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La valise à histoires, parcours jeune public du Musée national de l'histoire de l'immigration
La valise à histoires, parcours jeune public du Musée national de l'histoire de l'immigration
Author: Palais de la Porte Dorée
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© Palais de la Porte Dorée
Description
Emma, une fille d'une dizaine d'années, discute avec son grand-père.
Ensemble, ils parcourent l'histoire le l'immigration à travers les trésors que recèle la valise à histoires de ce dernier.
"Grand-père, s'il te plaît va chercher ta valise à histoires !"
Une production Unendliche studio, avec les voix de Pascal Nzonzi et Myriam Doumenq.
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7 Episodes
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Le grand-père : – Nous arrivons, ma chère EMMA, au seuil du temps présent. Ce sera le dernier chapitre de notre histoire. EMMA : – Tu veux dire qu’on est arrivé à aujourd’hui ? Il était une fois maintenant…Et encore des bateaux ! On a commencé avec L’Aurore, et tu me présentes de nouveau des bateaux pour cette dernière partie de notre histoire.Celui-ci, on dirait plutôt une barque, il n’a pas l’air bien solide. Il est surtout beaucoup trop chargé, avec sa pyramide de gros ballots de tissus, et ses théières en plastique qui pendent. Moi, je pense qu’il va se renverser, s’il y a une grande vague, badaboum, tout le monde à l’eau. Par contre, tu as vu un peu plus loin ? celui-ci, qui s’appelle L’Aquarius, est beaucoup plus grand. Il y a aussi des gilets de sauvetage. Ça veut dire que c’est un bateau qui va sauver les gens qui sont tombés dans la mer ? Le grand-père : – Oui, exactement. Depuis les années 2010, des centaines de milliers de personnes tentent d’arriver en Europe en traversant la mer Méditerranée. Ils embarquent sur des navires de fortune, des petits bateaux pas bien solides comme tu dis, en quête d’une vie meilleure. Ils sont très nombreux sur ces petites embarcations, trop nombreux. Et ils font souvent naufrage. EMMA : – Ils se noient ? Le grand-père : – Beaucoup se noient mais il y a un devoir de sauvetage en mer. Alors, de grands bateaux comme L’Aquarius portent secours à ces milliers de migrants qui risquent de mourir en traversant la Méditerranée et les sauvent.Visuel : Road to exile, Barthélémy Toguo, 2008 © Barthélémy Toguo, courtesy de la Galerie Lelong, Collection du Musée national de l'histoire de l'immigration Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
EMMA : – Dis, Grand-père, est-ce que tu repenses au Sénégal depuis que tu es arrivé en France ? Le grand-père : – Bien sûr ! je porte toujours mon pays d’origine dans mon cœur. Quand je suis parti, j’ai laissé mes parents là-bas, mes frères, mes sœurs, des tantes, des oncles, toute la famille… Je pensais très fort à eux. Souvent. Je leur écrivais pour leur donner des nouvelles. Quand j’ai commencé à travailler, je leur envoyais un peu d’argent aussi. Et quand j’ai pu, je suis retourné les voir, et revoir le pays. J’y allais avec plein de cadeaux pour leur faire plaisir. EMMA : – Comme ça, ils ont vu que tu allais bien et que tu avais réussi en France. Tu y allais comment ? Le grand-père : – Quand j’ai pu, j’y suis allé en avion, parce que la route aurait été trop longue jusqu’au Sénégal. Mais bien souvent des immigrés marocains ou algériens retournent dans leur pays l’été – ils rentrent au bled, comme on dit – et ils y vont en voiture. Ils transportent alors un immense chargement sur le toit de leur véhicule. Ces aller-retour chaque année sont importants, car malgré le choix de vivre en France, le lien au pays d’origine et le besoin d’y retourner sont grands. On a envie de retrouver sa famille, sa terre, ses traditions… Visuel : Les voitures cathédrales de Thomas Mailaender, 2004 © Musée national de l'histoire de l'immigration Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
EMMA : – Reprenons, Grand-père ! Le grand-père : – Je cherche une photo. Une photo avec ta grand-mère quand nous étions tous les deux étudiants. Nous nous sommes rencontrés à l’université dans les années 60, très exactement en 1962. EMMA : – Je sais, et tu es tombé amoureux ! Le grand-père : – Quand je l’ai vue, elle était tellement belle, je suis en effet, comme on dit ailleurs, « tombé en amour »… EMMA : – Tu es tombé à la renverse quand tu l’as vue ? Le grand-père : – Oui, une histoire véritablement renversante ! Bon, je ne retrouve pas cette photographie, mais en voici d’autres d’étudiants africains, comme moi, dans les années 60 à Paris. Nous avions en commun cette particularité d’être devenus des étrangers en France. Alors que nous étions français, parce que nos pays d’origine étaient des colonies françaises, tout d’un coup, au moment de la décolonisation, nous sommes devenus étrangers, je suis devenu sénégalais, mon ami Fodé est devenu guinéen. EMMA : – Ça aussi, c’est renversant !Visuel : Reportage pour le centre d'éducation civique des Africaines à Paris, étudiant et sa femme devant le Panthéon, 1966, Janie Niépce © Musée national de l'histoire de l'immigration Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
EMMA : – Il était une fois… Le grand-père : – La fuite ! EMMA : – La fuite c’est la suite de l’histoire ? Le grand-père : – … ou le début d’une migration. Toute migration commence par un départ. Parfois, il est urgent de quitter son pays. Quand c’est la guerre, il faut partir, cela devient vital.Emma prend la photo de Robert Capa, que lui tend son grand-pèreVoici une photographie de Robert Capa, un grand reporter qui a couvert de grands évènements dans le monde. Cette image s’intitule Sur la route de Barcelone, à la frontière française. EMMA : – C’est un enfant tout seul. Il marche sur le bord de la route. Il porte une lourde couverture sur son dos. Il porte un épais manteau mais il est habillé en short.C’est bizarre, il va avoir froid si c’est l’hiver.Et pour manger, comment va-t-il faire ? J’espère qu’il a emporté un goûter dans son sac. Il a l’air un peu triste. On ne dirait pas que c’est une promenade qui lui fait plaisir. Le grand-père : – Non, ce n’est pas une promenade. C’est un exode.Visuel : Réfugiés espagnols pendant leur transfert au camp de Barcarès (Pyrénées-Orientales), mars 1939. Robert Capa © Musée national de l'histoire de l'immigration Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
EMMA : – Une autre histoire, Grand-père ! Dis-moi, tu as mis de l’ordre dans la valise ? Le grand-père : – Oui, j’ai préparé des images pour un nouveau chapitre. EMMA : – On dirait un album photo de la guerre, il n’y a que des soldats sur tes cartes. Le grand-père : – Il était une fois le début du XXe siècle, nous sommes, disons, en 1917.La première guerre mondiale fait rage depuis 3 ans. La France a besoin d’hommes pour aller se battre sur le front. La France a aussi besoin d’hommes et de femmes pour continuer à faire fonctionner le pays, il faut cultiver les champs pour manger, il faut extraire du charbon pour se chauffer… EMMA: – Et alors, ces soldats, ils viennent d’où ? Parce que maintenant, j’ai bien compris tes histoires de migration… Le grand-père : – Eh bien, justement, ils viennent de partout. On fait appel à des étrangers, proches et lointains. Des voisins, en quelque sorte, qui s’engagent pour la France. Voici le portrait de Lazare Ponticelli. Lazare était italien, il s’est battu pour la France et après la guerre, il a créé son entreprise en France. EMMA : – Il est devenu riche ? Le grand-père : – Avec le temps, oui. En tout cas, son affaire semble avoir bien fonctionné. Il fabriquait des cheminées.Visuel : Les bottes de Lazare Ponticelli. Lorenzö © Musée national de l'histoire de l'immigration Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Farfouille la valiseCommençons notre histoire avec ce bateau. Il s’appelait L’Aurore. Emma : – Il était une fois L’Aurore… Le grand-père : – Il y a fort longtemps, dans les siècles passés, c’est l’histoire de personnes qui n’ont pas choisi de quitter leur pays...Au XVIIIe siècle, ce grand bateau à voiles transportait des hommes, des femmes, des enfants qui étaient capturés en Afrique par des Européens.Ils étaient emmenés de force en Amérique où ils étaient vendus pour travailler dur, très dur, dans des plantations. Ils étaient des esclaves, c’est-à-dire qu’ils n’avaient aucune liberté.Visuel : Michel BELLELLE, Maquette de l'Aurore, années 1990, Musée national de l'histoire de l'immigration, inv 2022.25.1, © EPPPD-MNHI Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
migration immigration aller retour émigration départ arrivée traversée… L’histoire est longue… Comme toi peut-être, Emma se demande ce que sont les migrations. Elle veut comprendre ces mouvements de population qui ont fait l’histoire de la France et entendre le récit de ces expériences personnelles et collectives. Elle interroge son grand-père. Emma : – Grand-père, s’il-te-plaît, va chercher ta valise à histoires. On piochera dedans et tu commenceras comme ça : Il était une fois… Le grand-père : – Ah, ma valise à histoires, c’est comme ça que tu l’appelles. Moi, je dis mon petit musée… Tu sais, cela fait bien longtemps maintenant que je collecte dans cette valise tout un tas d’objets, d’images, de textes, de photographies… qui composent une grande histoire, et dont on pourrait faire une grande exposition… Ouvre la valiseDans cette valise, il y a des histoires de migrations qui attendent d’être racontées. Emma : – Tu peux me redire ce que c’est exactement, les migrations ? Le grand-père : – Les migrations, ce sont des hommes, des femmes, des enfants qui quittent un jour leur pays pour en rejoindre un autre. Emma : – C’est comme un voyage. Le grand-père : – Oui, comme un long voyage, sauf que c'est pour longtemps, ce n'est pas comme pour tes vacances. Et souvent, c'est pour toujours. On quitte son pays pour aller vivre ailleurs.Visuel : La valise "militante" de Manuel Valente Tavares. Lorenzö © Musée national de l'histoire de l'immigration Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.










