maintenir une cohérence interne dans un texte. Si l’on choisit d’écrire les nombres jusqu’à seize en lettres, il faut s’y tenir partout, sauf exceptions justifiées. Mélanger sans logique lettres et chiffres dans un même paragraphe nuit à la clarté.Enfin, certaines maisons d’édition adoptent des chartes spécifiques, mais elles reposent presque toujours sur ces principes.En résumé, on écrit les nombres en lettres surtout pour les petits nombres, en début de phrase, dans les textes littéraires et pour les valeurs approximatives. On utilise les chiffres pour les données précises, mesurables et techniques. Le véritable objectif de ces règles est simple : rendre le texte plus lisible, harmonieux et compréhensible. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le Dàhóngpáo est un thé oolong, c'est à dire thé partiellement oxydé, situé entre le thé vert et le thé noir , extrêmement prestigieux originaire des monts Wuyi, dans la province du Fujian, en Chine. Si ce thé est si cher c'est par ce qu'il n'est pas comme les autres : il est entouré d'un mythe.Pour tout comprendre, il faut d’abord situer le contexte. Les monts Wuyi sont célèbres depuis des siècles pour leurs thés dits yancha ou « thés de roche » : des feuilles cultivées sur des roches escarpées, qui, grâce à l’altitude, au sol particulier et aux brumes, développent des arômes très singuliers — minéraux, profonds et persistants. Le Dàhóngpáo est l’un des plus nobles d’entre eux.Mais ce qui le rend exceptionnellement cher ne tient pas seulement à son goût. L’histoire du Dàhóngpáo est profondément liée à une légende impériale qui remonte à la dynastie Ming (XVe siècle). Selon le récit traditionnel, la mère de l’empereur — à laquelle on prête souvent dans les récits populaires le titre d'« impératrice » — tombait gravement malade sans que les remèdes habituels n’aident. Un lettré ou un fonctionnaire lui fit alors goûter une infusion faite à partir de thé provenant des montagnes de Wuyi. Miracle ou coïncidence, sa santé s’améliora sensiblement après cette consommation.Reconnaissant, l’empereur ordonna d’honorer les arbustes qui avaient servi à produire ce thé. On couvrit alors les plantes de grandes robes rouges — symbole d’honneur impérial — en signe de respect et de gratitude. Ce rituel est à l’origine du nom Dàhóngpáo, qui signifie littéralement « grande robe rouge ».Les années passant, ces arbres originels, protégés et célébrés, sont devenus des reliques vivantes. Il n’en reste aujourd’hui que quelques spécimens très anciens, et leur production est strictement contrôlée, voire interdite à la cueillette commerciale. Quand des feuilles provenant de ces arbres historiques se retrouvent sur le marché, elles atteignent des prix astronomiques : parfois plus d’un million de dollars le kilo.Ce prix exceptionnel ne reflète pas seulement le goût ou la rareté d’un produit agricole, mais surtout une combinaison de mythe culturel, de patrimoine national, de rareté extrême, et de désir humain pour l’unique et le symbolique. Dans ce sens, le Dàhóngpáo est bien plus qu’un thé : c’est un trésor vivant, un pont entre l’histoire et le présent, qui explique pourquoi il peut valoir littéralement plus que l’or pour certains collectionneurs et amateurs éclairés. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Aujourd’hui, partons à la découverte de deux géants d’Amérique du Sud, dont les noms racontent des histoires de convoitise, d’illusion… et de promesses brillantes : le Brésil et l’Argentine.Commençons par le Brésil.Nous sommes au début du XVIe siècle. Les navires portugais longent une côte immense, encore inconnue des Européens. Pas d’or à l’horizon. Pas de cités étincelantes. Mais un arbre. Un simple arbre, à l’écorce sombre, qui cache un secret précieux. Lorsqu’on le coupe, sa sève libère une teinture rouge intense, proche de la couleur des braises.Cet arbre s’appelle le pau-brasil.À l’époque, en Europe, les teintures rouges sont rares, chères, et extrêmement recherchées pour colorer tissus et vêtements nobles. Très vite, ce bois devient une marchandise stratégique. Des cargaisons entières traversent l’Atlantique. La région n’est plus seulement une terre lointaine. Elle devient la « Terre du bois de braise » : Terra do Brasil.Peu à peu, le produit donne son nom au territoire. Ce n’est pas un roi, ni un peuple, ni un mythe fondateur… mais une ressource naturelle qui baptise le pays. Le Brésil est ainsi l’un des rares États modernes dont le nom provient directement d’un objet de commerce.Un pays nommé d’après un arbre. Comme si, dès sa naissance, son destin était lié à l’exploitation de ses richesses.Cap maintenant vers le sud, et vers un autre rêve : celui de l’argent.Lorsque les explorateurs espagnols atteignent l’estuaire d’un immense fleuve, ils entendent parler de montagnes lointaines regorgeant de métaux précieux. Des rumeurs circulent. Des peuples évoquent des régions où l’on trouve de l’argent en abondance. En latin, l’argent se dit argentum.Les Européens baptisent le fleuve Río de la Plata : le fleuve de l’argent.Et bientôt, les terres alentours héritent du même imaginaire. Elles deviennent l’Argentine : littéralement, « le pays de l’argent ».Ironie de l’histoire : les grandes mines d’argent ne se trouvent pas réellement dans l’Argentine actuelle, mais surtout en Bolivie. Pourtant, le nom est resté, figé dans les cartes et les esprits.Deux pays, deux noms, nés de la même pulsion : l’espoir de richesse.Le Brésil, enfant d’un arbre rougeoyant.L’Argentine, fille d’un métal fantasmé.Des noms qui rappellent que, bien souvent, la géographie du monde s’est dessinée au rythme des désirs humains… bien avant celui des frontières. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L’histoire d’Helen Duncan est l’une des plus incroyables anomalies du XXᵉ siècle. Car oui : en pleine Seconde Guerre mondiale, au cœur d’une Grande-Bretagne moderne, avec radars, avions et bombes, une femme est condamnée… sous une loi sur la sorcellerie. Elle est souvent présentée comme la dernière “sorcière” emprisonnée au Royaume-Uni.Helen Duncan naît en Écosse en 1897. Elle grandit dans un monde où le spiritisme est très populaire : après la Première Guerre mondiale, des milliers de familles endeuillées cherchent à “parler” avec les morts. Duncan devient médium et organise des séances. Elle prétend faire apparaître des esprits grâce à une substance mystérieuse : l’ectoplasme, qu’elle “produit” devant les participants. Beaucoup y croient. D’autres dénoncent un spectacle… voire une arnaque.Tout bascule pendant la Seconde Guerre mondiale.En 1941, lors d’une séance, Helen Duncan aurait annoncé le naufrage du cuirassé britannique HMS Barham, alors que l’information n’avait pas encore été rendue publique. Dans une période où tout est sous contrôle militaire, l’affaire inquiète : comment cette femme aurait-elle pu connaître un secret de guerre ? Don ou fuite d’information ? Les autorités prennent l’affaire très au sérieux.En janvier 1944, elle est arrêtée lors d’une séance à Portsmouth. Le procès qui suit est surréaliste. Plutôt que de l’accuser simplement de fraude, l’État choisit une arme juridique plus spectaculaire : le Witchcraft Act de 1735, une loi qui ne punit pas la “magie” au sens médiéval, mais le fait de prétendre avoir des pouvoirs surnaturels.Autrement dit : Helen Duncan n’est pas condamnée parce que le tribunal croit aux sorcières… mais parce qu’on l’accuse de manipuler le public en se faisant passer pour une sorcière ou une intermédiaire avec les morts. Elle est condamnée à neuf mois de prison.Cette histoire devient un symbole : celui d’un pays qui, en temps de guerre, utilise un vieux texte archaïque pour faire taire une personne jugée gênante. Après sa libération, Duncan promet d’arrêter… mais continue. Elle sera de nouveau arrêtée plus tard, et meurt en 1956.Son cas choque durablement l’opinion. Et il contribue à une réforme : en 1951, le Witchcraft Act est abrogé et remplacé par une loi visant plus directement les fraudes spirites.Ainsi, Helen Duncan restera dans l’histoire comme une figure trouble et fascinante : pour certains, une escroc ; pour d’autres, une victime d’une chasse aux sorcières moderne — au sens presque littéral. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le plus ancien drapeau d’État au monde encore utilisé est très largement considéré comme étant celui du Danemark : le Dannebrog.Le plus vieux drapeau “encore en service”La tradition danoise fixe sa naissance au 15 juin 1219, lors de la bataille de Lyndanisse (dans l’actuelle Estonie). La légende raconte qu’au moment où l’armée danoise était en difficulté, un étendard rouge frappé d’une croix blanche serait tombé du ciel. Le signe aurait galvanisé les combattants, qui auraient remporté la bataille. C’est ainsi que serait né le Dannebrog, littéralement « l’étoffe danoise ».Bien sûr, les historiens rappellent que cette histoire est une légende nationale : les premières attestations vraiment solides du drapeau apparaissent plus tard, au Moyen Âge, et le motif pourrait être dérivé des bannières chrétiennes utilisées durant les croisades (croix blanche sur fond rouge, symbole guerrier et religieux fréquent à cette époque). Mais le point essentiel reste vrai : le Dannebrog est le plus ancien drapeau national en usage continu. Un modèle pour tous les drapeaux nordiquesAutre aspect passionnant : ce drapeau est aussi l’ancêtre direct d’une famille entière de drapeaux. Sa croix décalée, appelée “croix scandinave” ou “croix nordique”, a inspiré :la Suèdela Norvègela Finlandel’Islandeles îles Féroé, etc.En réalité, le Dannebrog n’est pas juste un vieux symbole : c’est un prototype devenu matrice identitaire d’une région entière.Pourquoi lui, et pas un autre ?Parce qu’un drapeau n’est considéré “le plus ancien” que s’il remplit une condition très stricte : être encore utilisé officiellement aujourd’hui sans interruption, par un État souverain.D’autres drapeaux sont très anciens (Pays-Bas, Écosse, etc.), mais le cas danois est unique : on retrouve le même design, la même idée, la même continuité, sur plus de huit siècles. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Pour comprendre, il faut remonter à la Rome antique. Les Romains ne voyaient pas les nombres comme nous. Pour eux, les nombres avaient une valeur symbolique : certains étaient jugés favorables, d’autres inquiétants. Et dans leur imaginaire, les nombres pairs étaient souvent associés au mauvais sort, à l’incomplétude, voire à la mort. À l’inverse, les nombres impairs étaient réputés plus “chanceux”, plus harmonieux. Une superstition qui a eu des conséquences très concrètes sur… notre calendrier.Au début, le calendrier romain était très différent du nôtre. Il a connu plusieurs versions, mais un tournant important arrive vers le VIIe siècle avant notre ère, sous le règne du roi Numa Pompilius, à qui l’on attribue une grande réforme. L’année romaine devait fonctionner avec des mois proches du cycle lunaire : environ 29,5 jours. Résultat : des mois de 29 jours ou de 31 jours, pour rester dans l’impair. Mais problème : additionnés, ces mois donnaient une année de 354 jours, donc un total pair… ce qui était très mal vu.Que faire ? Dans cette logique superstitieuse, la solution fut simple et presque absurde : pour rendre l’année “plus acceptable”, on joua sur un mois en particulier. Février, déjà associé à des rites de purification et au monde des morts, fut rendu plus court. On lui retira un jour afin d’obtenir un total annuel impair. Février devint donc le mois “sacrifié”, celui qu’on raccourcit, et qui gardera longtemps cette réputation de mois à part.Mais évidemment, un calendrier fondé sur la lune ne colle pas parfaitement avec les saisons. Une année solaire fait environ 365 jours et un quart. Les Romains ont donc dû ajuster régulièrement leur calendrier, parfois en ajoutant un mois entier, parfois en bricolant les durées. Cela a créé du désordre… jusqu’à la grande réforme de Jules César en 46 avant J.-C., avec le calendrier julien, qui fixe enfin un système stable : une année de 365 jours, avec un jour ajouté tous les quatre ans.Au final, notre répartition actuelle des jours n’est pas “logique” : elle est historique. Si l’on repartait de zéro, on pourrait imaginer des mois beaucoup plus réguliers. Mais nos 30, 31 et notre février bancal sont les cicatrices d’un vieux mélange de superstition romaine, de cycle lunaire et de compromis politiques. Une preuve que même le temps, parfois… se construit sur des croyances. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En Chine, on estime qu’il existe aujourd’hui environ 4 000 noms de famille différents réellement en usage.Selon les sources et la façon de compter (variantes d’écriture, noms minoritaires, noms composés à deux caractères), on trouve des estimations allant d’environ 3 100 patronymes courants jusqu’à 6 000+ au total. Historiquement, la Chine a pourtant connu près de 12 000 noms recensés dans les textes anciens, mais une grande partie a disparu ou s’est fondue dans d’autres.En France, c’est l’inverse : la diversité est immense. On parle généralement de 1,2 à 1,5 million de noms de famille distincts si l’on compte toutes les graphies et variantes (ex : Dupont/Dupond, ou les noms avec/sans accents), et de plusieurs centaines de milliers de noms réellement portés de façon significative.En Chine, c'est un phénomène très frappant, mais il s’explique assez bien.1) Les noms chinois se sont fixés très tôtEn Chine, le nom de famille (姓) existe depuis l’Antiquité et structure la société en clans et lignages. Le système est donc ancien, stable et très codifié.En Europe, au contraire, les noms se sont fixés tard : beaucoup de gens n’avaient pas de patronyme héréditaire avant le Moyen Âge ou même l’époque moderne. Résultat : plus de diversité.2) Beaucoup de noms ont été “absorbés”Au fil des siècles, lors de guerres, migrations ou changements de dynastie, des familles ont souvent abandonné un nom rare pour adopter un nom plus commun ou prestigieux (par protection, par intégration sociale, ou pour se fondre dans la population).Cela a “compressé” la diversité des patronymes.3) Standardisation administrativeL’État impérial chinois a été très tôt un État bureaucratique : recensements, registres, examens… Les noms ont été normalisés, et les variantes locales ont souvent été uniformisées. Ce qui est rare, mal enregistré ou trop complexe finit par disparaître.4) Des noms très courts, donc moins de possibilitésLa plupart des noms chinois sont à un seul caractère : Wang, Li, Zhang…Les noms à deux caractères existent, mais sont minoritaires. Moins de combinaisons = plus de concentration. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Quand on pense à Taïwan, on imagine plutôt les tensions entre Pékin et Taipei, les semi-conducteurs, ou la mer de Chine… certainement pas la France. Et pourtant : sur l’île, à Keelung, un cimetière militaire français abrite les dépouilles de plus de 700 officiers, sous-officiers et soldats morts “au champ d’honneur”. Pourquoi des soldats français sont-ils tombés si loin de l’Europe ? La réponse nous ramène à une guerre oubliée : la guerre franco-chinoise de 1884-1885.À cette époque, la France est engagée dans une expansion coloniale en Asie du Sud-Est. Son objectif principal : prendre le contrôle du Tonkin, au nord du Vietnam actuel, et consolider ce qui deviendra bientôt l’Indochine française. Problème : la Chine considère historiquement le Vietnam comme une zone d’influence et soutient des forces locales hostiles à la présence française. Résultat : les tensions montent… jusqu’au conflit ouvert.La guerre éclate en 1884. La France se bat sur plusieurs fronts : au Tonkin, bien sûr, mais aussi sur mer. Et c’est là que Taïwan entre en scène. À l’époque, l’île appartient à l’empire chinois des Qing. Taïwan est stratégique : elle contrôle une partie des routes maritimes et sert de base logistique pour ravitailler les troupes chinoises et harceler les positions françaises au Vietnam. Pour Paris, frapper Taïwan, c’est donc frapper le nerf de la guerre.En 1884, la Marine française attaque Keelung, dans le nord de l’île. Les combats sont rudes, mais l’ennemi le plus meurtrier n’est pas toujours celui qu’on croit. Car dans ces expéditions, les soldats français affrontent aussi un adversaire invisible : le climat, les moustiques, la dysenterie, le paludisme, le choléra. Les pertes sanitaires dépassent souvent les pertes au combat. Beaucoup d’hommes meurent non pas d’une balle, mais d’une fièvre.L’armée française occupe certaines positions, tente d’étouffer l’approvisionnement chinois, et impose un blocus maritime. Mais cette campagne de Taïwan ne se transforme pas en conquête : elle sert surtout de pression militaire et diplomatique dans un conflit plus large.La guerre franco-chinoise se termine en 1885. La Chine renonce à sa tutelle sur le Vietnam, ce qui ouvre la voie à la domination française en Indochine. Le cimetière de Keelung, lui, reste comme le témoin discret d’un épisode presque effacé de notre mémoire : quand, pour contrôler le Vietnam, la France a aussi porté la guerre jusqu’à Taïwan. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Avez-vous déjà lu une phrase du type : « Vous êtes une personne sensible, mais vous savez garder le contrôle. Vous avez de grandes qualités, même si vous doutez parfois de vous. » Et vous vous êtes dit : “C’est fou… c’est tellement moi.”Si oui, félicitations : vous venez d’expérimenter l’effet Barnum.L’effet Barnum, aussi appelé effet Forer, est un biais psychologique très puissant : nous avons tendance à croire qu’un portrait général, vague et flatteur nous décrit parfaitement, alors qu’il pourrait convenir à presque n’importe qui. C’est le mécanisme secret derrière de nombreux horoscopes, tests de personnalité “miracles”, voyances, lectures d’aura, ou encore certains contenus viraux sur les réseaux sociaux.Le nom vient de P. T. Barnum, célèbre entrepreneur de spectacles américain du XIXe siècle, à qui l’on attribue l’idée qu’il existe “quelque chose pour tout le monde”. En clair : si une affirmation est suffisamment large, chacun peut s’y reconnaître.Mais pourquoi cela fonctionne-t-il aussi bien ?D’abord parce que notre cerveau adore les histoires cohérentes. Quand on lit une description, on sélectionne instinctivement ce qui colle avec nous. On pense à deux ou trois souvenirs, deux ou trois émotions… et notre esprit complète le reste. Ensuite, ces descriptions sont souvent formulées de manière très habile : elles combinent des traits opposés (“vous êtes sociable, mais vous aimez être seul”), ce qui augmente les chances de viser juste. Elles restent positives, ou au minimum valorisantes, donc on a envie d’y croire.Le psychologue Bertram Forer a démontré cela en 1948 avec une expérience devenue célèbre : il a donné à ses étudiants un “test de personnalité”, puis leur a remis à chacun un profil soi-disant personnel. En réalité, tout le monde avait exactement le même texte. Pourtant, la majorité a jugé la description très précise.L’effet Barnum est dangereux quand on l’ignore, car il facilite la manipulation : un discours vague peut sembler profond, un diagnostic approximatif peut paraître scientifique, et un conseil bidon peut prendre l’apparence d’une vérité intime.En résumé : l’effet Barnum, c’est ce moment où votre cerveau transforme une généralité en miroir… et vous persuade que le texte a été écrit pour vous seul. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
“Passer un savon”, c’est réprimander quelqu’un violemment, lui faire une leçon bien sentie. Mais l’expression est surtout une métaphore héritée d’un geste très concret… et très ancien : le lavage au lavoir.Pendant des siècles, avant l’arrivée des machines à laver, le linge se nettoyait à la main, souvent au bord d’une rivière ou dans un lavoir communal. Et ce n’était pas une activité douce : on trempait, on savonnait, puis surtout on frottait fort, parfois avec une brosse, et on tapait le linge sur une pierre ou une planche pour en chasser la saleté. Un vrai travail de force. Plus un tissu était sale, plus il fallait l’attaquer avec énergie : savon, frottement, rinçage, recommencer.C’est exactement cette idée qu’on retrouve dans “passer un savon”. On n’est pas dans la petite remarque polie : on est dans le nettoyage intensif. Comme si la personne, par son comportement, avait besoin d’être “récurée” moralement. On veut lui enlever ses erreurs comme on enlève une tache tenace : en insistant, en frottant.L’expression s’inscrit d’ailleurs dans toute une famille d’images du même genre. On dit aussi “laver la tête” à quelqu’un, ou “lui passer un coup de brosse”. Dans ces formules, on retrouve l’idée que l’on corrige quelqu’un en le “nettoyant” : on lui remet les idées en place, on enlève ce qui ne va pas.Et le savon ajoute un petit supplément : au XIXe siècle notamment, les savons étaient parfois rugueux, agressifs, pas toujours parfumés comme aujourd’hui. Se faire savonner, c’était rarement agréable. Donc “passer un savon”, c’est aussi l’idée d’un reproche qui pique, qui gratte… comme un lavage au lavoir un peu violent.Conclusion : on dit “passer un savon” parce que, dans la langue, engueuler quelqu’un revient à le frotter moralement, comme on frottait autrefois le linge sale au lavoir : avec du savon, de l’énergie… et sans délicatesse. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le mot « bravo » vient de l’italien, où il signifie à l’origine « courageux », « vaillant », puis, par extension, « habile », « compétent ». Mais c’est surtout au XVIIIᵉ siècle, avec l’explosion de l’opéra italien, que « bravo » prend le sens qu’on lui connaît aujourd’hui : une acclamation adressée à un artiste.À l’époque, l’opéra est un véritable sport national en Italie. Le public ne se contente pas d’écouter : il juge, compare, applaudit, siffle… et célèbre les chanteurs vedettes, notamment les grandes divas et les castrats. Quand une aria est particulièrement réussie, les spectateurs crient « Bravo ! » pour saluer la performance.Très vite, le mot devient un code universel du théâtre et de la musique, puis franchit les frontières. La France l’adopte au XIXᵉ siècle, dans les salles d’opéra et de spectacle. Et détail intéressant : en italien, l’accord varie selon la personne applaudie : bravo pour un homme, brava pour une femme, bravi au pluriel. En français, on a gardé surtout la forme masculine singulière… devenue un cri d’encouragement pour tout le monde.Quant au mot « panique », il vient… d’un dieu. Et pas n’importe lequel : Pan, divinité grecque mi-homme mi-bouc, protecteur des troupeaux, des forêts et des montagnes.Dans l’Antiquité, Pan est un être sauvage, imprévisible, qui surgit au milieu des bois. On raconte qu’il aimait pousser des cris soudains, terrifiants, capables de déclencher une peur collective immédiate. Une peur qui n’a pas besoin de raison : on ne sait pas ce qu’on fuit, mais tout le monde fuit. C’est précisément ce que les Grecs appelaient φόβος πανικός (phobos panikos), littéralement : la “peur de Pan”.Ce n’était pas une frayeur ordinaire. C’était une décharge brutale, contagieuse, presque animale, typique des situations où un groupe perd toute maîtrise : une armée surprise, un troupeau affolé, des voyageurs qui croient entendre une présence invisible… Le mythe donne une explication à un phénomène psychologique très réel : la peur qui se propage comme un incendie.Le mot passe ensuite au latin, puis aux langues européennes. En français, « panique » apparaît au XVIIᵉ siècle, d’abord avec l’idée d’une terreur subite et irrationnelle. Aujourd’hui, la mythologie a disparu… mais le mécanisme reste identique : la panique, c’est quand le cerveau court plus vite que la raison. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
loading
Comments (51)

ID186590027

En Angleterre on tend bien les deux doigts, ce qui confirmerait la thèse des archers !

Jan 22nd
Reply

New Jawn

Of course the question would be asked on a French podcast.

Oct 28th
Reply

New Jawn

vous parlez trop vite.

Sep 13th
Reply

lila bessiere

c’est choquant les chiffre je pensais pas que c’était possible. Après tour dépend de ce que on entend par viol si c’est vraiment dans le lit la c'est juste choquant et pas normal ou si c’est une tape sur les partie,un bisou forcé, des gestes déplacer là les chiffres sont moins choquant mais un peu quand même

Apr 16th
Reply

Patrick Louis Treels

L'idéologie Wok quand elle s'éteindra, aura eu au moins un mérite aux yeux de ceux qui ont un minimum de culture historique. c'est de montrer que l'histoire est écrite par les vainqueurs du moment et qu'elle a toujours été falsifiée; par les empires, par le Vatican sous la monarchie et jusqu'à aujourd'hui et par la république jusqu'à nos jours...

Nov 13th
Reply

Patrick Louis Treels

C'est absolument faux! Hitler était catholique et le fondateur de la SS Heinrich Himmler avait été jésuite... C'est juste de la propagande catholique pour dédouaner le Vatican...

Nov 13th
Reply

Gurvan Lidec

publicités insupportables qui se répètent toutes les 2 minutes. l'émission perd tout son intérêt. dommage.

Sep 20th
Reply

Hmz Hmz

🫱🏼‍🫲🏻

Sep 1st
Reply

Hmz Hmz

😂😂

Sep 1st
Reply

Sousou Dahil

هو تةةةةةةةةةيرررررررررتتؤيءgw

Aug 1st
Reply

Sousou Dahil

يرؤرؤرررءيرىىىىىىىلارؤؤؤؤ سوت وتوتر

Aug 1st
Reply

Thomas Guihard

Êtes-vous sûr que ces techniques ne sont pas inspirées à l origine des méthodes françaises durant la guerre d Algérie ??

Jul 21st
Reply

bouclé

merci pour votre podcast! vous êtes une source importante pour améliorer notre savoir🤗❤️

Mar 25th
Reply

Melrose

J'adore Choses à savoir ! 🤓

Mar 23rd
Reply

Anne Guillaumie

C'est bzzigrement intéressant !

Jan 29th
Reply

Giulia

Très intéressant merci beaucoup ❤️

Oct 20th
Reply

Audrey pasdecalais

on dirait le malade imaginaire. et d'autres conte du même genre.

Oct 7th
Reply

Colby

7

Aug 1st
Reply (1)

Théo Maillet

Je crois que ce fact est faux

Apr 15th
Reply

Nour Hane

hyper intéressant

Mar 25th
Reply