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ENFANT DE QUELQU'UN …

Author: Odile CONSEIL

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Description

Que l’on soit riche et célèbre ou pauvre et malade, on ne vient pas de nulle part.


Nos parents ont largement marqué notre vie, il n’est pas besoin d’avoir lu Freud pour s’en persuader. Ce sont eux qui nous ont appris à parler, à marcher, à penser peut-être, à chanter. Eux qui ont été les modèles des enfants que nous étions… ou les anti-modèles.


Eux que nous avons parfois détestés pour leurs idées politiques, leurs silences, leur absence d’amour….


D’une façon ou d’une autre, ils nous ont marqué.


Donner la parole à des personnalités de tous horizons pour qu’elles dévoilent un pan moins connu de leur existence - qui étaient leurs parents, quelle était leur personnalité, quels souvenirs elles en gardent, quels moments forts, inoubliables ou terribles elles ont vécu avec eux…  tel est l’objectif de ce podcast, « enfant de quelqu’un ». Parce qu'on ne vient pas de nulle part.


Parmi les premiers invités de ce podcast : les historiennes Michelle PERROT et Mona OZOUF,  le comédien Jacques WEBER, la dessinatrice Florence CESTAC, l'écrivain et cinéaste Gérard MORDILLAT,  l'artiste ORLAN, l'homme de théâtre Jean-Michel RIBES, le pédiatre Aldo NAOURI, l'écrivaine et philosophe Catherine CLÉMENT — et son frère Jérôme CLÉMENT… et bien d'autres à découvrir au fil du temps.


 


Musique du générique : saison 1 :Hélène Blazy -  Saison 2 : Frédi Loth - Dessin de la vignette : Boligán


30 Episodes
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Philippe Martinez, né le 1 avril 1961, a occupé le poste de secrétaire général de la CGT entre 2015 et 2023.  Ses parents, tous deux d'origine espagnole - le père né en France et ayant grandi à La Plaine St Denis dans le quartier connu sous le nom de "petite Espagne", la mère arrivée jeune femme de Santander, en Cantabrie - ont ont histoire syndicale et politique forte, à la CGT et au Parti communiste. Le père, engagé dans les Brigades internationales en 1936, ouvrier métalluirgiste, était délégué syndical de son entreprise - un équipementier automobile -, la mère a adhéré au PCF en arrivant en France. Chez les Martinez, la famille est vaste : six tantes en France, six oncles en Espagne, et un village d'Ardèche tout proche de celui où Jean Ferrat avait élu domicile, où la famille se retrouve régulièrement, où les discussions politiques vont bon train, entre célébration de la résistance, détestation du franquisme et débats animés sur l'URSS - un bouillon de culture pour le jeune Philippe. De cette jeunesse entre "la langue de Cervantès" et celle de Molière, des ces conversations passionnément écoutées, il lui est resté des convictions politiques mais aussi antiracistes qui ont contribué à faire l'homme qu'il est.  Musiques additionnelles :  - Pasiegas - "contre vents et marées"  (disponible sur You Tube) : https://www.youtube.com/watch?v=r85Vt2tak3c - Jean Ferrat, Ma France     Cinq filles et un garçon : Manuel, le père de Philippe Martinez   Philippe Martinez vu par Ernest Pignon-Ernest et la bande annonce du film Les Femmes du 6e, de Philippe Le Guay : https://www.youtube.com/watch?v=ykg0DfSkwmc      
La comédienne Liliane Rovère a eu une vie bien remplie. Elle est née en 1933 à Paris dans une famille juive marquée par la guerre, a découvert le jazz avec passion, a passé deux ans aux États-Unis avec le trompettiste Chet Baker, est entrée dans le monde du spectacle dans une pièce de Robert Dhéry… La vie de Liliane Rovère pourrait être un roman, mais c’est bien sa vie, dont elle raconte ici les débuts, dans une famille aimante mais où l’on ne parlait pas, où l’on n’avait pas de conversations, pas d’échanges… On s'aimait sans rien dire. (Des bruits parasites se sont invités dans la conversation sans demander la permission. Sorry !) Les parents, Abraham et Chaja Cukier Les mêmes, avec la jeune Liliane Liliane à 4 ans à 17 ans Avec sa mère à Nice, en 1957           Musique du générique : Frédi Loth Réalisation : Frédéric Milano Musiques additionnelles : Clifford Brown – sextet in Paris, 1953- Blue concept Chopin – polonaise, op.53, Evgeny Kissin  
Comédien, metteur en scène et réalisateur né en 1943, François Marthouret avoue avoir peu de souvenirs de son enfance. Il en exhume quand même ici quelques-uns,  où perce le regret qu'il n'y ait pas eu plus de confiance et de complicité dans cette famille petite bourgeoise corsetée par les valeurs de l'époque. Il reconnaît toutefois la chance dont il a joui - du sport, des séjours linguistiques à l'étranger, des vacances nombreuses dans tous les coins de France, et la liberté qui lui a été laissée de devenir comédien. Réalisation : Frédéric Milano Musique du générique : Frédi Loth Musiques additionnelles • JS Bach : Toccata et fugue en ré mineur BWV 565, • Saez : Tricycle jaune, • La Fouine : Papa   Légandes photos François Marthouret enfant Plus grand La mère Le père Les quatre enfants Marthouret, avec une dame inconnue. François est le plus jeune des garçons L'aïeul côté paternel
Jean-Loup Chiflet, né le 1 juin 1942 à Lyon, a eu une enfance tout à la fois choyée — il a grandi au sein d'une famille de la grande bourgeoisie, avec une "bonne" à domicile  — et marqué par une éducation catholique qui lui a laissé un sentiment de culpabilité persistant. Dans cette famille "où l'on s'aimait sans se le dire", où l'on vouvoie ses parents, domine la figure de la mère, tout à la fois belle, impressionnante et très croyante. Qui, par exemple, faisait s'agenouiller les enfants devant le poste de télévision lorsque le pape y prononçait sa bénédiction urbi et orbi le jour de Pâques, à la fenêtre du Vatican. C'est devenu adulte qu'il a pu nouer une relation joyeuse et simple avec cette femme, restée veuve durant des longues années. Un grand merci à Frédéric Milano pour la réalisation Légendes photo Jean-Loup Chiflet et sa mère Les mêmes (en couverture de l'édition originale de l'ouvrage Un si gentil petit garçon Madame Chiflet Les parents de Jean-Loup   Les mêmes, plus tard Jean-Loup Chiflet
Un père grutier sur le port d'Alger, une mère sans profession déclarée mais active au restaurant de son frère : les parents de Francis Soler n'ont pas fait d'études, n'ont jamais très bien compris en quoi consistait le métier de leur fils, mais ils ont été, de l'avis de l'intéressé, un couple magnifique, aimant et "irréprochable". L'enfance se passe dans une Algérie où se mêlent famille élargie, copains de toutes origines, soleil, foot, plage ; l'adolescence se poursuit, après 1962, à Perpignan puis à Sarcelles… un parcours dont l'architecte reconnu qu'il est devenu ne garde que de bons souvenirs. pour en savoir plus, le site de Francis Soler : http://soler.fr/ Un grand merci à Frédéric Milano pour la mise en ondes     Les parents, Elias et Renée Renée et Francis   La famille élargie face au véhicule fabriqué de toutes pièces par l'oncle de Francis   Francis bébé - à droite : dans les bras de sa cousine, à côté de sa soeur Le jour de la communion Francis Soler aujourd'hui  
Pierre Kroll est, en Belgique francophone, une célébrité. C'est lui qui croque avec un réel talent et depuis des années l'actualité dans les colonnes du Soir ; il l'a aussi fait en direct à la RTBF dans une émission de commentaires politiques ; les spectateurs du 28 minutes peuvent, le week-end, voir régulièrement ses dessins. Kroll est un pur produit de la classe moyenne, fils d'un agronome tropical employé par Unilever qui a quitté le Congo belge en 1960, au moment de la décolonisation, et d'une mère au foyer complexée de n'avoir pu faire des études supérieures. Il s'est formé à l'architecture - comm son oncle Lucien Koll , bien connu en Belgique et dans le monde des architectes  - avant de plonger dans le monde du dessin - logique, finalement, pour celui qui crayonnait sans fin dans tous ses cahiers d'écolier.. Quelques liens : Le livre Dieu, Darwin, tout et n'importe quoi cosigné avec Vinciane Despret https://arenes.fr/livre/dieu-darwin-tout-et-nimporte-quoi/   Les recueils annuels de dessins https://arenes.fr/auteur/pierre-kroll-2/ dont le dernier en date, « Guère de paix… ou si peu »   La collection Marabout flash http://archivesbidard.free.fr/poches/Marabout_Flash.htm https://fr.wikipedia.org/wiki/Marabout_Flash Un grand merci à Frédéric Milano pour la réalisation et à Frédi Loth pour la musique du générique   Kroll à Liège, dans son bureau atelier, avec le roi Albert qu'il a beaucoup croqué   Les parents, Raymond et Yvette   Les mêmes, le jour du "oui-oui"   Bébé Kroll, sa soeur aînée et sa mère Le même un peu plus tard et encore plus tard   Avec ses deux soeurs… et son père, bien sûr   En 1969 (11 ans) et en communiant   À 18 ans autoportrait
Bertrand Badie, né en 1950, est le fils unique d'une père persan et d'une mère soissonnaise - des parents qui l'ont profondément aimé, avec lesquels il a vécu avec bonheur dans une grande proximité. Il a été nourri de la riche culture persane de son père mais reste aussi profondément marqué par l'injustice faite à ce père, résistant, décoré de la légion d'honneur mais interdit d'exercer la chirurgie parce que non français   Comme promis, voici une recette du Khoresh Bademjan : https://www.196flavors.com/fr/khoresh-bademjan/ et une autre, de riz frit  :https://www.196flavors.com/fr/khoresh-bademjan/ Un très grand merci à Fred  Milano pour la réalisation Légendes des photos: Bertrand Badie dans son bureau, décembre 2024   Mansour et Ginette Badie en 1940   Les mêmes, plus tard   Bertrand Badie enfant avec sa mère (qui se détestait sur cette photo et a rayé son visage) et un ami de la famille.
Dernier d'une fratrie de trois, François Morel, né en 1959, a grandi en Normandie entre une mère aimante et un père au caractère rude travaillant à la SNCF, où il a fait les 3x8 tout au long de sa carrière. Il raconte ici cette vie de famille "ordinaire" avec une grande sincérité, avec une grande tendresse pour ses parents qui l'ont laissé mener sa barque vers un monde qui leur était étranger. Les liens promis dans l'épisode : Les chroniques de France inter  Sur son père, le 27 avril 2012  et  Sur sa mère, le 28 aout 2020. Et aussi  « A Voix Nue », sur France Culture, avril 2021 (les quatre autres épisodes sont en bas de ce lien)   Légendes photos François Morel à 10 ans … à 13 ans … et en famille. Sa mère est au bout à gauche, son père à droite (avec la casquette), François a les mains jointes. Ici, François, veste rouge, est à côté de son frère. Derrière celui-ci, le père.
Ariane Ascaride, c'est une comédienne qu'on aime. Pour les films où elle a joué, notamment ceux réalisés par Robert Guédiguian, son mari à la ville, qui mettent en scène "les vraies gens" et leurs amours, et leurs difficultés, et leurs combats. On l'aime aussi pour ses engagements, qui sont raccord avec les personnages qu'elle incarne à l'écran ou sur scène  — Gisèle Halimi, ces derniers temps, à La Scala à Paris. Elle est née en 1954 à Marseille, jeune sœur de deux frères qui ont respectivement 12 et 7 ans de plus qu'elle, fille d'un couple d'un milieu marseillais populaire, lui d'origine italienne, elle fille d'un ouvrier anarcho-syndicaliste. La jeune Ariane  a grandi entre ces deux parents qui ne s'aimaient plus, ne se parlaient plus, faisant jouer à leur fille le rôle difficile de go-between (les grands frères avaient alors quitté la maison familiale) et la plongeant dans une solitude lourde à porter. De cette enfance particulière, elle dit la difficulté mais aussi les moments joyeux. Un papa, une maman, mais pas une famille.  __________________________________ En bonus, si comme moi vous ne le saviez pas  : Les "béquets" évoqués au fil de l'entretien sont des pièces de viande, le plus souvent de la souris d'agneau, qu'on fait cuire longuement. Photos : Ariane Ascaride aujourd'hui et hier - dans les bras de sa mère, et sur scène avec son père dans une représentation de théâtre amateur     musiques additionnelles : Le chant du départ (chant révolutionnaire, écrit en 1794 par Étienne Nicolas Méhul pour la musique et Marie-Joseph Chénier pour les paroles. Il a été l'hymne national du Premier Empire français, et ensuite largement utilisé pendant la guerre 14  pour galvaniser les soldats — au moins au début). L'hymne d'URSS chanté par les chœurs de l'armée rouge. Un grand merci à Frédéric Milano pour l'immense coup de main donné sur cet épisode.  
Journaliste, homme de radio, comédien, Fabrice Drouelle est né en 1961 sous le nom de Lepley - c'est le patronyme de sa mère. De père, il n'y a pas, son nom est tenu secret, mais promis, elle lui dira tout à sa majorité. Mais un cancer emporte sa mère lorsqu'il a 14 ans, et le secret avec elle. Alors enfant de quelqu'un… à moitié. Mais sans drame : élevé ensuite successivement par ses deux frères aînés, Fabrice Drouelle est "bien dans ses pompes". Il sait que sa mère serait fière de la voie qui est la sienne. Avec sa mère, à Bayeux   Le jeune Fabrice Lepley   Avec sa mère et sa soeur Joëlle Fabrice, sa mère, sa soeur Joëlle et son beau-frère le jour de leur mariage Fabrice Drouelle, octobre 2024 ©OConseil  
Le parcours d'Esther Benbassa a commencé en Turquie, où elle est née en 1950 dans une famille judéo-espagnole  ; elle grandit dans un quartier d'Istanbul où se mêlaient langues et religions. Chez elle, les parents parlent grec entre eux, judéo-espagnol avec leur fille ; elle apprend le turc à l'école maternelle , puis le français avec une professeure particulière arménienne, qui lui a également transmis son accent… L'histoire se poursuit en Israël, où elle émigre avec sa mère en 1965, puis en France où elle vient poursuivre ses études, s'installe, et devient spécialiste de l'histoire des juifs de l'empire ottoman, et plus largement de l'histoire moderne et contemporaine des juifs. C'est l'histoire d'une femme qui a dû faire face à la maladie mentale de sa mère, au décès tragique de son père. Qui s'est construite malgré ses parents ou grâce à eux — comment savoir ?. D'une femme qui a trois nationalités, parle quatre ou cinq langues. C'est l'histoire d'une personnalité qui en a* * de la personnalité, bien sûr Musique du générique : Frédi Loth Titre de l'extrait de chanson finale - c'est un tire sépharade, en judéo-espagnol :  A la una yo nací (À la une je suis né•e , à la deux j'ai grandi…). © Emilio Villalba & Sephardica. Esther Banbassa aujourd'hui et, ci-dessous, ses parents le jour de leur mariage puis avec elle à différents âges. "Ma mère était une femme très fière, très élégante"
Noël Mamère n'a que des souvenirs heureux de son enfance et de sa famille. Et même si ses parents étaient catholiques et de droite, le fait qu'il ait choisi une voie différente n'a pas été motif à dispute ou à rupture - dans la famille Mamère, l'amour prime ! Peut-être est-ce là la raison de l'air avenant, voire bienveillant, qu'on lui voit en maintes circonstances. Il ne fait pas partie de ces individus que la politique a corrompus d'une façon ou d'une autre.. Il égrène ici des souvenirs de son enfance libournaise : le magasin de chaussures de son père, les surnoms donnés aux clientes, la cuisine de sa mère, les parties de pêche…   Roger et Marthe Mamère le jour de leur mariage   Madame Mamère et ses cinq enfants. Noël est le 3ème par rang d'âge. Il n'a pas encore de moustache.   Noël approche !
Fille aînée de Suzanne et Raymon Aron, Dominique Schnapper est née en 1934. Alors que sa mère et elle fuient en 1940 la France pétainiste pour le Maroc, son père rejoint de Gaulle à Londres dès juin de la même année. La petite fille fait donc réellement connaissance avec ce père en juillet1943, quand ils se retrouvent en Angleterre. La vie de famille est ensuite rythmée par le travail - celui du père, essentiellement, intellectuel dont l'anti-communisme — alors peu à la mode — causera la rupture avec un Sartre autrefois ami, et une forme de mise au ban au sein de l'intelligentsia. En 1950, deux événements ont fortement marqué l'adolescence de Dominique Schnapper : la naissance d'une petite soeur trisomique, Laurence, et le décès de son autre sœur de 6 ans, Emmanuelle, emportée en quelques semaines par une leucémie. Peut-être est-ce pour ces raisons que Dominique Schnapper n'est guerre "tournée vers le passé", selon ses propres mots, et que ses souvenirs de jeunesse sont peu nombreux. Elle se prête néanmoins ici à l'exercice avec sincérité, et avec une voix qui a gardé sa jeunesse et sa force. Bonus : Dominique Schnapper vient de publier chez Gallimard (fin mai 2024) Les désillusions de la démocratie. Suzanne Aron et Dominique   Dominique dans les bras de Raymond Aron, son père   Les mêmes, un peu plus tard   Les mêmes, un peu plus tôt   Suzanne Aron   Dominique et son père   De droite à gauche, Raymond Aron, Suzanne Aron, un des frères de R Aron. Dans la poussette, Domonique. Dominique Schnapper
Né en 1931 dans une famille juive d'origine polonaise, Robert Bober a commencé à travailler à 15 ans - comme tailleur, puis comme potier, puis comme animateur de centres de vacances avant de plonger dans le cinéma, puis de venir à l'écriture. De cette enfance marquée par la guerre — par la "chance" d'échapper à la rafle du Vel d'Hiv, par la nécessité de se cacher, il lui reste de nombreux souvenirs. Il en évoque ici quelques-uns en faisant revivre la figure de ses parent, Ella et Wolf. Robert Bober aujourd'hui, dans son bureau.   Les parents de Robert Bober le jour de leur mariage   Les mêmes La famille Bober à Paris, rue de la Butte aux Cailles, devant le magasin de chaussures et de corsets des parents. Robert et sa soeur (détail) Robert Bober danse avec sa mère lors d'une bar-mitsva
Une famille pauvre, un père algérien "discrètement caractériel", une mère polonaise ne parlant pas le français : on ne peut pas dire qu'Ali, troisième de la fratrie, ait grandi dans une famille ordinaire. Son père lui a dit souvent qu'un jour, il lui raconterait son existence, digne un roman. Mais Abdelkader Magoudi s'est éteint en emportant ses secrets. Alors son fils a mené une enquête de longue haleine dans trois pays, il a fouillé les archives à s'en user les yeux, et il relate, dans un livre formidable, Un sujet français (Albin Michel, 2011), le parcours singulier de ce père à qui il doit, entre autres, de savoir réparer un moteur de 4CV. De sa mère, il reste l'amour qu'elle lui a dispensé à profusion - notamment en le nourrissant à la petite cuillère pendant les années d'enfance où il a été anorexique. Une telle dose d'amour qu'il ne peut, dit-il, que le distribuer autour de lui - à son fils, en particulier.   La famille Magoudi en 1948. Ali est sur les genoux de sa mère. Eugenia Galas, la mère d'Ali Magoudi (à droite) avec sa soeur   Abdelkader Magoudi et ses trois enfants : Kaïra, Ahmet et Ali   La famille en vacances
Dominique Muller est née en 1949 à Strasbourg de parents qui avaient tous deux été Allemands entre 1940 et 1945. Tous deux sont resté muets sur cette période, et ont en outre laissé leur fille face au mystère de ce mariage qui n'a pas duré tant étaient dissemblables ses protagonistes : une mère "rabat-joie", selon les propres mots de sa fille, et un père adepte de la fantaisie, prompt à faire rire l'entourage, d'autant plus admiré par sa fille qu'il était absent. Auteure de romans historico-policiers (la série des Sauve-du-Mal), de biographies (Anne Boleyn, Jeanne du Barry) mais aussi de livres plus personnels, notamment sur sa grande histoire d'amour avec le grand commissaire priseur et historien de l'art Maurice Rheims. Et tous les auditeurs de l'émission Les Papous dans la tête, sur France Culture, connaissent sa culture (grande), sa voix (reconnaissable entre toutes) et son esprit (piquant). Légendes photos 1. La grand-mère paternelle de Dominique Muller, son père est le plus jeune des deux. 2. Dominique Muller aujourd'hui 3. Rare photo des parents de Dominique Muller ensemble, dans les rue de Strasbourg
Jacques Bonnaffé, né en 1958, a grandi à Douai au sein d'une famille de sept enfants, avec des parents professeurs de français — "des cathos de gauche", selon la terminologie alors en cours. De cette enfance au sein d'une fratrie unie où il était facile de faire des jeux collectifs, où les tâches de la maison — mettre le couvert, débarrasser, laver la vaisselle — se faisaient ensemble et en autogestion avant la lettre, il garde des souvenirs joyeux, couverts parfois d'un voile de tristesse  lié à la dispersion des uns et des autres sans qu'un lien fort ait pu perdurer. S'il a choisi d'être comédien, c'est sans doute aussi pour faire entendre sa voix, sa propre voix ; le fait que ses parents l'aient régulièrement emmené au théâtre à Douai a contribué à cette envie de dire les textes, de lire des textes. Interview réalisée chez Jacques Bonnaffé en juin 2022 Un grand merci à Frédi Loth, auteur de la musique du générique - le morceau s'intitule "Joyaux des rues"   Pour les curieuses et curieux, voici le lien de la chanson dont un morceau est chanté par Bonnaffé : 01b836120d8c1491befd6b2b9b1d5145  La chanson de la fin "La voix de maman", est interprétée par Berthe Silva : 01b836120d8c1491befd6b2b9b1d5145  Madame Bonnaffé et ses six enfants en 1961. Jacques est le plus jeune, avec le bonnet. Le septième est en cours ! La famille en 1963
Née quelques jours après la libération de Paris, Élisabeth Roudinesco a grandi entre deux parents médecins, l'un et l'autre extraordinaires, chacun à sa façon. Leur divorce, lorsqu'elle avait neuf ans, ne l'a pas traumatisée, au contraire : il lui a permis de voir sa mère heureuse et épanouie, et de vivre des expériences très différentes entre un père épris d'Italie et de peinture qui lui a donné le goût du beau, une mère professionnellement et humainement exceptionnelle et un beau-père qui ressemblait à Jean Gabin et l'emmenait à l'Olympia. De cette enfance et de cette adolescence de fille surdouée, Élisabeth Roudinesco garde le souvenir d'une exigence intellectuelle forte — "on n'avait pas le droit d'être bête" : une injonction qu'elle parfaitement assimilée.   Légendes photos, de gauche à droite : E. Roudinesco et sa mère, Jenny Aubry • Jenny Aubry • E Roudinesco, ses grands frères et leur mère, Jenny Aubry • Alexandre Roudinesco en 1904 • Le même, en 1914 • Le même, en 1950, en habit roumain. Entretien réalisé le 27 septembre 2023.
Élie Barnavi a de nombreuses casquettes : historien, essayiste, chroniqueur, diplomate — il a été ambassadeur d’Israël en France au début des années 2000 — membre du mouvement La Paix maintenant, créateur et conseiller scientifique du musée de l’Europe à Bruxelles. S'il est né en Roumanie en 1946, c'est parce que ses parents, issus de la petite bourgeoisie juive de l'est de l'Europe, pensaient que c'était le lieu le plus facile d'où émigrer. S'il n'est arrivé en Israël qu'à 14 ans, c'est parce que la Securitate, la police politique du régime communiste, a longuement empêché le départ de cette famille. Élie Barnavi feuillette ici son livre de souvenirs avec une franchise formidable et une sensibilité poignante.
Orpheline de père à l'âge de quatre ans, Mona Ozouf a vécu une enfance dominée par deux femmes - une mère inconsolable de la perte de son mari, et une grand-mère maternelle aussi aimante que farouche gardienne de la réputation de la jeune veuve. De cette enfance claustrale consacrée presqu'exclusivement à la lecture et aux études, Mona Ozouf garde avant tout le sentiment d'avoir été aimée, qui n'a pas rendue pesante l'obligation d'être une fille sans révolte pour ne pas ajouter à la tristesse de sa mère. Elle en fait ici un récit touchant et limpide de cette enfance bretonne si particulière et des regrets qu'elle nourrit vis à vis de sa mère.
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