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Le Nouvel Esprit Public
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Le Nouvel Esprit Public

Auteur: Philippe Meyer

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Podcast by Philippe Meyer
252 Episodes
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Actrice, metteuse en scène et directrice du Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis (93). C’est son adaptation et sa mise en scène de Vania, d’après Oncle Vania de Tchekov qui a installé le nom de Julie Deliquet au premier rang des gens de théâtre, pour le public comme pour les professionnels. Après ce succès au théâtre du Vieux Colombier, la Comédie Française a accueilli son adaptation et sa mise en scène de Fanny et Alexandre, d’après le film d’Ingmar Bergman et, avec son collectif, in Vitro, elle a proposé à l’Odéon Un Conte de Noël, d’après le film d’Arnaud Desplechin. Depuis le 1er avril 2020, elle dirige le Centre Dramatique National Gérard Philipe à Saint-Denis. Malgré la nécessité de s’adapter aux contraintes exceptionnelles entraînées par la pandémie de Covid-19, Julie Deliquet  maintient les grandes lignes de son projet.
LE VACCIN ICI ET AILLEURS  Dans le monde, la stratégie de vaccination diffère entre campagne massive et prudence. Selon Our World In Data, au 12 janvier, plus de 15 millions de doses ont été administrées dans le monde. En tête, les États-Unis avec 5,31 millions de doses au 7 janvier. Viennent ensuite la Chine avec 4,5 millions, puis Israël avec 1,5 million. L’État hébreu détient le record du nombre de doses administrées pour 100 habitants, grâce à un réseau très dense de centres de vaccination. Une autre catégorie de pays, celle des émergents, n'a pas réellement démarré la vaccination. Avec environ 1 million de doses administrées depuis le 8 décembre d’après Our World in Data, le Royaume-Uni a vacciné au 12 janvier plus de personnes que le reste de l’Europe réuni. En priorité sont ciblés les plus de 70 ans, les soignants qui se trouvent en première ligne et les personnes vulnérables grâce à sept mégacentres de vaccination qui s'ajoutent aux 223 hôpitaux, et aux plus de 1.000 cabinets de médecins généralistes et à certaines pharmacies qui ont commencé à vacciner dès lundi. Avec presque 720.000 doses administrées, la péninsule italienne fait figure de leader, en valeur absolue, dans la course à la vaccination au sein de l’Union européenne. Rome a décidé de concentrer les efforts de cette première phase de vaccination sur le personnel sanitaire, même si de nombreux hôtes d’Ehpad ont déjà reçu aussi leur première piqûre. En Espagne, la campagne de vaccination a commencé, le 27 décembre. Au 12 janvier, on en était à 700.000 doses distribuées sur tout le territoire et 139.000 administrées. Les personnes éligibles sont les mêmes qu’en Grande Bretagne : personnels et résidents des structures d’accueil pour personnes âgées, soignants potentiellement confrontés au virus. L’Allemagne obtient des résultats plutôt positifs 0,82% de la population vaccinée dans plus de 400 centres de vaccination et des équipes mobiles vaccinant dans les maisons de retraite. Aux États-Unis, la première phase cible les soignants en contact avec le virus, les résidents des maisons de retraite et des établissements de soins de longue durée. Le Canada a lancé sa campagne de vaccination dès le 14 décembre. Sa stratégie vise d’abord les structures accueillant des personnes âgées, les plus de 70 ans, les soignants et les adultes des communautés indigènes. En France, la vaccination va être étendue aux soignants de plus de 50 ans, ce qui n'était initialement prévu que fin février. Quant aux plus de 75 ans, ils pourront accéder au vaccin dès le 18 janvier. Un processus de tirage au sort d'un comité citoyen de 35 personnes représentatives de la population française a été lancé. Il sera chargé de conseiller le gouvernement dans sa stratégie vaccinale. Au total 400 000 personnes ont reçu leur première dose à la fin de cette semaine. Après les personnes âgées, la vaccination sera proposée à tous les retraités de plus de 65 ans jusqu'au printemps, puis au reste de la population âgée de 16 ans et plus. L’'objectif étant de vacciner 15 millions de personnes d'ici à l'été. Toutefois, au 10 janvier, sur le million de doses de vaccin reçues par la France, seules 10 % ont été utilisées et 0,21 % de sa population a été vaccinée.***ELLE S’EN VA : L’ALLEMAGNE SANS MERKEL  Alors qu’elle était contestée au sein de son parti, l’Union chrétienne-démocrate, la chancelière allemande a décidé il y a deux ans de renoncer à être de nouveau candidate à la présidence de la CDU et de ne pas se représenter en2021. Un règne de seize ans, s’achèvera le 26 septembre prochain, lors de l'élection de son successeur à la tête du pays. Un temps adoubée dauphine, Annegret Kramp-Karrenbauer, a démissionné le 10 février dernier, laissant derrière elle un poste vacant qui n'a toujours pas été pourvu pour cause de pandémie. Après avoir été incarnée pendant vingt ans par une protestante sans enfant, ayant grandi en Allemagne de l’Est, la CDU pourrrait élire à sa tête un père de famille catholique, originaire de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, ce qui est le cas des trois candidats en lice, Armin Laschet, Friedrich Merz et Norbert Röttgen.. Les sondages donnent la droite vainqueur avec environ 36 % des voix, soit 10 points de plus qu’il y a un an. Sous la direction de la chancelière, après l’accident nucléaire de Fukushima en 2011, l’Allemagne est sortie du nucléaire, mais pas du charbon.En 2015, Angela Merkel a ouvert les frontières à près d'un million de migrants syriens et afghans en prononçant sa célèbre phrase : « Wir schaffen das, Nous réussirons ». Les faits lui ont donné en partie raison, notamment grâce à une forte mobilisation de la société civile, des municipalités et des églises : près de 400 000 de ces réfugiés ont trouvé un emploi dans une Allemagne en quête de main-d’œuvre. Cependant après de violents incidents et la montée d’un courant hostile, la chancelière est revenue à une politique plus restrictive de l’asile et certaines routes des Balkans ont été fermées.  Sur le front européen, Angela Merkel a également opéré un tournant. Au cours des six mois de sa présidence européenne qui s'est achevée le 31 décembre, elle a accepté la mutualisation d'une partie des dettes nationales nées de la pandémie de coronavirus via la création d'un fonds de relance de 750 milliards d'euros, adopté le cadre financier pluriannuel 2021-2027 de 1 090 milliards d'euros, revu à la hausse les objectifs climatiques, permit d’assujettir le versement des subventions européennes au respect de l'Etat de droit, en dépit de l’opposition de la Pologne et de la Hongrie, accompagné la conclusion du Brexit et signé un accord d'investissement entre l’Union européenne et la Chine. Toutefois, dans un pays qui avait fait sa devise du zéro dettes, 63% des Allemands se déclarent inquiets de savoir qui va payer lescentaines de milliards d'euros du plan de relance.  Dernier combat d’Angela Merkel pour 2021 : protéger son peuple du virus. En octobre, alors que la deuxième vague de la Covid 19 déferlait sur le pays et provoquait la mise en place d’un confinement partiel, 85 % des Allemands pensaient qu'elle gérait bien la crise sanitaire.
Les questions du public posées à Clément Beaune. Avec également Jean-Louis Bourlanges, Nicole Gnesotto, Richard Werly et Michaela Wiegel.
Le 1er janvier, le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne après quarante-sept ans de vie commune. Rien dans l’accord conclu avec les Britanniques ne concerne la défense, la politique étrangère ou la coopération multilatérale, mais les liens n'ont pas été totalement coupés : le Royaume-Uni fait partie de l'Otan ; il est membre de l'Initiative européenne d'Intervention, une structure autonome lancée par Paris et Londres tient à maintenir sa participation au groupe dit “ E3 ”, avec la France et l'Allemagne, qui joue un rôle clé dans les discussions autour du nucléaire iranien. Le Brexit acte un basculement géographique de l'Europe vers l'Est, l’Est où en 2020, l'érosion de l'état de droitet l’esprit de rébellion vis-à-vis de l’UE se sont accentués. Le 22 octobre, le Tribunal constitutionnel polonais a interdit de facto l'avortement. En novembre, Varsovie et Budapest ont bloqué le budget européen 2021-2027 et le plan de relance de l'économie de l'UE, mise à mal par les mesures sanitaires. La crise a pu être surmontée en décembre. En 2015, l’arrivée de centaines de milliers de demandeurs d’asile avaitmis durablement à l’épreuve les 27. Et les États européens avaient réagi sans grande solidarité. Si les arrivées sont depuis moins importantes, les 27 se divisent toujours sur la meilleure façon de réformer le droit d’asile, et de venir en aide aux pays en première ligne, comme l’Italie et la Grèce. Leur principale parade, sous l’égide d’Angela Merkel, a été de s’entendre avec la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, à laquelle elle sous-traite à ce jour une grande partie de l’accueil des réfugiés. Difficile dans ces conditions de sanctionner l’expansionnisme d’Ankara au Proche-Orient, en Méditerranée orientale ou dans le Caucase face à la Russie. Un projet de réforme de la gestion de l’asile et de la migration au sein de l’Union a été proposé en septembre par la Commission européenne.   En matière d’élargissement, en novembre, Sofia a opposé son véto à un démarrage des négociations d'adhésion de la Macédoine du Nord à l'UE en raison des différends historiques non résolus entre les deux pays. Par ailleurs, en guise de testament européen, la chancelière allemande lors de la présidence tournante du Conseil de l’UE fin 2020 a poussé à la conclusion avec la Chine d’un vaste accord sur les investissements.  Enfin, le fonds de relance européen de 750 Mds d'€ (sous forme de 390 Mds d’€ de subvention et 360 Mds d’€ de prêt) reposant sur un emprunt commun et une mutualisation du remboursement de la dette sera répartis pour chaque pays selon une enveloppe en partie prédéfinie et dépendant de sa population, de son PIB par habitant ainsi que de son taux de chômage avant le début de la pandémie. La France devrait recevoir de l’Europe autour de 40 Mdsd’€ pour alimenter son plan, baptisé “France Relance”, qui sera doté, au total, de 100 Mds d’€.
Yohann Abiven est le directeur du centre culturel et spirituel de l’Abbaye de Saint Jacut de la mer (Côtes d’Armor). Le catholicisme social et le personnalisme chrétien dont la revue Esprit a été l’une des expressions le plus suivies ont joué un grand rôle dans le basculement culturel, social, économique et politique de la Bretagne à partir de la fin des années 60. Puis, le grain ayant germé, la plante dont il était issu s’est étiolée, allant quelquefois jusqu’à dépérir. Il en existe encore quelques spécimens vivaces, l’Abbaye de Saint Jacut en est un.Dans son état actuel, elle a démarré au début des années 2000, autour d’une religieuse, Soeur Simone Gendrot, et d'un prêtre connu en Bretagne pour sortir de l’ordinaire et des sentiers battus par la loi naturelle de la théologie : Elie Geffray, qui fut longtemps père et maire à la fois. Des colloques ont notamment accueilli Edgar Morin, Mona Ozouf, Jean-Marie Pelt, Dominique Schnapper, Fabienne Brugère, Régis Debray, Israël Nizand... Des artistes plasticiens, des écrivains et des poètes locaux ont trouvé à Saint Jacut un lieu d’exposition ou d’expression et même un festival. Des rencontres inter religieuses ont rassemblé Chrétiens, Musulmans, Juifs et Boudhistes. Un fil directeur s’est maintenu jusqu’à aujourd’hui que le directeur de l’Abbaye résume ainsi : chercher comment la pensée contemporaine et l’art nous invitent à déchiffrer le monde avec des lunettes inédites, et faire de l’Abbaye le théâtre d’un monde commun.  
Une émission de Philippe Meyer, enregistrée chacun chez soi le 2 janvier 2021. Avec François Bujon de l’Estang et Richard Werly.
Dans « Elle l’adore », le premier film de Jeanne Herry sorti en 2014, une esthéticienne mythomane, Sandrine Kiberlain, réalisait son rêve de groupie idolâtre : avoir tout à elle un célèbre chanteur à minettes et à succès, Laurent Laffite. Sur les circonstances chaotiques de ce rapprochement qui va de déboires en désastres, renvoyons nos auditeurs au film. Jeanne Herry est actrice, elle a mis en scène pour la Comédie française, au Théâtre du Vieux Colombier un spectacle qu’elle a conçu à partir des échanges sur les Forums d’Internet, elle a publié chez Gallimard 80 étés, un bref livre sur ses liens d’affection avec les siens. En 2018, son deuxième film, Pupille, avec notamment Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche et Clotilde Mollet a reçu un accueil ému et chaleureux. Il s’agit des premiers mois de Théo, un enfant né sous X, et de tout ce qui peut se mettre ne branle pour quecette vie ne pâtisse pas d’être partie de travers. Il s’agit de tous ceux et de toutes celles qui s’y emploient. Il s’agit d’une femme dans la quarantaine qui avait postulé pour adopter avant que son mariage ne vole en éclats et qui n’a pas renoncé à ce projet. Il s’agit d’une assistante sociale, d’un assistant maternel, de tout un service dont Théo devient le souci, la crainte, la réussite, le centre. 
Je vous propose de tourner le dos à 2020 en chansons. Des chansons qui ont en commun avec Le Nouvel Esprit public d’essayer d’éclairer l’actualité, mais en musique et avec le sourire. 
Dans « Elle l’adore », le premier film de Jeanne Herry sorti en 2014, une esthéticienne mythomane, Sandrine Kiberlain, réalisait son rêve de groupie idolâtre : avoir tout à elle un célèbre chanteur à minettes et à succès, Laurent Laffite. Sur les circonstances chaotiques de ce rapprochement qui va de déboires en désastres, renvoyons nos auditeurs au film. Jeanne Herry est actrice, elle a mis en scène pour la Comédie française, au Théâtre du Vieux Colombier un spectacle qu’elle a conçu à partir des échanges sur les Forums d’Internet, elle a publié chez Gallimard 80 étés, un bref livre sur ses liens d’affection avec les siens. En 2018, son deuxième film, Pupille, avec notamment Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche et Clotilde Mollet a reçu un accueil ému et chaleureux. Il s’agit des premiers mois de Théo, un enfant né sous X, et de tout ce qui peut se mettre ne branle pour quecette vie ne pâtisse pas d’être partie de travers. Il s’agit de tous ceux et de toutes celles qui s’y emploient. Il s’agit d’une femme dans la quarantaine qui avait postulé pour adopter avant que son mariage ne vole en éclats et qui n’a pas renoncé à ce projet. Il s’agit d’une assistante sociale, d’un assistant maternel, de tout un service dont Théo devient le souci, la crainte, la réussite, le centre. 
Quatrième pays le plus peuplé du monde, l'Indonésie et ses quelque 266 millions d'habitants vivant sur un archipel de plus de 16.000 îles - dont 8.000 habitées - étirées sur environ 4.800 kilomètres, occupe un espace stratégique crucial dans la zone Asie-Pacifique, entre océan Indien, mer de Chine du Sud et Australie. Plus grande nation musulmane du monde, elle est aussi le seul membre du groupe des pays du G20 en Asie du Sud-Est, dont elle est la première économie. Selon certaines projections, l'Indonésie pourrait devenir, d'ici à 2045, la quatrième puissance économique de la planète. Son Produit intérieur brut (PIB) par tête est deux fois supérieur à celui de l’Inde.Réélu en avril 2019, Joko Widodo, dirige un pays multiethnique et pluriconfessionnel composé de 86% de musulmans, 10 % de chrétiens, 2 % d'hindous, 1 % de bouddhistes, 1 % de confucéens. Au cours des vingt ans qui ont suivi la chute du dictateur Suharto (au pouvoir entre 1967 et 1998) et après les premières années de la période de « reformasi » démocratique, le processus de réislamisation n'a cessé de s'affirmer dans des couches sociales toujours plus nombreuses. Dans la partie occidentale de l’île de Nouvelle-Guinée, qui fait partie intégrante de l’Indonésie depuis1969, où les velléités indépendantistes n'ont pas cessé. Les deux provinces de la Papouasie indonésienne sont très riches en cuivre, en or et en bois précieux. Des ressources qui ne profitent cependant pas à ses habitants qui sont les plus pauvres de l'archipel indonésien. l’Indonésie est pénalisée par l'absence de touristes étrangers depuis l’apparition de la Covid-19. Le tourisme pesait 5,8 % du PIB avant l'épidémie. Des millions de visiteurs étrangers débarquaient chaque année pour les plages de Bali, ses temples hindous et ses rizières en terrasses. Or l'Indonésie est la nation d'Asie du Sud-Est la plus touchée par le coronavirus. Si elle recense officiellement 14.000 décès et enregistre 340.000 cas, les scientifiques estiment que ces statistiques sont très sous-estimées au vu du nombre limité de tests effectués. Au troisième trimestre 2020, le produit intérieur brut de la première économie d'Asie du Sud-Est a chuté de 3,49 % sur un an. L'Indonésie a connu sa dernière récession en 1999, à la suite de la crise financière asiatique. En octobre dernier, de violents affrontements ont éclaté dans toute l'Indonésie, à la suite du vote d'une nouvelle loi sur le travail qui réduit les droits des salariés et menace l'environnement. Riche en bois, minerais de toutes sortes, l’Indonésie exploite ses ressources de façon extensive sans souci de préserver la nature. Or, pris en étau dans la ceinture de feu du Pacifique, l'archipel indonésien vit de plus constamment sous la menace de catastrophes naturelles, tsunami, incendies de forêts, tremblements de terre, éruption de l’un ou l’autre des 127 volcans actifs. 
Une émission de Philippe Meyer, enregistrée chacun chez soi mais en public le 13 décembre 2020. Les questions du public à Jean-Louis Bourlanges, David Djaïz, Matthias Fekl et Lionel Zinsou.
La mort de l'ancien président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, décédé le 2 décembre, à l'âge de 94 ans, des suites du Covid-19, a provoqué un concert de louanges. Anciens présidents et chefs de parti ont tour à tour salué sa conviction, ses grandes réformes et son amour pour l'Europe.  Elu président de la République en mai 1974, face au candidat François Mitterrand avec 50,81 % des électeurs, Valéry Giscard d’Estaing a été, à 48 ans, le plus jeune président de la Ve République (un record qui ne sera battu que par Emmanuel Macron, élu à 39 ans). Durant son unique septennat, il a réformé, vite et beaucoup : en six semaines, à l'été 1974, le Parlement a voté l'abaissement de la majorité à 18 ans (elle était jusque-là fixée à 21 ans), le remboursement de la pilule par la Sécurité sociale, le démantèlement de l'ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française). Puis ce seront la légalisation de l'avortement, l’instauration du divorce par consentement mutuel, la reconnaissance des droits des handicapés. Pour la première fois de son histoire, Paris a eu un maire élu - et non désigné par les autorités de l'Etat. Le chef de l’Etat a lancé le chantier du TGV (le premier, entre Paris et Lyon). Les parlementaires, 60 députés ou 60 sénateurs, ont pu saisir le Conseil constitutionnel. Il a proposé l'élection du Parlement européen au suffrage universel, créée le Conseil européen, et impulsé, avec le chancelier allemand Helmut Schmidt, le Système monétaire européen, l'ancêtre de l'euro. Il a été également en pointe sur la coopération multilatérale avec la création du G7, qui réunit une fois l'an les principales puissances économiques mondiales. Sur le plan économique, Giscard a hérité du double choc pétrolier. Il a lancé un plan de lutte contre l'inflation, préconisé des mesures d'économie d'énergie face au spectre de la pénurie de pétrole, augmenté les impôts des sociétés et des plus gros contribuables, supprimé le contrôle des prix. Mais, fin 1975, le cap du million de chômeurs a été franchi. Quand Valéry Giscard d'Estaing a décidé de briguer un second mandat, en 1981, l'inflation avait atteint14 % et la France était confrontée à un chômage de masse inconnu sept ans plus tôt. Le 10 mai 1981, François Mitterrand l'a emporté contre lui avec 51,76% des voix. En 2001, l'Union européenne lui a confié la présidence de la Convention sur l'avenir de l'Europe, chargée de rédiger une constitution pour l'UE. Les Français la rejetèrent, en 2005, par 55% des suffrages exprimés, avec une participation de près de 70%. En 2006, l’institut CSA avait interrogé 952 Français. A la question : « Selon vous, quel a été le meilleur président de la Ve République ? », 5 % avaient cité Valéry Giscard d’Estaing, arrivé bon dernier.
Avec Gaëtan Bruel Conseiller culturel à l’ambassade de France aux États-Unis. Comment orienter la diplomatie culturelle dans un pays qui compte 330 millions d’habitants, 5 300 universités, 35 000 musées,108 Alliances françaises, 40 établissements d’enseignement homologués ? Comment remonter le courant du désintérêt des jeunes États-uniens pour l’Europe? Comment contrebattre une conception de la France comme d’une sorte de musée Grévin ? Comment pratiquer une diplomatie d’influence dans un monde où il ya autant d’influenceurs que d’abonnés aux réseaux sociaux ? En quoi le numérique permet-il de trouver des réponses nouvelles ? Le projet de jumelage d’Oakland, banlieue de San Francisco et de Saint-Denis, banlieue de Paris est-il un exemple d’une nouvelle conception de l’action culturelle à l’étranger ?
LIBERTÉS PUBLIQUES : LA VALSE-HÉSITATION  Pour la deuxième fois en seulement huit mois, le Premier ministre a décidé, le 27 octobre, de réactiver l'état d'urgence sanitaire qui autorise l'exécutif par simple décret à restreindre ou supprimer des libertés, à mettre en place des mesures de quarantaine ou d'isolement, à réquisitionner tous biens et services, à contrôler les prix. Aux interrogations, aux protestations, aux oppositions provoquées par ce recours s’ajoutent d’autres contestations. Contre un amendement voté par le Sénat le 28 octobre qui conditionne l'exercice des libertés académiques au « respect des valeurs de la République », des universités sont occupées. Le vote par l’Assemblée nationale le 24 novembre du projet de loi « pour une sécurité globale » a soulevé une levée de boucliers contre son article 24 prévoyant de réprimer la diffusion du visage ou de « tout autre élément d'identification » d'un policier ou d'un gendarme, hors numéro de matricule, quand elle a pour but de porter « atteinte à son intégrité physique ou psychique ». Juristes, journalistes, réalisateurs, militants politiques ou associatifs dénoncent un critère d'intentionnalité flou, exposant les médias, et plus encore les observateurs associatifs et les citoyens « ordinaires », à des poursuites, et visant à imposer, dans les faits sinon dans la lettre, le floutage comme norme sur les réseaux sociaux. Devant cette fronde, Jean Castex, a annoncé, le 26 novembre, le lancement d'une commission indépendante chargée de réécrire l'article incriminé. La conjonction de la proposition de loi sur la « sécurité globale » et le tabassage par des policiers d'un producteur de musique noir, Michel Zecler, a créé une fronde inédite dans la majorité où la colère a grondé contre un comité vu comme un court-circuitage éhonté du Parlement. « L'insulte faite au Parlement et à la majorité est dévastatrice », s'est exclamé la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet (LRM des Yvelines).  Le Président de la République devait déjà faire face à des crises sanitaire, terroriste, économique, sociale... il se retrouve désormais confronté à une crise politique. Pour tenter de la déminer, Jean Castex a assuré le 27 novembre qu’« il n'entrera pas dans le périmètre de cette commission le soin de proposer une réécriture d'une disposition législative ». Cependant, de nombreux défilés dans toute la France ont rassemblé le lendemain 500.000 personnes selon les organisateurs (146.000 selon la police) pour la défense des « libertés » et contre les violences policières. Après une réunion à l'Elysée, les présidents de groupe de la majorité ont annoncé lundi une « nouvelle écriture complète » de l'article 24. Le ministre de la Justice, Dupond-Moretti a plaidé pour que l'objectif de protection des policiers figure dans l’article 25 du projet de loi contre le séparatisme, dont l'examen au conseil des ministres est prévu le 9 décembre. Inspiré de l'assassinat de Samuel Paty, il crée « un délit de mise en danger de la vie d'autrui par diffusion d'informations relatives à la vie privée », sans toucher à la loi de 1881 sur la liberté de la presse. Matignon et le ministre de l’Intérieur n’y seraient pas défavorables.***POUTINE AUX DÉFIS  En Arménie, en Biélorussie, en Moldavie ou au Kirghizstan, Poutine est défié dans son étranger proche. Après plus d'un mois de combats meurtriers dans le Haut-Karabakh sans que l’armée russe n’intervienne, Moscou a finalement repris la main : Erevan et Bakou ont conclu le 9 novembre une trêve, sous son patronage. Le plan prévoit l'arrivée de 2.000 soldats russes dans la zone du Haut-Karabakh restée sous contrôle arménien et amputée par l'avancée des forces azéries. Moscou se porte garant du cessez-le-feu, tout comme Ankara. Une ombre de taille plane toutefois sur le « succès » russe : la Turquie, dont l'implication - avec des armes modernes, des mercenaires djihadistes...- et les ambitions régionales ont été soulignées de façon inédite, lors de cette nouvelle crise. Même prudence du président russe quant à la révolte populaire qui secoue la Biélorussie depuis l'élection présidentielle truquée du 9 août 2020 et l’annonce officielle de la réélection de Loukachenko par 80,1 % des électeurs. Au pouvoir depuis 26 ans, le dirigeant biélorusse ne trouve qu'une parade face aux manifestations monstres qui se déroulent dans tout le pays : la répressionavec l’arrestation de 17.000 personnes parmi lesquelles des candidats de l'opposition privés dès le départ de campagne électorale. Au moins quatre personnes sont mortes et des dizaines d'autres ont dénoncé les tortures et lesviolences subies durant leur détention. La figure de proue de l'opposition, Svetlana Tikhanovskaïa, a été contrainte à l'exil en Lituanie. Moscou s'inquiète de la montée d'un sentiment antirusse dans le pays. Selon un récent sondage, 60 % de la population biélorusse se montre désormais hostile à une alliance avec la Russie, contre 49 % deux mois plus tôt. Un revers sur les marches de l'empire russe qui s'ajouterait à ceux essuyés en Géorgie, en Ukraine, ou en Arménie et tout récemment en Moldavie, un pays décidé à se tourner vers l'Union européenne avec l'élection le 16 novembre dernier de sa présidente Maia Sandu, 48 ans, première femme à occuper ce poste, et surtout la première dont la probité personnelle fait l'objet d'un quasi-consensus. Son élection représente un revers pour Moscou, qui espérait maintenir l'ex-république soviétique dans son giron. Vladimir Poutine est également confronté à des mouvements de protestation au Kirghizistan où règne le chaos politique depuis les élections législatives d’octobre dernier, dont les partis d'opposition refusent de reconnaitre les résultats en raison d'irrégularités. Le Kremlin est aussi concurrencé par l'avancée des puissances autoritaires dans son arrière-cour. La Chine, qui pousse son influence en Asie centrale, mais avec qui Moscou entretient une alliance informelle. Et la Turquie déjà citée, qui, avec le conflit du Haut-Karabakh, a mis un pied armé, des drones, des bombardiers F-16 et des mercenaires syriens dans le Caucase, provoquant l'hégémonie régionale russe. A ce contexte s’ajoutent les problèmes à l'intérieur de la Russie : manifestations dans l'Extrême-Orient russe à Khabarovsk, affaire Navalny...
Avec Mathieu Ganio, danseur étoile du ballet de l’Opéra de Paris. Nommé Étoile à 20 ans sans être passé par le grade de Premier danseur, Mathieu Ganio a grandi dans l’atmosphère des spectacles et des tournées de ses danseurs de parents. Comment sont distribués les rôles dans un corps de ballet ? Comment les travaille-t-on ? Entre ballet classique et danse contemporaine, comment se répartissent les engagements d'un danseur ? Quand et comment une carrière prend-elle fin ?
LES NOUVEAUX NOUVEAUX PAUVRESAvant la crise du Covid, fin 2019, quelque 9,3 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en France, selon l'Insee, et près de 5 millions avaient recours à l'aide alimentaire. Pour certaines associations, la crise sanitaire et économique va plonger un million de personnes supplémentaires dans la pauvreté, tandis que l'Unedic prévoit 900 000 chômeurs supplémentaires en 2020. La crise a déjà mis sous tension les associations d'aide alimentaire quiaccompagnent 5 millions de personnes en France : elles connaissent des records de fréquentation, avec de nouveaux profils de bénéficiaires. Plus 10 % d'inscrits pour la campagne d'hiver des Restos du cœur, de 10 à 15 % d'ayants droit en plus à la Croix-Rouge, entre 20 et 25 % de nouveaux bénéficiaires pour la Fédération des Banques alimentaires... Le Président des Restos du cœur, Patrice Blanc note une explosion de la demande en Seine-Saint-Denis (+45 %) et à Paris (30 %) et presque autant dans les grandes métropoles. Il alerte en particulier sur la situation des jeunes, de plus en plus nombreux à frapper aux portes de l’association : les moins de 25 ans représentent déjà près de la moitié des bénéficiaires, les mineurs, 40 %.  Alors que le nombre d'allocataires du RSA devrait croître de près de 9% cette année, le gouvernement demeure opposé à une revalorisation des minima sociaux, et préfère privilégier les mesures ciblées. Le 24 octobre, le Premier ministre, Jean Castex a présenté son plan à l'intention des plus précaires, doté de 1,8 milliard d'euros qui s'ajoute aux mesures prises durant la crise (1,5 milliard d'euros) et à celles du plan de relance (6 milliards d'euros). Ainsi, les bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) et les chômeurs en fin de droits perçoivent depuis le 27 novembre une aide exceptionnelle de 150 euros, plus 100 euros par enfant à charge - cette dernière aide étant également versée aux familles touchant les aides aux logements. En outre, les jeunes de moins de 25 ans et les étudiants boursiers, soit 1,3 million de jeunes au total, percevront également 150 euros, fin novembre ou début décembre. Pour Christophe Devys, qui préside le collectif Alerte qui regroupe 35 fédérations et associations nationales de solidarité, ces mesures sont certes « bienvenues », mais le gouvernement reste, selon lui, campé sur une « position idéologique » lorsqu'il refuse d'augmenter les minima sociaux pour préférer des aides à l'insertion par l'emploi. Cette revalorisation, a-t-il souligné, est d'autant plus nécessaire que le RSA n'atteint plus aujourd'hui que 39 % du SMIC contre 50 % en 1988, au moment de la création du RMI (l'ancêtre du RSA).***LA LOI PLUTÔT QUE LA CONFIANCE  Londres et Bruxelles doivent trouver au plus vite un accord qui puisse entrer en vigueur le 1er janvier prochain car, si le Royaume-Uni a officiellement quitté l'Union européenne le 31 janvier dernier, il reste soumis aux règles communautaires pendant une période de transition qui prend fin le 31 décembre 2020. Les discussions butent toujours sur la pêche, les règles de libre concurrence et les questions de gouvernance, notamment les mécanismes de règlement des litiges.  La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a prévenu mercredi 25 novembre qu'un éventuel accord commercial post-Brexit entre l'Union européenne et le Royaume-Uni ne devra pas affecter « l'intégrité du marché unique » en particulier le respect de ses normes environnementales, sociales, fiscales ou sur les aides d'État. Mme von der Leyen a insisté sur la nécessité de mettre en place dans le futur accord des « recours » au cas où l'Union européenne ou le Royaume-Uni s'écarteraient dans le temps des normes communes convenues. « La confiance est bonne, mais la loi est meilleure », a-t-elle observé. Sans traité commercial pour régir leur relation, Londres et Bruxelles courent le risque d'un nouveau choc économique, qui viendrait s'ajouter à celui provoqué par l'épidémie du coronavirus : selon une étude de KPMG publié le 18 novembre, l’économie britannique sera amputée de près de six points de croissance en cas de "no deal" (+4,4% en 2021 contre +10,1% sans Brexit). Ultime contrainte : les négociateurs doivent théoriquement laisser suffisamment de temps à leurs parlements pour qu'ils puissent ratifier un accord avant le 1er janvier. Curieusement, selon une étude du Pew Research Center publiée le18 novembre, quatre ans après avoir pris la décision de quitter l’Union européenne, 60 % des Britanniques ont une opinion favorable de l'Union européenne.  Alors qu’elle négocie laborieusement le Brexit, Bruxelles est égalementdéfiée à l’Est par la Hongrie et la Pologne qui ont opposé le 16 novembre leur veto à la proposition de budget de l'Union européenne pour un montant de près de 1.100 milliards d'euros sur sept ans, ainsi qu'au fonds de relance européen de 750 milliards d'euros. Bien que ces deux pays soient les plus grands bénéficiaires de ce budget (4,3 milliards d'euros pour la Hongrie, 19 milliards pour la Pologne), leurs gouvernements refusent catégoriquement que l'accès aux fonds soit conditionné par le respect de l'État de droit, exigence imposée par l'Union européenne à la demande du Parlement européen. Selon un sondage commandé par le Parlement européen, début octobre, 77 % des citoyens européens soutiennent l'idée de lier les fonds européens au respect de l'État de droit et aux valeurs qui fondent l'Union.
Comment est diffusée la musique classique, hors concerts ? Que s’est-il passé lors du passage du microsillon au CD, puis du CD au numérique ? Les amateurs y ont-ils gagné ? Perdu ? Et quoi ? Avec Yves Riesel, fondateur de la plateforme numérique Qobuz et producteur ou créateur de nombreux labels de CD classiques.
Le reconfinement du 30 octobre et ses mesures de toutes sortes a provoqué de nombreuses polémiques. Alors que les librairies, les boutiques de vêtements et les commerces de jouets sont qualifiés de non-essentiels et fermés,les grandes surfaces demeurent ouvertes à condition d’empêcher l’accès à leurs rayons de livres, de vêtements et de jouets. Les plateformes en ligne regorgent de commandes et les polémiques se concentrent sur Amazon dont les profitsconnaissent une très forte croissance alors qu’elle échappe à la condition fiscale commune. Le ministre de l’Économie s’est flatté d’avoir obtenu que la plupart des plateformes repoussent d’une semaine les ventes promotionnelles dites duBlack Friday. La Fédération du commerce et de la distribution a accepté cet arrangement auquel Amazon France a souscrit. Plusieurs maires ont signé des arrêtés autorisant l’ouverture de commerces fermés par le gouvernement. Les groupes de la grande distribution, contraints de mettre sous le boisseau leurs rayonnages de produits non essentiels connaissent une baisse d’activité. Ilsrecourent désormais massivement au chômage partiel : les services territoriaux du ministère du Travail ont reçu 208.600 demandes en deux semaines, avec quelque 15 000 requêtes quotidiennes contre 3.000 les semaines précédant le reconfinement. Dans ce contexte, l’opposition juge le plan de relance de 100 milliards d’euros « mal calibré », « trop tardif » et « insuffisant pour protéger les plus fragiles ». Le Medef estime les mesures destinées aux entreprises souvent trop compliquées et selon le Cédétiste Laurent Berger « il manque des mesures qui aident la demande des foyers les plus modestes ». La grogne a également sévi leweek-end dernier chez les catholiques qui se sont mobilisés devant les parvis des églises d'une vingtaine de villes en France pour réclamer le retour des messes publiques, quand certains évêques et d'autres fidèles appelaient à la patience. Le Premier ministre a annoncé qu’il ne réautoriserait pas les messes en public avant le 1er décembre, par crainte de contaminations en masse.  Enfin la discussion du projet de loi sur la Sécurité globale à l’Assemblée nationale a débuté le 17 novembre dans un climat tendu. Si le renforcement des polices municipales et l'encadrement de la sécurité privée font plutôt consensus, plusieurs failles ont été ouvertes par le volet sur la protection des forces de l'ordre. L'article 24, qui rend passible d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende le fait de diffuser « dans le but qu'il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l'image du visage ou tout autre élément d'identification d'un agent de la police nationale ou de la gendarmerie nationale » a suscité depuis son examen en commission des lois, il y a trois semaines, les blâmes de la Défenseure des droits Claire Hédon, puis ceux des sociétés de journalistes, avant la semonce, le 16 novembre, du Conseil des droits l'homme des Nations unies et, in fine, le ministre de l’Intérieur a dû annoncer qu’il reverrait sa copie.***ASEAN L’Encerclement par la Chine        Quinze pays d'Asie et du Pacifique ont signé le15 novembre un important accord commercial, promu par la Chine, à l'occasion de la clôture d'un sommet virtuel de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean).Il vise à créer une gigantesque zone de libre-échange entre les dix Etats de l'Asean – Indonésie, Thaïlande, Singapour, Malaisie, Philippines, Vietnam, Birmanie, Cambodge, Laos et Brunei – avec la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Ce Partenariat régional économique global (RCEP) devient l'accord commercial le plus important au monde. Ilreprésente 30 % du Produit intérieur brut (PIB) mondial et un marché de 2 milliards d'habitants. Il se classe devant les États-Unis (24,2 % du PIB mondial, 327 millions d'habitants) et devant l'Union européenne (22,1 %, 512,3 millions d'habitants).       L'accord prévoit une élimination de 90 % des tarifs douaniers entre pays membres et des règles communes pour la propriété intellectuelle, mais exclut tout ce qui touche à la protection des travailleurs et à l'environnement. Il « consolide les ambitions géopolitiques régionales plus larges de la Chine autour des « nouvelles routes de la soie » », analyse Alexander Capri, professeur à la Business School de l'Université Nationale de Singapour. L'Inde, qui compte 1,4 milliard d’habitants devait également rejoindre ce pacte commercial sans précédent mais a décidé l'an dernier de s'en retirer par crainte de voir des produits chinois à bas prix envahir son marché. New Delhi a toutefois la possibilité de rejoindre l’accord plus tard.        Cet accord commercial, dont l'idée remonte à 2012, est considéré comme la réponse chinoise à une initiative américaine : Barack Obama qui redoutait la montée en puissance de cette influence chinoise, avait poussé, avec Tokyo, à la création, sans Pékin, d'un autre accord de libre-échange baptisé « le Partenariat transpacifique », dont l'administration Trump a décidé de se retirer en 2017.        Ce Partenariat régional économique global est un pas de plus vers le déplacement de l’économie mondiale vers l’Asie, qui en 1950 représentait (Inde comprise) 25% de la production mondiale et en 2050 en représentera 60%.  La signature de cet accord intervient dans un contexte de forte crise économique en raison de l'épidémie de Covid-19 pour les dix membres de l'Association des nations du sud-est asiatique (ASEAN).       Selon les calculs de Bloomberg les économies non libérales (largement administrées par l’Etat) qui représentaient 12% du PIB mondial en 2000 en représenteront 43% en 2050 (tandis que la part de l’Occident passera de 57% à 33%). Des économies insensibles aux aspects sociaux et environnementaux (tous deux exclus de l’accord signé le 15 novembre à Hanoï)et non démocratique. Bloomberg prévoit que la part des pays démocratiques dans le PIB mondial qui était de 86% en 2000, attendra 60% en 2050.
SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (2) Avec Françoise Martin qui propose un film chaque jour que Dieu fait (et même quelquefois davantage) dans un village qui n’est pas seulement loin...
POLITIQUE FRANÇAISEDans un contexte de crise sanitaire, économique et sociale, après une série d’actes terroristes, alors que les Français étaient confinés depuis huit jours, le 8 novembre au « 20 Heures » de TF1, Jean-Luc Mélenchon a annoncé qu’il allait se présenter pour la troisième fois à une élection présidentielle. Le Premier Secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure a déploré « l'ambition égoïste » de Mélenchon et observé que « la gauche et les écologistes, s’ils veulent gagner, ont besoin de se rassembler. » Le secrétaire national d’Europe Ecologie Les verts, Julien Bayou, a pris acte de cette candidature, sans bouger de sa stratégie nationale en remarquant : « Jean-Luc Mélenchon nous explique qu’il a un projet ; nous, nous avons le nôtre. Nous pensons que c’est un ou une écologiste qui pourra offrir l’alternative en 2022. » Arnaud Montebourg, qui s’interroge sur sa propre candidature, s’est contenté de trouver « que ce n’est pas le moment ». Pour François Hollande, son ex-ministre ne représente « pas une ligne différente » de celle de Jean-Luc Mélenchon. Au Parti Communiste, lesecrétaire national Fabien Roussel a rdéclaré : « Jean-Luc Mélenchon a fait son choix. Je le respecte. Les communistes feront le leur en temps voulu ». A droite, les Républicains avancent en rangs dispersés face à l’exécutif. Après Christian Estrosi, le maire Les Républicains de Toulon, Hubert Falco, a prôné fin octobre le « rassemblement » derrière Emmanuel Macron. Un appel qui tombe très mal pour la droite, occupée à pilonner le chef de l'Etat sur les questions de sécurité ainsi qu’à critiquer son plan de relance de l’économie.    Parmi les sujets de débat qui marquent cette fin de quinquennat, outre les questions sanitaires, sécuritaires ou économiques, figure désormais également de nouveau la question migratoire. Pour faire face, le Premier ministre Jean Castex est à la peine et chute sévèrement dans les sondages En attendant, le calendrier parlementaire promet d'être serré : loi autonomie, sur le séparatisme, mesures de la convention citoyenne pour le climat, retour de la loi bioéthique, et réforme des retraites à l'automne 2021. L'exécutif ne veut pas renoncer à sa réforme-phare, et veut mener ce chantier avant 2022. Dans ce climat anxiogène, à dix-huit mois des présidentielles, le directeur général de la Fondation pour l'innovation politique Dominique Reynié publie une étude selon laquelle 59 % seulement de nos concitoyens disent leur préférence pour la démocratie représentative, contre 64 % en janvier.***POLITIQUE ÉTRANGÈRE DE BIDENJoe Biden n’a pas eu beaucoup d’occasions de développer ses intentions en matière de politique étrangère. Toutefois, certaines de ses prises de positions récentes et surtout ses initiatives comme sénateur, puis président de la commission des affaires étrangères du Sénat ou vice-président de Barack Obama, éclairent sur ses orientations diplomatiques.       Dans un article de Foreign Affairs, Joe Biden a annoncé qu'il prendra, une fois élu, « des mesures immédiates pour renouveler la démocratie et les alliances » des Etats-Unis. Il reviendra dans l'accord de Paris sur le climat, ainsi qu’au sein de l’Organisation mondiale de la santé quittée par Donald Trump au début de l’année. Le démocrate rejoindra les Européens sur le nucléaire iranien. « Si l'Iran revient à une application stricte de l'accord nucléaire, les États-Unis retourneront à cet accord, comme point de départ à des négociations » avec Téhéran. Sur Israël, il ne reviendra pas sur le déménagement de l'ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem. Tout en répétant sa volonté d'œuvrer pour une solution à deux États. Il a également estimé que les États-Unis devaient faire davantage pression sur la Turquie pour réduire les tensions avec la Grèce.   Dans les années 1990, alors sénateur, Joe Biden a soutenu l’intervention militaire des États-Unis en ex-Yougoslavie, et il a voté en 2003 en faveur de l'intervention en Irak. Alors qu’il était vice-président de Barack Obama, il a appuyé en 2011 l'intervention occidentale en Libye, de même qu’il a soutenu la non-intervention en Syrie après les bombardements chimiques de Bachar al-Assad qui constituaient pourtant officiellement une ligne rouge à ne pas franchir. Aux côtés d’Obama, il a participé activement à la politique dite du « pivot », ce basculement stratégique du déploiement de la puissance américaine, en se détournant de l’Europe et du Moyen-Orient pour se porter vers l'Extrême-Orient, visant explicitement à « contenir » la puissance chinoise ascendante.
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Commentaires (6)

Emmanuel Jauneau

salope de bourlanges

Jun 14th
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Jagdish Mitha

emission excellente le son de cet épisode laisse à desirer

Oct 13th
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Leïla

Merci pour cet épisode d'une très grande qualité

Apr 25th
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Marguerite Poulain

Pas Béatrice Giblin 😭😰😭

Feb 5th
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Antoine

Entre soi

Jan 14th
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EcoloGeek

Comment peut ton aussi mal sonoriser une émission ??

Jul 4th
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