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« On ne peut pas continuer à compter les morts comme si nous étions incapables de défendre nos compatriotes qui sont lâchement assassinés (…) Soit notre armée est incapable. Soit ces Codeco, conglomérat de malfaiteurs, bénéficient de complicités de nos officiers. C’est inacceptable ». L’homme qui s’exprime ainsi n’est pas un militant antimilitariste. C’est le chef des armés lui-même, le président Félix Tshisekedi, qui a prononcé ces mots devant le groupement des écoles militaires, à Kinshasa, le 12 mai. Depuis plusieurs mois, et encore plus ces derniers jours, le chef de l’État congolais multiplie les saillies visant ses propres soldats. Pourquoi ? Bonjour et bienvenue dans ce 12e  épisode de la saison 2 de Po na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Pierre Boisselet, coordonnateur des recherches sur la violence d’Ebuteli, le partenaire du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New-York. Nous sommes le vendredi 20 mai et cette semaine, à l’occasion de la journée de la révolution des FARDC, nous nous intéressons aux relations entre le président Tshisekedi et son armée. Lorsqu’il a accédé à la présidence, en janvier 2019, il n’était pas forcément à l’aise en tant que chef des armées. Contrairement à son prédécesseur, Joseph Kabila, il n’a pas d’expérience militaire. Et tous les officiers étaient redevable à l’ancien chef de l’Etat pour leur nomination, ce qui exerçait une certaine pression sur lui. Tshisekedi a d’abord tenté d’amadouer la troupe avec des mesures sociales. Et puis, il s’est fortement appuyé sur les FARDC dans sa politique contre l’insécurité à l’Est. Opération de grande envergure contre les ADFs, Zaruba ya Ituri contre les Codeco, état de siège… À chacune de ces annonces, de l’argent a été décaissé ; des postes, distribués.  Mais le ton a changé en juin 2021. En visite en Ituri, le président dénonce alors la « mafia » au sein de l’armée. Cette rhétorique, s’est accélérée ces derniers jours, d’abord devant la communauté congolaise d’Abidjan – Tshisekedi a dénoncé la « complicité » de la police et de l’armée, et puis, le 12 mai dernier, comme nous l’avons vu en préambule.  Le constat est plutôt vrai. De nombreux rapports ont, par le passé, pointé les alliances de FARDC avec des groupes armés, voire même, parfois, leur participation à des massacres. Mais on peut s’interroger sur le changement de discours du président à cet égard. Pourquoi les accuser maintenant et surtout pourquoi le faire publiquement ?  Il y a sans doute, la volonté de rejeter sur autrui la responsabilité des échecs. Ce procédé, Tshisekedi l’a déjà été employé à plusieurs reprises, y compris contre son propre gouvernement, comme lors du discours sur l’état de la nation, en décembre 2021. Or, sur le terrain sécuritaire, l’échec est particulièrement patent : la violence n’a cessé d’augmenter depuis son arrivée au pouvoir, dépassant même les niveaux enregistrés à la fin de l’ère Kabila. Mais ces discours peinent à occulter les responsabilités du président dans la situation actuelle. Il a certes procédé à des nominations, en juillet 2020, mais celles-ci n’ont pas changé fondamentalement le fonctionnement de l’armée. Cela fait plus d’un an qu’il dispose de son propre gouvernement, ce qui lui donne, au moins sur le plan légal, le pouvoir de remplacer des personnes au plus haut niveau de l’appareil militaire pour impulser le changement. Or plusieurs figures du “kabilisme” demeurent à ce jour en poste. C’est aussi le président Tshisekedi qui a décidé de l’état de siège, et il dispose du pouvoir de le lever à tout moment, ce qu’il n’a pas fait à ce jour, malgré les faiblesses identifiées de longue date. Peut-être le président compte-t-il renouveler les effectifs au moyen de formations militaires dispensées notamment par des pays étrangers, comme la Belgique et la France avec qui de nouveaux accords ont été signés, pour renouveler les effectifs. Mais ce type de formation a déjà eu lieu par le passé, sans résoudre les problèmes structurels des FARDC. L’implémentation d’une stratégie de réforme profonde de l’armée congolaise reste plus que jamais nécessaire pour améliorer durablement la situation sécuritaire du pays.  Pour recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre téléphone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC », G, E, C,  ou « Ebuteli » au +243 894 110 542. A bientôt !
Le lundi 9 mai 2022, le greffier en chef de la Cour constitutionnelle écrit un « communiqué de service », indiquant que, sur instruction du président de la République, un tirage au sort d’un membre par groupe de juges qui composent la Cour sera effectué le mardi 10 mai. À la suite de cette annonce, le tirage est effectué, avec seulement quatre des huit juges en fonction présents. Le président de la Cour, Dieudonné Kaluba, ainsi que le juge Évariste-Prince Funga sont tous les deux obligés de quitter leurs fonctions. Alors, que nous inspire cette procédure contestée ? Bonjour ! Vous écoutez le 11e numéro de la saison 2 de Po na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) et d’Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC, qui tente d'éclairer les questions d’actualité congolaise. Je suis Joshua Walker, le directeur de programme du GEC. Nous sommes le vendredi 13 mai 2022.
Samedi dernier, une table ronde sur la réconciliation intercommunautaire a été clôturée à Lubumbashi après huit jours de discussions. Il s'agissait d'une initiative du président Félix Tshisekedi, avec une participation impressionnante : le Premier ministre, des gouverneurs, plusieurs ministres nationaux et provinciaux ont pris part à ces assises. Quelle était la raison de cette réunion ? A-t-elle réussi ? C'est le sujet du dixième épisode de la saison 2 de Po na GEC, la capsule audio du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) et d'Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC, qui tente d'éclairer l'actualité du pays. Je suis Jason Stearns, directeur du GEC. Nous sommes le vendredi 6 mai 2022.
Après 2011, 2015 et 2017, la loi électorale va connaître  une nouvelle modification. L’examen du texte est en cours à l’Assemblée nationale : plus de 100 députés ont pris la parole pendant les trois jours de débat général. Mais l’opposition réclame des concertations politiques avant l’adoption de cette proposition de loi. Ce que le pouvoir refuse. Pourquoi est-il si difficile de trouver un consensus sur la question électorale en RDC ? Bonjour et bienvenue à ce 9e épisode de la saison 2 de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) et d’Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC, qui tente d'éclairer les questions d’actualité congolaise. Je suis Ange Makadi Ngoy, chercheuse à Talatala, baromètre de l’activité parlementaire et de l'action du gouvernement en RDC. Nous sommes le vendredi 29 avril 2022.  Le 14 avril, l’Assemblée nationale a débuté l’examen de la proposition de loi modifiant la loi électorale. C’est un texte co-initié par 10 députés - deux devenus depuis ministres, Christophe Lutundula et Patrick Muyaya, et un autre décédé, Henri-Thomas Lokondo.  Cette proposition de loi du G13 propose 18 grandes innovations, entre autres la suppression du seuil de représentativité, l’interdiction aux candidats d’avoir des suppléants membres de leur famille, le non cumul des mandats, l’obligation de publier les résultats des scrutins bureau de vote par bureau de vote, la sanction à l’encontre des membres de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) en cas de fraude. Comme pour la loi organique sur la Ceni, certaines parties prenantes au processus électoral appellent à un consensus sur cette réforme de la loi électorale. Les députés du Front commun pour le Congo (FCC) - bien que minoritaires - ont d’ailleurs refusé de prendre part au débat général sur ce texte à l’Assemblée nationale  et exigent un dialogue en dehors des institutions afin de dégager, disent-ils, un consensus autour du processus électoral en cours. Le 22 avril, des militants de l’Ecidé, parti politique de Martin Fayulu, ont même manifesté contre l'examen en cours de la proposition de loi électorale.   Dans son programme d’actions présenté à l’Assemblée nationale fin avril 2021, le gouvernement s’était engagé de convenir consensuellement, à l'issue des « concertations politiques ad hoc », des dispositions à modifier notamment dans la loi électorale. Promesse désormais abandonnée ? En tout cas aujourd’hui, au sein de l’Union sacrée de la nation, l’on campe sur le « large consensus » obtenu autour de la proposition de loi du G13. Plus question donc pour la majorité au pouvoir d’ouvrir des concertations politiques sur la réforme électorale en dehors du cadre institutionnel. Pour le pouvoir, cette position lui éviterait de tomber dans le possible piège d’ouvrir la brèche à des négociations qui pourraient se retrouver sur le terrain de Martin Fayulu et confirmer de fait qu’il y a une crise politique en RDC. Les résultats des élections de 2018 étaient, en effet, très controversés. Et Martin Fayulu porte, depuis trois ans, une  « proposition de sortie de crise » qui appelle à la création d’un « Haut-conseil national des réformes institutionnelles (HCNRI) » en vue d’opérer des « réformes urgentes et nécessaires, notamment celles liées à la restructuration de la Ceni, au juge électoral et à la loi électorale elle-même ».   Mais, s’asseoir pour réfléchir et convenir de manière consensuelle des réformes électorales ne plaisent pas toujours aux tenants du pouvoir. Souvenez-vous de l’initiative du professeur Bob Kabamba d’organiser un forum sur la question avec les parties prenantes au processus électoral. À l’époque, fort de sa majorité parlementaire, le FCC s’était montré réticent à discuter sur des réformes électorales en dehors du cadre institutionnel.  Le consensus paraît enfin difficile sur cette question à cause des agendas cachés des uns et des autres. Au Congo, la table du dialogue est souvent l’occasion de se repositionner politiquement que de réformer réellement.  Pour recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre téléphone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC », G, E, C, ou « Ebuteli » au +243 894 110 542. Á bientôt !
Le chef de l'État kényan, Uhuru Kenyatta, président en exercice de la Communauté des États d'Afrique de l'Est (EAC), a officialisé l'adhésion de la RDC comme 7e membre, lors d'un sommet extraordinaire en ligne des dirigeants des États membres organisé fin mars. Alors, pourquoi la RDC a-t-elle souhaité rejoindre cette communauté composée principalement des pays anglophones et plus industrialisés qu’elle ? Quelle est la vision stratégique de la RDC dans cette démarche ? Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Po na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Jimmy Kande, chercheur en gouvernance à Ebuteli, le partenaire de recherche du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New-York. Nous sommes le vendredi 22 avril et aujourd’hui nous nous intéressons à l’adhésion de la RDC à l’EAC. Dès son arrivée au pouvoir en 2019, le président Félix Tshisekedi avait indiqué que l’un des objectifs de son mandat à la tête de la RDC serait l’intégration à ce bloc économique et commercial est-africain. L’objectif était de permettre à la RDC de bénéficier des avantages qu’offre une telle intégration sous-régionale, non seulement dans le cadre de la circulation des personnes et des échanges de biens, mais également dans les domaines sécuritaire et politique. La RDC, deuxième pays d’Afrique en termes de superficie, au cœur du continent, est un territoire stratégiquement positionné avec neuf pays voisins et doté d'importantes ressources minérales. Elle partage des frontières avec tous les États membres de l’EAC, à l'exception du Kenya. Et elle représente une entrée de choix pour cette organisation, qui devrait désormais bénéficier d’une façade maritime sur la côte ouest de l’Afrique, via la ville portuaire de Banana. La RDC est déjà membre de trois autres organisations commerciales régionales : la Comesa (Marché commun de l'Afrique orientale et australe), la SADC (Communauté de développement d'Afrique australe) et la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL). Pourquoi a-t-elle choisi d’adhérer à une autre organisation ?  Premièrement, du point de vue économique et commercial, les provinces de l’est de la RDC sont plus souvent tournées vers les pays de l’Afrique de l’Est que sur le reste du pays. La plupart des biens de première nécessité sont donc importés du Rwanda, de l’Ouganda, de la Tanzanie et du Kenya. Il est dès lors important de faciliter ces échanges par la libre circulation des biens et des services qu’apporte cette adhésion. Deuxièmement, l’enjeu sécuritaire dans l’est du Congo a certainement guidé le président Tshisekedi à solliciter cette adhésion. Cette partie de la RDC est en proie à des violences depuis plus de trois décennies sans qu’une solution viable n’ait été trouvée. Le gouvernement congolais veut alors jouer le pari des affaires : attirer plus d’investisseurs des pays de l’Afrique de l’Est en RDC en espérant que leurs États s’investissent également à promouvoir la paix et la sécurité dans cette partie de la RDC.  L'accord signé cette semaine avec les pays de l'EAC pourrait être un pas dans cette direction. Il a été décidé qu’une force régionale de lutte contre les forces négatives va être mise en place et sera immédiatement opérationnelle sous la direction de la RDC. Par contre, il n'est pas clair sur la différence entre les nouvelles opérations annoncées et celles déjà en cours avec l'armée ougandaise en Ituri et au Nord-Kivu, avec l'armée kenyanne au sein de la Monusco et l'armée burundaise qui est sur place au Sud-Kivu. Troisièmement, cette adhésion peut également être justifiée par la léthargie de la CEPGL. Cette autre organisation sous-régionale a perdu de sa superbe auprès de l’opinion régionale.  Et son efficacité pour assurer la mission d’intégration économique a été impactée négativement par la crise politique et sécuritaire que traverse la région des Grands Lacs. Face à cette léthargie, plusieurs observateurs avaient proposé soit son élargissement à d’autres États, soit sa fusion avec l’EAC. Ces raisons ne sont cependant pas suffisantes au regard de la fragilité de l’économie congolaise et du manque de vision stratégique du côté congolais. Kinshasa semble n’avoir en effet joué que le pari de la sécurité. La RDC est un pays peu industrialisé, peu bancarisé, son économie est très extravertie et souffre d'un déficit d'infrastructures. Sans production interne répondant aux besoins commerciaux en termes d’exportations, le pays, à travers cette adhésion, s’offre comme un marché où les autres États ayant des surplus de productions importants viendront écouler leurs produits. Et cela risque d’être au grand  désavantage du fisc congolais. Car la libre circulation des biens et services appelle à une réduction des frais, taxes et impôts douaniers, pourtant une source importante des ressources financières du pays. De même, les rares entreprises congolaises qui ont résisté risquent d’être asphyxiées par cette libre concurrence avec les produits étrangers. La Brasserie de limonades à Bukavu connaît d’ailleurs quelques difficultés ces dernières années à la suite de l’affluence des produits concurrents venant des pays voisins, comme le Burundi avec ses bières Amstel beer et Bock. Si la RDC s’active fortement sur le volet sécuritaire impliquant son adhésion à l’EAC, l’on se pose des questions sur le volet économique et commercial. Nous ne notons aucune préparation de la part des autorités congolaises, aucune étude pour évaluer l’impact de la suppression ou de la réduction des tarifs douaniers dans les postes frontaliers en ce qui concerne la mobilisation des recettes,  aucune anticipation sur la mise en place d’un fonds censé soutenir les entrepreneurs locaux pour les aider à faire face à la future concurrence.  Dans la perspective de l’adhésion de la RDC à l’EAC, le Kenya par exemple a organisé une mission commerciale afin d’étudier les opportunités pour les investisseurs kenyans. L’Ouganda, quant à elle, a lancé la construction de 223 km de routes en RDC pour faciliter les échanges. La RDC devra vite réfléchir sur les moyens à mettre en place pour profiter économiquement et commercialement de cette adhésion. En attendant, pour recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre téléphone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC », G, E, C,  ou « Ebuteli » au +243 894 110 542. À bientôt !
La Cour de cassation a cassé le lundi 11 avril la décision de la cour d’appel de Kinshasa/Gombe condamnant Vital Kamerhe à 13 ans de travaux forcés. L'arrestation de Kamerhe, il y a exactement deux ans, avait provoqué une onde de choc sur la scène politique congolaise. Alors, comment interpréter cette décision ? C’est le sujet du septième épisode de la saison 2  de Po na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo(GEC) et d’Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC qui tente d’éclairer l’actualité du pays. Je suis Jason Stearns, directeur du GEC. Nous sommes le vendredi 15 avril 2022.  Contre toute attente, l'affaire Vital Kamerhe refait surface. Pour rappel : Kamerhe avait été condamné avec Jammal Samih, un homme d’affaires, suite à un détournement présumé de près de 50 millions de dollars américains dans le cadre du programme de 100 jours, le premier programme phare du président Tshisekedi. Les deux accusés ont écopé d’une peine de 20 ans de prison, prononcée par le tribunal de grande instance de la Gombe.Cette peine a été ensuite ramenée à 13 ans par la cour d'appel de Gombe. C'est cette dernière décision qui est aujourd'hui annulée. Vital Kamerhe n'est donc pas totalement libre, bien qu'il ait été autorisé à quitter le pays pour se faire soigner en Europe depuis décembre 2021. La décision de la Cour de cassation laisse subsister la peine initiale, encore plus sévère, de 20 ans de prison. En effet, la Cour a déclaré que la cour d'appel avait commis une erreur de procédure; elle ne s'était pas prononcée sur le fond des accusations  portées contre Kamerhe. L'affaire retourne maintenant devant la cour d'appel, avec des juges différents, dans les semaines à venir.  Les experts politiques ont rapidement établi un lien entre cette décision et les élections imminentes de l'année prochaine, ainsi que les problèmes au sein de la coalition au pouvoir. Le parti politique de Kamerhe, l'Union pour la nation congolaise (UNC), est un allié clé de la coalition au pouvoir de Tshisekedi. Alors que l'UNC est restée dans la coalition malgré l'arrestation de son leader, certains experts suggèrent que Kamerhe doit être physiquement présent pour faire campagne pour la réélection de Tshisekedi l'année prochaine. D'autres sources confirment qu'il pourrait effectivement y avoir un remaniement ministériel prochainement, ce qui pourrait permettre à Kamerhe  d'accroître le nombre des membres de son parti au gouvernement et même d’entrer lui-même au gouvernement. Le président Tshisekedi, cependant, aurait du mal à concilier la libération de Kamerhe - peut-être même sa réintégration au gouvernement - avec sa lutte contre la corruption, une priorité de son administration. Le procès de 100 jours a été présenté comme l'une des principales réalisations de son administration dans ce domaine, un signe que personne n'était au-dessus de la loi. Deux ans plus tard, de nombreuses personnes arrêtées par le gouvernement de Tshisekedi pour corruption ont été libérées : Modeste Makabuza et Benjamin Wenga, un homme d'affaires congolais et l’ancien directeur de l'Office des voiries et drainage, ont bénéficié d'une grâce présidentielle en janvier 2021 ; l'ancien ministre de l'Éducation Willy Bakonga, condamné pour blanchiment d'argent, a bénéficié de la même mesure en novembre 2021 et a retrouvé son mandat de député à l’Assemblée nationale ; l'ancien ministre de la Santé Eteni Longondo a été arrêté en août 2021 pour mauvaise gestion présumée de la riposte Covid-19 mais a bénéficié d’une liberté provisoire quelques semaines plus tard ; Abdallah Bilenge, l’ancien directeur de la Régie des voies aériennes (RVA) a été condamné pour avoir détourné 15 millions de dollars américains l'année dernière mais a pu être libéré le mois dernier lorsque sa peine a été annulée.  Dans ce contexte, il ne sera pas surprenant de voir Kamerhe acquitté. Mais cela pourrait être à la fois un handicap politique et un atout pour Tshisekedi. Quelle décision prendra-t-il ? Ou bien la politisation du système judiciaire a-t-elle été exagérée et cette décision est-elle vraiment et seulement entre les mains de la cour d'appel ?  En attendant, l’ouverture du procès, pour recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre téléphone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC », G, E, C,  ou « Ebuteli » au +243 894 110 542. À bientôt !
Le 6 avril, les Forces armées de la République démocratique  du Congo (FARDC) ont lancé une offensive pour reconquérir les positions occupées par les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23). Depuis quelques mois, le groupe armé s’est réorganisé. Il a commencé par des attaques visant les gardes parcs de Virunga et les positions isolées des FARDC avant d’engager des affrontements plus conséquents qui l'ont emmené de sa base du mont Sabyinyo jusqu’à conquérir plusieurs villages sur la route Bunagana-Rutshuru. Après avoir essuyé un revers au poste frontalier de Bunagana par l’armée ougandaise, le M23 a décrété un cessez-le-feu unilatéral le 1er avril 2022 et a demandé des négociations. Que va faire Kinshasa ? Bonjour. Vous écoutez le sixième épisode de la saison 2  de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo et d’Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC, qui tente d’éclairer l’actualité congolaise. Je suis Reagan Miviri, chercheur au Baromètre sécuritaire du Kivu. Nous sommes le vendredi 8 avril 2022 Fraîchement nommé, le général Peter Chirimwami a repris le commandement des opérations des FARDC avec comme mission immédiate : faire face à la menace que fait peser le M23 sur la partie sud-est de la province du Nord-Kivu depuis quelques semaines.  Au même moment, un sommet est annoncé à Nairobi avec au programme la question du M23, entre autres. Il est prévu que les présidents ougandais, kényan et congolais y prennent part. Il n’est pas encore clair s’il y aura des pourparlers directs avec le M23. Toutefois, nos sources indiquent que ses représentants seront à Nairobi avec un cahier des charges.  Historiquement, le M23 peut être considéré comme héritier des rébellions du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) dont il a récupéré la plupart des revendications, notamment le retour des réfugiés se trouvant en Ouganda et au Rwanda, l'intégration des combattants dans l'armée et la reconnaissance de leurs grades.  En RDC, l'intégration des combattants des groupes armés au sein des FARDC et la reconnaissance des grades est un schéma classique de tous les processus de paix depuis l’accord global et inclusif de Sun City auquel a participé le RCD.  En 2008, à l’issue du dialogue de paix de Goma, le CNDP, auquel le M23 a succédé, avait aussi obtenu de l’ancien président Joseph Kabila l'intégration dans l’armée avec reconnaissance de grades. À ceux qui étaient critiques au sujet de l'intégration des rebelles dans l'armée, Kabila avait répondu que pour lui  « le choix est clair :  la paix et la sécurité du Nord-Kivu passent avant toute chose ». Manifestement, c’est la justice qui avait été sacrifiée au nom de la paix. Pourtant, ce choix politique n’avait pas empêché que soit créé le M23 par les mêmes militaires qui ont décidé de quitter l’armée quatre ans après leur réintégration.  En 2013 et en 2019, la RDC avait encore promis de réintégrer ces combattants. D’ailleurs, le M23 reproche au gouvernement de n’avoir pas, notamment, tenu cet engagement. Le groupe armé  affirme que sa délégation a passé plusieurs mois à Kinshasa en attente de cette mise en œuvre sans aucun résultat.  Aujourd'hui, le nouveau programme de démobilisation, désarmement, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS), a décidé de mettre fin à l'intégration collective des combattants issus des groupes armés dans les FARDC. Les accords précédents  prévoyant cette intégration sont devenus ainsi caduques car contraires aux principes du nouveau programme.  Politiquement, l'intégration des rebelles dans l’armée reste impopulaire dans l’opinion congolaise. La société civile du Nord-Kivu s’y est d’ailleurs déjà opposée dans un communiqué rendu public le 4 avril 2022. Dans le contexte politique actuel, le gouvernement congolais peut accepter le retour des membres du M23 mais il lui sera difficile d’intégrer les combattants dans l’armée. Considérant le poids politique des électeurs de l’est du pays, le président Félix Tshisekedi y perdrait beaucoup à près d’un an de l'élection présidentielle s’il accédait à cette revendication du M23 Une question demeure : à défaut de leur offrir l'intégration, le gouvernement sera-il capable de les contraindre à déposer les armes ?  En attendant, pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre téléphone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC », G, E, C,  ou « Ebuteli » au +243 894 110 542. À bientôt !
Les Congolais y croyaient. Près d’un demi-siècle après la première participation de la RDC, alors Zaïre, à une coupe du monde, les Léopards espéraient reproduire l’exploit. Et l’adversaire était « prenable », comme l’affirmait Félix Tshisekedi aux joueurs devant la presse. Et pourtant, si à l'aller, dans le vibrant stade des Martyrs, l’équipe congolaise avait sorti son plus beau jeu sans toutefois arriver à gagner le match, au retour, péniblement, les supporteurs congolais voyaient s’éloigner leur rêve. Au final, 4-1, les Léopards sont disqualifiés. Nous n’irons pas au Qatar. Que retenir de la mobilisation autour de l’équipe nationale de la RDC ?   Bonjour et bienvenue dans ce cinquième épisode de la saison 2 de Po Na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Fred Bauma, secrétaire exécutif d’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence et partenaire de recherche du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New-York. Nous sommes le vendredi 1er avril 2022, et aujourd’hui, je vous parle du football. Mais pas que.   À Casablanca, le 29 mars, le pays a subi une défaite qui fait mal. Et ce n’est pas seulement pour des raisons purement sportives. Plus qu’un sport, le football et, surtout, les Léopards sont un enjeu national qui unit autant qu’il divise. On se rappelle encore la finale du championnat d’Afrique de nations en 2016 au Rwanda lorsque le terrain de foot s’était transformé en champ politique. Sur la pelouse synthétique du stade Amahoro se jouait alors un combat pour l’honneur : les Léopards devaient venger le pays des humiliations subies sur le terrain militaire. Mission accomplie. Ils étaient d’ailleurs accueillis triomphalement à Goma avant d’être décorés par le chef de l’État. Cette fois-ci, le match était tout aussi politique. Alors que plusieurs initiatives de la coalition au pouvoir tournent au ralenti, une victoire des Léopards aurait pu offrir un  gain politique au régime en place. Le décor était planté pour parvenir à cette fin. Présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, ministres, parlementaires, et autres politiciens ont publié des bannières de soutien aux Léopards. Un groupe de députés a même fait le déplacement de Casablanca aux frais du contribuable pour assister au match. Non sans susciter de la controverse. Félix Tshisekedi, le chef de l’État, lui, avait promis d’être présent au Maroc pour le match, avant de changer d’avis. Serge Nkonde, ministre des Sports, a produit une chanson regroupant plusieurs artistes congolais. Un morceau musical qui égraine, entre autres, les noms des membres influents de l’entourage du chef sous forme des mabanga, ces dédicaces trop présentes dans la chanson congolaise. Serge Nkonde a aussi  affrété un avion privé pour aller suivre le match.  Cet engouement autour de l’équipe nationale de football masculin contraste avec la faible mobilisation à l’égard d’autres sélections nationales pourtant plus performantes. Fin 2021, les Léopards dames qui devaient jouer contre la Guinée aux éliminatoires de la CAN féminine ont été éliminés faute d’avoir fait le déplacement. Toujours l’année dernière, l’équipe congolaise de dames de moins de 20 ans a dû passer la nuit dans la rue après avoir été chassé de leur hôtel faute de pouvoir régler la facture. L’équipe nationale de basketball qui devait participer aux éliminatoires de la coupe du monde a quant à elle dû prendre des billets à crédit. Cette sélection avait pourtant remporté l'Afrocan en 2019.  En fait, en RDC, plutôt que la performance,  la mobilisation populaire et la propension à la politisation semblent déterminer le soutien politique envers une  sélection nationale.  Hélas, en football comme en politique, la défaite est orpheline. Mais contrairement à la politique, le manque de résultat au football se paye cash, et parfois avec brutalité. Ainsi, à l’aller, l’arbitre avait à peine sifflé la fin du match que des bouteilles d’eau, sous forme de projectiles, étaient lancées contre l’équipe nationale de la RDC. Au retour, selon radio Okapi, les Léopards ont passé la nuit à l’aéroport de Casablanca sans aucune information sur leur vol.  Pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre téléphone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant GEC ou Ebuteli au +243 894 110 542. À bientôt !
À plus de 3600 mètres d’altitude, le sommet du Mont Sabyinyo marque le point précis où les frontières de trois pays se rencontrent : le Congo, le Rwanda et l’Ouganda. Cette semaine, de violents affrontements s’y sont déroulés entre l’armée congolaise et le Mouvement du 23 mars ou M23. Cette rébellion avait pourtant été défaite militairement en 2013. Comment expliquer sa réapparition soudaine ces derniers mois ? Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Po na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Pierre Boisselet, coordonnateur des recherches sur la violence d’Ebuteli, le partenaire de recherche du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New-York. Nous sommes le vendredi 25 mars et aujourd’hui nous nous intéressons à la résurgence du M23. Dans la mémoire de beaucoup de Congolais, ce nom rappelle un traumatisme : celui de la prise de la ville de Goma par ce groupe, en novembre 2012. Comme d’autres avant lui, cette rébellion avait, pour cela, reçu le soutien des gouvernements rwandais et ougandais. Mais contrairement à ses prédécesseurs, le M23 avait été battu militairement en 2013. La victoire pouvait alors laisser espérer la fin d’un cycle de rébellions soutenues par les pays voisins. Mais à partir de 2017 certains de ses anciens membres dont son chef, Sultani Makenga, ont repris position dans la zone des Virunga. Leur présence est d’abord restée discrète. Mais tout a changé le 7 novembre dernier. Ce jour-là, le M23 a attaqué trois positions des FARDC. Depuis, neuf autres affrontements impliquant ce groupe ont été recensés par le Baromètre sécuritaire du Kivu, faisant plusieurs dizaines de morts chez les FARDC et le M23 et de nombreux déplacés. Alors, pourquoi assiste-t-on à cette résurgence ? Il y a d’abord la situation des combattants du M23 eux-mêmes. Après leur défaite de 2013, ils se sont réfugiés plusieurs années au Rwanda et en Ouganda. Mais une grande partie d’entre eux n’a pas pu rentrer en RDC dans des conditions négociées, comme cela leur avait été promis, notamment en 2013 et en 2019. Il est possible qu’ils aient repris les affrontements pour faire pression afin de l’obtenir. Mais le contexte régional semble avoir aussi contribué à envenimer la situation. La RDC est au centre d’une guerre d’influence que se livrent le Rwanda et l’Ouganda depuis des années. Après avoir fait une série de gestes de bonne volonté envers le Rwanda, en début de mandat, le président congolais Félix Tshisekedi s’est sensiblement rapproché de l’Ouganda en 2021. La réhabilitation de certaines routes congolaises a été confiée à ce pays, dont l’axe Goma-Bunagana. Ce dernier pourrait détourner vers l’Ouganda une partie des routes commerciales qui contribuent aujourd’hui à l’économie rwandaise. Surtout, en novembre dernier, le président Tshisekedi a accepté le déploiement de l’armée ougandaise dans l’Est du Congo pour qu’elle participe à la traque du très meurtrier groupe ADF. La première attaque du M23, le 7 novembre, a eu lieu alors que cette opération était en discussion.  En réalité, à mesure que Félix Tshisekedi se rapprochait de l’Ougandais Yoweri Museveni, ses relations ont semblé se tendre avec le Rwandais Paul Kagamé. Le 8 février, le président rwandais a affirmé que différents groupes rebelles hostiles à Kigali s’étaient associés sur le territoire congolais, et qu’il serait prêt à agir sans concertation si nécessaire. Il n’est pas venu à Kinshasa le 24 février pour le sommet de l’accord cadre d’Addis-Abeba, censé favoriser la coopération régionale, contrairement à six de ses homologues de la région. Le 28 février, Félix Tshisekedi a, de son côté, semblé accuser le Rwanda de vouloir déstabiliser son pays, lors d’une conférence diplomatique à Kinshasa. [diffuser enregistrement : « Il est irréaliste et improductif, voire suicidaire pour un pays de notre sous région de penser qu’il tirerait toujours des dividendes en entretenant des conflits ou des tensions avec ses voisins »] De nombreux responsables sécuritaires congolais affirment aujourd’hui que le Rwanda est derrière la réapparition du M23 observée depuis novembre. C’est possible, même si cela n’est pas attesté par des preuves à ce jour. Que cette accusation s’avère ou non, cette nouvelle crise a d’ores et déjà pris une dimension régionale. Le président Tshisekedi a d’ailleurs demandé et obtenu que le contingent kényan de la Brigade d’intervention de la Monusco soit affecté à la lutte contre le M23. Selon nos informations, ces troupes se préparent actuellement à intervenir. Pour recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre téléphone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC », G, E, C,  ou « Ebuteli » au +243 894 110 542. À bientôt !
Alors, comment va Félix Tshisekedi ? « Ça va.» Avant de regagner Kinshasa, le jeudi 17 mars, le chef de l’État l’a dit lui-même au journalLe Soir, répondant ainsi à la question que tout le monde se pose depuis que les rumeurs les plus folles sur son état de santé circulent dans le pays. Officiellement, il vient de se faire soigner, à Bruxelles, d’une hernie discale. Mais au-delà de son aspect purement médical, la question de la santé du président de la République convoque d’autres considérations éminemment politiques.  Bonjour,  Je m’appelle Trésor Kibangula. Je suis analyste et directeur du pilier politique à Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Vous écoutez le troisième épisode de la saison 2 de Po Na GEC, capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche indépendant basé à l’Université de New York, et d’Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC. Chaque semaine, ce podcast donne notre point de vue sur une question d’actualité en RDC.  Nous sommes le vendredi 18 mars 2022.  Après des spéculations, voire des fake news sur son état de santé, le président Tshisekedi a regagné jeudi Kinshasa. Et il voulait que ça se sache. La veille, des appels de mobilisation pour aller l’accueillir ont été lancés et, dès son atterrissage à N’Djili, le chef de l’État a tenu à se rendre, sous la pluie, sur le terrain, à Matete, où un dépôt de carburant a pris feu mercredi.  Derrière cet apparent réconfort du président aux victimes, il s’agissait surtout de montrer la résilience du chef. Malgré tout, il est bien là, debout et présent. Implicitement, cette démarche vient répondre à deux questions plutôt légitimes en démocratie. D’abord, celle relative au contrôle permanent du pouvoir : est-ce que le chef est toujours celui qui dirige ? Ensuite vient la question de la pertinence du pouvoir : ce chef est-il toujours en état d’exercer ses fonctions ? À cette double interrogation, « Fatshi béton », comme le surnomment affectueusement ses partisans, a donné sa réponse à Matete.  Au Congo, comme ailleurs, voire plus qu’ailleurs, le pouvoir a horreur du vide. Le président le sait. C’est pourquoi, le 11 mars, lors du 44e conseil des ministres présidé en vidéoconférence par le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, le chef de l’État convalescent a voulu rassurer les membres du gouvernement. Depuis Bruxelles, Tshisekedi est intervenu en vidéo « pour faire le point sur son séjour privé en Belgique », soulignant qu’on lui a diagnostiqué une « hernie discale dans la région cervicale » et que cela n’a pas entraîné une intervention chirurgicale mais juste une « prise en charge médicamenteuse », pouvait-on lire dans le compte-rendu du conseil des ministres.  Cet épisode sur l’état de santé de Tshisekedi laisse aussi entrevoir comment la population et la classe politique congolaise perçoivent le statut du chef de l’État. Sans ce dernier, plus rien ne tient. Ce qui en dit long sur la nature de la vie institutionnelle dans le pays et rappelle, avec force, le caractère très présidentialiste que revêt, dans la pratique et dans l'imaginaire du pouvoir politique au Congo, le numéro un de l'exécutif en RDC.  L’Assemblée nationale, le Sénat, le gouvernement et les cours et tribunaux semblent alors fragiles face à l’éventualité d’une vacance du pouvoir au sommet de l’État. Peu importe si la Constitution a tout prévu. Pour rappel, en effet, selon la Loi fondamentale congolaise, c’est le président du Sénat qui exerce « provisoirement » les fonctions de président de la République « en cas de vacance pour cause de décès, de démission ou pour toute autre cause d’empêchement définitif ». Aujourd’hui, ce ne serait pas surprenant que le perchoir de la chambre haute, déjà stratégique, le devienne encore davantage.  Mais un chef d’État qui va se soigner à l’étranger, dans un hôpital de l’ancienne puissance coloniale de surcroît, pose enfin une question géopolitique : ne serait-ce pas une faiblesse pour le pays que la teneur du bulletin de santé de son président soit connue par des médecins étrangers ? Une certitude : tant que les politiques publiques ne prendront pas véritablement en compte les besoins du système de santé congolais, la donne ne changera point.  En attendant, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » ou « Ebuteli » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre téléphone. À bientôt !
Le 3 mars, Marie-Ange Lukiana, ancienne ministre du Genre, propose l’instauration d’un poste de vice-présidence en RDC. En clair, la députée nationale voudrait que ce poste soit exclusivement réservé aux femmes pour permettre leur ascension au sein des institutions de la République et, ainsi, « respecter », selon elle, l’esprit de la Constitution qui prône la parité. Cette proposition fait réfléchir sur  l'accès des femmes aux postes de décisions et leur représentativité institutionnelle en RDC.    Bonjour ! Je m'appelle Ange Makadi Ngoy. Je suis chercheuse au sein d’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Vous écoutez le deuxième épisode de la saison 2 de Po na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche indépendant basé à l'Université de New-York et d’Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC, qui tente d’analyser les questions d’actualité en RDC. Nous sommes le vendredi 11 mars 2022. La représentation des femmes aux postes de décision n’a que peu progressé ces dernières années en RDC. En avril 2019, Jeanine Mabunda Lioko avait été élue présidente de l’Assemblée nationale, première femme élue à ce poste en RDC. En juillet 2021, Malangu Kabedi Mbuyi a été nommée à la tête de la Banque centrale du Congo (BCC), devenant ainsi la première femme à diriger cette institution stratégique créée en 1951. Avec l’équipe Sama Lukonde, le gouvernement a atteint pour la première fois 27 %  de femmes (15 sur 56 membres). Certaines d'entre elles occupent des postes importants : Ève Bazaiba, vice-Premier ministre chargé de l’environnement, Rose Mutombo, ministre de la Justice ou Antoinette N’Samba,  ministre des Mines. Malgré tout, nous constatons tout de même la prépondérance masculine dans l’exercice du pouvoir politique. L’Assemblée nationale ne compte qu'environ 12 % d’élues femmes et les assemblées provinciales entre 10 et 12 %.  Pourtant, l’article 14 de la Constitution reconnait que la femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales. En plus, la journée du 8 mars vient rappeler qu’il existe des droits fondamentaux des femmes qui ne sont pas respectés. Au contraire, elles sont souvent confrontées à la violence sexiste et sexuelle, aux difficultés d’accès à l’éducation, aux inégalités salariales, à la précarité menstruelle entre autres.    Revenons à la proposition Lukiana. Une vice-présidence réservée exclusivement aux femmes pourrait-elle améliorer la représentativité féminine au sommet de l’État  ? Il faudra d’abord définir son rôle. Aux États-Unis, par exemple, on reconnaît à la vice-présidence, le pouvoir de trancher en cas d’égalité des voix au Sénat, de remplacer le président lorsqu’il n’est pas en mesure d’assumer ses responsabilités. Ce qui est un tremplin pour la présidence. Mais c'est également considéré comme un poste plus ou moins sans grand pouvoir. Mais, là-bas, ce poste n’est pas réservé uniquement aux femmes. Réserver ce poste à une femme en RDC risque de sous-entendre qu’une femme ne peut jamais gagner la présidentielle. Aussi, instituer une vice-présidence de la République ne ferait que renforcer le caractère déjà budgétivore des institutions.  Alors, comment améliorer la représentativité politique des femmes ? Les partis politiques détiennent  peut-être la clé, car ce sont eux qui recrutent et choisissent les candidats aux élections et décident de l’agenda politique du pays. Aujourd’hui, le compte n’y est pas : moins de 20 % des mandats de député sont exercés par des femmes. Ce qui prouve que les partis doivent faire davantage d’effort dans ce domaine et ne pas cantonner les femmes à la gestion des ligues des femmes. Il est ainsi essentiel d’arriver à une participation égale des femmes dans les instances des partis pour promouvoir l’égalité. Une autre piste pourrait venir des réformes. La prochaine modification de la loi électorale pourrait par exemple envisager de garantir l’accès égal des hommes et des femmes à certains mandats électoraux et fonctions électives. Ceci passerait entre autres par une obligation de déposer des listes paritaires de candidatures pour certains scrutins.  Les pouvoirs publics devraient en outre activer le financement des partis politiques afin d’appliquer l’article 33 de la loi sur la parité qui écarte du financement, les partis politiques dont les listes ne comportent pas la dimension genre.    Le gouvernement est enfin attendu dans des réformes institutionnelles favorables à l’égalité des sexes.  En attendant ces changements profonds et espérés dans la distribution du pouvoir politique, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » ou « Ebuteli » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre téléphone. À bientôt !
Le 24 février, la Russie lance une « opération militaire spéciale » en Ukraine. Cette invasion se fait après la reconnaissance par Moscou, quelques jours plus tôt, de deux « républiques » autonomes en Ukraine, habitées par des russophones. La guerre, qui dure maintenant depuis neuf jours, est rapidement devenue une affaire mondiale. Quelles en sont les incidences pour la RDC ? Bonjour ! Je m’appelle Joshua Walker. Je suis le directeur de programme du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche indépendant basé à l'Université de New York. Vous écoutez le premier épisode de la saison 2 de Po na GEC, capsule audio du GEC et d’Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC, qui tente de résumer et d’analyser les questions d’actualité en RDC. L’impact de la guerre en Ukraine se fait sentir bien au-delà de ses frontières. Elle crée, entre autres, plus de 1,2 millions de réfugiés (3 mars 2022) qui ont fui le pays. Première préoccupation liée à cette guerre pour la RDC : le sort des citoyens congolais qui habitent l’Ukraine. Alors que les Ukrainiens fuyant la guerre sont vite accueillis par les pays voisins, de nombreux reportages font état de racisme dans le traitement des Africains, Asiatiques et Caribéens, souvent bloqués aux frontières.  Selon une source diplomatique européenne, qui citait le ministère congolais des Affaires étrangères, il y avait 409 citoyens congolais en Ukraine au moment du déclenchement de la guerre, dont environ 200 ont déjà trouvé refuge en Pologne. Jusque-là, le gouvernement a sollicité l’aide de l’Organisation internationale des migrations pour ces réfugiés et a contacté le gouvernement russe pour la création d’un « corridor humanitaire ». Cependant, aucune communication officielle du gouvernement congolais n’a encore été faite à ce sujet, encore moins sur la guerre en Ukraine en général. Autre conséquence de la guerre : la hausse des prix des produits énergétiques. Un reportage diffusé sur TV5 le 2 mars, par exemple, faisait état d’une pénurie d’essence dans la ville de Bukavu, dont le carburant est importé du Kenya, de la Tanzanie et, surtout, du Rwanda. Pourquoi ? Ces derniers préfèrent garder leurs stocks de pétrole, à cause de l’instabilité sur le marché mondial causée par la guerre en Ukraine. Ce qui entraîne un ralentissement sensible du taux d’affaires pour les importateurs de carburant de cette ville frontalière, habitués à s’approvisionner à partir du Rwanda. À cet effet, à l’issue d’une réunion du comité de conjoncture économique, le gouvernement congolais a annoncé le 2 mars, par le biais du ministre des Finances, Nicolas Kazadi, que la hausse des prix du carburant pourrait avoir des impacts « difficiles » pour l’économie congolaise. Il a précisé, cependant, que le comité avait discuté des « mesures à prendre en urgence » pour limiter cet impact. Pour le moment, ces mesures n’ont pas été rendues publiques. Mais ce qui fait le plus débat au Congo, c’est la géopolitique. Pour les uns, la Russie n’est qu’un simple agresseur illégitime. Pour les autres, la mobilisation occidentale contre cette dernière, notamment à travers des sanctions, relève de l’hypocrisie. Combien de fois les pays occidentaux ont-ils envahi d’autres pays comme l’Irak, l’Afghanistan ou la Libye ? Serait-ce une question de deux poids, deux mesures ? Le 2 mars toujours, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolutioncondamnant « l’agression » russe en Ukraine, tout en réaffirmant « son engagement envers la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues ». Le résultat du vote : 141 voix pour, 5 contre, 35 abstentions et 12 absents. Parmi les pays ayant voté pour : la RDC. Choix logique pour un pays qui a déjà subi des agressions et l’occupation des parties de son territoire par des pays voisins, notamment le Rwanda et l’Ouganda. Et qui diffère de celui des pays comme le Mali ou la République centrafricaine, qui ont des contractants militaires russes sur leurs sols.  Cependant, la position prise par la RDC pourrait aussi être la conséquence de son repositionnement sur l’échiquier politique mondial depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir,qui s’est rapproché notamment des États-Unis et de l’Occident en général. Ces pays ont-ils exigé que la RDC adopte leur position ? Quelles pourraient en être les conséquences pour la relation entre la RDC et la Russie ? Dans tous les cas, ce vote ne fait que renforcer le parti pris de la RDC pour ses alliés occidentaux dans la configuration géopolitique mondiale actuelle. En attendant de voir l’évolution de cette nouvelle guerre si lointaine, mais si proche de la RDC, vous pouvez recevoir Po na GEC chaque semaine sur votre téléphone. Pour vous abonner à notre fil WhatsApp, envoyez  « GEC » ou « Ebuteli » au +243 894 110 542. À très bientôt !
La RDC a abrité ce jeudi, 24 février 2022, les travaux du dixième sommet régional d’évaluation de la mise en œuvre des engagements souscrits aux termes de  l'Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région signé en 2013 à Addis-Abeba. Attendu depuis trois ans, ce sommet intervient dans un contexte régional marqué par l’intervention des armées ougandaise et burundaise en RDC et les menaces de celle rwandaise. Cet événement qui a permis au président Tshisekedi de succéder à son homologue ougandais à la tête du mécanisme régional de suivi dudit accord, peut-il réellement contribuer à améliorer la situation sécuritaire dans l’est de la RDC ? Bonjour, Je suis Ange Makadi Ngoy, chercheuse au sein du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche de l’Université de New York. Vous écoutez le 52e numéro de Po Na GEC, notre capsule audio qui analyse les questions d’actualité en RDC. Nous sommes le vendredi 25 février 2022.  Au lendemain de l’occupation de la ville de Goma par le M23, mouvement rebelle soutenu par le Rwanda, en 2012, les pays membres de la Conférence internationale pour la région des grands lacs (CIRGL) s’étaient réunis sous l’égide de l’ONU à Addis-Abeba afin de mettre un terme aux cycles de violence récurrents en RDC. L’accord-cadre signé entre ces États avait suscité de l’espoir pour la stabilité dans l’est du pays et la région des Grands Lacs. Mais qu’en est-il à présent près d’une décennie après la signature de cet accord ?  En 2020, le Mécanisme national de suivi de cet accord estimait dans son programme de pacification et de stabilisation de l’est de la RDC et de la région que « sept ans après la signature dudit Accord-cadre, le résultat est toujours mitigé. L’insécurité persiste dans l’est de la RDC ».  Deux ans après, la situation n’a pas suffisamment évolué.    Pour autant, le président Félix Tshisekedi n’a jamais cessé de croire aux relations de bon voisinage. Le 25 septembre 2019 lors de la réunion de Haut-niveau sur cet accord à New York, il avait rappelé que le Conseil de sécurité de l’ONU considérait ledit accord comme un instrument approprié pour la stabilité régionale. Fort de cette conviction, il a réactivé le mécanisme national de suivi. Au niveau régional, dès 2019 le président Tshisekedi a visité 8 des 9 pays voisins de la RDC. Le gouvernement Sama Lukonde s’est, d’ailleurs dans la suite du chef de l’Etat, engagé dans son programme d’actions à  « évaluer constamment le niveau d’exécution de cet accord-cadre ». Mais cette ouverture n’a pas réussi à redynamiser le mécanisme régional de suivi à cause de l’indisponibilité des autres États et au regard de la divergence de leurs agendas et intérêts.   Si avec ce sommet, le président Tshisekedi vient de gagner le pari de la tenue de cette évaluation régionale de cet accord, son attitude volontariste demeure, cependant, confrontée aux rivalités persistantes entre le Rwanda et l’Ouganda, deux acteurs clés pour la pacification de l’est de la RDC en particulier et la région des Grands Lacs en général.  Autant ces rivalités ont mis en veilleuse la Communauté économique des pays des grands lacs (CEPGL), autant elles rappellent que le manque d’harmonie entre les Etats de cette région est un frein à la pacification souhaitée. L’on peut bien évaluer l’accord-cadre mais l’implication réelle des acteurs majeurs est capitale.  Peu importe que le sommet ait finalement eu lieu, l’on notera l’absence très remarquable du président rwandais Paul Kagame. Probablement mécontent du feu vert accordé à l’armée ougandaise par Kinshasa pour intervenir sur le sol congolais dans la traque des ADF dans l’Est, il ne s’est pas empêché récemment d’évoquer des menaces à peine voilées d’intervenir à son tour en RDC sans autorisation des instances officielles. Avec ces frustrations et boycott “poli”, l’on se demande bien comment les résolutions contraignantes ou pas de ces assises peuvent être appliquées par les autres parties qui affichent clairement leur désintéressement. Il est donc important que l’État congolais s’avise que la stabilisation de l’est relève principalement de sa responsabilité.  D’ici là, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre téléphone. À bientôt !
« Le problème que nous avons avec la RDC, ce sont les FDLR et ceux qui cherchent à coaliser avec les ADF contre le Rwanda. Nous avons un temps pour observer, négocier mais pour notre sécurité, nous n'avons pas besoin d'une autorisation pour intervenir » Ces propos du président rwandais Paul Kagame tenus à Kigali, le 8 février 2022, ont suscité beaucoup de réactions dans l’opinion publique en République démocratique du Congo. Mais au-delà de l’indignation, jusqu’où peut aller le Rwanda de Paul Kagame ?  Bonjour, Je suis Reagan Miviri, analyste au Baromètre sécuritaire du Kivu. Vous écoutez le 51e numéro de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche basé à l’Université de New York qui analyse les questions d’actualité en RDC. Nous sommes le vendredi 18 février 2022.  À l’occasion de l’investiture du nouveau gouvernement rwandais, le président Paul Kagame a tenu un discours dont une partie semble s’adresser au voisin congolais. Le président Rwandais souligne que le problème du Rwanda avec la RDC est la présence des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) en RDC. Il avertit aussi que le Rwanda est prêt à intervenir, avec ou sans l’autorisation, sur un territoire étranger contre quiconque menace sa sécurité.  Pour plusieurs, il s’agit de propos belliqueux qui nécessitent une réaction congolaise alors même que officiellement les relations congolo-rwandaises semblaient s'améliorer depuis l'arrivée du président Félix Tshisekedi au pouvoir. Le député Gratien Iracan, élu de Bunia, a par ailleurs adressé une question orale avec débat au premier ministre à ce sujet.    En effet, le président rwandais a exposé la doctrine militaire de son pays qui est celle d'éliminer les potentielles menaces sur sa sécurité à partir d’autres territoires pour protéger le Rwanda qui est « un petit territoire », je le cite.  Au nom de cette doctrine, le Rwanda est intervenu en RDC aux côtés des rebelles de l’AFDL puis du RCD avec comme objectif affiché la traque de l’Armée de libération du Rwanda, ancêtre des FDLR qui à l’époque menait des activités de déstabilisation dirigées vers le Rwanda. Les FDLR ont aussi commis plusieurs crimes sur des populations congolaises en RDC.  Dans quelle mesure les FDLR demeurent-elles une menace pour le Rwanda ? Ces dernières années, le groupe armé FDLR s’est fractionné en différents groupuscules et a perdu de sa vigueur notamment à cause de la neutralisation des nombreux de ses chefs mais il  reste tout de même actif dans le Nord et Sud-Kivu. Les FDLR ont tué 119 civils congolais depuis 2017 selon les chiffres du Baromètre sécuritaire du Kivu. Pendant la même période, les ADF ont fait  2238 victimes. Les FDLR deviennent de plus en plus un groupe marginal.  Toutefois, il est dans l'intérêt de la RDC et du Rwanda que ce groupe soit défait autant que tous les 122 groupes armés actifs à l’Est de la RDC.  Il est vrai que les propos du président Kagame peuvent être analysés comme une menace contre la RDC quand on sait que le Rwanda est plusieurs fois intervenu sur le sol congolais parfois même sans l’autorisation des autorités congolaises. Cependant, peut-être qu’il ne s’agit que d’un discours destiné à entretenir l’image d’un pouvoir fort qui a la sécurité des rwandais comme priorité.  Il s’agirait aussi d’une façon pour le président rwandais de monter les enchères pour que ses intérêts soient pris en compte dans la compétition autour de la RDC qui sera accueillie au sein de la Communauté des États d’Afrique de l’Est. Avec son intervention militaire en RDC et le deal de la construction des infrastructures routières au Nord-Kivu, l’Ouganda s'assure une place de choix. Ainsi, le rwandais serait aussi en train de réclamer la part qu’il croit lui revenir. La question qui demeure est : que gagne la RDC dans tout ça ?  En attendant, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre téléphone. À bientôt !
Le samedi 5 février, François Beya, l'influent conseiller de Félix Tshisekedi en matière de sécurité, est arrêté à Kinshasa. Cette interpellation a suscité plusieurs rumeurs, notamment celle d’une tentative de coup d'État. Le chef de l’État a dû écourter son séjour à Addis-Abeba, où il participait au sommet de l’Union africaine. Pour la présidence de la République, qui n’a communiqué que trois jours après l’événement, il s’agit d’une affaire de sûreté d'État. Alors, que savons-nous de cette affaire ?  Bonjour, Je suis Ange Makadi Ngoy, chercheuse au sein du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche indépendant basé à l’Université de New York. Nous sommes le vendredi 11 février  2022 et vous écoutez le 50e numéro de Po na GEC, notre capsule audio qui analyse l’actualité en RDC.  À ce jour, les faits reprochés au conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité ne sont pas tout à fait connus. Lors de son arrestation, aucune communication officielle n’est rendue publique. Ce qui, très vite, alimente la spéculation autour d’une tentative de coup d'État. Le 8 février, la présidence de la République brise enfin le silence. Kasongo Mwema Yamba Y’amba, porte-parole de Félix Tshisekedi indique que les enquêteurs disposent d’«  indices sérieux attestant d’agissements contre la sécurité nationale ».   Dans la foulée, Jean-Claude Bukasa, jusqu’ici assistant principal du conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité, est désigné pour assurer l'intérim à la tête du Conseil national de sécurité (CNS). Ce dernier est un militant de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel. Contrairement à François Beya, il n’est pas issu de l’ancien régime de Joseph Kabila, mais fait partie des hommes de confiance du président. Cette nomination d’un proche de Tshisekedi vient confirmer la mise à l’écart de François Beya qui ne disposerait plus de la confiance du président de la République. Mais d’où vient sa disgrâce ? Le contour demeure encore flou. Mais plusieurs hypothèses peuvent être émises. D’abord un soupçon de déloyauté. Longtemps patron de la Direction générale de migration sous Kabila, François Beya est suspecté d’être resté loyal à ce dernier. Pourtant,  lors de la fin de la coalition FCC-Cach, il a su conserver son poste qu’il occupe depuis février 2019. L’homme s’était fait une place au cœur de la présidence congolaise.  De la nomination des juges de la Cour constitutionnelle à la restructuration de l’armée, des rapports suggèrent que François Beya a été  au centre du dispositif de Tshisekedi. Il a été presque partout, dans toutes les rencontres…  Ensuite, une guerre de palais. Récemment, il a été demandé à François Beya de régler une affaire d’un carré minier impliquant des personnalités proches du président. Il a invité Fortunat Biselele, puissant conseiller privé de Tshisekedi, à se présenter pour audition au CNS. Est-ce l’heure du règlement des comptes ? Dans cette affaire, beaucoup y voient aussi une fine stratégie de Félix Tshisekedi de se débarrasser des personnes qui semblent l’avoir aidé à asseoir son pouvoir. À Kinshasa, François Beya est perçu comme l’un des principaux artisans du rapprochement entre le nouveau régime et le précédent. Le cas de Jean-Marc Kabund-A- Kabund, premier vice-président de l’Assemblée nationale désormais sommé de démissionner, en est une autre illustration.  En attendant la suite de l’affaire François Beya, rejoignez notre fil whatsapp en envoyant « GEC » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre téléphone. À bientôt.
Le 30 novembre dernier, l’armée ougandaise a officiellement commencé une opération militaire dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RD Congo. Elle participe à la traque des Forces démocratiques alliées, les ADF, et à la construction d’infrastructures routières. Mais, peu de temps après, une autre opération, beaucoup plus discrète, a commencé : celle des Forces nationales de défense du Burundi, dans la province du Sud-Kivu, contre les rebelles RED-Tabara. Celle-ci est toujours en cours. Bonjour. Je suis Pierre Boisselet, le Coordonnateur du Baromètre sécuritaire du Kivu. Et Vous écoutez le 49ème numéro de Po na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New York sur l’actualité de la RDC. Et cette semaine nous nous intéressons à l’incursion récente de l’armée burundaise dans l’est du pays. La présence de combattants burundais au Congo n’est pas radicalement nouvelle. L’est de la RDC a servi de base arrière à des rébellions burundaises pendant des décennies, ce qui en fait une zone stratégique. Le CNDD-FDD, actuellement au pouvoir à Gitega, y était lui-même présent dans les années 1990 et 2000. Aujourd’hui, on trouve surtout deux groupes armés burundais : les Forces nationales de libération (FNL) et le Mouvement de la résistance pour un État de droit (RED-Tabara). Selon un rapport du groupe d’experts des Nations-Unies pour la RDC, ce dernier groupe a bénéficié du soutien du Rwanda, en 2015 et en 2016. Il s’est installé sur les hauts-plateaux du Sud-Kivu et dans la plaine de la Ruzizi, qui sert de frontière entre la RDC et le Burundi. À partir de ces bases, il a mené plusieurs actions au Burundi comme encore récemment, en septembre 2021, avec le bombardement de l’aéroport de Bujumbura.  Compte tenu de la présence de ces rebelles, l’armée burundaise et ses alliés, les miliciens imbonerakure, ont périodiquement mené des incursions au Sud-Kivu pour les affaiblir. Mais à la fin du mois de décembre dernier, une expédition d’une ampleur inhabituelle a commencé. Selon plusieurs sources, plusieurs centaines d’hommes, et peut-être même plus d’un millier, ont traversé la frontière. Ils se sont associés avec plusieurs groupes armés locaux, comme les Mai-Mai Kidjangala, Buhirwa et les Gumino, qui leur ont ouvert la voie à travers la plaine de la Ruzizi et vers les hauts-plateaux du Sud-Kivu. Et ils sont très vite entrés en action. Le Baromètre sécuritaire du Kivu a déjà enregistré quatre affrontements impliquant les Forces armées burundaises en 2022, soit plus qu’aucune autre année depuis sa création. Ces combats leur ont permis de déloger les RED-Tabara de certaines de leurs bases. Mais ils ont aussi provoqué de très importants déplacements de population. Alors, pourquoi le gouvernement burundais a-t-il décidé de déclencher des opérations d’une telle envergure maintenant ? D’abord, le Burundi et le Rwanda ont fait des pas importants vers une réconciliation l’année dernière : en juillet, Kigali a livré 19 rebelles burundais à Gitega, et en octobre, c’est Gitega qui a livré 11 rebelles rwandais à Kigali. Les RED-Tabara semblent aujourd’hui avoir perdu tous leurs soutiens à Kigali, faisant de ce groupe une proie beaucoup plus facile pour l’armée burundaise. Ensuite, ces derniers temps, Kinshasa s’est montrée particulièrement ouverte à laisser des armées étrangères opérer sur son sol, voire à leur sous-traiter la traque des groupes armés étrangers. Comme nous l’avons dit en introduction, l’armée ougandaise est officiellement présente en RDC depuis la fin novembre. Et selon une source diplomatique, Kinshasa aurait informé les gouvernements rwandais et burundais que ce type de solution pouvait également être négociée avec eux. Il est possible que Gitega se soit sentie autorisée à intervenir à son tour sur le sol congolais. En privé, certains officiels congolais reconnaissent la présence de ces hommes, tout en affirmant qu’elle n’est pas autorisée. A ce jour, Kinshasa n’a en tout cas pas protesté publiquement, ni n’est intervenu pour tenter de forcer l’armée burundaise à quitter le Sud-Kivu.  Pour recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre téléphone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant " GEC ", G, E, C, au +243 894 110 542. À très vite!
Le mardi 25 janvier, l’ONG Transparency international a publié son rapport sur l’indice de perception de la corruption en 2021. C’est la première fois, depuis l’avènement du président Félix Tshisekedi, que la RDC gagne une place. Elle quitte de ce fait la 170e place pour la 169e, devenant ainsi  le 11e pays le plus corrompu au monde. À  l’arrivée au pouvoir de Tshisekedi, la RDC occupait la 161è place. De quoi se poser des questions sur l’efficacité des mesures mises en place et des réelles intentions du président et de son gouvernement dans la lutte contre la corruption.  Bonjour, Je m’appelle Jimmy Kande, je suis chercheur en économie politique au sein du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche indépendant basé à l’Université de New York. Nous sommes le vendredi 28 janvier 2022 et vous écoutez le 48e numéro de Po na GEC, notre capsule audio qui analyse l’actualité en RDC. Bienvenue à ce dernier podcast du mois de janvier. L’indice de perception de la corruption (IPC) classe 180 pays et territoires en fonction de leur niveau perçu de corruption dans le secteur public, selon l’appréciation de personnes expertes et du monde des affaires. Alors que la RDC est classée à la 161e place fin 2018, année marquant l’organisation des élections en RDC et la fin du régime Kabila. Dès l’aube de son arrivée au pouvoir, le président Tshisekedi s’engage à faire de la lutte contre la corruption un des programmes clés pour son quinquennat, voulant améliorer le climat des affaires et attirer des investisseurs, car le Congo a besoin des capitaux frais. Pour matérialiser cet engagement, Tshisekedi redynamise l’Inspection générale des finances (IGF) qui dépend de lui directement, en lui dotant de moyens conséquents. Il crée aussi, en mars 2020, l’agence en charge de la prévention et de la lutte contre la corruption, la fraude, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme en RDC (APLC). Mais, à la grande surprise des experts de la bonne gouvernance, la Cour des comptes est laissée en marge. Si le travail de l’IGF est de plus en plus apprécié au sein de l’opinion congolaise, il souffre cependant de sa dépendance au président de la République et peut être utilisé comme un levier pour attaquer les adversaires politiques de ce dernier. L’APLC,qui dépend également de la présidence de République, s’est illustrée elle-même par un scandale de corruption en décembre 2020 et ses empreintes sur le terrain  sont invisibles. L’abandon de la Cour des comptes à son propre sort interroge sur les intentions de l’exécutif à lutter réellement contre la corruption, car cette cour a des compétences beaucoup plus vastes et dépend du Parlement . Le procès dit « des 100 jours » devant marquer un tournant décisif dans la lutte contre la corruption se révèle être finalement un fiasco avec les libérations des personnes condamnées soit par grâce présidentielle  soit par liberté provisoire. La libération conditionnelle de M. Eteni, accusé de détournements des fonds de la Riposte au Covid-19, la libération de Willy Bakonga, l’échec du projet Tshilejelu, les dépassements budgétaires au sein des institutions et en particulier à la présidence, les jeeps Palissade accordées aux députés comme une sorte de récompenses à leur adhésion à l’Union sacrée de la nation… Tant d'événements qui viennent contredire la posture officielle de lutte réelle contre la corruption. La RDC qui a perdu 8 places dans le classement Transparency international depuis l’avènement de Tshisekedi stagne et ne fait mieux que quatre pays africains (la Guinée équatoriale, la Libye, la Somalie et le Soudan du Sud). La perception de la corruption en RDC est toujours beaucoup plus grande, l’absence de réelles réformes institutionnelles et d’engagement pour lutter contre ce fléau demeure une problématique à résoudre si  l’on veut espérer un meilleur classement pour la RDC dans les années avenir.  D’ici là, rejoignez notre fil whatsapp en envoyant « GEC » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre téléphone. A bientôt.
Il y a une semaine, Jean-Marc Kabund a annoncé, sur Twitter, sa démission   au poste de premier vice-président de l'Assemblée nationale. Une décision surprenante : Kabund  est l'un des acteurs les plus puissants et les plus controversés de la scène politique congolaise ces dernières années. Qu'est-ce qui a conduit à cette annonce et quelles en seront les conséquences ? Bonjour, je suis Jason Stearns, directeur du Groupe d'étude sur le Congo, centre de recherche de l'Université de New York. Vous écoutez le 47e numéro de Po Na GEC, notre capsule audio qui analyse les questions d'actualité en RDC. Nous sommes le vendredi 21 janvier 2022. Essayons de décortiquer l'affaire Kabund. Tout a commencé le mardi 11 janvier. Une vidéo prise par le conducteur d'une voiture a circulé. Elle montre comment des policiers du service de sécurité de Kabund ont attaqué un membre de la garde républicaine, une unité de l’armée affectée à la protection du président de la République, qui était assis à côté du chauffeur, le soustrayant violemment de la voiture. Selon les témoins, le véhicule, qui appartiendrait à une proche du président Félix Tshisekedi, roulait du mauvais côté de la route, apparemment pour contourner un embouteillage. En représailles, un jour plus tard, un grand groupe de gardes républicains a saccagé la maison de Kabund. Des images sont apparues sur Twitter et Whatsapp montrant des canapés renversés, des livres et des documents éparpillés. Ce n'est pas la première fois que Kabund est impliqué dans une prise de bec avec un membre de la famille Tshisekedi. En septembre de l'année dernière, la même garde de Kabund avait crevé les pneus d'une voiture d'une autre membre influente de la famille présidentielle.  Cette fois, Kabund semble être allé trop loin. Deux jours plus tard, Kabund a annoncé sa démission à son poste de premier vice-président de l'Assemblée nationale, toujours sur Twitter.  Un poste qu’il occupait à nouveau depuis environ un an, après sa destitution. Jusqu’ à présent, la lettre de cette démission annoncée n’est toujours pas déposée au bureau de l’Assemblée nationale. Un groupe de parlementaires  UDPS pousse cependant Kabund à quitter également son poste de président ad interim du parti.  Kabund avait été un architecte clé de la rupture avec le FCC de Kabila et de la création d'une nouvelle majorité à l'Assemblée nationale. Ses tactiques musclées ont fait polémique, mais son départ, s'il est définitif, laissera une fois de plus le parti présidentiel dans la tourmente. Depuis des années, le parti souffre des défections de personnalités de premier plan – Tshibala, Moleka, Badibanga, Kapika, Mavungu pour ne n’en mentionner que quelques-uns. Si Kabund reste président de l'UDPS, cette querelle très publique ne contribuera pas à forger l'unité dont il a besoin pour diriger le pays.  Ces événements devraient susciter enfin des questions sur le privilège de l'élite. Pourquoi un membre de la famille de Tshisekedi roulait-il à contresens ? Pourquoi les policiers ont-ils utilisé une telle force brutale ? Et, peut-être le plus important, pourquoi la Garde républicaine s'est-elle engagée dans une vendetta contre Kabund au lieu de passer par les canaux institutionnels appropriés ?  En attendant le dénouement de cette affaire, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » au +243 894 110 542 pour recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre téléphone. À bientôt !
« Toye mpo na koyiba mboka oyo te, koboma yango te. D’ailleurs, eloko ya koboma eza lisusu te mpo esi ekufa  ». Traduisez : « Nous ne sommes pas arrivés au pouvoir pour voler ce pays ni pour le détruire. D’ailleurs, il n’y a plus rien à détruire, car tout est déjà par terre. » Ces propos du président Félix Tshisekedi à Lodja, le 5 janvier 2022, ont suscité diverses interprétations au Congo. Mais au-delà des petites phrases polémiques, quelles sont les leçons à retenir de la tournée présidentielle dans l’espace kasaïen ? Bonjour, Je suis Trésor Kibangula, analyste politique au sein du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche de l’Université de New York. Vous écoutez le 46e numéro de Po Na GEC, notre capsule audio qui analyse les questions d’actualité en RDC. Nous sommes le vendredi 14 janvier 2022. Essayons de tirer les enseignements du dernier voyage d’itinérance du président Félix Tshisekedi. Trois ans. Il aura donc fallu trois ans à Tshisekedi pour se rendre dans le Kasaï, en tant que président de la République. Du 24 décembre 2021 au 6 janvier 2022, le chef de l’État congolais a visité quelques villes, territoires et localités des cinq provinces du Grand Kasaï, sa région d’origine. Entre autres Mbuji-Mayi, Kabeya Kamuanga, Mupompa, Kabinda, Kananga, Tshikapa, Lodja… De ces voyages, il ressort un constat d'abandon de l’arrière-pays dans l’exécution des politiques publiques. C’est sans nul doute le premier enseignement. Une population qui croupit dans la misère, des salaires des fonctionnaires insuffisants pour faire face au coût de la vie et des infrastructures de base quasi-inexistantes. Tshisekedi aurait-il dû venir plus tôt « chez lui » pour s’en rendre compte ? Dans l’entourage du président, on évoque l’urgence sécuritaire qui l’aurait décidé à se rendre d’abord dans la partie est du pays. Aussi, se défend un proche du chef de l’État, « lorsqu’on devient président, sa province, sa tribu, c’est le Congo ». Mais toujours est-il que, une fois au pouvoir, Tshisekedi s’est d’abord tourné vers l’extérieur. Personne n’a oublié les allers et retours du chef de l’État à l’étranger. Si certains de ces voyages ont aidé à obtenir des financements importants de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, la plupart d’entre eux n’ont pas entrainé d’investissements massifs dans le pays comme espéré. Et le temps presse. D’ici fin 2023, les Congolais vont demander des comptes. Quel sera alors le bilan du président sortant ? Dans la perspective des échéances électorales à venir, Tshisekedi compte visiter davantage l’intérieur du pays, endosser le costume d’un chef à l’écoute de son peuple, d’un chef qui veut palper du doigt les réalités locales, qui veut voir si les choses avancent dans le bon sens, ou pas. Se présenter finalement comme la solution à cet abandon de l’arrière-pays, tentant ainsi de se hisser au-dessus de la mêlée. Voilà le deuxième enseignement.  Le troisième enseignement, c’est ce que contient le sac de voyage du président. Un nouveau « projet phare » : le programme de développement local par territoire, autrement dénommé « programme de 145 territoires ». Sur fonds propres, le budget 2022 prévoit un peu plus de 181 millions de dollars, en attendant d’éventuels apports des partenaires extérieurs pour atteindre son coût total estimé à quelque 700 millions de dollars. L’idée consisterait à essayer de propulser le développement à la base, à partir de territoires.  Concrètement, il s’agira de lancer des petits projets dans chacun des 145 territoires du pays : des centres d’adduction d’eau motorisées ici, des constructions ou réhabilitations des édifices administratifs et des tronçons de routes de desserte agricole là-bas et partout des hôpitaux et des écoles de référence, …  Dernier enseignement, oui, vous l’avez compris, ces chantiers et projets annoncés rallongent la liste des promesses du chef de l’État. Le président Tshisekedi promet, entre autres, de relancer la Miba, d’électrifier plusieurs contrées, d’apporter de l’eau, de construire des routes, des écoles, des hôpitaux… À moins de deux ans du terme de son mandat.  D’ici là, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre téléphone. À bientôt !
Les  IXᵉ Jeux de la Francophonie se tiendront du 19 au 28 août 2022 en République démocratique du Congo. C’est un grand événement au pays en cette nouvelle année. Sur le site internet des Jeux, le compte à rebours est enclenché et un programme préliminaire publié. À Kinshasa où s'organiseront les compétitions sportives et concours culturels, tout n’est pas prêt. À huit mois de la tenue de ces Jeux, les langues se délient et beaucoup craignent une organisation mal ficelée : des travaux de construction ou de rénovation sont presque à l'arrêt et des soupçons de détournements des fonds dédiés à ces travaux émergent.    Bonjour ! Je m’appelle Ange Makadi Ngoy.  Je suis chercheuse au sein du Groupe d'étude sur le Congo, centre de recherche indépendant basé à l'Université de New-York. Nous sommes le vendredi 7 janvier 2022 et vous écoutez le 45e numéro de Po na GEC, notre capsule audio qui analyse l'actualité en RDC. Bienvenue à ce premier podcast de l'année 2022. L'inquiétude monte à Kinshasa, l’une des grandes villes francophones. Cette année, la 9e édition des  Jeux de la Francophonie s’organise dans la capitale congolaise, mais le niveau des préparations fait craindre le pire. La RDC cumule des difficultés d’ordre organisationnel, infrastructurel et financier. Pour la réussite de l’événement, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) s’appuie sur deux ­structures : le Comité international des Jeux de la francophonie (CIJF) et le Comité national des Jeux de la francophonie (CNJF). Le premier supervise les actions du second.  Si Isidore Kwandja Ngembo, le directeur du Comité national des Jeux de la francophonie, rassure de la tenue de ces jeux à Kinshasa en dépit des retards constatés, selon d’autres observateurs, Kinshasa n’a ni le temps ni les moyens pour accueillir de la belle manière ce grand rendez-vous culturel et sportif du monde francophone.  De fait, l’organisation de ces Jeux vient une fois de plus mettre à nu la question de l’impunité au sommet de l’État. Pour mieux suivre sa tenue, le président Félix Tshisekedi avait nommé, le 14 février 2021, un Haut-représentant, Didier Tshiyoyo. Près de dix mois plus tard, ce dernier a été révoqué. Une mise à l’écart qui serait justifiée par des malversations financières, selon certaines sources. Jusque là, aucune information judiciaire n'a été ouverte. Cette organisation laisse aussi entrevoir le manque de transparence dans la gestion des fonds publics. L'année dernière, le rapport du Comité international des Jeux de la Francophonie alertait déjà sur des contrats conclus de gré à gré, qui ne satisfaisaient pas à l’exigence de transparence inhérente aux grands événements internationaux. Certaines factures avaient été gonflées. Selon le même rapport, le coût de la construction du village est passé de 41 à 113 millions de dollars américains. À ce stade, il est crucial que, pour des raisons de transparence, la gestion des fonds soit clarifiée et que le montant déboursé soit connu.   Enfin,  de l’organisation des Jeux à Kinshasa transparaît le manque d’infrastructures sportif et culturel dont souffre le pays. Au départ, c’est la Foire internationale de Kinshasa (FIKIN), qui devrait abriter les Jeux de la Francophonie. Au cœur du dispositif se trouve, en effet, le village des Jeux où 12 immeubles de 7 étages devraient être érigés pour loger les délégations. Le coût doit être entièrement financé par le budget de la RDC. Ensuite, il y a les aires de jeu où les activités doivent se dérouler. Au total, plus de 3 500 athlètes des pays francophones sont attendus. Faute de temps, les organisateurs ont opté pour le stade Tata Raphaël de la Kethule et des logements préfabriqués. Du côté du Comité, l’on pense à accueillir les athlètes dans les logements des étudiants à l'Université de Kinshasa, comme plan B.  En attendant la suite, vous pouvez recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre téléphone. Rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC », G, E, C, au +243 894 110 542. Nous vous souhaitons une heureuse année 2022 ! À bientôt !
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