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L’esprit critique
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L’esprit critique

Author: Mediapart

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Cinéma, littérature, spectacles, expos : chaque semaine, L’esprit critique, c’est le nouveau podcast proposé par Mediapart pour inciser l’actualité culturelle, renouveler les voix qui débattent des œuvres et rendre compte des débats esthétiques et politiques qui traversent ce qu’on nous donne à lire ou à voir.


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Patatas fritas falsas est le titre de la pièce des espagnols Quim Tarrida et Agnés Mateus, créé en Catalogne et montré au Théâtre de la Bastille à Paris. Ce seul-en-scène interprété avec grande énergie par Agnés Mateus entend regarder le fascisme en face et prendre le public à partir d’un texte très frontal, de quelques coups de feu, d’une lumière stroboscopique, d’une marionnette de Franco, de nombreux lustres qui parfois se détachent pour tomber violemment sur scène, de musiques de boîte de nuit de la Costa Brava, mais aussi d’une machine à laver.Après une première pièce sur les violences policières, puis une seconde sur les violences faites aux femmes, c’est à la violence politique que s’attaque le duo catalan dans ce spectacle qui s’ouvre sur la vision d’un gigantesque drapeau franquiste occupant tout l’espace habituellement occupé par les rideaux de scène.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Silence, ça tourne est le titre d’un seul en scène signé Nadim Deaibes et Chrystèle Khodr, interprété par cette dernière, dans lequel elle poursuit son travail de mémoire collective autour du Liban, entamé avec des pièces comme Beirut Sépia, Titre provisoire, Augures ou Ordalie. Elle retrace ici l’histoire du camp de réfugiés palestiniens de Tel al-Zaatar, dont les habitants et habitantes furent assiégés et massacrés par les milices de la droite chrétienne libanaise en 1976, avec un bilan estimé à 2 000 morts, 1 500 disparus et 6 000 blessés, dont une large majorité lors de la seule journée du 12 août.Sur scène, un radio-transistor et des bandes magnétiques reconstituent peu à peu l’atmosphère du siège en mêlant archives sonores et témoignages, notamment celui d’une infirmière suédoise communiste du nom d’Eva Ståhl, que les auteurs de la pièce ont retrouvée et enregistrée, mais aussi d’un reporter de guerre suédois et de l’ancien responsable de la Croix-Rouge internationale.Dans un décor sobre, Chrystèle Khodr déroule des bandes magnétiques qu’elle accroche à des mâts, construisant ainsi une forme de maison ou d’abri, comme elle déroule son histoire, sans nœuds ni effets, avec une volonté de tisser les récits pour en refléter les réalités implacables et construire un lieu de mémoire.Silence, ça tourne, de Nadim Deaibes et Chrystèle Khodr, c’était récemment au TNP de Villeurbanne, à la MC93 de Bobigny, à la Joliette à Marseille et au théâtre de la Bastille à ParisHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Bovary Madame, d’après Gustave Flaubert, est le titre du spectacle de Christophe Honoré que présente en ce moment le théâtre de la Ville-Sarah Bernhardt après avoir été visible à Lausanne, Clermont-Ferrand, Brest, Rennes, La Rochelle, Évry, Annecy, Lyon, Arras, Angers, Nantes, Anglet et Nice. Pour mettre en scène l’histoire d’Emma, le réalisateur et metteur en scène a choisi un décor de cirque et un rythme de cabaret, agrémenté de cinéma et de vidéo puisqu’une partie des scènes se déroule dans les coulisses et que nous ne les voyons qu’à l’écran.Emma Bovary, jouée par l’actrice Ludivine Sagnier, est ainsi entourée de toute une troupe dans laquelle les personnages de Flaubert sont aussi des figures de l’univers circassien, depuis l’acrobate jusqu’à Madame Loyale.Costumes et musique, nudité et numéros, grand spectacle et dimension littéraire, classique et modernité ; dialogues reconnaissables et pauses BarbaPapa et tartes à la crème invitant des membres du public à monter sur scène : comme souvent Christophe Honoré entend proposer, ici en deux heures et demie, un spectacle capable d’embrasser les contraires et de toucher un vaste public  En inversant le titre original de Flaubert, Christophe Honoré propose-t-il alors un spectacle renversant ou sens dessus dessous ? Bovary Madame de Christophe Honoré est visible jusqu’au 16 avril au théâtre de la Ville à Paris.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Une transposition circassienne d’un grand classique de la littérature française ; un récit polyphonique et documenté d’un massacre commis dans un camp palestinien du Liban au milieu des années 1970 et un seul-en scène déchaîné qui entend regarder et dénoncer de front les dynamiques fascisantes.On discute aujourd’hui dans « L’esprit critique » de Bovary Madame que donne en ce moment le cinéaste et metteur en scène Christophe Honoré au Théâtre de la Ville-Sarah Bernardt, de la proposition intitulé Silence, ça tourne, des Libanais Nadim Deaibes et Chrystèle Khodr qui était récemment visible au Théâtre de la Bastille à Paris et enfin de Patatas fritas falsas du duo catalan Agnés Mateus et Quim Tarrida, à l’affiche de ce même théâtre de la Bastille.Avec : • Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ».• Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriels Théâtre, Novo et Jeux.• Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb.  « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé chaque semaine par les équipes de Gong.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Amadoca est le titre de l’ouvrage de l’écrivaine ukrainienne Sofia Andrukhovych que publient les éditions Belfond dans une traduction d’Iryna Dmytrychyn. Une publication en réalité en deux temps, puisque ce premier volet de déjà pas loin de 550 pages, sous-titré L’histoire de Romana et d’Ouliana sera suivi, à la rentrée prochaine, d’un second, intitulé Amadoca. L’histoire de Sofia.Ce projet ambitieux vise à raconter un siècle d’histoire de l’Ukraine, de l’époque soviétique à la domination nazie jusqu’aux guerres contemporaines, même si le roman a été achevé avant l’offensive des troupes de Poutine en 2022.« Amadoca » est le nom donné, au IIè siècle de notre ère, par le géographe grec Ptolémée à un lac ou un marécage qui se serait trouvé dans l’actuelle partie occidentale de l’Ukraine.Pour raconter son pays, Sofia Andrukhovych, centre son récit sur trois personnages : Bohdan, qui a perdu le visage et la mémoire dans une guerre ressemblant à celle du Donbass ; Romana, une archiviste qui pense avoir reconnu dans le visage meurtri et absent du soldat son homme et Ouliana, la grand-mère de Bohdan, qui a vécu les massacres hitlériens et dont Romana va raconter l’histoire à son petit-fils auquel elle dit :« Tu es Bohdan Kryvodiak. Tu es né dans une petite ville de l’ouest de l’Ukraine. Tu as des relations compliquées avec ta famille. Tu es archéologue. Spécialiste du baroque et du rococo. Tu étais à la guerre, dans l’Est. Tu as vécu des choses que peu de gens vivent. Tu as failli mourir. Tu as perdu la mémoire. Mais tu es en vie et en sécurité. Tu es chez toi. Tu es avec moi. Je suis ta femme, Romana. Tout va bien, petit garçon. Viens ici. »Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
« L’idée m’excitait. Je m’y engageai. Car j’aimais la musique, la nuit, les machines, la solitude, les femmes. » C’est ainsi qu’Anne F. Garréta résume sa décision d’apprendre la pratique de DJ, ou « disquaire » comme elle préfère dire, dans son nouveau livre intitulé DJ. Portrait de l’artiste en animale nocturne que publie le Mercure de France.L’autrice de Sphinx, paru au milieu des années 1980 quand elle avait seulement 23 ans, revient sur ses années noctambules, lorsqu’elle faisait danser les nuits de Paris, notamment dans une boîte lesbienne, le Katmandou, en assumant vouloir poser un regard inédit sur cet univers alors que « la littérature qui traite des musiques électroniques et dansantes raboute des informations de nième main sur des sources aussi peu fiables que biaisées par l’hégémonie culturelle américaine ».Cette passionnée des modes d’emploi livre ici un récit à la fois technique et personnel sur un métier et une époque, en creusant dans ses souvenirs, et en proposant des parallèles entre la façon d’écrire, celle de danser, et celle de tenir une « piste » afin d’éviter qu’elle ne se vide subitement en réalisant ainsi le cauchemar du ou de la disquaire.« Le romancier, le mathématicien mettent bout à bout des choses triviales. C’est l’enchaînement qui ne l’est pas. Il en va de même de la disquaire à ses platines enchaînant des trivialités », explique la narratrice pour qui « n’importe qui peut, en enchaînant dans n’importe quel ordre, une série de tubes, surtout les plus vulgaires, faire danser, par intermittence, un groupe quelconque de gens moyennement ingambes. »Pour elle, « les mauvais DJ se fantasment en dictateurs, en gourous ou en prêtre. (…) Une bonne disquaire is an attentive lover. Ou un gigolo de sang-froid. Le DJ médiocre suppose connu et identifié le désir des corps en face de lui. Erreur banale. »Ouvrage écrit depuis une période où elle se dressait contre « l’ordre diurne », par une personne qui affirme « je ne suis ni écrivain ni pas écrivain » et s’imagine plus en DJ qu’en écrivain, ce « portrait de l’artiste en animale nocturne » décrit aussi le parcours de vie en forme de bascule d’Anne F. Garréta.Ainsi qu’elle l’écrit en effet dans un moment introspectif et rétrospectif : « Si on m’avait dit, alors que je dansais sous la voûte étoilé du Saint, dans l’abîme de basses profondes du Paradise Garage, dans l’abside néogothique du Limelight, dans la caverne du Metropol que je finirais par passer ma vie avec femme, enfants, chien, two-car garage au fond d’une banlieue friquée, bucolique et inculte de la capitale de l’Empire, j’aurais hurlé de rire. »Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Très brève théorie de l’enfer est le titre du nouveau livre de Jérôme Ferrari, prix Goncourt 2012 pour son Sermon sur la chute de Rome. On reste dans un titre à connotation chrétienne pour ce nouveau livre, publié comme les précédents aux éditions Actes Sud, mais on quitte la Corse qui constitue souvent le sujet et le décor des ouvrages du romancier avec cet ouvrage sous-titré « Contes de l’Indigène et du voyageur » et second volet d’une trilogie débutée avec Nord Sentinelle. Enseignant expatrié d’abord en Algérie, où il rencontre sa femme, le narrateur du livre se retrouve aux Émirats Arabes Unis et constate que « de l’avis de tous – avis, me précisa-t-on, que partageaient nombre de Saoudiens -, l’Arabie n’offrait comme avantage notable que sa proximité avec les Émirats. Il me semblait étrange que le pays où je périssais d’ennui pût ainsi donner l’image d’une version moderne de Sodome et Gomorrhe. »Il emploie à son service Kaveesha venue comme beaucoup de ses compatriotes sri-lankais travailler dans les pays du Golfe et à propos de laquelle Ferrari écrit : « Elle profita de son séjour à Colombo pour acheter le petit terrain sur lequel elle allait faire construire sa maison. Les travaux s’étalèrent sur dix années, s’arrêtant et reprenant au rythme des paiements que Kaveesha pouvait effectuer. A chaque étape du chantier, elle associait des visages d’enfants. Un petit garçon chilien pour les fondations, des jumelles malaises pour la maçonnerie, toute une fratrie italienne pour la charpente, une fillette anglaise pour la pose de la toiture. De l’installation de la plomberie et de l’électricité jusqu’aux dernières finitions, Kaveesha ne s’occupa plus que d’enfants français. »Le roman tisse ainsi les trajectoires parallèles de ces deux personnages, chacun confronté à une forme de descente aux enfers, notamment sur le plan familial, comme si le déracinement, contraint pour l’une et choisi pour l’autre, menait à des tragédies dont on ne saura pas tout mais beaucoup. « Combien de mondes se côtoient-ils dans ce pays, qui ne se rencontrent presque jamais ? » écrit à un endroit Jérôme Ferrari.Un texte qu’il est singulier de lire dans un moment où les projectiles iraniens parvenant à toucher les pays du Golfe tuent surtout des immigrants du sous-continent indien et que de nombreux expatriés demandent à rentrer en Europe après avoir vu leur choix et train de vie fragilisés par la décision de Trump et Nétanyahou de lancer une guerre destructrice en Iran. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
L’enfer de la guerre, l’enfer de l’esclavage moderne et l’enfer – possiblement paradisiaque - de la nuit… Ce sont trois ouvrages qui ont part liée avec les ténèbres ou du moins l’obscurité que nous nous intéressons aujourd’hui dans ce nouvel épisode de « l’esprit critique » consacré à la littérature.On y discute en effet de la Très brève théorie de l’enfer située dans les pays du Golfe que propose Jérôme Ferrari chez Actes-Sud, du Portrait de l’artiste en animale nocturne publié au Mercure de France par l’écrivaine et DJ Anne F. Garréta et enfin du grand roman de l’Ukraine intitulé Amadoca de Sofia Andrukhovych, que viennent de traduire les éditions Belfond.Avec :• Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama• Copélia Mainardi qui écrit notamment pour Libération• Blandine Rinkel, écrivaine, musicienne et critique « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
On revient sur Nouvelle vague, film qui a valu il y a peu le César de la meilleure réalisation à l’américain Richard Linklater. Réalisateur notamment de la trilogie cinématographique Before (Before Sunrise, Before Sunset et Before Midnight) ainsi que de Boyhood, un film tourné sur une période de 12 ans, le cinéaste reconstitue cette fois le tournage du film culte de Jean-Luc Godard, A bout de souffle, avec Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo. Ayant fait le choix de confier les rôles de tout ce qui a constitué la nouvelle vague du cinéma français à des acteurs ressemblant pour la plupart comme deux gouttes d’eau aux originaux, Linklater ouvre son film par une crise d’ego de Jean-Luc Godard pendant laquelle le célèbre cinéaste disparu en 2022 se plaint d’être plaint d’être le dernier critique des Cahiers du cinéma à ne pas avoir réalisé son film. Il intrigue alors auprès du producteur Georges de Beauregard, convainc la star Jean Seberg et constitue son équipe technique avant de lancer son tournage dans les rues de Paris.Nouvelle Vague, de Richard Linklater est sorti à la rentrée dernière, et est déjà visible en VOD ou sur la plateforme de Canal +Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Au vu de la campagne promotionnelle et de la campagne menée pour les Oscar autour de Marty Supreme et de son acteur principal Timothée Chalamet, il est sans doute à peine besoin d’en résumer le pitch.Néanmoins, pour celles et ceux qui auraient réussi à éviter le martelage récent, Marty Mauser est un jeune juif new-yorkais sans le sou, qui vend des chaussures dans le magasin de son oncle et qui, plutôt que de reprendre ce commerce, s’avère prêt à tout – escroquerie, abandon d’amante enceinte, séduction de gloire du cinéma sur le retour, match truqué, aplatissement devant un richissime homme d’affaire ou flirt avec la pègre – pour réaliser son rêve : trouver l’argent pour participer aux championnats du monde de ping-pong – un sport dont l’Amérique d’alors se contrefout – qui se déroulent alors au Japon.Inspirée par les mémoires du pongiste Marty Reisman, le film est signé Josh Safdie qui signe là sa première réalisation solo après les longs-métrages remarqués qu’il réalisait avec son frère Benny, en particulier Good Times et Uncut Gems.Marty Supreme est en salles depuis le 18 février dernier.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le long-métrage Sinners, succès du box-office et nominé 16 fois – un record historique - à la cérémonie des Oscar du dimanche 15 Mars, est le titre du nouveau film de Ryan Coogler, un cinéaste décidé à s’emparer des formes hollywoodiennes pour faire entendre la voix de la communauté africaine-américaine et montrer le racisme auquel elle doit faire face.Après avoir s’être approprié l’imagerie de la série « Rocky » avec son film Creed en 2016 puis s’être emparé des films de super-héros avec les deux volets de Black Panther en 2018 et 2022, c’est cette fois le genre du film d’horreur et de vampire, mais aussi le genre du film musical et du film d’époque, qu’utilise le réalisateur pour parler de la condition des noirs aux Etats-Unis.L’intrigue se déroule dans le delta du Mississippi, au début des années 1930, à l’époque de la ségrégation raciale, de l’exploitation des noirs dans les champs de coton et de la terreur entretenu par le Ku Kluk Klan.Les jumeaux Smoke et Stack, incarnés tous deux par Michael B. Jordan, l’acteur fétiche de Ryan Coogler, vétérans de la Première Guerre mondiale et après avoir gagné de l’argent avec la pègre de Chicago, décident de racheter un ancien abattoir délabré pour en faire un cabaret de blues destiné aux populations noires et échapper au moins à temps à la ségrégation et aux persécutions, en buvant, dansant et célébrant la musique.Le film, de la production aux costumes et jusqu’à la réalisation est, à quelques exceptions près, fabriqué en entier par des africains-américains.Sinners est sorti en France au printemps dernier et est donc déjà disponible en VOD ou sur la plateforme de Canal +.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Deux films en lice pour les Oscars qui se tiennent à Los Angeles la nuit de dimanche 15 mars, et un long métrage récompensé à la dernière cérémonie des César. Et trois films saturés chacun de références à une période marquante de l’histoire du cinéma : la Blaxploitation, le Nouvel Hollywood et la Nouvelle Vague.On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique » deux favoris des Oscars, Sinners de Ryan Coogler qui utilise le genre du film du vampire pour s’emparer de l’époque de la ségrégation et Marty Supreme, la première réalisation sans son frère de Josh Safdie sur le parcours d’un ambitieux pongiste incarné par Thimothée Chalamet dans le New York de l’après-guerre. Et comme on avait déjà évoqué dans ce podcasts le troisième favori de la cérémonie des Oscars, à savoir Une Bataille après l’autre de Paul-Thomas Anderson, on parle également de Nouvelle Vague, film reconstituant le tournage d’A bout de souffle qui vient de valoir le César de la meilleure réalisation à son réalisateur, l’américain Richard Linklater.Avec :• Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction de la revue de cinéma Débordements et de la revue de cinéma décolonial Emitai. •  Alice Leroy, qui écrit dans les Cahiers du cinéma « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé chaque semaine par les équipes de Gong.      Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Les « images américaines » de la photographe Dana Lixenberg sont exposées à la Maison Européenne de la Photographie, dans le cadre de la première rétrospective en France consacrée à cette artiste néerlandaise parti vivre aux Etats-Unis à la fin des années 1980.L’exposition est constituée de portraits - des figures publiques du sport et de la musique notamment ou des quidam - réalisés dans le cadre de commandes de magazines ou de travaux plus personnels.On passe ainsi de figures comme John McEnroe, Tupac Shakur ou Notorious B.I.G, à des ensembles réalisés dans le quartier rouge d’Amsterdam (De Wallen. 2025), dans une petite ville de l’Indiana avec une population de sans logis américaine ; ou au sein d’une communauté iñupiaq vivant sur une île au large de l’Alaska (The Last Days of Shishmaref. 2008).Le travail le plus connu et le plus ambitieux de Dana Lixenberg, toujours en cours, demeure celui débuté après le soulèvement de plusieurs quartiers de Los Angeles à la suite de l’acquittement des policiers ayant frappé Rodney King en 1992, qui s’intitule Imperial Courts et retrace sur plus de trois décennies la vie dans un ensemble de logements sociaux dans le quartier de Watts.Dana Lixemberg utilise pour ses photos une chambre 4 x 5 pouces, c’est-à-dire grand format, supposant concentration et immobilité de la part de celles et eux qui se trouvent devant son objectif, définissant son rapport avec ses sujets comme celui d’une « danse lente ». Le commissariat de cette exposition est signé Marcel Feil et Laurie Hurwitz.American images a ouvert le 11 février dernier et demeure visible jusqu’à la fin du mois de mai prochain.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Après « L’Alerte générale » de Martin Parr, c’est à une « Exposition générale » que nous nous intéressons, en l’occurrence celle que présente la Fondation Cartier pour l’art contemporain à l’occasion de son installation dans son nouveau bâtiment près du musée du Louvre, déménagement et nouveaux locaux dont nous n’allons par reparler d’abord parce que nous avons déjà écrit dessus dans le journal et ensuite parce que nous allons déjà avoir fort à faire avec cette vaste proposition qu’il sera impossible de parcourir pièce par pièce puisque la Collection de la Fondation Cartier est née avec la création de l'institution et rassemble aujourd'hui plus de 4 500 œuvres, 500 artistes de 60 nationalités.Exposition générale s’articule entre quatre moments, censés correspondre aux quatre lignes de forces de la collection (« Sciences », « Gestes et matériaux » ; « Écologie et mondes vivants » et « Architecture ») en s’ouvrant par un laboratoire architectural intitulé Machines d’Architecture fait de maquettes, dessins, fragments et installations, en se poursuivant par des œuvres résonnant avec des écosystèmes menacés et des limites de l’anthropocentrisme (Être Nature), puis avec une section insistant sur la porosité entre art, artisanat et design (Making Things) et enfin en donnant place à des pratiques artistiques mêlant technologie, fiction et savoirs scientifiques qui esquissent d’autres manières de lire et d’habiter le monde (Un Monde Réel).Si cette « Exposition générale » intéresse « L’esprit critique » c’est notamment parce que, comparée à la Collection Pinault ou à la Fondation LVMH, la collection regroupée par cette autre marque de luxe qu’est Cartier se distingue de plusieurs façons. Elle n’est pas fondée sur un vaste fond préexistant et des décennies d’achats comme l’ont fait François Pinault et Bernard Arnault mais se compose d'œuvres présentées dans le cadre de sa programmation et de commandes passées à des artistes depuis 40 ans. Elle a fait le parti-pris de donner une place à des créations et des productions venues de géographies souvent peu visibles dans les institutions des capitales occidentales, notamment amazoniennes. Et elle ne se limite pas aux arts visuels mais s’étend à l’architecture, aux sciences humaines et non humaines et plus particulièrement à l’écologie.Le commissariat général de cette exposition, visible jusqu’à la fin du mois d’août, est signé Béatrice Grenier et Grazia Quaroni.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Global Warning est le titre très bien trouvé de la rétrospective malheureusement posthume que le musée du Jeu de Paume à Paris consacre au photographe Martin Parr, décédé au mois de décembre dernier. Elle revisite l’œuvre de l’artiste à travers différentes séries réalisées de la fin des années 1970 à nos jours, regroupées en différentes sections intitulées « Terres de loisirs et de déchets », « Tout doit disparaître », « Petite planète » ou encore « Addictions technologiques ».Dans ces séries débutées dans de petites villes anglaises, notamment à Bristol, où il vécut longtemps et où il est mort, puis étendues aux cinq continents, Martin Parr documente nos modes de vie, nos dépendances à la voiture, nos obsessions de la consommation, nos manières de voyager, avec un regard ironique rendu plus grave par l’accumulation des crises écologiques, et des couleurs saturées soulignant le regard satirique que Martin Parr posait sur le monde, avec une forme de distance qu’il reste à qualifier, entre ironie et proximité.En près de 180 œuvres, le commissariat de cette exposition, qui a ouvert à la toute fin du mois de janvier dernier et demeure visible jusqu’au 24 mai prochain, a été assuré par Quentin Bajac, en collaboration avec Martin Parr lui-même et Clémentine de la Féronnière.Global Warning est visible au Jeu de Paume à Paris jusqu’à la fin du mois de mai prochain.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Un avertissement général, une exposition générale et une rétrospective individuelle. Beaucoup de photographies, mais aussi des installations, de la peinture, de la vidéo, de la tapisserie et même de l’art vivant et végétal.On évoque dans « L’esprit critique » de ce jour la rétrospective malheureusement posthume que le musée du Jeu de Paume consacre au photographe britannique Martin Parr, récemment décédé, et qui s’intitule Global Warning ; la gigantesque proposition intitulée Exposition générale avec laquelle la Fondation Cartier inaugure ses nouveaux locaux et tente de synthétiser quarante années d’activités, et enfin la première rétrospective en France de la photographe néerlandaise longtemps installée aux Etats-Unis Dana Lixenberg qui ouvre la nouvelle saison de la Maison Européenne de la Photographie.Avec :  • Rose Vidal, critique et autrice • Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante • Hélène Soumaré, critique d’artHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Mon refuge et mon orage est le titre du nouveau livre de l’écrivaine indienne Arundhati Roy, publié aux éditons Gallimard dans une traduction d’Irène Margit. « Mon refuge et mon orage » est aussi la manière dont l’essayiste, activiste et romancière célèbre depuis la parution du Dieu des petits riens, décrit celle qui l’a mise au monde dans ce récit qui est à la fois une autobiographie et une autobiographie de sa mère, pour paraphraser le titre du fameux livre de Jamaica Kincaid.Tout à la fois portrait de « Mrs Roy » ainsi qu’elle a toujours appelé sa mère, portrait d’une écrivaine et portrait d’un pays engagé sur les routes de la fascisation, le récit d’Arundhati Roy nous emmène du Kerala où elle a grandi, à Delhi où elle vit en passant par la vallée de la Narmada où elle a accompagné les luttes contre les grands barrages, les forêts profondes où l’on trouve encore des guérilleros maoïstes dans la région de Raipur ou encore le Cachemire à propos duquel elle écrit qu’après l’avoir découvert « vous ne pouvez pas retourner aux anciennes conversations, aux vieilles blagues, aux plaisirs inoffensifs. L’innocence amorale délibérée, cultivée, de la plupart des Indiens quant à ce qui s’y passe et ce qui est commis en leur nom là-bas devient difficile à supporter. » Arundhati Roy propose ici un livre dont elle dit que « comparé aux textes de politiques, ou de fiction, le récit qui vient m’a été particulièrement difficile à écrire. »Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
La mer et son double est le titre de l’ouvrage de Julia Lepère, déjà autrice de trois recueils de poésie et qui signe là, aux éditions du Sous-Sol, sa première incursion dans le genre romanesque.La narration est tissée par deux récits qui alternent l’un avec l’autre. Le premier se situe dans une ville baptisée de sa seule initiale, P., une cité western dans laquelle une femme munie d’une caméra et d’un drone croise des personnages plus ou moins fantomatiques désignés par leurs fonctions – le poète, le pianiste, le sculpteur, la tenancière…Le second voit une naufragée prénommée Anna et ayant perdu la mémoire repêchée par un cargo au milieu de l’océan Atlantique quelques jours après la disparition tragique d’un des membres d’équipage pendant une nuit de tempêtes et quelques jours avant que le bateau se trouve pris dans les glaces de l’Antarctique.Faisant le lien entre les deux récits, ces deux femmes, Anne et Anna, doubles qui ne font peut-être qu’une, et un personnage cruel : un certain Peter, aussi Don Juan que criminel.  Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Après L’âge de détruire, couronné du prix Goncourt du premier roman en 2023, l’écrivaine et dramaturge Pauline Peyrade signe un deuxième texte romanesque. Il s’intitule Les habitantes et est, comme le précédent, publié aux éditions de Minuit.A l’orée d’un hameau et d’une forêt, Emily, la trentaine, vit avec sa chienne Loyse dans une maison qui fut celle de sa grand-mère, Moune, au rythme d’une vie oscillant entre observation de la nature lors de promenades, travail dans la ferme tenue par Aude ou baignades dans l’étang voisin. Un rythme percé, sinon tout à fait perturbé, par l’apparition de missives de plus en plus comminatoires du père d’Emily, annonçant la mise en vente prochaine de la maison et utilisant un vocabulaire de plus en plus notarial et juridique, qui tranche avec la langue attentive aux détails de la nature et de ses peuples du roman.En effet, ainsi que nous prévient d’emblée la quatrième de couverture de l’ouvrage : « Dans Les Habitantes, chiennes, hirondelles, abeilles, héron, peuplier tremble, champs de chanvres, qu’ils agissent ou non sur les événements de l’histoire, occupent le même plan que les personnages et participent à leur quête »,Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Trois écrivaines proposant trois récits où les personnages féminins occupent les rôles principaux. Un premier en forme de paysage habité par des êtres et des sensations. Un deuxième qui tir deux fils parallèles, d’une ville inquiétante à un cargo perdu dans les glaces. Et un dernier qui parcourt six décennies de la vie d’une activiste et romancière voyant son pays, l’Inde, sombrer dans la brutalité raciste et fasciste.On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique » le second roman de Pauline Peyrade, Les habitantes, publié aux éditions de Minuit ; la première incursion de la dramaturge Julia Lepère dans le genre romanesque avec un ouvrage intitulé La mer et son double aux éditions du Sous-Sol ; et enfin le récit autobiographique que propose l’indienne Arundathi Roy sous le titre Mon refuge et mon orage, publié chez Gallimard.Avec : • Youness Bousenna, qui chronique notamment l’actualité littéraire pour Télérama• Copélia Mainardi que vous pouvez lire régulièrement dans Libération• Pierre Poligone, cofondateur de Zone Critique, chargé de cours à l’université Paris 3.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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