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ETLMSF : de l'info, des vidéos et du show, avec Marc de Boni

ETLMSF : de l'info, des vidéos et du show, avec Marc de Boni

mettre à jour: 2020-01-23
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Description

En janvier 2017, Marc de Boni et ses deux co-auteurs, son frère Fabrice et Axel Lattuada, sont tombés sur une pépite. Leur vidéo tournée dans une cave pour déconstruire le sexisme affiche... 1,5 million de vues en 2 jours ! L’aventure démarre vraiment avec l’arrivée d’un producteur, MIA, qui professionnalise les tournages.


Trois ans et une cinquantaine de vidéos plus tard, la chaîne Youtube Et tout le monde s’en fout allie divertissement et sujets très denses grâce au travail de recherche de Marc de Boni, le journaliste de la bande : le sexisme donc, le changement climatique, les neurosciences, la drogue, les émotions humaines...


Le succès est massif : un demi-million d’abonnés. 


Mais Youtube n’est plus la poule aux oeufs d’or et l’équipe peine encore pour en tirer des revenus. Et tout le monde s’en fout se transforme donc progressivement en une licence qui se décline. Deux livres sont sortis, un jeu est en préparation. Cet automne “ETLSF” est devenu un spectacle qui fait salle comble et démarre une tournée à travers la France. Avec toujours le même fil rouge : la question de la dissonnance cognitive.


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Pour aller plus loin : 




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Pour se repérer dans l'épisode : 


Passer de Youtube à la scène


Au théâtre, très clairement par rapport à l'écrit ou une vidéo, la transmission d'informations chiffrées, de statistiques, de choses comme ça, ce n'est pas forcément ce avec quoi les gens repartent. Par contre, on peut essayer de faire des démonstrations par l'exemple. Donc on a essayé de convertir un maximum d'infos qui sont des choses qu'on a pu bosser du côté des neurosciences, de la psycho, de l'info en général aussi sur l'écologie... On essaie de les traduire en fait très directement, soit en contact, en interaction, en objet, pour que ce soit physique. Pour que ça puisse créer une impressions différente et marquer de manière opérationnelle la mémoire des gens qui nous regardent.


Dans le monde du spectacle, la prise de risque est minime. Donc les YouTubeurs sont intéressants parce qu'on sait qu’il y a une sorte de public captif qui viendra. Donc oui, c'est rentable. Après, on ne roule pas sur l'or. Clairement pas. Mais ça nous permet quand même de compenser un peu ce que YouTube ne rapporte pas.


Il faut savoir que sur YouTube, on ne gagne quasiment rien, nous en particulier, Et tout le monde s'en fout parce qu'on n'a pas de pub.


Et tout le monde s’en fout, c’est de l’info ?


Ça dépend en fait ce qu'on appelle de l'information. Oui, c'est de l'information parce que l'information, c'est un émetteur, un récepteur et quelque chose qui est communiqué entre les deux. Donc l’information peut prendre plein de formes. C'est une histoire qu'on raconte. En tant que journaliste, je n'ai jamais rien fait d'autre que raconter des histoires. 


Le matériau sur lequel je travaillais quand j'étais journaliste au Figaro, ce “matériau du réel”, du monde qui nous entoure, et ce que j'ai mis dans ce spectacle, ce que nous avons mis, c'est exactement le même matériau. C'est le réel, c'est ce que nous vivons, c'est ce que produit la science comme recherche, c'est ce que le milieu écologiste peut faire remonter comme observations sur le climat. On travaille avec le même matériau. Après, ça ne me vaudra certainement pas une carte de presse, c'est sûr, et le format est un peu différent.


Pour Et tout le monde s'en fout, il y a un angle commun à tous les épisodes qui est la dissonance cognitive. C'est ça qui lie en fait la question du sexisme, la question de l'écologie...


Moi, mon chemin personnel en tant que journaliste, il a été lié à la vidéo quasiment tout de suite. Quand j'étais en école de journalisme, la vidéo sur Internet n'existait quasiment pas. C'était balbutiant. On était en 2008-2009, c'était vraiment un terrain d'expérimentation, de découvertes, un labo de recherche et développement. J'avoue que ça m'a fasciné parce que on avait l'impression que tout était permis. C'était un peu comme les radios pirates des années 80. Moi, je me destinais plutôt à l'écrit. Puis j'ai découvert ça à l'école. Ça m'a fasciné. Puis j'ai nourri un peu ce fantasme de faire de la vidéo. 


Je me suis dit que c'était aussi un moyen de trouver rapidement un emploi parce que, quand je suis sorti de l'école effectivement, il y avait plein de sites qui commençaient à se réveiller, à chercher des JRI multi-qualifiés, capables de faire du montage, capables de tout faire tous seuls, finalement, des YouTubeurs avec une carte de presse, pour créer leur chaîne vidéo. Donc j’ai commencé le journalisme par ça.


On s'est dit tiens, on va faire une vidéo qui parle aux garçons des femmes. Parce que c'est ça le ton du premier épisode : un gars qui parle aux autres garçons en leur disant attention, un jour, elles vont se rendre compte et ça va mal se passer. Au début, ils sont tous les deux. Ils font le premier épisode. Ils le mettent par hasard en ligne, en fait. Deux jours plus tard, ils l'envoient dans une boîte aux lettres de différents sites Internet: MadmoiZelle, Auféminin.com... Et deux jours plus tard, ils me passent un coup de fil. Je suis au boulot. Ils me disent : Marc, écoute, on a fait une vidéo et elle est à 1,5 millions de vues. Il faut qu'on fasse quelque chose. Mais c’'était sur le player de AuFéminin.com, je crois. Et du coup, moi étant professionnel de la vidéo, je me suis dit OK, on tient quelque chose. C'était un peu comme les chercheurs d'or du 19ème qui arrivent sur la rivière et nous tout de suite on shoote dans une pépite.


On part d'un thème qui est important pour nous, on en a 80 et plus comme je vous disais. Et après, on choisit un angle. On part avec cet angle. Moi, je pars pendant 10, 15 jours par sujet et je fais des recherches. Je produis un dossier de 10 à 20 pages de recherche selon les sujets, avec un vademecum de tout ce que la recherche a pu faire dessus. Comme on peut faire en journalisme pour un article magazine un peu fouillé, c'est ça. Et après, je livre une synthèse de ça à Fabrice et Axel, et on se propose une V1.


Aujourd’hui, sur Youtube, les pépites ne sont plus en or...


Il fut un temps où on pouvait à peu près convertir des vues YouTube en argent. Aujourd'hui, ce n'est plus du tout le cas. En fait, nous n'avons pas conçu ce projet pour en faire un gagne-pain. On l'a conçu pour en faire une vitrine. Je pense d'ailleurs que c'est une erreur stratégique qui est couramment produite aujourd'hui par les créateurs de contenus et par les grands médias. C'est l'idée que YouTube n'a pas changé depuis 2015 et qu'on peut encore trouver la pépite facilement dans la rivière. Aujourd'hui, quand on trouve la pépite, elle est plus en or.

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Techniquement, on peut offrir ce dont beaucoup d'agences de communication rêvent aujourd'hui. On a déjà une force de frappe d'audience massive parce que le nombre d'abonnés qu'on a, c'est autant de gens qui reçoivent un message personnalisé avec une vidéo à regarder. Ensuite, il y a aussi une facilité de communication auprès de certaines couches de population qui sont plus rétives à la com’ classique, qui est difficile à obtenir autrement que par une chaîne YouTube. 


On a donc le spectacle. On a fait deux livres aussi. Là, je viens de terminer la rédaction d'un jeu qui devrait sortir bientôt. Donc, on essaie effectivement de multiplier les sources de revenus. On repose aussi, il faut le dire beaucoup, sur le soutien de la communauté. On a la chance d'avoir une communauté de haute qualité qui est très présente sous forme de Teepee, sous forme de dons. On reçoit tous les mois plus de 2000 euros en moyenne. Après, ça dépend. Il y a des mois avec plus ou moins, mais c'est déjà très important. Moi, je n'aurais pas cru que ce soit possible. 


L’information, un acte politique


Pour moi, la production de l'information, d'où qu'on se trouve, c'est un acte politique avant tout qui qu’on soit, quelle que soit la méthode employée. C'est un acte politique au sens où c'est un acte qui change, qui impacte la société. Il y a des conséquences au fait de s'exprimer. Il y a une manière dont c’est reçu. Donc il y a un choix. Et puisqu'il y a transformation, il y a un acte politique. Je pense que c'est tabou. En fait, ça a été la règle complètement admise jusque jusqu'à l'apparition de la privatisation des grands médias, où s'est créé le besoin de trouver un dénominateur commun très large pour viser la ménagère moyenne de moins de 50 ans. Et à partir de ce moment là, on a inventé, à mon sens ce qu'on appelle le journalisme objectif qui se veut détenteur d'une vérité

-  [00:28:14


La dissonance cognitive à laquelle je n'ai pas réussi à me défaire, c'est celle d'être dans des énormes machines de médias qui ont des audiences toujours plus réduites et qui parlent en fait de plus en plus un milieu d'initiés.


J'ai l'impression qu'il y a une sorte d'abandon de la part de pas mal de grands médias, de la conquête du public. Et ça me fait mal au cœur. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai tenté l'aventure, entre guillemets, de fabriquer mon propre média. 


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