I. Doute Que me conseillez-vous, mon cœur ? Dois-je cliquer, malgré la sueur, Ou laisser l’écran devenir noir, Comme mes mains qui tremblent ce soir ? II. Faute Notification bleue, silence figé, « peine douleure » mal orthographiée — cicatrice verbale, blessure au doigt, mauvais signe qu’elle ne lira pas. III. Rejet L’icône grésille, la pièce jointe s’efface, Tampon refus, captcha sans grâce. Chaque barrière devient un mur, chaque code un oracle obscur. IV. Espoir Pourtant j’imagine encore sa voix, Douce, légère, qui dit « pourquoi pas ». Un fil ténu traverse la machine, comme un psaume perdu, clandestin. V. Chute Mais la lumière clignote, tout s’efface, mots tronqués, messages sans trace. Et le cœur répond, froid, mécanique : « ERREUR FATALE — AMOUR NON PRIS EN CHARGE. » … 💕 Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 Voilà. Bref.
Le vieux professeur entre, sa canne résonne contre les marches de l’amphithéâtre. Les néons bourdonnent. L’odeur de craie et de poussière flotte. Quelques étudiants tapotent sur leurs téléphones, d’autres notent mécaniquement. Il pose ses feuilles sur le pupitre, ajuste ses lunettes. Sa voix s’élève, grave, ferme : « Écoutez. Ce poème de Neruda, le douzième du recueil Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée, n’est pas un simple élan romantique. C’est une cartographie de l’amour. Brutale, lucide, contradictoire. » Il écrit à la craie : « À mon cœur suffit ta poitrine, Mes ailes pour ta liberté. » « Voyez, dit-il, cette équation fondamentale. La poitrine comme refuge, le cœur qui s’y blottit… et en retour, non pas l’emprisonnement, mais les ailes, la liberté donnée. Voilà la tension même de l’amour. Le lien n’existe qu’en laissant l’autre s’échapper. » Sa main tremble légèrement. La craie casse. Il reprend, la gorge plus sèche : « L’aimée est ici décrite comme rosée, comme vague. Présente, puis absente. Belle, mais insaisissable. Une vague que l’on sent passer… mais qu’on ne retient jamais. » Il s’interrompt. Son regard se perd. Les étudiants attendent. Un silence s’installe. Il tente de reprendre : « Oui… insaisissable… comme elle. » Sa voix a changé. Elle est rauque, plus basse. Il serre la rambarde. Sa respiration se fait audible. « Il y a longtemps… une autre salle. Une autre lumière. Et elle, assise au troisième rang. Pas ses notes qu’elle écrivait, non… ses yeux, fixés sur moi. Elle me déshabillait en silence. Et j’ai compris que j’avais cessé d’être le maître. » Des murmures dans l’amphi. Il continue, plus vite, comme si les digues cédaient : « Sa jupe courte, volontaire, ses cuisses croisées. Elle savait ce qu’elle faisait. Quand elle décroisait, quand elle souriait. J’ai cru résister. Mais chaque mot de mon cours devenait tremblement. Chaque vers de Neruda, une confession que je n’osais pas faire. » Il ferme les yeux, la sueur perle à son front. Sa voix se brise, mais il poursuit, sans détour : « Ce soir-là… elle est venue après le cours. Ses pas claquaient dans le couloir vide. Elle ne m’a pas laissé parler. Ses mains sur ma veste, sa bouche brûlante sur la mienne. Sa langue, son parfum, sa chaleur… J’ai senti ses seins contre ma poitrine, refuge et abîme à la fois. Je tremblais. Moi, vieux professeur, tremblant comme un élève. » Il pose sa main contre le bois de la chaire, comme pour se retenir de tomber. « Ses jambes autour de ma taille… son souffle dans mon oreille… chaque soupir un oiseau qui battait dans mon sang. Et quand elle a gémi, quand elle a serré, je savais… je savais que j’étais perdu. Qu’elle était la vague. Qu’elle viendrait, repartirait, et que je l’attendrais toujours. » Un silence glacé s’abat. Les étudiants sont figés. Certains ont les yeux écarquillés, d’autres détournent le regard. Lui, les mains tremblantes, la voix presque éteinte : « Voilà ce que dit Neruda. L’amour n’est pas possession. C’est un incendie qui vous consume et vous laisse nu. Et je vous le dis… je brûle encore. » ⸻ L’amphithéâtre reste figé. Les téléphones ont tout enregistré. Quelques jours plus tard, la lettre arrive : suspension, commission disciplinaire, carrière terminée. Dans une salle nue, trois silhouettes derrière une table. — « Vos propos sont indignes d’un enseignant. » — « Vous avez sali votre fonction. » Lui, assis, leur sourit. Longuement. Presque amusé. Ses yeux disent : “Vous ne comprenez rien.” Mais sa bouche reste close. Pas une excuse. Pas une défense. La retraite était proche. Ils croyaient le briser. Mais il savait. Il lui restait ce feu. Cet incendie qu’aucun papier timbré ne pourrait jamais éteindre. Il quitte l’université, la canne résonnant sur les dalles. Déchu, mais plus vivant que tous ceux qui l’ont condamné. Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 Voilà. Bref. Find out more at https://poesie-en-musique.pinecast.co
Ipad posée sur mes genoux, je tape ce vers : « la courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur ». La lumière vacille, reflet bleu sur mes ongles, et ce cercle amoureux ressemble à une projection de cinéma rayée. Je pense aux films de Buñuel, aux paupières tranchées de Un chien andalou, où l’œil devient à la fois ouverture et blessure. Le poème d’Éluard dialogue alors avec une image brutale, comme si l’amour devait toujours frôler la coupure. Les métaphores gonflent, mais je les tords. Pas de « bateaux » : plutôt des ascenseurs qui toussent, des ventilateurs qui brassent la chaleur d’une salle de répétition, des néons qui grésillent comme des insectes. Les « feuilles de jour » se changent en fenêtres de navigateurs ouvertes trop vite, saturées d’icônes, prêtes à s’éteindre. Je sens la chaleur moite sous mon bras, odeur plastique de la batterie qui chauffe, et cette matérialité numérique contamine la douceur du poème. Les regards deviennent projecteurs de galerie, diffusant un halo qui tremble au moindre souffle. Puis le vers se fissure : « si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu, c’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu ». J’appuie trop fort, l’écran répond mal, mes doigts laissent une sueur acide. Je revois un instant la salle d’hôpital, murs blancs, parfum de désinfectant, quand un visage s’est tourné ailleurs. Là, le monde s’est réduit comme une fenêtre minimisée, et j’ai senti un vide physique dans la poitrine, comme une panne électrique interne. L’aveu est là, trop lourd : ma mémoire dépend de ton regard. « Tout mon sang coule dans leurs regards. » Cette phrase vibre, devient organique. Je sens un battement sec dans mes tempes, une crampe qui serre les doigts. Dehors, la sirène d’un scooter résonne avec cette tension, et j’entends dans l’air un martèlement sourd, comme une rythmique techno mal réglée. L’univers entier, fragile, dépend d’un clignement — et si tes yeux se ferment, tout s’éteint, l’écran, le corps, la ville. Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 Voilà. Bref.
Impact frontal : « Frères humains », et déjà ça craque comme une poutre qui cède. L’ouverture de Villon est un jet de pierre dans la poitrine. Pas d’échauffement, juste la vision : cordes, os, foule qui passe en retenant son souffle. Ça claque et ça salit. Puis l’orgie des détails : pluie qui boit, soleil qui grille la chair, oiseaux qui percent les orbites. Mais cette fois les voix se mêlent : une supplie, une autre ricane, une troisième transforme le refrain en disque rayé, sample médiéval qui résonne comme une publicité cassée. Le texte se tord en polyphonie, et chaque retour du refrain cogne comme un marteau sur métal. C’est prière et sarcasme à la fois. Pont parasite : graffiti sur un mur humide, affiches déchirées, slogan de prière collé à un beat de rap invisible. Je sens sous mes côtes ce froid sec — l’impression que les oiseaux picorent déjà mes organes. La feuille elle-même devient molle, peau humide entre mes doigts. Et la voix ironique me souffle encore : « Rien à absoudre ». Chute nette : honte de respirer encore. Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 Voilà. Bref.
Entre le -3 et le 12, l’air sent l’ozone et la poussière d’extincteur. L’écran clignote : ERROR 504 / GORGE NOT FOUND. Mes côtes cognent contre la cage. J’ouvre la bouche : une rafale de bips, volée d’oiseaux morts heurtant les antennes relais. La voix de sécurité répète : « Envol… envol… », mais ses mots se décomposent, scripts désossés, plumes calcinées. Alors je code mon cri : if wings == cut: sing(fear, hope) else: float(wind, orange_sun) Mais le chant sort en fichier corrompu, pièces jointes illisibles, envoyées à personne. Et soudain le plafond s’ouvre. Pas un ciel — une page blanche, infinie, où chaque lettre s’imprime en noir, obstinée, inaltérable : LIBERTÉ LIBERTÉ LIBERTÉ. Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 Voilà. Bref. Find out more at https://poesie-en-musique.pinecast.co
Le ticket est tombé entre les sièges, je n’arrive pas à le repêcher. Le Mogol de La Fontaine reste coincé dans ma tête comme une écharde : vizir sauvé, ermite damné, justice de travers. Je crois relire, mais une lettre m’échappe — « Solitdue » au lieu de solitude. J’ai honte de ne pas corriger, je laisse la faute, elle dit mieux que moi ce que je vis. Sous le néon du wagon, les clartés errantes ressemblent à des insectes qui s’écrasent contre la vitre. Sénèque parlait de retraite comme d’un remède, Montaigne bricolait des phrases pour s’épargner la cour. Ici, c’est la SNCF qui me dicte l’attente. Les Muses, elles, ne viendront pas. Je note quand même : je mens, encore, quand je dis que je veux le silence. Ce que je veux, c’est qu’on trouve ce ticket raturé, qu’on lise ma peur sale. Ce n’est pas une prière, c’est un appel, un bruit de freins mal réglés. Mensonge nécessaire. Ou pire : mensonge mal orthographié. Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. Tu peux aussi m’écrire : poesieenmusique@gmail.com On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 Voilà. Bref.
La guitare gratte, corde sèche qui résonne comme une dent fêlée. Dans la chambre, les chaussettes sales traînent, le rideau pend de travers, et l’ampoule nue oscille au moindre courant d’air. Elle ferme les yeux, mais ça ne cache rien : l’air a ce goût rance qu’on sent dans les couloirs de métro, un mélange de poussière et de métal. Les larmes coulent à la chaîne, encore et encore, pas même héroïques, juste collantes, poisseuses. Le drap devient une bâche de plastique, ses cheveux collés font penser à une algue échouée. Elle rit une seconde — un rire sec, idiot, déplacé — en se disant qu’elle pourrait passer à la télé réalité : candidate numéro huit, « la fille qui pleure toujours », sponsorisée par un paquet de mouchoirs. Puis ça retombe, lourd, avec ce silence qui prend toute la place. Toujours lui. Toujours cette obsession qui se répète comme une notification insistante sur un vieux Nokia : bip-bip, bip-bip. À force d’y penser, sa langue s’assèche, et chaque respiration semble gratter la gorge. Univers effondré, cave qui fuit, l’infini ressemble plus à une salle d’attente où personne n’appelle ton numéro. Et pourtant, il y a cette peur : si un jour il disparaît même de sa pensée, qu’est-ce qu’il reste ? Elle s’enfonce dans le matelas, bras ouverts comme si elle attendait qu’on la ramasse. Mais rien. Silence. Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 Voilà. Bref. Find out more at https://poesie-en-musique.pinecast.co
Un banc rongé. Griffé de pluie séchée. Croûte de miettes collées comme des cicatrices. L’air sent le fer, rance, métallique — une odeur qui reste sur la langue comme une lame rouillée. Entre deux pages trempées, j’entends la coque râler : pas un navire, non, mais un os fendu qui veut parler, encore, toujours. J’ai vu. J’ai cru voir. J’ai perdu. Trombes. Bêtes marines. Astres éclatés comme plaies béantes. Les images cognent, roulent, fermentent. Plus fort que l’alcool, plus vaste qu’une lyre. Puis l’écume se retourne, aigre, comme un ventre malade. La mer devient bouche. Bouche devient gorge. Gorge devient puits. Tout avale, rien ne rend. Et le heurt. L’Europe — parapets de carton, drapeaux de poussière. En face, archipels sidéraux déjà dissous. La grandeur se désosse dans le trivial. Un enfant lâche un jouet fragile sur une flaque noire. Faille noire. Fente ouverte. Geste inutile, presque obscène, qui me brûle la gorge d’acide. Turner aurait peint la scène en huile jaune pourrissante. Herzog l’aurait filmée comme un homme qui refuse de mourir. Mais Rimbaud, adolescent sans pinceau ni caméra, a noyé ses visions dans l’encre. Il a filmé l’invisible à coups de phrases hallucinées. Pas d’épopée. Pas de gloire. Juste — le cri d’un corps épuisé. Moi, je reste assis. Le froid plante ses ongles dans ma peau. Mes doigts sentent la rouille. Mes pensées goûtent la rouille. Le silence gratte comme de la rouille. Rouille. Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 Voilà. Bref. Find out more at https://poesie-en-musique.pinecast.co
La coupe d’azur repose sur le marbre, entourée de sept coussins gonflés comme des nuées. L’encens se déploie, épaississant l’air d’un voile. Il attend. Il attend, il attend, il attend — et chaque reprise le contracte davantage : gorge desséchée, reins d’un cheval sellé sur place, doigts prêts à rompre la corde. Patience ? Non : une patience barbelée. Alors, la vision : elle franchit le seuil, robe soulevée, jambes-nuages, cheveux noirs en torrent. Un oiseau léger s’abat sur ses épaules, la lune noyée s’ouvre derrière elle comme un miroir laiteux. Le corps se tord entre fièvre et prière, désir et supplice. Un coussin chute. La coupe tremble. Sa sueur perce, lourde, amère. L’encens ne masque rien. Il attend. Toc. Toc. Toc. Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 Voilà. Bref. Find out more at https://poesie-en-musique.pinecast.co
Dans la bibliothèque obscure du XIXᵉ siècle, Whitman allume une lampe qui brûle à la sève et non à l’huile. On croit lire un poème de volupté : c’est une constitution. Chaque vers est décret charnel. Les dieux, les juges, les gouvernements — tous tirent leur légitimité d’un ventre, non du ciel. La chambre devient agora, le lit assemblée. Pas de honte. Corps souverains. La nudité vaut suffrage, le désir bulletin. Et les femmes surgissent combattantes : elles nagent, elles tirent, elles mordent, elles avancent. Figures civiques, figures de guerre. La poitrine bat comme tambour, la peau se tend comme bannière. Mais le poète veut fonder. Il insémine une Amérique future, greffe son projet dans les corps féminins. Engendrement ou captation ? Semence ou conquête ? Le geste vacille. La greffe est cicatrice autant que promesse. Derrière l’égalité proclamée, une centralité masculine s’installe, souveraine, indiscutée. Alors tout vacille : la démocratie jaillit dans la sueur, le sang, le sperme. Utopie ou blessure. La République sort du lit haletante, rouge encore, déjà tremblante. Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. Tu peux aussi m’écrire : poesieenmusique@gmail.com On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 Voilà. Bref. Find out more at https://poesie-en-musique.pinecast.co
Feuille grise, liseré brûlé par une cierge. Le vers surgit : « Lorsque l’enfant paraît », et cette fois, le halo ne se contente pas d’aveugler — il réchauffe vraiment. Oui, une lumière douce se répand, comme un feu qui tient à distance le froid. Mais déjà la voix parasite murmure : ça braille, ça salit, et tu oses dire que c’est l’aube. Splendeur et dérision, inséparables. Le décor tremble entre deux registres : cercle de chaises serrées, feu qui craque, voix graves rompues par un pas incertain. Dieu et la patrie balayés par une grimace émerveillée. La faille intime s’ouvre là : Hugo exalte l’enfant comme éternité, mais il sait que le monde entier se suspend pour quelques gestes maladroits. Je griffonne : « fragilité souveraine ». Tout tient dans ce paradoxe : grandeur cosmique née d’un rire tremblant. Le poème gonfle d’images radieuses — « aube », « colombe », « auréole » — mais le contre-chant en ronge les bords : pleurs, lait caillé, souffle court. Alors j’ai lâché une rafale : lumière — front ridé — joues roses — silence. Chaos et beauté se heurtent. L’enfant est à la fois l’or et la bave, le miracle et le trivial, et c’est précisément ce mélange qui donne sa force. La chute tombe comme une prière vacillante : « la maison sans enfants ». Non pas simple panique, mais vertige sacré. J’ai noté un mot, seul, en bas de page : « grâce ». Parce que l’enfant, entre rire grotesque et éclat sublime, est la seule lumière qu’on n’ose perdre. Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. Tu peux aussi m’écrire : poesieenmusique@gmail.com On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 Voilà. Bref.
J’ai gratté ce nom dans la marge d’un vieux carnet : « seulette suis ». L’air s’est chargé aussitôt, comme si chaque reprise du mot faisait battre un marteau contre mes tempes. Pas de refrain doux, mais une mécanique obstinée, le cliquetis d’une serrure qui refuse de céder. Huis, fenêtre, chambre : autant de parois qui résonnent, pas d’ouverture. Et pourtant une torsion surgit : « seulette veux être ». Désirer la plaie, tendre soi-même la corde. Cette contradiction m’a giflé. Vouloir l’isolement au point de s’y consumer, c’est une folie lucide. J’ai senti le goût métallique sur mes gencives, comme si le mot mordait en retour. L’aveu me glissait dans la gorge : j’ai parfois, moi aussi, souhaité l’exil plus que la compagnie. Mais la plainte déborde, elle s’adresse aux Princes. La chambre close devient tribune, et ce cri féminin, répété jusqu’à l’usure, se retourne en arme politique. Le texte devient résistance par saturation, obstination sonore qui ne laisse aucun répit. Dans le cliquetis lancinant de l’anaphore, c’est une présence qui insiste : je suis là, même si je suis seule. J’ai refermé le carnet, mais le battement continuait, sourd. Pas une plainte, pas une prière : une enclume. Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. Tu peux aussi m’écrire : poesieenmusique@gmail.com On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 Voilà. Bref.
Feuille translucide, tache de cire encore tiède. L’appel revient : « Mon enfant, ma sœur » — et le refrain s’invite, voix double, douce et oppressante : « Là, tout n’est qu’ordre et beauté… » Cette fois pourtant, un éclat de volupté subsiste. Les mots brillent, comme des miroirs polis, mais leur éclat est fragile, vacillant, à deux doigts de se briser. Le décor surgit, saturé : fleurs rares, senteurs d’ambre, plafonds dorés. Mais au milieu, un mot griffe : « tes traîtres yeux ». Tout le rêve tremble. C’est ce contraste qui fend la chambre imaginaire : luxe oriental et menace intime. J’ai noté en marge : « splendeur fissurée ». Et malgré le malaise, une beauté subsiste, presque plus forte d’être fêlée. La voix parasite du refrain revient, mais elle chante faux par moments, comme une musique de fête foraine un peu rouillée. Alors j’ai jeté mes propres images, brutales : parfum rance — miroir brisé — soleil noyé. Mais aussitôt un éclat s’impose : hyacinthe, or, lumière chaude. La volupté survit, au bord du gouffre. Et la chute s’éclaire dans ce fragile équilibre : le voyage n’a pas eu lieu, mais l’invitation a tout de même laissé son parfum. Ce n’est ni un ordre ni un mirage : juste une promesse vacillante, splendide parce qu’elle tremble.
Table tachée de coca, cire figée sur le bois. Le nom « Marquise » éclate, mais ce n’est plus une fanfare : un rire fêlé qui sonne faux. « Vous ne vaudrez guère mieux » n’a rien d’un trait d’esprit ; c’est un aveu déformé, une plainte qu’il maquille d’arrogance. Je le vois, lèvres sèches, tremblantes, sourire collé comme un masque trop lourd. Une voix parasite surgit, plus acide : tu veux séduire, mais tu n’es qu’un bouffon qui a peur du noir. Cette phrase coupe le poème net. Les roses fanées, les fronts ridés, les charmes éclatants — tout cela n’est qu’un décor en carton. J’écris en marge : « clown pathétique », et la formule me reste collée à la langue comme une écharde. Ses chandelles grésillent, fument, puis s’éteignent. La salle rugit : verre qui éclate, cordes du luth qui se cassent, rires rauques. Dans cette cacophonie, les vers deviennent grotesques, une farce grinçante. Les mots tombent comme des débris : rides — roses — cendres — flasque. Le verbe censé sauver la gloire se déchire lui-même, transformant la séduction en mascarade. On n’entend plus un poète, mais un homme qui crie pour qu’on l’entende encore une fois. Et la chute, brutale : « Il vaut bien qu’on le courtise… » Je n’ai pas souri. J’ai écrit un mot, seul, énorme, au bas de la page : « Pitié ». Voilà la vérité. Pas une vanité, pas une menace. Juste une supplique nue, criée dans le vacarme. Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. Tu peux aussi m’écrire : poesieenmusique@gmail.com On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 Voilà. Bref.
Feuille gondolée, auréole de café au milieu. Les mots du sonnet d’Arvers s’y étiraient de travers : « Mon âme a son secret », et j’ai failli rire d’amertume. Pas de secret, juste une gorge nouée depuis trop longtemps. Alors j’ai écrit à côté, d’une main tremblante : « foutu silence », un mot cru planté comme une écharde dans la régularité des vers. La voix qui me rongeait s’est faite plus insistante : tu appelles ça mystère, mais c’est juste de la trouille. Le vers « toujours à ses côtés, et pourtant solitaire » sonnait comme une farce amère, presque un gag de mauvais théâtre. Je me suis noté en marge : « clown muet », et ce mot m’a giflé. Rire coincé, larmes au bord — ridicule et tragique à la fois. Autour, les bruits s’entassaient : horloge sèche, gouttes frappant le métal, quelqu’un qui ferme trop fort une porte. J’ai laissé tomber une rafale de mots sans syntaxe : attente — fatigue — sueur — craquement. Le poème en cage ne tenait plus, remplacé par une litanie bancale, un chaos d’impuissance. La tristesse se changeait en autodérision grinçante, comme si ma propre voix se moquait en me doublant. Puis vint la question finale, « Quelle est donc cette femme ? ». J’ai éclaté d’un rire cassé, presque un sanglot, et j’ai griffonné en travers : « Personne ». Voilà la vérité : un amour fossilisé, transformé en blague de fin de soirée, qu’on relit seul avec un fond de café froid. Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. Tu peux aussi m’écrire : poesieenmusique@gmail.com On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 Voilà. Bref.
Sol poisseux, bar bondé, odeur de houblon aigre et de sueur. J’ai griffonné « Heureux qui, comme Ulysse… » sur une serviette tachée, mais l’encre a filé, avalée par la graisse. Alors j’ai lâché : heureux qui crève loin, heureux qui brûle ses attaches, heureux qui rit du foyer qu’il n’a plus. Les mots sortaient comme des insultes. Une voix a rugi dedans, pas ironique mais franchement rageuse : arrête de nous vendre ton Liré, c’est une tombe ouverte. L’ardoise n’était plus fine, elle coupait comme une lame rouillée ; le marbre n’avait rien d’un tombeau noble, c’était une chape écrasante. Loir, Tibre, deux fleuves d’ennui, deux eaux mortes. J’ai mordu la serviette, goût de papier gras et de colère — j’ai failli la déchirer entre mes dents. La salle a explosé en vacarme : verre brisé, rires trop lourds, un juke-box crachant une chanson ratée. Le refrain de du Bellay se transformait en braillement : « Plus ! Plus ! Plus ! » Ce n’était plus un poème, c’était une commande de bière. Alors j’ai jeté les mots en rafale, sans souffle : fumée — huile — sang — silence. Ça cognait, ça me cognait. Le retour n’existait plus, avalé par le bruit. Un serveur a arraché ma serviette et l’a balancée au sol. J’ai piétiné dessus sans m’en rendre compte. Voilà la fin : pas un retour, pas une consolation, juste un texte écrasé comme une tache de vin, collé au talon.
Un ticket collé à ma paume humide, j’entends encore la phrase qui frappe : « dans ce royaume près de la mer ». Chaque reprise est une pierre jetée dans l’eau noire, le cercle s’élargit, revient, s’écrase contre la berge. Poe raconte l’amour d’enfants, mais l’innocence n’a pas le temps de durer. Le vent souffle du nuage, meurtrier sans visage, il glace Annabel Lee et l’enferme dans la pierre. Déjà la mer bruyante scande la sentence. Sous le néon qui crépite, la page tremble et je sens que je lis depuis le sépulcre même. L’amant proclame que son amour résiste à tout, qu’aucun ange ni démon ne peut le séparer de sa bien-aimée. Pourtant chaque strophe retombe, comme un marteau sur la dalle. Plus il insiste, plus se devine l’ombre d’une peur : et si cet amour, si pur proclamé, n’était qu’une lutte perdue contre l’évidence ? La musique elle-même se fissure, on n’entend plus que la pierre. Il affirme dormir contre elle, toute l’heure de nuit. Je n’ai pas besoin de détails : j’imagine la joue posée sur une surface glacée, la bouche effleurant un souffle qui ne reviendra pas. Ce n’est pas dit, mais c’est là, dans l’interstice des vers. L’obsession devient conjuration : repousser la décomposition par la répétition, coller son propre corps contre ce qui se retire déjà. Et dans cet entêtement gît la faille : aimer ne sauve pas, aimer enferme. Dehors, la mer poursuit son grondement, sourde à tout. J’ai griffonné au bas du ticket : « mer, mer, mer — ça ronge ». Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. Tu peux aussi m’écrire : poesieenmusique@gmail.com On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 Voilà. Bref. Find out more at https://poesie-en-musique.pinecast.co
J’ai griffonné ces lignes sur un feuillet gondolé, plaqué contre un mur qui suintait encore de la nuit. L’aube s’étirait, mais la porte restait close, obstinée comme une gueule serrée. La rue vibrait déjà : roues ferrées, marteau qui cognait sec dans un atelier, voix rauques de travailleurs. Et moi planté là, veilleur inutile, je me suis senti grotesque à prier une serrure. « Ô ma charmante… » Le refrain m’a glissé hors de la bouche comme une plainte fissurée. Pas un chant, un craquement de gorge. Chanter et pleurer s’étaient confondus, deux gestes équivalents quand la planche de bois absorbe tout. J’ai posé ma main sur le battant, rugosité de la fibre, poussière dans les ongles. Pas de réponse, sinon le retour sec de mon propre souffle. Je t’ai appelée ange, puis femme. Contradiction nue, presque obscène dans la bouche d’un homme agenouillé. Le mot ange sonnait faux, le mot femme sonnait trop fort. Même Dieu, convoqué dans ce délire, paraissait s’éloigner, laissant derrière lui le grincement d’une charrette comme ricanement. Alors j’ai vu mon reflet dans la vitre voisine : pauvre amant collé à une planche, ridicule prêcheur de tendresse. Je suis resté là pourtant. La porte close chantait plus fort que moi, et le matin, cruel, s’ouvrait partout ailleurs sauf ici. Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. Tu peux aussi m’écrire : poesieenmusique@gmail.com On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 Voilà. Bref.
Salle d’attente d’hôpital. Je griffonne sur le coin d’une ordonnance tachée, les néons bourdonnent, quelqu’un tousse derrière le rideau. Le refrain revient, insolent : « Simone, aimes-tu le bruit des pas sur les feuilles mortes ? ». Ici il n’y a que le froissement des blouses, le claquement sec des sabots de plastique sur le carrelage — mais ça sonne pareil, ça écrase, ça use. J’ai noté trop vite : « nous serons un jour de pauvres feuilles mortes ». Puis j’ai barré. Non. Nous serons un jour des archives, des dossiers empilés, des feuilles jaunit par les mains gantées. La honte me traverse : ce n’est pas romantique, c’est administratif. On disparaît dans un classeur. Et je n’arrive pas à décider ce qui est pire — le vent qui emporte ou l’étiquette collée sur une chemise cartonnée. Coupure — ma main tremble, je rate une ligne. Je voulais écrire « tendresse », c’est « tendinite » qui sort, et ça reste. Ce bruit d’os, de plastique, de pas — je l’aime malgré moi. Aveu brutal : je trouve de la jouissance à ces craquements-là. Pas les feuilles, pas Simone, mais la matière qui cède. Ce n’est pas beau, ce n’est pas noble, et pourtant je l’entends comme une promesse. Un brancard passe, roule trop vite, cogne contre la porte. Une feuille volante s’échappe d’un dossier, glisse jusqu’à mes chaussures. J’ai pensé : voilà la réponse, triviale, grotesque, parfaite. Pas un écho tendre — une feuille d’hôpital froissée, tachée, qui colle au sol et refuse de se taire. Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. Tu peux aussi m’écrire : poesieenmusique@gmail.com On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 Voilà. Bref.