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L’esprit critique
L’esprit critique
Author: Mediapart
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Cinéma, littérature, spectacles, expos : chaque semaine, L’esprit critique, c’est le nouveau podcast proposé par Mediapart pour inciser l’actualité culturelle, renouveler les voix qui débattent des œuvres et rendre compte des débats esthétiques et politiques qui traversent ce qu’on nous donne à lire ou à voir.
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Manga, tout un art ! est le titre- attirant tout un public de jeunes gens qui n’auraient pas forcément poussé autrement les portes du musée – d’une exposition en trois temps proposée par le Musée Guimet, musée national des arts asiatiques situé à Paris, dont la présidente, Yannick Lintz, vient de voir son mandat renouvelé à la tête de cette institution.Le principe de cette exposition est de s’intéresser aux origines des fameuses BD japonaises qui concentrent l’essentiel des achats effectués par les jeunes avec le Pass Culture.D’abord avec une section qui expose l’histoire du manga où des planches et des revues originales sont mises en regard avec des objets et des œuvres graphiques des collections du musée Guimet.Ensuite en montrant comment, dès avant la fin du 19ème siècle, la société japonais a donné naissance à des œuvres graphiques dont certaines caractéristiques pourraient être qualifiées de « mangaeques » : intrication des mots et des images, représentation du mouvement, goût pour le fantastique et les créatures étranges…Et comment aussi, à côté de cette tradition visuelle, les modes de production et de diffusion des livres illustrés présentent des parentés avec ceux des mangas : fidélisation par la feuilletonnisation, recours à des formes dérivés, diffusion recourant parfois à des matières de faible qualité…Enfin en présentant une dernière section intitulée Sous la Grande Vague qui s’intéresse à la postérité graphique du fameux tableau du peintre japonais Hokusai datant de 1831.Le commissariat de ces expositions qui ont ouvert à la mi-novembre et durent jusqu’au mois de mars prochain a été assuré par Estelle Bauer, conservatrice des collections Japon au musée Guimet et Didier Pasamonik, éditeur, journaliste et directeur de la rédaction d’ActuaBD.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Coton, résine, bois, acier, fer, jute, laine, chiffons… Le musée Bourdelle, dans le 15ème arrondissement de Paris, consacre une rétrospective aux multiples matières de l’artiste polonaise Magdalena Abakanowicz, née en 1930 et morte en 2017. Cette dernière fut une représentante du renouveau de l’art textile, aux côtés de noms comme Olga de Amaral que nous avions évoquée dans ce podcast. Mais le parcours proposé ici nous révèle la dimension protéiforme d’une œuvre qui nous mène de gigantesques sculptures textiles rouges ou grenats qu’elle nomme « abakans » comme pour souligner qu’elles demeurent reliées à elle, jusqu’à des ensembles de silhouettes soit dansantes, soit sans tête, soit à genou et de dos, soit comme enfermées et à moitié effacées dans ce qui peut ressembler autant à un sarcophage qu’à un bas-relief… Tout cela en passant aussi par des dessins de mouches agrandies et dessinées au fusain ou des arbres enserrés dans du métal. L’exposition a ouvert le 20 novembre dernier et sera visible jusqu’au 12 avril prochain. Son commissariat est assuré par Ophélie Ferlier Bouat.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le musée du Jeu de Paume à Paris propose une rétrospective grand format à Luc Delahaye, l’un des noms importants de la photographie de guerre dans les années 1990, membre de l’agence Magnum, avant de délaisser le terrain de la photographie de presse pour intégrer avec un succès certain les murs des galeries et le marché de l’art, grâce à des photos toujours ancrées dans l’actualité mais présentées comme de larges tableaux et composées mais aussi recomposées grâce à des techniques particulières de post-production.Autant dire que la rétrospective du photographe nous intéresse bien sûr parce que l’objectif de Luc Delahaye a capté certains grands moments de l’histoire mondiale, de la guerre d’Irak à la violence en Haïti, de l’explosion de la Syrie à la chute de Kadhafi en Libye ; de la guerre d’Ukraine à certaines conférences de l’OPEP ou de la COP.Mais aussi parce que Luc Delahaye a poussé loin la réarticulation entre pratiques documentaires et artistiques, en utilisant des techniques spécifiques, qui ont d’ailleurs pu faire débat dans le monde du photoreportage.Le commissaire de cette exposition, qui a ouvert en octobre dernier et sera visible jusqu’au début du mois de janvier, est Quentin Bajac.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Comment un photoreporter de guerre en vient-il à bouleverser ses formats, modifier ses images par ordinateur et faire son entrée au musée ? Comment un alliage de coton, résine, jute ou chiffons peut-il susciter aussi bien des spectres que des figures dansantes ? Et que comprend-on des mangas contemporains en contemplant des emaki, ces longs rouleaux japonais, à la fois écrits et peints, datant des siècles précédents ?On parle aujourd’hui de la rétrospective du photographe Luc Delahaye intitulée Le bruit du monde et présentée au musée du Jeu de Paume ; de celle que consacre le musée Bourdelle à la plasticienne polonaise Magdalena Abakanowicz connue pour ses sculptures textiles, et enfin de la plongée que propose le musée Guimet dans le monde du manga et notamment d’avant les mangas. Avec :• Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante• Magali Lesauvage, rédactrice en cheffe de l’Hebdo, le numéro hebdomadaire spécial enquêtes du Quotidien de l’Art• Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sylphides, Revue des Tumerels, Fracas x 7, Radio Vinci Park, Romances incertios, un autre Orlando, Mirlitons… Les titres des spectacles présentés dans le cadre du portrait que le Festival d’Automne consacre au danseur et chorégraphe François Chaignaud indiquent que nous entrons dans un univers en soi, qui peut se déployer autant dans des parkings mal éclairés que dans la lumière du Grand Palais, avec une prédilection pour les collisions et les hybridations, par exemple entre un univers de garage homoérotique et un clavecin baroque. Pour ce portrait en forme de constellation, François Chaignaud a écrit ses pièces en collaboration avec des artistes venus d’autres champs de la création : le plasticien Théo Mercier, le danseur de butō Akaji Maro, le beatboxer Aymeric Hainaux, la claveciniste Marie-Pierre Brébant ou encore la musicienne Nina Laisné. Mouvements de la danse classique, musique lyrique, créatures étranges, moto qui rugit et danse tout à la fois… Chaque spectacle proposé par François Chaignaud compose ainsi des images hybrides, étonnantes, portées des sons qui ne le sont pas toujours moins. François Chaignaud prendra à partir du 1er janvier prochain la direction du Centre Chorégraphique National de Caen.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Après l’eau, un nouvel élément. On ne vous parle pas aujourd’hui de la sortie du dernier opus de la saga Avatar qui s’intéresse au feu, mais du nouveau spectacle de la saga Fire of Emotions de la performeuse et comédienne suisse Pamina de Coulon, qui se penche cette fois sur la puissance du vent. Au Théâtre Silvia Monfort à Paris étaient présentées successivement Niagara 3000, remarqué dans le off du Festival d’Avignon récemment et sa nouvelle création, intitulée Maledizione.Débit mitraillette, souci de la planète, coq à l’âne et autres animaux, bifurcations du discours comme de nos modes de vie : on retrouve dans Maledizione ce qui faisait le style de Niagara 3000. Alors que cette pièce évoquait la force hydraulique des larmes, les turbines du futur et ces drôles d’endroit pour une rencontre que sont les deltas fluviaux, c’est plutôt au souffle et au pollen dispersés par le vent qu’est consacrée cette nouvelle traversée théorique et théâtrale de notre monde contemporain mal en point, passant aussi bien par l’histoire des réunions tupperware que le dernier livre de la philosophe Émilie Hache. En amont de ces digressions, Pamina de Coulon part d’une autre question : pourquoi le Moyen-âge connaît-il un retour de hype ? Ce qui amène à se demander comment il serait possible d’écrire une autre histoire du passé qui permettrait éventuellement de rouvrir l’avenir…Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Pétrole est le titre du nouveau spectacle du metteur en scène Sylvain Creuzevault, présenté du 25 novembre au 21 décembre au Théâtre de l’Odéon, avant de partir en tournée, et qui fait figure de sensation du Festival d’Automne 2025.Habitué à adapter des textes non théâtraux – Marx, Dostoïevski ou Peter Weiss -, Sylvain Creuzevault s’attaque ici à la mise en scène d’un texte qui pouvait sembler impossible à adapter. Pétrole est en effet le dernier texte, inachevé et fragmentaire, de Pier Paolo Pasolini retrouvé après son assassinat en 1975 sur une plage de la grande banlieue de Rome dans des conditions qui demeurent troubles un demi-siècle après sa mort.Sur plus de huit cents pages, organisées en une centaine de notes juxtaposées, se déploient les motifs obsessionnels de Pasolini sur le fascisme, l’Italie des années de plomb, la politique, la sexualité, mais aussi des percées sur la psychanalyse, des visions mystiques, des considérations esthétiques…Le liant entre ces notes éclatée est l’histoire d’un homme scindé en deux. Carlo I connaît une ascension fulgurante au sein de l’ENI, la compagnie pétrolière nationale italienne, après la mort du magnat du pétrole, Enrico Mattei, décédé dans un accident d’avion suspect en 1962. Carlo II, lui, se consacre à une frénétique quête sexuelle, qui le voit forniquer aussi bien avec sa mère qu’avec des dizaines de jeunes ouvriers sur un terrain vague.Sylvain Creuzevault répond à cette scission du personnage principal de Pétrole avec un spectacle en deux parties. La première, largement filmée en direct depuis l’intérieur d’une baraque de chantier installée sur scène, oscille entre soirée mondaine et rendez-vous d’affaires et pétrolifères. La seconde alterne des scènes d’orgie avec moults déploiements de phallus en plastique, éjaculation de pétrole et autres tableaux qui font que le spectacle est déconseillé aux moins de 16 ans.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Une interprétation théâtrale d’un texte inachevé débordant de puits de pétrole et de sexes dressés ; une conférence performée repartant du Moyen-âge pour mieux comprendre notre monde et le portrait d’un chorégraphe-danseur-chanteur créant des univers délirants avec le plus grand sérieux…On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique », Pétrole, l’adaptation que propose Sylvain Creuzevault du texte de Pasolini au théâtre de l’Odéon ; Fire of Emotions, le one woman show en deux volets de l’actrice suisse Pamina de Coulon et enfin le travail de François Chaignaud à l’occasion du portrait-constellation que lui consacre le Festival d’Automne à Paris. On discute de cela avec : • Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ». • Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriel Théâtre, Novo et Jeux.• Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
L’écrivain irlandais John Boyne, connu notamment pour son roman intitulé Le Garçon en pyjama rayé, publie chez Jean-Claude Lattès un copieux ouvrage de plus de 500 pages intitulé Les Éléments, dans une traduction de Sophie Aslanides.Le roman déploie sur plusieurs décennies, en quatre parties baptisées chacune du nom d’une des quatre éléments, des histoires reliées entre elles, de façon visible, par des personnages aperçus dans la partie précédente, mais surtout, de façon plus souterraine et structurelle, par les effets diffractés de violences sexuelles qui semblent dessiner une chaîne infinie.Combien de personnes, si l’on se donne une large échelle du temps pour observer et raconter ce qui se transmet dans les corps et les esprits, un abus sexuel entraîne-t-il depuis sa déflagration initiale ? Et quelles sont les différentes attitudes possibles face à ces actes dont a été victime, témoin, complice ou acteur ?Posées de cette manière, ces interrogations qui structurent le roman de John Boyne, sont sans doute trop pédagogiques ou journalistiques pour rendre compte d’un ouvrage qu’il m’a été, à titre personnel, difficile de lâcher, tant l’Irlandais maîtrise l’art du portrait, du dialogue, du flash-back, de la chute et du cliffhanger, mot que je me permets de laisser en anglais puisqu’il a été rendu célèbre par les séries télévisées et qu’il désigne cette manière de laisser l’action en suspense au bord d’une falaise qui pourrait ressembler à celles de certains paysages décrits par John Boyne dans ce roman qui vient par ailleurs d’obtenir le Prix Femina Étranger.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vertu et Rosalinde est le titre relativement étrange d’un livre pas nécessairement facile à saisir. Il est signé Anne Serre et est publié au Mercure de France. Tout ne s’éclaire pas tout à fait même lorsqu’on sait que Vertu et Rosalinde sont deux personnages féminins que l’on retrouve à la campagne, en train d’écrire. Le roman est en effet éclaté en trente chapitres courts de seulement deux, trois ou quatre pages. L’identité de la narratrice fluctue de l’enfance à l’âge adulte tout en changeant de prénom. Et le ton alterne entre le mordant et le léger, entre une écriture qui brouille les frontières, pouvant sembler aussi bien cynique qu’enfantine.On assiste aussi bien à un match entre l’équipe des Vic – « constituée de trente-deux filles victimes – d’inceste, de pédophilie, de gestes inappropriés, mais aussi d’injustice sociale pour certaines ayant grandi dans des milieux ou pauvres ou bêtes ou sans intérêt » et l’équipe des Non-Vic à la description de correspondances décrites en ces termes : « Parfois je recevais des lettres d’admirateur(s) (trices) qui arrivaient chez mon éditrice, et mon sentiment général lorsque je les ouvrais chez moi, c’était que les gens qui m’admiraient portaient toujours de drôles de noms habitaient toujours à de drôles adresses. »Anne Serre est l’autrice d’une quinzaine de romans mais a aussi reçu le prix Goncourt de la nouvelle, en 2020, pour un recueil qui s’intitulait Au cœur d’un été tout en or.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Un premier roman placé sous le signe de François Villon, à la fois le poète et le collège. Parce que son titre « L’entroubli » est un hapax, à s’avoir un terme qui n’apparaît qu’une fois, en l’occurrence sous le plume de ce poète du XVème, où il désigne alors un état de demi-conscience propice à la réminiscence, ce qui est sans doute une première piste pour entrer dans ce récit.Et parce qu’un des établissements dans lequel souffre et apprend tout à la fois le narrateur ressemble furieusement à un collège de bord de périphérique baptisé du nom du poète médiéval. L’auteur de L’entroubli s’appelle Thibault Daelman, il avait été retenu par ce qui est sans doute le meilleur prix littéraire de France, à savoir le prix « Envoyé par la poste » 2025. Il est publié par les éditions Le Tripode. Thibault Daelman raconte une enfance et une jeunesse passée entre un père alcoolique et bientôt impotent, et une mère dure qui ne jure que par l’élévation scolaire de ces cinq enfants, une fratrie parmi laquelle se singularise une envie d’écrire.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Un premier roman placé sous le double signe de François Villon, à la fois le poète du XVe siècle et le collège du XIVe arrondissement de Paris. Un étrange carrousel sensoriel de textes dessinant l’autoportrait d’une écrivaine. Et un récit déployé sur plusieurs décennies pour capter la déflagration infinie d’un abus sexuel, d’un personnage à l’autre, d’un territoire au suivant.On discute aujourd’hui dans « L’esprit critique » de L’entroubli signé Thibault Daelman et prix « Envoyé par la poste » 2025 publié par les éditions Le Tripode ; de Vertu et Rosalinde que fait paraître l’écrivaine Anne Serre au Mercure de France. Et enfin du nouveau livre de l’irlandais John Boyne, Les Éléments, traduit chez Jean-Claude Lattès et lauréat récent du prix Femina étranger.On en discute avec : • Lise Wajeman, professeure de littérature comparée qui chronique l’actualité littéraire pour Mediapart • Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama• Copélia Mainardi qui écrit notamment pour Libération.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Allons-nous parler aujourd’hui de l’ultime film d’Abdellatif Kechiche, le cinéaste de 64 ans, diminué depuis mars dernier par un AVC qui laisse planer des doutes sur sa capacité à diriger de nouveau un tournage ? Quoi qu’il en soit, « L’esprit critique » a jugé qu’il serait pertinent de parler plus en longueur du travail du réalisateur, à l’occasion de la sortie sur les écrans de Mektoub, My Love : Canto Due.Parce que plusieurs critiques hurlent déjà au génie, et parce que c’est précisément autour de cette figure du réalisateur d’exception, voire du génie maudit, que se sont nouées nombre de questions qui ont traversé récemment le monde cinéma, et dont Kechiche fait figure de paradigme : male gaze, maltraitance des employé·es au nom de l’exigence cinématographique, focalisation sur la figure de l’auteur-réalisateur tout-puissant…Et, pour être complet, en 2018, une plainte déposée contre le cinéaste par une actrice pour agression sexuelle dans le cadre d’une soirée privée, finalement classée sans suite deux ans plus tard par le parquet de Paris pour « infraction insuffisamment caractérisée ». Sachant enfin que le nom de Kechiche est aussi revenu à plusieurs reprises lors de la commission d’enquête menée par Sandrine Rousseau sur les violences sexistes et sexuelles commises dans le monde de la culture.La sortie de Mektoub, My Love : Canto Due, plus grand monde ne l’attendait, puisqu’elle est extraite de centaines d’heures de rushs tournés entre 2016 et 2018 qui ont épuisé plusieurs équipes de production, à travers une épopée très bien racontée par le journal Libération en amont du Festival international du film de Locarno, où le film a été projeté pour la première fois.Plus personne ne l’attendait non plus parce que le projet de Mektoub, déjà complexe, avait semblé ne pas devoir se remettre de la présentation à Cannes en 2019 d’un film intermédiaire, intitulé Mektoub, My Love : Intermezzo, un interlude de près de trois heures trente en forme de transe en boîte de nuit, d’après les rares personnes qui ont pu le voir.Le film n’est jamais sorti sur les écrans, pour des questions de droits musicaux ruineux mais aussi d’une brouille entre Kechiche et l’actrice principale de Mektoub, Ophélie Bau, au sujet d’une scène de cunnilingus non simulé intégrée au montage contre le consentement de la comédienne, même si des versions contradictoires circulent et si Ophélie Bau ne s’est exprimée sur le sujet qu’en quittant la projection et en refusant de venir ensuite à la conférence de presse.Mektoub concentre ainsi toute la légende, à la fois dorée et noire, d’Abdellatif Kechiche, Palme d’or à Cannes en 2013 pour La Vie d’Adèle, capable de révéler des actrices comme Sara Forestier dans L’Esquive, Hafsia Herzi dans La Graine et le Mulet ou Adèle Exarchopoulos dans La Vie d’Adèle, mais aussi de voir certaines refuser de travailler davantage avec lui, ainsi de Léa Seydoux ou d’Ophélie Bau, même si cette dernière assure en ce moment la promotion de Canto Due.Existe-t-il une « méthode Kechiche » et est-ce celle-ci qui pose problème ?Comment fabrique-t-on un film comme Mektoub, My Love : Canto Due monté à partir de près de 1 000 heures de rushs (c’était 750 pour La Vie d’Adèle) ? Un chiffre à propos duquel le monteur Luc Seugé dit : « 1 000 heures de rushs, cela équivaut à dire que pour simplement tout visionner une seule fois, en regardant cinq heures par jour, il faut huit mois. » Et faut-il distinguer un premier trio de films constitué par La Faute à Voltaire, L’Esquive et La Graine et le Mulet avant une forme de bascule dans une voracité des corps et du sexe allant jusqu’à utiliser la grammaire du film pornographique de façon acritique depuis La Vie d’Adèle ?« Je n’ai plus envie d’expliquer, ni même de me justifier », écrit Kechiche dans le dossier de presse. Nous allons donc nous dévouer pendant trois quarts d’heure à cette tâche « d’expliquer », pour voir si ce film peut être justifié.Mektoub, My Love : Canto Due est sorti sur les écrans mercredi dernier. Avec :Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction de la revue DébordementsAlice Leroy, qui écrit dans les Cahiers du cinéma et l’ancienne Panthère PremièreRaphaël Nieuwjaer qui écrit aussi pour les Cahiers du cinéma ainsi que pour la revue Études« L’esprit critique » est un podcast enregistré par Corentin Dubois et réalisé par Karen Beun.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Echo, Delay, Reverb, sous-titré « Art américain, pensées francophones » est le titre de l’exposition qui a ouvert au Palais de Tokyo à la fin du mois d’octobre et sera visible jusqu’à la mi-février prochaine.Ambitieuse, hétéroclite et complexe, elle investit tous les espaces du musée, avec une œuvre murale conçue par l’artiste Caroline Kent pour accueillir les visiteurs, une rétrospective inédite du sclupteur africain-américain Melvin Edwards et une multitude d’œuvres mises en regard de notions forgées par des penseurs comme Roland Barthes, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Jacques Derrida ou Michel Foucault, incarnations de la « French Théory », mais aussi des noms comme Pierre Bourdieu, Frantz Fanon ou Monique Wittig. On passe ainsi d’une salle intitulée « Semiotext(e) : agent·es étranger·es » à une autre nommée « La critique des institutions » puis à un espace titré « machines désirantes » avant de s’intéresser aux « Géométries du non-humain ».Cette exposition est le point d’orgue d’une saison en forme de « carte blanche » proposée à la commissaire américaine Naomi Beckwith, directrice adjointe du Musée Guggenheim de New York et directrice artistique de la documenta 16 à Kassel. Sa proposition de travailler sur la réception de la pensée française et francophone dans l’art américain a ensuite été reçu par l’ensemble des équipes du Palais de Tokyo pour former cette exposition collective et relationnelle, dans tous les sens de ces mots.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Quand on se souvient qu’il y a seulement cinq ans, plusieurs grands musées, parmi lesquels la Tate Modern de Londres, avaient reporté une rétrospective consacrée à Philip Guston, peintre américain d’origine juive connu pour ses combats antiracistes, par inquiétude de la réception qui serait faite de l’aspect cartoonesque de sa représentation de certains personnages du KuKkluxKlan, on peut se réjouir den l’exposition que lui consacre le musée Picasso sous le titre « Philip Guston, l’ironie de l’histoire » et également du calme avec lequel celle-ci est accueillie. D’ironie et d’histoire, il est en effet beaucoup question dans cette exposition à échelle humaine, dense, riche et intelligente – j’anticipe honteusement sur ce que vous pourrez penser, mais après c’est vous qui parlez donc j’en profite – dans laquelle on découvre les métamorphoses d’un peintre initialement proche des muralistes mexicains dans les années 1930, avant de devenir ensuite une figure reconnue de l’expressionnisme abstrait de l’école de New York, avant de devenir un des satiristes les plus féroces et drôles de l’époque Nixon et de revenir à la figuration.Avec Philip Guston, le Musée Picasso continue d’avoir la bonne idée d’ouvrir ses cimaises à d’autres, comme nous l’avions déjà évoqué ici à propos de l’exposition sur l’art dégénéré ou de la confrontation avec Faith Ringgold.L’exposition a ouvert à la mi-octobre et sera visible jusque début mars 2026. Son commissariat est assuré par Didier Ottinger et Joanne Snrech.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Marat assassiné, Bonaparte franchissant les Alpes, le Sacre de Napoléon ou encore le tableau non achevé du Serment du Jeu de Paume : les toiles du peintre Jacques-Louis David sont devenues des images iconiques d’une des périodes politiques les plus intenses de l’histoire de France courant de la Révolution française à l’Empire napoléonien.Le Musée du Louvre, dont on a beaucoup parlé ces derniers temps pour des raisons ayant peu à voir avec l’art, lui consacre une rétrospective exhaustive qui a ouvert mi-octobre et sera visible jusqu’à la fin du mois de janvier prochain. Le Louvre conserve le plus important ensemble au monde de peintures et de dessins de l’artiste et avait déjà organisé, en 1989, à l’occasion des célébrations du bicentenaire de la Révolution, une grande monographie consacrée à David en partenariat avec le château de Versailles. Le musée profite ici d’un autre bicentenaire, celui de la mort de l’artiste en 1825 alors qu’il est en exil à Bruxelles.Mais cette rétrospective ne veut pas célébrer seulement un anniversaire et cherche à exposer l’engagement politique et artistique de Jacques-Louis David en défaisant le qualificatif de « néoclassique » d’un homme qui fut à la fois considéré comme le peintre officiel de la Révolution française, le « père de l’École française » et le « régénérateur de la peinture ». Les commissaires de cette exposition sont Sébastien Allard et Côme Fabre, tous deux conservateurs au département des Peintures du Louvre.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Un monument de la peinture et de l’histoire de France présenté en majesté et presque en intégralité dans son musée ; un peintre passé de l’abstraction new-yorkaise à la satire de l’Amérique de Nixon mais sans jamais perdre son sens de l’ironie et enfin une exposition foisonnante explorant l’influence de la « French Théory » sur l’art aux Etats-Unis…On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique » la grande rétrospective que le musée du Louvre consacre au peintre Jacques-Louis David ; l’exposition du Musée Picasso autour du peintre Philip Guston et enfin « Echo, Delay, Reverb » sous-titré « Art américain, pensées francophones », une proposition de la curatrice Naomi Beckwith et du Palais de Tokyo.Avec : • Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante • Magali Lesauvage, rédactrice en cheffe de l’Hebdo, le numéro hebdomadaire spécial enquêtes du Quotidien de l’Art• Rose Vidal, autrice et critiqueHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Dix heures de Duras en douze textes et onze propositions scéniques, des dizaines d’émotions et d’états d’âme parcourus en moins de deux heures par dix interprètes, et près de quatre heures de spectacle déconseillé aux moins de 18 ans car il y est question frontalement de sexe, de nudité, d’alcool et de viol…« L’esprit critique » essaiera d’être à la hauteur de l’intensité des spectacles dont il sera question aujourd’hui, à savoir le Musée Duras mis en scène par Julien Gosselin aux ateliers Berthier Odéon-Théâtre de l’Europe qu’il dirige par ailleurs ; la nouvelle proposition de la performeuse, actrice, écrivaine et metteuse en scène brésilienne Carolina Bianchi, qui s’intitule The Brotherhood et se donne à la grande Halle de la Villette dans le cadre du Festival d’Automne et enfin Honda Romance, de la grande équilibriste qu’est Vimala Pons qui était donné tout récemment à l’Odéon et Rennes mais et sera bientôt visible de nouveau à Paris, au Centquatre, et dans de nombreuses villes de France…Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Honda Romance est le titre du nouveau spectacle de Vimala Pons, autrice, actrice, circassienne, musicienne, qui était la cheville ouvrière de deux pièces sidérantes de la dernière décennie : De nos jours du collectif Ivan Mosjoukine et celle intitulée Grande.Ce spectacle-ci est présenté dans le cadre du Festival d’Automne. Il était visible récemment au théâtre de l’Odéon à Paris et au Théâtre national de Bretagne à Rennes et entend donner un aperçu en accéléré des métamorphoses ultra-rapides de nos émotions contemporaines, comme une sorte de collage théâtral ou de « scrolling » physique et sensible.Le titre fait référence à la fois à une marque de moto qui prétend bientôt envoyer des satellites dans l’espace, à l’amour et à la définition d’une « pièce musicale simple », sens originel du terme « romance ».Sur scène, beaucoup de choses : un satellite géant qui paraît être le narrateur de l’histoire, des canons à air extrêmement puissants, de la musique signée notamment Tsirihaka Harrivel et Rebekka Warrior et dix interprètes en mouvement perpétuel et en déséquilibre permanent…Honda Romance sera visible du 4 au 7 décembre au Centquatre-Paris, avant de partir en tournée à Nantes, à Bruxelles, Chambéry, Tours, Strasbourg et Lyon.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
The Brotherhood est le titre de la nouvelle proposition de l’écrivaine, metteuse en scène, performeuse et actrice Carolina Bianchi qui avait déjà présenté l’an dernier une pièce marquante donc nous avions discuté ici, intitulée La Mariée et Bonne nuit Cendrillon où elle s’administrait elle-même du GHB, la drogue dite du violeur, rendant inconscientes et impuissantes celles qui l’ont bue à leur insu. Toujours à la Villette et de nouveau dans le cadre du Festival d’Automne, Carolina Bianchi et la compagnie Cara de Cavallo proposent ici le deuxième chapitre de la trilogie Cadela Força. Il est déconseillé aux moins de 18 ans car il y est question de sexe, de nudité, de viol au point qu’une table d’accueil et d’écoute est installé à l’entrée de la salle pour les personnes qui auraient été perturbées par ce qu’elles ont vu…Alors que dans Bonne nuit Cendrillon, Carolina Bianchi s’endormait sous l’effet de la drogue et le regard des spectateurs, elle se réveille ici, au début de la pièce, pour tourner son regard vers les hommes, la masculinité et la fraternité des « Boys Club ».Le spectacle est truffé de références, que ce soit au théâtre de Shakespeare ou à celui de Tchekhov, mais aussi à la mythologie, à la peinture, à plusieurs autrices du XXe siècle, en particulier Sarah Kane, mais aussi à des chansons populaires. Et il s’ouvre par une citation de l’écrivain chilien Roberto Bolaño qui en synthétise le projet : « La violence ni la poésie ne se peuvent corriger ».The Brotherhood, de Carolina Bianchi et de la compagnie Cara de Cavallo est visible à la Grande Halle de la Villette dans le cadre du Festival d’Automne jusqu’au 28 novembre prochain.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.




