DiscoverCitiscape by CitizOn | Histoires urbaines made in Morocco 🇲🇦
Citiscape by CitizOn | Histoires urbaines made in Morocco 🇲🇦
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Citiscape by CitizOn | Histoires urbaines made in Morocco 🇲🇦

Author: CitizOn

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Description

Citiscape by CitizOn est une série de podcasts consacrés aux villes marocaines et à celles et ceux qui les traversent, les filment, les habitent ou les transforment. Un personnage, un quartier, un moment, une ambiance... On y parle de cinéma, de sport, d’architecture, de mémoire populaire, de ce qui fait battre les villes du Maroc de l’intérieur. Citiscape vous propose une écoute sensible et documentée, à la croisée de l'histoire urbaine, de la culture et du récit.
9 Episodes
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À Casablanca, son nom est partout. Un boulevard, un lycée, une station de tramway. On le traverse chaque jour sans forcément savoir qui il était. Mohamed Zerktouni (1927-1954) n’est pas seulement une figure de la résistance marocaine : il est l’un des visages les plus radicaux d’un engagement total, inscrit dans la ville, jusque dans ses souterrains.Dans cet épisode de Cityscape by CitizOn, il ne s’agit pas d’un récit héroïque figé. Il s’agit d’une plongée dans une ville sous pression. Casablanca des années 1950 est une métropole surveillée, quadrillée, violente. Une ville où les quartiers populaires deviennent des bases arrière, où les cafés servent de relais, où les marchés et les rues anonymes dissimulent des réseaux, des messages, des explosifs. La ville devient un outil. Un terrain de lutte.Mohamed Zerktouni n’est pas un personnage de tribune. Il agit dans l’ombre. Il organise, coordonne, prend des risques extrêmes. Son engagement est sans retour possible. Lorsqu’il est arrêté en décembre 1953, il sait ce qui l’attend. Et il fait un choix radical : ne rien dire. Mourir sans livrer les autres. Faire de son silence un acte politique.L’épisode s’attarde sur ce silence. Un silence lourd, actif, décisif. Dans une ville saturée de bruits, le silence de Zerktouni résonne comme un point de rupture. Sa mort, survenue après les tortures, provoque un choc profond. Elle radicalise les positions, accélère la prise de conscience, et contribue à faire basculer le rapport de force entre pouvoir colonial et mouvement national.Cityscape by CitizOn explore aussi la dimension urbaine de cette trajectoire. Comment une grande ville moderne peut-elle devenir un espace de résistance clandestine ? Comment l’anonymat, la densité, les circulations rapides offrent-ils à la fois protection et danger ? Zerktouni incarne cette ville double : visible et invisible, quotidienne et insurrectionnelle.Ce podcast interroge enfin la mémoire. Que reste-t-il aujourd’hui de Zerktouni ? Un nom. Des plaques. Des hommages officiels. Mais aussi une histoire souvent simplifiée, édulcorée, détachée de sa violence réelle. Cityscape by CitizOn propose de revenir à la rugosité du récit. À l’engagement sans romantisme. À la peur, à la fatigue, à la détermination.Mohamed Zerktouni apparaît ici comme une figure tragique et lucide. Un homme qui a compris que certaines luttes ne laissent aucune place au compromis. Et que, parfois, la ville n’est pas seulement un espace de vie, mais un champ de bataille discret, fait de loyautés, de silences et de sacrifices.Un épisode de Cityscape by CitizOnpour rappeler que l’histoire urbaine ne se construit pas seulement avec des bâtiments et des plans, mais aussi avec des corps, des choix irréversibles, et des vies interrompues.
Il a fait entrer la rue sur scène. Les voix populaires, les gestes du quotidien, l’ironie, la sagesse brute. Tayeb Saddiki n’a pas seulement renouvelé le théâtre marocain : il a déplacé ses frontières, ses langues, ses publics.Dans cet épisode de Cityscape by CitizOn, on ne dresse pas le portrait d’un monument figé. On suit une trajectoire vivante, indisciplinée, profondément urbaine. Saddiki est un homme de scènes, mais surtout un homme de villes. Ses pièces sont traversées par les ruelles, les places, les cafés, les marchés. Elles parlent un arabe vivant, mêlé, rythmique, nourri de darija, de proverbes, de silences aussi.L’épisode explore cette idée centrale : chez Saddiki, le théâtre n’est jamais coupé du réel. Il s’en nourrit, le tord, le caricature, le sublime. Il adapte les classiques (Molière, Aristophane, le patrimoine arabe) non pour les sacraliser, mais pour les faire dialoguer avec le Maroc contemporain. La scène devient un espace de friction : entre tradition et modernité, entre pouvoir et dérision, entre langue savante et langue de la rue.Cityscape by CitizOn s’attarde sur la manière dont Saddiki a réconcilié le public avec le théâtre. En parlant sa langue. En racontant ses contradictions. En assumant le rire comme une arme sérieuse. Le comique, chez lui, n’est jamais gratuit : il révèle, il protège, il contourne. Il permet de dire ce qui ne peut pas toujours être dit frontalement.L’épisode revient aussi sur l’inscription spatiale de son œuvre. Les théâtres, bien sûr, mais aussi les villes qu’il traverse et transforme en matière dramatique. Casablanca, Rabat, Fès deviennent des arrière-plans implicites, des réservoirs de personnages et de situations. La ville n’est jamais neutre : elle structure les rapports sociaux, les malentendus, les conflits que Saddiki met en jeu.Ce podcast interroge enfin ce que Tayeb Saddiki nous laisse aujourd’hui. Une œuvre difficile à classer, parfois dérangeante, souvent jubilatoire. Une manière de faire du théâtre sans solennité, mais avec exigence. Une leçon discrète : la culture populaire n’est pas un sous-genre, c’est un socle.Tayeb Saddiki apparaît ici comme un passeur. Entre les textes et la rue. Entre le passé et le présent. Entre la scène et la ville. Un homme qui a compris très tôt que pour toucher juste, il fallait parler depuis l’intérieur. Depuis le bruit, le rythme et la vitalité du monde réel.Un épisode pour redécouvrir un théâtre profondément ancré dans la vie urbaine. Et pour rappeler que la scène, quand elle écoute la ville, peut encore tout raconter.
Elle ne devait pas devenir artiste. Rien, dans sa vie, ne la prédestinait à la peinture. Et pourtant, Chaïbia Talal a bouleversé durablement le paysage de l’art marocain, sans école, sans codes, sans demander l’autorisation à qui que ce soit.Dans cet épisode de Cityscape by CitizOn, on ne raconte pas une success story au sens classique. On raconte une irruption. Celle d’une femme issue d’un monde rural, analphabète, mariée enfant, veuve très jeune, qui commence à peindre tardivement, presque par nécessité intérieure. Chaïbia ne théorise pas son geste. Elle peint parce que quelque chose insiste. Parce que les images débordent. Parce que le monde doit sortir autrement que par les mots.L’épisode s’attarde sur ce moment rare où l’art surgit là où on ne l’attend pas. Chez Chaïbia, la peinture n’est ni décorative ni sage. Elle est directe, frontale, parfois dérangeante. Des corps, des visages, des couleurs franches, une joie qui frôle l’excès. Une liberté radicale, qui déstabilise autant qu’elle fascine.Cityscape by CitizOn explore aussi le déplacement géographique et symbolique qu’opère Chaïbia. De la campagne aux villes, des marges aux galeries, des salons privés aux expositions internationales. Son œuvre circule, mais son regard reste profondément ancré dans une expérience populaire, féminine, longtemps tenue à distance des espaces de légitimité artistique.Ce podcast interroge ce que son succès raconte du Maroc urbain et culturel du XXᵉ siècle. Une société traversée par des hiérarchies sociales, de genre, de savoir. Une société où l’art dit « naïf » est souvent toléré tant qu’il reste à sa place. Chaïbia, elle, déborde. Elle impose sa présence, son style, son énergie, sans jamais chercher à se conformer.Loin d’un portrait figé, l’épisode s’intéresse à la manière dont Chaïbia continue de déranger nos catégories. Était-elle naïve, autodidacte, moderne, instinctive, géniale ? Peut-être tout à la fois. Peut-être aucune de ces étiquettes. Ce qui compte, c’est le geste : peindre comme on respire, peindre comme on affirme sa place dans le monde.Chaïbia Talal rappelle que l’art n’est pas toujours le fruit d’un apprentissage académique. Qu’il peut surgir de la contrainte, de la fatigue, de la solitude, et devenir une forme de résistance joyeuse. Une manière d’exister pleinement, malgré tout.Cet épisode de Cityscape by CitizOn est une traversée sensible. Celle d’une femme qui a peint sans mode d’emploi, sans justification, et qui a laissé derrière elle une œuvre libre, vibrante, indocile. Comme un rappel essentiel : la création n’obéit pas toujours aux chemins balisés. Et c’est souvent là qu’elle est la plus puissante.
On croit connaître Casablanca parce qu’on l’a vue au cinéma. Et pourtant, cette ville-là est souvent un mirage. Casablanca est sans doute l’une des villes les plus filmées, fantasmées et mal comprises à l’écran. Elle apparaît parfois sans être nommée, parfois sous un faux visage, parfois réduite à une ambiance, un décor, une promesse d’exotisme ou de danger. Casablanca est partout au cinéma — mais rarement elle-même.Dans cet épisode de Cityscape by CitizOn, on explore la relation étrange et durable entre une ville réelle et ses doubles filmiques. Comment le cinéma fabrique-t-il une ville ? Que choisit-il de montrer, de cacher, de transformer ? Et que reste-t-il, dans notre imaginaire, de ces images accumulées au fil des décennies ?Casablanca a longtemps été filmée de l’extérieur. Ville de passage, de complots, de départs et de fuites. Une ville sans ancrage, sans quotidien, sans habitants visibles. Puis, peu à peu, des cinéastes s’en emparent autrement. Ils filment ses quartiers, ses marges, ses corps fatigués, ses colères, ses silences. La ville cesse d’être un décor pour devenir une matière vivante, parfois inconfortable, souvent dérangeante.Cet épisode traverse différentes manières de filmer Casablanca : la ville rêvée, la ville violente, la ville sociale, la ville intime. Il interroge le regard des réalisateurs, mais aussi celui des spectateurs. Car le cinéma ne se contente pas de montrer la ville : il influence la façon dont on la perçoit, dont on la traverse, dont on la raconte ensuite.Cityscape by CitizOn s’attarde sur cette idée centrale : Casablanca n’existe jamais de la même manière selon la caméra qui la regarde. Un travelling change un quartier. Un cadrage transforme une rue banale en symbole. Un silence dit parfois plus qu’un dialogue. La ville devient alors un personnage instable, multiple, contradictoire — exactement comme dans la réalité.Loin d’un panorama exhaustif, ce podcast propose une dérive à travers des images, des sensations, des fragments de films. Il s’intéresse autant à ce qui est filmé qu’à ce qui ne l’est pas. Aux absences. Aux clichés persistants. Aux tentatives de rupture. Aux cinéastes qui cherchent non pas à embellir Casablanca, mais à la comprendre, ou simplement à survivre en elle.Cet épisode est une invitation à regarder autrement. À douter des images trop lisses. À reconnaître que le cinéma peut autant révéler qu’écraser une ville sous ses projections. Et à accepter que Casablanca, avant d’être une carte postale ou un décor de film, est peut-être d’abord un récit en perpétuelle réécriture.Un épisode sur une ville qui ne cesse d’échapper à la caméra et qui, pour cette raison même, continue de fasciner.
Casablanca lui doit beaucoup, sans toujours le savoir. Des immeubles, des quartiers entiers, une manière d’habiter la modernité. Élie Azagury n’est pas seulement un architecte du XXᵉ siècle : il est l’un de ceux qui ont pensé la ville comme un espace social, politique et profondément humain.Dans cet épisode de Cityscape by CitizOn, il ne s’agit pas d’un parcours académique ni d’un catalogue de réalisations. Il s’agit d’un regard. Celui d’un architecte qui refuse les formes gratuites, les gestes spectaculaires, les bâtiments déconnectés de ceux qui les habitent. Azagury construit pour vivre, pas pour impressionner. Et cela change tout.Formé à l’architecture moderne, engagé très tôt dans le Maroc de l’après-Indépendance, il participe à une aventure collective : celle d’un pays qui se reconstruit, qui cherche ses formes, ses usages, ses équilibres. À Casablanca, ses projets s’inscrivent dans des contextes précis, souvent contraints, parfois précaires. Logement social, équipements publics, architecture du quotidien. Là où d’autres voient des marges, Azagury voit des responsabilités.L’épisode explore cette idée centrale : l’architecture comme outil de dignité. Comment loger sans exclure. Comment construire sans écraser. Comment dessiner des espaces capables de créer du lien, de la circulation, de la vie. Chez Azagury, les bâtiments ne sont jamais isolés : ils dialoguent avec la rue, le climat, les habitudes, les corps. Ils acceptent le vieillissement, l’appropriation, parfois même la transformation.Cityscape by CitizOn s’attarde aussi sur ce que cette architecture raconte de Casablanca. Une ville rapide, dense, souvent brutale, mais traversée par des tentatives sincères d’équilibre. Azagury incarne une modernité sobre, attentive, presque discrète. Une modernité qui ne cherche pas à rompre avec le passé, mais à composer avec le réel.À l’heure où l’architecture est souvent réduite à l’image, à la signature ou à l’objet spectaculaire, cet épisode propose un pas de côté. Il invite à regarder autrement des immeubles que l’on croise tous les jours, sans toujours les voir. À comprendre que l’architecture est un langage silencieux, mais structurant. Et que certains choix, faits il y a plusieurs décennies, continuent d’organiser nos vies quotidiennes.Élie Azagury apparaît ici comme une figure à la fois engagée et discrète. Un architecte qui a travaillé contre les évidences, contre les effets de mode, contre l’oubli des usages. Un bâtisseur de villes vécues, plus que de villes rêvées.Un épisode pour rappeler que la ville ne se pense pas seulement en plans et en façades, mais en gestes, en parcours et en vies ordinaires.
On cite souvent Fatema Mernissi comme une intellectuelle, une sociologue, une figure du féminisme marocain et arabe. Mais on oublie parfois d’où parle sa pensée. Elle ne naît pas dans l’abstraction. Elle naît d’un lieu, d’un corps, d’une ville, de frontières très concrètes : celles des maisons, des patios, des harems, des rues interdites, puis progressivement conquises.Dans cet épisode de Cityscape by CitizOn, il ne s’agit pas de résumer une œuvre théorique, ni d’aligner des concepts. Il s’agit de comprendre comment une pensée s’ancre dans l’espace. Comment la ville, ses règles implicites, ses séparations visibles et invisibles, façonnent une trajectoire intellectuelle. Chez Mernissi, le politique commence souvent dans le quotidien : une porte qu’on ne franchit pas, un regard qu’on évite, une parole qu’on apprend à retenir — ou à formuler autrement.Fatema Mernissi observe très tôt que les frontières les plus solides ne sont pas toujours matérielles. Elles sont mentales, sociales, symboliques. Le harem qu’elle décrit n’est pas seulement un lieu clos : c’est un système d’organisation du monde. Un dispositif qui distribue les rôles, les espaces, les possibles. Et c’est précisément depuis cet enfermement que naît une pensée du mouvement, du passage, de la transgression douce mais déterminée.L’épisode explore cette tension constante entre intérieur et extérieur. Entre tradition et modernité. Entre foi, pouvoir et interprétation. Fatema Mernissi ne détruit pas : elle questionne. Elle ne simplifie pas : elle complexifie. Elle s’intéresse aux récits fondateurs, aux textes religieux, aux mythes politiques, non pour les rejeter, mais pour les relire, les déplacer, les ouvrir.Cityscape by CitizOn s’attarde aussi sur la dimension urbaine de son œuvre. Car penser le genre, chez Mernissi, c’est aussi penser la ville : qui occupe l’espace public, qui y circule librement, qui y parle, qui y est vu. Ses textes dialoguent avec les médinas, les salons, les universités, mais aussi avec les places, les cafés, les scènes internationales où sa voix porte bien au-delà du Maroc.Loin des slogans, Fatema Mernissi propose une autre forme de radicalité : celle de l’intelligence patiente, du récit personnel comme outil politique, de la nuance comme force. Une pensée qui ne cherche pas l’affrontement frontal, mais le déplacement des lignes, lentement, durablement.Cet épisode de Citiscape by CitizOn est une traversée. Celle d’une femme qui a transformé des contraintes en matière à penser. Et qui nous rappelle que les villes, comme les sociétés, changent aussi grâce à celles et ceux qui apprennent à lire leurs fissures.Un récit d’idées, mais surtout de lieux, de voix et de passages.
Son nom est partout au Maroc. Une avenue, une place, un aéroport, des écoles, des institutions. On le prononce sans y penser, comme si le nom faisait partie du décor. Pourtant, derrière ces plaques et ces enseignes, il y a une trajectoire singulière : celle de Mohammed V, et d’un homme devenu symbole bien au-delà de sa personne.Dans cet épisode de Cityscape by CitizOn, il ne s’agit pas de retracer une biographie officielle, ni de réciter une chronologie connue. Il s’agit plutôt de comprendre comment une figure politique s’inscrit dans la ville, comment elle façonne les lieux, les gestes et la mémoire collective. Mohammed V n’est pas seulement un roi de l’histoire du Maroc contemporain : il est une présence diffuse, inscrite dans l’espace urbain et dans l’imaginaire.À Casablanca comme ailleurs, son nom est associé à des moments charnières : l’affirmation d’une parole nationale, la rupture avec l’ordre colonial, l’exil, puis le retour. Des épisodes politiques majeurs, mais aussi des scènes urbaines très concrètes : foules rassemblées, places saturées, silences lourds, attentes suspendues. La ville devient alors le théâtre d’un rapport direct entre un homme et son peuple, sans médiation spectaculaire.Ce podcast s’attarde sur cette relation particulière entre Mohammed V et l’espace public. Comment un souverain, souvent décrit comme réservé, presque effacé, a-t-il pu incarner une telle centralité ? Comment son image s’est-elle construite dans la rue, dans les regards, dans les récits transmis ? Et comment cette image continue-t-elle de structurer notre façon de nommer et de parcourir la ville ?L’épisode explore aussi les ambiguïtés de cette omniprésence. À force d’être partout, le nom finit parfois par se vider de son sens. L'Avenue Mohammed V devient un axe parmi d’autres. La Place Mohammed V, un simple point de passage. Cityscape by CitizOn propose alors de ralentir, de regarder autrement ces lieux familiers, et de se demander ce qu’ils portent encore comme mémoire politique, comme charge symbolique, comme héritage silencieux.Mohammed V apparaît ici moins comme une statue que comme une trace. Une figure qui traverse la ville sans l’écraser. Une autorité construite autant par la retenue que par la parole. Un symbole qui continue d’agir, non pas dans le spectaculaire, mais dans la durée.Un épisode pour interroger la manière dont les villes se souviennent. Et comment, parfois, un nom répété devient un fil discret entre histoire, espace et quotidien.
La Corniche de Casablanca n’est pas un simple front de mer. C’est une ligne de tension. Un bord. Un seuil. D’un côté, l’Atlantique, massif, indifférent, parfois violent. De l’autre, la ville, dense, bruyante, jamais tout à fait stable. Entre les deux, un espace mouvant où Casablanca se montre, se détend, se raconte, et parfois se contredit.Dans cet épisode de Cityscape by CitizOn, on marche le long de la Corniche de Casablanca, de Aïn Diab à El Hank, pour comprendre ce que cet espace dit de la ville et de ceux qui l’habitent. Ici, les usages se superposent : jogging matinal, familles du dimanche, noctambules, pêcheurs solitaires, cafés, clubs, plages privées, ruines oubliées. La Corniche n’est jamais la même selon l’heure, la saison ou le regard.Longtemps marginale, battue par les vents et les vagues, elle devient au fil du XXᵉ siècle un lieu de projection. On y construit, on y démolit, on y rêve une Casablanca moderne, balnéaire, ouverte sur le monde. Hôtels, piscines, cabarets, puis boîtes de nuit et complexes privés dessinent une autre façade de la ville, plus légère en apparence, mais profondément révélatrice des inégalités, des mutations sociales et des choix urbains.La Corniche raconte aussi une histoire du corps dans la ville. Corps qui marchent, qui s’exhibent, qui se reposent, qui transgressent. Corps populaires et corps mondains se croisent sans toujours se rencontrer. Ici, la mer libère autant qu’elle sépare. Elle offre un horizon, mais rappelle aussi les limites : celles de l’accès, du regard, du droit à la ville.Cet épisode de Cityscape by CitizOn ne cherche pas à idéaliser la Corniche. Il en explore les contrastes, les ruptures, les zones d’ombre. Les plages confisquées, les espaces publics fragilisés, les mémoires effacées. Mais il s’attarde aussi sur ce qui résiste : les habitudes, les rituels, la manière très casablancaise de s’approprier un lieu, même quand tout semble fait pour l’en empêcher.À travers la Corniche, c’est une autre Casablanca qui apparaît. Une ville en façade, mais jamais superficielle. Une ville qui se regarde dans l’océan comme dans un miroir instable. Une ville qui doute, qui s’expose, qui avance malgré tout.Cityscape by CitizOn propose ici une dérive urbaine au bord de l’eau. Un récit d’atmosphères, de gestes et de contradictions. Parce que parfois, pour comprendre une ville, il suffit de suivre sa ligne de rivage.
On connaît ses images sans toujours connaître son nom. Des avenues encore poussiéreuses, des façades neuves, des ports en chantier, des foules anonymes figées entre deux époques. Derrière ces photographies qui ont façonné notre imaginaire urbain se tient Marcelin Flandrin.Dans cet épisode de Cityscape by CitizOn, on remonte le fil d’un regard. Celui d’un photographe arrivé au Maroc au début du XXᵉ siècle, à un moment où Casablanca change brutalement d’échelle, de rythme, de visage. Flandrin photographie une ville qui s’invente sous ses yeux : rues tracées à la règle, immeubles qui surgissent du sable, ports, tramways, marchés, foules au travail ou en mouvement. Il documente l’instant où une ville bascule.Mais ce podcast n’est pas un hommage lisse. Il interroge aussi ce que ces images disent, et ce qu’elles taisent. Car Flandrin n’est pas un photographe neutre. Il travaille dans un contexte colonial, pour une administration qui a besoin d’images : montrer l’ordre, la modernité, le progrès. Ses cadrages, ses choix de sujets, ses silences racontent autant que ses clichés les ambitions d’un pouvoir et les angles morts de son récit.À travers ses photographies, c’est une question plus large que se pose Citiscape by CitizOn : comment une ville se construit-elle dans les images ? Qui a le droit de la regarder, de la raconter, de la figer ? Que devient une photographie quand elle passe du statut de document à celui de mémoire collective ?L’épisode explore aussi l’étrange familiarité de ces images. Casablanca y apparaît à la fois méconnaissable et étonnamment proche. Certaines perspectives existent encore. Certains gestes se répètent. Certaines fractures aussi. Flandrin photographie une ville en devenir, mais ses images continuent de dialoguer avec la ville d’aujourd’hui, ses tensions, ses héritages, ses contradictions.Cityscape by CitizOn propose ici une traversée sensible : ni cours d’histoire, ni simple commentaire d’archives. Une immersion dans une matière visuelle qui a façonné notre façon de voir Casablanca, parfois sans que nous en ayons conscience. Un épisode pour regarder autrement des images trop souvent vues, et pour comprendre comment une ville peut naître, non seulement dans le béton, mais dans le regard.Un récit urbain, fragmentaire, incarné. Comme la ville elle-même.
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