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La marche du monde

Author: RFI

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Chaque semaine, La marche du monde vous propose de découvrir l’histoire de nos sociétés contemporaines. Sur les cinq continents, nous recherchons des témoignages, mais aussi des archives radiophoniques et musicales, pour revivre les évènements et les mouvements qui éclairent l’actualité. En Afrique, en Asie, en Amérique, en Europe et au Proche-Orient, rafraîchissons-nous la mémoire et partageons notre histoire ! *** Diffusions le samedi à 14h10 TU et le dimanche à 00h10 TU vers toutes cibles. 

256 Episodes
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Musicien de père en fils, rappeur et producteur, Yewhe Yeton a le gout de l’archive. Passionné par l’histoire musicale du Bénin dont il collectionne les rythmes hérités de la tradition, il nous révèle le sens caché des chants du Dahomey enregistrés en 1931 lors de l’exposition coloniale. (Rediffusion) Nous sommes à Abomey Calavi, à la périphérie de Cotonou, capitale économique du Bénin. Fils de chanteur, petit-fils de chanteur, chanteur lui-même, Yewhe est venu interroger son héritage familial. Son père lui raconte en langue gun-gbé comment son grand-père a séduit sa grand-mère en évinçant tous ses prétendants : « Il était le chanteur vedette du groupe musical du village ! » Évoquant sa personnalité éloquente et militante, le père et le fils discutent du sens des paroles des chansons au fur et à mesure que je les enregistre. Témoignage de la culture religieuse vodoun, mais aussi critique sociale du pouvoir des puissants. Son goût de l’archive, il nous révèle à l’instar des chants dahoméens découverts par Cécile Van Den Avenne, enregistrés lors de l’exposition coloniale de Paris en 1931. Qui sont les chanteurs enregistrés, que chantent-ils et d’où viennent les rythmes joués ? Autant de révélations remises en circulation par Yewhe Yeton dans ses boucles musicales où un tirailleur dahoméen nommé Hounsou fait face aux blancs qui ne le comprennent pas, en leur chantant : « Mède Mi Wá. Nous ne sommes pas des prisonniers, nous aussi sommes des hommes ». À écouter aussiFinaliste Prix Découvertes RFI 2025 : le rappeur béninois Yewhe Yeton ► Un documentaire de Valérie Nivelon avec l’artiste Yewhe Yeton et la chercheuse Cécile Van Den Avenne. Cécile Van Den Avenne, directrice d'études de l'EHESS. Institut des mondes africains - IMAF, Campus EHESS Marseille, CeRCLEs - Centre de recherche sur les circulations, les liens et les échanges. Chaire : Pratiques langagières. Afrique-Europe (XIXe-XXIe siècle) ► Découvrir sa page de recherche Finaliste du prix Découverte RFI 2025, Yewhe Yeton nous présente son album Loko : Un album entre mémoire collective et vibrations intimes Loko est une cartographie sonore et intellectuelle, un espace où se croisent les aspirations d’un artiste et les résonances d’un peuple. Yewhe Yeton y explore le passé pour mieux s’inscrire dans l’avenir. Il y affirme avec force une identité plurielle, hybride et insoumise. En mêlant technicité, engagement et profondeur esthétique, il signe une œuvre inaugurale d’une densité interpellante, qui pose les bases d’un parcours musical prometteur. Quels sont les atouts qui font de cet album une œuvre évocatrice et pérenne ? L’orchestration musicale comme matrice identitaire Dès les premières mesures de Loko, Yewhe Yeton annonce la couleur : un projet hybride, à la croisée des esthétiques, où les polyphonies africaines se déploient avec une subtile virtuosité et tissent un canevas sonore à la fois ancestral et résolument moderne. Il fait de la fusion musicale une déclaration d’intention : rythmes traditionnels, hip-hop et éclats de rock s’entrelacent dans une alchimie ténue, entraînante, donnant naissance à une imagerie afro-métissée, expressive et méticuleuse. Entre polyphonie et polyrythmies, ce patchwork esthétique se veut être la résultante fusionnelle des chœurs africains dans leur déploiement de masse qui se fait continuité de l’état d’esprit culturel de la consolidation par le lien collectif. En cela, chaque chanson se construit comme une mosaïque, une superposition minutieuse de textures sonores qui illustrent la complexité des héritages culturels que l’artiste porte et réinterprète. Le message comme mission d’émancipation Au-delà de la performance musicale, Loko est un manifeste. Les dix titres de l’album résonnent comme un appel à l’autodétermination, une profession de foi inscrite dans le respect des valeurs communautaires ancestrales. Yewhe Yeton inscrit son art dans une tradition orale de transmission de valeurs, à se réapproprier et à réinvestir. Afin de faire de chaque vers ponctué, accentué, cadencé, scandé une passerelle de sens entre les vertus du passé et les urgences de l’avenir. De fait, son propos se porte notamment sur les enjeux de la vie et la nécessité de s’accomplir avec prudence, sur des clés-pratiques du vivre-social, sur la cosmogonie locale, autant que sur les ambiguïtés humaines que l'on peut rencontrer. C’est aussi un album dans lequel Yewhe Yéton se plaît à se raconter, comme dans un processus. Les refrains comme portail vers l’intemporel Les refrains de Yewhe Yeton dégagent un paradoxe fascinant. Ils installent une impression de transcendance, tout en touchant à une forme d’insaisissable. À travers eux, l’artiste convoque une mémoire sensorielle partagée, un relent d’anciennes litanies qui viennent se mêler à la modernité de sa proposition musicale. Cette tension entre ancrage et dépassement donne à l’album une résonance particulière, une capacité à faire vibrer quelque chose de profondément enfoui en l’auditeur. Cette familiarité est combinée à la sensation de toucher à une altérité, à une antériorité qui nous dépasse, qui est profondément ancrée en nous. Dans ce sens, les refrains de Yewhe Yéton parviennent ainsi à créer un paradoxe émotionnel, où le connu et l'inconnu se mêlent pour produire un effet puissant et marquant. Ils opèrent comme des incantations modernes, où la répétition et la mélodie deviennent des vecteurs d’une puissance évocatrice inédite. Cette liaison – entre immédiateté et profondeur mystique – confère à Loko une charge émotionnelle qui pourrait garantir aux œuvres de Yewhe Yéton des statuts de classiques en devenir. La langue fon comme laboratoire sonore et anthropologique Le choix du fongbé semble soigné et réfléchi. En plus d’être médium linguistique et marqueur identitaire, il devient un véritable terrain de recherche. Yewhe Yeton joue avec la musicalité intrinsèque de la langue, explore ses aspérités rythmiques, sa plasticité poétique. Son travail sur l’assonance et l’allitération forge un phrasé percussif qui s’imprime dans l’oreille. Ce choix linguistique participe de la volonté d’ancrer Loko dans une continuité patrimoniale, d’autant qu’il choisit d’explorer un fon qui n’est pas usuel pour s’approprier celui qui appartient au registre de langue soutenu, énigmatique, codifié. En l’abordant ainsi, le rappeur dépoussière par une modernité audacieuse. Il en fait le terreau d’une recherche musicale et anthropologique. À travers ce fon quasi-élitiste, il interroge les structures de la pensée, les subtilités de la transmission orale et les sonorités. ► Lien d'écoute sur Sound Cloud
«En Amérique, nous sommes là depuis 3 siècles, rejetés dans le ghetto, mais nous sommes Américains !» revendiquait l'écrivain Richard Wright. Être des Américaines et des Américains comme les autres, est une aspiration partagée par toutes celles et ceux qui ont répondu à l’enquête historique menée par les deux sociologues africains américains St. Clair Drake et Horace R. Cayton dans les quartiers de Black Metropolis, au cœur du ghetto de la ville de Chicago. (Rediffusion) Une enquête devenue un classique de la socio-anthropologie urbaine, publiée aux États-Unis en 1945 et enfin disponible en français. Mais que raconte Black Metropolis de la réalité quotidienne des migrants noirs arrivés dans ce bastion industriel du nord ? Comment sont-ils venus alors qu’ils fuyaient le racisme officiel des États du sud ? Comment ont-ils survécu et lutté pour leurs droits dans le ghetto urbain de Chicago ? Et comment ont-ils organisé leur vie sociale et culturelle au rythme du blues de Chicago, genre musical qu’ils ont inventé ? Autant de questions à évoquer avec nos invitées Anne Raulin et Danièle Joly, directrices de la traduction en français de Black Metropolis, une ville dans la ville, Chicago, 1914-1945. À lire : Black Metropolis, une ville dans la ville, Chicago, 1914-1945, aux éditions de la MSH dans la collection Amérique(s). Une traduction dirigée par Anne Raulin, professeure émérite en Anthropologie à l’Université Paris Nanterre et spécialiste des minorités urbaines et des dynamiques mémorielles et Danièle Joly, sociologue, professeure émérite à l’Université de Warwick et spécialiste des questions d’intégration, de discrimination et d’asile en Europe.   Playlist :  Duke Ellington, Caravan Mahalia Jackson, Precious Lord take my hand Jelly Roll Morton, Winin’boy blues Robert Johnson, Sweet home Chicago.  Pour aller plus loin : À écouter aussi«Chicago - Juillet 1919, les premières émeutes raciales»   Black Lives Matter, l’affaire Emmett Till
50 ans après l’indépendance du Cap Vert, La Marche du monde est en reportage dans la ville de Praia, à la recherche de celles et ceux qui ont participé à la construction de ce petit pays chanté par Cesaria Evora, ambassadrice aux pieds nus d’un archipel situé au large du Sénégal. Un archipel du Cap Vert devenu une référence démocratique pour le continent africain. (Rediffusion) Au fil des rencontres, nous interrogeons cette culture de l’indépendance, arrachée par les armes en Guinée-Bissau par le héros national Amilcar Cabral et ses guérilléros. Cabral, co-fondateur du PAIGC, le parti africain pour l’indépendance, Cabral assassiné en 1973 avant d’avoir pu traduire par les actes sa vision d’un peuple libéré du joug colonial portugais. Cabral l'agronome, défenseur d'un système éducatif capverdien et d'une agriculture adaptée à la géographie et au climat de sa terre. Des idées relayées par son fidèle commandante Pedro Pires afin d’accompagner la transition pacifique de la lutte armée jusqu'à la République du Cap Vert. Mais, 50 ans après l’indépendance, le développement du Cap Vert est conditionné par le défi environnemental imposé par le réchauffement climatique, un enjeu fondamental pour les 500 000 habitants de l'archipel dont les investissements sont largement soutenus par la diaspora. Une île où la jeunesse revendique sa langue cap-verdienne, fière de son identité créole ! Avec : Pedro Pires, ancien président de la République de Cabo Verde entre 2001 et 2011, Premier premier ministre du Cap Vert de 1975 à 1991. Pedro Pires dirige la Fondation Amilcar Cabral ainsi que l'Institut Pedro Pires Instituto Pedro Pires for Leadership - Forming tomorrow's leaders Fundação Amílcar Cabral - Facebook Maria Fatima Fernandes, issue d’une des très nombreuses familles déportées par les Portugais pour le travail forcé, revenue au pays pour participer à son développement, vice-rectrice de l'Université Cabo Verde Amalia Lopez, présidente de l’association pour la défense de la langue cap- verdienne  José Arlindo Fernandez, Recteur de l’Université du Cap Vert  Arlindo Barreto AUF/Université du Cap Vert Arlindo Fortes, professeur d’Agronomie à l'École d'agronomie et d'environnement de l'UCV  Uni24k/Université du Cap Vert Mario Lucio, ancien ministre de la Culture et musicien célèbre, découvrez le titre phare de son album Indépendance.   Pour aller plus loin : - l'émission La marche du monde : Amilcar Cabral et Maria Helena, de l'intime au politique - le webdoc RFI : Amilcar Cabral, lettres à Maria Helena - Dans l'intimité d'une icône africaine - l'émission Musiques du monde : Mario Lucio et Cotonete, du Cap-Vert à l'exil aux îles.
50 ans après l’indépendance du Cap-Vert, La marche du monde est en reportage dans la ville de Praïa, à la recherche des lettres adressées par Amilcar Cabral, l’icône de la lutte de libération nationale, à Maria Helena Atalaide Vilhena Rodrigues, sa première compagne portugaise. Des lettres conservées avec amour par Iva, leur première fille, jusqu’à ce qu’elle décide de les publier puis de les confier à la Fondation Cabral. (Rediffusion) Une archive précieuse pour comprendre comment Amilcar, jeune Africain brillant venu poursuivre des études à Lisbonne dès 1945 est devenu Cabral, le co-fondateur du PAIGC, le parti Africain de l’Indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert. C’est dans le quartier de Terra Branca sur les hauteurs de Praïa que je retrouve Maria Benedita Basto, spécialiste des textes de Cabral. Ensemble nous avons souvent rêvé de venir rendre visite à Iva Cabral afin de comprendre pour quelles raisons elle a souhaité porter à la connaissance du grand public la correspondance de ses parents. « Ces lettres me tiennent à cœur, pas seulement parce que ce sont des lettres de mes parents où ils démontrent les sentiments mutuels, mais principalement parce que ça démontre qui ils étaient », nous confie Iva Cabral en français, « qui étaient ces jeunes gens dans une époque très difficile (N.D.L.R. L’empire coloniale portugais sous la dictature de Salazar). J'ai compris que c'était deux jeunes qui s'aimaient. J'ai vu que c'était des jeunes qui voulaient augmenter leur poids dans la société, voulaient changer quelque chose, oui, c'est ça que Cabral veut dire dès les premières lettres. À partir d'un certain moment, il commence à s'engager et il fait que ma mère s'engage aussi. Je parle de libérer leur patrie, la patrie de mon père qui était le Cap-Vert et la Guinée-Bissau, de finir avec le colonialisme, mais pas seulement dans sa terre, mais aussi dans l'Afrique. » Un documentaire signé Valérie Nivelon. Conseillère scientifique : Maria Benedita Basto Réalisation : Sophie Janin. Tous mes remerciements à Iva Cabral, au président Pedro Pires et à la Fondation Cabral, à Filinto Elisio et Marcia Souto des éditions Rosa de Porcelena et à Maria de Fatima Fernandes de l’Université du Cap-Vert.   Pour découvrir les lettres adressées par Amilcar Cabral à Maria Hélèna, et traduites pour la première fois en français, RFI vous propose un long format inédit. ⇒ Le webdocumentaire.
Partout sur la planète, le ballon rond suscite des vocations de joueurs, attise les convoitises et déchaîne les passions, au point d’être considéré aujourd’hui comme le sport le plus pratiqué sur la planète. Sur le continent africain, le football a également été un moyen de lutte anticoloniale au moment des indépendances tout en perpétrant son esprit festif face aux difficultés du quotidien et des conflits guerriers, comme en témoigne à notre micro l’ancien international congolais, Saïo Mokili. Apparu dans sa forme moderne dans l’Angleterre du XVIIIème siècle, le football a eu immédiatement un succès populaire qui dépasse l’entendement !!! Au point d’être rapidement considéré par l’Église et le patronat comme un instrument idéal pour combattre les vices de la jeunesse, en améliorant la condition physique des ouvriers et en calmant leurs élans contestataires. Passion contagieuse impossible à contrôler, le football est alors récupéré par le clergé et les grands patrons de la révolution industrielle pour créer les premiers grands clubs. Ce modèle s’exporte à travers le monde et plus particulièrement sur le continent africain au temps de la colonisation. Mais si le sport est un outil d’influence pour tous les États, nombre de footballeurs ont su mobiliser leur talent et leur position sociale pour soutenir la cause des luttes nationalistes et des indépendances… mais n’ont-ils pas été instrumentalisés à leur tour ? La Marche du monde vous invite à découvrir une histoire africaine du football à travers l’épopée des indépendances du Congo et de l’Algérie, au son de nos archives et de nos témoignages inédits. Un documentaire signé Valérie Nivelon et David Allias, réalisé par Sophie Janin.   Sont intervenus dans l’émission : - Paul Dietschy, docteur en histoire, historien du sport, auteur et directeur de la revue « Football(s) ». Bibliographie sélective : Paul Dietschy, Du sportsman à l’histrion : les cultures sportives de trois leaders africains (Nnamdi Azikiwe, Nelson Mandela et Joseph Désiré Mobutu), (2014), Centre d’histoire de Sciences Po.   Paul Dietschy, Histoire du football (2010), aux éditions Perrin Paul Dietschy, Paul Kemo-Keimbou, David Claude, Le football et l’Afrique (2008), aux éditions EPA Patrick Clastres et Paul Dietschy, Sport, culture et société en France du 19è siècle à nos jours (2006), aux éditions Hachette Education Paul Dietschy, Yvan Gastaut, Stéphane Mourlane, Histoire politique des coupes du monde de football (2006), aux éditions Vuibert. - Michel Naït-Challal, écrivain et ancien journaliste, auteur de Dribbleurs de l’indépendance : l’incroyable histoire de l’équipe du FLN (2008), aux éditions Albin Michel. - Annie Gasnier, journaliste et animatrice de «Radio Foot Internationale» sur RFI, auteure de Brésil : le réveil du géant latino-américain (2008), aux éditions du Cygne. - Saïo Mokili, ancien joueur de foot, international congolais, vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations 1968 avec «Les léopards» et joueur du FC Dragons (1963-1972).   À lire également : - Javu Rey, Bertrand Galic et Kris, avec Marina Martin Serrano : «Un maillot pour l’Algérie» (2009), bande dessinée aux éditions Aire Libre - Deveney, Correia, Bonaccorso : «Une histoire populaire du football», La Découverte Delcourt.
Walid et Ogarit, c’est l’histoire d’un couple hors du commun, 40 ans d’amour et de militantisme pour la vie et pour la paix. Ensemble, ils ont fondé l’Académie universitaire pour la non-violence et les droits humains dans leur pays, le Liban. Ensemble, ils ont initié le combat pour l’abolition de la peine de mort, les droits civils et la justice sociale face à la guerre civile et aux violences interconfessionnelles, ensemble ils ont défendu inlassablement la laïcité et l’universalité. Un engagement récompensé de multiples fois par le Prix des droits de l’homme de la République française 2005, le Prix de la Fondation Chirac 2019 et le prix Gandhi pour la paix décerné en 2022 par la fondation indienne Jamnalal Bajaj, du nom du disciple du Mahatma Gandhi. Si Walid Slaybi s’en est allé en 2023, vaincu par la maladie, son œuvre et son héritage perdurent. «Oui à la résistance, non à la violence» est le message que continue de porter avec courage Ogarit Younan. Une philosophie conjuguée à un mode d'action dont les résultats sont là : reconnaissance de l'Université de la non-violence par l'État libanais, moratoire sur la peine de mort, proposition d'une Constitution laïque, des propositions soutenues par des ralliements toujours plus nombreux de personnalités de tous bords, motivées par la perspective non-violente d'un règlement juste et pacifique du conflit israélo-palestinien. (Rediffusion)     - Le site de l'Université de la non-violence Aunohr à Beyrouth - Les livres de la bibliothèque de l'Université  - Contacter l'Université Aunohr : P.O.Box 17 5772 Gemmayze, Beirut, Lebanon Tel/Fax: +961 01 445333 Mobile: +961 70 111382 - La fondation indienne Jamnalal Bajaj.
En 1945, à Nuremberg, de hauts responsables nazis étaient jugés pour crime de guerre et crime contre l’humanité… 80 ans après ce procès historique, comment s’inspirer de ce tribunal fondateur de la justice internationale pour en finir avec l’impunité dans les conflits armés en Ukraine, à Gaza ou encore en RDC ? Le 20 novembre 1945 s'ouvrait à Nuremberg, en Allemagne, le plus grand procès de l'histoire. D’un commun accord, la France, les États-Unis, l'Union soviétique et le Royaume-Uni affirmaient leur volonté de juger vingt-deux dignitaires nazis, chefs militaires ou hauts fonctionnaires, tous accusés de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité. Mais pourquoi invoquer Nuremberg lorsque l’on réclame la fin de l’impunité ? Le président ukrainien Volodymyr Zelensky l’a fait pour son pays l’Ukraine en interpellant le peuple russe dès le 4 avril 2022, suite à l’invasion russe du 24 Février : « Le moment viendra où chaque Russe apprendra toute la vérité sur ceux de ses concitoyens qui ont tué. Qui a donné des ordres. Qui a fermé les yeux sur ces meurtres. Nous allons établir tout cela. Et le faire connaitre dans le monde entier. Nous sommes maintenant en 2022. Et nous avons beaucoup plus d'outils que ceux qui ont poursuivi les nazis après la Seconde Guerre mondiale. »  Et le docteur Mukwege, prix Nobel de la paix a explicitement fait référence à Nuremberg, en octobre 2024, lors d’un passage à l’Université de Strasbourg en France : « Les Congolaises et les Congolais ont aussi droit à leur Nuremberg. Telle est la raison pour laquelle nous plaidons aux côtés des victimes et des survivant.es pour l’établissement d’un Tribunal international pénal pour le Congo et/ou des chambres spécialisées mixtes. » Un Nuremberg pour l’Ukraine, Gaza ou la RDC est-il possible ? Une enquête signée Clémentine Méténier avec William Schabbas, professeur de droit pénal international et des droits de l’homme à Londres, Université de Middlesex, Leyden et Sciences Po ; Christian Delage, historien et cinéaste, réalisateur du film historique «Nuremberg, les nazis face à leur crime» ; Thierry Cruvellier, rédacteur en chef du site Justice Info ; Rafaëlle, professeure de droit international à l’Université Paris Saclay et travaille sur la justice pénale internationale, précisément sur la notion de génocide. Reagan Miviri, avocat au Barreau de Goma dans le Nord-Kivu, il travaille au sein de Ebuteli l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence.   À lire sur le site Justice Info Le grand entretien de Clémentine Méténier avec l’historien et cinéaste Christian Delage. À suivre au Mémorial de la Shoah à Paris la journée d’étude Nuremberg et son héritage, 1945-2025. Le 20 novembre 2025 marque le 80è anniversaire de l’ouverture, à Nuremberg, du procès des grands criminels nazis, où, pour la première fois, des responsables politiques et militaires de haut niveau – accusés des crimes de conspiracy (complot), crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité – étaient traduits devant une cour internationale, composée des principales forces alliées victorieuses de l’Allemagne nazie. Pour le procureur général Robert H. Jackson, il s’agissait de construire un «procès documentaire», où, en raison des crimes considérables commis par les nazis, notamment leur politique d’extermination des Juifs d’Europe, il était nécessaire de faire reposer l’accusation sur des preuves irréfutables, pour éviter qu’à l’avenir leur réalité fasse l’objet d’une négation. Contre toute attente, les images allaient jouer un rôle majeur pour confronter les nazis à leurs propres crimes. La journée de colloque s’interrogera sur l’héritage des «principes de Nuremberg» depuis les années 1990, grâce au développement d’une justice internationale fondée sur des tribunaux ad hoc (du Rwanda à la Centrafrique) et des cours permanentes (Cour pénale internationale, Cour internationale de justice), appelées à statuer en particulier sur le risque potentiel ou la commission de génocides. Or, la collecte de preuves qui s’inspire de la jurisprudence de Nuremberg est forte des nouveaux outils mis en place par les autorités judiciaires, en collaboration avec des ONG et des applications en open source qui en garantissent la fiabilité. Pour la première fois dans l’histoire, en Europe comme au Proche-Orient, la fabrique du dossier probatoire se déroule en co‑construction avec la société civile, en flux tendu et en temps réel.   11h - LE CHOIX DU PROCÈS DOCUMENTAIRE La construction de la preuve, de Nuremberg à Kiyv, 1945-2025 de Christian Delage, historien, Institut d’histoire du temps présent De Nuremberg au TPIY : la jurisprudence de l’image comme preuve pénale de Ninon Maillard, maîtresse de conférences à Paris Nanterre Modération : Ghislaine Glasson Deschaumes, directrice de la MSH Mondes, Paris Nanterre.   14h - LA CONSOLIDATION D’UNE JUSTICE PÉRENNE Tribunaux pénaux internationaux, tribunaux mixtes, Cour pénale internationale : du Rwanda à la Centrafrique, des instances judiciaires multiples de Joël Hubrecht, responsable d’études et de recherche à l’Institut Robert Badinter. Le rôle de la Cour internationale de justice dans les conflits contemporains de Jean-Louis Iten, professeur de Droit international, et Sharon Weill, professeur de Droit international, American University, Paris. Modération : Emanuela Fronza, professeure de Droit pénal international à l’Université de Bologne.   16h - LE RÔLE DES ONG Mémorial face à la réécriture de l’histoire par Poutine de Nicolas Werth, directeur de recherche honoraire au CNRS, président de l’Association Mémorial. Prendre davantage en compte les violences sexuelles en temps de guerre de Yuliia Chystiakova, chercheuse en droits humains, East Ukrainian Center for Civic Initiatives. Modération : Henry Rousso, directeur de recherche émérite au CNRS (IHTP).
«Ari et Alice pour la vie» explore les récits croisés d’Aristide et Alice, un frère et une sœur amoureux de Paris, un rugbyman et une acrobate talentueux, dont les destinées ont basculé le 13 novembre 2015 devant le restaurant Le Petit Cambodge. (Rediffusion) Comment ont-ils réagi physiquement et mentalement à la violence extrême de cet acte terroriste ? Comment se sont-ils sauvés mutuellement et reconstruits ? Cinq ans après les attentats du 13-Novembre, RFI et l'IHTP* poursuivent leur collaboration et vous proposent d'écouter la parole précieuse d'un frère et une sœur dont les vies ne seront plus jamais ordinaires. Un documentaire signé Valérie Nivelon et Maxime Grember, réalisé par Richard Riffonneau et Victor Uhl. Émission initialement diffusée le 15 novembre 2020.   *À la suite des attentats du 13 novembre 2015, Valérie Nivelon, journaliste et productrice de l’émission La marche du monde, participe à la collecte des témoignages du programme «Des vies plus jamais ordinaires» de l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP), dirigé par Christian Delage. Ensemble, ils souhaitent donner à entendre le travail de recherche initié par l’IHTP conjugué à l’expertise radiophonique de RFI. ► À réécouter : À chaque témoin son 13-Novembre ► À lire sur RFI : Attentats du 13-Novembre, des vies plus jamais ordinaires ► Site de l'IHTP.
En ce mois de la conscience noire au Brésil, plus de 300 participants au Forum Notre Futur* sont réunis pour échanger autour des questions de climat (en préparation de la Cop de Belém), de démocratie et de diversité afin de renouveler les relations entre les Afriques, le Brésil et l’Europe. Essentiel pour le Festival, l’espace dédié aux jeunes activistes afin qu’ils partagent leurs questions et leurs revendications au moment où la Gen Z donne de la voix aux quatre coins de la planète. Pour cet épisode de La marche du monde enregistré en public à Salvador, nous écoutons les messages portés par Noférima Fofana, championne du monde de slam, Senny Camara, première femme à jouer de la kora, ou encore Zola Chichmintseva-Kondamambou, commissaire d’exposition et médiatrice culturelle afin d’interroger les expériences innovantes de nos trois invités : - Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen, venu en délégation avec 18 jeunes investis sur la justice sociale et le climat dont les plaidoyers sont prononcés par Faissal Maïga, scénariste, acteur et mannequin et Hanine-allah Meftahi, étudiante en sciences sociales et sanitaires - Ileana Santos, co-fondatrice du Think Tank « Je m’engage pour l’Afrique » - Dríade Priscilla Aguiar, rédactrice en chef du média social Midia Ninja. Ici à Salvador, dans l’ancienne capitale coloniale esclavagiste du Brésil, les afro-descendants affirment leur présence au Forum afin de revisiter le passé de la traite atlantique et imaginer de nouvelles relations au sein de la jeunesse du monde noir. Lors de la soirée du 5 novembre, ouverture du Festival Notre futur, le président Macron a invité les citoyens africains, brésiliens et européens à cultiver de nouvelles relations afin que « le triangle douloureux devienne un triangle amoureux », en référence au commerce triangulaire de l’esclavage. Le Brésil a été le dernier État des Amériques à abolir l’esclavage en 1888 après avoir été la destination de 4 millions d’Africains déportés, ce qui représente la moitié des victimes du commerce triangulaire. *Inspiré par le rapport remis par Achille Mbembe au président Macron en 2021 sur la relation entre la France et l’Afrique, dont l’une des préconisations invite à nouer des relations avec les sociétés civiles africaines et diasporiques, les Forums Notre Futur, lancés dès 2022 à Johannesburg en Afrique du Sud par l’Institut français, propose des espaces d’échanges et des ateliers afin de nourrir le dialogue entre les Afriques et l’Europe. Le Festival Notre Futur à Salvador, c'est également des concerts et une programmation de cinéma africain : Trace Fest Salvador Festival de Cinéma.   À lire : Le journal quotidien français Libération a couvert le Forum Nosso Futuro dans ses pages Idées. 
Épisode 2 : Refaire l’histoire. Une conférence historique pour sortir de l’impasse coloniale soutenue par le griot de la jeunesse africaine Tiken Jah Fakoly, où intellectuels et artistes se sont retrouvés pour revisiter la Conférence berlinoise de 1885… quand ils ont partagé le monde. Mais comment refaire l’histoire ? Berlin 1885. Le chancelier allemand Otto von Bismarck convoque une conférence à Berlin afin d'organiser le partage du continent africain entre les puissances industrielles et militaires émergentes. Cette réunion, à laquelle participèrent quatorze pays européens, les États-Unis et l'Empire ottoman, visait principalement à préserver leurs intérêts extractivistes et commerciaux. Ce processus a conduit à une profonde fragmentation des structures politiques endogènes du continent africain, marquant durablement son histoire politique, économique et sociale. Pour les Africains, ce processus inaugura une ère de résistance et de lutte pour l'autodétermination. Berlin 2001. Mansour Ciss Kanakassy, ​​plasticien berlinois d'origine africaine, imagine le Laboratoire de Deberlinization. L’artiste développe des outils symboliques afin de tracer un chemin vers l'émancipation. Ce kit d'urgence comprend un Global Pass pour faciliter la liberté de circulation le monde, ainsi que l'AFRO, une monnaie imaginaire panafricaniste, libérée des contraintes du CFA (indexation sur les garanties de change et de la tutelle des banques centrales exogènes). À la croisée de la création artistique et de la critique sociale, le laboratoire de Deberlinization invite à la réflexion sur la possibilité (individuelle ou collective) d'une refonte du lien civil au sein et en dehors de l'État postcolonial. Berlin 2025. À l’initiative du Professeur Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, directeur de HKW, la Conférence Deberlinization s’inscrit dans la continuité de l’utopie performative imaginée par Mansour Ciss Kanakassy pour considérer les conditions possibles d’un récit alternatif sur l’ordre du monde et son avenir, une poétique transformatrice de la relation entre l’action créatrice et les formes de résistance, l’histoire, la mémoire, la prospective – bref, un champ d’expérience et un horizon d’attente. Dans ce second épisode, vous écoutez les voix de Bonaventure Soh Bejeng Ndikung (directeur et directeur artistique de Haus der Kulturen der Welt), Tiken Jah Fakoly, (chanteur et activiste) soutien de la manifestation, Célestin Monga, (professeur d’économie à Harvard), Simon Njami, (écrivain et commissaire d’exposition) et Yousra Abourabi, (professeure de sciences politiques à l’Université de Rabat). Pour écouter l’épisode 1 c’est ici. Un grand merci à toute l’équipe de HKW à Berlin et particulièrement à son directeur Bonaventure Soh Bejeng Ndikung pour nous avoir accordé ce grand entretien :     Valérie Nivelon : En introduction de cet évènement DEBERLINIZATION, vous avez demandé une minute de silence à la mémoire de Lawrence, un jeune Noir tué par des policiers au printemps 2025. Quel lien établissez-vous entre la mort de ce jeune homme et la conférence de Berlin de 1885 ? Bonaventure Soh Bejeng Ndikung : La mort de Lawrence est en fait un assassinat. Il a été tué par un policier et ce n'était pas par hasard, en fait, on lui a tiré dessus par derrière. Et la police a essayé de mentir en accusant Lawrence d’avoir attaqué un policier, ce qui s’est avéré faux. Il s’agit en fait de la longue histoire du racisme et de la déshumanisation, dont la Conférence de Berlin est un moment essentiel. Cette rencontre qui a eu lieu ici à Berlin en 1884-85 pour partager le continent africain sans les Africains, sans tenir aucunement compte de leur intérêt, sans aucun respect pour les cultures africaines et encore moins les êtres humains réduits au même niveau de statut que les machines pour travailler dans les plantations afin de créer des ressources pour l'Europe. C'est un acte de déshumanisation qui a été institutionnalisé dans cette conférence et qui a perduré dans les institutions, pas seulement en Europe, mais aussi en Afrique et un peu partout dans le monde. Donc la mort de Lawrence a un lien direct avec cette conférence.   Valérie Nivelon : Votre intérêt pour l’impact de la conférence de Berlin sur la déshumanisation des Africains ici en Allemagne, en Europe, mais aussi sur la brutalisation des sociétés africaines remonte-t-il à la création de Savvy Contemporary dont vous fêtez les 15 ans de création ?  Bonaventure Soh Bejeng Ndikung : Oui, c'est une très bonne question d’autant que Savvy a été fondé en 2009 pour une raison très simple, celle de notre invisibilité dans les institutions culturelles allemandes alors que la relation entre le continent africain et l'Europe est très forte. C'était très, très rare de voir les artistes, les penseurs des autres continents ici représentés à Berlin. Donc on a voulu tout simplement créer un espace où on peut présenter les philosophies plurielles du monde, les pensées du monde, les littératures, les poésies du monde. Et donc on a créé un espace qui n'est pas limité à une géographie, mais ouvert à tout le monde depuis Berlin, dont on ne peut pas négliger l'histoire. Des histoires multiples qui coexistent depuis bien avant la colonisation puisque le Royaume de Prusse a déjà des implantations coloniales au XVIIè siècle. Et donc en 2014, pour les 130 ans de la conférence de Berlin, on a invité le curateur camerounais Simon Njami pour imaginer une exposition sur cette histoire et il a fait une proposition qui était géniale «Nous sommes tous les Berlinois». C'était une belle provocation, mais c’était surtout dire : «Si le président américain J.F Kennedy pouvait dire «Je suis un Berlinois» en étant à Berlin pendant quelques heures en 1963 en pleine guerre froide, alors nous autres qui venions d'une Afrique violemment transformée par le Conférence de Berlin, sommes également des Berlinois !» Et on a fait cette exposition et une grande conférence où il y avait des sujets sur les projets, sur la restitution, sur les droits humains etc. Et il était clair que, en 2024-25, il fallait continuer à refaire l’Histoire ! Et ce n'est pas que l'histoire des Africains, c'est l'histoire du monde.   Valérie Nivelon : Lorsque vous créez l'espace, Savvy pour inscrire une géographie africaine ici à Berlin. Est-ce que vous vous sentez en communion avec Présence africaine, telle que Alioune Diop l’a conçu, c’est-à-dire pour inscrire un espace géographique africain à Paris à la sortie de la Deuxième Guerre mondiale ? Bonaventure Soh Bejeng Ndikung : Tout à fait. Ça procède du même état d'esprit. Alioune Diop a fondé la revue Présence africaine en 1947 à Paris, mais très vite des publications ont vu le jour sur le continent. Je pense à la revue Abbia, qui a été fondée au Cameroun en 1962, l’une des toutes premières revues de la culture postcoloniale fondée par le professeur Bernard Fonlon, Marcien Towa et Eldridge Mohammadou. Je pense également à Souffles, lancé en 1966 au Maroc, par des jeunes poètes et artistes peintres, mais aussi la Revue Noire, qui est plus récente mais qui était tellement importante pour pouvoir imaginer un lieu de fédération de nos savoirs. C’est dans cette généalogie intellectuelle que nous avons démarré Savvy, pas seulement avec un lieu, des expositions, mais aussi avec une publication Savvy journal. Donc ça, c'est un peu la généalogie intellectuelle de Savvy, sachant que nos références sont beaucoup plus nombreuses.   Valérie Nivelon : Ce que je trouve très intéressant, c'est l’affirmation d’une présence africaine par les Africains eux-mêmes. Et vous avez d’ailleurs tenu à rendre hommage à l’un des tout premiers Africains universitaires diplômés ici à Berlin. Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi vous tenez à ce que l'on se souvienne de lui ? Bonaventure Soh Bejeng Ndikung : Et bien, nous sommes dans mon bureau ici à Berlin, à la Maison des Cultures du Monde et en face de nous, une peinture d'un jeune Camerounais qui s'appelle Adjani Okpu-Egbe. Et sur cette peinture, on peut lire le nom Anton Wilhelm Amo, personnage tellement important dans notre histoire. Il a été kidnappé au début du XVIIIè siècle, dans son village situé dans l’actuel Ghana, et offert comme cadeau au duc de Brunswick-Lunebourg. Et il a été prénommé Anton comme le duc. Pouvez-vous imaginer qu’un être humain puisse être offert comme un cadeau ? Il a néanmoins reçu une éducation sérieuse et il a étudié au Collège de philosophie à l’Université de Halle. Anton Wilhem Amo est donc un ancien esclave devenu le premier Africain à avoir obtenu un doctorat dans une Université européenne ! Je considère qu’il fait partie de l'histoire de l'Allemagne et de l'Histoire de la philosophie en Allemagne alors qu’il a été effacé de l'histoire de la philosophie de l'Europe pour les raisons que nous connaissons tous. Mais c'est notre devoir de rendre visible son travail. Donc, en 2020, j'ai fait une exposition qui s'appelait The Faculty of Sensing, pour rendre hommage à l’une de ses thèses, et pour moi, c'était important. Pas seulement de faire connaitre sa biographie, mais aussi sa pensée. Et on a invité une vingtaine d'artistes de partout, du monde, et 90% n'avaient jamais entendu parler d’Anton Wilhem Amo.. ce n’est plus le cas !   Valérie Nivelon : Savvy Contemporary a été une expérience intellectuelle et artistique prémonitoire et quinze ans après sa création, vous dirigez La maison des cultures du monde et vous êtes également le premier Africain à diriger une institution culturelle européenne de cette envergure. 140 ans après le Conférence de Berlin, vous avez choisi de créer l’événement DEBERLINIZATION. Pourquoi avez-vous sollicité la présence de Mansour Ciss Kanakassy, à l’origine de ce concept ? Bonaventure Soh Bejeng Ndikung : Je connais le travail de Mansour Ciss Kanakassy depuis longtemps et Mansour, qui est Sénégalais, a proposé un laboratoire de DEBERLINIZATION et sur l’affiche qu’il a créée pour l’annoncer, on peut voir la porte de Brandenburg à Berlin
Épisode 1 : Défaire le passé. Une conférence historique pour sortir de l’impasse coloniale où intellectuels et artistes se sont retrouvés à La maison des cultures du monde pour faire face à la Conférence de Berlin de 1885, quand l’Afrique a été partagée sans le consentement des Africains. 140 ans après, comment faire face au passé ? Berlin 1885. Le chancelier allemand Otto von Bismarck convoque une conférence à Berlin afin d'organiser le partage du continent africain entre les puissances industrielles et militaires émergentes. Cette réunion, à laquelle participèrent quatorze pays européens, les États-Unis et l'Empire ottoman, visait principalement à préserver leurs intérêts extractivistes et commerciaux. Ce processus a conduit à une profonde fragmentation des structures politiques endogènes du continent africain, marquant durablement son histoire politique, économique et sociale. Pour les Africains, ce processus inaugura une ère de résistance et de lutte pour l'autodétermination. Berlin 2001. Mansour Ciss Kanakassy, ​​plasticien berlinois d'origine africaine, imagine le Laboratoire de Deberlinization. L’artiste développe des outils symboliques afin de tracer un chemin vers l'émancipation. Ce kit d'urgence comprend un Global Pass pour faciliter la liberté de circulation le monde, ainsi que l'AFRO, une monnaie imaginaire panafricaniste, libérée des contraintes du CFA (indexation sur les garanties de change et de la tutelle des banques centrales exogènes). À la croisée de la création artistique et de la critique sociale, le laboratoire de Deberlinization invite à la réflexion sur la possibilité (individuelle ou collective) d'une refonte du lien civil au sein et en dehors de l'État postcolonial. Berlin 2025. À l’initiative du Professeur Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, directeur de HKW, la Conférence Deberlinization s’inscrit dans la continuité de l’utopie performative imaginée par Mansour Ciss Kanakassy pour considérer les conditions possibles d’un récit alternatif sur l’ordre du monde et son avenir, une poétique transformatrice de la relation entre l’action créatrice et les formes de résistance, l’histoire, la mémoire, la prospective – bref, un champ d’expérience et un horizon d’attente. Ibou Coulibaly Diop et Franck Hermann Ekra sont les co-commissaires de Déberlinization (25 au 27 Avril 2025). Dans ce premier épisode, vous écoutez les voix de Bonaventure Soh Bejeng Ndikung (directeur et directeur artistique de Haus der Kulturen der Welt), Magueye Kassé (Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal), Mansour Ciss Kanakassy (plasticien, Prix Léopold Sédar Senghor et le Prix Zuloga), Mamadou Diouf (historien, professeur à Columbia University), Franck Hermann Ekra (Critique d'art, co-curateur et éditeur du livre Deberlinization), Hildegaard Titus (comédienne, activiste), Soeuf el Badawi (poète, dramaturge, activiste) et Tiken Jah Fakoly, (chanteur et activiste) soutien de la manifestation. Un grand merci à toute l’équipe de HKW à Berlin et particulièrement à son directeur Bonaventure Soh Bejeng Ndikun. Découvrir La maison des cultures du monde et le programme Deberlinization.   À paraître : - Deberlinization – Refabulating the World, A Theory of Praxis - Deberlinization - Les presses du réel (livre). À lire : Le pari acoustique de Tiken Jah Fakoly. À écouter : Le concert acoustique de Tiken Jah Fakoly enregistré par RFI Labo salle Pleyel à Paris.
La Marche du monde vous invite cette semaine à découvrir Les Pénélopes, une épopée féministe sur internet, un nouvel épisode documentaire consacré aux Pénélopes, un média féministe créé par des Françaises dans le sillage de la 4è conférence mondiale sur les femmes à Pékin qui se tenait en septembre 1995, organisée sous l’égide de l’organisation des Nations unies (ONU).   Pékin, septembre 1995, pendant 10 jours, des dizaines de milliers de femmes venues du monde entier, des déléguées gouvernementales, des représentantes d'ONG, des militantes féministes, étaient rassemblées pour travailler à la rédaction d’une plateforme d'action en douze points pour l'égalité femmes-hommes. En attendant la conférence suivante annoncée en 2000 à New York, des femmes ont décidé d’agir et de profiter de l’émergence d’internet pour travailler en réseau et relayer en ligne des informations produites par et pour des femmes. C’est le cas des Pénélopes, un groupe de Françaises qui créent sur le web des médias féministes à destination du monde entier. On s’est dit : les médias en France ne font pas leur travail. Il faut se mettre au travail, c’est à nous de le faire parce qu’il n’y aura personne d’autre pour le faire à notre place. […] On voulait du transversal, de l’horizontal, de l’international surtout. Donc on va faire notre magazine féministe international sur le web. Joëlle Palmieri, co-fondatrice des Pénélopes Alors qu’internet arrive à peine dans les foyers, et que les premiers sites d’informations voient le jour, les Pénélopes décident de leur emboîter le pas et de tisser leur toile féministe. Le site www.penelopes.org sera lancé en janvier 1997. Au programme : des articles en français, en anglais et en espagnol, sur la vie des femmes et sur les luttes des femmes à l’international, mais aussi la création d’une Web TV et d’une web Radio avec les moyens du bord, de la formation toute azimut auprès de nombreux collectifs de femmes, et enfin une présence à de nombreuses conférences et rendez-vous internationaux, de Séoul, à Dakar, en passant par Porto Alegre pour les premiers forums sociaux. Avec Pénélope, on faisait des choses qu’on n’avait jamais faites avant et rien n’était impossible. […] C’était rare de rencontrer des militantes féministes du monde entier ; il fallait récolter les témoignages et apprendre les unes des autres. Malin Bjork, membre des Pénélopes 80 ans après la création de l’ONU, le 24 octobre 1945 à San Francisco, qui avait accordé une place importante aux droits des femmes, avec l’affirmation du principe d’égalité femmes-hommes dans le préambule de la Charte, et 30 ans après la conférence des femmes à Pékin en 1995, La marche du monde vous emmène à la rencontre des Pénélopes, ces pionnières du web féministe. Aux sons de leurs archives numérisées récemment par Bibliothèque nationale de France (BNF), Les Pénélopes, une épopée féministe sur internet, c'est un nouvel épisode de la Marche du monde signé Joëlle Palmieri et Maxime Grember, réalisé par Sophie Janin et produit par Valérie Nivelon.   Avec les témoignages de : - Malin Bjork, membre des Pénélopes- Elsa Boulet, fondatrice des Pénélopes- Marie-Hélène Mottin-Sylla, partenaire des Pénélopes- Joëlle Palmieri, fondatrice des Pénélopes.Remerciements à : - Dominique Foufelle, fondatrice des Pénélopes- Lin McDewitt Pugh, partenaire des Pénélopes- Julie Guillaumot, cheffe du service vidéo à la BNF- Nicole Fernandez Ferrer, déléguée générale du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir- Laurence Sarniguet et Eugénie Ducret de la Sonothèque de RFI.Musiques : - Computer Love, de Kraftwerk- Woman, de Neneh Cherry- People has the power, de Patti Smith.Ouvrages : - Les Pénélopes : un féminisme politique 1996-2004, de Dominique Foudelle et Joelle Palmieri, 2014Archives : - Journal France inter, 5 septembre 1995 (archives INA),- Émission Cyberfemmes du 28 avril 1999, «Spéciale Pénélopes»,- Émission Cyberfemmes du 4 juin 2000 à New York, «Pékin+5 : des femmes prennent les médias en main»,- Émission Cyberfemmes du 9 juin 2000 à New York, «La Francophonie en péril ?»,- Reportage du 16 décembre 2000 à Dakar pendant le sommet de la dette, - Reportage du 26 janvier 2002 à Porto Alegre lors du 2e Forum social mondial, «Manifestation contre le sexisme et l’impérialisme»,- Reportage du 26 janvier 2001 à Porto Alegre lors du 1er Forum social mondial, «Manifestation pour l’avortement»,- Reportage du 13 avril 2002 à Paris sur le cinquième anniversaire du magazine en ligne des Pénélopes; concert du groupe Les Zarmazones.,Ressources : - Site internet des Pénélopes- Web radio, “Voix de femmes”- Émissions Cyberfemmes, Catalogue Bnf,- Exposition «Europes en partage» du 13 septembre 2025 au 6 septembre 2026 au musée de la Bnf, présentation d’extraits de l’émission Cyberfemmes du 6 octobre 1999, intitulée «L'Europe et les femmes».Carrousel photos
La Marche du Monde est aux Rendez-vous de l’Histoire de Blois, une émission enregistrée en public. Au son de nos archives, nous revisitons l’histoire de la francophonie avec Louise Mushikiwabo, élue secrétaire générale au XVIIè Sommet de la Francophonie à Erevan, en fonction depuis janvier 2019, et réélue à l’unanimité lors du XVIIIè Sommet de la Francophonie à Djerba en novembre 2022. Une histoire marquée par ses pères fondateurs, Senghor, Bourguiba, Diori, Sihanouk, et leur volonté de s’unir dans une communauté linguistique et culturelle. Si la culture et l’éducation sont au cœur de l’institution multilatérale francophone, le premier Sommet de la Francophonie sous François Mitterrand affirme sa dimension politique et en 1995, l’institution se dote d’un poste de secrétaire général et d’une Charte de la Francophonie dans laquelle les valeurs de paix, de coopération, de solidarité et de développement durable sont affirmés. À l’heure où des États fondateurs sont sortis de la Francophonie, où la démocratie, le droit et la liberté sont bafoués par nombre d’États membres, quel rôle politique peut encore exercer la secrétaire générale dans un monde où de l'Asie à l'Afrique, la Génération Z est dans la rue ?
Nommé ministre de la Justice en 1981, suite à l’arrivée de la gauche au pouvoir, Robert Badinter a su conjuguer ses convictions politiques à son approche humaniste. Écoutez ses plaidoyers contre la peine de mort, pour la captation audiovisuelle des procès historiques et pour la dépénalisation de l'homosexualité : les combats d’un avocat exemplaire.    Robert Badinter est entré dans l’Histoire le 9 octobre 1981 pour avoir obtenu l’abolition de la peine capitale, promesse de campagne de François Mitterrand. Pour le Garde des Sceaux, c’est l’aboutissement d’une longue lutte portée par de grandes figures intellectuelles telles que Victor Hugo, Alphonse de la Martine, Flora Tristan ou encore Albert Camus. Rappelons également l’engagement sans faille de Robert Badinter pour la dépénalisation de l’homosexualité en France et dans le monde. Robert Badinter a défendu la loi Forni, rapportée par la députée Gisèle Halimi. Le texte promulgué le 4 août 1982 abrogeait définitivement le «délit d’homosexualité». Sans oublier la loi autorisant les captations filmées des procès historiques promulguées le 11 juillet 1985. Un texte novateur permettant la constitution de sources audiovisuelles, pour les historiens et le travail de mémoire. Je tiens à remercier chaleureusement toutes celles et ceux qui ont largement contribué à la réalisation de ce documentaire inédit. Toute l’équipe des rendez-vous de l’Histoire de Blois et plus particulièrement Caroline Gomes, responsable des archives et des podcasts Badinter.   À écouter :  Justice et histoire, Robert Badinter Robert Badinter, alors sénateur, avocat et ancien ministre de la Justice, traite des rapports complexes qu’entretiennent magistrats et historiens, en revenant sur le procès de Robert Faurisson ou bien sur les lois mémorielles. Conférence de clôture de l'édition 2010 des Rendez-vous de l'Histoire sur le thème «Faire Justice».  La dépénalisation de l'homosexualité En 2010, lors des Rendez-vous de l'histoire sur «La Justice», Robert Badinter, Louis-Georges Tin et Philippe Castetbon, sous la modération de Florence Tamagne, ont échangé au sujet de la dépénalisation de l’homosexualité. Ensemble, ils dressent un état des lieux du sujet en France, près de 30 ans après la suppression du «délit d'homosexualité» et 3 ans avant l'adoption du mariage pour tous, ainsi que l'ouverture de l'adoption aux couples homosexuels. Ils en appellent également à une mobilisation internationale pour obtenir la dépénalisation universelle de l'homosexualité. Remerciements également à notre partenaire le magazine Historia, dont le numéro d’Octobre consacre un article au maître Badinter, Historia que vous retrouverez également aux rendez-vous de l’Histoire de Blois à partir du 9 octobre 2025, jour de l’entrée au Panthéon de Robert Badinter ! Robert Badinter est mort à l'âge de 95 ans, dans la nuit du 8 au 9 février. En 2001, il revenait pour Historia sur son combat pour la peine de mort dans un long entretien.   «Robert Badinter au Panthéon», un évènement national à suivre sur les antennes de RFI le jeudi 9 octobre à partir de 17h10 TU.
La marche du monde est au MuCem à Marseille. Le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée accueille pour la 5ème édition le colloque Balkan Matters, un rendez-vous scientifique international où les cultures matérielles des Balkans sont à l’honneur ! Ici on s’intéresse à l’usage des objets en général et à l’usage de la radio en particulier ! Radio Moscou, Radio Sofia, Radio Bulgaria, chaque radio de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques diffuse ses propres programmes au temps de la guerre froide. Des archives méconnues, souvent perdues, des souvenirs d’auditeurs, des histoires sensibles, à la fois intimes et collectives sur lesquelles nos invités anthropologues ont longuement enquêté. Avec Aliki Angélidou, de l’Université Panteion des Sciences sociales et politiques à Athènes, nous réveillons la mémoire des réfugiés grecs de la guerre civile tandis qu'avec Olivier Givre, de l’Université Lumière Lyon 2, nous partons sur le terrain à la recherche d'un mystérieux poste de radio appelé Radiototchka !   Tous nos remerciements - Au MucemLab et particulièrement à Anne Faure - À l'équipe de Balkan Matters et particulièrement à Olivier Givre - À l'équipe de RFI et particulièrement à Jad El Khoury et Sophie Janin - À découvrir, l'exposition de Alain Blum et Emilia Koustova «Sur les traces des lituaniens déportés par Staline».    Pour aller plus loin  Série «Les voix du goulag» sur RFI.
50 ans après l’indépendance du Cap Vert, La Marche du monde est en reportage dans la ville de Praia, à la recherche de celles et ceux qui ont participé à la construction de ce petit pays chanté par Cesaria Evora, ambassadrice aux pieds nus d’un archipel situé au large du Sénégal. Un archipel du Cap Vert devenu une référence démocratique pour le continent africain. Au fil des rencontres, nous interrogeons cette culture de l’indépendance, arrachée par les armes en Guinée-Bissau par le héros national Amilcar Cabral et ses guérilléros. Cabral, co-fondateur du PAIGC, le parti africain pour l’indépendance, Cabral assassiné en 1973 avant d’avoir pu traduire par les actes sa vision d’un peuple libéré du joug colonial portugais. Cabral l'agronome, défenseur d'un système éducatif capverdien et d'une agriculture adaptée à la géographie et au climat de sa terre. Des idées relayées par son fidèle commandante Pedro Pires afin d’accompagner la transition pacifique de la lutte armée jusqu'à la République du Cap Vert. Mais, 50 ans après l’indépendance, le développement du Cap Vert est conditionné par le défi environnemental imposé par le réchauffement climatique, un enjeu fondamental pour les 500 000 habitants de l'archipel dont les investissements sont largement soutenus par la diaspora. Une île où la jeunesse revendique sa langue cap-verdienne, fière de son identité créole ! Avec : Pedro Pires, ancien président de la République de Cabo Verde entre 2001 et 2011, Premier premier ministre du Cap Vert de 1975 à 1991. Pedro Pires dirige la Fondation Amilcar Cabral ainsi que l'Institut Pedro Pires Instituto Pedro Pires for Leadership - Forming tomorrow's leaders Fundação Amílcar Cabral - Facebook Maria Fatima Fernandes, issue d’une des très nombreuses familles déportées par les Portugais pour le travail forcé, revenue au pays pour participer à son développement, vice-rectrice de l'Université Cabo Verde Amalia Lopez, présidente de l’association pour la défense de la langue cap- verdienne  José Arlindo Fernandez, Recteur de l’Université du Cap Vert  Arlindo Barreto AUF/Université du Cap Vert Arlindo Fortes, professeur d’Agronomie à l'École d'agronomie et d'environnement de l'UCV  Uni24k/Université du Cap Vert Mario Lucio, ancien ministre de la Culture et musicien célèbre, découvrez le titre phare de son album Indépendance.   Pour aller plus loin : - l'émission La marche du monde : Amilcar Cabral et Maria Helena, de l'intime au politique - le webdoc RFI : Amilcar Cabral, lettres à Maria Helena - Dans l'intimité d'une icône africaine - l'émission Musiques du monde : Mario Lucio et Cotonete, du Cap-Vert à l'exil aux îles.
Baltimore, Téhéran, Buenos Aires, Khartoum, aux quatre coins du monde, des communautés sont frappées de plein fouet par les violences d’État… jusqu’au jour où elles réagissent. D’abord en s’indignant, puis en bravant tous les interdits pour faire connaître la réalité des faits, les propager et les dénoncer. Des femmes et des hommes qui se retrouvent dans la rue à défier le pouvoir, à brandir les photos de leurs enfants disparus, à chanter et à danser, pour l’égalité des droits et pour la liberté ! Mais pourquoi certaines morts soulèvent-elles des foules ? Qu’est-ce que nos émotions, de l’indignation à la colère, font à la politique ? En quoi les affections qui nous lient jouent dans nos réactions et nos actions ? Du mouvement Black Lives Matter aux États-Unis au soulèvement Femme, Vie, Liberté en Iran, en passant par la révolution au Soudan, notre invitée anthropologue Chowra Makaremi questionne nos résistances affectives. De l’intime au politique, elle livre un essai magistral aux éditions La découverte. Son titre ? « Résistances affectives. Les politiques de l’attachement face aux politiques de la cruauté ». Merci à l’Ina et à RFI pour les nombreuses archives diffusées dans cette émission. Pour découvrir le livre de Chowra Makaremi.  Les sites des mouvements de référence mentionnés dans l’émission : Black Lives Matter Colectivo Lastesis Abuelas de Plaza de Mayo Ni Una Menos.   Programmation musicale : Baltimore, de Nina Simone.   Pour aller plus loin : - Iran : Femme, Vie, Liberté» - Alaa Salah, icône de la révolution au Soudan: «il ne faut jamais se taire sur ses droits» - À Gaza, où se réfugier? Les civils entre attente et crainte d'un nouveau déplacement.
La marche du monde vous invite à découvrir cette semaine Palestine, filmer pour exister, un épisode documentaire signé Maxime Grember à découvrir à l'occasion de la 80e session de l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies (ONU), dont le lancement doit avoir lieu mardi 9 septembre, plusieurs pays ont annoncé vouloir reconnaître l'État de Palestine. Entre 1968 et 1982, le cinéaste palestinien Mustafa Abu Ali et d’autres professionnels du cinéma vont réaliser des dizaines de films sous l’égide de l’Unité cinéma, une structure de production audiovisuelle liée au Fatah. Passant du fusil à la caméra, ils vont raconter en images la lutte du peuple palestinien, diffuser leurs films dans les camps de réfugiés et tenter ainsi de construire une mémoire visuelle palestinienne. Mais quelle histoire se cache derrière cette filmographie militante née dans les mois qui ont suivi la guerre des six jours de 1967 ? Qu’est-ce que ces films nous racontent du mouvement révolutionnaire palestinien et de la guerre contre l'État d’Israël ? Et enfin, que nous disent-ils du rapport que le peuple palestinien entretient avec sa propre histoire ? Le 15 juin 1969, dans une interview accordée au journal britannique The Sunday Times, Golda Meir, alors cheffe du gouvernement israélien, déclare, deux ans après la guerre des Six-Jours qui avait donné à son pays le contrôle de l’ensemble des territoires palestiniens : « Les Palestiniens n’ont jamais existé. Comment pourrions-nous rendre les territoires occupés ? Il n’y a personne à qui les rendre. » En réponse à cette provocation, le cinéaste palestinien Mustafa Abu Ali réalise en 1974 le documentaire They do not exist, pour insister sur le manque de soutien et de visibilité de la part de la communauté internationale. L’histoire du cinéma palestinien pourrait véritablement prendre sa source dans ce déni d’existence, car c’est bel et bien à partir de 1968 qu’une Unité cinéma va se créer et que des hommes et des femmes vont documenter en images les luttes, les souffrances et les multiples déplacements que le peuple palestinien connait depuis la Nakba de 1948. « Il n'y avait plus de rues, plus de magasins, plus d'écoles. Tout avait été détruit. Donc, l'idée était de construire un film à partir de cette phrase de Golda Meir "They do not exist". Alors Mustafa s’est dit : s'ils n'existent pas, ceux que vous bombardez, ce sont des fantômes ? ». Khadijeh Habashneh, cinéaste et archiviste du cinéma palestinien, s’exprime au sujet du film They do not exist que Mustafa Abu Ali réalise en 1974. En 1973, Mustafa Abu Ali réalise Scène d’occupations à Gaza, un film emblématique de l’Unité cinéma. Ne pouvant pas se rendre dans la bande de Gaza, sous contrôle israélien depuis 1967, il va réaliser son film à partir d’un reportage fait pour la télévision française et pour lequel il arrive à se procurer les images. Avec son nouveau montage, il veut attester en images de la souffrance endurée par le peuple gazaoui. « Mustafa Abu Ali va utiliser les moyens que le cinéma met à sa disposition, c'est-à-dire qu'il va transformer la bande son, ajouter une voix off, de la musique. Il va figer l'image sur le regard d'un des hommes palestiniens qui est contrôlé, et rajouter en insert une image d'une grenade sur un fond rouge. À travers cela, il essaye de signifier que ce jeune homme porte en lui toutes les marques de la lutte. » Hugo Darroman, docteur en études cinématographiques, s’exprime au sujet du film Scènes d’occupation à Gaza que Mustafa Abu Ali réalise en 1973. À lire aussi1974, le discours historique de Yasser Arafat à l'ONU L'ensemble de ces films seront montrés dans les camps de réfugiés palestiniens, mais aussi à l’étranger, dans des festivals ou dans des réseaux de solidarité, afin de faire connaître la cause palestinienne et aussi mettre en place des coproductions, comme ce sera le cas en 1977 avec l’Italie pour le documentaire Tall-al-Zaatar consacré aux massacres ayant eu lieu dans le camp de réfugiés palestiniens dans l’est de Beyrouth. Au total, près d’une centaine de reportages et de documentaires seront produits par l’unité cinéma du Fatah, d’abord installé à Amman jusqu’en 1970, puis à Beyrouth jusqu’en 1982, où une cinémathèque s’était constituée autour de cette collection. Mais, en 1982, lors de l’invasion israélienne au Liban, une partie du patrimoine culturel palestinien va être spolié, et les archives filmiques, un temps cachées dans Beyrouth, vont également disparaître au milieu des années 80. Depuis les années 2000, Khadijeh Habashneh, déjà à l'œuvre à Beyrouth entre 1976 et 1982 aux côtés de son mari Mustafa Abu Ali, tente de remettre la main sur des copies de ces films, et de trouver les partenariats et les conditions nécessaires pour qu’ils puissent être conservés et à nouveau montrés au public. C’est finalement à la Cinémathèque de Toulouse, l’une des plus importantes de France, connue pour la richesse de ses collections venant du monde entier, qu’une partie des films palestiniens vont trouver refuge en 2023. Retour sur une production cinématographique méconnue, une histoire d'archives en exil, d'images manquantes, et d’une certaine idée du cinéma comme moyen de résistance et de représentation d’un peuple par lui-même. Palestine, filmer pour exister, un nouvel épisode documentaire de La marche du monde, signé Maxime Grember, produit par Valérie Nivelon, réalisé par Sophie Janin, aux sons des archives filmiques palestiniennes. Avec les témoignages de : Samir Arabi, programmateur du festival Ciné-Palestine Toulouse-Occitanie Hugo Darroman, docteur en études cinématographiques, auteur d’une thèse sur le cinéma de la révolution palestinienne Khadijeh Habashneh, archiviste, cinéaste et psychologue Franck Loiret, directeur de la Cinémathèque de Toulouse Rona Sela, chercheuse en histoire visuelle à l’Université de Tel Aviv Remerciements à : Francesca Bozzano, Nicolas Damon, Victor Jouanneau et Franck Loiret de La Cinémathèque de Toulouse ainsi que leurs partenaires dans le projet de sauvegarde et de numérisation des films palestiniens : le ministère de la Culture palestinien, le Palestinian Cultural Fund, la Fondation Art Jameel et le Consulat Général de France à Jérusalem. Samir Arabi, Hugo Darroman, Khadijeh Habashneh, Rona Sela, Guilhem Delteil et Vanadis Feuille de RFI, Tarik Hamdan de MCD, Colette Berthès et Monica Maurer. Ainsi que Nathalie Laporte, Joe Farmer et Sophie Janin pour la voice-over. Musiques : The urgent call of Palestine, Zeinab Shaat Ounadikom, Ahmad Kaabour From Gaza with love, Saint Levant Films : Scène d’occupations à Gaza, Mustafa Abu Ali, 1973 They do not exist, Mustafa Abu Ali, 1974 Tall el-Zaatar, Mustafa Abu Ali, Adriano Pino et Jean Chamoun, 1977 Documentaires : Looted and Hidden - Palestinian Archives in Israel, Rona Sela, 2017 Ouvrages : La Palestine et le cinéma, de Guy Hennebelle et Khemaïs Khayati, Édition du Centenaire, 1977 Knights of Cinema, documentary narrative book on the story of Palestine Film Unit. From its beginning 1967 till 1982, de Khadijeh Habashneh, Alahlia Publishing house, 2020 Articles : Toulouse, refuge des archives palestiniennes, sur Orient XXI, 2024 Les Palestiniens: visibles / invisibles ? Plonger au cœur des archives pour rétablir l’histoire, de Asmaa Al-Atawna, revue 24 Images, 2025 Table ronde : Films palestiniens, archives en exil, organisée par la Cinémathèque de Toulouse et le festival Ciné-Palestine Toulouse-Occitanie en 2024 Diaporama
Connaissez-vous le maloya ? Expression musicale poétique et poétique née sur le sol de La Réunion, et nulle part ailleurs. Mais que nous racontent ces femmes et ces hommes qui l’ont chanté sur un sol où ils ont été déplacés de force pendant la traite négrière puis colonisés ? Réponse dans notre nouvel épisode documentaire Le Maloya, l’esprit créole de La Réunion, à travers ses chants, sa langue et sa musique. (Rediffusion) Avec par ordre d’apparition les Réunionnais : Françoise Vergès, politologue, Fanie Précourt, ethnomusicologue, Danyel Waro et Anne O’Aro, chanteurs de maloya. Et les voix de Firmin Viry, Gran Moun Bébé et Paul Vergès... des archives rares. Un documentaire de La marche du monde proposé par Valérie Nivelon, Sophie Janin et Nadia Genet avec : ► Françoise Verges, politologue, écrivaine et militante réunionnaise ·     Le Ventre des femmes : capitalisme, racialisation, féminisme, Paris, Éditions Albin Michel, coll. « Bibliothèque Idées », mars 2017 ·         Un féminisme décolonial, La Fabrique éditions, 208 p., février 2019 ·         Une théorie féministe de la violence — Pour une politique antiraciste de la protection, La Fabrique éditions, novembre 2020 ► Fanie Précourt, ethnomusicologue réunionnaise, chargée de la mission patrimoine du Pôle Régional des Musiques Actuelles de La Réunion, responsable du label Takamba et de la Phonothèque Historique de l’océan Indien. ► Danyel Waro, musicien et poète réunionnais, fabricant d’instruments et infatigable militant de la cause créole, un artiste de référence sur la scène des musiques du monde. Découvrez sa biographie sur le site de RFI. ► Ann O’Aro, chanteuse réunionnaise de maloya, auteure, compositrice, interprète.
De 1975 à 1979, les Khmers rouges ont exterminé deux millions de femmes, d’hommes et d’enfants. Mais 50 ans après, qui s’en souvient ? (Rediffusion) Prétextant un futur bombardement américain, les Khmers rouges ordonnent d’évacuer Phnom Penh lorsqu’ils entrent dans la capitale du Cambodge le 17 Avril 1975. En réalité, la ville est vidée, et sa population déportée vers les campagnes devenues camps de travail et de rééducation. C’est le début du génocide cambodgien dans le nouveau Kampuchéa Démocratique où les mots de la langue khmère sont revus et corrigés. Kamtech ne signifie plus seulement tuer, mais détruire ou réduire en poussière sans laisser de trace. Alors comment faire pour se souvenir du passé et apaiser les morts ? Avec le témoignage du cinéaste Rithy Panh dont les films sont projetés dans le cycle « Qui se souvient du génocide cambodgien ? » au Forum des images à Paris. « Qui se souvient du génocide cambodgien ? » : la bande annonce. Et la participation de : - Soko Phay, professeure en Histoire et théorie de l’art à l’Université Paris 8, dont le livre, Cambodge, l’art devant l’extrême est à paraître aux éditions Naïma. Co-organisatrice, avec Pierre Bayard, du programme « Qui se souvient du génocide cambodgien ? » au Forum des images. Au Cambodge, environ deux millions de personnes – soit près du quart de la population – ont péri entre 1975 et 1979, à la suite de déportations, de meurtres de masse et de famines. Face au génocide perpétré par les Khmers rouges, l’art est un défi que les artistes doivent surmonter. Rithy Panh, Vann Nath, Séra, Svay Sareth ou encore, dans la seconde génération, Davy Chou, Vandy Rattana, Guillaume Suon, Jenny Teng n’ont eu de cesse de faire œuvre de mémoire, pour s’élever contre le déni et l’effacement des morts sans sépulture. Cinquante ans après le début des massacres dans son pays, Soko Phay revisite les relations entre le témoignage et la fiction et montre comment les œuvres mémorielles donnent à penser les séquelles profondes au sein de la société cambodgienne. La création, par ses ressources symboliques, permet de dévoiler ce qui a été dérobé au regard, tout en assurant le travail de transmission des événements non-inscrits dans l’histoire officielle. - Jean-Baptiste Phou, écrivain, metteur en scène, auteur du livre « 80 mots du Cambodge », à L’asiathèque. 80 mots qui sont autant d'histoires qui racontent le Cambodge et qui, en plus des racines des mots et de leur résonance dans le coeur des femmes et des hommes qui les utilisent, évoquent le lien particulier qu'entretient l'auteur avec le Cambodge, ses habitants et leur langue. La famille de Jean-Baptiste Phou est d’origine chinoise de l’ethnie Teochew, et a émigré au Cambodge. Les attaches chinoises de la mère restent fortes et Jean-Baptiste, qui a choisi de pratiquer la danse khmère et de s’installer au Cambodge, s’attache à approfondir les traditions du pays auquel il a décidé d’appartenir et en même temps nous fait part des difficultés qu’il rencontre pour comprendre le mode de vie et les réactions des gens et pour s’acclimater et s’insérer. Les mots sont souvent choisis en référence à son histoire personnelle. - Anne-Laure Porée, journaliste, anthropologue, pour son livre « La langue de l’Angkar, leçons khmères rouges d’anéantissement », aux éditions La Découverte. Comment bien torturer pour réussir un interrogatoire en bon révolutionnaire ? Comment présenter un dossier d'aveux qui satisfasse les dirigeants ? Voilà ce qu'enseigne Duch, le chef khmer rouge du centre de mise à mort S-21, aux interrogateurs qu'il forme de 1975 à 1978 à Phnom Penh. Ses leçons, qui dictent comment penser et agir au service du Parti communiste du Kampuchéa, ont été consignées avec soin dans un cahier noir à petits carreaux d'une cinquantaine de pages. Anne-Laure Porée décrypte ce document capital, plongeant le lecteur dans le quotidien des génocidaires cambodgiens. Elle identifie trois mots d'ordre au service de l'anéantissement : cultiver – la volonté révolutionnaire, l'esprit guerrier et la chasse aux « ennemis » –, trier – les « ennemis » à travers diverses méthodes, de la rédaction d'une biographie sommaire à la torture physique, en passant par la réécriture de l'histoire – et purifier – les révolutionnaires comme le corps social. Ces notions reflètent la politique meurtrière orchestrée par le régime de Pol Pot, au pouvoir à partir du 17 avril 1975, qui, en moins de quatre ans, a conduit un quart de la population cambodgienne à la mort. En prenant les Khmers rouges au(x) mot(s), La Langue de l'Angkar rend plus sensibles la logique organisatrice et les singularités d'un régime longtemps resté en marge des études sur les génocides. En partenariat avec RFI et le Forum des images, le numéro hors-série Historia retrace toute l’histoire du Cambodge, des rois bâtisseurs d’Angkor au régime de terreur de Pol Pot, en passant par le protectorat français et la déclaration d’indépendance. Pour en savoir plus : Cambodge : de la grandeur d'Angkor à la terreur khmère rouge ».
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