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Author: Open Mind Galaxy

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Description

Plongez dans une aventure intellectuelle où les grands récits établis sont déconstruits, et où les voix oubliées reprennent leur place.
En se basant sur les conférences de "La Contre-Histoire de la Philosophie" de Michel Onfray, ce podcast vous invite à revisiter les fondations de la pensée occidentale sous un nouvel angle : celui des philosophes marginaux, hérétiques et souvent écartés du canon officiel.

Chaque épisode vous propose une immersion dans les idées de ceux qui ont défié les dogmes et pensé en dehors des cadres : des penseurs matérialistes de l’Antiquité aux libertins érudits, en passant par les courants anarchistes et les voix féminines trop souvent mises sous silence.

Ici, la philosophie n’est pas une tour d’ivoire : elle est vivante, subversive, engagée — et profondément humaine. 🌿✨

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173 Episodes
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IntroductionCet épisode poursuit l’exploration du post-anarchisme, en le présentant comme une évolution critique de l’anarchisme historique. Il s’agit d’un courant qui conserve l’idéal libertaire tout en révisant ses dogmes, en tenant compte des mutations sociales et culturelles, et en intégrant des apports théoriques contemporains.1. Héritage et limites de l’anarchisme classiqueL’anarchisme traditionnel a produit un héritage riche en luttes et en réflexions sur la liberté, mais il s’est aussi figé dans des positions doctrinaires : rejet systématique de l’État, des institutions et des élections, idéalisation d’un passé révolutionnaire, et incapacité à se renouveler face aux changements du monde contemporain. Certaines figures historiques portent également des contradictions fortes, mêlant idéaux libertaires et préjugés sexistes, racistes ou homophobes.2. Le post-anarchisme : un aggiornamento libertaireLe post-anarchisme ne renie pas l’esprit anarchiste, mais en opère un « droit d’inventaire » : il conserve ce qui reste vivant et pertinent, tout en rejetant les éléments datés ou réactionnaires. Il s’appuie sur des penseurs comme Foucault, Deleuze ou Derrida pour enrichir l’analyse du pouvoir, des identités et des rapports sociaux, dépassant ainsi la simple opposition État/individu.3. De nouvelles formes de lutteContrairement aux formes classiques centrées sur l’insurrection ou la grève générale, le post-anarchisme explore des actions décentralisées, ponctuelles et créatives : occupations, désobéissance civile, réseaux horizontaux. Il s’intéresse aux luttes féministes, LGBTQ+, antiracistes et écologistes, élargissant le champ des causes libertaires.4. Une pensée en mouvementLe post-anarchisme refuse la clôture doctrinale. Il se nourrit de débats, d’expérimentations et d’hybridations avec d’autres traditions critiques. Sa force réside dans sa capacité à intégrer la diversité des expériences et à se réinventer au gré des contextes.💡 ConclusionLe post-anarchisme apparaît comme une tentative de revitaliser la pensée libertaire en la rendant plus inclusive, critique et adaptable. Il ne s’agit pas d’abandonner l’anarchisme, mais de l’ouvrir à de nouvelles problématiques et à des modes d’action plus en phase avec les réalités contemporaines.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionCet épisode propose une réflexion sur la possibilité et la nécessité d’une psychanalyse affranchie du dogmatisme freudien. Il s’agit d’en conserver les outils utiles tout en rejetant ses présupposés idéologiques, ses biais patriarcaux et ses aspects pseudoscientifiques, afin de construire une pratique plus ouverte, critique et ancrée dans la réalité humaine.1. La critique du dogme freudienLa psychanalyse freudienne s’est constituée comme un système clos, protégé par un langage ésotérique et par une orthodoxie institutionnelle qui marginalise toute remise en question. Les concepts centraux — complexe d’Œdipe, libido, refoulement — sont présentés comme universels et intemporels, alors qu’ils reflètent une culture et une époque précises. Cette rigidité freine l’évolution de la discipline.2. Les angles morts de FreudFreud a bâti une théorie centrée sur la sexualité, souvent interprétée à travers des schémas patriarcaux et hétéro-normés. Il a négligé ou disqualifié d’autres dimensions de l’expérience humaine, comme les contextes sociaux, politiques ou économiques. Sa vision de la femme, de l’homosexualité ou de la masturbation illustre des préjugés plus culturels que scientifiques.3. Vers une psychanalyse pluralisteUne psychanalyse non-freudienne suppose de puiser dans d’autres courants théoriques — Jung, Adler, Reich, Lacan, mais aussi des approches contemporaines issues des neurosciences, de la psychologie cognitive ou des sciences sociales. Il s’agit de penser le psychisme humain dans sa complexité, sans réduire toutes les problématiques à une causalité sexuelle ou à un seul schéma explicatif.4. L’importance de la clinique et du réelPour sortir du dogmatisme, la psychanalyse doit redevenir une pratique clinique attentive aux singularités des patients, fondée sur l’observation et l’expérience plutôt que sur la fidélité à un corpus figé. Cela implique de confronter les hypothèses théoriques à la réalité vécue, d’accepter l’échec comme source d’apprentissage et de rester ouvert aux apports extérieurs.5. Une posture critique et émancipatriceEn se libérant du culte de Freud, la psychanalyse peut redevenir un outil de compréhension et de transformation, capable d’intégrer les évolutions sociales et culturelles. Une telle approche favoriserait la pluralité des interprétations, la prise en compte des contextes, et l’ouverture à des pratiques complémentaires.💡 ConclusionRompre avec le dogme freudien ne signifie pas rejeter toute la psychanalyse, mais refonder celle-ci sur des bases plus souples, critiques et interdisciplinaires. Une psychanalyse non-freudienne pourrait ainsi redevenir un espace vivant de réflexion et d’écoute, libéré des contraintes idéologiques qui l’ont figée et plus en phase avec la diversité humaine.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionCet épisode analyse les raisons du succès mondial et durable de la psychanalyse freudienne, malgré ses fondements contestables et ses résultats cliniques incertains. Ce succès repose sur un mélange de stratégies institutionnelles, d’efficacité rhétorique et d’alliances culturelles qui ont permis à Freud et à ses disciples d’imposer la psychanalyse comme référence incontournable en matière de psychisme.1. Une rhétorique d’autoritéFreud construit une image de savant innovateur, héritier des grandes figures de la science, tout en se positionnant comme un marginal persécuté par l’establishment. Cette double posture — génie visionnaire et victime d’incompréhension — renforce l’attrait de sa personne et donne à la psychanalyse une aura quasi héroïque. Son écriture, oscillant entre style clinique et narratif littéraire, facilite la diffusion de ses idées auprès d’un public cultivé mais non spécialiste.2. Un récit mythologiqueLa psychanalyse s’appuie sur un récit fondateur fort : la découverte de l’inconscient, présentée comme une révolution comparable à celles de Copernic ou Darwin. Ce mythe scientifique, relayé par ses disciples, confère à la théorie freudienne un prestige intellectuel et une légitimité historique. Les concepts-clés — complexe d’Œdipe, refoulement, libido — deviennent des repères culturels qui dépassent le champ médical pour pénétrer la littérature, l’art et la critique sociale.3. Réseaux et alliances stratégiquesFreud développe un réseau international de disciples et de correspondants influents, notamment dans les milieux littéraires, artistiques et universitaires. Ces alliances permettent d’ancrer la psychanalyse dans les débats culturels de l’époque et d’assurer sa diffusion au-delà du cadre strictement médical. Les appuis éditoriaux et médiatiques jouent un rôle central dans cette expansion.4. Institutionnalisation et contrôle idéologiqueLa création de sociétés psychanalytiques officielles permet à Freud d’encadrer la formation, la pratique et la diffusion de la discipline. L’accès aux cercles freudiens est strictement contrôlé, garantissant l’orthodoxie doctrinale et limitant les dissidences. Les critiques internes sont marginalisées, tandis que les opposants externes sont disqualifiés comme ignorants ou hostiles à la vérité.5. Adaptabilité culturelleLa psychanalyse se montre souple dans son intégration à différents contextes culturels : elle se présente tour à tour comme science médicale, philosophie de l’esprit, méthode thérapeutique ou outil critique de la civilisation. Cette plasticité lui permet de s’adresser à des publics variés et d’éviter un positionnement figé qui l’exposerait à des remises en cause frontales.💡 ConclusionLe succès de la psychanalyse ne tient pas seulement à ses contenus théoriques, mais surtout à une combinaison d’habiletés stratégiques, d’efficacité narrative et d’insertion dans les réseaux culturels influents. Cette réussite, souvent attribuée à la seule force des idées freudiennes, apparaît ainsi comme le résultat d’une construction sociale et institutionnelle soigneusement orchestrée.📚 Philosophes mentionnés* Empédocle (env. 490 av. J.-C. – env. 430 av. J.-C.) — Philosophe présocratique grec, auteur de la théorie des quatre éléments.* Platon (env. 428 av. J.-C. – env. 348 av. J.-C.) — Philosophe grec, fondateur de l’Académie, figure centrale de la philosophie occidentale.* Aristophane (env. 446 av. J.-C. – env. 386 av. J.-C.) — Dramaturge grec, maître de la comédie ancienne, auteur des Nuées et de Lysistrata.* Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Philosophe grec, fondateur de l’épicurisme.* Sénèque (env. 4 av. J.-C. – 65 apr. J.-C.) — Philosophe stoïcien romain.* Saint Paul (5 – 67) — Apôtre et théologien chrétien.* Constantin Ier (272 – 337) — Empereur romain, premier à se convertir au christianisme.* Saint Augustin (354 – 430) — Philosophe et théologien chrétien.* René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe et mathématicien français.* Immanuel Kant (1724 – 1804) — Philosophe allemand.* Marquis de Sade (1740 – 1814) — Écrivain et philosophe français.* Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770 – 1831) — Philosophe allemand.* Arthur Schopenhauer (1788 – 1860) — Philosophe allemand.* Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand.* Richard von Krafft-Ebing (1840 – 1902) — Psychiatre et sexologue austro-allemand.* Sigmund Freud (1856 – 1939) — Médecin neurologue autrichien, fondateur de la psychanalyse.* Pierre Janet (1859 – 1947) — Psychologue et philosophe français.* Lou Andreas-Salomé (1861 – 1937) — Écrivaine et psychanalyste germano-russe.* William Stekel (1868 – 1940) — Médecin et psychanalyste autrichien.* André Gide (1869 – 1951) — Écrivain français, prix Nobel de littérature.* Alfred Adler (1870 – 1937) — Médecin et psychothérapeute autrichien.* Sándor Ferenczi (1873 – 1933) — Psychanalyste hongrois.* Carl Gustav Jung (1875 – 1961) — Psychiatre et psychanalyste suisse.* Ernest Jones (1879 – 1958) — Psychanalyste britannique.* Guillaume Apollinaire (1880 – 1918) — Poète français.* Max Eitingon (1881 – 1943) — Psychanalyste allemand.* Gaston Gallimard (1881 – 1975) — Éditeur français.* Otto Rank (1884 – 1939) — Psychanalyste autrichien.* Karen Horney (1885 – 1952) — Psychanalyste allemande.* Ludwig Wittgenstein (1889 – 1951) — Philosophe autrichien.* André Breton (1896 – 1966) — Poète et théoricien du surréalisme.* Georges Bataille (1897 – 1962) — Écrivain et philosophe français.* Jacques Lacan (1901 – 1981) — Psychiatre et psychanalyste français.* Jean-Paul Sartre (1905 – 1980) — Philosophe et écrivain français.* Pierre Bourdieu (1930 – 2002) — Sociologue français.* Régis Debray (né en 1940) — Écrivain et penseur français.* Jean-Jacques Antier (né en 1938) — Écrivain et biographe français.* Roland Jacquard (1941 – 2021) — Journaliste et essayiste français.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionCet épisode se concentre sur les liens historiques et idéologiques entre la psychanalyse freudienne et les régimes autoritaires du XXᵉ siècle, en particulier le fascisme italien, l’austrofascisme et le nazisme. En retraçant les relations de Freud avec Mussolini, Dollfuss et Göring, il met en lumière la dimension politique implicite dans la diffusion de la psychanalyse et ses compromissions avec des pouvoirs antidémocratiques.1. Freud et Mussolini : un soutien ambiguFreud, qui se présente souvent comme un adversaire des totalitarismes, entretient pourtant des rapports cordiaux avec Mussolini. En 1933, il lui dédicace Pourquoi la guerre ? avec des mots élogieux et reconnaît son rôle dans la stabilisation politique de l’Italie. Ce geste, loin d’être purement diplomatique, traduit une certaine proximité idéologique autour de la notion d’ordre, de hiérarchie et de discipline. Loin d’une rupture nette avec le fascisme, cette relation révèle l’adaptation pragmatique de Freud aux contextes politiques pour préserver la place de la psychanalyse.2. Dollfuss et l’austrofascismeEn Autriche, Freud ne s’oppose pas au régime autoritaire d’Engelbert Dollfuss, qui supprime les partis politiques et renforce le pouvoir exécutif. La psychanalyse continue de prospérer dans ce cadre, bénéficiant d’une tolérance bienveillante des autorités. Cette absence de critique publique, combinée à une acceptation tacite des restrictions démocratiques, montre que Freud privilégie la survie institutionnelle de sa discipline à un engagement politique antifasciste.3. Göring et la psychanalyse nazieEn Allemagne, après la montée au pouvoir des nazis, la psychanalyse est placée sous le contrôle de Matthias Göring, cousin d’Hermann Göring. Ce dernier purge la discipline de ses praticiens juifs, tout en conservant une partie de la théorie freudienne, expurgée de ses références à la sexualité et à l’inconscient jugées subversives. L’Association psychanalytique internationale coopère partiellement, acceptant des compromis qui assurent la survie de la psychanalyse dans le Reich au prix d’une dépolitisation forcée.4. La stratégie d’adaptation de FreudCes exemples montrent un Freud pragmatique, prêt à composer avec des régimes autoritaires, quitte à sacrifier des valeurs démocratiques ou humanistes. Cette attitude interroge la prétention universaliste de la psychanalyse, présentée comme émancipatrice, mais historiquement compatible avec des systèmes politiques oppressifs. Loin d’incarner une opposition de principe aux dictatures, la psychanalyse a su se maintenir grâce à une stratégie de neutralité affichée, mais politiquement orientée.💡 ConclusionLa relecture de ces relations met en lumière les zones d’ombre du récit officiel sur Freud et la psychanalyse. Loin d’être un bastion de résistance face aux totalitarismes, elle a parfois cohabité, voire trouvé un terrain d’entente, avec les régimes fascistes et nazis. Ce constat invite à questionner la neutralité proclamée de la psychanalyse et à reconsidérer son histoire dans ses rapports au pouvoir.📚 Philosophes mentionnés* Arthur Schopenhauer (1788 – 1860) — Philosophe allemand, représentant majeur du pessimisme philosophique, connu pour sa philosophie de la volonté.* Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique de la morale chrétienne et de la métaphysique, influent sur l’existentialisme et la pensée contemporaine.* Sigmund Freud (1856 – 1939) — Neurologue autrichien, fondateur de la psychanalyse, connu pour ses théories sur l’inconscient, le rêve et la sexualité infantile.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionCette partie examine la vision foncièrement pessimiste que Freud développe sur la nature humaine, la culture et l’avenir de la civilisation. Inspiré notamment par Schopenhauer, il décrit un univers gouverné par des pulsions irrépressibles, où la paix et le bonheur ne sont que des illusions temporaires.1. Une nature humaine dominée par les pulsionsPour Freud, l’homme est essentiellement mû par deux forces : Éros (pulsion de vie) et Thanatos (pulsion de mort). Ces énergies fondamentales, ancrées dans l’inconscient, orientent nos comportements bien plus que la raison. L’humanité est ainsi condamnée à un conflit permanent entre désir de construire et désir de détruire.2. La culture comme source de malaiseLa civilisation impose des contraintes et des interdits pour contenir les pulsions, mais ce processus engendre frustration et culpabilité. La culture, censée libérer l’homme de la violence, devient paradoxalement un facteur de souffrance psychique, car elle exige le refoulement d’une part essentielle de notre nature.3. L’illusion du progrèsFreud ne croit pas en un progrès moral ou politique durable. Les avancées techniques et sociales ne suppriment pas les pulsions destructrices. Les guerres, les violences et les conflits témoignent de la permanence de notre nature profonde, inchangée par les idéaux humanistes.4. Une perspective sans salutIl n’existe, dans cette vision, ni rédemption religieuse, ni amélioration définitive par l’éducation ou la politique. L’homme est voué à composer avec ses pulsions, au mieux à les sublimer temporairement. Toute utopie d’harmonie sociale est, pour Freud, une chimère.💡 ConclusionLe pessimisme radical de Freud inscrit la psychanalyse dans une conception tragique de l’existence : la nature humaine est irrémédiablement conflictuelle, la culture ne fait qu’en masquer les tensions, et le progrès ne change rien à l’emprise des pulsions. Cette anthropologie sombre rompt avec l’optimisme des Lumières et rejoint une tradition philosophique désabusée.📚 Philosophes mentionnés* Montaigne (1533 – 1592) — Philosophe, humaniste et moraliste français, auteur des Essais, figure majeure de la Renaissance.* Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778) — Philosophe genevois, auteur du Contrat social, théoricien de l’état de nature et critique de la propriété privée.* Arthur Schopenhauer (1788 – 1860) — Philosophe allemand, représentant du pessimisme philosophique, auteur du Monde comme volonté et comme représentation.* Emmanuel Kant (1724 – 1804) — Philosophe allemand, figure centrale des Lumières, auteur de Qu’est-ce que les Lumières ?.* Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique de la morale et de la culture occidentale, auteur de La généalogie de la morale.* Michel Foucault (1926 – 1984) — Philosophe français, auteur d’une méditation sur le texte de Kant Qu’est-ce que les Lumières ?.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionCet épisode explore trois dimensions centrales dans l’œuvre de Freud — l’onanisme, la phallocratie et l’homophobie — en déconstruisant l’image d’un Freud prétendument libérateur de la sexualité. À travers l’analyse de textes souvent écartés des éditions courantes, il apparaît que Freud adopte une vision conservatrice, normative et profondément critique envers la masturbation, l’égalité des sexes et l’homosexualité.1. La condamnation de l’onanismeFreud consacre pas moins de onze séances (1910-1912) à dénoncer la masturbation, qu’il considère comme antisociale, simpliste, déréalisante, hédoniste, régressive et antinaturelle. Il reprend sans distance critique les thèses médicales du XVIIIᵉ siècle (Tissot) sur ses prétendus dangers physiques et intellectuels. L’onanisme est associé à l’inceste symbolique (via l’interprétation de l’histoire biblique d’Onan), à l’homosexualité et à la perversion. Freud y voit aussi un obstacle à la sexualité conjugale et « normale », et préconise même des méthodes coercitives comme l’usage du psychrophore. Quelques disciples nuancent son propos en y voyant une sexualité de substitution moins nocive que l’abstinence totale.2. Phallocratie et essentialisation des femmesFreud affirme que « le destin, c’est l’anatomie » : les femmes sont déterminées par leur corps, réduit à l’utérus, aux ovaires et à l’absence de pénis. Il rejette les thèses féministes de John Stuart Mill, qualifie le corps féminin de « créature mutilée » et considère l’émancipation comme une menace de castration envers les hommes. Selon lui, la sexualité féminine doit passer du plaisir clitoridien — jugé régressif et « masculin » — au plaisir vaginal, seul légitime, liant ainsi la « normalité » au modèle hétérosexuel, monogame et procréatif. Les traits psychologiques qu’il attribue aux femmes (manque de sens de la justice, guidées par les émotions) renforcent l’idée d’une infériorité structurelle.3. L’homosexualité comme sexualité inachevéeFreud décrit l’homosexualité comme une inhibition du développement sexuel, issue d’un choix d’objet « narcissique » plutôt que par « étayage » sur une figure parentale. Il assimile l’homosexualité à une régression vers le stade anal et la considère comme une perversion. L’homosexualité féminine est expliquée par le « déni de castration » et la transformation du clitoris en « pénis de substitution ». Derrière un vernis d’ouverture (comme une supposée signature de pétition pour la dépénalisation), ses écrits véhiculent une vision pathologisante et normative.4. Déconstruction de la légende freudienneL’ensemble de ces textes, volontairement absents des recueils grand public, montre un Freud anti-hédoniste, hostile à la masturbation, phallocrate et homophobe. Cette lecture s’oppose frontalement à l’image populaire d’un Freud allié des femmes et pionnier de la libération sexuelle.💡 ConclusionEn confrontant les écrits complets de Freud à leur réception idéalisée, cet épisode met en lumière la distance entre la légende et la réalité. Loin d’être un émancipateur, Freud érige un modèle sexuel unique — hétérosexuel, conjugal, procréatif — et marginalise les pratiques et identités qui s’en écartent. Cette relecture invite à dépasser la vulgate freudienne pour interroger ses présupposés idéologiques et ses implications sur la pensée contemporaine de la sexualité.📚 Philosophes mentionnés* Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778) — Philosophe genevois, figure majeure du siècle des Lumières, auteur du « Contrat social » et influent sur la Révolution française.* Arthur Schopenhauer (1788 – 1860) — Philosophe allemand, représentant majeur du pessimisme philosophique, connu pour sa philosophie de la volonté.* Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique de la morale chrétienne et de la métaphysique, influent sur l’existentialisme et la pensée contemporaine.* Sigmund Freud (1856 – 1939) — Neurologue autrichien, fondateur de la psychanalyse, connu pour ses théories sur l’inconscient, le rêve et la sexualité infantile.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionCette partie analyse la manière dont la psychanalyse freudienne se protège de toute remise en cause en recourant à des raisonnements circulaires et à des stratégies rhétoriques. Ce « verrouillage sophistique » rend le système imperméable à la critique et permet de maintenir sa cohérence interne, indépendamment de la confrontation avec la réalité.1. L’argument circulaireLes concepts freudiens sont construits de façon à être toujours confirmés : si un patient adhère à l’interprétation, c’est qu’elle est juste ; s’il la rejette, c’est que son inconscient résiste et prouve ainsi sa pertinence. Ce cercle fermé interdit toute réfutation et transforme la psychanalyse en système auto-validant.2. Le discrédit des contradicteursToute personne contestant la théorie freudienne est soupçonnée de refoulement, de jalousie ou de résistance inconsciente. La critique est ainsi disqualifiée d’emblée, sans débat de fond. Cette méthode rhétorique permet de préserver l’autorité de Freud et de ses disciples, tout en marginalisant les voix dissidentes.3. L’hermétisme du langageLe vocabulaire psychanalytique est technique, polysémique et souvent flou, ce qui rend la discussion difficile pour les non-initiés. Cette opacité protège le système : seuls les « initiés » peuvent prétendre comprendre et donc discuter la théorie, renforçant ainsi l’entre-soi.4. L’assimilation de toute objectionLes objections sont intégrées dans le système en les requalifiant comme preuves indirectes de la validité de la psychanalyse. Par exemple, un échec thérapeutique devient la manifestation d’une résistance particulièrement forte, ce qui justifie de poursuivre ou d’intensifier la cure.💡 ConclusionLa psychanalyse freudienne, par son architecture rhétorique, se rend invulnérable à la critique empirique. Les arguments circulaires, le discrédit des contradicteurs, l’opacité du langage et l’assimilation des objections transforment la théorie en un système clos, plus proche d’une doctrine auto-protectrice que d’une méthode scientifique ouverte.📚 Philosophes mentionnés* Montaigne (1533 – 1592) — Philosophe, humaniste et moraliste français, auteur des Essais, figure majeure de la Renaissance.* Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778) — Philosophe genevois, auteur du Contrat social, théoricien de l’état de nature et critique de la propriété privée.* Emmanuel Kant (1724 – 1804) — Philosophe allemand, figure centrale des Lumières, auteur de Qu’est-ce que les Lumières ?.* Arthur Schopenhauer (1788 – 1860) — Philosophe allemand, représentant du pessimisme philosophique, auteur du Monde comme volonté et comme représentation.* Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique de la morale et de la culture occidentale, auteur de La généalogie de la morale.* Michel Foucault (1926 – 1984) — Philosophe français, auteur d’une méditation sur le texte de Kant Qu’est-ce que les Lumières ?.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionCette partie explore la manière dont Freud construit ses récits de guérison, souvent embellis ou déformés pour servir la cause psychanalytique. Derrière l’image d’un thérapeute obtenant des succès remarquables, on découvre un usage stratégique des cas cliniques, où les guérisons sont parfois imaginaires, incomplètes ou simplement inventées.1. Des récits cliniques romancésLes « histoires de cas » freudiennes sont rédigées comme des narrations littéraires. Freud y sélectionne, réorganise et interprète les faits pour qu’ils confirment sa théorie. Les contradictions, les échecs ou les éléments défavorables sont écartés. Le lecteur se trouve face à des récits convaincants, mais peu fiables sur le plan factuel.2. Les guérisons incomplètes ou fictivesPlusieurs cas célèbres, comme celui de l’Homme aux loups ou de Dora, sont présentés comme des succès alors que les patients ne sont pas véritablement guéris. Dans certains cas, ils abandonnent la cure insatisfaits ou rechutent rapidement. Freud transforme néanmoins ces épisodes en victoires thérapeutiques dans ses publications.3. Le contrôle du récitEn monopolisant la version officielle des faits, Freud empêche toute vérification indépendante. Les patients ne sont jamais invités à donner leur version, et les données brutes ne sont pas publiées. Cette maîtrise totale du discours permet de protéger la psychanalyse de toute contestation empirique.4. Une stratégie de légitimationLes guérisons mises en avant ont pour fonction principale de démontrer l’efficacité de la psychanalyse et d’asseoir l’autorité de Freud. Les récits deviennent des outils de propagande interne et externe, contribuant à la construction du mythe du fondateur, plutôt qu’à l’établissement d’une vérité clinique.💡 ConclusionLes « guérisons » freudiennes relèvent moins d’un constat médical que d’une mise en scène littéraire et idéologique. En contrôlant le récit, en enjolivant les résultats et en occultant les échecs, Freud consolide l’image d’une psychanalyse triomphante, au prix d’une distorsion des faits et d’une absence de transparence scientifique.📚 Philosophes mentionnés* Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique de la morale chrétienne et de la métaphysique, influent sur l’existentialisme et la pensée contemporaine.* Sigmund Freud (1856 – 1939) — Neurologue autrichien, fondateur de la psychanalyse, connu pour ses théories sur l’inconscient, le rêve et la sexualité infantile.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionCette partie met en lumière le mépris et la condescendance que Freud manifeste envers ses patients, dans sa correspondance comme dans ses écrits. Loin de l’image du thérapeute bienveillant, il adopte souvent un ton dépréciatif, considérant ses analysants comme des êtres inférieurs ou encombrants, ce qui éclaire une dimension élitiste et autoritaire de sa pratique.1. Le mépris affiché pour les patientsFreud qualifie ses patients de « racaille » ou de « gens sans valeur », notamment dans des lettres adressées à ses proches. Ces propos révèlent une distance sociale et psychologique : les patients ne sont pas vus comme des partenaires de guérison, mais comme du matériel clinique, voire comme des sources de revenus plus que comme des individus à aider.2. Les patients comme cobayesLa relation thérapeutique chez Freud ressemble parfois à un laboratoire humain : les analysants servent avant tout à confirmer ses théories. Leur vécu est filtré à travers le prisme psychanalytique, et toute résistance à ce cadre est interprétée comme une pathologie. Cette posture permet à Freud de protéger son système contre toute critique venue de l’expérience vécue.3. Une pratique sélective et intéresséeFreud privilégie les patients influents, cultivés ou susceptibles de lui apporter reconnaissance et prestige. Les malades moins fortunés ou socialement déclassés sont souvent écartés ou traités avec désinvolture. Ce tri implicite reflète un mélange d’élitisme social et de stratégie personnelle pour consolider son image.4. Une empathie instrumentaliséeL’écoute et l’empathie, quand elles existent, sont mises au service de l’interprétation psychanalytique et de la construction théorique. Le vécu du patient est remodelé pour entrer dans les catégories freudiennes, ce qui réduit l’espace de compréhension mutuelle. L’empathie devient un outil de validation doctrinale plutôt qu’un acte authentiquement thérapeutique.💡 ConclusionLoin de l’idéal humaniste, la pratique freudienne s’appuie sur une vision hiérarchisée et utilitariste de la relation thérapeutique. Les patients sont avant tout des instruments au service de la théorie et du prestige de Freud. Ce mépris affiché, associé à une sélection sociale implicite, met en évidence le caractère profondément asymétrique et autoritaire de son approche.📚 Philosophes mentionnés* Arthur Schopenhauer (1788 – 1860) — Philosophe allemand, représentant majeur du pessimisme philosophique, connu pour sa philosophie de la volonté.* Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique de la morale chrétienne et de la métaphysique, influent sur l’existentialisme et la pensée contemporaine.* Sigmund Freud (1856 – 1939) — Neurologue autrichien, fondateur de la psychanalyse, connu pour ses théories sur l’inconscient, le rêve et la sexualité infantile.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionCette partie aborde le dispositif même de la psychanalyse, en mettant en lumière ses aspects non scientifiques et ses ressorts psychologiques, sociaux et financiers. Loin d’être un simple protocole thérapeutique, le divan devient un lieu où se joue une relation asymétrique, régie par un pouvoir symbolique et une économie implicite.1. Le cadre scénique du divanLe dispositif psychanalytique repose sur une mise en scène précise : l’analysant allongé sur un divan, le psychanalyste assis derrière lui, hors du champ visuel. Cette disposition induit un rapport de dépendance et favorise la projection. La parole est présentée comme outil de guérison, mais le cadre ritualisé relève davantage d’un cérémonial que d’une méthode expérimentale.2. La parole comme outil et comme piègeLe postulat central de la psychanalyse est que dire suffit à guérir. Or, cette « toute-puissance de la parole » est un héritage de la pensée magique. L’analysant est encouragé à interpréter ses souvenirs selon les catégories psychanalytiques, ce qui conduit souvent à valider le système plutôt qu’à le questionner. La parole, libératrice en apparence, devient un outil de formatage.3. Le transfert et la dépendanceLe transfert est présenté comme un mécanisme inévitable : l’analysant reporte sur l’analyste des sentiments liés à des figures parentales. Ce processus, interprété comme preuve du fonctionnement de l’inconscient, renforce la position d’autorité de l’analyste et crée une dépendance affective. Cette relation asymétrique peut prolonger indéfiniment la thérapie, au bénéfice du psychanalyste.4. Une économie du divanLa psychanalyse est coûteuse et s’inscrit dans une logique économique particulière : paiement régulier, séances prolongées, absence de résultats mesurables. Le temps passé sur le divan se transforme en capital symbolique pour l’analysant et en revenu pour l’analyste. Cette dimension marchande, rarement évoquée, participe au maintien du système.5. Absence de validation scientifiqueLe dispositif freudien échappe à toute falsifiabilité : ses concepts sont interprétables à l’infini et ses succès comme ses échecs trouvent toujours une explication interne. L’absence de critères objectifs de guérison permet de prolonger les cures et d’éviter toute remise en cause. Ce fonctionnement s’apparente davantage à une croyance qu’à une démarche scientifique.💡 ConclusionLe divan freudien n’est pas seulement un outil thérapeutique, mais un dispositif symbolique et économique où s’exerce un pouvoir sur l’analysant. Entre rituel, dépendance affective et absence de validation scientifique, la psychanalyse fonctionne comme un système clos, auto-justifié et auto-entretenu, dont le principal moteur reste la parole ritualisée.📚 Philosophes mentionnés* Arthur Schopenhauer (1788 – 1860) — Philosophe allemand, représentant majeur du pessimisme philosophique, connu pour sa philosophie de la volonté. * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique de la morale chrétienne et de la métaphysique, influent sur l’existentialisme et la pensée contemporaine.* Sigmund Freud (1856 – 1939) — Neurologue autrichien, fondateur de la psychanalyse, connu pour ses théories sur l’inconscient, le rêve et la sexualité infantile.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionCette séance explore la dimension irrationnelle et magique de la pensée freudienne, en opposition à l’image courante de Freud comme héritier des Lumières. À travers ses textes, sa correspondance et ses pratiques, se dessine un Freud fasciné par l’occultisme, la télépathie, le spiritisme, la numérologie et les superstitions, inscrivant la psychanalyse dans la logique de la pensée magique plutôt que dans celle de la rationalité scientifique.1. Freud et l’anti-LumièresFreud est souvent présenté comme un continuateur des Lumières, mais son rapport au réel et à la rationalité révèle une tendance irrationnelle. Là où la philosophie des Lumières s’appuie sur l’expérience, la raison et l’analyse critique, Freud préfère un univers conceptuel – l’inconscient – relevant du « nouménal » kantien, difficilement vérifiable et coupé du monde empirique. Cette construction s’apparente à un « théâtre de vérité » où les concepts (libido, refoulement, meurtre du père…) remplacent la réalité observable.2. Pansexualisme et causalité magiqueFreud interprète presque tous les phénomènes humains par une causalité sexuelle. Ce réductionnisme, qualifié de « pansexualisme » par ses contemporains, fonctionne comme une causalité magique : un problème quelconque reçoit toujours la même explication, centrée sur l’Œdipe, la sexualité infantile ou les pulsions. Cette grille universelle verrouille le système : ne pas y adhérer serait signe de maladie.3. L’occultisme et la télépathieFreud a manifesté un intérêt soutenu pour l’occultisme, affirmant une « communauté de destin » entre celui-ci et la psychanalyse. S’il se montre prudent en public, sa correspondance révèle qu’il expérimente la télépathie avec sa fille Anna et croit à la transmission de pensée. Il recommande toutefois de ne pas s’afficher avec les occultistes pour préserver l’image scientifique de la psychanalyse.4. Spiritisme et forces suprasensiblesDans Psychopathologie de la vie quotidienne, Freud évoque des « forces suprasensibles » et considère le spiritisme comme un domaine à prendre au sérieux. Il admet la possibilité d’adapter un jour les lois psychanalytiques aux phénomènes spirites, lorsqu’ils seront prouvés. Cette posture place la psychanalyse dans la continuité de croyances métaphysiques plutôt que dans la démarche expérimentale.5. Superstitions et numérologieFreud entretient des comportements superstitieux : usage de croix pour conjurer le mauvais sort, interprétations numérologiques de dates, cycles et numéros de téléphone. Influencé par les théories cycliques de Fließ, il attribue aux chiffres une signification personnelle, parfois anxiogène, qu’il intègre à son interprétation du monde.6. La pensée magique selon FreudFreud reprend la définition de Marcel Mauss : la magie naît quand on substitue des lois psychologiques aux lois naturelles, faute de connaissance scientifique. Il adhère aussi au principe du « comme si » et à la « toute-puissance des pensées », considérant la parole comme outil thérapeutique central. Cette logique rapproche la psychanalyse des pratiques rituelles où la fiction et le symbole sont perçus comme plus réels que la réalité.💡 ConclusionLoin d’incarner la pure rationalité des Lumières, Freud apparaît comme un penseur oscillant entre démarche intellectuelle et adhésion à des croyances occultes. Son œuvre mêle concepts psychanalytiques et pensée magique, en s’appuyant sur la toute-puissance des pensées, la causalité sexuelle universelle et des pratiques superstitieuses. La psychanalyse, dans cette perspective, relève moins d’une science expérimentale que d’un système symbolique et narratif doté d’une cohérence interne mais détaché des exigences empiriques.📚 Philosophes mentionnés* Aristote (384 av. J.-C. – 322 av. J.-C.) — Philosophe grec, figure majeure de la philosophie antique, fondateur de la logique formelle et de nombreuses disciplines scientifiques.* Platon (env. 428 av. J.-C. – env. 348 av. J.-C.) — Philosophe grec, élève de Socrate et maître d’Aristote, fondateur de l’Académie et de la théorie des Idées.* René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe et mathématicien français, père du rationalisme moderne et auteur du « cogito ».* Sigmund Freud (1856 – 1939) — Neurologue autrichien, fondateur de la psychanalyse, connu pour ses théories sur l’inconscient, le rêve et la sexualité infantile.* Carl Gustav Jung (1875 – 1961) — Psychiatre et psychanalyste suisse, fondateur de la psychologie analytique, connu pour les concepts d’inconscient collectif et d’archétypes.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionCe dixième épisode conclut la série en abordant la question du corps dans la psychanalyse. Michel Onfray oppose à la théorie freudienne de l’inconscient une lecture matérialiste et incarnée : Freud, en intellectualisant les affects et les pulsions, dénie le rôle du corps vivant, souffrant, désirant. L’épisode propose de réinscrire la pensée de l’inconscient dans une phénoménologie du corps, contre la tradition dualiste et abstraite issue de la métaphysique occidentale.1. L’inconscient désincarné de FreudLa psychanalyse repose sur une conception de l’inconscient :* Défini comme un réservoir de représentations refoulées,* Compris comme un espace psychique autonome, détaché du corps,* Accessed through langage, rêves, lapsus, symboles.Cette conception dissocie l’esprit du corps, dans une perspective qui reconduit un dualisme cartésien.2. Une pensée du refoulement qui oublie la chairFreud ignore la matérialité du vécu :* Il psychologise des troubles somatiques,* Il interprète les symptômes corporels comme des signes symboliques,* Il réduit les douleurs physiques à des expressions d’un conflit psychique.Onfray rappelle que le corps souffre, désire et résiste en dehors du langage.3. Une tradition dualiste à déconstruireLa psychanalyse hérite d’une tradition philosophique :* Platon : séparation de l’âme et du corps,* Descartes : distinction de la pensée et de l’étendue,* Idéalisme allemand : survalorisation de l’esprit.Freud prolonge cette lignée en mettant l’accent sur le psychisme au détriment du vécu corporel.4. Pour une philosophie de l’inconscient incarnéOnfray plaide pour une réhabilitation du corps :* L’inconscient est dans les muscles, les organes, la chimie, le système nerveux,* Le désir est charnel avant d’être symbolique,* La mémoire est inscrite dans la chair (douleur, tensions, blocages…).Cette approche promeut une anthropologie matérialiste, enracinée dans la réalité vécue.5. Nietzsche contre Freud : une ligne de fractureOnfray oppose Freud à Nietzsche :* Freud intellectualise et moralise le désir (culpabilité, castration…),* Nietzsche célèbre la vie, les forces vitales, le corps en tant qu’affirmation de l’existence.La pensée nietzschéenne permet de penser un inconscient vital, dynamique, enraciné dans la sensation et non dans la culpabilité.💡 ConclusionL’épisode clôt la série par une critique radicale du désincarnement freudien. Freud a voulu enfermer l’inconscient dans le langage, les symboles et la morale, oubliant le corps réel, celui qui jouit, souffre, désire. Michel Onfray appelle à une reconquête du corps, contre l’abstraction psychanalytique, en faveur d’un matérialisme vivant, joyeux, ancré dans l’expérience. Une pensée de l’inconscient ne peut ignorer la chair : elle doit la retrouver comme son lieu d’émergence essentiel.📚 Philosophes mentionnés* Platon (env. 428 – env. 348 av. J.-C.) — Philosophe grec, fondateur du dualisme entre le corps et l’âme.* René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste, théoricien de la séparation entre la pensée et le corps.* Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe du corps, du vitalisme et de l’affirmation de la vie contre les abstractions morales.* Sigmund Freud (1856 – 1939) — Médecin viennois, fondateur de la psychanalyse, promoteur d’un inconscient symbolique et désincarné.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionDans ce neuvième épisode, Michel Onfray explore la question du statut des cas cliniques freudiens et de leur valeur historique. Il montre que Freud s’est octroyé une « liberté d’inventer » qui brouille la frontière entre observation et fiction. Loin de reposer sur des faits vérifiables, les récits de cure servent une stratégie narrative, où les patients deviennent les personnages d’un roman théorique destiné à illustrer la validité de la psychanalyse.1. Le cas comme outil de légitimationLes cas freudiens ont une fonction essentielle :* Ils servent de démonstration à la théorie, non de preuve clinique.* Leur sélection, leur construction narrative et leur publication sont toujours orientées.* Freud réécrit les séances, modifie les faits, recompose les dialogues pour qu’ils coïncident avec ses hypothèses.Il s’agit moins d’analyse que de mise en scène.2. L’homme aux loups : une fable freudienneExemple central :* Freud affirme avoir guéri ce patient par la parole.* Le patient, en réalité, poursuit des consultations durant toute sa vie, sans résolution.* Des éléments cruciaux sont ignorés ou refoulés par Freud, comme l’impact de la religion ou des traumatismes externes.Le cas devient une fiction édifiante où le psychanalyste joue le rôle du déchiffreur de l’énigme.3. Entre enquête policière et roman à cléFreud structure ses récits cliniques comme des intrigues :* Il place des indices, construit des interprétations, révèle une vérité cachée.* Le patient est relégué au rang d’objet d’étude, voire de cobaye narratif.* L’important n’est pas le réel, mais la cohérence de l’interprétation.Cette posture transforme la clinique en littérature herméneutique.4. La vérité soumise au désir de théorieFreud manipule la vérité pour que les faits correspondent à la doctrine :* Silences, oublis, ajouts, reconstructions — tout est permis au nom du savoir.* Il préfère les récits qui illustrent ses thèses, quitte à ignorer ceux qui les contredisent.* Cette liberté d’invention, revendiquée au nom de la profondeur psychique, constitue une trahison de la réalité empirique.La psychanalyse devient ainsi une idéologie narrative plus qu’une méthode rigoureuse.5. Un auteur plus qu’un praticienFreud agit davantage comme écrivain que comme médecin :* Il construit des personnages, des intrigues, des symboles.* Il impose un style, une vision du monde, une dramaturgie des affects.* Ses textes relèvent plus du roman à thèse que du rapport clinique.Onfray appelle à lire Freud comme un auteur de fiction philosophique.💡 ConclusionLa psychanalyse ne repose pas sur l’analyse de cas réels mais sur des récits construits à des fins théoriques. Freud transforme ses patients en personnages de roman, leur impose des intentions, des causes, des désirs supposés. Cette « liberté d’inventer » dévoile la nature littéraire, presque mythologique, de la psychanalyse. Loin d’une science, elle apparaît ici comme un art du récit, où le vrai cède devant le vraisemblable, et où la théorie dicte la réalité.📚 Philosophes mentionnés* Sigmund Freud (1856 – 1939) — Médecin viennois, auteur de cas cliniques construits comme des fictions interprétatives au service de sa théorie.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionCe huitième épisode se penche sur les effets thérapeutiques réels de la psychanalyse. Michel Onfray interroge la promesse de guérison associée à la cure freudienne : fonctionne-t-elle réellement ? À partir d’exemples tirés de la pratique de Freud lui-même, il démontre que les cas emblématiques sont loin de prouver l’efficacité du dispositif psychanalytique. La cure devient un labyrinthe où l’entrée est facile, mais la sortie incertaine, voire illusoire.1. La promesse d’une guérison par la paroleLa psychanalyse repose sur un postulat :* « Dire, c’est guérir » : mettre au jour le refoulé permettrait de dissoudre le symptôme.* Freud valorise l’aveu, la parole libre, l’association d’idées comme voie d’accès à la vérité enfouie.Mais cette idée repose sur une foi dans le pouvoir magique du langage, sans preuve clinique solide.2. Des cas emblématiques non concluantsOnfray revisite plusieurs cas célèbres :* L’homme aux loups : Freud prétend le guérir, mais le patient continuera toute sa vie à consulter.* Dora : interrompra brusquement sa cure sans amélioration réelle.* L’homme aux rats : présente des troubles aggravés après sa prise en charge.Ces exemples montrent que les cas cliniques servent surtout à valider la théorie, pas à soigner les patients.3. La durée et l’indétermination des curesLa psychanalyse se distingue par :* Son absence de durée définie,* L’impossibilité de mesurer un progrès objectif,* Le risque de dépendance au thérapeute.Il n’existe pas de sortie claire du labyrinthe : chaque tentative de guérison peut être réinterprétée comme résistance ou transfert.4. Le rôle central du transfertLa relation entre analysé et analyste est un pilier de la cure :* Le patient projette sur le psychanalyste des affects refoulés (parents, figures d’autorité…).* Cette dynamique devient un outil d’interprétation mais aussi de manipulation possible.* Freud n’est pas exempt de ce jeu : il choisit ses patients, oriente les récits, trie les cas.Le transfert devient un écran plus qu’un levier.5. Absence de contrôle et de résultats mesurablesLa psychanalyse échappe aux exigences de vérification :* Pas d’essais contrôlés, de protocole reproductible, de résultats quantifiables.* Les échecs sont imputés au patient, jamais à la méthode.Elle s’apparente à une pratique herméneutique autoréférentielle, qui transforme l’échec en confirmation.💡 ConclusionCet épisode dévoile les limites structurelles de la psychanalyse comme thérapie. Derrière l’image du divan salvateur se cache un système clos, où le succès n’est jamais démontré, et l’échec toujours retourné contre le patient. Freud a construit un labyrinthe théorique où il est facile d’entrer, mais dont il est presque impossible de sortir. La promesse de guérison repose sur une croyance plus que sur des preuves, et la parole ne suffit pas à guérir quand le corps et le réel restent exclus.📚 Philosophes mentionnés* Sigmund Freud (1856 – 1939) — Médecin viennois, fondateur de la psychanalyse, théoricien de la cure par la parole.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionCe septième épisode s’attaque à la prétention scientifique de la psychanalyse. Michel Onfray examine les stratégies par lesquelles Freud a voulu imposer sa théorie comme une science, tout en échappant aux critères de scientificité. En reconstituant les jeux d’emprunts, de maquillages et de légitimations empruntés à la médecine, à la physique ou à la biologie, l’épisode dévoile une construction idéologique : la psychanalyse se présente comme une science, mais fonctionne comme une mythologie moderne.1. Freud et l’autorité médicaleFreud cherche à asseoir son autorité à travers sa formation de médecin :* Il inscrit sa théorie dans le vocabulaire médical (pulsions, symptômes, guérison).* Il utilise la blouse blanche comme légitimité symbolique.* Il s’adosse à la neurologie et aux connaissances physiologiques de son temps.Mais il dépasse rapidement la médecine au profit d’une construction imaginaire, échappant aux exigences de preuve.2. Une sémantique pseudo-scientifiqueLa psychanalyse emprunte son langage aux sciences dures :* Références à l’énergie, aux forces, à la pression, aux décharges…* Ces notions viennent de la physique du XIXe siècle, mais sont utilisées de manière métaphorique.* Il n’y a pas de quantification, de reproductibilité, de protocole vérifiable.Ce vocabulaire donne l’apparence de rigueur à un système spéculatif.3. Une logique non falsifiableContrairement à une démarche scientifique :* La psychanalyse n’autorise aucune expérimentation décisive.* Toute réfutation est interprétée comme résistance ou symptôme.* L’adhésion au système devient la condition même de sa véracité.Ce mécanisme circulaire rend la psychanalyse irréfutable — et donc non scientifique au sens strict.4. Le modèle de la science galiléenne retournéFreud cite souvent Galilée comme modèle :* Il se rêve en fondateur d’une révolution copernicienne dans la connaissance de l’homme.* Il oppose la psychanalyse à la philosophie spéculative, qu’il juge stérile.* Il se présente comme porteur d’une vérité que la science viendra confirmer.Mais cette analogie est trompeuse : Freud impose une vérité dogmatique, non soumise à expérimentation.5. La mise en scène de la découverteLa manière dont Freud raconte ses découvertes s’inspire d’un récit épique :* Il se présente comme un génie solitaire, luttant contre l’incompréhension.* Ses opposants sont décrits comme aveugles ou malveillants.* Il rejoue la figure du héros scientifique incompris, pour renforcer sa légitimité.Cette posture relève du mythe plus que de la méthode.💡 ConclusionLa psychanalyse n’est pas une science mais une fiction construite avec les outils symboliques de la science. Freud a usé de la rhétorique médicale, du lexique énergétique et des analogies scientifiques pour fonder une doctrine invérifiable. L’épisode révèle une stratégie d’autorité fondée non sur la preuve, mais sur la séduction narrative et la protection dogmatique. Ce mythe scientifique a permis à la psychanalyse de s’imposer malgré son absence de fondement expérimental.📚 Philosophes mentionnés* Galilée (1564 – 1642) — Astronome et physicien italien, figure emblématique de la révolution scientifique. * Sigmund Freud (1856 – 1939) — Médecin viennois, fondateur de la psychanalyse, promoteur d’une « science de l’inconscient » non falsifiable.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionCe sixième épisode explore l’importance du complexe d’Œdipe dans la vie personnelle de Freud. Michel Onfray montre que ce concept central de la psychanalyse n’est pas une vérité anthropologique universelle, mais le reflet direct du vécu subjectif de son auteur. Le mythe d’Œdipe fonctionne ici comme une grille de lecture projective de la propre enfance de Freud, marquée par la confusion des rôles familiaux, les fantasmes sexuels et la quête de puissance.1. Une généalogie oedipienne inverséeFreud se représente comme Œdipe non pas victime du destin, mais acteur lucide :* Il revendique une volonté de savoir, quitte à affronter l’horreur de ses origines.* Il fait de la vérité sur ses parents une quête intellectuelle, détournée en doctrine.Cette posture le place à la fois comme sujet oedipien et comme analyste de sa propre tragédie, dans une mise en scène de lui-même en héros fondateur.2. Des éléments biographiques troublesL’enfance de Freud présente plusieurs indices oedipiens :* Admiration exaltée pour sa mère, décrite comme jeune, belle et affectueuse.* Ambivalence envers son père, tour à tour idéalisé et humilié.* Environnement familial propice à la confusion des places : demi-frères adultes, oncles fictifs, générations brouillées.Ces éléments constituent un terreau favorable à l’émergence d’un schéma oedipien, interprété ensuite comme modèle universel.3. Le rêve du père mort : fantasme ou vérité ?Freud rapporte un rêve récurrent : la mort du père.* Il y voit une preuve du désir parricide inconscient.* Onfray y décèle une mise en scène narrative destinée à valider a posteriori sa théorie.Ce rêve devient ainsi un élément clé d’une autobiographie codée, où l’analyse masque la confession.4. Une sexualisation précoce de la relation à la mèreFreud évoque des souvenirs d’enfance teintés d’érotisme :* Être caressé ou déshabillé par sa mère,* Exposer son corps à la vue d’autrui dans un climat de séduction familiale.Ces souvenirs alimentent l’idée d’une sexualité infantile, mais relèvent d’une expérience personnelle sur-généralisée par la psychanalyse.5. Le mythe d’Œdipe comme autoportrait déguiséLe choix du mythe d’Œdipe n’est pas neutre :* Il permet de symboliser les conflits de Freud avec sa lignée paternelle.* Il met en récit une culpabilité personnelle transformée en loi universelle.* Il fait de la psychanalyse une tragédie métaphysique plutôt qu’une observation empirique.Freud projette son propre théâtre intérieur sur le monde entier.💡 ConclusionFreud n’a pas découvert le complexe d’Œdipe chez les autres, mais en lui-même. Ce concept, prétendument universel, s’enracine dans une histoire familiale singulière et dans des fantasmes personnels transfigurés en théorie. L’épisode montre comment la psychanalyse fonctionne ici comme une mythologie intime, qui érige une expérience subjective en modèle anthropologique. Loin d’être une science, la psychanalyse se révèle comme une autobiographie masquée, codifiée par les figures du théâtre antique.📚 Philosophes mentionnés* Sophocle (env. 496 – env. 406 av. J.-C.) — Tragédien grec, auteur d’Œdipe roi, mythe fondateur du complexe freudien.* Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe de la tragédie, critique de la morale et analyste des pulsions inconscientes.* Sigmund Freud (1856 – 1939) — Médecin viennois, inventeur de la psychanalyse, théoricien du complexe d’Œdipe.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionCe cinquième épisode approfondit l’analyse biographique de Freud en examinant les incohérences et les falsifications entourant son origine familiale. Michel Onfray déconstruit le récit officiel pour révéler un « roman familial extravagant » : une fiction biographique destinée à masquer des éléments gênants. Loin d’être anodins, ces mensonges traduisent une stratégie de réécriture de soi, essentielle à la construction du discours psychanalytique.1. Une famille recomposée complexe et silencieuseFreud naît dans un contexte familial peu ordinaire :* Son père Jakob, veuf deux fois, a eu des enfants avant son mariage avec Amalia, la mère de Freud.* Les demi-frères de Freud sont plus âgés que sa propre mère.* Freud brouille les pistes : il présente ses demi-frères comme des « oncles », efface des membres proches de ses écrits, notamment Emmanuel.Ce silence sur une partie de la famille indique un effort de censure, révélateur d’un malaise identitaire profond.2. Des zones d’ombre biographiques délibéréesPlusieurs incohérences biographiques sont soulignées :* Freud avance des souvenirs d’enfance datés de périodes où il n’était pas encore né.* Il ne parle jamais de ses grands-parents.* Des figures clés (comme un demi-frère banquier) sont effacées.Cette stratégie de dissimulation témoigne d’un processus actif de réécriture, qui participe à la création d’un mythe personnel plutôt qu’à un récit véridique.3. La sexualisation des souvenirs d’enfanceLes souvenirs freudiens mêlent souvent :* Le fantasme sexuel (être caressé, regardé nu),* Le rapport au corps et à la nudité dans l’espace familial,* Une sensualité maternelle parfois érotisée.Ces éléments deviennent ensuite des piliers de la théorie psychanalytique, notamment sur la sexualité infantile ou le complexe d’Œdipe, comme s’il généralisait à l’humanité ce qui relève de sa propre histoire.4. Construction d’une figure héroïqueFreud met en scène son ascension :* Enfant surdoué, voué à une grande destinée,* Identification à Hannibal ou Moïse,* Silences et embellissements visant à valoriser la figure du fondateur.Onfray y voit un besoin de contrebalancer une origine trouble par une mythologie personnelle glorieuse, destinée à assoir son autorité intellectuelle.5. Le roman familial comme matrice de la psychanalyseLa construction imaginaire de Freud préfigure celle de ses concepts :* Le refoulement biographique alimente le refoulement théorique.* Le silence sur ses origines nourrit une science du non-dit.* L’effacement familial devient la matrice d’une discipline fondée sur le secret, le symptôme et l’interprétation.La psychanalyse prolonge ainsi le processus d’auto-fiction initié dès l’enfance.💡 ConclusionCe cinquième épisode révèle les racines fictionnelles de la psychanalyse : le roman familial que Freud a construit pour masquer des éléments dérangeants devient la source même de sa théorie. En effaçant des pans entiers de sa biographie, en remplaçant la vérité par une mise en scène, Freud ne fonde pas une science, mais une autobiographie codée. Lire Freud, c’est ainsi apprendre à décrypter un récit d’autojustification où le mythe remplace la mémoire.📚 Philosophes mentionnés* Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe de la généalogie et du soupçon, défenseur d’une lecture critique des origines et des fictions identitaires.* Sigmund Freud (1856 – 1939) — Médecin viennois, fondateur de la psychanalyse, auteur d’un récit familial mythifié au fondement de sa théorie.* Ernest Jones (1879 – 1958) — Psychanalyste britannique, premier biographe officiel de Freud, acteur majeur de la construction de la légende freudienne.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionDans ce quatrième épisode, Michel Onfray propose une lecture philosophique de la vie de Freud comme une autobiographie déguisée. Il déconstruit l’image du savant désincarné pour montrer comment les concepts freudiens, loin d’être universels ou scientifiques, sont le produit d’une subjectivité singulière. L’épisode s’attache à montrer que l’œuvre de Freud peut être lue comme une forme d’autobiographie philosophique où se projettent les désirs, les traumatismes, les fantasmes et les névroses de son auteur.1. Freud et le mythe du savant objectifLa légende freudienne repose sur une figure de l’objectivité scientifique :* Freud se présente comme médecin, homme de science, fondateur d’une discipline neutre et rigoureuse.* Il récuse toute subjectivité dans l’élaboration de sa théorie.* Cette posture dissimule le fait que sa pensée est profondément autobiographique.Onfray met en évidence les ressorts personnels qui nourrissent la psychanalyse.2. Une vie traversée par le fantasme et le refoulementFreud est un homme hanté par :* Son origine juive dans une culture antisémite,* Un père humilié, une mère adorée,* Une forte charge fantasmatique autour de la sexualité infantile,* Une culpabilité profonde et des rêves obsessionnels.Ces éléments ne sont pas marginalisés mais au cœur de la construction de ses concepts — en particulier le complexe d’Œdipe ou la pulsion de mort.3. Les cas cliniques comme projectionsLes cas célèbres de la psychanalyse — l’homme aux rats, Dora, l’homme aux loups — révèlent surtout :* Les obsessions personnelles de Freud, projetées sur ses patients,* Une tendance à forcer les récits pour qu’ils confirment ses théories,* Une confusion entre l’interprétation clinique et l’auto-analyse masquée.La psychanalyse fonctionne comme un miroir : elle éclaire moins les autres que son fondateur lui-même.4. Le corps de Freud comme scène de véritéOnfray insiste sur l’importance du corps :* Les pathologies de Freud (migraines, douleurs, cancer) sont liées à sa psyché.* Son usage massif de la cocaïne, sa consommation compulsive de cigares, son lien à la sexualité refoulée traduisent une souffrance incarnée.* Le corps est l’archive vivante de ses conflits intérieurs.L’œuvre freudienne peut être lue comme une tentative désespérée de donner sens à une vie douloureuse.5. Vers une exégèse nietzschéenne de FreudOnfray adopte la méthode que Freud appliquait à ses patients : lire le texte freudien comme symptôme :* Il s’agit d’une herméneutique de la vie sous forme de doctrine,* Une mise en récit idéologique de conflits intimes,* Un travestissement philosophique de désirs refoulés.C’est une invitation à retourner le regard : Freud devient le patient, et ses textes deviennent objets d’analyse.💡 ConclusionCet épisode propose une lecture renversée de la psychanalyse : au lieu de prendre Freud au mot, il faut l’interpréter comme il interprétait les autres. La psychanalyse ne révèle pas des lois universelles de la psyché humaine, mais les angoisses et les fantasmes de son inventeur. Loin de toute neutralité scientifique, l’œuvre de Freud apparaît comme une autobiographie philosophique codée, marquée par une souffrance incarnée, que seule une lecture matérialiste et nietzschéenne permet de dévoiler.📚 Philosophes mentionnés* Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste, penseur de l’unité du corps et de l’esprit.* Arthur Schopenhauer (1788 – 1860) — Philosophe de la volonté, théoricien de l’inconscient.* Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe du corps, de la souffrance, et de la critique des illusions métaphysiques.* Sigmund Freud (1856 – 1939) — Médecin viennois, inventeur de la psychanalyse, auteur de L’Interprétation des rêves.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionCe troisième épisode poursuit l’enquête critique sur Freud en s’intéressant à sa culture philosophique. Michel Onfray déconstruit l’image d’un Freud ignorant ou méprisant la philosophie, et montre au contraire comment il s’est nourri de lectures philosophiques nombreuses, souvent passées sous silence, voire dissimulées. L’épisode présente Freud comme un « conquistador » intellectuel, pillant des territoires philosophiques pour les réorganiser à sa guise sans toujours reconnaître ses sources.1. Freud, lecteur de philosophieMalgré ses affirmations publiques de distance vis-à-vis de la philosophie, Freud a lu de nombreux penseurs :* Il possédait dans sa bibliothèque personnelle des dizaines d’ouvrages philosophiques, annotés de sa main.* Il a lu et intégré des idées de Platon, Aristote, Spinoza, Kant, Schopenhauer, Nietzsche, entre autres.* Il reprend sans le dire des concepts comme la volonté (Schopenhauer), l’inconscient (Leibniz, Hartmann), ou encore l’illusion religieuse (Feuerbach).Ce camouflage vise à faire passer ses idées comme originales, alors qu’elles s’inscrivent dans une longue tradition.2. Une stratégie d’effacement des sourcesFreud adopte une posture ambivalente :* D’un côté, il minimise ou nie ses dettes philosophiques.* De l’autre, il s’approprie des concepts clés de manière implicite.* Il qualifie la philosophie de spéculative ou d’improductive, mais en reprend les grandes questions : désir, vérité, subjectivité, langage, etc.Cette posture permet de construire l’image d’un savant moderne en rupture avec la tradition, tout en capitalisant sur elle.3. Freud, conquistador de conceptsOnfray propose une métaphore centrale :* Freud est un conquérant intellectuel : il entre sur des territoires occupés, déplace les bornes, rebaptise les lieux.* Ce geste d’appropriation permet une refondation : Freud transforme des intuitions philosophiques en outils psychanalytiques.Mais cette opération n’est pas neutre : elle efface les filiations, interdit la reconnaissance des antériorités, et impose une histoire officielle de la psychanalyse centrée sur un seul homme.4. La bibliothèque philosophique de FreudL’inventaire de la bibliothèque personnelle de Freud contredit son discours :* On y trouve des œuvres complètes de Schopenhauer, Nietzsche, Kant, Spinoza.* Ses exemplaires sont souvent annotés, parfois même recopiés à la main.* Cela prouve une fréquentation assidue et une assimilation active de la pensée philosophique.Ce matériau aurait dû permettre une autre généalogie de la psychanalyse, enracinée dans la tradition philosophique matérialiste et critique.5. L’omission stratégique de NietzscheLe cas Nietzsche est particulièrement révélateur :* Freud nie avoir lu Nietzsche avant l’élaboration de ses concepts majeurs.* Pourtant, les correspondances montrent qu’il en possédait plusieurs ouvrages.* De nombreuses affinités de pensée existent entre les deux : primat du corps, critique de la religion, analyse du langage, importance du rêve et du symptôme.L’effacement de Nietzsche vise à éviter une concurrence symbolique dans la construction d’une nouvelle figure du penseur moderne.6. Une psychanalyse philosophique non assuméeLa psychanalyse est profondément philosophique :* Elle répond à des questions anciennes : qu’est-ce que l’homme ? le désir ? la vérité ?* Elle utilise des outils philosophiques : dialectique, herméneutique, critique de l’idéologie.* Mais elle refuse d’assumer ce lien, préférant se présenter comme une science objective.Onfray propose de réinscrire la psychanalyse dans le champ philosophique, et d’en faire une lecture critique à partir de ses sources réelles.💡 ConclusionL’épisode démonte la fiction d’un Freud autodidacte et isolé. Le fondateur de la psychanalyse a abondamment puisé dans la philosophie, en dissimulant ou niant ses sources pour mieux imposer son autorité. Michel Onfray propose une relecture historique et critique de cette trajectoire : la psychanalyse ne naît pas ex nihilo, mais prolonge, transforme, parfois trahit les grandes intuitions philosophiques. Cette généalogie permet de sortir d’un récit hagiographique pour rendre à la philosophie sa place dans l’invention freudienne.📚 Philosophes mentionnés* Platon (env. 428 – env. 348 av. J.-C.) — Philosophe grec, fondateur de l’idéalisme et de la théorie des idées.* Aristote (384 – 322 av. J.-C.) — Philosophe grec, penseur du réel, du langage, de l’éthique et de la logique.* Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste, auteur de l’Éthique.* Gottfried Wilhelm Leibniz (1646 – 1716) — Philosophe allemand, auteur du concept d’inconscient avec ses « petites perceptions ».* Immanuel Kant (1724 – 1804) — Philosophe des Lumières, théoricien du sujet transcendantal.* Arthur Schopenhauer (1788 – 1860) — Philosophe de la volonté inconsciente, précurseur de l’idéalisme noir.* Ludwig Feuerbach (1804 – 1872) — Philosophe matérialiste, auteur de L’Essence du christianisme, critique de la religion.* Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe du corps, de la volonté de puissance et de la critique des valeurs.* Sigmund Freud (1856 – 1939) — Médecin et penseur autrichien, fondateur de la psychanalyse.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
IntroductionCe deuxième épisode poursuit l’analyse critique de la psychanalyse en déconstruisant la notion de déni telle qu’elle est utilisée dans le discours freudien. Le déni, devenu une accusation commode contre toute critique, fonctionne comme un outil de disqualification. Michel Onfray montre comment ce concept est utilisé de manière circulaire, autoréférentielle, empêchant toute remise en question de la doctrine psychanalytique. Il propose une lecture matérialiste du déni, en replaçant le refoulé dans le corps et non dans des abstractions psychiques désincarnées.1. Le déni comme outil d’immunisation doctrinaleLa psychanalyse a fait du « déni » une arme idéologique :* Quiconque critique Freud ou la psychanalyse est accusé de refouler ses propres névroses.* Cette accusation rend toute opposition illégitime car elle est interprétée comme symptôme.* Le concept de déni devient un cercle herméneutique clos, où toute objection renforce la vérité supposée de la psychanalyse.Ainsi, le discours freudien ne se réfute pas, il se protège de toute réfutation.2. L’hypocrisie du système psychanalytiqueOnfray souligne le caractère clérical et inquisitorial du dispositif freudien :* La doctrine est défendue comme un dogme.* Les critiques sont frappés d’anathème : taxés d’ignorance, de malveillance ou de pathologie.* Des figures critiques comme Karl Kraus, Sándor Ferenczi ou Otto Rank ont été rejetées, marginalisées, voire effacées de l’histoire officielle.Ce système repose sur la disqualification personnelle des dissidents plutôt que sur la confrontation rationnelle des idées.3. Le double discours sur la scienceLa psychanalyse joue sur deux registres :* Elle revendique un statut scientifique, en empruntant à la biologie ou à la physique (concepts de pulsion, d’énergie, de pression).* Mais dès qu’on lui oppose des critères de vérification, elle se réfugie dans la singularité du cas, dans la complexité de l’âme humaine, ou dans l’herméneutique infinie.Ce double discours permet à la psychanalyse de revendiquer la scientificité tout en refusant l’épreuve de la falsifiabilité.4. Vers une théorie matérialiste du déniOnfray propose de revenir au corps :* Le refoulé n’est pas un contenu abstrait tapi dans un « inconscient » métaphysique, mais une énergie qui traverse, marque, imprime le corps.* Le symptôme est un langage du corps, une manifestation somatique d’un conflit.* Ce conflit est souvent social, historique, familial, plus que purement intrapsychique.Il s’agit de penser le déni comme une ruse vitale, une stratégie d’adaptation corporelle aux contraintes du réel.5. Déni et refoulement comme stratégies de survieFreud psychologise à l’extrême des réactions humaines fondamentales :* La mémoire traumatique, l’oubli, le silence ne sont pas nécessairement pathologiques.* Ils peuvent relever de mécanismes de préservation de soi, de défense vitale contre l’invivable.* Le corps choisit de ne pas savoir pour continuer à vivre.Cette relecture humaniste et matérialiste réinscrit la psyché dans la chair.6. Critique du monopole psychanalytique sur le sensLa psychanalyse confisque le sens des affects et des souffrances :* Elle impose une grille de lecture unique.* Elle invalide les autres discours (philosophie, sociologie, politique, littérature) comme non légitimes.* Elle prétend à l’universalité alors qu’elle est historiquement située et idéologiquement marquée.Onfray appelle à une pluralité d’approches, à une démocratie herméneutique où le sens ne serait pas confisqué par un clergé interprétatif.💡 ConclusionL’épisode dénonce la dérive totalitaire de la psychanalyse lorsqu’elle utilise le « déni » comme arme pour invalider toute critique. Le concept, vidé de rigueur, devient un outil de pouvoir. En revenant à une lecture matérialiste et corporelle du refoulement, Onfray appelle à sortir de la religion freudienne pour ouvrir la voie à une pensée incarnée, plurielle et critique. La vérité ne saurait être l’apanage d’un seul discours ; elle doit circuler dans un espace de confrontation libre et ouverte.📚 Philosophes mentionnés* Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste, penseur du déterminisme et du corps comme lieu de la pensée.* Arthur Schopenhauer (1788 – 1860) — Philosophe de la volonté, théoricien de l’inconscient comme force aveugle.* Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe du corps, du vitalisme et de la critique des idéologies.* Sigmund Freud (1856 – 1939) — Médecin autrichien, fondateur de la psychanalyse.* Karl Kraus (1874 – 1936) — Écrivain et satiriste autrichien, critique virulent de la psychanalyse et de la société viennoise.* Sándor Ferenczi (1873 – 1933) — Psychanalyste hongrois, disciple critique de Freud, théoricien du traumatisme.* Otto Rank (1884 – 1939) — Psychanalyste autrichien, critique du freudisme et promoteur d’une psychanalyse plus créative.Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
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