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Emmanuel Macron se rend mercredi sur le site de Naval Group à Indret, près de Nantes, pour officialiser le lancement du futur porte-avions français. Un projet stratégique, militaire mais aussi industriel, appelé à remplacer le Charles-de-Gaulle à l’horizon 2038. C’est un chantier hors norme qui s’ouvre pour l’industrie française. En déplacement à Indret, près de Nantes, Emmanuel Macron doit dévoiler le nom du futur porte-avions de la Marine nationale et lancer officiellement sa construction. Baptisé jusqu’ici PANG (Porte-avions de nouvelle génération), le navire s’annonce comme le plus grand jamais construit en Europe : 310 mètres de long, 78 000 tonnes à pleine charge, soit près du double du Charles-de-Gaulle. Doté d’une propulsion nucléaire, il pourra atteindre 27 nœuds et embarquer une trentaine d’avions de combat, des drones et des hélicoptères. Il sera surtout équipé de catapultes électromagnétiques et de systèmes de combat largement numérisés. Un projet industriel colossal Derrière l’enjeu militaire, c’est toute une filière qui est mobilisée. Le coût du programme est estimé entre 10 et 15 milliards d’euros. Naval Group pilotera le projet, avec les Chantiers de l’Atlantique pour la coque et TechnicAtome pour le nucléaire. Autour d’eux, près de 800 entreprises, dont une large majorité de PME françaises. Au total, ce sont environ 15 000 emplois qui seront mobilisés d'ici 2038, date d'entrée en service du navire. Un investissement massif, critiqué par certains syndicats, mais défendu par l’exécutif comme essentiel à la souveraineté et à la base industrielle de défense française.
Environ un tiers de l'engrais transporté par voie maritime dans le monde transite habituellement par le détroit d'Ormuz. Ces intrants agricoles sont produits en grande partie avec du gaz présent en grande quantité dans la région, faisant des pays du Golfe de grands producteurs. L'urée, engrais azoté le plus riche du marché principalement produit par l'Iran, le Qatar, Oman et l'Arabie saoudite, se trouve aujourd’hui en panne de clients. Certaines denrées alimentaires passent aussi par le détroit d’Ormuz et elles sont critiques pour les pays du Golfe qui importent jusqu'à 85 % de leurs besoins alimentaires. Avec le blocage du détroit d’Ormuz, le Programme alimentaire mondial de l'ONU redoute que 45 millions de personnes se retrouvent bientôt en insécurité alimentaire. La hausse générale des prix rendrait certaines denrées inaccessibles aux pays les plus pauvres comme le Soudan, qui importe 80 % de son blé et où la famine est déjà présente après trois ans de conflit. Enfin, de nombreux produits pharmaceutiques sont également bloqués dans le détroit d’Ormuz ou par la fermeture des espaces aériens du Golfe. Dans quelques semaines, les pharmacies risquent de se retrouver en pénurie de génériques. L’Inde, première productrice mondiale, a vu le tarif des expéditions aériennes de médicaments vers l’Europe augmenter avec le prix du pétrole.
En frappant Fujairah, l’Iran ne vise pas seulement une infrastructure pétrolière. Téhéran cherche à bloquer les rares alternatives au détroit d’Ormuz, par où transite près de 20 % du pétrole mondial. Une stratégie de pression maximale sur les marchés énergétiques. En s’attaquant à Fujairah, l’Iran franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de déstabilisation économique du Golfe. Situé au sud-est du détroit d’Ormuz, cet émirat joue un rôle clé : il permet d’exporter du pétrole sans passer par ce point de passage ultra-stratégique. Grâce à un oléoduc reliant les champs d’Abou Dhabi au terminal de Fujairah, les Émirats arabes unis peuvent y acheminer jusqu’à 1,5 million de barils par jour, voire 1,8 million à pleine capacité, soit près de la moitié de leur production. La suspension des chargements annoncée par ADNOC illustre l’impact immédiat de ces frappes. Un verrouillage progressif des routes pétrolières Au-delà d’Ormuz, l’objectif semble clair : neutraliser toutes les voies alternatives. La seule autre option majeure passe par l’Arabie saoudite, avec le terminal de Yanbu, en mer Rouge. Mais ses capacités restent limitées à court terme, et la zone est elle aussi fragilisée par les tensions sécuritaires. Résultat : le Golfe se transforme progressivement en goulot d’étranglement énergétique, avec des conséquences directes sur les prix du pétrole, repartis à la hausse.
Donald Trump a appelé la communauté internationale à sécuriser le détroit d'Ormuz, estimant qu'il "est tout à fait normal que ceux qui tirent profit de ce détroit contribuent à faire en sorte que rien de fâcheux ne se produise là-bas". Parmi les pays qu'il vise : l'Europe et la Chine. L'Asie dépend très largement du pétrole du Moyen-Orient pour ses approvisionnements en or noir. Pékin achète 80% des exportations de pétrole de l'Iran, à tarif défiant toute concurrence puisqu'il fait l'objet de sanctions internationales. Le Japon achète, lui, son or noir pour 95% à des pays de la région et 70% de ces achats transitent en effet par le détroit d'Ormuz. Enfin, la Corée du sud, elle aussi, se fournit largement dans la région. Mais ce n'est pas le cas des pays européens. Ils se fournissent, eux, auprès... des Etats-Unis et de la Norvège. Loin, bien loin, du détroit d'Ormuz.
Malgré les tensions au Moyen-Orient, l’Iran laisse circuler certains pétroliers dans le détroit d’Ormuz… Mais uniquement ceux transportant du pétrole vers la Chine. Une décision qui souligne l’importance stratégique de Pékin pour Téhéran. Selon des informations citées par le Wall Street Journal le 10 mars dernier, l’Iran aurait réussi à augmenter ses exportations de pétrole vers la Chine depuis le début de la guerre, malgré la fermeture quasi totale du détroit d’Ormuz. En février, Téhéran exportait environ 1,4 million de barils par jour vers la Chine, soit près de 80 % de ses exportations pétrolières. Pékin a constitué d’importantes réserves stratégiques. Selon le quotidien, américain, le pays disposerait aujourd’hui d’environ 1,2 milliard de barils stockés, soit l’équivalent des réserves stratégiques de l’ensemble des pays membres de l’Agence internationale de l’énergie. La Chine est par ailleurs le premier importateur de pétrole au monde, avec environ 12 millions de barils achetés chaque jour, dont une partie transite par le Golfe, mais beaucoup moins que ses voisins asiatiques. Pékin a multiplié ses fournisseurs - Russie, Brésil, Angola... et a également investit massivement dans des alternatives au pétrole : les voitures électriques, les énergies renouvelables et le nucléaire.
Après les menaces des Gardiens de la révolution visant des banques et entreprises occidentales dans le Golfe, plusieurs institutions financières internationales ont décidé de fermer temporairement leurs bureaux ou de placer leurs employés en télétravail par mesure de sécurité. Plusieurs grandes institutions financières internationales prennent des mesures de précaution dans le Golfe après les menaces iraniennes de frapper des cibles économiques occidentales, notamment à Dubaï et Abou Dhabi. Le cabinet de conseil PwC a décidé de fermer temporairement plusieurs bureaux dans la région, notamment à Dubaï, Doha, Koweït City et en Arabie saoudite. Deloitte a pris des mesures similaires pour ses équipes basées aux Émirats. Côté bancaire, la banque américaine Citigroup a évacué en urgence une partie de ses bureaux régionaux, tandis que la britannique Standard Chartered a renforcé ses dispositifs de sécurité. Les grandes banques françaises sont elles aussi très présentes dans la région. BNP Paribas, qui compte environ 500 employés dans le Golfe, ainsi que Natixis, Crédit Agricole ou encore Société Générale, ont placé une partie de leurs équipes en télétravail. Hub financier stratégique Ces précautions illustrent l’importance économique de la région. Dubaï est aujourd’hui le principal hub financier du Moyen-Orient avec plus de 8 000 entreprises financières enregistrées. Le secteur financier y génère plus de 70 milliards de dollars de revenus, soit environ 12 à 13 % du PIB de l’émirat. Plus largement, dans les six pays du Conseil de coopération du Golfe, les actifs financiers représentent plus de 3 000 milliards de dollars.
Alors que le détroit d’Ormuz est paralysé et que 20 % du pétrole mondial transite habituellement par cette voie stratégique, plusieurs pays se préparent à un choc énergétique. L'Agence internationale de l'énergie envisage une libération massive de réserves stratégiques, tandis que certains États commencent déjà à rationner le carburant. Selon le Wall Street Journal, l'Agence internationale de l'énergie pourrait libérer une quantité record de pétrole issue des réserves stratégiques de ses 32 États membres. Une décision doit être prise à l'unanimité. Si elle est adoptée, ce serait seulement la troisième fois dans l'histoire après la guerre du Golfe en 1991 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, lorsque 182 millions de barils avaient été injectés sur les marchés. Les stocks stratégiques représentent environ 1,2 milliard de barils, soit l'équivalent de quatre mois de consommation pour les pays concernés. En Asie, la crainte de pénuries La fermeture du détroit d'Ormuz inquiète particulièrement l'Asie, destination principale du pétrole qui transite par ce passage stratégique. Plus d'un tiers de ces flux vont vers la Chine, 15 % vers l'Inde, 12 % vers la Corée du Sud et 11 % vers le Japon. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient et pétrole : "On assiste à la plus grave crise énergétique" Dans plusieurs pays émergents, très dépendants des importations, des mesures d'urgence ont déjà été prises : rationnement du carburant au Bangladesh et en Birmanie, télétravail et semaine de quatre jours pour les fonctionnaires aux Philippines. En Europe, l'inquiétude porte surtout sur les prix. Certains pays plafonnent déjà les tarifs ou réduisent les taxes, tandis qu'en France le gouvernement privilégie pour l'instant les contrôles sur les distributeurs.
Alors que la tradition chiite impose une vie austère aux autorités religieuses, plusieurs enquêtes de presse décrivent au contraire un vaste empire financier lié au nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, héritier du système économique construit autour de son père. Selon plusieurs enquêtes du Financial Times, de Bloomberg ou encore de Reuters, le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei contrôlerait un vaste réseau d’actifs économiques et immobiliers. Au cœur de cet empire figure Setad, un conglomérat créé après la révolution islamique pour gérer les biens confisqués aux partisans du Shah. Avec le temps, cette structure s’est transformée en un gigantesque holding présent dans l’immobilier, la finance, les télécommunications ou encore l’industrie. Une enquête de Reuters estimait déjà en 2013 la valeur de cet empire à près de 95 milliards de dollars d’actifs. Luxe Parallèlement, plusieurs investigations de Bloomberg et du Financial Times évoquent au moins 400 millions d’euros d’actifs immobiliers liés à Mojtaba Khamenei en Europe et en Amérique du Nord. Ces investissements incluent notamment des propriétés à Londres, sur la très exclusive Bishops Avenue, un ancien penthouse de luxe à Toronto, des biens immobiliers à Majorque, une villa à Dubaï ainsi qu’une participation dans un hôtel de luxe à Francfort. Pour contourner les sanctions internationales, ces actifs seraient détenus via un réseau complexe de sociétés offshore enregistrées dans différentes juridictions, notamment à Dubaï, sur l’île de Man ou à Saint-Kitts-et-Nevis, toutes liées à un homme, Ali Ansari, riche oligarque iranien, possédant la nationalité chypriote. Il n'est pas visé par des sanctions européennes pour le moment.
Les cours du pétrole ont franchi lundi la barre des 100 dollars le baril, une première depuis près de quatre ans. En cause : l’intensification du conflit au Moyen-Orient et les perturbations autour du détroit d’Ormuz, par où transite une part essentielle du pétrole mondial. Les marchés de l’énergie ont brutalement réagi à l’escalade militaire dans la région. Le baril de Brent a grimpé autour de 100 dollars, avec des pointes proches de 120 dollars en séance, avant de retomber autour de 106 dollars. Le gaz européen a également bondi à l’ouverture, les opérateurs redoutant une perturbation durable des flux d’énergie. Cette flambée a entraîné un recul des marchés boursiers en Asie comme en Europe. Le détroit d’Ormuz au cœur des inquiétudes Les tensions se concentrent autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. La circulation des pétroliers y est fortement perturbée. Dans plusieurs pays producteurs de la région, certaines installations ont été touchées et la production commence à être ralentie, faute de capacités de stockage suffisantes. Face à cette situation, les ministres des Finances du G7 se réunissent en urgence ce lundi. La France n’exclut pas de recourir à ses réserves stratégiques de pétrole, capables de couvrir plusieurs mois de consommation.
La Russie et la Chine gardent leur place en coulisses alors que l’Iran est en guerre. Malgré de vives condamnations des bombardements américains et russes contre le régime de Téhéran, ni Moscou ni Pékin n’ont l’intention d’intervenir militairement. En revanche, l’Iran compte – ou a pu compter sur leur soutien en termes d’armement. Entre Moscou et Téhéran, c’est un accord armes contre armes. Le Financial Times a révélé qu'un accord secret prévoyait la livraison de 500 millions d'euros d'armement russe à Téhéran, étalonnée entre 2027 et 2029, comprenant 500 "Verba" (un système de défense aérienne portable), 2 500 missiles sol-air 9M336 et 500 viseurs nocturnes Mowgli-2. De son côté, Téhéran fournit la Russie en drones Shahed et en missiles balistiques Fateh-360 que Moscou utilise pour sa guerre contre l’Ukraine. La Chine a elle un accord de type pétrole-contre-armes : elle achète à prix bradé 80 % de ses exportations de pétrole à l’Iran et lui fournit en échange des armes. Depuis deux ans, un accord était en cours de négociation pour que l'Iran achète des missiles supersoniques chinois CM-302. L'accord n’a pas été finalisé avant les bombardements de samedi, mais en novembre, l’armée américain a saisi la cargaison d’un navire en provenance de Chine et à destination de l’Iran contenant des éléments pour aider à rebâtir le stock de missiles iraniens.
Polymarket, Kalshi… ces plateformes de "marchés de prédiction" attirent des volumes financiers gigantesques en permettant de miser sur des événements géopolitiques, y compris des frappes ou le sort de dirigeants. Mais après des gains suspects et des contrats liés à la mort d’Ayatollah Khamenei, elles se retrouvent dans le collimateur des régulateurs. Sur les plateformes de marchés prédictifs, on peut littéralement parier sur l’issue d’événements géopolitiques — de dates de frappes militaires à la disparition d’un chef d’État. Dans les jours précédant les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, des utilisateurs ont engrangé des centaines de milliers de dollars sur Polymarket, certains comptes créés juste avant l’opération affichant des gains inédits, alimentant des soupçons de délits d'initiés. Risques et régulation Aux États-Unis, des élus démocrates ont fustigé ces pratiques, affirmant que laisser parier sur la guerre et la mort de dirigeants peut encourager des comportements immoraux et dangereux, et plaidant pour un encadrement plus strict. Kalshi, qui opère sous la régulation de la CFTC, a annulé certains contrats sensibles et remboursé des clients, au prix de plusieurs millions de dollars, soulignant la fragilité du cadre actuel. En France et en Europe, ces plateformes ne sont pas autorisées : l’Autorité nationale des jeux les considère comme des jeux d’argent illégaux sans licence, et les principaux acteurs sont géobloqués. Malgré cela, certains utilisateurs contournent parfois ces blocages via VPN ou crypto.
Les bombardements qui secouent le Moyen-Orient depuis samedi ont des effets immédiats sur l'économie globale. Le gaz et le pétrole, largement produits dans la région, voient leurs cours grimper, jusqu'à 50 % pour Dutch TFF, référence européenne du gaz, et des barils de pétrole qui flirtent avec les 80 $. Ces augmentations s'expliquent aussi bien par les bombardements sur les infrastructures d'hydrocarbures que par le blocage des navires pétroliers dans le détroit d'Ormuz. Un baril de pétrole sur cinq dans le monde transite habituellement par cette étroite bande de mer entre la péninsule arabique et l'Iran. Ces navires doivent désormais opérer des détours, mais le canal de Suez, qui ouvre les portes de la Méditerranée, n'est pas une meilleure option. Les responsables houthistes du Yémen, armés par Téhéran, ont prévenu que "les premières frappes auraient lieu prochainement". L'industrie du tourisme en souffrance L'espace aérien est lui aussi compromis. De nombreux avions sont annulés, laissant des milliers de touristes sans solution de rapatriement alors que les voisins de l'Iran sont visés par les missiles et les drones du régime de Téhéran. L'industrie du tourisme souffre donc elle aussi. Quant aux bourses européennes et asiatiques, elles ont franchement reculé lundi 2 mars. Wall Street s'en sortait mieux à la clôture, mais si les cours de l'or noir restent hauts, cela devrait se concrétiser par une hausse des produits de consommation qui en dépendent par une reprise de l'inflation et éventuellement des taux directeurs des banques centrales revus à la hausse. La durée et l'intensité du conflit détermineront la puissance de l'effet domino dans l'économie globale.
Les marchés scrutent la moindre information en provenance du Golfe : le Brent a bondi puis s’est replié dans une séance très volatile, alors que le détroit d’Ormuz – passage stratégique pour le pétrole, le GNL et une partie des engrais – est de plus en plus évité par les armateurs et les assureurs. L’effet est immédiat… et il se lit d’abord sur les écrans des traders. Avec l’escalade militaire autour de l’Iran, les cours du pétrole se sont envolés puis calmés avant de repartir, au gré des rumeurs de négociations, puis des démentis et des signaux de durcissement. Dans la nuit de dimanche 1ᵉʳ mars à lundi 2 mars, le Brent a pu grimper autour de 82 dollars avant de retomber sous les 80, tandis que le WTI s’est hissé au-dessus des 70 dollars : une forte volatilité donc. Pourquoi le pétrole réagit-il aussi fort ? Parce que le cœur du problème ne se limite pas aux barils iraniens : il se situe au niveau des routes maritimes. À lire aussiGuerre Israël-Iran : en bloquant le détroit d'Ormuz, Téhéran "signerait son arrêt de mort" L’Iran pèse dans l’équation énergétique mondiale par ses réserves — parmi les toutes premières au monde, selon les données agrégées des grands organismes internationaux — même si sa production et ses exportations sont contraintes par les sanctions. Mais surtout, Téhéran est au contact d’un point de passage vital : le détroit d’Ormuz, un couloir étroit entre l’Iran et Oman. Ormuz : le "goulet" qui fait trembler les marchés En temps normal, environ 20 millions de barils par jour (brut, condensats, produits pétroliers) transitent par Ormuz — soit autour d’un cinquième de la consommation mondiale de pétrole et plus d’un quart du commerce maritime de pétrole. Un flux est massivement destiné à l’Asie : environ 84 % des cargaisons de brut et condensats qui passent par Ormuz prennent cette direction. L’impact dépasse d’ailleurs le pétrole. Ormuz est aussi une artère majeure pour le gaz : en 2024, environ 20 % du commerce mondial de GNL y transite, principalement depuis le Qatar. À lire aussiBlocage du détroit d'Ormuz : quels risques pour les pétroliers et le commerce mondial ? Conséquence très concrète : armateurs et assureurs commencent à se retirer. Plusieurs grandes compagnies maritimes annoncent des détours et des suspensions de passage. Côté assurance, des acteurs majeurs ont signalé des annulations de couvertures "war risk" dans les zones concernées. Détourner, cela veut dire rallonger. En pratique, contourner par le cap de Bonne-Espérance peut ajouter de l’ordre de 10 à 15 jours sur certaines routes, avec des coûts supplémentaires (carburant, disponibilité des navires, délais) qui finissent par se retrouver — partiellement — dans le prix du transport et des marchandises. Un tiers des engrais mondiaux dépendrait de ce passage Enfin, un angle souvent moins visible existe : les engrais. Selon une analyse sectorielle, environ un tiers des engrais mondiaux (ammoniac, soufre, etc.) dépendrait aussi de ce passage. Autrement dit, une crise prolongée à Ormuz peut nourrir un double choc : énergie plus chère… et intrants agricoles plus coûteux. Finalement, tout dépendra d’un facteur : la durée du conflit. Une chute rapide du régime pourrait au contraire faire refluer les cours du pétrole, mais si le conflit s'éternise, la facture se paiera cher : inflation importée via l’énergie, tensions sur le fret, et inquiétudes sur l’approvisionnement en gaz et en intrants agricoles.
À New Delhi, au cœur du sommet international sur l’intelligence artificielle, la start-up française H Company annonce le déploiement de ses "humanoïdes virtuels" dans un hôpital de Bangalore. Objectif : libérer du temps médical et réduire de moitié le temps d’attente aux urgences. Invité de France 24, Gautier Cloix, le patron de la startup française H Company, se présente comme l’un des leaders de la "3e génération de l’IA". L’entreprise développe des "agents", ou "humanoïdes virtuels", capables de prendre en charge des tâches répétitives. Emmanuel Macron a annoncé, lors du sommet, un partenariat entre cette entreprise et l’hôpital Saint John à Bangalore. "Sauver des vies" L’objectif : soulager le personnel soignant. "On voit qu’il y a beaucoup d’infirmières ou de médecins qui passent beaucoup de temps à faire des tâches administratives au lieu de s’occuper des patients ; ils passent 50 % de leur temps devant les ordinateurs." L’ambition est mesurable : "Le résultat qu’on va regarder ici en Inde, c’est de combien de temps on va diminuer le temps d’attente aux urgences. Notre objectif, c’est de le diminuer par deux." Selon lui, l’optimisation des plannings ou l’utilisation plus efficace des salles d’opération, grâce aux données historiques, pourrait permettre de "sauver des vies in fine".
Avec seulement +0,3 % sur un an en janvier, l’inflation française est quasiment nulle. Un contraste saisissant avec la flambée de 2022-2023. Reflux de l’énergie, importations moins chères, effet des taux : les raisons d’un net ralentissement. L’inflation est presque à l’arrêt en France. En janvier, les prix à la consommation n’ont progressé que de 0,3 % sur un an, selon l’INSEE. Ils ont même légèrement reculé par rapport à décembre. Un retournement spectaculaire si l’on se souvient de la fin 2022 et de l’année 2023, lorsque l’inflation dépassait les 6 %, un record depuis près de quarante ans. L’énergie, principal facteur du reflux La flambée provenait d’abord du choc énergétique lié à la guerre en Ukraine. Le prix du gaz européen avait été multiplié par dix. Le litre de sans-plomb dépassait les deux euros. Aujourd’hui, les prix de l’énergie reculent de 7,6 % sur un an. Un plein d’essence coûte en moyenne une vingtaine d’euros de moins qu’au pic de la crise. Les produits manufacturés participent aussi au ralentissement, portés par des importations à bas coût et un euro plus solide. Les hausses de taux de la Banque centrale européenne ont également freiné la demande. L’alimentation, en revanche, continue d’augmenter de 1,9 % sur un an — loin toutefois des hausses de 15 % enregistrées en 2023. Si cette accalmie soulage le pouvoir d’achat, elle pose aussi une question macroéconomique : une inflation trop faible peut peser sur la croissance et compliquer la tâche de la Banque centrale européenne, dont l’objectif reste fixé à 2 % pour l’ensemble de la zone euro.
Emmanuel Macron entame sa quatrième visite en Inde avec un objectif assumé : renforcer la présence économique française sur un marché en pleine expansion. Accompagné de plus de 110 dirigeants d’entreprises, le chef de l’État veut accélérer la dynamique bilatérale. Rafale, nucléaire, tech… Paris veut changer d’échelle sur un immense marché. Avec 1,4 milliard d’habitants et une croissance oscillant entre 6 et 7 %, l’Inde est en passe de devenir la quatrième puissance économique mondiale. Pourtant, les échanges commerciaux franco-indiens restent limités à environ 15 milliards d’euros par an, soit trois fois moins que ceux de l’Allemagne avec New Delhi. Près de 1 100 entreprises françaises sont implantées dans le pays, employant quelque 500 000 salariés. Une base solide, mais encore loin du potentiel du marché indien. Rafale, nucléaire et IA Le dossier le plus spectaculaire concerne l’achat potentiel de 114 avions de combat Rafale, pour un montant estimé entre 30 et 40 milliards d’euros. Un protocole d’entente pourrait être signé lors de la visite, même si le contrat définitif reste à finaliser. Dans l’aéronautique, Airbus inaugure également une usine d’hélicoptères en Inde, illustration du programme "Make in India" voulu par Narendra Modi, qui impose une production locale croissante. Le nucléaire civil figure aussi à l’agenda, avec le projet de réacteurs porté par EDF, en discussion depuis plusieurs années. Enfin, la visite met l’accent sur la tech. L’année franco-indienne de l’innovation est lancée et le sommet sur l’intelligence artificielle se tient à New Delhi. Emmanuel Macron entend positionner la France comme un partenaire stratégique de l’Inde face aux États-Unis et à la Chine, notamment sur les données, le cloud et l’IA.
Le général Abdourahamane Tiani a proposé de restituer à la France une partie de l’uranium détenu par la Somaïr. Un geste limité, mais politiquement stratégique, alors que Niamey peine à exporter sa production depuis la rupture avec Paris. Le ton a légèrement changé à Niamey. Le chef de la junte, Abdourahamane Tiani, a proposé de restituer à la France 63,4 % de 156,231 tonnes d’uranium, correspondant à la part détenue par Orano dans la Somaïr. Un geste symbolique dans un bras de fer engagé depuis le coup d’État de juillet 2023. Avant la rupture, le Niger figurait parmi les fournisseurs clés du parc nucléaire français, aux côtés du Kazakhstan, de l’Ouzbékistan et de la Namibie. Mais en juin 2025, Niamey nationalise la Somaïr. Paris saisit alors le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), qui demande provisoirement au Niger de ne pas vendre l’uranium contesté. Un stock bloqué et stratégique Au total, 1 500 tonnes seraient concernées, selon Orano. Problème : une partie du minerai est aujourd’hui entreposée à l’aéroport international de Niamey, faute de débouchés. Le Niger, pays enclavé, ne peut plus exporter via le Bénin ou le Togo dans un contexte diplomatique tendu. En proposant de restituer environ 95 tonnes à la France — soit une fraction du stock contesté — la junte envoie un signal. Au-delà du contentieux, l’enjeu est surtout économique : rouvrir des corridors d’exportation et transformer ses ressources en recettes, dans un pays isolé et sous pression budgétaire.
Après Bruce Springsteen, Bob Dylan ou Justin Bieber, Britney Spears aurait cédé l’intégralité de son catalogue musical pour 200 millions de dollars. Une opération qui illustre la transformation des chansons en véritables actifs financiers, prisés par les majors… et désormais par les fonds d’investissement. Britney Spears aurait vendu l’ensemble de ses droits musicaux pour environ 200 millions de dollars fin décembre, selon TMZ. Une opération qui lui permet de dégager du cash, maintenant qu'elle n'est plus sous tutelle et qui s’inscrit surtout dans une tendance lourde de l’industrie. Depuis la pandémie de Covid-19, de nombreuses stars ont cédé leurs catalogues : Bruce Springsteen, Bob Dylan, Justin Bieber ou encore Katy Perry. Le record revient au groupe Queen, dont le catalogue a été cédé pour plus de 1,2 milliard de dollars. Une partie de celui des Beatles figure également parmi les plus chères transactions. Des chansons transformées en placements financiers Longtemps réservés aux maisons de disques comme Sony Music Entertainment ou Universal Music Group, ces rachats attirent désormais des fonds spécialisés tels que Primary Wave. Mais surtout, des géants de la finance comme BlackRock ou KKR se positionnent sur ce marché. Pourquoi un tel engouement ? Parce qu’un catalogue musical génère des revenus réguliers : streaming, diffusions radio, placements publicitaires ou synchronisations dans des séries sur Netflix. Un tube des années 1990 peut redevenir viral sur TikTok et produire des royalties pendant des décennies. Selon les projections de Goldman Sachs, le marché mondial de la musique pourrait presque doubler d’ici 2035. Les catalogues se valorisent souvent entre 15 et 25 fois leurs revenus annuels. Un investissement pas sans risque Certains particuliers peuvent y accéder indirectement via des actions ou des fonds spécialisés, devenant ainsi "co-propriétaires" d’un portefeuille de chansons. Mais le modèle reste dépendant des plateformes comme Spotify ou Amazon Music et de leurs algorithmes. Et certains artistes, parfois, regrettent leur choix : une fois vendus, les titres peuvent être utilisés sans leur contrôle. Plusieurs stars ont choisi de reprendre la main. Taylor Swift a ainsi déboursé entre 600 millions et un milliard de dollars pour récupérer ses droits, deux à trois fois le prix de vente. Le prix de son indépendance.
Réunis à Anvers avec plusieurs chefs d’État mercredi, plus de mille industriels européens pressent l’Union d’agir face à la Chine et aux États-Unis. Protection, simplification, financements : l’Europe cherche sa riposte. Les 27 participeront jeudi à un moment de réflexion dans un château de l'est de la Belgique. Plus de mille industriels européens sont réunis, mercredi 11 février, à Anvers aux côtés d’Emmanuel Macron et du chancelier allemand Friedrich Merz. Objectif : relancer une industrie prise en étau entre la Chine et les États-Unis. En vingt ans, la Chine est devenue la première puissance manufacturière mondiale, avec près de 30 % de la production globale, contre environ 15 % pour l’Union européenne. Pékin produit massivement à des coûts souvent 30 à 40 % inférieurs à ceux de l’Europe. Une industrie sous pression Le photovoltaïque européen a quasiment disparu en une décennie : 98 % des panneaux solaires sont désormais produits en Chine. Et le phénomène pourrait s’étendre à l’acier, à la chimie, aux batteries ou encore à l’automobile, préviennent deux rapports, l'un du Haut-Commissariat au Plan, en France, l'autre du cabinet Deloitte. L’Allemagne, pilier industriel du continent, a vu le poids de son industrie reculer de cinq points de PIB en dix ans. En parallèle, 240 000 emplois industriels ont disparu entre 2023 et 2024. Face à ce décrochage, les pistes divergent : préférence européenne dans certains marchés stratégiques, droits de douane ciblés, simplification réglementaire ou encore nouveaux emprunts communs. Le sommet des industriels à Anvers sera suivi jeudi d'une réunion informelle des 27 chefs d'États et de gouvernements de l'Union au château d'Alden Biesen, dans l'est de la Belgique. Un moment de réflexion pour trouver des solutions et le déclin.
L’île de Cuba traverse l’une des pires crises énergétiques de son histoire récente. Faute de carburant, le pays fonctionne au ralenti, avec des conséquences immédiates sur les transports, le tourisme et l’approvisionnement en biens essentiels. Depuis minuit, heure locale, les avions commerciaux qui atterrissent dans les aéroports cubains ne sont plus ravitaillés en kérosène. Air Canada a déjà annoncé la suspension de ses liaisons, d'autres compagnies comme Air France prévoient des escales techniques hors de l’île, rallongeant les trajets. Cette situation est le résultat d’une pénurie de carburant aggravée par un durcissement des sanctions américaines. Cuba, très dépendante de ses importations énergétiques, se retrouve aujourd’hui quasiment isolée. Choc En réponse, le gouvernement a déclenché un plan d’urgence : semaine de quatre jours dans le secteur public, rationnement strict du carburant réservé aux secteurs vitaux, réduction des transports interprovinciaux, suspension des opérations chirurgicales non urgentes et fermetures temporaires d’hôtels. Le choc est particulièrement violent pour le tourisme, l’un des principaux pourvoyeurs de devises du pays. À cela s’ajoutent des difficultés croissantes pour importer nourriture et médicaments, alors que Cuba dépend à 70 à 80 % de l’étranger pour son alimentation. Dans la population, un souvenir refait surface : celui de la “période spéciale” des années 1990, synonyme de pénuries extrêmes et de rationnement généralisé.



