Quand on écoute une information brute, comme une liste de dates ou une définition abstraite, notre cerveau mobilise principalement le cortex auditif et une petite partie du cortex préfrontal, là où s’analyse le langage. Autrement dit : on entend, on traite, et malheureusement, on oublie souvent très vite. L’information reste désincarnée, un peu comme un fichier qu’on lit sans vraiment le télécharger. Mais quand on écoute une histoire, c’est un tout autre monde qui s’ouvre dans notre cerveau. Car une histoire, ce n’est pas seulement une suite de mots. C’est une expérience multisensorielle simulée.
Notre cerveau est câblé pour l’orientation. On le sait depuis les travaux sur l’hippocampe, cette zone située dans le lobe temporal, qui joue un rôle central à la fois dans la mémoire et dans la navigation spatiale. C’est elle qui nous permet de retrouver notre chemin dans une ville, de nous souvenir du chemin du retour, ou de dire « c’était à gauche de la boulangerie ». En fait, l’hippocampe agit un peu comme un GPS biologique, mais il ne sert pas qu’à se repérer dehors : il organise aussi nos souvenirs dans des paysages mentaux. Et c’est là que la méthode des lieux devient si puissante.
Le brain rot, c’est cette forme d’encrassement cognitif, lent mais réel, provoqué par une surconsommation de contenus numériques courts, rapides, et souvent sans profondeur. Ce n’est pas une maladie, ni un trouble neurologique reconnu. Mais c’est une réalité que des millions de personnes ressentent chaque jour : l’esprit qui décroche, l’attention qui s’effrite, la mémoire immédiate qui flanche, l’impression de vide dans la tête. Bref votre cerveau donne l’impression de rôtir sur place.
Dans ce 100e épisode, je vous propose un plan d’action pour activer votre mémoire, créer des automatismes, apprendre plus vite et plus profondément tout en diminuant votre charge mentale. On parlera aussi d’un allié inattendu : l’intelligence artificielle, qui peut vous aider à structurer, tester, renforcer ce que vous apprenez, à condition de l’utiliser comme un partenaire, pas comme une béquille.
Quand un enfant est harcelé à l’école, ce n’est pas simplement son moral qui en prend un coup. C’est tout son cerveau qui entre en état d’alerte. Car face à une menace perçue — moqueries, humiliations, agressions physiques ou psychologiques — le cerveau active son système de survie. Il libère alors une hormone bien connue : le cortisol. Chez un enfant harcelé jour après jour, cette hormone devient un poison.
La synesthésie, c’est ce phénomène fascinant où les sens se mélangent : les chiffres ont des couleurs, les sons ont des formes, les mots ont des goûts. Une manière singulière, étonnante et parfaitement réelle de percevoir le monde. Une perception dans laquelle les frontières entre les sens deviennent perméables, poreuses, parfois même totalement invisibles.
Contrairement à ce qu’on pense, la concentration n’est pas un réflexe naturel, ni une simple décision de “se mettre au travail”. C’est une fonction cognitive complexe, qui demande au cerveau de mobiliser ses ressources sur une tâche tout en bloquant activement tout le reste.
Connaissez-vous la loi de Brandolini ? Aussi appelée loi de l’asymétrie des idioties, elle énonce une vérité désarmante : « La quantité d’énergie nécessaire pour réfuter une ineptie est largement supérieure à celle nécessaire pour la produire. » Autrement dit : il est facile d’inventer une bêtise convaincante, mais très difficile de la corriger une fois qu’elle a pénétré les esprits.
L’aphantasie, c’est l’absence d’image mentale. Une personne aphantasique ne peut pas "voir dans sa tête". Même si elle connaît très bien un objet ou un lieu, elle n’arrive pas à s’en faire une image dans son esprit.
Une mémoire qui ne se contente pas de stocker, mais qui s’auto-organise, qui passe de l’improvisation à la structuration, de la mémorisation brute à la conception de systèmes cognitifs, c’est ce qui permet à certains d’apprendre plus vite, de retenir plus longtemps, et surtout, de penser plus librement.
Si on ne peut jamais prouver qu’une idée est fausse, alors ce n’est pas de la connaissance. Cette approche, l’épistémologie, marque la naissance d’une nouvelle manière de penser la pensée elle-même. Et ce type de raisonnement, vous allez le voir, change tout dans notre manière d’apprendre, de mémoriser et de raisonner.
La prosopagnosie vient du grec prosôpon (visage) et agnôsia (ignorance). C’est un trouble neurologique qui empêche de reconnaître les visages — y compris parfois le sien, dans un miroir. On parle aussi de cécité faciale. La prosopagnosie peut être congénitale, donc présente dès la naissance, sans lésion cérébrale visible. Elle peut-être acquise suite par exemple à un AVC, un traumatisme crânien ou une maladie neurologique.
On imagine souvent que le cerveau et l’intelligence artificielle, ce sont deux façons différentes de traiter l'information. L’un serait biologique, l’autre numérique. Mais au fond, un peu la même mécanique. Faux. Ou plutôt… très incomplet. Le cerveau humain et une IA moderne n'ont pas du tout la même histoire, pas la même logique interne, pas le même rapport au monde, ni la même manière d’agir, de penser, de s’adapter.
Quand on parle d’“apprendre par cœur”, on pense souvent à une récitation mot à mot, à la mécanique froide d’un texte rabâché jusqu’à ce qu’il s’imprime dans le cerveau. Mais cette vision est réductrice, et même un peu trompeuse. Car apprendre par cœur, à l’origine, ne désignait pas un simple exercice de mémoire brute. Cela allait bien plus loin.
Pour la majeure partie des gens, un cerveau qui vieillit, c’est forcément un cerveau qui décline. Qu’après 60 ou 70 ans, la mémoire faiblit, les connexions ralentissent, et qu’il faut juste « faire avec ». Mais certaines personnes viennent donc pulvériser cette idée reçue. Ces hommes et femmes ont plus de 80 ans. Pourtant, leur mémoire fonctionne comme celle de quelqu’un de 25 ou 30 ans. Mieux encore : leur capacité à retenir des informations, à les restituer, à rester concentrés sur une tâche, rivalise voire surpasse celle des plus jeunes. C’est comme si leur cerveau avait trouvé le moyen de rester jeune… très longtemps.
La cognition incarnée, c’est une idée simple mais révolutionnaire : penser ne se passe pas seulement dans votre cerveau, mais dans tout votre corps. Votre esprit ne fonctionne pas de manière isolée, comme un ordinateur posé dans votre boîte crânienne. Il est en interaction permanente avec votre corps, vos gestes, vos sensations, vos mouvements. Et c’est cette interaction qui enrichit vos capacités cognitives, notamment la mémoire et l’apprentissage.
L’hypermnésie, ce n’est pas simplement avoir une bonne mémoire. C’est une capacité exceptionnelle à se souvenir, avec une précision extrême, d’informations que la plupart d’entre nous oublient presque immédiatement. Mais surtout, c’est souvent un phénomène involontaire. Ces souvenirs s’imposent, sans effort, parfois même sans le vouloir. Il existe différentes formes d’hypermnésie : la mémoire autobiographique hautement supérieure, la mémoire savante comme chez certains autistes, ou encore la synesthésie, où chaque souvenir est associé à des sensations visuelles, auditives, parfois tactiles.
Contrairement à ce qu’on imagine, notre mémoire n’est pas une caméra qui enregistre fidèlement tout ce que nous vivons. Les neurosciences nous montrent qu’elle est beaucoup plus créative. Chaque souvenir est reconstruit à partir de fragments éparpillés dans notre cerveau : un son ici, une image là, une émotion ailleurs. Et maintenant, nous vivons à l’ère de l’IA. Les outils ne se contentent plus de capturer, ils complètent, améliorent et parfois inventent.
La mémoire de travail, c’est un peu comme l’ardoise magique de notre esprit. C’est l’espace temporaire où l’on garde les informations en cours d’utilisation, celles qu’on manipule à la seconde près pour comprendre, décider, agir. Contrairement à la mémoire à long terme, qui conserve les souvenirs pendant des années, cette mémoire-là est courte, dynamique… et fragile.
Le raisonnement motivé est un biais cognitif, c’est-à-dire un raccourci mental que notre cerveau prend pour aller plus vite… mais qui peut nous faire dévier de la bonne route. Ici, le raccourci consiste à raisonner non pas pour trouver la vérité, mais pour confirmer ce que l’on croit déjà ou ce que l’on aimerait croire. Trois raisons principales nous motivent à faire appel au raisonnement motivé. La première est de protéger notre identité : nos croyances font partie de nous. Les remettre en question, c’est comme recevoir une attaque personnelle. Seconde raison : pour rester cohérents : notre cerveau déteste la dissonance cognitive, ce malaise ressenti quand faits et croyances se contredisent. Enfin, troisième raison, pour survivre socialement : dans les groupes humains d’autrefois, défendre les croyances communes renforçait notre place et notre sécurité.