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Author: JINS Podcast

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JINS, c’est le premier podcast sur la sexualité des personnes Arabes et/ou musulmanes de France. 100% indépendant, féministe, intersectionnel et inclusif.
Avec l’explosion des actes extrémistes, sexistes, islamophobes, racistes, LGBTphobes, il est urgent d’établir un climat de tolérance, de sortir du dogme et de rétablir la vérité.
Chaque semaine dans JINS (« sexe » en arabe), un∙e invité∙e d’exception déconstruira les stéréotypes, pour permettre à tou∙te∙s de mieux construire son identité, de mieux comprendre l’islam et de mieux accepter sa sexualité. 
42 Episodes
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Aujourd'hui, je vous propose un épisode hors du commun, comme on les aime dans JINS. Il va s’agir de croiser le contexte arabo-musulman avec une figure devenue essentielle dans les sociétés modernes : la drag queen. Une drag queen est un homme qui construit une identité féminine de manière exagérée, le temps d’un jeu de rôle. Il s’agit de forcer les traits féminins de façon théâtrale, par le maquillage, le costume, le chant, la danse, l’imitation de toutes les caractéristiques que le monde moderne accorde au féminin. Il ne s’agit que d’un travestissement, et non pas d’une indication sur l’orientation sexuelle de l’homme en question. Il ne s’agit pas non plus de son identité de genre car une drag queen n’est pas forcément une personne trans. Pour reprendre grossièrement les mots de Judith Butler, il s’agit plutôt d’une performance de genre, c'est-à-dire d’une manière d’exprimer le genre qui est mise en scène, avec des gestes, des postures, des mouvements, des paroles.  Les drag queens ont toujours fait partie de la sous-culture gay que les historiens de l’art ont appelé camp. Le camp est un humour espiègle, une autodérision qui permet aux hommes gays de rire des difficultés de leur condition dans une société homophobe. L’exagération du féminin, la théâtralité de la gestuelle, la vénération d’icônes féminines comme Mylène Farmer, le voguing comme danse identitaire ou l’engouement autour du concours de drags RuPaul’s Drag Race sont autant d’éléments qui se rapportent au style camp. Lorsque ce sont les femmes qui deviennent des personnages hyper masculins, le temps d’un spectacle, on parlera alors de drag kings. À l’inverse du camp, on trouvera le style butch qui renforcera les conventions masculines rigides et le virilisme. Aujourd'hui, j’ai l’honneur d’accueillir une personnalité extraordinaire. Ielle s’appelle Khookha McQueer. Khookha est une militante LGBTQIA+, féministe et artiste tunisienne. Iel est l’une des plus grandes figures de la transidentité en Tunisie et s’identifie comme une personne non-binaire. Iel est certifié pour former et éduquer autour des questions d’identité et d’expression de genre, d’orientation sexuelle. Iel écrit, dessine, pose pour des photos, prend des photos, réalise des performances et construit des univers visuels envoûtants.  « Si on a peur que les drag queens ou que les personnes queer influencent le reste de la population, il faut se dire que cette population n’est pas uniquement en train d’influencer les personnes queer, mais plutôt de les contraindre. » --- Khookha McQueer  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Life as a unicorn (2019) d’Amrou Al-Kadhi Drag queens – la folle histoire illustrée des vraies queens (2019) de Simon Doonan  Trouble dans le genre (1990) de Judith Butler Queer zones (2018) de Sam Bourcier Homosexualité et transidentité en islam (2017) de Ludovic-Mohamed Zahed Desiring Arabs (2007) d’Edward Saïd Professing Selves : Transsexuality and same-sex desire in contemporary Iran  (2017) d’Afsaneh Najmabadi Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Chouchou (2003) de Merzak Allouache Queendom, 3 histoires de drag (2021) sur France TV Certains l’aiment chaud (1959) de Billy Wilder Cherry pop (2017) d’Assaad Yacoub La Cage aux folles (1978) d’Édouard Molinaro Personne n’est parfait(e) (2000) de Joel Schumacher Paris is burning (1990) de Jennie Livingstone Pose (2020) sur Canal + Si vous voulez interagir, suivez JINS sur Instagram sur le compte @jins_podcast
Cet épisode de JINS est corollaire à l’épisode précédent où j’étais en compagnie Brahim Naït-Balk pour parler d’amours homosexuelles dans le contexte de la cité ou des banlieues. Il était crucial pour moi, comme d’habitude, de ne pas adopter un point de vue uniquement masculin dans l’analyse déjà assez inédite de l’homosexualité, de la classe sociale, de la race, de l’islam en France, mais aussi de croiser ces identités avec le genre féminin. Je le rappelle une énième fois en guise d’introduction, le Saint Coran ne fait jamais mention de l’homosexualité féminine. Et encore moins d’une quelconque condamnation.  Aujourd'hui, on va tenter de déjouer cette pensée stéréotypée. Alors, comment se construire et garder ses relations familiales si on est une femme lesbienne maghrébine migrante ou d'ascendance maghrébine en France, qui plus est en banlieue ? Est-ce que les femmes homosexuelles sont visibles dans les cités ?  C’est une sociologue qui va nous permettre aujourd'hui d’y voir plus clair sur la question des lesbiennes de l’immigration, il s’agit de Salima AMARI. Docteure en sociologie, Salima Amari entend repenser l’articulation des questions de genre, de racialisation et de classe à travers les parcours des femmes lesbiennes d’Afrique du Nord. Elle a réalisé une enquête inédite avec des femmes se définissant comme lesbiennes (ou bisexuelles), primomigrantes ou d’ascendance maghrébine (nées en France de parents tunisiens, algériens ou marocains). Elle enseigne aujourd'hui à la faculté de théologie et de sciences des religions à l’Université de Lausanne, abordant la thématique du genre, de la sexualité et des pratiques transgressives en islam.  « Pour les jeunes femmes lesbiennes issues de l’immigration nord-africaine, la contrainte au mariage hétérosexuel, et ensuite à la maternité, est très forte. Certaines vont céder à cette pression patriarcale. » --- Salima Amari  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Lesbiennes de l’immigration : construction de soi et relations familiales (2018) de Salima Amari  La petite dernière (2010) de Fatima Daas Garçon manqué (1984) de Nina Bouraoui Sister Outsider (1984) d’Audre Lorde Trajectoires et origines (2016) de Christelle Hamel, Cris Beauchemin & Patrick Simon Peau noire, masques blancs (1952) de Frantz Fanon Dire les homosexualités d’une rive à l’autre de la Méditerrannée (2013) de Sonia Dayan-Herzbrun & Tassadit Yacine Le génie lesbien (2020) d’Alice Coffin Parias : Gays et lesbiennes dans le monde arabe (2008) de Brian Whitaker Le corps lesbien (1973) de Monique Wittig Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Divines (2016) de Houda Benyamina En secret (2011) de Maryam Keshavarz Bande de filles (2014) de Céline Sciamma  Je danserai si je veux (2017) de Maysaloun Hamoud Polygraph (2020) de Samira Saraya Three Centimetres (2017) de Lara Zeidan La Première marche (2016) de Hakim Atoui & Baptiste Etchegaray Si vous voulez interagir, suivez JINS sur Instagram sur le compte @jins_podcast
Re-bonjour à toustes ! Ce deuxième épisode du jour sera orienté vers l’élucidation d’un problème dont on parle depuis deux décennies, celui de l’homosexualité masculine dans les banlieues. Au commencement, c’est l’insulte. Ensuite, il y a les attouchements, les menaces, les ruées de coups, l’exclusion, l’excommunication et bien sûr, les violences sexuelles. Une fois de plus, un homme arabe homosexuel, c’est la honte de la communauté. Et du coup tout le monde autour en fait une affaire personnelle, un problème à régler. Parfois même, d’après ce que disent certains, « casser du pédé devient une fierté ». La discussion d’aujourd'hui est difficile parce que je ne voudrais pas qu’on continue à véhiculer des idées trop ancrées dans les esprits sur la violence inhérente à la cité ou à aggraver la stigmatisation des quartiers dits « chauds » ou de ce que beaucoup ont appelé des « ghettos », mais il ne s’agit pas non plus de faire un déni complet de du sexisme et de l’homophobie en banlieue. Il faut juste rappeler, comme l’a très justement dit Fatima Daas dans le 8ème épisode de JINS, que la banlieue n’a pas le monopole de l’homophobie. S’ils, elles et iels sont rejetés par leur entourage dans la cité, les homos ne s’intègrent pas pour autant à la communauté LGBT+ parisienne. Les cités françaises sont-elles les bastions de l’homophobie ?  Pour échanger sur ce sujet, j’ai décidé d’inviter un homme courageux et bienfaisant, Brahim Naït-Balk. Brahim est l’aîné d’une famille marocaine, il grandit en banlieue parisienne, dans un bloc HLM. Éducateur sportif, son truc c’est le foot. En 2003, il a pris le rôle de directeur départemental Handisport des Hauts-de-Seine pour accompagner des personnes à handicap. Il est surtout l’auteur d’une biographie très remarquée "Un Homo dans la Cité" aux Éditions Calman-Lévy où il parle de sa vie rocambolesque. Car oui, Brahim est homosexuel. Il a du vivre dans la peur et la solitude, dans le rejet et l’incompréhension, mais a réussi à créer des nouveaux chemins de vie, notamment par ses récits et sa bienveillance envers celleux qu’il coach. On va essayer de comprendre ensemble si les cités françaises sont vraiment les seuls bastions de l’homophobie… et en quoi elles sont désignées comme telles.  « Être homosexuel alors qu’on a la même confession et la même culture, c’est salir la communauté. En permanence, on est dévisagé, on est rejeté de la cité. » --- Brahim Naït-Balk  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Un homo dans la cité (2009) de Brahim Naït-Balk Homo-ghetto (2009) de Franck Chaumont La petite dernière (2010) de Fatima Daas Trajectoires et origines (2016) de Christelle Hamel, Cris Beauchemin & Patrick Simon Dire les homosexualités d’une rive à l’autre de la Méditerrannée (2013) de Sonia Dayan-Herzbrun & Tassadit Yacine Lesbiennes de l’immigration : construction de soi et relations familiales (2018) de Salima Amari Mimi (2011) de Sébastien Marnier Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ La Première marche (2016) de Hakim Atoui & Baptiste Etchegaray Homme au bain (2010) de Christophe Honoré Malik (2018) – court-métrage de Nathan Carli Les Charbons ardents (2019) d’Hélène Milano Herculanum (2016) – d’Arthur Cahn  Banlieue gay (2006) de Mario Morelli di Popolo Divines (2016) de Houda Benyamina Mario (2018) de Marcel Gisler  The Pass (2016) de Ben A. Williams  Esprit d’équipe (2006) de Robert I. Douglas T’as pécho ? (2019) d’Adeline Picault Si vous voulez interagir, suivez JINS sur Instagram sur le compte @jins_podcast
Ce 1er épisode du jour est le premier d’une trilogie sur la sexualité dans les banlieues. Pourquoi centrer le discours sur les banlieues ? Tout simplement parce que quand on dit banlieue on imagine tout de suite des jeunes maghrébins en jogging Sergio Tacchini sur leur scoot qui sifflent des jeunes filles voilées. On se le dit toustes dans un coin de notre tête : le machisme, l’homophobie et les violences sexuelles sont légion dans les couches populaires ghettoïsées, composées de populations immigrées d’Afrique du Nord et de l’Ouest. Depuis les 20 dernières années, les médias ont pollué nos esprits d’un imaginaire à feu et à sang dans les banlieues. Alors, du coup, est-ce que les banlieues n’y comprennent rien à la sexualité ? Est-ce que le sexe s’arrête vraiment au périphérique ? Est-ce que les banlieues sont hermétiques à l’amour et à la sexualité ? Quelle est la place des jeunes filles dans les dynamiques de séduction dans les quartiers populaires ? Comment on dit et on fait l’amour dans les cités ?  J’ai l’honneur d’accueillir une sociologue émérite pour commencer cette trilogie, il s’agit d’Isabelle Clair. Isabelle Clair est une sociologue, chargée de recherche au CNRS. Elle est autrice d'une thèse de doctorat intitulée "Amours sous silence : la socialisation amoureuse des jeunes de milieux populaires", soutenue en 2005 à Paris 5. Isabelle Clair mène des recherches sur l’entrée dans la sexualité et la conjugalité de jeunes appartenant à différents groupes sociaux ; et elle a proposé divers retours rétrospectifs sur les études de genre. Elle a écrit la Sociologie du genre en 2012 et Les Jeunes et l’amour dans les cités en 2008. Elle est membre du comité de lecture de Genre, Sexualité & Société. Elle a écrit beaucoup d’articles traitant de la question de l’amour et de la sexualité en banlieue. « Comme on n’a pas accès à la pratique sexuelle des jeunes de banlieue, alors on la fantasme. » --- Isabelle Clair  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Sociologie du genre (2012) d’Isabelle Clair Les Jeunes et l’amour dans les cités (2008) d’Isabelle Clair Un homo dans la cité (2009) de Brahim Naït-Balk Homo-ghetto (2009) de Franck Chaumont La petite dernière (2020) de Fatima Daas Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Mignonnes (2019) de Maïmouna Doucouré La Squale (2000) de Fabrice Genestal L’esquive (2003) d’Abdellatif Kechiche Tout ce qui brille (2009) de Géraldine Nakache & Hervé Mimran Khamsa (2008) de Karim Dridi Goût Bacon (2016) d’Emma Benestan Bye-Bye les puceaux (2017) de Pierre Boulanger Guy Moquet (2014) de Demis Herenger La Journée de la jupe (2009) de Jean-Paul Lilienfeld Black (2015) d’Adil El Arbi & Bilall Fallah Haramiste (2014) d’Antoine Desrosières Si vous voulez interagir, suivez JINS sur Instagram sur le compte @jins_podcast
Au cours de l’histoire, les musulmans et les non-musulmans ont criblé l’islam de chimères, de stéréotypes, d’interdits, de tabous et d’interprétations qui l’ont sclérosé. C’est pourquoi dans JINS, je prône pour les croyants musulmans une théologie de la libération. Sinon on retombe dans les stéréotypes constants et les tabous. L’homme doit être viril au lit et la femme doit garder son hymen jusqu’au mariage. Un homme doit arborer sa barbe, une femme doit oublier sa trousse de maquillage. Il ne faut pas invoquer le nom de Dieu aux toilettes. Toute représentation est un blasphème. L’homosexualité est une déviance. La masturbation dilapide la semence divine. L’athéisme est le passe-droit pour l’enfer. Les tabous tuent la religion musulmane et l’écartent de sa substance spirituelle pour chaque croyant. Aujourd'hui, l’islam doit entamer un profond examen de conscience pour ne pas agoniser dans des conservatismes qui le rendent politique. Et ce, surtout sur la question du corps, de la sexualité et du genre.   Pour aborder ces questions de réforme de la pensée islamique, j’ai le plaisir d’accueillir Malik Bezouh. Physicien de formation, spécialiste de l’islam de France, de ses représentations sociales dans la société française ainsi que des processus historiques à l’origine de l’émergence de l’islamisme, Malik Bezouh a lui-même été charmé par les discours des Frères Musulmans avant de s’en éloigner radicalement. Il est l’auteur de France-islam : le choc des préjugés (Plon, 2015) et Crise de la conscience arabo-musulmane (Fondapol, 2015). En 2020, il publie un nouvel essai incroyablement intéressant qui s’intitule Ils ont trahi Allah. Il vient de publier il y a quelques semaines Je vais dire à tout le monde que tu es juif.  « Il n’y a rien de pire que la combinaison culpabilité-névrose-foi ; parce que ça vous plonge dans le côté obscur de la foi. » --- Malik Bezouh  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 France-Islam : le choc des préjugés (2015) de Malik Bezouh Crise de la conscience arabo-musulmane (2015) de Malik Bezouh  Ils ont trahi Allah (2020) de Malik Bezouh  Je vais dire à tout le monde que tu es juif (2021) de Malik Bezouh  Mort pour la France (2013) de Latifa Ibn Ziaten  L’orientalisme (1997) d’Edward Saïd Islam et Occident (1993) de Norman Daniel Attention, travail d’arabe (2020) d’Ali Guessom Le racisme expliqué à ma fille (1998) de Tahar Ben Jelloun Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Fatima (2016) de Philippe Faucon Musulmans de France (2016) de Mohamed Joseph & Karim Msiké Ramdam (2020) de Zangro La Désintégration (2012) de Philippe Faucon Cherchez la femme (2017) de Sou Abadi L’amitié est plus forte que la haine (2003) de Daniel Kupferstein Latifa, le cœur au combat (2017) de Cyril Brody & Olivier Peyon Les Visages de la Victoire (2020) de Lyèce Boukhitine Pierre et Djemila (1987) de Gérard Blain Si vous voulez interagir, suivez JINS sur Instagram sur le compte @jins_podcast
Cet épisode est jumelé avec le précédent pour que vous soyez presque incollables sur la question transidentitaire en islam. Je le rappelle encore : la transidentité est le fait pour une personne trans d’avoir un genre différent de celui assigné à la naissance, contrairement à une personne dite cisgenre, en grande majorité statistique. J’espère que ça arrivera aux oreilles de celleux qui en ont besoin pour leur propre construction identitaire, histoire d’en savoir plus sur la coexistence de ce qu’on leur a toujours dépeint comme inexistant ou non-coexistant : transidentité, religiosité et/ou ethnicité. Suite à notre super épisode avec Karine Espineira, j’ai voulu encore plus plonger dans la question transidentitaire pour lui donner une couleur plus intersectionnelle et j’ai eu pour cela le privilège d’interroger une autre chercheuse impressionnante, il s’agit de Corinne Fortier. Elle est diplômée en psychologie et formée en psychanalyse, réalisatrice de films, mais elle est surtout chargée de Recherche 1ère Classe au CNRS, anthropologue Médaille de Bronze 2005 du CNRS ; elle travaille dans son laboratoire d’anthropologie sociale sur toutes les thématiques du corps, du genre et de la filiation avec pour terrain d’étude la France mais aussi les pays musulmans comme la Mauritanie ou l’Égypte. Spécialiste du troisième genre en islam, elle va nous expliquer tout un tas de faits passionnants sur ces genres qui ont toujours existé mais qui n’ont pas toujours été montrés au grand jour.  « On retrouve des caractéristiques communes propres aux figures du 3ème genre dans les contextes arabo-musulmans : le fait d’être imberbe, le travestissement, la pratique du chant et de la danse, le rôle social de médiateur entre hommes et femmes dans des sociétés où la ségrégation spatiale entre hommes et femmes est importante. » --- Corinne Fortier  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Corps des femmes et espaces genrés arabo-musulmans (2017) de Corinne Fortier & Safaa Monqid Transsexuelle et convertie à l’islam (2010) d’Alexandra Cerdan Un appartement sur Uranus (2019) de Paul B. Preciado  Homosexualité et transidentité en islam (2017) de Ludovic-Mohamed Zahed Harrouda (1973) de Tahar Benjelloun La nuit sacrée (1987) de Tahar Benjelloun Messaouda (1983) d’Abdelhak Serhane The Effeminates of early Medina (1991) de Everett K. Rowson Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Une femme iranienne (2011) de Negar Azarbayjani La Nuit Sacrée (1992) de Nicolas Klotz Parvana, une enfance en Afghanistan (2017) de Nora Twomey  Lola vers la mer (2019) de Laurent Micheli Tomboy (2011) de Céline Sciamma Petite fille (2020) de Sébastien Lifschitz Une femme fantastique (2017) de Sébastián Lelio Océan (2019) de Océan Si vous voulez interagir, suivez JINS sur Instagram sur le compte @jins_podcast
Aujourd’hui on va attaquer un sujet extrêmement complexe et à la fois pas tant, puisqu’il ne s’agit pas de décortiquer l’identité pour la vider de son sens mais tout simplement de la respecter en tant qu’elle est vécue par un être humain. Cette identité dont je parle, c’est la transidentité. Kézako ? Ce n’est ni une pathologie, ni un choix, ni un drame, ni un châtiment divin. Ce n’est pas une perversion, ce n’est pas une préférence, ce n’est pas un dérèglement hormonal et ce n’est pas un trouble psychique.  Être trans, ce n’est pas un choix. Et donc il n’y a pas de débat. Là où il y a débat en revanche, qui que vous soyez, c’est quand on choisit la discrimination, l’irrespect, la violence ; en particulier islamophobes, racistes et transphobes envers les personnes trans Arabes et/ou musulmanes. Il y a des féministes occidentales qu’on appelle TERFs qui excluent les femmes trans de leur lutte. Il y a des hommes gays blancs en France qui n’aiment tout simplement pas les personnes trans. Il y a des personnes trans qui se font tabasser dans les rues des villes du Moyen-Orient. De normativité en normativité, essayons de voir ensemble aujourd'hui comment démêler l’écheveau de ces identités complexes, plurielles, intersectionnelles, pour converger vers un point de rencontre où toutes ces identités coexistent.  Dans cet épisode, j’accueille une universitaire émérite, elle est franco-chilienne et elle est une des plus grandes spécialistes mondiales de la question trans. J’ai nommé Karine Espineira. Elle est docteure en sciences de l’information et de la communication, diplômée de l’université Nice-Sophia-Antipolis puis membre associée à l’Université Paris 8. Elle est membre du comité scientifique de la DILCRAH (la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT). Ses recherches portent majoritairement sur les constructions médiatiques des transidentités, sur les transféminismes et sur les corps vulnérables. Elle est l’autrice de nombreux ouvrages, dont ce qu’elle a appelé la Transyclopédie.  « On ne peut pas lutter contre la transphobie au prix du racisme. La transphobie est partout ; ce n’est pas réservé à un peuple ou à une religion. » --- Karine Espineira  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Transsexuelle et convertie à l’islam (2010) d’Alexandra Cerdan Corps trans / Corps queer (2013) de Karine Espineira  Sociologie de la transphobie (2015) de Karine Espineira & Arnaud Alessandrin Un appartement sur Uranus (2019) de Paul B. Preciado  Homosexualité et transidentité en islam (2017) de Ludovic-Mohamed Zahed Harrouda (1973) de Tahar Benjelloun La nuit sacrée (1987) de Tahar Benjelloun Messaouda (1983) d’Abdelhak Serhane Le livre du sang (1979) d’Abdelkébir Khatibi Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Une femme iranienne (2011) de Negar Azarbayjani La Nuit Sacrée (1992) de Nicolas Klotz Parvana, une enfance en Afghanistan (2017) de Nora Twomey  Lola vers la mer (2019) de Laurent Micheli Tomboy (2011) de Céline Sciamma Petite fille (2020) de Sébastien Lifschitz Une femme fantastique (2017) de Sébastián Lelio Océan (2019) de Océan Si vous voulez interagir, suivez JINS sur Instagram sur le compte @jins_podcast
Bonjour à toutes et à tous ! Bienvenue dans ce nouvel épisode de JINS, où l’on va parler de la biologie de la sexualité. Qu’est-ce que ça veut dire au juste ? Ça veut dire qu’avant de parler de comment les Arabes sont des personnes racisées ou comme les musulmans font ci ou ça, il s’agit de comprendre comment le corps humain se différencie dans les multiples versions de sa morphologie sexuelle. On va tenter l’expérience périlleuse pour les auditeur·ice·s de comparer biologiquement l’homme et la femme, de rentrer dans la biologie de la non-binarité, de l’intersexuation, de la fabrique du sexe, de la sexualisation du cerveau et bien sûr essayer de comprendre ce qui se joue physiologiquement en nous pour comprendre notre orientation sexuelle. Quels sont les mécaniques corporelles et hormonales qui règlent et dérèglent nos processus de différenciation sexuée ? Qu’est-ce qui rentre en jeu dans les variations du développement sexuel ? Est-ce qu’il y a un gène pour expliquer tout comportement ou attirance sexuelle ? Accrochez-vous bien, parce qu’il y a beaucoup de concepts scientifiques mais qui vont vous éberluer sur les mystères que la science tente d’élucider de nos jours sur la sexualité.  Aujourd'hui, j’ai l’honneur de parler à une très grande pointure : il s’agit du biologiste belge Jacques Balthazart. Spécialiste en neuroendocrinologie du comportement, il est un des plus grands experts de la question de l’homosexualité, entre l’inné et l’acquis. Il est chargé de cours émérite à l’Université de Liège en Belgique. Toute sa carrière il s’est intéressé aux mécanismes biologiques contrôlant l’orientation sexuelle chez les animaux et les humains. Il va donc souvent à l’encontre des premières théories psychanalytiques et des théologies conservatrices qui soulignent l’impact de l’éducation et de l’environnement dans la génération d’individu non hétérosexuels. En 2019, il publie Quand le cerveau devient masculin aux éditions HumenSciences. En 2010 déjà, il publie l’ouvrage Biologie de l’homosexualité. véritable séisme dans la sphère scientifique, qu’il vient de rééditer sous le nom On naît hétéro ou homosexuel, on ne choisit pas de l’être.   « Il y a des déterminants biologiques de l’homosexualité qui sont assez forts, à savoir les hormones, la génétique, l’épigénétique… mais chacun d’entre eux n’expliquent encore qu’une partie des homosexualités. » --- Jacques Balthazart  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Quand le cerveau devient masculin (2019) de Jacques Balthazart On naît hétéro ou homosexuel, on ne choisit pas de l’être (2021) de Jacques Balthazart Biologie du couple (2015) de Jean-Didier Vincent Féminin Masculin : Mythes et idéologies (2006) de Catherine Vidal XY : De l’identité masculine (1994) d’Élisabeth Badinter Les secrets du cerveau féminin (2006) de Dr Louann Brizendine Celui qui est digne d’être aimé (2017) d’Abdellah Taïa Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ L’armée du salut (2013) d’Abdellah Taïa  Petite fille (2020) de Sébastien Lifshitz Madame (2019) de Stéphane Riethauser La Mauvaise Éducation (2004) de Pedro Almodóvar Moonlight (2016) de Barry Jenkins Call me by your name (2017) de Luca Guadinigno Come as you are (2018) de Desiree Akhavan La sociologue et l’ourson (2016) d’Étienne Chaillou & Mathias Théry Le Fil (2009) de Mehdi Ben Attia  Boy erased (2018) de Joel Edgerton Si vous voulez mater des séries 💻💿👀 Masters of Sex (2013) sur Prime Video Sex education (2019) sur Netflix Si vous voulez interagir, suivez JINS sur Instagram sur le compte @jins_podcast
Bonjour à toustes ! Bienvenue dans ce nouvel épisode de JINS, votre podcast sur la sexualité des personnes Arabes et/ou Musulmanes de France ! Aujourd'hui, on va aborder une question complexe mais qui tend, comme d’habitude dans JINS, à réfléchir sur l’inclusion. Mais avant toute chose, je préfère déjà préciser que tous les mots insultants, argotiques et péjoratifs employés auparavant sont à oublier, je leur préférerais toujours le terme « travailleur·euse·s du sexe ». Car oui, il s’agit d’un travail. Au Maroc, l'expression « filles qui sortent » désigne celles qui fréquentent les night-clubs et les bars la nuit pour gagner leur vie. Au-delà du fait prostitutionnel, le « sortir » renvoie aussi plus largement aux distances qu’une partie de la jeunesse féminine des classes populaires prend avec les normes, la moralité et la respectabilité. Loin d’être confiné à la marginalité, le sortir joue sa partition dans les métamorphoses de l’ordre sexuel et intime dans un contexte d’essor de l’économie du divertissement et d’accroissement des inégalités. Y émergent de nouvelles valeurs qui remettent en cause les régimes moraux et juridiques tout en réaffirmant l’ordre hétérosexuel. Pour tenter d’y voir plus clair sur la très épineuse question de la prostitution, dans un contexte arabo-musulman, colonial et postcolonial, j’ai réussi à parler à une très grande pointure, spécialiste de ce sujet, il s’agit de Mériam CHEIKH. Membre du département des études arabes de l’INALCO, Mériam est une anthropologue spécialisée dans la dissidence morale des jeunes des classes populaires au Maroc. Son travail se concentre sur les processus de transformation de la sexualité, de l'intimité et des rapports de genre à l'œuvre au sein des contre-cultures juvéniles marocaines. Cohabitant avec une dizaine de jeunes femmes engagées dans le sortir à Tanger, Mériam Cheikh a mené une ethnographie longitudinale sur sept ans. À l’intersection de la génération, du sexe et de la classe, elle analyse des trajectoires où se succèdent socialisations familiale et scolaire, élaboration de la sexualité et insertions professionnelle et matrimoniale. Les Filles qui sortent. Jeunesse, sexualité et prostitution au Maroc revient sur l’expérience du « sortir ».  « Pour les travailleuses du sexe, il y a une double injonction morale à se débrouiller économiquement et socialement ; et en même temps, se débrouiller pour rester respectable. » --- Mériam Cheikh  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Les Filles qui sortent. Jeunesse, sexualité et prostitution au Maroc (2020) de Mériam Cheikh Prostitution coloniale et post-coloniale (2012) sous la direction de Christelle Taraud Amour interdit. Prostitution, marginalité, colonialisme (2012) de Christelle Taraud La fin du tapin. Sociologie de la croisage pour l’abolition de la prostitution (2014) de Lilian Mathieu Sexe, race et colonie (2012) de Pascal Blanchard King-Kong Théorie (2006) de Virginie Despentes Le noir est une couleur (1974) de Grisélidis Réal Carnet de bal d’une courtisane (2005) de Grisélidis Réal Le sexe et l’argent des trottoirs (2006) de Catherine Deschamps La dangereuse (2016) de Loubna Abidar Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Viva Laldjérie (2004) de Nadir Moknèche Much Loved (2015) de Nabil Ayouch Secrets d’oreiller (2013) de Jilali Ferhati L’immeuble Yacoubian (2006) de Marwan Hamed L’Apollonide : Souvenirs de la maison close (2011) de Bertrand Bonello Sex Doll (2016) de Sylvie Verheyde Madame Claude (2021) de Sylvie Verheyde J’ai tant aimé (2008) documentaire de Dalila Ennadre Belle-de-jour (1967) de Luis Buñuel Joy (2018) de Sudabeh Mortezai Sauvage (2018) de Camille Vidal-Naquet Les Nuits de Cabiria (1957) de Federico Fellini  Si vous voulez interagir, suivez JINS sur Instagram sur le compte @jins_podcast
Très chèr·e·s auditeur·ice·s, bienvenue dans ce nouvel épisode de JINS. Aujourd'hui on va se concentrer un peu plus sur le Maroc comme un référentiel pour comprendre les dynamiques de honte, d’interdits, de tabous et de transgressions qui traversent la société. Car oui, la hchouma, c’est cette pudibonderie limitative, cette honte, ce jugement désapprobateur de la communauté. La hchouma ça vient avec une part de gêne, une part de culpabilité, une part d’humiliation. Faire honte à sa famille est un fardeau insoutenable. Porter la honte parce qu’on se sent différent des autres dans notre orientation sexuelle est une blessure de l’âme. Mais la honte est aussi paradoxalement un lien social, c’est ce qui fait tenir toute un système où les gens se jugent entre eux pour condamner les personnes. En plus, le sexe et tout ce qu’il implique en termes de corporalité et de sexualité est affublé d’injonctions extérieures, qui l’enveniment. Alors ça suffit, il faut faire en sorte que la honte change de camp, où qu’elle disparaisse tout court ! J’ai l’immense plaisir d’accueillir une personnalité qui perce depuis quelques années grâce à son talent fou, c’est Zainab Fasiki. À la base elle est ingénieure mécanique, maintenant elle est bédéiste, illustratrice et une des plus grandes figures de la jeunesse féministe marocaine. Elle fait partie du collectif Women Power qui soutient des jeunes artistes marocaines. Elle a publié l’ouvrage Fairuz Versus the World, du nom de la diva libanaise. Mais c’est surtout depuis la parution en 2019 de Hshouma, qui a bouleversé les milieux littéraires bienséants et bien rangés, que Zainab Fasiki s’est affirmée comme ce qu’elle appelle elle-même une « artiviste ». Via son art, elle contribue fortement à créer des espaces de résistance pour dénoncer la société patriarcale, pour déconstruire les masculinités toxiques et célébrer l’amour et la sexualité libre. Tout ce qu’on adore dans JINS.  « Je ne veux plus que ce soit hchouma de voir la nudité artistique, de chanter, de danser, de faire l’amour hors mariage, d’être homosexuel.le, de s’embrasser dans la rue ou à la télé. » --- Zainab Fasiki  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Hshouma (2019) de Zainab Fasiki Feyrouz Versus the World (2019) de Zainab Fasiki Sexe et mensonges – La vie sexuelle au Maroc (2017) de Leïla Slimani Superman est arabe (2013) de Joumana Haddad Foulards et hymens : Pourquoi le Moyen-Orient doit faire sa révolution sexuelle (2015) de Mona Eltahawy Paroles d’honneur (2017) de Leïla Slimani & Laetitia Coryn Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Sofia (2018) de Meryem Benm’Barek Noura rêve (2019) de Hind Boujemaa Les trois singes (2008) de Nuri Bilge Ceylan Shame (2011) de Steve McQueen La Hchouma (2019) de Achraf Ajraoui Halal Love (2019) d’Assad Fouladkar À genoux les gars (2018) d’Antoine Desrosières Hchouma (2011) de Zouhair Chebbale Si vous voulez interagir, suivez JINS sur Instagram sur le compte @jins_podcast
Bonjour à toutes et à tous ! Bienvenue dans ce nouvel épisode de JINS ! Aujourd'hui, on va parler d’hétérocarnisme en contexte musulman. Hétéro quoi ? Alors le carnisme, c’est à la base le fait de consommer de la viande, mais maintenant on utilise ce concept pour parler du rapport de domination entre l’être humain et les animaux, qui tend à justifier la consommation de viande.  Ce qui se cache donc derrière le carnisme, c’est une sous-idéologie ce qu’on appelle le spécisme, qui accorde donc plus d’importance et qui hiérarchise les intérêts des humains au-dessus de ceux des animaux. Face à ça, on peut être vegan, c'est avoir la conviction que l'être humain ne doit pas asservir et tuer les animaux pour manger, se vêtir ou se divertir. Et bien sûr, les vrais mâles aiment la viande. La viande devient un booster de testostérone, une « mâle bouffe ». Comment inventer un monde égalitaire entre humains et animaux ? Quelle place l’homme doit-il remettre en question dans la chaîne alimentaire, dans l’univers culinaire, dans la sphère sexuelle, dans la dimension culturelle et dans la pensée religieuse ? Qu’est-ce que la viande a de sexuel et qu’est-ce que le sexualité a de carniste, d’autant plus dans un contexte islamique ?  Pour essayer de comprendre les jonctions qu’on peut établir entre hétérocarnisme et sexisme, j’ai le plaisir d’accueillir Martin Page. Il a étudié la sociologie, la linguistique, la psychologie, la philosophie, l’histoire de l’art et l’anthropologie et pourtant son premier roman, publié en 2001, est intitulé Comment je suis devenu stupide. Martin est un génial écrivain, illustrateur et éditeur qui a collectionné les publications d’ouvrages depuis deux décennies, dont beaucoup sont à destination des enfants, mais aussi deux livres emblématiques de ses combats qui m’ont beaucoup marqué Au-delà de la pénétration en 2019 et par rapport au sujet du jour, Les Animaux ne sont pas comestibles en 2017.  « Je ne veux pas d’un monde où la domination masculine serait la même mais dominé par des hommes hétérocis vegan, il faut penser tout le système de domination. » --- Martin Page  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Les Animaux ne sont pas comestibles (2017) de Martin Page La politique sexuelle de la viande (1990) de Carol Adams Why we love dogs, eat pigs and wear cows (2009) de Melanie Joy Faiminisme. Quand le sexisme passe à table (2017) de Nora Bouazzouni L’Homnivore (1990) de Claude Fischler Morceaux de Choix (2003) de Mohamed Nedali Le Mythe de la virilité (2017) d’Olivia Gazalé Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Les Ailes de l’amour (2011) d’Abdelhaï Laraki Bêlons (2016) d’El Mehdi Azzam Roujoula (2017) d’Ilias El Faris Des moutons et des hommes (2017) de Karim Sayad La graine et le mulet (2007) d’Abdellatif Kechiche Le Chocolat (2000) de Lasse Hallström Caramel (2007) de Nadine Labaki  Les Épices de la passion (1992) d’Alfonso Arau Mad Max : Fury Road (2015) de Goerge Miller Si vous voulez interagir, suivez JINS sur Instagram sur le compte @jins_podcast
Hello tout le monde ! L’épisode du jour est un poncif dont je ne pouvais pas ne pas parler. Nous savons toustes que porter le voile aujourd'hui en France n’est pas un acte neutre. Nous savons aussi que la doxa, l’opinion publique, la presse écrite, les journaux télévisés, les débats, la radio… ça fait 30 ans que le sujet n°1 en France est le voile.  La France brandit la laïcité et fait pourtant une obsession sur l’éthique corporelle ou sexuelle des femmes musulmanes. Le débat public sur le voile revient sous diverses formes : il y a quelques jours, la loi votée contre le port du voile dans l’espace public pour les mineures et les mères accompagnatrices, une étudiante syndicaliste voilée à l’Assemblée nationale qui provoque le départ de députés LR en septembre 2020, l’image de la mère voilée Fatima réconfortant ce petit garçon qui a dû quitter la salle suite à la remarque du député RN Julien Odoul en 2019, le burkini en 2017, et on remonte dans le temps jusqu’à l’affaire des foulards de Créil en 1989. Rappelons qu’il y a 17 ans, le 15 mars 2004, était votée la loi sur les signes ostentatoires à l’école, qui bannit le foulard des établissements scolaires secondaires et, par la même occasion, les jeunes filles qui le portent. Ce « dévoilement à la française » rappelle aussi le temps des colonies, comme en mai 1958 où des femmes à Alger portant le haïk (le foulard algérien) étaient dévoilées en place publique. Essayons de comprendre aujourd'hui pourquoi la France a toujours été obsédée par l’éthique corporelle en islam, presque autant que les patriarches musulmans. Dépassons la question du voile pour voir ce que ça nous dévoile sur le féminin. Voyons en quoi l’éthique corporelle n’est pas un enfermement dans la soumission mais aussi un voie de libération dans le cadre d’une théologie féministe.   Pour parler de ce sujet aujourd'hui, j’ai le plaisir d’accueillir une grande dame du nom de Nadine Weibel. Elle est anthropologue et anciennement Maître-assistante en Science des religions à l’Université de Fribourg en Suisse. Elle a travaillé toute sa carrière sur les théologies féministes dans les monothéismes et les religions d’Asie avec une perspective comparative. Elle a travaillé longuement sur les rapports intrinsèques entre genre et religion, jusque détailler les rapports entre le corps et la religion (pratiques alimentaires, vestimentaires et sexuelles). Il y a plus de 20 ans déjà, elle publiait son ouvrage Par-delà le voile : femmes d’islam en Europe. C’est avec elle que j’ai voulu parler d’éthique corporelle en islam et de la question du port du voile. « Les religions ne sont jamais nées ex nihilo. Elles sont nées dans des terreaux qui étaient patriarcaux. Elles ont codifié, normalisé ; mais elles ont surtout repris ce que les cultures humaines véhiculaient. C’est hélas ce qu’on observe à l’échelle planétaire. » --- Nadine Weibel  Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Par-delà le voile (2000) de Nadine Weibel  Fichu voile ! (2010) de Nadia Geerts  L’une voilée, l’autre pas (2003) de Dounia Bouzar & Saïda Kada  Religions d’hommes, regards de femmes (2008) de Nadine Weibel  Lettre aux femmes voilées et à ceux qui les soutiennent (2019) de Jeannette Bougrab  Bas les voiles ! (2003) de Chahdortt Djavann  La sexualité féminine dans la doctrine freudienne (1976) de Moustafa Safouan  Corps réel, corps imaginaire (1984) de Sami Ali  Des voix derrière le voile (2015) de Faïza Zerouala  Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Millefeuille (2012) de Nouri Bouzid Où je mets ma pudeur (2015) de Sébastien Bailly Cherchez la femme (2017) de Sou Abadi Je danserai si je veux (2016) de Maysaloun Hamoud Haramiste (2016) d’Antoine Desrosières Les femmes du bus 678 (2011) de Mohamed Diab Soumaya (2020) de Waheed Khan & Ubaydah Abu-Usayd Noces Éphémères (2011) de Reza Serkanian Amours voilées (2008) de Aziz Salmy Si vous voulez interagir, suivez JINS sur Instagram sur le compte @jins_podcast
Re-bonjour à toutes et à tous ! Bienvenue dans ce nouvel épisode de JINS : après avoir parlé de l’activisme pour les personnes LGBT+ maghrébines et proche-orientales en France, on va maintenant essayer de comprendre - en faisant un zoom arrière – quelles sont les dynamiques langagières et militantes qui ont animé l’Orient et l’Occident pour voir émerger les identités sexuelles et de genre non hétéro-cis-normatives. D’abord, ça vaut le coup que je fasse un petit point géographique. Ça veut dire quoi l’Orient et l’Occident. Sachez que dans le monde arabe, par « Moyen-Orient arabophone » ou « Orient arabe », on entend la région connue en arabe sous l'appellation mašriq, comprenant tous les pays dont la langue officielle et principale est l’arabe de l’Égypte jusqu’au Golfe. Il s’oppose ainsi au concept de Maghreb (maġrib, « occident » en arabe) qui comprend le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, la Libye et la Mauritanie. Pour commencer, j’ai eu la chance d’interroger un jeune universitaire libanais spécialiste de la question, Gabriel Semerene. Gabriel est doctorant en littérature arabe à la Sorbonne Université. Ses recherches portent sur l’émergence des identités sexuelles dans les sociétés arabophones contemporaines au prisme de l’expression écrite. Sa publication la plus récente s’intitule « Mithliyy, mithlak: language and LGBTQ Activism in Lebanon and Palestine », dans l’ouvrage collectif Queer Asia: Decolonising and Reimagining Sexuality and Gender. Il a focalisé ses travaux sur la littérature et sur les discours autour des identités sexuelles dans les cercles militants.  « Pour les militants LGBT+ des pays arabes, il faut s’organiser politiquement. Et pour s’organiser politiquement, il faut pouvoir nommer, créer une identité collective. » --- Gabriel Semerene Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Terrorist Assemblages : Homonationalism in Queer Times (2007) de Jasbir Puar Desiring Arabs (2007) de Joseph Massad La Matrice de la race. Généalogie sexuelle et colonial de la nation française (2006) d’Elsa Dorlin Islam d’interdits, islam de jouissance (2008) de Frédéric Lagrange La révolution du plaisir – Enquête sur la sexualité dans le monde arabe (2013) de Shereen El-Feki J’ai tué Shéhérazade : confessions d’une femme arabe en colère (2010) de Joumana Haddad Women with Mustaches and Men without beards (2005) d’Afsaneh Najmabadi Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Fronteras (2013) de Mikel Rueda Wajib : l’invitation au mariage (2017) d’Annemarie Jacir All my life (2008) de Maher Sabry  Out Loud (2011) de Samer Daboul  Shahada (2011) de Burhan Qurbani Ma sœur Zahra (2007) de Saddie Choua Oriented (2015) de Jake Witzenfield Le beau-frère (2014) de Hassene Belaïd Si vous voulez soutenir des associations LGBTQIA+ arabes sur Instagram 🏳️‍🌈 France 🇫🇷 Shams @shamsfrance_oofficiel_ Mille et Une Queer @milleetunequeer Kelma Liban 🇱🇧 Helem @helemlebanon Meem Palestine 🇵🇸 Al Qaws @alqaws_org Aswat @aswatfreedoms Maroc 🇲🇦 Queers Of North Africa @queersofnorthafrica M.A.L.I. (Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles) @m.a.l.i.2009 Union Féministe Libre @unionfemlibre Nassawiyat @nassawiyat Kif-Kif Algérie 🇩🇿 Abu Nawas Alouen @alouen.jazair Tunisie 🇹🇳 Shams Iraq 🇮🇶 Iraqueer @iraqueer_organization Jordanie 🇯🇴 My.Kali @mykali_magazine
Bonjour à toustes ! Bienvenue dans JINS pour un double épisode autour de l’émergence des identités sexuelles non-hétéro pour les Arabes et/ou musulmans de France et plus largement dans les pays arabes. On va commencer par aborder ce sujet d’actualité du point de vue militant et associatif. Dans JINS, les minorités ont le droit à la parole. Le but des associations militantes est de lutter contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre, qui plus est, pour les personnes Arabes et/ou musulmanes de France. Comment on fait quand on est une femme lesbienne vivant dans un pays qui incrimine l’acte sexuel entre personnes de même sexe ? Comment on fait quand on est né et on a grandi en France dans un foyer d’origine nord-africaine et qu’on sent son attirance pour les hommes ET les femmes ? Que se passe-t-il si on est jeté à la rue ? Pourchassé par la police ? Mis derrière les barreaux ? Violenté par le voisin ?  Pour aborder ces questions de terrain, j’ai la joie d’accueillir Yacine Djebelnouar. Yacine est enseignant et il est co-fondateur et président de Shams-France. Cette association aide et accompagne les personnes LGBT+ maghrébines et moyen-orientales vivant en France. Elle éveille aussi les consciences en interpellant l’opinion publique et en soutenant les mouvements LGBT qui œuvrent dans les pays de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. La création de cette association en France a été soutenue par Amnesty International et l’association existe en Tunisie aussi. Yacine est aussi chercheur à l’Institut de linguistique et de phonétique appliquée de La Sorbonne et fait sa recherche sur le genre, la sexualité et la linguistique queer.  « Dès qu’on parle de sexualité en arabe, tout le monde s’arrête. Le français revient en force. Parler de sexe en langue arabe, c’est déjà comme si on faisait un coming-out linguistique. » --- Yacine Djebelnouar Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Le Coran et la chair (2012) de Ludovic-Mohamed Zahed Homosexualité et traditions monothéistes : Vers la fin d’un antagonisme ? (2017) de Rémy Bethmont & Martine Gross Homosexualité et transidentité en islam (2017) de Ludovic-Mohamed Zahed Le jour du roi (2010) d’Abdellah Taïa La révolution du plaisir – Enquête sur la sexualité dans le monde arabe (2013) de Shereen El-Feki J’ai tué Shéhérazade : confessions d’une femme arabe en colère (2010) de Joumana Haddad Women with Mustaches and Men without beards (2005) d’Afsaneh Najmabadi Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ La Première marche (2016) de Hakim Atoui & Baptiste Etchegaray L’Armée du salut (2013) d’Abdellah Taïa  Bezness (1992) de Nouri Bouzid A Sinner in Mecca (2015) de Parvez Sharma I am gay and muslim (2007) de Chris Belloni Martyr (2017) de Mazen Khaled  Le Soleil assassiné (2003) de Abdelkrim Bahloul  Malik (2018) – court-métrage de Nathan Carli Fronteras (2013) de Mikel Rueda Wajib : l’invitation au mariage (2017) d’Annemarie Jacir All my life (2008) de Maher Sabry  Out Loud (2011) de Samer Daboul  Si vous voulez mater des movies 💻💿👀 Les Engagés (2018) sur France TV Si vous voulez soutenir des associations LGBTQIA+ arabes sur Instagram 🏳️‍🌈 France 🇫🇷 Shams @shamsfrance_oofficiel_ Mille et Une Queer @milleetunequeer Acceptess-T @acceptesst ARDHIS @ardhislgbti BAAM @baamasso Liban 🇱🇧 Helem @helemlebanon Maroc 🇲🇦 Queers Of North Africa @queersofnorthafrica M.A.L.I. (Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles) @m.a.l.i.2009 Union Féministe Libre @unionfemlibre Nassawiyat @nassawiyat Algérie 🇩🇿 Amnesty International @amnestyalgerie Alouen @alouen.jazair Tunisie 🇹🇳 Shams
Maintenant, quand on parle de musique arabe, on imagine un tout unifié, on pense à Aïcha de Cheb Khaled, comme si… le reste n’existait pas. Certes, il y a le raï popularisé en France depuis les années 1990, mais il y a beaucoup d’autres styles : la nouba arabo-andalouse devenue ‘Ala, le chaabi au Maroc et en Algérie, les Gnawas marocains avec leur musique infiniment riche des afrodescendants d’esclaves, l’équivalent des Gnawas en Algérie c’est la musique diwane, le makeli en Libye et aussi le stambali en Tunisie. Il y a chez nos amis turcs, romantiques invétérés et musulmans plus proches de la valeur de laïcité historiquement, une musique populaire traditionnelle et la türk pop quon connaît bien en France depuis le "mouaaaah" de Tarkan. Il y a la musique classique persane en Iran avec les dastgahs mais aussi des musiques folkloriques azeries, bandaries lors des mariages et la musique du Khorassan au répertoire de ballades amoureuses. Les genres musicaux du monde arabe et/ou musulman ont su bercer, charmer et faire danser des foules en tous genres… et je pèse mes mots.  Aujourd'hui, j’ai la joie d’accueillir une femme extraordinairement talentueuse et gracieuse, c’est OUM. Oum est autrice. Compositrice. Interprète. Chanteuse. Performeuse. Elle est une ambassadrice de la culture marocaine, défenseuse des femmes et des minorités. Elle chante le carrefour des civilisations humaines qu’on retrouve en chacune et chacun d’entre nous, et ce, en anglais, en français, en arabe et en amazigh. Elle mêle ses influences jazz, gospel, afrobeat, soul avec de la musique hassani des tribus du désert du sud du Maroc et de la musique soufie, propre aux grands mystiques de l’islam. Elle est écoutée par des centaines de milliers de personnes tous les mois, et je crois y contribuer pour beaucoup. Écoutez ses albums envoûtants, ses paroles enveloppantes, ses rythmes enivrants. Écoutez « Lik » qui est d’une grande poésie, presque réconfortante. C’est avec elle que je voulais rentrer dans le monde des genres musicaux, des genres et des sexualités.  « L’amour est libre et le genre est synonyme de limitation et de frontière. L’amour ne veut pas qu’il soit genré. Ce n’est pas parce que nous naissons dans une forme biologique qu’on doit répondre d’un comportement qui répond à un genre. L’amour ne se réfléchit pas. L’amour ça se sent. » --- Oum Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Musiques du monde arabe (1996) de Christian Poché Oum Kalsoum - L’étoile de L’orient (2016) de Ysabel Saïah-Baudis & Omar Sharif Islam d’interdits, islam de jouissance (2008) de Frédéric Lagrange La musique arabe (2007) de Salah el Mahdi La Preuve par le miel (2008) de Salwa al-Neimi Musiques du Maroc (2001) d’Ahmed Aydoun Ouverture féministe : musique, genre, sexualité (2015) de Susan McClary Rue du Pardon (2019) de Mahi Binebine L’Ombre du poète (1997) de Mahi Binebine Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Cri de l’âme (2018) d’Abdelillah El Jaouhari Gnaouas (1993) documentaire d’Izza Génini En quête de la septième porte (2018) d’Ali Essafi L’orchestre des aveugles (2015) de Mohamed Mouftakir L’orchestre de minuit (2015) de Jérôme Cohen-Olivar Aïta (1988) documentaire d’Izza Génini Sotto Voce (2014) de Kamal Kamal La 5ème corde (2011) de Selma Bargach Le Blues des Chikhates (2005) documentaire d’Ali Essafi Transes (1981) d’Ahmed El Maânouni
Aujourd'hui dans JINS, vous avez le droit à 2 épisodes consécutifs. Pour cause, la richesse d’un sujet fabuleux et fantasmagorique, celui des musiques arabes ; et ce, sans perdre de vue la thématique principale de JINS, la sexualité des personnes Arabes et/ou musulmanes. Parce que, vous allez le découvrir, la chanson et l’art musical arabe est truffé de références à l’amour, à la sensualité, au genre et à la sexualité. L’érotisme chanté ou récité dans les styles musicaux arabes comme les gnaouas, le melhoune, la aïta, le raï algérien, le chaâbi marocain, mais aussi la taqtuqa égyptienne… On va parler du concept de tarab, des almées de l’époque pré-coloniale, des cheikhates marocaines, du visage imberbe des chanteurs moyen-orientaux, de la sexualité peu claire d’Oum Kalthoum, et des musiques arabes aujourd’hui écoutées en France…  Pour commencer, j’ai eu la chance d’interroger un universitaire spécialiste de la question, Fréderic Lagrange. Il est professeur des universités, directeur de l’UFR d’Études Arabes et Hébraïques, Université Paris- Sorbonne (Paris IV). Il est notamment l’auteur de Islam d’interdits, Islam de jouissances, publié en 2008. Ses travaux portent sur trois domaines distincts — qui parfois se rencontrent : l’histoire des pratiques musicales et des textes chantés au Moyen-Orient et particulièrement en Égypte ; la représentation et la construction du genre et des transgressions dans la littérature arabe, médiévale comme moderne ; les représentations littéraires de l’oralité et les jeux diglossiques dans l’écrit contemporain.  « L’érotisation du corps chantant émerge vraiment à partir des années 80. Le corps qui chante devient alors un corps désirable. » --- Frédéric Lagrange Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Islam d’interdits, islam de jouissance (2008) de Frédéric Lagrange Le Jardin Parfumé (XVe siècle) de Cheikh Nefzaoui La Preuve par le miel (2008) de Salwa al-Neimi Ouverture féministe : musique, genre, sexualité (2015) de Susan McClary A Taste of Honey (2015) de Habeeb Akande Le Sexe de la musique (2018) d’Étienne Liebig Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ À peine j’ouvre les yeux (2015) de Leyla Bouzid Le Chanteur de Gaza (2016) de Hany Abu-Assad Jours et nuits (1955) de Henry Barakat Satin rouge (2002) de Raja Amari Oum Kalsoum, la voix de l’Orient (1996) de Michal Goldman Les Anges de satan (2007) de Ahmed Boulane Nuba d’or et de lumière (2007) documentaire d’Izza Génini Tambours battants (1999) documentaire d’Izza Génini L’orchestre de minuit (2015) de Jérôme Cohen-Olivar Cheba Louisa (2013) de Françoise Charpiat
Je suis de retour aujourd'hui dans ce second épisode pour vous parler encore plus de cinéma ! D’un côté, parce que c’est mon sujet favori hormis celui de JINS ; d’autre part, parce que dans le cadre de mes études, je travaille sur les représentations sexuelles et la géométrie des corps arabes dans le cinéma maghrébin contemporain. Comment les corps et les sexualités sont montrées sur grand écran ? Est-ce que le cinéma maghrébin a contribué à définir le corps féminin maghrébin, dans son mouvement jusque dans sa sexualité ?  Après l’experte, j’ai décidé d’interroger la réalisatrice par excellence. Elle est tunisienne et s’appelle Raja Amari. Raja a une maîtrise de littérature et de civilisation française mais elle aussi diplômée de la Fémis. Son premier long-métrage Satin Rouge (2002), connaît un grand succès international auprès des critiques, grâce au personnage incarné par la sublime actrice Hiam Abbass qui redécouvre sa sensualité par la danse. Son film Les Secrets, qui parle du patriarcat exercé par la mère sur la fille, figure en 2009 dans la sélection officielle à la Mostra de Venise. Elle tourne Corps étranger en 2016, film sur l’immigration d’une jeune tunisienne en France. Comme moi, elle est membre du collectif 50/50 qui a pour but de promouvoir l’égalité des femmes et des hommes et la diversité dans le cinéma et l’audiovisuel. Elle vient de projeter le film Ghofrane et les promesses du printemps avec ARTE, qui parle d’une jeune femme noire tunisienne de 25 ans qui a subi des discriminations raciales et qui décide de s’engager en politique.  « Les femmes sont confrontées à plus de conflits et de défis. Elles sont génératrices de plus de choses en termes dramaturgiques. Elles sont en collision avec la société, avec les autres, avec la société, avec elles-mêmes. » --- Raja Amari Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Regards sur les cinémas du Maghreb (2016) de Denise Brahimi – Éditions Petra Le corps d émane mère (2016) de Fawzia Zouari L’image du corps féminin dans Les Silences du Palais (2019) de Laakri Cherifi Le regard féminin (2019) d’Iris Brey Ce que Tunis ne m’a pas dit (2008) de Kaouther Khlifi Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Satin rouge (2002) de Raja Amari Les Secrets (2009) de Raja Amari Les Silences du Palais (1994) de Moufida Tlatli Hedi, un vent de liberté (2016) de Mohamed Ben Attia Ghofrane et les promesses du printemps (2020) de Raja Amari Tunisiennes (1997) de Nouri Bouzid À peine j’ouvre les yeux (2015) de Leyla Bouzid Corps étranger (2016) de Raja Amari Viva Laldjérie (2004) de Nadir Moknèche Poupées d’argile (2002) de Nouri Bouzid La graine et le mulet (2007) d’Abdellatif Kechiche
Hello les amateur·ice·s de JINS, je suis de retour aujourd'hui dans votre podcast sur la sexualité des personnes Arabes et/ou Musulmanes de France, pour vous parler… cinéma ! Dans le cadre de mes études de cinéma pour devenir un réalisateur accompli, j’ai décidé d’écrire mon mémoire sur les représentations sexuelles et la géométrie des corps arabes dans le cinéma maghrébin contemporain. Et puis je me suis dit, déjà en France, comment sont représentés les Arabes et/ou les Musulmans sur grand écran ? C’est quoi les stéréotypes que les grands médias nous renvoient sur l’identité arabe, nord-africaine, moyen-orientale ? Quelles sexualités sont autorisées et comment sont-elles montrées ? Y a-t-il déjà pu avoir une logique de sexualisation des corps arabes chez les cinéastes français ? Une chose est sûre, je vais vous inonder de références cinématographiques pour vous donner un aperçu plus large de la présence des Arabes et/ou musulmans dans le cinéma français et diversifier vos façons de voir leur corporalité et leur sexualité.  Pour parler de toutes ses questions, j’accueille une experte du cinéma arabe, Salima TENFICHE. Salima est diplômée en lettres modernes et en sciences politiques, mais aussi doctorante en études cinématographiques à l’Université de Paris 7. Selon une approche esthétique et politique, elle s’intéresse au renouvellement des formes filmiques dans le cinéma algérien et aux dynamiques transnationales de co-production comme processus de démocratisation de la fiction nationale postcoloniale. Elle s'intéresse par ailleurs au cinéma français contemporain à travers les questions de domination (classe, genre, race). Du coup, je me suis dit je vais un peu tricher pour mon mémoire et puiser dans les merveilleuses trouvailles qu’elle a dû faire pour m’en servir à bon escient et surtout vous le partager, très chères auditeur·ice·s, parce que vous l’aurez compris, la façon dont les corps et les sexualités ont été dévoilées à l’écran est tout sauf anodine.   « Dans le cinéma colonial, ce sont sédimentées les représentations des corps arabes autour de quatre stéréotypes : pour les hommes, celui de l’agresseur contre qui le colonisateur est obligé d’user de la violence pour pacifier le territoire ou celui du bon sauvage à civiliser ; pour les femmes, on va trouver la figure de la prostituée ou de la femme voilée. » --- Salima Tenfiche Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Regards sur les cinémas du Maghreb (2016) de Denise BRAHIMI – Éditions Petra Cinémas du Maghreb (2004) de Michel SERCEAU – Éditions Cinémaction  Créations artistiques contemporaines en pays d’islam (2006) sous la direction de Jocelyne DAKHLIA – Éditions Kimé De la naissance du cinéma kabyle au cinéma amazigh (2016) de Frédérique DEVAUX YAHI – Éditions L’Harmattan Screens and veils : Maghrebi Women’s Cinema (2011) de Florence MARTIN – Indiana University Press Mâle décolonisation (2017) de Todd Shepard Le regard féminin (2020) d'Iris Brey Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ France 🇫🇷 Much Loved (2015) de Nabil Ayouch  Fatima (2015) de Philippe Faucon La Vache (2016) de Mohamed Hamidi Bled Number One (2006) de Rabah Ameur-Zaïmeche L’Atlantide (1932) de Georg Wilhelm Pabst Un de la légion (1936) de Christian Jaque Pépé le Moko (1937) de Julien Duvivier M (2017) de Sara Forestier Ali Barbouyou et Ali Bouf à l’huile (1907) de Georges Méliès Bande de filles (2014) de Céline Sciamma Divines (2016) de Houda Benyamina Corps étranger (2016) de Raja Amari Le Chant d’Ahmed (2018) de Foued Mansour La graine et le mulet (2007) d’Abdellatif Kechiche La Nuit Sacrée (1993) de Nicolas Klotz Malik (2018) court-métrage de Nathan Carli Mektoub, my love – Canto Uno (2016) d’Abdellatif Kechiche Maroc 🇲🇦 Much Loved (2015) de Nabil Ayouch  Femme écrite (2013) de Lahcen Zinoun Les Yeux Secs (2003) de Narjiss Nejar Casablanca by night (2013) de Mostapha Derkaoui Tunisie 🇹🇳 Satin Rouge (2002) de Raja Amari Les Secrets (2009) de Raja Amari Le Fil (2004) de Mehdi Ben Attia  Algérie 🇩🇿 Viva Laldjérie (2004) de Nadir Moknèche Rome plutôt que vous (2006) de Tariq Teguia À mon âge je me cache encore pour fumer (2017) de Rayhana Obermeyer Mauritanie 🇲🇷 Le Mariage de Vérida (2019) de Michela Occhipinti Égypte 🇪🇬 Les Femmes du bus 678 (2010) de Mohamed Diab
Re-bonjour à toustes ! Je vous retrouve donc pour le second épisode du jour après avoir parlé de pénis, de phallus et de virilité. Vous l’aurez remarqué, le titre de l’épisode est minimaliste. Jouir. Parce qu’avec JINS, je veux convoquer l’humanité en chacun d’entre nous. Nous devrions vivre dans un monde où nous sommes toustes égales et égaux face au sexe. Il n’y a pas de jouir arabe et de jouir européen. La jouissance ne connaît pas de frontières quand on se départit des construits sociaux et des dogmes religieux. Elle n’est que le plaisir qui éclot d’une relation sexuelle épanouie. Jouir est universel. Un universel sans concept, comme dirait l’autre. Jouir n’appartient à aucune culture, race, religion, aire géographique ou ère historique. Apprenons alors aujourd'hui ce qui peut nous faire jouir et quels sont les mythes à déconstruire autour de la jouissance. Pour revenir au principe premier de ce qui fait notre jouissance, qu’on soit doté d’un pénis ou d’un vagin ou d’une anatomie génitale non binaire, j’ai fait appel à une super star de l’illustration, qui est devenue une référence en matière de démonstration sexologique pour le grand public. Il s’agit de Jüne Plã, créatrice de Jouissance Club, un manuel hypercréatif, sans tabous et inclusif pour représenter les différentes manières de faire plaisir ou de se faire plaisir.  « Nous pouvons toustes atteindre l’orgasme et même une jouissance extrême par d’autres biais que la pénétration. » --- Jüne Plã (Jouissance Club) Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Jouissance club (2020) de Jüne Plã La sexualité dévoilée (2017) de Nadia El-Bouga Je m’en bats le clito ! (2019) de Camille Aumont-Carnel Au-delà de la pénétration (2019) de Martin Page Sortir du trou, lever la tête (2020) de Maïa Mazaurette Le slow sex (2019) d’Anne Descombes & Jean-François Descombes Clit Révolution : Manuel d’activisme féministe (2020) d’Elvire Duvelle-Charles & Sarah Constantin Une sexualité à soi (2019) de Laura Berlingo Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️ Mon nom est clitoris (2019) de Daphné Leblond & Lisa Billuart Monet #Female Pleasure (2018) documentaire de Barbara Miller Une fille facile (2019) de Rebecca Zlotowski Extase (1933) de Gustav Machaty Les Amants (1958) de Louis Malle Et Dieu … créa la femme (1956) de Roger Vadim Portrait de la jeune fille en feu (2019) de Céline Sciamma Le Clitoris, ce cher inconnu (2004) de Stephen Firmin & Variety Moszynski Libres ! (2021) d'Ovidie
Aujourd'hui, on va en revenir à la science pour comprendre tous les mythes qui restent encore bien ancrés dans nos têtes sur ce que les hommes ont dans le froc. Alors oui, on va le dire crûment. On va parler de kiki, de queue, de tota, de zob. Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le zizi ; les petits, les gros, les laids, les beaux, les durs, les mous. Les touffus, les joufflus, les couillus, les ridés, les retroussés. Pourquoi en parler ? Eh bien si les hommes s’étaient contentés d’avoir un pénis, c'est-à-dire un sexe biologique, ils n’auraient pas plongés dans les abîmes de l’angoisse. Depuis toujours, ils ont fait de leur pénis un phallus, c'est-à-dire un symbole de puissance, et ils ont fait de l’érection l’expression la plus manifeste de cette puissance. Plus encore, l’imaginaire collectif montre l’homme arabe comme hyperviril, au sexe dressé, innervé et énervé, menaçant, écrasant. Que dit la médecine là-dessus ?   Pour revenir à la science et afin d’éviter une essentialisation dangereuse, je suis heureux d’accueillir le Docteur Marc Galiano. Il est chirurgien urologue, andrologue et cancérologue à Paris. Il a cumulé les diplômes de spécialisation sur la médecine de l’homme depuis qu’il a foulé les hôpitaux de Paris pour la première fois en 1998. Spécialiste du cancer de la prostate, de la maladie de Lapeyronie, de la chirurgie de la verge (avec + de 500 circoncisions réalisées) et du traitement médical de l’impuissance masculine. Il est depuis l’an dernier l’auteur d’un manuel pour comprendre son pénis intitulé Mon sexe et moi, aux éditions Marabout.  « On peut éjaculer sans plaisir et on peut avoir du plaisir sans éjaculer. L’orgasme est lié à une contraction des muscles du périnée, certes ; mais surtout, c’est lié à la sécrétion dans le cerveau de petites molécules du plaisir comme l’ocytocine ou la dopamine. » --- Dr Marc Galiano Si vous voulez bouquiner 🤓📘📚 Mon sexe et moi (2019) de Dr Marc Galiano et Rica Étienne Jouissance club (2020) de Jüne Plã Au-delà de la pénétration (2019) de Martin Page Le bidule de Dieu (2014) de Tom Hickman Le genre intraitable (2018) de Nadia Tazi Le Mythe de la virilité (2017) d’Olivia Gazalé Le juste milieu (2018) d’Éric Bouhier Si vous voulez mater des movies 🎬🎥🎞️🔞 Mektoub, my love : canto uno (2017) d’Abdellatif Kechiche L’Empire des sens (1976) de Nagisa Ōshima Enter the void (2009) de Gaspar Noé Love (2015) de Gaspar Noé Shame (2011) de Steve McQueen Homme au bain (2011) de Christophe Honoré Un chant d’amour (1950) de Jean Genet Si vous voulez mater une série 💻💿👀 Euphoria (2019) sur HBO Sex Education (2019) sur Netflix
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Comments (1)

Karima Abchar

merci à vous pour ce podcast très constructif et très éclairant pour faire évoluer les mentalités. Merci également pour les invités de valeur des différents podcasts dont Mme Asmae Lmrabet, quelle hauteur et précision dans les propos. j'ai partagé amplement cet épisode le jour du 08 mars des droits de la femme. C'est une des rares voix marocaines qui œuvre depuis longtemps pour les droits des femmes et pour l'appropriation des textes sacrés du coran pour une interprétation originale féminine loin de toutes les interprétations patriarcales qui nous font beaucoup de tort dans nos sociétés actuelles. Nous avons besoin des lumières des connaissances de Mme Asmae Lmrabet, que j'admire tant, et que j'ai vu dans des conférences à Paris, grâce à mon défunt Mari, qu'il l'admirait beaucoup avec Feu Mme Fatima Mernissi, pour leur travail incessant à éclairer le Maroc et à ouvrir la voie pour un Maroc égalitaire et non discriminant de toutes les minorités. Bravo Bravo. Mme ABCHAR Karima

Mar 11th
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