Discover
Podcast Reporterre

141 Episodes
Reverse
Annie Peguin a participé à la création de l’épicerie restaurant « Chez Mialet », basée à Mialet, dans les Cévennes gardoises. Le lieu est géré par les habitants, et emploie deux personnes pour la restauration.
Jean-Christophe Sarrot est membre d’ATD Quart Monde. Avec d’autres, l’association est à l’origine du projet « Territoire zéro chômeur de longue durée », qui vise à « proposer à tout chômeur de longue durée qui le souhaite, un emploi à durée indéterminée à temps choisi, en développant des activités utiles pour répondre aux besoins des divers acteurs du territoire ».
Salut les humains. Je m’appelle Bambou. Je suis un panda roux et vis au Jardin des Plantes. Je suis très curieux. Alors dès que mes gardiens tournent le dos, je vais me balader. Je rencontre plein de gens et leur pose des questions sur ce qui me passionne : l’écologie. J’enregistre avec un micro que j’ai emprunté à un humain et l’envoie à Reporterre et à Fréquence Paris plurielle. Prêts ? On y va. Dans l’arène des jardiniers de combat Vous le savez, je suis reporter. Et, je vous ai en déjà parlé, j’ai un laboratoire où je construis des machines bizarres [2] Mais, ce que je ne vous ai pas encore dit, c’est que je suis aussi jardinier de combat ! J’affronte d’autres jardiniers en duel dans des arènes spéciales, dont le sol est fait d’un terreau qui fait grandir les plantes en accéléré. Le but est de faire pousser le plus de légumes, arbustes et plantes aromatiques possible, en évitant les ravageurs de culture comme les insectes ou les maladies. Mais attention ! Nous autres, jardiniers de combat, avons un code d’honneur très strict. Pas de produit chimique : ni engrais ni ce qu’on appelle des pesticides, qui repoussent les ravageurs. Nous devons donc maîtriser une technique qui est presque comme du kung-fu : les associations de plantes, ou « compagnonnage ». Par exemple : une plante qui a une odeur forte, comme le basilic, va perturber l’odorat des insectes et des rongeurs et protéger les autres. Il y a quelques jours, j’ai affronté en duel ma rivale : Érina, une jardinière de combat hérisson. Vous voulez savoir qui de nous deux a gagné ? C’est par ici. /* Dewplayer */ .mejs-container.mejs-neoplayer { background: none; height:20px !important; } .mejs-neoplayer .mejs-controls { background: none; border-radius:5px; height:20px; background-color: #e5e5e5; background-image: -moz-linear-gradient(top, #fcfcfc, #cecece); /* FF 3.6+*/ background-image: -webkit-gradient(linear, 0 0, 0 100%, from(#fcfcfc), to(#cecece)); /* Safari 4+, Chrome 2+*/ background-image: -webkit-linear-gradient(top, #fcfcfc, #cecece); /* Safari 5.1+, Chrome 10+*/ background-image: -o-linear-gradient(top, #fcfcfc, #cecece); /* Opera 11.10*/ background-image: linear-gradient(to bottom, #fcfcfc, #cecece); /* Standard, IE10 */ } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-playpause-button { margin-right: 5px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-playpause-button button { position:relative; background: url('https://reporterre.net/plugins/auto/player/v2.8.2/css/img/controls-neoplayer.png') no-repeat left 0; width: 16px; margin-right: 5px; margin-top: 3px; margin-left: 6px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-playpause-button button:after { content:""; display: block; position: absolute; top:-1px; right: -6px; height: 100%; width: 0; border-left: 1px solid #afafaf; border-right: 1px solid #e2e2e2; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-play button:hover { background-position: left -16px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-pause button { background-position: left -32px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-pause button:hover { background-position: left -48px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail { margin-right: 10px; margin-left: 10px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail>span { height: 5px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail .mejs-time-total { border-top:1px solid #c7c7c7; background: none; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail .mejs-time-buffering { height: 0; background: none; border-top:1px solid #d7d7d7; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail .mejs-time-loaded { height: 0; background: none; border-top:1px solid #ddd; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail .mejs-time-current { height: 0; background: none; position: relative; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail .mejs-time-current:after { content:""; display: block; width: 20px; height: 10px; border-radius: 3px; position: absolute; top:-5px; right: 0; margin-right: -10px; top:-6px; background-color: #a4a4a4; background-image: -moz-linear-gradient(top, #ddd, #888); /* FF 3.6+*/ background-image: -webkit-gradient(linear, 0 0, 0 100%, from(#ddd), to(#888)); /* Safari 4+, Chrome 2+*/ background-image: -webkit-linear-gradient(top, #ddd, #888); /* Safari 5.1+, Chrome 10+*/ background-image: -o-linear-gradient(top, #ddd, #888); /* Opera 11.10*/ background-image: linear-gradient(to bottom, #ddd, #888); /* Standard, IE10 */ } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-currenttime-container { display: none; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-duration-container { display: none; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-volume-button { width:1px; visibility:hidden; } .mejs-neoplayer .mejs-controls div.mejs-horizontal-volume-slider { width:1px; visibility:hidden; } Le compagnonage des plantes. Nous, on se retrouve dans quinze jours, et d’ici là, on peut aussi être en contact sur Facebook.
Youth for Climate France est un mouvement de jeunes qui se mobilisent pour le climat, l’environnement, et l’écologie.
Vanessa Codaccioni est historienne de formation, sociologue et politologue, spécialiste de la justice pénale et de la répression. Elle a publié La légitime défense. Homicides sécuritaires, crimes racistes et violences policières, CNRS Éditions, 2018.
Christiane Vollaire a écrit Pour une philosophie de terrain Christiane Vollaire, vous êtes philosophe et Gilet jaune. Pourquoi ? « Je suis philosophe d’abord, et puis j’ai écrit un bouquin qui s’appelle ’Pour une philosophie de terrain’, il y a deux ans. Ca veut dire qu’on va faire du terrain, je vais m’entretenir avec des gens, et je pense que la philosophie doit être dans le réel et doit tirer ses concepts du réel, et non pas imposer comme une avant-garde des concepts sur le réel. »Donc, j’ai voulu travailler sur les Gilets jaunes, et en travaillant sur les Gilets jaunes, je me suis fait embarquée, tout simplement. Au départ, ce qui devait être un travail de terrain est devenu un engagement. Il faudra bien que ça redevienne un terrain aussi, pour que je puisse faire le travail de philosophie qui va avec, mais ce que je pense surtout, c’est que le rapport des chercheurs aux Gilets jaunes ne doit surtout pas être un rapport de donneur de leçons à des gens qui seraient là un peu brouillons, mais que c’est exactement le contraire, qu’il y a une pensée de l’action politique, qu’agir politiquement, ça produit une véritable pensée, et que cette pensée, les chercheurs en ont besoin. Et que si on ne se nourrit pas de cette pensée, on est mort. - Alors, la pensée des Gilets jaunes, c’est quoi ? « C’est un rapport au réel. Machiavel disait, »ce n’est pas d’un côté le ventre qui serait le peuple - comme le prétendait Platon -, et de l’autre côté le cerveau qui serait les grands« , les grands entre guillemets. Les gouvernants ne sont absolument pas un cerveau, ils sont un ventre. Et c’est au contraire eux qui se nourrissent et s’en foutent plein les fouilles, et de l’autre côté, il y a des gens qui pensent. Ce n’est pas la même chose de vouloir être dominant, et de ne pas vouloir être dominé. Quand on ne veut pas être dominé, c’est qu’on pense. Quand on veut être dominant, c’est juste qu’on veut bouffer. »
Pauline Kayser est soigneuse à la Ménagerie du Jardin des plantes et fondatrice et présidente de l’association ABConservation, qui mène un programme d’étude du binturong en milieu naturel à Palawan, une île des Philippines. Le binturong est un mammifère carnivore arboricole endémique de l’Asie du Sud-Est, menacé par la déforestation et les trafics (viande, vente comme animal de compagnie).
Salut les humains. Je m’appelle Bambou. Je suis un panda roux et vis au Jardin des Plantes. Je suis très curieux. Alors dès que mes gardiens tournent le dos, je vais me balader. Je rencontre plein de gens et leur pose des questions sur ce qui me passionne : l’écologie. J’enregistre avec un micro que j’ai emprunté à un humain et l’envoie à Reporterre et à Fréquence Paris plurielle. Prêts ? On y va. Arcueil, une ville qui se mange Vous êtes sûrement déjà allés faire les courses au supermarché avec vos parents. Si vous avez fait attention aux étiquettes, vous avez sûrement remarqué que les produits qu’on trouve dans les rayons viennent de différents pays. Les tomates d’Espagne, les avocats du Mexique… C’est un joli tour du monde mais pour la planète, ce n’est pas terrible. Parce que, pour les faire venir en France, on utilise des moyens de transport comme l’avion, le camion, le bateau qui consomment du carburant et qui participent au réchauffement climatique (vous savez, le fait que la température sur Terre augmente et menace les plantes et les animaux ?). Donc, le mieux, c’est d’acheter des produits qui viennent de France. Et, si possible, de la région où l’on habite. C’est ce qu’on appelle « manger local ». Mais l’idéal, c’est que ça ait poussé juste à côté de chez soi, dans son quartier par exemple. Impossible quand on n’habite pas à la campagne ? Pas tout à fait. Certaines villes réservent des endroits pour que des plantes comestibles (qu’on peut manger) poussent et que les habitants puissent venir les cueillir. C’est le cas d’Arcueil (Val-de-Marne). Avec un groupe d’enfants du centre de loisirs Jean-Macé, on a même fait un reportage là-dessus. Alors, on écoute ce qu’ils ont réalisé avec leur super animateur, Anthony ! /* Dewplayer */ .mejs-container.mejs-neoplayer { background: none; height:20px !important; } .mejs-neoplayer .mejs-controls { background: none; border-radius:5px; height:20px; background-color: #e5e5e5; background-image: -moz-linear-gradient(top, #fcfcfc, #cecece); /* FF 3.6+*/ background-image: -webkit-gradient(linear, 0 0, 0 100%, from(#fcfcfc), to(#cecece)); /* Safari 4+, Chrome 2+*/ background-image: -webkit-linear-gradient(top, #fcfcfc, #cecece); /* Safari 5.1+, Chrome 10+*/ background-image: -o-linear-gradient(top, #fcfcfc, #cecece); /* Opera 11.10*/ background-image: linear-gradient(to bottom, #fcfcfc, #cecece); /* Standard, IE10 */ } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-playpause-button { margin-right: 5px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-playpause-button button { position:relative; background: url('https://reporterre.net/plugins/auto/player/v2.8.2/css/img/controls-neoplayer.png') no-repeat left 0; width: 16px; margin-right: 5px; margin-top: 3px; margin-left: 6px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-playpause-button button:after { content:""; display: block; position: absolute; top:-1px; right: -6px; height: 100%; width: 0; border-left: 1px solid #afafaf; border-right: 1px solid #e2e2e2; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-play button:hover { background-position: left -16px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-pause button { background-position: left -32px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-pause button:hover { background-position: left -48px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail { margin-right: 10px; margin-left: 10px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail>span { height: 5px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail .mejs-time-total { border-top:1px solid #c7c7c7; background: none; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail .mejs-time-buffering { height: 0; background: none; border-top:1px solid #d7d7d7; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail .mejs-time-loaded { height: 0; background: none; border-top:1px solid #ddd; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail .mejs-time-current { height: 0; background: none; position: relative; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail .mejs-time-current:after { content:""; display: block; width: 20px; height: 10px; border-radius: 3px; position: absolute; top:-5px; right: 0; margin-right: -10px; top:-6px; background-color: #a4a4a4; background-image: -moz-linear-gradient(top, #ddd, #888); /* FF 3.6+*/ background-image: -webkit-gradient(linear, 0 0, 0 100%, from(#ddd), to(#888)); /* Safari 4+, Chrome 2+*/ background-image: -webkit-linear-gradient(top, #ddd, #888); /* Safari 5.1+, Chrome 10+*/ background-image: -o-linear-gradient(top, #ddd, #888); /* Opera 11.10*/ background-image: linear-gradient(to bottom, #ddd, #888); /* Standard, IE10 */ } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-currenttime-container { display: none; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-duration-container { display: none; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-volume-button { width:1px; visibility:hidden; } .mejs-neoplayer .mejs-controls div.mejs-horizontal-volume-slider { width:1px; visibility:hidden; } Arcueil comestible. Nous, on se retrouve dans quinze jours, et d’ici là, on peut aussi être en contact sur Facebook.
« Il existe aujourd’hui un consensus scientifique sur le fait que nous vivons une crise générale de la biodiversité et un effondrement universel, rapide et qui s’accélère », affirme Yann Laurans, directeur du programme biodiversité de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Un consensus alarmiste qui ressort du rapport sur « l’état de la biodiversité mondiale », publié lundi 6 mai par l’IPBES, aussi surnommé « Giec de la biodiversité ».
Manon Aubry est la tête de la liste de la France insoumise pour les élections européennes. • Cet entretien a été enregistré, vous pouvez aussi l’écouter : Reporterre — Qu’est-ce qui vous a poussé à quitter Oxfam pour entrer en politique ? Manon Aubry — La France insoumise m’a contactée à la fin de l’été pour me proposer d’être sur la liste. Comme je suis une fille polie, je n’ai pas dit non tout de suite. Je n’avais jamais envisagé la possibilité de faire de la politique donc, je me suis vraiment demandée « Pourquoi moi ? », « pourquoi faire ? ». Ce qui m’a décidé au bout de trois mois de réflexion, c’est que j’ai regardé ce qu’on avait fait ces dernières années à Oxfam, et les batailles qu’on avait menées. Combien de fois j’ai été frustrée du manque de volonté politique ou du poids des lobbies qui ont fait échouer des propositions que l’on portait contre l’évasion fiscale ! Je me suis dit que plutôt que de chercher à faire boire des ânes qui n’avaient pas soif, j’allais être l’âne qui appuierait sur le bon bouton en matière d’évasion fiscale. Comment définissez-vous le rôle de l’activiste par rapport à celui du politique ? Comme extrêmement complémentaire. Sur l’évasion fiscale ou sur le changement climatique, des ONG et des associations ont porté le combat sur le devant de la scène. Le rôle du politique est de prendre le relais et de le traduire politiquement par des actes, des lois, des directives européennes. C’est pour ça que je vois mon engagement politique comme une continuité de mon engagement associatif. Ce sont les mêmes combats que je porte, mais d’une manière différente. Vous êtes une femme jeune, peu connue du grand public. Comment s’est passée votre entrée dans l’arène ? Peu connue du grand public, c’est plutôt un atout, ça prouve que la politique n’est pas réservée qu’à des professionnels, qu’on peut être un citoyen « lambda » et entrer en politique. La politique, avec les difficultés du machisme et du virilisme ambiant, de la réduction du débat politique à un débat de petites phrases ou à un débat de personnes, c’est extrêmement frustrant au quotidien. Mais il y a aussi des bons côtés : on apprend beaucoup de la rencontre avec les gens, en sillonnant le territoire partout en France, en discutant avec des gens d’origines extrêmement variées. Plus que dans une ONG ? Oui. En ONG, on est dans un milieu activiste et militant. On rencontre plein de gens, mais qui restent dans ce milieu activiste et militant. La force de la France insoumise est d’essayer de capter une population qui n’est pas militante. « Le monde politique est violent, mais je pense qu’il y faut de la fraîcheur, il faut y aller en mettant les deux pieds dans le plat. » Vous êtes jeune et peu connue, ressentez-vous une communauté sur ce plan avec M. Bardella, tête de liste du Rassemblement national, et M. Bellamy, des Républicains ? Pas du tout. Être dans la même tranche d’âge est notre seul point commun puisque tous les deux sont déjà élus, ils ont des mandats politiques, ce qui n’est pas mon cas. Tous les deux militent au sein de leurs partis depuis un moment. Moi, je n’avais jamais mis les pieds à la France insoumise, même pas dans un meeting. Avez-vous lu les textes de la France insoumise ou avez-vous débarqué ? Pendant les trois mois où j’ai hésité avant de dire oui, j’ai relu l’ensemble du programme, les livrets thématiques, les traités européens, plein de choses, c’était d’ailleurs passionnant parce qu’on a rarement l’occasion de lire tout cela d’un coup. Vous avez parlé de machisme. L’avez-vous subi en politique ? Tous les jours. Quand vous êtes une jeune femme en politique, on vous rappelle tous les jours que vous êtes une jeune femme en politique. Ça passe par plein de choses. Ça passe par une séquence médiatique où on a eu pendant 15 jours « Jean-Luc Mélenchon reprend la main sur la campagne ». Ah oui ? Parce que je suis une jeune femme qui n’a pas d’expérience en politique je ne suis pas capable de mener une campagne ? Ça passe par des coupures de parole incessante sur les plateaux télé parce que, quand on a une voix de femme, elle est facilement couverte par une voix d’homme. Ce n’est pas un hasard s’il y a si peu de femmes têtes de liste aux européennes, s’il y a encore peu de femmes en politique. Le monde politique est-il plus gentil que celui des ONG ? Non, au contraire. Je fais souvent la blague à mes amis en leur disant « Nous, dans les ONG, on est des bisounours ». Dans la politique, il y a les petites phrases, ou avoir à répondre d’une accusation d’antisémitisme. Franchement, c’est ridicule. Au moins, à Oxfam, on ne m’accusait pas d’être antisémite. Le monde politique est violent, mais je pense qu’il y faut de la fraîcheur, il faut y aller en mettant les deux pieds dans le plat. Violent, c’est quoi, concrètement ? J’ai déjà reçu des menaces de mort, par exemple. Jamais quand je travaillais à Oxfam. Vous avez évoqué la personnalité de Jean-Luc Mélenchon… Qui est une de vos questions favorites, les journalistes. Il n’y a pas une seule interview sans que j’ai une question sur Jean-Luc Mélenchon. Qui doit résumer à lui seul notre programme pour les européennes, manifestement. … est-il possible d’être à la France insoumise sans être dans l’ombre de Jean-Luc Mélenchon ? Exactement l’une des questions qui m’agacent depuis le début de cette campagne. Parce que je suis sans cesse ramenée à Jean-Luc Mélenchon. Vous croyez que si j’étais Alexis Corbière, on me ramènerait à Jean-Luc Mélenchon ? Oui. Si j’étais un homme de plus de 50 ans ? Je pense que non. Peut-être pas à Reporterre mais… On me pose sans cesse la question. Mais ça veut dire quoi ? Parce que je n’ai jamais fait de politique, parce que je suis une jeune femme, je ne peux pas être moi ? La France insoumise est forte de sa diversité. Il y a Adrien Quatennens, Mathilde Panot, Clémentine Autain, plein de gens différents qui incarnent la France insoumise à leur manière. Évidemment, Jean-Luc Mélenchon est un pilier pour ce mouvement mais la France insoumise fait la démonstration d’un bien plus grand niveau d’ouverture que ce qu’on veut la caricaturer. « Tant qu’on ne lèvera pas le carcan budgétaire pour faire de la transition écologique une ambition supérieure à toute autre ambition, nous ne prendrons pas à bras le corps l’urgence écologique. » Le refus de la gauche de s’unir ne profite-t-il pas au duel entre les néolibéraux et l’extrême droite ? Notre liste n’est pas aussi large que vous le souhaiteriez, mais c’est déjà une liste de rassemblement avec, pour commencer, moi en tête de liste qui n’avais jamais mis les pieds à la France insoumise. Et puis Sergio Coronado, qui vient d’EELV, Emmanuel Maurel, du Parti socialiste, d’autres du Parti communiste. Donc, on a essayé de faire une liste la plus large possible, mais sur une ligne claire. Sur quel projet politique voulons-nous rassembler ? Force est de constater qu’aujourd’hui, la gauche est traversée par un clivage, notamment sur les questions européennes. La désunion actuelle ne va-t-elle pas affaiblir durablement la gauche et l’écologie ? N’aurait-il pas fallu privilégier l’union en mettant de côté la question européenne ? On a essayé de privilégier l’union mais sur une ligne politique claire, et je constate d’autres divergences avec EELV [Europe Écologie-Les Verts] que celle sur les traités européens. La mobilisation sociale de ces derniers mois est un bon exemple. EELV a appelé assez rapidement à la fin du mouvement des Gilets jaunes et était en faveur de la taxe carbone, taxe à laquelle nous sommes opposés parce qu’elle revient à faire payer le prix de l’écologie aux ménages les plus pauvres. Ceux qui sont le plus responsable du changement climatique sont les plus riches, les grandes entreprises multinationales, et c’est à ces personnes et à ces entreprises qu’il faut s’attaquer plutôt qu’imposer une taxe aux ménages les plus pauvres. Nous pensons profondément que la lutte contre le changement climatique et la lutte contre les inégalités sont les deux faces d’une même pièce. Ce n’est pas le cas d’EELV ? Non. Ils étaient en faveur de la taxe carbone. Nous y sommes opposés. Yannick Jadot a appelé les Gilets jaunes à cesser leur mobilisation, là où nous, nous voyons une possibilité d’une transformation en matière de justice sociale et justice fiscale importante. Mais je crois qu’EELV est en train d’opérer une clarification. Ce n’est pas un hasard si la plupart des responsables d’EELV de ces dix dernières années ont fini à En Marche. Et quand Yannick Jadot dit que l’écologie est compatible avec l’économie de marché, cette écologie-là est en train de se dissoudre dans l’économie de marché promue par le gouvernement. Il y a aussi des personnes à EELV qui peuvent incarner une forme de révolution sociale et écologique qu’on appelle de nos vœux. Mais ce processus de clarification à gauche prendra du temps avant de se traduire par une union un peu plus large. Pour l’instant, c’est la désunion très large. Comment envisagez-vous l’avenir ? Par une dissolution d’EELV, dont certains iront vers En Marche, et d’autres vous rejoindraient, ou peut-on imaginer que les deux forces — vous et EELV — restent de niveau à peu près équivalent ? Tant qu’EELV pense que l’écologie est compatible avec l’économie de marché, que la taxe carbone est une bonne chose, qu’il est possible de gouverner avec les libéraux au niveau européen, alors oui, nous avons des points de désaccord majeurs pour mener l’ambition écologique qui est la nôtre. On est largement d’accord avec EELV sur le constat, sur le diagnostic. Mais pas sur les moyens. Tant qu’on ne lèvera pas le carcan budgétaire pour faire de la transition écologique une ambition supérieure à toute autre ambition, nous ne prendrons pas à bras le corps l’urgence écologique. Pendant ce temps, les néolibéraux et l’extrême droite joueront entre eux, et les écolos et France insoumise seront derrière. Donc la transition se fera encore moins. L’élection n’a pas encore eu lieu. Nous pensons à l’avenir,
Jauni Halliday est membre du « Carton qui croustille », un collectif qui organise des « carnivages » en manifestation.
Juan Branco, le système va-t-il s’effondrer ? Juan Branco - C’est une question compliquée, qui dépend beaucoup de nous. Je pense qu’il y a une prise de conscience très rapide qui est en train de se mettre en place sur les vecteurs qui ont amené une vraie distorsion sur les marchés de l’information dans ce pays, et qui ont fait que le fondement de tout système démocratique - qui est le fait de pouvoir s’exprimer électoralement de façon informée - est en train de tomber. Quand vous votez pour A en pensant que « A est B », votre vote ne sert à rien, et l’idée même de démocratie n’est plus. Donc dès le moment qu’on met en place une rupture fondamentale par rapport à ça, et par rapport à la croyance qu’on a une capacité à peser sur les choix politiques de ce pays, eh bien il y a une forme de soulèvement qui provoque des effondrements. Je pense qu’aujourd’hui, on est dans cette configuration. Est-ce que cela arrivera ou pas ? Les élites, la caste au sens étymologique du terme, c’est-à-dire celle chargée de décrypter le réel pour la société - les journalistes, la classe médiatique, etc. - est entrée dans un tel rapport de résistance à cette remise en cause fondamentale de son asservissement que l’effondrement est très probable. Il n’y a pas une réaction intelligente, dans le sens de reconnaissance de ce qui s’est passé, de tentative de correction, mais un vrai rapport de réification qui à mon avis, ne crée qu’une alternative : soit l’écrasement complet de toute forme de résistance, et de diction de la vérité, soit la chute de cet appareil de pouvoir.
Salut les humains. Je m’appelle Bambou. Je suis un panda roux et vis au Jardin des Plantes. Je suis très curieux. Alors dès que mes gardiens tournent le dos, je vais me balader. Je rencontre plein de gens et leur pose des questions sur ce qui me passionne : l’écologie. J’enregistre avec un micro que j’ai emprunté à un humain et l’envoie à Reporterre et à Fréquence Paris plurielle. Prêts ? On y va. Le jardin pédagogique de l’école Aimé-Césaire Pendant deux mois, avant les vacances de Pâques, je suis intervenu à l’école Aimé-Césaire d’Arcueil (Val-de-Marne) avec treize enfants d’une classe de CE1. Pourquoi cette école ? Parce qu’elle est très engagée en faveur de l’écologie : il y a un jardin pédagogique, avec des plantes, un hôtel à insectes, du compost et… un enclos avec des poules ! Les enfants et moi, on a donc décidé que notre reportage parlerait du jardin, et de ce qu’il apporte aux élèves et aux adultes de l’école. Voilà le résultat de nos deux mois de travail avec Adam, Adem, Anton, Arslen, Chloé, Bilel, Eïmeo, Emma, Manon, Marilou, Taïra, Tessa et Yasmine. /* Dewplayer */ .mejs-container.mejs-neoplayer { background: none; height:20px !important; } .mejs-neoplayer .mejs-controls { background: none; border-radius:5px; height:20px; background-color: #e5e5e5; background-image: -moz-linear-gradient(top, #fcfcfc, #cecece); /* FF 3.6+*/ background-image: -webkit-gradient(linear, 0 0, 0 100%, from(#fcfcfc), to(#cecece)); /* Safari 4+, Chrome 2+*/ background-image: -webkit-linear-gradient(top, #fcfcfc, #cecece); /* Safari 5.1+, Chrome 10+*/ background-image: -o-linear-gradient(top, #fcfcfc, #cecece); /* Opera 11.10*/ background-image: linear-gradient(to bottom, #fcfcfc, #cecece); /* Standard, IE10 */ } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-playpause-button { margin-right: 5px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-playpause-button button { position:relative; background: url('https://reporterre.net/plugins/auto/player/v2.8.2/css/img/controls-neoplayer.png') no-repeat left 0; width: 16px; margin-right: 5px; margin-top: 3px; margin-left: 6px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-playpause-button button:after { content:""; display: block; position: absolute; top:-1px; right: -6px; height: 100%; width: 0; border-left: 1px solid #afafaf; border-right: 1px solid #e2e2e2; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-play button:hover { background-position: left -16px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-pause button { background-position: left -32px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-pause button:hover { background-position: left -48px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail { margin-right: 10px; margin-left: 10px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail>span { height: 5px; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail .mejs-time-total { border-top:1px solid #c7c7c7; background: none; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail .mejs-time-buffering { height: 0; background: none; border-top:1px solid #d7d7d7; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail .mejs-time-loaded { height: 0; background: none; border-top:1px solid #ddd; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail .mejs-time-current { height: 0; background: none; position: relative; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-time-rail .mejs-time-current:after { content:""; display: block; width: 20px; height: 10px; border-radius: 3px; position: absolute; top:-5px; right: 0; margin-right: -10px; top:-6px; background-color: #a4a4a4; background-image: -moz-linear-gradient(top, #ddd, #888); /* FF 3.6+*/ background-image: -webkit-gradient(linear, 0 0, 0 100%, from(#ddd), to(#888)); /* Safari 4+, Chrome 2+*/ background-image: -webkit-linear-gradient(top, #ddd, #888); /* Safari 5.1+, Chrome 10+*/ background-image: -o-linear-gradient(top, #ddd, #888); /* Opera 11.10*/ background-image: linear-gradient(to bottom, #ddd, #888); /* Standard, IE10 */ } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-currenttime-container { display: none; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-duration-container { display: none; } .mejs-neoplayer .mejs-controls .mejs-volume-button { width:1px; visibility:hidden; } .mejs-neoplayer .mejs-controls div.mejs-horizontal-volume-slider { width:1px; visibility:hidden; } Le jardin pédagogique de l’école Aimé-Césaire. Nous, on se retrouve dans quinze jours, et d’ici là, on peut aussi être en contact sur Facebook.
Tania Pacheff, vous êtes membre de l’association Cantines sans plastique, quelles sont les alternatives aux barquettes en plastique dans les cantines ? « Aujourd’hui, la seule alternative durable inoffensive pour la santé des enfants et des adultes est de revenir à des matériaux inertes, notamment l’inox ou le verre. L’inox est le plus largement utilisé dans les cantines. Par contre, notre souci aujourd’hui, c’est lorsque les mairies ne souhaitent pas revenir à des matériaux inertes tels que l’inox et qu’elles nous proposent des alternatives inventées par les industries. Les barquettes en cellulose, notamment, nous posent un réel souci, car nous n’avons pas de recul sur ces matériaux. Souvent, la cellulose peut être contaminée par des pesticides. La cellulose n’étant pas imperméable, il y a forcément un film, un « lining » de plastique, pour que l’aliment ne vienne pas mouiller la barquette. Aujourd’hui, on nous propose ça comme alternative au plastique. Nous la refusons catégoriquement au sein de l’association, car nous ne voulons pas que nos enfants soient des cobayes pour tester ces produits sachant que l’on ne sait rien sur leur innocuité ou pas. » C’était Tania Pacheff, le 11 mars 2019. Première mise en ligne le 15 mars 2019.



