DiscoverExpertes à la Une
Expertes à la Une

Expertes à la Une

Author: Christelle Chiroux

Subscribed: 4,353Played: 3,871
Share

Description

Femme politique, entrepreneure, économiste, sportive, scientifique, historienne ou encore médecin... qui sont-elles ? Quels sont leurs parcours ? Quelles sont leurs expertises et en quoi cette expertise est-elle utile ? « EXPERTES A LA UNE » part à la rencontre de CELLES qui ont des choses à dire.  Leur parole ne sera pas interrompue par le son d’une voix plus forte ou plus grave. Les Expertes seront à l’honneur dans ce podcast car le savoir ne doit pas se  résumer à une moitié de l’Humanité. Mes invitées sont des femmes légitimes dans leurs domaines de compétence, leur voix doit être entendue. Parfois trop invisibles, je plonge dans chaque épisode au cœur de leur univers intime ou professionnel, sous la forme d’une conversation pour les mettre dans la lumière.

10 Episodes
Reverse
   Patricia Boughani est la première femme à diriger la plus grande composante police de la mission des Nations Unies au Mali, la MINUSMA . Elle me reçoit chez elle la veille de son départ. Deux valises sont prêtes dans le hall d’entrée, une pour les uniformes et une deuxième avec quelques ustensiles de cuisine ! Sur place à Bamako, Madame la générale doit encore se trouver un appartement mais sa priorité pour l’heure est de recevoir les résultats de son test PCR … Quoi qu’il arrive me dit-elle, j’irai prendre mon avion à Roissy demain matin, mon arme est déjà partie ! Patricia Boughani est consciente du danger, 5 militaires français viennent de trouver  la mort au Mali dans le cadre de l’opération Barkhane en moins d’une semaine. Pour assurer le maintien de la paix au Mali, la tâche des gendarmes et des policiers, les bérets bleus, ne sera pas facile, la Générale 3 étoiles part avec l’ambition de réussir sa mission. La MINUSMA est pour l’instant prorogée jusqu’en juin 2021. Grande marathonienne, Patricia Boughani est la troisième femme à être devenue Générale de gendarmerie.
Anne-Laure Kiechel  conseille en coulisses les plus grands, celle qui a pour modèle Albert Schweitzer vole au secours des pays en souffrance ! Le confinement est une aubaine pour rencontrer cette économiste qui passe sa vie normalement dans les avions ! Je la rencontre dans ses bureaux cossus des beaux quartiers de Paris. Elle me reçoit entre deux visio-conférences, qui sont ses interlocuteurs du moment ? Secret défense !  Anne-Laure Kiechel conseille les puissants, de la Grèce à l'Argentine en passant par des pays d'Afrique, son carnet d'adresse est aussi riche que son parcours. Economiste spécialisée dans la dette souveraine, elle est restée 10 ans chez Lehman entre New-York et Paris, puis 10 ans chez Rothschild avant de créer à 43 ans sa société, GSA (Global Sovereign Advisory) qui compte aujourd'hui une trentaine de jeunes collaborateurs. Une femme discrète et secrète dans le monde très feutré  et souvent très masculin des banques d'affaires.  Anne-Laure Kiechel avance avec l'exigence de l'excellence, travaille énormément et gagne la confiance de ses clients année après année.  Alors la question se pose , conseille t-elle son propre pays : la France ? "J'ai une règle extrêmement stricte me dit-elle, qui est de ne pas me mêler des affaires de mon propre pays !"
Marlène Schiappa m'offre son mini-guide qu'elle vient d'éditer chez Dalloz, "Les droits des femmes face aux violences", un outil de plus pour aider les femmes qui en auraient besoin. Elle est fière de me dire que "ce petit guide peut se donner discrètement, il tient dans la poche, dans un sac à main" et que les droits seront reversés à la fédération nationale solidarité femmes qui gère le 39 19. Engagée, féministe et autodidacte, Marlène Schiappa est entrée dans l’arène politique en mai 2017 aux côtés du Président Emmanuel Macron. Elle  ne connaissait pas les codes mais elle a vite appris, "on fait des erreurs au début, et après peut-être de moins en moins ou on choisit ses erreurs ! "et elle poursuit, "quand je suis arrivée , on m'a dit que je ne tiendrai pas trois semaines,  et trois ans après je vous reçois ici, place Beauvau ." Sa réussite et son parcours peuvent  agacer certains mais la ministre est toujours en marche . Elle avance avec audace, énergie et travail, le tout enveloppé d'une bonne dose de communication,  sa marque de fabrique . La ministre  n'hésite pas à se livrer,  évoque sans complexe l'écriture de sa littérature érotique ou un père aimant, trotskiste, qui ne soutient pas du tout le gouvernement et qui  avec humour lui lance au cours d'une visite avec sa sœur : "Ah voilà les gens de droite !". En quatre ans, Marlène Schiappa a réussi à se faire un nom !
 "La psychologie positive, c'est la science du bonheur, c'est essayer de remplacer la question du pourquoi je vais mal par comment aller mieux!" Guila Clara Kessous travaille sur ce sujet depuis des années , elle enseigne cette science du bonheur à Paris mais aussi à l'université d'Harvard aux Etats Unis. Elle me l'assure , elle va bien même confinée dans son appartement  parisien. Le ton est d'ailleurs  donné au pied de sa porte d'entrée avec  un paillasson en forme de cœur! "Je crois au monde d'ensuite me dit-elle , Je crois profondément que ce qui va advenir va nous permettre d'avoir une conscience plus accrue de la place de chacun et de notre rôle à chacun."  Malgré la crise que le monde traverse, elle se projette déjà dans  "un monde d'ensuite" qui, selon elle, sera meilleur. Spécialiste de la psychologie positive, elle accompagne les soignants et les patients qui luttent actuellement  contre le coronavirus, elle conseille et coach aussi les dirigeants d'entreprises qui doivent faire face à une crise économique. Diplômée de Harvard et de l'ESSEC, Guila Clara Kessous est aussi comédienne. Auteure du grand livre de la psychologie positive (éditions Eyrolles), Guila Clara Kessous est  également artiste de l'Unesco pour la paix et Rising Talents 2020 du Women's Forum.  
"Et toi ça va ? Antoine angoisse, culpabilise et ne se sent capable de rien. Il est toujours fatigué, a du mal à s'intéresser aux choses, aux autres. Il dort mal, pense que sa vie n'a plus de sens, et se dit qu'il vaudrait mieux que tout s'arrête." L'histoire d'Antoine, la psychiatre Astrid Chevance la connaît bien,  c'est ce que vit une personne sur cinq,  près de neuf pour cent des Français  sont en dépression à l'heure actuelle.  Des personne atteintes de dépression , on en a tous connu autour de nous , me précise la jeune doctorante en épidémiologie.  L'histoire d'Antoine,  Astrid Chevance l'a écrite pour un court-métrage  réalisé par Marie-Stéphane Cattaneo avec la Fondation Pierre Deniker . A travers ce film de sensibilisation et ses différentes recherches,  le Dr Astrid Chevance  souhaite alerter sur cette maladie parfois insidieuse.  Durant cette période de crise sanitaire, la santé  mentale des français va être mise à mal, prévient-elle, et nous ne devons pas la sous-estimer.  Installée avec ses 3 écrans et son  clavier sur la table de la cuisine de son appartement, Astrid Chevance me raconte son parcours atypique mêlé d'histoire , de  philosophie et de médecine. Aujourd'hui , elle mène de front sa vie de mère de famille et sa vie professionnelle, elle travaille sans relâche du matin au soir,  dort peu, me confie-t-elle, pour terminer sa thèse de doctorat.  La dépression, c'est son sujet de recherche. Un sujet qui  hante son esprit jour et nuit, et pour lequel elle vient de recevoir à 34 ans le Prix jeunes talents 2020 l'Oréal-Unesco pour les femmes et la science.
La coupe du monde féminine de football en 2019,  Brigitte Henriques en parle encore  avec ferveur et émotion, un événement auquel elle a toujours cru : "La vision , elle était simple , c'était 5 piliers :  c'était la coupe du monde ce n'est pas qu'un simple événement sportif, elle va avoir un impact sociétal, elle va montrer que la mixité, que la diversité, c'est quelque chose de très important pour notre société et que ça intéresse du monde et que ça va faire changer les mentalités et ça je le portais avec toutes mes tripes ! " Brigitte Henriques, 49 ans, me reçoit dans son bureau , numéro 316, elle est fière de me montrer la petite plaque collée sur sa porte, un nom, un titre : Brigitte Henriques, Vice-présidente de la FFF,  Fédération Française de Football. Son bureau est au troisième étage, l’étage de la direction, son voisin du numéro 315 s’appelle Noël Le Graët, c’est lui qui est allé la chercher en 2011 pour devenir la Numéro 2 de la Fédération.  Brigitte Henriques est un experte du football féminin, elle le connait parfaitement et le défend avec une énergie débordante. Entière, elle ne cherche pas à cacher ses émotions et laisse percevoir des trémolos dans la voix lorsqu’elle évoque les grands événements de sa carrière, comme la première fois qu'elle porte le maillot bleu en équipe de France en 1988, elle avait  seulement 17 ans. Volubile, passionnée, Brigitte Henriques me raconte son enfance dans sa ville de cœur, Poissy, ses premières amours avec le ballon rond, sa carrière de sportive, de ses nombreuses sélections en équipe de France,  de sa fonction de manager au PSG et puis de ses 9 années passées à la Fédération avec bien sûr en point d'orgue l'organisation  du mondial Féminin de foot en 2019.
« Mes parents sont illettrés mais ils m’ont appris des choses qu’on n'apprend pas dans les livres, ils m’ont appris le respect, ils m’ont appris le courage, ils m’ont appris la résilience. Tout le reste je le dois à l’éducation nationale, je le dois à ma première professeure de CP, j’arrivais en France, je ne parlais pas la langue, il faisait froid et personne ne me ressemblait, c’était un déchirement très important et cette femme d’une générosité extraordinaire m’a prise sous son aile et elle m’a fait aimer l’école et c’est à elle que je dois ce que je suis aujourd’hui » Aujourd'hui, Elisabeth Moreno est  Ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes , de la diversité et de l'égalité des chances , "je crois que ce ministère est un vrai cadeau du ciel parce qu'il représente tout ce que je suis" me dit-elle . L'ancienne patronne de Hewlett Packard Afrique, experte de la tech,  m’accueille dans son bureau  du ministère coloré d'orchidées , un cadeau qu'elle vient de  recevoir pour ses 50 ans.  Le ton est  direct , durant  près d'une heure la  nouvelle ministre accepte de se livrer sur son enfance  au Cap-Vert , son parcours professionnel , ses rencontres avec Emmanuel Macron et ses débuts en politique. Elisabeth Moreno, novice en politique, occupe désormais un poste stratégique dans le gouvernement  de combat qu'a voulu Jean Castex. Le combat , un mot qui ne fait pas peur à cette self-made-woman  qui "s'est battue pour survivre".
«J’ai rencontré un univers très hiérarchisé et une forme d’autorité très dictatoriale, quelques fois assez humiliante pour les musiciens, et l’arrivée d’une femme à un poste de commandement, de direction, a exigé d’autres qualités humaines que certains des hommes n’exprimaient pas » La voix douce et posée de Claire Gibault, cheffe d’orchestre,  contraste avec le monde musical dans lequel elle a réussi à se faire une place.  Née en 1945 au Mans, Claire Gibault est bercée par la musique depuis sa plus tendre enfance. Son père, professeur de solfège au conservatoire lui transmet sa passion . A quatre ans elle apprend à lire les notes de musique, à cinq ans ses doigts glissent sur un piano et à sept ans elle découvre le violon. Claire Gibault, cheffe d’orchestre, première femme à diriger à la Scala de Milan est aujourd’hui à la tête du Paris Mozart Orchestra. Elle  organise la première édition d’un concours international de cheffes d’orchestre, La Maestra, en partenariat avec la Philarmonie de Paris . Grande Maestra, Claire Gibault invitée dans le monde entier me reçoit très simplement chez elle à Paris,  dans son salon ou plutôt son bureau, un piano domine près de la fenêtre  ainsi qu'une table tapissée de partitions , c'est ici que Claire Gibault, grande travailleuse qui ne compte pas s'arrêter, m'ouvre le livre de sa vie professionnelle et personnelle.
« On a pris un coup, vraiment un coup physique, un coup moral et on se voit mal recommencer, alors bien sûr on le fera parce que c’est notre travail mais c’est un exploit ce qu’on a fait en mars et un exploit ce n’est  pas destiné à être refait comme ça tous les 6 mois, on ne voit pas comment on retrouvera l’énergie qu’il faut pour réaliser un exploit comme celui-là donc le destin des Français est entre leurs mains ».  Le message est là, clair et sans détour, la Professeure Lila Bouadma, membre du conseil scientifique Covid19  me reçoit dans son bureau au fond du service de réanimation dans le sous-sol de l’hôpital Bichat. Son bureau se  résume à une chaise, une table un matelas au sol et un vélo. Inconsciemment la réanimatrice verrouille la porte de son bureau. Cet endroit c’est son sas de décompression lorsqu’elle enchaine chaque mois une série de 3 gardes. L’endroit où elle vient s’assoupir entre deux réanimations. Lila Bouadma a 49 ans et depuis presque 20 ans, elle diagnostique, traite, soigne et réanime à Bichat .
Expertes A la Une, le podcast, part à la rencontre de CELLES qui ont des choses à dire, de celles qui ne doivent pas être exclues du monde de la connaissance.  Les Expertes seront à l’honneur dans ce podcast car le savoir ne doit pas se  résumer  à une moitié de l’Humanité ! 
Comments 
Download from Google Play
Download from App Store