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L’esprit critique
L’esprit critique
Author: Mediapart
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Cinéma, littérature, spectacles, expos : chaque semaine, L’esprit critique, c’est le nouveau podcast proposé par Mediapart pour inciser l’actualité culturelle, renouveler les voix qui débattent des œuvres et rendre compte des débats esthétiques et politiques qui traversent ce qu’on nous donne à lire ou à voir.
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Uma Luz Cordial, « Une lumière cordiale » en français, est le dernier volet de la « Trilogie deChiennes » de la metteuse en scène, écrivaine et performeuse brésilienne Carolina Bianchi. Ila été présenté cet été au Festival d’Avignon et, en cette rentrée, au Théâtre de l'Odéon - Théâtrede l'Europe à Paris, dans le cadre du Festival d'Automne.Dans le premier volet, « La mariée et bonne nuit Cendrillon », l’artiste racontait son viol sousGHB et s’endormait sur scène après avoir absorbé la drogue dite du violeur. Le second, intituléBrotherhood, débutait sur son réveil puis cherchait à donner une place aux femmes dans unehistoire abusivement masculine.Dans ce troisième et dernier chapitre, Carolina Bianchi se concentre sur les liens entre sexe etécriture, en convoquant plusieurs auteurs et autrices, au premier rang desquelles EmilyDickinson et surtout Hilda Hilst, poétesse brésilienne ayant notamment écrit le sulfureux Cahierrose de Lori Lamby dans lequel une narratrice de huit ans décrit le plaisir qu’elle prend auxrelations tarifées avec des adultes.Le texte d’Uma Luz Cordial est publié aux Solitaires intempestifs.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
L’hors-présence ou chimères du pays de Morsan est le titre du nouveau spectacle de la metteuseen scène Tiphaine Raffier, créé au Festival d’Avignon et présenté récemment au théâtre desAmandiers à Nanterre, avant de tourner dans de nombreuses villes du pays.Sur scène, une maison d’un petit bourg visible à travers une baie vitrée, dans laquelle Laure,condamné par un cancer, est revenue vivre ses derniers jours, entourée de ses deux frères et desa sœur, qui n’ont pas le même regard ni sur elle, ni sur la manière d’agir dans cette situationde fin de vie, souvent dérobée aux regards, et que Tiphaine Raffier veut ici à la fois mettre enscène et montrer en gros plan puisque le dispositif théâtral est ici redoublé par un agencementvidéo dont les zooms sur une main qui se crispe ou une trachée qui étouffe sous l’effet d’unefausse route est retransmis sur le toit de la maison à travers un large écran.Autour de Laure, chaque personnage - frères, sœur, amis, voisins, militants, personnel soignant- négocie son rapport à la fin de vie et à la promesse qui a été faite à Laure de l’aider à partiraprès que celle-ci a rédigé ses directives anticipées, établi un calendrier de son reste à vivre etmême commandé deux urnes funéraires.Cela avant une seconde partie où, autour d’une mystérieuse boîte enterrée, le spectacle quittela veine naturaliste qui le structure au départ pour partir dans des dimensions davantagemythologiques et philosophiques.L’Hors-présence sera prochainement visible à la Comédie de Saint-Etienne, puis à celle deClermont-Ferrand et de Valence, avant de se rendre au TNP de Villeurbanne.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
La metteuse en scène Pauline Bayle présente, au Théâtre public de Montreuil qu’elle dirige, saversion de l’épopée indienne du Mahabharata, texte fondateur issu d’une tradition orale fixéepar écrit en sanskrit au Vème siècle avant notre ère.Composé d’environ 250 000 vers, soit 15 fois plus que l’Iliade que Pauline Bayle avait portésur scène précédemment, le Mahabharata signifie « Grande histoire des Bhârata » et racontel’histoire d’une guerre sur plusieurs générations entre deux branches d’une même famille, lesPandava et les Kaurava.Même pour un spectacle durant trois heures, la metteuse en scène a donc dû opérer des choixdrastiques, pour présenter une version contemporaine de cette épopée, qu’elle a choisi de mettreen scène avec une distribution entièrement féminine, alors que l’histoire est d’abord celle derois, de guerriers et de princes se disputant le pouvoir.Cette adaptation contemporaine de ce récit mythique datant de plus de 25 siècles parvient-elleà donner au public le sentiment que celui-ci à quelque chose à nous dire aujourd’hui, que cesoit sur la violence, la destruction du monde, la transmission ou la rupture entre générations ?Le Mahabharata de Pauline Bayle était pendant un mois au Théâtre Public de Montreuil, etpart ensuite en tournée à Douai, Tourcoing, Lyon, Le Havre, Cherbourg, Tours, Châteauroux,Châtenay-Malabry et Tremblay.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Trois metteuses en scène pour trois spectacles intenses et denses, approchant ou dépassant lestrois heures de représentation. L’adaptation contemporaine et féminisée d’une grande épopéede l’humanité ; un huis clos sur ce que la fin de vie produit dans une famille qui y est confrontéeet la clôture d’une trilogie où l’on sera passé du viol à la vie sans rarement se départir de laviolence.On évoque dans « L’esprit critique » de ce jour la version contemporaine que la metteuse enscène Pauline Bayle propose du Mahabharata au Théâtre Public de Montreuil qu’elle dirige, lenouveau spectacle écrit et scénographié par Tiphaine Raffier, intitulé L’hors-présence ouchimères du pays de Morsan montré aux Amandiers à Nanterre et enfin Uma Luz Cordial deCarolina Bianchi qui vient clore sa « Trilogie des chiennes ».Avec :• Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussiécouter le podcast « Le Beau Bizarre ».• Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriel Théâtre, Novo et Jeux.• Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb.« L’esprit critique » est enregistré et réalisé chaque semaine par les équipes de Gong, enl’occurrence par Corentin Dubois.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Nous avions évoqué dans un des premiers podcasts de « L’esprit critique » consacré à la littérature, en en disant beaucoup de bien, Shuggie Bain, le premier roman de Douglas Stuart, qui avait été récompensé par le Booker Prize en 2020 et prenait pour décor le Glasgow pauvre des années 1980 dans lequel se profilait l’ombre des politiques décrétées par la dame de fer, Margaret Thatcher.Douglas Stuart revient en cette rentrée avec un nouveau livre, également publié chez Globe et également traduit de l’anglais, et plus précisément de l’écossais, par Charles Bonnet, intitulé John, fils de John.Il y est, comme dans Shuggie Bain, question de la relation tumultueuse entre un parent et un enfant et d’une petite communauté où l’argent est aussi rare que les difficultés de la vie sont nombreuses.Mais le roman prend cette fois place non pas dans un quartier pauvre de Glasgow mais sur l’île de Harris, dans l’archipel des Hébrides extérieures située au nord-ouest de l’Ecosse. Une île qui ne vivait quasiment que de pêche et d’une petite activité textile avant que le tourisme et les résidences secondaires n’arrivent. Et une île où Dieu règne encore en maître, comme les hommes sur les femmes et les pères sur leurs enfants, dans le cadre d’une opposition existentielle entre les « îliens » et les « terriens ».« Elle avait les pieds violet foie de veau. Voilà ce que lui avait dit son père avant de raccrocher » : ainsi commence ce texte sur un de ces échanges entre le fils de John et son père qui, nous explique d’enbléé le narrateur « n’avait jamais été un grand bavard. Leurs coups de fil ressemblaient donc à un échange avec une hotline. »Le roman commence lorsque le fils de John, Cal, revient sur l’île après quatre ans à étudier à Édimbourg, sans un sou ni perspective d’emploi, mais en ayant la possibilité de vivre son homosexualité tenue secrète dans le milieu traditionnel dont il est issu.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.




