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Méditations quotidiennes - Centre Le Pèlerin
Méditations quotidiennes - Centre Le Pèlerin
Author: Centre Le Pèlerin
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© Centre Le Pèlerin
Description
Une méditation quotidienne vous est offerte tous les matins à partir de l'Évangile du jour par le Centre Le Pèlerin, spécialisé en accompagnement psychospirituel. Par cette prière du matin, prenez quelques minutes pour nourrir votre foi. Un temps d'intériorité qui éclaire toute la journée! Le Pèlerin offre de l'accompagnement spirituel ainsi qu'une formation en accompagnement depuis près de 25 ans à Montréal. Son approche d'intégration psychospirituelle permet de vivre une expérience spirituelle transformante et libératrice. Le Pèlerin: Le savoir intérieur qui transforme la vie.
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Évangile du jeudi 29 janvier 2026 – 3e semaine du temps ordinaire« La lampe est apportée pour être mise sur le lampadaire. La mesure que vous utilisez sera utilisée pour vous » (Mc 4, 21-25)En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « Est-ce que la lampe est apportée pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? N’est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ? Car rien n’est caché, sinon pour être manifesté ; rien n’a été gardé secret, sinon pour venir à la clarté. Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »Il leur disait encore : « Faites attention à ce que vous entendez ! La mesure que vous utilisez sera utilisée aussi pour vous, et il vous sera donné encore plus. Car celui qui a, on lui donnera ; celui qui n’a pas, on lui enlèvera même ce qu’il a. »Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.La Parole de ce matin atterrit au milieu de ma tablée entourée d’adolescents et de jeunes adultes allumés. Tous et toutes devisent sur l’avenir, le leur, celui qui recevra leur appel, s’inscrira dans leur mission si singulière et si unique. Confiants malgré le chaos de ce monde si peu accueillant, deux d’entre eux souhaitent que leur métier les extirpe de l’impuissance ambiante et devienne empreinte de bonté pour ce monde. J’en étais à cet émerveillement : faire fructifier les talents donnés, mettre sous le lampadaire cette vie lumineuse afin qu’elle brille et nous éclaire les uns les autres. Je les contemplais ainsi lorsque l’un d’eux, le plus jeune de mes fils, refusa de se prêter au jeu. Qu’adviendra-t-il ? Aucune idée, haussement d’épaule, l’air nonchalant si typique des adolescents. Puis, devant le silence insistant, il confirme la peur. Celle-là même qui se drape si souvent de cette indolence fabriquée à l’aide de lambeaux d’angoisse : « Je ne veux juste pas finir seul ».Finir seul… D’abord « finir ». Dans la bouche de la jeunesse québécoise, « finir » signifie se retrouver quelque part entre aboutir et éteindre. Comme une lampe mise sous un lit au fond d’une chambre plongée dans une nuit gardée par la porte que l’on tient bien fermée. La flamme vacillante n’est ni vue ni entendue ni reconnue malgré sa chaleur, son éclat et son intensité. L’affirmation si vraie et poignante d’un enfant de 13 ans qui a peur de finir seul, c’est-à-dire isolé jusqu’à s’éteindre est une vérité sociale que personne ne veut voir. Une enquête intitulée La solitude au Canada révèle que chez les 15 à 24 ans, une jeune personne sur quatre se sent souvent ou toujours seule. Dans ce pays riche et accueillant, le vivre-ensemble se révèle un vivre ensemble seuls.Sa sœur, si rationnelle, tente de le rassurer en lui rappelant qu’il est bien entouré avec sa famille, ses amis. Mais cet entourage reçoit-il vraiment son éclairage ? Tenons-nous la porte bien fermée ou nous efforçons-nous de mettre l’espérance que nous leur portons sur le lampadaire ? N’est-ce pas là une responsabilité partagée ? Son frère aîné tente à son tour de le consoler en l’informant que chaque année plusieurs dépouilles ne sont pas réclamées. Ça pourrait être encore pire! Ces vies qui se tarissent sur le trottoir, au creux de la précarité vorace ou dans la violence d’un milieu mortifère. En 2023, au Québec, ce fut 1143 corps qui ne furent pas réclamés (La Presse, 26 janvier 2026). 1143 lueurs éteintes dans l’indifférence démesurée. 1143 vies mises sous le boisseau, ce contenant cylindrique servant à mesurer du blé, du charbon, du sel. 1143 vies sans valeur, emportées dans l’isolement le plus complet. Malgré le dessert appétissant, l’atmosphère de la tablée était solidement plombée.
Évangile du mercredi 28 janvier 2026 – 3e semaine du temps ordinaire« Voici que le semeur sortit pour semer » (Mc 4, 1-20)En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer de Galilée. Une foule très nombreuse se rassembla auprès de lui, si bien qu’il monta dans une barque où il s’assit. Il était sur la mer, et toute la foule était près de la mer, sur le rivage. Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles, et dans son enseignement il leur disait : « Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, du grain est tombé au bord du chemin ; les oiseaux sont venus et ils ont tout mangé. Du grain est tombé aussi sur du sol pierreux, où il n’avait pas beaucoup de terre ; il a levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde ; et lorsque le soleil s’est levé, ce grain a brûlé et, faute de racines, il a séché. Du grain est tombé aussi dans les ronces, les ronces ont poussé, l’ont étouffé, et il n’a pas donné de fruit. Mais d’autres grains sont tombés dans la bonne terre ; ils ont donné du fruit en poussant et en se développant, et ils ont produit trente, soixante, cent, pour un. » Et Jésus disait : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »Quand il resta seul, ceux qui étaient autour de lui avec les Douze l’interrogeaient sur les paraboles. Il leur disait : « C’est à vous qu’est donné le mystère du royaume de Dieu ; mais à ceux qui sont dehors, tout se présente sous forme de paraboles. Et ainsi, comme dit le prophète : Ils auront beau regarder de tous leurs yeux, ils ne verront pas ; ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles, ils ne comprendront pas ; sinon ils se convertiraient et recevraient le pardon. »Il leur dit encore : « Vous ne saisissez pas cette parabole ? Alors, comment comprendrez-vous toutes les paraboles ? Le semeur sème la Parole. Il y a ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée : quand ils l’entendent, Satan vient aussitôt et enlève la Parole semée en eux. Et de même, il y a ceux qui ont reçu la semence dans les endroits pierreux : ceux-là, quand ils entendent la Parole, ils la reçoivent aussitôt avec joie ; mais ils n’ont pas en eux de racine, ce sont les gens d’un moment ; que vienne la détresse ou la persécution à cause de la Parole, ils trébuchent aussitôt. Et il y en a d’autres qui ont reçu la semence dans les ronces : ceux-ci entendent la Parole, mais les soucis du monde, la séduction de la richesse et toutes les autres convoitises les envahissent et étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre : ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit : trente, soixante, cent, pour un. »Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.« Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer de Galilée. » Dans ce texte, Jésus enseigne les conditions d’une réception de la Parole : qu’est-ce qu’écouter ? Face à une foule nombreuse, « il monta dans une barque où il s’assit. » Jésus parle à la surface de l’eau qui renvoie les sons tel un miroir acoustique. La Parole céleste résonne sur les eaux de la mer qui symbolise souvent le mal, la mort et ce qui entrave la fructification de l’homme. Ici, la mer hostile est mise alors au service de la Parole pour rejoindre l’auditoire. Cette parabole montre d’abord la surabondance de la Création. Dieu est fou… fou d’amour pour nous ! Dans Son amour pour nous, Dieu semble même perdre la tête ! N’est-ce pas ce que dit cette parabole si extravagante ? En effet, aucun paysan ne gaspille les grains de blé en les perdant dans les ronces. Au contraire, les semences sont soigneusement protégées dans des silos. Puis, quand vient le temps des semailles, elles sont semées avec précaution. Aucun paysan ne dilapide une semence acquise au prix d’un dur travail.
Évangile du mardi 27 janvier 2026 – 3e semaine du temps ordinaire« Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère » (Mc 3, 31-35)En ce temps-là, comme Jésus était dans une maison, arrivent sa mère et ses frères. Restant au-dehors, ils le font appeler. Une foule était assise autour de lui ; et on lui dit : « Voici que ta mère et tes frères sont là dehors : ils te cherchent. » Mais il leur répond : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? » Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.Notre famille spirituelle Il arrive régulièrement que lors du cheminement spirituel, nous devions momentanément prendre une distance de nos proches sans toutefois les abandonner. En effet, ces derniers n’arrivent pas toujours à comprendre les nouveaux choix de vie que nous sommes invités à faire et qui mettent fin aux rôles que nous avions dans la famille. La personne subit alors de la pression de ses proches pour qu’elle revienne dans le même type de relation qu’elle vivait auparavant. Or, reprendre sa place dans la famille, avec des relations nouvellement ajustées avec les parents, les frères et les sœurs, n’est pas toujours possible. Par cette Parole de l’Évangile, Jésus nous dit que nous ne serons jamais orphelins ou seuls, car il y a une nouvelle famille spirituelle qui nous attend avec des parents, des frères et des sœurs ou encore un(e) conjoint(e) qui, comme nous ont choisi de marcher dans la Volonté de notre Père. Et cette famille, ce n’est pas n’importe laquelle, c’est la famille du Christ. Soyons assurés que l’amour de Dieu pour nous est tellement grand qu’Il ne permettra pas que nous tombions dans la désolation affective plus qu’il le faut. En effet, si nous aimons Dieu et plus intimement son Fils, tous nos liens d’amour et d’affection seront comblés au-delà de notre espérance. On n’a qu’à se remémorer la vie de l’Apôtre Jean pour s’en convaincre. Jésus n’a pas hésité à lui confier sa Mère, afin qu’il puisse retrouver une mère et pour Elle, un fils. De plus, ces nouveaux liens auront une concordance avec le message que Jésus nous a laissé en nous demandant de nous aimer les uns les autres, comme Lui a su le faire avec ses Apôtres et ses disciples. Ainsi, nous devrions retrouver dans nos nouvelles relations des indices d’honnêteté, de bonté, de bienveillance, d’absence de mépris et d’envie, etc.., puisque nous avons tous et toutes le même Père. Difficile d’y croire me direz-vous ? Souvenons-nous que la Bénédiction de Dieu repose dans le cœur de ceux et celles qui ont une bonne volonté. Dieu ne demande à personne de Lui sacrifier ses liens affectifs, mais un jour viendra où nous Lui offrirons nous-mêmes et librement ces liens que nous considérons indispensables, ou du moins, nous les situerons à leur juste place. Suite à notre nouvelle naissance spirituelle, nous devenons une nouvelle femme, un nouvel homme prêt à faire partie d’une famille unique, celle de Dieu. Et un jour nous pourrons alors dire comme Jésus : « Ma mère, mon père, mes frères et mes sœurs sont ceux et celles qui font la Volonté de mon Père qui est dans les cieux. »
Évangile du lundi 26 janvier 2026 – 3ème Semaine du Temps Ordinaire« C’en est fini de Satan » (Mc 3, 22-30)En ce temps-là, les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient :« Ce Jésus est possédé par Béelzéboul ;c’est par le chef des démonsqu’il expulse les démons. » Les appelant près de lui,Jésus leur dit en parabole :« Comment Satan peut-il expulser Satan ? Si un royaume est divisé contre lui-même,ce royaume ne peut pas tenir. Si les gens d’une même maison se divisent entre eux,ces gens ne pourront pas tenir. Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé,il ne peut pas tenir ;c’en est fini de lui. Mais personne ne peut entrerdans la maison d’un homme fort et piller ses biens,s’il ne l’a d’abord ligoté.Alors seulement il pillera sa maison. Amen, je vous le dis :Tout sera pardonné aux enfants des hommes :leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint,il n’aura jamais de pardon.Il est coupable d’un péché pour toujours. » Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit :« Il est possédé par un esprit impur. »La vraie force arrive jusqu’à nous aujourd’hui par la Parole de Marc. Le salut entre en nous et se révèle dans la profondeur de notre liberté. Elle grandit progressivement dans l’ouverture du cœur à l’action de l’Esprit.Une foule enthousiasmée se rendit à la maison où Jésus était avec les siens. Avant ce rassemblement, eut lieu la dernière intervention de Jésus citée par Matthieu (12, 22) : un démoniaque aveugle et muet, un malade totalement enfermé dans sa solitude, venait soudainement de s’ouvrir à la vie. L’excitation était palpable et l’on se pressait si près de Jésus que les siens, ne comprenant pas ce qui se passait, sentirent l’urgent besoin de le protéger de lui-même au point où ils pensaient: « Il a perdu le sens. » (Mc12,21)Un premier mouvement: prends acte de ce qui t’habite.Des scribes étaient descendus de Jérusalem pour voir et entendre ce Jésus dont ils avaient eu fort vent concernant de multiples exploits. Leurs murmures et leurs chahuts calomnieux se mirent à répandre dans la foule, le doute sur la réputation du Nazaréen. La calomnie prit des airs d’accusations mensongères: Jésus agit au nom de « Béelzéboul ». (Mc 3, 22) déclarèrent-ils. J’accepte ici, une incursion du côté de cette force pas très tranquille qui a des racines si lointaines. Satan ou le diable sont les noms les plus communs dans les évangiles, de l’ennemi opposé à Dieu et à l’établissement de son règne. Il est appelé « Béelzéboul » le Prince du mal. Est-il l’ennemi, l’adversaire, le souffle malfaisant, la force obscure ?Cette force s’est implantée chez nous au Québec comme une mauvaise herbe résistante. Elle pousse à notre insu dans le tissu humain-social-culturel-religieux depuis très loin dans notre histoire. L’imaginaire chrétien en a été fortement marqué. Nous continuons de l’exorciser dans nos contes, nos légendes, nos poèmes, nos prières et nos chansons et c’est tant mieux.Au plan personnel, cette force obscure nous atteint-elle ? Comment se manifeste-t-elle chez toi, chez moi ? Je suis surprise de constater qu’un discernement m’est souvent nécessaire à ce sujet et des traversées nouvelles me conduisent à plus de liberté.Les effets pervers des fausses images de Dieu (juge, punisseur, vengeur, exigeant, écrasant) prennent place en soi dans une éducation où la prédication parle plus de Satan que de l’action de l’Esprit de Jésus Ressuscité.Bénédiction que le respect de la liberté humaine dans l’œuvre de l’Esprit !Un deuxième mouvement: regarde Jésus et laisse-toi regarder par Lui.Jésus est incompris des siens et calomnié par les scribes: l’épreuve humaine est de taille pour lui, mais il ne perd pas de vue que « si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, alors le règne de Dieu vient de vous atteindre. » (Tob: Mt 12,28)
Évangile du dimanche 25 janvier 2026 – 3e dimanche du temps ordinaireIl vint habiter à Capharnaüm pour que soit accomplie la parole d’Isaïe (Mt 4, 12-17)Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations ! Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée. À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent.Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.L’emprisonnement de Jean-Baptiste donne le signal... Alors même que la résistance et l’opposition à la prédication de Jean-Baptiste se manifestent, Jésus se lève pour, Lui-même, reprendre la même interpellation à la conversion. Cet emprisonnement de Jean-Baptiste pourrait être lu comme « Ça ne donne rien, il n’y a rien à faire... ils sont fermés ! On perd notre temps ! ». Mais pour Jésus, c’est le moment de plonger dans sa Mission, à la manière d’un médecin qui, à la vue des symptômes confirmant la maladie, choisit d’intervenir pour soigner, pour guérir. L’ombre de la croix se profile déjà... Comme Dieu fera surgir la Vie et la Résurrection de la souffrance et de la mort, Jésus fait de notre mal et de notre enfermement, le lieu où Il choisit de descendre pour nous sauver.La décision de Jésus d’aller en Galilée est signifiante : composée de 2 anciennes tribus d’Israël (Zabulon et Nephtali) qui, dans le passé, ont été les premières à être annexées par l’envahisseur assyrien, cette Galilée est marquée par un métissage culturel dont les influences étaient une menace à l’orthodoxie. Au nom de l’ouverture aux cultures qui s’y trouvent, ses habitants ont renoncé aux règles les plus strictes de la Loi : pour cette raison, cette Galilée des nations est discréditée par les Juifs. C’est là que Jésus commencera son ministère.Sans tarder, Jésus choisit d’appeler déjà ses premiers disciples. Contrairement aux coutumes du temps où c’est le disciple qui choisit son maître, ici, c’est Jésus qui prend l’initiative d’interpeller ces pêcheurs à Le suivre. Bien qu’ils soient identifiés par l’évangéliste, Jésus ne prononce même pas leur nom dans le récit que nous en fait Matthieu. Celui-ci nous donne simplement un instantané, comme une simple photo, où se condense l’appel qui fait basculer leur vie, alors même que leurs filets définissaient leur identité et accaparaient leur attention et leurs énergies.Ils ont en commun d’être pêcheurs, familiers de la mer avec laquelle leur vie est liée, avec ses promesses et ses dangers. Ils ont connu ces nuits d’abondance où leurs paupières lourdes peuvent se reposer de contentement à la vue de leur pêche...
Évangile du samedi 24 janvier 2026 – 2e semaine du temps ordinaire« Les gens de chez lui affirmaient : Il a perdu la tête » (Mc 3, 20-21)En ce temps-là, Jésus revint à la maison, où de nouveau la foule se rassembla, si bien qu’il n’était même pas possible de manger. Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête. »Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.Vivre « Hors de sens » et ancré au « Cœur maison »! 2 versets seulement nous sont donnés aujourd’hui mais quel mouvement … Jésus revient à la maison après avoir institué les douze ‘apôtres’ pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle1 Il revient à la maison et la foule le suit! Je suis, tu es de cette foule… Qu’est-ce qui nous attire ? La curiosité ? Ou peut-être que tu partages un peu mon chemin : depuis un certain temps déjà, je vais partout où Il va … Quelles paroles il nous dit ! Quelle Parole Il est ! Sa manière d’être et son mode de vie me touchent … J’ai le désir profond d’être près de Lui. Aujourd’hui, à la maison, il y a tellement de monde qu’on ne peut même pas manger… Mais Lui est là au centre ; Lui au milieu de nous, n’est-il pas Pain de vie? N’est-ce pas sa Parole, sa Présence qui sont nourriture en ce moment? Revenir à la maison avec Lui pour mieux m’approcher de son monde intérieur… Ce monde que même ses proches ne saisissent pas… « Il a perdu la tête »… « Il est hors de sens »2… disent-ils Pourtant, d’où je suis dans cette foule, je vois qu’il n’a pas perdu cœur, ancré dans sa mission pour libérer la vie, ancré dans sa relation à son Père qui lui révèle le sens de sa vie… Il rayonne même de joie à nous donner la Vie en abondance… « Il donne et se donne gratuitement, sans mesure. Libre du regard des autres, il est pour nous ‘et ses proches’ un mystère insaisissable. Son cœur est ouvert sans limite à toute détresse, à toute soif, à toute faim humaine, à l’image de cette maison pleine à craquer. Il ne refuse personne ».3 Aujourd’hui, Il m’invite à entrer à la maison, à revenir dans mon « cœur maison »4 pour ensuite mieux sortir vers les autres … Sortir vers les autres avec Lui, en risquant de paraître « hors de sens »… Que de personnes jugées « hors de sens » au fil du temps et encore aujourd’hui : pensons au rêve de Martin Luther King, à la non-violence de Gandhi, à la vie des saintes et des saints , aux personnes qui s’engagent aujourd’hui pour la paix, l’environnement et combien d’autres enjeux … Laissons résonner ces paroles de Arundhati Roy , romancière indienne : « Est-ce utopique, folie, impossible Que de vouloir que tous les êtres humains Soient égaux en droit et en dignité Et que les étrangers soient considérés comme des frères ? Est-ce utopique, folie, impossible Que de vouloir que chaque être humain Mange, soit logé, aille à l’école, ait un travail ? Est-ce utopique, folie, impossible Que de vouloir que les maladies soient éradiquées Que l’accès à l’eau soit un droit pour tous ? Est-ce utopique, folie, impossible Que de vouloir que les femmes et les enfants Ne sautent plus sur des mines anti-personnelles ? Est-ce utopique, folie, impossible Que la force, la guerre et l’argent Ne soient plus des instruments de domination et d’exploitation ? Alors ? Si on me traite d’utopiste, j’assume et j’en suis fier Fier d’être parmi ces milliers de fous qui peuplent l’univers Et qui croient qu’un autre monde est possible, indispensable ! Un autre monde où la vie d’une seule personne Vaudra plus que tout l’or du monde Car ce monde, chaque personne de ce monde, Dieu les habite. Il en est le Père ! … quand tout est calme, si je prête une oreille attentive, Je l’entends respirer »
No 126 – série 2025-2026Évangile du vendredi 23 janvier 2026 – 2e semaine du temps ordinaire« Jésus appela ceux qu’il voulait pour qu’ils soient avec lui » (Mc 3, 13-19)En ce temps-là, Jésus gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui, et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle avec le pouvoir d’expulser les démons. Donc, il établit les Douze : Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques – il leur donna le nom de « Boanerguès », c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –, André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Zélote, et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.Au début du chapitre 3 de l’évangile selon saint Marc, Jésus est confronté à un succès croissant : les foules affluent vers lui, attirées par les guérisons et par l’autorité avec laquelle il réduit les esprits impurs au silence. Cette popularité pourrait nourrir une forme de toute-puissance. Or Jésus ne se laisse pas absorber par l’urgence des demandes ni par l’enthousiasme des foules. Il opère un déplacement décisif : il monte sur la montagne. Ce lieu symbolique de retrait, de prière et de révélation devient l’espace où se joue une étape fondatrice de sa mission.Du haut de la montagne, Jésus appelle ceux qu’il veut. L’initiative lui appartient entièrement. Il ne répond pas à des candidatures, il ne sélectionne pas les plus compétents ou les plus convaincants. Il appelle librement, et ceux qu’il appelle viennent à lui. Parmi ce groupe de disciples, il en institue douze, établissant ainsi un cercle plus étroit de compagnons. Ce geste n’est pas d’abord organisationnel au sens moderne, mais profondément relationnel : « il les établit pour être avec lui ». Avant toute mission, il y a la proximité, la fréquentation, la vie partagée. La mission découle de cette intimité.Ces Douze sont ensuite envoyés pour proclamer la Bonne Nouvelle et pour exercer une autorité sur les forces du mal. Ce pouvoir n’est pas le leur : il est reçu, confié, et toujours lié à Celui qui les envoie. Marc précise les noms : chacun est identifié, reconnu dans sa singularité. La liste est close, non pour exclure, mais pour signifier qu’un corps se constitue, avec une responsabilité particulière au service de tous.À y regarder de plus près, cette énumération révèle une grande diversité humaine et relationnelle. Frères de sang côtoient des hommes aux parcours, aux sensibilités et aux convictions probablement très éloignées. Certains n’auraient sans doute jamais imaginé prêcher ou enseigner. La communauté apostolique naît ainsi marquée par des tensions potentielles, des incompréhensions possibles, des fragilités bien réelles. À la lumière de la suite de l’Évangile, la présence de Judas rappelle avec force que l’appel n’abolit ni la liberté ni le risque. La proximité avec Jésus n’immunise pas contre la crise, la déception ou la rupture.Ce passage nous enseigne que la suite du Christ est toujours une initiative qui vient de lui, offerte à des personnes diverses, appelées telles qu’elles sont. La mission confiée, qu’il s’agisse d’annoncer, d’accompagner ou de servir, ne repose pas sur une auto-légitimation, mais sur une relation vivante et entretenue avec Lui. En même temps, l’appel respecte pleinement la liberté de chacun : certains persévéreront malgré leurs failles, d’autres pourront se détourner.Enfin, cet appel est à la fois personnel et communautaire. Il inscrit chacun dans un corps où l’accueil mutuel, le soutien réciproque et la fidélité partagée deviennent essentiels pour porter ensemble un témoignage crédible. La mission apparaît ainsi clairement comme naissant d’une relation, se déployant dans une communauté, et demeurant toujours traversée par la fragilité humaine.Méditation - Appelés pour être avec lui
Évangile du jeudi 22 janvier 2026 – 2e semaine du temps ordinaire« Les esprits impurs criaient : “Toi, tu es le Fils de Dieu !” Mais il leur défendait vivement de le faire connaître » (Mc 3, 7-12)En ce temps-là, Jésus se retira avec ses disciples près de la mer, et une grande multitude de gens, venus de la Galilée, le suivirent. De Judée, de Jérusalem, d’Idumée, de Transjordanie, et de la région de Tyr et de Sidon vinrent aussi à lui une multitude de gens qui avaient entendu parler de ce qu’il faisait.Il dit à ses disciples de tenir une barque à sa disposition pour que la foule ne l’écrase pas. Car il avait fait beaucoup de guérisons, si bien que tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher. Et lorsque les esprits impurs le voyaient, ils se jetaient à ses pieds et criaient : « Toi, tu es le Fils de Dieu ! » Mais il leur défendait vivement de le faire connaître.Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.Une multitude de gens qui vient à lui, ceux et celles qui souffraient se précipitaient vers lui, la foule put l’écraser si ce n’était de la barque qui le tenait à l’écart. Devant cette déferlante d’espérance, nul doute que la Parole de ce matin m’enseigne l’humilité de Dieu. Devant les lépreux, les possédés, les malades, les impies, Dieu seul, est assez humble pour aimer, tous, jusqu’au dernier. D’ailleurs, personne ne peut aimer sans être en état de dépendance, aimer c’est se livrer sans réserve, sans se défendre, sans ériger de protection. C’est vivre en confiance, à la merci en quelque sorte du bon et du mauvais vouloir de notre entourage. Dans sa transparence, l’amour porte à la lumière et révèle, sa translucidité perçoit la bonté cachée en l’autre avec assurance désarmante. Ce n’est qu’en pleine vulnérabilité que nous aimons vraiment, au risque d’être abusé ou trahi par l’autre. Au risque d’être lacéré avec le pouvoir que nous laissons à l’autre. En cette semaine pour l’unité des chrétiens, la foule de la Parole me rappelle l’interdépendance, ce lien unique et amoureux unissant notre fond commun d’humanité. Le lépreux comme le pharisien. Nous sommes pleinement acceptés, aussi non méritants que nous pouvons l’être, nous sommes tous embrassés, enfants ingrats, turbulents et souvent indignes de la grandeur dont Dieu nous enveloppe. J’en étais à ces réflexions quand ma voisine vint se dresser devant moi, fixant sa montre, fixant mon cou arborant ma croix.« T’as vu, 8h du matin, un dimanche! Nous sommes ici toutes les deux et on s’entraîne ». Je balaie du regard la salle de musculation désertée, nous sommes à peine quatre femmes à suer, lever des poids trop lourds, exécuter des mouvements essoufflants. Je souris, j’aimerais lui répondre que j’aime lever des poids pour mieux soutenir la Croix, cet Amour planté en moi, dans sa Vie vivante et celles des autres. Comme Simone de Cyrène, prise par le bras, invitée à traîner Sa croix, je participe aujourd’hui à la résurrection avec mes os déjà trop vieux. Ils tiendront le coup grâce à la joie l’Esprit qui nous soulève, moi et mes poids, grâce à son élan qui nous entraîne, mon cœur et moi. J’aime tellement prier en mouvement, au creux de l’effort, c’est vivifiant.Ma voisine s’impatiente devant mon silence et mon sourire qui manque d’égo et de virilité partagée. Elle reprend : « Nous autres au moins, nous ne sommes pas à la messe! Étonnée je la contemple, sa fierté éclatante, ses poings sur ses hanches, l’air convaincu. Il fut un temps où les foules accouraient vers le Christ, où tous les horizons convergeaient vers le Christ, s’unifiaient par sa guérison. Aujourd’hui, ici, les églises se vident et l’eucharistie, comme on vient de me le rappeler, est une perte de temps.
Évangile du mercredi 21 janvier 2026 – 2e semaine du temps ordinaire« Est-il permis, le jour du sabbat, de sauver une vie ou de tuer ? » (Mc 3, 1-6)En ce temps-là, Jésus entra de nouveau dans une synagogue ; il y avait là un homme dont la main était atrophiée. On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat. C’était afin de pouvoir l’accuser. Il dit à l’homme qui avait la main atrophiée : « Lève-toi, viens au milieu. » Et s’adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? » Mais eux se taisaient. Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leurs cœurs, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il l’étendit, et sa main redevint normale.Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil avec les partisans d’Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr.Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.Dans une synagogue, Jésus est confronté à la misère humaine lorsque son regard se pose sur un homme à la main « desséchée » (selon une note de la TOB). Selon l’ordre de la Création voulue par Dieu, la main se dresse au bout du bras comme une fleur qui permet l’épanouissement du geste. Mais, dans ce texte, au bout de cette « main atrophiée », seul un dessèchement se laisse voir qui rend impossible l’action. Sur la voûte de la chapelle Sixtine, le peintre Michel-Ange mit en scène le dialogue de la main créatrice avec la main humaine. Dans un geste vigoureux, la main puissante du Créateur se tourne vers Adam qui reçoit l’impulsion vitale. Cet échange des deux mains comme une rencontre oriente la Création. L’homme est fait pour vivre de la vie divine. On le sait le jour du sabbat était un jour de repos permettant au peuple d’entrer dans le regard de Dieu (Gn 1). Quel regard Dieu porte-t-Il sur la Création ? Comment vivre de ce regard divin ? Jésus nous aide, dans ce texte, à entrer dans le regard de Dieu. D’abord, premier point. Remarquons que Jésus n’est pas dupe de la situation dans laquelle on cherche à Le piéger. Jésus le sait bien… aux yeux des Pharisiens, le salut qu’Il apporte sera considéré comme un acte impie. Sauver l’homme à la « main atrophiée » un jour de sabbat sera retenu contre Lui : « Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil avec les partisans d’Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr. » Dans ce passage de l’évangile, les Pharisiens et les Hérodiens veulent coincer Jésus et cherchent un moyen de Le faire périr. Pourtant, par le complot qu’ils tissent, les adversaires de Jésus enfreignent la législation du sabbat. En effet, ils travaillent à faire le mal le jour du sabbat… Aux yeux de tous, Jésus met en lumière leur intention mauvaise : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? »Ensuite, nous remarquons un deuxième point. Selon un esprit juridique, les rabbins interprétaient la loi de Moïse en distinguant les cas ; ils jugeaient qu’il était licite de soulager un malade, pendant le sabbat, si sa vie était en danger. Ainsi, le principe d’honorer par le repos le sabbat se pliait au commandement de choisir la vie (Dt 30,19). Les rabbins établissaient une hiérarchie des normes : quelles sont les lois les plus importantes ? Comment les classer ?Dans ce passage, Jésus va plus loin… Il étend le principe qui suspend l’interdiction de travailler le jour du sabbat à toute guérison, à tout geste qui redonne vie. Ne pas soulager un malade et ne pas guérir un homme à la vie diminuée sont alors compris comme une manière de faire périr et de faire le mal. Jésus oriente clairement le sabbat vers l’action de guérir, de faire le bien, de soulager l’homme. Habitués à ce texte, nous pourrions réduire cette confrontation qui oppose Jésus aux spécialistes de la Loi à un débat juridique. Pourtant, l’enjeu n’est pas là…
Évangile du mardi 20 janvier 2026 – 2e semaine du temps ordinaire« Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat » (Mc 2, 23-28)Un jour de sabbat, Jésus marchait à travers les champs de blé ; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Les pharisiens lui disaient : « Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat ! Cela n’est pas permis. » Et Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ? Au temps du grand prêtre Abiatar, il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de l’offrande que nul n’a le droit de manger, sinon les prêtres, et il en donna aussi à ceux qui l’accompagnaient. »Il leur disait encore : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître, même du sabbat. »Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.Nous imaginons Jésus avec ses disciples dans le champ de blé, ils ont faim et arrachent les épis. Ils ont « besoin » de s’alimenter et ils cherchent de quoi se nourrir. Ils ne partent pas avant tout d’une idée, ou d’une opposition à la Loi qui interdit certaines pratiques, parmi les nombreux interdits que la Loi prescrit à ceux qui veulent avancer vers le Dieu d’Abraham, ils ont simplement faim. Mais ils sont observés, et même scrutés dans leurs attitudes, et particulièrement jugés dans les actions qui pourraient être en rapport avec la religion. Jésus est fortement interpelé par les pharisiens, qui se sentent les plus fidèles interprètes de la Torah : « Regarde ce qu’ils font le jour du Sabbat !... Cela n’est pas permis ». Ils mettent Jésus à l’épreuve, veulent l’obliger à prendre une position claire par rapport à cet interdit du jour du Sabbat. Jésus va alors présenter le rapport avec Dieu, qui est la définition même du mot religion, « religare », ou respect des rites, d’une façon très nouvelle, bouleversante. Il reprend alors l’exemple de David, dont l’autorité est incontestée par les pharisiens, qui lui aussi « lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim …mangea les pains de l’offrande que nul n’a le droit de manger…et en donna à ceux qui l’accompagnaient ». Les lignes bougent avec Jésus, lorsqu’il y a un vrai « besoin » les règles peuvent et même doivent changer. Le plus explicite dans la vision que Jésus donne du sabbat est « Le sabbat est fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat ». Jésus parle de l’homme, l’homme ordinaire, celui qui cherche avec honnêteté à faire sa part pour avancer vers Dieu, pour cet homme-là l’observance du sabbat est un moyen et pas un but en soi. L’homme est alors élevé par Jésus à une telle dignité qu’elle dépasse complètement le sabbat, « le sabbat est fait pour l’homme et non pas l’homme pour le sabbat ». Je me sens souvent confrontée à ce paradoxe de la loi, qui n’est pas uniquement l’observance de la loi religieuse, mais s’applique à tous les domaines de la vie humaine. La loi, si elle est nécessaire à tout groupe, à toute société, doit rester au service de l’homme et ne pas l’écraser, pour quelque motif que ce soit. Je pense à cette famille de réfugiés qui n’a pas tout-à-fait respecté les règles normalement d’application, mais pour des motifs et des besoins ô combien légitimes. Sauver sa vie, ou celle de ses enfants est un besoin, et même un droit. Ce droit a été reconnu, ils ont reçu les documents qui leur permettent de s’insérer dans un pays qui les accueille.
Évangile du lundi 19 janvier 2026 – 2e semaine du temps ordinaire« L’Époux est avec eux » (Mc 2, 18-22)En ce temps-là, comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vint demander à Jésus : « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront. Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin nouveau, outres neuves. »Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.Dans les brocantes, se rencontrent des objets insolites comme la queue touffue d’un demi-renard empaillé. Grâce au progrès de notre époque, avec nos yeux libérés par la modernité, quand nous lisons l’évangile, nous découvrons des bizarreries comparables : « jeûner » et « Époux », voilà deux mots dont on ne sait plus quoi faire ! On les regarde comme les témoins d’une époque révolue, comme des déchets rejetés par la mer sur nos côtes. Grâce aux supermarchés, nous n’avons plus besoin de « jeûner » ! Grâce à l’effondrement des mariages, nous oublions ce que le mot d’« Époux » contenait de patriarcal !Pourtant, en fin de semaine, nous promenons notre désespoir dans les immenses zones commerciales. Nous guettons les applications de rencontres pour trouver quelqu’un à aimer… même un peu… même mal… Dans ce qu’on achète, on guette quelque chose de beau qui ne s’achèterait pas… On ne sait même pas quoi… au fond, on ne sait même pas s’il existe ce bonheur… qui ferait de la vie une chance. Malgré tout, un bout d’âme, qui ne se résigne pas, désire encore… On cherche comme un troupeau sans guide. Alors, on suit la chanson qui traîne… dans le supermarché, on suit la file des chariots à roulette… on suit les idées qui mènent le monde sans savoir où il va.Dans l’immense centre commercial, un institut de beauté est décoré. « Vivez une oasis de confort » déclare une banderole qui traverse le magasin. La vitrine expose un gros cylindre contenant une gélatine éclairée par un néon couleur menthe glaciale. De fines bulles frissonnent dans cette pâte. Pour les clients essoufflés, l’institut organise un « moment zen ». Au milieu du cylindre, un soleil de plastique monte et descend au rythme d’une respiration qui chercherait à s’apaiser. Sur le soleil, une inscription donne un ordre aux passants : « SoyeZ Zen ». Les deux « Z », qui se rejoignent, balafrent le soleil comme un gros oeil qui regarde les gens à travers sa gélatine. Notre conception du « bonheur » est flasque comme cette pâte où flotte un soleil de plastique. Le néant suintant propose sa tentation : une parenthèse de bien-être avant de retourner au stress. Notre expérience de la « paix » se réduit à suivre, par la respiration, ce soleil balafré qui monte et descend en ordonnant : « SoyeZ Zen ».L’âme est happée, livrée à l’extérieur. Nous ne savons plus utiliser notre âme. Pourtant, même écrasée de négligence, notre âme n’est pas morte. Notre désir d’aimer bouge encore ! Notre désir d’être rempli par quelque chose qui nourrit crie famine ! Dans le réel, il existe bien quelque chose qui se lève et fait face. Dans nos déserts affectifs, quelque chose prend forme et visage. Sans Dieu, nos quêtes de bonheur s’effondrent dans le désespoir. On aura beau s’inventer des illusions pour faire taire nos échecs, nos désillusions crieront plus fort que nos mensonges.
Évangile du dimanche 18 janvier 2026 – 2e dimanche du temps ordinaire« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29-34)En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.Comme sont précieuses les indications qui nous sont données pour nous guider et nous conduire plus loin. Elles balisent notre route et nous aident à avancer. Elles sont placées à des carrefours où se révèlent des choix que nous avons à faire.Lorsque nous sommes en voiture, les panneaux d’indication routière balisent notre itinéraire afin que nous puissions prendre la bonne sortie. Se mettre à l’écoute de ces panneaux ne signifie pas que nous choisissons de mettre notre voiture au pied du panneau routier (nous serions alors dans le champ!!!), mais ils sont des messagers afin d’éviter de « perdre le Nord ». L’indication est un repère objectif et précis, au présent de là où nous en sommes sur notre route. L’indication placée à 100 km de nous n’est pas très utile pour notre itinéraire.Ajoutons aussi qu’une carte routière de 1930 ne pourrait pas nous aider pour voyager en 2026. Nous avons continuellement besoin de nous laisser remettre à jour dans les repères que nous nous donnons pour notre vie. Cette ouverture à l’inédit de la route nous évite de nous retrouver dans un « cul-de-sac ». Les références passées, qui avaient leur raison d’être, ne sont plus capables de rendre compte des chemins à prendre au présent de notre vie, tellement la « topographie » et la « cartographie » du réel ont changé. Des imprévus, comme un enfant qui traverse la rue, une voiture en panne sur le bord du chemin ou des travaux routiers appellent une vigilance qui nous permet d’éviter les accidents.Dans l’Évangile, c’est Jésus qui vient vers Jean-Baptiste. Dans cette rencontre initiée par Jésus, nous voyons justement Jean-Baptiste nous pointer une direction : celle de suivre Jésus, l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. La mère de Jésus étant la cousine d’Élisabeth, mère de Jean-Baptiste, il est fort probable que Jean-Baptiste connaissait bien Jésus. Cette connaissance s’est laissé éclairer par une lumière nouvelle... tellement neuve, que Jean-Baptiste exprime lui-même, à 2 reprises, qu’il ne le connaissait pas et ce, malgré ces 30 années où ils ont pu, à tout le moins, se croiser à travers ce lien de parenté entre Marie et Élisabeth.Cet aveu d’inconnaissance n’est pas l’occasion pour Jean-Baptiste de se disqualifier, mais bien plutôt d’exprimer que le baptême d’eau qu’il donnait a été au service de la révélation de Celui qui est venu derrière lui et est passé devant lui, car avant lui, Il était.Jean-Baptiste ne parle pas à partir de lui-même... il a vu l’Esprit descendre du ciel et demeurer sur Jésus. L’Esprit est à l’Œuvre en Jésus et aussi en Jean-Baptiste pour le rendre capable de voir Jésus dans une nouvelle profondeur. Dieu nous révèle ainsi que notre vie est « bonne conductrice » de sa Grâce (comme un fil de cuivre est bon conducteur pour l’électricité). L’Esprit nous fait signe pour nous guider, dans la situation concrète où nous nous trouvons, pour nous indiquer et nous ouvrir le chemin à suivre pour répondre à l’Appel que Dieu nous fait.
Évangile du samedi 17 janvier 2026 – 1re semaine du temps ordinaire« Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs » (Mc 2, 13-17)En ce temps-là, Jésus sortit de nouveau le long de la mer ; toute la foule venait à lui, et il les enseignait. En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit.Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux à le suivre. Les scribes du groupe des pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : « Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! » Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.Cette page d’Évangile nous invite au bord de la mer, là où barques et pêcheurs sont interdépendants. Jésus y est en sortie… Glissons-nous au cœur de cette foule qui vient à lui… Écoutons son enseignement…Mais que fait-il?Il va vers Lévi…Lévi, ce collecteur d’impôt au service de l’autorité romaine, ce paria qui a renié ses racines de fils d’Israël, ce publicain dont le travail fait de lui un pécheur et un impur…Jésus va vers lui… il le regarde…Sans aucun reproche, il lui dit « Suis-moi »…Il ne lui parle pas de conversion…Il l’appelle au cœur même de son quotidien…Seigneur, ta rencontre avec Lévi m’interpelle aujourd’hui :Tu sais comment souvent, il m’arrive d’être là, bien assis dans ma routine, dans mes certitudes, dans mon confort, collectant ce qui me parait juste : entre autres ces fameuses reconnaissances qui me font me sentir quelqu’un, ou encore ce faux salut acquis par mes efforts, mes mérites, mes rituels bien suivis…Oui, Toi Seigneur, là dans mon quotidien, tu poses ton regard sur moi…Tu m’aperçois… là où je suis assis, installé dans un système de pensées, parfois complice de mon mal-être, paralysé en quelque sorte…Et tout doucement, mais aussi avec vigueur, tu me dis : « Suis-moi » !Ton appel est tellement fort en moi…Ta Parole me met debout intérieurement et mon corps suit le mouvement… littéralement !Je me lève et je te suis…On va où Seigneur?Suis-moi…Je te ramène à la maison, chez toi, à ta table, à ce lieu de communion…Sors de la peur devant les sentiers nouveaux,sors de la honte où le regard des autres a pu te mener :Je te restaure dans ta dignité de fils bien-aimé, de fille bien-aimée…Sors de la peur, sors de la honte.Entre chez toi, avec moi!Entre chez toi avec ceux et celles qui désirent me suivre, m’entendre de près ou de loin, hommes et femmes en recherche, tous pécheurs mais tous tournés vers moi…J’amène à ta table une nouvelle communauté et je suis là au milieu de vous…Le pharisien en toi, celui qui distingue le pur et l’impur, celui qui croit que la conversion doit précéder la communion1, ce pharisien qui vit en toi, je ne le condamne pas, je l’invite à la table…Le pécheur en toi, celui qui vit enfermé sur lui-même, je ne le condamne pas… je l’appelle à renaître, à entrer dans la filiation1…Je suis là au milieu pour t’unifier… oui le pharisien et le pécheur en toi pourront manger à la même table, justifiés, retournés vers moi…et tu pourras accueillir à ta table, avec moi, l’Humanité blessée et souffrante…
Évangile du vendredi 16 janvier 2026 – 1re semaine du temps ordinaire« Le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre » (Mc 2, 1-12)Quelques jours après la guérison d’un lépreux, Jésus revint à Capharnaüm, et l’on apprit qu’il était à la maison. Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte, et il leur annonçait la Parole.Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes. Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, ils font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »Or, il y avait quelques scribes, assis là, qui raisonnaient en eux-mêmes : « Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Percevant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils se faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenez-vous de tels raisonnements ? Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire à ce paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien lui dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ? Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… – Jésus s’adressa au paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison. » Il se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde.Tous étaient frappés de stupeur et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.Dans l’Évangile d’aujourd'hui, une phrase attire mon attention : « Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes. » Elle stimule mon imagination à dépeindre l'état de ce malade et à essayer de sentir ce qu’il éprouve. Privée de la capacité de bouger pour les raisons que nous ignorons, cette personne est complètement dépendante des autres. Ce paralysé est encore en vie, mais pas tout à fait. Une partie de lui est gelée, immobile, anesthésiée.En imaginant l’état de cette personne, je suis envahi par un sentiment de compassion et par un constat douloureux : quel malheur d'être dans un tel état ! Est-ce si éloigné de notre réalité dans laquelle nous vivons ? Malheureusement, nous y sommes confrontés quotidiennement, que ce soit dans notre propre vie ou dans celle de nos proches. Parce que la paralysie peut être vécue au sens large. Il y a différentes situations dans la vie qui peuvent nous rendre immobiles, figés, sans vie. Les émotions, les relations, les désirs, les aspirations, la communication : tout cela peut être paralysé ! On peut être paralysé par la peur, par la haine ou par la colère. On peut être paralysé dans les pertes et dans les souffrances de ruptures…Personne ne se retrouve dans cet état volontairement. Comme le corps peut être paralysé à la suite d'un accident ou d'une maladie, l'homme peut l'être intérieurement à la suite de diverses blessures. Il ne faut pas non plus oublier que chacun de nous porte en soi l’héritage de la nature blessée par le péché qui paralyse, affaiblit, coupe de la source de vie et nous rend impuissants. Le péché nous détruit nous-mêmes et nos relations avec les autres. Nous ne pouvons pas nous en sortir tous seuls. Nous avons besoin de quelqu'un qui nous accompagnera là-dedans, qui nous aidera à retrouver la source de la vie cachée en nous, qui nous aide à renaitre. Nous avons besoin d’entendre la Parole qui guérit, de sentir le toucher de la main de Dieu pour devenir libres et pleinement vivants. Pour beaucoup de personnes, l'accompagnement spirituel est le chemin de la guérison des « paralysies intérieures », le chemin vers la Vie.
Évangile du jeudi 15 janvier 2026 – 1re semaine du temps ordinaire« La lèpre le quitta et il fut purifié » (Mc 1, 40-45)En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié. Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. »Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.Parole rugueuse et qui rebute ce matin d’un Christ qui rabroue celui qu’il vient de guérir par sa volonté : Je le veux sois purifié. Puis avec « fermeté », Jésus le renvoya aussitôt... certaines traductions laissent entrevoir une rudesse inhabituelle et difficilement conciliable avec la compassion qui l’a saisi jusqu’aux entrailles quelques instants plus tôt. Difficilement conciliable aussi avec l’image d’un Christ de tendresse, une patience si incarnée devant l’incompréhension des siens, des prochains, devant les écarts qui font d’eux, qui font de nous, des perdus et des pécheurs. Par exemple, Chouraqui traduira (v.41-43) : « Je le veux, sois pur! » Vite sa gale s’en va; il est purifié. Il le rudoie. Vite, il le jette dehors. Contrairement aux autres évangélistes qui ont adouci le compte-rendu, chez Marc, c’est la personne et non la maladie qui sera purifiée malgré le renvoi brutal et l’avertissement presque menaçant de garder le silence. Le pauvre bougre, toute à sa joie, ne saura tenir sa langue d’autant que la guérison physique se dédouble d’une guérison relationnelle et sociale, mettant ainsi fin à son ostracisme, à sa réduction d’objet méprisant et intouchable. Il pourra enfin être touché, le péché s’en est allé. Chez Marc, Jésus a touché l’intouchable, comme François d’Assise le fera après lui. Mais le Christ savait que pour que le rétablissement soit complet, que la guérison soit parfaite à nos yeux, elle devait être validée par un prêtre du temple d’où sa consigne de s’y montrer durant 7 jours et d’offrir un sacrifice. Là aussi le Christ doit, avec un peu d’exaspération sans doute, toucher l’intouchable de celui ou de celle qui se dit avec autorité pur, pieux et juste.Pris aux entrailles, c’est la Miséricorde faite homme qui a vu la grandeur de cet enfant bien-aimé étouffé par la gale, l’indignité et la souffrance. La présence du mal ne change pas la densité du regard du Père à travers celui du Fils. Ne pas accorder son attention sur le mal pour faire incarner tout l’amour de Dieu dans ce corps souffrant, galeux, méprisé, à travers les manques, les péchés, la suffisance de notre dimension pharisienne. L’agacement du Christ s’éclaire enfin dans mon esprit. La guérison fut-elle parfaite, le rétablissement pour qu’il soit complet nécessitera d’inclure la suffisance pharisienne. La guérison même parfaite devra embrasser l’incompréhension des apôtres, et disciples, autant lépreux que contemporains. La guérison parfaite se reconnaîtra à travers notre imperfection, la grâce purifiant ainsi notre nature. C’est ainsi que sa grâce nous suffit, elle touche enfin l’intouchable en nous.Méditation - Toucher l’intouchable
Évangile du mercredi 14 janvier 2026 – 1re semaine du temps ordinaire« Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies » (Mc 1, 29-39)En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. » Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.Je tourne en rond sur ce parking… Où est ma place ? Se garer au supermarché, quel tracas ! Et en même temps, n’est-ce pas emblématique de notre mode de vie ? Notre monde anonyme nous réserve-t-il une place ? Le photographe britannique Martin Parr qui s’intéressait au quotidien de nos sociétés mettait sous nos yeux une banalité qui disait quelque chose de nos existences. Ses projets artistiques illustraient une morale désabusée : « Quand je photographie des emplacements de parking, partout les mêmes dans le monde, c’est un projet conceptuel constitué à partir d’images idiotes. Mais l’assemblage doit signifier que les gens cherchent leur place, ont perdu leur identité dans le monde. » (1) Chercher sa place perdue et savoir qui je suis. Quelle question brûlante pour notre humanité actuelle !Jésus est « sorti » du Père pour entrer dans notre monde afin d’en manifester le sens. Car notre vie compte pour le Père, « c’est pour cela que je suis sorti », dit le Seigneur. Il sort du Père pour Se revêtir d’humanité. C’est ainsi qu’Il entre dans les synagogues, dans nos maisons et dans nos vies d’aujourd’hui pour tout orienter vers le Père. « Sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. » Sortir, entrer, et aller sont les actions fondamentales du Christ qui tissent une couture entre le monde des hommes et le Père.Dans « la synagogue de Capharnaüm », Jésus vient d’enseigner l’accomplissement des temps et annoncer la venue du Messie. Il s’est joint aux prières du peuple réuni autour de la Torah. Désormais, avec l’Incarnation, le peuple gravitera autour d’un autre centre qui est Jésus Lui-même. Cette Parole ne Se limite plus à un texte écrit dont le servant de synagogue roule les rouleaux dans une étagère. Cette Parole ne reste pas prisonnière de l’inspiration qui l’inscrit dans le texte sacré, elle s’incarne et marche avec les hommes. L’Esprit qui inspire porte la Parole plus loin. Elle est de sortie, elle s’est faite corps et os, la Parole s’est faite chair et présence parmi les hommes. Elle entre « dans la maison de Simon et André » comme elle frappe à la porte de notre maison aujourd’hui.Jésus entre dans la maison de Pierre pour guérir la fièvre de sa belle-mère. C’est peut-être le plus petit miracle de Jésus, un miracle domestique, un miracle minuscule. Mais… rien n’est trop petit pour être visité par le Christ.
Évangile du mardi 13 janvier 2026 – 1re semaine du temps ordinaire« Il enseignait en homme qui a autorité » (Mc 1, 21-28)Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. » L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui. Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. » Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.Dans les écrits des évangiles, à plusieurs reprises il est mentionné que les gens étaient surpris de la manière dont Jésus enseignait ou commentait les textes des saintes Écritures. Certains allaient jusqu’à dire qu’ils n’avaient jamais entendu leurs responsables religieux, tels que les scribes, parler de Dieu et de ce que les prophètes avaient dit de Lui de cette façon. Une toute nouvelle interprétation des textes était présentée aux gens du peuple. Jésus n’hésitait pas à dépouiller la Loi de Dieu de la plupart des préceptes que les autorités religieuses avaient mis en place qui favorisaient les riches notables et propriétaires terriens d’Israël au détriment des petites gens. On n’a qu’à relire le sermon de Jésus sur la montagne, annonçant les Béatitudes pour s’en convaincre. Pour une des premières fois, on réalisait que la Loi n’était pas faite pour combattre uniquement l’ennemi du dehors, mais plutôt celui qui se trouve à l’intérieur du cœur de chaque personne, et de chaque institution autant religieuse que civile, maintenant la personne dans un état d’esclavage. Son enseignement ne reposait pas d’abord sur un devoir religieux, mais plutôt sur le désir de poser des actions ajustées en accord avec l’amour, la justice et la liberté. Une question se présentait au peuple suite aux enseignements de Jésus et c’était : mais quoi faire de cette nouvelle liberté qui nous est donnée ? C’est d’ailleurs une question qui se pose encore aujourd’hui. La réponse se trouve dans le fait que nous sommes invités à combattre le mal de toutes nos forces, autant physiques, psychiques que spirituelles, pour la venue du Royaume de Dieu sur la terre. Cela inclut également l’interdiction de faire quelque connivence que ce soit avec le mal et tout pouvoir visant à acquérir, conquérir ou posséder tout esprit humain par la force ou la manipulation. De plus, ce qui serait pire encore, ce serait de renoncer à notre liberté accordée par Dieu et retourner en esclavage sachant que le Christ a tout donné pour chacun(e) de nous : son corps, son sang et son esprit pour nous libérer du mal. C’est dans cet esprit que Jésus va expulser un esprit impur qui maintenait un homme sous sa domination. Par ce geste, Jésus démontre bien que le mal peut être vaincu, si nous nous unissons à Lui pour le combat qui est à mener. En effet, Jésus a reçu de son Père plein pouvoir sur les esprits qu’ils soient purs ou impurs. Pour les premiers, Il leur rappelait leur responsabilité face à la liberté donnée par Dieu et, pour les seconds, Il leur accordait la délivrance, afin qu’ils puissent eux aussi exercer leur liberté de Le suivre. Toutefois, comme pour les Apôtres, une première étape est essentielle avant de pouvoir œuvrer pour le Royaume et c’est d’accueillir le pardon de Dieu pour nos manquements.
Évangile du lundi 12 janvier 2026 – 1re semaine du temps ordinaire« Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 14-20)Après l’arrestation de Jean,Jésus partit pour la Galiléeproclamer l’Évangile de Dieu ; il disait :« Les temps sont accomplis :le règne de Dieu est tout proche.Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » Passant le long de la mer de Galilée,Jésus vit Simon et André, le frère de Simon,en train de jeter les filets dans la mer,car c’étaient des pêcheurs. Il leur dit :« Venez à ma suite.Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets,ils le suivirent. Jésus avança un peuet il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean,qui étaient dans la barqueet réparaient les filets. Aussitôt, Jésus les appela.Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers,ils partirent à sa suite.« Les temps sont accomplis », tels sont les premiers mots de Jésus. Il le sait particulièrement parce que Jean le Baptiste est arrêté (« livré »). Comme précurseur de Jésus, sa mort prochaine annonce le début du « temps » pour Jésus et préfigure le fait qu’il sera à son tour « livré ». Mais l’accomplissement des « temps » est que le « le règne de Dieu est tout proche », car Jésus, par son incarnation et sa mort et Résurrection, ouvre grand à l’humain le temps du Père. Chaque instant du monde devient un lieu où Dieu a du temps pour nous, où sa Vie éternelle nous est communiquée et partagée. Mais un tel changement demande de notre part de « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ».L’appel à la conversion de Jean le Baptiste demeure mais avec une force et une urgence plus grande à cause de la présence du Fils de Dieu qui vit parmi nous. C’est pourquoi s’ajoute à la conversion l’appel de croire à l’Évangile, à la Parole de Dieu qui s’est faite chair. Le chemin n’en est pas simplement un de détournement du mal mais d’adhérence entière à Dieu afin que la vie de chacun.e devienne Évangile. Cet appel ou cette injonction du Fils est pour toute femme et tout homme. Tous nous sommes appelés à suivre le Christ, à le laisser devenir le centre de notre vie.Si « les temps sont accomplis », ceci signifie que toute notre existence et tout notre être sont repris de l’intérieur par le Christ. Notre chair devient chair du Christ. Notre temps devient temps de Dieu. Nous sommes appelés à participer à l’être-Envoyé du Fils afin d’être-envoyés à notre tour. C’est toute notre vie qui est réquisitionnée et qui, dans le Fils, se fait sortie du Père dans le Fils et retour au Père par le Fils, et tout cela dans une obéissance filiale d’Amour au Père. Nous entrons dans l’illimitation de la mission du Fils et nous recevons, ainsi, la grâce de la disponibilité et de l’obéissance du Fils envers son Père. C’est ce que nous illustrent les quatre appels de cet Évangile.« Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent » ou « ils partirent à sa suite ». Une telle réponse, humainement difficile à comprendre et à réaliser, montre bien que l’appel de Jésus porte déjà ces grâces de disponibilité et d’obéissance. Nous pourrions parler d’une réelle attraction de l’Être divin dans l’intime de l’être humain qui place déjà les appelés.es dans la suite du Christ, qui est une marche d’un « envoyé » (sortie du Père) pour tout reconduire au Père (retour). Ce retour a comme sens véritable et mission de « devenir pêcheurs d’hommes ». Cette suite ne peut jamais être pour notre simple et seul salut mais comme un Amour qui embrasse toute l’humanité… de tous les temps (car « les temps sont accomplis »).Cette pêche miraculeuse de la mission est de permettre à toute personne de devenir enfant de Dieu et, ainsi, avoir part à la vie éternelle trinitaire. Chacun.e doit éprouver en sa chair l’accomplissement du temps et entrer dans cette éternité, qui est devenue le contenu de tout instant qui passe. Cette éternité divine est le trésor caché au cœur du champ du temps.
Évangile du dimanche 11 janvier 2026 – Baptême du Seigneur« Dès que Jésus fut baptisé, il vit l’Esprit de Dieu venir sur lui » (Mt 3, 13-17)Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire.Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.Une nouvelle Année s’ouvre devant nous... Comme un espace offert et donné pour notre propre écriture manuscrite, celle où, même inspirée, les tremblements, les ratures et l’illisible côtoient le Mystère... Celle où nous consentons à la crèche des mots, même s’ils sont trop petits pour dire ce qui nous habite...Cette nouvelle Année qui nous est donnée s’inscrit dans le sillage de cette naissance du Christ à travers laquelle les temps sont accomplis. C’est dans la Lumière de cette bénédiction que Dieu nous ouvre l’avenir et nous invite à marcher.Notre rapport au temps n’est pas toujours simple... Jeune, on a hâte d’être plus vieux... à l’école, on a hâte de pouvoir s’épanouir dans un travail... Au travail, on espère trouver l’amour... On a hâte à la fin de semaine... On pense aux vacances... « Ah, si on peut prendre notre retraite! »... Sans compter la nostalgie des années passées. : « Ah, c’était le bon temps ! ».Au quotidien, nous manquons de temps... nous sommes stressés... ou nous avons hâte que ça achève... ou « c’est long, ça prend donc bien du temps ! »... L’ennui et la solitude rendent le temps lourd... sans compter le long temps des épreuves et des dépouillements...St-Matthieu vient à peine d’évoquer les mages... et nous voilà projeté 30 ans plus tard, avec le baptême donné par Jean-Baptiste. 30 ans de vie, caché dans une Parole qui se dépouille en un silence. Un silence où l’Esprit est à l’Œuvre comme un levain caché dans la pâte. Ce vêtement du silence habille Jésus qui grandit, apprend à marcher, à parler, à prier, à travailler le bois... En Jésus, dans l’enfouissement d’une vie simple et ordinaire, Dieu vit de l’intérieur le mystère de notre vie humaine. En Jésus, c’est aussi l’Infini de l’Amour de Dieu qui fait de notre vie son chemin. La calligraphie de ces 30 premières années suivant la naissance de Jésus sera faite d’un silence dont l’écho est caché dans le « sans mot » de la Parole.C’est un silence habité d’émerveillement, d’apprentissages, de vie de famille, de travail, de quotidien, de rencontres, de paroles et d’écoute, de fêtes, de prières et de contemplation... Silence habité aussi par la croix... celle de la souffrance, celle de la maladie, celle de la violence et du mensonge, celle du mal dont nous sommes prisonniers. Oui, Jésus connaît ce qu’il y a dans l’homme. [1]Son Regard s’est aussi laissé enseigner par l’oiseau qui trouve à se nourrir, par la beauté de la fleur des champs qui ne file pas, par ce blé à protéger en évitant de se laisser emporter par la hantise de l’ivraie à enlever avant la récolte, par les enfants à qui appartient ce Royaume fait de simplicité et de confiance...30 ans sans faire parler de Lui... dans une époque où, à cet âge, tant de vies ont déjà scellé leur destin à travers un amour pour fonder un foyer, un travail, un métier... Jésus habite notre vie sans histoire, sans que quoi que ce soit ne soit remarqué de Lui... Dieu caché... L’éternité dans les contraintes du temps, au compte-goutte des instants au sablier du temps...
Évangile du samedi 10 janvier 2026 – Temps de Noël après l’Épiphanie« L’ami de l’époux est tout joyeux d’entendre la voix de l’époux » (Jn 3, 22-30)En ce temps-là, Jésus se rendit en Judée, ainsi que ses disciples ; il y séjourna avec eux, et il baptisait. Jean, quant à lui, baptisait à Aïnone, près de Salim, où l’eau était abondante. On venait là pour se faire baptiser. En effet, Jean n’avait pas encore été mis en prison.Or, il y eut une discussion entre les disciples de Jean et un Juif au sujet des bains de purification. Ils allèrent trouver Jean et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi de l’autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui ! » Jean répondit : « Un homme ne peut rien s’attribuer, sinon ce qui lui est donné du Ciel. Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit : Moi, je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui. Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite. Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. »Texte d'Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.Jean, quelle grandeur d’âme t’anime !Durant des jours, des semaines, des années, tu as accueilli une foule de personnes venues vers toi pour exprimer leur désir de changer…Tu leur as offert un baptême de conversion dans une eau abondante…Tu as préparé les sentiers, tu as aplani les collines1pour que leurs regards et leurs cœurs se tournent vers Celui qui vient…Tu leur as dit : « Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi (…), Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu ». 2Voyant Jésus venir vers toi, tu le leur as désigné : « Voici l’Agneau de Dieu »3…Aujourd’hui, un Juif vient te dire :… celui à qui tu as rendu témoignage,le voilà qui baptise, et tous vont à lui !Et toi tout simplement, bien humblement, tu réponds :Moi, je ne suis pas le Christ,mais j’ai été envoyé devant lui.« Un homme ne peut rien s’attribuer,sinon ce qui lui est donné du Ciel.Ta réponse me révèle comment tu es situé de manière très ajustée en toi et dans ta relation avec les autres.Comme si je t’entends me dire :Ce qui me protège de la convoitise envers Jésus, c’est que je sais quelle mission est la mienne et je sais que c’est Lui le Sauveur… Je suis venu simplement tourner les regards et les cœurs vers Lui… Alors si tous vont vers Lui, ma mission est accomplie, je suis dans la joie!Ma mission, c’est votre mission aujourd’hui dans l’Église : le reconnaître au milieu de vous, le faire connaître et aimer comme j’ai désiré le faire….L’époux, c’est vraiment Lui, le Christ ! En Lui, Dieu vient épouser notre chair… C’est comme si, dans mon cœur, j’avais entendu sa réponse aux épousailles :« Jésus, veux-tu prendre l’humanité ici présente pour épouse? »Oui je le veux!L’épouse, c’est vraiment l’Humanité : C'est la foule de ceux et celles qui choisissent librement de revenir vers Lui…L’épouse, c’est la communauté formée par tous ceux et celles qui acceptent de se laisser regarder et aimer par Lui : alors leur regard sur eux-mêmes et sur les autres change, leur cœur s’ouvre, le Royaume s’approche…« Et toi, veux-tu prendre le Christ ici présent comme époux?Veux-tu être épousé(e) par Lui? »« Si tu savais le don de Dieu… »4Jean, toi l’ami de l’époux, apprends-moi à entendre cette voix de l’époux en moi d’abord…Apprends-moi avec les autres à reconnaître sa voix chaque fois que sa Parole est accueillie et transforme la vie de ceux et celles qui croisent nos routes;Éveille-nous à accueillir ce qui nous est donné du ciel;Enseigne-nous comment sortir de ces envies qui parfois nous amènent à vouloir être comme l‘autre au lieu de devenir qui nous sommes;




