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Santé Publique (2025-2026) - Maria Melchior
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Santé Publique (2025-2026) - Maria Melchior

Author: Collège de France

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Présentation de la chaire

Créée en partenariat avec l'agence nationale Santé publique France, la chaire annuelle Santé publique est destinée à encourager l'excellence de la recherche et le débat intellectuel au meilleur niveau sur les questions de santé publique.

Santé mentale et addictions : de la souffrance individuelle à l'action populationnelle

Environ un Français sur cinq est touché chaque année par un trouble psychique. La crise sanitaire liée au COVID-19 a mis en lumière l'enjeu que représente leur prévention et leur prise en charge, à l'heure où l'OMS estime que la santé mentale sera le prochain défi sanitaire du siècle. Un défi qui concerne plus que jamais la France où les niveaux de suicide et la consommation de médicaments psychotropes sont élevés. Derrière ces constats, largement diffusés dans le cadre de la Grande Cause nationale de 2025, qu'est-ce que la santé mentale ? D'où viennent les définitions actuelles, et quelles sont leurs évolutions récentes ? Que recouvre cette notion, entre symptômes passagers de mal-être et troubles psychiatriques sévères ? Que ne recouvre-t-elle pas ? Certaines manifestations de difficultés psychologiques sont-elles plus fréquentes aujourd'hui qu'hier ? Quels sont les principaux facteurs de risque et de protection, individuels et collectifs ?

16 Episodes
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Maria MelchiorSanté publiqueCollège de FranceAnnée 2025-202608 - Santé mentale et addictions : de la souffrance individuelle à l'action populationnelle : Tisser des liens pour prévenir et accompagnerRésuméLes réseaux relationnels, source de soutien social pratique et émotionnel, d'appartenance au groupe, de normes et de références, jouent un rôle important dans la survenue et la persistance de difficultés psychologiques et des addictions. Si un entourage touché par des difficultés psychiques ou au sein duquel les conduites addictives sont fréquentes peut avoir des effets néfastes, l'isolement et le sentiment de solitude ont également des conséquences négatives sur la santé. Qu'en est-il des liens relationnels dans des sociétés modernes où l'on se marie moins, plus tard, où de plus en plus de personnes vivent seules ? où la solitude côtoie des liens sociaux permanents favorisés par les technologies numériques ? où les « AI companion » peuvent remplacer les amis en chair et en os ?
Maria MelchiorSanté publiqueCollège de FranceAnnée 2025-2026Pierre ChauvinInstitut Pierre Louis d'épidémiologie et de santé publique (IPLESP), directeur de recherche, Inserm/Sorbonne UniversitéSéminaire - Pierre Chauvin : Santé mentale et addictions des personnes en situation de grande précarité : les recherches auprès des personnes sans domicileRésuméLa recherche sur les trajectoires de vie et la santé des personnes sans domicile (en particulier leur santé mentale) nécessite des méthodes d'enquête spécifiques. De ce courant de recherche international, la France n'en est pas absente grâce à certaines recherches épidémiologiques notables conduites dans notre pays. Nous en exposerons les principaux résultats en soulignant l'extrême diversité des personnes concernées, à un moment ou à un autre, de leurs trajectoires de vie.Pierre ChauvinAprès des travaux en épidémiologie de terrain dans des pays en développement (Sénégal, Côte d'Ivoire, Tadjikistan, Afghanistan), ses recherches à l'Inserm ont concerné la surveillance épidémiologique en soins primaires en France. Depuis 1997, ses travaux se sont orientés en épidémiologie sociale, d'abord dans des organisations non gouvernementales, puis au sein de l'Inserm où il a créé et dirigé de 2001 à 2013 l'équipe de recherche sur les déterminants sociaux de la santé et du recours aux soins dans l'Unité 707 (Inserm-UPMC). Il a créé l'Équipe de recherche en épidémiologie sociale (ERES) de l'Institut Pierre Louis d'épidémiologie et de santé publique (Sorbonne Université-Inserm) en 2014 et l'a dirigée jusqu'en 2018.Ses travaux concernent les inégalités de santé et les déterminants sociaux de la santé et du recours aux soins en milieu urbain, notamment dans l'agglomération parisienne, avec un intérêt particulier pour l'étude de la santé et des besoins de soins des populations précaires ou vulnérables. Il est l'auteur ou le coauteur de onze ouvrages et de plus de deux cents articles dans des journaux scientifiques internationaux. Ses activités d'enseignement ont concerné l'épidémiologie de terrain en Afrique de l'Ouest, la santé publique en Afrique de l'Est et l'épidémiologie sociale à Sorbonne Université. Il a été lauréat de la Faculté de médecine de Paris en 1989, du programme « Avenir » de l'Inserm en 2001 et du programme de recherche médicale de la Ville de Paris en 2005.
Maria MelchiorSanté publiqueCollège de FranceAnnée 2025-202607 - Santé mentale et addictions : de la souffrance individuelle à l'action populationnelle : Le logement comme déterminant de troubles psychiatriquesRésuméLe contexte dans lequel on vit, qu'il s'agisse de différents aspects physiques et sociaux du quartier de résidence, des caractéristiques de l'habitation que l'on occupe, peut donner lieu à des risques en matière de santé mentale et d'addictions. A fortiori, l'absence de logement stable qui peut prendre des formes multiples et tend à augmenter dans les grandes villes en France comme dans d'autres pays, est à la fois une cause et une conséquence des difficultés de santé mentale – les études montrant des proportions très élevées de personnes vivant avec des troubles psychiatriques. Quels sont les aspects du lieu de vie et du logement les plus importants sur le plan psychologique ? Est-il possible de construire des environnements favorables à la santé mentale ? À quoi ressemblent-ils ? L'accès à un logement peut-il avoir des effets positifs sur la santé mentale ?
Maria MelchiorSanté publique (2025-2026)Collège de FranceAnnée 2025-2026Séminaire - Laure Wolmark : Face au malheur des autres. Exil et subjectivités dans les espaces de soins associatifs et humanitairesLaure WolmarkPsychologue clinicienne et chercheuse associée au Centre de réflexion sur l'action et les savoirs humanitaires (Crash), Fondation Médecins sans frontièresRésuméÀ partir de mon expérience comme psychothérapeute auprès de personnes exilées et de mes recherches sur l'histoire des projets de santé mentale à MSF, je ferai porter mon intervention sur le cadre clinique proposé par les institutions associatives et humanitaires pour penser et soigner « le malheur des autres ». Les controverses sur les types de diagnostics et de prises en charge psychothérapeutiques proposées aux personnes exilées pourront être évoquées dans une double perspective historique et clinique. L'analyse des effets du contexte sociopolitique sur la production de la souffrance psychique ouvrira à une discussion sur la possibilité de maintenir des espaces soignants sensibles à la singularité, à la fois en prise et en décalage avec ce contexte.Laure WolmarkLaure Wolmark est psychologue clinicienne et chercheuse associée au Centre de réflexion sur l'action et les savoirs humanitaires (Crash) de Médecins sans frontières, à Paris. Elle mène actuellement une recherche sur l'histoire des pratiques et des controverses en santé mentale à MSF. Elle anime, par ailleurs, des groupes de supervision pour des équipes travaillant dans le champ de l'exil et de la précarité. Elle a travaillé depuis 2005 pour Médecins sans frontières dans des contextes de violence, de conflits armés et de migrations et a été psychothérapeute et coordinatrice nationale du pôle santé mentale et au Comede (Comité pour la santé pour les exilé·e·s) jusqu'en 2021. Ses recherches touchent particulièrement la clinique de l'exil, du trauma et des violences liées au genre. Elles interrogent à la fois les techniques et les dispositifs de soins psychiques.
Maria MelchiorSanté publiqueCollège de FranceAnnée 2025-202606 - Santé mentale et addictions : de la souffrance individuelle à l'action populationnelle : Migration, exils et santé mentaleRésuméSi les personnes qui quittent leur environnement pour s'installer ailleurs, dans leur propre pays ou en traversant des frontières, sont en moyenne en meilleure santé que celles qui restent dans le pays d'origine ou vivent déjà dans le pays d'accueil (c'est ce que l'on appelle le « healthy migrant effect »), de nombreux aspects relatifs aux conditions de vie avant, pendant et après la migration peuvent avoir des effets délétères sur la santé mentale et le risque d'addiction. En particulier, les violences subies à différents moments du parcours migratoire ont des conséquences majeures, ce qui explique le risque élevé de troubles psychiques chez les personnes en situation de demande d'asile. Mais les recherches montrent que les façons dont les personnes qui migrent sont accueillies dans leur pays d'arrivée en matière de conditions administratives, accès à l'éducation, l'emploi, au logement et au soutien social sont déterminantes de leur santé mentale au long cours. Les implications de ces recherches en termes de prévention et d'enseignement pour les politiques publiques seront abordées.
Maria MelchiorSanté publique (2025-2026)Collège de FranceAnnée 2025-2026Séminaire - Fabienne El-Khoury : Violences faites aux filles et aux femmes : le continuum et ses effets sur la santé mentaleFabienne El-KhouryInstitut Pierre Louis d'épidémiologie et de santé publique (IPLESP), chercheuse en épidemiologie sociale, Sorbonne Université/Inserm
Maria MelchiorSanté publiqueCollège de FranceAnnée 2025-202605 - Santé mentale et addictions : de la souffrance individuelle à l'action populationnelle : Violences : des stigmates psychiques multiples et durablesRésuméLe vécu de violences – verbales, physiques, sexuelles – en particulier au cours de l'enfance, a des effets à court, moyen et long terme sur la construction psychologique des personnes ainsi que leur risque de trouble psychiatrique et de détérioration de la santé physique. Mais plus largement, les maltraitances et négligences au sein des familles, mais aussi les violences systémiques – conflits armés, pauvreté, discriminations – ont des conséquences en termes de santé mentale des individus et à l'échelle des populations. Quelle est la fréquence de différentes formes de violences ? Quels sont leurs déterminants et comment les prévenir ? Quelles sont leurs conséquences en termes de santé mentale et d'addictions ?
Maria MelchiorSanté publique (2025-2026)Collège de FranceAnnée 2025-2026Séminaire - Cynthia Marie-Claire : Biomarqueurs épigénétiques de la réponse au traitement dans le trouble bipolaireRésuméLe lithium (Li) est le traitement de référence du trouble bipolaire (TB), mais seuls 30 % des patients répondent très bien. À ce jour, il n'existe aucun marqueur clinique ou biologique permettant de définir de manière fiable les critères d'éligibilité à un traitement d'entretien au lithium. Après avoir exploré plusieurs mécanismes, nous nous sommes intéressés aux marques épigénétiques comme biomarqueurs de la réponse au Li dans le TB. Les principales avancées de ces recherches seront présentées.Cynthia Marie-ClaireCynthia Marie-Claire est directrice de recherche (DR2, CNRS). Biologiste moléculaire, elle possède une expertise en biologie cellulaire, biochimie et analyse de données « omiques ». Elle codirige (avec le Pr Xavier Decleves) l'unité de recherche « Optimisation en neuropharmacologie » UMR-S 1144 et également (avec le Pr Frank Bellivier) l'équipe de recherche « Biomarqueurs de la rechute et de la réponse thérapeutique dans les maladies neuropsychiatriques ». Elle étudie la variabilité de la réponse au traitement dans les troubles liés à l'usage de substances et les troubles de l'humeur en utilisant des approches biochimiques et moléculaires, notamment des modèles cellulaires et des études méthylomiques, mirnomiques, génétiques et transcriptomiques. Les objectifs sont de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents de la variabilité de la réponse au traitement et les déterminants cliniques des trajectoires cliniques.
Maria MelchiorSanté publique (2025-2026)Collège de FranceAnnée 2025-202604 - Santé mentale et addictions : de la souffrance individuelle à l'action populationnelle : Une affaire de famille : héritages et transmissions psychologiquesRésuméLes caractéristiques de la famille dans laquelle on grandit peuvent être une source de risque de troubles psychologiques et d'addictions – facteurs socio-économiques, démographiques, troubles psychologiques des parents, violences... Mais la famille peut aussi être une source de protection, car c'est auprès des parents et de la fratrie que l'on crée les premiers liens affectifs et relationnels qui conditionnent en grande partie la manière dont on interagit avec le monde pendant l'enfance et au-delà. Quels sont les mécanismes biologiques, psychologiques, sociaux, par lesquels les caractéristiques des parents, de la famille d'origine, peuvent influer sur la santé mentale et le risque d'addictions des personnes ? Que sait-on des interventions auprès des parents et de leurs effets sur la santé mentale des descendants ? Existe-t-il des façons de transformer un héritage complexe pour enrayer la transmission intergénérationnelle ?
Maria MelchiorSantée Publique (2025-2026)Collège de FranceAnnée 2025-2026Séminaire - Cédric Galera : Le trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité : entre neurodéveloppement et neurodiversitéCédric GaleraPU-PH, Bordeaux Population Health (Inserm1219), université de Bordeaux, centre hospitalier PerrensRésuméLe TDAH questionne l'idée de « normalité » cognitive et nos réponses sociétales à la diversité humaine. Défini médicalement comme trouble neurodéveloppemental, il touche 5 % des enfants et 2-3 % des adultes. Il associe durablement inattention, hyperactivité et impulsivité, avec un retentissement fonctionnel modulé par l'âge, le sexe et les exigences de l'environnement. Sa variabilité, sous-tendue par des trajectoires et des mécanismes neurobiologiques multiples, invite à dépasser une lecture purement catégorielle. Le paradigme de la neurodiversité complète le cadre médical par un regard social et politique. Il envisage le TDAH comme une variation du fonctionnement cognitif, porteuse de forces et fragilités dont l'expression dépend du contexte. Le TDAH est pensé comme une condition appelant des adaptations réciproques entre la personne et son environnement : non pas un déficit à corriger, mais une différence à accompagner. Les interventions, entre reconnaissance des difficultés et valorisation des singularités, articulent approches thérapeutiques et psychoéducatives personnalisées. Les enjeux éthiques (soins équitables, de-stigmatisation) interrogent nos représentations et normes éducatives et professionnelles. Cette tension entre modèles médical et social renvoie à un enjeu sociétal plus large : comment accueillir la neurodiversité et la différence ? Au-delà de la psychiatrie de demain, notre réponse façonnera notre conception même de l'inclusion et de l'humain.Cédric GaleraCédric Galera est professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'université de Bordeaux et praticien hospitalier à l'hôpital Charles-Perrens et au CHU de Bordeaux. Docteur en épidémiologie, il anime l'équipe santé des jeunes du centre INSERM 1219. Ses travaux visent à mieux comprendre l'épidémiologie de la santé mentale des jeunes, les conséquences à long terme des troubles psychiatriques de l'enfance (anxiété, dépression, trouble déficit de l'attention, hyperactivité) et les facteurs de risque et de protections précoces (inégalités sociales de santé, biomarqueurs, expositions pendant la grossesse, changement climatique et santé mentale). Il est expert pour la Commission européenne, membre du European ADHD guideline group et chercheur associé au Canada.
Maria MelchiorSanté publique (2025-2026)Collège de FranceAnnée 2025-202603 - Santé mentale et addictions : de la souffrance individuelle à l'action populationnelle : L'enfant est le père de l'homme : santé mentale des enfants et adolescentsRésuméL'enfance et l'adolescence sont déterminantes en matière de santé mentale et d'addictions. C'est en général avant l'âge adulte qu'apparaissent les premières difficultés voire troubles psychologiques et les conditions de vie et les caractéristiques des familles font partie des facteurs de risque et de protection qui influent sur le risque non seulement à court mais aussi à long terme. De plus, les difficultés psychologiques ou en termes d'addiction à des âges précoces peuvent influer sur la sociabilité, des parcours scolaires, de l'avenir des personnes sur le marché du travail, c'est-à-dire des facteurs sociaux qui à leur tour ont des conséquences en termes de santé mentale et d'addiction. Est-il possible de contrecarrer ce cercle vicieux et réduire les inégalités sociales en termes de santé mentale pendant l'enfance et l'adolescence ? Quelle prévention des troubles psychiques pendant l'enfance et l'adolescence, lorsque les principaux déterminants se situent en dehors du système de santé ?
Maria MelchiorSanté Publique (2025-2026)Collège de FranceAnnée 2025-2026Alexandre PeyréPsychologue, CHU de BordeauxSéminaire - Alexandre Peyré : Addictions avec ou sans substance, entre paradigme et expériences cliniques : réduction des risques, santé et bonheurRésuméLe concept d'addiction renvoie à différentes façons de comprendre ce qui se joue entre un individu et un objet (substance ou comportement). La valence pharmacologique et la saillance du terme « drogue » sont questionnées par les addictions comportementales. Ce récent sujet de recherches et d'accompagnement peut être éclairé par des grilles de lectures non addictologiques et par les connaissances sur les mécanismes des addictions avec substances. Il questionne notre rapport au plaisir et amène à repenser la prévention, la réduction des risques et les soins.Alexandre PeyréAlexandre Peyré est psychologue en addictologie. Il travaille depuis plus de vingt ans dans des structures d'accompagnement de personnes consommatrices de psychotropes ou souffrant de troubles de l'usage. Par ailleurs, il s'est engagé dans de nombreuses actions de réduction des risques. Actuellement, il exerce au centre hospitalo-universitaire de Bordeaux en addictovigilance (santé publique) et comme clinicien aux urgences pédiatriques auprès d'adolescents présentant des addictions. Il est impliqué à la Société psychédélique française dans un travail de médiation scientifique et culturelle autour des substances psychédéliques et prépare une thèse sur les risques qui y sont associés.
Maria MelchiorSanté Publique (2025-2026)Collège de FranceAnnée 2025-202602 - Santé mentale et addictions : de la souffrance individuelle à l'action populationnelle : Avec ou sans substance : tous et toutes addicts ?RésuméLes addictions – avec et sans substances – sont un domaine à part de la médecine, de la psychiatrie et de la recherche. Les troubles liés aux conduites addictives font néanmoins partie des troubles psychiques et il existe de nombreux liens avec d'autres types de difficultés psychologiques. Comment et pourquoi la manière dont on considère les addictions a-t-elle évolué dans le temps ? Quelles sont les nouvelles formes d'addictions ? Que nous dit la recherche sur les principaux facteurs de risque, de protection, les interventions de prévention ?
Maria MelchiorSanté publique (2025-2026)Collège de FranceAnnée 2025-2026Séminaire - Jean-Sébastien Eideliman : Enfance et santé mentale. Une sociologie des catégorisations savantes et ordinairesJean-Sébastien EidelimanCentre de recherche sur les liens sociaux (CERLIS), maître de conférences en sociologie, université Paris-CitéRésuméCette communication porte sur la manière dont la santé mentale des enfants est saisie socialement, aussi bien par les professionnels que par les profanes. Elle s'interroge sur la différenciation institutionnelle entre mineurs et majeurs, entre catégories profanes et savantes, et explore les processus sociaux sous-jacents à ces opérations de catégorisation. Elle tâche de démontrer que, pour comprendre aujourd'hui les liens entre enfance et santé mentale, il faut mettre en œuvre une triple approche qui croise la manière dont la société façonne les comportements hors norme, l'évolution des grilles de lecture des troubles psychiques et les enjeux notamment familiaux qui orientent les familles dans leurs usages des catégories disponibles pour penser les problèmes des enfants.Jean-Sébastien EidelimanJean-Sébastien Eideliman est maître de conférences en sociologie à l'université Paris-Cité, membre du CERLIS et membre associé du CMH. Ses recherches portent sur le handicap, la famille et les troubles psychiques des jeunes. Sa thèse, portant sur l'organisation familiale autour d'enfants handicapés mentaux, a été soutenue en 2008 à l'EHESS. Il a ensuite été maître de conférences à l'université Lille 3 pendant neuf ans, puis muté à l'université Paris-Cité en 2018. Directeur adjoint de l'UFR SHS à l'université Paris-Cité de 2022 à 2025, il a également été coresponsable du master sociologie d'enquête (université Paris-Cité) et collaborateur extérieur à la DREES, au bureau Handicap-Dépendance (2016-2022). Ses recherches ont principalement porté sur les enfants handicapés mentaux, les adolescents atteints de troubles psychiques et les travailleurs handicapés. Après avoir terminé une recherche collective sur les enfants dits agités, il travaille actuellement sur les jeunes aidants (programme ANR ELIAS) et sur l'accès aux politiques publiques du handicap et de la dépendance en fonction de l'âge (programme ANR KAPPA).
Maria MelchiorSanté publique (2025-2026)Collège de FranceAnnée 2025-202601 - Santé mentale et addictions : de la souffrance individuelle à l'action populationnelle : Qu'est-ce que la santé mentale ?RésuméComment définit-on aujourd'hui, dans les principales classifications des maladies, la santé mentale ? D'où viennent ces définitions et comment ont-elles évolué dans le temps ? Quelles sont les questions qui se posent lorsque l'on souhaite mesurer la santé mentale dans des enquêtes et cohortes épidémiologiques ? Quelles sont les controverses actuelles ?
Maria MelchiorSanté Publique (2025-2026)Collège de FranceAnnée 2025-2026Leçon inaugurale - Maria Melchior : Santé mentale et addictions : de l'intime au populationnelRésuméLa santé mentale et les addictions sont des concepts larges qui recouvrent des symptômes et expériences hétérogènes, plus ou moins sévères et durables, dont les facteurs de risque et de protection sont multiples et les conséquences sur divers chapitres de la vie des personnes – études, travail, vie familiale – possiblement importantes. Chaque situation est spécifique et subjective, comme c'est aussi le cas dans le domaine de la santé physique, la particularité de la santé mentale étant peut-être l'absence de mesures biologiques permettant d'identifier de manière objective des variations d'humeur, des niveaux de dépendance à un produit ou à un comportement, ou encore le degré de souffrance psychique. La recherche, se basant nécessairement sur la parole du sujet, est donc confrontée à la difficulté d'harmoniser et de standardiser des ressentis intimes. Quels enjeux de la recherche sur la santé mentale dans une population ? La définition de l'objet étudié est bien sûr une étape essentielle et préalable au questionnement sur les facteurs qui y sont associés, et la première question abordée sera celle des classifications des troubles psychiques et des addictions utilisées aujourd'hui. Que nous disent-elles, en creux, de ce que l'on considère comme un comportement « normal » ? Ensuite, le cours abordera différents types de facteurs qui, à l'échelle d'un collectif, prédisent la survenue, la sévérité, la persistance des problèmes de santé mentale et des addictions tout au long de la vie : antécédents familiaux de troubles psychiques et d'addiction, vécu de situations de violences – intimes ou collectives, ruptures et exils – voulus ou non, conditions d'existence et liens aux autres. L'ensemble des enseignements aborderont les inégalités sociales face à la santé mentale, ainsi que la question de la prévention des troubles psychiques et des addictions à l'échelle sociétale.
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