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Pratiques en mouvement
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Pratiques en mouvement

Author: Le projet a été dirigé par Carole Boulebsol (UQO) et coordonné par Juliette Chevet (UQAM). Cela étant, il a été pensé collectivement avec Mylène Bigaouette (Fédération des Maisons d’Hébergement pour Femmes), Marie-Pascale Lafrenière (Action Ontarienne cont...

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Description

Alors que l’intersectionnalité s’impose depuis quelques années comme le paradigme dominant dans les milieux féministes, comment les méthodes d’intervention féministe s’y adaptent-elles et s’en inspirent ? Cette série en six épisodes explore les spécificités de l’intervention féministe francophone dans l’Est du Canada: contexte d’émergence, manque de financements chronique, racisme institutionnalisé, discriminations basées sur le genre, la race ou encore la langue. Treize travailleuses de milieux communautaires et universitaires nous partagent expériences et expertises sur ces sujets. Pratiques en mouvement est une série de balado financée par le Réseau québécois en études féministes et coordonné par une équipe partenariale d’actrices communautaires et universitaires, dirigée par Carole Boulebsol (UQO) et coordonnée par Juliette Chevet (UQAM).
6 Episodes
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Pour clore cette série, nous faisons un retour sur les éléments-clés que nous avons appris au fil de ces rencontres, notamment les défis auxquels font face les organismes francophones, que ce soit dans des provinces majoritairement anglophones, bilingues ou francophones. Parmi eux, le manque de financements des organismes féministes met les travailleuses à risque de burnout militant ou les empêche de mettre en place tous les projets qu’elles souhaiteraient.La diversification des populations francophones en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick change le travail des intervenantes qui doivent développer une sensibilité intersectionnelle, comprenant humilité raciale et sécurisation culturelle pour bien accompagner les femmes qui en ont besoin. En plus, le concept d’épistémologie de l’ignorance nous a aidé à expliquer comment les groupes dominants choisissent parfois de ne pas savoir et de ne pas regarder certaines réalités.Aujourd’hui encore, il reste essentiel de continuer à mettre en lumière les pratiques féministes développées par les travailleuses, pour qu’elles ne soient ni invisibilisées, ni oubliées. Vous trouverez plus de ressources sur www.interventionféministe.com. Merci de nous avoir écouté·es !Pour aller plus loin : Cardinal, L. (1992). La recherche sur les femmes francophones vivant en milieu minoritaire : un questionnement sur le féminisme. Recherches féministes, 5(1), 5–29. https://doi.org/10.7202/057668arFlynn, C., Couturier, P., Gagnon, C., Maheu, J., Fedida, G., Lafortune, L., Monastesse, M. et Cousineau, M.-M. (2018). Violence conjugale et intervention féministe au Québec – les défis d’une pratique subversive dans un contexte de politiques néolibérales. Nouvelles Questions Féministes, Vol. 37(2), 4763. https://doi.org/10.3917/nqf.372.0047
Être féministe c’est avoir des idées, mais c’est aussi, voire surtout, essayer d’appliquer ces idées dans ses choix quotidiens, notamment dans l’organisation féministe où l’on travaille. Trois membres du Regroupement Féministe du Nouveau-Brunswick (RFNB) nous racontent comment le Regroupement essaie de mettre en place dans son fonctionnement interne les idéaux auxquels elles aspirent, et ce malgré le manque de financement chronique. Arianne Melara Orellana, Léonore Bailhache et Geneviève Latour nous partagent l’importance de créer des espaces militants porteurs de sens et d’espoir, des « bulles d’utopie réelle », où le féminisme est incarné dans les pratiques quotidiennes, même de manière imparfaite. Kim Dubé (professeure à l’Université de Moncton) nous présente le contexte de la province, où malgré le bilinguisme officiel, insécurité et oppression linguistiques restent des enjeux centraux.Pour aller plus loin : Flahault, É., Dussuet, A. et Loiseau, D.  (2014). Emploi associatif, féminisme et genre. Travail, genre et sociétés, 31(1), 101-121. https://doi.org/10.3917/tgs.031.0101.Latour, G. (2025). Soins d’avortement au Nouveau-Brunswick : disponibilité ne veut pas dire accessibilité. À bâbord !, (104), 56–57.Le site internet du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick
Traduire la violence

Traduire la violence

2025-11-2629:42

L’accompagnement des femmes victimes de violence nécessite sensibilité, tact et une grande compréhension du contexte culturel des femmes accompagnées. Quand les femmes accompagnées ne parlent pas assez bien français ni anglais pour permettre un suivi de qualité, alors une troisième personne entre en jeu : l’interprète. Dans cet épisode, nous rencontrons Nora Hocianat et Rebecca Denney, formatrices pour les interprètes qui participeront au suivi avec la travailleuse sociale. La qualité de l’intervention repose alors sur un équilibre ténu entre l’intervenante, l’interprète et la femme accompagnée, où chacune doit collaborer et trouver sa juste place. Cet épisode met en lumière l’importance cruciale de former les interprètes et de reconnaître leur rôle dans l’accès aux droits et aux soins pour les femmes allophones victimes de violence.Pour aller plus loin : Castro-Zavala, S. (2020). L’intervention en maison d’hébergement auprès des femmes immigrantes victimes de violence conjugale : une analyse intersectionnelle des pratiques. Canadian Social Work Review / Revue canadienne de service social, 37(1), 141–161. https://doi.org/10.7202/1069986arDennene, N. et Dennene, S. (2024). L’interprétariat: une courroie de transmission pour sauver des vies ! Rapport d’évaluation. La Maison Turquoise & soeursFédération des maisons d’hébergement pour femmes. (2015). Je viens de la Dinde. Y a-t-il un interprète dans la salle ? Rapport final du projet Adaptation de l’intervention et des services aux réalités et besoins des femmes immigrantes, des femmes issues des communautés ethnoculturelles et des enfants de ces femmes https://www.mifi.gouv.qc.ca/publications/fr/dossiers/valoriser-diversite/memoires/002_MEM_FMHF.pdfTable de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (s.d.) Répertoire de services pour l’accès à l’interprétariat pour les femmes immigrantes, réfugiées et à statut précaire. TCRILe site de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmesLe site de la Maison Dalauze
Est-ce que vous vous êtes déjà trouvé·e dans un endroit où personne ne parlait votre langue ? Impossible de comprendre ou de vous faire comprendre ? En Ontario, les bulles francophones sont nombreuses et diverses, mais l’offre de soins, notamment pour les femmes victimes de violence, est trop faible. Maïra Martin, Jeanne Françoise Mouè et Dada Gasirabo discutent ensemble de ce qu’elles observent sur le terrain, travaillant dans des organismes œuvrant auprès des femmes vivant de la violence. Sadjo Paquita, docteure en études féministes, ouvre notre réflexion sur la manière dont racisme, sexisme et linguicisme s'imbriquent et produisent des situations spécifiques. Pour y répondre, elle encourage les personnes accompagnantes à développer sécurisation culturelle et humilité raciale pour proposer un accompagnement qui part des besoins de la personne concernée et respecte ses référents et sa culture, tout en prenant acte des conditions de vie en général et d’accès à des services en particulier. Pour aller plus loin : Action ontarienne contre la violence faite aux femmes. (2024, 4 juin). Elles parlent… de racisme dans les relations d’aide (no 2.02) [épisode de balado]. https://actionontarienne.ca/balado/Depris, E. (2024). Mécanique du privilège blanc. Binge Audio éditions.Maddibo, A. (2020). Reverse Inclusion: Black Francophones in the Interface between Anti-Black Racism and Linguicism. https://doi.org/10.1111/cars.12290Madibbo, A. (2018). L’immigration transnationale africaine francophone en milieu minoritaire et son impact sur l’intégration dans la société canadienne.  Francophonies d'Amérique, (46-47), 127–148. https://doi.org/10.7202/1064890arPaquita, S. (2025). Racisme anti-Noir dans la profession infirmière: Comprendre l'expérience des infirmières Noires exerçant dans la région de la capitale nationale (Ottawa-Gatineau), Thèse, Université d’Ottawa Le site de l’Action ontarienne contre la violence envers les femmesLe site d’Oasis Centre des femmesLe site du Mouvement ontarien des femmes immigrantes francophone MOFIF
En s’appuyant sur le travail de l’organisme Relais-Femmes, Marie-Mythzy Larrieux et Alexandra Pierre réfléchissent ensemble à l’usage du paradigme de l’intersectionnalité dans les milieux féministes québécois. Elles nous parlent de co-construction et d’inclusion, de multiplicité des savoirs et d’épistémologie de l’ignorance, et surtout de la nécessité de renoncer, pour les groupes dominants, à leurs privilèges pour partager plus équitablement le gâteau du pouvoir. Pour aller plus loin : Bilge, S. (2015). Le blanchiment de l’intersectionnalité. Recherches féministes, 28(2), 9–32. https://doi.org/10.7202/1034173arCá, Félicia et Saaz Taher. (2024). Femmes et personnes non binaires noires et racisées impliquées en recherche partenariale au Québec : entre obstacles structurels et stratégies de résistance. Rapport de recherche. Montréal : Projet PARR : Relais-femmes.Crenshaw, K. (1991). Mapping the Margins: Intersectionality, Identity Politics, and Violence against Women of Color. Stanford Law Review, 43(6), 1241. https://doi.org/10.2307/1229039DiAngelo, R. (2020). Fragilité blanche, ce racisme que les blancs ne voient pas. Editions des Arènes.hooks, bell. (2014). Feminist Theory: From Margin to Center (3e éd.). Routledge. https://doi.org/10.4324/9781315743172Mills, C. W. (2022). L’ignorance blanche. Marronnages, 1(1), 96‑116. https://marronnages.org/index.php/revue/article/view/11/12Nolet, A.-M., Cousineau, M.-M., Maheu, J. & Gervais, L. (2017). L’interdépendance dans la recherche partenariale. Nouvelles pratiques sociales, 29(1-2), 271–287. https://doi.org/10.7202/1043406arRéseau Québécois en Études Féministes (2024), Répertoire d’outils méthodologiques en recherche-action, recherche partenariale, collaborative et participativeLe site de Relais-Femmes
Si je vous dis : intervention féministe francophone, vous pensez à qui ? À des groupes de femmes ? À des luttes collectives ? À des pratiques de terrain ? À des recherches engagées ? Oui entre autres… mais l’expression renvoie aussi à des savoirs et mémoires vivantes, à des défis bien concrets, sur fond de rapports de pouvoir, de précarité, de sous-financement, mais surtout à une grande créativité, qui se renouvelle chaque jour.Quels sont les enjeux actuels de l’intervention féministe contemporaine ? Qu’est-ce que ça veut dire être intervenante féministe dans la francophonie de l’Est du Canada ? Christine Corbeil replace les bases de l’émergence de l’intervention féministe au Québec et Mylène Bigaouette nous accompagne à travers les questionnements actuels dans l’intervention féministe francophone à l’Est du Canada. Un épisode pour annoncer les suivants : une (re)découverte des luttes et des actions féministes francophones au Canada.Pour aller plus loin : Boulebsol, C., Cousineau, M.-M., Deraiche, C., Flynn C. Genest, S., Jimenez, E. et Maheu, J. (dir.) (2022).Pratiques et recherches féministes en matière de violence conjugale: coconstruction des connaissances et expertises. Presses de l’Université du Québec.Corbeil, C. et Marchand, I. (2007). Penser l’intervention féministe à l’aune de l’approche intersectionnelle : Défis et enjeux. Nouvelles pratiques sociales, 19(1), 4057. https://doi.org/10.7202/014784arCorbeil, C. et Marchand, I. (2010). L’intervention féministe : un modèle et des pratiques contemporaines dans le mouvement des femmes québécois. Dans L’intervention féministe d’hier à aujourd’hui. Remue-ménage.Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (2018). Intervention féministe intersectionnelle. Réflexions et analyses pour des pratiques égalitaires et inclusives. Guide d’introduction à l’intention des partenaires.Marchand, I., Corbeil, C. et Boulebsol, C. (2020). L’intervention féministe sous l’influence de l’intersectionnalité : enjeux organisationnels et communicationnels au sein des organismes féministes au Québec. Communiquer. Revue de communication sociale et publique, (30), 3352. https://doi.org/10.4000/communiquer.7271
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