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Qu’appelle-t-on “minerais de conflits” ? Pourquoi leur extraction et leur utilisation sont-elles problématiques ? Pourrait-on un jour réglementer ce commerce ?  Réponses avec notre invitée Marianna Reyne, juriste en droit de l’environnement industriel. Les 3TG [1:30 – 7:07] “L’expression “minerais de conflit” vient du fait que l’exploitation de ces minerais participe à alimenter des conflits armés dans plusieurs régions du monde”, nous explique Marianna Reyne. Parmi la soixantaine de métaux entrant dans la composition des équipements électroniques, quatre de ces métaux sont issus de minerais de conflit : “le tantale qui est issu de la colombite-tantalite (le coltan), l’étain qui provient de la cassitérite, le tungstène dont l’origine est la wolframite, et l’or”. Ces métaux sont désignés par un sigle : “3TG” (pour tin, tantalum. tungsten et gold, en anglais). Ils viennent principalement de pays détenant “des ressources minières très importantes” : la République Démocratique du Congo, du Rwanda, du Burundi, de l’Ouganda, la Colombie, la Birmanie et l’Afghanistan. “Qu’il s’agisse d’opérations minières artisanales non réglementées ou d’activités industrielles, l’exploitation de ces minerais est illégale et entraîne de nombreuses dégradations sur l’environnement et des violations des droits humains”, souligne Marianna Reyne.  Des conséquences humaines et environnementales alarmantes [7:51 – 17:48] Il est estimé que l’extraction illégale de la cassitérite, du coltan et de l’or a provoqué en RDC l’enlèvement de la couverture végétale de la forêt ainsi qu’une très importante pollution : citons par exemple la dégradation des zones situées le long des rivières, dont résultent des problèmes d’érosion, un envasement de l’eau et un dépôt de résidus contaminants (dont mercure et cyanure) déversés dans les rivières. Quant aux conséquences humaines, elles aussi bien connues : “la violence et l’insécurité, qui caractérisent l’Est de la RDC, perdurent du fait de la compétition pour ce contrôle du commerce des minerais entre groupes rebelles, milices locales et forces armées des États voisins. Le contrôle illégal par les groupes armés et l’inaction étatique provoquent une situation humanitaire désastreuse dans la région : affrontements, violations des droits de l’Homme, travail forcé (y compris travail des enfants), violences sexuelles, attaques contre les civils… “En 2014, l’Unicef avait évalué à 40 000 le nombre d’enfants qui travaillaient dans les mines du Sud de la RDC”, précise Marianna Reyne. Et la RSE dans tout ça ? [18:11 – 21:59] Selon Marianna Reyne, les entreprises s’appuient sur un guide publié par l’OCDE en 2011 : considéré comme le standard de référence en matière de responsabilité sociétale des entreprises, ce guide est consacré au devoir de diligence pour les chaînes d’approvisionnement responsable en minerais provenant de zones de conflit. “On a aussi vu apparaître un certain nombre d’initiatives et de programmes venant de l’industrie, du téléphone ou de l’étain par exemple, et ces initiatives ont plus ou moins bien fonctionné […].” Des tensions au cœur de l’actualité [22:48 – 32:31] “S’agissant de la crise du Covid-19, analyse Marianna Reyne, les politiques publiques qui ont été adoptées de par le monde ont provoqué d’énormes problèmes liés aux arrêts de production, à la fois du fait des confinements des populations et de cette instabilité généralisée qui a été créée. Ce que l’on observe, ce sont des crises de production et de logistiques majeures qui ont généré elles-même des pénuries en cascade”. Exemple le plus emblématique : la pénurie des semi-conducteurs électroniques.         Références citées : Guide OCDE  iTSCi  Cet article d’Amnesty International  Ressources pour aller plus loin : Virunga  Cobalt Blues Fairphone  Réalisation : Intissar El Hajj Mohamed (en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet) Générique : Pierre Ginon Visuel : Camille Van Belle Cogitons Sciences est un podcast de Techniques de l'Ingénieur
Comment passer des directions assistées pour automobiles aux voiliers de haute technologie ? Est-il possible pour un ingénieur de faire son métier de sa passion ? Comment une page blanche devient un bateau capable de faire le tour du Monde ? Qu’est-ce qu’un ingénieur d’études peut apporter à des skippers ?  Pour nous répondre, nous recevons Clément Thivin, ingénieur d’études « mécanique et systèmes » au bureau d’études de MerConcept, l’écurie de course au large créée par le navigateur François Gabart en 2006. De l’intérêt à la passion [1 :30]  -  [7:51] Lors du cursus d’ingénieur de Clément Thivin à l’INSA de Lyon, ses professeurs l’encouragent à suivre leur ancien élève, François Gabart, qui participe au Vendée Globe Challenge, fin 2012. Dans les médias, Clément Thivin découvre le projet de « construction d’un trimaran de course pour battre le record du tour du monde à la voile en solitaire » par MerConcept. Ce sera sur ce projet qu'il travaillera durant son stage en 2014. C’est en poste chez JTEKT Technology que Clément Thivin comprend qu'il est passionné par la voile et que c’est là qu'il veut travailler. Ses candidatures ne sont pas retenues. Puis, en intégrant les Chantiers de l’Atlantique, il s’approche de l’océan et acquiert de l’expérience dans le secteur naval. Ensuite, « dans un média spécialisé, j’ai vu une offre de MerConcept ». Elle correspond bien à son profil. Il postule. Il est recruté. Concevoir un bateau compétitif [8 :09] - [17 :10] C'est donc en 2019 que Clément Thivin revient chez MerConcept. Il travaillera d'abord sur l’Imoca 11th Hour Racing. Il explique la différence de design entre cet Imoca, dessiné pour un équipage, et « l’Imoca Apivia, skippé par Charlie Dalin ». L’acquisition du vocabulaire nautique est comparée par Clément Thivin à l’arrivée « dans un nouveau pays ». « L’ingénieur d’études doit produire des pièces, des systèmes » pour le bateau. Clément Thivin illustre sa charge de travail : « En août 2019, le bateau était une page blanche. À l’été 2021, il a navigué. En novembre, il a traversé l’Atlantique ». Ces bateaux sont conçus pour « participer à des courses et si possible les gagner ». Il faut à l’ingénieur d’études « un bon niveau de confiance et de doute » pour « prendre les décisions vitales pour la performance du bateau ». À l’écoute des skippers  [17 :30] - [28 :33] « On fait un bateau pour que les skippers puissent l’exploiter au maximum pendant les courses. Ils doivent être très impliqués dans le design du bateau et la philosophie des systèmes », explique Clément Thivin. Le « retour est immédiat pendant toutes les phases de conception ». « Capables de passer trois mois en mer tous seuls sur leur bateau, ils ont des choses à raconter. », ajoute Clément Thivin.  « Les courses de bateaux rythment nos journées. La cartographie est le seul accès à la performance. Les pointages permettent de connaître les positions des bateaux ». Références citées : MerConcept The OceanRace est la course à laquelle va participer l’Imoca 11h Hour Racing Les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire JTEKT Technology L’INSA de Lyon L’Université d’Aalto à Helsinki, en Finlande Ressources pour aller plus loin : Le média spécialisé dans la voile de compétition Tip & Shaft le festival de films documentaires Sailorz Le livre « La longue route », de Bernard Moitessier « Maiden », le documentaire sur la skippeuse britannique Tracy Edwards Le Off Shore film festival, consacré à l’aventure en mer   Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur. Cet épisode a été réalisé par Marie-Caroline Loriquet, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle. 
Gauthier Ryckeboer et Romain André sont respectivement ingénieur électronique et chef de projet produits électroniques au département conception d'accessoires jeux vidéo chez Nacon.  Multi-casquettes [2:18 - 30:12] “Au quotidien, mon métier se résume à plusieurs casquettes, détaille Gauthier Ryckeboer. Une première casquette laboratoire qui représente les validations, les tests et les caractérisations des différents accessoires des jeux vidéo. Une deuxième casquette, cette fois ingénierie, qui est plus liée à la spécification en vue du développement de l’accessoire, et c’est là où j’assiste mon collègue Romain, ces missions étant liées au user interface, à l’électronique et à l’électrique. Une troisième casquette autour de l’amélioration continue du produit, en fonction des retours clients, et nous sommes toujours à l’affût de nouvelles technologies et de nouveaux composants”.  Romain André participe à la supervision du développement du produit “en allant de l’idée de départ et jusqu’à la sortie de l’usine et l’arrivée en magasin” : “cela consiste à définir complètement le produit, d’un point de vue technique, avec les membres du laboratoire, dont Gauthier, superviser le développement tout au long de la chaîne de production, participer à l’élaboration du packaging et travailler avec les équipes marketing pour présenter le produit aux clients”.  Une flexibilité professionnelle accrue [30:25 - 49:57] Depuis leurs débuts dans le milieu du jeu vidéo, les deux ingénieurs profitent d’une plus grande flexibilité au travail. Pour Gauthier Ryckeboer : “chez Nacon, lorsque nous avons une idée ou un projet, que ce soit sur le développement d’accessoires ou sur autre chose, il nous est possible de le remonter très facilement car la hiérarchie est très accessible, et cela jusqu’au PDG (Alain Falk, NDLR), et il nous est aussi possible d’échanger avec beaucoup de corps de métiers, qu’il s’agisse de nos collègues de la comptabilité ou de l’informatique, de nos partenaires industriels qui se trouvent en Chine par exemple, de nos partenaires technologiques éparpillés à travers le monde, ou encore les collègues chefs de projet comme Romain ou encore les collègues designers industriels… Aujourd’hui, j’ai pu développer un côté pluridisciplinaire, très agréable car challengeant intellectuellement”.  Cette flexibilité pousse Romain André à poursuivre sa carrière dans le secteur du jeu vidéo : “la flexibilité, c’est la possibilité d’entreprendre et de voir le concept, imaginé avec les collègues, prendre forme et prendre vie. C’est une des choses qui rend le secteur au global ainsi que l’innovation très intéressants, car ce n’est pas un secteur qui reste fixe. Si par exemple on voit aujourd’hui comment a évolué une manette, à quoi elle ressemblait et ce qu’il y avait dedans il y a 10 ans, ce n’est plus la même chose aujourd’hui, ça a complètement changé ! Et on peut en dire tout autant pour l’évolution des jeux vidéo, des supports de jeux, mais aussi des casques audio. Et au niveau industriel, cette flexibilité m’a permis de rencontrer des personnes qui maîtrisent des technologies qu’autrement, si j’étais resté dans le secteur automobile, je n’aurais pas forcément pu découvrir à moins de changer de périmètre ou de site… Alors qu’aujourd’hui, je travaille sur des catégories de produits qui sont totalement différentes les unes des autres, tout en restant au même endroit”.  Références citées : Nacon  Thrustmaster Valeo  Ressources pour aller plus loin : “Power on: The Story of Xbox” “High Score : L’Âge d’or du gaming” “Les consoles de jeux vidéo” Les livres sur l’histoire du jeu vidéo, aux éditions Omaké “Joypads ! Le design des manettes” “Le rendez-vous tech” et “Le rendez-vous jeux” “Tech café” Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur. Cet épisode a été réalisé par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet. Le générique a été créé par Pierre Ginon ; le visuel, par Camille Van Belle. 
Depuis janvier 2019, Alexandre Tisserant est PDG de Kinéis. La constellation de 25 nanosatellites de Kinéis devrait fournir des services de connectivité destinés à l’internet des objets (IoT). Dans la continuité du projet Argos, ses applications vont – entre autres – du suivi de la biodiversité marine et terrestre, au suivi de l’activité volcanique, en passant par le suivi des convois de denrées sensibles. En 2002, Alexandre Tisserant obtient un diplôme d’ingénieur spécialisé en computer science, de l’Ecole polytechnique. Il y ajoute en 2004 un deuxième master, délivré par Telecom ParisTech, et cette fois tourné vers le management, la stratégie commerciale et le développement de logiciel. Ni ses études, ni une carrière dans la finance au sein de l’Etat ne présageaient pour cet ingénieur une direction toute autre lorsqu’il rejoint CLS Group en 2017 : embrasser le domaine spatial. Un univers qui, pourtant, l’avait toujours fasciné…  Une passion avant tout [1:00 – 11:18] “Je ne pense pas que ça me prédestinait à y travailler, mais le spatial est un domaine qui me fascinait depuis très longtemps, nous confie Alexandre Tisserant. Adolescent, en lisant les magazines de vulgarisation scientifique, j’étais toujours très intéressé par les dossiers qui avaient trait à l’espace. Et quand ensuite j’ai eu des cours de mécanique spatiale, comprendre comment les astres tournent les uns autour des autres m’a captivé. À un moment, j’envisageais même de m’orienter vers l’astrophysique ; chose que je n’ai pas poursuivie, car je n’étais pas sûr que le domaine de la recherche me conviendrait. Comme par ailleurs j’aimais beaucoup l’informatique, je me suis spécialisé là-dedans.”  Dans l’espace infini, de la rigueur [11:19 – 23:46] En 2017, alors que la famille part s’installer à Toulouse, où l’épouse d’Alexandre Tisserant va enseigner l’histoire à l’université, l’ingénieur cherche des opportunités de travail dans la ville rose. “De fil en aiguille”, il est alors recruté par CLS Group pour diriger le projet Kinéis, devenu par la suite une entreprise spin-off. Dans ce milieu qu’il découvre, comme nous l’explique Alexandre Tisserant, une spécificité se démarque : “Quand on envoie un objet dans l’espace, on n’y a plus accès, plus jamais, et on est donc obligé de réaliser une batterie de tests et de validations, à la fois électroniques, informatiques, mécaniques, thermiques, au sol. En plus, envoyer et développer le satellite coûte cher !” Et on n’a donc pas vraiment droit à l’erreur. D’où cette rigueur accrue. Qui peut même contraster avec le monde de l’informatique : “De là découle la méthode de l’ingénierie spatiale, qui est très différente de l’informatique, où on écrit du code, on compile, on exécute, on teste, et si ça ne marche pas, on refait”.   Le liant : la curiosité… Et une quête de sens [23:47 – 32:58] “Ce qui m’a guidé tout au long de ma carrière, c’est la curiosité, une envie de comprendre comment les choses fonctionnent, et pouvoir les refaire moi-même”, décrète le PDG de Kinéis. Il continue : “C’est d’ailleurs comme ça que je me suis retrouvé à travailler pour le budget de l’Etat pendant quelques années, car c’était une mécanique financière que je ne comprenais pas au début, alors que c’est au cœur des ‘machines’ de l’Etat !” Son conseil aux étudiants ingénieurs ? “Savoir pourquoi vous faites ce que vous faites, et vous demander ce que ça produit pour la société en général !”  Références citées : Argos (continué par Kinéis)  CLS Group Ressources pour aller plus loin : “Merci de changer de métier”, un livre de Celia Izoard “Voyage en misarchie”, un livre d’Emmanuel Dockès “Les couilles sur la table”, un podcast de Victoire Tuaillon  “Silicon Valley”, une série télévisée américaine  Cogitons Sciences est produit par Techniques de l’Ingénieur. L'épisode a été réalisé par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon. Le visuel a été créé par Camille Van Belle. 
Qu’est-ce qui pousse les ingénieurs français à partir ? Pourquoi choisissent-ils travailler à l’étranger ? Et est-ce qu’ils envisagent de revenir un jour ? Réponses avec Lucile Zenou, ingénieure biomédicale résidant au Canada depuis 2014 et présidente de l'association Francogénie, et Marion, ingénieure en Espagne où elle travaille depuis 16 ans. Entre le groupe français et la filiale catalane, des cultures de travail différentes [1:31 - 6:23] Pour s’installer en Espagne, deux possibilités se présentaient à Marion : signer un contrat local ou opter pour l’expatriation. Marion a choisi la première option, idéale pour les salariés qui souhaitent s’établir dans un pays étranger. Et bien que l’ingénieure n’ait pas changé d’entreprise, cette mutation lui fait découvrir une culture de travail bien différente. “Oui, j’avais les codes de l’entreprise, j’avais la culture de l’entreprise… mais cette petite structure était beaucoup plus rapide, beaucoup plus agile, nous pouvions créer nos postes, nous étions beaucoup plus autonomes, et nous avions beaucoup plus d’informations de toute la structure puisque nous travaillons moins en silo, détaille Marion. C’était une expérience très différente de ce que j’avais vécu à Paris.” Pour les employeurs québécois, la priorité est aux compétences [6:25 - 13:51] Après un premier court séjour au Canada, Lucile Zenou y est repartie en 2014, cette fois-ci à la recherche d’un travail. Et bien qu’elle n’ait pas fait d’école d’ingénieur, Lucile Zenou occupe aujourd’hui des fonctions d’ingénieur, dans le secteur du biomédical, sans pour autant avoir le statut ou le titre d’ingénieure. En effet, elle a repris ses études au Canada et a obtenu un master en génie biomédical. “J’ai quitté la France car j’avais beaucoup de mal à y trouver un emploi, nous explique-t-elle. Mon domaine (chimie des matériaux, nanomatériaux et nanotechnologies, NDLR) était trop spécialisé et je n’avais pas les diplômes des écoles d’ingénieurs. Mais une fois au Québec, on ne me demandait pas forcément mes diplômes, on ne me demandait pas de quelle école je venais. C’était vraiment par rapport à mes compétences.”  Un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée [13:53 - 28:15] Lucile Zenou et Marion s’accordent sur un point : elles parviennent mieux à concilier vie professionnelle et vie privée. Que ce soit grâce aux différents accommodements mis en place par l'État, au Québec, ou grâce aux multiples évolutions positives qui se sont opérées très vite en Espagne au fil des années. D’autres points peuvent sembler un peu moins attractifs, comme l’expliquent nos deux interlocutrices ; mais si à première vue ils peuvent paraître comme des défauts, ils sont assez complexes pour être “contrebalancés” par des avantages indissociables. Revenir en France n’est pas à l’ordre du jour [28:16 - 38:25] Ni Marion ni Lucile Zenou ne se voient revenir de sitôt en France ! Pour Lucile Zenou : “La seule chose qui pourrait me pousser à rentrer en France serait ma famille, et la possibilité d’être auprès de ma famille. Surtout dans les circonstances actuelles (la pandémie de Covid-19, NDLR), c’est vraiment une préoccupation quand on est loin.” Quant à Marion : “Comme Lucile, ce n’est pas dans mes plans. Car d’abord j’aurai du mal à quitter cette qualité de vie. Ensuite, professionnellement, je me suis établie ici et j’aurai du mal à me réadapter en France. Cette zone grise, cette flexibilité qu’on a en Espagne, j’aurai du mal à la perdre.” Références citées : Enquête IESF Au Québec, l'accommodement raisonnable Ressources pour aller plus loin : L’immigration au Canada (site gouvernemental) Francogénie Le livre “Ainsi parlent les français” Le film “L’Auberge espagnole”  Le film “Ocho apellidos vascos”  Cogitons Sciences est produit par Techniques de l’Ingénieur. L'épisode a été réalisé par Intissar El Hajj Mohamed, avec Alexandra Vépierre. Le générique a été créé par Pierre Ginon ; le visuel, par Camille Van Belle.  
Où travaillent les ingénieurs aujourd’hui ? Quels métiers évoluent ou disparaissent ? Comment le numérique et la transition énergétique impactent-ils le métier ? Pour répondre à ces questions, nous recevons Marc Rumeau et Christine Quinola. Marc Rumeau est président d’IESF (Ingénieurs et Scientifiques de France), une association fondée en 1848 qui représente 175 des associations d’alumnis d’écoles d’ingénieurs en France. Il est ingénieur et a fait toute sa carrière dans des entreprises dans le domaine des automatismes, de l’électronique puis de la sécurité électronique et incendie. Christine Quinola est secrétaire générale d’IESF. Elle a été ingénieure dans la pétrochimie et aujourd’hui, elle a fondé Calliroxe, son entreprise de formations en gestion de projet. Panorama des ingénieurs en France [1:36] – [15:36] Pour dresser un panorama de la profession, IESF réalise chaque année une enquête nationale via son Comité Observatoire des ingénieurs, pour laquelle elle interroge environ 55 000 ingénieurs. L’enquête 2021 a révélé que les ingénieurs se trouvaient dans tous les secteurs et pas uniquement l’industrie, et que la part de femmes continuait à stagner à 24%. Géographiquement parlant, les ingénieurs français sont à 85% sur le territoire français, mais beaucoup travaillent sur des projets à l’international Afin d’évoluer dans sa carrière, Christine Quinola met en avant la nécessité du réseau, notamment permis par des associations comme IESF. Cette fédération souhaite favoriser la force d’entraide entre les alumnis et accompagner les personnes qui veulent progresser dans leur métier. Marc Rumeau  et Christine Quinola revendiquent l’importance de la curiosité dans ce métier, qui permet de se former tout le long de sa carrière. L’évolution des métiers d’ingénieur [15.37] – [34:38] Plus qu’une disparition de métiers, Marc Rumeau parle de leur évolution et de la nécessité d’un accompagnement dans ces bouleversements. Parmi les domaines émergeants, l’hydrogène, mais aussi la data, même si Christine temporise et rappelle le besoin de traiter les données de manière intelligente. Cela nécessite de nouvelles compétences, d’où l’émergence de métiers comme data scientist.  La transition numérique a ainsi bouleversé les métiers, tout comme la transition énergétique. Pour le président d’IESF, il s’agit surtout de trouver des solutions pour le développement durable. Christine Quinola souhaite aussi mettre en avant le mix énergétique comme un secteur qui va fortement recruter. Elle qui était initialement réfractaire à travailler dans le domaine du pétrole reconnait finalement que ses valeurs écologiques personnelles lui ont justement permis de changer les choses dans ce milieu, notamment en s’assurant que les normes étaient respectées. Nos deux invités comptent sur les ingénieurs, scientifiques, doctorants français pour participer à la création d’un monde plus durable, mais ils regrettent que leurs compétences ne soient pas suffisamment exploitées. Par ailleurs, d’autres spécialisations ne sont pas assez présentes en France. C’est le cas des experts techniques, tout domaine confondu, et des spécialistes en jumeau numérique. Marc Rumeau regrette notamment la pénurie de professeurs et la mauvaise gestion de la formation continue. Références citées : - + d’1,2 million d’ingénieurs et scientifiques en France dont environ 920 000 d’ingénieurs encore en exercice - Certificat EUR ING - La Conférence des grandes écoles - Enquête IESF  - Emmanuelle Charpentier : Prix Nobel de Chimie 2020 - Guillaume Rozier : ingénieur à l’origine de CovidTracker Ressources pour aller plus loin : - Livre Blanc IESF « Face aux défis du XXI siècle les Propositions et Recommandations des Ingénieurs et Scientifiques de France »  - Film Le Mans 66 réalisé par James Mangold - Série Le Bureau des légendes Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur.  Cet épisode a été réalisé par Alexandra Vépierre, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle.
  Quelles sont les compétences sociales et sociétales demandées aux ingénieurs? Comment y former les futurs ingénieurs ? Et quelles sont les attentes de la nouvelle génération d’ingénieurs ?  Pour répondre à ces questions, nous recevons Laure Bertrand. Laure Bertrand est enseignante/chercheuse et directrice soft skills, développement durable et carrière au Pôle Léonard de Vinci. Ce pôle réunit une école de commerce (EMLV), une école du digital (IIM) et surtout l’école d’ingénieurs (ESILV).  L’évolution de la société influe sur les attentes en termes de compétences [1:19] – [16:55] Les soft skills et le développement durable font depuis quelques années partie de la formation de l’école d’ingénieurs ESILV. Selon Laure Bertrand, c’est une nécessité d’inculquer le plus tôt possible aux jeunes diplômés ces compétences sociales, humaines et relationnelles, et de modifier les cursus pour répondre aux enjeux de l’urgence climatique. La demande émane à la fois des entreprises, des étudiants, de la société civile et des écoles. Les recruteurs notamment sont en demande des soft skills car les compétences scientifiques ne suffisent plus. Afin de préparer leurs programmes sur 5 ans, les écoles doivent être constamment en éveil et avoir un regard prospectif sur l’évolution du marché du travail et des attentes de la société. Laure Bertrand constate d’ailleurs une évolution notable du côté des étudiants et étudiantes, qui souhaitent un management plus horizontal en entreprise, et qui cherchent à avoir un impact positif sur la société grâce à leur travail. Les soft skills dans le travail des ingénieurs [16.55] – [27:38] Laure Bertrand divise les soft skills en 2 sous-parties : les compétences intrapersonnelles (l’esprit critique, l’intelligence émotionnelle, la créativité etc.) et interpersonnelles (l’empathie, la capacité d’écoute, la coopération, l’intelligence collective etc.). « La bonne nouvelle c’est qu’on peut se former aux soft skills », ajoute-t-elle. Elle prend alors l’exemple de l’empathie et donne des méthodes pour la travailler. Différentes soft skills sont utiles aux ingénieurs : le développement de l’intelligence émotionnelle, la créativité, la flexibilité et l’agilité, la coopération. Dans l’école où elle travaille, les étudiants et étudiantes ont aussi des cours pour trouver leur style de leadership afin d’embarquer une équipe, avoir de l’impact sur les autres, même sans autorité hiérarchique. Acquérir les compétences personnelles [27:38 – [42:08] Même sans passer par une école, plusieurs méthodes existent pour progresser et améliorer ses compétences. Première étape : faire un état de lieux pour comprendre les soft skills qui existent et faire le point sur ses atouts et ses points faibles. Ensuite, il est possible de faire des formations sur les sujets qui nous intéressent ou de suivre des Moocs. Selon Laure Bertrand, les compétences soft permettent d’acquérir des aptitudes indispensables pour évoluer dans le monde professionnel, et notamment dans le contexte de la transition écologique. Parmi les compétences utiles, elle cite le développement de la pensée systémique, la capacité à coopérer dans un cadre interdisciplinaire, l’intelligence collective, la capacité au plaidoyer, le développement de l’esprit critique, la capacité à gérer et impulser le changement etc. Elle rappelle d’ailleurs qu’agir pour la transition écologique ne se fait pas uniquement pas convictions. Certains peuvent s’y engager par pragmatisme car le monde évolue et les entreprises sont de plus en plus soumises à des restrictions et des cadres particuliers. D’où l’importance de développer ses compétences personnelles sur le sujet.   Références citées : CGE : conférence des grandes écoles Le manifeste des étudiants pour un réveil écologique C3D : Le collège des directeurs du développement durable The Shift project Youmatter Greta Thunberg VIA survey Cartes de forces éditées par Positran Questionnaire MBTI DISC Process communication Performance Ressources pour aller plus loin : Rapports de The Shift project La conférence des grandes écoles Le manuel de la grande transition La Contagion émotionnelle de Christophe Haag Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur.  Cet épisode a été réalisé par Alexandra Vépierre, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle.  
Les solutions numériques pour faciliter l’écoconduite existent, et WeNow en fait partie. Comment fonctionne une telle solution, d’un genre nouveau en France ? Est-elle adaptée à tout type de véhicule ? Quelles réductions de l’empreinte carbone présage-t-elle ? Quelles sont les bonnes pratiques à adopter en tant qu’automobiliste ?  Pour répondre à ces questions, et bien d’autres encore, Techniques de l’Ingénieur reçoit Fabien Carimalo, cofondateur de WeNow.  Vers un changement des habitudes [0:00 - 7:50]  Le but derrière WeNow n’est pas de décarboner les émissions carbone sur les routes, mais de changer le comportement des conducteurs en les incitant à opter pour l’écoconduite. Grâce à un boîtier connecté, les émissions du véhicule sont mesurées et ensuite transmises à l’application WeNow qui va afficher ces chiffres à l’intention du conducteur et lui recommander la démarche à suivre (un « coaching ») pour réduire, « de 10 à 15% », sa consommation énergétique. Fabien Carimalo évoque ce rapport, publié en juin par le Haut Conseil du Climat et qui rappelle que le transport est le secteur ayant le plus d’impact CO2 en France : « Le secteur des transports en France est le premier contributeur aux émissions de gaz à effet de serre territoriales avec une part de 31 % en 2019, soit 136 Mt éqCO2 ». Précisons toutefois que la solution WeNow est pour l’instant réservée aux flottes de véhicules des entreprises.  Un environnement de données compréhensible [7:50 - 26:20]  Un système de points auquel s'ajoutent des challenges mis en place par WeNow « de manière systématique ou pas », qui pourraient aboutir à des récompenses (selon le souhait de l’entreprise cliente), fait partie de l’environnement de l’application. « Un gestionnaire de flotte ou un manager va avoir accès à une série de données, mais nous sommes conscients du fait que trop de données tue la donnée », prévient Fabien Carimalo. « L’enjeu pour nous n’est pas de mettre à disposition des mégaoctets et des gigaoctets de données auprès d’une personne qui n’aura pas le temps de les utiliser, mais de mettre en place un système qui est simple, centré sur l’essentiel et facilement compréhensible ». Une centaine de sociétés clientes [26:20 - 45:40]  « Nous avons choisi de partir sur les véhicules de sociétés car c’est déjà l’environnement le plus sensibilisé à la réduction de l’empreinte carbone », explique Fabien Carimalo. Avant de poursuivre : « Il y a des obligations pour les entreprises, même dès leur création, notamment sur la nécessité de réaliser un bilan carbone. Aujourd’hui, cela s’est largement généralisé en France, avec la loi d’orientation des mobilités qui impose aux entreprises d’une certaine taille d’inclure dans leur flotte une part plus ou moins significative de véhicules électrifiés. Il y a donc un enjeu de contrainte du côté du secteur privé, mais aussi un enjeu stratégique et marketing pour les grands groupes qui doivent montrer l’exemple surtout qu’ils ont les moyens d’engager la transition ».  Sobriété énergétique tout en gaming [45:40 - 51:22]  Pourquoi adopter l’engagement par le jeu ? Réponse de Fabien Carimalo : « L’écologie punitive, pour nous, n’a aucun avenir. Il faut donner aussi un sens positif à l’action communautaire, collective, à l’encouragement, et au fun. Ce sont des leviers énergétiques qui font partie de notre société et de notre culture. L’apprentissage par le jeu est quelque chose qui est presque naturel. Il est beaucoup plus puissant d’apprendre sur le climat et d’aller vers la sobriété énergétique, tout en s’amusant. Cela donne envie d’y revenir. D’où notre conviction : si nous voulons avoir de l’impact et fédérer à grande échelle, le jeu est un levier puissant qui fait partie du quotidien des jeunes générations. » Références citées :  Les rapports du Haut Conseil du Climat  La loi d’orientation des mobilités Pour aller plus loin :  Les rapports de l’Ademe WeNow 
Quelle est la différence entre biocarburants avancés et biocarburants conventionnels ? Quelles technologies permettent de produire des biocarburants avancés ? Quels sont les freins et les leviers pour leur déploiement en France ?  Pour répondre à ces questions, Techniques de l’Ingénieur reçoit Jean-Christophe Viguié, responsable des programmes “biocarburants” à l’IFP Énergies Nouvelles (IFPEN). L’IFPEN a mené plusieurs projets en partenariat avec des industriels et des laboratoires de recherche pour développer des technologies de production de biocarburants avancés.     Les biocarburants avancés, quésaco ? [1:10 - 3:02]  Les biocarburants avancés sont « définis par une liste de ressources dans la directive européenne RED II [Directive des Energies Renouvelables, NDLR] », explique Jean-Christophe Viguié. « Ce sont des ressources qui n’entrent pas en compétition directe avec un usage alimentaire ». Ils sont ainsi différents des biocarburants « produits à partir de ressources qui entrent en concurrence avec un usage alimentaire ».  Comment produire les biocarburants avancés ? [3:02 - 7:02]  « On peut distinguer deux grands types de technologies ». Une première catégorie est celle des technologies thermochimiques, où « la biomasse est d’abord déconstruite en la gazéifiant à très haute température », avant de réaliser une synthèse Fischer-Tropsch. « La deuxième grande voie est une voie biochimique » qui commence également par une déconstruction de la biomasse mais se termine par une fermentation grâce à des biocatalyseurs afin d’obtenir de l’éthanol. L’IFPEN a notamment co-développé deux technologies de production de biocarburants avancés : Futurol et BioTfuel.  Du développement à la commercialisation [7:02 - 12:07]  Pour développer ces technologies, « il faut mettre en place de nombreuses compétences, en chimie, en génie chimique, en hydraulique, en hydrodynamique, en biotechnologie, en économie ou en analyse environnementale ». Ensuite, il faut s’assurer de maîtriser le risque technologique. Le procédé est assez long : il a ainsi fallu 10 ans pour compléter le projet Futurol (de 2018 à 2019) et 11 ans pour BioTfuel (de 2010 à 2021 ; en cours de validation).  Des freins et des leviers [12:07 - 16:56]  Pour Jean-Christophe Viguié, la France a l’avantage de disposer de très larges ressources agricoles et forestières, sans oublier que le pays a fourni « d’importants efforts de recherche et d’innovation avec le soutien de l’Etat ». Un point bloquant réside dans la réglementation en vigueur sur les émissions des véhicules : celle-ci « se focalise sur les émissions de CO2 au pot d’échappement, ce qui est un biais dans la réglementation car ce CO2, quand il provient des biocarburants, est compté comme un CO2 qui proviendrait des carburants fossiles ». Pour bien décarboner nos transports [16:56 - 29:47]  Selon l’IFPEN, les filières avancées permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre par un facteur de 10, par rapport à la référence fossile.  « Un véhicule qui roule aujourd’hui avec du biocarburant synthétique présente un bilan plus favorable qu’un véhicule électrique ». Et de conclure : « Les biocarburants et les biocarburants avancés en particulier sont une très bonne solution pour décarboner nos transports. Ils doivent donc être mis en œuvre aux côtés de l’électrification, de l’hybridation, et c’est probablement en combinant toutes ces solutions que nous pourrons atteindre un objectif ambitieux de décarbonation des transports. » Ressources citées :  Directive européenne RED II Les chiffres de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) Références pour aller plus loin :  Le site de l’IFPEN  La plateforme européenne Etip bioenergy Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur. Cet épisode a été réalisé par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Alexandra Vépierre. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle. 
Comment avance la recherche pour chaque type de transport ? Comment la filière s’organise pour permettre un développement plus large des transports à hydrogène ?   Pour répondre à ces questions, Techniques de l’Ingénieur reçoit Philippe Boucly, le président de France Hydrogène. L’association fédère les acteurs de la filière française de l’hydrogène et des piles à combustible. Hydrogène vert, bleu, gris : de quoi parle-t-on ? [1:15] – [4:39] La différence entre les différentes appellations provient essentiellement du mode de production de l’hydrogène : est-il fait à partir d’électricité renouvelable ? A partir d’énergies fossiles ? Philippe Boucly rappelle néanmoins que même l’hydrogène dit « vert » produit aussi du carbone, donc qu’il est préférable de parler d’hydrogène « bas carbone ». Hydrogène et transports : où en sommes-nous ? [4:40] – [24:01] Philippe Boucly revient sur les différents projets en cours pour chaque moyen de transport. Du côté des trains, Alstom fait figure de pionnier en ayant déjà commercialisé des trains à hydrogène en Allemagne. En France, il a été décidé de développer un train « bi-mode » qui fonctionnera sur pile à combustible lorsque les lignes ne sont pas électrifiées, et sur caténaire lorsque les lignes sont électrifiées. Concernant les véhicules, la priorité est donnée à la mobilité lourde et à la mobilité intensive (livraison à domicile, taxis, véhicules utilitaires). Par rapport aux véhicules électriques à batterie, l'hydrogène permet d’allonger l’autonomie. La France souhaite aussi devenir le premier pays à développer l’avion à hydrogène avec l’objectif affiché de 2035. En 2025, Airbus est censé dévoiler son plan pour atteindre cet objectif. Pour le moment, les études sont en cours. Comment organiser la chaîne de valeur ? [24:02] - [38:47] À aujourd’hui, le nombre d’électrolyseurs en France est trop faible pour produire la quantité d’hydrogène bas carbone nécessaire à l’essor des transports à hydrogène. Il y a actuellement moins de 6,5 MW d’électrolyseurs et l’objectif est d’arriver à 6 500 MW d’électrolyseurs à l’horizon 2030. Des constructions de gigafactories sont en cours pour répondre à cette demande. La logistique, notamment pour le transport et le stockage de l’hydrogène, a longtemps été laissée de côté. En fonction de la quantité d'hydrogène, le transport peut se faire par camions ou par canalisations. Les gaziers travaillent justement à l’adaptation de leur réseau à l’hydrogène. Le prix est également une question essentielle. Pour l’instant, les solutions à base de gaz et de gasoil sont moins chères que celles à base d’hydrogène bas carbone. Des réflexions sont en cours afin de baisser les coûts des électrolyseurs, et de l’électricité utilisée pour produire l’hydrogène. Afin d'accompagner cette transition, le gouvernement a dévoilé en septembre 2020 le Plan France Relance avec un plan hydrogène à hauteur de 7,2 milliards d’euros. Les moyens et stratégies sont conformes aux demandes de France Hydrogène exprimées dans leur manifeste publié en juillet 2020. En attendant, France Hydrogène propose une alternative moins "verte" : produire de l’hydrogène à partir de gaz naturel et capter les émissions de CO2. Une "phase transitoire" selon le président de l'association. Références citées : Livre blanc Compétences-métiers de la filière Hydrogène Société du Taxi Electrique Parisien (STEP) Gaussin et sa plateforme modulaire « skateboard » Entreprise McPhy Energy Groupe belge John Cockerill Ressources pour aller plus loin : Site de France Hydrogène Livre L’hydrogène : un vecteur pour la transition énergétique de Gilles Guerassimoff et Lise Adegnon Rapports de l’AIE, l’IRENA, la Commission européenne, Hydrogen Europe etc. Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur. Cet épisode a été réalisé par Alexandra Vépierre, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle.
Sommes-nous libres de refuser les objets numériques ? Comment faire de l’innovation numérique responsable ? Quid des biais des algorithmes ?  Christine Balagué, professeure à l’Institut Mines-Télécom Business School, titulaire de la chaire “Good in tech”, et Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’informatique à Sorbonne Université et président du Comité d’éthique du CNRS, répondent à ces questions dans ce troisième épisode de Cogitons Sciences.  Les nouvelles technologies numériques nous sont-elles imposées ? [1:26] - [12:53] Selon le président du COMETS, concernant la 5G par exemple, nous serions “individuellement très contraints” car serait “difficile de refuser une nouvelle norme de transmission de données, comme par exemple la 5G ; ou alors il faudrait refuser d’avoir un téléphone portable !” Il prône les “choix éclairés”, adossés à une “bonne maîtrise des technologies”, pour éviter de “s’engager dans un moratoire” collectif contre telle ou telle technologie, “sous prétexte qu’il existe des risques”.   Vers une innovation numérique responsable ? [13:05] - [24:06] On peut se demander dans ce cas ce qui peut être faisable au-delà de l’individu et de la communauté des utilisateurs : c’est-à-dire au niveau de l’entreprise elle-même. On parle alors avec Christine Balagué d’innovation numérique responsable. “On a trois critères à l’innovation numérique responsable. La technologie doit avoir un impact positif sur la société ; la technologie doit prendre en compte le fait qu’elle n’impacte pas négativement l’environnement [...] ; et enfin, il faut s’assurer que la technologie n’impacte pas négativement la société”. “ À l’origine des biais discriminants des algorithmes [24:22] - [28:59] Les effets de discrimination des algorithmes viennent de deux parties, nous informe Christine Balagué : “soit ils viennent de l’algorithme lui-même, c’est-à-dire du traitement ou de l’apprentissage ; soit ils viennent, et c’est ici souvent la majorité des cas, de la base de données qui rentre dans l’algorithme.” Les algorithmes en milieu professionnel [29:25] - [34:37]  “Il faut évacuer un certain nombre de craintes qui relèvent plus de la légende et du mythe”, assure Jean-Gabriel Ganascia. Le président du COMETS poursuit : “pour trouver sa place dans cette société de la connaissance, le numérique joue un rôle important. [...] Le risque est de laisser des gens à côté du progrès et donc de les rendre inemployables. Le grand défi est de former l’ensemble de la population aux nouvelles technologies, et les former à tout âge de la vie”. La désinformation sur les réseaux sociaux, non-éthique par excellence [34:55] - [37:54]  “On est complètement dans des stratégies non-éthiques lorsqu’on veut diffuser massivement des fake news pour manipuler l’opinion”, nous répond Christine Balagué. Aujourd'hui, deux règles ont été mises en place par les plateformes, développe la chercheuse : “la première est qu’on ne peut pas diffuser de fake news pendant une période électorale ; la deuxième est qu’on ne peut pas diffuser de fake news qui peuvent porter atteinte à la vie d’un individu.” Elle rappelle qu’il existe quand même des technologies d’IA qui permettent de lutter contre… les dérives de l’IA !  Références citées :  La pièce de théâtre R. U. R. écrite en 1920 par Karel Čapek et où le mot “robot” est apparu pour la première fois.  La notion de “privacy by design” (RGPD) L’étude “Dissecting racial bias in an algorithm used to manage the health of populations”, publiée le 25 octobre 2019 dans Science. Ressources pour aller plus loin :  Les ressources, dont des webinars, disponibles sur le site de la chaire “Good in Tech” Les rapports du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) sur les fake news Les rapports disponibles sur les sites du COMETS, de la CERNA (Commission de réflexion sur l’éthique de la recherche en sciences et technologies du numérique d’Allistene)  et du CNPEN (Comité national pilote d'éthique du numérique) Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur. Cet épisode a été réalisé par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Alexandra Vépierre. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle. 
Comment fonctionne le secteur de la recherche médicale en France ? Quelles instances veillent à faire respecter une forme d’éthique ? Doit-on poser des limites à la recherche ? Pour répondre à ces questions, Techniques de l'Ingénieur reçoit deux invités. Virginie Rage Andrieu est la présidente de la Conférence Nationale des Comités de Protection des Personnes. Elle est également membre de la Commission nationale des recherches impliquant la personne humaine auprès du ministère de la Santé et elle est aussi maître de conférences en droit de la santé et droit pharmaceutiques. Hervé Chneiweiss est le président du Comité d’Ethique de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Il est également président du Comité international de bioéthique de l’UNESCO et travaille comme neurobiologiste et neurologue. La recherche médicale, un secteur encadré [1:45] – [14:08] Il existe de nombreuses étapes entre le lancement d’une recherche et la commercialisation d’un médicament ou produit de santé. Pour qu’une recherche sur l’être humain débute en France, elle doit être validée en amont par un Comité de Protection des Personnes (CPP). Des principes éthiques, comme le respect du corps humain, le traitement des données personnelles, et la balance des bénéfices-risques réduite au minimum, doivent être respectés. L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) doit également donner son accord. C’est elle aussi qui sera chargée de vérifier que les protocoles validés sont bien respectés dans les faits [1:45]. En amont de ses questions, le Comité d'Ethique de l’Inserm peut être saisi afin de s’interroger sur les questions éthiques soulevées par une recherche. Il est composé d'experts en médecine, biologie, mais aussi en sciences humaines et en philosophie. Les groupes de travail ne déterminent pas « ce qu’il faut penser » mais donnent de la "matière à penser" aux chercheurs et chercheuses [9:23]. Notre pratique de la recherche est-elle éthique ? [14:08] – [27:43] La recherche médicale repose en grande partie sur les essais cliniques, mais est-il éthique de réaliser des tests sur l’humains ? Pour Virginie Rage Andrieu, c’est d’imaginer de commercialiser des médicaments sans tests préalables qui ne serait pas éthique. Hervé Chneiweiss partage une révélation : « L’homme n’est pas une souris ». Ainsi, les tests sur les animaux ne suffisent pas, il faut des preuves d’efficacité et de sécurité, et c’est pourquoi tous les tests sont très encadrés [14:08]. Du point de vue de la protection de la vie privée, les données recueillies par les centres d’investigation sont "pseudonymisées" et les promoteurs des recherches ne reçoivent que des codes. Les participants aux essais cliniques sont informés de leurs droits, peuvent agir sur le traitement de leurs données et peuvent retirer leur consentement à tout moment [20:23]. Hervé Chneiweiss reconnait que la France s’est dotée rapidement de comités consultatifs et de lois pour encadrer la recherche, qui évoluent continuellement. C’est pour cela que désormais, les CPP n’évaluent plus les dossiers dépendants de leur université, afin de limiter les liens d’intérêt [22.54]. Covid-19 : la recherche dans l’urgence [27:43] - [34.02] Dès le début de la crise du Covid-19, il a rapidement été décidé de ne pas altérer la rigueur des processus d’évaluation et donc ne pas sauter d'étapes. En revanche, une accélération des processus était possible. Ainsi, le traitement des dossiers par les CPP a été accéléré avec des dialogues directs entre évaluateurs et promoteurs de recherches [27:43]. Hervé Chneiweiss pense qu’il est aujourd’hui trop tôt pour savoir s’il y a eu des manquements éthiques pendant la crise. En revanche, il pointe le manque d’accessibilité au vaccin pour nombre de personnes, ce qui est la question éthique majeure aujourd’hui [32:10]. Doit-on limiter la recherche ? [34:02] – [41:01] Selon Hervé Chneiweiss et Virginie Rage Andrieu, la recherche est déjà limitée par de nombreuses lois. Cependant, un consensus à l’échelle internationale s’avère plus complexe, même s’il existe des lois à l’échelle européenne [34:02]. Références citées : Ciseaux CRISPR-Cas9 – travaux de Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna, prix Nobel de Chimie 2020 Loi Huriet-Sérusclat (1988) relative à la protection des personnes Convention d’Oviedo (signée en 1997) Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (2000) Ressources pour aller plus loin : Série documentaire Unnatural Selection Traité de bioéthique d’Emmanuel Hirsch Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l'Ingénieur.  Cet épisode a été réalisé par Alexandra Vépierre, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle.
Qu’est-ce qu’une innovation ? Est-il souhaitable de toujours vouloir innover ? Et comment peut-on innover de manière responsable ? Pascal Faure, directeur général de l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI), et Cédric Paternotte, maître de conférences en philosophie des sciences à Sorbonne Université, tâchent de répondre à ces questions dans le premier épisode de Cogitons Sciences. C'est le premier épisode de la mini-série sur l'éthique et les sciences qui s'étend sur trois épisodes. Qu’est-ce qu’une innovation ? [1:20] – [15:09] Selon les critères de l’INPI, une innovation doit être nouvelle, inventive et industrialisable. Ainsi l’innovation ne se réduit pas à la technologie mais existe dans de multiples domaines. On peut la diviser en deux catégories : les innovations de rupture et les innovations incrémentales [1:20]. En philosophie, il n’existe pas de consensus pour définir une innovation mais un des traits qui la caractérise est sa distinction avec l’invention [5:50]. Selon Pascal Faure, alors que progrès et innovation avaient toujours été liés, la mécanique s’est enrayée à la fin du XXe siècle lorsqu’on a constaté que les innovations pouvaient avoir des conséquences négatives (pollution, perte d’emploi, maladies etc.). S’est alors créé dans l’inconscient collectif une distanciation entre innovations et progrès. Lier à nouveau ces deux notions est selon lui un enjeu de notre siècle [9:58]. La régulation de l’innovation [15:20] - [30:29] L’INPI n’est pas en charge de juger et d’évaluer les effets des technologies. En revanche, l’institut œuvre pour diffuser l’innovation et respecter un équilibre entre intérêt particulier de l’innovateur et intérêt collectif [15:10]. De son côté, la puissance publique a le rôle de protéger le consommateur et vérifier s’il n’y a pas de risques pour la société. Pascal Faure cite l’ASN, ANSM et la DGCCRF dont c’est la mission. Mais est-ce à l’Etat de contrôler l’innovation et l’éthique ? Selon Cédric Paternotte, la question est complexe car les innovations se succèdent vite et leurs conséquences sont difficilement prévisibles [18:18]. Une autre question se pose : doit-on laisser libre cours à l’innovation ou l’orienter vers des besoins ? Dans tous les cas, nos deux invités mettent l’accent sur l’importance de continuer à rechercher dans des domaines dont on ne voit pas l’utilité actuellement mais qui pourraient servir dans le futur. Enfin, Pascal Faure rappelle que la vraie responsabilité publique est de définir si on doit ou ne doit pas utiliser une innovation, par exemple les modifications génomiques [20:16]. Et si on s’arrêtait d’innover ? [30:30] – [35:10] Pour Pascal Faure, l’innovation est un phénomène inhérent à la vie. Il ne faut pas le stopper, d’autant plus que l’humanité est confrontée à des défis nouveaux. En revanche, il est important d’innover de manière responsable et ainsi réconcilier innovation et progrès [30:30]. Selon Cédric, on ne peut tout simplement pas s’arrêter d’innover. Et même si l’intérêt général voudrait qu’on stoppe l’innovation, les Etats n’ont aucun intérêt à le faire. C’est pour cela que certains philosophes défendent l’idée que l’évolution de la technique est incontrôlable [33:26]. Références citées : Joseph Schumpeter : économiste et professeur en science politique qui a théorisé la destruction créatrice dans l'innovation Jacques Ellul : historien du droit, sociologue et théologien Hans Jonas : historien et philosophe Ressources pour aller plus loin : Le principe responsabilité de Hans Jonas La technique ou l’enjeu du siècle de Jacques Ellul Film L'Homme au complet blanc réalisé par Alexander Mackendrick (1951) Film Her réalisé par Spike Jonze (2013) Film Minority Report de Spielberg (2002) Site de l’INPI Cogitons Sciences est un podcast produit et réalisé par Techniques de l'Ingénieur. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle.
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2021-01-1501:24

Découvrez la bande-annonce de Cogitons Sciences, le podcast de Techniques de l'Ingénieur ! Au fil de mini-séries thématiques de 3 épisodes, le podcast Cogitons Sciences s’engage dans une réflexion critique sur l'avenir des sciences.Tous les premiers lundis du mois, les journalistes de Techniques de l'Ingénieur interrogent des spécialistes qui apportent leur expertise sur les enjeux futurs des sciences, dans des épisodes d’une quarantaine de minutes. Les énergies de demain, l’éthique des sciences, les métiers émergents... C’est aujourd’hui que tout se joue ! Retrouvez le premier épisode de Cogitons Sciences le lundi 1er février ! Et pour ne pas rater la sortie des prochains épisodes, vous pouvez vous abonner dès maintenant à Cogitons Sciences sur votre plateforme d’écoute préférée.  Cogitons Sciences est un podcast produit et réalisé par Techniques de l'Ingénieur. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle.  
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