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Les REC — Rencontres de l'Esprit Critique
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Les REC — Rencontres de l'Esprit Critique

Author: Les REC

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Description

Le podcast des Rencontres de l'Esprit Critique (REC). Retrouvez toutes les conférences, tables rondes et débats du festival annuel gratuit dédié à la pensée critique, la science et la culture.
108 Episodes
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La conférence aborde la question de l'origine de la croyance en Dieu, constatant sa large diffusion à travers le monde. L'intervenant souligne d'emblée qu'il ne s'agit pas d'une attaque contre les croyants, mais d'une analyse critique des croyances elles-mêmes. Il insiste sur la distinction entre la personne et sa croyance, affirmant que critiquer une croyance est une marque de respect envers la capacité du croyant à entendre un avis contraire. Il réfute les explications simplistes de la croyance, telles que la folie, la bêtise, la lâcheté ou le simple prosélytisme, arguant que ces facteurs, bien que parfois présents, ne suffisent pas à expliquer l'ampleur du phénomène. L'orateur déconstruit ensuite plusieurs "mauvaises raisons" de croire, souvent rencontrées dans les débats. Celles-ci incluent des arguments basés sur le sentiment personnel ("je sens en moi que c'est vrai"), la popularité de la croyance ("beaucoup y croient"), son ancienneté, l'intelligence de certains croyants, la peur de l'inexistence de Dieu ou le besoin d'une morale absolue. Il critique également l'argument d'ignorance (argument ad ignorantiam), qui consiste à conclure à l'existence de Dieu parce que la science ne peut pas encore expliquer l'origine de l'univers, de la vie ou de la conscience. Pour lui, "je ne sais pas" ne doit pas être transformé en "je sais". Enfin, l'intervenant examine ce qui est souvent présenté comme des "preuves" de l'existence de Dieu (cosmologique, téléologique, ontologique, morale, historique, mystique, scripturaire, pari de Pascal). Il les qualifie plutôt d'arguments anciens et souligne qu'une véritable "preuve", selon la définition de l'anthropologue Dan Sperber, est un énoncé qui, une fois compris, emporte l'adhésion. Si ces arguments étaient de réelles preuves, il suffirait de les comprendre pour être convaincu, ce qui n'est manifestement pas le cas. Il introduit alors de "vraies raisons" et "vraies causes" aux croyances, qu'il développera, en commençant par la pensée essentialiste et le dualisme inhérents à la cognition humaine. Intervenants : Thomas Durand Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=ZY6jdtLzJDw
La conférence explore la légitimité des discours au sein de la société, en se concentrant spécifiquement sur le rôle du savoir. L'orateur souligne que la légitimité du savoir, notamment dans l'espace scolaire et public en France, est une décision politique historiquement datée, héritée du projet scolaire de la Première République française (1791). Ce projet a fait de la raison et du savoir des outils d'émancipation, considérant le savoir comme le socle commun nécessaire au vivre-ensemble dans une démocratie républicaine. Cette approche contraste avec d'autres systèmes éducatifs où l'adhésion à des textes sacrés peut primer, comme en témoigne la difficulté d'enseigner l'évolution biologique dans certains pays. L'intervenant insiste sur le fait que, dans l'espace scolaire français, la contestation motivée des savoirs scientifiques, basée sur des opinions ou croyances personnelles, n'est pas recevable. Il s'oppose à l'idée d'adapter l'enseignement scientifique au respect des croyances individuelles, arguant que cela reviendrait à céder du terrain aux représentations métaphysiques personnelles des élèves. Cette position, bien que potentiellement choquante aujourd'hui dans une culture de "cherry picking" des connaissances, vise à protéger l'intégrité du savoir scientifique face aux dogmes et aux nouveaux scepticismes organisés, ainsi qu'aux formes de relativisme issues du postmodernisme. Le conférencier distingue clairement le savoir des opinions et des croyances religieuses en proposant deux critères didactiques. Premièrement, le savoir, en particulier scientifique, est assumé collectivement, tandis que les opinions et croyances sont personnelles. Deuxièmement, le savoir doit être justifié rationnellement par la personne qui l'énonce, ou par la communauté scientifique qui l'a établi et validé. Contrairement aux croyances qui s'appuient sur une autorité externe, le savoir scientifique est collectivement justifié et stabilisé par la corroboration des résultats par de multiples équipes de recherche. Cette validation collective est essentielle et distingue le savoir d'une simple découverte individuelle. Enfin, l'orateur défend le savoir fondamental comme un bien public, financé par les impôts, et dont la production ne doit pas être entravée par la crainte de ses potentielles récupérations sociales ou politiques. Il cite l'exemple de Darwin, dont les travaux auraient pu être censurés s'il avait dû se préoccuper de leurs conséquences. Les espaces du laboratoire et de l'école sont présentés comme des lieux où une laïcité "passivement active" permet la libre recherche et la transmission du savoir sans compromis avec les croyances individuelles, car la critique doit porter sur les idées et non sur les personnes. Intervenants : Intervenant Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=_fPtjGuEpqM
Cette table ronde, animée par Margot Brunet, journaliste à Cerveau et Psycho, a réuni des femmes scientifiques de divers horizons : Magali Lavielle Guida (orthophoniste, psychologue, docteure en psychologie cognitive), Karine Lacombe (enseignante en maladies infectieuses) et Julie Batut (spécialiste du développement embryonnaire, directrice de recherche au CNRS et impliquée dans l'association Femmes et Sciences). La discussion a porté sur la sous-représentation des femmes dans les carrières scientifiques et les obstacles qu'elles rencontrent, tout en rendant hommage à Séverine Hérel, récemment disparue, pour sa contribution à la science et à la psychologie. Un point central de la discussion a été l'explication de l'effet Matilda par Julie Batut. Cet effet, théorisé par l'historienne des sciences Margaret Rossiter en 1993, décrit la minimisation et le déni des travaux de scientifiques femmes au profit de leurs collègues masculins. L'exemple emblématique de Rosalind Franklin et sa contribution non reconnue à la découverte de la double hélice de l'ADN a été cité. Les chiffres actuels montrent que les femmes représentent seulement 34% du personnel de recherche et 30% des chercheurs en France, soulignant la persistance de cette sous-représentation. Les intervenantes ont partagé leurs expériences personnelles pour illustrer ces défis. Karine Lacombe a souligné que, malgré une majorité de femmes en début d'études médicales, un "plafond de verre" persiste aux niveaux hiérarchiques supérieurs, notamment pour les postes de Professeurs des Universités – Praticiens Hospitaliers (PU-PH). Elle a été la première femme chef de service en maladies infectieuses dans un centre hospitalier de l'AP-HP en 2019. Elle a également évoqué la responsabilité des femmes elles-mêmes qui, par auto-censure ou sentiment d'infériorité, ne se valorisent pas toujours à leur juste mesure. Magali Lavielle Guida a raconté comment ses choix de vie familiale ont influencé sa carrière et a donné un exemple récent de l'effet Matilda, où son travail en tant que première auteure d'un article a été attribué à un collègue masculin par des relais sur les réseaux sociaux. Ces témoignages mettent en lumière les difficultés structurelles et psychologiques auxquelles les femmes scientifiques sont confrontées. Intervenants : Karine Lacombe, Julie Batut, Magali Lavielle Guida, Margot Brunet Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=_ZU3tghO0v4
La question de savoir si l'on peut véritablement parler à tout le monde interroge les pratiques de la médiation culturelle et scientifique. Derrière l'apparente banalité d'un échange se cachent de multiples barrières sociales, culturelles et psychologiques. Le métier de médiateur, souvent perçu à tort comme une simple transmission verticale du savoir, nécessite de s'interroger sur l'accessibilité réelle des contenus que l'on produit, qu'il s'agisse de conférences, de vidéos ou d'écrits. Un rapide sondage informel auprès du public met en lumière un biais important : les personnes présentes lors de ce type d'événements possèdent majoritairement des niveaux d'études élevés. Cette réalité rappelle que s'intéresser à la science ou à la culture demande une discipline, du temps et des codes acquis, ce qui constitue un privilège. À ce titre, le mépris parfois exprimé envers d'autres formes de culture populaire, comme la téléréalité ou le football, relève d'un angle mort social qui néglige les compétences et les subtilités propres à ces univers. Enfin, la question de l'accessibilité se pose avec acuité pour de nombreuses populations, qu'il s'agisse de contraintes géographiques, financières ou de situations de handicap souvent ignorées par les créateurs de contenus. Malgré la promesse démocratique d'Internet, les acteurs de la vulgarisation continuent trop souvent de s'exprimer selon des formats académiques ou élitistes. Pour que la culture et la science soient réellement universelles, il est urgent de repenser ces postures et de s'adapter aux réalités de tous les publics. Intervenants : Vled Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=4FlXtgPU-NY
La conférence aborde le thème de l'occultisme nazi, un phénomène littéraire post-Seconde Guerre mondiale popularisé par des ouvrages comme "Le Matin des magiciens" en 1960. Bien que le nazisme en tant que tel ne soit pas intrinsèquement occulte, certains de ses dirigeants, comme Himmler, s'intéressaient à l'ésotérisme. L'occultisme nazi se caractérise par l'intégration d'éléments magiques, religieux et parascientifiques dans le récit historique du national-socialisme, et a eu une influence notable dans les sphères contre-culturelles. Une notion clé de cet ésotérisme nazi est celle de l'Hyperborée, un mythe d'un continent disparu situé au-delà des vents du Nord, qui a été récupéré et transformé à partir du XIXe siècle. Associée à la vision des âges cycliques, l'Hyperborée est devenue l'âge d'or de la race aryenne pour certains courants ésotériques. Des figures comme Blavatsky ont contribué à sa diffusion, bien qu'elle ne la lie pas directement à l'origine aryenne. L'Indien nationaliste Tilak a ensuite "scientifisé" cette idée avec son ouvrage "Origines polaires de la tradition védique", influençant les mouvements völkisch allemands et autrichiens, précurseurs du nazisme. Hermann Wirth, co-fondateur de l'Ahnenerbe, l'institut SS d'étude de la race aryenne, a même affirmé que les Aryens provenaient d'Hyperborée. La figure d'Otto Rahn est présentée comme un pseudo-archéologue et agent d'influence, dont la biographie réelle est difficile à reconstituer en raison de la disparition de nombreuses archives. Né en 1904, Rahn est connu pour ses ouvrages "La Croisade contre le Graal" (1933) et "La Cour de Lucifer", où il postule que le Graal est un artefact païen issu d'Hyperborée, détenu par les Cathares. Ses théories s'inspirent notamment de Wolfram von Eschenbach. Arrivé en Ariège en 1930, il rencontre des occultistes, ésotéristes et néo-cathares locaux, et est décrit comme un adepte de la théorie hyperboréenne. Entre 1931 et 1932, Otto Rahn tient une auberge à Ussat-les-Bains, "Les Marronniers", qui semble avoir servi de point de rencontre pour une "internationale brune". Des personnalités suspectes, comme Walter Rommel (anthroposophe) et Karl Wolf (futur chef d'état-major d'Himmler), y sont aperçues. La proximité de la frontière espagnole et des chemins de contrebande suggère un rôle d'agent d'influence pour Rahn, facilitant potentiellement le passage d'informations et de matériel entre phalangistes et autres groupes. Des parallèles sont établis avec des situations similaires en Bretagne, où des nationalistes bretons ont collaboré avec les Allemands. Intervenants : Thibault Brice, Cédric Lévêque Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=LPPRtVSxAJ0
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