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Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70
Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70
Author: Nostalgie+
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Description
Happy Days, le podcast 100% années 60 et 70, vous replonge dans les souvenirs marquants de cette époque iconique ! Chaque jour de la semaine, redécouvrez des histoires fascinantes de vos idoles et de ces années d'or : de la folie yéyé aux légendes de la chanson française et internationale comme Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Jacques Brel, Daniel Balavoine, les Beatles, les Rolling Stones, les Kinks, Françoise Hardy, Dutronc, Annie Cordy, les Shadows, Ray Charles, Dave, Sheila, Alain Delon, Nicoletta, Michèle Torr, et bien d'autres. Ce podcast explore le rock and roll, le twist, le punk, le disco, le funk, ainsi que les concerts mythiques, le cinéma et les séries TV cultes de l’époque, la télévision, sans oublier les découvertes scientifiques et les actualités marquantes en Belgique. Raconté comme un album souvenir des jours heureux, chaque épisode de Happy Days vous invite à revivre des moments positifs et joyeux, pour un voyage nostalgique unique au cœur des playlists des années 60 et 70, de 1960 à 1980.
413 Episodes
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Nous sommes le 10 novembre 1964. Happy Day pour Georges Brassens. Il offre à un film sa bande originale et crée, sans le savoir, son plus grand succès. C'est un hymne à l'amitié qui, je le disais, illustre un film. Son titre : Les Copains...Pierre Mondy, Philippe Noiret et Tsilla Chelton. Rien que ça ! Le film, d'abord. Les Copains, c'est une comédie signée Yves Robert, le monsieur derrière "La Guerre des boutons". Une bande de copains qui font les fous à travers la France... Une joyeuse pagaille, un film de potes, tendre et débridé.Pour le générique, Yves Robert a une idée. Il veut Brassens.Sauf que Brassens, il ne compose pas sur commande. C'est une règle. Il écrit quand ça lui vient, pas quand on lui demande.Mais Yves Robert est un ami. Et pour un ami, on fait une exception. Quelques accords de guitare plus tard, on arrive à ceci... qui est un bain de douceur !Brassens écrit donc "Les Copains d'abord". Un texte simple, presque évident, pour le film, mais surtout avec une portée universelle, ancrée dans son époque. Une liste de ce qui compte vraiment. Pas l'amour, pas la gloire. Les copains. D'abord.Au mixage, Yves Robert demande même qu'on accélère légèrement la chanson. Un peu plus de swing, un peu plus d'allant. Brassens accepte. Décidément, on ne refuse rien à un ami.Le film sort début 1965. La chanson, elle, décolle immédiatement. Elle rejaillit sur tout, les ventes du disque, l’affluence en salle et le triomphe de Brassens à Bobino où il joue à guichets fermés jusqu'en janvier.Personne n'avait prévu ça. Surtout pas lui.Une commande pour un générique. Et c'est devenu l'une des chansons françaises les plus connues au monde. Un hymne à l'amitié qui va traverser le temps, sans jamais se démoder... Bref, une chanson de copains.
Nous sommes le 19 juin 1978. Happy Day pour une toute jeune chanteuse américaine de 25 ans. Elle va connaître un succès phénoménal en pleine période disco funk.Elle s'appelle Alicia Bridges. Elle est née à Charlotte, en Caroline du Nord. Elle chante depuis l'âge de 10 ans. Elle apprend la guitare au même âge.À 12 ans, elle a déjà sa propre émission de radio. "The Alicia Bridges Show". Tous les samedis sur la station WADA à Shelby.En 1973, elle enregistre ses premiers singles pour Mega Records, à Nashville. Des titres originaux. Sans succès.À part peut-être, celui-ci... "Just a Little Lovin' (Just a Little Fun)" en 1973, disais-je.Mais Bill Lowery la repère. Il devient son manager. Il la soutient financièrement pendant deux ans. Il démarche les maisons de disques. En 1977, Alicia signe chez Polydor.Alicia écrit une chanson. Titre provisoire : "Disco 'Round".La production suggère de changer le titre. Pour eux, c'est du R&B. Pas du disco. Ils proposent "I Love the Nightlife". "Disco 'Round" devient le sous-titre.Alicia dira plus tard qu'elle espérait que la chanson serait perçue comme un morceau de soul façon Memphis. "Quelque chose qu'Al Green pourrait chanter."Mais c'est en mode disco funk que la chanson va entrer dans l'histoire.Le succès est inespéré !Numéro 5 au Billboard Hot 100. 27 semaines dans le classement. Numéro 2 au National Disco Action Top 30 pendant deux semaines.Top 10 chez nous Belgique.Plus d'un million d'exemplaires vendus aux États-Unis. Disque d'or.En 1978, Alicia est nommée aux Grammy Awards.Le titre devient un classique. Il passe même sur les stations de country music.Et pourtant, la chanson deviendra étroitement liée à la culture gay. Alicia elle-même est ouvertement lesbienne.En 1998, MTV classera "I Love the Nightlife" à la 37e place des 54 meilleures chansons de l'ère disco.
Nous sommes le 10 janvier 1975. Happy Day pour Bernard Pivot. Il quitte son émission Ouvrez les guillemets pour lancer un nouveau magazine sur la 2e chaîne, Antenne 2. Apostrophes, c'est le titre, va durer longtemps, très, très longtemps...C'est une émission littéraire diffusée en soirée, et que Pivot définit comme "un magazine d'idées à partir des livres".Son générique est, lui aussi, de haut vol. C'est le concerto numéro 1 en fa mineur de Rachmaninov...Apostrophes ! Ce nom, il l'a trouvé presque par accident. Quelques mois plus tôt, lors d'un enregistrement, son invitée Françoise Giroud lui lance : "Mais monsieur, vous m'avez apostrophée !" Pivot sourit. Apostrophe. Un terme d'imprimerie, on reste dans les livres. Et puis c'est un échange vif, parfois tendu. Exactement ce qu'il a en tête.La formule est simple. Trois, quatre, cinq auteurs autour d'une table. Des livres qui viennent de paraître. Et Pivot qui relance, qui provoque, qui met les invités en regard les uns des autres. Pas de cours magistral. Pas de révérence. Les écrivains se coupent la parole, se contredisent, s'énervent parfois.La littérature devient vivante. Et c'est très nouveau à la télé !Et parfois, c'est un peu épicé, surtout quand on invite Charles Bukowski...Le contexte compte aussi. En 1975, Antenne 2 est toute neuve. L'ORTF vient d'éclater, la chaîne cherche sa personnalité. Pivot hérite d'une case en première partie de soirée. À une époque où parler de livres à la télévision, c'est presque improbable. Presque ringard.Il ne va pas gâcher ça.Et très vite, les éditeurs comprennent. Un auteur chez Pivot un vendredi soir et le lundi matin, les librairies sont dévalisées. On appellera ça l'effet Apostrophes.Mais ce soir, personne ne le sait encore. Ni Pivot, ni ses invités, ni les téléspectateurs qui ont allumé leur poste. Apostrophes, ça va durer quinze ans. 724 émissions. Jusqu'au 22 juin 1990.
Nous sommes le 19 juin 1964.Happy Day pour Johnny en studio. Eddy Vartan et lui viennent d'écrire un 45 tours qui va marquer l'année. Deux fois de suite.D'abord en super 45 tours. Puis sur un plus grand format...Le titre est tout trouvé : "Les Mauvais Garçons".Petit rappel. Un super 45 tours, c'est quoi ?C'est un disque de 17 cm de diamètre. Entre le 45 tours classique et le 33 tours. Quatre titres. Deux de chaque côté. Un format né dans les années 50 pour proposer plus de musique sans passer au 33 tours complet.On revient à notre sujet principal et à notre studio. Le 19 juin 1964, "Les Mauvais Garçons" sort donc sur un super 45 tours Philips.Avec trois autres titres. "Ça fait mal" (adaptation de "It Hurts Me"). "Pour moi tu es la seule" (adaptation de "Sweet Loving Mamma"). Et "Mais je reviens" (adaptation de "I'm the Lonely One"). Bref, on fait le compte : 3 adaptations et puis, une chanson originale.La chanson est écrite par Ralph Bernet, Johnny Hallyday lui-même, et Eddy Vartan (qui est le frère de Sylvie). Elle est produite par Lee Hallyday."Les Mauvais Garçons" raconte une histoire simple. Celle d'un rebelle. D'un voyou au grand cœur. Objectif : donner une image plus positive des mauvais garçons...C'est du Johnny pur jus. Année 1964.Et comme on peut s'en douter... Le succès est immédiat. Ce n'est pas un numéro 1, mais on en est pas loin.Numéro 3 en France. Numéro 7 chez nous en Belgique. Quatre mois plus tard, le 25 octobre 1964, "Les Mauvais Garçons" ressort. Cette fois sur un 33 tours intitulé "Le Pénitencier".En 1965, Johnny l'interprète à l'Olympia. La version live sera incluse dans un medley. Ce fameux album public ne sortira qu'en 2011....
Nous sommes le 24 octobre 1969. Happy Day pour le petit village d'Amougies, près de Tournai. Il accueille aujourd'hui un festival qui va marquer les esprits... mais un peu contre l'avis de la population. Bienvenue au festival d'Amougies. Festival Actuel, pour les intimes.Amougies. Hainaut. Quelques centaines d'habitants. Des champs, de la boue, un automne belge bien gris.Et soudain, des milliers de jeunes qui débarquent de partout.Le bourgmestre, lui, n'a pas eu peur.À l'origine, ce festival devait se tenir en France. Mais on est en1969, l'après-mai 68 est encore tendu, et les autorités françaises ne veulent pas de ça. Trop de bruit. Trop de jeunes. Trop de tout.Alors le festival traverse la frontière. Et Amougies, sans vraiment l'avoir demandé, devient pendant cinq jours la capitale pop de l'Europe.L'affiche est presque irréelle. Yes. Frank Zappa. Soft Machine. Ten Years After. Le free jazz côtoie le rock psychédélique sous le même chapiteau. On n'est pas à Londres, pas à Paris, pas à New York.On est dans le Hainaut. Et c'est juste... parfait.Ah oui, j'allais oublier un invité d'honneur, Pink Floyd, oui oui oui !Et puis, je le disais, il y a Frank Zappa. Il ne vient pas juste saluer. Il improvise, il dirige, il monte sur scène avec plusieurs artistes. Il est partout. Comme s'il avait compris avant tout le monde que ce petit village belge était en train de vivre quelque chose d'unique.Woodstock, c'était deux mois plus tôt. Amougies, c'est la version européenne, moins mythifiée, plus arty, plus libre. Un grand laboratoire à ciel ouvert, dans la boue et le vent d'octobre.Les habitants d'Amougies, eux, regardent ça avec des yeux ronds.Le festival va durer jusqu'au 28 octobre. Cinq jours. Et puis tout le monde repart. Les champs reprennent leur silence. Mais Amougies aura été, le temps d'un automne, un lieu de... révolution.Le boulanger a fait son beurre. Bref, tout le monde est content !
Nous sommes le 10 juillet 1972 au Studio 2 Nippon Columbia, à Tokyo.Happy Day pour un pianiste de jazz américain en séjour au Japon. Earl a 66 ans. Et il va, l'air de rien, participer à une petite révolution dans l'histoire de la musique.Grâce à la marque Denon.Earl Hines est une légende du jazz. L'un des pianistes les plus influents de l'histoire. Il a façonné le jeu de piano jazz dans les années 40 et 50.Ce jour-là, il enregistre un album solo. Tout se fait en une heure et demie.Toutes les prises sont des premières prises. Jouées en direct. Pas de répétition.Mais ce qui est révolutionnaire, ce n'est pas le pianiste. C'est la machine qui enregistre.Le DN-023R. Le tout premier enregistreur numérique PCM utilisable en studio.Un monstre. 400 kilos. Trois armoires métalliques. Une bobine d'une heure pèse 10 kilos. Et coûte 500 dollars. Soit près de 4 000 euros aujourd'hui.Avant 1972, tous les enregistrements se font sur ruban magnétique analogique. Avec ses défauts. Le souffle. La distorsion. Et des variations de vitesse qui font vaciller les notes.L'appareil de Denon change tout.Il enregistre en numérique (oui déjà !). En convertissant le son en données binaires. Des chiffres qui sont très proches du standard du CD.Le résultat ?Silence absolu. Plus de souffle de bande entre les morceaux.Stabilité parfaite. Pour les ingénieurs de l'époque, c'est un choc acoustique.Le premier album commercial au monde issu d'un master numérique sort en janvier 1971. C'est "Something" du saxophoniste de jazz Steve Marcus.À partir de 1972, Denon multiplie les enregistrements. Musique classique. Jazz. Avec le logo fièrement affiché sur les pochettes : "PCM Digital Recording". Si vous chinez des vinyles d'occasion et que vous voyez ce logo sur une pochette des années 70, achetez-le. Ce sont souvent des enregistrements d'une clarté exceptionnelle. Même selon les standards d'aujourd'hui.Sans les travaux de Denon dans les années 70, le Compact Disc, sorti en 1982, n'aurait probablement pas vu le jour aussi vite....
Nous sommes le 11 février 1976.Happy Day dans les salles obscures. Enfin... pas pour tout le monde. Un film débarque en Belgique. Interdit aux moins de 18 ans. Réalisé par Bertrand Blier. Avec Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle. C'est déjà un goût d'évasion en soi !Son titre : "Calmos".Scandaleux. Antiféministe. Provocateur. Et totalement délirant.L'histoire ?Paul est gynécologue. Aigri. Par sa vie professionnelle. Par sa vie conjugale. Un jour, il croise Albert dans la rue. Un quidam qui est, lui aussi, lassé des femmes.Ils prennent une décision radicale. Faire sécession de la gent féminine. Pour se consacrer à la seule chose qui compte vraiment : la bonne chère.Croûtes de fromage. Madiran. Pâté. Et liberté masculine.Sauf que la machine s'emballe. Ces messieurs ne veulent pas juste profiter de la compagnie des hommes. Non. Ils veulent quitter définitivement les femmes. Fuir leurs exigences. Leur monde.En 1974, Bertrand Blier vient de triompher avec "Les Valseuses". On est en 1975. L'Année Internationale des Femmes. La loi Veil vient d'être votée. Le féminisme est sur toutes les lèvres.Blier change de plan. Le sujet est explosif ? Ils en feront la plus féroce bouffonnerie imaginable.Ils reprennent toutes les revendications des militantes féministes. Tous les griefs. Tous les slogans. Et ils les appliquent... aux hommes.Les hommes deviennent victimes de violence sexuelle. Objets de concupiscence. Sujets de brimades. Rêvant d'une société utopique où ils échapperaient à la domination féminine.Le résultat ? Catastrophique.La critique, déjà insensible aux "Valseuses", est cette fois vent debout. Les uns crient à l'agression réactionnaire. Les autres à l'étalage licencieux du vice. Le public s'étrangle et boude. Les militantes féministes reçoivent l'œuvre comme un crachat.Un échec cuisant, en tout cas à sa sortie… En 2010, Blier dira : "Calmos est la plus grosse connerie de ma vie."Mais c'est peut-être aussi la plus belle.Blier lui-même expliquera : "Calmos doit être pris comme une farce énorme, écrite avec la plus entière mauvaise foi et qui, par le biais de cette mauvaise foi, débouche sur l'humour." Une fable. Totalement folle. Totalement libre. Et délicieusement provocatrice, sur une musique de Georges Delerue...
Nous sommes en mars 1964.Happy Day pour Claude François. Il vient d'acheter un moulin à eau du XIIe siècle dans le petit village de Dannemois, dans l'Essonne, à 60 km au sud de Paris. Un endroit paisible. Pour ses jours de repos.Quelques semaines plus tard, il interprète une chanson qui prend la clé des champs.Coïncidence ? Pas vraiment. Claude François cherche un refuge. Un lieu loin du tourbillon parisien. Loin des studios. Loin des scènes.Il découvre l'ancien moulin au bord de l'eau. Entouré de verdure.Il l'achète. Et décide d'y installer sa mère et sa sœur. Elles y retrouvent la sérénité de leur vie en Égypte, avant l'exil.L'endroit devient rapidement "Le Moulin". Tout court. Claude François le transforme. Il y met ses idées. Son goût pour le décor. Le moulin devient féerique. Un rendez-vous festif du show-biz. Ses amis viennent. Les journalistes aussi. Les photographes immortalisent les soirées.Même si, je vous le rappelle, le but premier était d'en faire un refuge familial, une sorte de ferme du bonheur..."La Ferme du bonheur" sort quelques semaines après l'achat du moulin.Hasard du calendrier. Ou besoin d'exprimer ce qu'il ressent dans ce lieu.Les paroles parlent d'un endroit où l'on vit heureux. Loin du bruit. Loin des soucis. Entouré de ceux qu'on aime. Donc AUSSI ses amis.L'été venu, il part en tournée. Une tournée qui donnera lieu à un film de Claude Vernick au titre éloquent : "L'été frénétique".Contraste total avec le moulin. D'un côté, la fièvre des concerts. De l'autre, la tranquillité de Dannemois.Claude François y restera fidèle jusqu'à sa mort en 1978.
Nous sommes le 10 novembre 1967.Happy Day pour The Moody Blues. Ce jour-là sort un 45-tours qui va devenir l'un des slows les plus langoureux de l'histoire du rock. Avec, en guest star, un Mellotron qui imite les cordes.Allez, on file dans les draps de satin blanc...L'histoire commence l'année précédente, en 1966.Justin Hayward, jeune guitariste anonyme, répond à une annonce. Eric Burdon, leader des Animals, cherche un nouveau guitariste. Hayward n'est pas retenu. Mais l'histoire ne s'arrête pas là.Les Moody Blues viennent de perdre Denny Laine. Ray Thomas met tous les noms dans un chapeau. Tire au sort.Le nom qui sort : Justin Hayward.Le hasard. Rien que le hasard.Les Moody Blues préparent leur deuxième album. "Days of Future Passed". Un album concept qui raconte en sept chansons la journée d'un homme.Et il sera écrit à Mouscron. En Belgique. Un album symphonique….Justin Hayward racontera plus tard :Entre deux histoires d’amour et sans un sou en poche, je ne possédais que des draps de satin blanc. Un luxe inutile qui a donné son titre à la chanson, avec un double sens délibéré.Car oui, "Nights in White Satin" peut être entendu de deux façons. "Nuits en satin blanc". Mais aussi "Chevaliers en satin blanc" — "knights" avec son "k" muet.Un clin d'œil qu'on retrouve sur la pochette de l'album : le dessin d'un petit chevalier en bas à gauche.Un homme entre deux amours. Marchant sur un fil.Et puis, à la fin de la chanson sur l'album, un poème.Trois stances nostalgiques sur la fin des choses. Sur l'agonie. Sur les couleurs qui se mélangent.Car dans le contexte de l'album, la nuit symbolise la mort. Le succès n'est pas immédiat. Mais progressif.Numéro un en France. Hit majeur en Europe. Et lors de sa réédition en 1972, succès aux États-Unis."Nights in White Satin" marque les débuts du rock progressif. Un mélange de mélodie pop et d'arrangements symphoniques.
Nous sommes le 1er février 1971.Happy Day pour Spagna. Elle a 15 ans. Elle enregistre la toute première version, en italien, d'un titre qui, quelques mois plus tard, va devenir un succès international en anglais et en français.Cette chanson, on la doit à Hubert Giraud. Il l'écrit en décembre 1970. Dans un embouteillage parisien.Voici la TOUTE première version de Spagna...Quelques mois plus tard, Phil Trim, chanteur des Pop-Tops, l'adapte en anglais. Ils vont à Londres pour l'enregistrer. Elle sort en juin 1971.Succès international immédiat.Hubert Giraud et le label Barclay se dépêchent. Ils veulent absolument faire enregistrer la version anglaise par un Français, Joël Daydé, pendant l'été. Cela se passe aux Olympic Studios, près de Londres.Ensuite, ils confient une version française à Nicoletta.C'est celle-là qui deviendra la plus populaire.... en France.Nicoletta racontera plus tard l'histoire derrière la chanson.Car Mamy ne veut pas dire mamie. Mamy, c'est Mommy. Maman.Nicoletta avait 19 ans quand elle a appris la mort de sa mère. Par un télégramme.Elle avait raconté cette anecdote à son producteur, le bras droit de Monsieur Barclay. Qui en avait parlé à l'auteur.Et la chanson est née de cette douleur, dans un embouteillage parisien.Avec le temps, "Mamy Blue" a dépassé son histoire personnelle.Le public a cru qu'il s'agissait d'une grand-mère aux yeux bleus. Nicoletta dira plus tard : "Mais c'est pas grave, parce que toutes les mamies françaises, qui ont les yeux bleus, on les appelle Mamy Blue. Avoir une chanson comme ça, qui rentre dans les familles, c'est merveilleux."Comble de l'ironie, quelques années plus tard, Dalida reprendra la chanson en italien, sur les paroles écrites à l'origine pour la toute jeune Spagna...
Nous sommes le 3 mai 1978.Happy Day en deux temps dans les salles obscures de Belgique. C'est un Lino Ventura au sommet de son art qui porte le dernier film de Jacques Deray."Un papillon sur l'épaule".Un homme. Un hôtel. Un cadavre. Et une mallette dont personne ne sait rien.L'histoire est celle de Roland Fériaud, homme d'affaires français, arrivé à Barcelone. Il doit y rester une semaine. À peine arrivé à l'hôtel, il découvre un cadavre dans la chambre voisine. Puis il est assommé. Il se réveille dans une clinique psychiatrique presque déserte. Un médecin, joué par Jean Bouise, le questionne avec insistance sur une mallette. Quelle mallette ? Il n'en sait rien.Le médecin lui assure qu'aucun meurtre n'a été commis à l'hôtel. Le lendemain, Roland quitte la clinique. Il retrouve sa femme à la gare. Change d'hôtel sans expliquer pourquoi. Et là, tout s'accélère.Nouveau cadavre. Coups de téléphone anonymes. Mallette mystérieuse. Enlèvement de sa femme. Règlement de comptes généralisé.Roland ne comprend rien. Il est pris dans une machination qui le dépasse."Un papillon sur l'épaule" est l'une des rares tentatives françaises de rivaliser avec le cinéma paranoïaque américain. Jacques Deray s'inspire de Hitchcock. Le choix de Lino Ventura est inattendu. Presque à contre-emploi. Lui, le héros actif et puissant, devient ici un simple quidam ballotté d'un meurtre à un enlèvement.Autour de lui, des seconds rôles formidables. Jean Bouise, doucereux et inquiétant. Paul Crauchet et son papillon imaginaire. Nicole Garcia en épouse enlevée. Claudine Auger en femme à l'imperméable.Que contient la mallette ? Qui manipule qui ? On ne le saura jamais.À sa sortie, le film ne rencontre pas le succès immédiat. Première semaine : septième place du box-office. Mais la semaine suivante, retournement. Le film monte à la deuxième place. Il cumulera 218 mille entrées. Le bouche-à-oreille a fonctionné."Un papillon sur l'épaule", c'est Lino Ventura à double-tour. C’est Barcelone transformée en espace étouffant... C’est aussi une musique inquiétante signée Claude Bolling.
Nous sommes le 26 juillet 1966.Happy Day pour un chanteur de charme venu de Zelzate. À 34 ans, il va inscrire une chanson et un mot en français dans l'inconscient collectif de toute la Flandre. C'est peut-être même le premier grand tube de la chanson flamande contemporaine.Un mot. Un refrain. Et un costume paillettes. Nom de code : "Chérie".Eddy Wally est déjà très connu en Flandres. Mais là, on va passer un cap !La musique irrigue la famille d’Eddy depuis la nuit des temps. Son père, ouvrier dans une usine de goudron, joue aussi de l'accordéon. Il insiste pour qu'Eddy s'intéresse à la musique. Mais il meurt jeune.Eduard Van De Walle (c'est son vrai nom) arrête ses études. Il travaille dans une usine textile. Pendant les pauses, il joue de la guitare et il chante.Il se marie en 1956. Devient père en 1957. Quitte son emploi. Travaille dans la maroquinerie avec sa belle-mère.En 1959, retour du refoulé : il s'achète un accordéon. Et commence à jouer dans les cafés.Premier disque en 1964 : "Oh Gitana". Premier album en 1965 : "Ma Bella". Avec l'argent gagné, il fait construire un café-dancing à Ertvelde. D'abord appelé Eddy Wally's Texas Bar, il va devenir une institution : le Paris-Las Vegas.En juillet 1966, tout bascule. La chanson "Chérie" sort en single. Bien que la chanson soit en néerlandais, son refrain "Chérie, chérie, dans met mij de tango d'amoré" lui donne une dimension internationaleLe succès est phénoménal. Oui oui, double disque de platine.Eddy Wally devient une star. Pas seulement en Flandre. Mais partout dans le monde.Sur scène, Eddy Wally porte des costumes étincelants. Brillants. Chers. Un style kitsch assumé. À tel point que sa garde-robe extravagante sera acquise en 2004 par le musée de la mode à Hasselt. 115 habits faits sur mesure. Chacun évalué à 5 000 euros."Chérie" restera la chanson signature d'Eddy Wally pendant toute sa carrière. Elle sera rééditée. Et même remixée !Eddy Wally quittera la scène et rejoindra les étoiles en 2016... en disant, peut-être... "Chérie, chérie, dans met mij de tango d'amoré"
Nous sommes le 16 octobre 1975.Happy Day pour un chanteur discret. Son nouvel album est un petit concentré de merveilles. Les chansons se parlent et se répondent. Gérard Manset nous emmène en voyage. Et surtout vers son premier et unique grand succès.Une chanson. Un titre. Quatre mots seulement. On y entre, à pas feutrés, un peu intimidés…Qui voyage en solitaire ?Un homme. Un rêveur. Peut-être un vagabond. Ou simplement quelqu'un qui a choisi de s'éloigner. De partir. De ne plus regarder en arrière.La chanson est composée en 1973. Enregistrée en avril 1974 dans un studio à Milan. Elle sort en 1975 sur l'album 'Y a une route', rebaptisé simplement 'Manset'.Au départ, elle s'appelle "Il chante la terre". Un titre provisoire. Moins évocateur. Moins libre.Et puis elle devient "Il voyage en solitaire".Une route, un départ, bienvenue dans une échappée belle... allez, osons le mot, une forme d'introspection en pleine période d'hystérie collective..Daniel Hamelin, producteur sur France Inter, découvre le titre en face B d'un 45 tours promotionnel. Il le programme. Encore et encore. Jusqu'à ce que la chanson soit enfin distribuée commercialement.C'est la magie de la radio dans les années 70. 300 000 exemplaires vendus. Dixième place dans les classements de la chanson française, même résultat en Belgique.Un triomphe pour un artiste qui n'en voulait pas vraiment.Car Gérard Manset n'aime pas la lumière. Il n'aime pas les plateaux télé. Il n'aime pas qu'on parle de lui.Alors, en réaction à ce succès qui le gêne, il enregistre en 1976 un album au titre révélateur : "Rien à raconter".Un pied de nez. Une manière de dire : laissez-moi tranquille. Je voyage en solitaire.Pendant ce temps "Il voyage en solitaire" poursuit son aventure. Reprise par Danielle Messia. Hervé Vilard. Florent Pagny. Cheb Mami. Et l'immense Alain Bashung. Chacun y mettra sa voix. Sa sensibilité. Comme un hommage à Gérard Manset. Chanteur. Peintre. Photographe. Écrivain. Mais surtout, un grand solitaire.
Nous sommes le 2 octobre 1974.Happy Day pour les enfants sages. Et les autres aussi, rassurez-vous. De nouveaux personnages vont stimuler leur imaginaire. Cet après-midi, à la télévision, on découvre les Barbapapa.Barbabapa nait un jour, dans le jardin de François et Claudine. Au départ, ce n'est qu'une petite boule dans la terre. Cette boule grossit. Et puis...Une forme ronde. Piriforme. Très colorée. Et surtout, capable de se transformer en n'importe quoi."Hocus Pocus Barbapapa !"Et hop, Barbapapa devient échelle. Ou parapluie. Ou bateau. Ou ce que vous voulez.L'histoire commence quatre ans plus tôt.1970. Paris. Jardin du Luxembourg.Talus Taylor, biologiste américain de San Francisco, se promène avec Annette Tison, jeune architecte française qu'il a rencontrée deux ans plus tôt.Talus entend un enfant réclamer à ses parents quelque chose qui ressemble à "baa baa baa baa".Il ne comprend pas le français. Il demande à Annette. Elle lui explique : c'est de la barbe à papa.Une friandise. Rose. Toute en rondeur.Plus tard, tous les deux s'installent dans une brasserie. Sur une nappe en papier, ils imaginent un personnage inspiré par la friandise.Rose. Tout en rondeur. Capable de se transformer à volonté pour s'adapter à toutes les situations.Ils l'appellent, phonétiquement : Barbapapa.Le premier album sort en 1970 à L'École des loisirs.En 1974, la série animée arrive à la télévision.Production franco-nippo-américaine. 45 épisodes de 5 minutes.On découvre Barbapapa, Barbamama, et leurs sept enfants. Sans oublier Socrate, le chien de la famille.Chacun sa couleur. Chacun sa personnalité. Mais tous capables de se transformer.La série sera diffusée sur l'ORTF, puis rediffusée sur TF1.Les livres seront traduits dans plus de trente langues.Une deuxième série de 48 épisodes sera créée en 1977.Avec la même magie simple, qui a fortement marqué l'imaginaire de toute une génération, à la fin des années 70...
Nous sommes le 21 décembre 1967.Drôle de date, mais sacré Happy Day pour un groupe américain qui bat pavillon Motown. Les Temptations parlent de la pluie en plein hiver. Et le succès ne va pas se faire attendre."I Wish It Would Rain". Traduction ? J'aimerais qu'il pleuve.Avec l'incroyable voix de... David Ruffin…Derrière cette chanson et ce happy day, il y a pourtant une histoire tragique.Les paroles sont écrites par un parolier de la Motown. Il vient d'apprendre que sa femme le trompe. Dans sa douleur, il écrit deux chansons. "I Wish It Would Rain". Et "I Could Never Love Another".Deux chansons sur la séparation. Sur la tristesse et le chagrin.Une semaine après la sortie du 45 tours, le parolier se suicide.Il a 27 ans.La chanson est enregistrée le 22 avril et le 31 août 1967 au studio Hitsville à Detroit.Production de Norman Whitfield. Voix principale de David Ruffin. Un mélange de soul, de blues et LA touche Motown qui va grimper au sommet très rapidement.En février et mars 1968, "I Wish It Would Rain" atteint la quatrième place du Billboard. Et la première place du classement R&B. Pendant trois semaines. C'est un triomphe, surtout pour un titre aussi peu énergique…Les Temptations ne sont plus à présenter en 1967. Formés six ans plus tôt, ils deviennent rapidement l'un des groupes phares de la Motown. Cinq hommes black. Des harmonies vocales impeccables. Des chorégraphies millimétrées. Et... des costumes parfaitement repassés. Bref, la classe à Detroit ! David Ruffin rejoint le groupe en 1964. Il chante "My Girl". Puis "Ain't Too Proud to Beg" en 1966. Et le point culminant sera : "I Wish It Would Rain" en 1967.La chanson sera reprise. Par Gladys Knight & the Pips. Mais aussi par Bruce Springsteen sur l'album "Only the Strong Survive".Et à chaque fois, derrière les paroles, l'histoire d'un homme brisé par l'amour, qui a écrit une chanson magnifique... avant de partir.
Nous sommes le 6 décembre 1974.Happy Day pour Parker. L'entreprise a convaincu le Grand Saint-Nicolas de distribuer aux familles belges un tout nouveau jeu sur la gestion financière. Ce n'est pas le Monopoly. Non. C'est La Bonne Paye.Un plateau. Des dés. De l'argent factice. Et un mois entier à traverser.Même Bruno Crémer en est baba !Le concept est simple et génial.Le plateau représente un calendrier de 31 jours. Chaque case est un jour du mois. Avec ses bonnes et mauvaises surprises.Courrier. Factures. Loterie. Prêts. Anniversaire. Caisse électorale.Toute la vie de monsieur et madame Tout-le-Monde, comprimée sur un mois et étalée sur la table du salon.Ah oui, au bout du chemin, la case tant attendue : le Jour de Paye.On touche son salaire. On règle les factures accumulées. On rembourse les prêts. On voit si on a bien géré ou si on a vécu au-dessus de ses moyens.La Bonne Paye, ce n'est pas le Monopoly, je le disais.Dans le Monopoly, on bâtit un empire. On spécule. On écrase l'adversaire.Ici, on essaie juste de finir le mois sans être dans le rouge.Un peu comme… dans la vraie vie.Le jeu sort en 1974 chez Parker. Il dépasse les ventes du Monopoly durant ses premières années. Un exploit. Le message implicite est très années 70 : si tu veux t'en sortir, il faut gérer. Prévoir les pépins. Emprunter quand il faut. Et profiter des bonnes affaires.Un jeu de société, mais aussi un solide miroir de la société de consommation naissante... dont Saint-Nicolas n'a probablement pas mesuré la portée....
Nous sommes le 26 juin 1967.Happy Day dans un studio parisien. Une chanson vient d'être enregistrée, qui va à la fois marquer les esprits et subir la censure. C'est un extrait de l'album "La Femme", que sortira bientôt... Juliette Gréco.Une chanson d'amour. Audacieuse. Sensuelle. Presque provocatrice. Avec une demande... assez pressante !L'histoire de cette chanson commence bien avant le studio.Robert Nyel, le parolier, est amoureux d'une strip-teaseuse d'un cabaret parisien. Il écrit le texte pour elle. Une déclaration d'amour très particulière. Très directe, aussi.Mais leur séparation met fin au projet.La chanson se retrouve sans interprète. Nyel la propose alors à Juliette Gréco.Elle lit le texte. Elle est séduite par le thème. Elle accepte.En studio, Gréco ajoute une touche personnelle. Une réplique finale… ironique.Quelques mois vont s'écouler entre l'enregistrement du 26 juin 1967 et la sortie du 45 tours en octobre de la même année.Les trois grandes radios françaises boycottent le titre. RTL. Europe n°1. Et France Inter. Aucune ne veut diffuser "Déshabillez-moi".Trop provocateur. Trop sensuel. Trop... Gréco.Et puis, le retournement.On interdit à Juliette Gréco de chanter la chanson dans l'émission "Télé Dimanche". L'interdiction est rendue publique. Et là, tout s'emballe.L'interdiction fait la publicité du titre. Tant et si bien que "Déshabillez-moi" devient début 1968 un immense succès de vente directe. Les radios capitulent. Ce sera l'unique tube radiophonique de toute la carrière de Gréco.D'ailleurs, jusqu’à la fin des années 70, lorsque Juliette Gréco interprètera "Déshabillez-moi" à la télévision, on affichera le carré blanc. Petit symbole qui signalait alors un programme enfant non admis.
Nous sommes le 13 septembre 1978.Happy Day dans les salles belges. Un film défraye la chronique depuis plusieurs mois outre-Atlantique. Il débarque enfin en Belgique. Réalisation : Alan Parker. Scénario : Oliver Stone.Un film dur. Très dur. Presque insoutenable.L'histoire vraie d'étudiant américain arrêté à l'aéroport d'Istanbul avec des plaques de haschich scotchées sur le corps. Il tente de rentrer aux États-Unis. Il se fait prendre.Condamné d'abord à quelques années de prison, sa peine est brutalement aggravée. Presque à vie.Le film raconte sa plongée dans l'enfer d'une prison turque.Violences physiques. Torture. Corruption. Désespoir. Lente dégradation psychologique.Billy finit par n'avoir plus qu'une option : "Prendre le midnight express". Expression d'argot carcéral qui signifie s'évader. Alan Parker tourne le film en 50 jours. Dans des conditions très dures. Chaleur. Humidité. Huis clos permanent.Esthétiquement, "Midnight Express" est un film physique.Caméra proche des corps. On ressent la sueur. L'humidité. Les murs sales. On ne peut échapper à une sensation d'étouffement.Et puis, il y a la musique.Giorgio Moroder compose un titre synthétique qui contraste avec la crasse de la prison.Il est parfait pour le rôle !Inutile de dire que "Midnight Express" est un gros succès. Très controversé, certes, mais tout le monde en parle en Belgique.Aux États-Unis, il rapporte environ 35 millions de dollars, plus de quinze fois le budget de départ. Une opération très rentable. Plusieurs Oscars viendront le couronner.Mais le film est aussi violemment critiqué.Par la Turquie, on peut s’en douter, qui accuse le réalisateur de donner une image caricaturale et raciste du pays et de son système judiciaire.Film-témoignage ou fantasme occidental sur la barbarie orientale ? Peu importe. En ce 13 septembre 1978, dans les salles belges, "Midnight Express" s'impose comme l'un des grands chocs ciné de la fin des seventies. Avec la complicité hypnotique de Giorgio Moroder.
Nous sommes le 20 août 1977.Happy Day pour Michèle Torr. Un titre entre au hit-parade en Belgique qui rappelle un air connu. Grâce à lui, elle va connaître un incroyable succès. Seule... et en duo.Un an plus tôt, en 1976, ABBA sort "Arrival".Un morceau instrumental. Juste un thème mélodique. Presque cinématographique. En France, deux auteurs entendent ce thème. Didier Barbelivien et Jean Albertini.Ils y voient un potentiel énorme. Comme si la version d'Abba était une terre à construire. Ils décident alors d'écrire des paroles en français. Titre choisi : "J'aime".Le texte évoque, avec tact, un amour de jeunesse. Le souvenir d'une danse. Ils proposent la chanson à Michèle Torr, qui semble plutôt emballée."J'aime" va devenir son TOUT premier GRAND succès.Le titre devient rapidement un tube. Il entre au hit-parade, je le disais, en Belgique, le 20 août 1977. Il y restera 13 semaines d'affilée, allant jusqu'à la 4e place du classement.Disque d'or pour Michèle Torr. Premier disque d'or aussi pour Didier Barbelivien. Ce qui est très intéressant, dans cette histoire, c'est que la chanson est un duo. Duo avec un certain Jean-François Maurice. Qui n'est autre que le nom de scène de Jean Albertini, l'un des deux auteurs du texte."J'aime" devient l'un des morceaux les plus emblématiques du répertoire de Michèle Torr et parvient même rapidement, dans l'inconscient collectif francophone, à faire (un peu) oublier Abba.
Nous sommes le samedi 19 mars 1966. Happy Day pour le public de la capitale. Pour la première fois, les Kinks sont de passage dans notre pays. Deux jours après le Coliseum à Verviers, c'est à Bruxelles qu'ils vont assurer non pas un, mais DEUX concerts. L'événement a lieu à la Salle Régine. La scène est décorée d'un drapeau anglais et d'un grand signe des Aigles bricolé en polystyrène. C'est en tout cas l'un des souvenirs les plus marquants de Jean Jième Valmont, tel qu'il les raconte dans son encyclopédie mémoire 60/70.En 1966, les Kinks sont des pionniers, même si cela fait à peine 3 ans qu'ils se sont formés. Aux côtés de Who et des Small Faces, ils font déjà autorité sur le petit monde des groupes britanniques. Deux ans après l'incroyable "You Really Got Me", depuis quelques mois, tout le monde chante "Sunny Afternoon"Les Kinks en Belgique, c'est toute une affaire. L'événement fait BEAUCOUP du bruit. Il est même annoncé dans la presse, qui n'est pas toujours tendre avec tout ce qui touche au rock. Nous y sommes, c'est le samedi 19 mars 1966. Pantalons taille basse, pulls blancs à col rond et grosses lignes verticales colorées : les Kinks sont déchaînés. Le public, pareil. Au premier rang, certaines filles se mettent à hurler et veulent toucher le chanteur…Un seul mot, hystérie !Le concert est un grand désordre de joie et de cris. Le service d'ordre du Régina n'a pas vraiment l'habitude des assemblées en délire. Ils veulent repousser le public, qui ne se laisse pas faire. Lors d'une interview, un organisateur racontera ceci : "Lorsque tout est fini, la salle du Régina ressemble un peu aux décombres laissés par un tremblement de terre. Heureusement, c'est plus du désordre que de la casse et on ne déplore ni mort ni blessé... à part peut-être l’un ou l’autre qui a mal au mollet."























