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ASpaceMR

Author: Phil_Goud & Redscape

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Description

Contes, légendes et faits scientifiques se rencontrent dans cette ballade spatiale écrite, racontée et mise en musique pour vous reposer et pourquoi pas vous endormir.
Nul besoin d'être féru d'astronomie ou de sciences, laissez-vous simplement guider.
18 Episodes
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Bande-annonce

Bande-annonce

2019-05-2205:00

Contes, légendes et faits scientifiques se rencontrent dans cette ballade spatiale écrite, racontée et mise en musique pour vous reposer et pourquoi pas vous endormir. Nul besoin d'être féru d'astronomie ou de sciences, laissez-vous simplement guider. Grâce à cette ballade cosmique, tu as le choix : apprendre ou t'endormir.Dans tous les cas tu vas te reposer et passer un moment agréable. Une co-production par Phil_Goud (écriture et narration) et Redscape (mise en musique, montage, mixage) Crédits Photo : Greg Rakozy https://unsplash.com/photos/0LU4vO5iFpMMusique : "Euphotic" par Carbon Based Lifeforms (Interloper), Ultimae Records pour la version originale (2010), Blood Music pour la version remasterisé (2015).
Le Débrief - 1 - Origines

Le Débrief - 1 - Origines

2020-11-0601:46:48

Dans cette première partie du Débrief d'ASpaceMR, nous abordons les origines d'ASpaceMR, les influences, et puis la rencontre à l'origine de ce podcast. On n'est pas là pour vous endormir, mais on espère que vous passerez un bon moment en notre compagnie !
Dans cette deuxième partie du Débrief d'ASpaceMR, nous abordons (enfin!) la première étape du "workflow", la façon avec laquelle Phil crée le texte d'ASpaceMR
Dans cette troisième partie du Débrief d'ASpaceMR, nous abordons la seconde étape du "workflow", la réalisation (montage et mise en musique) de RedScape. Puis, pour conclure, on parle un peu de nos envies pour la suite du podcast.
Texte de l'épisode Introduction Salut ! Si tu as lancé la lecture, c’est parce que tu veux te détendre ou peut-être que tu n’arrives pas à t’endormir… alors on va se mettre en condition tout d’abord. Idéalement, allonge-toi confortablement, n’hésite pas à bouger si besoin mais surtout garde les yeux fermés. Installé ? parfait. on va faire une respiration calme, toujours les yeux fermés. Inspire... Expire... On va planter le décor ensemble, je te guide et toi tu crées le monde autour de toi. Imagine toi au sommet d’une colline. C’est la plus haute des environs. Autour de toi, que de la verdure, et en contre-bas un paysage vert et vallonnéAu loin un village dont tu aperçois à peine quelques fenêtres allumées. Le soleil s’est couché depuis quelques heures maintenant, la nuit est douce, calme, il fait bon et tu es seul, bercé par les bruits rassurants de la nuit. Essaye d’imaginer les odeurs des plantes autour de toi. Avec l’humidité de la nuit, les plantes diffusent un parfum agréable. Profitons-en un instant… On est bien ici, non ? On va profiter ensemble de ce moment de détente pour voyager dans l’espace, je vais te raconter tout ce que je sais sur l’univers et te conter quelques légendes plus ou moins connues. Si tu t’endors, tant mieux, mais dans tous les cas je te promets que tu ne vas pas t'ennuyer et que tu vas pouvoir te vider un peu l'esprit de tout le stress de la vie. Tu verras, l’espace c’est fascinant. Oh, on ne va pas rentrer dans des détails techniques complexes, non. Pas besoin d’être un scientifique pour apprécier le grandiose. Peut-être as-tu peur de casser la magie apprenant ce qu’il y a dans le ciel ? Je te promets qu’au contraire, je n’ai jamais trouvé ça plus féerique que depuis que j’ai appris tout ce que je vais te transmettre.On passe de trouver le ciel magnifique à … non je n’ai pas de mot. Et tu n’en auras pas non plus, mais tu auras des étoiles dans les yeux. En plus, je me doute que tu as plein de questions dont tu ignorais complètement la réponse, voir même, des aspects du ciel dont tu ne t’es jamais douté. Alors laisse-toi juste guider par ma voix, on part en voyage. Posons les bases Tu es toujours sur ta colline, hein ? Parfait. Lève les yeux vers le ciel et admire les étoiles au-dessus de toi. Comme on est loin de la pollution lumineuse de la ville, le ciel ne t’a jamais paru aussi rempli d’étoiles. Le contraste est saisissant. un fond de ciel plus noir que jamais et des étoiles plus nombreuses que tu ne pourrait en compter. Comme tu es en hauteur, le ciel s’étend jusqu’à l’horizon tout autour de toi et forme cette coupole scintillante. Combien d’étoiles penses-tu voir ? Des milliards ? des millions ?Les bons logiciels d'astronomie amateur recensent dans notre ciel environ 10.000 étoiles « visibles à l'œil nu ».Mais les estimations du nombre d'étoiles que l'on peut distinguer, depuis chacun des hémisphères de notre planète et sans utiliser d'instrument, tournent plutôt autour de 3.000. Ce qui n’est qu’une infime partie des 200 milliards d'étoiles que contient notre galaxie, la Voie lactée. Et ne parlons même pas du million de milliards de milliards qui sont censées peupler notre univers ! Est-ce que tu sais qu’il n’y a pas que des étoiles dans le ciel ? De la même manière que l’on dit que tout ce qui brille n’est pas de l’or, tout ce que tu vois dans ce ciel et qui brille n’est pas une étoile. Enfin, étymologiquement, si, puisque étoile vient de stella, qui désigne ce qui brille. Mais d’un point de vue astronomique, ce n’est pas parce que c’est dans le ciel et que ça brille, que ça veut forcément dire que c’est une étoile. Déjà, si tu vois une étoile filante, fais un vœux, mais sache que cela n’a rien à voir avec une étoile. Les étoiles Mais c’est quoi une étoile, au juste, astronomiquement parlant ? Les étoiles, c’est des corps céleste plasmatique qui rayonnent leur propre lumière par réactions de fusion nucléaire. En des termes plus simple : c’est de la matière qui, sous son propre poids écrase les atomes et les transforme en d’autres éléments, plus lourds. Elles sont les usines de l’univers. Elles transforment les atomes d’hydrogène en des atomes de carbone, de fer.. de tout en fait.Tous les atomes qui sont autour de nous, qui composent les objets qui nous entourent et la planète sur laquelle nous vivons. Dans la fabrication de ces éléments, sous une pression et des températures absolument hallucinantes, elles dégagent de l’énergie sous la forme d’ondes électromagnétique, donc de la chaleur, de la lumière, des UV… Mais rassurez-vous, vous n’attraperez pas de coup de soleil la nuit. Lorsque la matière à fusionner s’épuise, la plupart ne s’éteignent pas paisiblement : la plupart gonflent et explosent comme une gigantesque bombe cosmique. On appelle ça une supernova.Elles laissent alors derrière elles un gigantesque nuage cosmique de matière transformée qu’on appelle nébuleuses. Ces grands nuages servent alors de matière première à la création d’une ou plusieurs nouvelles étoiles. Parfois, autour de ces étoiles naissantes, la poussière se met à tourner assez vite pour ne pas y être aspirée. Si elle est suffisamment dense, la matière se regroupe et forme des corps rocheux ou gazeux qui attirent à eux de la poussière comme le ferait une boule de neige et cela forme ainsi les planètes. Nous, les animaux, les plantes, le sol qui nous porte et l’air que l’on respire a donc un jour été créé au sein d’une étoile. Tout n’est que poussière d’étoile. Les planètes Parmi les points lumineux, il y a aussi certaines planètes qui sont observables à l’oeil nu. On a vu tout à l’heure que les planètes sont des corps qui tournent autour d’une étoile. On les distingue dans le ciel car elles ont souvent une couleur particulière, Vénus est blanche, mais Mars est rouge, par exemple. Elle ne scintillent pas, non plus, contrairement aux étoiles. Elles font toutes partie du système solaire, avec au centre, notre étoile : le soleil.D’ailleurs, le soleil c’est la seule étoile que l’on voit en plein jour ! Pourquoi le nom “planète” ? Cela signifie en grec “astre errant” ou “vagabond”, car par rapport aux autres étoiles qui semblent fixes, ces astres se déplacent sur la voûte céleste. Vous ne les verrez pas se déplacer à l’oeil nu, mais d’un mois à l’autre, elle ne seront pas exactement au même endroit. C’est de l’observation de leur déplacement qu’a pu d’ailleurs émerger la conclusion que la Terre et nous n’étions pas au centre d’un système mais bien juste l’un des corps orbitant autour de notre cher Soleil. Mais nous parlerons un peu plus en détail des planètes plus tard. Les étoiles filantes Ici, on est encore plus loin des étoiles, ou plus près de nous. Les étoiles filantes sont des débris spatiaux, de la poussière ou de minuscules cailloux qui foncent dans notre atmosphère à toute vitesse et, sous les frottements de l’air sur eux, montent en température et y brûlent faisant briller l’air autour d’eux. Si ces étoiles filantes étaient plus grandes et venaient à ne pas se consommer en entier avant de toucher le sol, on appellerait ça des météorites. Leur origine peut varier : débris liés aux humains (même si c’est rare), tout petits astéroïdes (là aussi c’est rare) ou encore des restes laissés par le passage d’une comète. Un exemple bien connu dans l’hémisphère Nord est le moment entre le 23 juillet et le 20 août, où la Terre traverse un nuage constitué de débris de la comète Swift-Tuttle et dont la taille est comprise entre celle d'un grain de sable et celle d'un petit pois. Puisque les traînées de la pluie d'étoiles filantes semblent provenir de la constellation de Persée, leur nom est devenu « Perséides ». Flash iridium, ISS et avions Si parmi les points lumineux, vous voyez un jour un flash unique, vous n’avez peut-être pas eu une illusion. Certains satellites peuvent, avec leurs panneaux solaires, refléter un court instant la lumière du soleil. De même, un satellite énorme et connu peu parfois être distingué : la station spatiale internationale. Le mobilehome spatial de l’humanité qui fait le tour de la planète toutes les 90 minutes environ. Enfin, si vous voyez passez une lumière qui clignote et traverse le ciel à vitesse régulière… c’est très probablement un avion ! Prends donc le temps d'admirer la beauté qui s'offre à toi. Perds ton regard dans cet océan de lumières. Une co-production de Phil_Goud : Texte et narration Redscape : Mise en musique et mixage Générique : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records, 2015 Blood Music (remastered)Voix du générique : Karine Crédits musiques “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records “10” bvdub (Yours Are Stories Of Sadness) 2016 Self Released “Morning Drops - Part 1” I AWAKE feat. BJÖRN BERGLUND (Mahiane - Oxycanta III) 2013 Ultimae Records Artistes Carbon Based Lifeforms : https://www.carbonbasedlifeforms.net/ - https://carbonbasedlifeforms.bandcamp.com/ BVDUB : http://www.bvdub.org/ - https://bvdub.bandcamp.com/ I Awake : https://www.discogs.com/fr/artist/811066-I-Awake - https://ultimae.com/ - https://www.discogs.com/fr/artist/228692-Mahiane Crédit image Greg Rakozy https://unsplash.com/photos/0LU4vO5iFpM
La Lune

La Lune

2019-05-3115:21

Texte de l'épisode Avec les étoiles, les planètes, les étoiles filantes, le satellites et les avions, On a à peu près listé tout ce que l’on peut apercevoir dans le ciel… sauf son objet le plus visible et le plus facile à apprécier : La lune, compagne fidèle de la Terre, symbole de la nuit. Généralités Qu’est-ce que c’est exactement ?D’où vient-elle et pourquoi ne voit-on pas son côté obscur ?Alors déjà un premier point : il n’existe pas de côté obscur de la lune. Il y a un côté qui nous est impossible à voir depuis la Terre, mais le côté opposé est autant éclairé que celui qui nous fait face. Lorsque la lune nous présente un fin croissant, c’est d’ailleurs précisément parce que c’est l’autre côté qui est majoritairement éclairé. Mais alors pourquoi la lune ne semble pas tourner sur elle-même ?C’est tout simplement parce que pour chaque rotation autour de la Terre, elle effectue aussi exactement un tour sur elle-même. Mais cela n’a pas toujours été le cas. C’est un phénomène qui a mis des milliards d’années à se produire, petit à petit. et cela est lié aux marées. Vous savez que c’est la lune qui est responsable des marées ? Son attraction, sa gravité, imperceptible pour nous, lorsqu’elle est appliquée sur toute l’eau des océans, tire l’eau en direction de la Lune et en faire monter le niveau. En réalité, elle n’attire pas que l’eau, mais déplacer un liquide demande bien moins de force que, par exemple, la croûte terrestre. Et bien, il faut savoir que la Terre crée aussi des marées sur la Lune. Forcément, comme il n’y a pas d’océans, il n’y a pas de niveau d’eau qui monte, mais la surface de la Lune est un peu plus bombée du côté de la Terre. Lorsqu’elle tournait plus vite sur elle-même, cette bosse se déplaçait tout autour de la Lune. Cette bosse, avec la rotation de la lune, avait toujours un petit décalage qui tirait légèrement la lune dans le sens inverse de sa rotation, et cela a fini par bloquer la Lune dans une certaine orientation par rapport à la Terre. Alors, oui, il y a aussi le même phénomène qui se produit au niveau de la Terre. Sa rotation est aussi ralentie par la Lune, mais sa masse est telle que la Lune ne sera probablement jamais bloquée dans le ciel… en tout cas, pas avant que le Soleil ne s’éteigne. Origine Mais d’où vient-elle la Lune ? Est-ce une planète capturée par la Terre lors de la formation du système solaire et qui s’est mise à tourner autour d’elle ? En partie, oui, mais en bien plus violent. Suite aux missions Apollo, et à l’analyse des roches rapportées de la Lune, on s’est aperçu qu’il s’agissait de roches similaires à celles présentes sur Terre.Si nous n’avons pas de réponse définitive, nous avons néanmoins une théorie qui fait consensus au sein de la communauté scientifique. Il y a 4,5 milliards d'années, lorsque le système solaire était toujours en train de se former, et environ 100 millions d'années après la formation de la Terre, la poussière de la nébuleuse originelle avait presque fini de s’agglomérer en planètes. Mais il y a avait une planète naine, Théia, un peu plus petite que la Terre, presque de la taille de Mars, soit 6 500 kilomètres de diamètre, qui avait une orbite très proche de celle de la Terre. A force de se frôler, la gravité les a attirées l’une vers l’autre et elles se sont percutées à 40 000 kilomètres par heure. De cet impact titanesque, il reste deux aspects encore présents aujourd’hui : l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre à l’origine des saisons et bien sûr... la Lune ! Lors de la collision, des tonnes et des tonnes de matière ont été éjectées du cratère. La Terre était heureusement à peine formée, était encore une boule de magma en fusion et elle a vite retrouvée sa forme sphérique. Cette matière éjectée est en partie retombée et continue de former notre planète, mais une quantité importante est restée en rotation autour de la Terre. Pendant cette période, la Terre avait donc un anneau roches et de poussières. Imaginez un peu un anneau barrant le ciel, ça devait être magnifique.On n’aurait pas survécu 5s à la surface de la terre à l’époque, hein, mais on peut toujours l’imaginer. A la manière d’un système solaire miniature, les plus gros blocs ont attiré les plus petits et se sont agglomérés entre eux pour former une boule, notre Lune. Légendes Évidemment, un astre aussi visible a son lot de légendes et de mythes qui l’accompagnent. En général, elle est représentée comme une version nocturne du Soleil, et dans la majorité des cultures, ils forment tous deux un couple homme/femme. Au Bénin par exemple, La Lune, Mawu, incarne le féminin.Elle est la déesse de la Nuit, de la sagesse, et de la connaissance.Le Soleil, Lisa, représente quant à lui le principe masculin. Il contrôle le déroulement des jours, et détient la force et le pouvoir qui soutient le monde.Lorsque Mawu et Lisa s’accouplent, une éclipse se produit dans le Ciel.Tous deux sont ainsi à l’origine du monde, ils sont les créateurs des Dieux et de l'humanité, également vus comme les 2 facettes d'un seul et même Dieu. Au japon, c’est l’inverse :Tsuki-Yomi, Dieu de la Lune, vivait dans ciel avec sa soeur Amaterasu, Déesse du Soleil.Un jour elle l'envoya en ambassadeur auprès de Uke-mochi, Déesse de la nourriture, pour participer à un merveilleux repas. Mais quand Tsuki-Yomi vit que la nourriture qui lui était servi provenait de la bouche et du nez de la Déesse, il fut si dégoûté qu'il la tua sur le champ.Fâchée contre lui, Amaterasu ne voulut plus jamais le revoir. Dès lors, les deux enfants d'Izanagi, co-créateur du monde et du Japon, vivent en alternance dans le ciel, expliquant la succession du jour et de la nuit. Mais il y a aussi des mythes expliquant les formes que nous pouvons distinguer sur la surface lunaire.Ma préférée est une ancienne légende amérindienne qui explique pourquoi on peut voir la forme d’un lapin : Elle raconte qu’il y a bien longtemps, vivaient un lapin, un renard et un singe.C’était de très bons amis et ils étaient inséparables. Un jour qu’ils se promenaient dans la forêt, ils virent soudain au détour d’un sentier un mendiant allongé sur le sol.Après un instant d’hésitation, les trois amis s’approchèrent prudemment de lui. Mais l’homme restait allongé et immobile. Arrivés près de lui, le singe , le plus téméraire des trois animaux, s’adressa à lui: « Que fais-tu ainsi couché sur le sol, au beau milieu de la forêt »? Le mendiant ouvrit péniblement un oeil et bredouilla quelques paroles: « … cela fait des jours et des jours que je n’ai plus rien avalé… je suis à bout de force…aidez-moi…s’il vous plaît… ». Après s’être concertés, les trois amis décidèrent de partir à la recherche de nourriture afin de venir en aide au mendiant. Le singe partit prestement dans les arbres et revint vite les bras chargés de baies et de fruits fraîchement cueillis. Le renard partit chasser des oiseaux et pêcher des poissons qu’il fit cuire avant de les donner au mendiant. Mais le pauvre lapin, ne sachant ni grimper aux arbres, ni cueillir de fruits, ni chasser ou pêcher, revint bredouille auprès du mendiant et de ses deux amis. Attristé de ne rien pouvoir donner au mendiant, il décida de lui offrir sa propre chair et se jetta dans le feu qu’avait allumé son ami le renard. Voyant cela, le mendiant leur révéla alors sa vraie nature: il était le dieu Indra, dieu de l’Étendue Illimitée du Ciel, Maître de la pluie et des saisons. Emu par ce don de soi, il adopta le lapin et le ramena avec lui sur la lune. Depuis cette époque, en regardant attentivement la lune, il est possible d’apercevoir ce lapin. Conclusion De nos jours encore on lui attribue des effets sur nos comportements, les naissances (voire l’agitation des enfants). A chaque pleine lune, les articles sur le sujet pulluent un peu partout. On peut régulièrement lire, que nous mettrions 5 minutes de plus à nous endormir, passerions une nuit raccourcie de 20 minutes et aurions un sommeil plus agité… Ce qui est certain c’est que la Lune a contribué à la vie sur terre telle qu’elle est aujourd’hui. Sans les saisons par exemple, rien ne dit que la vie aurait été possible. Alors regarde la lune et dis-toi que sans elle, nous ne serions peut-être pas là. Une co-production de Phil_Goud : Texte et narration Redscape : Mise en musique et mixage Générique : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records, 2015 Blood Music (remastered)Voix du générique : Karine Crédits musiques “Beyond Infinite” Ocoeur (A Parallel Life) 2014 n5MD Records “Drowning In Darkness” T-N (V/A Snowflakes IV) Raumklaug Music “Golden Times I” Ben Lukas Boysen (Golden Times I EP) Erased Tapes Records Les artistes Ben Lukas Boysen : https://benlukasboysen.com/ Ocoeur : https://www.ocoeur-music.com/ Crédit image Greg Rakozy https://unsplash.com/photos/0LU4vO5iFpM
Texte de l'épisode Éclairé par la lumière de la Lune, le paysage autour de toi semble comme endormi. les lumières du village en contrebas se sont toutes éteintes. Pour avoir la meilleure visibilité possible sur la voûte céleste, imaginons que nous sommes lors d’une nuit sans Lune.Un petit peu de concentration, hop, on l’enlève et on peut admirer encore mieux les étoiles. Il ne reste plus au-dessus de toi que ce dôme brillant, ce couvercle de la Terre, comme le nommaient les anciens. La voûte céleste Tu sais que les étoiles bougent dans le ciel tout au long de la nuit ?En tout cas elles donnent l’illusion de bouger. Certaines se lèvent à l’est et se couchent à l’ouest comme le Soleil semble le faire aussi, d’autres étoiles ne se couchent jamais et semblent tourner, proche du zénith, en direction du Nord, autour d’une étoile fixe. De la même manière que le Soleil ne bouge pas vraiment, là aussi c’est la rotation de la Terre qui est à l’origine de ce ballet féérique.La voûte céleste a toujours fasciné l’espèce curieuse que nous sommes. Et en l'absence de réponse, comme souvent, l’humanité a comblé les manques avec des histoires ou des contes. Pour les Esquimaux, la terre et le ciel étaient jadis un ensemble unique qui s’est un jour détaché et les âmes servent de lien entre la voûte céleste et la terre. Pour les Gaulois, il s’agissait d’un plafond troué qui menaçait de se lézarder et de tomber sur leur tête. Pour les amérindiens, la voûte céleste a une origine bien particulière : Suite à la création de la Grande Île sur le dos de la Grande Tortue (la terre, hein), les animaux, réunis en conseil, décidèrent qu’il fallait plus de lumière. Ils chargèrent alors la Petite Tortue de trouver une solution à ce problème de ténèbres. Ingénieuse, la Petite Tortue saisit de grands éclairs et elle en fabriqua un grand feu qu’elle fixa dans le ciel. Ainsi fut créé le Soleil. Rapidement, le conseil se rendit compte que toutes les parties de la Grande Île n’étaientpas bien éclairées. Après intense réflexion, le conseil décida de donner un mouvement auSoleil. La Tortue des marais fut chargée de creuser un trou de part en part de la GrandeÎle de façon à ce que le Soleil puisse faire une rotation complète autour de la Grande Île,donnant ainsi une alternance de lumière et d’obscurité. Ainsi furent créés le jour et la nuit. Dans le but d’éviter l’obscurité totale, lors de la rotation du Soleil, la Petite Tortue futmandatée pour trouver un substitut au Soleil afin d’éclairer la nuit. Elle créa donc laLune qui devint la douce compagne du Soleil. Le Soleil et la Lune eurent de nombreux enfants, les Étoiles, qui sont dotés de vie et d’esprit comme leurs parents. En souvenir de sa participation à la création des astres, la Petite Tortue fut nommée Gardienne du Ciel. La voie lactée Regarde attentivement le ciel : tu devrais vois comme un nuage lumineux qui barre le ciel d’un côté de la coupole céleste à l’autre. Ce nuage, c’est notre galaxie, la Voie Lactée.ça ne ressemble pas à ce qu’on imaginer d’une galaxie, ces spirales lumineuses qu’on a tous vu une fois.Pourquoi ? Parce qu’on est dedans et qu’on la regarde de côté. Ce qu’on voit, c’est sa tranche. Les peuples du Nord la surnomment “le chemin des oiseaux” car c’est le chemin qu’ils semblent prendre pour rejoindre les pays chauds Pour les Tatars, peuple nomade à l’est de l’Europe, la voie lactée est la couture de la yourte que représente pour eux le ciel, et les étoiles sont autant de petits trous laissant passer la lumière. Il existe bien des mythes et des légendes sur ce bandeau féérique. Mais pourquoi la voie lactée ? Nous tenons ça des grecs et de leur mythologie. D’ailleurs tout le ciel est rempli de mythologie grecque. Il existe non pas une mais deux légendes sur l’origine de la voie lactée : La première fait appel au demi-dieu Héraclès. (oui c’est hercules) Un jour, alors qu'il était enfant, il fut placé sur le sein d'Héra endormie. Malheureusement, Héraclès ne domptant pas encore sa force, voulut se nourrir au sein de la déesse, mais il tira si fort que le lait gicla et se répandit en une grande traînée laiteuse dans le ciel : la Voie lactée. La seconde légende fait référence à la trace laissée par un incendie qui subsiste dans le Ciel et qui constitue la Voie lactée. Cet incendie fut provoqué par Phaéton qui, un jour, emprunta le chariot de feu de son père Hélios afin de prouver à tous ses origines divines.Mais, pendant sa démonstration, il mit le feu sur la Terre ainsi qu'à la voûte céleste. Zeus, très fâché, le précipita dans l'Éridan après l'avoir foudroyé.Mais le demi-frère de Phaéton, Cycnos, supplia Zeus de lui pardonner et de le sauver. Alors Zeus plaça Cycnos dans la Voie lactée comme symbole de l'amitié fidèle. On peut encore le voir sous la forme de la constellation du Cygne dans les vestiges de l'incendie provoqué par son ami Phaéton. Même de nos jours ce bandeau féérique a servi à la projection de nos croyances populaires: En 2003 à New York, une coupure d’électricité générale a plongé la ville dans le noir. Les new-yorkais, peu habitués à pouvoir admirer la voûte céleste à cause de la pollution lumineuse, ont alors appelé en masse les services d’urgence pour leur faire part de lueurs étranges dans le ciel pensant, pour certains, à une attaque venue du ciel. Ces lueurs, c’était bien évidemment la voie lactée. Les ours polaires Mais ce n’est pas la seule chose sur laquelle les humains ont projeté leurs croyances.Ils ont vu des points plus brillants que d’autres et on décidé de les relier entre eux et ont donné à ces figures géométriques des noms d’animaux, ou de personnages mythologiques. On ne va pas faire le tour de toutes les constellations, mais il y en a 2 qui sont les plus marquantes et qui sont visibles toute l’année, toute la nuit dans l’hémisphère Nord : La grande ourse et la petite ourse La grande ourse, que certains petits malins surnomment “la casserole” est surement celle la plus connue. 7 étoiles : 4 qui forment un trapèze et 3 qui forment la poignée de la casserole. Rien qu’en mythologie Grecque, il existe plusieurs versions : Cette constellation représenterait Callisto, une nymphe aimée de Zeus. Quand Héra, l'épouse de Zeus, découvrit leur relation, elle changea Callisto en Grande Ourse et son fils Arcas en Petite Ourse. Outragée par cette offense à son honneur, Héra demanda justice à l'Océan, et les ourses furent alors condamnées à tourner perpétuellement autour du pôle Nord, jamais autorisées à se reposer sous la mer. C’est pour cela que ces deux constellations sont toujours visibles, à tout heure de la nuit en toute saison. Selon une autre version, la nymphe Callisto était la fille de Lycaon, un roi d’Arcadie. Zeus l’aperçut alors qu’elle chassait en compagnie d’Artémis et il s’en éprit. Héra, jalouse, changea la jeune fille en ourse après qu’elle eut donné naissance à un fils, Arcas.L’enfant grandit, devint un homme, et un jour qu’il participait à une chasse, la déesse dirigea Callisto vers l’endroit où il se trouvait, dans l’espoir de lui voir décocher une flèche à sa mère, en toute ignorance. Mais Zeus enleva l’ourse et la plaça parmi les étoiles.Plus tard, son fils Arcas vint l’y rejoindre. Ils prirent respectivement les noms de Grande Ourse et de Petite Ourse. Selon une dernière version, Callisto était une nymphe au service d'Artémis, la déesse de la nature sauvage. Elle a juré de rester vierge tout comme Artémis.Un jour, alors qu'elle cueillait des fleurs, Zeus la vit et s'éprit d'elle. Comme il savait qu'elle était vierge, il devait jouer le grand jeu. Il eut donc l'idée de prendre l'apparence d'artémis, et, lorsque Callisto fut revenue de sa promenade, elle fut étonnée par tant de besoin de tendresse de la part de sa maîtresse. Le temps passa et la nymphe sentit son ventre grossir et, quand elle se déshabilla pour prendre un bain avec Artémis et les autres nymphes dans la mer Morte, elle vit son gros ventre et se sentit coupable de ne pas avoir remarqué tout de suite que ce n'était pas la déesse. Quand la déesse l'aperçut, elle entra dans une rage folle et transforma Callisto en ourse avant qu'elle n'accouche. Et la déesse dit aux autres nymphes : « Tuons-la avant qu'elle ne s'échappe, elle nous servira de tapis et de dîner ! » À ces mots, la nymphe courut, poursuivie par les chasseurs.Quand la chasse fut terminée, Zeus ramassa la carcasse de l'ourse qu'il avait condamnée à l'exil et la mit au ciel. C'est là qu'elle mit au monde Arcas, qui désormais la suit tout le temps. C’est pas forcément toujours gai la mythologie grecque. Mais son influence sur le ciel est sans égale. L'ours se dit arctos en grec, d'où le nom de cercle arctique qu'on donnait au cercle des étoiles toujours visibles, et le terme Arctique qui désigne la région entourant le pôle Nord de la Terre Les Romains appelaient cette constellation septem triones c'est-à-dire « les sept bœufs de labour » qui tournent toujours autour du nord et sont tenus par la constellation du Bouvier qui en représente le laboureur. C’est donc la grande ourse qui est à l'origine du terme « septentrional », qui signifie “ce qui est propre au Nord”. Les babyloniens y voyaient un grand chariot, au Royaume-Uni, il y voyaient une charrue, en Scandinavie, le wagon de Charlemagne, et en Bretagne le chariot du roi Arthur. En Inde, quand à eux, ils voyaient un cerf-volant volé par Vishnou le protecteur à Shiva le destructeur. Quand je t’ai dit qu’il y avait 7 étoiles dans la constellation de la Grande Ourse, je t’ai un peu menti. Il y en a en réalité 8. L’étoile du milieu du trio qui forme le manche de la casserole, s'appelle Mizar.On ne peux pas la manquer, c’est la plus brillante.Si on la regarde attentivement et qu’on a de bons yeux, on peut voir double. C’est normal : Cette étoile est accompagnée d’Alcor. Pouvoir les distinguer était d'ailleurs un défi traditionnel d'acuité de vision dans plusieurs cultures, Gengis Khan le Mongole en aurait fait l'un des critères de sélection de ses archers.Si tu hésitais à te mettre au tir à l’arc, tu as un test d’aptitude tout trouvé ! Comme elle est facile à repérer, la Grande Ourse est le parfait point de départ pour se diriger dans le ciel. Et c’est d’ailleurs comme ça qu’on l’on peut repérer la petite ourse. L’étoile polaire On ne va pas faire trop de repérage dans le ciel, moi-même je me perds vite. Mais une fois la grande ourse repérée, on peut facilement trouver la petite ourse et surtout l’étoile polaire, l’étoile qui indique le Nord céleste. Elle a été pendant longtemps le repère des marins et des explorateurs. Elle parait fixe parce qu’elle est simplement pile dans l’axe de rotation de la Terre. Pendant longtemps j’ai confondu j’ai cru que c’était l’étoile du berger, car elle gardait le troupeau d’étoile. ça aurait été joli, mais ça n’a rien à voir. L’étoile du berger n’en est pas une. C’est la planète Vénus et elle n’indique pas du tout le Nord. On reparlera de Venus plus tard Sachez que l’étoile polaire actuelle n’a pas toujours été celle que nous connaissons : il y a 5000 ans, lors de la construction des pyramides, l’axe de rotation de la Terre n’était pas exactement celui actuel et c’est une autre étoile, Thuban, dans la constellation du dragon qui permettait la navigation. D’ailleurs, quel est le vrai nom de l’étoile polaire ?Etoile Polaire, tout simplement avec un E majuscule à étoile et un P majuscule à polaire. tu peux l’appeler Polaris, si tu veux, cela signifie la même chose car sa particularité lui a donné son nom. Selon les estimations, elle devrait encore être valable jusqu’en l’an 3100 et sera le plus précisément positionné dans les années 2100. Alors comment trouver le Nord ? L’étoile polaire, c’est l’étoile au bout de la queue de la petite ourse. Pour repérer la petite ourse à partir de la grande ourse c’est assez simple : tu cherches un chariot un peu plus petit, tourné dans l’autre sens, donc tête en bas par rapport à la grande ourse et avec la queue de l’ours qui pointe de l’autre côté. Si tu ne trouves pas de suite, j’ai une autre méthode : Prends les deux étoiles qui forment le corps de la Grande Ourse, du côté opposé à sa queue. Reporte 5 fois la distance qui sépare ces deux étoiles, sur la même trajectoire que celle qu’elle semble former, et sans le sens du dessus de la casserole et là tu tombes directement sur l’étoile polaire. En mongolie, cette étoile est appelée “étoile d’or” car elle représente un frère parti attrapé une flèche dorée envoyée par un souverain. 8 frères avaient ensemble sauvé sa fille des griffes de Garuda, le roi des oiseaux, incarnation de Vishnou, qui voulait en faire son épouse.Plutôt que de décider qui des 8 frères il allait récompenser, il préféra laisser le sort choisir et tira en l’air. Le plus jeune fut celui qui l'attrapa mais n’est jamais redescendu. Il est suivi toute la nuit par les 7 bouddhas qui sont ses autres frères, allant rendre visite à leur frère cadet, l'étoile d'or. Ces 7 étoiles… c’est la Grande Ourse ! C’est dingue de se dire que ces légendes sont liées à des rassemblements artificiels d'étoiles qui n’ont pas fondamentalement bougé depuis des millénaires alors que les étoiles elle-mêmes sont loin d’être immobiles. Au contraire, elles se déplacent à des vitesses hallucinantes, mais elles sont si éloignées de nous qu’il faut des siècles pour pouvoir discerner la déformation des constellations. Je disais que le ciel est rempli de mythologie grecque, mais ce n'est pas tout à fait vrai. L'hémisphère sud, logiquement est moins exclusif. Leur constellation phare n'est pas un ours, mais une croix, la croix du Sud. Elle est présente sur le drapeau de l'Australie. Leurs noms sont bien plus modernes, l'horloge, la mouche … Et la machine pneumatique, ou la pompe.Mais cela est probablement dû aux européens qui, lorsqu'ils ont conquis les terres australes, en ont aussi conquis le ciel. Je crois qu’il n'y a rien de plus universel que de tenter de donner sens au ciel [horloge arrive ]et d'y repérer le passage du temps. Car des signes du zodiaque aux calendriers solaires, le ciel a été depuis toujours l'horloge de l'humanité. Une co-production de Phil_Goud : Texte et narration Redscape : Mise en musique et mixage Générique : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records, 2015 Blood Music (remastered)Voix du générique : Karine Crédits musiques “Parabolic View” Martin Nonstatic (Ligand) 2017 Ultimae Records “Isolation” Warmth (Home) 2017 Archives “Stasis Eject” 36 (Pulse Dive) 2015 3six Recordings “Comet” Christopher Willits (Horizon) 2017 Ghostly International Les artistes Martin Nonstatic : www.domrauschen.com/nonstatic - https://ultimae.com/artists/martin-nonstatic/ Warmth : https://archivesdubmusic.bandcamp.com/ 36 : www.3six.net Christopher Willits : http://www.christopherwillits.com/ Crédit image Greg Rakozy https://unsplash.com/photos/0LU4vO5iFpM
Au-delà des nuages

Au-delà des nuages

2019-06-1426:52

Texte de l'épisode Un peu de hauteur La nuit est toujours aussi douce en haut de ta colline. Les yeux perdus dans la voûte céleste, tu es comme hypnotisé par toutes ces étoiles, qui te paraissent un peu plus familière chaque fois que tu les regarde. Ce ciel est devenu “ton ciel” maintenant. Les étoiles deviennent un peu ton troupeau, et tu les observes avec tendresse comme le ferait un berger. Tu aimeras les voir de plus près, voyager au milieu de cet amas de lumières. Alors allonge toi, respire profondément. inspire expire On a besoin d’une destination, alors remettons la Lune, visons-la et commençons notre ascension. Je t’annonce, on part pour un sacré voyage. 3, 2, 1, on commence à l’élever dans les airs, et tu sens la vitesse croître doucement 1m, 5m, 10m, 50m, Jette un oeil en arrière et regarde le sol s’éloigner. 100m, 200m 300 m, on vient de passer la taille de la tour eiffel, le sol commence à ressembler à une maquette ou aux vues aériennes des sites comme Google Map. 830m, la taille du burj khalifa, on est désormais plus haut que le plus grand édifice construit par l’homme. 5 km, la taille du Mont Blanc 10 kilomètres au-dessus du sol, au-dessus de la plupart des nuages, c’est l’altitude d’un avion de ligne, c’est à peu près la taille du Mont Everest, la montagne la plus haute de la Terre. Si ça te parait grand, dis toi que si la Terre était une sphère parfaite, de la taille d’un ballon de basket, le mont Everest serait quasi indiscernable, 2 dixièmes de millimètre. Ce serait de l’ordre d’un grain de sable. On continue à monter :De 10 à 50 kilomètres au-dessus de la surface, c’est l’altitude des avions supersoniques, des ballons sondes et de la couche d’ozone. On n’a jamais encore volé plus haut sans un engin spatial. Lorsque Felix Baumgartner a “sauté depuis l’espace”, il a sauté de cette partie-là, à 40 km au-dessus du sol. Tu verras qu’en réalité c’est assez loin de l’espace. Au-dessus de ces 50 km, c’est là que commencent les choses sérieuses, on rencontre les aurores boréales et les météorites, les fameuses étoiles filantes. Très peu d’humains ont atteint ou dépassé cette altitude. Pourtant, au sol, cela parait tellement peu 50km... C’est souvent un aller-retour à la ville d’à côté. De cette hauteur tu peux presque voir toute la France. 100 km d’altitude, félicitations, tu es officiellement un astronaute. En effet, tu as dépassé la ligne de Kármán, cette frontière arbitraire qui désigne la limite entre l'atmosphère terrestre et l’espace. Elle est arbitraire parce que les effets de l’atmosphère se font en réalité sentir bien plus loin. Le physicien hongro-américain, Theodore von Kármán proposa cet valeur car quelle que soit l’aéronef, il ne pourra plus utiliser l’air pour voler au-delà de cette hauteur. Elle désigne donc plutôt une frontière entre aéronautique et astronautique. Il n’y a pas vraiment de ligne bien définie entre la Terre et l’espace.Les gaz sont simplement de moins en moins présent, de manière très graduelle. Dans le cas d’une rentrée dans l’atmosphère d’une capsule spatiale, par exemple, on considère qu’il n’y a plus d’action notable à partir de 120km d’altitude. 120 km, cela paraît déjà un peu plus conséquent : une heure de conduite sur autoroute, 400 tours Eiffel. Mais à l’échelle de la Terre, ce cocon protecteur ne représente qu’il filme ténu.Si on reprend l’exemple du ballon de basket, l’épaisseur de l’atmosphère serait de 2,3 mm environ. Ce n’est rien du tout. La station spatiale internationale est à 400 km de la terre, ce qui veut dire qu’elle est encore soumise à des frottements, ténus, certes, mais suffisamment pour la ralentir de manière significative et nécessite d’être régulièrement rehaussée, re-propulsée. Il faut monter jusqu’à plus de 500 km, ou un centimètre sur notre ballon, pour considérer être complètement hors de toute influence atmosphérique. Imagine un humain, à plus de 400 km de tout autre présence humaine. Cela n’est pas si difficile réaliser, en fait. C’est être seul au milieu d’une zone de la taille de la France. Sur un des océans, on peut tout à fait se retrouver dans cette situation. Et bien lorsque l’ISS se trouve au-dessus, les humains les plus proches de lui seront des astronautes. On est encore bien loins d’être des explorateurs de l’espace, notre station spatiale, c’est un peu comme un enfant qui part à l’aventure en plantant une tente dans le jardin de la maison familiale. Passons l’ISS, sortons totalement de l'atmosphère. 590 km, c’est l’altitude du télescope le plus connu, le télescope spatial Hubble. Avec son miroir grande taille (2,4 mètres de diamètre, tout de même) et son emplacement idéal, loin de toute pollution visuelle, Hubble a contribué à des découvertes de grande ampleur, telles que la mesure du taux d'expansion de l'Univers, la confirmation de la présence de trous noirs supermassifs au centre des galaxies ou l'existence de la matière noire et de l'énergie noire. Saluons-le, en le remerciant pour ces connaissances, dont je te ferai bientôt part, et continuons notre éloignement de la surface de notre planète Allons jusqu’à atteindre une altitude de 850 km environ. Ici, à l’abri des frottements, on retrouve les satellites de Météo France, tournant autour de la Terre en prenant des clichés qui permettront de réaliser ces animations que tu verras à la télévision avant le journal. Si tu regardes la Terre, en tournant la tête, tu peux voir des pays scandinaves au sahara, ainsi que l’atlantique au large du portugal jusqu’à l’ouest de la Russie en passant par la botte caractéristique de l’Italie. Nous n’avons toujours pas atteint la distance qui correspond à la France du Nord au Sud. On est encore tellement proche de la Terre. Alors allons encore plus loin, plus vite 1000km, 5000km, 10 000km A 20 000 km, nous atteignons les 24 satellites GPS Pour te donner une idée de ce que représente 20 000 km, c’est à peu près la distance que tu aurais à parcourir pour partir du pôle Nord et atteindre le pôle Sud, en suivant la courbure de la terre. C’est plus de 3 fois le rayon de notre planète. D’ailleurs, tu peux voir cette distance sur la Terre, maintenant.Tu peux distinguer les deux calottes polaires, ces étendues blanches au Nord et au Sud de notre cailloux spatial. Sur cette orbite, les satellites font le tour la Terre toutes les 12 heures environ. Est-ce que tu as remarqué ?Plus on s’éloigne, plus le temps pour faire le tour de la Terre est long. Tu vas me “c’est normal puisqu’on parcours un cercle plus grand”Mais ce n’est pas que cela : plus on est éloigné de la Terre, moins on a besoin d’aller vite pour rester en orbite.L’ISS va à 27 600 km/h, les satellites GPS, eux, ne vont “qu’à” 13 600 km/h. J’expliquerai pourquoi très bientôt. A 36 000 km environ, soit un peu moins que la circonférence de la Terre, on atteint une distance où le temps mis pour faire le tour de notre planète est de 24h… Cela qui veut dire qu’un objet sur cette orbite et dans le plan de rotation de la Terre sera toujours positionné au-dessus d’un même point au sol. C’est ce qu’on appelle l’orbite géostationnaire. Elle est très utile pour la télécommunication, la transmission. On envoie un signal vers ce point fixe depuis un bout du monde, le satellite le renvoie et peut être capté depuis un autre point du globe. Ces satellites agissent comme des miroirs à signaux.Et comme pour un miroir, il est essentiel qu’il ne bouge pas pour pouvoir maintenir un signal stable. On est déjà bien loin du sol. Si on regarde derrière nous, on commencer à admirer notre planète dans sa globalité. Mais la Lune ne paraît pas avoir changé de taille… et elle parait toujours si loin, ou si proche… C’est un peu dur de jauger les distances aussi grandes, surtout dans le vide spatial.En fait, nous avons parcouru moins d’un dixième de la distance qui sépare la Terre de la Lune. Elle est à 380 000 km de la terre et nous ne sommes qu’à 36 000 km. Si l’on reprend notre échelle de la terre de la taille d’un ballon de basket, nous sommes à 70cm de sa surface, à peine plus qu’à bout de bras, mais la Lune, elle, est à 7m et demi, la hauteur d’une maison avec un étage, en comptant le toit. Alors continuons notre ascension dans sa direction. Distances lumières Un peu avant d’arriver à la Lune, arrêtons-nous à la distance de 300 000 km. Tu peux prendre une seconde pour profiter de la proximité de la Lune pour en apprécier la beauté, Mais regarde en direction de la Terre maintenant. Elle a bien rétréci depuis notre dernière étape. Elle a presque la taille d’un simple ballon maintenant. Mais sais-tu que tu vois ? Ce que tu as sous les yeux, ce n’est pas la Terre telle qu’elle est maintenant, mais telle qu’elle était dans le passé. Non, ne cherche pas les dinosaures ou les hommes préhistoriques.Tu vois actuellement la Terre telle qu’elle était il y a exactement 1 seconde. Parce que la lumière se déplace et a une vitesse, de la même manière que le son. Sa vitesse est d’environ 300 000 km par seconde, c’est pour ça qu’on s’est stoppés ici. Si la Terre venait à disparaître d’un coup, tu serais le dernier humain à le savoir. Redescendons sur Terre, revenons sur ta colline, il faut que je te parle des années lumières. Bien installé ? Parfait. C’est quoi une année lumière ?Ce n’est pas une mesure de la durée, mais une unité de distance. Une année lumière c’est la distance que parcourt la lumière en un an. Elle parcourt en une seconde ce que les astronautes des missions Apollo ont mis 4 jours à faire ce que nous avons fait en une poignée de minutes d’imagination.Une année lumière c’est gigantesque. C’est très très grand. Tu ne peux même pas imaginer à quel point c’est vaste. Pour donner une idée d’échelle :une seconde pour aller sur la Lune, ok. Pour atteindre le Soleil, c’est environ 150 millions de km, soit 500 fois la distance, donc 500 fois la durée. Il faut 8 minutes et 20 secondes à la lumière du Soleil pour nous atteindre.Si le soleil venait à s’éteindre maintenant, tu aurais le temps de te faire cuire des coquillettes avant qu’il fasse sombre sur Terre. Il y a un nom d’ailleurs pour la distance Soleil-Terre : c’est ce qu’on appelle une Unité astronomique. C’est un peu le mètre spatial pour tout ce qui concerne le système solaire. Mercure, la planète la plus proche du soleil est à 0.4 unité astronomique, et Pluton se trouve à près environ 39.5 unités astronomiques de notre étoile.Il faut à la lumière du soleil environ 5h et demi pour atteindre la planète naine. Tout comme l’atmosphère de la terre, notre système solaire n’a pas de frontière réellement définie. La gravité du soleil se ressent partout dans l’univers, mais elle décroît avec le carré de la distance. Quand on est 2 fois plus loin, on est 4x moins attiré, 10x plus loin, on est 100 fois moins attiré... mais la gravité ne s’arrête jamais totalement. Une des frontières pourrait être 15 milliards de kilomètres, 100 unités astronomiques, là où les vents solaires ainsi que le champs magnétique de notre étoile s’arrêtent. Il faudrait près de 14h à la lumière pour atteindre cet endroit. Mais si l’on veut que la gravité du Soleil soit négligeable, il faut aller jusqu’à 100 000 unités astronomiques, là où le nuage de débris datant de la formation du système solaire semble s'arrêter. Atteindre le nuage d’Oort, le nom donné à cette partie du système solaire, c’est 1 000 unités astronomiques, en sortir, c’est 100 000 ua. La lumière met 140h à l’atteindre, un peu moins de 6 jours mais il lui faut 14 000 h pour en sortir, quitter ce nuage d’oort, soit un an et demi. Proxima Centauri, est l'étoile la plus proche de notre système solaire. Elle est à une distance d'environ 4,22 années-lumières, soit 270 000 unités astronomiques. Cela parait beaucoup, mais ce n’est toujours rien comparé aux autres étoiles. Tu te souviens quand on regardait la Grande Ourse ? D’après toi, à quelle distance se trouvent les étoiles de cette constellation ? Je vais devoir te décevoir mais la grande ourse n’existe pas vraiment autre part que depuis la Terre.La distance varie d’une étoile à l’autre, ce qui veut dire que vu de côté, ou depuis une planète d’un autre système, le chariot ne ressemble à rien. Mizar par exemple est à 78 années lumières de nous, et Alcor, l’étoile qui semble être si proche est 3 années lumière plus loin, à 81 années lumières de nous. Pour les autres, cela varie d’environ 50 à 250 années lumières. Cela veut dire que lorsque tu regardes la Grande Ourse, tu voies les étoiles telles qu’elles brillaient lors de la guerre froide pour certaines ou bien la révolution française pour d’autres. Dans le reste du ciel, tu peux apercevoir des étoiles à plus de 3000 années lumières. C’est à dire que la lumière qui t’atteint aujourd’hui a quitté l’étoile en -1000 avant notre ère. Bien avant les philosophes grecs, par exemple. Regarder les étoiles c’est donc remonter dans le temps. Imagine-toi pouvoir te téléporter à 65 millions d’années lumière de la Terre et être capable de l’observer… tu pourrais assister à l’extinction des dinosaures. Cela veut dire que si l’on regarde suffisamment loin, on peut voir l’univers tel qu’il était il y a des millions d’années, voir même des milliards d’années. On pourrait alors, en théorie, en voir sa naissance, il y a 13,7 milliards d’années. Bien avant la Terre, bien avant le Soleil, bien avant la Voie Lactée, au moment où tout a été créé, y compris le temps lui-même. Au final ce que tu as sous les yeux, c’est l’Univers, tel qu’il a été à des époques plus ou moins éloignées. Alors regarde le ciel nocturne étoile par étoile, comme on feuillette un album de famille un peu désordonné, et demande-toi de quand datent les photons qui touchent un a un ta rétine. Une co-production de Phil_Goud : Texte et narration Redscape : Mise en musique et mixage Générique : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records, 2015 Blood Music (remastered)Voix du générique : Karine Crédits musiques “Unknown Presence” Solar Fields (Origin #2) 2010 Ultimae Records “Cycloid” Arovane & Porya Hatami (C.H.R.O.N.O.S) 2019 Karlrecords “Everlasting (Album Edit)” Asura (Radio Universe) 2014 Ultimae Records “Dysnomia” ASC (Trans-Neptunian Objects) 2017 Auxiliary Les artistes Solar Fields : http://solarfields.com/ Arovane : http://www.arovane.net/ Porya Hatami : http://poryahatami.com/ Asura : http://www.asura-music.com/ ASC : http://www.auxiliarymusic.com/ Crédit image Greg Rakozy https://unsplash.com/photos/0LU4vO5iFpM
Texte de l'épisode Si les années lumières t’ont donné le tournis, je te préviens que ce que je vais te décrire maintenant va te faire sentir encore plus petit. Je te propose de changer de décors. Quittons la colline, et télé-portons-nous sur une plage isolée, couverte de sable fin, une nuit où la mer est calme. Assieds-toi dans ce sable doux. D’ici le spectacle est doublement saisissant, Au-dessus de toi le dôme étoilé barré par la Voie Lactée et, à la surface de l’eau calme, le reflet diffus qui crée une lueur fantomatique. Imagine plonger ta main dans le sable sec. Sous une surface à température ambiante, il est encore un peu tiède quelque centimètres au-dessous. Prends-en une poignée et ouvre ta main pour laisser les grains s’écouler entre tes doigts. Pendant que tu te détends à faire ça, dans ce nouveau décors si agréable, je vais te parler des galaxies. ###Galaxies Lorsque l’on quitte le système solaire, dépassant le nuage d’Oort qui nous entoure, malgré le rayon gigantesque d’une année lumière et demi, nous n’avons parcouru qu’une distance très négligeable à l’échelle du cosmos. Car le système solaire n’est qu’un élément de notre galaxie, le soleil n’est que l’une des 200 milliards d’étoiles de la Voie Lactée. Si tu veux les compter une par une, à raison d’une seconde par étoile, il te faudrait plus de 6300 ans pour le faire. C’est tellement grand comme chiffre que nous allons ensemble, mentalement, devoir faire une maquette pour ramener tout ça à une échelle un peu plus compréhensible… Lorsque tu prends une poignée de sable, tu as dans la main environ 500 000 de ses grains. Prends donc une poignée de sable dans chaque main, tu es millionnaire… en grains de sable. Avec un cube d’un mètre de côté fait avec du sable de plage, on réunit 100 milliards de grains de sable. La voie lactée, avec 200 milliards d’étoiles, c’est donc 2 cubes de sable. La galaxie d’Andromède, la plus proche de nous avec son billion d’étoiles (1000 milliards) c’est 10 cubes de sable. L’univers, quand à lui, est composé d’autant d’étoiles que de grains de sables sur le milliard de kilomètres de côtes présentes sur Terre. Mais c’est quoi une galaxie en fait ? Une galaxie est un assemblage d'étoiles, de gaz, de poussières gravitant autour d’un centre hyper massif. Mais c’est surtout beaucoup, beaucoup de vide entre chacun des éléments, comme le reste de l'univers d’ailleurs. Si l’on voulait créer une maquette de notre galaxie avec les grains de sable (0.05mm) représentant chacun la taille d’une étoile moyenne comme notre soleil, Neptune se trouverait à 33cm de notre étoile- grain de sable, la ceinture de Kuiper, qui contient pluton, serait à 1m de distance. le nuage d’Oort représente alors une sphère creuse allant de 100m à 500m de diamètre Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche du Soleil serait un autre grain de sable situé à 1,4km du premier. (Si tu es toujours assis dans le sable, c’est à peu près la moitié de la distance entre toi et l’horizon.) Entre notre système solaire et celui de proxima du centaure, c’est le vide interstellaire, le vide entre les étoiles. Quelques particules par mètre cube tout au plus. Cela fait beaucoup de vide. Nos 2m3 de sable devraient alors être répartis, si l’on voulait créer une maquette de la voie lactée à l’échelle, sur un disque de diamètre de 36000 kilomètres. C’est 3 fois le diamètre de la Terre. C’est grand, c’est très très grand tout ça. Et ce n’est qu’une seule galaxie. La galaxie d’Andromède serait, toujours à cette échelle, à une distance égale à 21 fois le diamètre de la Terre. Tu te sens pas tout petit ? Cela remet en perspective les choses, non ? Carl Sagan est un astronome américain, surtout connu pour ses œuvres de vulgarisation scientifique et aussi pour son soutien au SETI, qui cherche des signaux extraterrestres. Il commenta une photo prise en 1990 par la sonde Voyager 1, alors qu’elle se trouvait à plus de 6 milliards de kilomètres de la Terre, au-delà de l’orbite de Neptune. Tu le sais maintenant, c’est encore très près de chez nous On y voit un petit point bleu pâle au milieu de raies du soleil sur l’objectif de la sonde. « Regardez ce point. C’est ici. C’est notre foyer. C’est nous. Dessus se trouvent tous ceux que vous aimez, tous ceux que vous connaissez, tous ceux dont vous avez jamais entendu parler, tous les êtres humains qui aient jamais vécu. La somme de nos joies et de nos souffrances. Des milliers de religions, d’idéologies et de doctrines économiques remplies de certitudes. Tous les chasseurs et cueilleurs, tous les héros et tous les lâches, tous les créateurs et destructeurs de civilisations. Tous les rois et paysans, tous les jeunes couples d’amoureux, tous les pères, mères, enfants remplis d’espoir, inventeurs et explorateurs. Tous les moralisateurs, tous les politiciens corrompus, toutes les “superstars”, tous les “guides suprêmes”, tous les saints et pécheurs de l’histoire de notre espèce ont vécu ici… Sur ce grain de poussière suspendu dans un rayon de soleil. [...] On dit que l’astronomie incite à l’humilité et forge le caractère. Il n’y a peut-être pas de meilleure démonstration de la vanité humaine que cette lointaine image. Pour moi, cela souligne notre responsabilité de cohabiter plus fraternellement les uns avec les autres, et de préserver et chérir le point bleu pâle, la seule maison que nous ayons jamais connue. » Principes orbitaux des galaxies D’ailleurs, pourquoi il y a des galaxies ? On ne sait pas exactement ce qui fait que les galaxies forment des ensembles cohérents. Car la gravité seule ne semble pas suffisante pour expliquer ce qui retient toutes ces étoiles entre elles. Souvent, comme pour la voie lactée, il y a au centre un trou noir géant qui, comme le soleil au centre de notre système, entraîne autour de lui les étoiles dans une danse orbitale gigantesque. Je te reparlerai plus tard des trous noirs, ces monstres cosmiques qui repoussent les limites de la physique. Mais il y a quelque chose de surprenant dans la façon qu’ont les étoiles d’orbiter le trou noir de notre galaxie. La vitesse des étoiles et du gaz ne respecte pas exactement ce que l’on a observé pour les orbites des satellites autour de la Terre. Ce principe orbital a un nom : les lois de Kepler. Elles dictent entre autre, que la vitesse d’une planète sur son orbite est inversement proportionnelle à sa distance au centre, un résultat qui est toujours vrai dans un système dominé par un corps central comme la Terre, ou le Soleil. C’est ce qu’on avait observé avec les satelittes qui tournaient de moins en moins vite au fur et à mesure que l’on s’éloignait de la Terre. Ce principe devrait se généraliser une galaxie, surtout lorsqu’il y a un trou noir au centre et qui serait la cause de la rotation. Mais ce n’est pas le cas. Si au plus proche du trou noir, il est attendu que la gravité ait des propriétés étranges, le gaz à l’extérieur de la galaxie peut normalement être considéré en orbite classique autour d’un corps central et devrait donc suivre une loi similaire à celle qui régit la vitesse des planètes du système solaire. Des observations à l’aide de puissants radiotélescopes commencèrent et les premiers résultats furent publiés à la fin des années 1970. Les résultats furent surprenants. Les courbes de rotation ne chutaient pas à l’extérieur des galaxies mais restaient obstinément plates : La vitesse des éléments restait constante au lieu de diminuer. Comme si quelque-chose d’invisible rendait l’ensemble rigide, au lieu qu’il soit composé de corpuscules indépendants. Ceci implique aussi que la matière des galaxies s’étendrait bien au-delà des limites visibles. Chaque galaxie devait être entourée d’un halo de matière invisible, dont la masse devait être plusieurs fois supérieure à celle de la partie visible. ###Matière noire Il existe donc de la matière de l’Univers qui nous est cachée. On lui a donné le nom de matière noire, mais elle n’est pas sombre, elle ne cache rien, elle est juste complètement indétectable.Mais les calculs semblent indiquer qu’elle composerait 80% de la masse de l’Univers. Comment sait-on qu’elle est bien réelle ? On en observe ses effets. De la même manière que Kepler a pu décrire mathématiquement les orbites sans comprendre la gravité, que Newton a pu expliquer les prédictions de Kepler avec la gravité sans comprendre ce qui en est la cause, avec la matière noire, et uniquement avec elle, nous pouvons construire un modèle orbital des galaxies qui fonctionne sans savoir de quoi elle est faite ni ce qui l’a créée. On sait en revanche ce qu’elle n’est pas.La matière noire n’est pas de l’antimatière. L’antimatière, malgré son nom très science-fiction existe vraiment et n’est simplement que de la matière dont les éléments sont de charge inversée. Les protons sont de charge négative et les électrons de charge positive au lieu de l’inverse dans la matière dite conventionnelle.Si de l'antimatière et de la matière d'un même élément chimique se rencontrent, ils transforment leur masse en énergie pure et disparaissent. On sait créer et détecter cette antimatière. Mais ce n'est pas le cas de la matière noire. Tu es probablement intrigué et espére que puisse vous en dire plus sur cette matière noire, mais je ne peux pas. À l'heure actuelle, personne ne le peut, même les plus grands scientifiques ignorent ses propriétés. On sait juste qu'elle est là, qu’elle serait très peu dense et répartie dans tout l’univers, car on en détecte les effets mais c’est à peu près tout. Sans elle, il n'y aurait pas de galaxies ni d'amas de galaxie Avec la gravité qui attire les éléments les uns vers les autres et d'un autre côté l'expansion de l'univers qui les éloignent, n'imaginez pas un univers avec des galaxies bien réparties dans l'immensité de notre réalité. Les galaxies sont regroupées en groupes ou amas, comme des poches, des bulles sans frontière physique où la matière se regroupe. Souvent, les groupes et amas eux même s'attirent et gravitent en groupe. C'est ce que l'on appelle un super amas. Et c'est notamment ce comportement qui ne devrait être possible sans la matière noire, qui agit comme un liant, une colle qui force cette cohésion dans l'univers. Notre adresse est donc : Terre, système solaire, voie lactée, groupe local, super amas de la vierge… Et c'est tout. Au dessus de ces super amas, la prochaine échelle de taille, c'est l'univers lui-même. Univers observable, univers visible, Qu'est ce que l'on sait de l'univers ? L'a-t-on cartographié entièrement ? Est-ce qu'on pourra le faire un jour ? Tu sais déjà que ce que tu voies dans le ciel, c’est une collection d’image d’étoiles il y a plus ou moins longtemps. Est-ce qu’il existe une limite, une fin ? Il y a bien une distance, donc un moment passé lequel nous ne pouvons plus remonter dans le temps. Comme je te l’ai déjà dit, l’univers n’a pas toujours été là. Il est né il y a 13.7 milliards d’années suite à un évènement que l’on appelle Big Bang. On ne sait toujours pas ce qui a produit cette explosion. Lorsque l’on regarde au loin, on voit que plus les étoiles et les galaxies sont éloignées, plus elles s’éloignent vite de nous. La longueur d’onde de leur rayonnement est systématiquement plus grande, car, à la manière d’une sirène qui s’éloigne, chaque vague de l’onde est étirée à cause de la vitesse. C’est le red-shift. Elle viendraient vers nous, les ondes seraient au contraire comprimées, auraient des longueurs d’onde plus courtes. Cela veut dire que si l’on remonte le cours du temps, tout tenait en un seul et unique point d’où tout est parti. Il y a donc tout autour de nous une sphère de 13.7 milliards d’années-lumières de rayon qui représente un horizon d’observation absolument infranchissable. Nous ne pourrons jamais voir plus loin que cette limite, car plus loin, c’est plus tôt, et plus tôt, il n’y avait rien. Mais on sait que les étoiles ne sont pas restées immobiles pendant tout ce temps, pour la majorité d’entre elles, elles se sont éloignées. Même si certaines ont disparu depuis, on peut calculer leur position théorique. Le diamètre de l'Univers observable est estimé à environ 93 milliards d'années-lumière. C’est plus de 3 fois la taille de la sphère d’observation directe. L’univers s’étend donc à une vitesse impressionnante. Mais si nous sommes au centre de cette sphère, est-ce que cela veut dire que nous sommes au centre de l’Univers? Est-ce que le big bang a eu lieu à l’endroit où se situe la Terre ? Absolument pas.La Terre, Le Soleil, La Voie Lactée, Andromèdre, tout est autant centre de l’Univers. En fait, tout corps céleste peut être considéré comme un centre de l’Univers. Ou plutôt, rien ne l’est. Cela va être compliqué à imaginer, mais en réalité, tout point dans l’Univers est soumis à la même illusion d’optique. L’univers ne s’étend pas depuis un point mais il s’étend tout court. L’univers n’a pas de bord, de fin, à proprement parler. Il est infini. L’infini Notre esprit n’est pas fait pour comprendre l’infini. Quand je te dis infini, tu imagines probablement juste très très très grand. Mais non, c’est une infinité plus grand encore. C’est tellement grand l’infini que parfois ça devient absurde : Imaginons que tu soies maître d'hôtel dans un établissement disposant d’un nombre infini de chambres. Toutes les chambres sont actuellement occupées et elles le sont pour une durée infinie.Un client potentiel se présente à toi et te demande s’il est possible de dormir dans ton charmant hotel. Si tu réponds que ce n’est pas possible pour lui de venir, c’est à cause de la limite que s’impose naturellement ton esprit. La réponse serait juste si on parlait d’un établissement avec 10 000 chambres ou même 10 millions de milliards de chambres. Mais cet hôtel est infini, réellement et mathématiquement infini.Cela veut dire que malgré toutes les chambres occupées, tu peux loger un individu de plus. Comment ?Pour la prochaine nuit, tu lui donnes la chambre 1, par exemple.L’ancien occupant de cette chambre va aller dans la chambre 2, forçant son occupant à déménager à la chambre 3, forçant son occupant à aller dans la chambre 4 et ainsi de suite. ça fait une infinité de déménagements, mais l’infini +1… c’est toujours l’infini. et une infinité de chambre peut accueillir une infinité de clients. Si tu veux t’imaginer l’infinité de l’univers plus simplement, sache qu’il existe une théorie, assez controversée, selon laquelle si l’on voyage suffisamment longtemps dans une direction, on finit par rejoindre son point de départ.(Mais tout cela fonctionnerait tout autant s’il était infini, hein, c’est juste plus facile à visualiser pour nos esprits limités) Comme sur la surface de la Terre en un sens. Tu peux aller tout droit sans jamais atteindre le bout de la terre.Imaginons que tu sois un être qui ne connait que 2 dimensions, l’infinité d’une sphère serait un concept absolument impossible à s’approprier. Sauf que tu le sais, le bout du monde n’existe pas. Et ce, même si la Terre a une taille définie. C’est en un sens la raison pour laquelle il n’y a pas fin, et donc pas de centre d’expansion de l’univers. Et de la même manière que lorsque tu gonfles un ballon, il n’y a pas un point à la surface du ballon qui en est le centre, mais d’où que tu prennes ton référentiel, les points autour s’en éloignent. L’univers s’analyse lui-même L’Univers semble parfois si peu intuitif dans son fonctionnement. Des distances entre les astres jusqu’à sa taille infinie en passant par les durées qui dépassent nos capacités intellectuelles... nous ne sommes pas faits pour le comprendre intuitivement. Mais depuis toujours notre espèce a su s’équiper d’outils. Comme le cailloux par exemple, l’outil originel, nous permettant de faire ce que nos mains ne pourront jamais faire seules. L’humanité a su se construire une collection outils intellectuels, qui nous a permis de donner un sens, une logique, const ruire des modèles et ainsi dépasser les limites de notre propre compréhension. Cette boite à outil, la science, création abstraite imaginée par des êtres composés de poussière d’étoile, c’est en un sens l’Univers qui a créé de quoi s’analyser et se comprendre lui-même. Je sais pas toi, mais moi quand j’y pense, je trouve cela au moins aussi incroyable que l’Univers lui-même. Une co-production de Phil_Goud : Texte et narration Redscape : Mise en musique et mixage Générique : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records, 2015 Blood Music (remastered)Voix du générique : KarineVoix de Carl Sagan : [Quenton] (https://twitter.com/Quenton) Crédits musiques “Derelicts feat. Ester Nannmark” Carbon Based Lifeforms (Derelicts) 2017 Blood Music “Be Life (James Murray Remix)” Anne Garner (Be Life Relived) 2016 Slowcraft Records “Travel To A Human Heart” Strom Noir (Travel To A Human Heart) 2014 Sacred Phrases “Nocturne 1” Ben Lukas Boysen (Gravity) 2014 Ad Noiseam “Nocturne 2” Ben Lukas Boysen (Gravity) 2014 Ad Noiseam Les artistes Carbon Based Lifeforms : https://www.carbonbasedlifeforms.net/ Anne Garner : http://annegarner.com/ Strom Noir : http://stromnoir.blogspot.com/ - https://stromnoir.bandcamp.com/ Ben Lukas Boysen : https://benlukasboysen.com/ Crédit image Greg Rakozy https://unsplash.com/photos/0LU4vO5iFpM
Texte de l'épisode Toujours allongé sur ta plage ? Profite-en pour sentir le sable qui s’écrase sous ton poids, au niveau de ta tête, de tes épaules, de ton dos, de tes jambes, de tes talons. Sent cette force qui te plaque au sol et te retiens de plonger dans cet océan infini d’étoiles. La gravité Il faut que je te parle un peu de la gravité et surtout de son origine.Car c’est important, notamment pour comprendre la danse des corps célestes. Mais un tout petit point d’abord sur les dimensions, car étonnamment c’est lié. Un point géométrique c’est la dimension 0. Il n’a aucune taille, aucune dimension.2 points forment une ligne, qui a une longueur, une dimension.3 points forment un plan, avec une longueur et une largeur, 2 dimensions. Nous, les humains, avons l’habitude de penser que le monde se résume dans les 3 dimensions que nous connaissons. Longueur, largeur, hauteur ou épaisseur. Pour les plus malins, nous voyageons aussi malgré nous dans une 4e dimension, le temps, dimension sur laquelle nous n’avons pas le contrôle. En réalité on utilise bien les 4 dimensions au quotidien. Lorsque nous prenons rendez-vous, nous nous accordons sur une adresse, donc des coordonnées en 2 dimensions, un étage, 3e dimension, mais aussi une heure, 4e dimension. Mais en réalité il y en a bien plus, on ne sait pas combien exactement. 10, 26 ? La science n’a pas apporté de réponse définitive sur le sujet.Nous ne sommes donc pas beaucoup plus forts qu’un être 2D qui ne peut comprendre notre univers en 3D. Si l’on déforme un plan en 2 dimension, et que l’on ne connaît pas la 3e dimension, il se passe alors des choses incroyables. Une feuille de journal dont on fait toucher les coins, c’est la possibilité pour notre être 2D, de se télétransporter d’une extrémité à l’autre du plan, de manière instantanée. Sorcellerie que voilà ! Alors telle une échelle de distance réduite, on va réduire le nombre de dimensions pour pouvoir s’imaginer la gravité. On va garder l’image de la surface du ballon gonflable comme bon moyen de visualiser l’espace-temps, le canevas de l’univers qui réunit donc en 2D les 4 dimensions que l’on connaît. Pour éviter que tu gardes trop en tête la vision, certes confortable, de l’univers qui boucle sur lui-même, on va imaginer le ballon infiniment grand, tellement grand qu’on dirait une surface plane. Comme pour la Terre qui paraît plate quand on est au sol. Pareil, sauf que là c’est une sphère infiniment grande… donc il est impossible de retourner au même endroit. C’est bon ? Tu as donc face à toi une surface infinie, plate, élastique au toucher. Imagine maintenant que tu y places un oeuf, la surface s’enfonce là où tu as déposé l’oeuf et forme un creux qui s’étend quelques dizaines de centimètres tout autour.Si tu y mets maintenant une boule de pétanque, un peu plus grosse, mais surtout bien plus dense, la courbure de la surface est bien plus grande. Cet effet, cette courbure de la surface qui dépend de la masse de l’objet posé dessus, c’est exactement le fonctionnement de la gravité. Laisse donc la boule de pétanque sur la surface et pose une bille un peu plus loin. Si la bille est hors du creux de la boule de pétanque, rien ne se passe. Si par contre, la bille est posée quelque part dans le creux, elle va rouler jusqu’à atteindre la boule de pétanque. La masse d’un corps déforme l’espace-temps, créant ce creux capable d’attirer les objets les uns contre les autres. Alors non, n’imagine pas voir un jour des entonnoirs dans le ciel, je te rappelle qu’il s’agit ici d’une représentation simplifiée dans laquelle on a retiré des dimensions pour que cela soit imaginable par nos esprits limités.Avec cette image en tête, je vais pouvoir t’expliquer pourquoi, quand on a vu les différentes orbites, plus on était loin, moins on tournait vite autour de la Terre. Imagine maintenant que cette bille, au lieu de la poser dans le cône, tu lui donnes un petit élan. Elle ne va pas tomber droit au fond du cône, mais va alors faire une courbe avant de rejoindre la boule de pétanque. Si tu lui donnes beaucoup d’élan, elle va alors pouvoir quitter le cône et continuer tout droit. En jouant sur la vitesse de lancer, tu devrais arriver à faire en sorte que la bille fasse plusieurs tours autour de la boule de pétanque avant de s’y cogner. Plus tu es loin de la boule de pétanque, plus la pente pour la rejoindre est faible, et donc moins la bille est attirée vers la boule. Pas besoin de la lancer très vite. A l’inverse, si tu es proche de la boule de pétanque la vitesse doit être importante pour éviter de tomber au fond du creux. Voilà pourquoi l’ISS, très proche de la Terre, doit tourner à 27 600 km/h pendant que la Lune, beaucoup, beaucoup plus éloignée, ne se déplace qu’à 3700 km/h. Ce concept de déformation de l’espace-temps, c’est ce qui fait la différence entre la gravitation expliquée via Newton, où la cause n’est pas expliquée, et la version d’Einstein. Si tu ne touches pas un objet, que tu ne lui applique aucune force, au choix, soit il ne bouge pas, soit il se déplace en en ligne droite indéfiniment à vitesse constante. C’est ce qu’on appelle un mouvement rectiligne uniforme.Si on y réfléchit, ne pas bouger, c’est juste un mouvement rectiligne uniforme avec une vitesse nulle. Sur Terre, si tu fais rouler un ballon bien équilibré sur un sol plat, régulier, comme un terrain de basket par exemple, il va rouler en ligne droite jusqu’à rencontrer un obstacle ou s’arrêter de lui-même au bout d’une centaine de mètres, voir peut-être bien plus. S’il s’arrête, c’est à cause des frottements de l’air et du sol qui s’exercent sur lui. Dans l’espace c’est pareil, sauf qu’il ne s’arrêtera jamais. Mais vraiment jamais. Et c’est là où la physique newtonienne était face à un mur. Qu’est-ce qui retient la Lune près de la Terre ? Tu as déjà dû entendre parler de la gravité comme une force.C’était l’explication avancée par Newton. D’un point de vue calcul sa théorie marche dans la majorité des cas, mais aucun phénomène physique pouvait expliquer comment la gravité fonctionne. Ce n’est pas un effort mécanique,les corps ne sont pas en contact, ce n’est pas non plus électro-magnétique… Alors qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qui empêche un mouvement rectiligne uniforme ? En réalité, aucune force, d’aucune nature, n’est appliquée sur la Lune par la Terre. La Lune va bien en ligne droite.Si la trajectoire est rectiligne, mais que la Lune tourne autour de la Terre, c’est parce que la surface sur laquelle cette ligne est tracée est un cône spatio-temporel. C’est là tout le génie d’Einstein. Comprendre que la physique n’avait pas tort sur ses principes de base, mais penser au-delà des habitudes, au-delà du visible pour l’homme. Cela veut dire que la Lune autour de la Terre, la Terre autour du Soleil, tous ces corps en orbite ne sont que des billes lancées exactement à la bonne vitesse et dans la bonne direction pour être dans un état d’équilibre parfait et ne pas tomber au fond des puits de gravité du corps qu’elles orbitent. Trous noirs : ces billes hyper-massivesImaginons maintenant qu’au lieu d’une bille qui déforme délicatement la surface souple de l’espace-temps, on décide d’y appuyer une aiguille à tricoter, dont le bout ne peut percer le tissu. Imaginons aussi que l’on y mette un poids conséquent. Cela implique que le puit de gravité aura la forme d’un cône dont la pente finira quasiment verticale, au plus proche du centre, et s’enfoncera très profondément dans la surface de l’espace-temps. Ce que nous avons créé... un trou noir.C’est au final assez simple un trou noir. Un volume tellement petit qu’on peut l’assimiler à un point, on l’appelle d’ailleurs singularité, mais qui possède une masse absolument démesurée, pour sa taille. Passé un certain point dans le cône, lorsque l’on se rapproche du centre, la vitesse orbitale pour ne pas tomber au fond finit par être supérieure à celle de la lumière.Cela veut dire que même les photons, les particules qui composent la lumière, les plus rapides de l’univers, ne peuvent échapper à son emprise et sont aspirés vers la singularité. Cela crée alors une espèce de sphère noire, ce qui a donné leur nom au trou noir, car en dessous de son rayon, la lumière ne peut s’échapper. La limite de cette sphère est appelée “l’horizon des évènements”. Tu as dû déjà voir des représentations de trous noirs où l’espace semble déformé tout autour. C’est normal. Avec sa gravité, le trou noir agit aussi comme une lentille. Car rien n’échappe à la gravité pas même les photons. Nous pouvons ainsi voir l'univers et ses étoiles dans un secteur situées derrière le trou noir, écrasés dans une image déformée tout autour de lui, comme si le trou noir ne faisait qu’écarter le ciel sur son passage. Tous les astres font cela, dans une moindre mesure, évidemment. Nous pouvons au abord du Soleil, voir des étoiles situées un tout petit peu peu derrière lui. Mais si cette représentation d’un trou noir est juste d’un point de vue optique, il manque un élément non négligeable : son halo. Directement autour de l’horizon des évènements, la gravité reste si forte que la matière est tiraillée de toute part, disloquée, donc elle surchauffe.Elle atteint alors une température au-delà de l’état gazeux et devient ce que l’on appelle du plasma et forme le halo de l’horizon des particules, point en-dessous duquel les particules de matière finiront par être aspirées. Au-delà de cette distance, je vais te casser une image pré-conçue: un trou noir n’est pas un ogre de l’Univers, aspirant toute la matière comme par magie.Hors de l’horizon des particules, il répond aux mêmes règles de gravitation que n’importe quel autre corps céleste. Si le soleil était remplacé par un trou noir de même masse, nous ne serions pas aspirés, non, nous aurions la même orbite.Car au final, vu que nous sommes hors de la partie la plus pentue du trou noir, que ce soit une boule géante ou un point, c’est toujours la masse et la distance à laquelle nous nous trouvons qui détermine notre orbite et non le volume de l’astre.Mais le diamètre de son horizon des évènements serait ridiculement petit : 6km seulement. Les trous noirs sont le cadavre cosmique d’une étoile massive, lorsque qu’elles ne ne transforment pas en supernova, la gravité fait s’effondrer l’astre sur lui-même, puis sur ses débris, puis sur les débris de ses débris jusqu’à ne former qu’un point. Mais seules les étoiles d’une masse supérieure à 10x la taille du Soleil sont susceptibles de muter en trou noir à leur mort. Tu as maintenant les outils pour comprendre la gravité, tu as les règles de base de la danse céleste des astres. En impesanteur Toujours là ? Pas trop perdu ? Une petite précision autour de la gravité puisque je parlais de l’ISS tout à l’heure. Tu comprends bien que si l’ISS et la Lune sont dans le cône de gravité de la Terre, il n’y a pas de phénomène magique qui fait flotter les astronautes dès qu’ils sortent de l’atmosphère ? Alors pourquoi on les voit flotter dans l’espace ?C’est là la différence entre gravité et pesanteur. Déjà, cela n’a rien à voir avec le fait d’être dans l’espace, aussi étonnant que ça puisse te paraître. On sait tout à fait reproduire le phénomène dans l’atmosphère terrestre. Tu peux toi-même le vivre un jour, dans un ascenseur, même si je te le souhaite pas vraiment. Ils flottent dans la station spatiale car ils tombent autour de la Terre à la même vitesse qu’elle. Oui ils tombent en permanence. On va refaire une petite expérience de pensée.On revient sur Terre et on va reprendre une balle, de tennis allez, pour changer. Tu la lances un peu loin.Elle va alors décrire une courbe jusqu’à tomber au sol. Si tu la lances plus fort, elle va tomber plus loin. Au lieu d’une balle de tennis, imagine un boulet de canon, dans un canon surpuissant. Tu allumes la mèche et BAM, le boulet part à plusieurs dizaines de kilomètres. Comme la Terre est une sphère, avec la courbure, le sol paraîtra un peu plus bas à l’arrivée qu’au départ. Imagine maintenant que le canon est encore plus puissant. Si la vitesse est bonne, à l’endroit où le boulet aurait dû rencontrer le sol, il n’y aura pas de sol, donc il va continuer à chuter, mais le sol sera toujours trop loin et le boulet continuera à chuter vers un sol qui se dérobe sous lui. Voilà en substance ce que fait la station spatiale internationale, ainsi que tous les satellites, naturels ou artificiels. Ils chutent vers un sol courbe qui se dérobe en permanence sous eux et qu’ils ne percutent jamais. Cela n’explique pas directement le fait que les astronautes semblent flotter dans l’espace, c’est simplement une autre façon de voir la gravité. Mais j’y viens. Ce qui fait qu’ils donnent l’illusion de ne pas être soumis à la gravité, c’est le fait que le seul repère qu’ils ont, et que tu as, c’est l’ISS.Et comment ils partagent la même vitesse, ils ne sont collés à aucune paroi. Si un jour tu venais à être dans un ascenseur dont les câbles lâchent, en chute libre totale, tu serais toi aussi en train de flotter dans l’ascenseur comme un astronaute. Je ne te le souhaite pas... ce serait une carrière d’astronaute assez courte. On sait le reproduire de manière bien plus contrôlé avec les fameux vols zéro G.Avec des avions un peu modifiés pour pouvoir foncer vers le sol à la vitesse de la chute libre, cela permet aux occupants de flotter à l’intérieur de la cabine, pendant quelques dizaines de secondes, comme les astronautes…Et cela jusqu’au moment où le pilote décide de remonter pour éviter de s’écraser au sol. C’est le même type de phénomène que celui qui te colle au fond du siège de ta voiture quand tu accélères, celui qui te projette en avant quand tu freines ou qui te fait bouger à droite ou à gauche dans les virages. C’est l’accélération. Ou dans le cas de l’ISS, l’absence d’accélération. Pour finir, je vais te réconcilier avec les ascenceurs : Tu as déjà dû ressentir une petite sensation de légèreté au moment où l’ascenseur dans lequel tu es termine son ascension et s’arrête à l’étage que tu lui as indiqué. Dis toi qu’à chaque fois que tu ressens ça, tu es un tout petit peu comme un astronaute. Au-dessus de toi, autour de toi, se produisent seconde après seconde tous ces mouvements gracieux et impressionnants. Les astres font les équilibristes sur leur orbite, avec une fragile proportion entre vitesse et gravité.Les trous noirs sont les magiciens, jouant avec la lumière et les éléments pour les manipuler et les faire disparaître.Même les astronautes de l’ISS participent à la représentation et font une danse synchronisée avec la station spatiale. Le ciel est donc le plus majestueux des spectacles de cirque. Une co-production de Phil_Goud : Texte et narration Redscape : Mise en musique et mixage Générique : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records, 2015 Blood Music (remastered)Voix du générique : Karine Crédits musiques “Moll 6” Misantropen (Molltoner från Norrland 1 & 2) 2018 Nothern Electronics “Revelación” Palmerainvisible (Infinita) 2017 Abstrakt Reflections “Depth Lights” Asceptic Siliceum (Chaotic Paths) 2019 Abstrakt Reflections “Scheming (remix by Hecq)” Lusine lcl. (Conversions) 2014 Ad Noiseam Les artistes Misantropen : https://www.discogs.com/artist/6861573-Misantropen Palmerainvisible : https://soundcloud.com/palmerainvisible Asceptic Siliceum : https://soundcloud.com/redscape_as Lusine : http://lusineweb.com/ Hecq : http://www.benlukasboysen.com/ Crédit image Greg Rakozy https://unsplash.com/photos/0LU4vO5iFpM
La fin des temps

La fin des temps

2019-07-1231:24

Texte de l'épisode Seul sur ta plage à l’odeur doucement iodée, avec le ciel qui éclaire les timides vagues de cette mer calme, tu es comme hors du temps. Tu regardes au loin, hypnotisé par ces ondulations étoilées venant du large qui s’échouent à tes pieds. Un tel calme, une telle beauté. On a l’impression que cela a toujours été, et sera ainsi à tout jamais. Mais on a vu ensemble comment l’univers a débuté, comment une galaxie se forme, comment une étoile naît et comment la Terre et la Lune se sont créées. Et comme tout ce qui est naît, un jour tout cela doit disparaître.Il faut bien permettre la naissances d’autres étoiles et d’autres planètes. Tout cela, tout ce que tu sens, vois, entends , aura un jour une fin. Rassure-toi, nous ne connaîtrons jamais ces moments, ni nos enfants ni leurs enfants, ni leurs arrières arrière petits-enfants. Si je te dit que le Soleil, et donc la Terre, sont à la moitié de leur vie, cela peut paraître inquiétant.Mais c’est parce que le temps à l’échelle de l’Univers est d’un ordre de grandeur si gigantesque que nous sommes dans l’impossibilité de pleinement intégrer ce que cela représente. La Terre date d’il y a 4.5 milliards d’années.L’âge de l’humanité, si l’on prend en compte le plus ancien ancêtre, l’homo habilis, date d’il y a seulement 2,8 millions d'années. La Terre est donc mille fois et demi plus vieille que l’humanité. Même présenté comme cela, ces durées sont difficilement compréhensibles alors je vais essayer de te donner une idée en ramenant tout ça à des durées plus humaines. Une vie humaine c’est autour de 80 ans, arrondissons ça à 100 ans, pour en simplifier le calcul.Imaginons que cette existence s’écoule désormais en 1 seule seconde. 1, naissance2, décès1, naissance2, décès1, naissance2, décès A cette échelle :la révolution française c’était il y a 2 secondes et 3 dixièmes.les grecs nommaient les constellations il y a environ 25 secondes,les égyptiens construisaient les pyramides il y a 45 secondes.L’humanité, quant à elle, a démarré il y a 7h46 minutes et 40 secondes,la fin des dinosaures, c’était il y a une semaine et demi,l’apparition de la vie, il y a environ 1 ans, 1 mois et quelques joursla Terre a été créée il y a environ 1 an, 5 mois et une semainele soleil, lui, il y a 1 an, 5 mois et deux semainesl’univers quand à lui est apparu il y a 4 ans et 4 mois Voilà des durées que l’on est mieux en mesure de comparer entre elles, même si la portée réelle de ce qu’elles représentent nous dépassent encore un peu. Mais cela permet déjà de remarquer que la formation de la Terre a été quasiment immédiate un mois, à notre échelle, après la création de notre étoile. De même, la vie est apparue, toujours à notre échelle, 4 mois après la formation de la Terre. À défaut de prouver que la vie est quelque chose de répandue dans l'univers, c'est en tout cas le signe que dans de bonnes conditions, elle se développe de manière suffisamment importante pour que nous en ayons détecté les vestiges, à notre époque. Lorsque les conditions sont réunies :température, eau liquide, etc, Il n'est donc pas impossible que la vie soit en fait quelque chose de répandu dans l’univers, Quand je parle de vie, je ne parle pas forcément de forme de vies intelligentes capables de conquête spatiale. Je parle de cellules, ou d’êtres peu complexes. Pour le reste, il est difficile de s’avancer, de tirer des conclusions puisque nous n’avons qu’un cas à notre disposition pour en étudier les principes, le nôtre. Fin du système solaire Abordons, si tu le veux bien, la fin de la Terre. Le destin de la Terre est, comme il l’a toujours été, lié à celui du Soleil La mort du soleil est prévue donc pour dans 5.4 milliards d’années, soit 1 an et 8 mois, avec notre échelle. Notre soleil est, depuis sa création, le lieu d’une lutte constante entre l’explosion permanente due à la fusion, qui a tendance à vouloir faire gonfler le soleil, comme toute explosion, et la gravité, liée à la masse des éléments qui composent le soleil, qui tend à vouloir le faire s’effondrer sur lui-même. A l’heure actuelle, cette lutte est parfaitement équilibrée. C’est logique en un sens… Si elle ne l'était pas, nous ne serions pas là, en train d’en parler. Mais cet équilibre va un jour se rompre.Lorsque l’hydrogène nécessaire à la fusion viendra à manquer, la fusion au coeur de notre étoile va ralentir.La gravité va donc prendre temporairement le dessus, écrasant le coeur de notre étoile sur lui-même.Cela aura comme effet d’en augmenter la température, notamment à la surface du Soleil. Comme elle est composée de gaz, ce dernier va alors se dilater.Le soleil va donc gonfler tel un ballon. Il va graduellement passer d’un diamètre d’un million de kilomètres à 100 millions de kilomètres, devenant ainsi une géante rouge. Sur Terre, le soleil ne sera plus le disque blanc que l’on peut cacher avec son pouce. Il remplira alors le ciel d’une couleur rouge sang qui chauffera la Terre jusqu’à atteindre plusieurs milliers de degrés.Les océans seront alors asséchés, la croûte terrestre sera transformée en lave rougeoyante . L’étoile continuera doucement à gonfler jusqu’à atteindre 300 millions de kilomètre de diamètre, un rayon d’une unité astronomique, engloutissant alors la Terre et la Lune. Peu après avoir englouti la Terre, la fin sera très proche pour le soleil. Alors que les réserves d’hydrogènes seront épuisées totalement, c’est l’hélium qui commencera à être utilisé pour la fusion et cela génèrera du carbone.Ce nouveau type de fusion créera alors des explosions d’énergie ultra-violentes qui se transmettront jusqu’à sa surface.Cette dernière s’envolera alors partie par partie formant un nuage de matière, une nébuleuse. Ce nuage contient ces fameux éléments lourds qui vont dériver à des vitesses atteignant pour les supernové 30% de la vitesse de la lumière et qui vont permettre de former d’autres systèmes, d’autres planètes, d’autres êtres vivants, possiblement. Mais cela ne sera pas une supernova, non. Notre soleil n’est pas assez massif. Notre étoile se sera pas complètement détruite. En son centre, il restera un coeur dense et brillant, générant une chaleur intense, une naine blanche. Ce cadavre d’étoile va alors lentement se refroidir.De la même manière qu’une boule de métal chauffée à blanc qui perdrait de sa luminosité en se refroidissant, il va briller de moins en moins jusqu’à devenir une naine brune puis une naine noire, en théorie. Car si l’espace est froid, il ne conduit pas la chaleur. Cette dernière ne peut donc s’évacuer que par rayonnement, ce qui est très long. C’est si long que l’univers n’est pas assez vieux pour que l’on ait pu observer une naine noire. Elle restent donc une théorie. La vie de l’Univers Et la fin de l’Univers ? Elle est prévue pour quand et comment cela se passera ? Avant de parler de sa fin, il faudrait commencer par t’en détailler le début. Le néant originel Avant l’univers, il n’y avait rien. Pas juste l’absence de quelque chose, mais le néant. Pas de règles de la physique, pas de matière, pas même de vide, et pas de temps.Il n’y faisait pas noir. il n’y avait pas de concept de couleur ou même de lumière. Le rien total. Si le néant est difficile à imaginer, l'absence de temps est étonnamment celle qui est le plus à la portée de nos esprits. Car elle a une logique. Pour cela il faut déjà le définir. Alors, réfléchis bien, le temps, qu’est-ce que c’est ?(laisser un blanc pour que les gens y réfléchissent) Le temps est une continuité indéfinie, le milieu dans lequel se déroule la succession des événements et des phénomènes, il est composé d’une infinité de points repérables dans une succession continue.De chacun de ces points, on peut faire références aux précédents par un concept que l’on nomme « avant » et les suivants par un « après ». Sans événement, sans phénomène, sans mouvement quel qu’il soit, sans transfert d’énergie, le temps n’a plus d'existence.Il ne relie plus rien ensemble dans une évolution, une continuité, car il n’y a rien à relier. Tu te poses peut-être la question : “qu’est-ce qu’il se passerait si on voyageait dans le temps, revenant avant le Big Bang, mais avec une montre ?” Outre l’aspect par définition absurde, apporter ce serait-ce qu’une montre c’est apporter avec soi le Temps. Pas uniquement sa représentation, car une pile reste une réaction chimique, un ressort, de l’énergie stockée qui se transfère à un mécanisme. Tout cela ce sont des événements que l’on peut relier entre eux. Alors si vous faites partie du voyage, imaginez un peu le nombre d’évènements que vous représentez. C’est la même logique pour la différence entre le simple vide et le néant. Le vide est l’espace entre le non-vide, la matière par exemple. Sans rien, il n’y a pas d’entre-deux. Donc pas de vide. Oui, c’est compliqué le néant. Le Big Bang Si je te dis “création de l’Univers”, tu as surement déjà en tête le Big Bang, le plus populaire (et le plus probable) des modèles cosmologiques. La cosmologie c’est la branche de la science qui étudie l'Univers : son origine, sa nature, sa structure et son évolution. il ne faut pas confondre la cosmologie et la cosmogonie, qui elle n’est pas basée sur la science mais sur des contes, des légendes, ou des textes sacrés. Car évidemment, expliquer notre origine, savoir d’où l’on vient, a toujours été une préoccupation des humains, on en retrouve la trace dans toutes les civilisations, aussi loin que l’on puisse remonter. On ne sait pas ce qui est la cause du Big Bang. On ne le saura probablement jamais vraiment. Mais on sait qu’il existe car si l’on inverse la direction de ce que l’on observe, tout semble se réunir en un point. Et si l’on regarde au fond du fond des cieux, il y a ce fond diffus cosmologique, un rayonnement extrêmement homogène, présent dans toutes les directions. C’est le fossile de l’Univers tel qu’il était il y a 380 000 ans après le Big Bang. Cela correspond à 1h sur notre échelle réduite. à comparer aux 4 ans et quelques qui nous séparent du Big Bang. C’est vraiment allé très vite. L’Univers était alors mille fois plus chaud et un milliard de fois plus dense qu’aujourd’hui.Les étoiles et les galaxies n’existaient pas encore. Ce moment observable est le reste de l’époque où l’Univers est devenu suffisamment peu dense pour que la lumière puisse s’y propager.Et c’est d’ailleurs pour cela que l’on ne peut observer quoi que ce soit avant ce moment. Moins de 380 000 ans après le Big Bang, l’Univers était opaque, composé d’un plasma d’électrons et de noyaux atomiques. On pourrait presque comparer ça au coeur d’une étoile unique. Il aurait pu devenir un énorme trou noir, avec toute cette matière réunie dans un si petit espace.Mais comme tout était parfaitement homogène, il n’y avait pas de point vers lequel la matière aurait pu s’agglomérer en une singularité. On était alors en présence d’une sorte de soupe cosmique, un mélange de protons, de neutrons et d’électrons. Dans les conditions qui régnaient dans l’Univers primordial, ce n’est que lorsque sa température est descendue en dessous d’un milliard de degrés que les nucléons ont alors pu se combiner pour former des noyaux atomiques. Il n’était cependant pas possible de fabriquer des noyaux atomiques lourds. Ainsi, seuls les noyaux d’hydrogène, d’hélium et de lithium ont été produits lors de cette phase qui commence environ une seconde après le Big Bang et qui a duré environ trois minutes (pas sur une échelle réduite. Tout cela est en temps réel). Remonter en dessous d’une seconde (toujours réelle) après le Big Bang a été difficile et c’est complexe à t’expliquer, mais sache que les scientifiques peuvent remonter jusqu’à 10^-43 secondes après le Big Bang.0.1, c’est 10^-1. 0.01, 10^-2. Cela veut dire que pour 10^-43, il y a 42 zéros après la virgule. L’Univers est donc né d’une explosion d’éléments quasiment instantanée où les températures ont atteint des valeurs ahurissantes.Puis il s’est dilaté sous l’effet de l’explosion, s’est refroidi, laissant les éléments se transformer en atomes.Il est ensuite devenu transparent pour devenir l’univers que l’on connaît aujourd’hui avec ses étoiles fusionnant de l’hydrogène et créant la matière qui nous compose. La fin de l’Univers Nous pensions il y a quelques décennies, que l’Univers devait, tel un ressort, perdre la vitesse initiale donnée lors du Big Bang et, par action combinée de la matière et de la gravité, réunir à nouveau tous les éléments en un point unique et disparaître. Le nom de cette théorie, c’était le Big Crunch. Or, l’univers ne semble pas décélérer. Au contraire, son expansion s’accélère, sans que nous puissions déterminer pourquoi. On sait juste qu’il faut une grande quantité d’énergie. Et cette énergie, on ne sait pas ce qu’elle est, d’où elle vient, on ne sait même pas la détecter. Quelque chose dont on observe les effets sans pouvoir l’observer ou en trouver l’origine, ça rappelle un peu le concept de matière noire. Justement, on l’a appelée cette énergie inconnue “l’énergie noire”.C’est une autre grande énigme scientifique de notre univers.L’observation de l’expansion de l’univers nous indique sa présence, mais nous n’en connaissons rien de plus. Mais ne pas la connaître ne nous empêche pas d’en déduire la suite probable des évènements. Une théorie assez logique pour le destin de L’Univers est donc la mort thermique, ou Big Freeze..Alors que l’univers s’étend, et malgré l’action de la matière noire, la matière prête à être fusionnée, à l’origine des étoiles, sera alors trop éloignée pour s’agglomérer et en former de nouvelles.Plus aucune réaction ne sera alors possible, il ne restera donc que les naines blanches devenues brunes puis noires sous l’effet de leur refroidissement. Cela marquera graduellement la fin de l’ère des étoiles, qui sera remplacée par celle des trous noirs, devenant les vestiges des étoiles de jadis. Cette ère sera encore plus longue que la nôtre. Mais même elle, aura une fin.Les trous noirs émettent des rayonnements, ce qui les déleste peu à peu de leur masse, jusqu’à leur évaporation totale. Lorsque le dernier trou noir aura disparu, l’univers n’aura alors plus aucune source de chaleur, sa température baissera donc jusqu’à atteindre le zéro absolu, température à laquelle il n’y a plus aucune excitation de la matière, plus un mouvement, même au sein des atomes. Graduellement ce sera donc la fin, non seulement de toute vie possible dans l’univers mais, comme on l’a vu, sans réactions, sans transferts d’énergies, sans mouvement, ce sera aussi la fin du temps lui-même. Rassurez-vous, cette mort thermique ne sera pas pour demain. Ni la semaine prochaine. Ne serait-ce que l’arrêt de la création de nouvelles étoiles devrait prendre entre 1000 et 100 000 milliards d’années. Si l’on reprend notre échelle réduite où 100 ans dure 1 seconde, et où l’univers s’est formé il y a 4 ans et 4 mois, cela équivaut à une fin de l’ère des étoiles prévue dans 316 à 31 600 ans. C’est dans très, très, TRÈS longtemps. Les derniers rayonnements des trous noirs, sont tellement lointains, que même avec l’échelle réduite, c’est un nombre dont je ne pourrais te faire prendre conscience. On estime qu’il faudra, en années réelles, 10^100 ans pour que cela se produise.Un 1 avec 100 zéros derrière. Un milliards, je le rappelle c’est un 1 avec “seulement” 9 zéros derrière. C’est inimaginable.(avec mon échelle c’est un 3 avec 90 zéros derrière) Nous sommes donc au tout, tout début de l’histoire de notre Univers, dans une période d’activité fougueuse, la plus propice à la vie. Conclusion Acte 1 Je t’avais promis, au tout début, que tu n’aurais pas de mot pour décrire ce que tu penses du ciel nocturne, de ce qu’il représente. Mieux le comprendre n’a pas retiré sa magie, bien au contraire. Désormais tu sais qu’il y a là-haut bien plus que des jolis points brillants. C’est parfois déroutant voir terrifiant, mais c’est aussi souvent harmonieux et majestueux. Et encore, nous n’avons que survolé bien des aspects de notre Univers. Je ne t’ai pas parlé en détail des planètes de notre système solaire encore et tu te demandes peut-être si c’est aussi impressionnant, bien que ce soit plus proche de nous. Ce sont des mondes fantastiques qui méritent autant d’attention que l’Univers en entier.Mais ce sera pour une prochaine fois, un prochain voyage. Garde les yeux plein d’étoiles. A bientôt. Une co-production de Phil_Goud : Texte et narration Redscape : Mise en musique et mixage Générique : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records, 2015 Blood Music (remastered)Voix du générique : Karine Crédits musiques “Travel By Moonlight” r.roo (Nothing) 2014 Abstrakt Reflections “Lonely Star” Asura (Radio Universe) 2014 Ultimae Records “Espérance Délaissé” Asceptic Siliceum (Chaotic Paths) 2019 Abstrakt Reflections “Sick Times” Boards Of Canada (Tomorrow’s Harvest) 2013 Warp Records “Quaoar” ASC (Trans-Neptunian Objects) 2017 Auxiliary “Starman” David Bowie (The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars) 1972 RCA Les artistes r.roo : https://rroo.bandcamp.com/ Asura : http://www.asura-music.com/ Asceptic Siliceum : https://soundcloud.com/redscape_as Boards Of Canada : https://bleep.com/artist/78-boards-of-canada ASC : http://www.auxiliarymusic.com/ David Bowie : https://www.davidbowie.com/home Crédit image Greg Rakozy https://unsplash.com/photos/0LU4vO5iFpM
Cet épisode est une version complète et remasterisée de tous les épisodes de l'acte 1 Si vous préférez une version vidéo, elle est disponible ici : Téléchargement ou Streaming sur Facebook Une co-production de Phil_Goud : Texte et narration Redscape : Mise en musique et mixage Générique : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records, 2015 Blood Music (remastered)Voix du générique : KarineVoix de Carl Sagan : [Quenton] (https://twitter.com/Quenton) Chapitres et contenus Introduction (00:00:00) Premières observations (00:03:38) - Posons les bases - Les étoiles - Les planètes - Les étoiles filantes - Flash iridium, ISS et avions La Lune (00:14:05) - Généralités - Origine - Légendes sur la Lune Le couvercle de la Terre (00:29:53) - Voûte céleste - La voie lactée - Les ours polaires (Grande Ourse/petite ourse) - L’étoile polaire Au-delà des nuages (00:51:40) - Un peu de hauteur - Distances lumières Au-delà de notre système solaire (01:15:12) - Galaxie - Mais c’est quoi une galaxie en fait ? - D’ailleurs, pourquoi il y a des galaxies ? - Matière noire - Amas de galaxie - Univers observable, univers visible La danse des corps célestes (1:43:38) - La gravité - Trous noirs : ces billes hyper-massives - En impesanteur La fin des temps (2:09:25) - Fin du système solaire - La vie de l’Univers - Le néant originel - Le Big Bang - La fin de l’Univers - Conclusion Acte 1 Crédits musiques Playlist Spotify : https://open.spotify.com/playlist/31GYYwJnI0MivT8KwAql0Z “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records “10” bvdub (Yours Are Stories Of Sadness) 2016 Self Released “Morning Drops - Part 1” I AWAKE feat. BJÖRN BERGLUND (Mahiane - Oxycanta III) 2013 Ultimae Records “Beyond Infinite” Ocoeur (A Parallel Life) 2014 n5MD Records “Drowning In Darkness” T-N (V/A Snowflakes IV) Raumklaug Music “Golden Times I” Ben Lukas Boysen (Golden Times I EP) Erased Tapes Records “Parabolic View” Martin Nonstatic (Ligand) 2017 Ultimae Records “Isolation” Warmth (Home) 2017 Archives “Stasis Eject” 36 (Pulse Dive) 2015 3six Recordings “Comet” Christopher Willits (Horizon) 2017 Ghostly International “Unknown Presence” Solar Fields (Origin #2) 2010 Ultimae Records “Cycloid” Arovane & Porya Hatami (C.H.R.O.N.O.S) 2019 Karlrecords “Everlasting (Album Edit)” Asura (Radio Universe) 2014 Ultimae Records "Frog" Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2015 Blood Music “Derelicts feat. Ester Nannmark” Carbon Based Lifeforms (Derelicts) 2017 Blood Music “Be Life (James Murray Remix)” Anne Garner (Be Life Relived) 2016 Slowcraft Records “Travel To A Human Heart” Strom Noir (Travel To A Human Heart) 2014 Sacred Phrases “Nocturne 1” Ben Lukas Boysen (Gravity) 2014 Ad Noiseam “Nocturne 2” Ben Lukas Boysen (Gravity) 2014 Ad Noiseam “Moll 6” Misantropen (Molltoner från Norrland 1 & 2) 2018 Nothern Electronics “Revelación” Palmerainvisible (Infinita) 2017 Abstrakt Reflections “Depth Lights” Asceptic Siliceum (Chaotic Paths) 2019 Abstrakt Reflections “Scheming (remix by Hecq)” Lusine lcl. (Conversions) 2014 Ad Noiseam “Travel By Moonlight” r.roo (Nothing) 2014 Abstrakt Reflections “Lonely Star” Asura (Radio Universe) 2014 Ultimae Records “Espérance Délaissé” Asceptic Siliceum (Chaotic Paths) 2019 Abstrakt Reflections “Sick Times” Boards Of Canada (Tomorrow’s Harvest) 2013 Warp Records “Quaoar” ASC (Trans-Neptunian Objects) 2017 Auxiliary “Starman” David Bowie (The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars) 1972 RCA Les artistes Carbon Based Lifeforms : https://www.carbonbasedlifeforms.net/ - https://carbonbasedlifeforms.bandcamp.com/BVDUB : http://www.bvdub.org/ - https://bvdub.bandcamp.com/I Awake : https://www.discogs.com/fr/artist/811066-I-Awake - https://ultimae.com/ - https://www.discogs.com/fr/artist/228692-MahianeBen Lukas Boysen : https://benlukasboysen.com/Ocoeur : https://www.ocoeur-music.com/Martin Nonstatic : www.domrauschen.com/nonstatic - https://ultimae.com/artists/martin-nonstatic/Warmth : https://archivesdubmusic.bandcamp.com/36 : www.3six.netChristopher Willits : http://www.christopherwillits.com/Solar Fields : http://solarfields.com/Arovane : http://www.arovane.net/Porya Hatami : http://poryahatami.com/Asura : http://www.asura-music.com/ASC : http://www.auxiliarymusic.com/Anne Garner : http://annegarner.com/Strom Noir : http://stromnoir.blogspot.com/ - https://stromnoir.bandcamp.com/Ben Lukas Boysen : https://benlukasboysen.com/Misantropen : https://www.discogs.com/artist/6861573-MisantropenPalmerainvisible : https://soundcloud.com/palmerainvisibleAsceptic Siliceum : https://soundcloud.com/redscape_asLusine : http://lusineweb.com/Hecq : http://www.benlukasboysen.com/r.roo : https://rroo.bandcamp.com/Asura : http://www.asura-music.com/Asceptic Siliceum : https://soundcloud.com/redscape_asBoards Of Canada : https://bleep.com/artist/78-boards-of-canadaASC : http://www.auxiliarymusic.com/David Bowie : https://www.davidbowie.com/home Crédit image Greg Rakozy https://unsplash.com/photos/0LU4vO5iFpM
Texte de l'épisode Salut à toi, Si tu as lancé la lecture, c’est parce que tu veux continuer de te détendre en contemplant le ciel. Comme tu as raison. C’est l’un des plus beau spectacles qui existent.C’est aussi le spectacle le plus ancien que l’humanité connaisse. Je suis, moi aussi, tellement content que l’on reparte ensemble pour une nouvelle aventure.J’ai plein de choses fascinantes à te raconter, mais avant tout, je vais te demander de te mettre en condition pour voyager avec moi dans l’espace et le temps. Ce n’est pas compliqué, tu connais la méthode : pose toi confortablement, tu peux bouger si tu veux mais garde les yeux fermés.Détends-toi, essaie de te concentrer uniquement sur ma voix. Si tu t’endors, tant mieux, mais dans tous les cas, tu vas passer un moment agréable qui va recharger tes batteries. Installé ? parfait. on va faire une respiration calme, toujours les yeux fermés. Inspire (inspire)Expire (expire) On va planter le décor ensemble, je te guide et toi tu crées le monde autour de toi. On va s’imaginer être sur la plage sur laquelle nous étions lors de notre dernière aventure. C’est une plage isolée, couverte de sable fin, et cette nuit, la mer est calme.On entend à peine les vagues qui s’échouent sur le sable doux. Assieds-toi dans le sable et regarde autour de toi. La plage forme un croissant à ta gauche et à ta droite, te protégeant sans restreindre la vue que tu as du ciel. Et quel ciel ! Plusieurs milliers d’étoiles percent la voûte célestes de leur lumières scintillantes. En contrebas, la mer reflète ce spectacle et le fait danser avec les ondulations de l’eau. Il fait bon, la nuit est douce et t’enveloppe d’une odeur doucement iodée. Profitons-en un instant… ... On est bien ici, non ? Je te propose maintenant de t’imaginer t’allonger dans le sable, le regard perdu dans ce dôme étoilé.Les yeux dans les étoiles tu enfonces doucement le bout de tes doigts dans le sable, puis ta main entiere et sent la douceur de la journée qui s’est accumulée dans les grains sous la surface. Profite-en pour sentir le sable qui s’écrase sous ton poids, au niveau de ta tête, de tes épaules, de ton dos, de tes jambes, de tes talons. Sent cette force à la fois douce et puissante qui te plaque au sol et te retiens de plonger dans cet océan infini d’étoiles. Admire ce nuage lumineux qui barre le ciel d’un côté de la coupole céleste à l’autre, la Voie Lactée, la galaxie qui nous abrite. Souviens toi des légendes qui la décrivent. Tu as déjà surement aussi en tête les images de notre dernier voyage. Lorsque tu regardes les étoiles, maintenant, tu sais qu’il y a au loin, des trous noirs, des étoiles massives sans oublier, plus proches de nous, les planètes de notre système solaire. Tu as peut-être toutes ces connaissances grâce à notre dernière aventure, ou alors tu es toi aussi passionné par le ciel et tu le savais déjà. Ou un mélange des deux. Mais t’es-tu déjà demandé comment on le sait ? Comment sommes-nous passés d’admirer le ciel, voir le craindre, à le comprendre ? Je te disais que nous ne sommes pas fait pour le comprendre intuitivement. Cela veut dire que sans outil intellectuel, sans la Science, nous serions probablement toujours des êtres superstitieux qui chercheraient des signes de leur avenir dans les cieux. Nous sommes des êtres composés de poussières d’étoiles qui avons développé une méthode pour comprendre, prédire et au final, donner un sens à l’Univers. En fait, génération après génération, nous sommes l’univers qui s’analyse et tente de se comprendre lui-même. Je ne vais pas te faire un cours d’Histoire, non, on va juste faire un voyage assez court au sein des idées et de la vision que nos aïeux avaient du ciel, dans un ordre parfois décousu, temporellement.Hé oui, tout le monde n’était pas toujours d’accord et certains avaient raison avant tout le monde, parfois par hasard, sans pouvoir encore en apporter la preuve. Voilà l’aventure que nous allons vivre aujourd’hui.C’est toujours un voyage dans l’Univers, mais cette fois nous voyagerons dans le reflet des yeux de l'Humanité. GENERIQUE Les jours Imagine toi être l’un des premiers humains. Tu es toujours sur ta plage, mais maintenant, près de toi, d’autres hommes et femmes sont là, tous vêtus de peaux de bête. Qu’est-ce que le ciel représentait pour ces premiers humains?Avaient-il le loisir de penser à autre chose qu’à leur survie ? OU à l’inverse, avaient-t-ils plus le temps de contempler, voir d’essayer de donner un sens à ces milliers de feux follets qui semblaient changer de place à chaque nuit que la Terre donnait à ces 1ers Hommes? J’aime à imaginer que chaque humain, au cours de son apprentissage d’une branche de la connaissance humaine, refait en accéléré le même parcours mental que l’humanité elle-même, utilisant les travaux de ses ancêtres comme un tremplin pour repousser à chaque génération la frontière de ce que l’on sait. J’aime cette image car je la trouve bien plus respectueuse de nos ancêtres que de les imaginer idiots et de rire de leurs croyances, leurs erreurs de jugement.Nos ancêtres n’étaient pas bêtes, ils étaient simplement innocents. Si tu le veux bien, on va donc imaginer les premiers humains comme de jeunes enfants dans leur rapport au ciel. Certaines pistes semblent indiquer qu’ils ont rapidement acquis quelques notions de base et établi des liens entre le Soleil, la Lune et certains phénomènes terrestres. Ils auraient effectivement eu du mal à manquer l’alternance du jour et de la nuit, premier marqueur du temps qui passe. De cette observation évidente, nous sommes héritiers d’un système de repère dans le temps qui n’a de sens que sur notre planète.Même l’unité de base de la physique, la seconde, n’est qu’une division de ce premier cycle d'événement : un jour, divisé en deux douzaines d’heures, divisibles en 5 douzaines, 60 minutes, divisibles à leur tour par 5 douzaines, 60 secondes. Evidemment, les premiers humains ne comptaient pas les secondes, mais lorsque tu regarderas ta montre, aussi évoluée soit-elle, dit toi que le temps indiqué dessus est arbitraire, hérité de l'observation la plus ancestrale qu’il soit. Si on écarte les événements climatiques (pluie, vent, nuages) bien trop irréguliers, la différence est bien trop ténue d’un jour à l’autre pour en repérer un en particulier ou garder la notion du nombre écoulé depuis un événement.Il est donc extrêmement compliqué de se repérer dans une période qui dépasserait quelques dizaines de jours. Les mois lunairesAvec juste un peu plus d’observation, on remarque vite le fait que la Lune passe d’un croissant à un quartier, puis à une pleine lune avant de réduire à nouveau. C’est un des phénomènes qui se trouve être les plus faciles à discerner. On ne sait pas exactement quand les humains ont commencé à compter le temps qui passe avec la Lune. On a des traces qui montrent qu’au IIIe millénaire avant notre ère, les peuples d’Irlande savaient compter les jours qui composent les phases de la Lune. C’est à peu près le début des pyramides d’égypte, on est donc déjà loin des peaux de bêtes. Il reste très probable que ce vestige soit simplement un des rares qui ait résisté à l’épreuve du temps. Rien ne permet d’affirmer qu’il soit le premier. Avec un cycle d’environ 29 jours, la Lune est le parfait repère de longues durées. La preuve en est l’utilisation de l’expression “ des lunes” pour exprimer une période un peu longue.“Cela fait des Lunes que les choses sont ainsi” est l’équivalent un peu désuet d’un bail ou d’une paye… tous des événements mensuels. Avec ce compte, on peut alors construire un découpage qui permet de remarquer des cycles plus longs que l’on peut transmettre aisément. Ce cycle lunaire est le prototype de ce que nous appelons aujourd’hui un mois. “Le sage m’a dit qu’il faudra attendre au moins 5 lunes pleines avant que les arbres ne se couvrent de nouveau de fruits”ou à l’inverse“Le sage pense qu’il ne nous reste que 3 lunes pleines pour faire nos provisions avant le froid” Ce lien entre la Lune et le changement de climat est encore bien ancrés dans les traditions humaines, surtout chez les jardiniers et certains agriculteurs mais soit il s’agit d’observations de la Lune qui permettent de juger du taux d’humidité de l’air ou qui permettent de compter un délai entre une date et une pleine lune, soit la science n’a pu vérifier la véracité de l’affirmation. De ce proto-mois, la notion de ce que nous appelons aujourd’hui “saisons” a pu alors être déterminée.Une période typiquement chaude avec un soleil plus haut, plus brûlant et présent longtemps, une autre typiquement froide, avec des journées plus courtes, chacune précédées de transitions annonçant la suite : Les feuilles tombent avant le froid, les fleurs sortent avant le chaud. Évidemment, ce raisonnement n’est probablement pas celui d’un des premiers homo sapiens, il a fallu bien des générations, voire des mutations génétiques qui ont transformé l’Homme en ce que nous sommes aujourd’hui, et bien des observations, avant de comprendre que cette alternance des saisons est quelque-chose de régulier et donc prévisible. Je sais que toi tu sais d’où viennent ces phénomènes, mais essaye de te mettre dans la peau de ceux qui l'ignorent. Tente de ressentir l’émerveillement de ce cycle magique de mort et renaissance de la nature.Comprends aussi l’angoisse de ne pas savoir quand, voir si l’hiver va s’arrêter. Avec la sédentarisation et l'agriculture qui nécessite de la planification, connaître quand nous sommes était crucial pour augmenter les chances de succès lors des récoltes.Planter trop tôt dans l’hivers ou trop tard dans le printemps peut être catastrophique. Si seulement il y avait un moyen de reconnaître le bon moment d’un cycle à l’autre, sans devoir se fier uniquement à la météo qui peut trop varier… De cette logique ont émergé les premier calendriers, dont on retrouve la trace il y a plus de 5000 ans, que l’on nomme logiquement calendriers lunaires et qui sont encore utilisés dans certaines traditions, musulmane ou juive par exemple. Comme il suit les phases de la lune, il ne comporte que 354 jours répartis en 12 mois et se décale légèrement d’année en année. Il faut donc, si l’on souhaite respecter les observations, parfois rajouter des mois supplémentaires pour conserver cette correspondance avec les saisons. Les premier calendriers solaires Les calendrier lunaires sont d’ailleurs souvent corrigés grâce au soleilOn parle alors de calendrier luno-solaire. Au-delà de son apparition le matin et sa disparition le soir, nos ancêtres ont remarqué qu’au fur et à mesure de l’année, il était plus ou moins longtemps présent dans la journée et qu’il se levait moins à l’est lors des périodes froides que pendant les périodes chaudes, et de même, lors de son coucher, à l’ouest. Sa position au lever ou au coucher, permet alors de mieux se repérer dans l’année. De là sont nés les rites dits “payens”. On a commencé à célébrer le moment où les jours se mettent à rallonger, ou au contraire à raccourcir. Certains scientifiques pensent qu’il s’agit du but de certaines des constructions les plus emblématiques des temps anciens, comme Stonehedge par exemple.Les humains y fêtaient les rares jours où le jour et la nuit se répartissent équitablement, ce que l’on appelle les équinoxes. Certains temples égyptiens auraient été orientés de sorte que, le jour de l’anniversaire du pharaon, le soleil se lève en étant parfaitement aligné avec l’entrée du temple, inondant de lumière le tombeau pour cette date importante pour le défunt. Je pourrais te citer tellement d’exemples de constructions primitives qui n’ont de sens que 2 à 4 fois par ans, servant à repérer les humains dans le temps, dans le grand cycle des années. Les égyptiens par exemple, les quatre points de repères que nous utilisons depuis toujours :équinoxe de printemps : durée du jour et de la nuit identique, environ 12 heures ;équinoxe d'automne : durée du jour et de la nuit identique, environ 12 heures ;solstice d'hiver : la nuit est la plus longue de l'année et le jour le plus court ;solstice d'été : jour plus long et nuit plus courte. Il y a d’autres types de calendriers, et notamment le fameux calendrier maya que je ne vais pas détailler pour éviter de te perdre en explication. Ce n’est pas que je te sous-estime, mais sache déjà que les Mayas utilisaient non pas un mais quatre calendriers :Le premier est le “cycle divinatoire” avec un usage essentiellement religieux. Il est aussi appelé "almanach sacré", "calendrier magique" ou "calendrier rituel" qui comportait 260 joursLe second est le "calendrier séculier", "calendrier civil" ou "calendrier vague", de 365 jours.Le cycle sacré des 52 ans nommé "Compte calendaire " qui combine les deux calendriers précédents.Le cycle long ou “compte long” qui, un peu comme le système julien, permettait de compter les jours de façon linéaire par rapport à une "date zéro". Ces jours pouvaient être comptés jusqu'à...23 milliards d'années. Autant dire que je pourrais y passer beaucoup de temps et que ce n’est que l’un des multiples calendriers qui n’ont pas servi de fondation à notre calendrier moderne occidental. Mais parlons plutôt justement du système julien: C’est chez les romains, avec le calendrier julien, que l’on retrouve l’exemple le plus connu de calendrier purement solaire, qui remplaçait un calendrier précédemment lunosolaire.hey tu sais pourquoi c’est le calendrier Julien ? Je suis certain que tu connais un certain romain prénommé Jules. En 46 avant Jesus christ, à l’aide d’un astronome nommé Sosigène d’alexandrie, Jules césar décida de réformer le calendrier pour qu’il soit toute l’année en concordance avec les saisons.L’année -46 est depuis lors nommée “année de la confusion” car elle ne comporta que 445 jours afin de préparer le début du nouveau calendrier. On doubla le 24 février, sixième jour avant les calendes de mars, jour qui devint donc le bis-sextus ante calendas Martias, d’où les expressions année bissextile et jour bissexte. L’année 45 avant J.-C. marque donc le début du calendrier julien, dans lequel la durée moyenne de l’année est de 365,25 jours L’équinoxe de printemps fut fixé au 25 mars, le solstice d’été au 24 juin, l’équinoxe d’automne au 24 septembre et le solstice d’hiver au 25 décembre ; ces dates de début des saisons étaient en fait décalées d’au moins 1 jour avec la réalité astronomique. Les mois de l’époque devraient sonner familier : Januarius Februarius Martius Aprilis Maius Junius September October November December Seuls Quintilis Sextilis, respectivement juillet et août, ont été modifiés depuis. La modification du mois d’Août est d’ailleurs due indirectement à une erreur humaine :Les pontifes, ayant mal interprété l’édit de César, placèrent le bissexte tous les 3 ans pendant 36 ans, soit 3 jours de trop.Auguste, pour corriger l’erreur, ordonna la suppression de toute intercalation pendant 12 ans (de 8 av. J.-C. à 5 apr. J.-C.).Il en profita pour se conférer au passage le nom d’un mois (sextilis devint augustus, Août ). En revanche, Quintilis est devenu lulius en l’honneur de Jules cesar. la lettre J est apparue au Moyen ge, ainsi Iulius est devenu Julius avec le temps, puis Juillet. Imposé à tout l’Empire romain par la suite, le calendrier julien fut adopté par la chrétienté et resta en vigueur jusqu’au XVIe siècle. Il continue toujours d’être utilisé par l’Église orthodoxe ; en 2000 ans d’utilisation, son retard sur le calendrier grégorien est actuellement de 13 jours. Car l’année dite “tropique”, le temps que l’on met pour faire le tour du soleil et retrouver la position initiale de la Terre est précisément de 365,2422j et non 365,25J, soit une différence de 11 minutes par an, 3 jours pour 4 siècles. D’où l’utilisation du calendrier grégorien qui est au final une amélioration assez mineure du calendrier julien : il décale les dates de 10 jours dès sa mise en place pour revenir à une situation initiale et en rendant certaines années non-bissextiles, il reste en adéquation avec les saisons.Mais même ce calendrier n’est pas tout à fait juste : il comporte un excès de 3 jours en 10 000 ans sur l’année tropique. Les heures En plus de réunir les jours en mois et année, les humains, dans le but de tout maitriser, ont aussi travailler à découper les jours en sections égales : les heures. Je ne pouvais pas éviter de parler des cadrans solaires : Tirés des gnomons, un simple bâton servant à indiquer l’heure, on pense qu’il s’agit ici aussi d’un des buts des obélisques. On retrouve en tout cas des traces de ces mesureurs de temps aussi loin que l’on trouve trace de calendriers, il y a environ 5000 ans. Et aussi primitif que cette technologie puisse paraître, elle est tellement efficace qu’elle a été utilisée sur la Lune lors des missions Apollo, afin de pouvoir déterminer depuis un objet dont on connaissait tout (puisque nous l’avions fabriqué), les paramètres de luminosité d’un monde que nous découvrions, la Lune. Cela sert grandement à l’organisation quotidienne d’une société. Imaginez donner rendez-vous à quelqu’un en vous basant sur rien de précis. De même, la division du travail dépend aussi d’une mesure précise, comme les tours de garde par exemple. On tire des romains encore une fois la majorité de nos codes qui ponctuent la journée.L’après-midi leur est directement emprunté. Eux aussi découpaient le cycle jour/nuit en 24 sections mais elles étaient inégales durant l’année. 12 pour la partie jour, 12 pour la partie nuit. Au quotidien cette différence ne pose pas de problème particulier… sauf si on est garde de nuit : comme les romains découpent la nuit en quatre gardes de trois heures chacune, ces heures sont donc plus longues en hiver... brrrr j’espère qu’ils étaient bien couverts. Et encore une fois, de cette base, nous avons perfectionné au fil du temps les mesures et la reproductibilité. Cette mesure était tellement suffisante que ce n’est qu’au 14e siècle, avec l’avènement de l’horlogerie, que l’heure est découpée en sous-partie. Non, pas des minutes, les horloges n’étant pas si précises, on découpe l’heure en 2 à 12 parties, allant d’une précision d’une demi-heure à 5 minutes.Il faudra attendre 2 siècles supplémentaires, au 16e siècle pour que le 60e d’heure, la minute, voie sa représentation communément affichée sur les cadrans. Pourquoi 60, d’ailleurs ?L’habitude du système sexagésimal (base soixante) vient des babyloniens, et a perduré pour la mesure du temps et des angles (minutes d’angle et secondes d’angle).Cela a l’avantage d’être divisible par 12, ce qui rends simple la représentation sur le cadran d’une horloge et d’être encore divisible pour plus de précision. Ce système est pratique, car le nombre soixante est un nombre peu élevé comportant 12 diviseurs, ce qui est énorme et facilite les calculs. Cette division a donc été adoptée pour couper les minutes en secondes. Le mot « seconde » vient d’ailleurs du latin médiéval « minutum secunda », qui signifie simplement « minute de second rang ». Bien évidemment, avec le temps et les avancées technologiques, nous avons coupé la secondes en subdivisions plus petites encore… tellement petite que nous sommes arrivés à mesurer la déformation de l’espace-temps. mais je t’en reparlerai bien plus tard dans ce voyage. Voilà donc comment l’humanité s’est équipée pour des observations précises, nous avons complètement apprivoisé le ciel, son aspect cyclique, de jour comme de nuit. Et maîtriser les jours, le temps, nous a graduellement aidé à observer et comprendre ce qui nous surplombe la nuit. On a donc imaginé la Terre entourée du Soleil et de la Lune, le tout englobé d’une sphère composées d’étoiles, réglé comme un mécanisme horloger géant. C’était simple et beau, un ballet rien que pour nous, un écrin pour les êtres exceptionnels que nous pensions être. Une co-production de Phil_Goud : Texte et narration Redscape : Mise en musique, mixage et voix des anciens Génériques (Début+Fin) : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2015 Blood MusicAvec l’aimable autorisation de Carbon Based Lifeforms pour la réutilisation de sa musique.Voix du générique : Karine Crédits musiques “Overture” Asura (Radio Universe) 2014 Ultimae Records “Back To Earth” Asura (Radio Universe) 2014 Ultimae Records “Init” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2015 Blood Music “Phact” Qaett (Music For Quiet One) 2020 Fedbymachines Audio “109 4 Red Calx[slo]” user48736353001 (4 Red Calx[slo]) 2015 Self-Released “Particles V” Tom Adams (Particles) 2019 Moderna Records Les artistes Asura : http://www.asura-music.com/ Carbon Based Lifeforms : https://www.carbonbasedlifeforms.net Qaett : https://www.fedbymachines.com user48736353001 : https://aphextwin.warp.net & https://soundcloud.com/user18081971 Tom Adams : https://tomadams.eu Crédit image Greg Rakozy https://unsplash.com/photos/0LU4vO5iFpM
Texte de l'épisode Introduction Toujours sur la plage, bercé par la rythmique des vagues. Tu sais maintenant comment l’humain a pu s’approprier le temps, en faire un outil de plus en plus précis, mais en gardant comme référence originelle le couvercle de la Terre. Tu sais qu’en regardant le ciel, et le ballet des astres, nos ancêtres ont appris la notion de cycle temporels en remarquant des répétitions dans l’enchaînement des événements stellaires. Les jours, les mois, les années. Mais que savaient-ils de la planète qu’ils habitaient ? En réalité, pas grand chose. Avant que l'on commence, je souhaiterais que tu oublies cette idée que les générations qui nous ont précédés étaient des idiots, avec des croyances absurdes. Pour beaucoup, les légendes étaient simplement de belles histoires qui proposaient une réponse poétique à des phénomènes dont personne ne connaissait l’origine réelle. En fait, on peut même dire que ceux et celles qui nous ont précédés étaient même plutôt doués.Un bon exemple, c'est que l'on peut voir la déformation des constellations au fur et à mesure des siècles tellement les cartes du ciel étaient précises. Ils manquaient de connaissance, mais pas d'intelligence ni d’un sens aigu de l’observation. On imagine souvent que nos ancêtres les plus lointains pensaient que la Terre était plate. Il n’en est rien. Imaginer que nos ancêtres pensaient que la Terre est plate est en réalité une forme de propagande qui est apparu durant la Renaissance, afin de dénigrer ce que l’on nomme le Moyen- ge.Cette période qui réunit des époques si différentes qu’il y a peut-être autant de différence entre l’humanité au début et à la fin de cet époque qu’il peut y en avoir entre la fin du moyen-âge et notre civilisation actuelle… Tu veux une preuve ? Le globe terrestre placé dans la main de l’empereur Charlemagne qui signifie son pouvoir sur le monde est bien une sphère. Maintenant que les idées reçues sont balayées, reprenons. Nous n’avons en réalité que très peu de traces des premiers questionnements.C’est vrai que c’est à la fois banal et tellement essentiel à la compréhension de notre place dans l’Univers. Et il faut remonter tellement loin que les écrit finissent par manquer. Et quand on remonte si loin, imaginer que les humain de l’époque se posent la question, c’est peut-être minimiser l’innocence de nos ancêtres. Pourquoi chercher une explication à quelque chose que l’on a toujours eu sous nos pieds ? Reprenons l’analogie de l’humain parcourant en accéléré le savoir accumulé de ses aïeux : Quand vous-êtes vous posé la question de la forme de la Terre de votre propre initiative ? Peut-être n’avez-vous pas eu le temps de vous la poser avant qu’on vous l’apprenne ? A l’échelle de l’histoire de l’Humanité, ce n’est que récemment, vers -625 avant JC que l’on a des traces du questionnement-même de la forme de la Terre. C’est près de 1500 ans après les pyramides ! Cela ne veut pas dire que personne ne s’est posé la question, probablement juste que personne n’avait trouvé de réponse pertinente. C’est le Mathématicien Thalès, oui celui du théorème avec les triangles, qui s’aventure à définir la Terre comme un disque plat, reposant sur un océan gigantesque. Mauvaise pioche, mais il a eu le mérite de se poser la question et de la noter. Les ombres de la Terre Sa réponse, le disque, est déjà bien plus avancée qu’il n’y paraît. Il n’a pas imaginé la Terre comme un plan infini, mais ayant une taille donnée. Un peu plus tard ce sont Pythagore et Platon qui préfèrent imaginer la Terre comme une sphère... pour une raison plus philosophique que scientifique, la sphère étant une forme jugée plus rationnelle. Platon disait à ses élèves “Ma conviction est que la Terre est de forme ronde au centre des cieux, et n’a donc besoin d’aucun air ou aucune force qui ne fasse office de support. Si un homme pouvait voler, haut au-dessus des nuages, la Terre ressemblerait à l’une de ces balles couvertes de cuir, parée de couleurs variées, ressemblant à celles que les peintres utilisent sur Terre et dont elles ne sont qu’en un sens les échantillons.” Pour lui, tout était sphères et l’univers lui-même était aussi un globe“Le créateur a fait l’univers sous la forme d’un globe, rond comme s’il sortait d’un tour de poterie, avec ses extrémités équidistantes en tout point au centre, de toute forme, la plus parfaite et la plus représentative du créateur.” Ne rigole pas, toi aussi quand tu imagines le big bang, tu penses à une explosion sphérique au milieu d’un vide infini, or on a vu que ce n’est pas le cas. Mais ce n’est que plus tard que l’on trouve la trace des premières preuves appuyées par l’observation, avec l’un des philosophes les plus observateurs et le plus prompt à tirer des conclusions de sa simple observation : Aristote. Dans sa “théorie des choses naturelles”, expliquait que les choses lourdes tendaient à vouloir rejoindre le centre de l’univers (pour lui la Terre était au centre de l’univers, et donc les objets voulaient rejoindre le centre de la Terre car il était aussi le centre de l’univers). A noter qu’à l’inverse, l’air et le feu vont en sens inverse. De cette hypothèse, il tira la conclusion que chaque point sur la Terre devait être attiré vers le centre.Par conséquent, par la compression de la matière et par convergence, la forme de la Terre ne pouvait être autre chose qu’une sphère.Ce qui, à son honneur, n’est pas si éloigné que ça de la réalité… si on imagine ne pas connaître les lois physiques dont nous disposons aujourd’hui.Cela a en tout cas le mérite d’être vérifié par l’expérience, même si les raisons ne sont pas les bonnes. Cette façon de faire avancer la science et d’avoir une théorie fonctionnelle malgré une hypothèse de départ erronée ou non expliquée par manque de connaissance est ce qui va malgré tout faire avancer la science. Mais il a fait d’autres observations et hypothèses : Par exemple, il remarquait qu’en voyageant de la Grèce vers l’Égypte , donc vers le sud, les constellations semblaient plus hautes à l’horizon, plus le trajet avançait. Seule une surface courbe pouvait expliquer cette observation. "D'après la manière dont les astres se montrent à nous, il est prouvé que non seulement la Terre est ronde, mais même qu'elle n'est pas très grande, car il nous suffit de faire un léger déplacement, vers le sud ou vers l'Ourse, pour que le cercle de l'horizon devienne évidemment tout autre. “Quand il parle de l’ourse, il parle bien évidemment de la petite ourse, qui contient l’étoile polaire. C’est une ancienne façon d’exprimer que l’on va vers le Nord, et c’est tellement plus beau de dire que l’on va à l’Ourse. Toujours avec autant de poésie, il continue :(...) Ainsi, quand on suppose que le pays, qui est aux colonnes d'Hercule, va se rejoindre au pays qui est vers l'Inde, et qu'il n'y a qu'une seule et unique mer, on ne me paraît pas faire une supposition par trop incroyable."Les colonnes d’Hercules sont le nom des montagnes qui bordent le détroit de Gibraltar. Il dit donc qu’il se serait pas une supposition incroyable que l’on puisse rejoindre l’Inde en traversant l’océan Atlantique. Cela ne sera prouvé par l’expérience, dans notre civilisation occidentale en tout cas, que bien plus tard… Et pas tout à fait puisque il y a un continent inconnu alors entre l’Europe les les Indes. Mais si l’humanité à cette époque ne peut voir la Terre depuis l’Espace, il y a un moyen d’apercevoir la forme de la Terre : indirectement, et grâce à la Lune. Si tu es perspicace, tu auras compris que je parle des éclipses de Lune : ce moment où le Soleil, la Terre et la Lune sont alignés et où l’ombre de la Terre est projetée sur la Lune.A ne pas confondre avec les éclipses solaires, bien plus connues et majestueuses où la lune s’interpose entre le soleil et la Terre. Aristote émit l’hypothèse suivante : "Lors des éclipses, la Lune a toujours pour limite une ligne courbe : par conséquent, comme l'éclipse est due à l'interposition de la Terre, c'est la forme de la surface de la Terre qui est cause de la forme de cette ligne" En réalité, cela ne prouve pas complètement la rotondité de la Terre, mais cela prouve que seules deux formes sont possibles : la sphère ou le cylindre. (Le disque restant un cylindre peu épais). Mais c’est grâce à Ératosthène, père de la géographie, que non seulement la preuve formelle de la rotondité de la Terre fut apportée, mais une approximation de son diamètre et son inclinaison par rapport à l’écliptique, le plan parcouru par le soleil dans le ciel. L’histoire est connue, mais je te la raconte quand même au cas où : Il avait remarqué que lorsque le soleil est au zénith, le jour du solstice d’été, il n'y avait aucune ombre du côté d'Assouan, au sud de l’Egypte, près de ce que l’on nomme aujourd’hui le tropique du Cancer. En mesurant l'ombre d'un bâton planté à Alexandrie, au Nord de l’Egypte, sur les bords de la mer méditerranée, au même moment et en connaissant la distance qui sépare les deux cités, il déduit la circonférence de la Terre avec une précision assez étonnante : 39.375 kilomètres contre environ 40.000 kilomètres pour les estimations actuelles. Par le même procédé, il a démontré l'inclinaison de l'écliptique sur l'équateur et il fixa cette inclinaison à, approximativement, 23° 51'. L’expérience d’Aristote consistant à prendre le large depuis la pointe ibérique en direction des Indes nécessita presque 2 millénaires avant que l’expédition de Fernand de Magellan réussit la première circumnavigation.(Magellan, en revanche non, il est mort en tentant de prendre d’assaut des populations indigènes dans le pacifique) Si la Terre est ronde, il y a le cas de la sphère d’étoiles qui nous entourent et les études qui s’y rapportent. L’une de ces discipline est étonnante dans une émission scientifique : nous allons parler de l’astrologie.L’astrologie Cela débute par un but relativement noble et assez utile : pour mieux pouvoir se repérer dans le ciel, au lieu de compter les étoiles indépendamment les unes des autres, on les a réunies en groupe aux formes diverses que l’on a nommées, Grande Ourse, Cassiopée, Pégase … Une sorte de moyen mnémotechnique, tout en rendant honneur à ses propres légendes. Et il y a surtout le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer (ou le Scarabée, ou encore le Crabe), le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Serpentaire, le Sagittaire, le Capricorne (ou la Chèvre), le Verseau et les Poissons. Ces 13 derniers signes ayant une particularité qui les unit : ces constellations sont toutes alignées sur une seule et même trajectoire que l’on appelle l’écliptique. On l’a évoqué avec Ératosthène : C’est la trajectoire du soleil et de la Lune. Et c’est cette spécificité qui permet de repérer et d’associer une constellation à une période et de donner naissance à l’astrologie et aux fameux signes du Zodiaque. Comme il fallait 12 signes pour les 12 mois de l’année, on a donc abandonné la constellation du serpentaire et séparé l’année en 12 parts égales, et ce, quelle que soit la distance entre les constellations ou leurs tailles respectives. Parce qu’en réalité, ne le dis pas trop fort à ceux qui aiment regarder l’horoscope, il n’y a tellement, tellement d’incohérences entre les observations astronomiques et les signes astrologiques… Il y avait pour les grecs antiques, deux sciences complémentaires, la première est l'astronomie et la seconde l’astrologie. Ptolémée, qui a écrit une des œuvres piliers de l’astrologie, le Tetrabiblos, les présentent en ces termes : “la première, par le rang et l’efficacité, nous permet de connaître les positions relatives que le Soleil, la Lune et toutes les planètes adopteront à tout moment entre eux et par rapport à la Terre, du fait de leurs mouvements.La seconde, par l’analyse des caractères naturels propres à ces configurations relatives, nous fait détecter les changements qu’elles provoquent dans le ‘contenu’ qu’elles englobent” Mais ne soyons pas trop critiques vis à vis de nos ancêtres qui pourraient avoir l’innocence de chercher un sens au monde chaotique qui l’entoure… Tu n’as jamais lu ton horoscope ? Mais en réalité ils n’étaient pas si naïfs que ça, même Ptolémée faisait la distinction entre la science “dure”, l’astronomie et la science dite “molle”, l’astrologie. Il exprime clairement que l’influence du ciel n’est au final que très minime sur la Terre et que notre destin n’est pas gravé dans les cieux : “Évitons de croire que tout ce qui arrive aux hommes est l’effet d’une cause venue d’en haut comme si, dès l’origine, en fonction de quelque irrévocable et divin décret, tout avait été réglé par avance pour chaque individu et se produisait par nécessité, sans qu’aucune autre cause soit en mesure d’y faire obstacle. En vérité, si le mouvement des corps célestes s’accomplit de toute éternité en vertu d’un destin divin et immuable… le changement des choses terrestres est, quant à lui, soumis à un destin naturel et variable, tirant d’en haut ses causes premières selon le hasard, ou par voie de conséquence naturelle”. Mais l’astrologie n’a pas été complètement vaine, dans le sens qu’elle a donné une raison de plus à l’humanité de scruter le ciel et au final, d’une simple croyance ésotérique est issue le premier jalon de l’astronomie moderne. Les observations mondiales On a beaucoup parlé des grecs dans cette partie et c’est normal, ils ont posé tellement de bases dans l’observation de la coupole céleste, on l’a vu quand je t’ai raconté quelques légendes liées aux constellations. Il est temps de tourner la page, et d’avancer sur le plan des connaissances et nous allons passer à la civilisation suivante dans la grande chaîne d’influence : les Romains. Mais avant de passer à la suite, je voudrai te donner un point de vue un peu plus mondial sur l’avancé de la science au sens large : Il n’y a pas des grecs intelligents et des sauvages autour, idem pour les romains. Ce qui est fascinant c’est que cette évolution se retrouve dans le monde entier, à diverses vitesses dans des champs particuliers selon les civilisations. Je ne t’apprends rien en disant que nous utilisions des chiffres arabes, on t’a peut-être dit que ce sont les premiers à avoir imaginé le concept de zéro. C’est clairement eux qui nous l’ont appris, mais les mayas l'utilisaient bien plus tôt... Les observations du ciel étant les mêmes pour tous (ou presque, les constellation changent bien évidemment selon les latitudes), on retrouve une logique similaire aussi bien en chine qu’en Amérique ou en Afrique. Il y a cette idéalisme qui remonte aux Lumières qui souhaite nous relier aux grecs et au romains en occultant le fait que, lorsque les routes commerciales nous ont reliés ensembles dans ce continent d’Eurasie, nous avons échangé bien plus que des produits, mais aussi de la culture et des connaissances. Et là où c’est triste en un sens est que, comme pour le moyen âge, cette illusion reste pérenne et il est même compliqué pour moi aujourd’hui de trouver des sources qui me permettraient de te montrer les évolutions qui ont eu lieu lors du moyen age ou les apports des pays plus lointains que le bord de la méditerranée. Garde donc en tête que l’espace est le même pour tout le monde, la science aussi. Quelle que soit ton lieu de naissance sur notre cailloux cosmique. Une co-production de Phil_Goud : Texte et narration Redscape : Mise en musique, mixage et voix des anciens Génériques (Début+Fin) : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2015 Blood MusicAvec l’aimable autorisation de Carbon Based Lifeforms pour la réutilisation de sa musique.Voix du générique : Karine Crédits musiques “Eistla” r beny (Eistla) 2018 Self Released “Moraine” r beny (Eistla) 2018 Self Released “Constituent Elements” Max Würden (V/A A Strangely Isolated Place/2019) 2019 A Strangely Isolated Place “ Attached, Our Eyes Wide Open” Zinovia (The Gift Of Affliction) 2013 Tympanic Audio “Mimetic” Dalhous (The Composite Moods Collection Vol.1: House Number 44) 2016 Blackest Ever Black Les artistes r beny : https://rbeny.bandcamp.com Max Würden : http://wuerden.com Zinovia Arvanitidi : https://www.kitchen-label.com/artists/zinovia-arvanitidi/ Dalhous : https://dalhous.bandcamp.com Crédit image Greg Rakozy https://unsplash.com/photos/0LU4vO5iFpM
Texte de l'épisode Introduction Tu as toujours les yeux perdu dans ce ciel toujours aussi familier ? Imagine-toi équipé de la première lunette astronomique. Tu regardes dedans et non seulement les étoiles te paraissent plus brillantes mais tu en distingues d’autres que tu n’avais pas vues. Je t’avais dit que par une nuit noire, tu peux apercevoir quelques 3000 étoiles, mais avec une simple lunette astronomique, tu peux monter à près de 20 000 étoiles. Partout où tu regardes, le ciel est rempli de ces points lumineux, même là où tu n’en voyais pas à l’oeil nu. Profite-en pour regarder la grande ourse et mieux distinguer Alcor et mizar, ces deux étoiles si proches qu’elles ne paraissent faire qu’une pour les yeux non avertis. Imagine ce qu’a dû ressentir le premier homme qui a utilisé cet instrument, l’émerveillement et le vertige de s’apercevoir que le nombre d’étoiles visibles ainsi est plus grand encore. Mais je vais un peu vite, nous en étions au tout début de cette histoire où la lunette astronomique joue un rôle central. Les planètes C’est en se concentrant sur cette bande de constellations qui sert à l’astrologie, à la recherche de signes venant du ciel que l’on s’est aperçus que certains points ne défilaient pas de la même façon que le reste des étoiles au fur et à mesure de l’année. D’un mois à l’autre, ces points changeaient de place au sein des constellations du Zodiaque. On retrouve Thalès qui avait à tort déterminé que la Terre était un disque, qui nomme ces étoiles particulières :Ces point ont été nommés “planètes”, nom formé à partir du mot latin "planeta", qui vient lui-même du grec "planêtês" : et qui signifie "errant, vagabond". Alors nos ancêtres romains leur ont donné des noms de leurs dieux et on a gardé cette dénomination :Jupiter, la plus grosse des planètes a reçu le nom du dieux des dieux, Saturne, celui du dieu lié au solstice d’hiver. Un point très rapide a été nommé Mercure, dieu des voleurs, des voyages et le messager des autres dieuxUn point rouge, comme le sang, a hérité du nom de Mars, le dieu de la guerre. Enfin, la plus belle planète du ciel a été nommée Vénus, comme la déesse de l’amour, de la beauté et de la séduction. Ces planètes ont d’ailleurs donné leur nom aux jours de la semaine :Tous les nom des jours contiennent “di”. Cela ressemble d’ailleurs étrangement à “day” chez nos amis d’outre-manche. Di signifie “le jour de”. Mercredi c’est le plus facile à deviner : il s’agit du jour de Mercure. Avec un peu d’imagination, tu peux trouver la signification de chacun des jours de la semaine. Lundi pour la lune, Mardi pour Mars, Jeudi pour Jupiter, Vendredi, pour Venus. Pour Samedi et Dimanche, le mieux est de passer en langue anglaise : Saturday et Sunday. Le jour de Saturne et celui du Soleil. Si je t’ai parlé du temps, c’est entre autre parce que sans calendrier, il aurait été impossible de repérer l’aspect cyclique du mouvement de ces astres. C’est ainsi tout à fait naturel que le nom des jours soit lié à ces objets mobiles de la voûte céleste. On retrouve encore une fois le ciel utilisé comme une horloge. Tu remarques qu’il manque des planètes. C’est normal. Le système solaire a toujours été le même mais la vision qu’en a eu l’humanité a évolué au fil du temps. Au début, on ne parlait même pas de système solaire d’ailleurs, puisque la Terre était au centre de tout. Il y a quelques années, je t’aurais dit que pluton est une planète. Quelque deux siècles en arrière, je te l’aurais listé de cette façon : Mercure Venus, Terre, Mars, Cérès, Pallas, Junon et Vesta, Jupiter, Saturne, Uranus… et c’est tout. Donc pour nos ancêtres, le ciel était composé des seuls 7 éléments qui composent les jours de la semaine. Un ballet déséquilibré Mais ces planètes, quel que soit le nombre connu, ont eu bien plus d’influence que ce que quiconque aurait pu anticiper. Leur présence remettait en cause l’image que l’humanité avait du ciel.Il n’était plus possible d’imaginer un ballet simple, basé sur un dôme céleste et deux astres qui tournent autour de la Terre. Mais il y avait tout de même quelque chose qui clochait dans l’image d’un écrin fait pour nous, humains. Imagine-toi un instant être un de ces grands penseurs. Tu aimes par dessus tout l’équilibre dans le monde qui t’entoure.Tu es à la recherche de la beauté mathématique d’un ratio parfait entre hauteur et largeur, ainsi que d’autres formules permettant d’expliquer ce qui se produit sur Terre. Et là dans le ciel, il y a ces points qui bougent de manière à priori complètement absurde, bien que réguliers, c’est à dire cycliques donc prévisibles mais complètement inexplicables. La position au zénith du Soleil change bien au fil des saisons, mais elle forme un 8 bien régulier. Les planètes, notamment Mars, vont parfois stopper leur mouvement pour repartir dans le sens inverse avant de reprendre leur direction initiale.Cette “marche arrière temporaire” ou rétrogradation est particulièrement inexplicable. Combien il est tentant de chercher la solution à cette énigme ! D’aristote à Ptolémée, ils imaginèrent alors, toujours avec la terre en son centre, une mécanique complexe avec un système de sphères imbriquées les unes dans les autres, avec 55 à 80 couches. Une construction à la manière d’un oignon qui a été la référence pendant près de 20 siècles. C’est une énigme qui durera jusqu’à 16e siècle, c’est très récent ! Bien qu’il y ait eu quelques précurseurs, comme Aristarque de Samos (vers -280), aient envisagé le mouvement de la Terre autour du Soleil, il s’agissait de propositions alternatives qui n’avaient pas de réel impact sur le consensus commun et qui n’avait pas comme but d’expliquer une observation du mouvement ce ces vagabonds. Le fait que la Terre ne soit pas au centre de tous les mouvements fut notamment réfuté par Aristote, qui avait pourtant intuité la rotondité de la Terre, dans un échange qui peut te faire sourire mais qui ne manque pas de bon sens, au vu des observations à leur disposition : Aristote exprima l’objection suivante : «Si la Terre tournait autour du Soleil, elle occuperait dans sa course des positions fort différentes dans l’espace. On observerait les étoiles sous des angles différents, et on les verrait se déplacer les unes par rapport aux autres au cours de l’année. Les constellations changeraient de forme» Aristarque de Samos émit alors l’hypothèse : «Oui, ce serait vrai, sauf si les étoiles sont immensément éloignées au-delà du cercle que décrit la Terre, comme la surface d’une sphère est éloignée de son centre». Maintenant, toi aussi tu sais que c’est exact, l’étoile la plus proche Proxima du Centaure est 28 000 fois plus lointaine que Saturne, la planète la plus éloignée, connue à cette époque. Il explique aussi l’alternance jour/nuit en précisant que «La Terre est animée d’un deuxième mouvement de rotation sur elle-même, qui explique la révolution quotidienne apparente de la voûte céleste» Oui, que le soleil tourne autour de la Terre ou qu’elle tourne sur elle-même, cela pourrait expliquer le jour et la nuit avec la même précision. Les 7 grands principes de Copernic Il fallu donc attendre 1513, dix-sept siècles plus tard, (et 2 ans avant marignan) avec Nicolas Copernic pour retrouver en occident un modèle héliocentrique (helios, c’est le soleil, donc heliocentrique signifie “avec le soleil au centre”)Ce modèle inclut la Terre et toutes les planètes connues à l'époque et dans une danse qui avait l’avantage de restaurer le côté simple et régulier du modèle de l’univers connu. Oui, l’univers connu à l’époque était relativement restreint. On est donc passé d’un univers où les planètes zigzaguent sans raison, à un univers dans lequel les planètes tournent toutes à une vitesse régulière autour d’un soleil placé au centre dans un mouvement lent et horloger. Cela est beau dans sa régularité et sa simplicité, mais c’est aussi la première fois que l’humanité voit sa place dans l’univers amoindrie. Pour vous donner une idée de l’avancée formulée par Copernic, voici les 7 grands principes énoncés dans son ouvrage “Les révolutions des sphères célestes" : Tous les corps célestes ne se meuvent pas autour du même axe, sous-entendu la Terre. La Terre n’est pas le centre de l’Univers mais seulement de celui de la Lune. Le Soleil est au centre du système planétaire, donc de l’Univers. La distance Terre-Soleil est négligeable, comparée à la distance aux étoiles fixes. La révolution du firmament (le mouvement jour-nuit) est dû à la rotation de la Terre autour de son axe, la sphère étant immobile. Le mouvement apparent du Soleil est dû au fait que la Terre, comme les autres planètes, tourne autour du Soleil. Les apparentes stations et rétrogradations des planètes vues de la Terre sont dues au même phénomène L’énoncé de ces sept hypothèses constitue une véritable révolution qu’on appelle d’ailleurs la "Révolution Copernicienne". Et même si l’on sait qu’il y a dans le lot quelques inexactitudes, les grands principes régissant notre système solaire sont tous présents. Le plus incroyable c’est que Copernic n’est capable d’apporter aucune autre preuve que la simplicité d’un tel système. Au lieu d’une mécanique de 80 sphères, il y a alors moins d’une dizaines de sphères, dont une majorité des révolutions, ou orbites, sont dans un même plan, avec le soleil en son centre. Les observations de Galilée Nous pensions vivre au centre de l’Univers mais nous ne sommes que sur l’une des planètes qui orbitent le Soleil, un des vagabonds. Comme vous vous en doutez, cette image n’a pas rencontré un succès immédiat… même si on l’avait déjà 17 siècles avant. Si la démonstration de la simplicité de la solution de Copernic était excellente, la société de l’époque n’était pas prête à accepter de ne pas être au centre d’un écrin prévu pour nous. Mais la réactance face à ce nouveau modèle n’est pas uniquement dogmatique. Elle est aussi scientifique. “Si la Terre tourne autour du Soleil, comment expliquer le mouvement de la Lune ?” En effet, si la Lune est le seul astre à devoir tourner autour de la Terre, comment justifier cette exception unique ? Il faudra non pas un mais deux visionnaires, Kepler et Galilée.Le premier tente une approche par le calcul, tentant de trouver une relation mathématique entre la distance au centre et la durée d’une révolution Le second aura une approche basée sur l'observation pure: il pointera une longue vue améliorée vers la voûte céleste. Le premier télescope. On dit souvent, qu’il a inventé le télescope… ce n’est pas tout à fait vrai.La subtilité, c’est qu’il a basé son travail sur celui d’un opticien néerlandais qui a créé ce qu’on appelle à l’époque une “lunette d’approche”.Sans le savoir, tu en as vu déjà beaucoup : c’est une longue vue, culturellement associée aux films sur les grands navigateurs ou les pirates. Galilée a en revanche construit sa propre lunette d’approche ayant entendu parler de cette des travaux en optique aux pays bas et l’offre au Sénat de venise. Il commence par découvrir qu’il y a bien plus d’étoiles que celles que l’on peut observer à l’oeil nu. Il constate ainsi qu' « il est important d'ajouter à la foule des étoiles fixes que les hommes avaient pu observer à l'oeil nu jusqu'à maintenant, d'autres étoiles innombrables, et nous pouvons désormais offrir au regard des hommes leur spectacle, précédemment caché. Leur nombre dépasse de plus de dix fois celui des étoiles anciennement connues ». (Galilée, Sidereus Nuncius). Surtout, Galilée détaille l'aspect des étoiles à travers la lunette. Il remarque que, si les planètes sont des cercles nets, « les étoiles ne se présentent pas comme limitées par des circonférences de cercle, mais comme des noyaux de lumière qui rayonnent et scintillent dans toutes les directions » (Galilée, Sidereus Nuncius). Galilée parvient à observer quatre satellites de Jupiter en janvier 1610. Il explique que c'est un argument important en faveur du modèle copernicien. En effet, les partisans du modèle géocentrique soulignent que si tous les astres tournaient autour du Soleil, le parcours de la Lune autour de la Terre serait une curieuse exception. Galilée explique : «Nous tenons un argument excellent et lumineux pour ôter tout scrupule à ceux qui acceptent la révolution des Planètes autour du Soleil dans le Système copernicien,mais qui sont tellement perturbés par le tour que fait la seule Lune autour de la Terre, accomplissant toutes les deux une révolution annuelle autour du Soleil,qu'ils jugent que cette organisation du monde doit être rejetée comme une impossibilité. Maintenant, nous n'avons plus une seule Planète tournant autour d'une autre pendant que toutes deux parcourent un grand orbe autour du Soleil. Notre perception nous offre désormais quatre étoiles errantes supplémentaires, tournant autour de Jupiter et le tout poursuit ensemble, un grand orbe autour du Soleil en l'espace de douze ans ». (Galilée, Sidereus Nuncius). Ici encore il s'agit d'un argument en faveur du système de Nicolas Copernic, car avec les satellites de Jupiter, il n'y a plus un seul centre de rotation dans l'univers.Si Jupiter dispose de lunes, le satellite de la Terre n’est plus une exception et son existence n’est plus un frein à l’adoption de cette théorie scientifique. Galilée baptise ces 4 lunes de Jupiter, “planètes médicéennes” en l'honneur du Duc de Médicis (et de ses trois frères) au service duquel il espère être engagé. De nos jours, ce n’est pas leurs nom d’origine qui ont été retenus, mais celui de leur découvreur et ces 4 premières lunes, toujours observables avec une lunette astronomique sont nommés satellites galiléens (ou lunes galiléennes). Il observe aussi des protubérances de part et d’autre de Saturne, découvrant sans le savoir ses anneaux si caractéristiques. Si tu es un astronome amateur, c’est un excellent exercice que de marcher dans les traces de cet ancêtre et tenter à ton tour d’observer Jupiter et Saturne. Il faut savoir que Galilée est sous la protection du pape Urbain VIII, et il souhaite rester prudent dans la publication de ses découvertes. Il décida alors de publier un dialogue entre 3 personnes (géocentrique/héliiocentrique/neutre) qui se nomme « Dialogue sur les deux grands systèmes du monde », ne prenant lui-même pas position mais laissant les arguments parler à sa place dans une forme compréhensible par le plus grand nombre… Le fait de rendre ses réflexions si accessibles au public n’est pas très malin : l’année suivante, Le saint office (le tribunal de l’inquisition) l’oblige à se rétracter sous peine d'être brûlé pour hérésie. Après avoir renié ses convictions scientifiques et en particulier le fait que la terre tourne sur elle-même, Galilée aurait murmuré "Et pourtant elle tourne".Cependant il est fort probable que cette phrase ne soit qu’un mythe. Ce que l’on sait en revanche c’est que le pape Urbain VIII intervient et transforme sa peine en simple assignation à résidence. Ce n’est qu’en 1992 que l’Eglise réhabilite Galilée L’héliocentrisme par d’autres Encore une fois, l’histoire est un peu différente de que que tu t’imagines : bien évidemment Galilée n'était pas seul contre tous à la recherche de la preuve de l’héliocentrisme à cette époque. Je t’ai déjà cité Kepler dont je vais te parler très vite avec plus de détails, mais en France, il y a un certain Descartes qui lui aussi travaillait sur une des dernières oeuvres de sa vie “Le traité du monde et de la lumière”. Dans cet ouvrage il traite aussi de l’héliocentrisme et alors qu’il en achève l’écriture, il apprend que galilée a été condamné.Il attend un an afin d’en recevoir une copie et à sa lecture, décide qu’il est trop risqué pour lui de publier son propre traité.La publication sera donc à titre posthume, afin d’éviter les foudres de l’Eglise. De même, on retrouve des traces en Inde de traités d’astronomie qui évoquent cette hypothèse et un peu partout des systèmes à la fois héliocentriques et géocentriques où les planètes tournent autour du Soleil qui, lui, tourne autour de la terre. C’est intéressant de voir qu’à l’échelle de l’histoire de l'humanité, de l’apparition de l’homo sapiens, il y a 200 000 ans, à nos jours, les découvertes ne sont pas si éloignées dans le temps d’une civilisation à l’autre, souvent deux ou trois siècles au maximum. Cela montre encore une fois à quel point les civilisations sont plus liées que ce que l’on a appris dans nos livres d’histoire. A quel point même à l’époque, notre cailloux spatial était trop petit pour que les grandes idées ne puissent y circuler. Une co-production de Phil_Goud : Texte et narration Redscape : Mise en musique, mixage et voix des anciens Génériques (Début+Fin) : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2015 Blood MusicAvec l’aimable autorisation de Carbon Based Lifeforms pour la réutilisation de sa musique.Voix du générique : Karine Crédits musiques “La Contemplation des Etoiles” Gastón Arévalo (Terrain) 2020 A Strangely Isolated Place “Stellarum Fixarum” Slow Meadow (Happy Occident) 2019 Hammock Music “Eclipse” Marsen Jules Trio (Présences Acousmatique) 2013 Oktaf “Light (Ben Lukas Boysen Remix)” Ocoeur (Memento) 2013 n5MD “First Steps Into Sunken Glades” Gareth Coker (Ori And The Blind Forest Original Soundtrack) 2017 Microsoft Studios Music “The Trees Back Home” The Ghost Of 3.13 (There Once Was Beauty) 2016 Mozyk Les artistes Gastón Arévalo : http://www.garevalo.info Slow Meadow : https://www.slowmeadow.com Marsen Jules Trio : http://www.marsenjules.de Ocoeur : https://www.ocoeur-music.com Ben Lukas Boysen : https://benlukasboysen.com Gareth Coker : https://www.gareth-coker.net The Ghost Of 3.13 : https://theghostof313.bandcamp.com Crédit image Greg Rakozy https://unsplash.com/photos/0LU4vO5iFpM
Texte de l'épisode Introduction Jusqu’à présent je t’ai raconté l’histoire des idées sans m’attarder sur les humains eux-mêmes. Pour cette partie, nous allons un peu plus parler d’Histoire avec un grand H car le contexte a en réalité souvent son importance. Personne ne vit en dehors de son époque, les idées ne sont pas des choses éthérées qui vivraient au-delà du quotidien des humains.Pour te le prouver, j’ai un parfait exemple pour toi. Alors détend-toi, installe-toi confortablement je vais te raconter une histoire plein de science et de rebondissement. Johannes Kepler Celui dont je vais te conter l’histoire n’est pas n’importe qui. Son nom ne t’es peut-être pas inconnu mais il est peu probable que l’on t‘ait déjà parlé en détail de l’étendue de son talent et il est encore moins probable que l’on t’ai conté l’histoire de sa vie. Cet homme est Johannes Kepler. Au lieu de simplement te parler de ses découvertes, j’aimerais te parler un peu du parcours atypique de Johannes Kepler car il est étrangement erratique pour quelqu’un qui énoncera des lois de mouvement si régulières. Alors laisse moi te conter le récit de la vie de l’un des esprits les plus importants de l’Histoire de l’astronomie. Lors de sa naissance, en 1571, l’Europe est en proie à deux révolutions :50 ans plus tôt, un écrit était cloué à la porte d’une église, et sonna le début du protestantisme,26 ans avant, un certain Copernic avait démontré que le soleil ne tournait pas autour de la Terre, mais l’inverse, ce qui est une étape scientifique plus que notable C’est un temps agité et où les autorités religieuses sont sérieusement remises en questions. Physiquement, il est assez chétif et a une vision abîmée par la variole… Des signes qui pourraient plutôt annoncer une mort rapide qu’une destinée brillante. Alors qu’il a 6 ans, un évènement changera sa vie à jamais : une comète apparaît dans le ciel et elle est tellement brillante que toute l’Europe est subjugée. Petit rappel d’histoire, Kepler est plus ou moins Allemand, au sens qu’à l’époque il n’y a pas d’Allemagne à proprement parler, mais le Saint-Empire romain germanique, qui s’est étendu du sud du Danemark au nord de l’italie et de l’alsace à Vienne en autriche. A l’époque, la guerre de 30 ans opposant catholiques et protestants n’a pas encore éclaté et Kepler s’inscrit en 1589 dans l’université de Tübingen dans le but d’étudier la théologie et devenir un pasteur. Il rencontre alors l’homme qui changea à tout jamais son destin, (et celui de la science elle-même, indirectement) : Maestlin. Un nom qui n’est pas si connu dans l’histoire mais dont le rôle ici est essentiel. Maestlin est secrètement un disciple de Copernic. Evidemment, à l’époque il faut bien savoir tenir sa langue lorsque l’on pense que la Terre n’est pas au centre de l’Univers, sous peine de se voir torturer. En voyant la passion de Kepler pour l’astronomie, il lui prêta alors discrètement l’oeuvre de Copernic. Cela fut un choc et fascina Kepler qui y vit alors non pas l’hérésie, mais l’oeuvre divine d’une mécanique harmonieuse. Kepler est âgé alors de 23 ans et malgré sa passion pour les astres, il pense toujours devenir pasteur, mais une rencontre va une nouvelle fois changer sa vie : La ville de Graz, en Autriche, l’invite à venir enseigner les mathématiques. Emballé par l’idée de vivre de sa passion scientifique, Kepler accepte mais peu de personnes suivent ses cours et il est alors contraint d’accepter un second poste : celui de créateur de calendrier. Ce qui à l’époque tient plus de l'astrologie que de l'astronomie. Johannes Kepler, malgré ses publications astrologiques reste réaliste quand à leur portée :“Le ciel agit sur l’homme pendant sa vie , comme les ficelles qu’un paysan noue au hasard autour des courges de son champ : les nœuds ne font pas pousser la courge, mais ils en déterminent... la forme.De même pour le ciel : il ne donne pas à l’homme ses habitudes,son histoire, son bonheur, ses enfants, sa richesse ou sa femme, mais il façonne sa condition”. Toute sa vie, Kepler oscille ainsi entre religion et science, arrivant à trouver un équilibre, notamment grâce à son protestantisme, lui permettant plus de flexibilité individuelle dans la foi que le catholicisme régi par l’autorité d’un Pape. Le manque de succès dans sa carrière a tout de même un avantage particulier : il dispose de temps libre pour réfléchir. Si la terre tourne autour du Soleil, elle n’est donc attachée à rien, flottant dans l’Espace. Mais qu’est-ce qui la fait flotter ? quelle est la raison qui fait qu’elle ne dérive pas et décrit une orbite autour du soleil. Lors d’un énième cours quasi-vide en 1595, Kepler a une illumination : Si la Terre tourne autour du Soleil, c’est probablement car le Soleil applique sur elle une force ! Newton était alors loin d’être né, il faudra encore attendre près de 50 ans, donc cette force, kepler l’appela “magnétisme”. Cela peut paraître évident, et même un peu faux, mais en Europe, il fut le premier à émettre cette théorie si proche de la réalité. Mais Je te rappelle que Kepler est avant tout très religieux, il va alors commencer par calculer l’espace entre les planètes et les relier aux formes sacrées de platon et y trouver une correspondance qui lui fera penser à l’oeuvre de Dieu lui-même. Mais si cela te parait absurde, sache que cette nouvelle approche sera ce qui permettra aux scientifiques d’avancer, sous couvert de découvrir comment “Dieu l’a fait”. Et c’est ce qui déclenche la révolution scientifique qui suivra peu après. Il va plus loin et trouve une harmonie qui pourrait être transcrite en musique et compose une version de “Harmonie des sphères”.L’idée de lier musique et astronomie n’est pas de lui et se retrouve depuis Pythagore et les premiers acousmaticiens.La différence est que dans sa version, au lieu de baser sa composition sur la distance entre les planètes, il se base sur leur vitesse. L'ensemble des planètes constitue un chœur (pas forcément très harmonieux) où la basse est dévolue à Saturne et Jupiter, le ténor à Mars, l'alto à la Terre et à Vénus, le soprano à Mercure Deux ans plus tard, en 1597, il publie ses idées, ce qui attira l’attention d’un certain Tycho Brahe un astronome qui voulait déménager à Prague pour continuer ses activités et ils deviennent correspondants réguliers. Cela va sauver la vie de Kepler. En 1599, la tension entre protestant et catholique est à son comble dans la ville de graz où Kepler est toujours installé.Il ne peut retourner dans son ancienne université où ses affinités avec les théories coperniciennes sont rejetées et c’est Brahe qui lui sauve la vie en lui proposant de venir à Prague pour l’assister dans ses travaux. Il se retrouve donc dans la cour du roi Rudolf II, un roi particulier, dans son affection pour le scientifique autant que l’occulte.Il était entouré d’alchimistes, d’astrologues comme de mathématiciens et d’astronomes, l’un des astronomes étant Brahe, sous le titre de “mathématicien impérial”. Sa mission était d’observer le ciel nocturne et de créer un relevé précis des cieux. Des relevés existaient avant lui, mais ils étaient imprécis ou incomplets.Le but était de créer une carte si précise que l’on pourrait alors prédire les positions des astres avec la plus grande des précisions. Mais en 1601, Brahe décède et le relai est passé à son second, Kepler, arrivé moins de deux ans plus tôt. La tâche qui lui est transmise est immense mais il hérite des travaux que son prédécesseur gardait jalousement : les observations astronomiques les plus précises de tous les temps. C’est ces dernières qui vont permettre les plus grandes découvertes faites par Kepler. Et si l’astronomie est son oeuvre la plus connue, Kepler est aussi connu pour avoir fait avancer bien d’autres champs de la physique, par simple intérêt fugace dans la matière. En 1604, par exemple, alors qu’il tente d’améliorer la façon d’observer une éclipse, il plonge alors si loin dans l’étude de l’optique qu’il va en profiter pour avancer la compréhension de l’oeil humain, découvrant que l’image au fond de notre rétine est inversée et corrigée par le cerveau.De ces études, il en profite aussi pour améliorer les verres optiques, notamment les lunettes, dont il a grandement besoin avec sa myopie dont il souffre depuis l’enfance.Pas la lunette astronomique évidemment puisqu’elle n’est pas encore inventée à l’époque. La même année, il observe et enregistre une supernova dans le ciel, sous la forme d’une étoile nouvelle. Il a même publié un ouvrage nommé “Le songe” ou “L’astronomie lunaire” qui est un des premiers ouvrages de science fiction.Un roman basé donc sur des faits scientifiques qui raconte une aventure sur la Lune entreprise par des humains aidés de démons, dans laquelle Kepler note les difficultés à prévoir une fois sur place : l’absence d’air bien entendu, mais aussi la lumière du soleil, non filtrée par une quelconque atmosphère.Il en profite aussi pour décrire avec poésie la vue de la Terre qu’auraient les aventuriers Les années d’observation attentive vont lui permettre de prouver scientifiquement les théories coperniciennes et le système héliocentrique. En 1609, il publie “Astronomie nouvelle”, qui non seulement explique le trajet de Mars dans le ciel nocture terrestre, mais il calcule et représente celui de la Terre vu depuis la planète rouge. Cette réflexion et ces calculs lui permettent de constater que les trajectoires des planètes ne sont pas circulaires et elliptiques, ovales, où l’un des centre est le soleil. C’est la première loi de Kepler Il démontre par le calcul la vitesse des astres, selon leur position sur cette ellipse, indiquant que lorsqu’un corps est sur la partie de son orbite la plus proche de l’astre autour duquel il gravite, sa vitesse est plus grande que lorsqu’il en est éloigné.Il arrive à trouver la relation qui régit la distance parcourue tout au long de la révolution.C’est la seconde loi de Kepler.Il n’est pas arrivé encore à permettre le calcul des paramètres de l’orbite elle-même, en revanche. Un fait intéressant, car très rare à l’époque : non content de publier ses théories, il publie aussi ses données brutes. De nos jours c’est une norme lors de publications scientifiques, mais à l’époque, c’est une forme de défiance envers les critiques potentielles, leur donnant la possibilité de le contredire… si toutefois c’était possible. En 1610, Galilée observe Jupiter avec la première lunette astronomique et sa découverte crée tellement l’émoi que beaucoup à l’époque pensent qu’il s’agit d’une erreur, voir d’une illusion d’optique. Cela inspira un nouvel ouvrage à Kepler qui non seulement démontre que les observations de galilée ne pouvaient être une illusion optique mais il en profita au passage pour décrire comment améliorer les télescopes pour les rendre plus efficaces. Mais les tensions religieuses au sein de l’Europe finiront par le rattraper et en 1612, le voilà encore contraint de quitter Prague pour Linz qui lui propose un poste de mathématicien en échange duquel il doit achever les tables d'observations du ciel. Il a encore une fois de la chance car à peine 5 ans plus tard, en 1617, les protestants seront massacrés à Prague et en 1618, ces derniers se rebellent et la guerre de 30 ans débute entre ces deux religions, apportant dans toute l’europe, son lot de morts, de pandémies et par la peur qu’elles occasionne, son lot de procès pour sorcelleries. en 1619, Kepler, que la guerre a fini par rattrapper, protestant au milieu de catholiques, reste officiellement protégé mais est harcelé quotidiennement. Malgré ce quotidien tourmenté, il parvient à créer la loi permettant de calculer l’orbite de tout astre d’un système planétaire en découvrant la relation entre ses dimensions et la vitesse de l’astre qui la parcourt. Pendant une année, il doit s’occuper de la défense de sa mère, accusée de sorcellerie, procès lors duquel ses capacités de démonstrations lui permettront se la sauver. Mais ce procès le cribla de dettes et il perdit sa maison et quitta Linz en 1626. Un an plus tard, il publia la table d’observation dont il avait hérité de Brahe et qu’il avait grandement complétée.Ce furent les observations les plus précises jamais vues et ses 3 lois étaient bien entendues utilisées dans cet ouvrage pour prédire des évènements futurs. Le prochain évènement serait le transit de Mercure, 4 ans plus tard, en 1631, un phénomène où, depuis la Terre, nous pouvons observer Mercure passer entre le soleil et nous. Mais non seulement il ne vécut pas jusqu’à voir son travail validé, mais la guerre de religion fera que sa tombe sera profanée.Nul ne sait ce qu’il est advenu de son corps. Bien évidemment, en 1631, ce transit a lieu, comme prédit par Kepler. Conclusion Ces travaux sont la fondation de bien des découvertes et ont inspiré bien des scientifiques. Cela permettra à Newton de créer sa théorie gravitationnelle et permettra la mesure de l’unité astronomique ( la distance terre-soleil) grâce l’observation du transit de Vénus, 8 ans après Mercure. Il est vrai que je parle et que je continuerai à beaucoup parler des hommes de sciences. Cela ne veut pas dire qu’il n’a pas existé des femmes de sciences durant l’aventure scientifique qu’a vécu l’humanité. Tu peux être ainsi amené à penser que jusqu’à récemment, elles ont souvent été reléguées à un rôle de soutien. Femme au foyer ou secrétaire, qu’elles dégageaient le chemin pour que leurs conjoints ou supérieurs puissent faire avancer les connaissances humaines. Ou alors on les imagine comme Nicole-Reine Lepaute, aidant son mari dans les calculs jusqu’à s’en abîmer la vue. Si cette image de personne en deuxième ligne n‘est pas tout à fait fausse historiquement, la réalité est un tout petit peu plus subtile, il existe bien des exceptions et ces dernières sont de plus en plus nombreuses avec l’avancé des moeurs de la société et la parité vers laquelle nous tendons doucement. Comme par exemple Caroline Herschel qui découvrit 8 comètes en tant qu'assistante de son frère, mais qui fut la première femme astronome salariée, et qui sera reconnue pour ses travaux, elle reçoit la médaille d’or pour la science prussienne et devient membre honoraire de la Royal Astronomical Society, … le tout fin 18e début 19e siècle. Mais il existe des cas plus lointains encore : comme par exemple Hypathie au 4e siècle dont les travaux ont été détruits mais dont on sait qu’ils étaient tellement avancés qu’ils lui ont valu d’être assassinée par des chrétiens fanatiques. Notons aussi au passage Émilie du Châtelet, française du 18e siècle qui fut à l’origine de la traduction en français des travaux de Newton… seule traduction jusque dans les années 2000 où une autre fut réalisée.A l’époque, maîtriser deux langues et être érudit au point de traduire un ouvrage scientifique n’est pas donné à tous et pour une femme de son époque, c’est extraordinaire. Enfin, toujours en vie de nos jours, je voudrais évoquer Carolyn Shoemaker, la personne ayant découvert le plus de comète dans toute l’histoire de l'humanité : elle a découvert 32 d’entre elles ! Et l’une de ces comètes est extrêmement connue : Shoemaker-Levy 9 ou SL9, la fameuse qui s’écrasa sur Jupiter en 1994 sous la forme d’une série de débris qui ont permis d’en savoir plus sur l'atmosphère de la géante rouge. Comme je te l’ai déjà dit le ciel est le même pour tous, et la soif de connaissance est peut-être quelque part dans notre ADN, quel que soit l’origine, le sexe ou le genre. Mais il y a une chose qui nous reliera toujours tous, c’est notre place dans l’Univers : du génie au crétin, de la vedette au groupie, du roi au mendiant, à l’échelle de l’univers nous ne sommes pas grand chose. A l’époque de Kepler, nous savons déjà que nous sommes moins importants qu’imaginé précédemment, relégué du centre de l’univers à l’un de ses astres… Mais malgré cela, nous étions toujours bien trop présomptueux. Une co-production de Phil_Goud : Texte et narration Redscape : Mise en musique, mixage et voix des anciens Génériques (Début+Fin) : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2015 Blood MusicAvec l’aimable autorisation de Carbon Based Lifeforms pour la réutilisation de sa musique.Voix du générique : Karine Crédits musiques “Foghorn” Robin Schlochtermeier (Spectral) 2020 Denovali Records “A Walking Embrace” Nils Frahm (Encores 2) 2019 Erased Tapes Records “You'll Miss Us One Day” Ben Lukas Boysen (Gravity) 2013 Ad Noiseam “ The Headless Sleep” Ian Hawgood & Aaron Martin (Wolven (A Modern Interpretation)) 2013 hibernate “Words Are Gone” Hior Chronik (Blind Heaven) 2019 7K! “Yellow Moon” Luca D’Alberto (Endless) 2017 7K! Les artistes Robin Schlochtermeier : http://robinschlochtermeier.com/ Nils Frahm : https://www.nilsfrahm.com/ Ben Lukas Boysen : https://benlukasboysen.com Ian Hawgood : https://www.folkreels.com/ Aaron Martin : https://aaronmartin.bandcamp.com Hior Chronik : https://hiorchronik.bandcamp.com/ Luca D’Alberto : http://luca-dalberto.com/ Crédit image Greg Rakozy https://unsplash.com/photos/0LU4vO5iFpM
Un grain de poussière

Un grain de poussière

2020-09-1827:24

Texte de l'épisode Introduction Après la vie mouvementée de Kepler et maintenant que nous avons balayé plusieurs aspects de la connaissance humaine de l'astronomie, je te propose de faire un résumé des connaissances et des inconnues. Nous savons que la Terre tourne autour du Soleil, à la manière d’autres astres du même type, d’autres planètes, dont certaines ont des lunes, comme Jupiter par exemple. Nous avons des formules mathématiques qui permettent de savoir où se trouve toutes les planètes connues, leur vitesse et nous pouvons ainsi prévoir des phénomènes astronomiques futurs. Nous avons une vague idée qu’il existe un phénomène permettant d’attirer les planètes vers le soleil et les lunes vers les planètes et de les faire tourner comme une pierre au bout d’un ficelle… mais ce qui compose la ficelle est totalement inconnu. Concernant les dimensions, seules quelques règles de proportions ont été apportées par Kepler, il avait découvert que la distance entre les planètes s'accroît en proportion de leur distance au Soleil, mais sans donner de dimension. Quelle est donc la taille du système solaire et des astres qui le compose ? Estimée à 10.000x le rayon terrestre par Archimède, il variera de 380 à 1520 selon les scientifiques et les époques… ce qui veut dire que personne ne sait vraiment. Transit de Vénus et l’unité astronomique Si Kepler avait souligné l'événement prochain, le transit de Vénus, c’est que connaissant les proportions des orbites et surtout les vitesses de déplacement, il est possible alors de mesurer la distance qui nous sépare du Soleil en comparant les observations depuis deux points éloignés sur la Terre. Je vais te faire grâce des mathématiques et surtout de la géométrie qui explique ce calcul, mais je peux t’expliquer facilement sa base. Je suppose qu’un jour d’ennui, ou dans un film 3D, tu as déjà fait l’expérience de voir certains objets de la scène que tu regardes, alterner leur position de gauche à droite lorsque tu fermes un oeil puis l’autre. Plus l’objet est prêt, plus la différence de position sera importante. Plus l’objet est loin, plus il restera immobile lorsque tu changes d’oeil. C’est d’ailleurs le même phénomène qui fait que les poteaux du train défilent vite mais les objets à l’horizon semblent lents ou immobiles. Et plus impressionnant encore, c’est aussi ce qui fait que tu as l’impression que la Lune te suit lorsque tu voyages de nuit. Ce phénomène a un nom : c’est ce qu’on appelle la parallaxe. Maintenant que tu as ce principe physique en tête, dis-toi que c’est grâce à ça que l’on mesure les distances dans l’espace. Mais si à quelques kilomètres, les objets semblent immobiles lorsqu’on est en mouvement, comment mesurer la distance d’objets aussi lointains que le soleil ou même des étoiles ? C’est simple : plus les deux points d’observations sont éloignés, plus la mesure est précise. Les 10-12 cm qui séparent nos yeux en moyenne ne sont bien évidemment pas suffisants.Pour mesurer l’unité astronomique, il faut séparer les points d’observation de milliers de kilomètres et observer le phénomène de manière simultané. Actuellement ce n’est pas un problème particulièrement compliqué à résoudre : Tu peux au choix faire appel à un observatoire au bout du monde avec un simple email ou envoyer un second observateur avec lequel vous vous synchronisez à l’aide d’horloges précises disponibles presque gratuitement. Mais souvenons-nous à quelle époque les premières observations tentent d’être effectués : 1631. Je dis bien “tentent” car si les Kepler avait prédit avec succès le transit de Mercure en novembre 1631, il n’avait pas déterminé l’orientation de la Terre pour le transit de Vénus, en décembre de cette même année.Pas de chance : au moment du transit, il fait nuit en Europe, ce qui, je le rappelle, est la définition de l’absence de visibilité du Soleil, ce qui compromet l’observation d’un corps passant devant notre étoile. En tout cas, cela a le mérite de prouver que Kepler et ses tables sont justes. En 1639, 8 ans plus tard, un anglais du nom de Horrocks calcule grâce à ces dernières, les prochains transits mais ce n’est que près de 4 décénnies plus tard que l’idée de l’utiliser pour mesurer la distance terre-soleil émerge dans l’esprit d’un certain Halley. En effet en 1677, sur l’île de Sainte-Helène , la même où sera détenu Napoléon près de 140 ans plus tard, le jeune Halley observe le transit de Mercure prédit par Horrocks. (Oui Halley, celui-là même qui a une comète à son nom. Encore un scientifique brillant dont je pourrai parler longtemps, mais nous allons nous concentrer sur une toute petite partie de sa vie.) Malgré un temps passable, Halley arrive à mesurer le temps mis par Mercure pour effectuer son passage devant le Soleil. Je sais pas comment tu imagines les transits planétaires, mais il y a quelques détails qu’il faut que je te précise :Pour commencer, on ne parle pas d’éclipse car la planète ne représente qu’un point, plus petit qu’une tâche solaire qui défile devant le soleil durant quelques heures.Ensuite, la trajectoire ne trace pas le diamètre de notre étoile, mais il s’agit d’une corde, coupant le soleil en deux parts très inégales. Ce que Halley intuite alors, c’est que deux astronomes placés en deux latitudes très différentes, ne verront pas cette trajectoire de transit au même endroit. Comme à l’époque, les photos n’existent pas, afin de savoir où se situe la ligne, il suffit de mesurer le temps mis par la planète pour traverser le disque solaire.Comme elle se déplace à vitesse constante, plus long est le temps, plus proche du centre passe la planète, et inversement. Par de savants calculs, connaissant la distance séparant les astronomes et la différence d’observation, il sera alors possible de déterminer non seulement la distance qui nous sépare du soleil, mais aussi les dimension du système solaire entier. La distance qui sépare Mercure du Soleil est trop petite pour que la mesure puisse être exploitable, en revanche, Venus permettrait une mesure précise. Seul problème : Venus ne transite que 2 fois par siècle, et ne repassera devant le soleil qu’en 1761 et 1769 et Halley sait pertinemment qu’il ne sera plus de ce monde à aucune de ces dates. Halley lance alors un appel en 1716 pour que le prochain transfert de Vénus, prévu en 1761, soit observé par tous les astronomes disponibles et volontaires, notamment pour l’observer depuis des points très éloignés : arctique en amérique du Nord, Golfe du bengale à l’est de l’Inde, tropiques…Outre les distances, une mesure du temps précise est aussi requise. Halley garantit qu’avec une précision à 2 seconde près, la distance sera précise à 1/500e près, soit à + ou - 300 000Km. Cela peut paraître beaucoup mais je te rappelle que la lumière du soleil met 8 minutes à nous atteindre, c’est donc une excellente précision à l’échelle astronomique. La campagne de mesure de 1761 donnera une fourchette de valeurs trop large pour être exploitable (entre 8.3 et 10.6 secondes d’arc). Heureusement, durant le transit suivant en 1769, la mesure est plus fiable et la plage de valeur réduite : entre 8.43 et 8.8, ce qui définit une distance Terre-Soleil égale à 24000 fois le rayon de la Terre à l'équateur. Mais nous sommes encore loin de la précision de 1/500e annoncée par Halley et ce n’est qu’après de multiples passage et de multiples siècles que cette valeur sera enfin plus proche de la réalité, soir 23 455 rayons équatoriaux. On sait désormais comment les distances du système solaire ont été mesurées. Et cette technique de la parallaxe est encore utilisée aujourd’hui pour la mesure des distances qui nous séparent des étoiles proches… sauf qu’au lieu de se déplacer sur la Terre, les distances étant trop faibles, les mesures sont faites à différents moment de l’année, exploitant le déplacement de notre planète elle-même pour plus de précision. L’échelle de l’Univers Mais avançons dans le temps jusque dans les années 1920, durant lesquelles a lieu le “Grand débat” dont on connaît surtout le débat de Shapley-Curtis qui eut lieu au musée d’histoire naturelle du smithsonian, à washington lors duquel ces deux scientifiques ont rendu chacun des thèses contradictoires toutes deux intitulées “l’échelle de l’univers”. Malgré la précision des instrument d’observation qui n’a jamais été aussi fine, il reste dans le ciel des objets flous dont on sait qu’ils ne sont pas liés aux télescopes. On les appelle les nébuleuses. Toi tu sais ce qu’est une nébuleuse, un nuage de matière gigantesque provenant de l'explosion d’une ancienne étoile et éclairé par des étoiles naissantes… Sauf que tout ce qui est flou n’est pas forcément une pépinière d’étoiles. A l’époque, on a bien avancé dans la compréhension de notre galaxie, la voie lactée, dont on a mesuré la distance de bien des étoiles. L’objet du grand débat est assez simple à présenter, mais la réponse n’est pas évidente : l’univers observable est-il limité à la seule Voie Lactée ?Peut-on observer des étoiles qui n’en font pas partie ? Il y a deux nébuleuses qui font polémique : deux nébuleuses en forme de spirale, dont une que l’on voit de haut et dont on pourrait parfaitement observer la rotation. D’un côté Shapley était d’avis que l'entièreté de l’Univers était contenu dans la voie lactée. L’un de ses argument était que si les nébuleuses étaient hors de notre galaxie, les calculs indiquent une distance bien trop grande, de l'ordre de cent millions d’années lumière, ce qui est mille fois plus grand que notre galaxie.De plus, Shapley observa que l’une des galaxie était en mouvement et que si ce mouvement était perceptible à ces échelles de grandeur, cela impliquerait que des éléments se déplacent plus vite que la lumière.Enfin, une nova, l'apparition d’une étoile brillante et fugace, a déjà surpassé l’éclat de la nébuleuse elle-même, ce qui aurait été impossible s’il s'agissait bien d’une galaxie, requérant bien trop d’énergie. A l’inverse, Curtis théorise que ces nébuleuses sont d’autres galaxies, ou d’autres “îlots d’univers”, pour reprendre le terme d'emmanuel Kant qui l’avait imaginé cette éventualité deux siècles plus tôt.De plus, le nombre de novas observées dans ces nébuleuses et bien supérieur au nombre observé dans la voie lactée. Pourquoi y aurait il plus de novas dans cette partie du ciel que dans le reste ?Prudent, il concéda que si les observation de Curtis concernant la vitesse de rotation de la galaxie étaient justes, il aurait simplement tort. Or, depuis 1919, Edwin Hubble est en poste à l’observatoire du mont Wilson en californie, observatoire qui dispose du plus grand télescope, du petit nom de Hooker, construit deux ans plus tôt. Avec ses 2.5m de diamètre, il sera le plus grand du monde jusqu’en 1949. Pour vérifier la véracité de l’une ou l’autre des théories, il va utiliser un type particulier d’étoiles : les céphéides.Elles ont comme première particularité d’émettre une lumière qui pulse sur une période allant d’un à 100 jours, au lieu d’être constante, comme la majorité des étoiles.Mais la seconde particularité est que leur luminosité est directement proportionnelle à leur période.Une étoile qui a une période de 3 jours aura toujours la même luminosité, et sera d’ailleurs moins lumineuse qu’une étoile avec une période de 10 jours. Ce rapport de proportion est tellement net que de la période, il est facile de déterminer la luminosité de l’étoile. Or, la lumière étant dispersée dans toutes les directions, plus l’étoile est loin, plus la lumière qui nous parvient est ténue car une faible proportion de la lumière émise touche la Terre, ou en l'occurrence le téléscope. Connaissant la luminosité nominale des céphéides, il est alors possible de déduire la distance en fonction de sa luminosité apparente. Elle sont en un sens les balises de notre univers. C’est comme cela qu’Hubble démontra que, ce que nous connaissons désormais comme la galaxie d’andromède et la galaxie du moulinet, sont bien des soeurs de notre voie lactée, et que l’univers est donc bien plus grand que nous pouvions l’imaginer. Hubble observa bien d’autres galaxies et les classa en grandes familles : les galaxies elliptiques, en spirale barrées ou non et lenticulaires.La voie lactée est une galaxie spirale par exemple, comme les ¾ des galaxies observées. Mais les observation d’Hubble sont allées plus loin encore : il mesure la distance de 24 galaxies, leur vitesse d’éloignement par rapport à nous. Pour comprendre comment mesurer la vitesse d’éloignement, imagine le passage d’une sirène de police, ou de pompier. Elle semble plus aigue quand ils se rapproche et devient plus grave en s’éloignant. La lumière réagit pareil. on peut donc déterminer la vitesse d’éloignement selon à quel point la lumière part “dans les basses fréquences”, ce qui en lumière visible est le rouge. Étonnamment, en mesurant ces 24 galaxies, il s'aperçut que systématiquement, plus les galaxies étaient éloignées, plus elles partaient dans les basses fréquences. Le fameux redshift que j’avais déjà évoqué. Mais contre toute attente, il n’y vit qu’une simple corrélation, dont il tira tout de même une constante, et laissa le soin aux autres d’y trouver une explication. Ce n’est que quelques années plus tard que cette simple curiosité fut reconnue comme un nouveau clous dans le cercueil de l’égo de l’humain. En plus d’être gigantesque, plus grand que nous pouvons nous le représenter, l’univers est en plus en expansion constante. Et s’il est en expansion et que l'on rembobine le fil de l’histoire, cela implique que l’univers tenait en un point… mais tu sais déjà tout ça.ConclusionVoici qui conclut la grande frise historique de la place de l’humanité dans l’univers. Nous sommes passés du centre du monde à n’être qu’une des planètes, tournant autour de l’une des étoiles de l’une des galaxies d’un Univers qui grandit toujours, et de plus en plus. Si l’astronomie nous a appris une chose c’est que notre système solaire n’est même pas un grain de poussière à l’échelle du cosmos. Alors que dire de notre Terre ou de nous, humains. Si ça peut paraître déprimant, la première fois, sache que pour moi, cela veut dire que nous sommes libres.Pas de destin, pas de but à atteindre ou d’objectif à accomplir, rien qui nous rende spéciaux. Nous pouvons donc profiter de notre brève existence comme nous l’entendons, et choisir nos buts. Et notamment, nous pouvons chercher à savoir comment il fonctionne, pour mieux en admirer la beauté, comme on aime à observer le mécanisme harmonieux et précis d’une horloge. Et ce sera d’ailleurs la dernière partie de notre aventure : comment sommes-nous passés de prédire les mouvements des astres à en comprendre la cause ? Une co-production de Phil_Goud : Texte et narration Redscape : Mise en musique, mixage Génériques (Début+Fin) : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2015 Blood MusicAvec l’aimable autorisation de Carbon Based Lifeforms pour la réutilisation de sa musique.Voix du générique : Karine Crédits musiques “Venia” Ben Lukas Boysen (Mirage) 2020 Erased Tapes Records “Olson” Boards Of Canada (Music Has Right To Children) 1998 Warp Records “Grandma’s Appearance” Hydras Dream (The Little Match Girl) 2014 Denovali Records “Faith In Strangers” Andy Stott (Faith In Strangers) 2014 Modern Love “Galaxy Song” Monty Python (Galaxy Song) 1983 CBS Les artistes Ben Lukas Boysen : https://benlukasboysen.com Boards Of Canada : https://bleep.com/artist/78-boards-of-canada Hydras Dream : https://www.facebook.com/hydrasdream Andy Stott : https://en.wikipedia.org/wiki/Andy_Stott Monty Python : https://en.wikipedia.org/wiki/Monty_Python Crédit image Greg Rakozy https://unsplash.com/photos/0LU4vO5iFpM
Démontons l'horloge

Démontons l'horloge

2020-10-0244:52

Texte de l'épisode Introduction Prends le temps de savourer cette dernière partie de notre voyage dans l’histoire des connaissances du ciel. Nous allons enfin comprendre ce qui fait tourner l’horloge cosmique... pour finalement détruire le concept-même de temps. Depuis l'intuition d’Aristote jusqu'à Kepler en passant bien évidemment par copernic et Galilée, si le mouvement des corps célestes est bien compris et les règles fonctionnelles, cela ne veut pas dire que l’on sait quel est le phénomène qui est à l’origine de ces mouvements. Aristote disait que les choses lourdes tendent à aller vers le centre de la Terre, à l’époque où ce dernier était encore pensé comme le centre de l’univers Kepler, lui, avait évoqué une forme de magnétisme. Galilée, Newton et les lois d’attraction Depuis Galilée, on sait déjà que deux objets devraient tomber à la même vitesse dans le vide, quelles que soient leurs masses. "Si les corps lourds tombent plus vite que les corps légers, en attachant ensemble un corps léger et un corps lourd, le plus léger des deux ralentira le corps lourd et l’assemblage doit tomber moins vite que le plus lourd des deux corps.Cependant, une fois attachés ensemble, ils forment un nouveau corps plus lourd que le plus lourd des deux.Ce nouveau corps doit donc tomber plus vite que le plus lourd des deux. Ce qui est une contradiction. Par conséquent, tous les corps doivent tomber à la même vitesse." Si cela te parait magique ou compliqué, imagine la chose suivante : un objet a ce qu’on appelle une inertie. On le définit à l’époque comme sa capacité à résister au déplacement. Plus il est lourd, plus il est difficile de changer la direction ou la vitesse de son mouvement. Une boule de pétanque lorsque tu la lâches pour la laisser tomber au sol, va demander plus d’énergie pour accélérer et toucher le sol. A l’inverse, une bille demande moins d’énergie, mais elle est aussi moins soumise à la gravité. C’est une autre façon de comprendre pourquoi la bille et la boule de pétanque mettront le même temps à chuter d’une hauteur donnée. Nous sommes en 1666 soit quelques décennies après Kepler et du vivant de Halley et bien entendu, Newton. Newton est dans le jardin familial dans le Lincolnshire en Angleterre et, contrairement à l’image populaire n’a pas reçu de pomme sur la tête : il imagine simplement que la force qui fait tomber la pomme vers le sol est probablement la même que celle qui retient la Lune sur son orbite. Il appuie alors ses calculs d’une telle hypothèse sur les tables de Kepler ainsi que les travaux sur l’inertie de galilée. Mais aussi, et c’est moins connu, en consultant ses contemporains tels que Robert Hooke. Ce dernier est rarement crédité or, c’est lui qui démontre que la force appliquée est proportionnelle au carré de la distance qui sépare les astres en mouvement, composante essentielle de l’équation. En janvier 1684, Robert Hooke, Christopher Wren et Edmond Halley débattent sur le mouvement des planètes. Les trois hommes conviennent que le Soleil attire les planètes avec une force inversement proportionnelle au carré de leur distance.A deux fois la distance, la force est donc divisée par 4, pour 3 unités elle est divisée par 9, et ainsi de suite… La question qu'ils se posent est celle de l'orbite que suivra une planète soumise à l'influence de cette force ; en s'abritant derrière les lois de Kepler, ils imaginent que ce sera une ellipse, mais ils manquent d'outils pour le démontrer.Hooke annonce qu'il a trouvé la solution, mais refuse de la révéler tant que les deux autres ne s'avouent pas vaincus. Halley et Wren reconnaissent leur échec, mais les mois passent et Hooke ne révèle toujours pas son secret. Alors Halley décide de poser la question à Isaac Newton qui répond aussitôt que ce serait une ellipse, parce qu'il l'a calculé. Halley reçoit un bref manuscrit de neuf pages intitulé “Du mouvement des corps en orbite” où il trouve ce qu'il attendait, et beaucoup plus que cela : une ébauche de la science générale de la dynamique. En réalité, Newton avait mûri au fil des années cette théorie du mouvement des planètes. Ainsi, dès 1665 , il avait commencé à étudier l'attraction du Soleil sur les planètes. Puis il passa à l'étude de la Lune, mais avec les données sur la Terre dont il disposait à l'époque, les calculs ne tombaient pas juste. Lorsque, en 1675, furent publiés les calculs plus exacts des mesures terrestres réalisés par l'astronome français Jean Picard (1620-1682), il put reprendre ses calculs et vérifier que l'hypothèse était juste. Sa vision du mouvement des corps célestes continua d'évoluer et, au milieu de la décennie 1680, il avait généralisé la théorie de l'action à distance à presque tous les phénomènes de la nature. À cette époque, il vivait complètement immergé dans son œuvre. Selon la loi de la gravitation de Newton, la gravitation n'est pas seulement une force exercée par le Soleil sur les planètes, mais tous les objets du cosmos s'attirent mutuellement. La mécanique céleste, qui repose sur les trois lois de Kepler et la loi universelle de la gravitation de Newton, suffit, encore aujourd'hui, à expliquer par le calcul les mouvements des astres dans un univers local, tel que le système solaire ! On sait donc prédire les mouvement et calculer l’influence des astres les uns sur les autres.Cela sera très utile afin de découvrir de nouvelles planètes grâce aux influences qu’elles ont entre elles et qui crée des perturbations dans leurs orbites. Mais cela ne répond pas à la question de ce qui génère cette force qui fait s'attirer les masses entre elles. Il faudra attendre Einstein pour faire une avancée aussi significative. Einstein Pour aller plus loin encore que les lois de la gravitation édictées par Newton, il faudra un esprit capable de remettre en question le tissu même de l’Univers.Remettre en cause l’espace et le temps. Einstein s’appuya donc, comme ses prédécesseurs sur les travaux de.. ses prédécesseurs. Lorsque l’on calcule l’accélération que subit une pomme lors de sa chute, les masses ne rentrent pas en compte (ce qui est logique puisque tous les objets tombent à la même vitesse dans le vide). Mais qu’est-ce qui est à l’origine de cette accélération de la pomme vers la Terre ?Petite démonstration logique, qui sera très utile pour la suite. Reprenons notre pomme qui tombe et imaginons-la dans l’espace, dérivant sans aucune force appliquée dessus. Elle dérive en ligne droite selon la première loi de Newton :« Tout corps persévère dans l'état de repos ou de mouvement uniforme en ligne droite dans lequel il se trouve, à moins que quelque force n'agisse sur lui, et ne le contraigne à changer d'état. » Pour qu'elle change de direction, il faut faire appel à la 2nde loi de Newton :« Les changements qui arrivent dans le mouvement sont proportionnels à la force motrice ; et se font dans la ligne droite dans laquelle cette force a été imprimée. »Cela peut se traduire par le fait que lorsque l’on pousse un objet, il va se diriger dans la direction vers laquelle on l’a poussé, et il va s’y diriger plus ou moins vite selon la force de poussée. Le fait que notre pomme d’exemple ait une masse donnée requiert d’ailleurs plus ou moins de force pour la faire changer de trajectoire selon si sa masse est élevée ou non.C’est la masse inertielle. Attention : la masse c’est ce qui détermine la force avec laquelle les corps s’attirent entre eux.Et cela n’a en théorie rien à voir avec la masse inertielle. Or, puisque les objets tombent à la même vitesse, cela veut dire que la masse et la masse inertielle sont égales entre elles puisqu'elles s’annulent mutuellement lors de l’étude le chute libre. Mais encore une fois pourquoi ? Une simple coïncidence cosmique ? Après tout ça arrive des coïncidences : les éclipses solaires sont si majestueuses simplement parce que par coïncidence, la Lune est 400x plus petite que le soleil mais 400x plus proche et nous paraît ainsi faire la même taille, masquant parfaitement le soleil. Pour Einstein ce n’est pas une coïncidence anodine, il y a probablement une raison à cette correspondance des masses entre elles. Quelque chose qui transformerait complètement notre compréhension de la chute des corps, passant ainsi d’un mystère à une règle simple. C’est le principe d’équivalence.L’équivalence entre la gravité et l’accélération. Pour que tu comprennes comment cela est équivalent, imagine-toi dans un ascenseur, arrêté à un étage.Tu fais chuter deux objets de poids différents, non soumis au frottement de l’air, ils tombent à la même vitesse. Maintenant imagine cet ascenseur dans le vide de l’espace, soumis à aucune gravité, les objets flottent dans l’ascenseur, sans mouvement par rapport aux parois si tu le nes touches pas. Si cet ascenseur spatial se met à accélérer vers le haut, les objets vont alors sembler se déplacer vers le sol.Si il accélère pile à la bonne vitesse, et qu’il gagne 10m/s toutes les secondes, tu ne pourrais pas savoir si tu es dans un ascenseur sur Terre à l’arrêt ou accélérant dans l’espace. Et c’est logique en un sens. Que le contenant bouge autour des objets ou que les objets bougent dans le contenant, c’est physiquement équivalent. Et voilà pourquoi quelle que soit leur masse, ils chutent simultanément. On peut imaginer un objet très léger ou très lourd, si l’équivalent de leur chute est une accélération de l’ascenseur, le sol les atteint en même temps. La gravité et l’accélération sont donc un seul et unique principe physique. On parle désormais d’accélération de la pesanteur. Einstein pousse alors son raisonnement plus loin encore : Il imagine un ascenseur dans le vide, immobile, avec une raie de lumière qui va d’un côté à l’autre. La lumière devrait tracer un trait droit et horizontal.Si la même expérience est faite dans un ascenseur qui accélère vers le haut, alors la lumière devrait atteindre l’autre côté en étant un peu plus basse qu’à son départ. Or, on a vu que l’accélération et la gravité sont équivalentes, donc logiquement, si l’expérience est fait sur Terre, la lumière devrait être soumise aussi à la gravité et se comporter de même. Cela permet de démontrer que la lumière est soumise à la gravité, comme n’importe quel objet. Cela veut dire qu’avec un astre massif, comme le Soleil, il serait possible d’observer cette déformation de la lumière autour de ce dernier. Un peu comme une loupe ou des déformations d’une plaque de verre. C’est ce qu’on appelle une lentille gravitationnelle. Mais pointer un télescope vers le Soleil c’est risquer de se brûler les yeux… ou d’endommager le télescope.Un des correspondant d’Einstein, George Ellery Hale, propose alors d’en faire l’observation durant une éclipse. En 1919, Sir Arthur Eddington va suivre ces conseils et va apporter la preuve de la théorie d’Einstein par l’observation des étoiles aux abords du soleil, qui semblent effectivement s’être déplacées par rapport à leur position réelle. Notamment certaines étoiles qui devraient être cachées par le Soleil semblent être positionnées à ses abords. Cette confirmation fait alors d’Einstein la figure populaire que l’on connaît et le symbole de la science qu’il est toujours aujourd’hui. Mais le principe d’équivalence et la trajectoire de la lumière pose une question fondamentale : Qu’est-ce ce que c’est une ligne droite si ce n’est pas le chemin parcouru par la lumière ? Pour einstein, parler de ligne droite n’a pas vraiment de sens.Selon lui, l’espace, et plus particulièrement l’espace temps, est courbe. Il est déformé par tous les champs gravitationnels auquel il est soumis. Mais si cela semble aller à l’encontre de la physique Newtonienne, qui stipule qu’un corps soumis à aucune force se déplace en ligne droite, Einstein propose une solution qui permet non seulement de ne pas la remettre en cause mais explique au passage l’origine de la gravité. L’idée est que l’adage : “le chemin le plus court est la ligne droite” n’est pas vrai tout le temps. Prenons un exemple : les déplacements sur Terre, et surtout les longues distances.Si tu voyages entre deux points, tu ne fais pas réellement une ligne droite. Éventuellement sur la carte, et encore.Mais pas sur la surface du Globe, dont la surface est courbe, même si c’est la distance la plus courte, ce n’est pas une ligne droite, mais un arc. Einstein dit alors que la trajectoire de la lumière n’est pas réellement déformée par la gravité du soleil, mais qu’en réalité elle se déplace en suivant la trajectoire la plus courte dans l’espace-temps qui lui-même est déformé et donne l’illusion d’une lentille gravitationnelle. Le trajet le plus court remplaçant alors la ligne droite édictée par Newton pour définir le déplacement des objets qui ne sont soumis à aucune force extérieure. Ainsi, les orbites du système solaire ne sont pas un équilibre entre l’inertie de la planète et la gravité du soleil, la première tendant à les faire partir en ligne droite et la seconde les attirant vers le soleil telle une ficelle retenant un poids. Pour Einstein, la Terre se déplace bien de manière inertielle, sans force extérieure, mais dans un espace-temps qui est déformé par la gravité du Soleil. Ainsi, le fait qu’elle forme une orbite est alors aussi logique et inévitable que de revenir au même point lorsque l’on fait le tour de la Terre. Un autre exemple de ce qui pourrait paraître provenir d’une force ou une quelconque action extérieure mais qui n’est dû qu’à une logique géométrique :Imagine deux personnes partant du même point pour un tour du monde dans des directions différentes. Au début la distance entre eux va augmenter puis se réduire à nouveau, jusqu’à ce que leurs trajectoires se croisent, de l’autre côté de la Terre. Quelle que soit l’angle qui sépare leur trajectoire, quelle que soit leur orientation, et il est impossible de faire autrement, s’il partent du même point, ils se rejoindront toujours. Aucune influence extérieure, aucune magie noire, tout n’est que géométrie. Einstein n’a donc pas réellement expliqué la gravité, il l’a remplacée par une déformation de l’espace-temps. Mais étonnamment, les lois de newton sont tellement précises que malgré les travaux d’Einstein, dans la majorité des cas, elles sont encore utilisées, notamment pour aller sur la Lune. Car seuls quelques cas particuliers, ou lors de mesures par des appareil extrêmement précis, peuvent montrer des différences entre la réalité et la physique newtonienne. Un des cas particuliers, sont par exemple les trous noirs où la gravité est si forte que l’espace-temps est tellement déformé qu’il crée une réelle scission entre newton et einstein. Détruire le temps Avec la simple déformation de l’espace lui-même en fonction de la masse, on peut expliquer les orbites. Mais alors pourquoi dire que c’est l’espace-temps qui se déforme ? Nous avons démarré par la mesure du temps telle qu’elle a été créée par l’humanité, nous allons terminer par l’humanité remettant en cause l’aspect universel et immuable du temps qui passe. Le pire est que l’explication est Reprenons l’expérience de pensée de l’ascenseur d’Einstein avec la lumière qui forme un léger arc lorsqu’il y a de l’accélération. Tu t’imagines bien que la trajectoire de la lumière dans ces conditions est un tout petit peu plus longue que la ligne droite. Mais que l’on soit soumis ou non à la gravité, elle va mettre toujours le même temps car dans le cas où c’est l’ascenseur qui se déplace, pour un observateur extérieur, elle se déplace toujours en ligne droite, et l’arc est une forme d’illusion pour le second observateur à l’intérieur de l’ascenseur. Donc, pour l’un, une ligne droite, pour l’autre, un arc. La vitesse de la lumière dans le vide est constante.Elle ne peut pas être plus rapide ou plus lente. Constante. Si la distance est différente et que la vitesse est constante, le temps devrait être différent. En 2h on parcourt plus de distance qu’en 15 min à 50km/h. Jusque là c’est logique. Sauf qu’ici, on a donc deux observateurs qui mesurent deux distances parcourues, à la même vitesse, avec des durées différentes… Imaginez deux personnes qui mesurent le temps d’une voiture autour d’un circuit et le temps qu’il vous donnent n’est pas le même.Vous en déduisez deux théories de problème de mesure du temps :soit il y a erreur de manipulation du chronomètre,soit il y a un problème dans le chronomètre lui-même avec l’un des deux qui est un peu plus lent que l’autre. Sauf que dans le cas de l’ascenseur et le rayon de lumière, la mesure est parfaite et les instrument sont parfaits. Il ne reste plus alors qu’une solution : le temps s’écoule différemment pour l’observateur selon s’il est à l’intérieur ou à l'extérieur de l’ascenseur. Plus on est soumis à une grande vitesse, plus cet effet est notable.Plus l’horloge utilisée pour la mesure est précise, plus cet effet est mesurable. Un des cas où cet effet a été perçu, c’est lors de la mise en service des GPS. Ils tournent autour de la Terre à grande vitesse par rapport aux récepteurs au sol. Il sosnt aussi moins soumis au champs gravitationnel de la Terre car plus loin.Leur horloge est donc légèrement décalée par rapport à ton smartphone. Mais le principe même du GPS c’est de demander à 3 satellites (ou plus) quelle heure il est de manièr très précise et selon le temps indiqué, connaître notre distance par rapport à eux. En connaissant la distance par rapport à 3 points, on peut alors connaître sa localisation. Sans prendre en compte la théorie de la relativité, le décalage serait d’environ 38 microsecondes par jour : 45 microsecondes dues à la gravité terrestre un peu plus faible au fur et à mesure de la distance par rapport à son centre auquel on retranche 7 micro seondes dues à la vitesse de déplacement des satellites… sauf que pour que le GPS soit précis, il est nécessaire d’obtenir des horodatages à la nanoseconde près. Sans prendre en compte la relativité, les GPS seraient donc complètement imprécis donc inutiles au bout de seulement 2 minutes et un décalage de 10km serait observé chaque jour. Ces satellites sont sont conçus pour calculer la dilatation du temps et adapter leur horloge en fonction de cette dernière. Conclusion Je pourrais aller encore plus loin et parler de gravitrons, du boson de higgs, chacun apportant sa pierre à l’édifice de la science astrophysique. Mais à l’heure actuelle il n’y a pas encore de réponse simple et aisément explicables.Aller plus loin serait se diriger vers la physique quantique. Le prochain défi sera d’ailleurs de réconcilier l’infiniment grand et l’infiniment petit qui paraissent être si différents dans leur fonctionnement. Mais on y arrivera un jour, comme on est arrivé à réunir les phénomènes cosmiques à la simple chute d’une pomme sur Terre. Conclusion de l'acte S’il y a une chose qui est particulier à l’humanité, à notre connaissance en tout cas, c’est bien sa volonté de tout savoir, de tout dompter de tout maîtriser. Parfois pour le pire, mais en réalité souvent pour le meilleur. Certains, encore actuellement, tentent de remettre en cause des bases aussi universellement admises que la rotondité de la Terre.C’est très humain, ça ;-) Ne jamais être satisfait d’une réponse toute faite. Le voir pour le croire. Le comprendre pour l’apprendre et l’intégrer. Il est tentant de se moquer de ces personnes qui veulent redémontrer ce qui te parait si évident.Mais tenter de remettre en cause ce qui est érigé au statut de vérité absolue, on l’a vu, c’est parfois aussi ce qui a fait avancer la science.Le tout étant d’accepter de revoir sa copie lorsque l’expérience ne donne pas les résultats attendus. Et là tu vas me dire “mais moi je ne suis pas légitime, je ne suis pas un scientifique, où est-ce que je me situe dans cette passation, cette amélioration continue des connaissances humaines ?” Comme on l’a vu avec ceux qui ont entouré Kepler, faire avancer la science, c’est parfois simplement transmettre à d’autre l’émerveillement d’un domaine qui te passionne et ainsi les lancer sans le savoir dans une voie qui changera peut-être le monde. Que se soit communiquer discrètement un ouvrage de Nicolas Copernic, ou plus actuel, partager avec un autre humain l’émerveillement que te procure un domaine en particulier ou un article sur une découverte scientifique récente. Cela n’est pas obligatoirement en lien le ciel nocturne, cela peut-être l’Histoire (avec un grand H) et par exemple sa période la plus méconnue qu’est le Moyen Age, ou alors l’informatique et son code qui agit tel des sorts sur des éléments de silicium et qui a, e quelques années, transformé nos vies. Et parfois, la connaissance n’est pas scientifique, elle est plus intime, plus humaine. Des histoires avec un petit h, des expériences. Et pourquoi pas simplement partager les questions que tu te poses. Celui qui te donnera la réponse, la donnera aussi à d’autres. Nous sommes dans une période propice à la communication et il n’a jamais été aussi facile de se renseigner ou de transmettre le patrimoine que représentent les connaissances humaines.Mettre en commun nos expériences et célébrer ensemble l’émerveillement que l’on peut ressentir lorsque l’on découvre quelque chose. Je caresse l’espoir que cela nous pousse à être meilleurs sur le long terme : Je vais te faire part de la plus belle image que je connaisse pour représenter la connaissance, individuelle ou à l’échelle de l’humanité. Ce que l’on sait est comme un disque de lumière projeté sur la surface de ce qu’il y a à découvrir. Plus on en sait, plus on prendre de la hauteur avec la lampe de la connaissance. Et plus on prend de la hauteur, plus grand est le disque éclairé par le savoir. Mais ce qui grandit aussi, c’est aussi le pourtour de ce disque, la frontière entre le fait de savoir et celui d’ignorer. C’est un peu comme pour notre place dans l’Univers, dont l’échelle te fais sentir tout petit maintenant que tu le connais un peu mieux : plus tu sais, plus tu est conscient de ce que tu ignores, et plus tu en es conscient, plus tu sauras attendre d’avoir des éléments pour juger. Individuellement, nous ne sommes rien, à l’échelle de notre espèce, toujours pas grand chose, mais nous accomplissons des choses qui dépassent largement notre échelle. On verra à quel point dans une prochaine balade.Et comment l’astronomie seule ne suffit pas à projeter l’humanité dans l’espaceCette conquête, c’est l’avancée de la science dans son entièreté et ses multiples disciplines. Il n’y a rien qui ne vaille pas le coup d’être recherché.Sois curieux, crée, découvre, comprend et transmets. Et ainsi, contribue à créer ce reflet dans les yeux de toute l’humanité. Une co-production de Phil_Goud : Texte et narration Redscape : Mise en musique, mixage, voix des anciens, outro Génériques (Début+Fin) : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2015 Blood MusicAvec l’aimable autorisation de Carbon Based Lifeforms pour la réutilisation de sa musique.Voix du générique : Karine Crédits musiques "#3" Aphex Twin (Selected Ambient World II) 1994 Warp Records "Saturday Barbecue With New Neighbours" HUVA Network (Ephemesis) 2009 Ultimae Records "Inside EyeSight" Martin Nonstatic (Granite) 2015 Ultimae Records "C O S M" Jon Hopkins (Singularity) 2018 Domino "Moan (Remix)" Trentemøller (The Last Resort) 2007 Poker Flat Recordings “Saturn Strobe” Pantha Du Prince (This Bliss) 2007 Dial Les artistes Aphex Twin : https://aphextwin.warp.net HUVA Network : https://ultimae.com/artists/h-u-v-a-network/ Martin Nonstatic : https://ultimae.com/artists/martin-nonstatic/ Jon Hopkins : https://jonhopkins.co.uk/ Trentemøller : https://www.trentemoller.com/ Pantha Du Prince : http://www.panthaduprince.com/ Crédit image Greg Rakozy https://unsplash.com/photos/0LU4vO5iFpM
Comments (1)

Matthieu Merabli

Bravo, bravo pour ce travail remarquable.

Sep 21st
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