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Author: FRANCE 24

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Une personnalité française ou internationale, issue de l'univers économique, culturel, politique ou diplomatique, nous livre son regard sur l'actualité.

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Dans un entretien exclusif accordé à France 24 et RFI en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye défend la candidature de son prédécesseur Macky Sall au poste de secrétaire général de l'ONU. Il assure qu'elle garde "encore toutes ses chances de succès". Il rejette aussi toute accusation d'austérité après l'accord conclu avec le FMI.  Bassirou Diomaye a accordé un entretien exclusif à France 24 et RFI depuis les Nations unies, à New York, où le mandat de l'actuel Secrétaire général, Antonio Guterres s'achève le 31 décembre. L’ex-président sénégalais Macky Sall figure parmi les candidats en lice pour lui succéder. Si Bassirou Diomaye Faye ne soutient officiellement cette candidature que depuis juillet, il juge cependant qu’elle garde "encore toutes ses chances de succès". "Les jeux restent ouverts", insiste-t-il, tant que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ne se sont pas prononcés. Il fait de cette candidature l'étendard de la revendication africaine d'un siège permanent au Conseil de sécurité, au nom d'un continent qui comptera 2,5 milliards d'habitants en 2050 : "La place qui doit être celle de l'Afrique au sein de l'ONU ne peut être mieux défendue que par un Africain." Un accord avec le FMI, sans austérité selon le président Sur le plan économique, le Sénégal vient de conclure avec le Fonds monétaire international un accord pour un prêt de 2,2 milliards de dollars sur trois ans, après la révélation d'une dette cachée. Le président espère que les négociations avec les créanciers, menées dans le cadre commun du G20, aboutiront "d'ici quelques mois". Il réfute en revanche toute logique d'austérité. Les bourses de sécurité familiale ont été doublées à 70 milliards de francs CFA en 2026 et passeront à 140 milliards en 2027. "Dans un registre d'austérité, on ne recrute pas 2 000 enseignants", fait-il valoir. Avec Sonko, des "divergences persistantes" Cette loi de finances doit encore passer devant une Assemblée nationale où le Pastef dispose d'une large majorité. Certains de ses membres ont accusé Bassirou Diomaye Faye de s'être soumis au FMI. Le président sénégalais répond qu'il n'est lié que par le serment prêté devant les Sénégalais lors de son investiture, le 2 avril 2024 : "Il n'y a pas d'autres choses qui m'engagent." Quant au limogeage d'Ousmane Sonko, intervenu peu après une visite du Fonds, il le met sur le compte de "divergences persistantes". Il le résume ainsi : "Je me suis choisi un autre Premier ministre et le Sénégal avance." À voir aussiSénégal : Bassirou Diomaye Faye limoge une centaine de directeurs À partir du 2 décembre, la Constitution l'autorise à dissoudre l'Assemblée. Il n'y a "pas de fixation" sur cette option, assure-t-il, mais il ne l'écarte pas : "Pourquoi exclure une prérogative dont on est investi par la Constitution ?", il ajoute : "Selon ce qu'on aura en face, on décidera."   Président en exercice de la Cédéao depuis quelques semaines, Bassirou Diomaye Faye a réservé sa première visite au Mali. Il dit respecter la souveraineté des trois pays qui ont quitté l'organisation pour former la Confédération des États du Sahel. Son objectif est de garantir une coexistence entre les deux blocs et la libre circulation des personnes et des biens. "Nous n'avons pas de sens interdit", affirme le chef de l'État.   "Le terrorisme n'a pas de frontières" Face à la dégradation sécuritaire au Mali voisin, il reconnaît que "le Sénégal ne peut pas dire qu'il est à l'abri", car "le terrorisme n'a pas de frontières". Dakar mise sur l'échange de renseignements et a même mené des patrouilles communes. La vigilance est renforcée à quelques semaines des Jeux olympiques de la jeunesse, les premiers organisés sur le continent africain. Interrogé enfin sur les critiques internationales visant la loi criminalisant l'homosexualité, promulguée le 31 mars, le président sénégalais rétorque sèchement : "De quelle communauté internationale parlez-vous ?" Il ajoute : "Quand ils ont légalisé le mariage homosexuel, nous étions très choqués. Mais est-ce que nous avons réagi ? Non. Nous demandons la même chose." Texte par Sophian Aubin
Dans un entretien exclusif accordé à France 24 et RFI, le président du Conseil présidentiel de transition à Haïti, Leslie Voltaire, a affirmé jeudi que le président français Emmanuel Macron avait évoqué avec lui une "restitution" par Paris de l'indemnité d'indépendance versée par son pays à la France en 1825, d'un montant à l'époque très conséquent. Selon le président de transition haïtien, Leslie Voltaire, Emmanuel Macron a évoqué avec lui une "restitution" par la France de l'indemnité d'indépendance versée par Haïti en 1825. Une somme considérable à l'époque."Ce n'est pas moi qui l'ai demandé, c'est lui (Emmanuel Macron, NDLR) qui a commencé à me parler de la restitution et de la réparation", lors d'un entretien entre les deux hommes mercredi à l'Élysée, a déclaré jeudi 30 janvier sur France 24 et RFI Leslie Voltaire, président du Conseil présidentiel de transition.La mention d'une éventuelle restitution de l'indemnité d'indépendance versée par Haïti à la France en 1825 n'apparaît pas dans le compte-rendu de cette rencontre communiqué mercredi soir par la présidence française.Une annonce le 17 avrilEmmanuel Macron "a dit que le 17 avril (2025), qui marquera le bicentenaire de cette rançon, il va faire une déclaration" à ce sujet, a poursuivi Leslie Voltaire. "On n'a pas parlé d'argent. On a parlé de principe, d'une déclaration qu'on va voir ensemble", a précisé Leslie Voltaire.À la suite d'une révolte victorieuse des esclaves, le roi de France Charles X avait, par une ordonnance du 17 avril 1825, renoncé à ses droits de souveraineté sur ce qui était alors l'île de Saint-Domingue, et il avait reconnu l'indépendance d'Haïti, ce qui constituait la première décolonisation de l'histoire de France.Mais le roi avait conditionné cette indépendance à de nombreuses exigences, dont le versement d'une indemnité de 150 millions de francs-or aux anciens colons, une somme énorme pour l'époque, et une réduction de moitié des droits d'importation et d'exportation, rappelle l'ambassade de France en Haïti sur son site Internet.Haïti avait dû contracter des prêts à taux élevés auprès de banques françaises pour s'acquitter de cette dette, ce qui lui avait pris plusieurs décennies, et les autorités haïtiennes estiment que le paiement de cette dette explique pour une bonne part les difficultés du pays à sortir du sous-développement et d'une extrême pauvreté.En 2022, le New York Times avait calculé que ces paiements avaient "coûté au développement économique d'Haïti entre 21 et 115 milliards de dollars de pertes sur deux siècles, soit une à huit fois le produit intérieur brut du pays en 2020".À voir aussiReportage exclusif en Haïti : à Port-au Prince, capitale assiégée par les gangs
Raphaël Pitti est un médecin urgentiste français spécialiste des zones de guerre. Il a commencé sa carrière comme médecin militaire avant de choisir de revenir à la vie civile pour pouvoir choisir ses terrains d’intervention humanitaires. Durant sa carrière, il a connu plusieurs zones de guerre, mais a été particulièrement touché par le sort des Syriens et des Gazaouis. Il s'est confié à France 24, au micro de Aziza Nait Sibaha. Qu’est-ce qu’un médecin de guerre ? Pour Raphaël Pitti, la médecine de guerre est plus qu’une spécialité : c’est une mission qui exige des compétences médicales adaptées à des contextes chaotiques et une grande résilience mentale.Dans son livre "Va où l'humanité te porte. Un médecin dans la guerre" (Tallandier, 2018), Raphaël Pitti retrace sa longue expérience en zones de conflit et ce qu’il appelle "son combat pour la dignité humaine". Le parcours de ce médecin humanitaire français l’a effectivement conduit dans différentes zones de conflits comme le Liban, le Tchad, ou l’Irak durant la première guerre du Golfe. Il considère cette dernière expérience comme à ce point marquante qu'il dit qu'elle a transformé sa vision de la vie. "Guidé par une foi inébranlable en la dignité humaine, j’ai maintenu mon engagement, même dans les moments les plus difficiles", explique-t-il.Né en 1950 à Oran, en Algérie, Raphaël Pitti a lui-même connu l’exil lorsque sa famille a émigré en France en 1962. Cette expérience personnelle a forgé sa sensibilité particulière à la cause des réfugiés. Lors de l’entretien, il est revenu sur sa décision de refuser la Légion d'honneur en 2017, expliquant qu’il avait initialement soutenu Emmanuel Macron en 2016, mais qu’il s’était ensuite éloigné, affirmant : "Nous n’avons pas, lui et moi, le même sens de l’honneur."L'affaire de l’Aquarius a marqué sa rupture avec le président qu’il avait soutenu lors de son élection. Ce navire, affrété par l'association SOS Méditerranée pour secourir des migrants en mer, a été la source d’une crise diplomatique en Europe. Pour Raphaël Pitti, "la réponse de la France n'était pas à la hauteur". Pour lui, chaque individu a le droit de rêver d’un avenir meilleur et les politiques migratoires doivent respecter cette aspiration universelle. En Syrie, une tragédie humaine ignoréeEn dehors de la France, Raphaël Pitti est intervenu dans plusieurs zones de conflit, notamment en Syrie. Depuis 2012, le médecin humanitaire y a effectué 35 missions, et il a formé plusieurs équipes médicales locales à l’application de protocoles d’urgence pour soigner les blessés dans des conditions de guerre.Selon lui, la Syrie est le théâtre d’une tragédie sans précédent, marquée par plus de 500 000 morts, 12 millions de déplacés, et l’utilisation d’armes interdites par les conventions internationales. Et pourtant "l’Occident n’a pas compris l’ampleur de ce qui se passait et a détourné le regard", dit-il.À Gaza, une population privée de sa dignitéDepuis fin 2023, c’est la bande de Gaza qui est devenue la destination de Raphaël Pitti. Il s'y installe durant deux semaines en février 2024 pour intervenir à l'hôpital européen de Khan Younès. Raphaël Pitti décrit une situation humanitaire catastrophique : "Il y a une volonté de déshumaniser la population de Gaza", selon le médecin français. "On a réussi à condamner Poutine, mais pas Israël. Nous n’avons pas réussi à imposer un cessez-le-feu en Palestine. Netanyahu est un criminel de guerre, et l’extrême droite en Israël ne respecte rien, même pas l’ONU", s’indigne-t-il. Il appelle à une mobilisation internationale pour restaurer le respect des droits fondamentaux, car selon lui "l’humanité tout entière est en danger face à de telles tragédies".À lire aussiRecord d'humanitaires tués : "L'impunité est au cœur de la problématique"
L'ancien Premier ministre tchadien Albert Pahimi Padacké a accordé un entretien exclusif à France 24 et RFI depuis N'Djamena. Il se présente à l'élection présidentielle prévue au Tchad le 6 mai afin de "restaurer la démocratie", considérant que le président-candidat Mahamat Idriss Déby représente "une menace".  C'est la quatrième fois qu'Albert Pahimi Padacké, candidat RNDT-Le Réveil, se présente à une élection présidentielle au Tchad. Par le passé, le candidat malheureux avait incriminé la fraude électorale. Il maintient cette accusation : "Nous ne pouvons gager sur la transparence de cette élection", regrette-t-il.Parmi les principaux candidats en lice le 6 mai se trouvent l'actuel président de la transition, Mahamat Idriss Déby, ainsi que son Premier ministre, Succès Masra. "Aucun Tchadien aujourd'hui ne croit que le Premier ministre est véritablement candidat face au président", assure Albert Pahimi Padacké, qui a lui-même été Premier ministre (2016-2018, puis 2021-2022). Selon lui, il y a "une entente" entre Mahamat Idriss Déby et Succès Masra. "L'un est candidat certainement pour garder son poste de président, et l'autre certainement pour conserver son poste de Premier ministre : c'est un match amical", avance-t-il. "Nous savons que ce système fait que si vous exprimez une opinion contraire à ce que veut le pouvoir, vous êtes pourchassés".À voir aussiÉlections au Tchad : le Premier ministre Succès Masra "convaincu" de gagner dès le premier tour À voir aussiDéby, président de la transition au Tchad : "Je ne ferai pas plus de deux mandats successifs"
Le Premier ministre de la transition du Tchad, Succès Masra, a accordé un entretien à France 24 et RFI. Candidat aux élections prévues le 6 mai, il se dit "convaincu" d'être élu président dès le premier tour. "Je représente une force politique que je considère même majoritaire dans ce pays", abonde l'ancien opposant. Il affirme ainsi que le défunt président Idriss Déby Itno n'avait pas osé "l'affronter lors d'une élection" en 2021, et estime aujourd'hui être en "meilleure condition de l'emporter". Le chef du parti "Les Transformateurs" et Premier ministre de la transition du Tchad Succès Masra a répondu aux questions de France 24 et RFI, depuis la capitale tchadienne, N'Djamena.Il était l'un des principaux opposants au maréchal et président Idriss Déby Itno, tué le 19 avril 2021 par des rebelles.Signant un accord de réconciliation avec son fils, l’actuel président de la transition Mahamat Idriss Déby, Succès Masra est devenu son Premier ministre le 1er janvier. Le 10 mars, il a ensuite annoncé sa candidature à l'élection présidentielle du 6 mai. Une candidature qualifiée de "farce" par l’opposition.Pour celle-ci, le retour de l’ancien opposant dans le camp présidentiel s'inscrirait dans un accord secret entre lui et le président de transition, avec un double objectif : légitimer l'élection de Mahamat Idriss Déby, et reconduire Succès Masra comme Premier ministre. "S’il y a un accord, présentez-le", répond Succès Masra aux journalistes de France 24 et RFI. Il assure qu’entre lui et Mahamat Idriss Déby, les différences "sont connues". "Nous sommes dans une cohabitation qui ne dit pas son nom", estime encore le Premier ministre, qui dit se battre pour que "la démocratie soit la règle au Tchad".La France "SDF" sur le continent africainLe Premier ministre s'est aussi exprimé sur l'avenir de la présence militaire française au Tchad, alors qu'un contingent d'un millier d'hommes et trois bases militaires françaises sont installés dans le pays.Fin décembre 2023, l'armée française a plié bagage au Niger, après avoir quitté le Mali et le Burkina Faso.À lire aussiRetrait de la France au Niger : quel avenir pour les contingents occidentaux au Sahel ?"On pourrait éviter à la France cette image", soupire Succès Masra, regrettant que "les forces de défense et de sécurité françaises aient l'impression d'être devenues des SDF sur le continent africain".Succès Masra "souhaite être à la tête d'un État Tchad solide, partenaire sûr avec lequel la France peut travailler". Mais "dans ce partenariat, il y a des choses qui relèvent du siècle passé", prévient-il. Aujourd'hui, "l'approche française [en Afrique] est appelée à évoluer."
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