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Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a rappelé le 15 février, sa mission en tant qu’informateur nommé par le président de la République Félix Tshisekedi. Pourquoi cette étape est nécessaire avant la formation du gouvernement et quels en sont les enjeux ?
« À la moindre escarmouche, (...) je vais réunir les deux chambres en congrès comme me le recommande la Constitution. Je vais demander l'autorisation de déclarer la guerre au Rwanda. Et je pèse mes mots », déclarait le président Félix Tshisekedi le 18 décembre 2023 à la veille du scrutin controversé à l'issue duquel il a été proclamé vainqueur. Depuis, sur le terrain, la situation s’est encore détériorée, avec des tirs d'artillerie qui ont touché la ville de  Goma.  Le chiffre record d’un million de personnes déplacées internes fuyant les combats au Nord-Kivu a été atteint.Face à cette recrudescence, le chef de l’État pourrait-il mettre ses menaces à exécution ? Ou, au contraire, accepter des discussions ?
Le lundi 29 janvier, l’Assemblée nationale de la RDC a procédé à l’installation du bureau d'âge pour débuter la nouvelle législature à la suite des élections de fin 2023. Comment cette nouvelle législature se dessine-t-elle ?
« Ce quinquennat aura pour objectif […] d’assurer avec plus d’efficacité la sécurité de nos populations, de notre territoire ainsi que la préservation de nos intérêts au moyen de la restructuration de notre appareil de sécurité et de défense. Et par la poursuite du renforcement de la diplomatie. » Voilà les quelques phrases que le président Félix  Tshisekedi a consacrées au chapitre sécuritaire de son discours d’investiture le  20 janvier 2024. En 2019, il semblait considérer que le problème sécuritaire était essentiellement interne avec les groupes armés qu’il fallait éradiquer. Aujourd'hui, il insiste sur l’éradication d’une menace extérieure contre les populations, le territoire congolais et les intérêts congolais.  Comment expliquer cette évolution du discours sécuritaire ? Bonjour et bienvenue dans ce troisième épisode de la saison 4 de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) et d’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Reagan Miviri, chercheur à Ebuteli. Nous sommes le vendredi 26 janvier 2024.Le 20 janvier, le président Tshisekedi a prêté serment pour un second et dernier mandat.   Lors de son discours, son analyse et son approche sur la question sécuritaire ont évolué. En 2019,  Tshisekedi avait présenté les huit priorités de son mandat avec la sécurité en tête. Il s'était engagé à « la pacification de tout le territoire national en accélérant la lutte contre l’éradication des groupes armés qui sévissent et sèment la désolation auprès de nos populations» ». Cet engagement n’a pas été  tenu. Depuis la résurgence du mouvement du 23 Mars (M23), les trois dernières années du quinquennat ont plutôt  été caractérisées par la remobilisation des groupes armés. Certains combattent désormais aux côtés des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) contre le M23 soutenu par le Rwanda. Pendant la campagne électorale dont les questions sécuritaires étaient au centre, le président  a justifié l’implication des certains groupes armés aux côtés des FARDC. Il a présenté ces Wazalendo  comme des patriotes qui protègent l'intégrité nationale contre  « l’agression rwandaise ». Ils peuvent désormais se prévaloir du statut de réservistes grâce à une loi votée en 2023. Lorsqu’il est arrivé à la présidence, Tshisekedi pensait pouvoir s'appuyer sur la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco) et les voisins pour résoudre la problématique des groupes armés. Il avait même proposé l'idée d'un état major régional en 2019. Il a décidé d'entrer dans la communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), et a même voulu et obtenu son intervention militaire en RDC. Depuis, il a mis fin au mandat de sa force militaire et maintenant, il veut le départ de la Monusco. Il veut s'appuyer sur les groupes armés contre le M23, soutenu par le Rwanda qu'il n'hésite plus à présenter comme l’ennemi qu’il faut mettre en échec.La résurgence du M23 a été un point de rupture et a beaucoup influencé le changement radical du discours de Kinshasa. Le président aurait sous-estimé les rivalités régionales et n'aurait pas anticipé le soutien de Kigali au M23.  L’autre raison serait le fait que l'EAC (et dans une moindre mesure la Monusco) ont voulu l'inciter à négocier, une approche très impopulaire en RDC.  Le président a choisi de radicaliser son discours : il n'était pas question de négocier. Lire la suite sur www.ebuteli.org
Après une année de déploiement, les forces de la Communauté  de l’Afrique de l’Est (EAC) ont quitté le territoire congolais suite au non renouvellement de leur mandat par le gouvernement congolais. Ce dernier reprochait à ces forces de n’être pas assez offensives contre  le Mouvement du 23 mars (M23). Le président congolais, Félix Tshisekedi, les a même accusés de cohabiter avec les rebelles du M23.C’est pour remplacer ces forces que Kinshasa a négocié le déploiement de la force de la communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) dont le premier contingent est arrivé à Goma le 27 décembre 2023. Cette force s’ajoute aux  sociétés militaires privées et aux groupes armés locaux communément appelés Wazalendo (traduisez en français patriote) qui sont en appui aux Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).Le remplacement de la force de l’EAC par celle de la SADC va-t-il mettre fin à la crise sécuritaire liée à l’activisme du M23 ? Bonjour et bienvenue dans ce deuxième  épisode de la saison 4 de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) et d’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Agenonga Chober, chercheur principal pour les Uélé au sein du pilier violence d’Ebuteli. Nous sommes le vendredi 19 janvier 2024.Début décembre 2023, les contingents de la force régionale de l’EAC se sont retirés. Ils devraient être remplacés par la mission  de la SADC en RDC – (SAMIDRC) – qui, à terme, devrait être composée de contingents sud-africain, malawite et tanzanien.Pour l’instant, seule l’Afrique du Sud a déployé un contingent de 200 militaires environ, un déploiement qui ne fait pourtant pas consensus dans ce pays.  À ce contingent, d’autres pourraient s’ajouter d’ici fin janvier. Ayant un mandat offensif, selon les autorités militaires du Nord-Kivu, la force de la SADC est appelée à combattre les rebelles du M23 comme souhaité par le gouvernement de Kinshasa qui a exclu toute négociation avec le M23. La SAMIDRC réussira-t-elle à démanteler le M23 et à restaurer la paix à l’est de la RDC  ? En 2013, c’est avec l’appui de la SADC à travers la brigade d’intervention de la Monusco que le M23 fut maîtrisé. Mais la donne  a changé .Pour l’instant, la force de la SADC ne bénéficie ni du mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies, ni de ses moyens.Lire la suite sur www.ebuteli.org
Ce premier épisode de Po Na GEC de 2024 est une bonne occasion de commenter les élections qui viennent de se dérouler. Quelle a été leur crédibilité et quels en ont été les principaux résultats ?C'est le début de la quatrième saison de Po Na GEC, capsule audio du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) et d'Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, qui tente chaque semaine d'éclairer un sujet d'actualité en RDC. Je suis Jason Stearns, directeur du GEC. Nous sommes le vendredi 12 janvier 2024.Il y a eu aussi des aspects positifs de ce processus électoral : il n'y a pas eu de coupure d'Internet, comme lors des élections précédentes, et les candidats de tous bords ont pu se déplacer et tenir des meetings relativement librement pendant la campagne électorale proprement dite – mais beaucoup moins pendant la période qui l'a précédée. La commission électorale nationale indépendante (Ceni) a publié les résultats des élections présidentielles sur son site web jusqu'au niveau des bureaux de vote, ce qui n'avait pas été fait lors des dernières élections, et elle a retransmis des mises à jours régulières des décomptes des voix sur un écran géant pour l'élection présidentielle dans son centre Bosolo à Kinshasa.  Cependant, ces élections ont aussi exposé de nombreuses lacunes logistiques. Elles ont en outre été entachées d'irrégularités et des graves allégations de fraude, de bourrage d’urne en particulier dans certaines parties du pays. La Ceni n'a pas déployé à temps les matériels sensibles y compris les machines à voter et les PV dans chacun des 75 000 bureaux de vote, ce qui a entraîné la confusion et le désordre dans certains endroits. La plus grande mission d'observation des élections, envoyée par l'Église catholique et l'Église du Christ au Congo, a rapporté que dans 551 bureaux de vote (6 % des bureaux observés), des bagarres ont éclaté, souvent parce que les électeurs étaient fatigués d'avoir attendu pendant des heures ou parce qu'ils ne trouvaient pas leurs noms sur les listes électorales. Dans 3 % des cas, des bourrages d'urnes ou des achats de voix ont été observés, et dans environ un quart des endroits, les dispositifs électroniques de vote, anciennes machines à voter, sont tombées en panne. SYMOCEL, une mission d'observation, a rapporté que 58 % des bureaux de vote ont ouvert tardivement et 13% n'ont simplement pas ouvert du tout. En fin de compte, cette confusion a probablement contribué à une faible participation : seuls 43 % des électeurs inscrits ont pu voter, le taux le plus bas jamais atteint. Lire la suite sur www.ebuteli.org
Si les élections ont effectivement eu lieu le 20 décembre malgré les incertitudes, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et la classe politique congolaise ont manqué une occasion cruciale de renforcer la confiance des citoyens dans le processus électoral. Après trois scrutins controversés, ces élections, les premières depuis la passation pacifique du pouvoir de 2019, devaient symboliser un progrès démocratique majeur pour les Congolais. Cependant, elles ont été entachées par de nombreuses irrégularités, soulevant des doutes quant à leur intégrité. Quelles leçons en tirer?Bonjour et bienvenue dans ce 50e et dernier épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) de l’Université de New York et d’Ebuteli, qui cherche à éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Jacques Mukena, chercheur principal en gouvernance à Ebuteli. Nous sommes le vendredi 22 décembre 2023.Le 20 décembre, dès l’aube, les électeurs ont afflué en masse dans les centres de vote à travers le pays, déterminés à exercer leur droit de vote malgré les incertitudes persistantes, jusqu’à la veille, sur un éventuel report du scrutin. La Ceni, présidée par Denis Kadima, a ignoré les appels à un audit indépendant du fichier électoral, une démarche qui aurait pu renforcer la confiance dans le processus. De même, la Ceni n’a pas suffisamment pris en compte les enjeux logistiques, refusant de reporter, même brièvement, les élections pour permettre une meilleure préparation et un déploiement adéquat du matériel de vote. Cette décision rigide de s’en tenir strictement à son calendrier a entraîné une série de complications inattendues pour les électeurs : les retards dans l’ouverture des bureaux de votes, absence d’équipements dans les bureaux de votes ou, dans d’autres cas, présence du personnel de la Ceni mais sans matériel nécessaire, des dispositifs de vote dysfonctionnels et des listes électorales incomplètes. Bien consciente des défis logistiques, la Ceni a maintenu la date des élections, tout en précisant que le déploiement du matériel se poursuivrait même le jour du vote. Normalement dans une logique dictée par la crédibilité du processus, ces contraintes auraient objectivement justifié un report des élections, mais, malgré la brèche ouverte de certains candidats à la présidentielle concernant les irrégularités du processus électoral en cours,  la date du 20 décembre a été maintenue. Cette décision reflète un choix assumé de privilégier le respect du calendrier électoral établi, quitte à négliger les aspects qualitatifs et les exigences de fiabilité du processus électoral.Après le scrutin, une série de déclarations politiques, à la fois prévisibles et familières, a été entendue. Dès la nuit du 20 décembre, cinq candidats présidentiels, dont Martin Fayulu et Denis Mukwege, ont appelé à la réorganisation des élections. De son côté, Moïse Katumbi appelle à une mobilisation générale en cas de proclamation d’un autre vainqueur que lui. Le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, bien qu’ayant boycotté le scrutin, accuse le président sortant Tshisekedi d’être responsable des irrégularités et appelle à la mobilisation populaire. Pendant ce temps, le gouvernement se félicite du respect des délais constitutionnels, minimisant les irrégularités observées comme faisant partie intégrante de tout processus électoral.Mais qu’en est-il du peuple au milieu de ces controverses politiques ? En dépit des imperfections et des retards, une grande partie des électeurs a montré un engagement remarquable, certains restant dans les files d’attente jusqu’à tard dans la nuit, voire jusqu’au lendemain, pour exercer leur droit de vote. Ceci souligne non seulement leur désir de participer activement au processus démocratique, mais aussi leur souhait de voir les acquis démocratiques préservés et renforcés. Lire la suite sur www.ebuteli.org
En RDC, l’élection présidentielle doit se tenir mercredi prochain, le 20 décembre. Aujourd’hui moins d’une semaine avant le scrutin, Joëlle Bile, l’une des deux seules femmes à s’être présentée, se retire et annonce son soutien au candidat président, Félix Tshisekedi. Sur les 20 candidatures restantes, seulement une femme, Marie-Josée Ifoku, résiste. Mais, quels sont les défis pour une femme candidate à l’élection présidentielle en RDC ? Bonjour et bienvenue dans ce 49e épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) de l’Université de New York et d’Ebuteli, qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Alice Viollet, responsable de programme du Groupe d’étude sur le Congo. Nous sommes le vendredi 15 décembre 2023. Aujourd’hui, nous faisons une rétrospective des candidatures féminines à la présidentielle en RDC. Tout d’abord, qui est Joëlle Bile, deuxième femme inscrite sur la liste de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), qui vient de se retirer ? Joëlle Bile a travaillé comme journaliste pour plusieurs médias internationaux pendant 15 ans. Elle s’est ensuite tournée vers la communication. Candidate à l'investiture de la plateforme de la société civile Alternative pour un Congo nouveau, elle est battue par Floribert Anzuluni. Joëlle Bile se présente néanmoins à l'élection présidentielle. Sa candidature n’a pas été réceptionnée par la Ceni dans un premier temps, mais la décision a été retournée par la Cour constitutionnelle, le 30 octobre. Ce vendredi, le 15 décembre, elle se retire de la course à la présidentielle au profit du président sortant, Félix Tshisekedi afin de « consolider les acquis » « tout en préservant [la] souveraineté nationale ». L’unique candidate désormais en lice, c’est Marie-Josée Ifoku. Elle a poursuivi des études universitaires en administration en France et au Canada. Elle retourne en RDC en 2004. En 2018, elle se présente une première fois à l’élection présidentielle en RDC. Elle préside le parti Alliance des élites pour un nouveau Congo. Son programme s'articule autour du concept de la « kombolisation » (du lingala kombo, le balai en français), qui vise le nettoyage du pays des antivaleurs qui le gangrènent. Les nombreux obstacles rencontrés pour une femme candidate ont été abordés lors d'une discussion sur la participation des femmes dans les processus électoraux en RDC, organisée en octobre dernier par Ebuteli et le GEC, réunissant près d’une vingtaine de femmes et d’hommes activistes des droits de femmes, candidats, chercheurs, journalistes, bloggeuses, membres de la société civile spécialisés dans l’éducation civique et électorale. D'abord, la question de la maturité politique des femmes est soulevée, certains doutant de leur capacité à s'engager en politique. De plus, la prédominance des hommes au sein des partis politiques pose un défi, ces derniers occupant principalement des postes de décision, laissant souvent les femmes limitées à des rôles de mobilisation. Le défi financier pour mener une campagne électorale est également important, avec des coûts très élevés pour la précampagne et la campagne électorale. Cela a incité certaines candidates à se retirer de la course. Enfin, la conciliation entre les responsabilités personnelles et politiques est un défi supplémentaire pour les femmes candidates. Les chiffres confirment les doutes des congolais sur les candidatures féminines. Selon un sondage mené entre avril et mai 2022 par le GEC et Ebuteli, avec le Bureau d’études, de recherche et de consulting international (Berci), même si près de deux Congolais sur trois estiment qu'il faudrait que le gouvernement mette en œuvre la  parité entre hommes et femmes dans les institutions de la République à tous les niveaux, à la question « Jusqu’à quel point soutenez-vous les femmes qui servent l’État au poste de Présidente de la République », seuls 32% ont répondu par l'affirmative. Lire la suite sur www.ebuteli.org
Le 29 novembre 2023, l’Union européenne a décidé d’annuler sa mission d’observation électorale en raison d’un désaccord avec le gouvernement congolais autour du déploiement des équipements de communication de la mission. Cet incident vient s’ajouter à une série de controverses qui entourent un processus électoral déjà fortement critiqué. Que nous inspire cette décision de l’UE et quel impact aura-t-elle sur le déroulement des élections ? Bonjour ! Je m’appelle Chimène Popoli. Je suis fellow à Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Nous sommes le vendredi 8 décembre 2023. Vous écoutez le 48e épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui éclaire, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. La dernière mission d’observation électorale en RDC remonte à 2011. Lors des élections de 2018, le régime de Joseph Kabila n’avait pas autorisé le déploiement des missions internationales d’observation électorale, dans un contexte de détérioration des relations avec l’UE.  L’ambassadeur de l’UE avait été expulsé et la Maison Schengen fermée sur décision du gouvernement congolais. Aujourd’hui, les relations entre le pouvoir de Félix Tshisekedi et l’UE ne sont pas non plus au beau fixe. La Délégation de l’UE en RDC n’a pas toujours de nouvel ambassadeur depuis le départ, il y a quatre mois, de Jean-Marc Châtaigner. Ce dernier était longtemps soupçonné par l’entourage du chef de l’État d’être trop proche de l’opposant Moïse Katumbi. Nicolas Berlanga Martinez, successeur de Châtaigner, vient à peine d’arriver à Kinshasa et attend désormais de présenter ses lettres de créances au chef de l’État congolais, après avoir obtenu, enfin, l’agrément du ministère des Affaires étrangères. Malgré tout, Kinshasa a invité la mission d’observation électorale de l’UE. Mais les services de sécurité ont intercepté certains matériels et équipements de communication nécessaires à la mission pour son déploiement en provinces. Après l’échéance de trois ultimatums, Bruxelles a alors estimé, le mercredi 29 novembre, que « ce n’est désormais plus possible de déployer ses 42 observateurs à long terme ». En coulisses, cette décision vient conforter la position du cabinet de Josep Borell, chef de la diplomatie de l’UE, dont la conseillère Afrique, Maud Arnould, « n’a jamais voulu » de cette mission d’observation européenne en RDC, croit savoir une source diplomatique occidentale basée à Kinshasa. De l’autre côté, les autorités congolaises, loin des regrets officiels, ont prétendu que certaines machines de la mission d’observation de l’UE pouvaient favoriser « le piratage d’un système informatique existant ». Ce qui aurait fait craindre aux services une éventuelle « infiltration » du système informatique de la Commission électorale nationale indépendante. Ces craintes ne sont cependant pas nouvelles face aux initiatives extérieures destinées à contribuer à la transparence des élections en cours. En mai de cette année, invitée pour auditer le fichier électoral, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) avait également renoncé à cette mission sur fond de suspicions de connivence, alimentées par Kinshasa, entre les experts de l’OIF et la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la tête de l’organisation. L’audit du fichier finalement réalisé par les experts choisis par la Ceni continue d'être l’objet de controverse. Et il n’est pas mal indiqué de penser que ce couac entre le gouvernement et l’UE renforce la méfiance autour de ce processus électoral dont la transparence est déjà critiquée par une partie de la société civile et de l’opposition. Lire la suite sur www.ebuteli.org
Sur les 18 points du communiqué final du sommet de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), le 24 novembre dernier, un seul concernait sa force régionale, présente dans l’est de la RDC. Sur ce point, on apprenait que Kinshasa avait refusé de renouveler le mandat de cette force, qui expire le 8 décembre. Cependant, ce refus soulève plus de questions qu’il n’en résout. Le plus grand flou demeure, en effet, sur le calendrier de ce départ, et l’impact qu’il pourrait avoir sur le terrain. Bonjour et bienvenue dans ce 47e épisode de la saison 3 de Po na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Pierre Boisselet, coordonnateur des recherches sur la violence à l’Institut Ebuteli, et cette semaine, nous nous intéressons au départ de la force régionale de l’EAC.  À peine plus d’un an après l’arrivée de ses premières troupes, cette force d’intervention, la première jamais mise sur pied par l’EAC, va donc bientôt se retrouver sans mandat. C’est ce qu’a fermement soutenu le vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Jean-Pierre Bemba, lors du sommet d’Arusha auquel il représentait la RDC. Aux yeux du gouvernement congolais, cette force est en fait rapidement devenue indésirable, notamment pour n’avoir jamais mis en œuvre son mandat initial, à savoir de forcer les groupes armés présents dans l’est de la RDC, dont le M23, à déposer les armes. La Force régionale de l’EAC a plutôt agi en tant que force d’interposition, gelant le conflit entre l’armée congolaise et le M23 en attendant d’éventuelles négociations avec celui-ci. Or ce dialogue n’a en réalité jamais été voulu par Kinshasa, pour qui le véritable responsable de cette situation est le Rwanda. L’approche de la Force régionale de l’EAC l’a en tout cas rapidement rendue impopulaire, en RDC. En pleine campagne électorale, son renouvellement aurait donc été politiquement délicat à gérer. Mais ce non-renouvellement du mandat n’a pas été véritablement programmé. L’EAC ne sera notamment pas en mesure, sur le plan logistique, de retirer toutes ses troupes d’ici le 8 décembre.  Surtout, la Communauté de développement de l’Afrique australe, ou SADC, en qui Kinshasa voit une alternative mieux à même de défendre ses intérêts, n’est pas prête à prendre le relai à cette date. On connaît certes les pays contributeurs de troupes pressentis pour cette mission : l’Afrique du Sud, le Malawi, et la Tanzanie. Mais pas encore son format précis. Surtout, le financement de cette nouvelle force, dont le budget est estimé par certaines sources à plus de 400 millions de dollars par an, n’est pas assuré. Ce point est particulièrement important alors que l’autre force de la SADC, déjà déployée au Mozambique, rencontre précisément de sérieuses difficultés financières. Signe de ces questions non résolues, les dirigeants de l’EAC, eux-mêmes divisés, n’ont pas totalement clarifié les prochaines étapes. Ils ont « décidé » d’une concertation entre les chefs d’État-major de l’EAC et de la SADC avant le 8 décembre. Le produit de cette réunion devrait être remis au prochain sommet de l’EAC pour considération. Toutefois, les dirigeants d’Afrique de l’Est n’ont pas qualité pour décider d’une réunion impliquant la SADC. Et pour l’instant, aucune date n’a été annoncée pour ce nouveau sommet.  Le flou demeure donc sur ce qu’il se passera, sur le terrain, après le 8 décembre. Les troupes kényanes et ougandaises, dont l’action est vue comme inefficace, voire ambigüe par Kinshasa, amorceront-elles un retrait ? Mais qui occupera leurs positions laissées vacantes, dont celles de Bunagana, Rutshuru-centre et Kibumba ? Le M23 semble en bonne posture pour occuper certaines d’entre elles. Le front, gelé à d’autres endroits, pourrait-il redevenir actif entre l’armée congolaise et le M23 ? Lire la suite sur www.ebuteli.org
Réunis à Pretoria sous l’égide de l’ONG sud-africaine In Transformation Initiative (ITI), les représentants de cinq candidats de l’opposition politique sont parvenus, le 17 novembre, à mettre sur pied une feuille de route pour la constitution d’une plateforme électorale dénommée « Congo ya makasi ». Cette feuille de route comprend un programme commun de gouvernance et dégage les critères d’une candidature commune à la présidentielle de décembre. Une semaine plus tard, l’unité espérée semble incertaine. Quelle en serait l’incidence sur la présidentielle du 20 décembre ? Bonjour ! Je m’appelle Jean-Baptiste Bagula. Je suis fellow à Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Nous sommes le vendredi 24 novembre 2023. Vous écoutez le 46e épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio d'Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui éclaire, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Les travaux de Prétoria auraient pu constituer une bonne base pour l’opposition de proposer une candidature commune à la présidentielle. D’autant que, dans un contexte électoral à tour unique, le président de la République est élu à la majorité simple des suffrages exprimés. La désignation d’un candidat commun de l’opposition pouvait alors éviter la dispersion des voix et fédérer les forces en faveur du candidat désigné. Bien plus, elle pouvait permettre de mutualiser les moyens afin de mener une campagne électorale optimale dans un pays réputé continent. Les écueils de la classe politique congolaise n’ont pas permis d’atteindre cet objectif.  Les événements qui ont suivi les travaux de Pretoria le démontrent. Dès la clôture de ces discussions, la feuille de route conçue n’a pas reçu l’aval du candidat Martin Fayulu. Celui-ci a soutenu que  « ce qui prime, c’est d’abord la mise en place d’une large coalition afin de lutter contre les fraudes électorales et garantir la transparence des élections, préalablement à la question de candidature unique ». À l’heure où nous enregistrons cette capsule audio, seuls les candidats Matata Ponyo, Franck Diongo et Seth Kikuni se sont retirés de la course au profit de Moïse Katumbi, reconnaissant que « l'urgence d'une candidature unique de l'opposition s'impose comme la meilleure stratégie » pour faire face à ce qu’ils qualifient de « plan macabre [du pouvoir] contre l’avenir de notre nation ». Ils se regroupent ainsi derrière Moïse Katumbi qui, selon eux, est apparu, lors des tractations de Pretoria, comme le « candidat capable de conduire l’opposition vers la victoire ». Pour l’instant, le candidat Delly Sesanga poursuit l’élan de sa campagne électorale, sans se prononcer sur la question. Martin Fayulu et Denis Mukwege, dont les délégués ont pris part aux travaux de Pretoria, quant à eux, se sont montrés ensemble jeudi lors de la publication d’un communiqué conjoint annonçant une plainte contre le président de la Commission électorale nationale indépendante. Il semble acquis que l'opposition n'a pas réussi à concrétiser l'unité en vue de l'élection présidentielle imminente. Cependant, l'absence d'une candidature commune, bien que susceptible de fragmenter les votes de l'opposition, ne signifie pas nécessairement une défaite inévitable. Les résultats de l'élection précédente en 2018 ont démontré que l'opposition avait réussi à remporter la victoire contre le pouvoir sans présenter de candidature unique. À l'inverse, bien que l'unité autour d'une candidature commune puisse accroître les chances de succès, elle ne garantit pas automatiquement la victoire. La dynamique de la campagne électorale et la capacité des acteurs impliqués à surveiller le déroulement du processus de vote joueront un rôle tout aussi crucial. D’ici là, vous pouvez recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre téléphone, en envoyant « GEC »  ou « Ebuteli » au +243 894 110 542. À bientôt !
Contrairement à son premier discours sur l’état de la nation, c’est devant un congrès acquis que Félix Tshisekedi s’est acquitté de son devoir constitutionnel. Durant près de deux heures et demie, le président candidat a dressé un bilan plutôt positif de ses réalisations durant son premier mandat. Est-ce justifié ? Bonjour ! Je m’appelle Fred Bauma. Je suis directeur exécutif de Ebuteli. Nous sommes le vendredi 17 novembre 2023. Vous écoutez le 45e épisode de la saison 3 de Po Na GEC. Dans son discours de prestation de serment le 24 février 2019, Félix Tshisekedi, l’opposant devenu président, annonçait huit grandes priorités de son gouvernement. Ces priorités allaient de la pacification du pays, à la lutte contre la pauvreté, en passant par la lutte contre la corruption, la refondation de l’État de droit, la promotion d’une presse libre, et la construction d’infrastructures. Cinq ans plus tard, et alors que la campagne électorale débute dans 48 heures, le dernier discours sur l’état de la nation du président revient sur ces différentes priorités. Pendant près de la moitié de son discours, Félix Tshisekedi a abordé les actions entreprises pour résoudre les conflits dans plusieurs parties du pays, réformer la justice et promouvoir la décentralisation. Trois thèmes importants pour lesquels le président a consacré des efforts importants mais où les résultats se font encore attendre. Le président est revenu avec raison sur ses efforts dans la réforme de l’armée. Sous Tshisekedi, la République s’est dotée d’une politique de défense, d’une loi sur la réserve armée de la défense et d’une loi de programmation militaire. Les dépenses de l’armée ont augmenté significativement, atteignant près d’un milliard de dollar américain en 2022. Plusieurs milliers des jeunes recrues au sein de l’armée ont été formées ou sont en cours de formation. L’état de siège a été proclamé dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Le président a, en outre, mis en place du Programme de démobilisation, désarmement et relèvement communautaire et stabilisation, PDDRC-S. Enfin, plusieurs efforts régionaux ont été entrepris pour faciliter la fin des conflits dans la région. Cependant, à la veille des élections, ces différentes initiatives peinent à montrer leurs effets. La crise sécuritaire s’est étendue dans des cités jadis relativement pacifiées tandis que le nombre de déplacés internes a augmenté drastiquement atteignant des pics historiques jamais atteint depuis 2006. Aussi, malgré l’investissement dans l’armée, cette dernière reste dépendante de l’intervention extérieure, comme le démontre la présence des contractants militaires privés dans l’est de la RDC, ou encore le recours répétitif aux missions régionales comme la force régionale est-africaine, et la force de la SADC  annoncée par Félix Tshisekedi. Enfin, le PDDRC-S, porteur d’espoir pour la démobilisation, tarde encore à être fonctionnel. Les dynamiques de démobilisation massive des groupes armés observées au début du mandat de Félix Tshisekedi ont cédé la place à une forte militarisation des milices locales sous forme « patriotes résistants », autrement appelé « wazalendo ». Les résultats de la réforme de la justice et la a dans le bilan de Félix Tshisekedi ne semblent pas aussi éclatants que le suggère le discours de Félix Tshisekedi. Sur la justice, sous Tshisekedi, 5000 magistrats ont effectivement été recrutés et des actions disciplinaires ont été entreprises contre d’autres magistrats. Cependant, les traitements de nombreux procès symboliques donnent l’impression d’une mainmise du politique sur la justice,  pratique pourtant décriée par le président. Dans un échange avec les Congolais en juillet de cette année, le président reconnaissait lui-même les limites de ses actions sur la justice : « S’il y a un bémol à mettre sur mon bilan, je ne suis pas satisfait du bilan dans le domaine de la justice.» Lire la suite sur www.ebuteli.org
À moins de deux semaines du lancement officiel de la campagne électorale, le cortège de Martin Fayulu, opposant au régime de Félix Tshisekedi et candidat à la présidentielle du 20 décembre, a essuyé des jets de pierres à Tshikapa, dans la province du Kasaï. Ce nouvel incident dans la région du grand Kasaï, fief du président Tshisekedi, s'inscrit dans une série d'actes similaires. Fin juillet, Delly Sesanga, opposant et candidat à la présidentielle de décembre 2023, avait déjà subi le même sort à Kananga. Que faire pour que ces actes de violence ne dégénèrent et n'embrasent le pays durant la campagne électorale ? Bonjour ! Je m’appelle Gamée Manzia. Je suis fellow à Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Nous sommes le vendredi 10 novembre 2023. Vous écoutez le 44e épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio d'Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui éclaire, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Depuis le début, le processus électoral en cours connaît des frictions.  D’abord, entre acteurs politiques de premiers plans, ensuite, entre les sympathisants des formations politiques et des organisations de la société civile adversaires. Il y a eu en effet des tensions autour de la désignation des membres de la Cour constitutionnelle, de la Ceni, voire autour des réformes électorales. Et plus on approche de la tenue des élections, plus ces tensions augmentent. Depuis la répression de la marche de l’opposition du 20 mai 2023, les actes et discours violents n'ont cessé de se multiplier dans plusieurs coins du pays. Arrestations de journalistes, restrictions de mouvements des candidats, jets de pierres, discours de haine, propos incendiaires sur les médias et réseaux sociaux, … Tout ceci corrobore de nombreuses études qui ont alerté sur les risques de violence au cours de ce processus électoral. Les acteurs de cette violence sont divers et se retrouvent dans tous les états majors des partis politiques. À plusieurs reprises, certaines prises de position du président Tshisekedi pouvaient être interprétées comme susceptibles d’encourager la violence. Par exemple, à Mbuji Mayi le 24 juin, il a déclaré qu’il s’« m'attaquerai[t]sans hésitation et sans remords, à tout Congolais qui mettrait en danger la sécurité et la stabilité de notre pays.» Et il a ajouté : « Peu importe ce qu’on en dira, violation des droits de l’homme ou privation de liberté (...)».  Le 23 octobre 2023, à Lubumbashi, l’opposant Moïse Katumbi a, lors d’un meeting, menacé de donner un « butshetshe » (Traduisez coup de tête) à ceux qui « tenteront de freiner l’élan démocratique ». Du côté de la société civile, au mois de septembre, lors de son passage sur la radio Top Congo, Monseigneur Donatien Nshole a soutenu que « la Ceni crée un environnement favorable à une révolution (...) ». Et d’ajouter : « Je ne serai pas surpris qu'après la publication des résultats, nous puissions vivre une crise que tout le pays regrettera. » Propos qui ont été interprétés par le camp Tshisekedi comme une incitation à un coup d’État militaire. Alors, comment arriver à la désescalade ? Tous les acteurs politiques et sociaux doivent être conscients que leurs discours peuvent, selon les cas, embraser le pays ou prévenir les violences. Ainsi, ils doivent s’abstenir d’inciter à la violence et, en même temps, la condamner. La condamnation des récentes attaques contre Fayulu par le président Tshisekedi via sa porte-parole va dans la bonne direction. Lire encore plus loin sur www.congoresearchgroup.org
Le 19 octobre dernier, le chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi, a remplacé  les animateurs de la coordination nationale du Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS). L’abbé Jean-Bosco Bahala prend   désormais la tête de ce programme en remplacement de Tommy Tambwe, nommé en  août 2021. Cette décision est intervenue dans le contexte marqué par une crise de confiance des bailleurs de fonds et des parties prenantes au processus de désarmement vis-à-vis des responsables du P-DDRCS et le dysfonctionnement au sein de ce programme. Le remaniement opéré par le chef de l’ État suffira-t-il à redorer son blason ?
Cette semaine, l’Assemblée nationale a adopté, en première lecture, le projet de loi des finances 2024. Ce projet fixe le budget de la RDC à 16 milliards de dollars américains, avec une hausse de 24,7 % par rapport à celui de 2023, selon Sama Lukonde, Premier ministre congolais. Est-ce un budget qui améliorera les conditions socio-économiques de la population ? Bonjour et bienvenue à ce 42e épisode de saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio d’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) de l’université de New York. Je suis Ange Makadi Ngoy, chercheuse au sein d‘Ebuteli. Nous sommes le vendredi 27 octobre 2023. Lors de son examen et adoption, les députés nationaux ont voté, en bloc, de manière rituelle le budget de l'exercice 2024. Cette année, il se chiffre à 16 milliards de dollars américains. Les dépenses prévues seront accordées en priorité à la sécurisation du pays et aux secteurs sociaux et porteurs de croissance en vue de la diversification de l’économie nationale. Qu'en est-il dans les faits ? Le constat est simple. Le budget de la RDC a connu une augmentation significative entre 2019 et 2023. En 2020, le pays avait un budget de près de 10 milliards de dollars américains et de 14 milliards en 2023. Ce qui matérialise le discours du président de la République Félix Tshisekedi du 13 décembre 2019 sur l’état de la nation : « Comment les gens peuvent-ils s’étonner que le gouvernement propose un budget de 10 milliards de dollars avec 80 millions de Congolais ? » s'interrogeait-il. Dans le projet de budget 2024, les prévisions adoptées sont relativement bien réparties entre les dépenses de fonctionnement (49,7 %) et celles d’investissement (50,3 %) sachant tout de même que les frais de fonctionnement sont majoritairement consommés par les responsables de services. Les dépenses des équipements englobent une bonne partie du budget 2024 (34,4 %) tandis que celles du personnel sont de 23,6 % qui prennent en charge les nouvelles recrues de l’armée, de la police et de la magistrature. Une tendance inverse par rapport au budget 2023.  Le reste est partagé entre la dette publique (3,1 %), les frais financiers (0,6 %), les biens et matériels (1,2 %), les transferts et interventions de l’État (18,8 %), les constructions, réfections et réhabilitations (15,3 %). Pour le programme de développement local des 145 territoires, qui vise à enclencher le développement à la base, près de 755 milliards de francs congolais sont alloués. Ce qui équivaut à environ 299 millions de dollars américains, soit 2,7 % du budget global alloué à ce programme. En comparaison avec le budget de 2023, on constate que ce programme a reçu moins de fonds. Un exemple marquant de cette disparité budgétaire se trouve dans le territoire de Kazumba. Dans le budget de 2024, ce territoire n'a reçu que moins de 5 milliards de francs congolais contre 6 milliards de francs congolais alloués en 2023, selon les crédits alloués aux projets dans l’ annexe XXI. Une situation similaire prévaut dans les territoires de Bumba et Punia. Cette situation met en évidence une allocation budgétaire insuffisante pour soutenir le développement local dans certains territoires. Quelle est la part du secteur de la santé, de l'agriculture et de l'enseignement ? Sur papier, on constate une part plus ou moins importante dans le budget de la santé publique et de l’enseignement primaire de cinq mille milliards et six mille milliards de francs congolais, respectivement. Cela peut s’expliquer par la volonté de continuer de mettre en  œuvre le programme ambitieux comme celui de la gratuité de l'enseignement et de la maternité.   L‘agriculture reçoit, quant à elle, des crédits de près de deux mille milliards  de francs congolais. Cela dépasse le budget de la présidence de la République, de l’Assemblée nationale pris séparément.
« J’ai pris la ferme résolution de conduire, ‘sans atermoiements funestes, mais sans précipitation inconsidérée’, les populations des provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu vers un allégement progressif et graduel du régime de restriction de l’état de siège ». C’est ce qu’a déclaré le président Félix-Antoine Tshisekedi le jeudi 12 octobre, lors de son adresse à la nation. Après deux ans d’état de siège, qui n’ont pas permis de rétablir la sécurité dans l’est de la RDC, le chef de l’État a donc annoncé une requalification de sa mesure. En quoi consiste exactement sa décision ? À deux mois du scrutin présidentiel, peut-il espérer en tirer un bénéfice électoral ? Bonjour ! Je m’appelle Henry-Pacifique Mayala. Je suis le coordonnateur du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST). Vous écoutez le 41e épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New-York. Nous sommes le vendredi 20 octobre 2023 et cette semaine, nous analysons l’annonce de l’allègement de l’état de siège par le président de la République. Cette mesure d’exception, inédite depuis au moins deux décennies, avait été décidée par le chef de l’État lui-même en mai 2021. Elle était supposée rétablir la paix dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, les plus touchées par les violences des groupes armés dans le pays. L’état de siège consistait essentiellement en une restriction de certaines libertés fondamentales et un remplacement des autorités civiles par des autorités militaires et policières. Mais cela n’a pas permis d’améliorer la situation sécuritaire. Pire : au fil du temps, la mesure est devenue de moins en moins populaire, en particulier dans les provinces concernées. Conscient de cette défiance grandissante, le président a décidé de la tenue d’une table ronde réunissant les élus des provinces concernées et des forces vives de la nation, mi-août. Les participants ont recommandé une levée de l’état de siège. Cette exhortation pouvait représenter un désaveu pour cette mesure emblématique de la présidence Tshisekedi. Le chef de l’État n’a en tout cas pas suivi cette recommandation. Après deux mois de réflexion, il a finalement annoncé une mesure présentée comme intermédiaire : celle d’une requalification de l’état de siège. Mais, il est difficile de voir en quoi cette décision consiste exactement. La levée du couvre-feu, ou encore le rétablissement partiel des juridictions civiles, annoncées comme des nouveautés, avaient en réalité été déjà décrétées depuis plus d’un an. La remise en place des autorités civiles qui a été annoncée, ne sera que graduelle et aucun calendrier n’a été précisé. Au-delà de l’effet d’annonce, qui pourrait viser obtenir un regain de sympathie auprès des populations, une des rares mesures réellement nouvelles est la décision de payer immédiatement les deux années d’arriérés des émoluments aux élus provinciaux, qui avaient été suspendus par l’état de siège. Les arriérés des émoluments pour les députés provinciaux ne sont d’ailleurs pas spécifiques aux seuls élus du Nord-Kivu et de l’Ituri. Ceux des 24 autres provinces continuent de faire de sit in à Kinshasa pour réclamer paiements. Ces décaissements devraient permettre aux élus de ces provinces d’investir dans leur campagne électorale, qui doit commencer le mois prochain. Le chef de l’État, qui remettra également en jeu son mandat, espère, peut-être, que les élus lui seront reconnaissants. Vous pouvez rejoindre notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » ou « Ebuteli », au +243 894 110 542 pour recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre téléphone. A bientôt !
« En lieu et place d’un affichage, la consultation des listes provisoires des électeurs se fera auprès d’un agent appelé « préposé à l’affichage » affecté à cette tâche au niveau de chaque antenne de la Ceni ». C’est la décision prise par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et rendue publique le lundi 9 octobre.  Comment comprendre cette mesure dans un contexte pré-électoral marqué par le manque de confiance envers la Ceni et le processus électoral en général ?
Il ne reste plus que deux jours avant la clôture du dépôt des candidatures à l'élection présidentielle, prévue le 20 décembre de cette année. À l’heure de l’enregistrement, le vendredi 6 octobre à 17 heures de Kinshasa, 13 candidats avaient déjà déposé leurs candidatures. Celle du chef de l’État, Félix Tshisekedi, est encore attendue. Comment le paysage politique se dessine-t-il à travers les candidats désormais en lice pour la présidence ? Bonjour ! Je m’appelle Joshua Walker. Je suis le directeur de programme du Groupe d’étude sur le Congo. Nous sommes le vendredi 6 octobre. Vous écoutez le 39e épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Les contours de l'élection présidentielle de cette année commencent finalement à se dessiner. Si le président Félix Tshisekedi n’a pas encore officiellement déposé sa candidature, il a déjà été investi le 1er octobre comme candidat officiel de l’Union sacrée de la nation (USN). Qui sont les autres candidats importants ? Il y a d’abord Moïse Katumbi, homme d’affaires et ancien gouverneur de l’ex province du Katanga. En 2018, il a été exclu de la présidentielle. Cette année, la proposition de loi dite « Tshiani » –qui vise à interdire à tout Congolais pas né d’un père et d’une mère congolais de devenir président, qui pourrait l'exclure –n’a toujours pas été examinée par l’Assemblée nationale. Bien qu’il ait multiplié récemment des tournées de redynamisation de son parti politique, Ensemble pour la République, Katumbi pourrait surtout s'appuyer sur des relais au sein des regroupements politiques dont il est proche pour essayer de rivaliser avec la grosse machine électorale de l'USN. La présence du docteur Denis Mukwege, désormais aussi candidat, risque de changer les calculs. D’abord, il n’a jamais formellement participé à la politique, à la différence des autres candidats majeurs. Inscrit comme candidat indépendant, il bénéficie toutefois du soutien du regroupement politique Alliance des Congolais pour la refondation de la nation (ACRN). Réputé mondialement grâce à son activisme contre les violences sexuelles et ses nombreux prix et distinctions dont le prix Nobel de la paix de 2018, le docteur Mukwege attirera nécessairement une attention de l’étranger sur la transparence et la crédibilité du processus électoral en RDC. Ceci a déjà commencé avec la forte médiatisation à l’échelle internationale de sa candidature. Si sa renommée internationale pourrait constituer un atout pour sa candidature, son défi sera de pouvoir monter une mobilisation en RDC à la même échelle que sa réputation à l’étranger. Pour sa part, l’ancien candidat malheureux de 2018, Martin Fayulu, a aussi déposé sa candidature pour le scrutin de 2023. Mais son entrée semble contredire sa position de ne pas déposer les candidatures de ses partisans aux législatives, provinciales et municipales suite au refus de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de procéder à un audit crédible, selon lui, du fichier électoral. Il compte sur sa popularité à Kinshasa et dans certaines autres provinces, mais sa posture sur le processus électoral semble avoir fragilisé sa coalition. Martin Fayulu n’est pas le seul à candidater à la présidentielle sans candidats aux autres élections. Le parti de Marie-José Ifoku, la seule femme jusque là dans cette course, n’a pas non plus présenté de listes à ces autres élections. Lire la suite sur www.congoresearchgroup.org
Le 16 septembre, le général Peter Cirimwami a été nommé gouverneur intérimaire du Nord-Kivu. Cette décision est intervenue après le rappel à Kinshasa du général Constant Ndima qui occupait ce poste depuis plus de deux ans. Comment comprendre cette nomination au moment où une décision du président de la République est attendue sur une possible levée de l’état de siège ? Bonjour et bienvenue dans ce 38e épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), centre de recherche de l’Université de New-York, et d’Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC. Je suis Reagan Miviri, analyste sur la violence à Ebuteli. Deux raisons peuvent expliquer la nomination d’un nouveau gouverneur au Nord-Kivu : le massacre de plus de cinquante civils par les militaires à Goma le 30 août dernier et la volonté de donner un nouveau souffle aux opérations militaires. En effet, avec le tollé qu’a suscité le massacre, il était politiquement risqué de maintenir le gouverneur Ndima à son poste. Il a été rappelé à Kinshasa à l’issue de l'enquête  menée à Goma par la délégation conduite par le ministre de l'intérieur, Peter Kazadi. Sa possible responsabilité dans cet événement a été mentionnée pendant ladite enquête . En plus d’être gouverneur, il était en charge des opérations militaires au Nord-Kivu. Dans le procès en flagrance sur la tuerie qui se poursuit devant le tribunal militaire et la cour militaire du Nord-Kivu, certaines parties ont demandé sa comparution en tant que témoin ou renseignant à défaut de le voir comparaître comme prévenu.   Pour éviter un vide à la tête de la province, le gouvernement avait deux options : soit un intérim assuré par le vice-gouverneur policier, aux côtés de qui il aurait fallu nommer un militaire chef des opérations. Soit nommer un nouveau gouverneur militaire cumulant la fonction administrative et les opérations militaires. La première option a été envisagée avec la nomination du général Ychaligonza à la tête des opérations. Cependant, le gouvernement ne semblait pas satisfait..  C’est finalement le général Peter Cirimwami qui a été nommé  gouverneur militaire ad interim. Cet officier supérieur originaire du Sud-Kivu a commandé plusieurs opérations au Nord-Kivu depuis des années. Il était notamment commandant des Opérations Sokola I contre les ADF. Il a aussi combattu le M23 en 2012 et lors de la prise de Bunagana en 2022. L’une des premières actions du nouveau gouverneur a été de se rendre sur la ligne de front vers Kibumba puis à Mushaki dans le territoire de Masisi d’où il a annoncé le redéploiement des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) dans cette zone, où elles n’étaient plus présentes depuis le cessez-le-feu de février et l'arrivée du contingent burundais de la force régionale. De retour à Mushaki, les FARDC n’ont pas encore été impliquées dans des affrontements. Cependant, le M23 n’est pas loin et les risques d’accrochages ont augmenté. Le gouverneur Cirimwami a, de plus, réuni les leaders de plusieurs groupes armés à Mubambiro. Officiellement, il les a appelés à rejoindre le programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS). Néanmoins ces mêmes groupes ont combattu aux côtés des FARDC contre le M23 et l’armée rwandaise. Cela rend leur démobilisation incertaine tant que ce conflit est en cours. Au final, une reprise des affrontements directs entre FARDC et M23 paraît de plus en plus probable. Dans son discours à l’assemblée générale des Nations unies, le président Tshisekedi a écarté toute possibilité de dialoguer avec le M23. Ce mouvement rebelle pourrait essayer de perturber le déroulement des élections pour se faire entendre. Le ministre des Affaires étrangères a enfoncé le clou : si le M23 ne quitte pas Bunagana pour se pré-cantonner, il y aura des actions militaires, a-t-il affirmé.
À l'issue du sommet de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), le 21 avril 2022, les chefs d’États présents avaient décidé de la mise en place de pourparlers de paix entre le gouvernement de Kinshasa et les groupes armés actifs dans l’est du pays. À la suite de cette recommandation, une série de dialogues ont été organisés en 2022 à Nairobi sous les auspices d’Uhuru Kenyatta, l’ancien président kényan. Fin mai et début juin 2023, un autre dialogue réunissant quatre groupes armés de l’Ituri a été organisé sous la supervision du général Peter Cirimwami, alors commandant de la 32e région militaire de l’Ituri. À  la fin de chacun de ces pourparlers, les groupes armés ont non seulement accepté de renoncer aux violences, mais aussi d’adhérer au Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS). En dépit de ces engagements, sur le terrain, les violences se poursuivent.  Bonjour et bienvenue dans ce 37e épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo, qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Agenonga Chober, chercheur principal pour les Uélé. Nous sommes le vendredi 22 septembre 2023. Il faut rappeler que le processus de Nairobi a été organisé sur fond de la reprise des hostilités du Mouvement du 23 mars (M23). Mais, le gouvernement congolais a exclu des négociations directes avec le M23, tout en décidant de poursuivre le dialogue avec d’autres groupes armés. Lors de la troisième session de pourparlers, fin novembre -et début décembre 2022, une feuille de route pour ramener la paix dans l’est de la RDC et mettre en œuvre le PDDRC-S a été adoptée. Parmi les groupes armés représentés à ces pourparlers, trois venaient d’Ituri : la Force de résistance pacifique en Ituri (FRPI), la Force patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC) et la Coopérative pour le développement économique au Congo (Codeco). Ces trois groupes armés se sont engagés dans un autre dialogue de paix à Aru en Ituri fin mai 2023 où ils ont été rejoints par le Mouvement d’autodéfense populaire en Ituri (MAPI). Au terme de ce nouveau dialogue, ces groupes armés ont encore une fois accepté de cesser avec les hostilités, d’adhérer au processus DDR, de faciliter la libre circulation des personnes, de leurs biens, et le retour des personnes déplacées. Pourtant, quelques jours plus tard, au moins 46 déplacés du site de Lala en territoire de Djugu ont été massacrés par les rebelles de la Codeco qui poursuivaient les combattants de la milice rivale, Zaïre, qui s’y étaient retranchés. S’en ai suivi des représailles et contre représailles meurtrières de ces deux milices contre les civils.   Pourquoi, alors, les violences continuent-elles malgré les différents dialogues de paix ?  On peut d’abord relever que la crise du M23 a poussé le gouvernement congolais à dégarnir des positions militaires à Djugu pour renforcer les unités des FARDC au Nord-Kivu. Ceci semble avoir créé un vide sécuritaire que les rebelles actifs en Ituri ont cherché à combler pour à la fois percevoir des taxes et exploiter l’or, ce qui explique leur présence dans la zone minière située au Nord de Bunia en territoire de Djugu. Lire la suite sur www.congoreseachgroup.org
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