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Author: Hors-Scène

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Hors-Scène est le podcast qui dévoile les dessous du théâtre. Retrouvez-nous un mardi sur trois pour partir à la rencontre de professionnel.les du secteur -auteur.rices, metteur.ses en scène, directeur.rices de salle, chercheur.ses etc- et mieux comprendre le théâtre français de 2020.
Ce podcast est réalisé par la journaliste Alexandra Vépierre, en collaboration avec l’autrice, comédienne et metteuse en scène Laëtitia Leroy.
16 Episodes
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Comment sont représentées les minorités ethniques dans les pièces de théâtre ? À quelles discriminations sont confronté.es les professionnel.les racisé.es ? Ce sont les questions que j’ai posées à Gerty Dambury et Yasmine Modestine. Gerty est autrice et metteuse en scène. Elle est militante afro-féministe et a cofondé en 2015 Décoloniser les arts, une association qui milite pour une meilleure représentation des minorités ethniques dans la culture. Yasmine est autrice, comédienne et chanteuse. Elle a écrit les essais Quel dommage que tu ne sois pas plus noire et Noires mais blanches, blanches mais noires.  Avant d’aborder le sujet des discriminations ethniques, nous avons été confrontées au problème des termes à utiliser. Gerty et Yasmine préfèrent l’appellation "personnes racisées" car elle permet de marquer le processus de racialisation [1.26].  En France, il est difficile d’avoir des statistiques ethniques car la loi “Informatique et libertés” de 1978 interdit entre autres “de collecter ou de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques”. Avec Décoloniser les arts, Gerty a effectué un comptage informel. Il y aurait ainsi moins de 10% de professionnel.les racisé.es dans le théâtre en France [5.15]. Les discriminations se manifestent de différentes manières : l’impossibilité d’accéder aux premiers rôles, le cantonnement à des rôles stéréotypés… Selon Gerty, ces représentations reflètent l’ignorance des metteur.euses en scène qui ne savent pas qu’il y a des personnes racisées en France depuis des centaines d’années [8.24]. D’ailleurs, dans son essai Noires mais blanches, blanches mais noires, Yasmine révèle que des personnages initialement noir.es sont devenu.es blanc.hes avec le temps [11.52]. Yasmine note quelques progrès comme les programmes d’Egalité des chances, même si elle rappelle qu’il ne faut pas systématiquement lier les discriminations sociales et ethniques. Le Conservatoire national a également bien évolué depuis la nomination de Claire Lasne Darcueil comme directrice, que vous pouvez entendre dans notre épisode (II ; 1) de Hors-Scène. Mais Gerty dénonce les solutions superficielles car il ne suffit pas de nommer une ou deux personnes racisées puis d’enterrer le problème [16.41]. Décoloniser les arts travaille sur différents volets : la nomination de personnes racisées dans les postes de pouvoir, la compréhension de l’histoire de la France et le harcèlement racial [26.10]. Gerty rappelle qu’en-dehors du théâtre, la question politique entre aussi en jeu. Dans le gouvernement, les personnes noires n’ont pas accès aux postes de pouvoir, et ce problème se retrouve dans la culture [29.27]. Chiffres cités : - 30% de la population française ne se considère pas blanche selon l’enquête « Trajectoires et Origines » de l’Institut national d'études démographiques (Ined) - En 2015, nombre de personnes racisées :  o 0 directeur.rice de Théâtre national. Depuis, Wajdi Mouawad a été nommé directeur de La Colline.  o 0 directeur.rice de Centre Dramatique National o Equipes permanentes : 5% dans les scènes nationales, 4,7% dans les CDN et 8,8% dans les Théâtres nationaux.  Références citées : - Ourika de Claire de Duras - Othello de William Shakespeare - Andromède de Pierre Corneille - Programme 1er Acte lancé par Stéphane Braunschweig et Stanislas Nordey  - Synavi - Syndicat National des Arts Vivants - FNCC – collectivités pour la culture - Metteur en scène Pierre Debauche  - Laboratoire des scènes francophones et écritures de l’altérité (SEFEA) de Sylvie Chalaye Hors-Scène est un podcast créé par la journaliste Alexandra Vépierre, en collaboration avec l’autrice, comédienne et metteuse en scène Laëtitia Leroy. Générique réalisé par Thomas Rodriguez. A partir de la musique : Winters Call Auteur: Mattias Westlund Source: http://mattiaswestlund.net/ Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr
Comment s’organise le mouvement d'occupation des théâtres ? Quelles sont les revendications des occupant.es? Comment va évoluer le mouvement ? Ce sont les questions que je me suis posées. C'est pourquoi, j'ai décidé de vous emmener avec moi à Paris pour ce hors-série, auprès de ces personnes qui occupent les théâtres. C’est un mouvement qui a commencé le 4 mars 2021 à l’Odéon, puis qui s’est propagé au fil des jours dans toute la France. Au moment où j’écris ces mots, il y a environ 78 lieux occupés, et pas uniquement des théâtres. A l’intérieur de ces lieux, il y a des intermittent.es, des syndiqué.es, des non-syndiqué.es, des profesionnel.les du spectacle mais aussi des étudiant.es, des travailleurs et travailleuses précaires de multiples domaines : restauration, tourisme, hôtellerie etc.  Les personnes que j'ai rencontrées partagent leur vision du mouvement, expliquent leurs revendications et permettent d’avoir un meilleur aperçu du fonctionnement et des dysfonctionnements du théâtre français, voire de la société française aujourd’hui. Après mon arrivée à l'Odéon, et le début de l'Agora, j'ai parlé à Pierre, un technicien intermittent du spectacle qui m'a expliqué pourquoi le mouvement demande l'annulation de la réforme de l'assurance chômage. Je suis ensuite partie en manifestation avec Antoine (car le 20 mars était une journée de manifestations notamment contre les violences policières et contre le racisme). Je lui ai demandé s'il n'avait pas peur de noyer les revendications de la culture en prônant la convergence des luttes. De retour à l'Odéon, j'ai rencontré Claire, une autrice et metteuse en scène qui m'a raconté qu'elle avait déjà occupé plusieurs théâtres depuis le début du mouvement. Elle témoigne de son expérience dans ces lieux et explique ce qu'elle pense des institutions et de leur rôle. J'ai continué mon chemin et me suis rendue à La Colline. Les occupant.es étaient en AG exceptionnelle pour parler de leur organisation après l'annonce du confinement. Mais j'ai pu interroger Zoé, une occupante de la Colline, à distance. Elle m'a entre autres parlé de la situation pour les étudiant.es. J'ai enfin retrouvé Jean-Charles, un occupant de l’Odéon sorti quelques jours. Il nous en apprend plus sur l'organisation à l’intérieur d’un théâtre occupé et sur les liens avec la direction de l'Odéon. A aujourd’hui, une des demandes des occupant.es était la tenue du Conseil national des professions du spectacle, une instance qui a été créée par Jack Lang pour établir voire rétablir un dialogue entre les professions du spectacle et le ministère. Il devait avoir lieu le 22 mars mais il a été annulé, parce que la Ministre de la Culture Roselyne Bachelot est atteinte du Covid.  Pour l’instant le gouvernement reste relativement silencieux face à ces occupations. Reste à savoir si la lutte restera dans l’enceinte des théâtres ou se jouera aussi en extérieur.  Dans l'épisode, on entend l'Orchestre Debout, les occupant.es de l'Odéon lors de l'Agora du 20/03/2021 et les manifestant.es contre les violences policières. Hors-Scène est un podcast créé par la journaliste Alexandra Vépierre, en collaboration avec l’autrice, comédienne et metteuse en scène Laëtitia Leroy. Générique réalisé par Thomas Rodriguez. A partir de la musique : Winters Call Auteur: Mattias Westlund Source: http://mattiaswestlund.net/ Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr
Pourquoi le théâtre français n’est-il toujours pas égalitaire aujourd’hui ? Ce sont les questions que j’ai posées à Blandine Pélissier et Clotilde Moynot. Blandine est comédienne, traductrice de théâtre et metteuse en scène. Elle a cofondé le Mouvement HF pour l’égalité femmes-hommes dans les arts et la culture. Clotilde est comédienne et metteuse en scène. Elle organise depuis 2016 le festival Femmes ordinaires extraordinaires pour mettre à l’honneur les créatrices. Plusieurs facteurs sont à l’origine du manque de parité : l’absence de volonté politique, l’héritage culturel, le manque de formation [2.45]. Pourtant, les femmes écrivent, mais leurs œuvres ne sont pas sauvegardées [5.09]. Et passé un certain âge, elles sont carrément absentes des plateaux et des écrans [8.15]. Au niveau des salaires et des subventions accordées, les femmes sont souvent lésées [11.02]. Enfin, les agressions sexuelles perdurent dans un milieu qui a connu une faible vague MeToo [13.27]. Au sein des pièces, les personnages de femmes sont souvent stéréotypés. Dans le théâtre contemporain, des efforts sont réalisés ; pourtant, les clichés continuent d’influencer le jeu des comédiennes [15.34]. Afin de faire bouger les choses, Blandine a cofondé le mouvement HF en 2008 [19.49]. Clotilde de son côté a créé les Femmes de Plumes puis a œuvré à plus de représentation de femmes avec sa compagnie [22.15].Toutes deux pensent qu’il est nécessaire d’instaurer des quotas et l’anonymat des candidatures [26.00]. En parallèle, des artistes travaillent pour sortir au maximum de l’idée de genre, avec des personnages et/ou comédien.nes transgenres, avec des genres non définis [30.55]. Finalement, s’interroger sur les femmes dans le théâtre est aussi une manière d’évaluer l’effet néfaste du patriarcat et du capitalisme sur toutes les minorités [33.13]. Œuvres et artistes conseillés : - Pauline Bureau  - Le Monde Renversé du Collectif Marthe, adapté de Caliban et la Sorcière : Femmes, corps et accumulation primitive de Silvia Federici - Marie Dilasser - Penda Diouf - Solenn Denis et le collectif Denisyak Chiffres cités  Selon le rapport de l’Observatoire de l'égalité entre femmes et hommes dans la culture et la communication : - 2018 : 36% des aides à la création artistique accordées par le Ministère de la Culture à des femmes et 26% de la somme de ces aides accordée à des femmes  - 2019 : 27% de femmes dirigeaient un CDN ou CDR et 0% un Théâtre National - 2019-2020 : 38% des spectacles programmés mis en scène par des femmes / 27% écrits par des femmes - 1987-2019 : 11% de femmes ont reçu le Molière du metteur en scène et 14% ont reçu le Molière de l’auteur - 2017 : 48% de femmes travaillent dans le spectacle vivant - 2018 : 44% de femmes de 25 à 34 ans travaillent dans le spectacle vivant. 33% à partir de 45 ans Selon les travaux d’Aurore Evain : - XVIIe : 150 autrices – 17  dans le répertoire de la Comédie Française - XIXe : 350 autrices - 13 dans le répertoire de la CF - XXe : 1500 autrices – 5 dans le répertoire de la CF - 1958-2002 : 0 dans le répertoire de la CF Références citées : - Collectif La Barbe - Aurore Evain : anthologie Théâtre de femmes de l’Ancien Régime - Tunnel de la Comédienne de 50 ans créée par AAFA (Actrices et Acteurs de France Associés) - Les Callisto  - Instagram Paye Ton Rôle - L’auteur Philippe Malone - https://www.lematrimoine.fr/  - Rapports de Reine Prat : Mission EgalitéS - Les Femmes de plumes  - Le Cabaret des Triangles Exquis - Carole Thibaut, directrice du Théâtre des Îlets – CDN de Montluçon - Adelphes : Nous étions mutants, écrit par Léonie Casthel - Claire Rengade Hors-Scène est un podcast créé par la journaliste Alexandra Vépierre, en collaboration avec l’autrice, comédienne et metteuse en scène Laëtitia Leroy. Générique réalisé par Thomas Rodriguez. A partir de la musique : Winters Call Auteur: Mattias Westlund Source: http://mattiaswestlund.net/ Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr
Comment les jeunes artistes peuvent intégrer le milieu du théâtre français ? Quelles difficultés doivent-ils/elles affronter ? Et comment le système pourrait évoluer pour leur laisser plus de place ? Ce sont les questions que j’ai posées à Audrey Robert et Matthieu Tricaud. Audrey est comédienne et autrice. Elle a créé le Collectif Les 8 Poings avec 12 de ses camarades de promo. Matthieu est auteur et metteur en scène. Il a créé plusieurs pièces au sein du collectif la Malle des Indes puis a fondé la compagnie Atomic Trésor. Il est également drag queen au sein du groupe Queer punk TATA BAND·E. En janvier 2020, il.elle ont participé à la création de la Fédération des pirates du spectacle vivant et en sont toujours des membres actifs. Il s’agit d’un groupement de jeunes créateur.rices qui développent un nouveau réseau d’entraide et réfléchissent à des solutions pour faire évoluer le fonctionnement du théâtre français. Au sortir de leur école, Audrey et Matthieu se sont aperçus qu’il.elle avaient finalement peu de connaissances sur le réel fonctionnement du milieu. Il.elle ont alors dû apprendre sur le tas au moment où il.elle auraient eu besoin d’avoir déjà ces connaissances [1.40]. Il.elle ont participé en janvier 2020 au « Sommet pirate des compagnies émergentes » initié par la Compagnie en eaux troubles où les jeunes créateur.rices ont partagé leur colère vis-à-vis du monde du théâtre qui ne leur laisse que trop peu de place. Ils.elles ont finalement décidé de se fédérer afin de trouver des solutions : c’est la naissance de la Fédération des pirates du spectacle vivant [7.29]. Parmi les points qui dysfonctionnent, Audrey et Matthieu notent : la mise en concurrence systématique des jeunes artistes, le manque de propositions pour leur donner leur chance, les logiques de copinage et l’intérêt donné principalement aux projets qui vont rapporter de l’argent [11.22]. Il.elle parlent d’ailleurs d’artistes « immergé.es » et non émergent.es car ils.elles ont plutôt la tête sous l’eau. La Fédération des pirates travaille sur deux chantiers : comment assurer une meilleure répartition des moyens de production théâtrale et comment on réussit à s’en passer quand on ne bénéficie pas de moyens. Ils proposent par exemple que des spectateur.rices participent aux décisions pour choisir les programmations, ou qu’une personne dans chaque institution  soit chargée de leur répondre et les aiguiller [16.43]. Audrey remarque que des aides financières existent mais par définition, les immergé.es ne peuvent y avoir accès [19.29]. Actuellement, la Fédération travaille sur un prochain Sommet et un abécédaire avec les notions qu’ils.elles ont mises en place. Ils.elles développent aussi le projet « Pavillon noir » pour mettre en lien les compagnies en recherche de lieu et les salles de spectacles en région qui sont souvent vides [23.58]. Avec la crise du Covid-19, il.elle se sentent encore plus exclu.es car il n’y a pas d’aide pour les personnes qui ne sont pas encore intermittentes et la priorité est donnée aux compagnies qui sont déjà connues [28.48]. Afin de continuer à jouer, la Fédération met en place des « abordages », donc des formes théâtrales express jouées dans la rue [32.10]. Personnes citées : - Stéphane Braunschweig  - Roselyne Bachelot Œuvres et artistes conseillés : - Les abordages de la Fédération des pirates du spectacle vivant - Mange tes mots – Cabaret littéraire - La compagnie du Théâtre du Roi de Cœur - Compagnie Champ Libre Pour les contacter : portdenassau@gmail.com Hors-Scène est un podcast créé par la journaliste Alexandra Vépierre, en collaboration avec l’autrice, comédienne et metteuse en scène Laëtitia Leroy. Générique réalisé par Thomas Rodriguez. A partir de la musique : Winters Call Auteur: Mattias Westlund Source: http://mattiaswestlund.net/ Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.f 
Comment devient-on comédien.ne professionnel.le ? Doit-on nécessairement passer par une école de théâtre ? Comment les écoles peuvent œuvrer pour plus de diversité dans la profession ? Ce sont les questions que j’ai posées à Claire Lasne Darcueil, la directrice du Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Elle est aussi metteuse en scène et a co-dirigé le Centre dramatique régional Poitou-Charente pendant 12 ans.  Pour apprendre le métier de comédien, il existe plusieurs types de formations. Il y a d’abord 12 écoles nationales supérieures en France qui proposent une formation en 3 ans et délivrent le DNSPC - diplôme national supérieur professionnel de comédien. C’est ce que propose le Conservatoire. Il existe aussi de nombreuses écoles privées, comme les Cours Simon, les Cours Florent. Il y a aussi des classes d’art dramatique dans les conservatoires régionaux, départementaux et municipaux. Claire Lasne Darcueil décrit le programme des 3 années de formation, composé entre autres de cours de danse, chant, clown, dramaturgie, histoire du théâtre mais aussi d’un voyage en Inde et de la création de spectacles [2.11]. Le Conservatoire propose également une formation de metteur.se en scène [7.27]. Les concours d’entrée sont particulièrement ardus car le Conservatoire reçoit environ 1700 candidatures chaque année pour des promotions de 30 élèves. Les candidat.es sont alors jugé.es sur leur talent, leur capacité de travail et leur capacité à évoluer. Ces phases de concours sont pour Claire une véritable aventure humaine peuplée de rencontres émouvantes [10.48]. Depuis son arrivée en 2013, Claire agit particulièrement pour favoriser la diversité et ouvrir le théâtre à tous et à toutes. « Ce qu’on appelle la diversité, pour moi c’est juste le monde normal. Quand la diversité n’est pas présente, le monde me fait peur », explique-t-elle [16.24]. Pourtant, en France, les plateaux restent encore aujourd’hui des lieux d’expression blancs et masculins, ce qui est selon elle un véritable problème sur lequel elle essaie d’influer [18.45]. Un travail approfondi a également été effectué avec l’écriture d’une charte et la désignation de référent.es afin de lutter contre les propos et agressions sexistes et discriminatoires au sein de l’école [26.59]. Passer par une école n’est pas indispensable pour devenir comédien.ne mais quelle que soit la voie, il est nécessaire d’avoir une très bonne capacité de travail [22.28]. Parmi les avantages à passer par une école, elle cite la formation avec des professeur.es passionné.es, la rencontre avec les autres élèves qui deviendront de futur.es collègues et, pour les élèves qui sortent du Conservatoire et du Théâtre National de Strasbourg, le Jeune Théâtre National prend en charge le salaire des diplômé.es pendant 3 ans [24.13]. Depuis que la crise du Covid a commencé, les élèves ont d’abord continué les cours en visio puis sont maintenant de nouveau en présentiel, masqué.es et en petits groupes. Le Conservatoire a également annoncé la suppression des concours 2021. Cela s’explique par leur volonté d’allonger la formation des élèves des promotions actuelles, et ne pas prendre de risques inconsidérés en organisant les concours [29.27]. Œuvres et artistes conseillés : - Mariette Navarro - François Cervantès - Patrick Pineau - Ariane Mnouchkine - Tous des oiseaux, écrit et mis en scène par Wajdi Mouawad - Tg Stan  - Tiago Rodrigues Références citées : - Compte Instagram Paye ton rôle - https://cnsad.psl.eu/ : le site du Conservatoire, où retrouver toutes les ressources sur l’annulation Hors-Scène est un podcast créé par la journaliste Alexandra Vépierre, en collaboration avec l’autrice, comédienne et metteuse en scène Laëtitia Leroy. Générique réalisé par Thomas Rodriguez. A partir de la musique : Winters Call Auteur: Mattias Westlund Source: http://mattiaswestlund.net/ Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr
Le théâtre peut-il soigner ? Pourquoi l’art permet-il de se construire voire de se reconstruire ? Ce sont les questions que j’ai posées à Luca Giacomoni et Christelle Fauché, mes invité.es de ce dixième et dernier épisode de l’Acte I de Hors-Scène. Luca est metteur en scène. Pour créer ses spectacles, il organise des ateliers de théâtre avec des amateur.rices pendant plus d’1 an. Il a travaillé auprès de personnes sous main de justice, de femmes victimes de violence et aujourd’hui, il travaille auprès de personnes ayant eu des expériences dites psychotiques. Christelle Fauché est psychologue et comédienne. Elle a théorisé le concept de Théâtre de la résilience, a fondé l’association Espace Résilience et a enseigné la dramathérapie. Christelle Fauché applique le théâtre de la résilience lors d’ateliers destinés aux adolescent.es. Il s’agit d’utiliser les outils issus du théâtre pour apporter des ressources environnementales afin de mieux gérer des situations, guérir des blessures de l’enfance et ne pas « tomber malade de son environnement » [1.40]. En parallèle, le cœur du travail de Luca est de faire en sorte qu’un texte puisse être porté par des personnes ayant une expérience directe de ce qui se joue au cœur de la pièce. C’est pour cela qu’il crée des ateliers auprès d'amateur.rices, qui joueront ensuite pour certain.es dans ses pièces [8.44].  Sans parler de « soin » ou de « guérison », Luca remarque que l’acte théâtral a le pouvoir de réaligner quelque chose à l’intérieur de l’humain. Christelle parle de la capacité du théâtre à libérer la parole, exprimer des ressentis et s’adresser à quelqu’un, ce qui a une dimension sociale et sociétale [12.55]. Les bénéfices sont indéniables. Luca prend l’exemple d’une femme victime d’excision qui est progressivement devenue ambassadrice contre cette pratique à la suite des ateliers à la Maison des Femmes de Saint-Denis. En effet, le théâtre permet de mettre à distance des choses trop difficiles pour être exprimées en-dehors du plateau [18.20]. La présence d’un.e thérapeute n’est pas forcément nécessaire, en revanche, Christelle rappelle l’importance de la présence d’un tiers lors de l’animation d’ateliers, afin d’éviter la « toute-puissance ou impuissance de l’animateur.rice face à une situation » [28.11].  Les bénéfices procurés par le théâtre n’existent pas forcément pour les professionnel.les car on leur a inculqué que le théâtre était de faire semblant. Un véritable problème selon Luca, pour qui le théâtre est un acte réel qui se déploie dans un espace symbolique [31.57]. En revanche, le théâtre peut avoir des effets bénéfiques pour le public, qui reçoit l’énergie de la scène et peut ainsi se libérer des carcans psychiques en voyant des personnages vivre des choses qu’on ne voit pas d’habitude [38.33]. Pour Luca, c’est d’ailleurs le rôle des artistes d’aller au fond des choses et de toucher une forme de vérité pour la partager [39.02]. Œuvres conseillées: Five easy pieces de Milo Rau Familie de Milo Rau Quelque Chose écrit par Capucine Maillard et mis en scène Andréa Bescond Références citées : L’Iliade d’Homère Les Métamorphoses d’Ovide Hamlet de Shakespeare La catharsis décrite par Aristote Metteur en scène Jerzy Grotowski  Le théâtre de la cruauté d’Antonin Artaud  Un merveilleux malheur de Boris Cyrulnik Hors-Scène est un podcast créé par la journaliste Alexandra Vépierre, en collaboration avec l’autrice, comédienne et metteuse en scène Laëtitia Leroy. Générique réalisé par Thomas Rodriguez. A partir de la musique : Winters Call Auteur: Mattias Westlund Source: http://mattiaswestlund.net/ Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr
Comment faire du théâtre en direct sur Internet ? Quels sont les critères à prendre en compte pour créer un spectacle ? Quelles sont les sensations pour les comédien.nes et pour le public ?  Ce sont les questions que j’ai posées à Robert Plagnol et Luce Mouchel. Robert est comédien et a joué pour le théâtre, le cinéma et la télévision. Il est également le fondateur du site directauthéâtre.com, où il propose des spectacles en direct, via l’application de visioconférence Zoom. Il y joue actuellement La femme de ma vie écrit par Andrew Payne. Luce Mouchel est également comédienne pour le théâtre, le cinéma et la télévision. Vous la retrouvez d’ailleurs régulièrement dans la série de TF1 Demain nous appartient. Depuis quelques semaines, elle joue le spectacle qu’elle a écrit, Un petit souffle et j’allais tomber, sur Direct au théâtre. Pendant le premier confinement, Robert a commencé à proposer de jouer gratuitement son spectacle La Femme de ma vie en direct sur Zoom. Il a ensuite décidé de poursuivre en créant le site Direct au théâtre afin de proposer plusieurs spectacles payants joués en direct sur Internet [2.15]. Luce a ensuite rejoint l’aventure et joue maintenant son spectacle Un petit souffle et j’allais tomber, qu’elle a écrit et qui a été mis en scène par Pierre-Alain Chapuis [5.06]. Comme tout spectacle, une pièce de théâtre sur Internet demande un vrai travail de mise en scène : transformer son domicile en décor de théâtre, trouver les bons éclairages, travailler ses déplacements etc. Sur Internet, les comédien.nes doivent aussi prendre en compte les cadrages, qui doivent être très précis et surtout en gros plan [8.06].  Luce et Robert décrivent des sensations de jeu équivalentes, voire parfois accrues, à celles ressenties sur un plateau. Seule différence : il.elle n’entendent pas le public. Pour contrebalancer cette distance, tous deux rejoignent le public à la fin de la pièce et discutent par Webcam interposées, ce qui finalement rapproche encore plus les artistes et les spectateur.rices que lors d’une pièce dans un théâtre [16.04]. Les bugs dus aux problèmes de connexion existent, mais Robert et Luce rappellent que les problèmes de direct arrivent aussi au théâtre et qu’ils n’auront qu’à s’adapter. Robert raconte d’ailleurs des anecdotes de direct où il ne pouvait plus entrer dans sa session Zoom [26.28]. Pour l’instant, ce système n’est pas rentable mais peut le devenir si suffisamment de spectateur.rices assistent aux pièces [28.05]. L’intérêt par d’autres artistes se fait sentir depuis que le reconfinement a été annoncé, cependant Robert défend cette nouvelle forme de théâtre, qui pourra perdurer même lorsque les théâtres rouvriront. Luce y voit une manière exceptionnelle de faire connaître ses textes et son travail, connaissant les difficultés qui existent pour se faire programmer [29.39].  Œuvres conseillées : La Femme de ma vie écrit par Andrew Payne et joué par Robert Plagnol Un petit souffle et j’allais tomber, écrit et joué par Luce Mouchel, mis en scène par Pierre-Alain Chapuis Squash et Synopsis d’Andrew Payne Le Plan B d’Andrew Payne  Hors-Scène est un podcast créé par la journaliste Alexandra Vépierre, en collaboration avec l’autrice, comédienne et metteuse en scène Laëtitia Leroy. Générique réalisé par Thomas Rodriguez. A partir de la musique : Winters Call Auteur: Mattias Westlund Source: http://mattiaswestlund.net/ Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr
Comment crée-t-on un spectacle de rue ? Comment fonctionne ce secteur en France ? Quel impact a la crise actuelle sur ce milieu ?  Ce sont les questions que j’ai posées à Guillermina Celedon et Jean-Raymond Jacob. Guillermina est directrice artistique du collectif Plateforme avec lequel elle a créé deux spectacles dans l’espace public : TRAFIC et Seul.e.s. Jean-Raymond est auteur et metteur en scène de la compagnie Oposito, et directeur artistique du Moulin Fondu qui est un Centre national des arts de la rue. Tous deux se connaissent très bien puisque le Moulin Fondu a accompagné le collectif de Guillermina dans la création de ses spectacles. Les arts de la rue concernent toutes les formes artistiques (performance, danse, théâtre, musique, cirque, opéra etc.) qui se déroulent dans l’espace public. Ces manifestations culturelles n’ont d’ailleurs pas forcément lieu dans la rue mais peuvent investir des parkings, des bâtiments en construction etc. [1.28]  Jean-Raymond a d’abord commencé le théâtre dans les salles quand Guillermina a débuté dès l’enfance en jouant dans des espaces publics. Les deux artistes ont été séduits par la diversité du public que permet la rue et la possibilité d’une culture pour tous et toutes, gratuite et accessible [4.58]. Le public est d’ailleurs très varié car les arts de la rue touchent aussi bien les habitué.es que des spectateur.rices moins averti.es qui tombent sur les spectacles par hasard [7.36]. La place des spectateur.rices dans la dramaturgie est fondamentale. Jean-Raymond se voit comme un "dresseur de foule" quand Guillermina préfère accompagner le public dans son placement tout en préservant une grande part de liberté [12.16]. Dans la création d’un spectacle de rue, la scénographie a une place très importante. Certains éléments sont à prendre en compte, comme savoir si les artistes vont jouer de jour ou de nuit, établir la jauge du public ou choisir entre déformer l’espace public ou s’y intégrer. Point également primordial : la météo, qui peut être variable, d’où la nécessité de créer des spectacles imperméables [15.10].   Mais si aujourd’hui les mairies et préfectures autorisent et organisent la venue des artistes de rue, cette discipline est assez jeune et sa prise en compte très récente. En quarante ans, Jean-Raymond a participé à faire reconnaitre le métier et créer un cadre juridique, lui qui finissait auparavant au commissariat pour avoir joué dans la rue. C’est d’ailleurs grâce à l’argent public que les artistes sont rémunéré.es aujourd’hui [23.55]. Enfin, Guillermina et Jean-Raymond reviennent sur la crise actuelle qui impacte directement leur profession car il.elle ne peuvent pas jouer. Cette situation les révolte car il.elle affirment avoir une assez bonne connaissance de leur public pour pouvoir mettre en place des mesures pour respecter les gestes barrières [26.28].  Œuvres conseillées : - La compagnie Les Arts Oseurs de Périne Faivre - Attentifs Ensemble de la compagnie Ici-même - Monstre(s) d'Humanité de la Compagnie N°8 - Rictus de Garniouze - Marie-Do Fréval et sa compagnie Bouche à bouche - Macbeth du Théâtre de l’Unité Références citées : - Teatro del silencio [6.27] - Compagnie Royal de Luxe [17.45] [21.00]  - The Bread and Puppet Theatre [23.18]  Hors-Scène est un podcast créé par la journaliste Alexandra Vépierre, en collaboration avec l’autrice, comédienne et metteuse en scène Laëtitia Leroy. Générique réalisé par Thomas Rodriguez. A partir de la musique : Winters Call Auteur: Mattias Westlund Source: http://mattiaswestlund.net/ Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr
Comment s’organise le Festival d’Avignon ? Quels impacts a eu l’annulation de la 74e édition cette année ? Et comment fonctionnent les autres festivals d’art vivant en France ? Ce sont les questions que j’ai posées à Paul Rondin, directeur délégué du Festival d’Avignon depuis 2013 aux côtés d’Olivier Py. Créé en 1947 par Jean Vilar, le Festival s’appelait à l’époque une Semaine d’Art en Avignon et présentait 3 spectacles [2.18]. En 74 ans, le Festival a considérablement grandi pour obtenir une réputation mondiale. En 2019, le Festival d’Avignon proposait 43 spectacles dans 43 lieux différents, pour un total de 413 représentations et 106 700 billets vendus. Du côté du OFF, il y a eu 1 592 spectacles dans 139 lieux différents et 97 530 places vendues.  Même s’ils sont souvent associés, le Festival d’Avignon et le OFF sont très différents [5.21] : d’un côté un projet public de la culture qui rémunère les artistes, et de l’autre des initiatives individuelles où les artistes payent pour jouer.  Paul Rondin détaille l’organisation du Festival d’Avignon : les choix de programmation [8.52], les grandes étapes pour préparer une édition [13.30], les personnes qui y travaillent : 33 permanents jusqu’à atteindre 1200 à 1500 salariés au mois de juillet [16.21]. Du côté des financements, le budget global du Festival est de 13 millions d’euros et provient à 55% de l’argent public, puis de la billetterie et du mécénat [17.55] Pour la seconde fois en 74 ans, le Festival a dû être annulé en 2020, ce qui a eu de graves conséquences économiques et sociales pour le territoire [23.08]. Afin d’aider les artistes et de préparer la reprise, le Festival a entièrement redistribué les 7 millions d’euros d’argent public aux équipes artistiques et à 500 personnes qui devaient travailler pour le Festival cette année. Aujourd’hui, les équipes préparent la 75e édition normalement.  Néanmoins, Paul Rondin rappelle l’importance de la crise environnementale et de la nécessité de prendre des mesures dès à présent, même s’il trouve les milieux de la culture assez « timides » et « timorés » sur le sujet [31.44]. Le Festival d’Avignon a ainsi mis en place divers moyens : énergie propre, utilisation de vélos pour les équipes techniques, recyclage de tous les déchets etc. Mais la France est aussi le pays qui compte le plus de festivals, environ 6000 par an, ce qui est l’occasion de « partager la culture dans un moment festif » [36.44]. Ces festivals, de toutes tailles et de tous genres, sont pour certains en danger. Les Etats généraux des festivals prévus les 2 et 3 octobre 2020 seront l’occasion de se questionner sur l’avenir des festivals en France. Œuvre conseillée : Moby Dick de Yngvild Aspeli Hors-Scène est un podcast créé par la journaliste Alexandra Vépierre, en collaboration avec l’autrice, comédienne et metteuse en scène Laëtitia Leroy. Générique réalisé par Thomas Rodriguez. A partir de la musique : Winters Call Auteur: Mattias Westlund Source: http://mattiaswestlund.net/ Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr
Comment fait-on du théâtre à domicile ? Quels sont les avantages et les contraintes des lieux non dédiés au spectacle ?  Ce sont les questions que j’ai posées à Jérôme Delage, comédien, et Caroline Di Paolo, costumière. Avec leur compagnie [24.92], il.elle investissent des lieux atypiques pour amener le théâtre là où il n’y en a pas : bars, écoles, jardins, domicile des spectateur.rices [2.30]. Afin de s’adapter au mieux aux lieux sans « recréer un théâtre dans un domicile », Jérôme et Caroline proposent des seuls-en-scène avec uniquement quelques accessoires [5.14]. Ces conditions créent des rapports privilégiés avec le public car elles permettent davantage d’interactions et une proximité impossible dans un théâtre [10.50]. Les fondateur.rices de la compagnie admettent qu’il y a peu de chance que les nouveaux publics aillent vers les théâtres par la suite car ces dernier.ères sont d’abord motivé.es par l’expérience du théâtre chez soi [14.11]. Si trouver un modèle de rémunération à cette forme particulière s’avère compliqué [16.29], Jérôme et Caroline proposent également des spectacles dans d’autres lieux atypiques –écoles, médiathèque, jardin -, ce qui leur permet d’être stable économiquement. Selon Jérôme, il est particulièrement intéressant de « se laisser surprendre par l’espace pour nourrir la pièce et sa proposition » [21.10]. Jérôme et Caroline donnent des conseils pour les artistes qui aimeraient créer dans des espaces alternatifs, un modèle qui permet selon Caroline de revenir à l’essence du théâtre [22.58]. Toujours dans la volonté de décloisonner le théâtre, il.elle proposent également des lectures audios théâtralisées [25.56]. Enfin, les deux fondateur.rices de la compagnie reviennent sur leurs projets en gestation [27.18]. Œuvres conseillées :  Caroline : Phèdre de François Gremaud et Gilles et Bérénice de la compagnie ATTENTION FRAGILE. Jérôme : 55 dialogues au carré de Jean-Paul Farré Références citées :  L'art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation, un texte de Georges Perec Journal d'Adam/Journal d'Ève, un texte de Mark Twain  « Je peux prendre n'importe quel espace vide et l'appeler une scène. Quelqu'un traverse cet espace vide pendant que quelqu'un d'autre l'observe, et c'est suffisant pour que l'acte théâtral soit amorcé. » - Peter Brooke Hors-Scène est un podcast créé par la journaliste Alexandra Vépierre, en collaboration avec l’autrice, comédienne et metteuse en scène Laëtitia Leroy. Générique réalisé par Thomas Rodriguez. A partir de la musique : Winters Call Auteur: Mattias Westlund Source: http://mattiaswestlund.net/ Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr
Comment les théâtres sont-ils financés ? Qu’est-ce que le statut d’intermittent et qui y a droit ? Le théâtre va-t-il pouvoir se relever de la crise actuelle ?  Ce sont les questions que j’ai posées à Martial Poirson, professeur d’histoire culturelle, de littérature et d’études théâtrales à l’Université Paris 8. Il est également auteur de plusieurs ouvrages, dont Spectacle et économie à l’âge classique et Économie du spectacle. Condamné à être toujours déficitaire [2.54], le modèle économique du spectacle vivant repose en grande partie sur les financements de l’Etat [4.18]. Cette subvention destinée aux théâtres publics permet de garantir l’audace artistique et de conserver des prix abordables pour les spectateurs [7.09]. De leur côté, les théâtres privés ont un modèle complètement différent car ils sont obligés d’être rentables, ce qui explique les différences de pratique entre le public et le privé [10.23]. Martial revient ensuite sur le statut d’intermittent du spectacle, qui est lié au caractère atypique du travail dont une grande partie de l’activité ne se déroule pas sur scène et n’est donc pas rémunérée [12.52]. Mais ce régime exclut les jeunes créateurs qui ne peuvent pas y accéder dès le début de leur carrière. [18.25] Ce modèle économique fait aujourd’hui face à la crise sanitaire qui a contraint les théâtres à fermer [23.51]. Si l’Etat a annoncé quelques mesures dont l’année blanche, Martial note le manque d’informations et l’insuffisance des décisions prises [25.54]. L’impact sur le secteur est très important et met aussi en avant les lacunes de ce modèle. Parmi elles, la baisse d’ambition culturelle de l’Etat et le flou total qui encadre la création sur le numérique [29.57]. Pendant le confinement, les profesionnel.les du théâtre ont continué à travailler notamment sur les réseaux sociaux, or leurs prestations ne sont pas rémunérées. Le même problème se pose pour les captations qui ont été mises en ligne gratuitement, sans permettre la rémunération des artistes [34.31]. La nécessité d’inventer de nouveaux modèles s'avère indéniable. Œuvre conseillée : Le présent qui déborde de Christiane Jatahy Références et notions citées : La richesse des nations d’Adam Smith Loi de Baumol par Baumol et Bowen Festival Impatience du Centquatre destiné au théâtre émergent Hors-Scène est un podcast créé par la journaliste Alexandra Vépierre, en collaboration avec l’autrice, comédienne et metteuse en scène Laëtitia Leroy. Générique réalisé par Thomas Rodriguez. A partir de la musique : Winters Call Auteur: Mattias Westlund Source: http://mattiaswestlund.net/ Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr
Comment fonctionnent les arts immersifs et qu’est-ce que cette évolution dans l’art signifie sur notre société ? Ce sont les questions que j’ai posées à Tristan Bruemmer, auteur, metteur en scène, et président de l’AFAI, l’association française des artistes de l’immersif. Assez présents dans les pays anglo-saxons où ils sont nés, les arts immersifs commencent à se développer en France depuis les années 2010. Ces spectacles ont la particularité de mêler le public et les artistes dans un même espace et dans des lieux différents du théâtre traditionnel (hôtel, manoir etc.). Les spectateur.rices ont une place prépondérante car ils.elles font partie intégrante de la performance et peuvent parfois influencer le cours des événements [7.40]. Ce modèle permet d’explorer de nouvelles manières de créer [9.58] mais aussi de toucher des nouveaux publics plus jeunes, peu intéressés par le théâtre « traditionnel » ou à la recherche de nouvelles expériences [10.54]. En tant qu’auteur, Tristan revient sur les critères à prendre en compte pour écrire une pièce de théâtre immersif : le rôle du public, les informations à transmettre, le rapport à l’espace [12.10].  L’intérêt pour l’immersif est aussi une réaction des artistes pour sortir de la concurrence avec le cinéma et retrouver le côté « vivant » qui compose l’essence du théâtre [18.50]. Le public de son côté recherche une place plus active et souhaite vivre des expériences inédites. Un phénomène que Tristan remarque dans tous les pans de notre économie [21.58]. Et si le risque de tomber dans le loisir et le divertissement existe, il n’est pas plus fort que dans les autres formes d’art. Il peut néanmoins être amplifié à cause des difficultés économiques de ce milieu artistique qui a besoin de beaucoup de financements [23.47]. Le confinement a également permis aux artistes d’explorer de nouvelles formes de théâtre immersif. Ils.elles reconnaissent néanmoins avoir créé du théâtre interactif plutôt qu’immersif, impossible lorsque les spectateur.rices ne sont pas immergé.es dans un dispositif [25.39]. Tristan ne s’inquiète d’ailleurs pas des nouvelles règles sanitaires qui pourront être intégrées facilement dans les spectacles [27.46]. Artiste conseillé : Tino Sehgal Les références citées : - Manifeste des Arts Immersifs d'Anaïs Bernard [1.49] - La compagnie Punchdrunk Theatre fondée par Felix Barrett, qui a notamment créé le spectacle Sleep No More [3.47] - Helsingor, Château d'Hamlet de Léonard Matton et la compagnie A2R [5.49] - Odyssey Works [8.12] - Metteuse en scène Mélina Despretz [9.40] - The Viewpoints Book d’Anne Bogart [20.26] - The Experience Economy de B. Joseph Pine II et James Gilmore [22.24] - Home de Monde Sauvage [25.59] - Next Time de Candle House Collective [26.00] puis [26.52] - A play in a bathtub de This is not a theatre company [26.03] - Deux sœurs de Maïté Ferhat [26.06] puis [26.22] basé sur Orgueil et Préjugés de Jane Austen -  Carte blanche à Tino Sehgal au Palais de Tokyo (octobre 2016) [29.00] Hors-Scène est un podcast créé par la journaliste Alexandra Vépierre, en collaboration avec l’autrice, comédienne et metteuse en scène Laëtitia Leroy. Générique réalisé par Thomas Rodriguez. A partir de la musique : Winters Call Auteur: Mattias Westlund Source: http://mattiaswestlund.net/ Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr
Quels sont les rôles des comédiens et comédiennes dans la société ? Doivent-ils.elles rester uniquement dans les théâtres ? Et comment conservent-ils.elles un rôle lorsque les théâtres sont fermés ? Ce sont les questions que j’ai posées à la comédienne, metteuse en scène et réalisatrice lyonnaise Bertille Garraud. Avant la fermeture des théâtres, Bertille travaillait sur sa propre pièce [Insérez nom ici]. Obligée de reporter son projet, elle a participé pendant le confinement aux Covidéastes, un projet de vidéos de prévention humoristiques sur le Covid-19 qui a été mis en place par l’association Meliponi [1.29]. Le projet a dû se réaliser à distance, avec la contrainte de rester chez soi et d’utiliser comme décors les objets qui entouraient les artistes [7.10]. Bertille pointe la difficulté du métier de comédienne pour lequel il faut « sans arrêt se justifier ». Alors en confinement, trouver sa place devient encore plus complexe. Selon elle, son rôle ne s’est pas arrêté malgré la fermeture des théâtres. Elle a profité de son temps pour écrire ses prochaines pièces, tenir une émission de radio pour une association et continuer à assurer ses cours de théâtre de manière très intensive. Une belle manière pour elle d’être utile aux autres. [8.40] Car selon elle, « même sans être dans un théâtre clos, le théâtre existe toujours d’une manière ou d’une autre, dans plein d’autres formes ». Preuve en sont les nombreuses initiatives qui ont fleuri sur les réseaux sociaux et dans la rue [13.11]. De manière plus générale, Bertille reconnait l’importance des comédien.ne.s pour faire passer des messages. Vulgarisation scientifique, réflexions sur des faits de société, partage d’idées, elle détaille aussi l’intérêt du théâtre forum pour agir de manière concrète sur les consciences [15.50].  Et même en-dehors des lieux artistiques, les comédien.ne.s conservent un rôle. Bertille a ainsi organisé des ateliers de théâtre en maison de retraite. Des moments amusants et très humains mais qui demandent énormément de force [19.05]. Elle pointe aussi les difficultés à agir ailleurs que dans les milieux artistiques et à travailler avec des équipes de secteurs très différents, qui n’ont pas forcément le langage artistique [21.12]. Enfin, ses expériences et anecdotes sont l’occasion de se demander si le théâtre reste un art même lorsqu’il a une visée utilitaire [23.24]. Œuvre conseillée : Contes et Légendes, une création de Joël Pommerat (que je conseille également !) Hors-Scène est un podcast créé par la journaliste Alexandra Vépierre, en collaboration avec l’autrice, comédienne et metteuse en scène Laëtitia Leroy. Générique réalisé par Thomas Rodriguez. A partir de la musique : Winters Call Auteur: Mattias Westlund Source: http://mattiaswestlund.net/ Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr
Les théâtres ont-ils toujours un rôle à jouer même lorsqu’aucun.e comédien.ne ou spectateur.rice ne peut y entrer ? C’est la question que j’ai posée à Edouard Chapot et Mathieu Touzé, les directeurs du Théâtre 14. Si depuis la mi-mars, tous les établissements culturels ont dû fermer, cette période de battement permet néanmoins de s’interroger sur les missions des théâtres, pendant les crises comme en temps normal. Edouard et Mathieu sont devenus les directeurs du Théâtre 14 à la suite du comédien Emmanuel Dechartre resté près de 30 ans à cette place. Ils ont construit leur projet et travaillé avec leur équipe pendant les 8 mois de travaux du théâtre et ont commencé leur saison en janvier 2020. C’est donc en pleine période de création et de dynamisme pour séduire les anciens publics et en créer de nouveaux qu’ils ont été contraints de fermer momentanément les portes de leur théâtre [2.45]. Mais cette fermeture ne sonne pas la fin des missions de ce théâtre municipal subventionné. Si selon Mathieu, l’art théâtral ne peut exister sans l’idée de « rencontre », le lieu et ses équipes conservent tout de même des missions publiques de diffusion. Les réseaux sociaux deviennent alors un lieu propice pour continuer à défendre la création contemporaine, créer une communauté et partager l’art du théâtre. Ils mettent en place chaque jour des live durant lesquels leurs artistes associés lisent des passages des livres qui les ont construits en tant qu’artistes [7.17].  Mais même avant la fermeture des théâtres, les directeurs utilisaient davantage les réseaux sociaux que leur prédécesseur, d’abord pour poursuivre leur mission d’université populaire [10.20] mais également pour être plus en phase avec leur génération et plus proche de leur public. Ils profitent alors de cette période pour réfléchir à des manières pérennes d’utiliser le numérique. [13.11] Parmi leurs réflexions en cours, la préparation de la rentrée. Les directeurs reviennent sur leur projet artistique [20.33], qui doit être adapté aux particularités de la salle, plus propice aux spectacles intimes, sobres et concentré sur le jeu. La programmation de la rentrée devra donc respecter leurs objectifs tant d’un point de vue artistique que social et politique [25.01]. Enfin, ils partagent avec nous les captations qui les ont enthousiasmés durant cette période qui s’avère passionnante d’un point de vue documentaire [28.14]. Hors-Scène est un podcast créé par la journaliste Alexandra Vépierre, en collaboration avec l’autrice, comédienne et metteuse en scène Laëtitia Leroy.  Le son de cet épisode été travaillé avec l’aide de Redjaw. Générique réalisé par Thomas Rodriguez. A partir de la musique : Winters Call Auteur: Mattias Westlund Source: http://mattiaswestlund.net/ Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr
Comment continuer à écrire et créer lorsqu’on n’a plus accès aux théâtres ? C’est la question que j’ai posée à Laëtitia Leroy, autrice, comédienne, metteuse en scène et également co-créatrice de ce podcast (oui elle cumule les casquettes). Avec le confinement, les conséquences ont été nombreuses pour les artistes du monde du spectacle. D’abord privé.e.s de scène, les comédien.ne.s et metteur.se.s en scène se retrouvent également éloigné.e.s de leurs partenaires de jeu. Difficile de continuer à créer dans ces circonstances, sans compter l’angoisse et le déboussolement que peut augurer une telle situation. Obligée de reporter les premières représentations de sa pièce Monstre-moi, ainsi que son passage à Avignon, Laëtitia a profité de cette pause imposée pour se questionner sur son métier. Avec nous, elle réfléchit aux possibilités d’un théâtre différent –sans scène [9:40], dans la rue [10:25], ou exclusivement numérique [11:39] - mais avoue qu’elle ne peut pour l’instant pas imaginer de créer sans penser à la scène d’un théâtre. Ce temps « hors du temps » lui permet alors de se focaliser sur l’écriture sans être accaparée par le joyeux foisonnement de son quotidien [7:02]. Pour elle, le confinement « c’est le temps des auteurs ». Elle revient avec nous sur l’essence de son métier [14:14]. Elle qui écrit « depuis qu’[elle] peut tenir un stylo » souhaite avant tout « trouver du sens à la société dans laquelle on évolue aujourd’hui » et « faire réfléchir ». Passionnée par la psychologie humaine et fervente défenseuse des invisibilisé.e.s (féministe vous avez dit ?) [17:22], elle accorde une place prépondérante à la création de personnages complets, « pas tout roses et pas tout bleus ». De sa passion pour le dictionnaire [20:37] jusqu’au travail de mise en scène [23:50], elle détaille toutes les étapes qui se succèdent entre l’idée et l’œuvre. Bienvenue dans Hors-Scène, je vous souhaite une belle écoute !    Hors-Scène est un podcast créé par la journaliste Alexandra Vépierre, en collaboration avec l’autrice, comédienne et metteuse en scène Laëtitia Leroy. Œuvre conseillée : la pièce de théâtre Rémi conçue, adaptée et mise en scène par Jonathan Capdevielle. Générique réalisé par Thomas Rodriguez. A partir de la musique : Winters Call Auteur: Mattias Westlund Source: http://mattiaswestlund.net/ Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr
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2020-05-0101:33

Hors-Scène est le podcast qui dévoile les dessous du théâtre. Retrouvez-nous un mardi sur deux pour partir à la rencontre de professionnel.le.s du secteur -auteur.rices, metteur.se.s en scène, directeur.rice.s de salle, chercheur.se.s etc- et mieux comprendre le théâtre français de 2020.   Générique réalisé par Thomas Rodriguez. Avec les voix de Wilhem Frénée, Virginie Hazard, Clara Hertz et Nathalie Peltier A partir de la musique : Winters Call Auteur: Mattias Westlund Source: http://mattiaswestlund.net/ Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr
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