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La Poudre

Author: Nouvelles Écoutes

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Description

Deux fois par mois, au micro de Lauren Bastide, écrivaines, artistes, chercheuses et militantes se racontent et prennent le pouls des luttes féministes et antiracistes contemporaines. Un épisode un jeudi sur deux. 

Depuis 2016, la journaliste reçoit dans La Poudre des femmes artistes, militantes ou politiques pour des conversations intimes et profondes qui ont passionné de millions d’auditeurices. Ces récits, enrichis de documentaires événementiels, de tables rondes, et d’analyses par les plus grandes expertes des luttes pour les droits des femmes, en France et dans le monde, forment un tableau captivant de la société à l’heure de la révolution #MeToo. 

La Poudre was created by journalist and feminist activist Lauren Bastide, co-founder of Nouvelles Ecoutes studio, to offer women a safe space to express themselves. In a one-hour long, in-depth conversation, inspirational women artists, activists, scientists and politics talk about themselves, their path and struggles, but also about the incredible times we are living for women’s rights. Many episodes of La Poudre have been recorded or dubbed into English. Search for the 🇬🇧 !

128 Episodes
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L’historienne Bibia Pavard est l’invitée du 81e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’effacement, d’archives et de moments.L’édito de Lauren :Bon bah voilà c’est parti pour la saison 5 de La Poudre. Une saison que j’ai voulu un peu différente des précédentes, moins intime et plus politique. Je vais recevoir, tout au long de cette saison des chercheu·r·ses et des militant·e·s qui vont vous, nous apporter, des éclairages plus théoriques sur l’époque dingue qu’on est en train de vivre. Parce que l’époque est dingue, on est d’accord. Tout cet espoir, toutes ces craintes, ce chaos…Une partie de ces rencontres sera enregistrée en public au Carreau du Temple, ce lieu incroyable, au cœur de Paris, où j’ai déjà eu la chance de recevoir des activistes pendant toute une saison, il y a deux ans, et qui a donné naissance au livre « Présentes » que j’ai sorti début septembre au éditions Allary et que, j’espère, vous avez lu mais sinon je ne vous en veut pas.Il y aura une rencontre une fois par mois, si le méchant virus le veut bien. Ça sera, comme toujours, gratuit, sans réservation et interprété en langue des signes par la SCOP Paris Interprétation. Toutes les infos sont sur nos réseaux sociaux.Je voulais remercier Sandrina Martins la directrice du Carreau du Temple, ainsi que toute son équipe, de m’avoir renouvelé sa confiance. J’ai beaucoup trop de chance d’avoir croisé sa route. Allez, en scène !Résumé de l’épisode :Bibia Pavard est docteure en histoire contemporaine, chercheuse et maîtresse de conférence à l'université Paris II. Spécialiste de l'histoire du genre et des féminismes, elle a co-écrit avec Florence Rochefort et Michelle Zancarini-Fournel un important ouvrage sur l’histoire des mouvements féministes depuis la révolution française, paru en août 2020 : Ne nous libérez pas, on s’en charge, Une histoire des féminismes de 1789 à nos jours. Elles y mettent en lumière l’effacement constant des luttes mais aussi des militantes féministes dans l’histoire (12:02) et s’inscrivent dans la longue lignée de (ré)écriture de l’histoire des femmes et de leurs combats (15:52). C’est lors de ses études en classe préparatoire que Bibia Pavard rencontre toute la force et la nécessité de l’histoire (21:51). Et c’est bien parce que les choix qui sont fait dans cette discipline – ce qui est raconté et comment, ce qui est conservé et pourquoi – sont aussi politiques qu’elle soulève la nécessité de documenter le moment présent et questionne la place des archives, peu ou mal conservées lorsqu'il s'agit des femmes (27:15). Quant à l’écriture de cette histoire, elle propose de nuancer la métaphore des « vagues » féministes par la continuité de certains combats au fil des décennies (36:22) bien qu’il y ait un renouvellement des protagonistes et des approches. Renouvellement qui est par ailleurs toujours en but aux mêmes attaques antiféministes (41:02). Au micro de Lauren Bastide, Bibia Pavard rappelle aussi les enjeux intersectionnels qui ont toujours émaillés ces luttes (46:20), tout comme la question du viol (56:36) ou celle du rôle central des médias pour diffuser la parole féministe, bien trop souvent absente des organes de presse traditionnels (00:01:26). Si en tant qu’historienne elle ne peut prédire la révolution féministe, elle donne ici de précieux outils pour la penser.Merci à toute l’équipe du Carreau du Temple pour leur accueil et pour avoir rendu cet épisode possible.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Marion EmeritMerci à L’Oréal Paris et au programme Stand Up de lutte contre le harcèlement de rue de soutenir La Poudre. Rendez-vous sur https://cutt.ly/FgdtKQD pour vous former en moins de 15min et apprendre quelques gestes simples pour réagir aux situations de harcèlement sexuel dans les lieux publics. Le programme « StandUp » est un partenariat L’Oréal Paris, Hollaback! et la Fondation des Femmes.
Cet épisode de La Poudre a été publié en français le 30 juillet 2020. Pour l’écouter, remontez dans les archives ou cliquez ici : 🇫🇷The philosopher and revolutionary author Paul B. Preciado is the guest of the 79th episode of La Poudre. With Lauren Bastide, they talked about bodies, monsters and joy.Lauren's foreword:La Poudre was thought as a women-only place to discuss sexist mechanisms through their victims’ experiences. Up to now, only women’s voices, cis or trans, have been heard in La Poudre. It goes without saying that both non-binary people and trans people belong here. Paul B. Preciado’s work is crucial to understand today’s feminist movement and to question gender representations, as we have been doing here for four years now. It is a great honour to have had him close the fourth season of La Poudre, before the new turn it will be taking with its fifth season.Summary:Paul B. Preciado is one of the greatest thinkers of our time. He is also the first non-binary person to speak up in La Poudre (05:40). On the eve of global lockdown due to coronavirus, he was starting a series of conferences at the Centre Pompidou in Paris, engaging with “The History of Sexuality” by Michel Foucauld to offer a new decolonial and feminist reading of this important work (11:40). At the time, he felt a revolutionary urge in the room (07:50) and encourages everyone to reconnect with it and embrace it (14:28). Born on the 11th of September 1970 in Franco’s Spain, he tightly links these early years to his sensitivity to any sign of state fascism, and feels that the current French government slips towards it more often than not (24:00). Since childhood, he implements strategies to avoid gendered injunctions (29:00), a daily exercise in political plasticity that he still practises everyday (35:55). After a PhD in philosophy, he writes several books exploring the concept of gender. The last one published, “I Am a Monster, Talking to You”, allows him to speak from this monstrosity that the heteropatriarchal and racist system has pinned on him and all bodies considered as “other”. Being at the center of the trans body experience, the use of the “I” is key in his writing (40:04). According to him, it is the only way to escape the presumed universality of Western philosophy. Situated writing is central to overcome the system’s barriers (45:15). He yearns for the end of the sexual differentiation regime (59:28) and calls for collective imagination to find a way out of it. His joy and optimism in the advent of the revolution are infectious and his next seminar will be available this fall (01:05:21).Executive producer: Nouvelles ÉcoutesProduction and signature tune: Aurore Meyer-MahieuTranslation: Lucie PlescoffEnglish voice-over: Raphy WofsyProduction assistant: Gaïa MartyRecording: Laurie GalliganiMixing: Marion Emerit
Cet épisode de La Poudre a été publié en français le 14 décembre 2017. Pour l’écouter, remontez dans les archives ou cliquez ici : 🇫🇷The great activist Assa Traoré was the guest of the 21st episode of La Poudre. With Lauren Bastide, Assa Traoré talked about her role as one of the eldest in a family of 17 (04:50), about her bond with her father who died when she was 14 years old (08:08) and about  his first two wives (13:21). She spoke about her job as a special-education teacher in Sarcelles, north of Paris (20:13), about how young men of her neighbourhood are stigmatised (24:05) and about the night of Adama Traoré’s death (26:30). She explained what led to the incarceration of two of her brothers (34:00) and detailed her profound link to Mali, where her father and Adama are buried (40:13).Assa Traoré was born in 1985 in Paris. At a young age, she takes care of her little brothers and sisters, born out of the other marriages of her father. Following an oral presentation in her school, she decides she wants to be a special-education teacher, a path she successfully follows. On the 19th of July 2016, her younger brother Adama Traoré, who was turning 24 on that day, dies in Persan’s police station, after an identity check and questioning in Beaumont-sur-Oise. In the hours following his death, his family accuses the police forces of being responsible for his passing. The authorities deny any such responsibility. A battle both in court and in the media follows. Assa is fully dedicated to this fight and becomes spokesperson for the advocacy group “Justice for Adama”. In May 2016, she co-signs “Letter to Adama” with the journalist Elsa Vigoureux, a book recounting this battle for justice.To support the “Justice pour Adama” association, you can click here: https://www.okpal.com/adama-traore/#/Executive producer: Nouvelles ÉcoutesProduction and signature tune: Aurore Meyer-MahieuTranslation: Lucie PlescoffEnglish voice-over: Sara MartinsProduction assistant: Gaïa MartyRecording: Laurie GalliganiMixing: Marion Emerit
This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here.L’écrivaine de génie Margaret Atwood est l’invitée du 80e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de forêt, de science et de religion. L’édito de Lauren :Avant d’entrer de plein pied dans la saison 5 de La Poudre, j’ai dans ma besace, comme chaque automne, trois épisodes en anglais parce que le monde ou rien.Le premier, que vous vous apprêtez à mettre dans vos oreilles, est un entretien que j’ai enregistré avec l’écrivaine canadienne Margaret Atwood l’hiver dernier. Avec le Covid (je ne dirai jamais LA covid, vous m’entendez, jamais), on n’avait pas pu vous le doubler. Le voilà donc, tout frais, tout neuf, avec, dans le rôle de Margaret Atwood, la journaliste Annick Cojean.Quel honneur d’avoir pu échanger longuement avec cette immense autrice, reine de la dystopie, dont l’esprit génial pondit La Servante Écarlate en 1985 et qui a sorti, l’année dernière, la suite de ce best-seller, le glaçant et captivant Les Testaments.Bonne écoute, et on se retrouve en octobre pour le nouveau La Poudre. Boum.Résumé de l’épisode :Margaret Atwood, autrice visionnaire, a publié l’année dernière Les Testaments, la suite de son œuvre phare, La Servante écarlate, adaptée en série en 2017. Avec ce livre, elle remporte pour la seconde fois le prestigieux Booker Prize, ex aequo avec Bernardine Evaristo. Née en 1939 au Canada, elle grandit dans la forêt, entourée de ses parents, scientifiques tous les deux (16:06). Elle est ainsi sensibilisée très jeune aux questions environnementales qui l’animent encore fortement aujourd’hui (44:19). Écrivaine et poétesse prolifique, c’est en 1984, lors d’un séjour dans l’Allemagne divisée (06:02), qu’elle écrit La Servante écarlate, l’une de ses œuvres aujourd’hui les plus connues grâce au retentissement mondiale de la série (22:39). L’impact politique de son propos est tel que les tenues de ses “servantes” ont été utilisées par des manifestantes dans de nombreuses mobilisations contre les retours de bâtons patriarcaux de ces dernières années (19:32). Sa vision très nuancée des combats féministes est parfois à contre-courant des enjeux des luttes actuelles (24:45) mais sa capacité à prendre en compte les subtilités des croyances religieuses (38:14), tout comme son engagement dans des mesures concrètes pour lutter contre les violences faites aux femmes (26:04) en font l’une des plumes essentielles de la réflexion sur les oppressions sexistes. Dans Les Testaments, elle joue sur le pouvoir des archives, auxquelles elle voue une passion, pour explorer les rouages d’un gouvernement dictatoriale et réactionnaire. Son amour pour les documents anciens et les histoires qu’ils portent l’a également poussée à participer à un projet de l’artiste Katie Paterson, Library of the Future, pour lequel elle a écrit un texte qui ne sera révélé qu’en 2114 (48:50). À bon entendeur·euse !Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La voix française de Margaret Atwood est incarnée par Annick Cojean, merci à elle.La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuTraduction : Maxime Dargaud-FonsProgrammation et coordination : Gaïa MartyPrise de son voix française : Laurie GalliganiMixage : Marion Emerit
Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter.The genious writer Margaret Atwood is the guest of the 80th episode of La Poudre. With Lauren Bastide, they talked about forests, science and religion.Lauren’s foreword:Before jumping into the 5th season of La Poudre, like each fall I have three episodes in English in store, because look at me going international.The first one, that you are about to listen to, is an interview I recorded last winter with the great Canadian writer Margaret Atwood. With Covid-19, we hadn’t had the chance to publish it. So here it is, fresh and new, just for you.What an honour it was to have been able to talk at length with this incredible author, queen of dystopia, whose genius mind gave birth to « The Handmaid’s tale » in 1985, and who published its sequel last year, the captivating and chilling « Testaments ».I hope you will enjoy it and I’ll see you again in October for a new episode La Poudre.Episode summary:A visionary author, Margaret Atwood published last year The Testaments, a sequel to The Handmaid’s tale, her revolutionary novel adapted into a TV series in 2017. With this book, she won the prestigious Booker Prize for the second time, sharing it with Bernardine Evaristo. Born in 1939 in Canada, she grew up in the forest (16:06). Her parents both being scientists, she is made aware of environmental issues quite early on and is still very passionate about them (44:19). Prolific novelist and poet, she writes The Handmaid’s Tale in 1984, after a stay in Cold war Germany (06:02). It is one of her most renowned works, thanks to the TV series which gave it international visibility and recognition (22:39). The political impact of the ideas it carries has inspired activists to dress up like her “handmaids” in protest against several patriarchal backlashes in the last few years (19:32). Her nuanced vision of feminists issues sometimes goes against the grain of the current antisexist battles (24:45), but her ability to take into account the subtlety of intertwined religious beliefs and social commitment (38:14) as well as her own commitment in concrete measures to wage war against violence against women (26:04) make her one of the most relevant writer in the fight against sexist oppressions. In The Testaments, she plays on the power of archives to explore the arcanes of a dictatorial and reactionary government. Her passion for ancient documents and the stories they carry drove her to participate in the artist Katie Peterson’s projet : Library of the Future. A word to the wise : She wrote a text for it that will only be available in 2114 (48:50).Executive Producer : Nouvelles Écoutes Production, editing and signature tune : Aurore Meyer-MahieuProduction assistant : Gaïa Marty Mixing : Marion Emerit
Épisode 79 - Paul B. Preciado

Épisode 79 - Paul B. Preciado

2020-07-3001:12:0715

Paul B. Preciado, philosophe et auteur révolutionnaire, est l’invité du 79e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, ils ont parlé de corps, de monstre et de joie.L’édito de Lauren :La Poudre est un lieu qui a été pensé en non-mixité pour parler des mécanismes sexistes à travers le vécu des personnes les subissant. Jusqu’ici n’y ont résonné que les voix de femmes, cis ou trans. Il va de soi que l’expérience des personnes non binaires et de toutes les personnes trans y trouvent leur place. La pensée, le travail et les écrits de Paul B. Preciado sont essentiels pour comprendre le mouvement féministe actuel et questionner les représentations genrées, comme La Poudre le fait depuis quatre ans. C’est un grand honneur qu’il vienne clôturer cette saison, avant que l’émission ne prenne un nouveau visage à la rentrée.Résumé de l’épisode :Paul B. Preciado est l’un des plus grands penseurs de notre époque. En tant qu’homme trans refusant tout schéma binaire, il est aussi le premier invité de La Poudre (05:40). À la veille du confinement, il démarrait un cycle de conférences au Centre Pompidou reprenant l’histoire de la sexualité de Michel Foucault pour en proposer une relecture féministe et décoloniale (11:44). Il y a senti une pulsion révolutionnaire (07:50) qu’il engage tous et toutes à retrouver, à vivre, à embrasser (14:28). Né le 11 septembre 1970 à Burgos, dans l’Espagne franquiste (18:41), il tire une droite ligne entre ces années et sa sensibilité aux marques du fascisme étatique qu’il retrouve dans les agissement du gouvernement français actuel (24:00). Dès l’enfance, il met en place des stratégies d’évitement pour échapper aux injonctions de genre (29:00), un exercice quotidien de plasticité politique qu’il pratique encore (35:55). Docteur en philosophie, il est l’auteur de plusieurs livres explorant le concept du genre. Son dernier, “Je suis un monstre qui vous parle”, lui permet de parler depuis cette monstruosité, plaquée par le système hétéropatriarcal et raciste sur les corps jugés “autres”. Lui-même au centre de l’expérience du corps trans, il est familier de l’emploi du “je” dans ses écrits (40:04), la seule possibilité selon lui pour échapper au supposé universalisme de la philosophie occidentale. Sans écriture située, impossible de dépasser les barrières du système (45:15). Il appelle de tous ses vœux la sortie du régime de la différenciation sexuelle (59:28) grâce au pouvoir de l’imagination collective. Sa joie et son optimisme dans l’avènement de la révolution sont communicatifs et vous pourrez les retrouver à l’automne 2020 au Centre Pompidou (01:05:21).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Marion Emerit
Sihame Assbague, journaliste et militante antiraciste, Léa Lejeune, journaliste au magazine Challenges et co-fondatrice de l’association Prenons la Une !, et Jennifer Padjemi, journaliste pigiste et fondatrice de la newsletter afroféministe What’s Good, étaient les premières invitées de Lauren Bastide sur Zoom pour un enregistrement en public le 9 juin 2020. L’édito de Lauren :Vous vous rappelez cette une du Parisien sortie pendant le confinement ? Ces 4 chercheurs, 4 hommes blancs d’un certain âge qui s’étalaient en une pour nous raconter le monde d’après ? Ça m’a mise en colère, je vous l’avais déjà dit. Tout comme me mettent en colère ces plateaux de télé ou des personnes blanches débattent sans fin de la réalité du racisme en France, ou ces émissions de radio, entièrement constituées d’hommes, qui débattent sur le féminisme. Ces plateaux, ces unes et ces émissions ne sont pas une exception. Ils sont la règle. Vous voulez des chiffres ? Les voilà, ils viennent de sortir, tout frais : le CSA a publié une enquête fin juin. Le taux d’expertes dans les journaux radiophoniques et télévisés a chuté de 38% à 20% pendant le confinement. Et comme la France ne voit pas les couleurs, on n’a pas les chiffres pour les personnes racisées mais il suffit d’allumer son téléviseur pour l’observer. Pourtant, et c’est le crédo de cette émission, les meilleures expertes seront toujours les concernées. Pour en parler j’ai réuni trois journalistes : Sihame Assbague, Léa Lejeune et Jennifer Padjemi, pour la toute première table ronde de La Poudre sur Zoom, le 9 juin dernier, quelques jours après la première grande manifestation contre les violences policières de l’été 2020, convoquée par Assa Traoré. Le débat fut passionnant et je remercie toutes celles et ceux qui étaient connectés avec nous ce jour-là. Résumé de l’épisode :Pour la première table ronde Zoom de La Poudre, les journalistes Sihame Assbague, Léa Lejeune et Jennifer Padjemi décortiquent le rôle des médias en temps de crise au micro de Lauren Bastide. Qu’on parle de confinement ou des récentes et historiques manifestations antiracistes, vivre ces événements en tant que journalistes (06:32) est une expérience particulière. Pour Sihame Assbague, militante antiraciste de longue date, les médias sont, aujourd’hui encore, l’une des institutions qui perpétuent le racisme structurel en France (13:25). Elle appelle à aller au-delà de la question des représentations en veillant à varier les points de vue représentés sur les plateaux et non seulement l’apparence des invité·e·s (15:34). Pour Jennifer Padjemi, le lien entre expérience du confinement dramatique et sous-représentée, et révoltes contre les violences policières n’est plus à démontrer (18:20). Pour elle, les médias ont un rôle déterminant pour représenter toutes les réalités des populations mais il leur faut pour cela non seulement reconnaître les manquements actuels (26:10) mais aussi mettre en place de vraies stratégies pour faire évoluer en profondeur les rédactions aujourd’hui aveugles à certaines problématiques. C’est aussi ce que défend Léa Lejeune qui, avec l’association Prenons la Une !, travaille depuis plusieurs années à fournir des données objectives pour appuyer la lutte pour le changement (31:09). Si pour elle les quotas sont un outil utile, pour Jennifer Padjemi et Sihame Assbague il s’agit avant tout de veiller à la diversité des discours  véhiculés (55:40). Elles s’accordent à dire que la pression exercée aujourd’hui par les réseaux sociaux (57:12), tout comme la formation des jeunes générations de journalistes sont parmi les meilleures pistes pour que les médias reflètent enfin une image plus fidèle de la société qu’ils analysent (01:18:40).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa Marty et Nora HissemMontage et mixage : Marion Emerit
Épisode 78 - Myriam Leroy

Épisode 78 - Myriam Leroy

2020-07-1601:13:005

Myriam Leroy, écrivaine et journaliste, est l’invitée du 78e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’adolescence, d’écriture et de harcèlement.L’édito de Lauren :Je me rappelle bien du monde d’avant. On n’était pas si mal finalement. On avait l’impression que tout pouvait basculer, qu’on allait peut-être enfin décider de se lever et de se barrer et de leur dire : « On vous emmerde ! » On était en plein dans cette énergie le jour où j’ai rencontré Myriam Leroy à Bruxelles, pour le Bruxels Podcast Festival. C’était le 29 février, le lendemain de la cérémonie des Césars, vous savez celle où… C’était le lendemain et donc on avait une drôle de gueule de bois, mais l’envie d’en découdre et la rage au cœur. Je vous propose de replonger, comme un voyage dans le temps, vers ce moment précis. De nous imaginer, toutes les deux, sur la scène de la grande salle de l’Atelier 210 à Bruxelles, face à un public belge plein de bienveillance, et de rêver à un après où l’on retrouverait un peu cette énergie-là. Ah ! Une toute petite dernière chose, beaucoup de militantes belges m’ont écrit après cette rencontre pour me dire que le féminisme était plus vibrant en Belgique que mon invitée semble le décrire dans l’interview. Il faut leur rendre justice : c’est vrai ! Résumé de l’épisode :Myriam Leroy est journaliste, et autrice de plusieurs romans à succès, même si elle n’arrive pas toujours encore à se dire écrivaine (10:56). Née en 1982, elle grandit dans le Brabant Wallon, une province de Belgique qu’elle décrit comme sans histoire. Adolescente, elle saisit rapidement les rouages du jeu de la séduction (21:20), une période qui l’a inspirée pour écrire Ariane, son premier roman, dans lequel elle capture toutes les ambiguïtés de cet âge de transition et toute la subtilité de la frontière délicate entre amitié et amour. Après une école de journalisme, elle est d’abord pigiste puis réalise en 2011 un webdocumentaire engagé sur l’IVG. La même année, elle commence à travailler comme chroniqueuse à la radio en Belgique. Elle y tient entre autre une rubrique très populaire intitulée « Myriam Leroy n’aime pas », au ton sarcastique assumé où s’exprime son humour pointu (28:26). En 2013, elle rejoint l’équipe d’Ali Baddou dans « La Nouvelle édition » sur Canal plus. C’est l’une de ses chroniques sur ce plateau, à propos de Dieudonné, qui lui vaudra son premier raid de cyberharcèlement (39:58), une expérience d’une violence sans précédent. Aujourd’hui, elle est en mesure de décortiquer son caractère systémique (43:07), de témoigner et d’informer sur la misogynie ancrée dans le cyberharcèlement (01:00:56), qui élimine les voix de femmes des réseaux sociaux. Elle bascule dans la fiction en 2018 avec son premier roman, puis en sort un second, Les Yeux rouges, en 2019, une autofiction parlant de l’expérience du cyberharcèlement (47:50), dans lequel, elle explore aussi la question de la violence des femmes (01:06:10). Depuis peu investie avec succès dans des projets théâtraux, sa dernière pièce, ADN, évoque un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : la filiation et son lien à l’identité (01:10:50).Merci au Brussels Podcast Festival d’avoir rendu cet enregistrement possible.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Marion Emerit
Dali Misha Touré, écrivaine et entrepreneuse, est l’invitée du 77e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de violence, de frontières et de maternité.L’édito de Lauren :« J’aimais bien être seule. J’aimais écrire et parler seule. Personne ne m’écoutait mieux que moi-même. Je savais si bien résoudre mes propres problèmes que j’aurais voulu avoir une amie comme moi. Je n’aimais pas le bruit, même quand j’étais à l’école. Certains jours, j’aurais aimé être sourde parce que j’entendais des choses qui me blessaient, des mots durs qui sortaient de la bouche de ma mère ou de mon père. Je me répétais souvent que je n’étais pas faible mais qu’au contraire j’étais très forte. La vérité, c’est qu’au fil des années je faiblissais à l’intérieur et que ça se voyait peu à peu à l’extérieur. Je n’arrivais pas à sourire normalement : j’étais anxieuse, songeuse, et personne ne le comprenait. J’aurais bien aimé pleurer, mais je n’y arrivais pas ; j’aurais bien aimé me sentir mieux, mais je n’y arrivais pas non plus. J’avais parfois le sentiment d’être née pour rien, de vivre sans joie et de rire sans volonté… un sentiment de bassesse qui m’étouffait. Pourtant, au fond, je me sentais plus intelligente que ceux qui m’entouraient : j’arrivais à me comprendre alors qu’eux n’essayaient même pas de le faire. » Dali Misha Touré, Cicatrices, Hors d’atteinte, 2019.Résumé de l’épisode :Dali Misha Touré est autrice de plusieurs romans et entrepreneuse. Elle est née en 1994 et a grandi à Aulnay-sous-Bois (08:30), une enfance heureuse à cheval entre deux langues : le Soninké à la maison, le Français à l’extérieur (10:43). Elle commence à écrire très tôt, en commençant par des poèmes et des lettres pour ses professeur·e·s (12:26). Inspirée par ses lectures de récits de témoignages, elle cherche au travers de ses écrits à donner une voix aux invisibles qui croisent son chemin (14:25). Elle tente ainsi de mieux comprendre celles et ceux qui l’entourent et de rendre leurs récits manquants audibles (16:50). C’est à 15 ans qu’elle autopublie son premier roman, Cicatrices, avec le soutien de sa professeure de français et de la mairie d’Aulnay-sous-Bois (21:38). Elle est alors très encouragée, tant par sa famille que par ses lecteur·ice·s et autopubliera deux autres livres à la suite du premier (23:58). À 17 ans, elle se marie et rêve alors de faire des études de portugais et de voyager (25:11). Après quelques temps à la fac, elle tombe enceinte de son premier enfant, une expérience qui la comble et lui ouvre de nouvelles perspectives, la poussant à prendre une pause dans son parcours universitaire. Elle découvre également la langue arabe, qui réoriente son choix d’occupation professionnelle. Musulmane, sa foi est très importante pour elle (41:00) et elle crée son entreprise en 2018, Al Jannah, un lieu de cours religieux, de vente de vêtements mais aussi depuis peu de lieux de rencontre pour les femmes (05:30). En 2018 également, Marie Hermann de la maison d’édition indépendante Hors d’atteinte lui propose de republier Cicatrices à compte d’éditeur, donnant une seconde vie à ce premier roman (28:52). Profondément ancrée dans les différentes facettes de son identité, elle souhaite que soient mieux comprises ces multiplicités (27:28), et reconnu le choix des femmes désirant porter le voile (38:07). De son côté, en plus de son activité entrepreneuriale, elle a repris des études de psychothérapie et se lance tout juste dans l’écriture de la suite de Cicatrices !Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Marion Emerit
Rachel Keke, gouvernante et porte-parole des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, est l’invitée du 76e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de femmes, de race et de classe.Pour soutenir le combat des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, vous pouvez leur faire un don en suivant ce lien : https://www.lepotsolidaire.fr/pot/0oz7r5n8L’édito de Lauren :Intersectionnalité. Est-ce que vous comprenez bien ce mot ? Est-ce que vous le pensez excessif ? Galvaudé ? Dangereux ? Insuffisant ? Il est pour moi la clé de tous les mouvements sociaux actuels. Il est la grille de lecture essentielle afin de relier les luttes féministes, antiracistes et décoloniales. Et comme je ne suis pas la personne la plus légitime pour vous l’expliquer, j’ai eu envie de vous relire le passage du texte de la juriste et chercheuse africaine-américaine Kimberlé Williams Crenshaw, tel qu’il est apparu pour la première fois sous sa plume en 1994. Ne jamais oublier que ce mot a été pensé au départ pour traduire le réel des femmes noires victimes de violences. Résumé de l’épisode :Rachel Keke est l’une des porte-parole de la grève des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, démarrée le 17 juillet 2019. Elles se battent depuis bientôt un an pour que soient reconnues les conditions de travail désastreuses – quand elles ne sont pas tout simplement illégales –, qui leur sont imposées par leur employeur, STN, sous-traitant du groupe Accor (26:00). Rachel Keke est née en 1974 et a grandi en Côte d’Ivoire, à Abidjan (08:20). Elle commence à travailler à 16 ans en tant que coiffeuse. À 26 ans, elle arrive en France, souhaitant y utiliser ses compétences et poursuivre dans la même voix (09:00), mais les complexités liées à l’obtention de papiers à son arrivée l’en empêche. Après avoir travaillé en tant que garde d’enfants, elle arrive dans l’hôtellerie. STN est le quatrième sous-traitant qu’elle a connu, des entreprises dont les conditions de travail et les cadences inhumaines ont déjà été signalées et combattues par plusieurs mouvements de grèves et procès dans ce milieu professionnel. Accidents du travail, corps abîmés par les tâches répétitives et épuisantes, mépris, quand les femmes de chambre n’ont pas à subir du harcèlement moral et des agressions sexuelles (40:56), Rachel Keke dénonce la réalité effrayante de ces emplois précaires majoritairement féminins (26:00) et les conséquences de la sous-traitance les excluant du régime réservé aux employé·e·s du groupe hôtelier (21:45). Après des années de silence de la part des syndicats qu’elle et ses collègues avaient consultés, c’est finalement la CGT HPE (pour Hôtels de prestige) qui répond à leurs demandes d’aide et de soutien pour faire valoir leurs droits (31:56). Rachel Keke souligne cependant l’importance pour elles de prendre elles-mêmes la parole face aux médias et aux politiques, en tant que premières concernées et expertes des violences qu’elle subissent (37:07). Fragilisées par leur position en tant que femmes racisées, souvent immigrées et piégées par les exigences de renouvellement de leurs papiers (42:50), une situation dont les entreprises de sous-traitance tirent parti, elles trouvent malgré tout de nombreux soutiens, qui leur donnent courage et aide financière pour tenir sur la longueur. Elle appelle à ne pas se voiler la face sur les discriminations subies par les personnes racisées aujourd’hui, entre autres les violences policières (45:18), contre lesquelles elle constate qu’elles n’ont quasiment aucun recours possible. Quant au mouvement de grève des femmes de chambre, Rachel Keke garde espoir alors que la plaidoirie est en cours en ce moment, et espère pouvoir compter sur la jurisprudence de précédents procès gagnés par d’autres femmes de chambre dans cette situation (48:28) pour avoir gain de cause.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyRecherches et documentation : Clara MatetMixage : Marion Emerit
Parce que les vies noires comptent. Parce que La Poudre et Nouvelles Écoutes soutiennent le combat contre le racisme systémique et les violences policières. Parce que nous assistons aujourd’hui, partout dans le monde, à une révolution. Parce que nous voulons la vérité pour Adama. Je vous propose aujourd’hui de réécouter l’interview d’Assa Traoré, parue pour la première fois dans La Poudre le 14 décembre 2017. Écoutez. Comprenez. Soutenez : https://www.okpal.com/adama-traore/?utm_campaign=01C1J63EN1CGGN0EFQCEN0X52T&utm_medium=campaign_endfunnel-okpuid_01E9VHGVZVXD4067Q6CHR5RJBG-20200602&utm_source=share_twitter#/Au micro de Lauren Bastide, Assa Traoré raconte son rôle d'aînée dans une famille de 17 enfants (04:50), son lien avec son père, perdu à l’âge de 14 ans (08:08),et aux deux premières épouses de celui-ci (13:21) son métier d’éducatrice à Sarcelles (20:13), la stigmatisation dont sont victimes les jeunes garçons des quartiers populaires (24:05) le soir de la mort d’Adama Traoré (26:30), les faits qui ont conduit à l’incarcération de deux de ses frères (34:00), et son lien au Mali, où son père et Adama sont enterrés (40:13).Assa Traoré est née en 1985 à Paris. Très jeune, elle s’occupe des plus petits de ses sœurs et frères, issus des premiers mariages de son père. Suite à une intervention dans son école primaire, elle décide de devenir éducatrice spécialisée. Le 19 juillet 2016, son jeune frère Adama Traoré, qui fête ses 24 ans ce jour-là, perd la vie dans la gendarmerie de Persan après une interpellation à Beaumont-sur-Oise. Dans les heures qui suivent sa mort, sa famille met en cause la responsabilité des forces de l’ordre dans son décès. Les autorités nient. Une bataille judiciaire et médiatique s’ensuit. Assa se consacre entièrement à cette lutte, et devient porte parole de l’association “Justice pour Adama”. En mai 2016, elle co-signe avec la journaliste Elsa Vigoureux “Lettre à Adama”, un ouvrage qui raconte ce combat.La Poudre est une production Nouvelles Écoutes. Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu. Coordination : Zisla Tortello. Mixage : Laurie Galligani
Épisode 75 - Iris Brey

Épisode 75 - Iris Brey

2020-05-2801:08:086

L’autrice, chercheuse et critique Iris Brey est l’invitée du 75e épisode de La Poudre, le sixième et dernier de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de grec ancien, de mères infanticides et de regard féminin.L’édito de Lauren :Je voulais vous écrire un texte super émouvant parce que c’est le dernier épisode de La Poudre produit en confinement. Je voulais vous dire plein de trucs sur la mort, sur la vie, sur la surveillance, sur le contrôle... Je voulais peut-être même vous confier des failles à moi, vous expliquer que j’oscille entre deux mondes, toujours, le très lumineux et le très obscur, que ça m’épuise et que ce qu’on vient de vivre a aiguisé tout ça a un point presque intolérable par moment. Je voulais vous parler des émotions extrêmes qu’on a ressenties collectivement et vous promettre qu’on se remet de tout. Et puis je me suis rendue compte que je faisais que ça, en fait, des textes super émouvants en intro de mes podcasts. Je suis tellement prévisible. Donc pour une fois je vais faire sobre. Et juste vous dire merci. Merci de m’écouter, merci de me suivre, merci de me soutenir. Merci pour vos partages sur les réseaux sociaux. Merci d’avoir suivi les lives Instagram sur le compte de La Poudre. Merci de me dire si souvent merci. Merci aussi à mes invitées Fania Noël, Julia Cagé, Claire Marin, Anne Cheng et Alice Coffin pour leur générosité lors de ces enregistrements à distance, grâce à elles je crois qu’on a vraiment toutes les clés pour le penser, ce fameux monde d’après. Je suis vraiment fière de cette série, qui se termine en beauté avec la chercheuse et critique Iris Brey. Juste avant tout ça, elle était en première ligne de cette révolution féministes menée par les femmes du cinéma français. Vous savez ? Celle qui reprend là, maintenant, tout de suite. Résumé de l’épisode :Iris Brey est chercheuse, journaliste et critique. Elle est aussi l’autrice de deux livres plongeant dans les dessous des images et des représentations produites par nos sociétés, dans les séries d’abord, puis dans le cinéma. Née en 1984 d’un père américain et d’une mère française, elle grandit entre Paris, les États-Unis et le Japon (15:17). Elle développe ainsi un rapport aux langues très particulier, renforcé par ses études en grec ancien (19:40), qui lui donnent une conscience aigüe des systèmes de perception créés par les mots eux-mêmes. Outre le grec, elle étudie aussi littérature (23:13) et cinéma, et travaille ainsi sur la construction des imaginaires, notamment autour de la représentation des corps féminins (26:30). Elle examine dans ses travaux de recherche ces figures féminines, toujours passées au crible d’un regard désirant masculin, ce que la chercheuse Laura Mulvey avait appelé le male gaze. Elle questionne aussi les lieux dévolus aux figures de femmes, toujours punies pour avoir occupé l’espace public sans but précis (28:12), mais aussi les violences qui leur sont faites. Le cinéma, qui rend captif son public (33:10), est peuplé de scènes de viol, quasiment exclusivement filmées du point de vue de l’agresseur et souvent mêlées à des notions de désir (39:49). C’est ce lieu commun qu’Iris Brey dénonce et appelle à faire évoluer pour que chacun·e prenne conscience de ces représentations qui alimentent la culture du viol. C’est parce que le cinéma prend une telle place dans le monde culturel aujourd’hui et parce que ses acteur·ice·s ont une visibilité et parfois un pouvoir économique ayant très peu d’égal, que ce milieu est selon elle aussi lié à la vague féministe actuelle (45:55). Elle y est elle-même engagée pour faire bouger ces lignes, notamment au sein du collectif 50/50 pour 2020 (12:59) qui œuvre à remettre en question la répartition du pouvoir dans ces espaces professionnels de création (11:03). Elle a aussi accompagné l’essentiel témoignage d’Adèle Haenel à Médiapart (49:04), constatant aux premières loges les résistances françaises à faire évoluer les choses (52:48). Sidérée par les résultats des Césars de cette année (58:32), elle espère elle aussi que la révolution féministe ne sera pas arrêtée par la pandémie qui révèle de façon criante les règles du système patriarcal et les inégalités qu’il engendre (01:02:36).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Marion Emerit
Après le confinement, le Podcast Club de Nouvelle Écoutes continue ! Chaque jour, un.e membre de l’équipe met en avant son épisode préféré d’un podcast Nouvelles Écoutes. Aujourd'hui, il s'agit de la recommandation d'Ashley, productrice.« Comme pas mal de personnes, j’ai découvert Déborah Lukumuena grâce à sa performance incroyable dans « Divines » d’Houda Benyamina. Je me souviendrai toujours du jour où j’ai écouté cet épisode. C’était un samedi, je revenais de chez ma mère, j’étais dans un train pour rentrer à Paris. L’histoire de cette actrice m’a retournée. J’ai adoré entendre son discours radical, intransigeant et sans concession. Le passage où elle parle du rôle de la colère dans sa vie m’a marqué : l’entendre revendiquer ce sentiment, tellement mal perçu chez les femmes noires, m’a fait un bien fou. Bonne (ré)-écoute à tou.te.s ! »Au micro de Lauren Bastide, Déborah Lukumuena parle de sa réussite (5:49), de sa double enfance en région parisienne et de la colère qui l’habite (7:16), de ses liens avec la République démocratique du Congo (11:48), de l’importance de la littérature (14:50) et de l’arrivée du cinéma dans sa vie (16:12), ainsi que de la complexité des personnages qu’elle aime incarner (23:06). Elle évoque aussi le long casting de "Divines" (26:23), la beauté de Maïmouna (attention spoiler, 35:00), les liens entres les différents personnages qu’elle joue (38:50), la stigmatisation des actrices noires (43:22), les choix qui guident sa carrière (47:54), les réactions racistes auxquelles elle a dû faire face suite aux Césars (51:00) et son rapport à elle-même (60:00).Déborah Lukumuena est comédienne. Née en 1994, elle est passionnée de littérature et rêve d’abord de devenir professeure de français. C’est en regardant la série Les Tudors qu’elle a le déclic qui la mène à passer le casting pour le film d’Houda Benyamina, "Divines", pensant briguer un rôle de figurante. Sélectionnée pour jouer l’un des deux personnages principaux, elle décroche en 2017 le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour sa performance. Elle entre alors au conservatoire et a depuis joué dans "Roulez jeunesse" et "Les invisibles" au cinéma, ainsi que dans la pièce "Anguille sous roche" au théâtre. Elle y joue seule sur scène et porte magistralement un monologue puissant et politique.La Poudre est une production Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuMixage du générique du cycle Cinéma : Charles de CilliaCoordination : Gaïa MartyMixage : Paul Lambert de Cursay
Épisode 74 - Alice Coffin

Épisode 74 - Alice Coffin

2020-05-2101:07:448

La journaliste et militante Alice Coffin est l’invitée du 74e épisode de La Poudre, le cinquième de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Paris, de médias et de politique.L’édito de Lauren :Salut vous allez bien ? Moi je suis toujours confinée parce que mes enfants ne retournent pas à l’école pour l’instant. Et aussi parce que je crois qu’étrangement j’ai trouvé un certain confort dans cet isolement forcé, je ne sais pas si je dois m’en inquiéter. Ce qui me manque ce sont les sorties culturelles. La toute dernière que j’ai faite c’était à Bobino en mars, j’étais retournée voir VIRIL, vous savez ce spectacle dont je vous ai déjà parlé dans l’introduction de mon épisode avec Casey. VIRIL c’est Virginie Despentes, Béatrice Dalle et Casey qui lisent sur scène des textes féministes et queer radicaux. Je les relis en ce moment, c’est tellement bon, et mon préféré, celui qui résume le mieux mon désir, c’est celui-ci, le texte culte écrit en 1992 par l’artiste américaine Zoe Leonard. Un texte qui avait été tapé à la machine et distribué sur des tracts, à la main, à New York, et ici librement traduit. Désolée ça aura pas autant de gueule que quand c’est Béatrice Dalle qui le dit.Résumé de l’épisode :Alice Coffin est journaliste et militante, autrice d’un livre très attendu sur le génie lesbien qui sortira en octobre 2020 (52:44). Née en 1978, elle grandit à Paris dans le 12e, dans une famille nombreuse, ouverte et aimante (20:34). Elle comprend très jeune tous les paradoxes des injonctions aux comportements genrés (25:58) et milite contre le système hétéropatriarcal dans plusieurs collectifs et associations (24:23), dont La Barbe depuis 2010, la European Lesbian Conference dont elle est cofondatrice ou encore la LIG (Lesbiennes d’Intérêt Général), premier fonds de dotation féministe et lesbien. Après les manifestations lors du vote de la loi pour le mariage pour tous et leur traitement médiatique régulièrement atterrant (30:50), elle s’attaque au concept de « neutralité » qui n’est souvent en réalité qu’un moyen de silenciation des minorités (31:50). Pour elle, le regard des femmes issues des minorités est pourtant essentiel, leur position dans la société et les difficultés qu’elles doivent surmonter pour s’y adapter leur permettant de voir et de lutter plus efficacement contre les oppressions structurelles (45:23). Elle reste cependant méfiante des discours annonçant qu’il n’y aura pas de retour en arrière, ayant été témoin des stagnations, reculs et backlashs sur divers fronts, de la place des femmes dans le cinéma français aux débats sur la PMA (42:30). Engagée depuis peu à l’échelon local pour Europe Écologie les Verts, elle affirme toute la force politique que revêtent les corps lesbiens qui s’affichent dans l’espace public (47:55). Activiste depuis de nombreuses années, elle  voit de nombreuses similarités entre les combats féministes et écologistes (01:00:20) et appelle à se passer du regard des hommes pour inventer un ailleurs et un autrement (56:33).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Marion Emerit
Pour continuer de vous accompagner pendant le déconfinement, Nouvelles Écoutes, le studio qui produit ce podcast, continue le Podcast Club. Chaque jour, on vous propose de réécouter un épisode tiré de nos archives et d'échanger ensuite toutes et tous sur les réseaux sociaux de Nouvelles Écoutes. Prenez soin de vous et bonne écoute.Dans cet épisode bonus enregistré le 22 avril 2017 lors de la journée “Fashion Revolution”, organisée en hommage aux victimes de l’effondrement du Rana Plaza, au Bangladesh, le 24 avril 2013, Lauren Bastide tend son micro à 4 femmes militant au quotidien pour une industrie de la mode plus respectueuse des droits humains et de l’environnement : Anaïs Dautais, Laura Brown, Nayla Ajaltouni et Stéphanie Calvino.Installées au bord du Canal Saint-Martin, elles racontent successivement leurs ressentis après avoir appris l’effondrement du Rana Plaza, le 24 avril 2013 : Laura (06:19), Anaïs (08:18), Stéphanie (11:50), et Nayla (15:14). Elles dénoncent la promesse mensongère de la mondialisation (20:59), énumèrent les problèmes écologiques qui sont liés à la fast-fashion (21:33), et les pistes à suivre pour consommer responsable (25:25). Elles racontent la double peine que subissent les femmes travailleuses dans l’industrie du textile (42:21), la mode éthique comme un combat féministe (44:48) et livrent des mantras de consommatrices et consommateurs responsables à appliquer dès demain (48:50).Au micro de Lauren Bastide : Anaïs Dautais, créatrice de la marque Les Récupérables dont les vêtements sont créés à partir de matériaux récupérés et “upcyclés”, Nayla Ajaltouni, coordinatrice du Collectif Éthique sur l’étiquette, qui regroupe des associations de solidarité internationale, des syndicats, des mouvements de consommateurs et des associations d’éducation populaire, Laura Brown, fondatrice d’Éthipop, une communauté de créat-eur-rice-s éthiques et responsables, et Stéphanie Calvino, organisatrice des conférences « Anti_Fashion » et membre du Collectif 52.Merci à Sébastien Kopp et à Veja pour avoir associé La Poudre à cet événement.La Poudre est une production Nouvelles Écoutes. Réalisation de l’épisode : Xavier Faltot pour La Chambre à Air.Réalisation sonore et générique : Aurore Meyer-Mahieu. Coordination : Zisla Tortello. Mixage : Laurie Galligani
Épisode 73 - Claire Marin

Épisode 73 - Claire Marin

2020-05-0701:04:564

La philosophe Claire Marin est l’invitée du 73e épisode de La Poudre, le quatrième de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de maladie, d’identité et de soin.L’édito de Lauren :« On aimerait que la rupture soit une coupure franche. Bien droite et nette, d’un seul coup, comme le sabre qui décapite. Mais la rupture est déchirure. À la différence de la séparation qui laisserait chacun redevenir la part entière qu’il était déjà auparavant, comme le rappelle l’étymologie, la rupture est une déchirure. Elle ne retrouve que rarement les contours nets de chacun. On ne rompt pas comme on découpe le long des pointillés, respectant soigneusement le patron qui reprend notre forme exacte. On déchire dans le tissu d’une vie commune où les identités des uns et des autres se sont si étroitement mêlées que plus personne ne sait vraiment où il commence et où l’autre s’arrête. Mais celui qui veut rompre croit le savoir. Il croit pouvoir dessiner l’ombre où il perçoit sa silhouette propre et veut se débarrasser de ce flou indécis, des présences qui l’encombrent, des liens qui l’empêchent d’être vraiment lui-même.La rupture propre, comme un chiffre qui se divise sans reste, est sans doute impossible. Nous ne pouvons pas nous ‘‘réduire dans le temps, semblable à un nombre, sans qu’il reste une fraction bizarre’’, pour reprendre l’expression de Nietzsche. Même rompus, les liens peuvent rester sensibles, membres fantômes, témoins d’une ancienne vie. »Rupture(s), Claire Marin, Éditions de l’Observatoire, 2019.Cet épisode a été enregistré le 29 avril 2020, en confinement, un jour de pluie.Résumé de l’épisode :Claire Marin est philosophe, enseignante, et autrice de plusieurs livres passionnants dont le dernier, Rupture(s), résonne très fort avec la situation actuelle. Née en 1974 à Paris, son enfance à Nantes est pleine de lectures, de solitude et de lenteur (11:11). Docteure en philosophie, cette discipline a été un coup de cœur pour elle dès le lycée (14:41) et joue un rôle important dans sa vie. Frustrée par son côté parfois aride et abstrait, elle se sert de ses outils et les rend plus accessibles, plus en prise avec le réel et notamment avec le corps au travers d’une philosophie de la maladie (20:13). Elle-même diagnostiquée d’une maladie auto-immune qu’elle raconte pudiquement dans son roman Hors de moi, elle fait aujourd’hui partie des personnes ‘‘à risque’’ (07:05) et aborde avec clarté les enjeux d’une société qui s'appuierait uniquement sur des critères quantitatifs d’évaluation de la santé de ses citoyen·ne·s pour statuer sur leurs droits et libertés (35:00). Elle évoque également la dangerosité de la culpabilisation des malades pour dédouaner les politiques (41:11), une tendance déjà largement observée avant même l’impact du Covid-19. La crise actuelle est pour elle une rupture (24:40) qui apporte une nouvelle instabilité dans nos vies déjà bien plus mouvantes que celles des générations précédentes (27:30). Elle ne croit cependant pas en sa valeur transformatrice, même si elle espère certaines conséquences positives comme une plus grande présence des femmes sur le devant de la scène, elles qui sont si essentielles au combat actuel contre la maladie (09:20). Enseignante en classe préparatoire dans le Val d’Oise à côté de ses travaux de recherches, elle constate l’impossibilité de mettre en place les recommandations gouvernementales dans des espaces délaissés par la République depuis longtemps, ce dont sont bien conscientes les populations concernées, lassées d’être considérées comme des citoyen·ne·s de seconde zone lorsqu’elles ne sont pas tout simplement oubliées et maltraitées (57:10). Claire Marin appelle à reconnaître toute la légitimité de cette colère et celles générées par la crise en cours et à mettre des mots dessus grâce à la philosophie (47:20).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Charles de Cillia
Épisode 72 - Anne Cheng

Épisode 72 - Anne Cheng

2020-04-3001:13:374

La sinologue Anne Cheng est l’invitée du 72e épisode de La Poudre, le troisième de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Confucius, de sinophobie et de vanité.L’édito de Lauren :Cette crise nous oblige à nous demander à quoi on sert. Il y a ceux et surtout celles, qui ont des métiers essentiels à la société. Celles qui sont sur le front, à se battre contre la maladie, à soigner nos ancien·ne·s, à nous nourrir, à nous assurer un environnement propre et sain. Je voudrais remercier ces femmes-là et leur faire la promesse qu’on ne les oubliera pas demain, quand il faudra se battre pour qu’elles soient rémunérées à la hauteur de leur importance et traitées avec le respect qui leur est dû. Moi je fais partie des confiné·e·s, des professions dites intellectuelles, des bullshit jobs, des télétravaillants, des pas essentiel·le·s, des utiles, à la rigueur. Mais j’ai la chance inouïe de faire le travail le plus merveilleux du monde : interviewer des femmes. Je suis plus reconnaissante que jamais d’avoir ce privilège-là. Il me permet de poursuivre avec vous le cycle #ellespensentlapres en compagnie de l’une des plus grandes penseuses que j’ai jamais rencontrées. Anne Cheng est sinologue et professeure au Collège de France. J’avais eu la chance de l’interviewer une première fois pour mon émission Les Savantes, sur France Inter, il y a deux ans de cela. Je voulais qu’elle vienne ici, dans La Poudre, partager avec vous ce savoir immense qu’elle détient sur la Chine. Il m’a semblé que c’était urgent et elle a accepté mon invitation. Bande de veinardes et de veinards !Résumé de l’épisode :Anne Cheng est sinologue et professeure au Collège de France depuis 2008. Directrice de collection et autrice de nombreux ouvrages, sa vision sur les liens entre la France et la Chine est éclairante. Née à Paris en 1955, elle grandit en France avec son père, François Cheng, poète et membre de l’Académie française (11:07). Sa mère, repartie en Chine juste avant la Révolution culturelle, ne pourra à nouveau entrer en contact avec elle que dix ans plus tard. Anne Cheng se réapproprie son lien avec la Chine en s’attaquant à 26 ans à la traduction d’un texte fondateur : les entretiens de Confucius (16:36). Elle crée ainsi des attaches au pays d’origine de ses parents par un biais qui lui est propre (23:00). Au travers de son parcours de chercheuse, elle étudie en profondeur les origines et les reconfigurations diverses du lien entre la France et la Chine : depuis les idées reçues plutôt positives au XVIIe siècle – bien que biaisées par les objectifs des Jésuites (29:50) –, en passant par les premières traces de sinophobie après le XVIIIe, jusqu’aux clichés racistes hérités de la période coloniale. Clichés qui ressortent avec violence aujourd’hui, bien que le racisme contre les personnes asiatiques ne date pas d’hier : elle, comme ses filles en ont d’ailleurs déjà fait les frais par le passé (40:08). Cette histoire ancienne et tortueuse qu’elle étudie depuis longtemps est à présent teintée des effets de la mondialisation, dans laquelle la Chine a une place centrale, ce que la crise actuelle rend incontestable (34:48). Elle observe avec recul et finesse la place de ce pays et de son influence grandissante, notamment dans de nombreux pays d’Afrique (49:36). Elle appelle cependant à sortir de la mise en miroir entre Chine et Occident qui crée une binarité effaçant toute la complexité de ces cultures et de leurs relations (46:40). En ce moment, si son travail de recherche est évidemment perturbé par les circonstances actuelles (07:27), elle est attentive à ce qui se passe ici comme là-bas (06:19) et continue à analyser sans angélisme le rôle de l’Empire du milieu dans la crise en cours (58:11).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Charles de Cillia
Pendant cette période de confinement, Nouvelles Écoutes, le studio qui produit ce podcast, organise un Podcast Club. Chaque jour, on vous propose de réécouter un épisode tiré de nos archives et d'échanger ensuite toutes et tous sur les réseaux sociaux de Nouvelles Écoutes. Prenez soin de vous et bonne écoute.Dans ce onzième épisode de La Poudre, Najat Vallaud-Belkacem se livre, au micro de Lauren Bastide, à l’Hôtel de Rochechouart du Ministère de l’Éducation Nationale.Najat Vallaud-Belkacem est ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche depuis août 2014. Elle est née en 1977 dans le village de Beni Chiker, au Maroc. Najat Vallaud-Belkacem arrive en France à l’âge de 4 ans et grandit dans la banlieue d’Amiens. Diplômée de l’Institut d’Études Politiques de Paris, elle est militante du parti socialiste, et est élue pour la première fois en mars 2004, Conseillère Régionale du Rhône-Alpes. Pendant la campagne présidentielle de 2007, elle est porte-parole de Ségolène Royal. Le 15 mai 2012, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault la nomme Ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement. En Août 2014, elle devient la première femme à occuper le poste de ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.Au micro de Lauren Bastide, Najat Vallaud-Belkacem dresse le bilan de son mandat gouvernemental de 5 ans (02:50), raconte son enfance dans la vallée du rif au Maroc (08:40), son adolescence sage dans les quartiers nord d’Amiens (19:15), sa difficulté à se trouver des modèles de femmes (25:15), les attaques sexistes et racistes dont elle a fait l’objet (32:25), la bataille autour de de son projet « ABCD égalité » (41:00). Elle donne aussi sa définition de la laïcité (47:30) et dévoile son désir d’en découdre avec le FN (53:35).La Poudre est une production Nouvelles Écoutes.Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu.Mixage : Zaki Allal.Assistante de production : Zisla Tortello.
L’économiste Julia Cagé est l’invitée du 71e épisode de La Poudre, le deuxième de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de dette, de représentation et de revenu universel.L’édito de Lauren :Bon. Alors j’ai une théorie. Ça vaut ce que ça vaut mais, pour moi, cette crise produit un effet loupe. Tout ce qui arrive, c’est comme avant, mais en version grossie. Les violences policières dans les quartiers populaires c’est pas nouveau, mais c’est pire. Les injonctions sexistes dans les magazines féminins c’est comme d’hab, mais ça choque plus. La fragilité des vieux, la mise en danger des pauvres, l’importance de l’école gratuite, la difficulté à vivre en couple hétérosexuel, on était au courant, mais le confinement rend tout exagéré, colossal. Sur le plan individuel c’est pareil, nos névroses prennent beaucoup de place, nos soucis de santé aussi. On n’est rien d’autre que ce qu’on est, mais y a plus moyen d’y échapper : on est confiné·e·s dans nos propres petits enfers personnels. Moi par exemple, là, je me rend compte que je suis maman, alors qu’avant j’avais quand même plusieurs heures dans la journée où je pouvais l’oublier. Je me sens fille de mes parents, plus qu’avant, parce qu’ils me manquent et que je suis loin d’eux. Je saisis encore plus à quel point je suis privilégiée et comme le confort matériel dont je bénéficie change tout dans ce contexte. Il y a un truc qui me saute au yeux, quelque chose que je contournais un peu jusqu’ici : je suis cheffe d’entreprise. Mon associé Julien et moi, on se prend la crise en pleine figure. Le podcast, c’est gratuit. On gagne des sous uniquement grâce à la pub. Et en temps de crise, bah de la pub y en a pas, enfin pas beaucoup en tout cas. On a peur de tout perdre et on est prêts à se battre pour que ça n’arrive pas. On se retrouve tous les deux à parler d’exonération d’URSSAF, de prêt garanti par l’état, d’activité partielle et de banque publique d’investissement. Et comme dans les médias on n’entend que des vieux gars parler de tout ça, j’ai eu envie d’échanger avec une économiste, jeune, brillante, progressiste, pour vulgariser. Résumé de l’épisode :Julia Cagé est chercheuse en économie et l’autrice de plusieurs brillants ouvrages, dont Le Prix de la démocratie dans lequel elle explore les ressorts économiques du fonctionnement de la vie politique française. Née en 1984 à Metz, elle déménage souvent étant enfant (11:58) mais rentre en classe préparatoire à Marseille et finit par intégrer l’École normale supérieure, poussée par son admiration pour les figures intellectuelles de gauche (13:35). De gauche, elle l’est certainement et ne s’en cache jamais. Elle a d’ailleurs été la conseillère économique de Benoît Hamon lors de la campagne présidentielle de 2017. Cette prise de position est souvent utilisée pour discréditer son travail de chercheuse (15:18) mais elle l’assume sans ambage, dénonçant au contraire la supposée neutralité d’un certain milieu de la recherche (17:19). Lors de la campagne, elle a été l’une des actrices majeures de la proposition du candidat sur le revenu universel (20:10), aujourd’hui revenu au centre des débats. À l’époque, elle a dû faire face à de nombreuses marques d’un sexisme bien ancré, tant dans la presse que dans la politique (26:46). Elle est aujourd’hui plus assurée dans son positionnement féministe, appelant à utiliser les outils de l’état de droit pour changer durablement les règles et faire entendre les femmes (29:40). Elle rappelle d’ailleurs le besoin d’une représentation descriptive pour une démocratie en bonne santé (30:56). Dans la crise actuelle, elle appelle de ses vœux une relance verte de l’économie, un chemin toujours plus nécessaire vers la transition (32:40). Elle souligne aussi toute l’importance de l’impôt (40:00) pour parvenir à une société plus juste et sa dénonciation du système de dons des plus riches à l’américaine est limpide (43:10). Ses analyses font rêver d’une démocratie plus égalitaire pour demain (49:22).La chanson que vous entendez à la fin de l’épisode est « La Rage » par Nina Montagné.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Charles de Cillia
Épisode 70 - Fania Noël

Épisode 70 - Fania Noël

2020-04-1601:11:075

L’autrice et militante Fania Noël est l’invitée du 70e épisode de La Poudre, le premier enregistré en confinement. À contexte particulier, discussion particulière : cet épisode mêle parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde d’après. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de révolte, de rêve et de révolution.L’édito de Lauren :Avec Fania Noël, on devait se voir pour de vrai, avant que la pandémie nous confine. On avait programmé ce rendez-vous dans le monde d’avant. Vous vous rappelez ? On en était là : Adèle Haenel s’était barré, Aïssa Maïga leur avait mis le nez dans leur racisme, Virginie Despentes avait dit : « On se lève et on se casse ! », à la manif’ on était des milliers, déterminées, et au village féministe, Mwasi, Lallab et d’autres asso avaient appelé à sortir de l’effroi. À force de s’époumoner on commençait à avoir - enfin, moi je l’avais -, la vague impression qu’on était entendues, que nos cris résonnaient et puis d’un coup, silence. Confiné·e·s. Enfermé·e·s chez nous ou envoyé·e·s au front, nous voilà à nouveau silencié·e·s. Nos combats passeront après. Les violences contre les femmes ont augmenté de plus de 30% au sein des foyers depuis le début du confinement. Les femmes les plus précaires, aides à domicile, aide-soignantes, caissières, ouvrières, sont abandonnées, sans protection contre la maladie. Dans les médias, sexisme et racisme s’en donnent à cœur joie, et un grand quotidien propose à quatre vieux gars blancs de raconter le monde de demain. Comment peuvent-ils penser le monde de demain, eux qui ne comprennent pas même les violences de celui d’aujourd’hui ? C’est à elles de l’énoncer. Résumé de l’épisode :Autrice, fondatrice de la revue AssiégéEs, hôtesse de deux podcasts et militante dans l’association Mwasi depuis plusieurs années, Fania Noël lutte pour une société antiraciste, antisexiste et anticapitaliste, en créant des outils accessibles pour ces combats. En ce moment, elle en appelle plus que jamais aux utopies pour lutter contre la stupeur et l’effroi créés par le confinement et ses conséquences (06:10). Née en Haïti et arrivée à deux ans en France, elle est diplômée de la Sorbonne en sciences-politiques (07:34). Ses études l’aident à théoriser sa connaissance instinctive des rapports de pouvoir et de l’impact qu’ils ont sur les corps de ses proches (12:18). Elle cherche des lieux militants pouvant répondre à ses interrogations et ses envies de changer le système mais ne trouve pas d’espaces répondant à l’intersection des discriminations dont elle fait l’expérience (30:22). C’est finalement internet qui se révèlera le catalyseur de sa politisation personnelle (33:50). Cette position particulière d’être une femme noire en militantisme blanc finit par la mener en 2015 à la rencontre de Mwasi, collectif afroféministe dont elle fait depuis partie (36:29). En 2016, elle monte un camp d’été décolonial avec la militante Sihame Assbague et se retrouve en butte à de nombreux opposant·e·s, de la gauche comme de la droite, qui ne supportent pas l’idée de réunions en non-mixité et leur vision de la lutte antiraciste. Cette expérience se reproduit avec la tenue du festival Nyansapo organisé par Mwasi en 2017, ce qui ne l’empêche pas de continuer à agir. Si la colère est un bon point de départ, elle revendique son dépassement pour pouvoir construire l’après et l’autrement (16:50). Dans la crise actuelle qui révèle plus que jamais le racisme systémique (48:09), elle dénonce l’impact psychologique de l’impossible mythe de la « housewife » noire (54:40) et appelle à s’approprier les outils théoriques pour que demain, la lutte reprenne encore plus fort (01:04:50).Les sons de manifestation que vous entendez dans l’introduction ont été enregistrés par Lauren Bastide le 8 mars 2020.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Charles de Cillia
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Comments (20)

Cornet Emelyne

Cet épisode était un cadeau! Merci à vous deux

Aug 9th
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Maylis P.

Merci pour ce superbe podcast et cette interview de cette grande économiste. Voix très agréable. Beaucoup de pistes de réflexion. Petit regret sur le sponsor au début qui m'a un peu irritée, je sais qu'ils essayent de participer à une mode plus éthique mais ce côté sur consommation de la marque et petite pub au début du podcast m'a gênée. Ca fait pas du tout media indépendant du coup 😉 Après je suppose que c'est flatteur et permet de produire le podcast... J'ai travaillé dans mes médias je connais le sujet...

May 3rd
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Maitan ZH

J'adore ce podcast! J'aimerais bien si vous faisiez un entretien avec Delphine Dhilly, la réalisatrice del documentaire "Sexe sans consentement". Merci!!!

Feb 23rd
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Patricia Hanrahan

lplp llllllllmplllllllllllllm

Oct 15th
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Alixan

🙏🙏 Elle est merveilleuse 💪❤️💜

Oct 3rd
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Alina Golovkova

Super épisode ! Merci à vous Lauren. Toujours si inspirant et motivant. Très agréable de découvrir une personnalité attachante et inspirante comme Sonia Rolland.

Aug 30th
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Alina Golovkova

Une fenêtre sur le monde d’aujourd’hui. La poudre ou comment se prendre une dose de culture, de féminisme, de réflexion sur soi-même à chaque épisode. Merci ❤️

Aug 17th
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Andrea Smither

merci #lapoudre d’embellir et enrichir mes marcdis!

Mar 19th
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Sarajvati muta

Je suis touchée à chaque podcast. Chaque intervenante est passionnante et passionnée... j'ai du retard à rattraper car j'ai découvert la chaîne il y a peu... Je suis ravie, transportée, guidée...bref continuez !

Mar 9th
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Andrea Addington

For French speakers, #lapoudre is a great podcast! This episode is an interview of Xavière Gauthier, the founder of feminist publication Sorcières! #women #IWD #Castboxplaylist

Mar 8th
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Anouk Cohen

le son est faible...

Oct 23rd
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Céline Lleu

Génial! Merci pour ce Podcast intéressant et libérateur!

Oct 20th
Reply (1)

Audrey H

C'était ouf ! Merci pour toutes ces informations importantes

Oct 5th
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Morgane Guerlais

Incroyable ! Un très bon moment pour moi. Merci.

Jul 30th
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LaLucarne EtLaNuit

juste pas possible d'écouter parler une cruche pareille

May 18th
Reply (1)

Batiste M

w w 2w

Apr 28th
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Marine Delvaux

Merci pour ce podcast qui me fait réfléchir, évoluer dans mes opinions, et découvrir des femmes passionnantes.

Apr 5th
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Soumaya El Bakkali

merci pour cette conversation avec Sophie Fontanel.

Dec 13th
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