JINS
Claim Ownership

JINS

Author: JINS Podcast

Subscribed: 68Played: 463
Share

Description

JINS, c’est le premier podcast sur la sexualité des personnes Arabes et/ou musulmanes de France. 100% indépendant, féministe, intersectionnel et inclusif.
Avec l’explosion des actes extrémistes, sexistes, islamophobes, racistes, LGBTphobes, il est urgent d’établir un climat de tolérance, de sortir du dogme et de rétablir la vérité.
Chaque semaine dans JINS (« sexe » en arabe), un∙e invité∙e d’exception déconstruira les stéréotypes, pour permettre à tou∙te∙s de mieux construire son identité, de mieux comprendre l’islam et de mieux accepter sa sexualité. 
35 Episodes
Reverse
Bonjour à toutes et à tous ! Bienvenue dans ce nouvel épisode de JINS, où l’on va parler de la biologie de la sexualité. Qu’est-ce que ça veut dire au juste ? Ça veut dire qu’avant de parler de comment les Arabes sont des personnes racisées ou comme les musulmans font ci ou ça, il s’agit de comprendre comment le corps humain se différencie dans les multiples versions de sa morphologie sexuelle. On va tenter l’expérience périlleuse pour les auditeur·ice·s de comparer biologiquement l’homme et la femme, de rentrer dans la biologie de la non-binarité, de l’intersexuation, de la fabrique du sexe, de la sexualisation du cerveau et bien sûr essayer de comprendre ce qui se joue physiologiquement en nous pour comprendre notre orientation sexuelle. Quels sont les mécaniques corporelles et hormonales qui règlent et dérèglent nos processus de différenciation sexuée ? Qu’est-ce qui rentre en jeu dans les variations du développement sexuel ? Est-ce qu’il y a un gène pour expliquer tout comportement ou attirance sexuelle ? Accrochez-vous bien, parce qu’il y a beaucoup de concepts scientifiques mais qui vont vous éberluer sur les mystères que la science tente d’élucider de nos jours sur la sexualité.  Aujourd'hui, j’ai l’honneur de parler à une très grande pointure : il s’agit du biologiste belge Jacques Balthazart. Spécialiste en neuroendocrinologie du comportement, il est un des plus grands experts de la question de l’homosexualité, entre l’inné et l’acquis. Il est chargé de cours émérite à l’Université de Liège en Belgique. Toute sa carrière il s’est intéressé aux mécanismes biologiques contrôlant l’orientation sexuelle chez les animaux et les humains. Il va donc souvent à l’encontre des premières théories psychanalytiques et des théologies conservatrices qui soulignent l’impact de l’éducation et de l’environnement dans la génération d’individu non hétérosexuels. En 2019, il publie Quand le cerveau devient masculin aux éditions HumenSciences. En 2010 déjà, il publie l’ouvrage Biologie de l’homosexualité. véritable séisme dans la sphère scientifique, qu’il vient de rééditer sous le nom On naît hétéro ou homosexuel, on ne choisit pas de l’être.   « Il y a des déterminants biologiques de l’homosexualité qui sont assez forts, à savoir les hormones, la génétique, l’épigénétique… mais chacun d’entre eux n’expliquent encore qu’une partie des homosexualités. » --- Jacques Balthazart  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Quand le cerveau devient masculin (2019) de Jacques Balthazart On naît hétéro ou homosexuel, on ne choisit pas de l’être (2021) de Jacques Balthazart Biologie du couple (2015) de Jean-Didier Vincent Féminin Masculin : Mythes et idéologies (2006) de Catherine Vidal XY : De l’identité masculine (1994) d’Élisabeth Badinter Les secrets du cerveau féminin (2006) de Dr Louann Brizendine Celui qui est digne d’être aimé (2017) d’Abdellah Taïa Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ L’armée du salut (2013) d’Abdellah Taïa  Petite fille (2020) de Sébastien Lifshitz Madame (2019) de Stéphane Riethauser La Mauvaise Éducation (2004) de Pedro Almodóvar Moonlight (2016) de Barry Jenkins Call me by your name (2017) de Luca Guadinigno Come as you are (2018) de Desiree Akhavan La sociologue et l’ourson (2016) d’Étienne Chaillou & Mathias Théry Le Fil (2009) de Mehdi Ben Attia  Boy erased (2018) de Joel Edgerton Si vous voulez mater des séries 💻💿👀 Masters of Sex (2013) sur Prime Video Sex education (2019) sur Netflix Si vous voulez interagir, suivez JINS sur Instagram sur le compte @jins_podcast
Bonjour à toustes ! Bienvenue dans ce nouvel épisode de JINS, votre podcast sur la sexualité des personnes Arabes et/ou Musulmanes de France ! Aujourd'hui, on va aborder une question complexe mais qui tend, comme d’habitude dans JINS, à réfléchir sur l’inclusion. Mais avant toute chose, je préfère déjà préciser que tous les mots insultants, argotiques et péjoratifs employés auparavant sont à oublier, je leur préférerais toujours le terme « travailleur·euse·s du sexe ». Car oui, il s’agit d’un travail. Au Maroc, l'expression « filles qui sortent » désigne celles qui fréquentent les night-clubs et les bars la nuit pour gagner leur vie. Au-delà du fait prostitutionnel, le « sortir » renvoie aussi plus largement aux distances qu’une partie de la jeunesse féminine des classes populaires prend avec les normes, la moralité et la respectabilité. Loin d’être confiné à la marginalité, le sortir joue sa partition dans les métamorphoses de l’ordre sexuel et intime dans un contexte d’essor de l’économie du divertissement et d’accroissement des inégalités. Y émergent de nouvelles valeurs qui remettent en cause les régimes moraux et juridiques tout en réaffirmant l’ordre hétérosexuel. Pour tenter d’y voir plus clair sur la très épineuse question de la prostitution, dans un contexte arabo-musulman, colonial et postcolonial, j’ai réussi à parler à une très grande pointure, spécialiste de ce sujet, il s’agit de Mériam CHEIKH. Membre du département des études arabes de l’INALCO, Mériam est une anthropologue spécialisée dans la dissidence morale des jeunes des classes populaires au Maroc. Son travail se concentre sur les processus de transformation de la sexualité, de l'intimité et des rapports de genre à l'œuvre au sein des contre-cultures juvéniles marocaines. Cohabitant avec une dizaine de jeunes femmes engagées dans le sortir à Tanger, Mériam Cheikh a mené une ethnographie longitudinale sur sept ans. À l’intersection de la génération, du sexe et de la classe, elle analyse des trajectoires où se succèdent socialisations familiale et scolaire, élaboration de la sexualité et insertions professionnelle et matrimoniale. Les Filles qui sortent. Jeunesse, sexualité et prostitution au Maroc revient sur l’expérience du « sortir ».  « Pour les travailleuses du sexe, il y a une double injonction morale à se débrouiller économiquement et socialement ; et en même temps, se débrouiller pour rester respectable. » --- Mériam Cheikh  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Les Filles qui sortent. Jeunesse, sexualité et prostitution au Maroc (2020) de Mériam Cheikh Prostitution coloniale et post-coloniale (2012) sous la direction de Christelle Taraud Amour interdit. Prostitution, marginalité, colonialisme (2012) de Christelle Taraud La fin du tapin. Sociologie de la croisage pour l’abolition de la prostitution (2014) de Lilian Mathieu Sexe, race et colonie (2012) de Pascal Blanchard King-Kong Théorie (2006) de Virginie Despentes Le noir est une couleur (1974) de Grisélidis Réal Carnet de bal d’une courtisane (2005) de Grisélidis Réal Le sexe et l’argent des trottoirs (2006) de Catherine Deschamps La dangereuse (2016) de Loubna Abidar Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Viva Laldjérie (2004) de Nadir Moknèche Much Loved (2015) de Nabil Ayouch Secrets d’oreiller (2013) de Jilali Ferhati L’immeuble Yacoubian (2006) de Marwan Hamed L’Apollonide : Souvenirs de la maison close (2011) de Bertrand Bonello Sex Doll (2016) de Sylvie Verheyde Madame Claude (2021) de Sylvie Verheyde J’ai tant aimé (2008) documentaire de Dalila Ennadre Belle-de-jour (1967) de Luis Buñuel Joy (2018) de Sudabeh Mortezai Sauvage (2018) de Camille Vidal-Naquet Les Nuits de Cabiria (1957) de Federico Fellini  Si vous voulez interagir, suivez JINS sur Instagram sur le compte @jins_podcast
Très chèr·e·s auditeur·ice·s, bienvenue dans ce nouvel épisode de JINS. Aujourd'hui on va se concentrer un peu plus sur le Maroc comme un référentiel pour comprendre les dynamiques de honte, d’interdits, de tabous et de transgressions qui traversent la société. Car oui, la hchouma, c’est cette pudibonderie limitative, cette honte, ce jugement désapprobateur de la communauté. La hchouma ça vient avec une part de gêne, une part de culpabilité, une part d’humiliation. Faire honte à sa famille est un fardeau insoutenable. Porter la honte parce qu’on se sent différent des autres dans notre orientation sexuelle est une blessure de l’âme. Mais la honte est aussi paradoxalement un lien social, c’est ce qui fait tenir toute un système où les gens se jugent entre eux pour condamner les personnes. En plus, le sexe et tout ce qu’il implique en termes de corporalité et de sexualité est affublé d’injonctions extérieures, qui l’enveniment. Alors ça suffit, il faut faire en sorte que la honte change de camp, où qu’elle disparaisse tout court ! J’ai l’immense plaisir d’accueillir une personnalité qui perce depuis quelques années grâce à son talent fou, c’est Zainab Fasiki. À la base elle est ingénieure mécanique, maintenant elle est bédéiste, illustratrice et une des plus grandes figures de la jeunesse féministe marocaine. Elle fait partie du collectif Women Power qui soutient des jeunes artistes marocaines. Elle a publié l’ouvrage Fairuz Versus the World, du nom de la diva libanaise. Mais c’est surtout depuis la parution en 2019 de Hshouma, qui a bouleversé les milieux littéraires bienséants et bien rangés, que Zainab Fasiki s’est affirmée comme ce qu’elle appelle elle-même une « artiviste ». Via son art, elle contribue fortement à créer des espaces de résistance pour dénoncer la société patriarcale, pour déconstruire les masculinités toxiques et célébrer l’amour et la sexualité libre. Tout ce qu’on adore dans JINS.  « Je ne veux plus que ce soit hchouma de voir la nudité artistique, de chanter, de danser, de faire l’amour hors mariage, d’être homosexuel.le, de s’embrasser dans la rue ou à la télé. » --- Zainab Fasiki  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Hshouma (2019) de Zainab Fasiki Feyrouz Versus the World (2019) de Zainab Fasiki Sexe et mensonges – La vie sexuelle au Maroc (2017) de Leïla Slimani Superman est arabe (2013) de Joumana Haddad Foulards et hymens : Pourquoi le Moyen-Orient doit faire sa révolution sexuelle (2015) de Mona Eltahawy Paroles d’honneur (2017) de Leïla Slimani & Laetitia Coryn Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Sofia (2018) de Meryem Benm’Barek Noura rêve (2019) de Hind Boujemaa Les trois singes (2008) de Nuri Bilge Ceylan Shame (2011) de Steve McQueen La Hchouma (2019) de Achraf Ajraoui Halal Love (2019) d’Assad Fouladkar À genoux les gars (2018) d’Antoine Desrosières Hchouma (2011) de Zouhair Chebbale Si vous voulez interagir, suivez JINS sur Instagram sur le compte @jins_podcast
Bonjour à toutes et à tous ! Bienvenue dans ce nouvel épisode de JINS ! Aujourd'hui, on va parler d’hétérocarnisme en contexte musulman. Hétéro quoi ? Alors le carnisme, c’est à la base le fait de consommer de la viande, mais maintenant on utilise ce concept pour parler du rapport de domination entre l’être humain et les animaux, qui tend à justifier la consommation de viande.  Ce qui se cache donc derrière le carnisme, c’est une sous-idéologie ce qu’on appelle le spécisme, qui accorde donc plus d’importance et qui hiérarchise les intérêts des humains au-dessus de ceux des animaux. Face à ça, on peut être vegan, c'est avoir la conviction que l'être humain ne doit pas asservir et tuer les animaux pour manger, se vêtir ou se divertir. Et bien sûr, les vrais mâles aiment la viande. La viande devient un booster de testostérone, une « mâle bouffe ». Comment inventer un monde égalitaire entre humains et animaux ? Quelle place l’homme doit-il remettre en question dans la chaîne alimentaire, dans l’univers culinaire, dans la sphère sexuelle, dans la dimension culturelle et dans la pensée religieuse ? Qu’est-ce que la viande a de sexuel et qu’est-ce que le sexualité a de carniste, d’autant plus dans un contexte islamique ?  Pour essayer de comprendre les jonctions qu’on peut établir entre hétérocarnisme et sexisme, j’ai le plaisir d’accueillir Martin Page. Il a étudié la sociologie, la linguistique, la psychologie, la philosophie, l’histoire de l’art et l’anthropologie et pourtant son premier roman, publié en 2001, est intitulé Comment je suis devenu stupide. Martin est un génial écrivain, illustrateur et éditeur qui a collectionné les publications d’ouvrages depuis deux décennies, dont beaucoup sont à destination des enfants, mais aussi deux livres emblématiques de ses combats qui m’ont beaucoup marqué Au-delà de la pénétration en 2019 et par rapport au sujet du jour, Les Animaux ne sont pas comestibles en 2017.  « Je ne veux pas d’un monde où la domination masculine serait la même mais dominé par des hommes hétérocis vegan, il faut penser tout le système de domination. » --- Martin Page  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Les Animaux ne sont pas comestibles (2017) de Martin Page La politique sexuelle de la viande (1990) de Carol Adams Why we love dogs, eat pigs and wear cows (2009) de Melanie Joy Faiminisme. Quand le sexisme passe à table (2017) de Nora Bouazzouni L’Homnivore (1990) de Claude Fischler Morceaux de Choix (2003) de Mohamed Nedali Le Mythe de la virilité (2017) d’Olivia Gazalé Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Les Ailes de l’amour (2011) d’Abdelhaï Laraki Bêlons (2016) d’El Mehdi Azzam Roujoula (2017) d’Ilias El Faris Des moutons et des hommes (2017) de Karim Sayad La graine et le mulet (2007) d’Abdellatif Kechiche Le Chocolat (2000) de Lasse Hallström Caramel (2007) de Nadine Labaki  Les Épices de la passion (1992) d’Alfonso Arau Mad Max : Fury Road (2015) de Goerge Miller Si vous voulez interagir, suivez JINS sur Instagram sur le compte @jins_podcast
Hello tout le monde ! L’épisode du jour est un poncif dont je ne pouvais pas ne pas parler. Nous savons toustes que porter le voile aujourd'hui en France n’est pas un acte neutre. Nous savons aussi que la doxa, l’opinion publique, la presse écrite, les journaux télévisés, les débats, la radio… ça fait 30 ans que le sujet n°1 en France est le voile.  La France brandit la laïcité et fait pourtant une obsession sur l’éthique corporelle ou sexuelle des femmes musulmanes. Le débat public sur le voile revient sous diverses formes : il y a quelques jours, la loi votée contre le port du voile dans l’espace public pour les mineures et les mères accompagnatrices, une étudiante syndicaliste voilée à l’Assemblée nationale qui provoque le départ de députés LR en septembre 2020, l’image de la mère voilée Fatima réconfortant ce petit garçon qui a dû quitter la salle suite à la remarque du député RN Julien Odoul en 2019, le burkini en 2017, et on remonte dans le temps jusqu’à l’affaire des foulards de Créil en 1989. Rappelons qu’il y a 17 ans, le 15 mars 2004, était votée la loi sur les signes ostentatoires à l’école, qui bannit le foulard des établissements scolaires secondaires et, par la même occasion, les jeunes filles qui le portent. Ce « dévoilement à la française » rappelle aussi le temps des colonies, comme en mai 1958 où des femmes à Alger portant le haïk (le foulard algérien) étaient dévoilées en place publique. Essayons de comprendre aujourd'hui pourquoi la France a toujours été obsédée par l’éthique corporelle en islam, presque autant que les patriarches musulmans. Dépassons la question du voile pour voir ce que ça nous dévoile sur le féminin. Voyons en quoi l’éthique corporelle n’est pas un enfermement dans la soumission mais aussi un voie de libération dans le cadre d’une théologie féministe.   Pour parler de ce sujet aujourd'hui, j’ai le plaisir d’accueillir une grande dame du nom de Nadine Weibel. Elle est anthropologue et anciennement Maître-assistante en Science des religions à l’Université de Fribourg en Suisse. Elle a travaillé toute sa carrière sur les théologies féministes dans les monothéismes et les religions d’Asie avec une perspective comparative. Elle a travaillé longuement sur les rapports intrinsèques entre genre et religion, jusque détailler les rapports entre le corps et la religion (pratiques alimentaires, vestimentaires et sexuelles). Il y a plus de 20 ans déjà, elle publiait son ouvrage Par-delà le voile : femmes d’islam en Europe. C’est avec elle que j’ai voulu parler d’éthique corporelle en islam et de la question du port du voile. « Les religions ne sont jamais nées ex nihilo. Elles sont nées dans des terreaux qui étaient patriarcaux. Elles ont codifié, normalisé ; mais elles ont surtout repris ce que les cultures humaines véhiculaient. C’est hélas ce qu’on observe à l’échelle planétaire. » --- Nadine Weibel  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Par-delà le voile (2000) de Nadine Weibel  Fichu voile ! (2010) de Nadia Geerts  L’une voilée, l’autre pas (2003) de Dounia Bouzar & Saïda Kada  Religions d’hommes, regards de femmes (2008) de Nadine Weibel  Lettre aux femmes voilées et à ceux qui les soutiennent (2019) de Jeannette Bougrab  Bas les voiles ! (2003) de Chahdortt Djavann  La sexualité féminine dans la doctrine freudienne (1976) de Moustafa Safouan  Corps réel, corps imaginaire (1984) de Sami Ali  Des voix derrière le voile (2015) de Faïza Zerouala  Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Millefeuille (2012) de Nouri Bouzid Où je mets ma pudeur (2015) de Sébastien Bailly Cherchez la femme (2017) de Sou Abadi Je danserai si je veux (2016) de Maysaloun Hamoud Haramiste (2016) d’Antoine Desrosières Les femmes du bus 678 (2011) de Mohamed Diab Soumaya (2020) de Waheed Khan & Ubaydah Abu-Usayd Noces Éphémères (2011) de Reza Serkanian Amours voilées (2008) de Aziz Salmy Si vous voulez interagir, suivez JINS sur Instagram sur le compte @jins_podcast
Re-bonjour à toutes et à tous ! Bienvenue dans ce nouvel épisode de JINS : après avoir parlé de l’activisme pour les personnes LGBT+ maghrébines et proche-orientales en France, on va maintenant essayer de comprendre - en faisant un zoom arrière – quelles sont les dynamiques langagières et militantes qui ont animé l’Orient et l’Occident pour voir émerger les identités sexuelles et de genre non hétéro-cis-normatives. D’abord, ça vaut le coup que je fasse un petit point géographique. Ça veut dire quoi l’Orient et l’Occident. Sachez que dans le monde arabe, par « Moyen-Orient arabophone » ou « Orient arabe », on entend la région connue en arabe sous l'appellation mašriq, comprenant tous les pays dont la langue officielle et principale est l’arabe de l’Égypte jusqu’au Golfe. Il s’oppose ainsi au concept de Maghreb (maġrib, « occident » en arabe) qui comprend le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, la Libye et la Mauritanie. Pour commencer, j’ai eu la chance d’interroger un jeune universitaire libanais spécialiste de la question, Gabriel Semerene. Gabriel est doctorant en littérature arabe à la Sorbonne Université. Ses recherches portent sur l’émergence des identités sexuelles dans les sociétés arabophones contemporaines au prisme de l’expression écrite. Sa publication la plus récente s’intitule « Mithliyy, mithlak: language and LGBTQ Activism in Lebanon and Palestine », dans l’ouvrage collectif Queer Asia: Decolonising and Reimagining Sexuality and Gender. Il a focalisé ses travaux sur la littérature et sur les discours autour des identités sexuelles dans les cercles militants.  « Pour les militants LGBT+ des pays arabes, il faut s’organiser politiquement. Et pour s’organiser politiquement, il faut pouvoir nommer, créer une identité collective. » --- Gabriel Semerene Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Terrorist Assemblages : Homonationalism in Queer Times (2007) de Jasbir Puar Desiring Arabs (2007) de Joseph Massad La Matrice de la race. Généalogie sexuelle et colonial de la nation française (2006) d’Elsa Dorlin Islam d’interdits, islam de jouissance (2008) de Frédéric Lagrange La révolution du plaisir – Enquête sur la sexualité dans le monde arabe (2013) de Shereen El-Feki J’ai tué Shéhérazade : confessions d’une femme arabe en colère (2010) de Joumana Haddad Women with Mustaches and Men without beards (2005) d’Afsaneh Najmabadi Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Fronteras (2013) de Mikel Rueda Wajib : l’invitation au mariage (2017) d’Annemarie Jacir All my life (2008) de Maher Sabry  Out Loud (2011) de Samer Daboul  Shahada (2011) de Burhan Qurbani Ma sœur Zahra (2007) de Saddie Choua Oriented (2015) de Jake Witzenfield Le beau-frère (2014) de Hassene Belaïd Si vous voulez soutenir des associations LGBTQIA+ arabes sur Instagram 🏳️‍🌈 France 🇫🇷 Shams @shamsfrance_oofficiel_ Mille et Une Queer @milleetunequeer Kelma Liban 🇱🇧 Helem @helemlebanon Meem Palestine 🇵🇸 Al Qaws @alqaws_org Aswat @aswatfreedoms Maroc 🇲🇦 Queers Of North Africa @queersofnorthafrica M.A.L.I. (Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles) @m.a.l.i.2009 Union Féministe Libre @unionfemlibre Nassawiyat @nassawiyat Kif-Kif Algérie 🇩🇿 Abu Nawas Alouen @alouen.jazair Tunisie 🇹🇳 Shams Iraq 🇮🇶 Iraqueer @iraqueer_organization Jordanie 🇯🇴 My.Kali @mykali_magazine
Bonjour à toustes ! Bienvenue dans JINS pour un double épisode autour de l’émergence des identités sexuelles non-hétéro pour les Arabes et/ou musulmans de France et plus largement dans les pays arabes. On va commencer par aborder ce sujet d’actualité du point de vue militant et associatif. Dans JINS, les minorités ont le droit à la parole. Le but des associations militantes est de lutter contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre, qui plus est, pour les personnes Arabes et/ou musulmanes de France. Comment on fait quand on est une femme lesbienne vivant dans un pays qui incrimine l’acte sexuel entre personnes de même sexe ? Comment on fait quand on est né et on a grandi en France dans un foyer d’origine nord-africaine et qu’on sent son attirance pour les hommes ET les femmes ? Que se passe-t-il si on est jeté à la rue ? Pourchassé par la police ? Mis derrière les barreaux ? Violenté par le voisin ?  Pour aborder ces questions de terrain, j’ai la joie d’accueillir Yacine Djebelnouar. Yacine est enseignant et il est co-fondateur et président de Shams-France. Cette association aide et accompagne les personnes LGBT+ maghrébines et moyen-orientales vivant en France. Elle éveille aussi les consciences en interpellant l’opinion publique et en soutenant les mouvements LGBT qui œuvrent dans les pays de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. La création de cette association en France a été soutenue par Amnesty International et l’association existe en Tunisie aussi. Yacine est aussi chercheur à l’Institut de linguistique et de phonétique appliquée de La Sorbonne et fait sa recherche sur le genre, la sexualité et la linguistique queer.  « Dès qu’on parle de sexualité en arabe, tout le monde s’arrête. Le français revient en force. Parler de sexe en langue arabe, c’est déjà comme si on faisait un coming-out linguistique. » --- Yacine Djebelnouar Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Le Coran et la chair (2012) de Ludovic-Mohamed Zahed Homosexualité et traditions monothéistes : Vers la fin d’un antagonisme ? (2017) de Rémy Bethmont & Martine Gross Homosexualité et transidentité en islam (2017) de Ludovic-Mohamed Zahed Le jour du roi (2010) d’Abdellah Taïa La révolution du plaisir – Enquête sur la sexualité dans le monde arabe (2013) de Shereen El-Feki J’ai tué Shéhérazade : confessions d’une femme arabe en colère (2010) de Joumana Haddad Women with Mustaches and Men without beards (2005) d’Afsaneh Najmabadi Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ La Première marche (2016) de Hakim Atoui & Baptiste Etchegaray L’Armée du salut (2013) d’Abdellah Taïa  Bezness (1992) de Nouri Bouzid A Sinner in Mecca (2015) de Parvez Sharma I am gay and muslim (2007) de Chris Belloni Martyr (2017) de Mazen Khaled  Le Soleil assassiné (2003) de Abdelkrim Bahloul  Malik (2018) – court-métrage de Nathan Carli Fronteras (2013) de Mikel Rueda Wajib : l’invitation au mariage (2017) d’Annemarie Jacir All my life (2008) de Maher Sabry  Out Loud (2011) de Samer Daboul  Si vous voulez mater des movies 💻💿👀 Les Engagés (2018) sur France TV Si vous voulez soutenir des associations LGBTQIA+ arabes sur Instagram 🏳️‍🌈 France 🇫🇷 Shams @shamsfrance_oofficiel_ Mille et Une Queer @milleetunequeer Acceptess-T @acceptesst ARDHIS @ardhislgbti BAAM @baamasso Liban 🇱🇧 Helem @helemlebanon Maroc 🇲🇦 Queers Of North Africa @queersofnorthafrica M.A.L.I. (Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles) @m.a.l.i.2009 Union Féministe Libre @unionfemlibre Nassawiyat @nassawiyat Algérie 🇩🇿 Amnesty International @amnestyalgerie Alouen @alouen.jazair Tunisie 🇹🇳 Shams
Maintenant, quand on parle de musique arabe, on imagine un tout unifié, on pense à Aïcha de Cheb Khaled, comme si… le reste n’existait pas. Certes, il y a le raï popularisé en France depuis les années 1990, mais il y a beaucoup d’autres styles : la nouba arabo-andalouse devenue ‘Ala, le chaabi au Maroc et en Algérie, les Gnawas marocains avec leur musique infiniment riche des afrodescendants d’esclaves, l’équivalent des Gnawas en Algérie c’est la musique diwane, le makeli en Libye et aussi le stambali en Tunisie. Il y a chez nos amis turcs, romantiques invétérés et musulmans plus proches de la valeur de laïcité historiquement, une musique populaire traditionnelle et la türk pop quon connaît bien en France depuis le "mouaaaah" de Tarkan. Il y a la musique classique persane en Iran avec les dastgahs mais aussi des musiques folkloriques azeries, bandaries lors des mariages et la musique du Khorassan au répertoire de ballades amoureuses. Les genres musicaux du monde arabe et/ou musulman ont su bercer, charmer et faire danser des foules en tous genres… et je pèse mes mots.  Aujourd'hui, j’ai la joie d’accueillir une femme extraordinairement talentueuse et gracieuse, c’est OUM. Oum est autrice. Compositrice. Interprète. Chanteuse. Performeuse. Elle est une ambassadrice de la culture marocaine, défenseuse des femmes et des minorités. Elle chante le carrefour des civilisations humaines qu’on retrouve en chacune et chacun d’entre nous, et ce, en anglais, en français, en arabe et en amazigh. Elle mêle ses influences jazz, gospel, afrobeat, soul avec de la musique hassani des tribus du désert du sud du Maroc et de la musique soufie, propre aux grands mystiques de l’islam. Elle est écoutée par des centaines de milliers de personnes tous les mois, et je crois y contribuer pour beaucoup. Écoutez ses albums envoûtants, ses paroles enveloppantes, ses rythmes enivrants. Écoutez « Lik » qui est d’une grande poésie, presque réconfortante. C’est avec elle que je voulais rentrer dans le monde des genres musicaux, des genres et des sexualités.  « L’amour est libre et le genre est synonyme de limitation et de frontière. L’amour ne veut pas qu’il soit genré. Ce n’est pas parce que nous naissons dans une forme biologique qu’on doit répondre d’un comportement qui répond à un genre. L’amour ne se réfléchit pas. L’amour ça se sent. » --- Oum Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Musiques du monde arabe (1996) de Christian Poché Oum Kalsoum - L’étoile de L’orient (2016) de Ysabel Saïah-Baudis & Omar Sharif Islam d’interdits, islam de jouissance (2008) de Frédéric Lagrange La musique arabe (2007) de Salah el Mahdi La Preuve par le miel (2008) de Salwa al-Neimi Musiques du Maroc (2001) d’Ahmed Aydoun Ouverture féministe : musique, genre, sexualité (2015) de Susan McClary Rue du Pardon (2019) de Mahi Binebine L’Ombre du poète (1997) de Mahi Binebine Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Cri de l’âme (2018) d’Abdelillah El Jaouhari Gnaouas (1993) documentaire d’Izza Génini En quête de la septième porte (2018) d’Ali Essafi L’orchestre des aveugles (2015) de Mohamed Mouftakir L’orchestre de minuit (2015) de Jérôme Cohen-Olivar Aïta (1988) documentaire d’Izza Génini Sotto Voce (2014) de Kamal Kamal La 5ème corde (2011) de Selma Bargach Le Blues des Chikhates (2005) documentaire d’Ali Essafi Transes (1981) d’Ahmed El Maânouni
Aujourd'hui dans JINS, vous avez le droit à 2 épisodes consécutifs. Pour cause, la richesse d’un sujet fabuleux et fantasmagorique, celui des musiques arabes ; et ce, sans perdre de vue la thématique principale de JINS, la sexualité des personnes Arabes et/ou musulmanes. Parce que, vous allez le découvrir, la chanson et l’art musical arabe est truffé de références à l’amour, à la sensualité, au genre et à la sexualité. L’érotisme chanté ou récité dans les styles musicaux arabes comme les gnaouas, le melhoune, la aïta, le raï algérien, le chaâbi marocain, mais aussi la taqtuqa égyptienne… On va parler du concept de tarab, des almées de l’époque pré-coloniale, des cheikhates marocaines, du visage imberbe des chanteurs moyen-orientaux, de la sexualité peu claire d’Oum Kalthoum, et des musiques arabes aujourd’hui écoutées en France…  Pour commencer, j’ai eu la chance d’interroger un universitaire spécialiste de la question, Fréderic Lagrange. Il est professeur des universités, directeur de l’UFR d’Études Arabes et Hébraïques, Université Paris- Sorbonne (Paris IV). Il est notamment l’auteur de Islam d’interdits, Islam de jouissances, publié en 2008. Ses travaux portent sur trois domaines distincts — qui parfois se rencontrent : l’histoire des pratiques musicales et des textes chantés au Moyen-Orient et particulièrement en Égypte ; la représentation et la construction du genre et des transgressions dans la littérature arabe, médiévale comme moderne ; les représentations littéraires de l’oralité et les jeux diglossiques dans l’écrit contemporain.  « L’érotisation du corps chantant émerge vraiment à partir des années 80. Le corps qui chante devient alors un corps désirable. » --- Frédéric Lagrange Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Islam d’interdits, islam de jouissance (2008) de Frédéric Lagrange Le Jardin Parfumé (XVe siècle) de Cheikh Nefzaoui La Preuve par le miel (2008) de Salwa al-Neimi Ouverture féministe : musique, genre, sexualité (2015) de Susan McClary A Taste of Honey (2015) de Habeeb Akande Le Sexe de la musique (2018) d’Étienne Liebig Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ À peine j’ouvre les yeux (2015) de Leyla Bouzid Le Chanteur de Gaza (2016) de Hany Abu-Assad Jours et nuits (1955) de Henry Barakat Satin rouge (2002) de Raja Amari Oum Kalsoum, la voix de l’Orient (1996) de Michal Goldman Les Anges de satan (2007) de Ahmed Boulane Nuba d’or et de lumière (2007) documentaire d’Izza Génini Tambours battants (1999) documentaire d’Izza Génini L’orchestre de minuit (2015) de Jérôme Cohen-Olivar Cheba Louisa (2013) de Françoise Charpiat
Je suis de retour aujourd'hui dans ce second épisode pour vous parler encore plus de cinéma ! D’un côté, parce que c’est mon sujet favori hormis celui de JINS ; d’autre part, parce que dans le cadre de mes études, je travaille sur les représentations sexuelles et la géométrie des corps arabes dans le cinéma maghrébin contemporain. Comment les corps et les sexualités sont montrées sur grand écran ? Est-ce que le cinéma maghrébin a contribué à définir le corps féminin maghrébin, dans son mouvement jusque dans sa sexualité ?  Après l’experte, j’ai décidé d’interroger la réalisatrice par excellence. Elle est tunisienne et s’appelle Raja Amari. Raja a une maîtrise de littérature et de civilisation française mais elle aussi diplômée de la Fémis. Son premier long-métrage Satin Rouge (2002), connaît un grand succès international auprès des critiques, grâce au personnage incarné par la sublime actrice Hiam Abbass qui redécouvre sa sensualité par la danse. Son film Les Secrets, qui parle du patriarcat exercé par la mère sur la fille, figure en 2009 dans la sélection officielle à la Mostra de Venise. Elle tourne Corps étranger en 2016, film sur l’immigration d’une jeune tunisienne en France. Comme moi, elle est membre du collectif 50/50 qui a pour but de promouvoir l’égalité des femmes et des hommes et la diversité dans le cinéma et l’audiovisuel. Elle vient de projeter le film Ghofrane et les promesses du printemps avec ARTE, qui parle d’une jeune femme noire tunisienne de 25 ans qui a subi des discriminations raciales et qui décide de s’engager en politique.  « Les femmes sont confrontées à plus de conflits et de défis. Elles sont génératrices de plus de choses en termes dramaturgiques. Elles sont en collision avec la société, avec les autres, avec la société, avec elles-mêmes. » --- Raja Amari Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Regards sur les cinémas du Maghreb (2016) de Denise Brahimi – Éditions Petra Le corps d émane mère (2016) de Fawzia Zouari L’image du corps féminin dans Les Silences du Palais (2019) de Laakri Cherifi Le regard féminin (2019) d’Iris Brey Ce que Tunis ne m’a pas dit (2008) de Kaouther Khlifi Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Satin rouge (2002) de Raja Amari Les Secrets (2009) de Raja Amari Les Silences du Palais (1994) de Moufida Tlatli Hedi, un vent de liberté (2016) de Mohamed Ben Attia Ghofrane et les promesses du printemps (2020) de Raja Amari Tunisiennes (1997) de Nouri Bouzid À peine j’ouvre les yeux (2015) de Leyla Bouzid Corps étranger (2016) de Raja Amari Viva Laldjérie (2004) de Nadir Moknèche Poupées d’argile (2002) de Nouri Bouzid La graine et le mulet (2007) d’Abdellatif Kechiche
Hello les amateur·ice·s de JINS, je suis de retour aujourd'hui dans votre podcast sur la sexualité des personnes Arabes et/ou Musulmanes de France, pour vous parler… cinéma ! Dans le cadre de mes études de cinéma pour devenir un réalisateur accompli, j’ai décidé d’écrire mon mémoire sur les représentations sexuelles et la géométrie des corps arabes dans le cinéma maghrébin contemporain. Et puis je me suis dit, déjà en France, comment sont représentés les Arabes et/ou les Musulmans sur grand écran ? C’est quoi les stéréotypes que les grands médias nous renvoient sur l’identité arabe, nord-africaine, moyen-orientale ? Quelles sexualités sont autorisées et comment sont-elles montrées ? Y a-t-il déjà pu avoir une logique de sexualisation des corps arabes chez les cinéastes français ? Une chose est sûre, je vais vous inonder de références cinématographiques pour vous donner un aperçu plus large de la présence des Arabes et/ou musulmans dans le cinéma français et diversifier vos façons de voir leur corporalité et leur sexualité.  Pour parler de toutes ses questions, j’accueille une experte du cinéma arabe, Salima TENFICHE. Salima est diplômée en lettres modernes et en sciences politiques, mais aussi doctorante en études cinématographiques à l’Université de Paris 7. Selon une approche esthétique et politique, elle s’intéresse au renouvellement des formes filmiques dans le cinéma algérien et aux dynamiques transnationales de co-production comme processus de démocratisation de la fiction nationale postcoloniale. Elle s'intéresse par ailleurs au cinéma français contemporain à travers les questions de domination (classe, genre, race). Du coup, je me suis dit je vais un peu tricher pour mon mémoire et puiser dans les merveilleuses trouvailles qu’elle a dû faire pour m’en servir à bon escient et surtout vous le partager, très chères auditeur·ice·s, parce que vous l’aurez compris, la façon dont les corps et les sexualités ont été dévoilées à l’écran est tout sauf anodine.   « Dans le cinéma colonial, ce sont sédimentées les représentations des corps arabes autour de quatre stéréotypes : pour les hommes, celui de l’agresseur contre qui le colonisateur est obligé d’user de la violence pour pacifier le territoire ou celui du bon sauvage à civiliser ; pour les femmes, on va trouver la figure de la prostituée ou de la femme voilée. » --- Salima Tenfiche Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Regards sur les cinémas du Maghreb (2016) de Denise BRAHIMI – Éditions Petra Cinémas du Maghreb (2004) de Michel SERCEAU – Éditions Cinémaction  Créations artistiques contemporaines en pays d’islam (2006) sous la direction de Jocelyne DAKHLIA – Éditions Kimé De la naissance du cinéma kabyle au cinéma amazigh (2016) de Frédérique DEVAUX YAHI – Éditions L’Harmattan Screens and veils : Maghrebi Women’s Cinema (2011) de Florence MARTIN – Indiana University Press Mâle décolonisation (2017) de Todd Shepard Le regard féminin (2020) d'Iris Brey Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ France 🇫🇷 Much Loved (2015) de Nabil Ayouch  Fatima (2015) de Philippe Faucon La Vache (2016) de Mohamed Hamidi Bled Number One (2006) de Rabah Ameur-Zaïmeche L’Atlantide (1932) de Georg Wilhelm Pabst Un de la légion (1936) de Christian Jaque Pépé le Moko (1937) de Julien Duvivier M (2017) de Sara Forestier Ali Barbouyou et Ali Bouf à l’huile (1907) de Georges Méliès Bande de filles (2014) de Céline Sciamma Divines (2016) de Houda Benyamina Corps étranger (2016) de Raja Amari Le Chant d’Ahmed (2018) de Foued Mansour La graine et le mulet (2007) d’Abdellatif Kechiche La Nuit Sacrée (1993) de Nicolas Klotz Malik (2018) court-métrage de Nathan Carli Mektoub, my love – Canto Uno (2016) d’Abdellatif Kechiche Maroc 🇲🇦 Much Loved (2015) de Nabil Ayouch  Femme écrite (2013) de Lahcen Zinoun Les Yeux Secs (2003) de Narjiss Nejar Casablanca by night (2013) de Mostapha Derkaoui Tunisie 🇹🇳 Satin Rouge (2002) de Raja Amari Les Secrets (2009) de Raja Amari Le Fil (2004) de Mehdi Ben Attia  Algérie 🇩🇿 Viva Laldjérie (2004) de Nadir Moknèche Rome plutôt que vous (2006) de Tariq Teguia À mon âge je me cache encore pour fumer (2017) de Rayhana Obermeyer Mauritanie 🇲🇷 Le Mariage de Vérida (2019) de Michela Occhipinti Égypte 🇪🇬 Les Femmes du bus 678 (2010) de Mohamed Diab
Re-bonjour à toustes ! Je vous retrouve donc pour le second épisode du jour après avoir parlé de pénis, de phallus et de virilité. Vous l’aurez remarqué, le titre de l’épisode est minimaliste. Jouir. Parce qu’avec JINS, je veux convoquer l’humanité en chacun d’entre nous. Nous devrions vivre dans un monde où nous sommes toustes égales et égaux face au sexe. Il n’y a pas de jouir arabe et de jouir européen. La jouissance ne connaît pas de frontières quand on se départit des construits sociaux et des dogmes religieux. Elle n’est que le plaisir qui éclot d’une relation sexuelle épanouie. Jouir est universel. Un universel sans concept, comme dirait l’autre. Jouir n’appartient à aucune culture, race, religion, aire géographique ou ère historique. Apprenons alors aujourd'hui ce qui peut nous faire jouir et quels sont les mythes à déconstruire autour de la jouissance. Pour revenir au principe premier de ce qui fait notre jouissance, qu’on soit doté d’un pénis ou d’un vagin ou d’une anatomie génitale non binaire, j’ai fait appel à une super star de l’illustration, qui est devenue une référence en matière de démonstration sexologique pour le grand public. Il s’agit de Jüne Plã, créatrice de Jouissance Club, un manuel hypercréatif, sans tabous et inclusif pour représenter les différentes manières de faire plaisir ou de se faire plaisir.  « Nous pouvons toustes atteindre l’orgasme et même une jouissance extrême par d’autres biais que la pénétration. » --- Jüne Plã (Jouissance Club) Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Jouissance club (2020) de Jüne Plã La sexualité dévoilée (2017) de Nadia El-Bouga Je m’en bats le clito ! (2019) de Camille Aumont-Carnel Au-delà de la pénétration (2019) de Martin Page Sortir du trou, lever la tête (2020) de Maïa Mazaurette Le slow sex (2019) d’Anne Descombes & Jean-François Descombes Clit Révolution : Manuel d’activisme féministe (2020) d’Elvire Duvelle-Charles & Sarah Constantin Une sexualité à soi (2019) de Laura Berlingo Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Mon nom est clitoris (2019) de Daphné Leblond & Lisa Billuart Monet #Female Pleasure (2018) documentaire de Barbara Miller Une fille facile (2019) de Rebecca Zlotowski Extase (1933) de Gustav Machaty Les Amants (1958) de Louis Malle Et Dieu … créa la femme (1956) de Roger Vadim Portrait de la jeune fille en feu (2019) de Céline Sciamma Le Clitoris, ce cher inconnu (2004) de Stephen Firmin & Variety Moszynski Libres ! (2021) d'Ovidie
Aujourd'hui, on va en revenir à la science pour comprendre tous les mythes qui restent encore bien ancrés dans nos têtes sur ce que les hommes ont dans le froc. Alors oui, on va le dire crûment. On va parler de kiki, de queue, de tota, de zob. Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le zizi ; les petits, les gros, les laids, les beaux, les durs, les mous. Les touffus, les joufflus, les couillus, les ridés, les retroussés. Pourquoi en parler ? Eh bien si les hommes s’étaient contentés d’avoir un pénis, c'est-à-dire un sexe biologique, ils n’auraient pas plongés dans les abîmes de l’angoisse. Depuis toujours, ils ont fait de leur pénis un phallus, c'est-à-dire un symbole de puissance, et ils ont fait de l’érection l’expression la plus manifeste de cette puissance. Plus encore, l’imaginaire collectif montre l’homme arabe comme hyperviril, au sexe dressé, innervé et énervé, menaçant, écrasant. Que dit la médecine là-dessus ?   Pour revenir à la science et afin d’éviter une essentialisation dangereuse, je suis heureux d’accueillir le Docteur Marc Galiano. Il est chirurgien urologue, andrologue et cancérologue à Paris. Il a cumulé les diplômes de spécialisation sur la médecine de l’homme depuis qu’il a foulé les hôpitaux de Paris pour la première fois en 1998. Spécialiste du cancer de la prostate, de la maladie de Lapeyronie, de la chirurgie de la verge (avec + de 500 circoncisions réalisées) et du traitement médical de l’impuissance masculine. Il est depuis l’an dernier l’auteur d’un manuel pour comprendre son pénis intitulé Mon sexe et moi, aux éditions Marabout.  « On peut éjaculer sans plaisir et on peut avoir du plaisir sans éjaculer. L’orgasme est lié à une contraction des muscles du périnée, certes ; mais surtout, c’est lié à la sécrétion dans le cerveau de petites molécules du plaisir comme l’ocytocine ou la dopamine. » --- Dr Marc Galiano Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Mon sexe et moi (2019) de Dr Marc Galiano et Rica Étienne Jouissance club (2020) de Jüne Plã Au-delà de la pénétration (2019) de Martin Page Le bidule de Dieu (2014) de Tom Hickman Le genre intraitable (2018) de Nadia Tazi Le Mythe de la virilité (2017) d’Olivia Gazalé Le juste milieu (2018) d’Éric Bouhier Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️🔞 Mektoub, my love : canto uno (2017) d’Abdellatif Kechiche L’Empire des sens (1976) de Nagisa Ōshima Enter the void (2009) de Gaspar Noé Love (2015) de Gaspar Noé Shame (2011) de Steve McQueen Homme au bain (2011) de Christophe Honoré Un chant d’amour (1950) de Jean Genet Si vous voulez mater une série 💻💿👀 Euphoria (2019) sur HBO Sex Education (2019) sur Netflix
Hello ! À présent on va parler de sexualité, de maternité, de grossesse mais aussi d’éducation sexuelle. Une éducation nécessaire sur le sexe comme sexualité, dite sans détours et sans tabous. Est-ce qu’on peut avoir un rapport sexuel quand on a ses règles ? quand on est enceinte ? Et peu après l’accouchement alors ? Comment on fait revivre la flamme dans le couple après le premier enfant ? Comment on raconte l’histoire de la vie à nos enfants curieux ? Comment on les prépare aux bouleversements liés à la puberté ? Comment on peut les accompagner sainement dans leur découverte de la sexualité ?  Pour répondre à ces questions essentielles, c’est avec plaisir que je reçois Zina Hamzaoui. Elle est sexologue, sage-femme, musulmane, féministe et porte le foulard. Elle s’est spécialisée dans le traitement du vaginisme chez les femmes après avoir longtemps été intriguée par les mystères qui entourent la sexualité féminine et la grossesse. Elle a depuis multiplié les diplômes et les formations, notamment en sexologie positive, en rééducation du périnée, en gynécologie et en sexologie clinique. Elle est aussi propriétaire du compte @co_naissance sur Instagram. Elle est basée en Belgique et a pris le temps de répondre aux questions du jour.  « Dans le post-partum, les envies sexuelles ne sont pas au rendez-vous ; aussi, quand on allaite, puisqu’on secrète de l’ocytocine et de la prolactine, qui font que le désir est moindre. Le couple doit donc réapprendre à se connecter. » --- Zina Hamzaoui Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 La sexualité dévoilée (2018) de Nadia El-Bouga Le guide féministe de la grossesse (2019) de Pihla Hintikka & Elisa Rigoulet Une sexualité à soi (2020) de Laura Berlingo Au-delà de la pénétration (2019) de Martin Page Ados, amour et sexualité (2012) de Dr Sylvain Mimoun & Rica Étienne Ceci est notre post-partum (2020) d’Illana Weizman Parlez leur d’amour… et de sexualité (2019) de Jocelyne Robert Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️  Une séparation (2011) de Asghar Farhadi Sofia (2018) de Meryem Benm’Barek Never Rarely Sometimes Always (2020) d’Eliza Hittman Pupille (2018) de Jeanne Herry Juno (2007) de Jason Reitman Malak (2012) d’Abdeslam Kelai 17 filles (2011) de Delphine et Muriel Coulin Tully (2018) de Jason Reitman Un heureux événement (2011) de Rémi Bezançon Énorme (2019) de Sophie Letourneur
Quand la ville arabo-musulmane moderne est sexuellement excitante, quand elle n’offre ni aux mariés ni aux célibataires des lieux adéquats pour satisfaire leurs désirs sexuels, l'énergie sexuelle refoulée devient elle aussi un facteur susceptible de générer une personnalité masculiniste fondamentaliste antisexuelle et misogyne qui appelle à la ré-ségrégation sexuelle et au re-voilement du corps féminin (1995). La synonymie entre espace public et espace masculin est ré-établie. Dans un deuxième temps, l’homme islamiste se radicalise, se suicide en tuant d’autres personnes et croit ainsi émigrer vers des nymphes qui l’attendent au paradis. Dans un troisième temps, l’émigration est horizontale pour hommes et femmes radicalisés vers un « état islamique » qui promet une sexualité halal et gratifiante pour tous.  Dans cet épisode, j’ai le plaisir d’interroger un des plus grands sociologues du monde arabe, j’ai nommé Professeur Abdessamad Dialmy. Il est docteur d’État, professeur d’université (émérite), expert international en santé sexuelle et intellectuel féministe engagé en faveur de la libération sexuelle. Il a publié une panoplie d’ouvrages fondateurs traitant de sexualité, de SIDA, de féminisme, de masculinité et de genre, et d’islam(isme). Au cours de son parcours, il a forgé des notions comme »féminisme soufi » (1991), « bricolage spatio-sexuel » (1997) et « explosion sexuelle » (2007). Il a enfin élaboré la théorie de la « transition sexuelle » (2007) pour comprendre l’état de la sexualité dans le monde arabo-musulman, une théorie qui déconstruit l’approche médiatique (qui utilise les prénotions d’hypocrisie et de schizophrénie) et l’approche islamiste (qui investit les prénotions de déviance, de chaos ou de retour à l’ignorance préislamique/jahiliya) de ladite sexualité. Dans cet épisode, la frustration habitationnelle, la frustration sexuelle et les islamismes sont étudiés dans un seul et même mouvement de savoir par Abdessamad Dialmy à travers une approche qui croise depuis 1995 sociologie, anthropologie, études de genre et de religion, architecture et urbanisme.  « Le droit à la ville, c’est le droit de l’individu à un espace privé où il peut vivre sa sexualité de manière paisible, c’est le droit à une chambre où la sexualité est vécue comme un droit humain fondamental inviolable. Sans cet espace privé inviolable, point de citoyen, et point de citoyenneté sexuelle. » --- Abdessamad Dialmy Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Ville, sexualité et islamisme (2018) d’Abdessamad Dialmy Une Chambre à Soi (1929) de Virginia Woolf Hshouma (2019) de Zainab Fasiki Le sexe de la ville (2020) de Laurence Gervais La ville : quel genre ? (2017) de Corinne Luxembourg, Emmanuelle Faure & Edna Hernandez-Gonzalez Transition sexuelle : entre genre et islamisme (2017) d’Abdessamad Dialmy Sociologie de la sexualité arabo-musulmane (2014) d’Abdessamad Dialmy Crise urbaine et espaces sexués (1996) de Jacqueline Coutras Vers une nouvelle masculinité au Maroc (2009) d’Abdessamad Dialmy Jeunesse, SIDA et Islam au Maroc (2000) d’Abdessamad Dialmy Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ La Belle et la Meute (2017) de Kaouther Ben Hania Les Chevaux de Dieu (2012) de Nabil Ayouch ZERO (2012) de Nour-Eddine Lakhmari Papicha (2018) de Mounia Meddour Viva Laldjérie (2004) de Nadir Moknèche Falafel (2006) de Michel Kammoun C’est eux les chiens ! (2014) de Hicham Lasri Malak (2012) de Abdeslam Kelai L’armée du salut (2013) d’Abdellah Taïa Quelques publications d’Abdessamad Dialmy : - “Sexual norms and practices in Koran and Sunnah”, in Gender and Sexuality, Oxford Islamic Studies Online, Spring 2019. - « Un jihad sexuel genré », Mondopoli (Italie), 22 mars 2019. -Ville, sexualité et islamisme, Casablanca, IMPR, 2018 / Logement, sexualité et islam, Casablanca, Eddif, 1995.   -Transition sexuelle : entre genre et islamisme, Paris, L’Harmattan, 2017. - La fabrique de l’islamisme marocain, Casablanca, Toubkal, 2016. - Vers une nouvelle masculinité au Maroc, Dakar, CODESRIA, 2009. - Le féminisme au Maroc, Casablanca, Toubkal, 2008. - « Le terrorisme islamiste au Maroc », Social Compass, Volume 52, N° 1, March 2005. pp. 67-82. - « Terrorisme à Casablanca (16 mai 2003) : le hrig vers le paradis », Al Ahdath al Maghribiya, 23 juin 2003 (en arabe). - Jeunesse, Sida et Islam, Casablanca, Eddif, 2000.
Ravi de vous retrouver dans ce nouvel épisode de JINS, dans lequel on va parler de frustration sexuelle et de radicalisation. Certains me diront : quel est le rapport ? D’autres me diront : Par les temps qui courent, ça fait froid dans le dos !  Et pourtant, aujourd'hui, j’entends encore des amalgames affreux entre islam et islamisme. La radicalisation est un processus qui terrorise, parce qu’il enferme à l’extrême et empêche l’altérité. Il ne va s’agir en aucun cas de justifier ou d’expliquer des faits historiques, mais bien de comprendre sociologiquement et anthropologiquement comment la frustration sexuelle et la recherche sentimentale sont vectrices du processus de radicalisation religieuse.  J’ai l’immense privilège d’en discuter aujourd'hui avec une femme incroyable qu’on ne devrait même plus présenter, c’est Dounia Bouzar. Une personnalité publique, docteure en anthropologie, Chevalière de la Légion d’Honneur, membre de l’Observatoire de la laïcité, elle a courageusement risqué sa vie pour sans cesse désamorcer l’islam radical en France. Elle a d’ailleurs sorti en 2018 une enquête révèlant l’accompagnement de 1000 jeunes et de leurs familles sur les Français radicalisés. Elle a publié une vingtaine d’ouvrages portant sur la laïcité ou le port de la burqa. Avec elle, je ne parlerais pas de ce sujet vaste et ardu, mais plutôt de la sexualité de ces personnes « « musulmanes » » de France qui ont emprunté ces chemins obscurs.  « Le processus de radicalisation repose sur une fusion, en effaçant les différences individuelles pour avoir le sentiment d’être le même. C’est l’offre d’un sentiment d’union totale, d’invincibilité et d’amour au sein d’un groupe, qui, paradoxalement, est monosexué. » --- Dounia Bouzar Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Comment sortir de l’emprise dhjihadiste ? (2015) de Dounia Bouzar Désamorcer l’islam radical (2014) de Dounia Bouzar aux éditions de l’Atelier Ils cherchent le paradis, ils ont trouvé l’enfer (2014) de Dounia Bouzar aux éditions de l’Atelier L’intégrisme, l’islam et nous (2007) de Dounia Bouzar et Clara Dupont-Monod aux éditions Plon Si vous voulez mater des movies ou une série 🎬🎥🎞️ Les Filles du soleil (2018) d’Eva Husson Made in France (2015) de Nicolas Boukhrief Le ciel attendra (2016) de Marie-Castille Mention-Schaar Le Jeune Ahmed (2019) des frères Dardenne La désintégration (2012) de Philippe Faucon Sexe, salafistes et printemps arabe (2012) reportage de Paul Moreira Les Sauvages (2019) de Rebecca Zlotowski sur Canal +
Épisode très attendu aujourd’hui… On va parler de ce qu’on doit mettre en place, toustes ensemble, pour engager une révolution sexuelle en profondeur dans les communautés Arabes et/ou musulmanes de France et d’ailleurs. On va mettre en lumière les raisons pour lesquelles dans les communautés Arabes et/ou musulmanes, de France et d’ailleurs, le patriarcat vient étouffer la sexualité. Comment la sexualité tombe dans le domaine de la honte et du non-dit ? Faut-il passer par la libération de la parole pour libérer la sexualité ? JINS repense le rapport que nous avons à l’identité intersectionnelle à la croisée des chemins entre le genre, l’orientation sexuelle, la religion, l’origine ethnique pour faire une révolution. Une révolution qui se dit, qui se clame et qui s’écrit.  C’est avec une journaliste, écrivaine et femme de lettres franco-marocaine qu’on ne présente plus, Leïla Slimani, que je voulais réfléchir à un avenir meilleur pour une sexualité plus libre des populations Arabes et/ou musulmanes de France et d’ailleurs. Elle a reçu le prix Goncourt 2016 pour son deuxième roman, Chanson Douce (adapté à l’écran l’an dernier par Lucie Borleteau) et vient de publier un 3ème roman chez Gallimard, Le Pays des Autres (2020). Elle est à l’initiative du collectif Hors-La-Loi, qui demande l’abrogation des lois pénalisant les relations sexuelles hors mariage au Maroc. Ambassadrice de la francophonie et femme accomplie, elle a aussi mené des enquêtes de terrain qui l’ont amené à écrire le très remarqué et remarquable Sexe et mensonges – La vie sexuelle au Maroc (2017).  « Lorsqu’on ne possède pas son propre corps, lorsqu’on n’a pas de droits sexuels garantis, lorsqu’on a le sentiment que notre corps est en danger, on ne peut pas être véritablement un citoyen. » --- Leïla Slimani Le mouvement des Hors-La-Loi est aujourd'hui porté par deux femmes engagées, Sonia Terrab et Karima Nadir, que je salue et remercie pour toutes leurs actions. Le collectif vise à abroger les deux articles 489 & 490 du Code Pénal marocain afin de dépénaliser la sexualité hors-mariage et l’homosexualité.  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Sexe et mensonges – La vie sexuelle au Maroc (2017) de Leïla Slimani Superman est arabe (2013) de Joumana Haddad Le Pays des Autres (2020) de Leïla Slimani Foulards et hymens : Pourquoi le Moyen-Orient doit faire sa révolution sexuelle (2015) de Mona Eltahawy Dans le jardin de l’ogre (2014) de Leïla Slimani Desiring Arabs (2007) de Joseph Massad Simone Veil, mon héroïne (2017) de Leïla Slimani Paroles d’honneur (2017) de Leïla Slimani & Laetitia Coryn Women with Moustaches and Men without beards (2005) d’Afsaneh Najmabadi Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Chanson douce (2019) de Lucie Borleteau La Lutte des classes (2019) de Michel Leclerc À peine j’ouvre les yeux (2016) de Leyla Bouzid Zero (2012) de Nourredine Lakhmari Papicha (2019) de Mounia Meddour Hedi : un vent de liberté (2016) de Mohamed Ben Attia Les trois singes (2008) de Nuri Bilge Ceylan Casanegra (2012) de Nourredine Lakhmari
Aujourd'hui on va entrer ensemble dans le monde mystérieux de l’inconscient pour comprendre ce qui s’y joue en termes de genre et de sexualité, et tout ça, dans un cadre islamique. Vous l’avez compris, on va s’interroger sur le rapport entre psychanalyse et religion, avec tout ce que ça comporte de théorie sur le fait sexuel. Dans ce contexte, est-ce que la psychanalyse est antithétique à toute croyance religieuse ? Pourquoi il est si tabou encore aujourd'hui dans les communautés arabo-musulmanes d’aller consulter un.e psy ? Est-ce qu’on peut croiser les apports profondément spirituels de l’écrit coranique avec la méthodologie freudienne ou lacanienne ? Qui a la réponse à nos interrogations : est-ce le divin omniscient ou notre propre inconscient ?  J’ai l’honneur aujourd'hui d’accueillir une femme dont on peut longtemps faire les éloges, il s’agit de Houria Abdelouahed. Elle est psychanalyste, maîtresse de conférences, professeure et traductrice d’ouvrages anthologiques de la poésie arabe classique. Elle est une figure féministe du monde de la psychologie française et de la psychanalyse comme discipline. Elle a notamment mis en avant les grandes figures du féminin en islam dans son ouvrage de 2012. Elle a étudié entre autres les sujets de la violence, du voile, de la virginité…, elle a travaillé sur les dynamiques langagières dans le processus psychanalytique, mais elle puisse aussi ses connaissances dans les textes des grands mystiques de l’islam. Houria Abdelouahed n’a jamais peur de l’exactitude des mots et a le don de leur donner leur poésie. Elle pense les mots du langage pour panser les maux de la psyché.  « Du point de vue psychanalytique, il faut qu’il y ait un meurtre du fondateur [de la religion]. En l’absence de meurtre, nous sommes obligés d’être dans un mimétisme qui nous empêche d’écrire notre histoire au présent. » --- Houria Abdelouahed Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Figures du féminin en islam (2012) de Houria Abdelouahed Les Femmes du prophète (2016) de Houria Abdelouahed La psychanalyse dans le monde arabe et islamique (2005) de Chawki Azouri & Elisabeth Roudinesco Trouble dans le genre (1990) de Judith Butler La vie sexuelle (1907 - 1931) de Sigmund Freud Le désir et son interprétation (Séminaire S VI) (1958) de Jacques Lacan Violence et islam (2015) d’Adonis & Houria Abdelouahed La Psychanalyse à l’épreuve de l’islam (2004) de Fethi Benslama Pourquoi le monde arabe n’est pas libre : Politique de l’écriture et terrorisme religieux (2008) de Moustapha Safouan Je suis un monstre qui vous parle (2020) de Paul B. Preciado Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Un Divan à Tunis (2019) de Manèle Labidi Femmes du Caire (2009) de Yousry Nasrallah Des hommes (2019) de Jean-Robert Viallet & Alice Odiot  A Dangerous method (2011) de David Cronenberg Effets secondaires (2013) de Steven Soderbergh Face à face (1976) d’Ingmar Bergman Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander (1972) de Woody Allen Augustine (2012) d’Alice Winocour
Dans cet épisode, on va parler beaucoup du nerf de la guerre, du vif du sujet, celui qui nous titille toustes et qui a donné son nom à ce podcast. LE SEXE. Le sexe comme sexualité, dite sans détours et sans tabous. Quelle qu’elle soit. La littérature, l’histoire, l’érotologie, les textes rapportés du Prophète nous éclairent sur la présence de la sexualité comme un facteur d’épanouissement dans la vie. Quelles pratiques sexuelles sont autorisées en islam ? Qu’en est-il des fantasmes inassouvis d’une jeune femme mariée ? Qu’en est-il du plaisir solitaire ?  Pour répondre à ces questions, je serai en compagnie de Nadia El-Bouga. Elle est sexologue, sage-femme, musulmane, féministe et porte le foulard. Elle est autrice d’un livre publié en 2017, intitulé La sexualité dévoilée, aux éditions Grasset. Elle défend l’accès au plaisir pour toutes dans son cabinet en banlieue nord de la région parisienne comme à la radio, sur Beur FM.  « La pudeur se situe au cœur même de l’érotisme et contribue à faire vivre le désir, à l’attiser, à le multiplier. » --- Nadia El-Bouga Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 • La sexualité dévoilée (2018) de Nadia El-Bouga • Encyclopédie de l’amour en islam (2003) de Malek Chebel • Au-delà de la pénétration (2019) de Martin Page • La sexualité en islam (1979) d’Abdelwahab Bouhdiba • Kunyaza (2018) de Habeeb Akande • A Taste of Honey (2015) de Habeeb Akande Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ • En attendant les hirondelles (2018) de Karim Moussaoui • Corps étranger (2016) de Raja Amari • Téhéran Tabou (2017) de Ali Soozandeh • Hala (2017) de Minhal Baia • Une fille facile (2019) de Rebecca Zlotowski Si vous voulez mater une série 💻💿👀 • Ramy (2019) de Ramy Youssef sur Hulu
Me voilà de retour pour un nouvel épisode de JINS, le podcast qui plonge à pieds joints dans la sexualité des personnes Arabes et/ou musulmanes de France. Cet épisode est le troisième d’une trilogie sur le colonialisme. Cette fois-ci, on va replonger dans le passé pour mieux comprendre comment et pourquoi on définit le corps arabe sociologiquement. L’homme comme la femme Arabes en France sont bloqués dans ces rapports de pouvoir et de dominations dans lesquels leur arabité perd toujours. Ils ont été enfermés dans ces carcans tout le long de l’histoire coloniale et postcoloniale ; d’ailleurs, tous les arts visuels se sont faits le miroir de ces stéréotypes. Alors on se demande, qu’est-ce qui fait que les corps arabes sont perçus, appréhendés ou approchés de cette manière racialisée, pour ne pas dire raciste ? Mon petit doigt m’a dit qu’il fallait remonter le fil de l’histoire pour mieux saisir le sens de leurs constructions dans tous les esprits.  J’ai le plaisir d’accueillir Pascal Blanchard ! Historien et documentariste spécialiste de l’Empire colonial français, des enjeux de la diversité et des histoires de l’immigration en France. Il a publié ou codirigé une soixantaine d’ouvrages, notamment Sexe, race & colonies (en 2018). Il se bat pour ses idées jusqu’à les mettre à l’écran récemment aux côtés de David Korn-Brzoza dans le poignant documentaire Décolonisations – Du sang et des larmes. Aujourd'hui, grâce à lui, nous allons tenter de mieux comprendre la vertigineuse histoire de la fabrique des corps arabes en France.  « L’ordre colonial a organisé la sexualité au nom de critères raciaux validés par la science. » --- Pascal Blanchard Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 ◦  Décolonisations françaises – La chute d’un empire (2020) de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire ◦  Sexe, race et colonies (2018) de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Christelle Taraud, Dominique Haas & Gilles Boëtsch ◦  La république mise à nu par son immigration (2006) de Nacira Guénif-Souilamas ◦  Le ventre des femmes (2017) de Françoise Vergès ◦  De l’indigène à l’immigré (1998) de Pascal Blanchard ◦  Rencontres radicales : pour des dialogue féminites décoloniaux (2018) de Manal Altamimi, Nacira Guénif-Souilamas, bell hooks & Tal Dor Si vous voulez mater des movies, des docus & des séries 🎬🎥🎞️ •  Les Sauvages (2018) – série Canal + réalisée par Rebecca Zlotowski  •  Décolonisations – Du sang et des larmes (2020) – Pascal Blanchard & David Korn-Brzoza •  Indigènes (2006) de Rachid Bouchareb •  Qu’un sang impur… (2020) d’Abdel Raouf Dafri •  Hors-la-loi (2010) de Rachid Bouchareb •  Chronique des années de braise (1975) de Mohammed Lakhdar-Hamina, Palme d’Or du Festival de Cannes •  La Bataille d’Alger (1966) de Gillo Pontecorvo •  Un de la légion (1936) de Christian Jaque – avec Fernandel
loading
Comments (1)

Karima Abchar

merci à vous pour ce podcast très constructif et très éclairant pour faire évoluer les mentalités. Merci également pour les invités de valeur des différents podcasts dont Mme Asmae Lmrabet, quelle hauteur et précision dans les propos. j'ai partagé amplement cet épisode le jour du 08 mars des droits de la femme. C'est une des rares voix marocaines qui œuvre depuis longtemps pour les droits des femmes et pour l'appropriation des textes sacrés du coran pour une interprétation originale féminine loin de toutes les interprétations patriarcales qui nous font beaucoup de tort dans nos sociétés actuelles. Nous avons besoin des lumières des connaissances de Mme Asmae Lmrabet, que j'admire tant, et que j'ai vu dans des conférences à Paris, grâce à mon défunt Mari, qu'il l'admirait beaucoup avec Feu Mme Fatima Mernissi, pour leur travail incessant à éclairer le Maroc et à ouvrir la voie pour un Maroc égalitaire et non discriminant de toutes les minorités. Bravo Bravo. Mme ABCHAR Karima

Mar 11th
Reply
Download from Google Play
Download from App Store