DiscoverRenouée - Agriculture de Régénération
Renouée - Agriculture de Régénération
Claim Ownership

Renouée - Agriculture de Régénération

Author: Lennan Bate

Subscribed: 6Played: 51
Share

Description

“Renouée“ est un podcast autour des pratiques, enjeux, acteurs et actrices de l’”agriculture de régénération”. Sous un format de discussion (entre 45min et 1h) adressé à un public large d’agriculteur.trices et à celles et ceux qui, plus largement, s’intéressent à l’agriculture, à l’écologie et aux approches holistiques, nous parlerons des dernières pratiques, experiences et découvertes des acteur.ices de l’agriculture régénérative, résiliente et innovante. L’objectif de ce podcast est d’informer et d’inspirer de nouvelles initiatives, idées et compréhension des vastes sujets que sont l’environnement, le climat et alimentation et à travers lesquels l’agriculture occupe une place centrale.
37 Episodes
Reverse
Je suis très heureux de partager ce nouvel épisode avec Olivier Raynaud, directeur de Rewilding France, autour d’un sujet qui me passionne particulièrement : le rewilding, ou ré-ensauvagement. Pourquoi ce sujet m’inspire autant ? Parce qu’il remet profondément en question notre rapport occidental moderne au vivant, au sauvage, et plus largement notre besoin de contrôle sur les milieux naturels. Après 15 ans dans la conservation dite “classique”, Olivier a choisi une autre voie. Dans cet échange, nous parlons de renaturation, de libre évolution des forêts, du rôle des grands herbivores et des prédateurs, mais aussi de ce que l’observation attentive du vivant nous apprend sur les dynamiques profondes des écosystèmes. Une conversation riche, stimulante et, à mes yeux, essentielle pour repenser notre manière d’habiter le monde vivant.   Sources   Wilding le Film https://www.jupiter-films.com/film-wilding-retour-a-la-nature-sauvage-147.php   Rewilding France https://rewilding-france.com/   Reseau Rewilding Europe https://rewildingeurope.com/european-rewilding-network/ 
Partir garder les chèvres avec Odile Christine, c’est comme assister à une masterclass où chaque geste, même le plus subtil, devient un enseignement. Odile ne parle ni de GMQ, ni de qualité fromagère, ni d’équilibrage en oligo-éléments. Sa compréhension de son système est d’une autre nature : plus complexe, plus instinctive, plus fine. Un savoir profondément intégré, vivant. Un jour, je m’étais amusé à analyser ses résultats techniques et à les comparer à ceux d’éleveurs du coin, parfois bien plus “techniques”. Ses performances — et surtout sa marge — étaient pourtant nettement supérieures. Chez Odile, il n’y a pas de grandes théories ni de sur-explications. Tout est incarné. Tout se joue dans l’attention et la finesse. Deux ou trois chèvres lèvent la tête ? On déplace le troupeau. L’une commence à grignoter de l’écorce ? On change de parcelle. Résultat : les chèvres consomment une quantité et une diversité impressionnantes de végétaux, sans que la forêt ne subisse le moindre dommage. Bien au contraire, la régénération est au rendez-vous et les risques d’incendie sont considérablement réduits. Odile est pour moi une immense source d’inspiration. J’ai énormément appris à ses côtés. Cet épisode a donc une saveur toute particulière, et je suis très heureux de pouvoir partager avec vous un moment de garde, aux côtés d’Odile et de ses chèvres.     Liens :  Jean Yves Ruelloux https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/un-chevrier-qui-fait-des-emules-9647200 Transcription :    33 - L'art du pastoralisme avec Odile Christine   Odile Christine: Coucou Lennan Bon, si je ne me casse la figure... Pour répondre à ta question, les biquettes, depuis qu'elles ne font plus de bébés, elles sont beaucoup plus belles, en meilleure santé, plus grasses, et moi je trouve que c'est nettement mieux comme ça. Sauf si tu veux faire du renouvellement du cheptel, il faut les remettre au bouc parce que là ça fait déjà cinq ans qu'elles n'ont pas eu de bébé et du coup ça fait des animaux en meilleure santé quand même. Mais si on veut, Si on veut garder des chèvres, des chevrettes pour le renouvellement, je pense que leur faire faire des bébés tous les 2 ou 3 ans, c'est pas mal aussi. Lennan Bate: Oui. Parce que du coup, tu es en lactation longue depuis 5 ans, c'est ça? Odile Christine: Oui, je suis en lactation longue depuis 2021. Lennan Bate: Oui. Et alors pourquoi est-ce que tu es passée en lactation longue? Odile Christine: Alors au début je suis passée en lactation longue parce que je veux prendre ma retraite et que je ne voulais pas avoir de chevrettes de renouvellement. Je ne voulais plus qu'elles aient des bébés les chèvres parce que je ne voulais pas sacrifier toutes les belles chevrettes qu'il pouvait y avoir. Et continuer avec mon trompeau tranquillement et laisser mourir de vieillesse à la maison. Lennan Bate: C'est fou, je viens dans le Var pour avoir de la neige. Ok, et alors concrètement, comment ça se passe la lactation longue? Est-ce que tu as une baisse de production de lait? Comment tu gères ça?Odile Christine: L'hiver, en fait, je me cale sur le changement d'heure. Quand on passe à l'heure d'hiver, je passe à une traite par jour parce qu'elles ont commencé à diminuer, et quand on remet une heure en plus, au mois de mars, je me remets à traire deux fois par jour, parce que là la lactation elle repart vraiment très très bien. Alors c'est sûr que... celles qui ont un petit peu moins de lait, qui sont moins bonnes laitières, elles ont une lactation qui baisse un peu, mais les super laitières, la lactation, elle ne bouge pas du tout. Et ça remonte au printemps comme si elles avaient fait les chevrons. Je trouve ça super. Lennan Bate: Et tu dirais que c'est en lien avec la race? Est-ce que tu penses que toutes les races peuvent... Ah non, moi je pense Odile Christine: que toutes les races. Parce qu'il y a un monsieur qui est en Bretagne qui s'appelle Jean-Yves Riou. Lennan Bate: Oui, je crois que c'est ça. Odile Christine: Je crois que tu as raison. C'est pas vraiment comme ça. J'avais le mot. à la maison, et lui il a des alpines, et lui ça fait je crois 30 ans qu'il fait la lactation longue, et lui il fait des conférences, j'avais été invitée, c'était l'année dernière, mois de mai, il faisait une grande conférence sur les lactations longues, et bon je ne pouvais pas monter parce que c'est pas facile de laisser les lactations, mais voilà pour que les gens connaissent un peu plus On va le laisser grignoter là. Et voilà, lui, il fait, je ne sais pas s'il achète des chevrettes, ou il fait de temps en temps porter une biquette parce qu'il en a de temps en temps des jeunes. Mais lui a un tout petit troupeau, il disait qu'il ne voulait pas plus de 15 à 17 biquettes.Lennan Bate: Oui, c'est ça. Parce que toi, maintenant, tu en as... Odile Christine: J'en ai plus que 21. Lennan Bate: Et avant tu en avais? Odile Christine: Jusqu'à 38, jusqu'à 40 même. Mais voilà, donc là je les laisse tranquillement vieillir et mourir tranquille. Attention, ça passe. Allez les frangines. Ça neige de rue! Lennan Bate: OK, alors comment tu as démarré avec les chèvres? Ça remonte à quand la première chèvre? Odile Christine: Alors, ça remonte à 64 ans, quand ma mère n'avait plus assez de lait pour me nourrir. Du coup, ils ont acheté une chèvre qui avait mis bas dans la journée où ils l'ont achetée. Et voilà, j'ai été nourrie au lait de chèvre. Lennan Bate: Génial. Et quand j'ai raconté cette histoire à quelqu'un, il m'a dit mais elle buvait à même la chèvre? Je pense pas, parce que les chefs, ça fout des coups de patte quand même. De temps en temps, ce serait un peu risqué. Odile Christine: Il y avait un truc rigolo, c'est que je pense qu'au printemps, enfin, ma mère trayait la biquette et le lait tournait. Donc, il me le donnait cru, finalement. Au début, il faisait bouillir, puis après, il me le donnait cru, comme ça. Lennan Bate: Ça va?Odile Christine: Oui, je pense que ça m'a pas mal réussi. Voilà. Lennan Bate: Ok et du coup ensuite tu t'es installée en chèvre? Odile Christine: Ouais alors après quand j'ai eu 16 ans il n'y avait rien qui m'intéressait ailleurs et c'est vrai que la terre ça me parle, la forêt... C'est là où je me sens très, très bien. Et je trouve que les biquettes, c'est un animal super. C'est des super animaux de compagnie qui sont très, très sensibles. Et voilà, du coup, j'ai continué. On en a eu plus et j'ai fait toute ma carrière là-dedans. Lennan Bate: Et donc pour situer, parce que là il n'y a que l'audio qu'on va entendre, donc on est où et c'est quoi ton environnement, comment ça se passe avec les chèvres, où est-ce que vous allez? Odile Christine: Alors on est dans la forêt, alors il faut que je dise à peu près les arbres qu'il y a? Lennan Bate: Tu décris ce que tu vois. Odile Christine: Alors il y a des endroits où il y a plus de chênes verts, Il y a des endroits où vraiment on a beaucoup de chênes verts, d'autres endroits où on a des chênes blancs, il y a des ducades, des ronces, des oliviers sauvages qui restent des anciennes plantations. Après il y a beaucoup de la broussaille parce que les biquettes évidemment c'est ce qu'elles préfèrent le plus, la broussaille. Et du pain aussi, on a des pains. Plusieurs catégories de pains. On a du pain d'Alep, du pain blanc, du pain... Je ne sais plus comment ça s'appelle celui-là.Lennan Bate: Celui-là, ce n'est pas le pain d'Alep? Odile Christine: Peut-être bien. Et ça y est, l'autre. Lennan Bate: Le maritime. Odile Christine: Ah oui, le maritime, c'est ça. Le maritime et du pain d'Alep. Parce que là-bas, on a des longues aiguilles. Lennan Bate: D'accord. Odile Christine: Et puis après on a du schiste, le schiste cotonneux, voilà. Lennan Bate: Oui, il y a de quoi faire. Odile Christine: Oui, bon, le schiste, elle ne le mange pas. Je ne sais pas si c'est quelque chose qu'elle mange. Lennan Bate: Et donc tu les gardes tous les jours? Odile Christine: Ouais, tous les jours on part dans la forêt, au moins deux heures ou deux heures et demie pour qu'elles mangent de la groussaille et puis après elles mangent de l'herbe ou ça dépend de la saison du foin, voilà parce que l'été il n'y a pas grand chose dans les champs et du coup après elles sont au foin, un peu de buzères. Lennan Bate: Donc parce qu'il y a un truc, moi je me souviens une fois tu m'avais dit qu'il y avait des gens de l'agence de la forêt qui étaient venus et qui avaient étéagréablement surpris de voir comme cette forêt, elle se régénérait bien, il y avait plein de jeunes arbres, et surtout il n'y a pas de risque de feu ici, grâce à l'action de l'échever. Odile Christine: Bah écoute, j'espère. Après c'est vrai qu'elles ne sont pas parquées, donc du coup elles abîment moins aussi, parce que quand elles sont parquées, elles abîment, ce qui les laisse un peu trop longtemps, et du coup elles abîment la forêt. Et puis bon, c'est vrai qu'il y a des chevreuils aussi qui s'occupent de la forêt en ce moment. Lennan Bate: Et du coup, la bonne santé de tes chèvres, il y a cet élément-là, le fait qu'elles ne portent plus de petits au niveau hormonal, disons que ça fait un stress en moins. Odile Christine: Marie-Claude Bon, pour moi oui, parce que je trouvais qu'en vieillissant, ça me stressait beaucoup les mises bas, parce qu'il y a des moments où les bébés quand ils étaient un peu coincés, je n'avais plus assez de force pour les sortir. Et du coup, il fallait faire intervenir le vétérinaire ou faire des césariennes, mais les médicates ne supportent pas les anesthésies, chaque fois elles meurent. Voilà, et puis après il faut vendre les chevraux, et ça devenait difficile pour moi. Donc bon, je pense que les gens mangent moins de viande et moins de bébés aussi, donc c'est compliqué la commercialisation. Et non, on n'en a pas qu'à dit. Lennan Bate: Il y en a par terre. Odile Christine: Non, il n'y en a pas. Tu en as vu? Lennan Bate: Pas beaucoup, on cherche des glands.Odile Christine: Oui, on cherche des glands et
LIENS :  https://emilyfairfaxscience.com/research/   conseil-castor.ch   Société française pour l'étude et la protection des mammifères https://www.sfepm.org/le-castor-deurope.html   Office Français de la Biodiversité https://ofb.gouv.fr/especes/castor-europe-castor-fiber   Livre Les milles vies du Castor https://boutique.salamandre.org/les-mille-vies-du-castor.pdt-1461/     Dans les années 1960, Robert Paine et son équipe ont mis en lumière des principes écologiques fondateurs avec leur expérience sur les bassins à marée basse du litoral Nord américain. Une de leur trouvaille, c’était l’existence et l’importance d’espèces clé de voute. C’est à dire une espèce caractérisée par la qualité, le nombre et l'importance des liens qu'elle entretient avec son habitat et les autres espèces. Et en entendant Cécile Auberson me parler du castor, impossible de ne pas sentir comme nos besoins, en tant que société et habitant de la terre, sont alignés avec l’impact du castor sur les écosystèmes. Pourtant nous entretenons avec le castor une longue histoire de chasse qui a mené a sa quasi disparition en Europe. Le rôle de Cécile est de comprendre l’impact du castor, le quantifier et le prédire afin de permettre que son retour à travers nos paysages soit bien compris et bien accueilli. Parce que lui aussi peut, pour certaines communautés, être aussi clivant que l’ours ou le loup. Alors soyons curieux et découvrons les extraordinaires interrelations du vivant. Transcription :    32 - Pourquoi cohabiter avec le castor avec Cécile Auberson Cécile Auberson: on sécurise les surfaces pour la nature aménagées par le castor. Parce que de nouveau, un castor, il est hyper adaptable et il n'a pas besoin de nous pour sécuriser les surfaces. Lui, il a besoin juste d'eau, de nourriture, comme je l'ai dit, et il s'installe où il veut, en fait. Après, c'est comment nous, est-ce qu'on arrive à réagir à sa présence? Et comment est-ce que nous, on arrive à cohabiter avec lui? Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture réellement bénéfique pour tous? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Alors, il ne s'agit pas du loup ni de l'ours. Pourtant, le petit animal dont on va parler aujourd'hui a pour certains une image assez controversée. Il s'agit du castor. Et donc toi, Cécile Auberson, tu étudies ses impacts, ses comportements et tentes d'améliorer son acceptation en considérant chacun des acteurs qui seront impactés par son retour sur le territoire suisse où tu travailles. Pour commencer, est-ce que tu peux nous dresser un historique de la relation humain-castor? Cécile Auberson: C'est une relation qui n'a pas toujours été simple. Le castor a quasiment été éradiqué au début du XXe siècle. En Suisse, déjà en 1820, on a tué le dernier castor du territoire pour trois raisons. Pour la viande qui était consommée demanière régulière. Pour le castoreum, qui est une substance qu'il a utilisé pour marquer son territoire et qui était très utilisée, très recherchée dans la pharmacopée. C'était une substance qui était censée guérir tous les petits maux, tous les bobos. Lennan Bate: Aussi dans la parfumerie, non? Cécile Auberson: Oui, la parfumerie aussi, exactement. Et toujours aujourd'hui en fait, mais aujourd'hui on utilise du castorium de synthèse, des composés de synthèse. Donc on ne tue plus de castor aujourd'hui pour la parfumerie. Et puis on utilisait aussi sa fourrure, énormément. Il a une fourrure, l'une des fourrures les plus denses du règne animal. Comme il y a beaucoup d'animaux aquatiques, semi-aquatiques, on pense à la loutre aussi, qui ont une fourrure extrêmement dense, forcément parce qu'ils en ont besoin pour survivre dans l'eau l'hiver aussi. Et puis, du coup, il a des poils de bourre, donc c'est le sous-poil qui est extrêmement chaud et qui feutre extrêmement bien. Et puis, il était très recherché, du coup, par notamment les chapeliers qui faisaient des chapeaux en poils de castor. Et au 16e, 17e siècle, les chapeaux en poils de castor étaient vraiment hyper à la mode, ce qui a conduit à une quasi-éradication du castor d'Europe dans un premier temps. Puis après la chasse, une fois que les stocks de castor, en guillemets, en Europe étaient complètement vidés. Ils sont allés en Amérique du Nord pour chercher l'espèce voisine, donc l'espèce nord-américaine. On a Castor fiber en Europe, Castor canadensis en Amérique du Nord. Et puis ils ont commencé à chasser là-bas aussi à grande échelle. Donc voilà pour le début un peu de la relation qu'on a eue, on a vraiment complètement surexploité en fait cet animal. si bien qu'en Europe, je dis Europe mais c'est l'Eurasie, c'est le castor, il s'appelle le castor d'Europe mais il est répandu sur toute l'Eurasie en fait, originellement donc de l'Espagne, du Portugal jusqu'à l'Est de la Russie en Chine et puis donc il y avait environ à l'époque on estime 100 millions de castors d'Europe et puis on a laissé entre 1000 et 2000individus en vie au début du XXe siècle. Donc il a vraiment réchappé de peu à l'extinction. Et c'est grâce à des naturalistes en Suisse assez motivés qui se sont rendus compte qu'il manquait quelque chose, il manquait une force créatrice dans nos rivières. C'est eux qui ont décidé de réintroduire le castor dans le pays. entre les années 50 et 60. Lennan Bate: Dans l'ensemble de l'Europe? Cécile Auberson: Oui, en Suisse. Là, je parle vraiment de la Suisse, mais il y a eu des initiatives similaires un peu partout en Europe. Après, les premières réintroductions ont eu lieu déjà dans les années 30, en Finlande, par exemple. Mais là, il y avait plutôt une idée de réintroduire le castor pour l'exploiter de nouveau comme fourrure pour la viande. Il y avait moins cette idée de de rendre aux rivières un élément qui lui manquait, un élément naturel, en fait. Et ça, c'est plutôt vraiment dans les années 50 que ça a commencé à se développer, cette pensée-là. Il y a différents autres pays qui ont suivi. Par exemple, là, aujourd'hui, on est en 2025 en Angleterre et en Écosse. Ils réintroduisent vraiment le castor à grande échelle, mais là, c'est encore un stade de pensée plus loin. Maintenant, ils réintroduisent les castors là-bas, notamment pour leur effet sur la rétention de l'eau, et donc dans une idée de protection contre les crus. En Californie, c'est l'effet inverse. On va réintroduire le castor pour lutter contre les incendies, contre les feux de forêt. Donc maintenant, aujourd'hui, on est vraiment passé par une phase où d'abord on a réintroduit le castor en années 30 pour l'exploiter de nouveau. Ensuite, années 50, on était un peu dans une idée de réparation, rendre à la nature ce qui lui manque. Et puis aujourd'hui, progressivement, on passe dans une phase maintenant où on va réintroduire le castor pour les services écosystémiques qu'il peut nous rendre.Lennan Bate: Justement, toi tu parlais de son rôle pour la réhydratation du paysage, la gestion des potentiels feux en Californie. C'est quoi le rôle du castor dans l'écosystème? On parle souvent d'une espèce clé de voûte. Quel rôle il a? Quel impact il a sur l'écosystème? Cécile Auberson: On l'appelle clé de voûte, on l'appelle aussi des fois ingénieur de l'écosystème parce qu'un castor, dans l'imaginaire collectif, il y a tout le monde qui a à peu près cette idée, cette image du castor. il abat des arbres, il construit des barrages et puis il inonde un peu des surfaces. Mais en fait, et c'est très précisément ce qu'il fait, mais en faisant ça en fait il va modifier son environnement comme aucune autre espèce parce que grâce à ses capacités là, notamment d'abattage des arbres, typiquement si on pense à une forêt fermée où il y a un petit ruisseau qui coule au milieu, Tout d'un coup on a un castor qui arrive, il commence à abattre des arbres, puis on se retrouve avec tout d'un coup une petite clairière à un endroit où il n'y avait pas du tout cet habitat-là. Donc le castor est vraiment capable de créer de multiples petits habitats où avant il y avait quelque chose de très uniforme peut-être. Et puis c'est pour ça aussi qu'on l'appelle clé de voûte, c'est parce que grâce à toutes ces actions qu'il va avoir sur l'écosystème, il va permettre aussi le développement de très nombreux autres espèces. Et puis on peut penser à l'activité d'abattage d'arbres, qui permettent d'ouvrir des clairières. On peut penser à la construction de barrages qui vont créer des surfaces d'eau stagnantes, là où on avait une rivière qui était courante, avec des zones d'eau plus profondes, moins profondes. Tout ça, c'est une petite niche différenciée qui permet à d'autres espèces de se développer. Il y a aussi l'activité de creusement, Donc il va creuser dans la berge que ce soit pour installer un terrier, que ce soit pour créer des petites niches où il peut se réfugier en cas de danger ou carrément des canaux. Les castors sont vraiment capables de créer des véritables canaux pour accéder à une ressource plus éloignée de la rivière. Il y a aussi tout le bois mort qui va amener dansle cours d'eau par la construction par exemple de réserves hivernales Je ne sais pas quand le podcast va être publié, mais là, aujourd'hui, on est le 24 novembre. Et puis là, on est vraiment dans une phase où les castors sont prêts pour l'hiver. Ils ont créé des énormes réserves de nourriture pour pouvoir passer l'hiver en toute tranquillité. Et pour faire ça, ils ont fait tout bêtement amener des branches, des brindilles dans l'eau. à l'entr
Le bien-être animal est aujourd’hui au cœur de nombreux débats, mais il reste souvent mal compris. Entre idées reçues, injonctions sociétales et réalités de terrain, une question essentielle demeure : de quoi parle-t-on vraiment quand on parle de bien-être animal ? Pour en discuter, j’accueille Luc Mounier qui travail depuis plus de 25 ans à VetAgro Sup. Responsable de la chaire Bien-Être Animal et expert auprès du ministère et du Parlement européen, il travaille sur les filières bovines, porcines et volailles et nous aide à faire le lien entre science, élevage et société. Dans cet épisode, nous allons revenir aux fondamentaux : comment définir les besoins des animaux, quel rôle joue l’éthologie, et en quoi le bien-être animal impacte la santé, la productivité, l’environnement et les choix de société. Un échange pour dépasser les oppositions simplistes et remettre de la nuance au cœur du débat. LIENS :  https://chaire-bea.vetagro-sup.fr/   https://www.cnr-bea.fr/   https://www.anses.fr/fr   https://www.sismique.fr/ Transcription :  31 - Bien-être animal avec Luc Mounier Luc Mounier: C'est pas la faute des éleveurs, le système dans lequel on est. C'est la faute de tout le monde. Tout le monde a été dans ce système-là. A la sortie de la guerre, on a dit aux éleveurs, il faut produire. On a mis des zootechniciens en leur disant, voilà comment on va produire. Le consommateur s'est mis à manger de la viande midi soir, midi soir, à un prix défiant toute concurrence. Donc, il était bien content. Les politiques ont été dans ce système-là. Donc, c'est la faute de tout le monde. C'est la faute du système. C'est pas la faute de l'éleveur. La majorité des éleveurs que je connais, aiment leurs animaux et aimeraient bien avoir un système qui soit plus propice au bien-être des animaux, c'est évident. Mais il faut aussi qu'ils puissent manger, qu'ils puissent rembourser les investissements qu'ils ont fait. Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture réellement bénéfique pour tous ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Le bien- être animal est un terme omniprésent aujourd'hui, souvent débattu, parfois instrumentalisé et surtout entouré de nombreuses idées reçues. J'ai donc demandé à Luc Mounier, qui est enseignant bien-être animal chez Vetagro Sub depuis plus de 25 ans, de nous éclairer sur ce sujet complexe. Donc voici un épisode pour prendre du recul, déconstruire les idées reçues et comprendre pourquoi une approche holistique du bien-être animal est aujourd'hui essentielle, que ce soit pour les animaux, leséleveurs, l'environnement et notre société dans son ensemble. Tu enseignes le bien- être animal depuis 25 ans chez Vetagrosup et t'es aussi responsable cher bien-être animal. Alors avant de commencer, est-ce que tu peux te présenter, peut-être nous parler comment t'en es venu à devenir prof. Luc Mounier: De bien-être animal ? Alors ça c'est une longue histoire et c'est complètement le hasard. J'étais étudiant à l'école Veto à Lyon, donc qui est devenu Vetagrosup. et je m'occupais pas mal des associations étudiantes. Et le directeur de l'époque m'a dit, à la fin de mes études, « Mounier, ça serait pas mal que vous restiez. » Et il m'a dit, il y a une discipline qui va se développer, et ça, c'était en 2000-2001. C'est le bien-être animal. Moi, je voulais faire vétérinaire à la campagne, je voulais faire vétérinaire rural, aller faire des césariennes, soigner des vaches, des choses comme ça. Puis j'avais un attrait J'étais curieux, j'avais un attrait pour l'enseignement, je lui ai dit pourquoi pas. Et il m'a dit dans ce cas-là, si tu veux faire ça, il faut faire ta thèse à Clermont-Ferrand. Il y a une équipe, c'est des experts du bien-être animal, c'est les seuls qui travaillent là-dessus actuellement. Et donc, il m'a envoyé là-bas. Je me suis intégré à l'équipe. Je suis revenu à l'école Véto où j'ai passé les concours pour devenir prof. En zootechnie, donc c'est l'étude des élevages, je restais sur ma discipline, et bien- être animal. Et les deux sont étroitement liés. Mais au début, je n'avais aucun attrait particulier pour le bien-être des animaux. On n'en parlait pas. On m'avait appris la zootechnie, on m'avait appris la production, on m'avait appris éventuellement le confort des animaux, mais c'était loin du bien-être. Et je suis rentré dans cette discipline. J'étais un des premiers. En tous les cas, j'étais le premier à l'enseigner dans une école véto. Et ce qui fait qu'après, petit à petit, ça s'est construit comme ça. J'ai participé à des projets européens, j'ai monté mon enseignement, j'ai fait des collaborations. Mais au début, ça vient vraiment de mon investissement associatif où le directeur m'a dit « Mounier, ce serait pas mal que vous restiez ». Et il y a une discipline qui se développe.Et depuis, je suis resté dans le domaine parce que je trouve que c'est hyper intéressant. On a une vision systémique de l'élevage. qui m'intéresse et qui m'a permis de découvrir et de rencontrer des gens extrêmement. Lennan Bate: Intéressants sur des thématiques assez variées. Super, on va pouvoir décortiquer un petit peu ça. Mais pour commencer, est-ce que tu peux définir. Luc Mounier: Ce qu'on appelle le bien-être animal ? Il y a une définition officielle qui a été définie par l'ANSES en 2018, alors il y en a d'autres. Mais celle de 2018 de l'ANSES, j'ai participé au groupe de travail et ce n'est pas pour ça que je l'aime bien, mais je la trouve extrêmement intéressante. parce qu'elle recentre l'animal comme étant l'acteur du bien-être des animaux, vraiment, et elle dit que le bien-être des animaux dépend de l'état mental et physique des animaux, et que ça dépend de la perception qu'il a de l'environnement. Et ça, c'est extrêmement important, parce que le bien-être, il faut toujours prendre en compte l'animal, et c'est toujours l'animal qui a raison, Et pendant très longtemps, on a fait plutôt de la bien-traitance, on a essayé de mettre des conditions qui étaient favorables à l'animal, mais sans regarder vraiment ce que l'animal nous disait. Et avec cette définition, on replace bien la notion d'être sensible, qui est inscrite dans la loi, qui veut à la fois tout dire et rien dire, enfin qui n'est pas suffisante en tous les cas en tant que tel, être sensible. Et donc, c'est un état mental. Et cet état mental, il dépend de la perception. que l'animal a de la situation, à la fois de son environnement physique, de son interaction avec les humains, avec ses congénères, mais aussi de sa propre expérience, et donc ça va influer. Et donc, dans une même situation, les animaux auront des bien-êtres qui sont différents. Et donc ça, je trouve que c'est extrêmement important. Et tout ça, c'est basé sur la capacité des animaux à ressentir des émotions. En fait, ils peuvent être tristes, ils peuvent être joyeux, ils peuvent être frustrés. Et donc ça génère un état mental qui va être plutôtpositif ou plutôt négatif. Donc ça, c'est la définition que j'aime bien. Après, il y a des définitions qui sont plus opérationnelles, parce que sur le terrain, état mental et physique, c'est parfois un peu compliqué. Et donc, on utilise des définitions opérationnelles. La plus connue, c'est celle qu'on appelle le principe des cinq libertés. Il y a cinq grandes catégories de critères à respecter. Pour garantir le bien-être des animaux, je vais en donner 2-3. La première, il ne faut pas qu'il ait faim et qu'il ait soif. La deuxième, il ne faut pas qu'il soit dans un état d'inconfort. La troisième, il ne faut pas qu'il ressente de douleurs, qu'il ait de blessures ou de maladies. La quatrième, il faut qu'il puisse exprimer son comportement. Et la cinquième, il faut qu'il soit dans un état émotionnel positif. Et donc, ces cinq libertés, on peut les évaluer facilement sur le terrain. C'est pour ça qu'on dit que c'est des définitions opérationnelles et qui font pendant de la définition un peu plus théorique de l'Anses. Voilà, donc c'est les deux grandes définitions qu'on va utiliser. Il y en a d'autres, mais c'est les deux plus connues. Lennan Bate: Et les deux plus faciles à utiliser. Génial, ça me donne bien envie de creuser certains points. Mais avant ça, moi, j'avais besoin de comprendre Je sais qu'il y a eu beaucoup d'évolution. Les anciens pouvaient dire des choses sur ce qui était bien pour les animaux. Aujourd'hui, on a des nouvelles considérations qui peuvent être justes ou fausses. Quel rôle est-ce que l'éthologie a joué dans la prise de conscience du bien-être animal, de ses comportements. Luc Mounier: De ses besoins, des interactions sociales, etc.? Un rôle absolument fondamental. L'équipe où on m'a envoyé en 2001, c'était des éthologues et en fait, c'était les premiers à regarder l'animal. Vraiment, à regarder les réactions de l'animal face à une situation. Moi, j'avais appris plutôt de la zootechnie. On me disait qu'il faut que le bâtiment soit comme ça. Et en fait, j'ai été chez ces experts, ces zoologues. Ils m'ont dit que le bâtiment peut être comme ça. Regarde ce qu'en disent les animaux.Regarde comment ils se couchent. Regarde comment ils interagissent les uns avec les autres. Regarde comment ils marchent, etc. Et là, En fait, ça paraît évident maintenant, mais ça nous ouvrait les yeux sur peut-être que la quantité de paille que j'ai préconisée n'est pas suffisante parce que l'animal met trop de temps à se coucher, ce qui montre qu'il y a un certain inconfort. Donc l'éthologie a été vraime
Sylvain Couderc   https://www.lesjardinsdelavalette.com/   https://www.lecercle.lesjardinsdelavalette.com/feed   www.spidplant.com   https://brinjel.com/fr/   John Jeavons https://johnjeavons.org/   Eliot Coleman https://www.librairie-permaculturelle.fr/recherche?s=eliot+coleman   JM Fortier https://www.librairie-permaculturelle.fr/recherche?s=jean+martin+fortier   Ben Hartman https://www.claybottomfarm.com/books   Curtis Stone https://theurbanfarmer.co/   Richard Perkins https://www.richardperkins.co/ Transcription :  30 - Maraichage, rentabilité et système bio-intensif avec Sylvain Couderc Sylvain Coudert: Je trouve que parfois, ce n'est pas assez fait par les jeunes maraîchers. Il faut vraiment aller voir ailleurs et aller voir dans d'autres fermes parce qu'il y a des choses, tu vas peut-être le découvrir par toi-même, sauf que si on te le dit, tu vas gagner des années. Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture réellement bénéfique pour tous ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Ayant grandi en ville, ma première réelle reconnexion au vivant s'est faite avec les mains dans la terre, à récolter mes premiers légumes. Pour reprendre conscience de la magie du vivant et la générosité de la terre, rien de tel que de voir une graine germer devenir peu à peu une salade ou une tomate. Ou bien de sortir de terre des pommes de terre ou des carottes. Mon premier mentor, Léo Drevet, était maraîcher et mes premières lectures ont donc assez naturellement été Elliot Colleman John Jeavons ou encore Jean-Martin Fortier. Plus tard, j'ai beaucoup appris des approches de rentabilisation et d'optimisation fonctionnelle d'autres maraîchers tels que Curtis Stone, Ben Hartmann ou encore Richard Perkins. Le maraîchage est l'une des portes d'entrée les plus fréquentes pour ceux qu'on appelle les NIMA, les nouveaux installés du monde agricole, parce qu'il faut moins de terre et moins d'investissements pour se lancer, etaussi souvent parce que les légumes sont plus faciles d'accès que les animaux par exemple. Pourtant, le maraîchage diversifié est extrêmement complexe. Les types de sols, les microclimats, les dizaines et dizaines de légumes à maîtriser tout au long de la saison et l'enjeu de la vente directe sont qu'un imperçu de tous les aspects qu'il faut apprendre à maîtriser afin de créer une entreprise de maraîchage rentable. Entre la culture en serre, le plein champ non irrigué, l'attraction animale, le biointensif et j'en passe, les types de maraîchage sont multiples et complémentaires. Alors aujourd'hui c'est la méthode biointensive dont nous allons parler et pour ce faire je reçois Sylvain Coudert qui est fondateur des Jardins de la Valette, maraîcher biointensif, formateur et cofondateur de Speedplant qui conçoit des outils professionnels pour maraîcher. Alors bonne écoute ! Je me souviens d'une discussion avec un collègue maraîcher au marché de Saint-Giron en Ariège où je suis. qui me disait non, mais vraiment, c'est pas possible. Le maraîchage, ça paye pas. Vraiment, c'est pas possible de faire du maraîchage et d'en vivre. Et j'ai été très frustré parce que moi, ça marche. Après, ça demande pas mal de travail, de réflexion, d'aménagement. Il y a des décisions à faire, des choix à faire. Et du coup, c'est un peu pour ça que je voulais en parler avec toi. essayer de voir un peu décortiquer à quoi ça tient, qu'est-ce qu'il faut pour penser à une entreprise maraîchère qui tourne et de pouvoir en vivre. Mais donc avant qu'on creuse ce sujet plus en détail, est-ce que tu veux bien te présenter, nous parler de toi, ton parcours, ce que tu fais et comment t'en es venu à. Sylvain Coudert: Faire ça ? Donc moi je m'appelle Sylvain Coudert, je suis maraîcher depuis 2012, fin 2011 exactement. Je me suis installé sur la ferme familiale, la ferme de mes grands-parents. J'utilise la méthode buentensive depuis toujours, depuis le tout début. Alors moi je ne suis pas issu du milieu maraîcher. J'ai fait des études électrotechniques et je me suis reconverti, je crois que j'avais 27 ans à l'époque, dans le maraîchage. Donc ça fait 12-13 ans maintenant que je suis maraîcher, donc je suistoujours maraîcher. Je développe aussi des formations depuis quatre ans maintenant à côté, en parallèle de cette activité-là, pour transmettre ce que j'ai appris et ce qui me semble bon. Lennan Bate: Dans le maraîchage. Alors tu parles de la méthode biointensive, est-ce que tu veux. Sylvain Coudert: Bien la présenter, de quoi il s'agit ? La méthode biointensive, ça vient d'un système des maraîchers parisiens, enfin maraîchers, on va dire citadins, au début du siècle, ou plutôt dans les années 1800-1850, C'est un peu le début de la spécialisation de l'agriculture. Peut-être que jusqu'avant les années 1800, les agriculteurs étaient surtout en polyculture élevage et ils avaient des activités à côté où ils pouvaient cultiver quelques légumes. D'ailleurs, c'est resté longtemps dans les campagnes comme ça. Mais il y a eu à un moment donné cette spécialisation, notamment dans les grandes villes, Paris, Londres, les grandes villes européennes, Bruxelles. Il y a peut-être un problème de foncier à l'époque, mais c'était pas comme aujourd'hui. Ils produisaient sur ces petites parcelles, apportaient leurs légumes à la ville et revenaient. avec énormément de matière organique à l'époque, parce qu'à l'époque c'était encore les chevaux qui dominaient les transports, et donc ils avaient accès comme ça à une matière organique importante. Et ils ont développé des techniques sur toute petite surface, donc c'était généralement des parcelles de moins de 8000 m², très cultivées, et à plusieurs personnes, on a des écrits là-dessus, où ils étaient assis, 7 travailleurs, moins de 8 millimètres carrés, et ils produisaient comme ça plusieurs tonnes de légumes qu'ils apportaient dans les capitales. Et ce terme bio- intensif, c'est un anglicisme qui a été rapporté je pense de Paris-Lutte ou Allemagne, je ne sais pas ce que ça a été introduit. Ça vient de « biologic intensive method », « French method » même au départ. Donc c'est d'avoir une vie intense. Alors c'est vraique quand on utilise le mot « intensif » en français, ce n'est pas toujours bien compris et connoté. mais ça vient vraiment d'une activité biologique intense dans nos sols, ça vient de là. Et c'est un terme que moi je garde et que j'emploie encore aujourd'hui pour expliquer mon maraîchage parce que ça reprend justement cette méthodologie avec la modernité. Lennan Bate: De 2020-2025, mais ça vient de là, de cette base. Si on se balade dans tes jardins, à travers ton maraîchage, à quoi ça ressemble ? Qu'est-ce qu'on verrait et en quoi ce serait différent. Sylvain Coudert: D'Un autre type de maraîchage, peut-être plus classique, plus conventionnel ? Oui, parce que c'est vrai que je parlais de l'origine, mais je n'ai pas vraiment décrit ce que c'était. Déjà, peut-être quand même la taille, comme les maraîchers du début, c'est que c'est tout petit. Moi, si on prend ma surface, grosso modo, vue du ciel, de mes cultures, on est à moins de 5 000 mètres carrés. Donc ça, c'est déjà le premier élément. Deux personnes à temps plein à travailler sur cette surface, c'est une première spécificité, c'est la taille. Deuxième spécificité, c'est qu'on est en planche permanente, c'est qu'il y a une standardisation et un découpage au fil des ans, elles sont tout le temps là, tout le temps au même endroit. Elles font toutes 75 cm, avec des passepieds de 45 cm, et dans mon cas, elles font toutes 20 m. Donc ça, c'est aussi une spécificité d'avoir cette standardisation. Alors, tu peux être en bio- intensif et avoir des tailles un peu différentes, mais généralement, on retrouve ce standard-là et surtout cette standardisation dans tous nos jardins, parce qu'on a découpé notre parcelle, même si elle ne fait que 5000 m², de 12 planches qui vont tourner en rotation sur 7 ans. Et dans mes serres, pareil, je vais avoir 6 blocs qui vont tourner sur 6 ans. Donc toujours avec la même longueur, toujours cette même standardisation. Ça, c'est vraiment un point qu'on retrouve partout dans la méthodebiointensive. La taille, donc petite, standardisée. Troisième point, je pense que c'est l'apport quand même important de matières organiques, comme ils faisaient au début du siècle. parce qu'on est sur petite surface, donc on a accès aujourd'hui à la matière organique différente, nous dans notre cas ça va être du compost de déchets verts, qui est aussi finalement produit par les villes, donc on est comme au début du siècle, on récupère cette matière organique qui est produite par les villes ou par les citadins, et que nous on va utiliser, c'est plus le fumier du transport, mais c'est quand même aussi finalement un peu le même rôle qu'on récupère. Donc ça c'est un élément, c'est le troisième élément. Et puis très diversifié, ça aussi. Souvent dans le maraîchage on va trouver, déjà quand on parle de 10-15 légumes, on est déjà dans un système diversifié. Moi j'ai envie de dire que nous on est plutôt des hyper-diversifiés où on monte facilement à 40-45 légumes et je parle pas des. Lennan Bate: Variétés où là on peut monter à plus d'une centaine de variétés. Alors il y a pas mal de choses qu'on va pouvoir creuser. C'est drôle, moi j'ai récemment relu le bouquin des jardiniers maraîchers du début du siècle et c'est extraordinaire de voir à quel point chaque élément est un détail pensé, considéré à long terme. C'est-à-di
Depuis le début de ce podcast, on explore l’importance de la vie du sol pour la vitalité des plantes, des animaux, et plus largement des systèmes agricoles. Aujourd’hui, nous allons faire un pas de plus, en traçant les parallèles entre ce qui se passe sous nos pieds et ce qui se passe dans nos entrailles. C’est un sujet qui me tient très à coeur et pour nous guider dans cet univers où se croisent agronomie, biologie, santé humaine et philosophie du vivant, j’ai le plaisir d’accueillir Nina Vinot. Ensemble, on abordera les sujets d’ensemencent microbien, pourquoi certains micro-organismes colonisent… et d’autres pas, de l’impact de notre alimentation et de nos pratiques agricoles. On regardera les parallèles que l’on peut faire entre sol, plante, animal et humain, bref un épisode qui aide à comprendre comment le vivant s’organise, se régule… et comment nos choix influencent tout le système.   Suivre le travail de Nina Vinot https://www.linkedin.com/in/nina-vinot/?originalSubdomain=fr   Liens et références citées :    Marc andré Selosse https://actes-sud.fr/contributeurs/marc-andre-selosse   Pauline Woerhle https://herbivor.fr/ Pour récouter le podcast avec Pauline Woerhle : https://open.spotify.com/episode/6IYHSC7jRW9DkUXAgu2QaR?si=f5cb33cab1ef4a02   Cyber Agrocare https://www.cybele-agrocare.com/ Bioprox HealthCare https://www.bioprox-healthcare.com/   Americain Gut Project https://journals.asm.org/doi/10.1128/msystems.00031-18   La pyramide de la santé des plantes de John Kempf https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/   Plan Marval https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Plan_Marval_-_Indicateurs_des_sols_vivants   Elaine Ingham https://www.soilfoodweb.com/   Podcast de Graeme Sait https://open.spotify.com/show/4UD6j4HPoF3YIRJIZUjiBT   Podcast de John Kempf https://open.spotify.com/show/14s0owdUUxjTYUeNXpWnv8     Livres cités :   What your Food Ate, Biklé & Montgomery https://www.fnac.com/livre-numerique/a16393531/David-R-Montgomery-What-Your-Food-Ate-How-to-Heal-Our-Land-and-Reclaim-Our-Health   Jamais seul - Marc André Selosse https://actes-sud.fr/jamais-seul   L’origine du monde -  Marc André Selosse https://www.librairie-permaculturelle.fr/ecosystemes-ecologie/833-livre-l-origine-du-monde-une-histoire-naturelle-du-sol-a-l-intention-de-ceux-qui-le-pietinent-marc-andre-selosse.html   Une seule santé - Pierre Weill https://actes-sud.fr/catalogue/nature-et-environnement/une-seule-sante   Teaming with Microbes - Jeff Lowenfels (en français un sol vivant, un allié pour cultiver) https://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/un-sol-vivant-un-allie-pour-cultiver-9782812610363/     La révolution d’un seul brin de paille - Masanobu Fukuoaka https://www.librairie-permaculturelle.fr/agriculture-naturelle/17-livre-la-revolution-d-un-seul-brin-de-paille-masanobu-fukuoka.html Transcription :    Episode 29 - Les liens entre microbiologie du sol et microbiote intestinal avec Nina Vinot Nina Vino: Faire de l'écologie, ce n'est pas essayer de soigner la Terre comme si la Terre était séparée de nous. C'est essayer de soigner l'ensemble de toutes ces interrelations. Et je suis fondamentalement convaincue qu'on n'aura pas de santé humaine sans passer par la santé des écosystèmes. Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture réellement bénéfique pour tous ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Comme je te disais la dernière fois, on a déjà bien établi sur le podcast l'importance de la microbiologie du sol pour la santé des cultures et des animaux. Et donc à présent, j'aimerais, Nina Vino, que tu nous aides à faire des parallèles entre la microbiologie du sol et le microbiote intestinal. Donc avant de rentrer dans le vif du sujet, est-ce que tu peux te présenter et nous parler de ton. Nina Vino: Parcours ? J'ai une formation d'ingénieure agronome et pendant mon parcours d'études, je me suis spécialisée en nutrition. Je m'intéressais à la santé, même par la nutrition. Et après, j'ai distribué des ingrédients nutritionnels et très rapidement, je suis tombée sur les probiotiques et je suis tombée amoureuse des probiotiques. Je me suis dit, oh là là, mais ça change tout ce qu'on a appris en nutritionparce que tout ce qu'on mange passant par le microbiote peut être transformé et ça peut changer la façon dont on absorbe, ça peut changer les métabolites qui en sont issus. D'ailleurs, il y a des chiffres, je ne sais pas ce qu'ils valent, mais Bickley et Montgomery ont dit qu'il y avait 40% des molécules circulant dans notre corps qui viennent du microbiote. Effectivement, ça change un peu toute notre perspective sur la nutrition. J'ai travaillé pendant une bonne dizaine d'années en tant que technico- commerciale dans les probiotiques pour vendre la science des probiotiques à des laboratoires de compléments alimentaires, des laboratoires pharmaceutiques. Et puis, dans mon parcours, j'ai essayé d'élargir un petit peu la vision sur les micro-organismes. Quels étaient les liens entre les micro-organismes et la santé planétaire, j'ai envie de dire. J'étais aussi assez attirée. C'était important pour moi que mon travail ait du sens en termes de durabilité, écologie, etc. Donc j'ai essayé de relier aussi un peu cet intérêt pour les micro-organismes à la santé planétaire. C'est arrivé, j'ai envie de dire, par plusieurs étapes, j'ai commencé à écrire des blogs en cherchant un peu les liens entre les microbes et différents aspects de la santé humaine et puis de la santé planétaire. Par exemple, les microbes par la pluie, les microbes et la santé des coraux. La vache qui n'est pas… beaucoup d'influences de Marc-André Solos, la vache qui n'est pas vraiment herbivore, mais qui élève des microbes dans le sang humain. Je crois que Pauline Verlet, Interroger dit un peu la même chose. Donc voilà, plein de réflexions finalement sur comment est-ce que notre coévolution avec les micro-organismes et leur rôle de grands connecteurs du vivant peut être un levier dans d'autres choses que la santé humaine, mais la santé aussi des sols, la souveraineté alimentaire, les cycles du carbone, les cycles de l'azote, le levier de la biodiversité. le levier du climat aussi, puisque la séquestration du carbone dans les sols est vraiment un levier du climat important. Et c'est, je dirais, c'est il y a trois, à peu près trois-quatre ans, où j'avais lu What Your Food Ate de Bickley Montgomery, et ça a été une grosse, grosse influence pour me dire, mais en fait, la santé humaine, de toute façon, ne peut pas se faire sansla santé des sols, sans le microbiote des sols, Et est-ce qu'il n'y aura pas des parallèles et des leviers entre ce que j'ai appris sur la microbiote intestinale, en grenouillant pendant plus de dix ans dans les conférences sur les probiotiques et le microbiome, et l'appliquer au microbiome des sols, et comprendre finalement quels parallèles peuvent se faire. Et voilà comment je suis arrivée depuis l'an dernier chez Cybella Grocker, qui travaille... C'est une entité légale séparée, mais c'est deux sociétés qui ont un même ADN industriel de fermentation, avec Bioprox Healthcare, qui fait des probiotiques pour la santé humaine, et Cybelle Agrocare, qui fait des biostimulants, des biofertilisants pour l'agriculture. Et moi, je m'occupe du développement business pour. Lennan Bate: Les deux. Alors, ça fait 10-15 ans qu'on entend beaucoup parler de microbiote intestinal. Mais alors, de quoi est-ce qu'on parle quand on parle de microbiote. Nina Vino: Intestinal ? Et pourquoi est-ce que c'est important ? C'est une très vaste question. Quand on parle de microbiote intestinal, on parle de tous les micro- organismes qui peuplent notre intestin. Et ça peut être bactéries, champignons, virus, c'est très large. Souvent, on fait une sorte de réductionnisme, on parle beaucoup des bactéries et des champignons, mais le microbiote est plus large que ça. Et de tous les liens avec notre santé, parce que le microbiote intestinal, c'est aussi là où on va avoir 70% de nos cellules immunitaires, c'est la première ligne de défense pour notre santé. Tout ce qu'on mange peut être potentiellement pathogène, c'est pour ça qu'on a un estomac hyperacide à pH2, c'est pour ça qu'on a toute cette résistance et toutes ces cellules immunitaires au niveau du microbiote intestinal. Et puis c'est là où on va avoir énormément de régulation de notre métabolisme, même de notre comportement au niveau neurobiologique. On parle beaucoup des psychobiotiques depuis 5-10 ans. C'est tous ces liens, en fait, entre le microbiote et le cerveau, et le comportement, etl'humeur, et la dépression. Et ça, il y a plein de mécanismes. Moi, j'ai tendance à aller rapidement vers les mécanismes parce que je trouve que c'est assez éclairant sur qu'est-ce qui se passe, comment ça se passe, comment ça nous constitue. Mais on sait déjà qu'il y a des liens déjà au niveau au niveau neuronal, le nervague, qui est vraiment l'autoroute de la communication bidirectionnelle entre l'intestin et le cerveau. Après, il y a toutes les régulations endocrines, production d'hormones, qui va jouer au niveau systémique. Toutes les régulations au niveau immunitaire, notamment inflammation, les cytokines, quand les micro-organismes vont être en contact avec les cellules dendritiques, de l'immunité au niveau intestinal, elles vont stimuler une réponse, et la sécrétion d'interleukins, qui sont des messagers de l'inflammation, de la régulation
Et si l’on pouvait concilier des plantes saines et vigoureuses, un sol vivant et des coûts de production maîtrisés ? Entre l’équilibre chimique, la structure du sol, les couverts végétaux, la nutrition des plantes et les techniques culturales, les leviers à activer sont nombreux. Baptiste Maitre, formateur en agronomie et spécialiste de la fertilité des sols, nous parle dans cet épisode de méthodes et protocoles qu’il met au point avec un groupe d’agriculteurs particulièrement dynamiques du Nord de la France. Une discussion très clair autour de leviers agronomiques concrets mis en œuvre par ce collectif et Baptiste. L’une des pratiques qui a particulièrement retenu mon attention : le broyage-compostage de surface des engrais verts qui avait été discuté dans un précédent interview de John Kempf. Baptiste Maitre https://www.facebook.com/p/Ver-des-sols-vivants-100057237647959/ https://www.ver-des-sols-vivants.fr/ https://www.linkedin.com/in/baptiste-maitre-221a471a/     Fredéric Thomas https://agriculture-de-conservation.com/-Frederic-Thomas-.html   Friedrich & Manfred Wenz https://agriculture-de-conservation.com/Chez-Friedrich-et-Manfred-Wenz-25,324.html   Francis Bucaille https://www.podbean.com/ew/pb-7upw8-163425a https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Utilisateur:Francis_Bucaille   Méthode Merci - Méthode d’estimation des restitutions par les cultures intermédiaires https://methode-merci.fr/   La pyramide de la santé des plantes de John Kempf https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/   “Carence en Manganese après usage de Glyphosate” https://www.agro-league.com/blog/le-manganese-est-essentiel Transcription :    28 - Des méthodes novatrices pour les cultures industriels avec Baptiste Maitre Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture réellement bénéfique pour tous ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Pour cet épisode, je reçois Baptiste Maître formateur en agronomie et spécialiste de la fertilité des sols. Soyez prévenus, il s'agit d'une discussion technique où l'on parle de fertilité des sols, de technique culturelle, notamment en culture industrielle. Cette discussion a eu lieu au moment de la loi Duplon, de juillet 2025, qui proposait notamment la réintroduction de l'acétamipride, un insecticide organochloré de la famille des néonicotinoïdes. L'argument pour son utilisation étant l'absence d'alternatives ou de solutions face à certains ravageurs pour, en particulier, les cultures de betteraves sucrières et de noisettes. Une pétition, contre sa réintroduction, a alors récolté plus de 2 100 000 signatures. Quelques semaines plus tard, le Conseil constitutionnel a invalidé cette mesure, la jugeant contraire à la charte de l'environnement. Pour recontextualiser, en 2016, une pétition qui réclamait l'interdiction des néonicotinoïdes en France avait recueilli, elle, environ 130 000 signatures. Autant dire que la conscience collective évolue. La dernière fois qu'on s'était parlé, j'avais été très inspiré par tous les protocoles que tu mettais en place avec les agriculteurs que tu accompagnes. Notamment, tu m'as parlé de 2-3 techniques assez chouettes, donc j'aimerais bien qu'on discute plus en détail. Mais peut-être pour commencer, tu peux teprésenter, nous parler un petit peu de l'étendue de ton travail et comment t'en es arrivé à faire ce que tu fais. Baptiste Maître: Super content d'être avec toi. Baptiste Maitre, moi je suis agronome indépendant, ça fait 8 ans maintenant que j'ai créé ma société qui s'appelle Vers des sols vivants. J'ai un parcours un peu atypique parce que mes parents ne sont pas issus du milieu agricole, mais j'ai toujours été passionné par l'agriculture. J'ai fait un lycée à l'école, j'ai fait un BTS technologie végétale. mais c'était très phyto, c'était dans les années 2010, donc du coup très... telle matière active pour telle maladie, etc. Et j'ai pas non plus une fibre commerciale forte, donc je me voyais pas faire technico-commercial. Et donc le déclic, ça a été le DVD de Frédéric Thomas sur l'agriculture de conservation des sols, où je me suis dit, c'est... C'est de l'agronomie que je veux faire et pas de la phytotechnie. Et donc après j'ai tapé bêtement licence pour continuer mes études. Je suis tombé sur la formation à Amiens avec Thierry Tétu, sur une formation agriculteur de conservation des sols, une licence professionnelle. Donc je me suis inscrit, j'ai fait un apprentissage à l'institut technique de la betterave, donc du coup ça m'a commencé à mettre le pied à l'étrier dans les cultures industrielles. On verra par la suite que c'est ce qui oriente aujourd'hui mon travail. Et puis ensuite j'ai refait une licence pro, pas tant pour le côté scolaire mais plus pour le côté contrat d'apprentissage et là j'étais à l'INRA de Grignon et j'ai travaillé sur l'impact des systèmes de culture sur les populations de vers de terre. Je me suis pris d'amour un peu pour les vers de terre et ça venait compléter la corde agronomique. C'était un peu le chef d'orchestre et d'où le jeu de mots vers des sols vivants avec le vers pour rendre hommage à ça parce que c'était vraiment passionnant. Mais par contre, les verres de terre, c'est un peu limité. Si je venais à approcher les agriculteurs juste avec cette corde et cette fibre verre de terre, c'était un peu juste. Du coup, j'ai rajouté des cordes à mon arc. Je suis passé par la pédologie à l'INRA d'Orléans, sur le réseau de mesure de la qualité des sols. Là, j'ai vudes sols du nord au sud, de l'est à l'ouest. Du coup, ça m'a permis de mettre le doigt dans les sols et de vraiment les décrire. Par contre, Il manque souvent dans la pédologie l'approche aussi agronomie pour faire les liens entre ce qu'on voit et ce qu'on... Et moi avec mon cursus et ma curiosité, je voyais que je pouvais commencer à faire des liens donc ça orientait un peu la suite de mon parcours et ça m'a renforcé dans cette idée-là. Je passais par la chambre d'agriculture où j'étais responsable de la fertilité des sols et puis ensuite j'ai eu l'opportunité de travailler sur un projet qui s'appelait Sol Vert. L'objectif c'était de faire de la... l'agriculture de conservation des sols, entre guillemets, en système pommes de terre, betterave, légumes d'industrie. Et donc là, j'ai vraiment mis le pied dans la culture industrielle. J'avais déjà vu la betterave, mais là, de faire des pommes de terre, faire des épinards, des haricots verts. Et donc ça ne m'a jamais lâché après les cultures industrielles. Et donc aujourd'hui, c'est une grosse partie de mon activité. Comment on peut faire ? Parce que le discours, c'était vraiment de dire, vous, vous êtes en patate, en pétrave, donc vous ne pourrez jamais faire du semi direct. Ce n'était pas un discours qui me convenait. Et donc, du coup, j'ai cherché à creuser un peu comment est-ce qu'on peut adapter à ces cultures-là. toutes les méthodes agronomiques qu'on connaît, les couverts végétaux, la réduction du travail du sol, comment on peut améliorer les structures de sol. Et puis voilà où j'en suis aujourd'hui. Lennan Bate: Peut-être rentrons directement dans le vif de ce sujet, parce qu'effectivement, c'est passionnant. Quel est ton protocole ? Qu'est-ce que vous mettez en place sur ces cultures-là ? Parlez-nous un petit peu des techniques que vous avez mises en place. Baptiste Maître: On a essayé de construire et on s'est beaucoup inspiré. La plupart des agriculteurs que j'accompagne, ils ont suivi une formation avec deux agronomesallemands, Friedrich Wenz et Nasser Ditmar, qui ont amené un peu le concept d'agriculture régénérative avant l'agri-bashing qu'on peut entendre. Ce que j'aime bien, c'est que ça repose un peu le cadre de comment on régénère les sols. Et du coup, en premier lieu, il y a vraiment l'état d'équilibre des sols. J'ai passé trois jours avec Francis Bucaille, il y a récemment, et du coup, on a beaucoup reparlé d'équilibrer les sols, de s'assurer que ce soit bien équilibré, notamment au niveau des bases. Regardez le calcium, le magnésium. le soufre, etc. Donc il y a vraiment cette idée de comment mon sol est équilibré chimiquement, et puis après on empile des leviers pour pouvoir améliorer ça. Donc le deuxième point c'est vraiment la structure du sol. Donc une fois qu'on a regardé un peu l'équilibre chimique, il faut aller regarder la structure parce qu'il faut quand même que les racines puissent descendre dans le sol. Et donc là on vient si besoin, et c'est vraiment Il ne faut pas être dogmatique, c'est-à-dire que s'il y a besoin on vient fissurer avec une dent fissuratrice ou un décompacteur. Et là, ce qu'on a rajouté, en fait, c'est qu'on vient injecter derrière la dente de fissuration des micro- organismes pour aider à restructurer les sols. Alors, je fais des raccourcis, mais en gros, on oxyde le sol quand on vient le travailler. Les micro-organismes, ils sont plutôt réducteurs. Et donc, on vient rééquilibrer le sol suite à une intervention, suite à un travail du sol. Donc, du coup, ça, c'est vraiment le deuxième pilier. Et c'est le premier endroit où on peut On peut utiliser des micro-organismes, notamment des E.M. Là on utilise, donc après il y a différents E.M. On peut mettre de l'aliphophère, on peut mettre de... Là on a beaucoup travaillé au début avec des fermes en ficheur. Il y a les E.M. agritons, enfin il y a plein de recettes. Lennan Bate: Alors peut-être pour ceux qui ne connaissent pas, tu peux bri
LIENS : https://osez-agroecologie.org/ https://afterres.org/ https://terresdesources.fr/ Comprendre les impacts de notre alimentation et de l’agriculture est un enjeu majeur pour préserver la santé des écosystèmes et celle des êtres humains. Évaluer et quantifier la diversité des modèles agricoles existant en France était une première étape essentielle pour ouvrir le débat et faire des choix éclairés. C’est, entre autre, ce que Philippe Pointereau a fait, en consacrant sa vie à interroger les pratiques agroécologiques, à promouvoir les énergies renouvelables et à analyser leur empreinte sur le territoire français. À travers cet entretien, il partage avec nous son parcours, ses réflexions et sa vision d’une agriculture qui intègre pleinement la santé des écosystèmes et celle des Hommes.
Il est évident que toutes les forêts ne se valent pas en termes de biodiversité et de services écosystémiques. Est-il alors possible d’allier biodiversité, robustesse des systèmes sylvicoles et rentabilité de l’industrie ? C’est ce que je tente, entre autres, de comprendre avec Héloïse Dubois, experte passionnée en gestion forestière et environnementale, qui réfléchit à une approche de sylviculture durable, fondée sur la biodiversité, la régénération naturelle et l’observation continue. Formée aux côtés de José Layon, maître sylviculteur depuis plus de 40 ans, elle nous parle de l’équilibre délicat entre productivité, rentabilité et respect du vivant. Dans cette discussion, on évoque : la gestion forestière responsable et innovante l’importance du sol, de l’eau et des cycles naturels la transmission du savoir : formation, accompagnement et lien entre terrain et recherche Une conversation riche, ancrée dans la réalité du terrain et animée par la passion de comprendre et d’agir pour des forêts vivantes et résilientes. LIENS : https://www.linkedin.com/in/h%C3%A9lo%C3%AFse-dubois-dr-ir-9a9b8584/?original_referer=https%3A%2F%2Fwww%2Egoogle%2Ecom%2F&originalSubdomain=be   https://librairie.cnpf.fr/produit/659/9782931178157/sylviculture-du-bouleau  
https://lepaysanmarin.fr/ https://www.instagram.com/lepaysanmarin/
https://lepaysanmarin.fr/ https://www.instagram.com/lepaysanmarin/  
Aujourd’hui c’est Philippe Collin, agriculteur dans la Haute-Marne qui nous parle de son parcours. Dans la famille de Philippe, on a l’habitude des collectifs et on a pas peur de monter des projets, ni de la complexité. Philippe de déroge pas à la règle puisqu’il a fondé ou co-fondé une SCIC pour valorisé les grains des cultures en tourteaux, en huiles et en farines, une entreprise en polyculture élevage sur 300 ha, une unité de méthanisation et j’en passe. De l’agriculture hyper-intensive à l’agriculture bio et de conservation des sols, Philippe nous parle de sa transition et des raisons qui l’ont mené à changer d’approche. Philippe a une grande curiosité et une volonté constante de se remettre en question et d’améliorer ses pratiques. Autant dire que cet épisode est très inspirant. Un témoignage plein de sagesse et d’un optimisme bien réfléchis.
  J’aime les histoires qui font relativiser les difficultés que l’on a pu rencontrer. Car comment faire une prise de sang à un animal de 3 tonnes, qui ne peut pas être anesthésié et qui vit dans l’eau ? C’est notamment ce dont Isabelle Brasseur, biologiste de formation, forte de plus de 30 ans d’expérience auprès des animaux marins nous parle dans cet épisode. Ancienne chargée d’éducation, de sensibilisation et de recherche au sein du parc Marineland, Isabelle partage avec passion comment les techniques d’apprentissage – notamment le conditionnement opérant – permettent de transformer la relation entre l’humain et l’animal. Nous avons notamment parlé de : 🔹 L’importance de l’apprentissage dans les soins animaliers 🔹 Les spécificités et défis liés aux animaux aquatiques 🔹 La manière dont une meilleure compréhension de l’animal peut enrichir nos pratiques et améliorer son bien-être 🔹 Sa transition vers l’accompagnement et la formation des professionnels en liens avec les animaux https://www.linkedin.com/in/isabellebrasseur/
J’ai eu le plaisir d’échanger avec Éléonore de Lambertye, étudiante à AgroParisTech, bientôt diplômée… et déjà cinéaste. Éléonore nous offre un très beau documentaire : Sol couvert d’espoir, dans lequel elle part à la rencontre de paysan.nes passionné.es qui prennent soin des écosystèmes. Sensible aux enjeux agricoles, Éléonore fait le pont entre monde agricole et monde citadin en offrant un regard tendre et respectueux de ce métier. Son action de sensibilisation ne s’arrête pas là : elle a co-fondé un bootcamp afin de permettre aux jeunes citadin.es de réfléchir en profondeur aux enjeux agricoles et alimentaires d’aujourd’hui.   LIENS :  https://www.sols-couverts-d-espoir.fr/
J’ai eu le plaisir d’échanger avec Marie-Thérèse Gassler, agricultrice en grandes cultures et pionnière de l’agriculture de conservation des sols (ACS) depuis plus de 30 ans aux côtés de son père. Dans cet épisode, on parle de : 🔬 L’importance de l’analyse et de l’interprétation des sols, plantes et microbiologie 🧪 Des outils comme le microscope et la chromatographie 🌿 De l’interaction essentielle plante-sol et de la vie du sol 🌾 Des couverts végétaux et de leur diversification 📈 Et de l’évolution de leurs pratiques grâce au suivi biologique sur l’exploitation Marie-Thérèse partage aussi son approche de la formation, son regard sur l’agriculture régénérative, et comment reconnecter avec l’observation du vivant pour mieux décider. Un épisode riche, technique et inspirant pour tous ceux qui veulent comprendre, agir et régénérer. LIENS   https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/ https://www.elisol.fr/ https://www.gassler-techniquesdusol.fr/ 
L’agriculture face à la complexité de l’eau avec Olivier Hébrard, agroécologue, pédologue, hydrologue… et paysan. Dans cet épisode, on parle eau sous toutes ses formes : 🌊 sa qualité, souvent oubliée mais déterminante 💧 sa circulation complexe à travers les horizons du sol 🌱 les pratiques agricoles qui la protègent… ou la perturbent 🚜 et les promesses – mais aussi les dérives – de l’hydrologie régénérative Olivier partage un regard lucide, exigeant, mais profondément inspirant, fruit de ses expériences en recherche, en conseil agroécologique, et sur son propre terrain vivrier. Il nous parle aussi, en creux, de son attachement à la paysannerie, de ses doutes sur certaines modes, et de son espérance discrète mais ferme en une agriculture du soin. Un échange dense, sincère, pour réapprendre à lire l’eau, soigner les sols, et peut-être réenraciner notre rapport au vivant. Le livre de Tristan Gooley https://www.babelio.com/livres/Gooley-How-to-read-water/1198535
Guillaume Tant est consultant agronome, conférencier, et lauréat de la prestigieuse bourse Nuffield, qui lui a permis de parcourir le monde à la recherche de solutions agricoles sans dépendance aux énergies fossiles. Au cours de notre discussion, Guillaume partage avec passion et précision les nombreux apprentissages issus de son parcours, en France et à l’international. Un échange dense, riche en réflexions et en pistes d'action concrètes pour penser une agriculture plus résiliente, plus rentable et réellement durable.   🎧 Au programme : Le fonctionnement et les objectifs de la bourse Nuffield La place du pétrole dans l’agriculture moderne Des réflexions pour développer des systèmes agricoles fertiles, performants et économiquement viables L’importance de la biologie des sols, de la fermentation et d'autres pratiques régénératives Comment engager le changement vers une agriculture vertueuse, en dépassant les freins culturels, techniques et économiques Liens :  https://www.linkedin.com/in/guillaume-tant-57123b135/ https://lagregat.fr/
Guillaume Tant est consultant agronome, conférencier, et lauréat de la prestigieuse bourse Nuffield, qui lui a permis de parcourir le monde à la recherche de solutions agricoles sans dépendance aux énergies fossiles. Au cours de notre discussion, Guillaume partage avec passion et précision les nombreux apprentissages issus de son parcours, en France et à l’international. Un échange dense, riche en réflexions et en pistes d'action concrètes pour penser une agriculture plus résiliente, plus rentable et réellement durable.   🎧 Au programme : Le fonctionnement et les objectifs de la bourse Nuffield La place du pétrole dans l’agriculture moderne Des réflexions pour développer des systèmes agricoles fertiles, performants et économiquement viables L’importance de la biologie des sols, de la fermentation et d'autres pratiques régénératives Comment engager le changement vers une agriculture vertueuse, en dépassant les freins culturels, techniques et économiques Liens :  https://www.linkedin.com/in/guillaume-tant-57123b135/ https://lagregat.fr/
Quand on parle de vaches, on pense souvent production, rendement, ou rusticité. Mais qui prend vraiment le temps d’observer leur langage, leurs comportements, leurs interactions ? Dans cet épisode, je reçois Pauline Garcia, éleveuse, formatrice et autrice passionnée, qui œuvre à faire connaître l’éthologie bovine — ou comment les vaches se comportent, perçoivent leur environnement, et communiquent. J’ai eu la chance de suivre une formation auprès de Pauline. Cette expérience a profondément transformé ma relation avec mon troupeau. Grâce à son approche sensible et rigoureuse, j’ai découvert de nouvelles façons d’entrer en lien avec les bovins, de leur offrir un cadre de confiance, et de travailler en coopération plutôt qu’en domination. 🌿 Dans cet épisode, on y parle de : – communication et comportement des bovins – gestion sans stress du troupeau et de l’individu – confiance, sécurité et observation – mais aussi plaisir au travail, éthique de la relation, et respect du vivant. Le Site de Pauline : https://www.etho-diversite.fr/ Les livres :  https://www.editions-france-agricole.fr/site/gfaed/BOVIN__gfaed.4464.36239__/fr/boutique/produit.html https://www.editions-france-agricole.fr/site/gfaed/BOVIN__gfaed.4464.45430__/fr/boutique/produit.html https://www.editions-france-agricole.fr/site/gfaed/BOVIN__gfaed.4464.44182__/fr/boutique/produit.html Temple Grandin : https://www.youtube.com/watch?v=1XmTkMnltoA 
https://www.geodesheep.com/fr/solognot-426.html https://www.labrebisperrette.com/ https://www.assoafbc.fr/new_site/index.html
loading
Comments 
loading