Cette semaine, entre tensions géopolitiques persistantes et politiques monétaires à l’arrêt, les marchés naviguent à vue, partagés entre prudence et attente de nouveaux signaux macroéconomiques. 🇺🇸 États-Unis Aux États-Unis, l'indice PCE Core est conforme au consensus à +2,90%, encore loin de la cible des +2,00% d'inflation, tandis que les tensions sur l'emploi persistent. Dans ce contexte, selon l’outil FedWatch du CME, la probabilité d’un statu quo de la Réserve fédérale le 26 janvier atteint 95%. Ce statu quo, qui ne satisfait pas les « dovish » avec Donald Trump à leur tête, pourrait ranimer les craintes autour de l'indépendance de la FED. En effet, les tensions subsistent avec Jerome Powell alors que le limogeage d’un ancien membre du conseil des gouverneurs de la FED est remis en cause en audience cette semaine. Sur le front géopolitique, les revirements de Donald Trump inquiètent. En effet, l’instauration puis l’annulation répétée de droits de douane illustrent une stratégie de pression de plus en plus assumée des États-Unis, alors que la question du Groenland revient au centre des discussions et alimente les tensions. Cette imprévisibilité, couplée à une violence verbale du président, isole Washington sur la scène internationale. En effet, au sommet de Davos qui se tient actuellement, la fragilité de l'alliance transatlantique n'a jamais été aussi marquée. Les États-Unis y apparaissent isolés face à une Europe exaspérée, qui pourrait souhaiter se détacher de son allié américain. Les réactions ne se font pas attendre, des fonds de pension suédois et danois commencent à vendre massivement les bons du trésor américain. Par conséquent, si le reste de l’Europe suit le pas, le continent pourrait disposer d’un levier de déstabilisation majeur, étant le premier créancier des États-Unis et donc un acteur clé de l’équilibre financier du pays de l’Oncle Sam. 🇪🇺 Europe Côté européen, l’inflation de décembre ralentit à +1,90% sur un an. Un signal encourageant pour la BCE, malgré les perspectives incertaines face aux différends avec les États-Unis. La présidente de la Banque centrale se montre confiante quant à la politique monétaire actuelle et entrevoit des perspectives de croissance à la hausse pour l’année 2026. Au Royaume-Uni, le contexte économique se détériore. La croissance du PIB reste fragile dans un environnement international tendu, tandis que le taux de chômage de novembre se maintient à +5,10%, son plus haut niveau depuis cinq ans. Dans le même temps, l’inflation repart légèrement à la hausse, à +3,40% en décembre après +3,20% en novembre, un chiffre supérieur aux attentes et éloigné de l’objectif de +2,00% de la Banque d’Angleterre. Il s’agit de la première accélération des prix depuis cinq mois, accentuant la pression sur la BOE.Pour la Banque d’Angleterre, l’équation se complique. La remontée de l’inflation réduit la marge de manœuvre monétaire, après une baisse de taux décidée en décembre, qui n’avait pas fait l’unanimité. Dans ce contexte, les marchés privilégient désormais un statu quo lors de la prochaine réunion du 5 février. 🇨🇳🇯🇵 Asie En Asie, la banque populaire de Chine, maintient ses taux directeurs inchangés pour le 8ème mois consécutif. Pour rappel, le gouvernement a mis en place plusieurs plans d'aide à la consommation depuis la fin d’année dernière. Si la demande intérieure ne s’améliorait toujours pas, l'institution pourrait être amenée à adopter une politique monétaire plus accommodante.En parallèle, la croissance du PIB en 2025 atteint +4,40% ce qui inférieur aux attentes, mais néanmoins considérable. Si la Chine garde son statut d'usine du monde, ses exports pourront lui permettre de préserver une forte croissance sans demande intérieure, surtout depuis que le pays se spécialise dans les secteurs de hautes technologies. Au Japon, la Banque Centrale a maintenu le statu quo comme le prévoyaient les marchés. Elle est aujourd’hui prise en étau puisque relever les taux ferait mécaniquement exploser le coût de la dette publique déjà proche de 260% du PIB, et accélérerait la contraction de la croissance. À l’inverse, baisser les taux relancerait une inflation non maîtrisée. Par conséquent, le Japon pourrait rester bloqué dans cette situation qui érode le pouvoir d'achat des ménages. 🛢️ Matières premières Côté matières premières, l’or inscrit de nouveaux records, portés par les tensions géopolitiques autour du Groenland et les menaces tarifaires américaines, reflet d’un positionnement toujours prudent des investisseurs. À l’inverse, le pétrole recule, l’Agence internationale de l’énergie anticipant une surproduction mondiale au premier trimestre, un facteur qui devrait maintenir les prix du baril sous pression.