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Auteur: Arrêt sur images

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ASI, présentée par Daniel Schneidermann, prolonge le travail de l'émission de France 5 : un retour critique sur des sujets traités dans les médias nouveaux et traditionnels. Retrouvez ici nos 15 dernières émissions en accès libre. Pour découvrir l'intégralité de nos publications (émissions, articles et chroniques), rendez-vous sur https://www.arretsurimages.net
37 Episodes
Reverse
Plus d'un an après le début du mouvement des Gilets jaunes, le gouvernement et les médias semblent découvrir qu'il existe un sérieux problème de violences policières en France. Pourquoi maintenant ? Comment expliquer cet éventuel retournement ? Et s'agit-il seulement d'une inflexion du discours ou faut-il en attendre de vrais changements dans la politique du maintien de l'ordre en France ? Questions à nos trois invités : Assa Traoré, soeur d'Adama Traoré, décédé en juillet 2016 après son interpellation et membre du "Comité vérité et justice pour Adama" ; Doria Chouviat, veuve de Cédric Chouviat, livreur décédé le 5 janvier à Paris à la suite d'un contrôle routier ; et Arié Alimi, membre de la Ligue des Droits de l'Homme et avocat de la famille Chouviat.
En sommes-nous arrivés au point où il faut sauver la nuit ? Oui, il faut la sauver. La sauver de toutes les pollutions lumineuses qui masquent les étoiles, gaspillent inutilement de l'énergie et menacent de nombreuses espèces animales. Mais qui en veut à la nuit ? Les allergiques aux noctambules, ou plus largement la logique libérale pour laquelle tout interstice temporel doit être rentable ? Sur le plateau, deux invités aux approches complémentaires et, par certains aspects, contradictoires : Samuel Challéat, géographe et coordinateur du collectif RENOIR (Ressources environnementales nocturnes et territoires), auteur de "Sauver la nuit' (Editions Premier Parallèle) ; et Michaël Foessel, professeur de philosophie à Polytechnique, auteur de "La nuit : vivre sans témoin" (Editions Autrement).
Et si on se replongeait dans de vieilles émissions d'ASI à la télé, distillées sur le site en calendrier de l'Avent depuis le début décembre ? Pour la fin d'année, Emmanuelle Walter prend la chaise de Daniel Schneidermann et en fait son invité, le temps d'une émission. Avec lui en plateau, André Gunthert, chroniqueur Arrêt sur images.
Directeur de l'information de France 2, Olivier Mazerolle s'était juré, pour des raisons qui lui appartiennent, de ne jamais venir sur le plateau d'Arrêt sur images. Promis juré. Et pourtant ce 21 septembre 2003 il est là, rageur, penaud, repentant, après une lourde erreur de sa chaîne.Résumons. A Toulouse, une rumeur urbaine persistante a affirmé que l'ancien maire Dominique Baudis (devenu entretemps président du CSA) avait participé à des orgies, au cours desquelles des prostitués auraient été assassinées. Dans l'emballement et la concurrence entre chaînes, France 2 a diffusé un témoignage délirant, sans aucun fondement. Ce n'est sans doute pas la première fois qu'un media diffuse une information délirante, mais il se trouve que là, la victime de la rumeur est président du CSA, et ça change tout.A Arrêt sur images, nous décidons de consacrer à cette affaire une enquête tout en images, tournée à Toulouse. Moyens exceptionnels, pour une affaire hors normes. Mais alors que notre émission est prête à être diffusée, le directeur de France 5, Jean-Pierre Cottet, s'émeut. Cette affaire est "sale", me dit-il, affligé, ajoutant que la diffusion n'est pas justifiée par une actualité immédiate. Ce dernier argument est recevable. J'accepte de surseoir à la diffusion de l'enquête jusqu'au jour, certainement proche, où un rebondissement la justifiera. Là-dessus, je reçois un appel de Baudis, auprès de qui la direction de France 5, manifestement peu au fait des détails de l'affaire, s'est vantée de ce report. Baudis s'alarme. Il tient à me signaler que pour sa part, il est parfaitement favorable à la diffusion de notre enquête. Je le rassure. Il n'a jamais été question de "trapper" cette enquête, et le report ne saurait être long.Comme par miracle, la direction de France 5 est soudain très pressée de diffuser notre enquête. Mais en l'assortissant d'une réponse du directeur Mazerolle. Problème : notre enquête est déjà longue. Qu'à cela ne tienne, pour la première fois dans l'histoire de l'émission, France 5 casse sa grille, et va nous offrir dix minutes supplémentaires. Ainsi, à l'issue de ce quiproquo, leçon de choses en direct sur les rapports de force dans la télévision publique en France, nous avons diffusé cette semaine-là l'émission la plus longue de toute notre histoire. Et fait l'expérience, pour la première et la dernière fois, d'une tentative de censure, tellement stupide qu'elle s'est auto-détruite. DS.Vous trouvez que chacun devrait avoir accès à ce contenu ? Nous aussi ! C'est pourquoi en décembre, nous ouvrons les fenêtres : ce contenu, comme beaucoup d'autres, est gratuit ! Pour nous aider à mettre un maximum de contenus en accès libre, c'est le moment de nous soutenir par un don, défiscalisable à 66%. Et comme chaque année, ça se passe par ici.
Ce 10 décembre 2000, nous recevons un maître du monde. Plus précisément, Jean-Marie Messier, alias "J6M" (Messier-moi-même-maître-du-monde"), comme l'appellent les Guignols, "ses" Guignols, puisque J6M est patron de Vivendi, maison mère de Canal+. Cette émission ne mériterait d'ailleurs pas d'être aujourd'hui un de nos chocolats de l'Avent, si elle n'avait donné le prétexte à une violente attaque contre ASI. Dans un film, Enfin pris, le réalisateur Pierre Carles, proche de Pierre Bourdieu (reçu quelques années plus tôt, avec les suites polémiques que l'on sait), s'est procuré un petit morceau de conversation d'avant émission. On m'y entend assurer au PDG de Vivendi Universal qu'il ne sera, Dieu merci, pas questionné sur les chiffres. Anodine conversation phatique d'échauffement, mais dont Carles tire une interprétation qui connaitra un certain succès : ASI ménage le puissant patron de multinationale ? C'est donc que ASI est vendue à Messier. Forcément vendue. Lire aussi 1996 : Bourdieu à Arrêt sur images Quand nous recevons Messier, c'est le patron-star que nous souhaitons interroger, celui qui trône sur toutes les couvertures de magazines. Avec le tout-puissant et omni-médiatisé patron de Vivendi, nous tentons, comme d'habitude, de passer derrière l'image. Nous sommes en 2000. Messier est au sommet. Ses acquisitions américaines ruineuses n'ont pas encore plombé les comptes de Vivendi, ou bien personne ne le sait en dehors de Vivendi (et en tout cas, pas nous). Il n'a pas encore été sèchement remercié par le conseil d'administration, encore moins condamné pour ses multiples irrégularités de gestion (il subira plusieurs condamnations, de 2004 à 2014). Pouvions-nous anticiper ? Comme si nous étions experts comptables, ou magistrats financiers !Alors, de quoi parlons-nous dans cette émission ? De questions que l'on peut juger futiles, mais qui sont les nôtres. Par exemple, on ébrèche son story telling sur l'épargne salariale, en rappelant que les 50 plus hauts salaires de Vivendi recevront chacun 12 500 fois plus de stock options, que les salariés de base. Les yeux dans les yeux, je lui demande si un salarié de base est 12 500 fois moins important qu'un dirigeant du groupe. Je ne sais pas si d'autres journalistes lui avaient déjà posé ce genre de questions. Hélène Risser révèle, extraits à l'appui, qu'il ne raconte pas la même histoire au public français et américain à propos de ses séjours à New York. On essaie d'éclairer ses rapports avec le patron de Canal+ de l'époque, Pierre Lescure. Bref, une émission que l'on peut juger dispensable (pour Messier comme pour nous), mais certainement pas "vendue", comme l'a suggéré un habile montage, contre lequel nous fûmes impuissants. Inutile de dire que je n'ai jamais revu ensuite J6M, ni eu affaire à lui de quelque façon. Tout ça pour ça... DS.Vous trouvez que chacun devrait avoir accès à ce contenu ? Nous aussi ! C'est pourquoi en décembre, nous ouvrons les fenêtres : ce contenu, comme beaucoup d'autres, est gratuit ! Pour nous aider à mettre un maximum de contenus en accès libre, c'est le moment de nous soutenir par un don, défiscalisable à 66%. Et comme chaque année, ça se passe par ici.
Avent #17. Fous du Loft

Avent #17. Fous du Loft

2019-12-2100:52:24

Et brusquement, au printemps 2001, tout le monde devient fou. Alain Rémond a envie de vomir. "Ca fait 20 ans que je suis chroniqueur, c'est ce que j'ai vu de pire. C'est pas une sitcom, c'est leur vie qui est en jeu. C'est d'un sadisme..." Et je renchéris : "Téléphoner pour éliminer, c'est d'une brutalité incroyable. C'est le but que vous souhaitiez atteindre ?"Sur le plateau, ce 13 Mai 2001, le directeur des programmes de M6, Thomas Valentin, feint de se défendre, mais il doit jubiler intérieurement. Le but est atteint : Loft Story fait le buzz. Mieux : Loft Story déchire la France. CQFD : toute polémique sur Loft Story devient une annexe de Loft Story. Le concept diabolique aimante et ingurgite tout propos qui lui est consacré. A cette première émission de télé-réalité en France, nous allons consacrer six émissions de suite. Rien de moins. Bien entendu, nos audiences sont au rendez-vous, les meilleures de toutes l'histoire d'ASI mais, juré craché, celà n'entre pas en ligne de compte dans mon esprit. Je suis tout simplement scotché par la nouveauté et l'ambiguïté diabolique du programme. Ainsi que par les réactions contradictoires d'attraction-répulsion qu'il suscite en moi, comme chez tous ses spectateurs. Je cherche un fuir un piège, mais chaque mouvement m'y enserre davantage. Celà peut s'appeler une enquête de terrain. DS.Vous trouvez que chacun devrait avoir accès à ce contenu ? Nous aussi ! C'est pourquoi en décembre, nous ouvrons les fenêtres : ce contenu, comme beaucoup d'autres, est gratuit ! Pour nous aider à mettre un maximum de contenus en accès libre, c'est le moment de nous soutenir par un don, défiscalisable à 66%. Et comme chaque année, ça se passe par ici.
C'est une petite musique que l'on commence à entendre à propos de la réforme des retraites. Il n'y a pas de problème de déficit du système, ou plutôt tous les problèmes seront résolus à partir de 2024 grâce à une cagnotte miracle, celle de la Cades. Est-ce vrai, et si c'est le cas, pourquoi si peu d'enquêtes sur la Cades ? Thème de notre émission avec nos trois invités : Christian Eckert, ancien secrétaire d'Etat au budget sous François Hollande; Philippe Leduc, directeur du think tank Economie Santé ; et Henri Sterdyniak, économiste membre des Économistes Atterrés.
J'entretiens, avec les émissions de Thierry Ardisson, les mêmes rapports ambivalents qu'avec la télé en général, dont il est une sorte de quintessence. Est-ce que j'adore détester Ardisson ? Ou plutôt est-ce que je déteste adorer Ardisson ? A moins que ce soit les deux. Toujours est-il qu'en ces Années 2000 Ardisson me fascine. Ce cynisme affiché, cette créativité formelle époustouflante (ses interviews noir et blanc, son sampler...), cette démystification culottée des artifices télé (les applaudissements, le prompteur) cet étrange militantisme pour la taxe Tobin. Pourquoi Ardisson a-t-il accepté de venir chez ces curés de gauche, que nous représentons certainement, aux yeux de l'homme en noir ?Ce 2 avril 2000, nous recevons un Ardisson qui, il le dit lui-même, "a vieilli". Un Ardisson assagi, en quête de respectabilité. Qui en a fini (provisoirement) avec une certaine provocation. Qui interviewe (bien) Jean Baudrillard ou Claude Lanzmann. C'est une rencontre improbable, sans escarmouches, chacun sur ses gardes, un round d'observation d'un match qui n'aura finalement jamais lieu. DS.Vous trouvez que chacun devrait avoir accès à ce contenu ? Nous aussi ! C'est pourquoi en décembre, nous ouvrons les fenêtres : ce contenu, comme beaucoup d'autres, est gratuit ! Pour nous aider à mettre un maximum de contenus en accès libre, c'est le moment de nous soutenir par un don, défiscalisable à 66%. Et comme chaque année, ça se passe par ici.
La première fois que j'ai croisé Laurence Lacour, c'est en 1984, sur les bords de la Vologne, où j'avais (brièvement) couvert pour Le Monde un des épisodes de la tentaculaire affaire Grégory. Elle galopait alors derrière chaque rebondissement de cette affaire qui ne lui avait pas encore fait perdre ses repères professionnels, dans une belle voiture aux couleurs d'Europe 1. Ensuite, nous sommes jamais perdus de vue, au point qu'elle a même collaboré à Arrêt sur images les premières années. Aussi, quand France 3 adapte en série son livre-somme sur l'affaire Grégory ("Le bûcher des innocents"), c'est tout naturellement qu'elle accepte de venir nous en parler. Et nous en raconte la genèse : si elle a accepté d'en céder les droits, c'est pour couper l'herbe sous le pied d'un projet concurrent de TF1 qui, selon elle, pour les besoins du ressort dramatique, envisageait de faire fictivement porter une part de la culpabilité à Christine Villemin, mère de Grégory.Photos extorquées, photos détournées de leur contexte, course effrénée au scoop : c'est essentiellement sous l'angle des dérapages journalistiques, que nous abordons le sujet dans cette émission de 2006. Avec la participation-confession d'un des principaux protagonistes de cette course au scoop -sur le plateau, on parle de "charognards" : le photographe de Paris-Match Jean Ker, intervenant principal, ces jours-ci, d'une série-documentaire de Netflix, toujours sur Grégory, qui est en train de faire découvrir cette éternelle affaire à une nouvelle génération.Mais qui est derrière les charognards ? Qui actionne le système des charognards ? Parce que Ker, sur notre plateau, reporte sur sa direction la responsabilité des principals bavures de l'Affaire, cette émission constitue un utile contrepoint au chocolat #11 de notre calendrier de l'Avent, notre entretien de 1996 avec le directeur de Match, Roger Thérond, sur de tout autres sujets. DS.Vous trouvez que chacun devrait avoir accès à ce contenu ? Nous aussi ! C'est pourquoi en décembre, nous ouvrons les fenêtres : ce contenu, comme beaucoup d'autres, est gratuit ! Pour nous aider à mettre un maximum de contenus en accès libre, c'est le moment de nous soutenir par un don, défiscalisable à 66%. Et comme chaque année, ça se passe par ici.
Dans une réforme des retraites, le gouvenrment joue-t-il cartes sur table, ou a-t-il des intentions cachées ? C'est la question que nous posons dans cette émission du 18 mai 2003, en présence du porte-parole du gouvernement Raffarin, Jean-François Coé, de la responsable de la CGT Maryse Dumas, et d'une journaliste de France 2, Agnès Molinié.En clair : en annonçant que sa réforme ne va concerner que les fonctionnaires (que l'on va aligner sur les salariés du privé, en leur demandant 40 ans de durée de cotisation, au lieu de 37 ans et demie auparavant), le ministre des Affaires sociales François Fillon ne dissimule-t-il pas une autre réforme, autrement douloureuse, pour les salariés du privé ? "Dès le début, on a dit exactement ce qu'on allait faire" affirme Copé, tandis que Dumas, citant ses camarades cheminots, réplique "attention, un train peut en cacher un autre". Si l'on a mal compris, c'est par la faute des journalistes, qui ont fait des articles sur "des bouts de papier", renchérit Copé. "Vous faites un métier un peu moche" me lance-t-il, à quoi je réponds : "vous aussi". Au cours de l'émission, Copé se demande aussi comment filmer tous les gens qui ne font pas grève. Et on entend enfin parler d'une prime à la naissance de 800 euros, un magnifique cadeau, qui n'était pas si magnifique qu'il semblait. DS.Vous trouvez que chacun devrait avoir accès à ce contenu ? Nous aussi ! C'est pourquoi en décembre, nous ouvrons les fenêtres : ce contenu, comme beaucoup d'autres, est gratuit ! Pour nous aider à mettre un maximum de contenus en accès libre, c'est le moment de nous soutenir par un don, défiscalisable à 66%. Et comme chaque année, ça se passe par ici.
Ce 11 mars 2001, c'est peut-être Daniel Cohn-Bendit qui fournit le détonateur de la première explosion de "OK Boomer". Avec un quart de siècle de retard, il est rattrapé par des écrits de 1975 dans lesquels il racontait s'être parfois "laissé caresser par des gosses", alors qu'il était éducateur en Allemagne. Ecrits passés inaperçus dans la période post-68, mais qui lui explosent à la figure un quart de siècle plus tard, et ne le lâcheront d'ailleurs jamais plus.Dans le rôle du défenseur de la génération 68, le directeur d'alors de Libération, Serge July, réplique à l'écrivain essayiste Jean-Claude Guillebaud, pour qui "la transgression est devenue la norme de la société marchand". Entre les deux, bien entendu, la presse, et sa tolérance à géométrie variable selon les époques, incarnée sur le plateau par Jean-Michel Aphatie, qui avait cité dans un même article Cohn-Bendit et Marc Dutroux. DS.Vous trouvez que chacun devrait avoir accès à ce contenu ? Nous aussi ! C'est pourquoi en décembre, nous ouvrons les fenêtres : ce contenu, comme beaucoup d'autres, est gratuit ! Pour nous aider à mettre un maximum de contenus en accès libre, c'est le moment de nous soutenir par un don, défiscalisable à 66%. Et comme chaque année, ça se passe par ici.
Chacun ses fantasmes : un de mes plus rêves les plus fous, au début d'Arrêt sur images, était d'interviewer Roger Thérond. L'inamovible et mutique directeur de Match me fascinait. Comment choisit-on, parmi des centaines de photos, la poignée qui vont raconter une histoire, et la raconter seules, sans le secours du texte -ou presque- sur quelques doubles pages ? Est-ce du pif ? Est-ce une science ? De loin, je décelais chez Thérond du sorcier et du druide. Sans parler du mystère des rapports de Match avec les paparazzi. Match commandait-il des photos volées ? En prenait-il livraison au quatrième sous-sol d'un parking ? Le grand jour arriva, le 17 novembre 1996, de tenter d'introduire un peu de réflexion dans le hâtif et l'impensé. On parla beaucoup des Grimaldi de Monaco, un peu de Mazarine, la fille naturelle de François Mitterrand, un peu aussi de la maladie du même Mitterrand, et carrément pas assez du groupe Lagardère. Compte-tenu de la hauteur de mes attentes, ce dialogue, à le revoir, m'apparut après coup un peu déceptif. Post coïtum... Je le revois aujourd'hui avec plaisir (incorrigible !)Tout au moins, le druide a-t-il parlé. Et puis, nous l'avons enregistrée dans les locaux de Match, pour une fois. Il faut oser aller au bout de ses fantasmes. DS.Vous trouvez que chacun devrait avoir accès à ce contenu ? Nous aussi ! C'est pourquoi en décembre, nous ouvrons les fenêtres : ce contenu, comme beaucoup d'autres, est gratuit ! Pour nous aider à mettre un maximum de contenus en accès libre, c'est le moment de nous soutenir par un don, défiscalisable à 66%. Et comme chaque année, ça se passe par ici.
C'est l'émission qu'il ne fallait pas rater. Un an à peine après le début d'Arrêt sur images, meurt François Mitterrand. En moins d'une heure d'émission, ce 13 janvier 1996, il faut faire tenir les innombrables images politiques de la carrière du défunt, et évidemment toute la symbolique des obsèques (avec la présence à la même cérémonie des deux familles). Sans oublier les zones d'ombres : la période Algérie française, Bousquet, Pétain. A Arrêt sur images, nous ne sommes tenus à aucune dévotion, aucune déférence, envers aucun grand personnage. C'est d'ailleurs sur "les sujets qui fâchent", évoqués comme souvent à la fin de l'émission, que s'anime un peu le dialogue entre nos deux invités, Régis Debray et Edwy Plenel, par ailleurs fort courtois l'un envers l'autre.Pourquoi ces deux-là ? "Médiologue", spécialiste des images, et ancien conseiller de Mitterrand -"je ne boude pas ma tristesse", dit-il-, à la fois spectateur et acteur de l'histoire de la semaine, Debray s'imposait. Quant à Plenel, outre qu'il était, au Monde, mon directeur de l'époque, donc facile à contacter, il avait commencé depuis longtemps à explorer "la part d'ombre" du disparu. On pouvait donc espérer de leur rencontre, à la fois la profondeur, et la distance indispensables à l'événement. A vous de dire. DS.Vous trouvez que chacun devrait avoir accès à ce contenu ? Nous aussi ! C'est pourquoi en décembre, nous ouvrons les fenêtres : ce contenu, comme beaucoup d'autres, est gratuit ! Pour nous aider à mettre un maximum de contenus en accès libre, c'est le moment de nous soutenir par un don, défiscalisable à 66%. Et comme chaque année, ça se passe par ici. Lire aussi Régis Debray et la fraternité, d@ns le texte Mais aussi le pape, Flaubert, Nietzsche, l'OM et Obama
Et si c'était BlackRock qui dans la coulisse actionnait la réforme française des retraites ? Hier encore inconnu du grand public français, ce géant de la finance, qui gère les retraites par capitalisation de centaines de milliers d'Américains est apparu en pleine lumière du fait de son intérêt ostensible pour cette réforme et particulièrement pour son maître d'oeuvre Emmanuel Macron. Hasard des choses, BlackRock faisait l'objet en septembre dernier d'un documentaire assez sévère sur Arte. Tentons d'entrer dans les entrailles de la pieuvre avec Sandra Rigot, maîtresse de conférences en économie, spécialisée dans les investisseurs institutionnels et les questions de régulation financière ; Sylvie Matelly, économiste vice-présidente de l'IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques) ; et Jordan Pouille, journaliste auteur d'une enquête autour de BlackRock sur Mediapart.
Ce 19 novembre 2006, ce doit être notre première émission consacrée au réchauffement climatique. L'heure est davantage aux questions prudentes, qu'à l'urgence. A la télé, comme sur notre plateau. La perspective de 20 à 80 cm d'augmentation du niveau de la mer en un siècle ? "Ca me rassure" dit notre chroniqueur Sebastien Bohler, qui s'attendait à pire. "C'est grave quand même" nuance pour la forme le climatologue Hervé Le Treut. Des icebergs dérivent dans l'Antarctique ? "Ce n'est peut-être pas une conséquence du réchauffement, mais l'image est spectaculaire, et superbe" dit Elise Lucet, qui présente alors le 13 Heures de France 2. Aucun "climatosceptique" à l'horizon. Ils n'arriveront qu'avec les réseaux sociaux. Et il n'en est pas besoin, puisque tout le monde est climato-prudent. Sur le plateau, Yann Arthus-Bertrand. On l'interroge sur l'efficacité de ses photos (faut-il faire joli ? Faut-il affoler ?). Mais personne pour le traiter d'éco-tartuffe, ou d'hélico-photographe, personne pour seulement songer que son propre bilan carbone puisse poser un problème. Au début de ce mois de décembre, Arthus-Bertrand a annoncé qu'il ne prendrait plus l'avion. DS.Vous trouvez que chacun devrait avoir accès à ce contenu ? Nous aussi ! C'est pourquoi en décembre, nous ouvrons les fenêtres : ce contenu, comme beaucoup d'autres, est gratuit ! Pour nous aider à mettre un maximum de contenus en accès libre, c'est le moment de nous soutenir par un don, défiscalisable à 66%. Et comme chaque année, ça se passe par ici.
Il fut un temps où Arrêt sur images badinait tranquillement avec Aphatie et Zemmour. Jean-Michel Aphatie est souvent venu sur notre plateau, comme dans cette émission du 18 novembre 2001, où nous demandons gravement si on a le droit de rire, à la télévision, des scandales de corruption, qui marquent l'ère chiraquienne. Si on avait pu alors prévoir qu'un jour, sur un site nommé Arrêt sur images, nous consacrerions un dossier à l'un et à l'autre !Fausses factures, faux électeurs, marchés truqués, comptes en Suisse : le fait d'en rire renforce-t-il ou affaiblit-il la démocratie ? "Tiberi est une des personnes les plus authentiques dans un monde frelaté !" lance Zemmour, sans que nul ne puisse dire s'il parle au premier degré, ou s'il est déjà à la recherche d'un rôle de provocateur. Pour l'instant, il n'est qu'un journaliste du Figaro, sympathique et brillamment paradoxal. Dérive individuelle ? Dérive de l'époque ? Le Zemmour raciste et xénophobe est encore loin. DSVous trouvez que chacun devrait avoir accès à ce contenu ? Nous aussi ! C'est pourquoi en décembre, nous ouvrons les fenêtres : ce contenu, comme beaucoup d'autres, est gratuit ! Pour nous aider à mettre un maximum de contenus en accès libre, c'est le moment de nous soutenir par un don, défiscalisable à 66%. Et comme chaque année, ça se passe par ici.
Quand éclatent les grandes grèves contre le "plan Juppé" de 1995, Arrêt sur images n'a pas encore fêté son premier anniversaire. Il n'a pas encore vraiment trouvé sa formule (la trouvera-t-il jamais ?) Il n'aurait pas encore l'idée de s'aventurer hors de son terrain de jeu originel : la critique de la télé. Par exemple, il ne saurait être question de consacrer une émission entière à étudier le fond de la réforme des retraites, comme nous l'avons fait la semaine dernière. Au cours de la discussion ci-dessus, avec Gérard Miller, Michel Field et Alain Minc, le 9 décembre 1995, il n'est question que des formes télé, et plus particulièrement de répartition de la parole. La télé doit-elle donner la parole au peuple, selon des formes bien ordonnées, chacun son tour, avec discours structurés ? Ou faut-il favoriser des prises de parole désordonnées, violentes, chaotiques, comme la vie elle-même ? "Vous aimez les gens présentables. Il y a des gens qui se révoltent sans savoir quelle société ils veulent !" lance Miller à Minc, dans cette courtoise discussion.C'est toujours de répartition de la parole, qu'il est question la semaine suivante (vidéo ci-dessous. Le dossier de l'émission est consacré à la Yougoslavie). Colombe Schneck s'est rendue au dépôt RATP d'Aubervilliers en grève (c'est à partir de 9' sur la video). "Premier grief : on parle beaucoup des usagers, peu des grévistes" note notre envoyée spéciale. Accusés : le montage de leur parole, et les questions orientées journalistes ("est-ce que vous seriez prêts à voir évoluer votre statut ?") "Sur quel critère vous bassez pour prendre tel ou tel sujet ?" demande un gréviste à Colombe Schneck. On apprend que Antenne 2 est interdite de séjour dans le dépôt. BFM n'existait pas encore. DS. 1995-12-16_ASI-_NORMALIZED les grévistes de la ratp et la télévision (A partir de 9' sur la video) Null Null 52 m 36 Vous trouvez que chacun devrait avoir accès à ce contenu ? Nous aussi ! C'est pourquoi en décembre, nous ouvrons les fenêtres : ce contenu, comme beaucoup d'autres, est gratuit ! Pour nous aider à mettre un maximum de contenus en accès libre, c'est le moment de nous soutenir par un don, défiscalisable à 66%. Et comme chaque année, ça se passe par ici.
Dans l'équipe d'Arrêt sur Images, nous aimions bien l'émission Capital, de M6, alors animée par Emmanuel Chain. Didactique, pugnace, attrayante, on ne la manquait jamais. Nous l'aimions tellement que nous avons eu envie de faire du Capital. Le ton et les angles des interviews et des sujets : dans cette émission du 14 décembre 1997, nous sommes amusés à la pasticher, en présence d'Emmanuel Chain, évidemment.Taquineries incluses. Il faut entendre Chain, assurer qu'il ne se soucie nullement des rentrées publicitaires de son émission. Il faut l'entendre promettre que oui, Capital consacrera un jour une émission aux abus et aux arnaques du marché de l'eau en France (l'actionnaire de M6 s'appelait à l'époque la Lyonnaise des Eaux). Sur le marché de l'eau, sujet tabou, la télévision française a en effet diffusé une grande émission d'enquête : l'émission Cash Investigation, sur France 2, en 2018. A cette occasion, la PDG de France Télévisions a d'ailleurs été accusée de conflit d'intérêt par Veolia (société rivale de Suez, ex-Lyonnaise). Sujet tabou, décidément. DSVous trouvez que chacun devrait avoir accès à ce contenu ? Nous aussi ! C'est pourquoi en décembre, nous ouvrons les fenêtres : ce contenu, comme beaucoup d'autres, est gratuit ! Pour nous aider à mettre un maximum de contenus en accès libre, c'est le moment de nous soutenir par un don, défiscalisable à 66%. Et comme chaque année, ça se passe par ici. Lire aussi Secret des affaires : "On ne veut plus des lanceurs d'alerte" Avions, taxis, pompes à fric, etc : qui veut étouffer l'info ?
Le Chirac de "Mangez des pommes", c'était eux. La Bernadette Chirac avec son sac à main, c'était eux. Raymond Barre dans un film porno, c'était eux. Le commandant Sylvestre incarnant les horreurs de la mondialisation, c'était eux. Plusieurs années durant, Bruno Gaccio, Jean-François Halin, et Benoit Delépine, ont donné vie aux Guignols de Canal+. Une "dream team" déjantée, touchée par la grâce, dont le pouvoir fut comparé à celui des plus influents éditorialistes. Mais quel pouvoir exactement ? Humanisant les personnages politiques, n'ont-ils pas contribué à les rendre plus sympathiques ? Et Chirac ne devait-il pas -un peu- son élection aux pommes de Canal+ ? Alors ce 21 juin 1996, quand ils viennent nous rendre visite pour la dernière émission de la saison, nous avons des dizaines de questions à leur poser ! DSVous trouvez que chacun devrait avoir accès à ce contenu ? Nous aussi ! C'est pourquoi en décembre, nous ouvrons les fenêtres : ce contenu, comme beaucoup d'autres, est gratuit ! Pour nous aider à mettre un maximum de contenus en accès libre, c'est le moment de nous soutenir par un don, défiscalisable à 66%. Et comme chaque année, ça se passe par ici.
Claude Sempère, journaliste à France 2, est mort de maladie le 30 novembre dernier. Ce grand professionnel, longtemps reporter de guerre, acceptait souvent les invitations d'Arrêt sur images, dévoré qu'il était par la passion de raconter son métier. Ce 18 novembre 2001, l'Alliance du Nord vient de chasser les talibans de Kaboul. Trois journalistes viennent de trouver la mort dans les combats. Et le directeur de l'information de TF1, Robert Namias, vient de déclarer au Monde que "monter sur un char n'est pas le rôle d'un journaliste". "On n'est pas des frappadingues, on n'est pas des fous, on essaie de faire notre boulot, et puis parfois on n'a pas de chance" réagit Sempère, très ému, alors que sa confrère de TF1, Patricia Alemonière, défend Namias, dont la rédaction a déjà été éprouvée par plusieurs morts de journalistes en mission.On parle aussi mises en scène : arrive-t-il à des journalistes de demander à des combattants de tirer, pour la caméra ? L'émission attirera l'oeil du chroniqueur télé de Libération, un nommé David Dufresne. DS.Vous trouvez que chacun devrait avoir accès à ce contenu ? Nous aussi ! C'est pourquoi en décembre, nous ouvrons les fenêtres : ce contenu, comme beaucoup d'autres, est gratuit ! Pour nous aider à mettre un maximum de contenus en accès libre, c'est le moment de nous soutenir par un don, défiscalisable à 66%. Et comme chaque année, ça se passe par ici.
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